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LA FAILLITE ÉNERGÉTIQUE ET L’ILLUSION DES 1051 MIILIARDS : LA GRANDE SORCELLERIE DU PACTE ÉNERGÉTIQUE NATIONAL DE TOUADÉRA

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Le gouvernement des bras cassés de la septième république annonce un plan pour faire passer le taux d’accès à l’électricité de 16,8 % à 50 % d’ici 2030. Le problème ? Ils n’ont pas l’argent. Ils affichent un besoin de 1 051 milliards de FCFA (1,75 milliard de dollars) et espèrent que le secteur privé et la Banque mondiale feront tout le travail.

 

Derrière les effets d’annonce de ce « Pacte National de l’Énergie » validé en Conseil des ministres, se cache une opération de haute voltige illusionniste organisée par le clan au pouvoir.

LA FAILLITE ÉNERGÉTIQUE ET L'ILLUSION DES 1051 MIILIARDS  : LA GRANDE SORCELLERIE DU PACTE ÉNERGÉTIQUE NATIONAL DE TOUADÉRA
Le premier ministre Félix Moloua avec sa bouche entre-ouverte

 

Un aveu de faillite nationale déguisé en exploit

Il aura fallu attendre la lecture fine de ce compte rendu du conseil des ministre du 11 juin 2026 pour obtenir un chiffre qui fait froid dans le dos : 16,8 %. C’est d’ailleurs un chiffre largement gonflé. De toute façon, c’est le taux misérable et officiel d’accès à l’électricité en République centrafricaine en plein cœur de l’année 2024/2026. Après des années de gouvernance et de promesses de rupture du Professeur-dictateur Faustin Archange Touadéra, plus de 83 % de la population vit encore dans l’obscurité totale, dépendante des lampes à pétrole ou du bon vouloir de groupes électrogènes hors de prix.

 

Au lieu de faire profil bas face à ce bilan catastrophique, le régime préfère fuir vers l’avant. Le “Pacte” promet de propulser ce taux à 50 % d’ici 2030, comme par enchantement. Mais l’arithmétique politique du pouvoir ne s’embarrasse pas de la réalité du terrain : pour allumer la lumière chez 2,4 millions de Centrafricains supplémentaires, il faut des infrastructures que le pays est aujourd’hui totalement incapable de financer lui-même.

 

L’art de faire la mendicité à l’échelle industrielle

La stratégie de financement de ce projet à mille milliards relève de la pure mendicité d’État. Le plan est divisé en cinq piliers stratégiques qui se résument en une seule phrase : « Que les autres paient à notre place ». Le texte stipule clairement que le régime compte sur la « Mission 300 » — une plateforme commune de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement — ainsi que sur la mobilisation de 30 % de capitaux purement privés pour combler le gouffre.

 

En clair, le gouvernement Touadéra signe des décrets, s’attribue le beau rôle dans les communiqués officiels, mais refile l’intégralité de la facture et de la mise en œuvre aux partenaires internationaux et aux investisseurs extérieurs. C’est le confort absolu : si le plan réussit, le clan revendiquera le miracle ; s’il échoue — ce qui est la norme —, la faute sera rejetée sur la frilosité des bailleurs de fonds.

 

Le cache-misère des foyers sans courant

Le summum de la diversion politique est atteint lorsque le rapport évoque triomphalement l’accélération de l’accès « aux solutions de cuisson propre », visant à faire passer ce taux de 17 % à 30 % pour toucher 100 000 personnes de plus.

 

Il y a une ironie à voir un Conseil des ministres disserter sur des réchauds améliorés et des techniques de cuisson alternative au moment même où la capitale et les provinces subissent un blackout chronique. À défaut de pouvoir fournir un réseau électrique stable, des usines compétitives et des compteurs qui fonctionnent, le régime offre aux Centrafricains une transition énergétique low-cost.

 

Le rayonnement par le virtuel

Ce Pacte National de l’Énergie n’est pas un plan de développement, c’est une liste de vœux pieux rédigée pour plaire aux institutions de Bretton Woods dans l’espoir de débloquer quelques subventions de passage. En chiffrant ses rêves à 1 051 milliards de FCFA sans disposer de la moindre garantie budgétaire propre, le clan Touadéra confirme sa spécialité : gouverner par l’illusion, pendant que les Centrafricains, eux, continuent de chercher la lumière.

 

Par Éric Nzapa

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À Bocaranga , les barrières illégales refont surface, et les forces de l’ordre multiplient des exactions sur la population

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Dans la sous-préfecture de Bocaranga et dans des localités voisines, les forces de sécurité continuent de racketter massivement la population sur les routes. Les annonces du gouvernement sur la suppression des barrières illégales restent sans effet.

 

À Bocaranga, les barrières illégales des forces de l’ordre tournent à plein régime. Elles sont  de retour, et ce, sur tous les axes qui relient la ville aux villages environnants. Policiers, gendarmes, militaires et même agents des eaux et forêts se sont installés sur les routes de Bocaranga -Bouar, Bocaranga -Bang, Mbaïmboum et Ngaoundaye. Leur objectif : prélever encore et encore de l’argent sur chaque usagers de la route qui passe.

À Bocaranga , les barrières illégales refont surface, et les forces de l’ordre multiplient des exactions sur la population
Photo CNC

 

Les tarifs varient selon les postes. Ici, 1000 francs CFA à l’aller. Là, 1000 francs au retour. Ceux qui refusent de payer voient leurs marchandises déchargées et fouillées. Dans certains cas, les agents passent aux violences physiques. Rasoul Iangoulé, président de la jeunesse de Bocaranga , le dit sans détour : “Le refus de se soumettre expose à des sévices corporels”.

 

Les conséquences sont visibles. Les commerçants comptent leurs pertes chaque jour. “On peut partir avec 50 000 francs pour faire du commerce, mais sur les barrières, on dépense plus que prévu”, explique l’un d’eux. Beaucoup ont renoncé à se déplacer au-delà de 15 ou 20 kilomètres. Trop risqué, trop cher. Résultat : les produits de première nécessité deviennent rares sur les marchés et leurs prix grimpent.

 

Les femmes du marché sont aussi exaspérées. “En tant que mères, on ne peut pas laisser nos enfants souffrir. On a demandé aux soldats d’arrêter de réclamer 500 francs, 1 000 francs aux gens qui essaient de nourrir leur famille. On leur parle, mais ils ne changent pas”.

 

Les conducteurs de moto-taxi subissent le même sort. À chaque barrière, c’est la même routine : fouille obligatoire, argent à donner, menaces si on proteste. Même entre eux, les soldats se disputent le contrôle de ces postes. Il arrive qu’ils se battent, armes à la main, pour garder ou prendre une barrière rentable. La population assiste, impuissante, à ces affrontements.

 

Le gouvernement a pourtant annoncé à plusieurs reprises vouloir supprimer ces barrières. Des missions ont été envoyées, des réunions ont été tenues, des numéros de téléphone ont été distribués pour que les citoyens signalent les abus. Mais sur le terrain, rien ne change. Pire, les barrières se multiplient.

 

Cette situation n’a rien de surprenant. Le gouvernement Touadéra n’a pas versé les primes globales d’alimentation (PGA) aux soldats depuis des années. Ces primes leur permettent normalement de se nourrir. Sans elles, les forces de sécurité se débrouillent autrement. Les barrières deviennent leur source de revenus. Et l’État ferme les yeux.

 

Ce n’est un secret pour personne dans le pays. Le pouvoir fait semblant de vouloir résoudre le problème tout en laissant ses agents se servir directement sur la population. Une manière de compenser l’absence de salaires décents et de primes sans que cela ne coûte rien au Trésor public. Les citoyens de Bocaranga  paient à la place de l’État.

 

Le sous-préfet intérimaire de Bocaranga , Jean-Louis Gomokoen, dit être au courant. Il évoque des “stratégies mises en place” mais refuse d’en dire plus. Lors de notre rencontre, il a mentionné une réunion organisée pendant une visite présidentielle à Paoua. Des fonctionnaires avaient distribué des numéros pour signaler les problèmes. “Malheureusement, nos frères ne le font pas”, a-t-il déclaré.

 

Cette réponse déplace la responsabilité sur les victimes. Comme si les habitants avaient le pouvoir de faire cesser un système qui profite à ceux qui portent les armes. Comme si un simple coup de fil pouvait arrêter des soldats affamés qui n’ont pas reçu leur solde.

 

Les habitants de Bocaranga  ne réclament rien d’extraordinaire. Ils veulent simplement que les barrières disparaissent, comme le gouvernement l’a promis. Ils aimeraient voir une mission venir sur place, parcourir les axes concernés et mettre fin à ce racket organisé. Ils espèrent pouvoir à nouveau circuler librement, vendre leurs produits sans être dépouillés, nourrir leurs familles sans payer un tribut à chaque kilomètre.

 

Pour l’instant, ils attendent. Comme ils attendent depuis des années que l’État tienne ses promesses. Pendant ce temps, sur la route de Boire, de Bang ou de Mbaïmboum, de Ngaoundaye, les barrières restent en place. Et les forces de sécurité continuent d’encaisser.

 

Juliette Maïguélé….

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Hausse du prix du carburant : la société civile, représentée par l’OGDC et l’I Gwé dénoncent une « décision fantôme » sans base juridique

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L’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique (OGDC) et la plateforme I Gwé contestent le cadre juridique de la hausse du prix du carburant appliquée aux gros consommateurs. Ils parlent d’une « décision fantôme » qui, selon eux, ne repose sur aucun cadre juridique clairement établi.

La conférence de presse a été animée jeudi 8 octobre 2026 au Centre Saint Jean 23 à Bangui par Quentin NGOUANDO, Coordonnateur de la plateforme de la société civile I GWÉ, et Elysée NGUEMALE, Coordonnateur de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique (OGDC).

Les deux responsables ont consacré une partie de leurs échanges à la nouvelle tarification des hydrocarbures et à ses conséquences. Ils estiment qu’une mesure portant sur les prix des hydrocarbures doit respecter les textes qui encadrent l’action de l’État.

Pour Quentin NGOUANDO et Elysée NGUEMALE, les autorités doivent préciser le fondement juridique de cette nouvelle tarification. Ils contestent ainsi les conditions dans lesquelles la hausse appliquée aux gros consommateurs a été décidée.

Quentin NGOUANDO a également critiqué le silence des députés sur cette question. Il estime que les représentants de la nation auraient dû se prononcer sur une mesure qui touche directement les entreprises et les consommateurs.

La question des « gros consommateurs » constitue un autre point de désaccord. La société civile conteste le principe d’une augmentation spécifique appliquée à cette catégorie, en raison notamment des réalités économiques et géographiques du pays.

Les intervenants ont cité le cas des entreprises implantées à l’intérieur du pays et celles qui disposent d’un accès aux pays voisins. Selon eux, les échanges transfrontaliers et les frontières poreuses peuvent compliquer l’application uniforme de cette mesure.

Pour l’OGDC et I GWÉ, le débat ne porte donc pas uniquement sur le niveau de la hausse. Il concerne aussi le cadre juridique de la décision et les conséquences possibles pour les entreprises et leurs salariés.

Les deux organisations redoutent notamment que l’augmentation des coûts pousse certaines entreprises à réduire leurs charges. Elles évoquent le risque de recours au chômage technique pour des employés confrontés à une baisse d’activité.

 

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Hausse du prix du carburant : la société civile, représentée par l’OGDC et l’I Gwé dénoncent une « décision fantôme » sans base juridique
Photo de la conférence de presse de L’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique (OGDC) et la plateforme I Gwé au Centre Saint Jean 23 à Bangui

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À lire aussi : Centrafrique : vaste opération de la Police des Mines contre le travail illégal à Bozoum, pour quel résultat ?

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À lire aussi : Centrafrique : les zones d’ombre de la « Cellule de veille communicationnelle » de Ngamana

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La hausse des hydrocarbures décidée pour les gros consommateurs inquiète la société civile en Centrafrique, qui redoute des vagues de chômage technique.

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À lire aussi : Rumeurs de coup d’État et médiation familiale : comment Touadéra a mis à l’écart sa nouvelle maîtresse qui plaidait la cause de son cousin colonel arrêté

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À lire aussi : De la philosophie économique au fiasco : quatre ans après, les promesses de la merveille économique de Touadéra tombe complètement dans l’eau

 

 

 

CORE AVIATION SERVICES : Scandale à la direction qui encaisse les retenues sur les salaires sans jamais les reverser à la CNSS

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Des employés de CORE AVIATION SERVICES (CAS) brisent le silence et balancent la vérité sur le détournement pur et simple des retenues effectuées sur leurs salaires depuis l’arrivée de la société. Les prélèvements destinés directement aux impôts et à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) sont ponctionnés sur les bulletins de paie, mais ils finissent directement gelés dans les tiroirs de la direction sans jamais être reversés.

 

Ce braquage social frappe de plein fouet l’ensemble des personnels qui continuent d’épuiser leurs forces au sein de CORE AVIATION SERVICES. Les montants sont amputés mensuellement sur la paie des salariés, pendant que le versement effectif aux organismes sociaux reste bloqué et impayé.

 

CORE AVIATION SERVICES : Scandale à la direction qui encaisse les retenues sur les salaires sans jamais les reverser à la CNSS
Les agents aéroportuaires au travail à l’aéroport international de Bangui. Photo CNC

 

Excédés par ce défaut de paiement, des agents de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ont débarqué en personne au siège de la direction de CORE AVIATION SERVICES pour exiger des comptes et récupérer l’argent des cotisations envolées.

 

À lire aussi : Alerte Danger : Quand l’annonce du recrutement de formation des jeunes centrafricains en drones en Russie mène tout droit sur le front ukrainien

Pris au piège, le Directeur Général de la société, GOM-AIAM Jacques, s’est débiné en orientant précipitamment les inspecteurs de la CNSS vers la responsable des ressources humaines pour qu’elle gère ce dossier brûlant.

 

À lire aussi : Carnot : le suspect du meurtre du conducteur de taxi-moto, le caporal Boudane Penile, est finalement transféré à Bangui pour être entendu

Un rendez-vous crucial a été arrêté entre les agents de la CNSS et la responsable du personnel. Mais dans un coup de théâtre qui ressemble à une fuite organisée, au moment exact de la rencontre, la responsable avait déjà déserté son poste et quitté en douce le pays en direction d’Abidjan, prétextant poursuivre ses études.

 

Ce départ clandestin a magistralement fait capoter le rendez-vous avec les inspecteurs de la CNSS. Les salariés dépouillés exposent ce subterfuge et dénoncent cette escroquerie flagrante sur les retenues de leurs salaires dont le reversement effectif est sciemment détourné.

 

Les faits sont désormais étalés au grand jour : la rédaction du CNC met à nu la somme totale des montants volés aux travailleurs, la période exacte de ces retenues fantômes ainsi que la complicité de la direction face aux organismes spoliés.

 

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Les inspecteurs de la CNSS constatent le détournement massif des cotisations sociales tandis que la direction orchestre le vol des salaires en Centrafrique.

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Seko, Alindao, Bongboto, Gordile : les massacres commis par Wagner et les russes noirs documentés par la CPI

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Il y a des noms qui résonnent comme des condamnations. Seko. Alindao. Bongboto. Gordile. Quatre villages centrafricains. Quatre charniers à ciel ouvert. Quatre preuves accablantes, de massacre des Wagner  méthodiquement organisée depuis le sommet de l’État.

 

La communication déposée le 8 octobre 2025 à la Cour pénale internationale par les “12 Apôtres” et Maître Philippe Larochelle ne laisse place à aucune ambiguïté : depuis 2018, le régime Touadéra et ses supplétifs russes du Groupe Wagner ont transformé la République centrafricaine en un vaste territoire de chasse où la population civile est traquée, massacrée, violée et pillée avec une régularité d’horloge.

Seko, Alindao, Bongboto, Gordile : les massacres commis par Wagner et les russes noirs documentés par la CPI

 

Seko : le baptême du sang (21 mars 2018)

 

Tout commence à Seko, dans la préfecture de la Ouaka, le 21 mars 2018. Ce jour-là, des éléments de l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC), agissant sous le commandement de Hassan Bouba – aujourd’hui ministre de Touadéra – reçoivent un ordre aussi simple qu’abominable : “Tuer tous les chrétiens du village, y compris à l’église.”

 

Dix-sept civils sont exécutés, dont des femmes et des enfants. Les habitations sont systématiquement incendiées. Sept autres blessés succombent dans les jours suivants. L’UPC, déjà à cette époque, opère comme “Wagner noir” – ces miliciens centrafricains formés, payés et commandés par les mercenaires russes pour faire le sale boulot.

 

Le massacre de Seko n’est pas un dérapage. C’est un test. Une répétition générale.

 

Alindao : l’horreur programmée (15 novembre 2018)

 

Huit mois plus tard, le 15 novembre 2018, l’UPC frappe à nouveau. Cette fois, la cible est le camp de personnes déplacées d’Alindao, dans la Basse-Kotto. Des milliers de civils chrétiens, fuyant déjà la violence, s’y sont réfugiés. L’UPC les considère comme un “sanctuaire” de la milice anti-Balaka.

 

La veille de l’attaque, une réunion stratégique se tient à Bokolobo, fief de l’UPC. Sont présents : Ali Darassa, chef de l’UPC ; Hassan Bouba, conseiller spécial de Touadéra ; et surtout, Valery Zakharov, Dimitri Sytyi et Vitali Perfilev, les trois dirigeants du Groupe Wagner. Ils remettent une importante somme d’argent aux chefs rebelles. L’ordre est clair : détruire le camp.

 

Le 15 novembre, l’UPC attaque. Le bilan est effroyable : 112 morts, dont 19 enfants, 44 femmes et 49 hommes. Des membres du clergé sont exécutés. L’église et une partie de la cathédrale sont incendiées. Les biens des déplacés sont systématiquement pillés.

 

Ce qui frappe dans ce massacre, c’est la préméditation absolue. Quelques jours avant l’attaque, de hauts dignitaires du clergé centrafricain avaient alerté les autorités, y compris Touadéra lui-même, sur l’imminence d’une offensive contre Alindao. Ils suppliaient qu’on envoie des FACA pour protéger les civils.

 

Touadéra n’a rien fait. Pire : selon les témoignages recueillis, le président et son Premier ministre de l’époque ont reçu d’importantes sommes d’argent après le massacre. L’information avait fuité lors de la réunion préparatoire de l’UPC et sera confirmée lors d’une conférence de presse épiscopale fin novembre 2018.

 

Alindao n’est pas un crime de guerre. C’est un contrat de sang passé entre Touadéra, Wagner et l’UPC.

 

Bongboto : l’embuscade aux marchands (21 juillet 2021)

 

Trois ans plus tard, le 21 juillet 2021, c’est au tour de Bongboto, près de Bossangoa, de connaître l’horreur. Cette fois, ce ne sont plus les “Wagner noirs” de l’UPC qui frappent, mais directement les mercenaires russes.

 

Quatorze marchands ambulants sont pris en embuscade à l’entrée du village. Ils sont exécutés sommairement, à bout portant. Leurs corps sont abandonnés sur place.

 

Ce massacre intervient dans le contexte de la contre-offensive du régime Touadéra contre la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), alliance de six groupes armés opposés au pouvoir formée après la réélection contestée de décembre 2020.

 

Bossangoa et sa région deviennent un champ de bataille. Les mercenaires de Wagner y mènent des “opérations de nettoyage” systématiques, ciblant en particulier les habitants des quartiers Sembe et Boro, à majorité gbaya – l’ethnie de l’ancien président François Bozizé, ennemi juré de Touadéra.

 

Après le massacre de Bongboto, le gouvernement centrafricain tente une opération de désinformation : il accuse la CPC d’avoir commis l’attaque. Des représentants officiels se rendent à Bossangoa pour offrir de l’argent aux familles des victimes – non pas en réparation, mais pour les corrompre et éviter qu’elles ne portent plainte contre Wagner.

 

Certains proches des victimes sont même enlevés par les mercenaires russes pour les réduire au silence.

 

Gordile : vingt-trois civils abattus (13 mars 2022)

 

Le 13 mars 2022, dans la préfecture de la Vakaga, le village de Gordile est le théâtre d’un nouveau bain de sang. Vingt-trois civils sont tués par les mercenaires de Wagner.

 

Ce massacre s’inscrit dans une campagne d’élimination ciblée. Quelques jours plus tôt, le 13 février, le Général Zakaria Damane était assassiné à Ouadda. Puis, en mars, c’est le tour du Général Baba Amin, abattu à Gordile même.

 

Ces deux généraux figuraient sur une “liste noire” de 23 anciens dirigeants de la Séléka que le régime Touadéra avait ordonné d’éliminer. Les mercenaires de Wagner ont exécuté le contrat avec une efficacité glaçante.

 

À Gordile, après l’assassinat du Général Amin, les civils accusés de sympathie pour la rébellion sont massacrés en représailles. Wagner ne fait pas de distinction entre combattants et population. L’ordre est : “Tuer tout le monde”.

 

Les “opérations de nettoyage” : une doctrine du massacre

 

Ces quatre massacres – Seko, Alindao, Bongboto, Gordile – ne sont que la partie émergée d’un iceberg sanglant. La communication à la CPI liste 31 incidents documentés par les témoignages recueillis entre 2018 et 2025. Dans 22 de ces incidents, soit 71%, les mercenaires de Wagner sont les seuls responsables.

 

Leur méthode est toujours la même. Wagner donne l’ordre de “nettoyer” ou “ratisser” un village, une zone rurale ou un site minier. Les mercenaires, parfois accompagnés de FACA ou de la Garde Présidentielle, ciblent les communautés gbayas, peuhles et musulmanes, perçues comme affiliées à la CPC.

 

Les consignes sont explicites : “Tuer tout le monde”, confirme un ancien milicien des “Wagner noirs” interrogé par les enquêteurs.

 

Les civils sont chassés comme des animaux, selon l’expression de l’ONG The Sentry. Les attaques sont indiscriminées. Wagner utilise des hélicoptères pour larguer des explosifs sur des villages, des bases rebelles, mais aussi des zones occupées par des civils.

 

Entre décembre 2020 et juillet 2022, les mercenaires de Wagner ont pris pour cible des civils durant au moins 180 événements, correspondant à 52% du total des faits de violence politique en RCA sur cette période, selon les données d’ACLED.

 

En 2023, le nombre de cas de violence a encore augmenté, dépassant celui de 2022. Les civils sont fréquemment victimes d’explosions aveugles.

 

Les mines : tuer pour piller

 

Ce qui distingue Wagner des autres acteurs du conflit centrafricain, c’est la dimension économique des massacres. Les zones où Wagner concentre ses opérations militaires correspondent systématiquement aux sites miniers stratégiques qu’il contrôle : Ndassima, Kouki, Chimbolo.

 

Entre décembre 2020 et août 2023, au moins 17 batailles pour des sites miniers ont eu lieu en RCA. Wagner était impliqué dans 70% de ces événements.

 

À Ndassima, principal gisement minier du pays vendu par l’UPC à Wagner fin 2019, les mercenaires et les FACA ont commis de nombreux meurtres contre les rebelles et la population locale pour les chasser de la zone. Les “Wagner noirs” ont également assassiné de nombreux Peuhls travaillant sur les gisements d’or et de diamants afin de piller leurs récoltes.

 

En mars 2023, neuf exploitants chinois du site minier de Chimbolo, dans la région de Bambari, sont tués lors d’une attaque menée par les “Wagner noirs” sous la direction du Colonel Kiri, proche de Hassan Bouba.

 

Un témoin entendu par les enquêteurs le dit crûment : “La cartographie des lieux où Wagner est présent et commet des exactions peut être définie sur la base de la localisation des gisements miniers en RCA.”

 

Wagner ne fait pas la guerre en Centrafrique. Wagner pille sous couvert de guerre.

 

526 violations documentées en un an

 

Les chiffres sont vertigineux. Dans un rapport couvrant la période de juillet 2020 à juin 2021, la Division des Droits de l’Homme de la MINUSCA et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme ont recensé 526 violations des droits humains et du droit international humanitaire à travers la RCA, faisant au moins 1 221 victimes, dont 144 civils.

 

Parmi ces violations figuraient des exécutions sommaires, des arrestations et détentions arbitraires et des actes de torture liés au conflit. Selon ce rapport, près de 46% de ces incidents confirmés étaient en partie attribuables aux FACA, aux FSI et aux instructeurs militaires russes du Groupe Wagner.

 

En mars 2022, Michelle Bachelet, alors Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, et l’Expert indépendant sur la situation des droits de l’homme en RCA alertaient le Conseil des Droits de l’Homme sur les “multiples témoignages concordants signalant des exactions commises par les forces de sécurité du gouvernement et par les forces bilatérales russes”.

 

Ces violations comprenaient des meurtres, des cas documentés de torture et de traitements cruels, inhumains, humiliants et dégradants, des violences sexuelles liées au conflit, des actes d’intimidation, des destructions d’habitations, des menaces et des extorsions.

 

Ces exactions visaient non seulement des civils, mais également des représentants locaux de l’État, tels que des préfets ou commissaires, dans plusieurs localités de l’arrière-pays, notamment à Bambari, Bossangoa et Bria.

 

La machine à tuer

 

“Touadéra et le Groupe Wagner ont mis en place une machine à tuer et à piller qui sert les intérêts de Touadéra aux fins de se maintenir au pouvoir et ceux du Groupe Wagner par le biais de l’exploitation des richesses minières du pays”, a déclaré l’ONG The Sentry.

 

Selon elle, les civils sont chassés “comme des animaux” en RCA et le “modèle de pillage” mis en place a apporté la “mort et la dévastation” tout en sapant la paix et la sécurité globales tant en RCA que dans l’Afrique centrale dans son ensemble.

 

Le 14 novembre 2024, dans sa Résolution 2759, le Conseil de sécurité des Nations Unies s’est dit “profondément préoccupé par la situation humanitaire et sécuritaire en RCA”, demandant “qu’il soit immédiatement mis un terme à toutes formes de violence contre les civils”.

 

Le Conseil a réaffirmé l’importance de traduire en justice de toute urgence tous les responsables de violations du droit international humanitaire, de violations des droits de l’homme et d’atteintes à ces droits, quel que soit leur statut ou leur appartenance politique, sachant que certains de ces actes peuvent être constitutifs des crimes listés dans le Statut de la CPI.

 

La responsabilité pénale de Touadéra

 

La communication déposée à la CPI établit une chaîne de commandement claire reliant Touadéra aux massacres.

 

Pour Alindao, la présence de Zakharov, Sytyi et Perfilev lors de la réunion préparatoire du 14 novembre 2018, la remise d’argent aux chefs de l’UPC, et surtout la passivité délibérée de Touadéra malgré les alertes du clergé démontrent une complicité active.

 

Pour Bongboto et Gordile, les témoignages établissent que les mercenaires de Wagner agissent sur ordre direct de la Présidence ou des Dirigeants Wagner qui ont reçu de Touadéra le pouvoir de donner des instructions aux ministres et aux hauts dirigeants centrafricains.

 

Hassan Bouba, commanditaire des massacres de Seko et Alindao, est aujourd’hui ministre. Arrêté par la Cour pénale spéciale le 19 novembre 2021, il a été libéré par Wagner et la Garde Présidentielle six jours plus tard, puis décoré de l’Ordre du mérite par Touadéra.

 

261 plaintes de victimes sont enregistrées contre lui à la CPS. Il est toujours en liberté.

 

La CPI, dernier recours

 

En décembre 2022, le Procureur de la CPI Karim Khan avait annoncé la clôture de la phase d’enquête dans la situation dite “République Centrafricaine II”, citant le “passage de relais aux juridictions nationales”.

 

Mais comme le rappelle le document de politique générale du Bureau du Procureur : “Au cas où des allégations faisant état de nouveaux crimes visés à l’article 5 seraient portés à la connaissance du Bureau une fois que celui-ci a achevé ses activités dans une situation donnée, le Procureur peut les examiner dans le cadre de l’article 15 du Statut.”

 

Les crimes documentés dans la communication des “12 Apôtres” sont distincts de ceux visés sous la situation “RCA II”. Ils couvrent la période 2018-2025. Ils impliquent de nouveaux auteurs : le Groupe Wagner, Hassan Bouba, Jules Wananga, les “Requins”.

 

Ils nécessitent l’ouverture d’une nouvelle situation : “République Centrafricaine III”.

 

Car la justice centrafricaine, totalement soumise à Touadéra qui préside le Conseil Supérieur de la Magistrature, est dans l’incapacité de poursuivre les responsables. Le fiasco de l’affaire Bouba en est la preuve éclatante.

 

Un crime d’État

 

Seko, Alindao, Bongboto, Gordile ne sont pas des “bavures”. Ce ne sont pas des “dérapages” commis par des troupes incontrôlées dans le chaos d’une guerre civile.

 

Ce sont des crimes d’État, planifiés, financés, exécutés par une alliance criminelle entre un président qui refuse de quitter le pouvoir et une organisation paramilitaire russe qui pille les ressources du pays en échange de sa protection.

 

Ces massacres ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans une politique délibérée de terreur contre la population civile, documentée par l’ONU, les ONG internationales, et désormais par une communication officielle à la CPI appuyée sur 30 témoignages et les données d’ACLED.

 

Les noms des responsables sont connus. Faustin-Archange Touadéra. Hassan Bouba. Valery Zakharov. Dimitri Sytyi. Vitali Perfilev. Jules Wananga.

 

Leurs crimes sont documentés. Meurtres. Tortures. Disparitions forcées. Viols. Pillages.

 

Leur impunité ne doit plus durer.

 

La Cour pénale internationale est saisie. À elle, désormais, de dire le droit. Et de rendre justice aux morts de Seko, d’Alindao, de Bongboto, de Gordile.

 

Et à tous les autres.

 

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Université de Bangui : dans les coulisses du réseau de trafic entre Harol Beranger Toufeina, cousin du doyen Azoumaye, et le chef du département d’anthropologie

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À la faculté des lettres et sciences humaines de Bangui, un système organisé lie Harol Beranger Toufeina, cousin du doyen Jean-Claude Azoumaye, au chef du département d’anthropologie. Confiscation de téléphones, paiements forcés, notes truquées : ce réseau touche directement les étudiants pendant les périodes d’examen.

Université de Bangui : dans les coulisses du réseau de trafic entre Harol Beranger Toufeina, cousin du doyen Azoumaye, et le chef du département d’anthropologie
L’étudiant voleur HAROL BERANGER TOUFEINA

 

La confiscation des téléphones, premier maillon du système

 

Pendant les périodes d’évaluation, Toufeina collecte systématiquement les téléphones des étudiants avant chaque épreuve. Cette pratique, présentée comme une mesure anti-fraude, cache en réalité un mécanisme d’extorsion organisé.

À lire aussi : Daniel Nzéwé : une nouvelle plainte chinoise de onze millions vient alourdir son dossier à l’OCRB

 

Une fois les appareils rassemblés, Toufeina les remet directement au chef du département d’anthropologie plutôt qu’à un responsable désigné pour la surveillance des examens. Ce dernier réclame ensuite de l’argent aux étudiants pour récupérer leur propre téléphone. Le tarif varie selon le modèle de l’appareil : 5 000 francs CFA pour un smartphone Android, 2 000 francs CFA pour un téléphone à clavier simple, sans écran tactile.

À lire aussi : Yves Sanghamy martèle : « Nous avons le prix de l’essence le plus élevé au monde », une conséquence directe du contrat pétrolier opaque signé par le gouvernement

 

Aucun étudiant ne récupère son téléphone sans payer cette somme, quelle que soit la durée de l’examen ou la nature de l’épreuve concernée.

À lire aussi : Centrafrique : un sous-officier de l’armée nationale abattu près de Bouar

 

Un partage organisé entre les deux hommes

 

L’argent collecté ne reste pas entre les mains du seul chef de département. Toufeina distribue et partage cette somme avec lui, selon un arrangement stable entre les deux hommes. Cette collaboration dépasse la simple confiscation des téléphones.

 

Le chef du département d’anthropologie utilise Toufeina comme un relais de confiance pour surveiller les autres étudiants pendant les examens. Il lui délègue une forme d’autorité informelle, sans lien avec un poste ou une fonction officielle au sein de la faculté.

 

Le passage en année supérieure, deuxième volet du trafic

 

Le système ne s’arrête pas à la confiscation des téléphones. Toufeina collecte également de l’argent auprès d’étudiants qui souhaitent obtenir un passage en année supérieure, en deuxième ou troisième année, sans nécessairement remplir les conditions académiques requises.

 

Cette opération s’appuie sur sa connivence avec l’équipe de saisie des résultats, mise en place au sein de la faculté. Toufeina intervient directement auprès de cette équipe pour faire modifier ou valider des notes, en échange des sommes versées par les étudiants concernés.

 

Un système qui repose sur l’impunité

 

Ce réseau fonctionne depuis plusieurs années sans jamais être interrompu. Le chef du département d’anthropologie et Toufeina opèrent en toute connaissance de cause, chacun bénéficiant de la protection que leur offre la proximité de Toufeina avec le doyen Azoumaye.

 

Cette proximité familiale rend toute sanction improbable. Les étudiants concernés, contraints de payer pour récupérer un bien personnel ou pour valider leur année, n’ont aucun recours face à ce système solidement implanté.

 

Le doyen Azoumaye connaît l’existence de ces pratiques, largement documentées et rapportées au sein de la faculté. Aucune mesure n’a pourtant été prise à ce jour contre le chef du département d’anthropologie ni contre son cousin Harol Beranger Toufeina…

 

Par Gisèle MOLOMA

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Conseil supérieur islamique de Centrafrique : la bataille de succession ouverte après le décès de l’imam Omar Kobine Layama se poursuit désormais autour de la mosquée du 6e arrondissement

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Le conflit autour de la direction du Conseil supérieur islamique de Centrafrique, né après le décès de l’imam Omar Kobine Layama en 2020, connaît un nouvel épisode à Bangui. La bataille entre les deux camps qui revendiquent la direction de cette institution religieuse touche désormais la mosquée du 6e arrondissement, où une association invoque un financement du président Faustin-Archange Touadéra pour demander l’arrêt des travaux de réhabilitation.

 

En effet, après la disparition d’Omar Kobine Layama, un bureau intérimaire a été mis en place pour assurer la direction du Conseil supérieur islamique. Ahmed Deliris Rattor, alors premier vice-président, a assuré cette période de transition.

 

Conseil supérieur islamique  de Centrafrique : la bataille de succession ouverte après le décès de l’imam Omar Kobine Layama se poursuit désormais autour de la mosquée du 6e arrondissement
L’Imam Abdoulaye Ouasselegué, Président du Bureau Exécutif National du Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique, lors de son interview. Photo CNC

 

La question de la succession s’est ensuite installée au sein de la communauté musulmane. Le renouvellement du bureau national a donné lieu à une nouvelle bataille entre plusieurs responsables religieux, chacun revendiquant la légitimité de son camp.

 

Le 30 décembre 2025, une assemblée générale a désigné un nouveau bureau exécutif national avec l’imam Abdoulaye Ouassélégue à sa tête. Cette désignation n’a pas mis fin au conflit. Un autre groupe, proche du Président Faustin-Archange Touadera ,  a continué à revendiquer la direction du Conseil supérieur islamique, créant une situation de double légitimité au sein de la communauté musulmane.

À lire aussi : « L’URSS libérait l’Afrique, Wagner la pille » : Martin Ziguelé brise le tabou de la présence russe

 

Le conflit gagne la mosquée du 6e arrondissement

 

À lire aussi : Hôpital des grandes endémies de PK24 : simple vitrine mensongère d’un système de santé pourri jusqu’à l’os par la corruption touadériste

La mosquée du 6e arrondissement se retrouve aujourd’hui au cœur de cette confrontation.

 

Détruit lors des violences de 2018, le lieu de culte est resté pendant plusieurs années sans permettre aux fidèles du secteur d’y accomplir normalement leurs prières. La reconstruction a repris en 2025 avec la mobilisation de plusieurs personnes et des contributions destinées à faire avancer les travaux.

 

Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, des matériaux ont été fournis par des personnes de bonne volonté. Des fidèles ont également participé aux dépenses nécessaires à la poursuite du chantier. Un comité de reconstruction a été constitué pour suivre les travaux et organiser les besoins matériels.

 

Les travaux ont connu plusieurs interruptions. La communauté musulmane du secteur a finalement décidé de remettre progressivement le bâtiment en état afin de permettre la reprise des prières, alors même que la reconstruction n’était pas totalement achevée.

 

Le 29 septembre 2026, une note d’information adressée au commissaire de police du 6e arrondissement a officiellement annoncé la reprise des activités cultuelles dans la mosquée Arrahman de Linguïssa II, notamment la grande prière du vendredi. La mairie du 6e arrondissement et le chef de quartier ont reçu copie du document.

 

Une mise en demeure change la nature du conflit

 

Quelques jours plus tard, le conflit prend une dimension nouvelle.

 

Le 5 octobre 2026, Me Claude Saint Pierre Goubano, avocat de l’Association Mains Tendues de Touadéra (AMTT), adresse une mise en demeure au maire du 6e arrondissement et à l’imam Abdoulaye Ouassérengue.

 

L’avocat demande l’arrêt immédiat des travaux réalisés sur le bâtiment de la mosquée. Il affirme que l’Association Mains Tendues de Touadéra avait engagé les travaux de reconstruction après avoir reçu des fonds du président de la République.

 

Dans cette correspondance, l’avocat soutient que l’association avait réalisé les travaux et reproche aux responsables de la mosquée d’être intervenus dans l’enceinte du bâtiment sans son autorisation.

 

Le même jour, un huissier de justice signifie une sommation d’arrêt des travaux à l’imam Ouassérengue, par l’intermédiaire du muezzin présent à la mosquée de Yapélé, également appelée Al Farouq.

 

La procédure demande donc aux responsables du lieu de culte de suspendre les travaux sous peine de poursuites judiciaires.

 

Le financement présidentiel au cœur de la revendication

 

C’est sur ce point que l’affaire prend une dimension particulière.

 

La mise en demeure affirme que le président de la République aurait remis des fonds au coordonnateur de l’Association Mains Tendues de Touadéra, Alamine Baraka, pour reconstruire la mosquée.

 

Cette affirmation n’apparaissait pas, selon les éléments recueillis par la rédaction du CNC, dans les échanges ayant accompagné jusque-là la reconstruction du bâtiment.

 

La communauté musulmane du 6e arrondissement avait mobilisé différentes contributions pour permettre aux travaux de se poursuivre. Des fidèles avaient également participé aux dépenses et des matériaux avaient été fournis par des personnes de bonne volonté.

 

La mise en demeure fait donc apparaître un nouvel élément : l’invocation d’un financement présidentiel pour justifier l’intervention de l’association dans la gestion du bâtiment.

 

Le document ne contient en revanche aucune disposition établissant explicitement que la mosquée serait devenue la propriété personnelle du président de la République. Il établit une revendication de l’association fondée sur le financement qu’elle affirme avoir reçu pour les travaux.

 

Une bataille religieuse qui dépasse les travaux

 

Le conflit autour de la mosquée ne peut être séparé de la bataille qui oppose depuis plusieurs mois les deux camps revendiquant la direction du Conseil supérieur islamique.

 

L’imam Abdoulaye Ouassérengue fait partie des responsables engagés dans cette succession. Sa désignation à la tête d’un bureau exécutif national en décembre 2025 a été contestée par le camp issu du bureau intérimaire.

 

Le coordonnateur de l’Association Mains Tendues de Touadéra, Alamine Baraka, apparaît lui aussi dans cette séquence. Les informations recueillies par la rédaction du CNC font état de liens familiaux entre ce dernier et certains responsables impliqués dans le conflit institutionnel au sein du Conseil supérieur islamique.

 

L’imam Abdoulaye Ouassélégue dirige le bureau exécutif national contesté par l’Association Mains Tendues de Touadéra qui revendique des droits sur la mosquée du 6e arrondissement à Bangui.

C’est dans ce contexte que la question de la mosquée du 6e arrondissement prend une portée qui dépasse largement la seule reconstruction d’un bâtiment.

 

La reprise des prières par les fidèles intervient au moment où les deux camps continuent de se disputer la légitimité à diriger l’institution islamique nationale. La mise en demeure vient désormais ajouter une bataille autour de l’usage du lieu de culte, des travaux réalisés et du financement invoqué par l’association.

 

Le maire du 6e arrondissement cité dans la procédure

 

La mise en demeure vise également le maire du 6e arrondissement. Pourtant, les éléments recueillis par la rédaction montrent que son nom apparaît dans la note d’information adressée par l’imam aux autorités locales comme destinataire en copie.

 

La note avait pour objet d’informer les autorités de la reprise des activités cultuelles dans la mosquée. Elle avait également été transmise au commissaire de police du 6e arrondissement et au chef de quartier.

 

Aucun élément contenu dans les documents examinés par le CNC ne permet d’établir que le maire aurait ordonné ou financé les travaux de reconstruction. Son implication dans la procédure semble liée, à ce stade, à son statut d’autorité administrative locale informée de la reprise des activités dans le lieu de culte.

 

Une nouvelle ligne de fracture au sein de la communauté musulmane

 

Le dossier de la mosquée du 6e arrondissement révèle ainsi une nouvelle étape dans le conflit qui oppose les différents protagonistes de la succession ouverte après le décès d’Omar Kobine Layama.

 

La question de la direction du Conseil supérieur islamique s’est progressivement déplacée vers les lieux de culte, avec désormais une procédure judiciaire autour d’une mosquée reconstruite après sa destruction en 2018.

 

L’Association Mains Tendues de Touadéra revendique des droits sur les travaux en invoquant un financement présidentiel. Les responsables de la mosquée contestent cette intervention et ont repris les prières avec les fidèles du secteur.

 

La rédaction du CNC poursuit ses investigations sur l’origine des financements, la gestion des travaux, les différentes structures qui revendiquent la direction du Conseil supérieur islamique et les conditions dans lesquelles le financement présidentiel est aujourd’hui invoqué dans le différend autour de la mosquée du 6e arrondissement. 

 

 

 

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« Brisons la misère, la tyrannie et la servitude » : le Pasteur Charles Talingano appelle les Centrafricains à se libérer et à « pratiquer le bien »

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Le pasteur Charles Talingano appelle les Centrafricains à se mobiliser contre la misère, la tyrannie et la servitude, dans une déclaration où il exhorte la population à agir au nom du bien et de la paix.

 

Dans son intervention, il demande aux Centrafricains de ne pas rester spectateurs face aux difficultés du pays. Il les invite à pratiquer le bien et à devenir, selon ses termes, des acteurs de paix et de solidarité.

 

« Pratiquez le bien. Soyez le bien dans ce monde. Soyez la grâce de Dieu dans ce monde », lance Charles Talingano.

 

Le pasteur poursuit son message en appelant chacun à apporter du réconfort aux personnes confrontées à la souffrance.

« Brisons la misère, la tyrannie et la servitude » : le Pasteur Charles Talingano appelle les Centrafricains à se libérer et à « pratiquer le bien »
Pasteur Charles Talingano

 

À lire aussi : Faustin Zaméto demande un débat national sur l’hymne centrafricain

« Soyez la paix, ceux qui procurent la paix dans ce monde. Soyez la joie pour essuyer les larmes de ceux qui pleurent. Soyez la vie pour ceux qui meurent », déclare-t-il.

 

À lire aussi : Bras cassés au gouvernement, chaos à l’éducation : Touadéra change-t-il vraiment ?

Charles Talingano élargit ensuite son message à la situation sociale et politique du pays. Il évoque la misère, la souffrance et ce qu’il décrit comme une forme de servitude imposée à la population.

 

« De ce jour, brisons la tyrannie, mais de ce jour, brisons la misère, brisons la tyrannie et la servitude », affirme-t-il.

 

Pour appuyer son message, le pasteur se réfère à plusieurs récits bibliques. Il cite notamment Moïse, auquel il attribue une mission de délivrance après avoir vu la souffrance et l’oppression du peuple.

 

Il évoque aussi David face à Goliath. Selon lui, cet épisode montre qu’une personne considérée comme faible peut relever un défi lorsqu’elle place sa confiance en Dieu.

 

« Nous avons Dieu avec nous. Nous avons le Christ avec nous », affirme-t-il.

 

Charles Talingano appelle également les Centrafricains à retrouver l’esprit de solidarité et de responsabilité qu’il associe à Barthélemy Boganda. Il estime que chaque citoyen peut contribuer au changement, quel que soit son statut.

 

Son message dépasse ainsi le seul cadre religieux. Il invite la population à agir dans son environnement quotidien, notamment en aidant ceux qui souffrent, en donnant à manger aux personnes dans le besoin et en soutenant ceux qui sont opprimés.

 

« Donne à manger à ton détracteur, à ton oppresseur », affirme-t-il encore.

 

Face à la détresse sociale, le Pasteur Charles Talingano exhorte la population à rejeter la misère, la tyrannie et la servitude pour bâtir une société solidaire.

Pour le pasteur, cette attitude doit permettre aux Centrafricains de répondre à la souffrance par la solidarité plutôt que par la haine. Il appelle chacun à incarner les valeurs de paix, de grâce et de miséricorde qu’il développe dans son intervention.

 

Charles Talingano termine ainsi son message par un appel général à la population centrafricaine à prendre part, selon sa vision, à une rupture avec la misère et la servitude et à construire une société fondée sur la paix et la solidarité. Actions disponibles

 

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Centrafrique : vaste opération de la Police des Mines contre le travail illégal à Bozoum, pour quel résultat ?

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La Police des Mines a mené la semaine dernière une vaste opération de contrôle dans plusieurs sites aurifères de la région de Bozoum, dans l’Ouham-Pendé. La mission visait notamment à lutter contre le travail illégal et la présence de travailleurs étrangers sans documents réguliers. Plusieurs ressortissants étrangers ont été interpellés sur des chantiers exploités par des opérateurs chinois.

 

L’opération a concerné plusieurs zones minières, notamment Gbagba, sur l’axe de la piste minière, ainsi que Mbiadangou, Kpare, Bossido, Koundé-Bogala et Ngoutere, sur l’axe de Bocaranga. Dans ces différents sites, les agents auraient découvert de nombreux travailleurs étrangers employés sur les chantiers.

Centrafrique : vaste opération de la Police des Mines contre le travail illégal à Bozoum, pour quel résultat ?
Les camions sur le site minier de l’IMC de Gomignon , 20 kilomètres de Yaloké, dans l’Ombella-Mpoko. Photo CNC

 

Parmi les personnes contrôlées figureraient des ressortissants chinois, camerounais, burkinabè, tchadiens et d’autres nationalités. Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC auprès de personnes présentes dans les zones concernées, plusieurs de ces travailleurs ne disposeraient pas des documents nécessaires pour exercer légalement leur activité en République centrafricaine.

 

Le problème se situe dans la suite donnée à ces contrôles.

 

À lire aussi : « On nous appelle pour nous annoncer, pas pour discuter avec nous sur le projet de l’augmentation des prix du carburant . Je pèse mes mots » : le syndicaliste Nicaise Ngouandji raconte les coulisses d’une décision imposée

Des travailleurs interpellés puis renvoyés sur les mêmes chantiers

 

Selon plusieurs témoignages recueillis par la rédaction du CNC, certains travailleurs étrangers interpellés lors de l’opération auraient été conduits à la brigade de la mairie plutôt que d’être orientés vers une procédure administrative permettant de déterminer leur situation.

À lire aussi : Centrafrique : vers une sérieuse dégradation de la santé de Faustin-Archange Touadéra ?

 

Ces travailleurs auraient ensuite été contraints de verser 2,5 millions de FCFA chacun avant d’être libérés. Une fois le paiement effectué, ils auraient été autorisés à retourner sur les mêmes sites miniers où ils avaient été contrôlés.

 

Si ces faits sont confirmés, une question se pose immédiatement : quel est le résultat réel d’une opération contre le travail illégal lorsque les travailleurs interpellés paient une somme d’argent avant de retourner travailler sur les mêmes chantiers ?

 

Le paiement d’une telle somme ne semble pas, à lui seul, régler leur situation administrative. Il ne transforme pas automatiquement un travailleur sans autorisation en salarié étranger régulièrement déclaré. Il ne règle pas non plus la situation de l’entreprise qui l’emploie.

 

Que devient la lutte contre le travail illégal ?

 

La Police des Mines a été créée pour renforcer le contrôle du secteur minier et lutter contre les pratiques frauduleuses. Son rôle consiste notamment à contrôler les activités minières et à vérifier la régularité des personnes qui y travaillent.

 

Dans le cas d’un travailleur étranger en situation irrégulière, plusieurs questions doivent normalement être examinées : dispose-t-il d’un titre de séjour valable ? Possède-t-il une autorisation de travail ? Son employeur l’a-t-il régulièrement déclaré ? Les taxes et obligations liées à son emploi sont-elles respectées ?

 

Lorsque ces conditions ne sont pas réunies, l’État peut soit engager une procédure de régularisation lorsque celle-ci est possible, soit appliquer les mesures prévues par la réglementation.

 

À Bozoum, le fait de laisser les travailleurs repartir sur les mêmes sites après un paiement soulève donc une interrogation sur l’efficacité réelle de l’opération.

 

Car si la Police des Mines revient quelques jours plus tard, retrouve les mêmes travailleurs, les interpelle de nouveau et qu’un nouveau paiement intervient, le contrôle risque de devenir répétitif sans faire disparaître le travail illégal.

 

Les employeurs chinois doivent également être contrôlés

 

La question ne concerne pas seulement les travailleurs étrangers.

 

Si des ressortissants camerounais, burkinabè, tchadiens, maliens ou ghanéens travaillent sans autorisation sur des sites exploités par des entreprises chinoises, les employeurs doivent également être soumis aux contrôles prévus par la réglementation.

 

Une entreprise qui recrute un travailleur étranger doit pouvoir justifier sa situation administrative et respecter les obligations liées à son emploi. La responsabilité ne peut donc pas reposer uniquement sur le travailleur interpellé.

 

Cette question dépasse d’ailleurs Bozoum. Des travailleurs étrangers sont régulièrement signalés dans plusieurs zones minières du pays, notamment à Zawa, Yaloké, Mbela-Poko, dans le Nord-Mbéré, à Gobolo et à Rondi.

 

Pour l’État centrafricain, l’enjeu est aussi financier. Une véritable régularisation permettrait d’identifier les travailleurs étrangers, de déclarer leurs emplois et de percevoir les taxes prévues par la législation. Les entreprises employeuses seraient également identifiées et soumises à leurs obligations.

La mission menée par les autorités sur les sites aurifères de la région a permis de constater la présence de nombreux travailleurs étrangers non déclarés employés par des opérateurs sur place.

 

Une question demeure sur les 2,5 millions de FCFA

 

Le montant de 2,5 millions de FCFA évoqué par plusieurs personnes constitue l’un des principaux points à éclaircir.

 

Quelle est la base légale de cette somme ? S’agit-il d’une amende, d’une taxe, d’une caution ou d’une autre sanction ? À quelle administration l’argent est-il versé ? Les personnes concernées reçoivent-elles des quittances ? Les sommes sont-elles reversées au Trésor public ?

 

Ces questions sont essentielles pour déterminer si les paiements effectués dans le cadre de cette opération correspondent à une procédure officielle.

 

La Police des Mines devra également expliquer ce qui est fait des travailleurs étrangers après leur interpellation. S’ils sont effectivement en situation irrégulière, leur retour immédiat sur les mêmes chantiers ne permet pas de mettre fin au travail illégal.

 

L’opération de Bozoum aura donc permis de contrôler plusieurs sites et d’identifier des travailleurs étrangers. Mais si ces derniers retournent travailler après avoir versé de l’argent, sans régularisation de leur situation et sans poursuite des employeurs qui les recrutent, une interrogation demeure : pour quel résultat concret la Police des Mines mène-t-elle ces opérations ?

 

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Centrafrique : les zones d’ombre de la « Cellule de veille communicationnelle » de Ngamana

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Après avoir imposé par la force et dans l’opacité une Constitution sur mesure lui octroyant les pleins pouvoirs, Faustin-Archange Touadéra franchit une nouvelle étape décisive dans le verrouillage autoritaire du pays. Le régime entre désormais dans sa « phase 2 » : l’institutionnalisation de l’appareil de répression, de censure et de contrôle social.

 

À travers un décret présidentiel taillé sur mesure pour son ministre d’État et son beau-frère Évariste Ngamana, le pouvoir crée la Cellule de Veille Communicationnelle (CVC-PG). Une officine officielle de propagande, de désinformation et d’intoxication rattachée aux fonctions de porte-parole du Gouvernement exercées par Évariste Ngamana où vont désormais œuvrer les communicants du régime et les « requins » du régime pour mener une guerre ouverte contre les activistes et les voix dissonantes sur les réseaux sociaux, concrétisant ainsi la menace explicite qu’il a lancée lors de son discours d’intronisation, rédigé à l’époque par l’intelligence artificielle Claude sous la dictée des mercenaires russes de Wagner.

 

Centrafrique : les zones d’ombre de la « Cellule de veille communicationnelle » de Ngamana
Le grand sorcier de Carnot, Évariste Ngamana

 

Derrière cette création se pose toutefois une question essentielle : sur quel fondement juridique cette cellule a-t-elle été créée, et à quelles finalités répond-elle réellement ? Retour sur les incohérences.

 

À lire aussi : Centrafrique : Quels enjeux politiques et économiques sous-tendent la mise en garde de la Banque mondiale sur les finances publiques ?

Une cellule qui ne figure pas dans l’organisation du ministère

 

Le premier élément troublant concerne le cadre juridique retenu.

À lire aussi : Centrafrique : les trois soldats FACA déserteurs de Birao poursuivent leur route vers Bangui. Ils sont actuellement à Sam-Ouandja

 

Le texte organique régissant l’organisation et le fonctionnement du ministère chargé de la Communication énumère les structures dont dispose ce département. Il prévoit notamment un cabinet, des directions régionales, des directions générales et un organisme sous tutelle. La « Cellule de veille communicationnelle » n’y figure pas. :

 

Le même texte attribue certes au ministère des missions de veille stratégique et d’analyse des médias, ainsi que la définition et la mise en œuvre d’une stratégie numérique de communication. Mais ces attributions générales ne constituent pas, à elles seules, une disposition créant une nouvelle structure administrative dotée de responsables, de personnels et de moyens propres.

 

La question est donc de savoir comment un décret peut instituer une cellule nouvelle sans que celle-ci soit prévue dans le texte organique qui fixe l’organisation du département concerné.

 

Cette interrogation est d’autant plus importante que le décret semble rattacher la cellule à la fonction de porte-parole du Gouvernement, fonction susceptible d’être confiée à une autre personnalité ou à un autre responsable gouvernemental à l’avenir.

 

Une initiative attribuée à la galaxie russe

 

Selon plusieurs informations recueillies par CNC auprès de sources proches du dossier, la création de cette structure ne serait pas uniquement le résultat d’une initiative administrative centrafricaine.

 

Nos sources affirment que des acteurs liés à la galaxie russe présente en Centrafrique auraient joué un rôle déterminant dans la conception et la mise en place de cette cellule.

 

Cette implication est particulièrement sensible au regard de la nature des missions qui lui sont attribuées.

 

Si cette information devait être confirmée, elle soulèverait une question majeure de souveraineté : pourquoi une structure gouvernementale chargée de la veille informationnelle, de la communication et du suivi des réseaux sociaux bénéficierait-elle de l’appui ou de l’expertise d’acteurs étrangers liés à l’appareil russe présent en Centrafrique ?

 

Le décret lui-même ne mentionne pas Wagner. Il convient donc de distinguer le contenu officiel du texte des informations recueillies par notre rédaction auprès de ses sources.

 

Une structure appelée à surveiller l’espace numérique ?

 

Le décret confie notamment à la cellule des missions consistant à « collecter, recouper et centraliser » des informations.

 

Ces missions soulèvent plusieurs interrogations.

 

Quelles données pourront être collectées ? Dans quelles conditions ? Pendant combien de temps seront-elles conservées ? Qui pourra y accéder ? Quelles garanties seront offertes aux personnes concernées ?

 

Ces questions sont d’autant plus importantes que la République centrafricaine dispose désormais de textes spécifiques concernant notamment la protection des données à caractère personnel et la cybersécurité. Le ministère chargé de l’Économie numérique recense notamment la loi relative à la protection des données à caractère personnel ainsi que celle relative à la cybersécurité et à la cybercriminalité.

 

Quel rôle pour les opérateurs privés et les médias ?

 

Autre point particulièrement sensible : le texte prévoit que l’administration, mais également le secteur privé, facilite la mission de la cellule.

 

Une telle disposition mérite d’être précisée.

 

Quelles obligations concrètes pourraient-elles peser sur les opérateurs de télécommunications, les fournisseurs de services numériques, les médias ou les plateformes privées ?

 

Le décret fixe-t-il des procédures précises ? Existe-t-il une autorisation préalable ? Un contrôle juridictionnel ? Une traçabilité des demandes ? Des garanties pour les personnes dont les données seraient communiquées ?

 

À défaut de réponses précises, le champ d’intervention de cette cellule pourrait rester particulièrement large.

 

Des moyens et une logistique qui interrogent

 

Le texte prévoit également des fonctions administratives et des postes assortis de différents niveaux de responsabilité.

 

Cette nouvelle architecture aura nécessairement un coût pour les finances publiques.

 

Mais une autre question demeure : qui financera concrètement les moyens matériels et techniques nécessaires au fonctionnement de la cellule ?

 

Ordinateurs, serveurs, logiciels d’analyse, systèmes de collecte et autres équipements spécialisés représentent des investissements importants.

 

Selon les informations recueillies par CNC auprès de ses sources, des acteurs de la galaxie russe pourraient fournir une partie de cette logistique.

 

Cette affirmation doit encore être documentée et vérifiée. Mais si elle était confirmée, elle poserait la question de la nature exacte de l’assistance étrangère apportée à une structure gouvernementale chargée de surveiller l’environnement informationnel national.

 

Elle poserait également la question de la procédure applicable à la fourniture de ces équipements : financement public, don, coopération bilatérale, marché public ou autre mécanisme ?

 

Le secret professionnel et la menace de poursuites

 

Le texte impose par ailleurs aux membres de la cellule des obligations de secret professionnel et de réserve, assorties de la perspective de « poursuites judiciaires ».

 

Cette disposition mérite une analyse juridique approfondie.

 

Un décret peut-il, à lui seul, créer une nouvelle catégorie d’obligations dont la violation entraînerait des conséquences pénales ? Quelles infractions précises seraient concernées ? Quel texte législatif les définit ? Quelle juridiction serait compétente ?

 

Interrogé par la rédaction sous couvert d’anonymat, un avocat inscrit au Barreau de Centrafrique estime que le dispositif soulève de sérieuses interrogations juridiques :

 

« Comment comprendre que des individus simplement nommés, non assermentés devant une juridiction, puissent faire l’objet de poursuites judiciaires sur la base de simples soupçons de diffusion d’informations ? »

 

Selon cet avocat, une autre difficulté réside dans le traitement des données recueillies par la cellule :

 

« Ces agents sont autorisés à ramasser des données déjà disponibles sur la place publique et sur les réseaux sociaux, alors même qu’aucun texte légal ne les autorise expressément à traiter ou manipuler ces informations. »

 

Il appelle par conséquent les institutions compétentes à examiner la conformité du dispositif avec les normes en vigueur.

 

Une question qui dépasse le seul cas d’Évariste Ngamana

 

Au-delà de la personnalité d’Évariste Ngamana, c’est donc la nature même de cette nouvelle structure qui interpelle.

 

Le problème n’est pas seulement de savoir qui dirigera la cellule. Il est aussi de déterminer sur quelle base juridique elle fonctionne, quelles données elle pourra recueillir, quels pouvoirs lui sont réellement conférés, qui contrôlera ses activités et qui financera ses moyens techniques.

 

La question de l’influence étrangère ajoute une dimension supplémentaire au dossier.

 

Selon nos sources, des acteurs liés à la galaxie russe auraient participé à la conception de cette structure et pourraient contribuer à son fonctionnement matériel et technique. Si ces informations sont confirmées, elles mériteraient des explications publiques de la part des autorités centrafricaines.

 

Dans un État de droit, la création d’un nouvel organe administratif ne peut se limiter à son existence dans un décret. Son fonctionnement doit également s’inscrire dans l’ensemble de la hiérarchie des normes et respecter les garanties applicables aux citoyens.

 

La « Cellule de veille communicationnelle » soulève précisément ces questions. Mais en érigeant la désinformation en mode de gouvernement et en jetant ses « requins » du web sous tutelle russe contre les citoyens, Faustin-Archange Touadéra confirme que son régime a définitivement abandonné tout vernis démocratique pour basculer dans l’arbitraire dictatorial.

 

Affaire à suivre.

 

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David Gbéti : « Nous faisons face à un problème d’absence totale de patriotisme et à la faillite morale des autorités »

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 Le drame mortel de la rue des Sœurs de Bimbo relance le débat sur les responsabilités des pouvoirs publics et les valeurs qui doivent guider l’action de l’État. Pour David Gbéti, les accidents répétés et les difficultés à sécuriser les espaces urbains traduisent aussi une crise des responsabilités au sein des institutions.

 

Intervenant dans l’émission Patara sur les antennes de la radio Ndékè-luka, David Gbéti, secrétaire général de la mairie de Bangui, critique la manière dont certaines questions liées à la sécurité et à l’aménagement urbain sont prises en charge. Selon lui, les autorités doivent placer la protection des citoyens et l’intérêt général au centre de leurs décisions.

David Gbéti : « Nous faisons face à un problème d’absence totale de patriotisme et à la faillite morale des autorités »

 

À lire aussi : Centrafrique : Une radio privée de propagande politique peut-elle légitimement se substituer à la justice républicaine ?

« Nous faisons face à un problème d’absence totale de patriotisme et à la faillite morale des autorités », affirme David Gbéti.

 

À lire aussi : L’école de la misère dans Lim-Pendé : Joseph-Désiré Boybessane démontre le sacrifice des filles de Taley

L’intérêt général au centre des responsabilités

 

Pour David Gbéti, la responsabilité des dirigeants ne se limite pas à la gestion administrative des affaires publiques. Elle implique également la protection des citoyens et la préservation des espaces destinés à leur usage.

 

Il estime que l’abandon de certains espaces aménagés, l’occupation désordonnée des voies et le non-respect des règles de sécurité peuvent accroître les risques pour la population.

 

Des règles de sécurité insuffisamment respectées

 

Le secrétaire général de la mairie de Bangui considère que la sécurité urbaine nécessite une application régulière des règles. Les autorités doivent notamment veiller à la circulation des véhicules, à l’utilisation des espaces publics et au respect des normes destinées à protéger les usagers.

 

Selon lui, les accidents qui se répètent sur les axes routiers doivent conduire à examiner les responsabilités des différents acteurs concernés, notamment dans l’aménagement et la gestion des espaces urbains.

 

Une question de patriotisme selon David Gbéti

 

David Gbéti établit un lien entre la protection de la population et le patriotisme. Pour lui, servir l’État implique de privilégier l’intérêt collectif, la sécurité des citoyens et le respect des responsabilités confiées aux institutions.

 

Il estime que lorsque les intérêts particuliers prennent le dessus sur les besoins de la population, la confiance envers les institutions se fragilise et les risques pour les citoyens augmentent.

 

Le débat ouvert après l’accident de la rue des Sœurs de Bimbo porte ainsi, selon David Gbéti, sur la capacité des responsables publics à placer la vie humaine, la sécurité et l’intérêt général au centre de l’action administrative et politique.

 

Par Gisèle MOLOMA

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Drame du lycée Boganda : Yves Sanghamy dénonce l’échec du pouvoir face à une tragédie qui endeuille la jeunesse centrafricaine

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Le drame survenu au lycée Barthélemy Boganda à Bangui relance la polémique sur la sécurité des établissements scolaires et la responsabilité des pouvoirs publics. Yves Sanghamy dénonce une situation qui touche directement la jeunesse centrafricaine.

 

Yves Sanghamy s’en prend au pouvoir après cette tragédie qui a provoqué la mort de plusieurs élèves et fait de nombreux blessés. Pour lui, un tel drame ne peut pas être réduit à un simple accident, alors que des élèves se trouvaient dans un établissement placé sous la responsabilité de l’État.

Drame du lycée Boganda : Yves Sanghamy dénonce l’échec du pouvoir face à une tragédie qui endeuille la jeunesse centrafricaine
Photo CNC des élèves en fuite au lycée Boganda lors de l’incendie

 

La question de la sécurité des élèves se retrouve ainsi au centre des critiques. L’école doit être un espace protégé pour les enfants et les adolescents qui y passent une grande partie de leur journée. Le drame du lycée Boganda révèle, selon cette lecture, les conséquences graves des insuffisances dans la prévention et la protection des élèves.

 

La déclaration de Yves Sanghamy vise directement la gestion du pouvoir face à cette tragédie. L’opposition estime que les autorités doivent répondre aux préoccupations liées à la sécurité des établissements scolaires et à la protection des élèves.

À lire aussi : « Nous sommes sous-peuplés » : Touadéra avoue l’échec total de son règne et supplie la diaspora de venir repeupler son désert humain en Centrafrique

 

Le drame du lycée Boganda intervient alors que cet établissement accueille une importante population scolaire. Une explosion électrique survenue à proximité du lycée avait provoqué, le 25 juin 2025, un mouvement de panique ayant entraîné la mort de 29 personnes et fait environ 260 blessés.

À lire aussi : Pourquoi l’Afrique centrale n’est pas à la bonne heure : L’analyse scientifique et cartographique de Jean-Pierre Mara, ancien député centrafricain

 

Au-delà du bilan humain, cette tragédie pose la question de la responsabilité de l’État dans la sécurisation des infrastructures scolaires. Pour Yves Sanghamy, la protection des élèves doit constituer une priorité et ne peut être dissociée des responsabilités des autorités publiques.

 

L’opposition entend ainsi faire du drame du lycée Boganda un sujet politique majeur. Yves Sanghamy dénonce l’échec du pouvoir à garantir un environnement suffisamment sûr aux élèves et réclame que la question de la sécurité scolaire soit traitée à la hauteur de la gravité de la tragédie.

 

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Crise politique et sociale en Centrafrique : La COSCIPAC et son Coordonnateur National, Petit Delphin KOTTO, dénoncent vivement le refus du dialogue politique par le pouvoir en place

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 Dans une déclaration de presse signée le 28 juillet 2026 à Bangui, la Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en Centrafrique (COSCIPAC), par la voix de son Coordonnateur National, Petit Delphin KOTTO, exprime une profonde indignation face à la persistance du refus des autorités d’engager un dialogue politique inclusif. La COSCIPAC et son Coordonnateur National soulignent que cette concertation est pourtant réclamée depuis plusieurs années par une large partie de la classe politique, des organisations civiques et de nombreux citoyens centrafricains.

 

Un fossé grandissant entre gouvernants et gouvernés

Dans son analyse de la situation nationale, la COSCIPAC et son Coordonnateur National, Petit Delphin KOTTO, constatent avec une vive inquiétude un décalage croissant entre les priorités affichées par le gouvernement et la réalité quotidienne subie par la population. Selon la COSCIPAC, le peuple centrafricain fait face à un quotidien marqué par de multiples drames :

Crise politique et sociale en Centrafrique : La COSCIPAC et son Coordonnateur National, Petit Delphin KOTTO, dénoncent vivement le refus du dialogue politique par le pouvoir en place
Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC

 

À lire aussi : Conseils d’administration hors-la-loi et DG intouchables : Les aveux discrets du ministre Roméo Gribingui

Une insécurité persistante : La COSCIPAC rapporte que des braquages sont enregistrés quotidiennement à Bangui et dans plusieurs préfectures.

 

À lire aussi : Centrafrique : Quand le ministre-tricheur Aurélien Simplice Zingas fait broyer les téléphones des élèves

La précarité et la crise des services de base : La COSCIPAC et Petit Delphin KOTTO déplorent le manque d’infrastructures routières, estimant que l’eau et l’électricité sont devenues aussi rares qu’un « diamant bleu », tandis que les hôpitaux et les écoles sont au plus bas (« aux rouges »).

 

La crise économique : L’organisation pointe du doigt le chômage massif des jeunes, l’inflation continue et la hausse des prix des produits pétroliers qui, combinée à leur rareté, renchérit le coût du transport et des denrées alimentaires de première nécessité. La COSCIPAC affirme que des milliers de familles peinent désormais à offrir un repas quotidien à leurs enfants.

 

La COSCIPAC et Petit Delphin KOTTO qualifient la République Centrafricaine de « grand malade » nécessitant un « grand remède ». Ils dénoncent une mauvaise gouvernance chronique ayant des conséquences directes sur la santé et la vie des citoyens, illustrée par la multiplication de morts subites et d’accidents mortels sans prise de mesures préventives par le gouvernement.

 

Le symbole du désespoir de la jeunesse centrafricaine

Pour illustrer la gravité de la crise, la COSCIPAC et son Coordonnateur National, Petit Delphin KOTTO, citent le drame survenu le 27 juillet 2026 à l’aéroport international Bangui-M’Poko. Un jeune Centrafricain s’est dissimulé derrière le train d’atterrissage d’un avion pour tenter de fuir clandestinement le pays.

 

Pour la COSCIPAC, le fait qu’un jeune préfère risquer une mort certaine plutôt que de rester sur sa terre natale est la preuve tragique d’un désespoir profond et d’une rupture de confiance majeure entre la population et les institutions républicaines.

 

L’instrumentalisation de la justice et la dénonciation des détentions arbitraires

Sur le plan des droits humains et des libertés, la COSCIPAC et Petit Delphin KOTTO fustigent la remise en cause de l’indépendance de la justice. La COSCIPAC affirme que l’appareil judiciaire est désormais soumis aux intérêts des plus puissants et utilisé pour faire taire les voix dissidentes.

 

Pour étayer cette dénonciation, la COSCIPAC cite nommément plusieurs figures politiques et de la société civile actuellement incarcérées à la prison de Ngaragba, certaines sans jugement :

 

Le professeur Dominique Erenon ;

 

L’ancien ministre Régis Dounda ;

 

L’ancien ministre Armel Sayo ;

 

L’ancien ministre Issene Abdoulaye, ainsi que plusieurs autres détenus.

 

La COSCIPAC rappelle que tout citoyen poursuivi doit bénéficier des garanties constitutionnelles et internationales, à commencer par le droit à un procès équitable tenu dans un délai raisonnable.

 

Le dialogue politique inclusif comme unique voie de sortie de crise

La COSCIPAC et son Coordonnateur National, Petit Delphin KOTTO, regrettent vivement que les démarches préélectorales menées par les acteurs politiques, religieux et civiques en faveur du dialogue soient restées sans réponse favorable du pouvoir.

 

Afin d’appuyer son plaidoyer pour la réconciliation, la COSCIPAC convoque plusieurs grandes figures de l’histoire et de la diplomatie dans son texte :

La crise politique en Centrafrique nécessite un dialogue politique urgent pour rétablir la confiance entre le gouvernement et la population, face à une gouvernance défaillante.

 

Nelson Mandela :« Le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre par le dialogue et la réconciliation. »Félix Houphouët-Boigny :« La paix n’est pas un vain mot, c’est un comportement. »Thabo Mbeki :« Le dialogue est la première condition de la paix durable. »Julius Nyerere :« L’unité ne signifie pas l’uniformité ; elle se construit dans le respect des différences. »Kofi Annan :« On ne construit pas la paix en faisant taire ceux qui pensent autrement ; on la construit en leur donnant une place autour de la table. »Selon la COSCIPAC, le dialogue ne constitue en aucun cas une concession ou une faiblesse, mais la preuve d’une maturité démocratique.

 

Les appels de la COSCIPAC à la Nation et à la communauté internationale

En conclusion de sa déclaration, la COSCIPAC et son Coordonnateur National, Petit Delphin KOTTO, adressent plusieurs appels solennels :

 

À la classe politique, aux forces vives et à la jeunesse : La COSCIPAC les invite à rejeter la confrontation et à privilégier exclusivement les voies républicaines, démocratiques et le dialogue pour préserver la cohésion nationale.

 

Aux partenaires internationaux : La COSCIPAC leur demande d’intensifier leurs efforts afin de faciliter une solution politique inclusive axée sur la bonne gouvernance, le respect des droits fondamentaux et le renforcement des institutions.

 

Au peuple centrafricain : Petit Delphin KOTTO et la COSCIPAC lancent un message d’unité, de vigilance et de persévérance, rappelant que les transformations durables s’obtiennent par la responsabilité citoyenne et le respect des principes démocratiques.

 

Par Gisèle MOLOMA

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Centrafrique : après avoir créé le désordre dans la gestion des véhicules de l’État, les autorités veulent maintenant remettre de l’ordre

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Après des années de gestion opaque du parc automobile public, l’Inspection générale d’État décide désormais de contrôler les véhicules administratifs pour rétablir leur traçabilité et leur appartenance au patrimoine de l’État.

 

Depuis plus de dix ans, les véhicules administratifs font l’objet de nombreuses alertes sur leur gestion en République centrafricaine. Des véhicules achetés neufs sur fonds publics ont parfois été réformés après seulement quelques années, voire beaucoup moins, avant de sortir du parc de l’État.

 

Centrafrique : après avoir créé le désordre dans la gestion des véhicules de l’État, les autorités veulent maintenant remettre de l’ordre
Le premier ministre Félix Moloua avec sa bouche entre-ouverte

 

Dans plusieurs cas dénoncés au fil des années, des responsables administratifs ont bénéficié de procédures de réforme permettant la récupération de véhicules à des montants dérisoires. Ces véhicules, pourtant acquis avec des ressources publiques, finissaient ainsi par être traités comme des biens personnels.

 

C’est dans ce contexte que l’Inspection générale d’État a engagé depuis plusieurs semaines une vaste opération de contrôle du parc automobile de l’État. Interrogé par la rédaction du CNC, Noël Evariste Gawaka, inspecteur d’État, affirme que cette mission relève d’abord du mandat légal de son institution.

À lire aussi : Centrafrique : 19 blessés dans le renversement d’un minibus de l’agence Pacifique à Yaloké

 

« Je dirais que c’est par le strict respect du mandat de l’Inspection générale d’État que la mission a été diligentée », explique Noël Evariste Gawaka, inspecteur d’État.

À lire aussi : Centrafrique : la Cour pénale spéciale clôt les débats dans l’affaire « Guen » et fixe le jugement au 15 décembre

 

L’inspecteur précise que le contrôle peut également découler des constatations effectuées par le bureau permanent chargé de l’attribution et du contrôle des véhicules administratifs. Les missions des inspecteurs d’État lors des passations de services et de l’installation de hauts responsables peuvent aussi permettre d’identifier des anomalies.

 

L’Inspection générale d’État veut connaître le véritable état du parc public

 

Selon Noël Evariste Gawaka, inspecteur d’État, le contrôle porte sur quatre éléments principaux. Le premier concerne la mise à jour de la situation des parcs automobiles de l’État.

 

Le deuxième porte sur l’inventaire des véhicules, avec la vérification de leurs caractéristiques et de leur origine. L’Inspection veut notamment déterminer si les véhicules ont été achetés sur le budget national, rétrocédés par des projets arrivés à terme ou reçus comme dons de partenaires.

 

Le troisième élément concerne l’identité du dernier utilisateur. L’objectif est donc de savoir où se trouve chaque véhicule, à qui il a été affecté et dans quelles conditions il est utilisé.

 

Cette vérification intervient alors que le CNC alerte depuis des années sur la disparition progressive de certains véhicules du patrimoine roulant de l’État après des opérations de réforme contestées.

 

Le problème ne concerne pas uniquement les ministères. Noël Evariste Gawaka précise que le contrôle s’étend aux institutions de la République, aux départements militaires, aux établissements et entreprises publics, aux offices publics et aux collectivités territoriales.

 

Les personnes morales de droit privé ayant bénéficié du concours de l’État en moyens roulants sont également concernées. L’inspecteur cite notamment les tracteurs donnés ou confiés par l’État à des groupements villageois.

 

« Toutes les gammes de ces bénéficiaires-là, de ces utilisateurs de moyens roulants-là, doivent rendre compte de la gestion des moyens mis à leur disposition », affirme Noël Evariste Gawaka, inspecteur d’État.

 

Réforme des véhicules : une procédure qui doit désormais laisser des traces

 

La question de la réforme constitue un point particulièrement sensible dans la gestion des véhicules administratifs. Une réforme régulière doit permettre à l’État de retirer un véhicule devenu inutilisable ou économiquement non rentable de son parc, sans pour autant transformer automatiquement ce bien public en propriété privée.

 

L’Inspection générale d’État entend précisément vérifier le respect des règles qui encadrent cette procédure.

 

Noël Evariste Gawaka indique que la mission doit notamment vérifier « le respect des textes qui régissent l’achat, l’immatriculation, l’attribution, l’utilisation, l’entretien, la réquisition et la réforme des véhicules administratifs ».

 

Pour l’inspecteur d’État, l’objectif est aussi d’assurer la traçabilité des biens publics. Il souhaite que les registres utilisés par le bureau permanent chargé des véhicules administratifs soient tenus dans toutes les structures concernées.

 

Cette exigence intervient après des années durant lesquelles des véhicules publics ont parfois changé de statut sans que leur parcours administratif soit clairement établi.

 

Des véhicules de l’État circulent encore sans immatriculation administrative

 

L’autre difficulté relevée par Noël Evariste Gawaka concerne l’immatriculation. L’Inspection générale d’État veut désormais parvenir à l’immatriculation de l’ensemble des véhicules appartenant à l’État.

 

« L’objectif principal, c’est aujourd’hui d’immatriculer tous les véhicules de l’État », déclare Noël Evariste Gawaka, inspecteur d’État.

 

Selon lui, cette opération doit permettre d’intégrer clairement les véhicules concernés dans le patrimoine de l’État et de faciliter leur suivi.

 

L’inspecteur affirme que certains véhicules circulent actuellement dans Bangui sans immatriculation permettant de les identifier comme des biens publics.

 

« Vous voyez aujourd’hui à travers la ville des véhicules non immatriculés qui circulent, et quelquefois c’est des véhicules de l’État », explique-t-il.

 

Cette situation complique le contrôle et la traçabilité des véhicules. Elle peut aussi rendre plus difficile l’identification de leur propriétaire réel et de leur dernier utilisateur.

 

L’Inspection promet l’application de la loi en cas de détournement

 

La transformation d’un bien public en bien personnel constitue également l’un des points évoqués dans l’entretien.

 

Noël Evariste Gawaka, inspecteur d’État, rappelle que plusieurs corps de contrôle peuvent intervenir lorsqu’une utilisation irrégulière ou un détournement de biens publics est constaté.

 

Il cite notamment l’Inspection générale d’État, la Haute Autorité chargée de la bonne gouvernance, l’Inspection générale des finances et l’Inspection générale de l’armée.

 

« Si ces corps de contrôle de l’État font état de détournement ou de destruction des biens de l’État, eh bien la loi s’applique automatiquement contre l’auteur », affirme Noël Evariste Gawaka.

 

L’inspecteur reconnaît toutefois l’existence d’un problème dans l’application des sanctions.

 

« Malheureusement, le laxisme qui cherche à s’installer dans la chaîne de ces sanctions profite à ces utilisateurs de véhicules administratifs qui le font à des fins personnelles », déclare-t-il.

 

Cette déclaration rejoint l’une des préoccupations régulièrement soulevées par le CNC : la responsabilité ne se limite pas à identifier les véhicules disparus ou mal utilisés. Elle suppose également de déterminer les conditions dans lesquelles ces biens ont quitté le patrimoine public.

 

Une mission encore en phase d’investigation

 

L’Inspection générale d’État ne veut pas encore annoncer de sanctions ou de recommandations précises. Noël Evariste Gawaka explique que les investigations sont toujours en cours.

 

« Il serait trop tôt d’envisager des recommandations, car la mission ne saurait présager des propositions de mesures à prendre sans risque de porter préjudice aux structures contrôlées », précise l’inspecteur d’État.

 

La mission devra donc établir les situations administratives des véhicules avant toute proposition de mesures.

 

Pour les responsables qui détiennent encore des moyens roulants appartenant à l’État, Noël Evariste Gawaka appelle à la coopération avec les équipes de contrôle.

 

« Je voudrais inviter respectueusement, au nom de la mission, tous les responsables de services des ressources de l’État qui se résignent encore à coopérer avec l’équipe de le faire maintenant et sans délai dans l’intérêt général », conclut Noël Evariste Gawaka, inspecteur d’État.

 

Après plus d’une décennie d’alertes sur les conditions de gestion, d’utilisation et de réforme de véhicules administratifs, le contrôle engagé doit désormais permettre de déterminer combien de véhicules appartiennent réellement à l’État, où ils se trouvent, qui les utilise et dans quelles conditions certains ont pu sortir du patrimoine public. 

 

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Incroyable ! Le grand oral du dictateur centrafricain Faustin-Archange Touadera lors des Assemblées de la BAD au Congo tourne au fiasco politique

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À Brazzaville, le dictateur centrafricain FaustinFaustin -Archange Touadéra a quémandé des décaissements plus rapides de la Banque africaine de développement, dévoilant ainsi l’incapacité de son régime à consommer les enveloppes financières pourtant disponibles.

 

Le grand oral du dictateur centrafricain lors des Assemblées de la Banque africaine de développement en République du Congo a tourné au fiasco politique. Venu pour vanter son Plan national de développement présenté à Casablanca, l’empereur de Bangui s’est retrouvé englué dans ses propres chiffres. De sa propre bouche, le constat est accablant, le plus grand portefeuille de l’institution financière en Centrafrique, à savoir le projet de corridor régional reliant Brazzaville, Bangui et N’Djamena, affiche un taux d’exécution budgétaire de seulement 28%.

Incroyable ! Le grand oral du dictateur centrafricain Faustin-Archange Touadera lors des Assemblées de la BAD au Congo tourne au fiasco politique
Faustin Archange Touadera prenant un discrours lors de l’assemblée annuelle de la BAD à Brazzaville au Congo

 

Cette statistique officielle de 28% après des années de promesses de reconstruction nationale ne relève pas d’un problème de ressources disponibles, mais bien d’une défaillance profonde des structures de la dictature. Les institutions financières internationales comme la BAD imposent des critères de transparence, de rigueur et de justification des dépenses que les ministères de l’empereur se révèlent incapables de remplir. Le manque de cadres compétents, la corruption endémique dans les circuits administratifs et la lenteur bureaucratique bloquent l’argent de manière durable. Les bailleurs de fonds refusent de libérer le reste des milliards de francs CFA car les garanties de bonne gestion n’existent pas sous ce pouvoir autoritaire.

 

Au lieu d’apporter des corrections à cette gestion défaillante, le dictateur cherche à rejeter la faute sur les procédures des partenaires financiers. Au micro des journalistes, l’empereur a réclamé des mécanismes accélérés, une demande qui s’apparente à une exigence de passe-droit pour obtenir des fonds sans rendre de comptes. Cette stratégie de la mendicité internationale montre ses limites puisque les banquiers africains restent fermes sur les règles de décaissement face au régime de Bangui.

 

L’échec est encore plus visible dans le domaine de l’énergie. Alors que la dictature vante depuis des mois le programme M300 pour l’électrification du pays, l’empereur Touadéra a dû admettre à Brazzaville que ces infrastructures prendront des années à voir le jour. En direct, le chef de l’État a rétropédalé pour réclamer en urgence des petits kits solaires pour permettre aux populations d’avoir un peu de lumière et de recharger les téléphones portables. Après une décennie complète de pouvoir absolu, la vision de l’émergence économique du dictateur se réduit désormais à une distribution de panneaux de poche.

 

Cette incapacité à mener à bien les grands chantiers pousse les partenaires économiques à la plus grande prudence. Le Plan national de développement qui met en avant le capital humain et les infrastructures de base reste une coquille vide sans ces financements extérieurs. Les investisseurs sérieux s’éloignent de Bangui en observant que l’argent déjà alloué par les bailleurs dort dans les tiroirs ou se perd dans les méandres de l’appareil de l’empereur. La Banque africaine de développement maintient le verrou sur les 72% restants du budget, bloquant net les ambitions affichées par le dictateur lors de son voyage au Maroc.

 

Par Alain Nzilo

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Centrafrique : Faustin Archange Touadéra pris en flagrant délit de mensonge sur la hausse du prix du carburant

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Il faut le rappeler: ce n’est pas un observateur extérieur, ce n’est pas l’opposition, ce n’est pas la presse. C’est le gouvernement centrafricain lui-même qui, en janvier 2023, a annoncé officiellement qu’il mettait fin à la subvention sur les carburants.

 

En 2023, c’est le gouvernement lui-même qui a annoncé la fin de la subvention

 

Le 3 janvier 2023, l’État a augmenté les prix à la pompe : le litre d’essence est passé de 865 à 1 300 francs CFA, le gasoil de 855 à 1 450 francs CFA, et le pétrole lampant de 645 à 1 150 francs CFA. À l’époque, l’argument était clair : l’État ne pouvait plus porter le coût de la subvention.

Centrafrique : Faustin Archange Touadéra pris en flagrant délit de mensonge sur la hausse du prix du carburant
Le president putschiste Faustin Archange Touadera, tellement gros, descend avec de la peine de l’avion

 

Puis c’est le président Faustin-Archange Touadéra lui-même qui est venu confirmer cette décision devant les Centrafricains. Son gouvernement a expliqué que les nouveaux prix étaient calculés pour que la subvention tombe à zéro.

À lire aussi : Pour Martin Ziguelé, plus de 67 % des Centrafricains à moins de 1000 franc CFA par jour pour se nourrir, donc la nouvelle hausse du prix du carburant c’est un choix de mort sociale

 

Autrement dit, en 2023, c’est le pouvoir lui-même qui a dit : nous arrêtons la subvention.

À lire aussi : Centrafrique : vers une sérieuse dégradation de la santé de Faustin-Archange Touadéra ?

 

Le FMI n’est venu qu’après, pour confirmer les dires du gouvernement

 

Le FMI n’a fait que documenter ce que le gouvernement centrafricain avait déjà annoncé. Dans son rapport publié en avril 2023, l’institution a simplement confirmé les faits : les nouveaux prix avaient été fixés de manière à ce que la subvention sur les carburants soit égale à zéro.

 

Le FMI est donc intervenu en second. Il n’a pas inventé cette histoire. Il a mis par écrit ce que Bangui avait décidé et annoncé.

 

Le rapport du FMI explique aussi comment fonctionnait la subvention avant 2023. L’État supportait une partie de l’écart entre le coût réel du carburant et le prix payé à la pompe. En 2022, le coût de livraison d’un litre de diesel dépassait d’environ 80 % le prix officiel de 855 francs CFA. Le FMI évaluait l’écart à 682 francs CFA par litre, entre manque à gagner fiscal et paiements dus aux importateurs.

 

La pénurie avait aussi fait chuter les recettes pétrolières. Selon le FMI, les recettes fiscales tirées des produits pétroliers sont passées d’une moyenne mensuelle de 1,5 à 2 milliards de francs CFA à environ 100 millions de francs CFA à la fin de 2022.

 

La réforme de janvier 2023 avait donc un objectif assumé : réduire le coût pour les finances publiques, améliorer l’approvisionnement et récupérer davantage de recettes. Le FMI écrivait alors que le gouvernement avait augmenté les prix « face à la tension croissante sur la trésorerie ».

 

Aujourd’hui, c’est encore le même pouvoir qui dit qu’il subventionne encore

 

Trois ans plus tard, le discours change complètement. Et c’est toujours le même pouvoir qui parle.

 

Le président Touadéra affirme aujourd’hui que l’État centrafricain verse environ 350 francs CFA par litre de gasoil pour maintenir le prix à 1 250 francs CFA. Il explique que la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient ont fait grimper les prix sur le marché international.

 

« Sur un litre de carburant à 1 250 francs, l’État doit payer au moins 350 francs par litre pour compléter », a déclaré le président.

 

Il ajoute que le Trésor public ne dispose plus des moyens nécessaires pour maintenir cette politique. Il présente la hausse comme une mesure destinée à permettre à l’État de continuer à payer les salaires et à honorer ses autres obligations.

 

Mais alors, une question simple se pose : en 2023, c’est ce même gouvernement qui a dit qu’il arrêtait la subvention. En 2026, c’est ce même gouvernement qui dit qu’il subventionne encore. Qui dit vrai ?

 

Le FMI avait écrit noir sur blanc que la subvention était à zéro

 

Le FMI, dans son rapport d’avril 2023, a écrit que les prix avaient été fixés pour que la subvention soit nulle. Ce n’est pas une interprétation. C’est un constat écrit.

 

Si le gouvernement parle aujourd’hui d’une nouvelle subvention apparue après la réforme de 2023, il doit le prouver. Il doit dire quand cette subvention est réapparue, sous quelle forme, pour quel montant, et sur quelle période.

 

S’agit-il d’une compensation versée aux importateurs ? D’un manque à gagner fiscal ? D’une prise en charge directe d’une partie du coût d’importation ? Ou d’un autre mécanisme budgétaire ?

 

Tant que ces questions restent sans réponse, la déclaration du président ne tient pas debout.

 

L’argent est passé où ?

 

La vraie question que les Centrafricains se posent est simple : si la subvention a été supprimée en 2023, où est passé l’argent que l’État a économisé ?

 

Pourquoi le Trésor public se retrouve-t-il aujourd’hui dans l’incapacité de payer les salaires et d’honorer ses engagements ? Pourquoi l’État dit-il qu’il ne peut plus subventionner le carburant alors qu’il avait justement arrêté de le faire il y a trois ans ?

 

Les voyages présidentiels à répétition, les dépenses sécuritaires non contrôlées, la gestion opaque des ressources publiques : voilà des pistes qui méritent d’être examinées. Parce que si l’argent avait été bien géré, l’État n’aurait pas besoin aujourd’hui de revenir sur une réforme qu’il avait lui-même présentée comme la solution.

 

En s’appuyant sur les données du rapport du FMI de 2023, qui attestait de la fin de la subvention sur les carburants, l’incertitude demeure quant aux réelles charges pesant sur le Trésor public.

Le coût de la guerre ne suffit pas à tout expliquer

 

La guerre en Ukraine a réellement fait grimper les prix mondiaux du pétrole. Le FMI l’a reconnu en 2023. Les tensions au Moyen-Orient peuvent aussi peser sur le coût d’approvisionnement de la RCA, qui dépend des importations.

 

Mais ces facteurs extérieurs n’expliquent pas tout. Ils n’effacent pas la question de la structure du prix payé à la pompe.

 

En 2023, le FMI avait recommandé une réforme du mécanisme de fixation des prix : audit des coûts d’approvisionnement, examen des marges et des frais, mécanisme automatique d’ajustement. L’institution avait aussi relevé que le coût d’importation payé aux importateurs était l’un des principaux facteurs du prix élevé des carburants en RCA. En novembre 2022, le prix moyen à l’importation en RCA était 1,8 fois supérieur à celui d’autres pays de la région.

 

Le débat ne porte donc pas seulement sur le prix du pétrole à l’étranger. Il porte sur la manière dont ce prix international devient le prix payé par les Centrafricains à la pompe.

 

Ce que le gouvernement doit expliquer

 

Le président a lancé un chiffre : 350 francs CFA de subvention par litre. Si ce montant est exact, il représente une charge énorme pour les finances publiques. Mais pour mesurer cette charge, il faut connaître les volumes concernés, la période durant laquelle cette compensation a été versée, et le mécanisme comptable utilisé par l’État.

 

Le FMI avait établi en 2023 que les prix avaient été fixés pour ramener la subvention à zéro. Trois ans plus tard, le président affirme que le Trésor ne peut plus continuer à subventionner le carburant.

 

Entre ces deux déclarations, il manque une explication : quand la subvention supprimée en 2023 est-elle réapparue, sous quelle forme et pour quel montant ?

 

C’est cette évolution que le gouvernement doit documenter. Pas pour faire plaisir à quiconque, mais pour permettre aux Centrafricains de comprendre le vrai coût du carburant et les vraies raisons de la nouvelle hausse.

 

Tant que cette explication ne viendra pas, la déclaration du président restera ce qu’elle est : une contradiction de plus, assumée par ceux-là mêmes qui avaient promis d’arrêter la subvention.Centrafrique : Faustin Archange Touadéra pris en flagrant délit de mensonge sur la hausse du prix du carburant.

 

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Rumeurs de coup d’État et médiation familiale : comment Touadéra a mis à l’écart sa nouvelle maîtresse qui plaidait la cause de son cousin colonel arrêté

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Une accusation de coup d’État, une famille persuadée de l’innocence de l’un des siens, et une femme placée au cœur de la famille présidentielle qui choisit de porter sa voix. Ce qui aurait pu se limiter à une affaire judiciaire a rapidement pris une tournure personnelle, jusqu’à provoquer une rupture dans l’entourage privé du chef de l’État. Retour sur un fait où les liens du sang, les soupçons sécuritaires et les sentiments se sont heurtés de front.

 

Dans l’intimité du pouvoir, les affaires de cœur et les affaires d’État s’entremêlent souvent de façon imprévisible. Tout commence lorsque le cousin de la nouvelle compagne du président, un colonel de l’armée nationale, se retrouve brusquement interpellé par les forces de sécurité. Détenu dans les locaux de la section de recherche et d’investigation, l’officier FACA est formellement accusé d’avoir préparé un coup d’État contre Baba Kongoboro. Pour sa famille, cette arrestation n’est rien d’autre qu’un montage pur et simple organisé par l’état-major. Convaincue de l’innocence de l’officier, l’épouse du colonel se rend auprès de la maîtresse pour la supplier d’intervenir directement auprès de Faustin-Archange Touadéra afin de rétablir la vérité.

Rumeurs de coup d'État et médiation familiale : comment Touadéra a mis à l'écart sa nouvelle maîtresse qui plaidait la cause de son cousin colonel arrêté
Faustin Archange Touadéra courtise amoureusement une des Jjeunes filles d’accueil lors de la cérémonie

 

Sensible aux appels de sa famille, la jeune femme accepte de plaider la cause de son cousin à Baba Kongoboro. Lors d’une soirée où le président vient lui rendre visite, elle choisit le moment propice pour aborder le sujet délicat. Elle lui explique dans le détail la situation de ce parent retenu injustement aux arrêts sous de faux prétextes. Face à ces explications, le chef de l’État écoute attentivement, conserve un silence absolu et repart sans dire le moindre mot. L’expérience se répète une deuxième fois à l’occasion d’une autre rencontre privée. De nouveau, la compagne revient sur l’arrestation du colonel, mais Faustin-Archange Touadéra s’enferme une fois de plus dans un mutisme total avant de quitter les lieux.

 

C’est lors d’une troisième soirée tout aussi festive que la situation bascule définitivement. Alors que l’atmosphère semble détendue, la maîtresse insiste une fois encore pour défendre la mémoire de son cousin. Cette fois, le président ne se tait plus et laisse éclater son exaspération. Il lui reproche fermement d’intercéder en faveur d’un homme soupçonné de vouloir l’éliminer physiquement. Estimant que prendre le parti d’un comploteur revient à désirer sa propre mort, Faustin-Archange Touadera quitte le domicile sur-le-champ et décide de couper brutalement tous les ponts avec elle.

 

Consciente de la gravité de cette rupture, la jeune femme se retrouve plongée dans l’angoisse et tente par tous les moyens de rétablir le contact. Multipliant les appels téléphoniques, elle formule de multiples demandes de pardon pour apaiser la colère du président. Face à ses supplications répétées, Faustin-Archange Touadéra finit par accepter de revenir auprès d’elle. La leçon porte immédiatement ses fruits : la compagne abandonne définitivement le dossier de son cousin colonel pour préserver sa position.

 

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De la philosophie économique au fiasco : quatre ans après, les promesses de la merveille économique de Touadéra tombe complètement dans l’eau

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En juillet 2022, Faustin-Archange Touadéra présentait sa vision économique comme une rupture destinée à ouvrir une nouvelle période pour la République centrafricaine. « Notre solution, c’est de repenser notre philosophie économique », déclarait alors le dictateur centrafricain, avant d’évoquer « un grand succès pour le peuple centrafricain », « les générations futures » et « l’avènement d’un avenir prospère et sûr ».

 

Quatre ans plus tard, ces promesses se heurtent à une réalité économique beaucoup moins favorable. La crypto-monnaie lancée par le pouvoir, le Sango Coin, devait contribuer à faire de la République centrafricaine une vitrine économique en Afrique. Le projet a finalement connu de graves difficultés et n’a pas produit les résultats annoncés par les autorités.

 

De la  philosophie économique  au fiasco : quatre ans après, les promesses de la merveille économique de Touadéra face à la réalité centrafricaine
Touadera, le Président centrafricain, un parrain mafieux africain, lors du lancement de son Mémocoin

 

Le Sango Coin devait incarner cette nouvelle philosophie économique défendue par le président Faustin-Archange Touadera alias Baba Kongoboro. Il devait attirer les investissements, favoriser l’activité économique et accompagner la transformation du pays. Dans les faits, le projet n’a pas permis d’enclencher la dynamique économique annoncée.

 

La question est désormais celle de l’écart entre les promesses de 2022 et la situation économique du pays en 2026. Les recettes intérieures restent limitées alors que les dépenses de l’État demeurent fortement concentrées sur les charges salariales et le fonctionnement de l’administration.

À lire aussi : Maître Crépin Mboli-Goumba : « Tout le monde est devenu juriste, tout le monde est devenu constitutionnaliste », le fonctionnement des institutions centrafricaines vivement critiqué par le Coordinateur du BRDC

 

Selon les données avancées dans le débat public sur les finances centrafricaines, plus de 80 % des ressources internes collectées seraient absorbées par les salaires d’environ 25 000 fonctionnaires et agents de l’État, dans un pays qui compte environ six millions d’habitants. Une telle structure laisse une marge réduite pour financer les infrastructures, les services publics, les investissements productifs et les politiques destinées à soutenir l’économie réelle.

À lire aussi : Crise à l’Est : “Pas de solution militaire contre les Zandé sur la terre de leurs ancêtres”.  Crépin Mboli-Goumba dénonce Wagner et les accusations montées

 

C’est précisément sur ce terrain que le discours de juillet 2022 mérite d’être confronté aux résultats obtenus depuis. Repenser une philosophie économique ne peut pas se limiter au lancement d’une monnaie numérique ou à l’annonce de nouveaux mécanismes financiers. La transformation doit aussi se mesurer à la capacité de l’État à accroître ses recettes, à soutenir la production nationale, à créer des emplois et à améliorer durablement les conditions économiques de la population.

À lire aussi : Sans police ni tribunaux à Ouadda, la justice populaire remplace la loi de la République selon le sous-préfet Ghislain Stéphane Yonaba

 

Le décalage apparaît encore plus nettement lorsque l’on revient aux ambitions affichées autour du Sango Coin. Le pouvoir centrafricain voulait présenter cette initiative comme une innovation susceptible de placer le pays au premier plan sur le continent africain. Quatre ans plus tard, le projet reste associé à un échec économique et à des interrogations sur l’utilisation des ressources publiques dans un contexte où les besoins sociaux et les investissements restent considérables.

 

Le problème ne réside donc pas uniquement dans l’échec d’une crypto-monnaie. Il concerne plus largement le modèle économique défendu par le pouvoir depuis plusieurs années. Lorsqu’un État dispose de ressources internes limitées et consacre une part très importante de celles-ci aux rémunérations publiques, sa capacité à financer son développement reste mécaniquement réduite.

 

En juillet 2022, Faustin-Archange Touadéra promettait un avenir « prospère et sûr » en présentant la nouvelle orientation économique comme une réponse aux difficultés du pays. En 2026, les indicateurs avancés dans le débat sur les finances publiques décrivent une économie toujours sous forte contrainte, avec des ressources internes insuffisantes face aux besoins de l’État et de la population.

 

Entre le discours présidentiel et la réalité économique, le temps a donc permis de mesurer les résultats. La promesse d’une nouvelle philosophie économique reste confrontée à une question simple : où sont les effets concrets annoncés pour les six millions de Centrafricains ?

 

 

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MINUSCA : Djamaka affirme que des « nos beaux-frères » ont été recrutés parmi les contractuels individuels et travailleurs journaliers de l’UNOPS lors de la dernière vague d’embauches

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Le directeur adjoint de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), Djamaka, a reconnu, lors d’une assemblée générale tenue jeudi 20 août 2026 à Bangui par les employés de l’UNOP de la Minusca, que des « nos beaux-frères » figuraient parmi les personnes recrutées lors de la dernière campagne d’embauches.

 

Cette déclaration a été faite devant des contractuels individuels de l’ONU et des travailleurs journaliers, communément appelés « Daily Workers », réunis avec des représentants de la MINUSCA et de l’UNOPS pour discuter de leurs conditions de travail et des retards de paiement.

MINUSCA : Djamaka affirme que des « nos beaux-frères » ont été recrutés parmi les contractuels individuels et travailleurs journaliers de l’UNOPS lors de la dernière vague d’embauches

 

 

À lire aussi : Les centrafricains se demandent où sont partis les fonds des projets routiers financés par la Banque mondiale et l’AFD? Le GTSC menace de son côté de porter l’affaire devant la justice

Les échanges portaient notamment sur les difficultés rencontrées par ces travailleurs depuis plusieurs mois. Les contractuels ont évoqué les retards de salaires, les problèmes liés à leurs contrats et les conditions dans lesquelles ils exercent leurs activités au sein de la mission.

 

À lire aussi : Nana-Mambéré : plusieurs morts et blessés dans un éboulement sur le chantier minier de Zamboye, près de Baboua

Au cours de l’assemblée, la question des effectifs a également été soulevée. Djamaka a évoqué la découverte de plusieurs centaines de travailleurs considérés comme fictifs dans les fichiers de la mission. Selon les éléments exposés durant la rencontre, plus de 400 travailleurs fantômes auraient été identifiés parmi les contractuels individuels et les travailleurs journaliers.

 

Le responsable de la MINUSCA a expliqué que cette situation avait contribué aux difficultés budgétaires rencontrées par la mission. Il a indiqué que des vérifications étaient nécessaires pour déterminer les effectifs réellement actifs et permettre une meilleure gestion de la masse salariale.

 

C’est dans ce contexte que Djamaka a également évoqué la dernière vague de recrutement. Selon ses propos rapportés lors de l’assemblée, le recrutement aurait porté sur environ 1 000 personnes alors que les besoins initiaux étaient estimés à environ 300 travailleurs. Il a reconnu que des « nos beaux-frères » figuraient parmi les personnes recrutées.

 

Cette déclaration a retenu l’attention des contractuels présents à l’assemblée. Elle intervient alors que plusieurs travailleurs demandent des explications sur la gestion des recrutements et sur les critères utilisés pour sélectionner les contractuels individuels et les travailleurs journaliers.

 

Les travailleurs ont également demandé pourquoi les éventuels employés fictifs ne faisaient pas l’objet d’une vérification systématique dans les différentes bases de la MINUSCA. Ils ont notamment proposé que les responsables procèdent à des contrôles base par base afin d’identifier les personnes qui ne travaillent plus ou qui figureraient indûment dans les fichiers de la mission.

 

Pour les contractuels présents, cette vérification permettrait de clarifier les effectifs réels et d’éviter que les travailleurs effectivement en activité soient pénalisés par des problèmes liés à la gestion administrative des effectifs.

 

La question des « nos beaux-frères » intervient alors que les contractuels individuels et les travailleurs journaliers sont confrontés à des retards de paiement. Selon les explications données lors de l’assemblée, les difficultés financières de l’ONU affecteraient le processus de paiement, avec des états de salaires devant être préparés puis transmis aux Nations unies à New York avant le déblocage des fonds.

 

Djamaka a demandé aux travailleurs de continuer à exercer leurs activités malgré les retards de salaires. Le processus administratif pourrait, selon ses explications, nécessiter plusieurs jours avant que les fonds soient disponibles et traités par l’UNOPS, chargé de la gestion administrative des contractuels individuels et des travailleurs journaliers.

 

Les travailleurs contestent cette situation et demandent que les responsabilités soient clairement établies entre la MINUSCA et l’UNOPS. Ils estiment que les retards de paiement ne peuvent pas être durablement supportés par des personnes qui continuent à travailler sans recevoir régulièrement leur rémunération.

 

La déclaration de Djamaka sur les « nos beaux-frères » ajoute ainsi un nouvel élément au débat sur les recrutements et la gestion des effectifs au sein de la mission. Elle intervient au moment où les contractuels demandent davantage de transparence sur les embauches, les effectifs réels et les raisons des retards de paiement.

 

Éric Azoumi 

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Régis Sikangba appelle à l’unité des forces vives face à la hausse du prix du carburant

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L’activiste Régis Sikangba appelle les acteurs politiques, la société civile, l’armée nationale et l’ensemble des Centrafricains à s’unir autour de la défense des intérêts du peuple, dans un contexte de hausse du prix du carburant et de ses conséquences sur la vie quotidienne.

 

Dans une déclaration publiée le 2 octobre 2026 sur Facebook, le responsable du Mouvement Ikoué Gui Oko demande aux leaders de l’opposition démocratique de dépasser leurs divisions et de privilégier l’intérêt national.

 

Régis Sikangba appelle à l’unité des forces vives face à la hausse du prix du carburant
Régis Sikangba

 

« L’histoire vous regarde », écrit Régis Sikangba à l’adresse des responsables de l’opposition. Il estime que les divergences politiques sont normales dans une démocratie, mais qu’elles ne doivent pas empêcher les différentes forces politiques de se retrouver lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts fondamentaux de la population.

 

À lire aussi : Carburants : malgré les recommandations du FMI, le gouvernement centrafricain augmente les prix et adopte, quelques semaines après la Bolivie, un tarif différencié pour les particuliers et les gros consommateurs

Un appel à une opposition organisée

 

Régis Sikangba invite les partis politiques de l’opposition à unir leurs forces autour de principes communs plutôt qu’autour d’ambitions personnelles. Il estime que la population centrafricaine a besoin d’une opposition organisée, responsable et capable de proposer une alternative politique crédible.

À lire aussi : DOSSIER SPÉCIAL CNC : répression, détentions arbitraires et exécutions : le régime Touadéra sciе lui-même la branche de l’aide internationale

 

L’activiste s’adresse également aux acteurs de la société civile et aux activistes politiques. Il leur demande d’informer, de sensibiliser et de mobiliser la population tout en exigeant des comptes par des moyens démocratiques et dans le respect de la paix et de la dignité humaine.

 

Dans son message, il appelle aussi l’armée nationale à rester attachée à sa mission républicaine. « L’armée appartient à la République et protège la nation », affirme-t-il, en rappelant que sa loyauté doit aller aux institutions républicaines, à la Constitution et au peuple centrafricain.

 

Le carburant au cœur de la mobilisation citoyenne

 

Régis Sikangba fait de la hausse du prix du carburant l’un des principaux éléments de son appel à la mobilisation citoyenne. Selon lui, cette hausse constitue « la partie visible du problème », le véritable défi résidant dans la capacité des Centrafricains à s’organiser pour défendre collectivement leurs intérêts.

 

Il appelle la population à sortir de l’indifférence, de la peur et des divisions. Son message insiste sur une mobilisation qu’il souhaite pacifique et démocratique.

 

« Ne nous organisons pas pour la violence. Organisons-nous pour la démocratie », écrit-il. Il appelle également à ne pas mobiliser contre le pays, mais « pour la République centrafricaine ».

 

L’activiste affirme que la République centrafricaine n’appartient ni à un homme, ni à un parti, ni à un groupe particulier, mais à l’ensemble de son peuple.

 

Il demande ainsi aux leaders politiques, aux partis, aux activistes, à la société civile, aux militaires et à l’ensemble de la population de placer l’intérêt national au-dessus des intérêts personnels et des divisions.

Face à la hausse du prix du carburant, Régis Sikangba exhorte les forces vives et l’opposition démocratique à bâtir une alternative crédible pour protéger les intérêts de la population centrafricaine.

 

Régis Sikangba conclut son appel en demandant aux Centrafricains de rester unis, responsables et pacifiques face à la hausse du prix du carburant et à ses conséquences sur les familles. Il préconise une mobilisation démocratique et une action citoyenne destinées à défendre les intérêts de la population. Actions disponibles

 

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Centrafrique : après les tortures, assassinats, détentions et répression politique, voici la démagogie comme mode de gouvernance de Touadéra et ses lieutenants

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​Rien ne semble pouvoir arrêter la descente aux enfers de la République centrafricaine sous la houlette du régime de Faustin-Archange Touadéra. Après avoir instauré un climat de terreur caractérisé par les tortures, les assassinats ciblés, les exécutions sommaires perpétrées par ses alliés mercenaires russes, les détentions arbitraires et la répression judiciaire féroce des opposants politiques, le pouvoir d'État franchit une nouvelle étape : l'érection de la démagogie pure et simple en doctrine de gouvernement.

 

​À peine rentré de son périple diplomatique et médical, l'empereur président Touadéra et son premier cercle ont déployé une vaste campagne de manipulation pour justifier l'asphyxie financière des ménages centrafricains par la hausse des prix du carburant.

 

Centrafrique : après les tortures, assassinats, détentions et répression politique, voici la démagogie comme mode de gouvernance de Touadéra et ses lieutenants
Le president Faustin Archange Touadera dans pleine priere pour ses moments difficiles

 

​Dès sa descente d'avion à l'aéroport international de Bangui M'poko, Faustin-Archange Touadéra a ouvert le bal des contre-vérités, aussitôt relayé sur les antennes de la Radio-Télévision Centrafricaine (TVCA) par son conseiller camerounais, Jules Djawé. Ce dernier a osé vanter un soi-disant « volet social » à l'augmentation catastrophique des prix du carburant, prétendant que la Centrafrique ferait preuve d'une « générosité » inédite par rapport aux pays voisins.

 

​Une imposture grossière : aucun autre État de la sous-région (CEMAC) n'a imposé de tels tarifs à sa population. La Centrafrique détient aujourd'hui, et de très loin, le triste record des carburants les plus chers de toute la région.

À lire aussi : Santé en Afrique : les grands défis d’un continent face à des besoins croissants

 

​Pour imposer ce coup de massue fiscal, la méthode du gouvernement a une nouvelle fois illustré son mépris du dialogue social. C'est le Premier ministre Félix Moloua qui a convoqué à la Primature les dirigeants des centrales syndicales des travailleurs pour les informer de la décision présidentielle, sans même prendre la peine de consulter les syndicats de transporteurs comme cela avait été fait pour la hausse de 2023.

À lire aussi : Centrafrique : Joël Ranc dénonce une année de détention de Dominique Désiré Erenon

 

​Les arguments avancés par ces démagogues pour justifier cette énième augmentation frôlent le ridicule. Mais comme le ridicule ne tue pas, ils sont toujours là pour parader.

À lire aussi : Médias numériques : comment le mobile change l’accès à l’information

 

​Parmi ces prétentieux arguments, le pouvoir avance que la RCA ne serait pas un pays producteur et qu'elle serait le seul État à continuer de subventionner le carburant. Et voilà qu'il faudrait désormais « couper les subventions pétrolières pour garantir le paiement régulier des salaires des fonctionnaires ». Un tel raisonnement relève d'un chantage ignoble et d'un mensonge d'État.

 

​La présidence tout comme le gouvernement feignent d'oublier qu'ils avaient déjà mis fin à ces subventions depuis 2023. Prétendre aujourd'hui supprimer une aide financière qui n'existe plus depuis trois ans pour « sauver les salaires » constitue un outrage flagrant à l'intelligence des citoyens.

 

​Derrière cette stratégie du chaos tarifaire et le blocage délibéré des décrets d'application de la loi sur la libéralisation du secteur pétrolier, votée depuis plus de deux ans et réclamée par l'opposition démocratique, se cache une vaste opération commerciale par personne interposée.

 

Le marché des hydrocarbures est aujourd'hui cadenassé par le monopole exclusif de la société Neptune Oil, unique importateur qui ne fait que distribuer le carburant acheminé et contrôlé dans l'ombre par les mercenaires russes d'Africa Corps et de Wagner.

 

​Le schéma est limpide : l'État préserve sa part fiscale au passage pour payer les services de Poutine, tandis que le surplus alimente directement les caisses opaques de la milice russe chargée de protéger le régime.

 

​Isolé sur la scène internationale, privé d'appuis budgétaires en raison de ses dérives dictatoriales et de ses violations répétées des droits humains, le régime de Faustin-Archange Touadéra ne sait plus comment financer sa survie politique.

Le monopole de la compagnie Neptune Oil sur les hydrocarbures permet au régime de garantir le paiement des salaires des fonctionnaires tout en finançant la milice russe, malgré la flambée inédite du prix du carburant.

 

Après avoir utilisé la violence physique et la traque des voix dissonantes pour étouffer toute contestation, il utilise désormais le chantage économique et la démagogie la plus crasse. Mais à force de prendre les Centrafricains pour un peuple sans mémoire, le pouvoir oublie que l'accumulation des injustices et l'asphyxie du quotidien finissent toujours par balayer les certitudes des régimes autoritaires.

 

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Hôpital des grandes endémies de PK24 : simple vitrine mensongère d’un système de santé pourri jusqu’à l’os par la corruption touadériste

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Le régime de Touadéra adore exhiber l’Hôpital des grandes endémies  de PK24 comme un modèle de réussite dans la lutte contre les épidémies. On nous le présente en boucle : « tout est prêt », « équipements modernes », « personnel qualifié aux aguets ». La réalité ? Un bâtiment qui tombe en ruine, transformé en cache-misère pour masquer l’effondrement total de la santé publique en Centrafrique.

 

À l’intérieur, c’est le chaos organisé. Les salles d’isolement promises manquent de générateurs fiables, les stocks de solutions de réhydratation orale s’épuisent en quelques jours, les combinaisons de protection EPI arrivent au compte-gouttes et souvent périmées. Les tests rapides pour Ebola ou d’autres fièvres hémorragiques ? Introuvables ou en panne chronique. Les soignants, eux, bossent avec des gants troués, des masques artisanaux et des salaires versés avec des mois de retard. Certains n’ont même plus de quoi payer le transport pour venir travailler.

 

Hôpital des grandes endémies de PK24 : simple vitrine mensongère d’un système de santé pourri jusqu’à l’os par la corruption touadériste
Au bloc opératoire de l’hôpital communautaire

Touadéra et ses ministres paradent devant les caméras pour annoncer que le centre est « opérationnel » et « bien équipé », mais sur le terrain, les équipes crient famine. Pas de budget récurrent pour l’entretien, pas de formation continue, pas de renforts médicaux dignes de ce nom. Les fonds alloués à la santé ? Détournés en cascade par les intermédiaires du pouvoir, les fournisseurs fantômes et les proches du palais. Résultat : un hôpital qui sert surtout de décor pour les visites officielles et les reportages de propagande.

 

Pendant ce temps, Ebola rôde aux frontières, Mpox circule encore dans l’ombre, et d’autres maladies mortelles guettent. PK24 devrait être le rempart principal, le lieu où l’on brise les chaînes de transmission. Au lieu de ça, c’est un symbole parfait de l’abandon : un centre qui ne traite presque rien parce qu’il n’a pas les moyens de le faire correctement. Les Centrafricains des zones à risque – Est, Sud-Est, frontières avec la RDC – savent qu’en cas de flambée, ils n’auront nulle part où aller pour être sauvés.

 

Ce n’est pas un manque de volonté passager, c’est une stratégie délibérée. Garder le système de santé exsangue permet de justifier l’enrichissement personnel du clan au pouvoir. Touadéra laisse pourrir les infrastructures vitales tout en se faisant soigner à l’étranger. PK24 n’est pas un hôpital, c’est une arnaque d’État : une façade vide qui cache la pourriture profonde d’un régime qui sacrifie la vie des citoyens sur l’autel de la corruption.

 

La population ne doit plus se laisser berner par ces mensonges. Derrière les discours ronflants sur la « préparation » et les « efforts du gouvernement », il n’y a que du vent et des caisses vidées. Il faut exiger que l’argent public serve enfin à sauver des vies, pas à remplir les poches des intouchables du pouvoir.

 

Par Justine Saragba

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Quand Touadéra, maître de la corruption,  fait la morale anticorruption sur Orange

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 Chaque jours, le gouvernement, pourtant maître de la corruption,  diffuse un message anticorruption via Orange. Une communication ciblée qui tente de tromper les partenaires internationaux.

 

Depuis plusieurs années, un message gouvernemental envahit les téléphones des abonnés Orange Centrafrique : « Gouverner, c’est dire NON à la corruption, NON à la fraude, NON à la mauvaise manière de servir. Appelez gratuitement le 1316 pour toutes dénonciations ». Cette communication, diffusée religieusement chaque jours aux premières heures de la matinée, cache une stratégie bien connue.

Quand Touadéra, maître de la corruption,  fait la morale anticorruption sur Orange
Touadera et son gouvernement réunis autour de diamant découvert par le collecteur de boubou blanc

 

Le choix d’Orange Centrafrique n’est pas fortuit. Le pouvoir sait parfaitement que les diplomates, représentants d’organisations internationales et bailleurs de fonds utilisent majoritairement ce réseau en Centrafrique. Sur Télécel Centrafrique, ou encore Moov Centrafrique, fréquenté par une autre catégorie de population, ce message n’apparaît pratiquement jamais. Cette sélectivité en dit long sur les véritables destinataires de cette opération de communication.

 

Pourtant, sur le terrain, la réalité dément quotidiennement ces belles paroles. Les douaniers continuent leurs pratiques de racket aux frontières. Les forces de l’ordre monnayent leurs services. Les responsables administratifs s’enrichissent sans vergogne. Les marchés publics s’attribuent dans l’opacité totale. Les projets fantômes prolifèrent pendant que les fonds publics s’évaporent sans laisser de traces. Le Président Touadera, voleur en chef, continue de bâtir des villas sur villas avec l’argent du vol.

 

Le fameux numéro 1316 reste une coquille vide. Aucun rapport n’est rendu public, aucune statistique n’est communiquée, aucun résultat concret n’est visible. Pire encore, les rares citoyens qui tentent de dénoncer des dysfonctionnements se retrouvent marginalisés, harcelés ou poursuivis. L’impunité règne pendant que la peur muselle les consciences. Le cas palpable est le commandant de la garde présidentielle Simplice Yarkokpa. Tenter de le dénoncer, équivaut à la prison.

 

En 2021, la création de la haute autorité de la Bonne gouvernance devait marquer un tournant. Quatre ans plus tard, aucun dossier d’envergure n’a été traité. La Cour des comptes produit des rapports qui finissent dans les tiroirs. L’Assemblée nationale, acquise au pouvoir, évite soigneusement d’enquêter sur les détournements liés aux secteurs pétrolier, minier ou aux contrats d’infrastructures. Les lois anticorruption existent bien, mais restent lettre morte.

 

Le président Touadéra excelle dans l’art du double discours. Devant les caméras, il prône la transparence et la bonne gouvernance. Dans les faits, lui et son entourage direct prospèrent grâce à des réseaux opaques de financement et de nominations. Plusieurs figures du régime affichent un train de vie incompatible avec leurs revenus officiels : propriétés à l’étranger, scolarisation des enfants dans des établissements privés internationaux, comptes bancaires bien garnis, sans jamais avoir à justifier l’origine de ces richesses.

 

Cette communication journalière sur  Orange constitue une insulte à l’intelligence des Centrafricains. Pendant que les slogans anticorruption résonnent sur les téléphones, les enseignants contractuels attendent leurs salaires, les malades manquent de soins, la justice fonctionne au gré des influences et les routes restent impraticables faute d’entretien. Les barrages illégaux fleurissent sur les axes routiers, alimentant des réseaux de prédation bien organisés.

 

La corruption n’est pas un dysfonctionnement du système : elle en constitue le carburant principal. Le message diffusé via Orange ne vise pas à informer les Centrafricains, mais à rassurer les partenaires étrangers sur les supposées bonnes intentions du régime. Cette mascarade communicationnelle ne trompe plus personne à l’intérieur du pays, où chacun mesure quotidiennement l’écart entre les proclamations et les actes….

 

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Yves Sanghamy réplique : « Ce n’est pas l’URCA qui siège aux côtés des chefs rebelles ou les reçoit au palais », rejetant toute responsabilité de l’opposition dans l’instabilité du pays

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 Le porte-parole d’Anicet Georges Dologuélé rejette les accusations du pouvoir qui tente d’associer l’opposition aux groupes armés. Yves Sanghamy rappelle que l’Union pour le Renouveau Centrafricain a toujours privilégié le combat politique par les urnes.

 

Une ligne républicaine face aux accusations

Selon Yves Sanghamy, l’URCA n’a jamais dévié de sa ligne légaliste. Le parti a toujours choisi la voie institutionnelle plutôt que les armes pour peser sur la vie politique du pays.

Yves Sanghamy réplique : « Ce n’est pas l’URCA qui siège aux côtés des chefs rebelles ou les reçoit au palais », rejetant toute responsabilité de l’opposition dans l’instabilité du pays
Yves Sanghamy, porte-parole de l’opposant Anicet Georges Dologuelé

 

Il retourne l’accusation vers le pouvoir en place. Ce sont les autorités actuelles, rappelle t il, qui ont fait le choix d’intégrer des figures issues des groupes armés au sein de l’appareil d’État, et non l’opposition.

 

Une stratégie qui n’a pas ramené la paix

Pour Yves Sanghamy, cette stratégie d’alliance avec d’anciens chefs rebelles pose un problème d’éthique politique. Recevoir ces figures au Palais présidentiel ou leur confier des responsabilités revient, selon lui, à légitimer ceux qui ont pris les armes contre l’État.

 

Cette approche n’a pas permis de ramener la paix dans le pays. L’opposition refuse d’endosser la responsabilité d’une gestion sécuritaire qu’elle juge défaillante, et qui maintient la présence de groupes armés au lieu de les neutraliser.

 

Un appel à rompre avec la complaisance

Face à ce que Yves Sanghamy qualifie de tentative de diversion, l’URCA réaffirme son engagement pour la voie démocratique. Elle exige une rupture claire avec toute forme de complaisance envers les acteurs de l’instabilité, et réaffirme son attachement au dialogue politique responsable.

 

Par Anselme Mbata

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L’instabilité en Centrafrique persiste alors que Yves Sanghamy souligne l’importance de l’opposition politique pour restaurer la paix sans recourir aux armes.

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Centrafrique : Mouammar Bengué-Bossin remet la nationalisation de Ndassima au cœur du débat économique du pays

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Le politologue et président du parti Front populaire Zo Kwè Zo  Moammar Bengué-Bossin propose de nationaliser le site aurifère de Ndassima et d’en faire une société d’État afin d’augmenter les recettes publiques.

 

Dans une réaction adressée à la rédaction de Corbeau News Centrafrique, Mouammar Bengué-Bossin estime que l’exploitation des ressources minières et pétrolières pourrait procurer davantage de revenus à l’État centrafricain.

 

Centrafrique : Mouammar Bengué-Bossin remet la nationalisation de Ndassima au cœur du débat économique du pays
monsieur Mouammar Bengué-Bossin , de son vrai nom Mathurin Bengué Bossin

 

Il s’appuie notamment sur une estimation de cinq milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel pour Ndassima, chiffre qu’il attribue à Simplice Kobengo, chargé de mission chargé des mines à la présidence de la République.

 

À lire aussi : Birao : quand les « Wagner noirs » se transforment en braqueurs de quartier et terrorisent la population

Selon Bengué-Bossin, un chiffre d’affaires annuel de cinq milliards de dollars représenterait environ 2 750 milliards de francs CFA. Il avance ensuite l’hypothèse d’environ 900 milliards de francs CFA d’impôts sur les bénéfices et de 1 400 milliards de francs CFA de dividendes pour l’État, s’il devenait l’actionnaire principal de l’exploitation.

 

À lire aussi : Axe Bozoum-Bouar : à Koundé, les soldats FACA maintiennent leur contrôle au checkpoint invisible à l’entrée et à la sortie de la ville

Ces montants constituent les projections avancées par le politologue. Leur réalisation dépendrait notamment du volume réellement exploitable, du prix de l’or, des coûts d’extraction, du régime fiscal, des investissements nécessaires et de la structure du capital.

 

À lire aussi : Centrafrique : Crimes et exactions des mercenaires russes : l’incroyable idiote réponse de Dimitri Sytyi sur Ndeke Luka

Bengué-Bossin veut élargir la réflexion aux diamants

 

Mouammar Bengué-Bossin ne limite pas sa proposition au seul site de Ndassima. Il demande également la nationalisation de trois sociétés industrielles chinoises exploitant le diamant en Centrafrique.

 

Il évoque notamment des activités situées dans les secteurs de Sosso-Nakombo, de Bozoum et des environs de Bossangoa. Selon ses propres estimations, chacune de ces exploitations représenterait plus de deux milliards de dollars par an.

 

Le politologue estime ainsi que la maîtrise directe d’une partie des ressources minières par l’État permettrait d’augmenter les recettes publiques et de conserver une part plus importante de la valeur produite dans le pays.

 

La question de la participation de l’État dans les activités minières reste liée au cadre juridique des permis, aux conventions minières, aux investissements privés et aux capacités techniques et financières nécessaires pour exploiter les gisements.

 

Le pétrole de Boromata également évoqué

 

Mouammar Bengué-Bossin inclut aussi le pétrole de Boromata dans sa réflexion. Il souhaite le retour de la Chine pour poursuivre les travaux d’exploitation du pétrole dans cette zone de la Vakaga.

 

Le secteur pétrolier de Boromata avait déjà fait l’objet de travaux liés à des sociétés chinoises. Les opérations des blocs A et B ont été interrompues en 2018 dans un contexte de force majeure.

 

Dans sa réaction, Bengué-Bossin estime que la participation de 40 % attribuée à la RCA dans le projet pourrait, à terme, générer plus de 15 milliards de dollars sous forme d’impôts et de dividendes. Il annonce vouloir développer ce calcul lors d’une prochaine présentation.

 

Le Ghana cité comme exemple pour mesurer le potentiel de l’or

 

Pour appuyer son argumentation, Moammar Bengué-Bossin compare la situation centrafricaine à celle du Ghana.

 

Il rappelle que le Ghana a enregistré en 2025 environ 20,98 milliards de dollars de recettes provenant des exportations d’or. Les recettes totales d’exportation du pays ont atteint 31,11 milliards de dollars cette année-là.

 

Les exportations d’or ont plus que doublé en un an, passant de 10,31 milliards de dollars en 2024 à 20,98 milliards en 2025. Cette progression s’explique notamment par la hausse des volumes exportés et celle du prix moyen de l’or.

 

Bengué-Bossin rapproche cette performance des cinq milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel qu’il attribue au gisement de Ndassima. Il considère que cet écart justifie, selon lui, une réflexion sur la manière dont l’État centrafricain contrôle et valorise ses ressources naturelles.

La valorisation des ressources minières à travers une société d’État permet d’augmenter durablement les recettes publiques de la nation.

 

Un appel au départ de Touadéra

 

Dans la même réaction, Mouammar Bengué-Bossin relie directement cette question économique à son opposition au président Faustin-Archange Touadéra.

 

Il demande à Corbeau News Centrafrique de mettre l’accent sur l’enjeu politique du départ du chef de l’État. Le politologue estime que le changement politique qu’il appelle de ses vœux permettrait de revoir la gestion des ressources minières et pétrolières et d’augmenter les revenus revenant à l’État.

 

Il est important de rappeler que monsieur Mouammar Bengué-Bossin est le responsable de la mouvance Zo Kwe Zo. Il avait notamment été premier secrétaire de cette formation et candidat à l’élection présidentielle de transition de 2014.

 

Sa réaction intervient alors que les performances du Ghana dans l’exportation de l’or fournissent un point de comparaison sur le potentiel économique des ressources aurifères. En 2025, l’or représentait plus de la moitié des recettes d’exportation ghanéennes. 

 

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Centrafrique : vers une sérieuse dégradation de la santé de Faustin-Archange Touadéra ?

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Une vive inquiétude gagne le premier cercle du Président Faustin-Archange Touadera à Bangui. Les signes de la dégradation de l’état de sa santé sont apparus lors de son séjour de bilan à Bruxelles il y’a quelques jours.

 

Un parcours médical déjà lourd

 

Après une première évacuation sanitaire d’urgence effectuée dans la plus grande discrétion vers Bruxelles l’année dernière, au moment de la découverte initiale de son cancer du côlon, il avait ensuite séjourné dans un hôpital très encadré à Moscou pour des traitements lourds. Cette fois, Faustin-Archange Touadéra est de nouveau retourné dans la capitale belge pour y subir des examens de contrôle vitaux.

Centrafrique : vers une sérieuse dégradation de la santé de Faustin-Archange Touadéra ?
Le president putschiste Faustin Archange Touadera, tellement gros, descend avec de la peine de l’avion

 

Un agenda officiel qui cache une tout autre réalité

 

À lire aussi : Pour Martin Ziguelé, plus de 67 % des Centrafricains à moins de 1000 franc CFA par jour pour se nourrir, donc la nouvelle hausse du prix du carburant c’est un choix de mort sociale

Au cœur de ses récents déplacements officiels  aux États-Unis, notamment aux Nations-Unies, Faustin-Archange Touadéra s’était engagé dans un marathon médical complexe qui alimente l’incertitude et la paranoïa politique au sommet de son régime.

 

À lire aussi : CPI : à Bangui, plus de 300 personnes suivent l’audience sur les réparations dans l’affaire Yekatom-Ngaïssona

Pour l’opinion publique nationale, Faustin-Archange Touadéra effectuait simplement une mission diplomatique à New York dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies, avec une étape au Vatican. Les coulisses de ce périple montrent pourtant un agenda fortement contraint par ses exigences médicales.

 

À lire aussi : Centrafrique : La fixation administrative du prix des produits pétroliers respecte t-elle les exigences de légalité, de transparence, de l’égalité et de la prise en compte de la précarité de la population ?

Un bras de fer avec le protocole papal

 

Soucieux d’obtenir une audience avec le Pape Léon XIV lors du passage de ce dernier à Paris, Touadéra s’est vu opposer un refus du protocole papal, qui a préféré le recevoir directement à Rome.

À lire aussi : Monopole pétrolier et affaire Neptune : Martin Ziguélé dénonce une violation délibérée de la loi par le gouvernement centrafricain

 

Déjà arrivé à Bruxelles pour ses examens de contrôle, il a dû faire procéder en urgence à ses prélèvements cliniques avant de s’envoler pour le Saint-Siège, puis de regagner la Belgique afin de prendre connaissance des résultats de ses analyses.

 

Un retour à Bangui sous conditions strictes

 

Selon des sources médicales et sécuritaires recoupées par la Rédaction de Corbeau News Centrafrique, l’évolution de sa pathologie nécessiterait en principe plusieurs semaines d’hospitalisation continue. C’est d’ailleurs muni d’un cahier des charges médical strict, imposant une discipline de fer sur ses régimes alimentaires et une restriction sévère de toute consommation d’alcool, que Faustin-Archange Touadéra a regagné Bangui.

 

Des proches réticents à Bruxelles

 

Mais au sein de la présidence, l’idée de voir Faustin-Archange Touadéra immobilisé de longues semaines à Bruxelles pour des soins pousse ses proches à la réticence. Son entourage redoute la proximité des autorités belges avec Paris et estime que Bruxelles ne garantit pas la discrétion requise.

 

Son premier cercle privilégierait ainsi une éventuelle prise en charge en Suisse, dans l’établissement où séjourne régulièrement le président camerounais Paul Biya, ou en Russie sous la protection directe de leurs alliés sécuritaires.

 

Les signes visibles de la maladie

 

En parallèle, les marques physiques de la maladie et de ses traitements font l’objet de toutes les attentions dans le pays. Apparaissant plus affaibli, la chevelure roussie et devenant plus claire au quotidien, Faustin-Archange Touadéra se retrouve confronté au vertige de sa propre succession.

 

Après une évacuation sanitaire d’urgence à Bruxelles pour des examens liés à son cancer du côlon, le chef de l’État impose un strict suivi médical à son retour.

Une succession bloquée

 

Bloqué par l’architecture politique qu’il a lui-même mise en place avec les mercenaires russes de Wagner, il refuse de désigner un vice-président de la République et redoute par-dessus tout de devoir déléguer la conduite des affaires de l’État au président de l’Assemblée nationale, Simplice Mathieu Sarandji, avec qui les relations restent particulièrement froides.

 

Un risque pour le pays

 

En cherchant à concilier des obligations publiques soutenues et des visites médicales express entre deux vols intercontinentaux plutôt que de se plier à une hospitalisation prolongée, Faustin-Archange Touadéra prend le risque d’exposer le pays aux conséquences imprévisibles d’une vacance du pouvoir.

 

Affaire à suivre

 

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« L’URSS libérait l’Afrique, Wagner la pille » : Martin Ziguelé brise le tabou de la présence russe

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   Dans le paysage politique africain actuel, rares sont ceux qui osent nager à contre-courant de la rhétorique officielle sans trembler. C’est pourtant le coup d’éclat qu’a réalisé l’ancien Premier ministre centrafricain, Martin Ziguelé, lors d’une interview vérité accordée à la journaliste internationale Samantha Ramsamy sur sa chaîne indépendante. Face caméra, l’homme politique a opéré une distinction historique et conceptuelle majeure, souvent étouffée par la propagande de Bangui et du Sahel : il ne faut jamais confondre la coopération d’État à État avec la prédation des soldats de fortune. Un pavé dans la mare des nouveaux discours souverainistes qui, malheureusement, oublie que Wagner pille massivement l’Afrique. 

Le grand dévoiement de l’héritage historique

Se revendiquant fièrement comme un progressiste, Martin Ziguelé refuse de céder au raccourci d’un sentiment anti-russe primaire. Bien au contraire, il commence par saluer la mémoire de l’ex-URSS, rappelant avec ferveur le rôle crucial et désintéressé du bloc soviétique dans les luttes d’indépendance du continent : du soutien à l’Égypte de Nasser pendant la crise de Suez à la reconstruction de l’Algérie, en passant par la libération de l’Angola, du Mozambique ou de la Namibie. À cette époque, la Russie construisait des usines, formait des cadres et armait des idéaux.
« L'URSS libérait l'Afrique, Wagner la pille » : Martin Ziguelé brise le tabou de la présence russe
Monsieur Martin Ziguele, porte-parole du BRDC lors de la conférence de presse du vendredi 11 septembre 2026. Photo CNC
 Mais le tableau contemporain qu’il dépeint est radicalement différent. Pour l’invité, le système wagnerien actuel n’a absolument rien d’une alliance stratégique ou idéologique. C’est un déguisement. En s’installant en République centrafricaine avant d’essaimer vers le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ces groupes n’apportent pas la grandeur d’un État, mais les exigences d’une milice privée. 

Le piège du néocolonialisme privé

Le réquisitoire de Martin Ziguelé est implacable : le souverainisme affiché par les régimes militaires de l’Alliance des États du Sahel (AES) et par Bangui n’est qu’une illusion. En troquant le parapluie occidental contre celui de mercenaires russes, ces pays se sont jetés dans la gueule du loup. Loin de se cantonner à la sécurité, l’organisation Wagner s’est muée en une pieuvre multidimensionnelle qui s’ingère dans la vie politique, alimente des usines de trolls pour manipuler l’opinion et dresse les citoyens les uns contre les autres. S’appuyant sur les théories de l’économiste Samir Amin, l’ancien Premier ministre qualifie sans détour les méthodes de Wagner de “néocoloniales”. Il dénonce une pure logique de “take-and-carry” (prendre et emporter), une économie de traite qui dure depuis 300 ans et qui consiste à faire main basse sur les secteurs les plus rentables, comme les mines d’or de Ndachima, sans aucune transparence fiscale ni bénéfice pour les populations locales. 

Un appel à la lucidité internationale

Pour briser cette dépendance, Martin Ziguelé renvoie les dirigeants africains à leurs propres contradictions. On ne peut pas se prétendre panafricain tout en confiant les clés de sa souveraineté, de ses médias et de ses finances à des entrepreneurs militaires étrangers. Saluant les récents efforts de rapprochement entre l’AES et la CDAO, il rappelle que la géographie impose le bon voisinage et l’équilibre plutôt que l’alignement aveugle derrière un nouveau bloc. Face au refus systématique de dialogue opposé par le pouvoir centrafricain à l’opposition depuis des années, Martin Ziguelé choisit la voix de la clarté : l’Afrique doit travailler avec tout le monde, y compris la Russie, mais à la condition stricte d’exiger des partenaires étatiques transparents et non des mercenaires hors-la-loi. Par Alain Nzilo 

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« Ce que Neptune devait verser à l’État équivaut au budget du ministère de la Santé » : Paul Crescent Beninga, porte-parole du GTSC chiffre le manque à gagner fiscal de l’État centrafricain à cause de la mafia du carburant

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Dans le débat politique Patara de Radio Ndekeluka, le chercheur a révélé, rapport du FMI à l’appui, que les sommes que la société Neptune Oil aurait dû verser au Trésor public représentent l’équivalent du budget alloué à la santé pour soigner tous les Centrafricains.

 

Invité sur le plateau du débat politique Patara, Paul Crescent Beninga, porte-parole du groupe de travail de la société civile et ancien chercheur à l’Université de Bangui, a mis sur la table un chiffre qui, à lui seul, résume l’ampleur du préjudice subi par l’État centrafricain. Là où le débat s’épuisait à comparer les prix à la pompe entre pays de la CEMAC, le chercheur a déplacé la discussion sur le terrain des recettes fiscales perdues. Et le constat qu’il dresse est vertigineux.

 

« Ce que Neptune devait verser à l'État équivaut au budget du ministère de la Santé » : Paul Crescent Beninga, porte-parole du GTSC  chiffre le manque à gagner fiscal de l'État centrafricain à cause de la mafia du carburant

 

Un rapport du FMI que personne ne semble vouloir lire

 

Pour Paul Crescent Beninga, la vérité est disponible, mais elle est ignorée. « Les gens ne veulent pas lire dans ce pays. Le FMI a fait un rapport qui est intéressant. » Ce rapport, insiste-t-il, n’est pas un document confidentiel réservé aux initiés. Il est accessible, publié, et contient des données qui devraient alerter l’ensemble de la classe politique et de la société civile centrafricaines. Encore faut-il prendre la peine de s’y plonger.

À lire aussi : Bangui : des policiers armés braquent un jeune et emportent sa moto et son sac en pleine nuit à 200 villas

 

Et ce que ce rapport révèle, selon le chercheur, dépasse largement la question des prix à la pompe. Il met en lumière un manque à gagner fiscal dont l’ordre de grandeur donne le vertige. Un chiffre qui, s’il était connu du grand public, changerait probablement la nature du débat.

À lire aussi : Centrafrique : quand l’avocat de CORE AVIATION SERVICES, Maître VONDO, bloque délibérément à l’inspection du travail la procédure des employés abusivement licenciés

 

L’équivalent du budget de la Santé

 

La révélation de Paul Crescent Beninga est d’une clarté brutale. « Dans ce rapport, le manque à gagner de l’État centrafricain équivaut au budget du ministère de la Santé de 2025. Le rapport existe. Allez lire. Ce que Neptune, en s’établissant en République centrafricaine, devait verser à l’État centrafricain, si la société versait ça, ça équivaut à ce qui est inscrit dans le budget pour le ministère de la Santé. C’est-à-dire pour soigner tous les Centrafricains. Allez-y comprendre. »

 

La comparaison n’est pas anodine. Le budget du ministère de la Santé, c’est ce qui permet de financer les hôpitaux, les centres de santé, les médicaments, les campagnes de vaccination, la formation du personnel soignant. C’est, en somme, ce qui permet à un pays de soigner sa population. Or, selon le chercheur, c’est exactement cette somme qui aurait échappé au Trésor public du fait de l’installation de Neptune Oil dans des conditions fiscales qui ne respecteraient pas les obligations légales.

 

Une entreprise qui ne verse pas ses impôts comme elle le devrait

 

Le chercheur ne s’arrête pas à la seule question du manque à gagner. Il souligne également que les obligations fiscales de Neptune Oil envers l’État centrafricain posent problème. « Neptune ne verse pas les impôts comme ça devrait être lorsqu’il s’agit d’une société qui est établie en République centrafricaine. » Une affirmation qui, si elle était confirmée, constituerait une faute grave. Car une entreprise qui opère sur le territoire centrafricain, qui y réalise des bénéfices et qui y exerce une activité économique, doit en principe contribuer à l’effort fiscal national.

 

Cette question fiscale est d’autant plus sensible que, comme le rappelle Paul Crescent Beninga, la loi de 2007 prévoyait des conditions claires pour les sociétés étrangères souhaitant exercer dans le secteur pétrolier en Centrafrique. « La loi de 2007 est claire. Pour exercer cette activité, il faut au moins, si vous êtes une société qui n’est pas de droit centrafricain, créer une succursale. » Une obligation qui, selon le chercheur, n’a pas été respectée. « Tout cela est dédié. Oui, une filiale ici. Tout cela est dédié. »

 

« Vous avez fait tellement de mal aux Centrafricains »

 

La question du manque à gagner fiscal prend, dans la bouche de Paul Crescent Beninga, une dimension politique. Car ce n’est pas seulement une entreprise qui est mise en cause, c’est le gouvernement qui a rendu possible cette situation. « Je parle du gouvernement. Vous représentez la ministre, votre responsable de tutelle, donc vous allez assumer. » L’interpellation, adressée à Olivier Malibangar, chargé de mission au ministère de l’Énergie, est directe. Elle vise à établir la responsabilité de l’exécutif dans ce que le chercheur considère comme un préjudice porté à la nation tout entière.

 

Et pour mesurer ce préjudice, le chercheur invite chacun à faire l’exercice de comparaison le plus simple qui soit. D’un côté, une entreprise qui, selon lui, n’aurait pas versé à l’État ce qu’elle devait. De l’autre, un ministère de la Santé dont le budget, déjà insuffisant pour répondre aux besoins sanitaires du pays, aurait pu être doublé si les recettes fiscales avaient été perçues. « Allez-y comprendre », lance-t-il, comme pour inviter ses interlocuteurs à tirer eux-mêmes les conclusions.

 

Un débat faussé par l’ignorance des chiffres

 

Ce que dénonce Paul Crescent Beninga, au-delà des chiffres eux-mêmes, c’est la manière dont le débat public est conduit. Les Centrafricains discutent des prix à la pompe, comparent les tarifs avec ceux des pays voisins, s’indignent de l’augmentation. Mais ils ignorent, selon lui, l’essentiel : le manque à gagner fiscal qui prive l’État des ressources nécessaires pour financer les services publics les plus élémentaires.

 

Le manque à gagner fiscal provoqué par Neptune dans le secteur pétrolier équivaut au budget de la santé, privant ainsi l’État centrafricain de ressources indispensables.

Car la question n’est pas seulement de savoir combien coûte un litre d’essence. Elle est de savoir combien rapporte, ou devrait rapporter, le secteur pétrolier à l’État centrafricain. Et si les calculs du chercheur sont exacts, la réponse est édifiante : le montant du manque à gagner équivaut à ce qui serait nécessaire pour soigner l’ensemble de la population. Un enjeu de santé publique, donc, qui se joue dans les arcanes fiscales du secteur pétrolier.

 

« Pourquoi ne pas regarder dans ce secteur-là ? »

 

La révélation de Paul Crescent Beninga ouvre une question que le gouvernement, selon lui, refuse de se poser. Si le manque à gagner fiscal est aussi important que le rapport du FMI l’indique, pourquoi ne pas commencer par récupérer ces sommes avant de faire peser sur les Centrafricains une nouvelle hausse des prix ? Pourquoi ne pas exiger des entreprises opérant dans le secteur pétrolier qu’elles respectent leurs obligations fiscales et légales ? Pourquoi, en somme, faire payer aux plus modestes ce que d’autres ne versent pas ?

 

Cette question, le chercheur ne la formule pas directement dans cette séquence. Mais elle découle logiquement de sa démonstration. Et elle rejoint les interrogations exprimées par d’autres intervenants du débat, qui appellent à explorer d’autres sources de recettes avant de taxer davantage les citoyens. Le rapport existe. Les chiffres sont là. Reste à savoir qui osera les regarder en face.

 

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Centrafrique : Joël Ranc dénonce une année de détention de Dominique Désiré Erenon

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Le Dr Dominique Désiré Erenon totalise ce samedi 3 octobre 2026 une année depuis son arrestation à l’aéroport international Bangui-M’Poko. Président du Mouvement démocratique pour la solidarité et le progrès (MDSP), docteur en droit public, constitutionnaliste, ancien expert auprès de l’Union africaine et enseignant à l’Université de Bangui, il est détenu à la prison de Ngaragba depuis le 17 décembre 2025.

 

Dans une déclaration publiée à l’occasion de cet anniversaire, Joël Ranc, conseiller spécial de Dominique Désiré Erenon, dénonce une détention qu’il qualifie d’arbitraire et conteste les accusations portées contre le responsable politique.

Centrafrique : Joël Ranc dénonce une année de détention de Dominique Désiré Erenon
Le Constitutionnaliste centrafricain, Dr Dominique Désiré ERENON

 

Selon Joël Ranc, huit chefs d’accusation sont retenus contre Dominique Désiré Erenon, notamment le complot, l’association de malfaiteurs, l’atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État, l’incitation à la haine, la diffusion de fausses nouvelles et l’offense envers les dépositaires des pouvoirs publics, notamment le président de la République.

 

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Le conseiller spécial affirme que les enquêteurs ont procédé à la fouille des effets personnels de Dominique Désiré Erenon et à l’examen de son ordinateur et de son téléphone portable. Il soutient que les éléments retenus dans le dossier reposeraient notamment sur une liste de 52 contacts enregistrés dans son téléphone et considérés comme subversifs par les autorités.

 

À lire aussi : Touadéra entre deux feux face aux pressions de Poutine d’une part, et les exigences du groupe Wagner d’autre part

Dominique Désiré Erenon rejette l’ensemble des accusations portées contre lui. Dans sa déclaration, Joël Ranc estime que la procédure poursuit également des objectifs politiques et dénonce l’absence, selon lui, d’éléments suffisamment solides pour justifier la prolongation de la détention.

 

L’arrestation du président du MDSP est intervenue le 3 octobre 2025, en fin de matinée, à son arrivée à l’aéroport international Bangui-M’Poko. Joël Ranc rappelle que son retour en République centrafricaine faisait suite à plusieurs appels du président Faustin-Archange Touadéra invitant les Centrafricains de la diaspora à regagner le pays et à participer à son développement.

 

Depuis son placement en détention à la prison de Ngaragba le 17 décembre 2025, Dominique Désiré Erenon reste privé de liberté dans l’attente de l’évolution de la procédure judiciaire. Joël Ranc demande que cette détention prenne fin et affirme que la décision concernant sa libération demeure liée aux autorités centrafricaines.

 

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Incarcéré à la prison de Ngaragba, le président du Mouvement démocratique pour la solidarité et le progrès subit une détention arbitraire marquée par des accusations politiques contestées par ses proches.

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AJDC dénonce des pressions contre l’opposition et évoque des missions de surveillance à l’étranger

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L’Action Justice et Droit en Centrafrique (AJDC) affirme avoir recueilli des informations sur des pressions visant des opposants et voix critiques du pouvoir de Faustin-Archange Touadéra.

 

Dans un communiqué publié le 5 octobre 2026, l’organisation de la société civile dit confirmer les alertes formulées le 22 septembre par Joseph Bindoumi, président de la Ligue centrafricaine des droits de l’Homme (LCDH).

 

AJDC dénonce des pressions contre l’opposition et évoque des missions de surveillance à l’étranger
Wagner dans un véhicule de patrouille de la gendarmerie

 

Selon l’AJDC, plusieurs jours de vérifications, de recoupements et de collecte d’informations ont permis de réunir des éléments qu’elle juge concordants. L’organisation affirme avoir identifié des personnes et leurs familles qui seraient directement visées par des pressions liées à leurs opinions politiques.

 

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Des pressions visant des voix critiques

 

L’AJDC évoque des actes d’intimidation et des mesures de rétorsion qui concerneraient des citoyens ayant exprimé publiquement des positions critiques envers le pouvoir.

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L’organisation estime que ces pratiques viseraient également des personnes proches de courants politiques considérés comme opposés au régime du président Faustin-Archange Touadéra.

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Elle affirme disposer d’éléments suffisamment concordants pour confirmer les inquiétudes exprimées par Joseph Bindoumi. L’AJDC ne publie pas, à ce stade, l’identité des personnes concernées ni l’ensemble des informations recueillies.

 

L’organisation justifie cette retenue par la nécessité de protéger les éventuelles victimes et les témoins. Elle indique être disposée à transmettre les éléments en sa possession aux autorités judiciaires ou à des mécanismes indépendants compétents.

 

Des missions évoquées au Cameroun, au Congo et en France

 

Le communiqué contient aussi une accusation plus précise. L’AJDC affirme avoir recueilli des informations faisant état de missions qui auraient quitté Bangui à destination du Cameroun, de la République du Congo et de la France.

 

Selon l’organisation, ces missions auraient pour objectif présumé d’identifier, de suivre, de contacter ou de faire pression sur des ressortissants centrafricains considérés comme proches de l’opposition ou critiques du pouvoir.

 

L’AJDC précise que ces informations font encore l’objet de vérifications et de recoupements. Elle estime disposer d’éléments suffisamment précis pour demander aux autorités des trois pays concernés d’accorder une attention particulière à ces signalements.

 

L’organisation appelle également les mécanismes régionaux et internationaux compétents à vérifier l’existence et la nature de ces éventuelles missions.

 

Si les faits étaient confirmés, l’AJDC estime que des pratiques d’intimidation visant des citoyens centrafricains en raison de leurs opinions politiques pourraient avoir été exercées en dehors du territoire national.

 

L’AJDC demande une enquête indépendante

 

L’organisation rappelle que la liberté d’opinion et la liberté d’expression constituent des droits fondamentaux. Elle considère qu’un citoyen ne devrait pas être inquiété pour avoir critiqué le président de la République, contesté une décision gouvernementale ou appartenu à l’opposition.

 

L’AJDC demande aux autorités centrafricaines de mettre fin à toute forme d’intimidation ou de pression fondée sur les opinions politiques.

 

Elle réclame également une protection effective pour les défenseurs des droits humains, les journalistes, les acteurs associatifs, les opposants et les citoyens exerçant pacifiquement leurs libertés.

 

L’organisation demande surtout l’ouverture d’une enquête indépendante. Elle affirme que cette procédure permettrait de transmettre à la justice les informations et les éléments de preuve dont elle dit disposer.

 

Elle insiste aussi sur le respect de la présomption d’innocence, du droit à la défense et des garanties fondamentales pour toute personne faisant l’objet de poursuites.

L’organisation documente les pressions exercées par le pouvoir contre l’opposition politique et réclame l’ouverture d’une enquête face aux missions de surveillance menées à l’étranger.

 

La MINUSCA, l’UE et l’UA interpellées

 

L’AJDC appelle les partenaires internationaux de la République centrafricaine à suivre l’évolution des libertés publiques dans le pays.

 

Elle cite notamment la MINUSCA, l’Union européenne, l’Union africaine ainsi que les organisations régionales et les mécanismes internationaux de protection des droits humains.

 

L’organisation affirme que sa démarche ne vise ni une personne, ni une institution, ni un parti politique. Elle dit vouloir dénoncer toute pratique susceptible de priver un citoyen de ses droits en raison de ses opinions.

 

L’AJDC estime que les mêmes libertés doivent être garanties aux partisans du pouvoir comme à ses opposants.

 

Dans son communiqué signé par son président Kevin Momegou Sambia, l’organisation invite enfin les personnes qui s’estiment victimes de pressions, d’intimidations ou de menaces liées à leurs opinions à la saisir, avec des garanties de confidentialité et de sécurité. 

 

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60 000 réfugiés en RCA face aux millions des demandeurs d’asile au Tchad : De quel « record » le gouvernement se réjouit-il dans sa propagande ?

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60 000 réfugiés en RCA face aux millions des demandeurs d’asile au Tchad : De quel « record » le gouvernement se réjouit-il dans sa propagande ?

 

 Alors que les bras cassés de la septième république à Bangui lancent une vaste campagne de communication pour célébrer un soi-disant « record jamais atteint » dans l’accueil des réfugiés en République Centrafricaine, la réalité du terrain et les données des nations unies brossent un tableau bien différent. Confrontée à la comparaison directe avec le Tchad voisin, la rhétorique triomphaliste s’effondre : de quel exploit parle-t-on exactement ?Un chiffre minime érigé en victoire 

 

Dans les déclarations du pouvoir centrafricain, l’accent est mis sur un afflux inédit de populations déplacées ayant trouvé refuge sur le sol national. Mais si l’on met de côté les discours officiels pour observer les données factuelles consolidées par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l’enthousiasme laisse place au doute.

 

virginie-mbakoua-accueillant-les-réfugiés-centrafricains-de-la-rdc-au-port-amont-de-bangui-en-centrafrique – Centrafrique : Le gouvernement centrafricain rapatrie les réfugiés centrafricains du Congo Démocratique
L’ancienne ministre de l’action humanitaire virginie mbakoua accueillant les réfugiés centrafricains de la rdc au port amont de bangui

À lire aussi : Après la libération de Mokom, la crainte d’un retour de Ngaïssona et Yekatom pousse Touadéra à la manœuvre auprès de la CPI

En réalité, le nombre total de réfugiés et demandeurs d’asile présents sur le territoire centrafricain plafonne à environ 61 000 personnes, principalement des ressortissants soudanais regroupés dans la Vakaga, ainsi que des citoyens de la République Démocratique du Congo et du Tchad.

 

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Se réjouir d’un tel volume et le vendre à l’opinion publique comme un sommet historique relève d’un exercice d’autoglorification déconnecté des réalités régionales.

 

L’épreuve des chiffres : Le choc de la comparaison

Pour mesurer l’incongruité de cette communication, il suffit de porter le regard de l’autre côté de la frontière. Le Tchad subit de plein fouet les contrecoups des crises régionales, tout particulièrement le conflit dévastateur au Soudan. À ce jour, N’Djamena assure la protection de plus de 1,5 à 2 millions de réfugiés et demandeurs d’asile, se plaçant ainsi parmi les plus grands foyers d’accueil de tout le continent africain.

 

La comparaison directe met à nu la faiblesse des arguments avancés à Bangui. Pendant que le Tchad absorbe près de deux millions de personnes en détresse, le Cameroun en accueille environ 495 000 et la République Démocratique du Congo plus de 520 000. La Centrafrique, avec ses 61 000 réfugiés, affiche une capacité d’accueil extrêmement limitée et reste un poids plume sur le plan humanitaire régional.

 

Comment présenter 60 000 personnes comme une réussite exceptionnelle quand le voisin immédiat en gère plus de trente fois plus ?

 

Un pays qui reste avant tout une terre d’exil

L’autre contradiction majeure de cette ligne politique réside dans le solde migratoire réel du pays. La RCA demeure, dans la réalité des faits, un émetteur massif de réfugiés plutôt qu’une terre d’asile.

 

Pendant que la communication officielle célèbre l’arrivée de 60 000 étrangers, plus de 740 000 Centrafricains continuent de vivre en exil dans les pays limitrophes, dont 282 000 au Cameroun, 268 000 en RDC et 141 000 au Tchad. À cela s’ajoutent plus de 400 000 déplacés internes qui ne peuvent toujours pas regagner leur foyer en raison de l’insécurité chronique.

 

La réalité derrière l’affichage

Prétendre que la RCA est devenue un havre de paix capable d’absorber les crises de la sous-région relève du mirage. L’accueil des rares réfugiés sur le sol centrafricain ne repose d’ailleurs pas sur les moyens de l’État, mais presque exclusivement sur la prise en charge financière et logistique des agences de l’ONU et des ONG internationales.

 

La crise humanitaire en Centrafrique est exacerbée par le nombre croissant de demandeurs d’asile, tandis que les réfugiés de la RDC continuent d’affluer dans le pays.

Transformer un chiffre dérisoire en « record » historique vise uniquement à masquer les fragilités structurelles du pays et à fabriquer un faux succès diplomatique. Les statistiques du HCR sont pourtant claires : avec 60 000 réfugiés face aux millions du Tchad, la RCA est bien loin des sommets qu’elle prétend avoir atteints.

 

Par Sylvie Vickos 

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Médias numériques : comment le mobile change l’accès à l’information

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Comment les technologies numériques transforment les médias et la consommation de l’information
Comment les technologies numériques transforment les médias et la consommation de l’information

 

Le rapport Digital 2026 recense 2,49 millions de connexions cellulaires actives en République centrafricaine à la fin de 2025, contre environ 670 000 internautes. Les identités actives sur les réseaux sociaux étaient estimées à 230 000 en octobre 2025. Dans un pays où le nombre de connexions mobiles dépasse largement celui des internautes recensés, les formats légers, les alertes et les contenus adaptés au téléphone prennent une importance particulière.

La page d’accueil n’est plus toujours la première porte

Le Reuters Institute estime que Google Discover est utilisé par 27 % des personnes interrogées sur l’ensemble des marchés couverts par son Digital News Report 2025. Un titre peut donc être découvert depuis l’écran verrouillé, un agrégateur, Facebook ou une notification sans que le lecteur ait d’abord ouvert la page d’accueil du média. Le changement est à la fois éditorial et technique : les premières lignes doivent porter l’information immédiatement, car l’utilisateur peut arriver directement sur une dépêche précise, puis repartir vers WhatsApp ou vers une vidéo.

Un match produit désormais plusieurs histoires en parallèle

Pendant la Coupe du monde 2026, le site de la FIFA publiait simultanément scores, tentatives, expected goals, précision des passes et clean sheets. Le même match pouvait ainsi être suivi par une diffusion vidéo, un fil de commentaires, une page statistique et des clips sociaux de quelques secondes. Cette superposition a rapproché journalisme sportif, données et divertissement : un lecteur ne demande plus seulement qui a gagné, mais aussi combien d’occasions ont été créées, qui a tiré et comment le rapport de force a changé.

Les cotes sont devenues une donnée de direct parmi d’autres

Les plateformes sportives interactives ajoutent une couche supplémentaire en actualisant marchés et cotes pendant que le score, les cartons ou les remplacements évoluent. Une cote live peut réagir à un but ou à une exclusion en quelques secondes, ce qui rend l’horodatage de la donnée indispensable pour éviter de commenter une valeur déjà dépassée. Dans cette circulation continue entre statistiques, résultats et divertissement, MelBet rdc peut apparaître dans la même routine numérique qu’un flux sportif, sans que son contenu remplisse le rôle éditorial d’un média d’information. La séparation reste simple : l’article vérifie les faits, tandis qu’une plateforme de paris gère ses marchés, ses règles de règlement, son contrôle KYC et les limites propres au compte utilisateur.

Trop d’alertes et l’information disparaît

Le push a un coût d’attention mesurable. Dans le Digital News Report 2025, 79 % des répondants ne reçoivent aucune alerte d’actualité au cours d’une semaine moyenne. Parmi eux, 43 % disent les avoir activement désactivées, notamment parce qu’elles étaient trop nombreuses ou peu utiles. Un média qui envoie le coup d’envoi, chaque but, le score à la pause et le résultat final d’un même match risque donc de transformer quatre informations utiles en bruit.

L’application devient un carrefour, pas seulement un lecteur d’articles

La recherche live app traduit bien cette attente : retrouver dans un même environnement une alerte, un score, une vidéo courte ou une statistique sans refaire cinq recherches. Les services sportifs exploitent la même logique en rapprochant calendrier, données live et interaction, mais leurs objectifs restent différents de ceux d’une rédaction. Lorsqu’un lecteur passe d’une analyse de match à premierbet dans une séquence de loisir numérique, les cotes et marchés proposés appartiennent à l’expérience de pari, tandis que les statistiques publiées par le média doivent rester datées, attribuées et vérifiables. Cette distinction devient particulièrement visible pendant un direct, lorsqu’une blessure ou un carton rouge modifie immédiatement le marché alors que le journaliste doit encore confirmer l’événement.

Quand la connexion coûte cher, le format redevient une décision éditoriale

Les chiffres de Digital 2026 indiquent que les connexions mobiles représentent 44,8 % de la population centrafricaine, mais la pénétration d’internet n’est que de 12 % à la fin de 2025. Une connexion mobile ne correspond pas nécessairement à une personne unique : un utilisateur peut posséder plusieurs cartes SIM, et toutes les connexions ne donnent pas le même accès aux données. Une page d’actualité pensée pour ce contexte gagne donc à charger d’abord le titre, le score et le texte, puis les images et la vidéo à la demande. Une image compressée, un texte direct horodaté et un bouton de lecture manuel peuvent servir davantage de lecteurs qu’un flux vidéo lancé automatiquement.

Santé en Afrique : les grands défis d’un continent face à des besoins croissants

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L’accès aux soins demeure l’une des questions les plus sensibles du continent africain. Dans de nombreuses régions, les populations doivent encore composer avec des difficultés qui compliquent leur prise en charge au quotidien. Les infrastructures sanitaires sont parfois trop peu nombreuses pour répondre à l’ensemble des besoins. À cela s’ajoute un manque de professionnels qualifiés, particulièrement sensible loin des grands centres urbains. Les besoins augmentent alors que les moyens disponibles peinent à suivre le même rythme. Pour des millions de personnes, ces difficultés ont des conséquences très concrètes sur la santé et la qualité de vie.

L’engagement des associations

Dans ce contexte, le rôle des acteurs de terrain prend une importance particulière. Vous pouvez observer que des organisations s’engagent depuis longtemps pour améliorer la situation. C’est le cas d’une association humanitaire en Afrique, AMREF, qui place la formation des soignants et le renforcement des systèmes de santé au cœur de son action. Son approche repose notamment sur une collaboration étroite avec les communautés et les professionnels présents localement. Cette présence dans la durée permet d’apporter des réponses mieux adaptées aux réalités rencontrées sur place. Les actions menées s’inscrivent ainsi dans une perspective qui dépasse l’aide ponctuelle.

 

 

Les obstacles structurels qui freinent les progrès

Plusieurs difficultés continuent de limiter l’efficacité des systèmes de santé africains. Le manque de personnels suffisamment formés reste particulièrement visible dans certaines zones rurales, où les besoins sont pourtant considérables. Les établissements doivent aussi fonctionner avec des équipements vieillissants ou en quantité insuffisante. L’approvisionnement en médicaments peut connaître des interruptions qui compliquent davantage la prise en charge des patients.

Burundi et Sénégal : des réalités contrastées

Au Burundi, la forte densité de population exerce une pression supplémentaire sur des structures sanitaires déjà très sollicitées. Dans certains centres de santé de proximité, le personnel disponible et le matériel ne suffisent pas toujours à répondre correctement aux besoins. Les campagnes de vaccination peuvent également être ralenties par des contraintes liées au transport et à l’organisation sur le terrain. Des améliorations ont toutefois été rendues possibles grâce à l’implication des communautés locales. Au Sénégal, la situation présente des différences importantes entre les territoires. Les services sont davantage développés dans les grands centres urbains, tandis que certaines zones rurales rencontrent encore des difficultés pour accéder aux soins de première ligne.

Soudan du Sud et Éthiopie : des contextes particulièrement exigeants

Au Soudan du Sud, les périodes d’instabilité et les déplacements de population rendent l’organisation des soins particulièrement complexe. Lorsqu’une communauté doit quitter son lieu de vie, le suivi médical peut être interrompu et l’accès aux structures sanitaires devient plus incertain. Ces conditions favorisent également la propagation de certaines maladies et compliquent les actions de prévention. En Éthiopie, l’étendue du territoire et sa diversité géographique créent d’autres formes d’inégalités dans l’accès aux services de santé. Les régions montagneuses et les territoires plus arides ne disposent pas nécessairement des mêmes moyens ni des mêmes infrastructures.

Afrique du Sud : un système confronté à des défis de fond

L’Afrique du Sud présente une situation différente, notamment en raison des fortes disparités qui traversent son système de santé. Les établissements publics prennent en charge une part importante de la population, tandis que l’accès au secteur privé demeure beaucoup plus limité. Cette organisation doit aussi faire face au poids des maladies chroniques et des infections transmissibles. Plusieurs réformes cherchent à réduire les écarts existants et à rendre les soins plus accessibles. Leur mise en œuvre ne produit toutefois pas les mêmes effets dans toutes les provinces.

Des perspectives qui appellent une mobilisation continue

Les besoins de santé devraient continuer à évoluer sur le continent africain au cours des prochaines années. Pour y répondre, des investissements durables devront être accompagnés d’une meilleure coordination entre les différents acteurs présents sur le terrain. L’engagement continu d’acteurs expérimentés peut ainsi contribuer à améliorer concrètement l’accès aux soins des populations.

 

« On nous appelle pour nous annoncer, pas pour discuter avec nous sur le projet de l’augmentation des prix du carburant . Je pèse mes mots » : le syndicaliste Nicaise Ngouandji raconte les coulisses d’une décision imposée

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Dans le débat politique Patara de Radio Ndekeluka, le leader syndical révèle comment les partenaires sociaux ont été mis devant le fait accompli sur la hausse des prix du carburant, dénonçant une méthode de gouvernance fondée sur le secret et le mépris du dialogue social.

 

Invité sur le plateau du débat politique Patara aux côtés de Paul Crescent Beninga et d’Olivier Malibangar, Nicaise Ngouandji, secrétaire général de l’Union des syndicats libres de Centrafrique, a profité de cette tribune pour lever le voile sur les conditions dans lesquelles la décision d’augmenter les prix du carburant a été prise et annoncée aux organisations syndicales. Un récit qui met en lumière une méthode de gouvernance décriée, fondée sur l’opacité et le fait accompli.

 

« On nous appelle pour nous annoncer, pas pour discuter avec nous sur le projet de l’augmentation des prix du carburant . Je pèse mes mots » : le syndicaliste Nicaise Ngouandji raconte les coulisses d'une décision imposée
Le premier ministre Félix Moloua avec sa bouche entre-ouverte

 

Une convocation à la primature pour une simple annonce

 

Le syndicaliste raconte sans détour comment les choses se sont déroulées. « On nous a convoqués, on nous a invités au niveau de la primature et on nous a dit que bon, il aura une augmentation des prix du carburant. » Une formule qui, à elle seule, résume le sentiment d’impuissance des partenaires sociaux face à une décision déjà scellée. Car pour Nicaise Ngouandji, la question n’était pas de savoir s’il fallait ou non augmenter les prix, mais de comprendre comment une telle mesure avait pu être préparée sans eux.

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« On s’est dit, mais comment ça s’est passé ? On nous informe qu’il y a un comité qui a été mis en place en amont et que ce comité a fait un travail. » Le constat est amer : un comité s’est réuni, a planché sur la question, a rendu ses conclusions, et les syndicats n’en ont été informés qu’au moment de l’annonce officielle. Pire encore, pour le leader syndical, cette convocation n’avait rien d’une négociation. « On vous appelle pour vous annoncer, pas pour discuter avec vous. On est travailleurs. Je pèse mes mots, c’est pour annoncer. Parce qu’on connaît le gouvernement, tout est fait en cachette. »

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« Toutes ces sensibilités doivent se retrouver autour d’une table »

 

Pour Nicaise Ngouandji, la question n’est pas seulement méthodologique, elle est aussi institutionnelle. Le secteur pétrolier, rappelle-t-il, est un domaine trop complexe et trop sensible pour être traité en circuit fermé. « Le secteur pétrolier, c’est un secteur englobant. Le ministère du Transport, Commerce, Énergie. On n’a pas vu le ministère de l’Énergie être représenté. Le responsable des groupes des consommateurs, la société civile, le ministère… Toutes ces sensibilités doivent se retrouver autour d’une table pour définir est-ce qu’il y a lieu d’augmenter les prix du carbone. Ce qui n’a pas été fait. »

 

Cette absence de concertation est d’autant plus incompréhensible pour le syndicaliste que les conséquences de la hausse touchent l’ensemble de l’économie et de la société centrafricaines. « Et donc, nous nous sommes dit que c’est le mauvais cadeau que nous avons reçu de la part du gouvernement. » L’expression, choisie avec soin, traduit moins la colère que la déception d’un partenaire social qui estime avoir été traité avec mépris.

 

« C’est un juste bouddhiste » : la critique d’une gouvernance sans retour en arrière

 

Interrogé sur les moyens dont dispose son organisation pour contester cette décision, Nicaise Ngouandji se montre mesuré sur la forme mais ferme sur le fond. « Pour les occasions syndicales, nous avons les voies et moyens pour contester. Nous attendons voir l’évolution des choses. Pour nous, c’est le dialogue. Le dialogue est en cours. » Mais il ne cache pas son scepticisme quant à la capacité du gouvernement à revenir sur sa décision. « Je pense que le gouvernement, dans ses habitudes, est toujours pressé. C’est un juste bouddhiste. On prend des textes et lorsqu’on se rend compte que ce texte est mal placé, on ne fait pas de rétro-pédalage. On veut que tout ça se passe. Et c’est ça, le mauvais choix. »

 

Derrière cette formule imagée, c’est toute une critique de la méthode gouvernementale qui affleure : l’absence d’évaluation préalable, le refus d’assumer ses erreurs et l’entêtement dans des décisions mal préparées. Pour le syndicaliste, une autre voie était pourtant possible. « Il faut être patriotique. Il faut avoir le bon sens. Nous souhaiterons que l’intérêt national prime sur les intentions. » Une manière de dire que la décision a été guidée par des considérations autres que l’intérêt général.

 

Une décision prise sans le président de la République ?

 

Le débat a également abordé la question de la responsabilité institutionnelle. Le journaliste a fait remarquer que les deux dernières augmentations des prix du carburant sont intervenues à des moments où le chef de l’État se trouvait hors du pays. Une coïncidence troublante, qui a conduit Nicaise Ngouandji à s’interroger sur la réalité du processus décisionnel. « Je crois qu’il y a de cela quelques mois, nous avons remis à la plus haute priorité certains points de revendication. Même à l’occasion de la rencontre du 24, ce jeudi-là, nous avons réitéré cette volonté-là. Augmentation du salaire et la revalorisation des taux de pension, y compris certains points qu’on a inscrits dans le document. »

 

Pour le syndicaliste, ces revendications légitimes ont été balayées par une décision prise sans considération pour les travailleurs. « Nous, ce qui nous intéresse aujourd’hui, nos priorités, ce sont ces points de revendication. Rien n’est possible pour l’augmentation du prix du carburant. Nous ne le reconnaissons pas dans cette augmentation. Ce n’est pas ce que les travailleurs attendent du gouvernement. C’est un fardeau qui va davantage fragiliser les structures sociales. »

 

Le refus du dialogue social et l’imposition unilatérale des nouveaux prix du carburant fragilisent durablement les structures sociales du pays.

Une méthode qui interroge la gouvernance

 

À travers le récit de Nicaise Ngouandji, c’est bien plus qu’une simple question de prix du carburant qui est posée. C’est celle de la place du dialogue social dans la gouvernance centrafricaine. Comment un gouvernement peut-il prétendre prendre des décisions dans l’intérêt du peuple sans consulter les représentants de ce peuple ? Comment les organisations syndicales, censées être des partenaires, peuvent-elles être réduites à de simples spectatrices d’annonces déjà actées ?

 

Ces questions, le secrétaire général de l’Union des syndicats libres de Centrafrique les pose à sa manière, avec la gravité de celui qui constate que le dialogue social, pourtant consacré par les textes, reste lettre morte dans la pratique. Et si le débat Patara a permis d’exposer ces dysfonctionnements, il reste à voir si le gouvernement en tirera les leçons. Pour l’heure, la réponse semble malheureusement se dessiner dans le silence et la persistance d’une méthode que Nicaise Ngouandji et ses camarades continuent de dénoncer.

 

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Général Bienvenue Zokoué déclare : « La RCA ne dispose pas d’ateliers pour la fabrication des drogues sur son territoire. Ce que le ministre ne dit pas, ce sont les réseaux de Wagner qui prospèrent dans le pays

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« Nous ne disposons pas d’ateliers pour la fabrication de ces différentes qualités de drogue ». Face aux caméras de RT en français, le général Bienvenue Zokoué, ministre centrafricain de la Sécurité publique, affirme que les drogues saisies en République centrafricaine ne sont pas fabriquées dans le pays. Une déclaration qui contraste avec plusieurs enquêtes consacrées aux circuits russes de production, de transformation et de distribution de produits illicites.

 

Le ministre répondait à une question sur l’origine de la drogue consommée en Centrafrique. Sa réponse est catégorique : le pays ne disposerait pas de structures permettant de fabriquer ces produits.

Général Bienvenue Zokoué déclare : « La RCA ne dispose pas d’ateliers pour la fabrication des drogues sur son territoire. Ce que le ministre ne dit pas, ce sont les réseaux de Wagner qui prospèrent dans le pays
Le général de la police Bienvenu Zokoué, ministre de la sécurité publique

 

À lire aussi : Ça y est! Sa mort est confirmée. Le transporteur Bilal a été froidement exécuté 24 heures après son enlèvement par les mercenaires Russes à Ndélé

 

Pourtant, cette affirmation ne règle pas la question centrale : quels sont les réseaux qui produisent, transforment, stockent et distribuent certains produits illicites directement en Centrafrique ?

À lire aussi : Martin Ziguélé : « Ce que la Centrafrique tire du secteur de l’or est un vrai scandale »

 

Ce que les enquêtes ont déjà établi

 

Depuis plusieurs années, des enquêtes de médias internationaux, dont la chaîne allemande DW, ainsi que des investigations de CNC, ont documenté l’existence de circuits liés à l’importation et à la distribution massive de Tramadol en Centrafrique.

 

Ces informations mettent notamment en cause des réseaux associés aux mercenaires russes présents dans le pays. Le Tramadol est acheminé vers la Centrafrique via la RDC avant d’être redistribué dans plusieurs villes et localités.

 

Le ministre n’en fait pourtant aucune mention lorsqu’il évoque le trafic de drogue en Centrafrique.

 

Le cas Wanawa

 

Il existe aussi un autre phénomène qui ne relève pas simplement de l’importation de comprimés depuis l’étranger : la production et la commercialisation d’alcool fortement dosé sous forme de sachets.

 

Le produit connu sous le nom de Wanawa est vendu à bas prix dans plusieurs secteurs du pays. Des sachets contenant des alcools fortement dosés circulent auprès d’une population largement jeune.

 

Le problème est d’autant plus sensible que les autorités centrafricaines ont, à plusieurs reprises, pris des mesures contre les boissons et alcools considérés comme dangereux ou frelatés.

 

Si l’État interdit ces produits, une question se pose alors : comment des quantités importantes peuvent-elles être produites et commercialisées ouvertement par Wagner sans que les services chargés de la sécurité intérieure ne sachent qui les fabrique, où ils sont fabriqués et par quels réseaux ils sont distribués ?

 

C’est précisément sur ce terrain que la déclaration du général Zokoué devient difficile à comprendre.

 

Une réalité que les opérations de police ne peuvent ignorer

 

Dans plusieurs quartiers de Bangui, la consommation et la vente de cannabis et d’autres substances sont connues des habitants. Les opérations de police permettent régulièrement de procéder à des saisies et à des interpellations.

 

Ces opérations montrent au minimum qu’une partie de la drogue est produit ici dans le pays, et le marché de la drogue fonctionne tout aussi bien à l’intérieur du territoire centrafricain.

 

Le problème ne se limite donc pas à l’entrée des produits par les frontières. Une fois les substances introduites dans le pays, elles sont stockées, transportées, revendues et consommées à l’intérieur du territoire.

 

Des points de vente sont connus dans certains quartiers de Bangui. Des réseaux locaux assurent la distribution. Des consommateurs sont régulièrement interpellés.

 

Dans ces conditions, affirmer que la Centrafrique ne dispose pas d’« officines » ne suffit pas à décrire la réalité du trafic.

 

Ce que le ministre ne dit pas

 

La question n’est pas de savoir si Bangui possède une grande usine clandestine capable de produire industriellement du Tramadol. La question est beaucoup plus large.

 

Elle porte sur les lieux où les produits sont transformés, conditionnés ou préparés, sur les réseaux qui les stockent et sur ceux qui assurent leur distribution.

 

Elle porte aussi sur les acteurs qui produisent localement certains produits interdits ou fortement réglementés.

 

Or, dans son interview, le général Zokoué ne fournit aucun chiffre sur ces réseaux centrafricains. Il ne donne aucun bilan sur les lieux de production découverts par les services de police. Il ne détaille pas non plus les filières démantelées à Bangui ou dans les villes de province. Mais plus grave, il ne parle même pas sur les réseaux du groupe Wagner qui produit et distribue le tramadol et alcool frelaté.

 

Le ministre explique que ses services ont saisi d’importantes quantités de Tramadol, de Diazépam et de cannabis. Mais il ne précise pas combien de réseaux de distribution ont été démantelés ni combien de personnes ont été poursuivies pour avoir organisé ces circuits.

 

Une méconnaissance difficile à expliquer

 

Le général Bienvenue Zokoué est à la tête du département chargé de la sécurité publique. Ses services disposent de structures spécialisées dans la lutte contre les stupéfiants.

 

Son ministère est donc précisément l’institution qui devrait être en mesure d’identifier les circuits locaux de production et de distribution.

 

Dès lors, sa déclaration soulève une interrogation directe : si les réseaux locaux existent et opèrent dans plusieurs quartiers et villes du pays, pourquoi le ministre affirme-t-il que la Centrafrique ne dispose pas d’« officines » de fabrication de drogues sans expliquer ce qui se passe sur le terrain ?

 

La réponse donnée à RT renvoie presque entièrement le problème vers l’extérieur. Elle évoque les frontières, les importations et les pays voisins.

 

Elle laisse en revanche dans l’ombre une autre partie du phénomène : la chaîne locale qui permet à ces produits de parvenir jusqu’aux consommateurs centrafricains.

 

C’est cette partie du trafic que le ministre de la Sécurité publique ne détaille pas dans son interview, alors que les enquêtes et les opérations menées sur le terrain montrent que le marché de la drogue ne s’arrête pas aux frontières centrafricaines.

 

Par Gisèle MOLOMA

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L’alliance toxique de Wagner : la résurgence des figures de l’UPC et des 3R au cœur du dispositif sécuritaire russe en Centrafrique

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L’appareil d’État centrafricain et la diplomatie russe viennent d’accélérer une manœuvre particulièrement scandaleuse sur le territoire national. Pour consolider sa présence et contrecarrer les projets d’absorption du ministère russe de la Défense, le groupe Wagner s’appuie désormais ouvertement sur des criminels de guerre accusés des pires horreurs contre les populations civiles. Cette alliance toxique met au jour le cynisme absolu de la politique sécuritaire menée à Bangui par le président Faustin-Archange Touadéra et la diplomatie de Poutine.

 

La mise en scène organisée devant la Maison russe à Bangui lors des célébrations de la mort d’Evgueni Prigozhin illustre cette réintégration des milices criminelles. Le coordinateur du groupe Wagner, Dmitri Sytyi, y a réuni des représentants majeurs de mouvements politico-militaires officiellement démobilisés, mais de nouveau très actifs sur le terrain aux côtés des mercenaires russes. On y retrouve notamment les commandants des factions rebelles de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC) et du mouvement des 3R (Retour, Réclamation et Réhabilitation), associés aux opérations militaires dans l’arrière-pays.

 

L'alliance toxique de Wagner : la résurgence des figures de l'UPC et des 3R au cœur du dispositif sécuritaire russe en Centrafrique

 

Au cœur de ce dispositif sulfureux figure le ministre de l’Urbanisme, Hassan Bouba, seul officiel centrafricain convié à ce rassemblement par le groupe Wagner. Originaire du Tchad, Hassan Bouba est arrivé en Centrafrique dans le sillage de la rébellion sanglante de l’UPC aux côtés de son chef Ali Darassa. Poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI) et arrêté par la Cour pénale spéciale (CPS) de Bangui pour des crimes contre l’humanité et des massacres d’une violence inouïe, il a été directement extrait de prison et libéré par la force par les mercenaires de Wagner pour être installé au gouvernement.

 

En s’entourant ainsi de criminels recherchés par la justice internationale, le président Touadéra et les hommes de Dmitri Sytyi scellent un pacte odieux pour verrouiller le pouvoir et sécuriser les gisements miniers du pays. La tolérance affichée par les émissaires de Poutine face au recyclage de ces chefs de guerre confirme que le pouvoir central russe et le régime de Bangui sacrifient délibérément la justice et la mémoire des victimes centrafricaines sur l’autel de leurs intérêts financiers et géopolitiques.

À lire aussi : CNCA-PDD : Ferdinand Mbokoto Madji interpelle Faustin-Archange Touadéra sur la gouvernance et l’avenir de la RCA

 

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À lire aussi : Affaire Dologuélé : Crépin Mboli-Goumba contre-attaque, le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana rappelé au droit par la décision du Conseil constitutionnel

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Au Vatican, j’ai vu Touadéra et sa délégation dans les ténèbres : le révérant Pasteur Nicolas Talingano raconte ce qu’il dit avoir vu après la visite de Touadéra à Vatican

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Le pasteur Nicolas Talingano affirme avoir eu une vision particulièrement sombre après la visite du président Faustin-Archange Touadéra au Vatican, le 1er octobre.

 

Dans une déclaration consacrée à cette visite, le pasteur dit avoir vu deux réalités totalement opposées. D’un côté, il décrit le pape entouré de lumière, de gloire et de magnificence. De l’autre, il affirme avoir vu Touadéra et les membres de sa délégation plongés dans les ténèbres.

Au Vatican, j’ai vu Touadéra et sa délégation dans les ténèbres  : le révérant Pasteur Nicolas Talingano raconte ce qu’il dit avoir vu après la visite de Touadéra à Vatican
Touadera avec le Pape au Vatican. Photo la Renaissance

 

« J’ai eu deux visions contradictoires, extrêmement contradictoires », affirme Nicolas Talingano.

 

Selon son récit, le pape apparaissait dans un environnement marqué par « la splendeur », « la lumière » et « la gloire ». Le pasteur associe cette image à ce qu’il présente comme l’état spirituel du souverain pontife.

À lire aussi : Bossangoa : Kossi Christian, un jeune commerçant, tué et décapité avant d’être incendié par les Wagner

 

« Le pape, là où il se trouvait, c’était de la splendeur, c’était de la lumière, c’était de la gloire », déclare-t-il.

À lire aussi : Flash info : chaos en cours dans le village Bar, près de Zemio, les mercenaires russes sèment la terreur

 

Nicolas Talingano affirme avoir observé une image totalement différente du côté du président centrafricain et de son entourage. Il insiste sur le fait qu’il ne s’agissait pas simplement d’une absence de lumière.

 

« Contrairement à là où se trouvait mon frère Touadéra et sa clique, ses acolytes, ils étaient totalement dans les ténèbres », affirme-t-il.

 

Le pasteur répète à plusieurs reprises cette description. Il explique avoir vu derrière le chef de l’État et les membres de sa délégation des figures qu’il identifie comme des démons liés à la cruauté, à la haine et à la méchanceté.

 

« Derrière eux, tous ceux qu’ils ont tués, il y en a avec des démons qui marchaient derrière toute l’équipe noire du Vatican », affirme-t-il.

Le pasteur Nicolas Talingano détaille cette vision spirituelle concernant le chef de l’État Faustin-Archange Touadéra et sa délégation lors de leur passage au Vatican.

 

Cette vision conduit également Nicolas Talingano à adresser directement un message à Faustin-Archange Touadéra. Il l’exhorte à mettre fin, selon ses propres termes, aux violences et à l’effusion de sang.

 

Le pasteur affirme aussi que le pape aurait, selon sa vision, appelé le président centrafricain à mettre un terme aux assassinats. Il présente cette interprétation comme le sens spirituel qu’il attribue à la rencontre entre les deux hommes.

 

« Je pense que le pape t’a tiré de son être pour arrêter, arrêter avec l’assassinat », déclare-t-il.

 

Nicolas Talingano rappelle ensuite la mission spirituelle qu’il attribue au pape. Il estime que celui-ci doit défendre la vie, la paix et le droit des hommes, quelles que soient leur origine, leur couleur ou leur race.

 

Dans son récit, la rencontre au Vatican devient ainsi le point de départ d’un avertissement adressé directement au président centrafricain. Le pasteur affirme que les honneurs liés à la fonction présidentielle sont temporaires et que chacun devra répondre de ses actes.

 

Il présente sa vision comme un message reçu du Saint-Esprit et destiné à être transmis aux Centrafricains. « Voilà la vision que Dieu m’a donnée et que je vous la restitue », répète-t-il à plusieurs reprises à la fin de son intervention. Actions disponibles

 

Centrafrique : Touadéra face au mur de la dette et à la défiance des investisseurs

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L’exécutif centrafricain fait face à une forte pression financière, entre difficultés de mobilisation des ressources, engagements publics élevés et méfiance croissante des investisseurs régionaux.

 

Les 27 milliards FCFA recherchés sous forte pression

 

L’opération visant à mobiliser 27 milliards de francs CFA intervient dans un contexte financier particulièrement tendu pour le pouvoir de Faustin-Archange Touadéra.

 

Centrafrique : Touadéra face au mur de la dette et à la défiance des investisseurs
Fidele Gouandjika avec deux mercenaires russes du groupe Wagner baptisé Africa Corps dans son quartier Boye-Rabe à Bangui

 

Le Trésor cherche des ressources sur le marché régional alors que les besoins financiers de l’État continuent de s’accumuler.

À lire aussi : Centrafrique : un accident de la route fait un mort et plusieurs blessés à Lady, près de Batangafo

 

L’opération du mois d’août dernier constitue un précédent difficile à ignorer.

À lire aussi : Centrafrique : Chancel Sekode-Ndeugbayi, Président du PCS dénonce « le chaos économique et social » du régime Touadéra

 

L’échec de cette opération a montré les difficultés rencontrées par Bangui pour attirer suffisamment de souscripteurs régionaux.

 

Pour un État qui dépend de plus en plus du marché financier régional, cette difficulté constitue un signal préoccupant.

 

Le gouvernement doit désormais convaincre les investisseurs de continuer à placer leurs capitaux dans les titres publics centrafricains.

 

Cette confiance est déterminante pour la capacité du Trésor à financer ses engagements.

 

Le marché impose désormais ses conditions à Bangui

 

Le marché régional des titres publics ne fonctionne pas selon les seules priorités du gouvernement.

 

Les investisseurs évaluent les risques avant de placer leur argent.

 

Ils examinent notamment la capacité de remboursement de l’État, ses recettes, son niveau d’endettement et ses perspectives financières.

 

Lorsque la confiance diminue, la mobilisation des ressources devient plus difficile.

 

L’État peut alors être contraint d’offrir des conditions financières plus attractives pour convaincre les investisseurs.

 

Le coût de l’endettement peut ainsi augmenter.

 

Pour Bangui, chaque nouvelle opération financière devient donc un exercice délicat : obtenir suffisamment de ressources sans alourdir davantage le poids de la dette.

 

La rémunération des agents publics entre dans l’équation

 

La pression financière touche directement le fonctionnement de l’État.

 

La rémunération des agents publics constitue l’une des dépenses auxquelles le gouvernement ne peut durablement échapper.

 

Tout retard ou toute difficulté de paiement peut rapidement provoquer des tensions dans l’administration.

 

La question salariale devient ainsi un indicateur de la santé réelle de la trésorerie publique.

 

Lorsque l’État peine à mobiliser les ressources nécessaires, sa capacité à garantir régulièrement le paiement des salaires est directement affectée.

 

Cette situation fragilise également l’autorité de l’exécutif.

 

Un gouvernement peut annoncer des programmes et des réformes. Il doit avant tout être capable d’assurer les dépenses fondamentales de l’administration.

 

Une masse salariale qui réduit les marges budgétaires

 

L’alourdissement de la masse salariale constitue l’un des principaux points de tension de cette équation.

 

Plus les rémunérations absorbent une grande partie des ressources disponibles, moins il reste d’argent pour les investissements publics.

 

L’État doit pourtant financer les infrastructures, les services sociaux et le fonctionnement quotidien de ses administrations.

 

Lorsque les recettes n’augmentent pas au même rythme que les dépenses, le déficit se creuse.

 

Le gouvernement doit alors rechercher d’autres ressources.

 

L’endettement devient une solution immédiate.

 

Mais chaque nouvel emprunt crée de nouvelles obligations financières.

 

Le problème budgétaire se transforme ainsi en problème d’endettement.

 

L’absence de réformes pèse sur les finances publiques

 

Derrière la pression actuelle se trouve également une question plus profonde : celle des réformes structurelles.

 

La transformation de l’économie nécessite des mesures capables d’élargir durablement les recettes publiques.

 

Cela passe notamment par une amélioration de la mobilisation fiscale, une réduction des dysfonctionnements administratifs et un renforcement du secteur productif.

 

Sans ces changements, l’État reste dépendant de ressources exceptionnelles.

 

Les financements extérieurs peuvent diminuer.

 

Les investisseurs peuvent devenir plus prudents.

 

Les recettes fiscales peuvent rester insuffisantes.

 

Le gouvernement doit alors revenir régulièrement sur le marché pour trouver les ressources qui manquent au budget.

 

Une confiance difficile à reconstruire

 

La confiance des partenaires financiers ne se décrète pas.

 

Elle dépend de la capacité d’un État à respecter ses engagements et à présenter une trajectoire financière crédible.

 

Les difficultés rencontrées lors de l’opération d’août constituent donc un avertissement pour le pouvoir.

 

Si les investisseurs considèrent que les risques augmentent, ils peuvent réduire leur participation ou exiger une rémunération supérieure.

 

Dans les deux cas, le coût du financement de l’État augmente.

 

Bangui se retrouve alors dans une position de plus en plus inconfortable.

 

Le gouvernement a besoin du marché pour financer ses besoins, tandis que le marché exige davantage de garanties sur la solidité financière de l’État.

 

L’impasse financière devient aussi une impasse politique

 

La difficulté n’est plus seulement économique.

 

Elle touche directement la capacité de l’exécutif à maintenir ses engagements envers les agents publics et les différents acteurs de l’économie.

 

Un État qui peine à mobiliser des ressources dispose de moins de possibilités pour financer ses politiques publiques.

 

Les investissements peuvent être retardés.

 

Les paiements peuvent s’accumuler.

 

Les entreprises travaillant avec l’administration peuvent être confrontées à des difficultés de trésorerie.

 

Les services publics peuvent subir les conséquences du manque de moyens.

 

La pression financière finit ainsi par se diffuser dans toute l’économie.

 

Touadéra face aux conséquences de ses choix budgétaires

 

Après plusieurs années au pouvoir, la présidence de Faustin-Archange Touadéra se retrouve confrontée aux limites de son modèle de financement.

 

L’État doit continuer à payer ses dépenses courantes alors que ses marges financières se réduisent.

 

Il doit emprunter alors que le marché devient plus exigeant.

 

Il doit attirer les investisseurs alors que la confiance a été mise à rude épreuve.

 

Il doit financer le développement alors qu’une part importante des ressources est absorbée par les dépenses permanentes.

 

La difficulté actuelle ne peut donc pas être réduite à une simple opération de 27 milliards FCFA.

 

Elle renvoie à un problème beaucoup plus profond : celui d’un État qui cherche des ressources nouvelles sans avoir suffisamment transformé les mécanismes économiques capables de produire durablement ces ressources.

 

Tant que cette équation restera sans réponse, chaque nouvelle émission de dette continuera de repousser l’échéance sans régler le déséquilibre qui place les finances publiques centrafricaines sous pression.

 

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Pour Martin Ziguelé, plus de 67 % des Centrafricains à moins de 1000 franc CFA par jour pour se nourrir, donc la nouvelle hausse du prix du carburant c’est un choix de mort sociale

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Martin Ziguélé, ancien Premier ministre, ancien président de la commission Finances de l’Assemblée nationale, ancien député, leader de l’opposition et porte-parole du BRDC, oppose la vérité des chiffres à la mécanique d’un pouvoir qui veut faire payer au peuple ses propres échecs.

 

Il y a des décisions qui se discutent dans les couloirs de la République et qui, une fois descendues dans la rue, deviennent des couteaux posés sur la gorge des plus fragiles. La nouvelle hausse du prix du carburant envisagée par le gouvernement centrafricain appartient à cette catégorie. Officiellement, il s’agit d’un ajustement. Officieusement, c’est une sentence. Et Martin Ziguélé, ancien Premier ministre, ancien président de la commission Finances de l’Assemblée nationale, ancien député, leader de l’opposition et porte-parole du BRDC, refuse de laisser passer ce qu’il considère comme une injustice calculée.

 

Pour Martin Ziguelé, plus de 67 % des Centrafricains à moins de 1000 franc CFA par jour  pour se nourrir, donc la nouvelle hausse du prix du carburant c’est un choix de mort sociale
Monsieur Martin Ziguele, porte-parole du BRDC lors de la conférence de presse du vendredi 11 septembre 2026. Photo CNC

 

Son argument tient en une phrase, simple, brutale, impossible à contourner : « 67 % des Centrafricains vivent avec moins de 1000 francs CFA par jour. Le prix du pétrole lampant est déjà de 1000 francs CFA. Ça veut dire que 67 % des Centrafricains, s’ils décident d’acheter du pétrole pour mettre dans leur lampe pour s’éclairer ce jour-là, ils ne devraient pas manger. »

 

À lire aussi : CAN 2027 : après deux défaites, l’exaspération monte chez les supporters des Fauves

Voilà l’équation que le pouvoir refuse de regarder en face. D’un côté, une lampe. De l’autre, une assiette. Entre les deux, un peuple qui n’a plus de marge. La hausse du carburant ne fera pas qu’augmenter un chiffre à la pompe. Elle transformera chaque journée en arbitrage cruel : s’éclairer ou se nourrir, se déplacer ou se soigner, cuisiner ou scolariser. Dans un pays où l’essence est déjà, selon Martin Ziguélé, la plus chère d’Afrique, le gouvernement ne propose pas une solution. Il ajoute une couche de souffrance sur une population déjà à genoux.

 

À lire aussi : Vol organisé : comment le régime Touadéra fait disparaître 12 millions de dollars par an de la caisse de l’État

Un ancien Premier ministre qui parle en connaissance de cause

 

Martin Ziguélé ne parle pas comme un observateur lointain. Ancien chef du gouvernement, ancien président de la commission Finances de l’Assemblée nationale, ancien député, il connaît les colonnes du budget, les circuits de la dépense publique, les engagements pris devant les institutions internationales. Aujourd’hui leader de l’opposition et porte-parole du BRDC, il ne se contente pas de dénoncer. Il démontre. Il rappelle que des engagements nationaux et internationaux ont été pris pour auditer le secteur pétrolier, supprimer les contre-valeurs et baisser les prix. « Baissez le prix du carburant. Et qu’est-ce que le gouvernement trouve de mieux à nous dire qu’il veut augmenter le prix du carburant ? C’est totalement inacceptable et c’est inexplicable. »

 

Le mot est lâché : inexplicable. Parce que, pour Martin Ziguélé, la justification officielle ne tient pas debout. Le gouvernement explique qu’il veut augmenter les prix parce que le marché noir, devant les stations, pratique des tarifs élevés. Mais pour l’opposant, c’est prendre le problème à l’envers. « Le marché noir est créé justement par la pénurie. Donc je ne comprends pas franchement ce qui se passe. » Autrement dit, le pouvoir veut punir les Centrafricains pour une pénurie qu’il n’a pas su empêcher. Il veut faire payer au peuple le prix de sa propre incapacité.

 

200 FCFA par litre qui disparaissent dans l’opacité

 

Là où le discours officiel reste flou, Martin Ziguélé pose des chiffres. L’audit demandé par le FMI, dit-il, a identifié dans la structure des prix du pétrole des frais injustifiés d’environ 200 francs CFA par litre. Si ces frais étaient supprimés, le prix du carburant devrait être inférieur à 1000 francs CFA. « Le gouvernement, au lieu d’appliquer les résultats de cet audit, nous dit qu’il va faire une loi pour libéraliser le secteur. La loi a été votée. La loi a été même promulguée le 15 septembre. Mais ils n’ont pas pris le décret d’application pour permettre la liberté d’importation. »

 

C’est ici que la démonstration devient accablante. Une loi votée, promulguée, mais privée de son décret d’application : voilà comment un gouvernement peut donner l’illusion d’agir tout en bloquant la concurrence. Plus de sept marketeurs ont reçu un agrément, rappelle Martin Ziguélé. Il suffirait de les laisser faire des offres compétitives pour fixer un prix juste. « Est-ce que c’est compliqué ? » La question est lancée comme une gifle au visage de ceux qui préfèrent l’opacité au bien commun.

 

La réaction en chaîne d’une économie déjà fragile

 

La hausse du carburant ne restera pas enfermée dans les stations-service. Elle se répandra comme une lame de fond dans toute l’économie. Martin Ziguélé dresse la liste : les prix des transports vont augmenter, les motos-taxis vont augmenter, les taxis qui avaient presque disparu à cause des motos-taxis vont augmenter, les transports interurbains vont augmenter, le transport des marchandises va augmenter. Tous les artisans qui travaillent avec le carburant verront leurs coûts grimper. Les grosses entreprises qui consomment beaucoup de gazole et de fioul réduiront leur activité et mettront du personnel au chômage technique. « Donc ça va créer des situations inflationnistes ingérables. C’est la pire décision qu’on peut prendre dans ce contexte. »

 

Derrière ces mots, il y a des vies. Des ateliers qui ferment. Des motos qui restent au garage. Des familles qui réduisent leur repas. Des enfants qui quittent l’école. Des marchés qui se vident. Le gouvernement parle de recettes. Le peuple parle de survie. Et entre les deux, il y a un abîme que Martin Ziguélé refuse de laisser masquer par des communiqués.

 

Le FMI, la Banque mondiale et la vraie priorité

 

Interrogé sur les risques de durcissement des conditions des partenaires financiers, Martin Ziguélé répond avec une clarté dérangeante : « Ce n’est pas le FMI que je crains. Je pense à la souffrance des Centrafricains. Les Centrafricains ne voient plus circuler l’argent. Les Centrafricains n’arrivent plus à vivre, à acheter, à manger, à payer la scolarité de leurs enfants en ce temps de ration scolaire. »

 

Il rappelle que le FMI et la Banque mondiale ont recommandé à plusieurs reprises de baisser les prix à la pompe à un niveau raisonnable, conformément aux recettes budgétaires. Mais pour lui, la question n’est pas de savoir ce que disent Washington ou les institutions internationales. La question est de savoir si Bangui a encore un peu de respect pour son peuple. « Si vous avez du respect pour le peuple centrafricain, si vous avez pitié de la souffrance du peuple centrafricain, vous n’avez pas besoin que la Banque mondiale ou le FMI ou qui que ce soit vienne vous dire ce que vous devez faire. Le gouvernement sait exactement ce qu’il veut faire, mais ce qu’il ne veut pas, c’est le faire. »

 

La loi de 2007, la crise de 2023 et le refus d’appliquer les règles

 

Martin Ziguélé remonte plus loin. Il affirme que la crise de 2023 trouve son origine dans la violation, par le gouvernement centrafricain lui-même, de la loi de 2007 qui a instauré la liberté d’importation des produits pétroliers. Cette loi prévoit que 80 % des produits doivent venir par le fleuve et 20 % par la route. « Pourquoi on n’applique pas la loi ? Pourquoi on ne veut pas respecter le fonctionnement normal de la procédure qui a été initié par ce même gouvernement ? »

 

Face à la vie chère, la nouvelle politique menée par le gouvernement centrafricain sur le prix du carburant fragilise l’ensemble des activités économiques du pays.

C’est toute la contradiction d’un régime qui se présente comme modernisateur mais qui, dans les faits, verrouille les circuits, bloque la concurrence et laisse prospérer une opacité dont les Centrafricains paient le prix. « Lorsque vous avez une politique qui est opaque, les conséquences sont lourdes pour la population. »

 

Un appel à la pitié, pas à la pitié de salon

 

À la fin de l’entretien, Martin Ziguélé ne demande pas de faveur. Il lance un cri. « Je pense qu’il faut avoir pitié de ce peuple. » Cette phrase n’est pas une faiblesse. C’est un constat. Un peuple qui n’arrive plus à manger, à se déplacer, à scolariser ses enfants, à vivre dignement n’a pas besoin qu’on lui explique la macroéconomie. Il a besoin qu’on baisse les prix, qu’on applique les lois, qu’on libère la concurrence, qu’on cesse de fabriquer des pénuries pour justifier des hausses.

 

Le chemin choisi par le gouvernement, prévient Martin Ziguélé, est un chemin qui ne s’explique pas et qui cache une opacité. « Un jour viendra au cours du peuple centrafricain et saura. » Cette phrase résonne comme une promesse. Celle d’un peuple qui, un jour, demandera des comptes à ceux qui ont préféré le marché noir à la transparence, la hausse à la justice, la souffrance à la dignité.

 

En attendant, il reste une question, simple, lancée à ceux qui gouvernent : comment pouvez-vous demander au peuple de serrer la ceinture alors que vous refusez d’appliquer votre propre loi ? La réponse appartient au régime. La facture, elle, appartient déjà au peuple.

 

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Arlette Biali-Mamboui : « Le gouvernement et l’Assemblée nationale sont les mêmes personnes, une majorité monocolore de bénis oui-oui »

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Arlette Biali-Mamboui critique le fonctionnement des institutions centrafricaines et dénonce l’absence, selon elle, d’un véritable contre-pouvoir parlementaire. Pour la jeune femme politique, la proximité entre le gouvernement et la majorité au parlement centrafricain limite le contrôle exercé sur l’action de l’exécutif.

 

Invitée au débat politique Patara sur les antennes de la radio Ndékè-luka, Arlette Biali-Mamboui, ancienne candidate à la députation de Bimbo, estime que les rapports entre le gouvernement et l’Assemblée nationale ne permettent pas un débat politique suffisamment contradictoire. Elle décrit une majorité parlementaire largement acquise aux décisions de l’exécutif.

Arlette Biali-Mamboui : « Le gouvernement et l’Assemblée nationale sont les mêmes personnes, une majorité monocolore de bénis oui-oui »

 

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« Le gouvernement et l’Assemblée nationale sont les mêmes personnes, une majorité monocolore de bénis oui-oui », affirme Arlette Biali-Mamboui.

 

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Une majorité parlementaire jugée trop proche du pouvoir

 

Pour Arlette Biali-Mamboui, le rôle de l’Assemblée nationale ne devrait pas se limiter à approuver les textes présentés par le gouvernement. Les députés doivent aussi examiner les décisions de l’exécutif, demander des explications et exercer pleinement leurs prérogatives de contrôle.

 

Elle considère que la forte proximité politique entre les membres du gouvernement et la majorité parlementaire réduit la capacité de l’Assemblée nationale à jouer ce rôle.

 

Le contrôle de l’action gouvernementale

 

La jeune femme politique estime que les députés doivent pouvoir interpeller les membres du gouvernement sur les résultats de leurs politiques publiques. Les questions liées aux infrastructures, à la sécurité, aux finances publiques et aux conditions de vie de la population nécessitent, selon elle, des débats ouverts au Parlement.

 

Pour Arlette Biali-Mamboui, une majorité parlementaire ne doit pas renoncer à son rôle de contrôle au seul motif qu’elle soutient le pouvoir en place.

 

Une opposition parlementaire nécessaire

 

L’ancienne candidate à la députation de Bimbo défend également l’idée d’un débat parlementaire permettant aux différentes sensibilités politiques de présenter leurs positions. Selon elle, la présence d’une opposition active contribue au contrôle démocratique des décisions publiques.

 

Elle estime que le Parlement doit pouvoir examiner les projets du gouvernement avec indépendance, y compris lorsque ces décisions concernent directement les choix politiques du pouvoir en place.

 

À travers cette critique, Arlette Biali-Mamboui remet donc en cause l’équilibre actuel entre l’exécutif et le Parlement et plaide pour une Assemblée nationale exerçant pleinement ses fonctions de contrôle et de débat.

 

Par Anselme Mbata

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