Christian et Euseb Dondra transférés à la prison de Ngaragba
Centrafrique.org/centrafrique-approbation-de-la-declaration-de-politique-generale-du-gouvernement/le-premier-ministre-henri-marie-dondra-a-la-tribune-de-lassemblee-nationale-pour-presenter-le-programme-politique-generale-de-son-gouvernement/” rel=”attachment wp-att-49384″ data-wpel-link=”internal”>Le premier ministre Henri-Marie Dondra à la tribune de l’Assemblée nationale
Christian et Euseb Dondra, frères de l’ex-Premier ministre Henri-Marie Dondra, ont été transférés à la prison de Ngaragba après leur arrestation controversée à Bangui.
Dans la nuit du 19 au 20 mars 2025, Christian Dondra et Euseb Dondra, frères cadets de l’ancien Premier ministre Henri-Marie Dondra, ont été arrêtés à leurs domiciles. L’opération, menée vers 1 heure du matin par des agents de l’Office Central pour la Répression du Banditisme (OCRB) et des Mercenaires russes du groupe Wagner, s’est déroulée sans mandat. Les deux hommes, emmenés vers une destination inconnue, ont récemment été transférés à la maison centrale de Ngaragba, connue pour ses conditions de détention difficiles. Ils sont accusés d’avoir comploté pour assassiner le président Faustin-Archange Touadéra et son conseiller spirituel Sani Yalo, président du Bureau d’Affrêtement Routier Centrafricain (BARC).
L’accusation repose sur un enregistrement audio de 3 minutes et 14 secondes, publié par Sani Yalo sur les réseaux sociaux. Dans cet enregistrement, une femme nommée Laëtitia Murielle Kokomika, présentée comme une espionne recrutée par le régime, affirme avoir été approchée par les frères Dondra pour livrer des bouteilles de whisky Chivas Regal empoisonnées à Sani Yalo, qui les aurait ensuite transmises à Touadéra. Elle parle de manière hâtive, évoquant des détails comme offrir un cigare à Yalo pour gagner sa confiance. Henri-Marie Dondra, mentionné dans l’audio, reste prudent, loin du portrait d’un conspirateur. Pour beaucoup, cet enregistrement sonne comme un scénario mal ficelé, destiné à salir la réputation de la famille Dondra.
Laëtitia Murielle Kokomika, arrivée de France et installée à l’hôtel « Les 4 saisons » à Bangui, est au cœur de cette affaire. Décrite par des sources comme une personne au passé trouble, elle aurait été choisie par le régime pour tendre un piège. Son nom, diffusé sans retenue par Sani Yalo, a été utilisé pour alimenter une campagne de dénigrement contre Henri-Marie Dondra, perçu comme une menace politique. Ancien Premier ministre, il gagne en popularité à l’approche des élections de 2025-2026, ce qui semble inquiéter le pouvoir en place. « C’est un coup monté pour intimider mon fils, qui est aimé dans tout le pays », déclare leur père, Henri Dondra, qui dénonce une vengeance politique.
L’arrestation des frères Dondra s’inscrit dans un climat de répression à Bangui. Les mercenaires russes, omniprésents aux côtés de l’OCRB, participent à des opérations qui sèment la peur parmi les habitants. « On vit dans un climat où personne ne se sent en sécurité », confie un résident du 7e arrondissement. Les deux frères, qui n’ont aucun lien direct avec les activités politiques de leur aîné, sont détenus sans preuves solides. Leur père insiste : « Ce sont des citoyens ordinaires, ils ne font pas de politique. »
La famille Dondra a lancé un appel sur les réseaux sociaux, demandant la libération immédiate de Christian et Euseb : « Mes frères ont été kidnappés par l’OCRB et les Wagner. Partagez ce message ! » Cet événement intervient alors que l’opposition prépare une marche le 4 avril pour protester contre les coupures d’électricité, le manque d’eau et la gestion du pays. Pour beaucoup, cette affaire est une tentative du régime de faire taire toute voix discordante….
Le véhicule du ministre de la Communication Balalou Maxime, volé, s’évapore dans la nature
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/07/Le-ministre-Maxime-Balalou-450×191.jpg” alt=”Le ministre Maxime Balalou Le-ministre-Maxime-Balalou La déclaration sarcastique du gouvernement face aux accusations de crimes en RCA"” width=”450″ height=”191″ />Le-ministre-Maxime-Balalou – La déclaration sarcastique du gouvernement face aux accusations de crimes en RCA”
Bangui, CNC. Le ministre de la Communication, Balalou Maxime, se retrouve au centre d’activités commerciales douteuses. Son véhicule personnel, confié à une société de location fictive, a disparu dans des circonstances troubles après avoir été transporté frauduleusement au Cameroun.
Balalou Maxime, un ministre aux pratiques douteuses
Dans une manœuvre déconcertante, le ministre Balalou Maxime a choisi de placer son véhicule privé en location auprès de “Global Group Contractor”, pendant qu’il détourne les véhicules de service pour son usage personnel.
« Cette gestion particulière révèle un abus manifeste des biens publics » , indique une source interne au ministère.
Le véhicule de Balalou Maxime introuvable
Contrairement aux sept véhicules de luxe récupérés par la gendarmerie camerounaise en août 2024, celui du ministre reste introuvable. « Les recherches se poursuivent sur le territoire camerounais, mais le véhicule pourrait déjà avoir franchi d’autres frontières » , précise une source au sein des forces de l’ordre camerounaises.
Détournement systématique des biens publics par Balalou Maxime
Notre investigation révèle un système organisé de détournement. Le ministre Balalou Maxime utilise trois véhicules donnés gracieusement par la Minusca destinés aux activités officielles du ministère de la communication : un premier sert à ses courses domestiques et au transport de bois de chauffe pour ses épouses, tandis que deux autres stationnent à son cabinet pour ses déplacements personnels.
« Le ministre préfère risquer son véhicule privé dans des locations douteuses plutôt que de l’utiliser, pendant qu’il accapare les véhicules de l’État pour ses besoins personnels » , dénonce un agent du ministère sous couvert d’anonymat.
Un passé trouble du ministre Balalou Maxime
En 2020, alors ministre chargé du secrétariat du gouvernement, des soupçons de détournement de 400 millions de francs CFA destinés aux festivités du 1er mai pesaient déjà sur lui.
Le ministre, sollicité à plusieurs reprises, n’a pas répondu à nos questions sur cette gestion controversée des véhicules publics et privés, qui témoigne d’une moralité défaillante au sommet de l’État centrafricain.
Birao : La population dénonce le rôle du ministre Arnaud Djoubaye Abazène dans les exactions de Wagner
Centrafrique.org/la-celebration-de-la-journee-internationale-des-droits-de-lhomme-en-rca/le-ministre-detat-en-charge-de-la-justice-arnaud-djoubaye-abazene-copyright-cnc/” rel=”attachment wp-att-51969″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/11/Le-ministre-dEtat-en-charge-de-la-justice-Arnaud-Djoubaye-Abazene-copyright-CNC-450×338.jpg” alt=”Le ministre d’État en charge de la justice Arnaud Djoubaye Abazene copyright CNC” width=”450″ height=”338″ />Le ministre d’État en charge de la justice Arnaud Djoubaye Abazene. copyright CNC
Bangui, 20 mai 2024 (CNC) –À Birao, particulièrement dans les villages Roukoutou et Matala , où la terreur règne après les exactions commises par les mercenaires de Wagner la semaine dernière . Les habitants pointent du doigt le ministre de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, qu’ils accusent d’être à l’origine de ces violences. Selon eux, c’est lui qui aurait signalé la présence d’armes et des minutions de guerre dans leurs localités respectives, incitant les mercenaires du groupe Wagner à mener des raids destructeurs.
Selon des témoignages recueillis auprès de la population locale, il ne fait aucun doute, le ministre Arnaud Djoubaye Abazène serait derrière la souffrance d’une partie de la population de la Vakaga. Il est responsable de leurs malheur actuelles.
Notons que Arnaud Djoubaye Abazène est originaire de ladite préfecture, bien que de l’ouest, vers Gordil, tandis que la ville attaquée se trouve à l’est, en allant vers la frontière avec le Soudan.
La population affirme que le ministre, ayant des liens avec ses neveux rebelles et a un passé criminel, aurait signalé la présence d’armes à l’intérieur de certaines maisons dans ces localités, notamment cachées par des jeunes, incitant ainsi les mercenaires du groupe Wagner à mener des fouilles violentes. Les habitants de Birao sont convaincus que Arnaud Djoubaye Abazène a financé plusieurs activités criminelles dans la région, y compris la violence à Birao, Bria et Ndélé en 2020. Les accusations suggèrent qu’il a soutenu financièrement et armé des groupes responsables des massacres et des déplacements massifs de population en avril 2020.
Les antécédents du ministre alimentent ces suspicions. Ces nouvelles accusations viennent s’ajouter à la liste des griefs contre le ministre. Les habitants dénoncent son rôle présumé dans l’orchestration des exactions commises par les mercenaires de Wagner, et soulignent que ses actions sont motivées par des intérêts personnels et politiques, au détriment de la sécurité et du bien-être de la population.
La situation à Birao est symptomatique des tensions et des luttes de pouvoir qui déstabilisent le pays, avec des conséquences tragiques pour les populations. Les appels à l’aide et au gouvernement pour intervenir sont restés sans réponse, laissant les habitants livrés à eux-mêmes dans une terreur continue. La violence semble inépuisable, et les habitants, tentant désespérément de fuir les violences, se réfugient dans la brousse ou à Birao centre, abandonnant des villages désertés et des vies brisées.
En rappel, notre précédent article publié le vendredi dernier sur CNC décrivait les exactions récentes des mercenaires de Wagner à Birao, où la terreur et la violence ont été utilisées pour soumettre la population. Aujourd’hui, les nouvelles accusations contre le ministre Arnaud Djoubaye Abazène ajoutent une dimension politique à cette crise, révélant l’étendue des défis auxquels font face les habitants de la Vakaga. Le peuple attend une réponse claire du gouvernement et une prise de responsabilité pour mettre fin à cette spirale de violence et de corruption.
Khartoum (CNC) – Après d’âpres négociations entre le gouvernement et les quatorze groupes armés en Centrafrique, voilà un accord dit de paix et de réconciliation nationale a été conclu, dans l’après-midi de samedi 2 février dernier.
C’était une fierté pour les délégations centrafricaines venues à ces pourparlers, mais aussi une fierté pour les facilitateurs de l’Union africaine et des Nations unies, ainsi que pour les autorités soudanaises qui ont accepté d’accueillir ces assises sur leur terre.
C’est ainsi qu’à la demande du gouvernement soudanais, la cérémonie de par Mohamed Ahmed, ministre soudanais des affaires étrangères à l’honneur des délégations centrafricaines à ce dialogue de Khartoum.
Évidemment, il y a l’objet de fierté vue que les participants ont pu se mettre d’accord sur ”les questions essentielles que les groupes armés ont posées au Chef de l’État’, comme l’a souligné Firmin Ngrebada, Directeur de cabinet du Président de la République. Il faudra bien pour Touadera de venir savourer personnellement ce succès. A en croire certaines indicretions surplace à Khartoum, il y aura, ce dimanche, une modeste cérémonie de paraphe du projet de l’accord qui sera signé prochainement à Bangui. Cette cérémonie devrait avoir lieu en présence de Touadéra et certains présidents dont Omar El Béchir, car le grand du travail, à en croire le Adolph Nahayo, Ambassadeur de la CEEAC en Centrafrique, ”c’est la phase de mise en oeuvre de cet accord qui requiert l’implication de tous y compris la communauté internationale, les partenaires et amis de la République centrafricaine”.
Aux dernières nouvelles, Touadéra aurait déjà quitté Bangui pour Khartoum.
Incroyable mais vrai ! Les relations, déjà très exécrables depuis septembre 2016, entre le président Faustin Archange Touadera et le Très Honorable Abdoul Karim Meckassoua sont sur le point d’atteindre son apogée, voire fissurées complètement. Les tensions de ces derniers mois, renforcées par les violents affrontements verbaux d’avant hier au stade Omnisport entre le ministre de la Défense nationale Joseph Yakété et l’honorable député de Paoua 2et deuxième vice-président de l’Assemblée nationale Timeléon Mbaïkoua ne laisse aucun doute que la rupture tant annoncée par les médias entre le President Touadéra et son ex-allié KarimMeckassoua est arrivée.
Si jusque-là, le président de la République Faustin Archange Touadéra et son ami président de l’Assemblée nationale Abdoul Karim MECKASSOUA cogèrent, à leurs manières, leurs relations conflictuelles et dégradantes, le cuisant échec infligé aux honorables de « Cœur uni » et à leurs parrains politiques, a, visiblement, permis aux deux camps de doter leurs éléments de grenades à main incapacitantes et a fourni les occasions d”embrasement de l’ensemble de l’Exécutif et de Législatif. Pour un rein, le plus audacieux lâche sa goupille. Désormais, l’ensemble du gouvernement, députés « Cœur uni » ; la garde présidentielle et quelques conseillers à la présidence semblent tous, s’aligner sans condition, derrière le président Touadéra contre tous les membres du Bureau de l’Assemblée nationale dirigé par le Très Honorable Abdoul Karim Meckassoua. Ce jeu dangereux qui ne fait pas sourire les Centrafricains remet dangereusement le pays sur la voie de chaos et de la guerre civile. Que s’est-il passé exactement ? Décryptage.
Les faits déclencheurs.
Des Conventions minières injustes aux bâillons instaurés par le Très Honorable Meckassoua, neutralisant ainsi le ministre Dondra de s’exprimer devant les députés lors du passage de la DG de FMI à l’Assemblée nationale ont semis les germes desdits conflits.
D’après nos analyses et les informations recoupées, deux faits de moindre importance étaient à l’origine de cette mésentente au sommet de l’État. Le premier, concerne les projets des Conventions d’exploitations des ressources minières soumis au Bureau de l’Assemblée nationale pour l’approbation de son président Abdoul Karim MECKASSOUA et le second, concerne l’opposition faite, à juste titre, au ministre Dondra de prendre la parole devant les députés lors du passage de la Directrice générale du fond monétaire international ((FMI) à l’Assemblée nationale.
Dans le premier cas et, d’après nos informations, le président Abdoul Karim Meckassoua, n’avait pas du tout apprécié l’interprétation faite par le président Touadera et ses conseillers de l’article 60-2 de la Constitution, lui donnant, à lui seul, la responsabilité totale d’approuver ou non, des Conventions financières ou Contrats miniers et ce, en lieu et place de l’Assemblée nationale qui compose tous les députés. Et le camp Touadéra, c’est incompréhensible et inadmissible le temps que prend, de façon dilatoire, Abdoul Karim Meckassoua pour approuver les 4 Conventions en souffrance sur son bureau.
Dans le second cas, c’est le refus catégorique et justifié du Très Honorable Abdoul Karim Meckassoua au ministre Dondra de prendre la parole après l’intervention de la Directrice générale du Fonds monétaire international ((FMI) à l’Assemblée nationale. Ce refus, considéré comme une muselière par un ancien ministre, est très mal pris par le ministre Dondra. Il l’a fait savoir plusieurs reprises devant les Conseils des ministres et au finish, il a instauré un bouchon allumeur entre les deux Institutions.
D’après nos informations, le Bureau de l’Assemblée s’apprête à juger « vampiriques » pour le peuple centrafricain, 3 des 4 Conventions minières déjà signées par le président Touadéra. « Toutes les 4 Conventions ne donneront pas des emplois aux Centrafricains comme le pense à tort le ministre conseiller spécial du président Touadéra Fidel NGOUADJIKA ». Affirme un député proche de Meckassoua qui a pu jeter un œil sur ces Conventions.
Tous conflits latents ne peuvent que s’acheminer vers des escalades verbales, physiques ou matérialisées sous d’autres formes punitives. Tels sont les différents cas que subit depuis décembre 2016 l’Institution du Très Honorable Meckassoua. De sevrage financier aux escalades verbales ou physiques.
Sevrage financier de l’Assemblée nationale
En muselant, par un bâillon, le ministre des Finances à prendre la parole lors de passage de madame la Directrice générale de FMI à Bangui, le Très Honorable Abdoul Karim MECKASSOUA avait oublié qu’il a lui-même « semé en paquet » les difficultés que son Institution récoltera en termes d’argent. Pour preuve, depuis janvier 2017, tous les appels de fonds venus de l’Assemblée nationale ne trouvent pas d’interlocuteur au ministère de Dondra.
« S’il a empêché notre ministre de parler, nous l’empêcherons de marcher. Bâillon dans la bouche contre bâton dans les roues », renchérit un cadre du ministère des Finances.
Joignant l’acte à la parole, les indemnités des deux dernières sessions extraordinaires ainsi que celles de la session ordinaire actuelle ne sont pas payées. À défaut d’argent en sus, les fournitures des bureaux manquent dans l’Administration parlementaire. Les toilettes tout comme l’ensemble des fonctionnaires parlementaires subissent les dégâts collatéraux de ces conflits « MECKASSO-TOUADERa ». Les membres du bureau, eux, s’attendent à s’affronter jour et nuit aux forces de l’ordre et aux membres du gouvernement.
Affrontements verbaux, arrestations et détentions illégales comme moyens de pressions du gouvernement.
Si à l’Assemblée nationale, ils tentent de minimiser la portée de cette mésentente, à la Présidence de la République, ils veulent à tout prix finir avec le président de l’Assemblée nationale Abdoul Karim MECKASSOUA et tous ceux qui tentent de le soutenir. Pour y arriver, une campagne de diabolisation généralisée a été pensée et mise en œuvre pour discréditer l’ensemble des députés proches de l’honorable MECKASSOUA et lui-même. Ce qui a poussé non seulement les éléments de la garde présidentielle à arrêter, fouiller et ramener manu militari à la SRI le député de Bambio et 2e membre du bureau de l’Assemblée nationale Aristide GOUNDISSA. Il a fallu l’intervention du 1er Vice président de son Institution Aurélien Simplice Nzigas pour qu’Aristide GOUNDISSA et son aide de camp recouvrent la liberté après deux heures de détention.
Certains membres du gouvernement aussi prennent fait et cause de leur patron Faustin Archange Touadéra si d’aventure ils trouvent sur leur chemin un député membre du bureau parlementaire. C’est ce qui est arrivé à l’honorable Timoléon MBAÏKOUA député de Paoua 2 et 2e Vice-Président de l’Assemblée nationale au stade omnisport lors de tournoi éliminatoire d’afrobasket 2017 entre la Centrafrique et le Congo Brazzaville.
D’après l’un de nos correspondants témoin de l’évènement de ce jour, c’est le ministre de la Défense Joseph Yakété qui a ouvert le bal des escalades verbales entre lui et Timoléon MBAÏKOUA lorsque ce dernier a fait appel à son aide de camp de venir le chercher.
Empêché d’atteindre l’honorable par l’aide de camp du ministre Yakété, ce dernier, en suivant les discussions entre les deux frères d’armes, il s’est interféré pour poser des questions à son aide de camp en ces termes : « ce monsieur est civil et militaire ? » L’aide de camp de l’honorable répond à son ministre « je suis militaire et aide de camp de l’honorable Timoléon MBAÏKOUA ».
L’honorable s’y mêle à son tour et répond à Yakité : « Toi aussi tu es un civil ».
Et c’est en écoutant le nom et titre de Timoléon MBAÏKOUA, que le ministre Yakété s’est fait piquer par lui-même par les insectes en charge de transmission de conflits “MECKASSO-TOUADERO” qu’il avait en tête.
« Député, député. Député c’est qui ? Vous ne respectez pas des ministres ? » Crie le ministre Yakété, tenu en position de maître YANG à côté de sa femme.
« C’est un incident de trop » s’énerve l’honorable. « le bureau de l’Assemblée serait saisi pour correction » conclut l’honorable.
« Nous avions l’impression qu’ils ont des antécédents conflictuels » ont fait savoir, à CNC, certains témoins qui ont peu intervenir pour séparer les deux camps.
D’après les dernières informations parvenues à notre Rédaction, le ministre Joseph Yakété est appelé à la barre des députés ce lundi et mardi son collègue de l’Intérieur Jean Serge Bokassa.
Qui va vraiment jouer la médiation dans ce conflit ?
Pour le moment, personne. Les Chefs d’État d’Afrique centrale ne veulent pas intervenir dans cette affaire, d’autant plus que sur d’autres affaires des groupes armés, les choses ne semblent pas bouger.
Accusé régulièrement d’être derrière les mouvements armés de la Séléka en province par les proches du président Touadéra, le président de l’Assemblée nationale, l’honorable Karim Meckassoua se trouve depuis quelques jours en République démocratique du Congo. Selon un conseiller du président Touadera, il tente de persuader le président Kabila d’intervenir comme médiateur dans cette affaire.
Si ce même jeu avait été vu au temps de la transition, celui du temps du Professeur Touadera est très violent. Il comporte tous les signaux d’une longue guerre du positionnement.
L’affaire des véhicules impayés de l’investiture de Touadéra : les propriétaires roulés de nouveau dans la farine et décident de bloquer le ministère des transports
L’affaire des véhicules impayés de l’investiture de Faustin-Archange Touadéra n’en finit pas. Trois jours après la rencontre à Damara où le dictateur centrafricain avait promis de régler la situation « très vite et en bonne intelligence », les propriétaires n’ont reçu aucune nouvelle, aucun centime, aucun signe.
C’est dans ce contexte que ce mercredi 22 avril 2026, ils sont retournés frapper à la porte du directeur général des transports. Résultat : un homme visiblement à bout, qui leur a reconnu ouvertement que le dossier dépasse ses attributions. Il ne peut rien faire. Il les a redirigés vers son ministre.
Les représentants des propriétaires se sont donc rendus au bureau du ministre des transports, Gautron Djono Ahaba. L’homme les a reçus et leur a tenu un discours précis : lui, il ne gère que les bus, les minibus, les véhicules de transport collectif. Les voitures de particuliers mobilisées lors de l’investiture, ce n’est pas son dossier. C’est le ministère des mines qui est compétent. C’est le ministre des mines Ruffin Beltoungou qui devait payer.
« De mon côté, j’ai déjà tout réglé. Je n’ai aucun problème », leur a-t-il dit. Il a ajouté que le dossier est déjà au niveau du trésor public et que les choses avancent. Il leur a demandé de ne pas lâcher.
Les propriétaires ont compris finalement le jeu et ont quitté le ministère des transports et ont marché jusqu’au ministère des mines.
Là, ils se sont retrouvés devant un mur. On leur a dit que le ministre est en voyage.
La colère a été immédiate. Ces hommes et ces femmes qui ont mis leurs véhicules à disposition de l’État le 30 mars pour la prestation de serment du dictateur centrafricain au stade 20 000 places de Bangui, qui ont ensuite couru de bureau en bureau pendant des semaines, qui ont envoyé trois délégués jusqu’à la ferme présidentielle de Damara pour remettre les dossiers en main propre à Touadéra lui-même, se retrouvent ce mercredi 22 avril avec la même réponse que depuis le début : personne n’est là, personne ne peut rien.
Pour rappel, depuis le début de l’affaire, le jeu de renvoi est devient un jeu de chat et souri. Le directeur général des transports Wenceslas Nguelekoumon renvoie vers l’ONEM, l’ONEM renvoie vers le ministre des mines Ruffin Benam Beltoungou, le ministre des mines renvoie vers l’ONEM, et le directeur général de l’ONEM disparaît. La signature du ministre des mines autorisant le décaissement n’a rien débloqué. La rencontre avec Touadéra à Damara n’a rien débloqué. Le trésor public est cité, mais personne ne confirme un paiement.
Devant la porte close du ministère des mines, les propriétaires ont pris une décision. Plus question de frapper aux portes poliment. Chacun amène son véhicule pour bloquer l’entrée du ministère des transports. Personne n’entre, personne ne sort, jusqu’à ce qu’une réponse concrète soit donnée.
La décision est prise pour ce jeudi 24 avril.
Rappelons que dans la septième République de Faustin-Archange Touadéra, il faut donc avoir traversé le directeur général des transports, l’ONEM, le ministre des mines, la ferme présidentielle de Damara, le ministre des transports à nouveau, et le ministère des mines une nouvelle fois, pour en arriver là où tout aurait dû commencer : quelqu’un qui paie ce qu’il doit.
Touadéra et sa clique de la cryptomoney : le pillage numérique d’un pays déjà à genoux. Comment un régime affame son peuple pour engraisser une mafia internationale
En Centrafrique, Faustin-Archange Touadéra se prend pour un visionnaire high-tech pendant que son peuple crève de faim. Bitcoin légal, Sango Coin foireux, et maintenant le grotesque memecoin $CAR : ces gadgets numériques, vendus comme « souveraineté monétaire », ne sont rien d’autre qu’une machine à piller les ressources d’un des pays les plus pauvres de la planète. Sans le moindre garde-fou, le régime ouvre grandes les portes aux spéculateurs voraces, aux cybercriminels et aux réseaux mafieux transnationaux. Résultat ? Les richesses nationales – terres, minerais, avenir – s’évaporent dans des wallets opaques pendant que les Centrafricains croupissent dans la misère et la violence. Touadéra n’innove pas : il brade.
En effet, la République centrafricaine est devenue depuis 10 ans le gérant laboratoire d’une escroquerie d’État grandeur nature. Depuis 2022, Faustin-Archange Touadéra, autoproclamé pionnier du futur numérique, impose des cryptomonnaies qui n’enrichissent qu’une poignée de complices et de vautours étrangers. Le Sango Coin, lancé en fanfare et adossé au bitcoin, a été un fiasco retentissant : à peine quelques pourcents vendus, des promesses de citoyenneté et de terrains balayées par la Cour constitutionnelle, et surtout un vide sidéral pour la population. Mais Touadéra ne s’arrête pas là. En février 2025, il dégaine le $CAR, un memecoin ridicule inspiré des pitreries trumpistes, qu’il annonce fièrement en vidéo : « Je suis fier d’annoncer le lancement du memecoin officiel de la République centrafricaine », avant de célébrer son « succès retentissant ». Succès pour qui ? Certainement pas pour les Centrafricains.
Ce $CAR n’est qu’un outil spéculatif pur, sans valeur intrinsèque, conçu pour faire monter artificiellement un token sur Solana avant que les initiés ne vident la pompe. Pire : le régime l’utilise pour **tokeniser** des terres nationales – plus de 1 700 hectares près de Bangui bradés aux enchères crypto aux quatre coins du monde. Des parcelles du sol centrafricain vendues à des anonymes planqués derrière des wallets, sans transparence, sans intégration au budget, sans bénéfice visible pour l’État ou le peuple. C’est du vol légalisé, du pillage digitalisé.
Les rapports accablants s’accumulent. La Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC) dénonce sans ambiguïté : ces projets crypto « consolident le pouvoir d’une élite prédatrice », « ouvrent la voie à la corruption massive » et « invitent les réseaux criminels étrangers à s’emparer du pays ». Blanchiment d’argent, trafic de drogue, contournement de sanctions, financement du terrorisme : les cryptos mal régulées sont le paradis des mafias. En Centrafrique, l’absence totale de garde-fous transforme le pays en terrain de jeu pour ces prédateurs. Pendant ce temps, moins de 10 % des jetons Sango trouvent preneurs, l’île promise aux crypto-riches reste un mirage, et les déplacés de Mbongossoua crient dans le vide.
Touadéra et sa clique, conseillers véreux, intermédiaires opaques, complices russes ou autres, se gargarisent de « développement » et d’« innovation ». En réalité, ils orchestrent une grande arnaque : vendre des illusions numériques pour masquer la dilapidation des ressources réelles. Le peuple, lui, reste pauvre, vulnérable aux exactions armées, privé d’écoles, d’hôpitaux, de routes. Les milliards promis par le PND ? Introuvables. Les 21 milliards du budget agricole évaporés ? Mystère. Mais les wallets crypto, eux, se remplissent.
Cette « révolution » blockchain n’est pas une modernisation : c’est une trahison nationale. Touadéra ne fait pas entrer la Centrafrique dans le futur ; il la livre en pâture à une mafia globale qui rit en empochant les miettes d’un pays ravagé. Le $CAR n’est pas un memecoin : c’est le symbole d’un régime qui préfère les mèmes aux hommes, les scams aux citoyens, et les cryptos aux vies humaines.
Le 24 février 2026, Fari Tahéruka Shabazz a rendu publique une analyse vocale qui décortique, point par point, les conditions d’un effondrement possible du dispositif Wagner à l’Est de la en République centrafricaine.
Ce qui a déclenché cette prise de parole, c’est une interview accordée le 7 février 2026 à Russia Today par Dmitri Podolski, chef des opérations Wagner et conseiller à la sécurité auprès du président Touadéra. Fari Tahéruka Shabazz a relevé que Podolski y a dit l’inavouable : la RCA n’est pas sécurisée, plus de 3 200 kilomètres de frontières échappe à tout contrôle, et après dix ans au pouvoir, Touadéra n’a rien bâti d’utile. Des mots qui ont démoli d’un coup l’ensemble des discours officiels de Bangui.
Ce que Fari Tahéruka Shabazz a mis en évidence derrière ces aveux, c’est que le dispositif Wagner tient debout grâce à un pilier extérieur qu’il ne maîtrise pas : la MINUSCA. C’est elle qui nourrit logistiquement les corridors que les mercenaires empruntent entre Bangui et l’est minier. Sans cette béquille onusienne, les chaînes d’approvisionnement sur plus de mille kilomètres deviennent vulnérables, et le modèle économique entier — extraction d’or et de diamants, exportation via Dubaï — se retrouve en péril.
Fari Tahéruka Shabazz a également nommé la stratégie appliquée dans le Mbomou, la Haute-Kotto et la Vakaga : la Zatistka, une doctrine venue des guerres post-soviétiques. Ratissage, incendie de villages, vidange forcée des territoires pour créer des zones sans population ni droit, et ainsi livrer le sous-sol aux prédateurs miniers. Selon Fari Tahéruka Shabazz, Podolski n’a pas caché que c’est exactement ce cadre qui guide les opérations en cours contre les communautés Zandé et Nzakara.
L’analyste a pointé quelque chose que peu de commentateurs ont encore mesuré : la décision de Donald Trump de revoir le financement américain de l’ONU pourrait retirer à Wagner le socle logistique sur lequel il s’appuie. Fari Tahéruka Shabazz rappelle que les États-Unis injectent chaque année environ 700 milliards de francs CFA dans la MINUSCA. Si cette manne disparaît, les forces russes se retrouvent seules face à des distances absurdes et des lignes d’approvisionnement intenables.
C’est dans ce contexte que Fari Tahéruka Shabazz a adressé des recommandations directes aux résistants de l’est, notamment les Azandé Ani Kpi Gbe. Il leur a demandé de libérer sans délai les otages — sous-préfet, gendarmes, agents — via le CICR, car leur détention est devenue un poids moral et logistique qui retourne l’opinion internationale contre eux. Fari Tahéruka Shabazz les a aussi encouragés à nouer des liens opérationnels avec la CPC fondamentale de Noureddine Adam, pour disperser les Wagner sur plusieurs fronts simultanés.
La diaspora centrafricaine a été interpellée directement par Fari Tahéruka Shabazz, qui a rappelé que des dizaines de milliers de réfugiés attendent de l’aide à Bili, en RDC, et dans d’autres points de passage au Soudan du Sud. Vêtements, médicaments, nourriture — des choses concrètes que la diaspora peut mobiliser sans attendre une décision politique. Fari Tahéruka Shabazz a également insisté sur le travail de communication : nommer l’épuration ethnique en cours pour ce qu’elle est, et faire porter la pression internationale sur Wagner plutôt que sur les résistants.
La question qui reste ouverte, et que personne à Bangui ne veut encore formuler à voix haute, c’est celle de la durée. Si la MINUSCA recule ou se retire, si les résistants s’unissent et coupent les lignes logistiques vitales, Wagner pourrait se retrouver à court de carburant, de munitions et d’argent dans des zones où ni la géographie ni les populations ne lui sont favorables. Podolski le sait. C’est peut-être pour cela qu’il a parlé.
Dans l’émission Beuf Politique en Visio sur JMTV+, Martin Ziguélé, ancien Premier ministre centrafricain et président du MLPC, a livré son analyse sur la présence des groupes armés russes en Centrafrique.
Ziguélé a rappelé qu’il avait voté l’accord de défense signé entre la République centrafricaine et la Russie en tant que député. Cet accord visait une coopération normale entre États. Pourtant, au lieu de conseillers militaires officiels russes, le pays a reçu des éléments du groupe Wagner.
Il qualifie Wagner de mercenaires. Ces derniers forment selon lui une entreprise à plusieurs facettes : militaire, commerciale, économique et spécialisée dans la manipulation de l’information. Ziguélé a expliqué que le groupe a profité de son succès sur le terrain en décembre 2020, lors de la riposte contre la coalition des Patriotes pour le changement (CPC), pour étendre son rôle dans de nombreux secteurs de la vie nationale.
Il affirme que Wagner a influencé la réforme constitutionnelle, le référendum et les élections récentes, qu’il décrit comme exclusives. Aujourd’hui, alors que l’on évoque le remplacement de Wagner par l’Afrika Korps, Ziguélé estime qu’il s’agit du même phénomène. Il utilise l’expression « c’est blanc bonnet et bonnet blanc » pour souligner que le changement de nom ne modifie pas la nature de l’influence.
L’ancien chef du gouvernement maintient que les mercenaires n’ont pas leur place dans un État de droit. Leur présence va à l’encontre des principes d’un fonctionnement normal des institutions. Il préfère des relations directes entre États plutôt qu’avec des groupes privés armés.
Ziguélé a observé que ces éléments se montrent moins visibles dans les rues de Bangui ces derniers mois. Cependant, il reste persuadé qu’ils demeurent présents sur le territoire, notamment pour assurer la sécurité lors d’événements majeurs comme l’investiture présidentielle prévue le 30 mars au stade Barthélemy Boganda.
Pour lui, cette situation illustre les limites d’une politique étrangère fondée sur des alliances de circonstance. Il plaide pour que la Centrafrique recherche un équilibre dans ses partenariats et mette toujours en priorité les intérêts nationaux. La maturité d’une telle politique se mesure à sa capacité à diversifier les relations tout en évitant de dépendre d’un seul acteur.
Martin Ziguélé, qui termine son deuxième mandat de député et ne s’est pas représenté aux dernières élections législatives, a indiqué qu’il se consacrera désormais pleinement à son parti et à ses travaux sur l’avenir du pays, notamment à travers son livre Des crises à l’espérance – Ma vision pour la Centrafrique.
Son intervention rappelle que la question de la souveraineté passe aussi par la maîtrise des forces de sécurité nationales, sans recours permanent à des acteurs extérieurs privés.
Délivrance du faux baccalauréat par arrêté ministériel : Le Ministre d’État à l’Éducation nationale, Aurélien Simplice Zingas s’enfonce de plus en plus après sa conférence de presse
Lors de sa conférence de presse tenue ce samedi au Building administratif à Bangui, le Ministre d’État à l’Éducation nationale, monsieur Aurélien Simplice Zingas a tenté de justifier la délivrance de plusieurs faux baccalauréats par arrêtés ministériels, mais ses explications n’ont fait qu’aggraver la situation et le faire s’enfoncer davantage.
Assis dans son bureau devant les journalistes, le Ministre Aurélien Simplice Zingas a expliqué que le problème ne vient pas de son action actuelle mais d’une période ancienne entre 2006 et 2014 où il manquait des tableaux de notes. Il a parlé de cinq décisions de régularisation : quatre signées par l’ancien ministre Aboubakar MOUKADAS entre 2019 et 2022, et la cinquième signée par lui-même le 28 février 2025. Selon lui, ces décisions ont été prises après vérification des signatures des anciens directeurs, dans un cadre légal, pour permettre à des étudiants de poursuivre leurs études. Il a même affirmé que certains bénéficiaires ont réussi à aller jusqu’au Master 2 ou au Doctorat.
Pourtant, ce discours passe très mal quand on regarde de près les cas qui circulent sur les réseaux sociaux. Comme lui-même a expliqué, ces régularisations, comme tout le monde le sait, se faisaient souvent dans la clandestinité. Tant que personne ne posait de questions, tout restait caché. C’est seulement lorsque des citoyens ont commencé à tomber sur les faits et à les rendre publics que l’affaire a éclaté au grand jour.
Prenons quelques exemples concrets des noms dans la liste des bacheliers que le ministre a signé l’arrêté. Le cas de l’ancien député Ndotizo, ami direct du Ministre Zingas avec qui il partage souvent des week-end ensemble. Ce monsieur, lui-même déclare à multiple fois qu’il obtient son baccalauréat tantôt en 2013, tantôt en 2023, tantôt en 2012. Il apparaît avec des baccalauréats délivrés à des années différentes que tout le monde sait pertinemment qu’il n’a jamais eu un baccalauréat dans sa vie. Dans l’arrêté ministériel de Zingas, on lui attribue encore une autre année du baccalauréat. Le plus étonnant, c’est que ce même homme n’arrive même pas à écrire correctement son propre nom. Comment peut-il avoir un baccalauréat et déposer sa candidature aux législatives avec des diplômes qui changent selon les circonstances ?
Un autre cas concerne le colonel Wananga, un officier de la garde présidentielle, qui, tout le monde le sait, était un pauvre soldat, qui par ailleurs a rapidement gravi les échelons avec l’arrivée de Touadéra au pouvoir. Ce militaire, qui était simple soldat de deuxième classe des FACA, a vite changé de corps et passe dans la gendarmerie. En plus de monter en grade d’une manière incroyable, il est devenu nouveau bachelier grâce à Zingas. Lui non plus ne sait même pas écrire son nom correctement. On lui a collé ce diplôme sans qu’il ait jamais passé d’examen, simplement parce qu’il est garde du corps du dictateur de Bangui, Faustin-Archange Touadera.
Il y a aussi le cas d’un jeune qui est né en 1998 qui, selon les arrêtés signés, aurait obtenu son baccalauréat en 2013, soit à seulement 15 ans. C’est tout simplement incroyable.
Et ce n’est pas un cas rare. Beaucoup de députés sans bac et de personnalités ont reçu des baccalauréats fictifs juste pour pouvoir déposer leur candidature aux élections législatives. Des gens sans aucun niveau réel se retrouvent avec un diplôme officiel grâce à ces arrêtés ministériels.
Le Ministre ose pourtant dire que ces personnes ont ensuite poursuivi leurs études jusqu’au Master ou au Doctorat. C’est là que ça devient vraiment choquant. Comment peut-on prétendre qu’un individu qui n’arrive pas à écrire son nom ou qui obtient un bac à 15 ans a validé un Master 2 ou un Doctorat ? Cela prend vraiment les Centrafricains pour des imbéciles.
Ce qui se passe dépasse l’entendement. Au lieu d’assumer que des faux diplômes ont été fabriqués pour des proches, des militaires et des personnalités politiques, le Ministre préfère parler de « dysfonctionnements hérités du passé » et de « mesures exceptionnelles ». C’est un foutage de gueule monumental.
Ferdinand Alexandre N’Guendet, ancien Chef d’État centrafricain de transition a adressé le 20 avril 2026 une lettre de condoléances au Président tchadien Mahamat Idriss Deby Itno.
Le document, daté du 20 avril 2026, coïncide avec le cinquième anniversaire de la mort du Maréchal Idriss Deby Itno, tué au front le 20 avril 2021, au lendemain de sa réélection à la tête du Tchad.
L’ancien Président Alexandre Ferdinand N’Guendet y retrace le lien politique qui l’unissait au défunt, rappelant qu’il avait assumé les fonctions de Président du Conseil National de Transition CENTRAFRICAIN à une période qu’il qualifie de « particulièrement décisive pour la sous-région ». C’est dans ce cadre qu’il dit avoir mesuré, aux côtés du Maréchal Deby, l’ampleur d’un engagement qui dépassait les frontières tchadiennes pour embrasser l’ensemble de l’Afrique Centrale.
Il décrit l’ancien président tchadien comme « un homme d’État d’exception, un officier d’honneur et un panafricaniste résolu », dont la capacité de décision et le sens de l’État « forcent encore aujourd’hui le respect ». Des mots qui sonnent comme un hommage d’homme d’État à homme d’État, porté par une relation forgée dans les turbulences politiques d’une région que ni Bangui ni N’Djamena n’ont jamais cessé de traverser côte à côte.
Alexandre Ferdinand N’Guendet adresse ses condoléances à la famille du disparu, au peuple tchadien frère, et au Président Mahamat Idriss Deby Itno, qu’il interpelle directement sous le terme de « cher frère ». Il dit former le vœu que l’œuvre de réconciliation nationale conduite par le fils du Maréchal aboutisse à la stabilité durable à laquelle son père aspirait de toutes ses forces.
L’ancien Chef de l’État centrafricain assure le Président tchadien de son soutien et de sa solidarité, souhaitant que l’âme du Maréchal Idriss Deby Itno repose en paix et que son héritage continue d’éclairer les générations à venir.
Lors de sa conférence de presse ce samedi 17 avril 2026 , le Ministre d’État à l’Éducation nationale, monsieur Aurélien Simplice Zingas a déclaré que seulement deux élèves ont perdu la vie à Dékoa lors de la manifestation des élèves contre le détournement de leur bourse Maïngo.
Lors de sa conférence de presse au Building administratif, le Ministre a expliqué qu’il s’est rendu à Dékoa du 15 au 17 avril sur instructions du Président de la République, Professeur Faustin-Archange Touadéra. Il a indiqué qu’il a rencontré les autorités locales, les forces de sécurité, les partenaires russes et les élèves. Selon lui, il a constaté des irrégularités dans la gestion des bourses du projet MAÏNGO financé par la Banque Mondiale. Il a parlé d’une liste de bénéficiaires qui a été modifiée avec des noms fictifs au détriment des vrais élèves, ce qui a provoqué la colère et le drame.
Il a aussi dit avoir présenté les condoléances du Gouvernement, visité les blessés et apporté un soutien aux familles. Il a ajouté que les élèves ont accepté de reprendre les cours lundi 20 avril.
Pourtant, la réalité sur le terrain montre un bilan plus lourd. Trois élèves ont perdu la vie, et non deux comme l’a déclaré le Ministre. Il s’agit de deux filles et d’un garçon. Le garçon était en classe de terminale et préparait son baccalauréat cette année. Il a été tué sur place. La première fille était en classe de quatrième. La deuxième fille était en classe de cinquième. Elle a été transportée à l’hôpital de Dékoa mais elle est morte là-bas à cause de ses blessures.
Ce qui est étonnant, c’est que le Ministre lui-même avait déjà signalé ces mêmes irrégularités dans la gestion des bourses lors du Conseil des Ministres. Il connaissait bien le problème depuis un certain temps. On a vu des situations similaires à Sibut, chef-lieu de la préfecture de la Kémo, où plusieurs enfants ont perdu la vie dans des circonstances liées aux bourses. Des dégâts ont aussi été signalés à d’autres endroits comme dans la préfecture de Bamingui-Bangoran. À chaque fois, des morts d’élèves reviennent avec ce projet MAINGO.
La question qui reste posée est simple : qu’est-ce qui a été fait concrètement pour corriger ces irrégularités avant que la situation ne tourne encore au drame à Dékoa ? Les élèves n’ont pas eu d’autre choix que de manifester leur mécontentement, et cela s’est terminé par des pertes en vies humaines. Les familles endeuillées et beaucoup d’habitants attendent maintenant des mesures réelles pour que ces problèmes cessent et que plus aucun enfant ne perde la vie pour des questions de bourses.
Le Ministre a promis des enquêtes et la fin de l’impunité. Les prochaines semaines diront si ces engagements seront suivis d’actions rapides et efficaces sur le terrain.
Trois personnes circulant à moto ont été littéralement tuées sur la route nationale numéro 1, au PK 26, après qu’un char de l’Africa Corps les a percutées de plein fouet.
En ce mardi 21 avril 2026, alors que la capitale vibrait au rythme des célébrations de l’anniversaire du dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadera, un accident d’une rare violence a endeuillé la route de Boali.
Le drame s’est produit au niveau du PK 26, sur l’axe reliant Bangui à Boali. Selon les témoignages recueillis sur place par la rédaction du CNC et les premières images circulant sur les réseaux sociaux, un char (blindé) appartenant au contingent russe d’AfrikaCorp est impliqué dans une collision avec un engin deux-roues.
La motocyclette transportait trois personnes au moment de l’impact. Sous la puissance du choc et le poids de l’engin de guerre, les victimes n’ont eu aucune chance.
Le constat est tragique : les trois passagers de la moto sont décédés sur le coup. Les corps, retrouvés sur le bitume, témoignent de la violence de l’accident. Les riverains, accourus sur les lieux immédiatement après le crash, n’ont pu que constater le décès des victimes, dont l’identité reste à confirmer officiellement par les autorités de police judiciaire.
> « C’était un choc terrible. Le blindé circulait dans le cadre d’un convoi et la moto s’est retrouvée littéralement écrasée », explique Martial Béré, un témoin oculaire de l’accident.
L’implication des mercenaires russes dans cet accident de la circulation risque de raviver les débats sur la sécurité routière des convois militaires des russes et la cohabitation entre les engins lourds et les usagers civils sur les axes principaux du pays.
Rappelons que ce n’est pas la première fois. Depuis des années, les routes centrafricaines sont devenues des zones à haut risque pour ceux qui osent les emprunter. Les blindés russes, lourds et rapides, foncent sans se soucier des vies qu’ils croisent.
Selon Jean-Pierre Mara, ancien député centrafricain de Mala, il est faux de penser que les difficultés de la République centrafricaine s’expliquent par le choc économique mondial. Dans son analyse publiée sur sa plateforme de réseau social Facebook, , l’auteur affirme que le problème central réside dans l’incompétence de la chaîne de décision en matière de création de richesse.
Jean-Pierre Mara invite les Centrafricains à se poser une question simple : d’où vient l’argent que l’on dépense et comment la richesse qui le génère est-elle réellement créée ? Il dénonce une propension à consommer et à consolider les dépenses de protection sans se soucier de la génération de nouvelles richesses.
L’auteur détaille son propos par l’exemple concret des petites coupures : pour 5 FCFA, on parle encore de « PATA OKO », une unité de compte qui remonte à la colonisation, où 5 CFA équivalaient à un pata. Ainsi, 100 CFA font deux patas, 250 CFA correspondent à « bale okou » ou dix unités de cinq. Cette confusion monétaire persiste sans que les gouvernements successifs osent s’attaquer à la solution.
Jean-Pierre Mara insiste : ce n’est pas la faute de la France. La RCA manque cruellement d’économistes et de spécialistes de la monnaie, et semble ne pas en vouloir.
Le pillage du bâtiment de la sous-préfecture de Bambouti continue. Cette fois, ce sont les soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) qui mènent l’opération.
Depuis un mois, ces mêmes militaires avaient déjà emporté presque tout ce qui se trouvait sur place : dans les maisons des particuliers, au centre de santé et dans les locaux de la sous-préfecture. Mais la semaine dernière, ils sont revenus pour récupérer les mobiliers encore présents dans le bâtiment sous-préfectoral. Chaises, bureaux, sacs de ciment et autres matériaux qui avaient été apportés pour réaménager les lieux avant l’attaque des miliciens à Zandé le 28 décembre dernier.
En effet, l’insécurité provoquée par cette attaque avait obligé la population à fuir et avait arrêté tous les travaux. Les soldats des FACA ont alors commencé à vider les locaux. Ils emportent les objets vers les villages du Soudan du Sud tout proche, notamment à Source Ibou, situé juste de l’autre côté de la frontière. Là-bas, ils vendent les biens à des particuliers pour quelques centimes, de quoi acheter de l’alcool ou de quoi manger.
Un habitant a ainsi acheté deux chaises en plastique provenant directement de la sous-préfecture. Les militaires ne semblent pas mesurer la gravité de leurs actes. Pour eux, il s’agit simplement de l’État, qui reconstruira toujours, ou de la MINUSCA qui s’en occupera. Sauf que la MINUSCA a déjà quitté la zone.
Bambouti se trouve à seulement cinq kilomètres de la frontière avec le Soudan du Sud, dans la préfecture du Haut-Mbomou, à l’extrême sud-est du pays.
Affaire ONASPORT : le colonel OUANANGA, frère du directeur général suspendu, met la pression sur le Premier ministre et le ministre des Sports pour un retour immédiat de son cadet
Le directeur général de l’Office national des infrastructures sportives (ONASPORT), Hervé Sévérin Lidamon, reste au centre d’une affaire qui continue de secouer le milieu sportif et politique centrafricain. Suspendu depuis le 9 mars 2026 par arrêté ministériel, il bénéficie pourtant d’un puissant soutien familial qui pousse pour son retour rapide à la tête de l’institution sportive nationale.
Pour mieux comprendre cette histoire, il faut revenir un peu en arrière. En effet, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Rodolphe Héritier Bonheur Doneng Wanzoumon, a prononcé la suspension immédiate de M. Lidamon après une enquête qui a établi plusieurs irrégularités graves. Parmi elles : l’occupation illégale du stade Barthélemy Boganda, des dégradations sur le site, l’usage personnel d’infrastructures publiques, et surtout un manque de respect envers sa hiérarchie.
Pour rappel, lors d’une visite du premier ministre et sa délégation au complexe sportif Barthelemy Boganda, le directeur général Lidamon, face à la colère du premier ministre qui a constaté des nombreux dégâts et s’interroge sur la capacité du DG à mieux gérer les infrastructures sportives nationales, lui avait répondu au ministre et au Premier ministre qu’il avait été nommé par décret comme eux et qu’il fallait que chacun s’occupe de ses affaires. Ce ton peu professionnel a achevé de sceller son sort.
L’enquête a aussi mis au jour des pratiques surprenantes. Au stade, un local avait été transformé en une vaste chambre froide équipée de 187 congélateurs, dont beaucoup provenaient de saisies sur des locataires en retard de paiement. Lidamon avait branché directement ces installations sur le réseau électrique de l’ENERCA sans contrat officiel, faisant supporter à l’État les coûts d’un commerce privé. Au complexe Omnisport, six petits restaurants avaient été construits et confiés à ses proches. Une autre chambre froide servait à la vente d’eau glacée et de glace à l’entrée du stade Boganda. Autant d’éléments qui ont conduit le ministre à le relever de ses fonctions et à nommer un directeur général par intérim.
Pourtant, depuis cette décision, la pression monte de tous côtés. Le frère aîné de Hervé Sévérin Lidamon, le colonel Ouananga , officier de la garde présidentielle, est entré en action. Il appelle sans relâche le Premier ministre et le ministre des Sports pour exiger le retour immédiat de son cadet au poste. Des sources indiquent que ces appels insistants s’accompagnent de menaces à peine voilées.
La situation a même pris une tournure plus tendue au sein de l’ONASPORT. Des employés, excédés par la gestion de Lidamon, qu’ils décrivent comme un homme sans formation solide, aux méthodes brutales de chef de quartier, parlaient d’organiser une grève pour s’opposer à tout retour. La rumeur d’une annulation de la sanction circulait déjà dans les couloirs. Mais le colonel Wananga, informé de ces intentions, a dépêché des éléments de la garde présidentielle pour intimider le personnel et faire comprendre qu’aucune grève ne serait tolérée.
Ce qui rend l’affaire encore plus étonnante, c’est le passé commun entre le colonel Wananga et le ministre Doneng. Les deux hommes ont manœuvré ensemble au sein de la milice Requin, groupe armé clandestin hautement criminel lié au pouvoir et accusé de nombreuses exactions dans le pays. Wananga y occupait le volet militaire, tandis que Doneng gérait plutôt le côté politique.
Mais à la surprise de tout, aujourd’hui, le directeur général suspendu s’en prend publiquement sur les réseaux sociaux au ministre, qu’il accuse d’être lié à la milice armée Requins. Il semble oublier que son propre frère occupe une place bien plus centrale dans cette même structure, avec un rôle direct dans les opérations les plus dures.
Les employés de l’ONASPORT, eux, ne cachent plus leur exaspération. Ils voient en Lidamon un gestionnaire incapable, aux comportements agressifs et aux diplômes douteux, qui traite l’institution comme une affaire personnelle. La découverte, lors de la tentative de passation de service, d’une kalachnikov chargée dans le bureau, et l’arrestation d’un garde du corps qui avait tenté de s’opposer à l’inspection, n’ont fait que renforcer leur méfiance.
Dans un pays où les institutions sportives devraient servir au développement de la jeunesse et non aux intérêts privés, cette affaire pose une question simple : jusqu’où ira l’influence familiale pour contourner une sanction ministérielle ? Le colonel Ouananga continue de peser de tout son poids pour ramener son frère.
Et à la dernière nouvelle, Le Premier ministre et le ministre des Sports ont finalement cédé. Le directeur Lidamon a repris ses fonction du DG.
L’affaire ONASPORT est loin d’être terminée. Corbeau News Centrafrique continue de suivre ce dossier avec attention.
Rebondissement dans l’affaire des véhicules impayés de l’investiture de Touadéra : les propriétaires rencontrent finalement le dictateur en personne à Damara
L’affaire des véhicules impayés loués par le comité d’organisation de l’investiture prend une nouvelle tournure spectaculaire. Après des semaines de tracasseries bureaucratiques et de promesses non tenues, les propriétaires des véhicules de l’investiture de Touadéra ont réussi à porter leur dossier directement aux oreilles du dictateur centrafricain Faustin-Archange Touadéra.
Pour rappel, le 30 mars 2026, lors de la prestation de serment du dictateur centrafricain Faustin-Archange Touadéra au stade 20 000 places de Bangui, des centaines de pick-up, bus et voitures particulières avaient été mobilisés pour transporter les invités. Les propriétaires avaient accepté de mettre leurs engins à disposition, convaincus d’être réglés rapidement. Plus de deux semaines après, pas un franc n’avait été versé malgré les allers-retours entre le ministère des Transports, l’ONEM et le ministre des Mines Ruffin Benam Beltoungou.
Après la signature par le ministre des Mines de l’autorisation de décaissement des fonds, le directeur général de l’ONEM est devenu invisible depuis une semaine. Au Trésor public comme au ministère des Finances, aucune avancée concrète. Face à ce nouveau blocage, les propriétaires ont monté une stratégie audacieuse.
Le dimanche 19 avril 2026, profitant du départ du convoi présidentiel vers Damara, ils ont choisi trois délégués et ont pris la même route pour se rendre à la ferme du dictateur centrafricain Faustin-Archange Touadéra, située à environ 75 km de Bangui. Ils ont réussi à rencontrer le chef de l’État et lui ont remis tous les documents : état des véhicules, montants dus par engin, et justificatifs complets.
Le dictateur centrafricain Faustin-Archange Touadéra les a écoutés et leur a promis de faire un effort personnel pour que le problème soit réglé « très vite et en bonne intelligence » dans les prochains jours.
Les propriétaires sont rentrés à Bangui et patientent désormais. Ils espèrent une issue favorable dès mardi, mercredi ou jeudi. Les détails et confirmations de paiement suivront dans nos prochains articles.
Dans la septième République du dictateur centrafricain Faustin-Archange Touadéra, il faut donc aller jusqu’à la ferme présidentielle pour espérer récupérer un simple dû après avoir rendu service à l’État. Une situation qui en dit long sur le fonctionnement du régime.
Dans un communiqué de presse, le ministère de la Justice, par la voix de son ministre d’État Arnaud Djoubaye Abazene, a instruit le Procureur de la République d’engager des poursuites contre près de 600 personnes accusées d’avoir intégré la fonction publique avec des diplômes falsifiés. Le texte officiel met en avant la nécessité de restaurer la crédibilité des institutions et de respecter les règles de recrutement basées sur le mérite et l’équité.
Pourtant, cette annonce arrive au milieu d’une autre polémique qui agite fortement l’opinion publique depuis plusieurs jours. Un arrêté signé par le ministre d’État chargé de l’Éducation nationale, Aurélien Simplice Kongbelet Zingas, a fuité sur les réseaux sociaux.
Ce document liste des noms et attribue des diplômes de baccalauréat à des dizaines de personnes, souvent proches du régime. Beaucoup d’entre elles n’auraient même pas terminé le primaire. L’affaire a pris une telle ampleur que le ministre lui-même a dû organiser un point de presse le samedi 18 avril pour tenter de calmer les esprits.
Malgré cela, des pétitions circulent déjà et rassemblent des milliers de signatures, tandis que les discussions continuent de monter sur les réseaux.
Ce qui rend la situation particulièrement délicate, c’est que le pouvoir est directement impliqué dans cette production massive des faux diplômes.
Ce qui aggrave cette situation, c’est que la nouvelle Constitution du troisième mandat de Touadéra exige le baccalauréat pour pouvoir se présenter aux élections législatives. Or, selon des informations qui reviennent régulièrement, une grande partie des candidats du parti présidentiel MCU, soit environ 80%, ne rempliraient pas cette condition de base. Plutôt que d’exclure ces personnes, le régime préfère choisir de leur fournir les faux diplômes nécessaires par voie d’arrêté ministériel. Cela permettrait de maintenir en lice des candidats qui, autrement, n’auraient pas pu participer.
Cette façon de faire ne concerne pas seulement le domaine politique. D’ailleurs dans le secteur de la santé, des syndicats de soignants ont signalé depuis longtemps l’intégration de personnes présentées comme médecins ou infirmiers, alors qu’elles n’ont suivi aucune formation appropriée. Ces alertes n’ont pas reçu de réponse concrète de la part des autorités. Aujourd’hui, le même gouvernement qui a laissé passer ces cas ressort le dossier des faux diplômes dans l’administration publique pour annoncer des poursuites. Beaucoup y voient une manière de détourner l’attention du scandale lié à l’arrêté du ministère de l’Éducation.
Le communiqué du ministère de la Justice insiste sur l’ouverture d’enquêtes et la fermeté des autorités. Mais pour une partie de l’opinion, cette opération tombe à point nommé pour diluer les responsabilités et orienter le regard vers des fonctionnaires anonymes plutôt que vers les décisions prises au sommet. Pendant ce temps, les captures d’écran de l’arrêté continuent de circuler largement, et la colère ne retombe pas dans les quartiers.
L’administration centrafricaine se trouve une nouvelle fois au centre des débats. Les citoyens attendent des explications claires et des mesures qui s’appliquent de la même manière à tous, sans distinction. Pour l’instant, le débat reste ouvert et les questions persistent.
Le cortège de la mort de l’UPC et du MPC est revenu à Bowaye ce lundi 20 avril 2026 vers 15 heures. Les ex-rebelles de l’Union pour la Paix en Centrafrique et du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique ont de nouveau fondu sur ce village de la préfecture de l’Ouham, situé à 70 km de Bossangoa, lourdement armés, à bord de motos, semant la terreur et poussant une nouvelle fois la population sur les chemins de l’exode.
D’ailleurs ce n’est pas la première fois. Ces mêmes éléments armés, que beaucoup appellent désormais les « Russes noirs », terrorisent plusieurs villages de l’Ouham depuis quelques semaines. Ils incendient les habitations, agressent les habitants et tuent des gens. Cela ne cesse pas. Lors de leur précédent passage à Bowaye, plus de 10 000 personnes avaient été déplacées, des morts avaient été déplorés et des habitations réduites en cendres.
Derrière eux, on trouve les mercenaires russes. Ces ex-rebelles, qui ont récemment signé un accord avec le gouvernement, ont pris le relais dans le sale boulot des Wagner et de l’Africa Corps. Ce sont eux qui font le travail sur le terrain, tandis que les Russes se couvrent et leur font porter la responsabilité. Nous avions même documenté à plusieurs reprises les exactions commises contre ce village, de fois par les mercenaires russes du groupe Wagner depuis des années, de fois par leurs supplétifs de l’UPC et du MPC..
Ce schéma se répète partout. À l’ouest et au nord-ouest, le gouvernement sous-traite la sécurité aux mains des ex-rebelles. Dans l’est, dans la préfecture du Haut-Mbomou, c’est identique. Ces sales besognes sont confiées aux ex-rebelles de l’UPC qui acceptent et continuent de commettre ces actes barbares, pendant que Bangui regarde ailleurs.
Il est à noter que la dangerosité de cette situation tient à sa dimension communautaire. Ces ex-rebelles sont majoritairement des Peuls ou des Arabes tchadiens.
Dans l’est, les éléments de l’UPC kidnappent des civils et attaquent les communautés chrétiennes. Dans l’Ouham, ceux du MPC, composés d’Arabes tchadiens et de Soudanais, font de même. Le gouvernement et les mercenaires russes tentent ainsi de recréer les conditions des tensions intercommunautaires de 2012, qui avaient fait des milliers de morts et des millions de déplacés.
Depuis plusieurs jours, le service de transfert Orange Money via GIMAC connaît de graves dysfonctionnements. Les envois d’argent entre la République centrafricaine et le Cameroun, notamment via l’application Orange et Allô Orange, n’arrivent plus de manière instantanée comme promis par l’opérateur.
De nombreux utilisateurs à Bangui ont envoyé de l’argent vers des comptes Orange Money au Cameroun pour des achats urgents ou des besoins immédiats. Pourtant, les destinataires signalent que les fonds n’apparaissent pas sur leur compte. Ils tentent en vain de récupérer l’argent et se heurtent à un solde nul.
Les plaintes se multiplient dans la capitale centrafricaine. Certains clients ont contacté le service clientèle d’Orange à Bangui. On leur a assuré que le transfert allait passer dans la soirée, mais les promesses n’ont pas été tenues. Les lignes téléphoniques restent désormais muettes et les appels sans réponse.
Le problème touche directement le principe d’instantanéité mis en avant par Orange Money. Les utilisateurs paient des frais pour des opérations censées être rapides et fiables, surtout en cas d’urgence. Aujourd’hui, ces mêmes transferts prennent plusieurs jours, voire plus, ce qui transforme une solution mobile en simple virement classique lent et incertain.
Beaucoup de personnes se retrouvent bloquées dans leurs projets quotidiens à cause de ces retards répétés. Orange doit rapidement corriger son système de transfert international pour retrouver la confiance de ses clients.
Les mécontentements grandissent et les utilisateurs attendent des solutions concrètes.
De retour après sa mise en disponibilité pour les élections municipales, Émile Gros Nakombo a tenté sans succès lundi de réintégrer son bureau à la mairie de Bangui.
Accompagné de ses gardes du corps, le maire de la capitale centrafricaine s’est présenté en voiture devant le bâtiment administratif dans l’intention de regagner son bureau.
Mais la grande surprise pour lui est que les agents et le personnel de la mairie, informés de son arrivée, lui ont opposé un refus ferme et immédiat. Ils ont bloqué l’accès aux locaux et exigé qu’il reparte sans délai.
Émile Gros Nakombo dirige la mairie de Bangui depuis bientôt dix ans. Il avait été placé en disponibilité pendant trois mois afin de se présenter comme candidat aux élections municipales du 28 décembre 2025. Une fois cette période écoulée et les scrutins terminés, il souhaitait retrouver son poste.
Les employés en ont décidé autrement. Ils ont clairement indiqué qu’ils ne voulaient plus de lui à la tête de la délégation spéciale de la ville de Bangui.
Sous sa direction, la ville s’est transformée en un vaste dépotoir où les déchets s’accumulent dans les rues et les quartiers. Les agents de la mairie font également face à des retards chroniques et à une grande confusion dans le paiement de leurs salaires.
Nommé à l’origine par décret présidentiel, Émile Gros Nakombo s’est vu refuser l’entrée par les travailleurs eux-mêmes. Sans attendre une décision officielle, ils ont barré la route à celui qui dirigeait l’institution depuis une décennie.
La scène a montré l’ampleur du rejet dont il fait l’objet au sein du personnel municipal après dix années à la tête de la mairie.
Les agents ont fait savoir, de manière collective et déterminée, qu’ils ne l’acceptaient plus à ce poste. L’affaire s’est conclue sur ce blocage net.
Quand le ministre de commerce, Patrick Akoloza, joue au malin : il exige que les magasins illuminent leurs devantures pendant que Bangui reste dans le noir
Le ministre du Commerce Patrick Akoloza a réuni le 9 avril à Bangui les opérateurs économiques et les commerçants de bétail. Dans son discours mécanique et robotique, il leur a demandé dans un ton aussi spectaculaire et pathétique d’illuminer les devantures de leurs magasins et supermarchés pour embellir la ville de Bangui et améliorer la vie des habitants.
Et l’homme ne s’arrête pas là! Pourtant, Aux boulangers il a parlé du pain et des pâtisseries comme des aliments du quotidien en insistant sur le respect des normes d’hygiène à toutes les étapes. Plus pire encore, aux bouchers il a rappelé que la viande de bœuf doit être transportée et conservée correctement parce qu’elle arrive chaque jour dans les assiettes des familles. Vraiment ça fait rire! Incroyable!
Franchement, est-ce que c’est le travail du ministre du Commerce de dire aux propriétaires de boutiques d’allumer leurs devantures ? Le texte qu’il a lu sonne froid et sans vie, comme si ces gens étaient venus écouter un robot qui débite des phrases sans chaleur humaine.
Et oui! À Bangui, la lumière manque tout le temps, les coupures arrivent sans prévenir. Les commerçants doivent trouver des groupes électrogènes juste pour faire tourner leurs fours et garder leurs produits au frais. S’il y a coupure, comment ils font pour illuminer en plus ?
Au lieu de mettre cette pression sur eux, le ministre devrait plutôt aller voir l’ENERCA et exiger qu’elle éclaire correctement les rues et les quartiers. Les boulangers, souvent libanais, subissent déjà les pressions de la mairie depuis longtemps pour moderniser, pourtant rien n’a vraiment changé sur le terrain.
Le pain, censé peser 250 grammes, fait maintenant 30 ou 20 grammes. Les beaux discours ne suffiront pas. Il faudrait des contrôles sérieux tous les jours sur place, sans corruption, pour que les choses bougent vraiment.
Est-ce qu’avec un texte aussi robotique lu devant eux, il croit sincèrement que la qualité va s’améliorer ?
Dans une lettre ouverte adressée à Monsieur le Ministre Conseiller Personnel du Chef de l’État, Louis-Marie KOGRENGBO, Secrétaire Général Exécutif de l’Organisation Démocratique Syndicale des Travailleurs de Centrafrique (ODSTC) et acteur de la vie sociale, s’exprime sur la place du Chef de l’État dans le cycle électoral en cours.
Selon Louis-Marie KOGRENGBO, un document qui circule sur la toile détaille un programme de descentes du Chef de l’État pour soutenir des candidats aux élections Législatives, Régionales et Municipales, tant à Bangui qu’en province. Cette initiative interroge la posture que doit adopter le Chef de l’État dans une compétition électorale.
Dans toute République digne de ce nom, le Chef de l’État incarne le Symbole de l’Unité Nationale. Une fois élu, il cesse d’être le représentant d’un parti, d’une région, d’une ethnie ou d’un clan. Il devient le garant de l’intérêt général et le point d’équilibre entre les forces politiques et sociales.
Affirmer que le Chef de l’État se tient « au-dessus de la mêlée » ne constitue pas une simple formule. C’est un principe fondamental, une exigence éthique et institutionnelle.
Pourtant, en participant activement à des meetings de soutien à des candidats d’un parti politique, le Chef de l’État quitte cette position d’arbitre pour entrer dans l’arène partisane.
Le programme annoncé montre une implication directe dans la campagne électorale. Cette situation crée une confusion entre la fonction présidentielle, qui doit rester neutre et rassembleuse, et l’engagement partisan, par nature clivant et compétitif.
Cette confusion fragilise les fondements de l’État de droit. Elle donne l’impression que l’appareil d’État peut être mobilisé au service d’un camp, au détriment des autres.
L’un des piliers de toute élection crédible repose sur l’égalité des chances entre les candidats. Lorsque le Chef de l’État s’implique publiquement et activement en faveur de certains candidats, il introduit un déséquilibre évident. Sa position, son influence et les moyens qui accompagnent ses déplacements confèrent un avantage structurel à ceux qu’il soutient.
Louis-Marie KOGRENGBO juge plus grave encore l’utilisation d’établissements publics, notamment des écoles et des lycées, comme cadres de meetings politiques. Ces lieux doivent rester des espaces neutres, dédiés à l’éducation, à la formation et à la construction de l’esprit critique. Les transformer en tribunes politiques constitue une dérive qui mérite d’être dénoncée avec fermeté.
C’est aussi un signal envoyé à la jeunesse : celui d’une confusion entre savoir, citoyenneté et engagement partisan.
À travers ces descentes, le débat politique semble se déplacer des programmes des candidats vers la figure du Chef de l’État. Les élections risquent ainsi de se transformer en un référendum implicite sur sa personne.
Cette personnalisation du pouvoir affaiblit la démocratie représentative. Elle réduit le rôle des candidats à celui de relais, au lieu d’en faire de véritables porteurs de projets pour leurs circonscriptions.
Dans un contexte national marqué par des fragilités sociales et politiques, une telle implication du Chef de l’État dans une logique partisane peut accentuer les divisions. Elle peut nourrir un sentiment d’exclusion chez ceux qui ne se reconnaissent pas dans le parti soutenu. Elle peut également entamer la confiance des citoyens dans l’impartialité des institutions.
Or, la stabilité d’un pays repose avant tout sur la confiance.
Louis-Marie KOGRENGBO rappelle quelques exigences essentielles : le respect strict de la neutralité du Chef de l’État en période électorale, la préservation des espaces publics comme lieux neutres, la garantie d’une compétition électorale équitable, et la promotion d’un débat politique fondé sur les idées et les programmes.
La démocratie ne se mesure pas seulement à l’organisation d’élections, mais à la qualité des conditions dans lesquelles elles se déroulent.
L’histoire jugera les actes posés aujourd’hui. Le Chef de l’État a le choix entre deux postures : être le rassembleur au-dessus des intérêts partisans, ou devenir un acteur direct d’une compétition politique inégale.
Mais une question demeure, incontournable : peut-on être à la fois arbitre et joueur sans compromettre l’équité du jeu ? Il en va de la crédibilité de nos institutions, de la confiance du peuple, et de l’avenir de notre démocratie.
Les habitants de Ouanda-Djallé ne supportent plus le comportement des soldats FACA. Ils demandent au général Zéphirin Mamadou, chef d’État-major des armées de venir récupérer ces voyous militaires.
La situation dépasse l’entendement. Les habitants de Ouanda-Djallé regardent, impuissants, leurs propres soldats – qu’ils financent pourtant par leurs impôts, qu’ils équipent et arment avec l’argent public – se transformer en racketteurs.
Ce qui énerve encore plus la population, c’est de constater que ces voyous militaires s’en prennent aux plus vulnérables. Les Peuls de la région constituent l’essentiel de l’activité commerciale de Ouanda-Djallé.
Ces éleveurs quittent régulièrement leurs campements de brousse pour venir échanger au marché. Ils apportent du beurre, du lait et d’autres produits d’élevage qu’ils vendent avant d’acheter des vivres pour retourner dans leurs campement.
Mais leurs déplacements se transforment désormais en cauchemar. Les soldats FACA les interceptent à la sortie de la ville, les arrêtent et les fouillent minutieusement.
Dès qu’ils découvrent de l’argent sur eux, ils confisquent tout. L’intégralité de leurs gains passe dans les poches des ces voyous militaires, sans aucune forme de justification.
Ce pillage en règle se répète continuellement. Les habitants de Ouanda-Djallé assistent, incrédules, à ces scènes de banditisme commis par ceux-là mêmes censés assurer leur sécurité.
Ces pauvres éleveurs qui viennent simplement gagner leur vie se font détrousser au vu et au su de tous. La population ne comprend plus comment le pays peut tolérer de telles pratiques.
C’est pourquoi elle continue de réclamer au général Zéphirin Mamadou, chef d’état-major, qu’il vienne chercher ces voyous militaires et qu’il laisse les gens tranquilles
Aurélien Simplice Zingas, Un nom qui hante les mémoires centrafricaines comme un présage de déshonneur et de décadence depuis plus de 20 ans.
On dit que les Centrafricains ont la mémoire courte. Pourtant, ce nom-là, Aurélien Simplice Zingas, résonne encore comme une malédiction, un exemple parfait de l’effondrement des valeurs et de l’impunité généralisée. Ceux qui l’ont côtoyé de près depuis de longues années le savent : dès sa nomination comme Ministre d’État au département de l’éducation nationale, tout était écrit. On se demandait alors quelle est la vision de Faustin-Archange Touadera de l’éducation des enfants de ce pays.
Le scandale du « BAC exceptionnel » explosé depuis deux jours sur les réseaux sociaux centrafricains n’a donc rien d’une surprise. L’homme n’en est ni à son premier méfait, ni à sa première dérive.
2005-2006 : un drame qui n’a jamais eu son procès, dans un appareil d’État qui préfère l’ombre à la justice
À l’époque, Aurélien Simplice Zingas, alors ministre délégué à l’Éducation nationale sous l’autorité de Charles Armel Doubane, autorisait déjà des vagues de candidats camerounais à venir composer à Bangui, et ce, à l’insu de son supérieur hiérarchique.
C’est dans ce contexte trouble que survient, lors de la session du baccalauréat 2005-2006, un accident tragique sur l’axe Bouar-Yaloké. Des bus transportant des candidats camerounais vers Bangui sont impliqués. Bilan : des morts, des blessés graves. Cet événement triste met à nu la réalité indigne : des centaines de candidats étrangers affluent vers la Centrafrique, attirés par un système déjà pourri par la corruption. Au fond de ces déplacements, des réseaux parallèles prospèrent, alimentés par des flux d’argent et des pratiques en totale violation des règles en vigueur.
L’année suivante : Zingas exporte sa mafia à Douala, au Cameroun
Après ce fiasco, Aurélien Simplice Zingas ne recule pas. Bien au contraire. Il décide d’exporter sa mafia : un centre d’examen centrafricain est installé à Douala, au Cameroun, sous couvert d’un prétendu partenariat éducatif avec un établissement privé local. Un centre fictif, illégal, qui piétine allègrement les règles d’organisation des examens nationaux.
En effet, pour donner de la forme à la supercherie, deux enseignants centrafricains,(professeur de Sciences Eco au Lycée MJ Caron et l’autre professeur d’histoire Géo au lycée des Martyrs) furent envoyés sur place pour superviser les épreuves, en qualité de Chef de Centre et Président du Jury de Douala et le second en qualité de chef de secrétariat.
Sur le terrain, le système est bien connu d’ailleurs. Les candidats paient des sommes exorbitantes, plusieurs millions de francs CFA, pour s’inscrire, passer les épreuves et s’assurer des résultats. L’argent circule, les complicités se monnayent.
Interpellations, destruction de preuves et protection politique
À la fin des épreuves à Douala, les copies sont acheminées vers Bangui à bord d’un vol Camer-Co. Mais à l’aéroport, les autorités tombent sur des valises remplies de copies en provenance de Douala. Le pot aux roses est découvert.
Les deux encadreurs sont immédiatement interpellés et placés en garde à vue à la SRI. L’enquête révèle une organisation parallèle, illégale, montée de toutes pièces. Pourtant, une intervention politique au plus haut niveau de l’État permet leur libération rapide. Zingas, protégé par la première dame de l’époque qui le considère comme « son fils chouchou », s’en sort une fois de plus sans encombre.
Les copies saisies sont détruites, effaçant toute preuve tangible. Malgré tout, les diplômes sont délivrés aux candidats concernés, avec des notes exceptionnellement élevées — grâce à la complicité de la Direction des Examens et Concours.
Zingas, toujours le même scénario
Avec Zingas, rien ne change. Il ne brille ni par le talent, ni par l’intégrité, mais par une ruse sans limites. Partout où il passe, il laisse derrière lui des traces de médiocrité et de corruption.
Il est grand temps, si la justice de la septième République veut prouver son indépendance et sa fermeté, de s’emparer de ce dossier et de neutraliser définitivement cet individu. L’avenir de l’éducation et la confiance des Centrafricains en dépendent.
Par Anselme Mbata, tiré d’un éditorial fait par AKZ
Abakar Sabone s’est adressé directement le 29 mars dernier aux partisans et collaborateurs actuels de Faustin-Archange Touadéra lors de son direct sur Facebook. L’ancien ministre centrafricain les a avertis sans détour sur le caractère temporaire de leur position au pouvoir.
Il a rappelé qu’il avait lui-même travaillé aux côtés de l’ancien président François Bozizé, occupant les mêmes fonctions et partageant les mêmes espaces gouvernementaux. À cette époque, tout le monde se trouvait encore au pays. Aujourd’hui, beaucoup d’anciens responsables, dont lui, vivent à l’étranger. Sabone a insisté sur le fait que la chaise sur laquelle Touadéra est assis est la même que celle qu’occupait Bozizé auparavant.
Selon lui, ce qui se passe actuellement avec l’ancien président Bozizé n’a rien d’une exception. Il a lancé un avertissement clair aux proches du régime en place : ce qui arrive aujourd’hui à Bozizé pourrait très bien leur arriver demain. « À chacun son tour. Votre tour viendra », a-t-il répété avec insistance. Il les a invités à ne pas se croire en sécurité permanente, car rien n’est figé dans la vie politique centrafricaine.
Sabone a expliqué que le pouvoir actuel décide seul de son sort. Un décret annule un autre décret. On dissout une constitution comme on dissout un gouvernement ou une assemblée. Tout se fait selon la volonté de ceux qui dirigent, sans aucun contre-pouvoir réel. Il a accusé les autorités d’avoir modifié la constitution sur mesure, comme un vêtement taillé par leur propre couturier, uniquement pour permettre un troisième mandat.
L’ancien ministre a poursuivi en soulignant que lui et d’autres étaient présents au pays avec Bozizé, mais que la situation a complètement changé. Il a mis en garde contre l’illusion de stabilité. Ceux qui se sentent en paix aujourd’hui risquent de découvrir que leur tour arrive plus vite qu’ils ne l’imaginent. Sabone a rappelé que tout le monde dort avec la paix au ventre chaque nuit, mais que cette paix apparente cache une autre réalité faite d’incertitudes et de revirements brutaux.
Il a terminé son message en revenant sur l’idée que personne n’est à l’abri des retournements de situation politique. Ce qu’ils font subir à l’ancien président Bozizé pourrait leur être retourné un jour. « Attendez. Votre tour viendra », a-t-il conclu sur ce point précis de son intervention.
Madame Ousna Sabé réagit avec force au licenciement abusif de madame Samantha Olivia Imanga par les Libanais de Mercure Logistique : “Garder le silence face à l’injustice, c’est devenir complice de sa propre maltraitance”
Le vendredi 17 avril dernier, Madame Ousna Sabé, depuis son profil Facebook, réagit avec force au licenciement abusif de madame Samantha Olivia Imanga par les Libanais de Mercure Logistique : “Garder le silence face à l’injustice, c’est devenir complice de sa propre maltraitance”
Dans une déclaration courageuse et sans filtre, Ousna Sabé appelle tous les Centrafricains à briser le silence face aux injustices, particulièrement celles subies sur les lieux de travail.
Voici l’essentiel de sa réaction :
« Bonjour la population, j’espère que vous allez bien. Sur Centrafricain, garder le silence face à l’injustice n’est pas une solution. Ça ne l’a jamais été et ça ne le sera jamais. Au contraire, en vous taisant, vous devenez complices de votre propre maltraitance.
Si vous pensez qu’en vous taisant vous serez épargnés, que l’on ne vous remarquera pas et qu’on ne vous fera pas subir la même chose, c’est faux. Quand vous subissez de l’injustice dans votre lieu de travail, dans votre famille, dans vos lieux de prière, dans les associations… partout où vous évoluez, apprenez à libérer la parole et à dénoncer.
La peur ne va pas changer votre situation. Ce qui peut changer votre situation, c’est quand vous ouvrez la bouche, quand vous prenez la parole et que vous dénoncez les maltraitances et les injustices que vous subissez.
Aujourd’hui on est dans un pays où, quand tu dénonces, on te taxe tout de suite d’opposant politique. On dit que c’est parce que tu n’aimes pas le régime en place, parce que tu n’aimes pas le Président de la République, parce que tu es ennemi de la paix. Mais écoutez-moi très bien : dans ce pays, il n’y a aucune loi qui interdit à qui que ce soit d’être de l’opposition politique. Il n’y a aucune loi qui interdit aux Centrafricains d’être opposants politiques. Il n’y a aucune loi qui oblige qui que ce soit à aimer un régime ou à aimer le Président de la République.
Le Président de la République, on lui doit respect en tant que Président de tous les Centrafricains, même ceux de l’opposition. Mais l’aimer ? Rien ne nous y oblige. Alors qu’on ne vous fasse pas peur, qu’on ne vous intimide pas en vous taxant de ces choses que vous n’êtes pas.
Vous n’êtes pas une mauvaise personne si vous ne partagez pas la vision du Président. Vous n’êtes pas une mauvaise personne si vous ne partagez pas la vision de ceux qui le soutiennent. Arrêtez avec cette peur.
Apprenons à dénoncer. Apprenons à créer le scandale, à demander de l’aide. Allez sur la page Tube Centre, regardez la vidéo de cette jeune dame et vous comprendrez de quoi je parle. Ce qu’elle dénonce est grave, extrêmement grave. Mais je peux vous assurer qu’il y a encore des cas beaucoup plus graves que le sien.
Les gens qui travaillent chez les Libanais sont maltraités tout le temps. Pour la plupart, j’en sais quelque chose. Pendant presque 15 ans, dans la société où je travaillais, nous étions logés dans un immeuble avec des Libanais en haut, nous en bas… Nous savons comment ces gens traitent leurs employés : licenciements abusifs à répétition, maltraitance morale, psychologique et même physique.
Beaucoup de gens m’ont demandé de parler de ces choses, mais je leur ai toujours dit : je ne suis personne pour aller imposer quoi que ce soit aux Libanais. La seule chose que je peux faire, c’est d’en parler. Mais pour en parler, il faut que vous-mêmes, les victimes, vous dénonciez afin que nous puissions vous appuyer.
Parfois, quand certaines personnes prennent le courage de parler, il y en a toujours d’autres à côté pour les décourager : “Si tu parles, tu ne vas plus avoir de travail dans ce pays.” Mais comment ça ? Pourquoi ? Et ce sont souvent les mêmes qui disent vouloir le changement, vouloir une nation plus juste… Vous qui avez trop peur, gardez votre peur pour vous. Laissez ceux qui ont le courage de parler le faire. Une chose est claire : le monde n’est pas détruit seulement par ceux qui font le mal, mais aussi et surtout par ceux qui les regardent faire sans réagir.
Je suis fière de cette jeune dame qui a osé prendre la parole. Ma sœur, beaucoup de courage ! Si tu veux, on peut en parler en privé.
Aux autres, je vous demande : n’ayez plus peur. La peur ne vous protège pas. Au contraire, vous subissez tout ce mal dans le noir. Il faut en parler pour que tout le monde le sache. Il faut en parler pour espérer que les choses changent.
Nous voulons vraiment d’une République qui respecte tout le monde et chacun de ses enfants. Trop, c’est trop !
Et à vous qui travaillez dans les instances censées régler ces situations (femmes juristes, inspection du travail, etc.), les Centrafricains se plaignent trop de vous. Aidez ceux qui n’ont pas de relations, ceux qui n’ont personne. S’il vous plaît, aidez-les. » Madame Ousna conclut en appelant clairement à la fin du silence et à la protection effective des travailleurs centrafricains face aux abus.
Pour le Dr Junior Romuald Ouéfio Nguérénam, « Les faux médicaments détruisent le système de santé » : Insuffisance rénale, hépatites et résistance extrême aux antibiotiques
Dans une interview accordée à la radio Ndékè-luka, le Dr Junior Romuald Ouéfio Nguérénam, Directeur de la Pharmacie, des Laboratoires et de la Médecine Traditionnelle au ministère de la Santé publique, alerte sur les ravages causés par les faux médicaments et les mini-pharmas illégales en République centrafricaine.
Selon le Dr Junior Romuald Ouéfio Nguérénam , La bataille contre les faux médicaments ne date pas de septembre 2025. D’après ses explications, , elle a commencé dès 2019 avec la fermeture de l’établissement Orof Pharma pour présence de produits falsifiés. En 2024, deux conteneurs de 40 pieds remplis de faux médicaments ont été interceptés et entièrement détruits.
En septembre 2025, les autorités ont procédé à la fermeture de 17 mini-pharmas dans les 5e, 6e et 8e arrondissements de Bangui. Aucune de ces structures n’avait d’autorisation du ministère de la Santé, aucune ne disposait de personnel qualifié en pharmacie, et les conditions de conservation étaient catastrophiques : produits stockés jusqu’à 45-50°C, dates de péremption falsifiées, injections et même actes chirurgicaux pratiqués sur place.
Le directeur insiste : cette lutte est transversale et multisectorielle. Elle a d’abord visé le milieu formel, avec des contrôles rigoureux dans les hôpitaux publics comme l’hôpital communautaire. Des agents véreux qui introduisaient des faux médicaments dans les circuits officiels ont été identifiés, sanctionnés et, pour la plupart, licenciés.
Des conséquences sanitaires
Les risques liés à la consommation de ces faux médicaments sont extrêmement graves. Le Dr Ouéfio Nguérénam cite des statistiques alarmantes :
Plus de 2 000 cas d’insuffisance rénale chronique suivis au Centre de Modialyses, y compris chez des enfants, souvent après la prise de produits vendus dans les mini-pharmas.Un taux élevé d’hépatites directement lié à ces médicaments de qualité inférieure.La République centrafricaine est le premier pays au monde avec un taux de résistance aux antimicrobiens supérieur à 85 %. « Aujourd’hui, si vous donnez un traitement, ça ne marche pas parce que les microbes sont habitués à ces produits-là », explique-t-il.Il évoque également des cas d’empoisonnement dans les quartiers, liés à des substances vendues illégalement dans ces structures.
Réouvertures illégales et intervention de la justice Six mois après leur fermeture, certaines mini-pharmas ont rouvert leurs portes, commettant un « bris de scellés ». Le Dr Ouéfio Nguérénam annonce que la justice est désormais saisie et que les responsables devront répondre de leurs actes devant les tribunaux.
« Beaucoup de gens pensent que la lutte contre les faux médicaments est une exclusivité du ministère de la Santé. C’est faux », martèle-t-il. Cette lutte nécessite une collaboration étroite avec la justice, les forces de défense et de sécurité.
Des solutions en cours : sensibilisation et approvisionnement Pour renforcer l’action, le ministère prévoit :
Une intensification de la sensibilisation des populations via les médias et tous les canaux de communication.Un meilleur approvisionnement des districts et formations sanitaires en médicaments de qualité, sûrs, efficaces et accessibles.Un renforcement de la coopération multisectorielle pour une répression plus efficace.Le Dr Ouéfio Nguérénam rappelle que la loi de 2020 sur le médicament et l’exercice de la pharmacie encadre strictement l’ouverture des officines. Elle exige un doctorat en pharmacie pour les pharmacies classiques et prévoit des dépôts pharmaceutiques (pharmacies villageoises) dans les zones éloignées sous conditions.
Il conclut avec fermeté : les mini-pharmas ne comblent aucun vide dans le système de santé. Au contraire, elles le détruisent. Leur disparition n’entraînera pas de manque, car l’État travaille activement à garantir un accès légal et sécurisé aux vrais médicaments.
Après trois mois d’arriéré de salaire, les activités de l’agence UNOPS de la MINUSCA sont totalement paralysées dans la région de Ndélé.
Depuis la semaine dernière, toutes les machines des travaux de routes menés par l’UNOPS, en collaboration avec la Minusca ont été rapatriées à la base de Krakoma, située à 105 kilomètres de Ndélé, tandis que l’ensemble du personnel se trouve actuellement à Ndélé centre.
Suite à ce problème de salaires, les employés accusent ouvertement l’Office national du matériel (ONM) d’avoir détourné les fonds destinés à leurs rémunérations. Ils ont saisi l’EUNOPS, qui affirme de son côté que les salaires ont bien été versés depuis plusieurs semaines. Selon les travailleurs, ils auraient été joués par l’ONM, même si aucune preuve n’a pour l’instant été rendue publique et que l’organisation onusienne maintient sa version.
Ces travaux routiers s’inscrivent dans les grands projets de réhabilitation menés par l’UNOPS en partenariat avec la MINUSCA et le gouvernement centrafricain, notamment sur l’axe Kaga-Bandoro-Mbrès-Ndélé et la route Ndélé-Pata. Ils visent à reconnecter les communautés isolées du nord-est du pays, à faciliter l’accès humanitaire et à relancer l’économie locale après des années de conflit.
Des centaines de kilomètres ont déjà été réhabilités grâce à ces interventions, souvent soutenues par la Banque mondiale dans le cadre du projet d’urgence de rétablissement des infrastructures. Les engins lourds fournis ou coordonnés via l’ONM et la MINUSCA étaient essentiels pour ces chantiers mécanisés dans une zone où l’accès reste difficile.
Pour l’instant, les équipes restent bloquées à Ndélé sans perspective immédiate de reprise, et les accusations continuent de circuler.
Le préfet Jude Ngayoko est atteint de la maladie de mythomanie. Comme un bon mythomane, il préfère mentir que de dire la vérité. La preuve en est que ce lundi 13 avril 2026, depuis son confort de Birao, il a décrit à Radio Guira FM une Vakaga paisible, sécurisée, presque sans souci. Aucun incident, une transhumance apaisée, des routes libres, un accord local respecté. Il a remercié, avec une assurance déconcertante, les forces russes de la milice Afrikacorp, baptisées dans le langage des bras cassés du régime comme des forces de sécurité, mais également la MINUSCA et le gouvernement pour ce “bilan positif”. Pendant ce temps, à Angatoy, à quarante kilomètres d’Amdafock, des civils gisaient dans leur sang.
En effet, deux jours plus tôt avant sa déclaration pathétique, le samedi 11 avril, des miliciens des Forces de Soutien Rapide (FSR) soudanaises avaient attaqué le village d’Angatoy. Des hommes, des femmes, des enfants — des cibles faciles pour des armes venues d’un conflit que personne ne maîtrise. Corbeau News Centrafrique a expliqué les faits : une riposte aux raids de l’Afrikacorp, parti de Birao pour frapper le Soudan. Mais Jude Ngayoko, lui, n’a pas prononcé le nom d’Angatoy. Pas un mot sur les morts. Pas une allusion aux corps abandonnés à quelques heures de route de son bureau.
La distance explique-t-elle tout ? Birao, où le préfet s’exprimait, est à plus de d’une dizaine de kilomètres d’Angatoy. Assez pour ne pas entendre les cris, assez pour ignorer les fosses. Mais la géographie ne justifie pas l’omission. Un préfet est censé connaître son territoire, pas le décrire comme un décor de théâtre.
Ce n’est pas un fait rare dans ladite préfecture. Depuis des mois, les populations de cette bande frontalière subissent les assauts des groupes armés, des milices soudanaises qui traversent les frontières comme on traverse une rue du quartier Malimaka, sans que ni la MINUSCA, ni les forces russes stationnées à Birao ne les arrêtent. Jude Ngayoko le sait. Pourtant, dans son interview, il a choisi de taire Angatoy. Comme si effacer un nom pouvait effacer les crimes.
En plus de cela, le Préfet ne parle même pas de ce qui se passe sur les axes reliant la ville d’Ouanda-Djallé avec des morts quotidiens des bandits soudanais ou des miliciens russes. Voilà la septième république des mythos.
Yalinga, une ville de la préfecture de la Haute-Kotto reste une porte grande ouverte sur le Soudan. Et tout le monde le sait : un danger pour le pays.
Selon les propres mots de la sous-préfète Natacha Gwladys Akani, l’autre axe, celui qui mène directement vers la frontière soudanaise, n’est toujours pas sécurisé. Les hommes armés venus du Soudan y circulent comme bon leur semble. Ils entrent, ils sortent, ils passent et repassent sans aucune gêne réelle. C’est devenu leur couloir préféré.
Un an et demi après l’arrivée de Mme Akani, après le déploiement tant vanté des FACA, de la police et de la gendarmerie au centre de Yalinga, cet axe reste une zone de non-droit. La présence des forces de sécurité est concentrée au chef-lieu, mais dès qu’on s’éloigne un peu, surtout vers cet axe stratégique, le vide se fait sentir. Résultat : les rebelles profitent de cette faille béante pour circuler librement.
La sous-préfète ne cache pas son inquiétude. Elle demande ouvertement au gouvernement de « garder le cap » et de renforcer la sécurisation de cette zone. En langage clair, cela veut dire que l’État n’a toujours pas fait le nécessaire. Il a envoyé quelques éléments au centre pour calmer les esprits, mais il a laissé l’axe frontalier sans contrôle réel. Une véritable autoroute pour tous ceux qui veulent causer du trouble ou faire du business illicite avec le Soudan.
C’est le même refrain qu’on entend depuis des années en Centrafrique : on sécurise ce qui se voit, on prend des photos avec les nouvelles casernes bien peintes, et on abandonne les axes sensibles. Les partenaires techniques et financiers applaudissent les progrès au centre-ville, pendant que les rebelles continuent à utiliser librement cette porte d’entrée vers le territoire national.
L’État regarde ailleurs. Il préfère célébrer la jolie gendarmerie et le bureau de sous-préfecture tout neuf plutôt que d’envoyer des renforts conséquents, des moyens roulants et une présence permanente sur cet axe. Résultat : Yalinga reste vulnérable. La population vit avec la peur constante que les hommes armés reviennent en force, parce que rien ne les empêche vraiment de le faire.
Tant que Bangui traitera cet axe comme un détail secondaire, tant qu’on continuera à déployer des forces en nombre ridicule sans les doter des véhicules nécessaires pour patrouiller une zone aussi vaste, la sous-préfecture de Yalinga ne connaîtra jamais la paix durable. Elle restera simplement une localité où l’État fait semblant de revenir, pendant que les rebelles, eux, reviennent vraiment.
La vérité crue est là : l’axe Yalinga-Soudan est devenu une autoroute pour les groupes armés. Et l’État, une fois de plus, choisit de regarder ailleurs.
Depuis l’installation en janvier dernier des miliciens russes d’Afrikacorp, les déplacements quotidiens sont devenus très risqués pour les habitants du Haut-Mbomou souhaitant se rendre au Soudan du sud via la ville de Bambouti.
Comme tout le monde le sait d’ailleurs, dans la préfecture du Haut-Mbomou, la ville de Bambouti est une localité que les habitants d’Obo, de Zemio, même de Mboki rejoignent régulièrement pour transporter des passagers ou écouler des marchandises vers le Sud-Soudan. Une route ordinaire, un commerce transfrontalier banal, jusqu’à l’arrivée des mercenaires russes de la milice Afrikacorp dans la zone.
Pour comprendre la réalité de cette histoire, il faut remonter à la semaine dernière quand deux conducteurs de taxi-moto sont crapuleusement arrêtés par ces criminels de Poutine.
En effet, le mardi 14 avril dernier, deux taximen partis d’Obo en direction de Bambouti ont été interceptés et arrêtés par des éléments d’Afrikacorp au niveau juste de Bambouti. L’un est centrafricain, l’autre est de nationalité soudanaise. Plusieurs jours après les faits, aucun des deux n’a été relâché. Mais après l’intervention pour la seconde fois des autorités sud-sudanaises, les deux jeunes sont finalement libérés et retrouvent Source Ybou au Soudan du sud le week-end dernier.
de nationalité soudanaise. Plusieurs jours après les faits, aucun des deux n’a été relâché.
Ce n’est pas la première fois d’ailleurs. Depuis que les forces russes se sont installées à Bambouti le 1er janvier 2026, les arrestations arbitraires, les blocages et les intimidations se sont accumulés dans la région. Les commerçants hésitent désormais avant de prendre la route. Les taximen calculent le risque. Les familles attendent le retour des leurs sans savoir si ce sera pour le soir ou pour dans plusieurs jours.
La population d’Obo et des environs ne cache plus son exaspération.
Petit Delphin KOTTO, Coordonnateur National de la COSCIPAC, sollicite un nouvel appui de la France pour la restauration de la démocratie en Centrafrique
La Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en Centrafrique, désignée sous le nom de COSCIPAC, a adressé une lettre à Son Excellence Emmanuel Macron, Président de la République française.
Dans cette correspondance, la COSCIPAC, par l’intermédiaire de son Coordonnateur National Petit Delphin KOTTO, expose les raisons d’une reconsidération stratégique de l’engagement de la France en République Centrafricaine en vue de la restauration de la démocratie et de la stabilité durable.
La COSCIPAC rappelle que l’histoire commune entre la France et la République Centrafricaine constitue un socle vivant porteur de responsabilités partagées, d’intérêts réciproques et d’engagements moraux envers les peuples.
La COSCIPAC indique que la République Centrafricaine occupe une position charnière au cœur du continent africain et demeure un espace déterminant pour les équilibres régionaux.
La COSCIPAC mentionne que la situation sécuritaire en République Centrafricaine demeure fragilisée malgré la présence de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique, désignée par le sigle MINUSCA.
La COSCIPAC souligne que les ressources naturelles de la République Centrafricaine, telles que les diamants, l’or et l’uranium, représentent une opportunité de développement et requièrent une gestion équitable et durable dans l’intérêt du peuple centrafricain et des partenaires internationaux.
La COSCIPAC évoque la dimension culturelle et linguistique des relations entre la France et la République Centrafricaine, liée à l’appartenance à l’espace francophone ainsi qu’aux liens éducatifs et aux échanges humains.
La COSCIPAC exprime son point de vue sur l’évolution de la gouvernance nationale sous le régime politique de Faustin-Archange TOUADERA, avec des signaux qui témoignent d’un recul des principes démocratiques, de violations des droits de l’Homme, d’une concentration du pouvoir et d’une marginalisation des forces vives de la nation.
La COSCIPAC en appelle à la responsabilité historique, politique et morale de la France pour favoriser un retour à un ordre constitutionnel pleinement démocratique.
La COSCIPAC indique que la France dispose de leviers diplomatiques pour encourager un dialogue politique inclusif, soutenir les initiatives de réconciliation nationale et promouvoir une gouvernance respectueuse des aspirations du peuple centrafricain.
La COSCIPAC précise qu’il ne s’agit pas de solliciter une ingérence mais plutôt une action diplomatique fondée sur les principes universels de liberté, de justice et de dignité humaine.
La COSCIPAC sollicite de la part du Président français une reconsidération approfondie des relations entre la France et la République Centrafricaine, l’usage du poids diplomatique de la France pour favoriser une transition politique inclusive et crédible, un appui à la restauration des institutions démocratiques et de l’État de droit, ainsi qu’une vigilance accrue face aux dérives autoritaires susceptibles de compromettre la stabilité du pays.
Pour la Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en Centrafrique (COSCIPAC), le document est signé par le Coordonnateur National Petit Delphin KOTTO.
Il fut un temps où les « bacs de Rinegui », ces diplômes obtenus frauduleusement, se négociait dans l’ombre. Aujourd’hui, en Centrafrique, la fraude s’affiche au grand jour. Le ministère de l’Éducation a institutionnalisé la fabrication de bacheliers fantômes, avec un arrêté qui valide des admissions spectaculaire et criminelle. Le tout, sans la moindre honte. Le pays, dirigé par un ancien professeur de mathématiques, vient d’écrire une nouvelle page de son histoire éducative : celle où le diplôme se décroche par décret.
Le ministère centrafricain de l’Éducation est devenu une usine de fabrication massive des faux diplômes. Sur une simple commande passée au téléphone, on peut avoir n’importe quel diplôme. On peut commander un baccalauréat comme on passe une commande au restaurant Zougoulou À Bangui.
Cette histoire ressemble à une blague. Nombreux de nos lecteurs pensent plutôt à une comédie à l’ivoirienne, mais non! C’est une réalité. Regarder, on vous donne un exemple réel.
Depuis la semaine dernière, sur les réseaux sociaux, circule un arrêté ministériel du gouvernement centrafricain. L’arrêté est très visible, noir sur blanc, largement partagé et commenté sur les plateformes de réseaux sociaux.
Daté du 28 février 2025, ce vrai-faux arrêté ministériel proclame l’admission « à titre exceptionnel » de plusieurs dizaines de candidats dans les séries B, G2 et A4. Des noms, des lycées (Gobongo, Barthélémy Boganda),
Le pire dans cette histoire ? Ce document est antidaté. Signé après la publication des résultats officiels, il légalise a posteriori des candidatures qui n’ont jamais existé. En droit, cela s’appelle un faux en écriture publique, commis avec la complicité de l’État.
Comme tout le monde le sait d’ailleurs, certains de ces « lauréats » n’ont jamais dépassé les classes de primaire. D’autres n’ont pas fréquenté l’école. Leurs noms figurent pourtant en série B, G2, A4, aux côtés de ceux qui ont travaillé, révisé, tremblé le jour des épreuves.
Sur les réseaux sociaux, les Centrafricains ont réagi avec colère. Les commentaires des Centrafricains disent tout.
Guy Gervais Komboth Bida a reconnu sur la liste le nom de l’ex-député Ndotizo, un monsieur dont le dossier de candidature aux législatives mentionne déjà un baccalauréat obtenu en 2015. Il figure pourtant parmi les “admis à titre exceptionnel” de 2025 du ministère de l’éducation.
Consultânt Romaric Ganga, lui, est plus direct : “La plupart sont des députés.” José Malot, ex-doyen de la faculté de droit et des sciences économiques à l’université de Bangui résume d’une formule lapidaire : “Bac Honoris causa, comme dirait un frère.”
Dan Frederick Ngbiegba Kognabade anticipe déjà la suite : “Pour la saison 2 : Licence, Master et Doctorat à titre exceptionnel.”
Serge Gbokou pose la question que personne dans les institutions n’ose poser : pourquoi envoyer les enfants à l’école si le diplôme n’est plus la reconnaissance des efforts scolaires ?
Patrick Mbawa répond à sa manière : “Pendant que certains se battent jour et nuit, d’autres obtiennent des diplômes tranquillement par décision administrative. C’est une insulte à tous ceux qui travaillent dur.”
Abdoul Nassir Bello va plus loin : voilà un pays dirigé par un éducateur, Touadéra est professeur de mathématiques, et c’est sous sa présidence qu’on distribue le baccalauréat comme un bon de réduction.
Ce qui est plus délirant, c’est que ça se passe ouvertement. Les faussaires du régime de Touadéra ne se cachent plus. Alors qu’auparavant, les faux diplômes circulaient sous le manteau. On murmurait le nom du baccalauréat de. Aujourd’hui, le ministre, qui est d’ailleurs un faux diplômé, signe en plein jour et publie des listes additives sans se cacher. Le message est désormais clair : l’école ne récompense plus le mérite. Elle récompense les relations. Pourquoi réviser quand un coup de tampon suffit ?
Samantha Olivia Imanga travaillait à Mercure Logistique quand le directeur technique a commencé à lui faire des avances. Elle a refusé net. Dès ce moment, les insultes et la maltraitance ont démarré.
Chaque fois qu’il l’appelait, il l’humiliait violemment. Samantha pleurait en silence, incapable de répondre à cet homme plus âgé qu’elle. Tout le personnel savait ce qui se passait.
Le 24 mars, elle a tout raconté au chef du personnel : harcèlement sexuel, maltraitance et injures. Il a promis d’en parler au PDG. Mais le 3 avril, son chef l’a convoquée pour lui annoncer son licenciement immédiat. Le PDG aurait conclu après enquête qu’elle n’était « pas de bonne moralité ».
Samantha est allée à l’inspection du travail et chez les femmes juristes. Elle décrit un climat où les Libanais traitent les Centrafricains comme des esclaves. On insulte les mères, on crie jusqu’à faire saigner, on licencie sans raison. Personne ne défend les employés, même pas le délégué du personnel.
Elle révèle que dix Camerounais ont déjà été recrutés pour remplacer les locaux, et d’autres arrivent. Pourtant, les Centrafricains ont des diplômes et font tout le travail, y compris celui du directeur technique qui, selon elle, ne connaît rien à la mécanique.
Samantha appelle toutes les autres victimes, femmes et hommes, à témoigner. Elle pose une question directe aux autorités : si le gouvernement n’intervient pas, qui protégera les Centrafricains dans leur propre pays ?
Mercure Logistique nie-t-elle ces faits ? L’avenir dira si ce témoignage restera isolé ou s’il déclenchera enfin une enquête réelle.
Ce témoignage laisse un goût amer. Une jeune femme qualifiée, humiliée puis jetée dehors pour avoir simplement dit non. Les Centrafricains méritent mieux que ce mépris quotidien sur leur propre sol. Il est temps que les autorités écoutent et agissent.
Dans la préfecture de la Vakaga, au nord-est de la République centrafricaine, une nouvelle affaire d’exactions impliquant des forces mixtes Afrikacorp (ex-Wagner) et leurs supplétifs russes noirs est signalée depuis quelques jours dans cette région du nord-Est de la République centrafricaine.
En effet, il y a environ deux semaines, un groupe composé d’éléments russes d’Afrikacorp (ex-Wagner) et leurs supplétifs russes noirs se serait dirigé vers le village de Massambaye. Sur place, ils ont interpellé un jeune civil, sans que les motifs précis de l’arrestation ne soient clairement établis au-delà d’une accusation farfelue de complicité avec des rebelles imaginaires.
Le jeune homme a ensuite été emmené par ces criminels de Poutine et de Touadera jusqu’à Sikikédé. Là, les voyous russes ont exigé de ses parents la somme de 10 millions de francs CFA pour sa libération, affirmant qu’il s’agissait d’un « rebelle » de la CPCF. Les parents, selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, n’auraient pas été en mesure de réunir cette somme.
Face à l’impossibilité de payer, les forces russes de la milice Afrikacorp ont tout simplement procédé à la torture du jeune civil. Il aurait ensuite été pendu à mort. Son corps aurait été traîné sur plusieurs kilomètres dans la brousse aux abords de Sikikédé, avant d’être abandonné. Le groupe aurait ensuite poursuivi sa route en direction de Gordil, toujours dans la Vakaga.
Ce type d’incident s’inscrit malheureusement dans un contexte de tensions persistantes dans le nord et le nord-est du pays, où les opérations de sécurisation menées par les éléments russes d’Afrikacorp avec l’appui des jeunes centrafricains souvent appelés russes noirs visent les groupes armés imaginaires dans la zone. Des sources sécuritaires évoquent régulièrement des arrestations arbitraires, des demandes de rançon et des violences contre des civils soupçonnés de liens avec la rébellion.
Où est passé l’argent des aides scolaires 2024-2025 pour les enfants et étudiants réfugiés, alors qu’on est déjà en mars 2026 et que rien n’est encore arrivé ?
Liliane GAMANZA, Chargée de service communautaire HCR
Les parents réfugiés installés à Bangui en ont ras-le-bol. Depuis l’année scolaire 2024-2025, l’aide promise pour les frais de scolarité de leurs enfants n’est toujours pas arrivée. On parle de 35 000 FCFA pour les élèves du primaire et du lycée, et 100 000 FCFA pour les étudiants à l’université. C’était une habitude chaque année : on amenait le bulletin, on enregistrait, on vérifiait les notes affichées, et l’argent tombait pour aider à payer l’école.
Mais là, depuis plus d’un an, zéro franc tombait aux mains de ces enfants réfugiés. Les familles attendent, attendent, et le budget 2025 est déjà passé à la trappe. On est en mars 2026, la nouvelle année scolaire avance, et toujours rien pour l’ancienne. Les parents à Saint-Charles, par exemple, déboursent parfois 70 000 FCFA de leur poche pour le primaire, alors que l’aide couvre à peine la moitié. Et les tout-petits de maternelle ? Ils sont inscrits, mais pas pris en compte dans cette aide.
Les autorités centrafricaines et les bureaux du HCR ont convoqué des réunions pour calmer le jeu. D’abord vers février 2025, quand les murmures montaient, on parlait de marches, de brouilles entre communautés. Les délégués ont été appelés en urgence, on leur a présenté des excuses, promis que l’argent serait débloqué « bientôt », fin février. Rien. Ensuite, d’autres réunions : on prépare 2026, on va vérifier les effectifs dans les écoles, contrôler les enfants… Mais pour 2024-2025 ? Silence total.
Il y a même des contradictions qui rendent les gens fous. La chargée de protection (la Canadienne) dit d’un côté qu’on va finir avec les réfugiés de longue date, trouver des solutions durables. De l’autre, les gens chargés de la scolarité et de la santé réunissent du monde pour dire qu’on va faire des contrôles et payer pour la nouvelle année. Pendant ce temps, les bulletins des enfants restent sans aide, et les parents se demandent : l’argent est où ?
Certains murmurent que le budget a été bouffé quelque part, qu’on cherche juste comment justifier. D’autres calculent : comment un budget 2025 peut-il passer directement à 2026 sans rien verser ? Les réfugiés n’ont presque plus d’assistance ici. Cette aide scolaire était la seule chose concrète qui restait. Sans elle, les gosses risquent de décrocher, les familles s’endettent encore plus.
Les parents posent désormais la question simple : où est passé cet argent ? Et pour la suite, 2026, est-ce que ça va recommencer la même galère ? On attend des réponses claires de l’HCR, des partenaires et des autorités. Parce que les enfants ne peuvent pas attendre éternellement.
Lors d’une émission sur la chaîne gabonaise SIBIKAN MEDIA, Martin Ziguélé, ancien Premier ministre et porte-parole du BRDC, a employé une métaphore forte pour qualifier le régime Touadéra : “Nous sommes dans un goulag, une sorte de goulag tropical.”
Cette comparaison avec les camps de travail soviétiques montre selon lui le niveau de répression atteint en Centrafrique. Ziguélé explique d’abord sa situation personnelle : “Moi je suis interdit d’expression sur la radio de mon propre pays, je suis interdit de participation à un débat à la télévision d’État de mon propre pays.”
L’ancien Premier ministre, figure politique majeure du pays, ne peut plus s’exprimer sur les médias publics centrafricains. Cette censure totale d’un opposant de cette envergure témoigne du verrouillage de l’espace médiatique.
Ziguélé compare la situation actuelle avec le chemin parcouru : “Regardez le chemin que nous avions parcouru en renversant l’Empire, en restaurant la République, en instaurant la démocratie, en créant une alternance démocratique en Afrique. Et regardez le recul que nous avons connu aujourd’hui”.
Cette référence historique rappelle que la Centrafrique a été pionnière en matière démocratique en Afrique. Le pays avait renversé la monarchie de Bokassa, restauré la République, organisé des élections libres. Cette histoire rend le recul actuel encore plus dramatique.
L’ancien Premier ministre décrit l’état des médias publics : “La radio-télévision n’existe que de nom. La télévision n’existe que de nom et la radio est constamment en panne, elle n’a même pas de groupe électrogène de secours”.
Il raconte un incident récent : “Il y a deux semaines, un journaliste en plein journal a pété les plombs et a dit que ce n’est plus possible, que c’est incroyable qu’une radio nationale, alors que le sommet des chefs d’État de la CEMAC se tenait ici, la radio centrafricaine ne pouvait pas faire le reportage en direct par manque de moyens”.
Cette anecdote montre l’état de délabrement des médias publics. Un pays qui accueille un sommet international mais dont la radio nationale ne peut pas le couvrir faute de moyens.
Ziguélé évoque l’histoire de la télévision centrafricaine : “La télévision a une histoire particulière en République Centrafricaine. C’était sous Bokassa que Bangui, la République Centrafricaine, a été le premier pays à avoir la télévision couleur à l’époque. Nous nous en vantions un peu partout et aujourd’hui nous nous retrouvons le dernier de la classe sans moyens”.
Cette comparaison historique est parlante : du premier pays africain avec la télévision couleur au dernier de la classe. Cette régression symbolise le destin du pays entier sous Touadéra.
L’ancien Premier ministre dénonce la transformation des médias publics : “Nos médias nationaux sont non seulement verrouillés pour que l’opposition ne s’y trouve pas, mais transformés en radio-collines”.
Cette référence aux “radio-collines” rwandaises qui ont diffusé la propagande du génocide en 1994 constitue une accusation grave. Ziguélé affirme que les médias centrafricains servent désormais uniquement la propagande du régime.
La métaphore du “goulag tropical” employée par Ziguélé renvoie à plusieurs réalités : l’interdiction d’expression pour l’opposition, la censure des médias, la répression politique, l’emprisonnement des voix critiques.
Un goulag est un camp de travail forcé où les dissidents étaient envoyés en Union soviétique. En qualifiant la Centrafrique de “goulag tropical”, Ziguélé suggère que le pays entier est devenu une prison pour ceux qui osent critiquer le pouvoir.
Cette situation contraste totalement avec l’histoire démocratique du pays. La Centrafrique avait connu des périodes de liberté d’expression, d’alternance démocratique, de pluralisme politique. Touadéra a détruit ces acquis.
Le verrouillage des médias publics constitue un élément clé de cette dérive autoritaire. Quand l’opposition ne peut plus s’exprimer sur les radios et télévisions nationales, le débat démocratique devient impossible.
L’état de délabrement de ces médias, pannes constantes, absence de moyens, n’est probablement pas accidentel. Un média public qui fonctionne mal peut difficilement jouer son rôle de contre-pouvoir.
La transformation en “radio-collines” témoigne de l’instrumentalisation totale des médias publics au service du pouvoir. Ils ne servent plus à informer mais à propager la parole officielle.
Cette situation médiatique s’inscrit dans le tableau plus large dressé par Ziguélé et Akandji-Kombé : un pays contrôlé par Wagner, un président qui vend les ressources nationales, une Constitution taillée pour protéger les criminels économiques, une opposition muselée.
Le “goulag tropical” de Ziguélé décrit une Centrafrique devenue prison à ciel ouvert où la liberté d’expression a disparu, où les opposants sont réduits au silence, où les médias propagent uniquement la parole du pouvoir.
Cette dérive autoritaire s’accompagne d’un effondrement des services publics – routes détruites, hôpitaux sans moyens, écoles délabrées, médias en panne – qui rend la vie quotidienne insupportable pour la majorité des Centrafricains.
La Police nationale centrafricaine est une nouvelle fois frappée par le deuil. Alors que les obsèques du Gardien de la Paix Junior Bagaza Yadere, décédé le 4 avril dernier à Berberati, venaient de se dérouler, un dramatique accident de la circulation est survenu vendredi 17 avril 2026 sur l’axe de Damara, blessant grièvement plusieurs agents de la police.
Les policiers victimes d’un terrible accident ce vendredi 17 avril 2026 sur la route de Damara
La dépouille du défunt, affecté à la Compagnie régionale numéro 2 basée à Berberati, a été présenté officiellement vendredi dernier au commissariat central de Bangui. La cérémonie s’est déroulée dans la dignité avant que le cortège ne prenne la direction de l’axe Damara pour l’enterrement.
À leur retour, un terrible accident s’est produit. Trois policiers à bord d’une moto sont entrés en collision avec une moto-taxi. Le choc a été d’une extrême violence. L’agent qui pilotait la moto a été particulièrement touché : son pied, encore chaussé de son ranger, a été sectionné sous le choc et projeté à plusieurs mètres du lieu du drame. Les secouristes et les collègues présents ont immédiatement entamé des recherches pour retrouver le membre amputé, qui a finalement été localisé quelques instants plus tard.
La victime, grièvement blessée, a d’abord été évacuée vers l’hôpital communautaire. Devant la gravité de son état, elle a été transférée en urgence vers la structure de Médecins Sans Frontières (MSF). Il s’agit du policier Quentin, en service à l’Interpol.
Cet accident endeuille une nouvelle fois la grande famille de la Police nationale, déjà éprouvée par la perte récente de Junior Bagaza Yadere, qui laisse derrière lui une veuve et quatre enfants (deux garçons et deux filles).
Cet enchaînement tragique rappelle la vulnérabilité des forces de l’ordre sur les routes centrafricaines, souvent exposées à des conditions de circulation dangereuses. Il pose également la question de la sécurité des cortèges funéraires et des moyens de transport utilisés par les agents. Les autorités policières et sanitaires sont mobilisées pour apporter tout le soutien nécessaire au policier Quentin et à sa famille, tandis que l’enquête sur les circonstances exactes de la collision devrait permettre de déterminer les responsabilités.
Dans son discours fleuve de son couronnement marquant l’entrée officielle dans sa « Septième République », le désormais l’Empereur Faustin-Archange Touadéra a livré un message clair et sans ambiguïté à l’opposition démocratique : le temps du dialogue politique est révolu. Place désormais à un « rassemblement » derrière sa vision et son projet, sous peine d’être assimilé aux ennemis de la République.
Un revirement cynique après une campagne axée sur le dialogue.
Ce discours marque un revirement spectaculaire. Avant les élections présidentielles de décembre 2025, tous les discours de Touadera et de son entourage étaient centrés sur la nécessité du dialogue avec l’opposition. Touadéra avait même chargé son Premier ministre, Félix Moloua, d’entamer des discussions avec les leaders du BRDC et d’autres formations. Cette posture d’ouverture avait permis d’obtenir une certaine indulgence, voire un soutien technique et financier de la part de la communauté internationale et de l’Union africaine.
En réalité, ce dialogue n’était qu’une façade. Une fois l’élection remportée dans des conditions fortement contestées (76,15 % des voix au premier tour, boycott d’une grande partie de l’opposition et accusations d’irrégularités), le discours a changé radicalement. Le masque est tombé : le « dialogue » promis n’était qu’un outil pour légitimer le processus et débloquer des appuis extérieurs. Maintenant que le pouvoir est consolidé, Touadéra impose une nouvelle ligne : le « rassemblement ».
L’absence remarquée du dialogue.
Alors que le pays sort d’un scrutin présidentiel fortement contesté, beaucoup attendaient un geste d’apaisement ou au moins une reconnaissance de la pluralité politique. Il n’en a rien été.
Le terme « dialogue » n’a été évoqué que comme une page tournée du passé. Pour l’avenir, Touadéra impose un nouveau vocabulaire : le « rassemblement ». Derrière ce mot apparemment consensuel se cache une exigence d’allégeance. l’Empereur Touadera dit tendre la main, mais uniquement à ceux prêts à « transcender les clivages » pour soutenir un projet déjà déclaré « plébiscité » par les urnes. En clair : acceptez mon leadership sans discuter, ou restez en dehors.
L’opposition reléguée au rang de menace.
L’élément le plus inquiétant reste l’absence totale de reconnaissance de l’opposition démocratique comme interlocuteur légitime. Au lieu d’ouvrir des espaces de concertation, Touadéra fusionne critique politique et menace sécuritaire.
Il désigne explicitement des « ennemis de la République » et des « relais clandestins », notamment ceux qui utilisent les réseaux sociaux pour dénoncer les dérives du pouvoir. Contester la légitimité du troisième mandat ou pointer les irrégularités électorales n’est plus une opinion politique légitime, mais une « trame criminelle » visant à plonger le pays dans le chaos.
Cette rhétorique, officialisée lors d’un discours d’investiture, criminalise potentiellement la dissidence et justifie à l’avance une répression judiciaire ou sécuritaire contre les voix dissonantes.
Les leaders de l’opposition doivent s’attendre au pire.
Dans les prochaines semaines suivant la fin du processus électoral, les leaders de l’opposition démocratique doivent s’attendre à une intensification de la pression. La criminalisation de la contestation laisse craindre des arrestations, des poursuites judiciaires pour « trouble à l’ordre public » ou « atteinte à la sûreté de l’État », voire des mesures plus drastiques de dissolution de leurs partis politiques. Le « rassemblement » annoncé ressemble moins à une main tendue qu’à une sommation : intégrez-vous ou subissez les conséquences.
La réconciliation confisquée par le pouvoir.
Touadéra exige des leaders politiques qu’ils placent « la République désormais Empire Touadera au-dessus de leurs ambitions personnelles ». Pourtant, sa propre boussole semble se résumer à son serment et à la consolidation de son projet. La réconciliation nationale, autrefois envisagée comme un processus politique inclusif, est désormais renvoyée exclusivement à la justice et à la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR).
En évacuant tout besoin de consensus politique large, le régime de la Septième République se présente comme un bloc monolithique où la diversité d’opinions devient suspecte.
La Centrafrique se dirige inexorablement vers une République du silence.
En refusant d’évoquer un véritable dialogue avec ses opposants, Faustin-Archange Touadéra confirme la fin de l’ère de la concertation. La « Transformation » qu’il promet semble inclure la transformation de l’espace politique en une chambre d’écho de son propre discours.
Pour l’opposition démocratique, le choix devient cruellement binaire : se fondre dans le « rassemblement » officiel ou risquer d’être traquée comme menace à la stabilité. Pour les Centrafricains ordinaires, cela soulève une question essentielle : une stabilité obtenue par le silence et l’uniformité sera-t-elle durable, ou portera-t-elle en germe de nouvelles frustrations et tensions ?
La communauté internationale, qui a été bernée par la promesse initiale de dialogue, doit prendre la mesure de ce tournant autoritaire larvé. Accepter la souveraineté d’un État ne signifie pas fermer les yeux sur le rétrécissement de l’espace démocratique, la criminalisation de la critique et les risques d’exclusion qui en découlent. Touadéra a choisi sa voie. Il est temps que chacun assume les conséquences de ce choix, sans illusions.
Un an après la levée de l’embargo sur les armes, la logistique militaire centrafricaine, toujours en ruine, entrave l’armée face à une insécurité croissante.
En République centrafricaine, où les groupes armés continuent de semer la terreur dans les provinces, l’espoir d’une armée nationale forte et autonome s’effondre sous le poids d’une logistique militaire en plein désarroi. La levée de l’embargo sur les armes par les Nations unies en juillet 2024, saluée comme une étape vers la souveraineté sécuritaire, n’a pas tenu ses promesses. Lors d’une émission de la radio Ndéké-Luka, Jean Sosthène Dengbe, président de la Commission défense et sécurité à l’Assemblée nationale, a peint un tableau optimiste, vantant des véhicules neufs et des dons des partenaires étrangers pour équiper les Forces armées centrafricaines (FACA). Mais ses paroles, entre ambition affichée et aveux d’impuissance, cachent une réalité bien plus sombre : la logistique militaire est en lambeaux, et les ressources, lorsqu’elles existent, semblent échapper aux soldats centrafricains pour bénéficier à d’autres acteurs, notamment les mercenaires russes du groupe Wagner.
Dengbe, chargé de superviser la réforme du secteur de la sécurité (RSS), a mis en avant plusieurs efforts. Il a évoqué l’acquisition de véhicules neufs pour certains détachements, une rupture avec les carcasses d’occasion qui encombraient les casernes. Il a également salué des dons américains, comme des citernes qu’il dit “intactes”, et une hausse des budgets pour les ministères de la Défense et de l’Intérieur. Ces annonces s’accompagnent de projets ambitieux : relancer les génies militaires pour construire des routes ou des bases, comme l’avenue Benz-vi jadis, et former une armée d’élite via des académies au Maroc ou en Russie. Une formation récente de 36 chauffeurs à Beyrumeu est présentée comme un pas vers la professionnalisation. Dengbe insiste sur la discipline et l’engagement des soldats, qu’il décrit comme soucieux du matériel confié, et rêve d’une RCA libérée de toute dépendance étrangère pour sa défense.
Pourtant, ces déclarations se heurtent à une réalité implacable, que Dengbe lui-même laisse entrevoir. La logistique militaire ne se résume pas à des véhicules. Elle exige une chaîne complète : carburant, rations pour les soldats, maintenance, techniciens qualifiés. Sur ces points, le tableau est désastreux. Dengbe admet l’absence d’un service dédié à la gestion logistique, un vide qui paralyse les FACA. Autrefois, des chauffeurs, ingénieurs et logisticiens formaient l’épine dorsale de l’armée ; aujourd’hui, ce savoir-faire s’est volatilisé. Pire, le carburant, essentiel pour les opérations, dépend encore de la MINUSCA, la mission onusienne en RCA. Cette dépendance, que Dengbe mentionne avec une gêne palpable, contredit l’aspiration à une armée autonome, un objectif martelé par le président et le ministre de la Défense.
Mais une ombre encore plus lourde plane sur ces annonces : les ressources, lorsqu’elles arrivent, ne semblent pas bénéficier aux FACA, surtout dans les provinces. Des témoignages persistants, relayés par des observateurs locaux, révèlent une réalité alarmante. Les véhicules neufs et les équipements fournis par les partenaires internationaux, souvent destinés à renforcer l’armée nationale, seraient en grande partie détournés vers les mercenaires russes du groupe Wagner, omniprésents en RCA. Ces derniers, déployés dans des zones stratégiques, roulent dans des blindés modernes, utilisent des motos tout-terrain pour sillonner les forêts, et disposent de flottes de plusieurs véhicules – parfois deux, trois, voire quatre par unité. Pendant ce temps, les soldats FACA stationnés dans des villes comme Bambari, Bria ou Kaga-Bandoro manquent cruellement de moyens. Dans bien des cas, ils n’ont aucun véhicule à leur disposition et doivent emprunter des motos à des civils pour se déplacer, voire pour partir au combat contre des groupes armés mieux équipés.
Cette disparité jette une lumière sur les déclarations de Dengbe. Lorsqu’il parle de véhicules neufs, il omet de préciser leur répartition. Combien de ces camions ou citernes atteignent réellement les FACA, et combien finissent entre les mains de Wagner, qui opère en parallèle de l’armée nationale ? Cette question, que le député élude, alimente un sentiment de défiance. Les FACA, censées incarner la souveraineté de la RCA, se retrouvent reléguées au second plan, dépendantes non seulement de la MINUSCA pour le carburant, mais aussi de Wagner pour les opérations d’envergure. Cette tutelle russe, loin d’être un simple appui, confine à une mainmise. Les mercenaires, avec leurs blindés et leurs motos, mènent des missions que les FACA, faute de moyens, ne peuvent assumer. Cette situation, murmurée dans les provinces, transforme l’optimisme de Dengbe en une promesse vide pour les soldats laissés à l’abandon.
La levée de l’embargo, censée doter la RCA d’une armée capable de tenir tête aux milices dans des préfectures comme l’Ouham-Pendé, l’Ouham ou la Nana-Gribizi, n’a fait que révéler ces déséquilibres. Sans logistique fiable, les armes neuves, si elles parviennent, restent inutiles. Dengbe souligne l’importance du carburant, “en matière de guerre”, mais qui contrôle les citernes ? Les FACA, clouées au sol par manque de moyens, ou Wagner, qui parade avec des équipements modernes ? Les soldats, souvent contraints d’improviser avec des motos de fortune, ne peuvent rivaliser avec des groupes armés mobiles et bien armés. Cette faiblesse logistique, aggravée par la captation des ressources par des acteurs étrangers, rend l’armée incapable de sécuriser les couloirs de transhumance – un autre échec que Dengbe reconnaît à demi-mot.
Les racines du problème sont profondes, et Dengbe ne les ignore pas. Il évoque les “plaies béantes” héritées des crises, de la guerre civile de 2013 aux conflits qui ont suivi, qui ont démantelé les institutions et vidé les caisses de l’État. Ce constat est juste, mais il ne peut excuser l’absence de progrès tangibles. La RSS, soutenue par l’Union européenne et d’autres partenaires, devait reconstruire une armée opérationnelle. Or, près d’un an après la levée de l’embargo, les avancées se limitent à des gestes symboliques : quelques véhicules, une poignée de chauffeurs formés, des promesses de génies militaires sans calendrier précis. Les formations à l’étranger, au Maroc ou en Russie, concernent une élite restreinte, loin des besoins massifs d’une armée en reconstruction. Et pendant que les FACA peinent à se déplacer, Wagner consolide son emprise, transformant l’armée nationale en un simple faire-valoir.
Jean Sosthène Dengbe, en tant que président de la Commission défense, porte une responsabilité dans ce fiasco. Son discours, qui oscille entre satisfecit et aveux, manque de franchise. Lorsqu’il loue la discipline des soldats ou la “vision” d’une armée indépendante, il passe sous silence la dépendance humiliante envers Wagner et la misère logistique des FACA dans les provinces. Les citoyens centrafricains, épuisés par l’insécurité, n’attendent pas des mots, mais des actes. Chaque jour où les soldats mendient des motos pour rejoindre le front, la confiance dans l’État s’effrite. Chaque véhicule détourné vers Wagner est une trahison des promesses faites après l’embargo….
L’Organisation des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a publié son Rapport de situation n°61 en date du 31 mars 2026. Ce document met en évidence des difficultés croissantes dans la réponse humanitaire, notamment la fermeture de plusieurs bases opérationnelles dans le nord-ouest et le centre du pays.
Selon le rapport, des bases humanitaires ont dû fermer leurs portes dans les préfectures de l’Ouham-Péndé, Lim-Péndé et Haute-Kotto en raison d’un manque de financements. Ces fermetures interviennent alors que les acteurs humanitaires poursuivent l’évaluation de la situation sur les axes Zémio-Dembia et Zémio-Mboki.
Dans le centre et l’ouest du pays, les opérations de réponse aux besoins alimentaires se poursuivent, mais restent contraintes par les ressources limitées.
Le rapport confirme que 2,3 millions de personnes ont toujours besoin d’assistance humanitaire à travers la République centrafricaine. Parmi elles, 1,3 million sont ciblées par les opérations en cours. Au 31 décembre 2025, 427 000 personnes demeuraient déplacées internes.
Les besoins financiers requis s’élèvent à 264,1 millions de dollars. Au 19 mars 2026, 38,4 millions de dollars ont été reçus, soit 14,6 % du montant total demandé.
Ce rapport hebdomadaire, élaboré par l’OCHA en collaboration avec ses partenaires humanitaires, couvre la période du 25 au 31 mars 2026. Il souligne les défis persistants liés au sous-financement qui limitent la capacité des organisations à maintenir leur présence sur le terrain.
Le BRDC dresse un réquisitoire sans appel contre dix ans de gouvernance Touadéra : routes mortes, écoles effondrées, armée inexistante et peuple abandonné
Maître Crépin Mboli Goumba, président du parti Patrie et coordonnateur du BRDC. Photo CNC
Dix ans après l’accession de Faustin-Archange Touadéra à la magistrature suprême, le Bloc Républicains pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC) tire un bilan dévastateur d’un régime qui a méthodiquement ruiné chaque secteur vital du pays.
Pour l’opposition réunie au sein du BRDC, les promesses de 2016 appartiennent désormais à une autre époque. Les routes de l’arrière-pays sont impraticables, coupant les paysans de tout débouché commercial. Les élèves apprennent sous les arbres, faute de salles. Les 67% de maîtres-parents qui portent à bout de bras un système éducatif sinistré ne reçoivent rien ou presque. L’université unique du pays manque d’amphithéâtres, de bibliothèques, de tout. Les hôpitaux soignent avec des mains nues. Les permis miniers s’obtiennent dans l’opacité la plus totale pendant que les rivières crèvent sous les rejets des sociétés extractives.
À l’est, selon le BRDC, Wagner a fabriqué une milice dénommée Wagner ti Azandé que Bangui ne contrôle plus. À l’ouest, des corps décapités témoignent du retour des vieux démons. La sécurité du territoire a été sous-traitée à la Minusca hier, désormais à Wagner, sans qu’une armée républicaine digne de ce nom ait jamais été construite. Le retrait progressif de la MINUSCA ouvre un vide que personne n’est en mesure de combler.
Sur le plan politique, le BRDC affirme que les prétendues élections groupées du 28 décembre 2025 ont achevé de détruire ce qui restait de légitimité au régime. Le BRDC avait appelé au boycott. Le peuple a suivi. Le stade 20 000 places lors de l’investiture était désert, les rares militants présents se battant pour trouver de l’eau à boire.
Et ce n’est pas tout! Le BRDC fonce et pense que la capitale Bangui n’est plus épargnée par ce chaos : braquages dans les arrondissements, assassinats en milieu carcéral, tortures documentées dans les prisons. Un policier enlevé et exécuté dans ses propres locaux. Des arriérés de salaires qui s’accumulent. Une communauté financière internationale qui tourne le dos à un gouvernement incapable de réformer sa politique sur les hydrocarbures, maintenant délibérément les prix à la pompe pour appauvrir le consommateur centrafricain.
Le BRDC ne compte plus laisser Touadéra dormir sur ses deux oreilles. Il constate en plus que les terres de la périphérie, elles, partent en lambeaux. Chaque année, des portions du territoire national glissent vers les pays voisins qui profitent du vide de l’État. Aucune réaction officielle. Aucune conscience patriotique mobilisée depuis le palais.
Enfin, pour terminer, le BRDC sort son arme de la paix : le dialogue. Il exige désormais, comme il l’a fait toujours, un dialogue politique. Les consignes au peuple, précise l’organisation, viendront en temps voulu pour défendre la liberté, la dignité, et arracher la restauration de la démocratie à un régime qui a pris la Constitution, les ressources naturelles et l’avenir du pays en otage.
Après l’investiture du Président de la République suite à sa réélection à un score soviétique estimé à plus de 76% de suffrages valablement exprimés, le stade vingt mille places sous une pluie diluvienne du 30 mars dernier a servi de cadre cérémonial et festif du parti au pouvoir.
L’opinion publique nationale s’est enfin rendue à l’évidence que la formation du nouveau gouvernement et très probablement la désignation du vice-président de la République se feront après les résultats définitifs des élections législatives.
Cette épreuve de formation du gouvernement est un exercice aussi délicat, critique que polémique et intervient dans un contexte où le pouvoir de Bangui est pressé par les attentes, les aspirations du peuple nées des promesses de campagne, les récompenses voire les primes de reconnaissances ou du devoir accompli du camp présidentiel qu’on appelle traditionnellement et affectueusement “les mouillés-maillots” sans oublier les attentes des partenaires au développement.
Cette problématique de la formation du nouveau gouvernement a certes préoccupé les observateurs de la vie politique centrafricaine mais aussi a agité et inquiété bon nombre avec un risque d’embraserment et d’éclatement de la sphère présidentielle.
Il s’agit d’une étape charnière où le Président de la République est confronté à un test optionnel décisif de sa capacité de résilience c’est-à-dire de choisir soit de continuer avec les siens en conservant les acteurs politiques actuels et être accusé de favoritisme ou d’immobilisme, soit d’ouvrir largement le gouvernement à d’autres courants politiques au risque d’exposer son pouvoir aux fractures tout en neutralisant les foyers de tension ou de contestation ainsi que de la frustration de son propre camp.
Ce noble et prestigieux exercice qui relève exclusivement du pouvoir discrétionnaire du Président de la République apparaît de prime abord comme une phase de consolidation des institutions républicaines mais soulève aussi des inquiétudes voire des craintes d’effondrement du socle de l’État.
Il apparaît important de rappeler que pendant cette période d’attente ou de latence, des ondes électrostatiques se baladent dans la stratosphère et qui se matérialisent par des rivalités internes au sein du pouvoir, des guerres de clans, d’ethnie et de région, la guerre entre les fidèles historiques et les opportunistes, le sort réservé aux alliances de circonstances et des centaines de comités de soutien qui attendent leur récompense sans oublier les attentes pressantes de la population nées des promesses de campagne.
Au delà de tout ce qui précède, le chef de l’État sera non seulement l’otage des groupes paramilitaires de Wagners qui asphyxient la gouvernance politique, pillent les ressources naturelles et minières mais aussi prisonnier de luxe de son propre camp.
Au firmament de ce qui précède, l’épicentre de la problématique nous amène à esquisser des scénarios plausibles afin d’en créer un équilibre pour le bien-être de la population.
Le Président de la République peut tout d’abord opter pour la continuité c’est-à-dire jouer la carte de la prudence pour sécuriser le pouvoir en repoussant ou en retardant les tensions internes.
Ce qui conduira immédiatement à son isolement politique, diplomatique surtout envers les partenaires au développement y compris les institutions internationales financières.
Ensuite, le chef de l’État a la latitude ou la liberté de remanier partiellement le gouvernement avec l’entrée de nouvelles têtes afin de rechercher un équilibre en prévision de foyer de tension où les ministres sortants deviendront potentiellement et en filigrane des opposants insipides.
Enfin, le Président de la République peut opter pour une nouvelle équipe gouvernementale et possiblement avec une grande ouverture politique afin de marquer une rupture, de gagner la confiance jadis perdue de la population ainsi que d’ envoyer de signaux positifs à la communauté internationale.
Dans l’attente de ce nouveau gouvernement où le pays est volontairement placé en veilleuse, le citoyen lambda s’interroge :
1- Le risque de fractures et de déclin de la septième République est-il réel ou utopique ?
2- Quels sont les enjeux pour la stabilité, l’équilibre social et les perspectives d’avenir pour la septième République ?
3- Quels sont les impacts des différents choix sur la trajectoire géométrique de la septième République ?
4- En d’autres termes, entre le choix de la continuité politique et la rupture où le pouvoir de Bangui est confus voire indécis, quels sont les effets potentiels sur la consolidation de la septième République ?
En tout état de cause, la formation du nouveau gouvernement ne sera nullement une simple formalité administrative mais une étape décisive qui marquera le test de crédibilité de cette nouvelle République qui est menacée de delitement et de l’effondrement de l’État.
Il faut comprendre par ailleurs que ce n’est pas la formation du nouveau gouvernement qui pose problème pour un envol démocratique et économique mais c’est le mandat de trop volé au peuple au mépris des textes constitutionnels qui erode de façon graduelle l’unité et la cohésion nationale…facteur clé de notre développement.
Au delà de ce serment réduit à un formalisme protocolaire, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signale que forcer un mandat supplémentaire illégal est une voie infructueuse voire sans issue qui ne résout pas la crise mais au contraire n’est qu’une aggravation des causes du problème.
Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré, terrorisé dans une République où les femmes sont impunément et copieusement insultées et que les diplômes de baccalauréat qui couronnent le cycle de l’enseignement secondaire autrefois prestigieux au point que les échoués se suicidaient de façon phénoménal sont désormais délivrés à titre exceptionnel c’est-à-dire par simple décision ou humeur du ministre de l’éducation nationale.
Bientôt ce sésame se délivrera sans étonnement à titre posthume…
Attention Monsieur le Président, la peur corollaire de l’indifférence et de l’inaction du peuple vous donne l’impression que les dérapages, la corruption, le népotisme, la gabegie, le bradage des ressources naturelles, la sous-traitance de notre indépendance et le mépris envers le peuple sont légitimes et légaux.
Ce pays qui symbolise le sacrifice de vie et l’héritage du feu Président fondateur Barthélémy Boganda à connu de pires tyrans que vous mais qui ont fini leur mégalomanie exacerbée dans la poubelle non recyclable de l’histoire.
Au delà de votre insatiable soif de pouvoir, le sage du village disait que ce dernier n’était pas un patrimoine familial et/ou dynastique où on pouvait négocier par des manœuvres dilatoires des mandats à vie.
Il faut savoir que nul n’est indispensable à ce pays qui regorge des compétences avec des visions multiples et variées à travers le monde et qui peuvent mieux servir ce pays que vous.
Alors n’attendez pas que la huée populaire, la clameur de la rue et la vocifération pour manifester l’hostilité ou la réprobation vous poursuivent pour comprendre que le moment de libérer le fauteuil présidentiel est arrivé.
Alors, il apparaît judicieux de démissionner Monsieur le Président.
Attention Monsieur le tyran, nous ne cessons de vous rappeler puisque la répétition est pédagogique que nous avons le flair et l’aptitude de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Malheur
à ceux où celles qui s’étonnent du résultat produit alors qu’ils étaient conscients du danger.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande même avec insistance ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Une scène inhabituelle a marqué le culte dominical du dimanche 12 avril 2026 à l’Église UFEB Bataillon 2 de Bangui. En effet, tout a commencé après la diffusion d’une chanson très critique composée par le pasteur Issene Faki lui-même.
Rappelons que le pasteur Issene Faki avait sorti il y’a quelques semaines deux chansons directement du studio. Les paroles, très dures et ciblées, visent clairement des personnes qu’il considère comme ses détracteurs au sein de l’église. Le ton et le style rappellent plus celui d’un chanteur de cabaret que celui d’un pasteur. Dès leur sortie, ses enfants ont partagé ces morceaux dans plusieurs groupes liés à l’église, dont celui des chorales rédemptrices.
L’une de ses filles a particulièrement poussé la publication en envoyant la chanson dans plusieurs groupes de l’église. Cette action a immédiatement attiré l’attention et provoqué des réactions vives.
Le lundi de Pâques, une responsable de la chorale du culte français, vice-présidente du groupe des chorales rédemptrices, qui avait déjà eu des tensions avec le pasteur Faki, car elle avait été suspendue par ce dernier du rang des diaconesses proposées sans motif apparent, a découvert la chanson dans le groupe. Elle a aussitôt exprimé son mécontentement : « Ce n’est pas le lieu approprié pour diffuser ce genre de musique. » Le président de la chorale a pris la parole à son tour pour dire que publier ce type de chanson dans le groupe n’était pas approprié et qu’il fallait éviter ce genre de geste. Pour lui, publié ce genre de chanson ici dans le groupe de la chorale revient à leur envoyer un message claire.
Mais la surprise vient quelques jours plus tard. Le dimanche 12 avril, lors du culte français, le moment est venu pour la chorale de faire sa présentation. Au lieu de chanter comme d’habitude, les membres de la chorale ont diffusé directement la chanson du pasteur Issene Faki dans toute l’église. À la fin du morceau, le président de la chorale a pris le micro et a expliqué publiquement leur choix en ce terme :
« Depuis l’arrivée du pasteur Faki en 2019 à l’église Bataillon 2 de l’UFEB, beaucoup de choses ne vont plus. Il y a des malversations, des insultes, des provocations permanentes. Cela décourage un grand nombre de fidèles. Certains ne veulent même plus venir à l’église à cause de cette situation. Nous pensons qu’il est temps que le pasteur Faki quitte cette église et qu’il soit remplacé par d’autres pasteurs, car la situation actuelle ne peut plus continuer ainsi. »
À peine avait-il terminé son intervention que l’épouse du pasteur Faki a tenté de prendre la parole. Le président du culte de ce jour lui a immédiatement retiré le micro. C’est alors que la fille du pasteur (celle-là même qui avait publié la chanson dans les groupes de chorales) a explosé de colère en plein culte. Elle s’est mise à crier :
« Non ! Non ! Tout le temps c’est le nom de Faki ! Tout le temps c’est le nom de Faki ! C’est trop ! C’est trop ! »
La tension est montée d’un coup dans l’église. Plusieurs responsables se sont rapidement levés pour calmer la jeune femme. Ils l’ont prise par la main, l’ont fait sortir pour lui parler longuement et la raisonner. Pendant ce temps, l’assemblée restait agitée. Une fois la jeune femme apaisée, elle est revenue s’asseoir et le culte a pu reprendre son cours normal.
Le pasteur qui prêchait ce dimanche a ensuite demandé aux fidèles de se serrer la main et de se pardonner mutuellement avant de conclure le service.
Pendant ce temps, le pasteur Issene Faki n’était pas présent ce jour-là. Il se trouvait au Cameroun pour obtenir un visa en vue d’un voyage missionnaire en Allemagne. Il doit rentrer à Bangui avant de prendre l’avion.
Beaucoup de fidèles s’attendent maintenant à une réaction forte de sa part à son retour, car il est connu pour son tempérament impulsif. Deux camps bien distincts se font désormais face au sein de l’église : d’un côté les chorales et ceux qui soutiennent leur position, de l’autre ceux qui restent fidèles au pasteur Faki.
La situation met également en cause la direction de l’UFEB. Plusieurs voix accusent le président de l’UFEB d’être un proche parent du pasteur Faki et de l’avoir maintenu à ce poste malgré le refus manifeste d’une grande partie des fidèles de l’église Bataillon 2. Après le décès de l’ancien pasteur, l’UFEB avait envoyé Issene Faki, mais les membres de l’église n’en voulaient pas dès le départ.
Aujourd’hui, l’église qui comptait autrefois beaucoup plus de membres ne rassemble plus que 200 à 300 personnes. De nombreux fidèles ont déjà quitté les lieux à cause des tensions répétées. Si rien n’est fait, l’église risque de se vider complètement.
L’affaire de la chanson du pasteur Issene Faki a fait éclater au grand jour les profondes divisions qui existent depuis plusieurs années au sein de l’Église UFEB Bataillon 2 à Bangui. Les prochains jours et surtout le retour du pasteur risquent d’être déterminants pour l’avenir de cette communauté.