Christian et Euseb Dondra transférés à la prison de Ngaragba
Centrafrique.org/centrafrique-approbation-de-la-declaration-de-politique-generale-du-gouvernement/le-premier-ministre-henri-marie-dondra-a-la-tribune-de-lassemblee-nationale-pour-presenter-le-programme-politique-generale-de-son-gouvernement/” rel=”attachment wp-att-49384″ data-wpel-link=”internal”>Le premier ministre Henri-Marie Dondra à la tribune de l’Assemblée nationale
Christian et Euseb Dondra, frères de l’ex-Premier ministre Henri-Marie Dondra, ont été transférés à la prison de Ngaragba après leur arrestation controversée à Bangui.
Dans la nuit du 19 au 20 mars 2025, Christian Dondra et Euseb Dondra, frères cadets de l’ancien Premier ministre Henri-Marie Dondra, ont été arrêtés à leurs domiciles. L’opération, menée vers 1 heure du matin par des agents de l’Office Central pour la Répression du Banditisme (OCRB) et des Mercenaires russes du groupe Wagner, s’est déroulée sans mandat. Les deux hommes, emmenés vers une destination inconnue, ont récemment été transférés à la maison centrale de Ngaragba, connue pour ses conditions de détention difficiles. Ils sont accusés d’avoir comploté pour assassiner le président Faustin-Archange Touadéra et son conseiller spirituel Sani Yalo, président du Bureau d’Affrêtement Routier Centrafricain (BARC).
L’accusation repose sur un enregistrement audio de 3 minutes et 14 secondes, publié par Sani Yalo sur les réseaux sociaux. Dans cet enregistrement, une femme nommée Laëtitia Murielle Kokomika, présentée comme une espionne recrutée par le régime, affirme avoir été approchée par les frères Dondra pour livrer des bouteilles de whisky Chivas Regal empoisonnées à Sani Yalo, qui les aurait ensuite transmises à Touadéra. Elle parle de manière hâtive, évoquant des détails comme offrir un cigare à Yalo pour gagner sa confiance. Henri-Marie Dondra, mentionné dans l’audio, reste prudent, loin du portrait d’un conspirateur. Pour beaucoup, cet enregistrement sonne comme un scénario mal ficelé, destiné à salir la réputation de la famille Dondra.
Laëtitia Murielle Kokomika, arrivée de France et installée à l’hôtel « Les 4 saisons » à Bangui, est au cœur de cette affaire. Décrite par des sources comme une personne au passé trouble, elle aurait été choisie par le régime pour tendre un piège. Son nom, diffusé sans retenue par Sani Yalo, a été utilisé pour alimenter une campagne de dénigrement contre Henri-Marie Dondra, perçu comme une menace politique. Ancien Premier ministre, il gagne en popularité à l’approche des élections de 2025-2026, ce qui semble inquiéter le pouvoir en place. « C’est un coup monté pour intimider mon fils, qui est aimé dans tout le pays », déclare leur père, Henri Dondra, qui dénonce une vengeance politique.
L’arrestation des frères Dondra s’inscrit dans un climat de répression à Bangui. Les mercenaires russes, omniprésents aux côtés de l’OCRB, participent à des opérations qui sèment la peur parmi les habitants. « On vit dans un climat où personne ne se sent en sécurité », confie un résident du 7e arrondissement. Les deux frères, qui n’ont aucun lien direct avec les activités politiques de leur aîné, sont détenus sans preuves solides. Leur père insiste : « Ce sont des citoyens ordinaires, ils ne font pas de politique. »
La famille Dondra a lancé un appel sur les réseaux sociaux, demandant la libération immédiate de Christian et Euseb : « Mes frères ont été kidnappés par l’OCRB et les Wagner. Partagez ce message ! » Cet événement intervient alors que l’opposition prépare une marche le 4 avril pour protester contre les coupures d’électricité, le manque d’eau et la gestion du pays. Pour beaucoup, cette affaire est une tentative du régime de faire taire toute voix discordante….
Le véhicule du ministre de la Communication Balalou Maxime, volé, s’évapore dans la nature
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/07/Le-ministre-Maxime-Balalou-450×191.jpg” alt=”Le ministre Maxime Balalou Le-ministre-Maxime-Balalou La déclaration sarcastique du gouvernement face aux accusations de crimes en RCA"” width=”450″ height=”191″ />Le-ministre-Maxime-Balalou – La déclaration sarcastique du gouvernement face aux accusations de crimes en RCA”
Bangui, CNC. Le ministre de la Communication, Balalou Maxime, se retrouve au centre d’activités commerciales douteuses. Son véhicule personnel, confié à une société de location fictive, a disparu dans des circonstances troubles après avoir été transporté frauduleusement au Cameroun.
Balalou Maxime, un ministre aux pratiques douteuses
Dans une manœuvre déconcertante, le ministre Balalou Maxime a choisi de placer son véhicule privé en location auprès de “Global Group Contractor”, pendant qu’il détourne les véhicules de service pour son usage personnel.
« Cette gestion particulière révèle un abus manifeste des biens publics » , indique une source interne au ministère.
Le véhicule de Balalou Maxime introuvable
Contrairement aux sept véhicules de luxe récupérés par la gendarmerie camerounaise en août 2024, celui du ministre reste introuvable. « Les recherches se poursuivent sur le territoire camerounais, mais le véhicule pourrait déjà avoir franchi d’autres frontières » , précise une source au sein des forces de l’ordre camerounaises.
Détournement systématique des biens publics par Balalou Maxime
Notre investigation révèle un système organisé de détournement. Le ministre Balalou Maxime utilise trois véhicules donnés gracieusement par la Minusca destinés aux activités officielles du ministère de la communication : un premier sert à ses courses domestiques et au transport de bois de chauffe pour ses épouses, tandis que deux autres stationnent à son cabinet pour ses déplacements personnels.
« Le ministre préfère risquer son véhicule privé dans des locations douteuses plutôt que de l’utiliser, pendant qu’il accapare les véhicules de l’État pour ses besoins personnels » , dénonce un agent du ministère sous couvert d’anonymat.
Un passé trouble du ministre Balalou Maxime
En 2020, alors ministre chargé du secrétariat du gouvernement, des soupçons de détournement de 400 millions de francs CFA destinés aux festivités du 1er mai pesaient déjà sur lui.
Le ministre, sollicité à plusieurs reprises, n’a pas répondu à nos questions sur cette gestion controversée des véhicules publics et privés, qui témoigne d’une moralité défaillante au sommet de l’État centrafricain.
Birao : La population dénonce le rôle du ministre Arnaud Djoubaye Abazène dans les exactions de Wagner
Centrafrique.org/la-celebration-de-la-journee-internationale-des-droits-de-lhomme-en-rca/le-ministre-detat-en-charge-de-la-justice-arnaud-djoubaye-abazene-copyright-cnc/” rel=”attachment wp-att-51969″ data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/11/Le-ministre-dEtat-en-charge-de-la-justice-Arnaud-Djoubaye-Abazene-copyright-CNC-450×338.jpg” alt=”Le ministre d’État en charge de la justice Arnaud Djoubaye Abazene copyright CNC” width=”450″ height=”338″ />Le ministre d’État en charge de la justice Arnaud Djoubaye Abazene. copyright CNC
Bangui, 20 mai 2024 (CNC) –À Birao, particulièrement dans les villages Roukoutou et Matala , où la terreur règne après les exactions commises par les mercenaires de Wagner la semaine dernière . Les habitants pointent du doigt le ministre de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, qu’ils accusent d’être à l’origine de ces violences. Selon eux, c’est lui qui aurait signalé la présence d’armes et des minutions de guerre dans leurs localités respectives, incitant les mercenaires du groupe Wagner à mener des raids destructeurs.
Selon des témoignages recueillis auprès de la population locale, il ne fait aucun doute, le ministre Arnaud Djoubaye Abazène serait derrière la souffrance d’une partie de la population de la Vakaga. Il est responsable de leurs malheur actuelles.
Notons que Arnaud Djoubaye Abazène est originaire de ladite préfecture, bien que de l’ouest, vers Gordil, tandis que la ville attaquée se trouve à l’est, en allant vers la frontière avec le Soudan.
La population affirme que le ministre, ayant des liens avec ses neveux rebelles et a un passé criminel, aurait signalé la présence d’armes à l’intérieur de certaines maisons dans ces localités, notamment cachées par des jeunes, incitant ainsi les mercenaires du groupe Wagner à mener des fouilles violentes. Les habitants de Birao sont convaincus que Arnaud Djoubaye Abazène a financé plusieurs activités criminelles dans la région, y compris la violence à Birao, Bria et Ndélé en 2020. Les accusations suggèrent qu’il a soutenu financièrement et armé des groupes responsables des massacres et des déplacements massifs de population en avril 2020.
Les antécédents du ministre alimentent ces suspicions. Ces nouvelles accusations viennent s’ajouter à la liste des griefs contre le ministre. Les habitants dénoncent son rôle présumé dans l’orchestration des exactions commises par les mercenaires de Wagner, et soulignent que ses actions sont motivées par des intérêts personnels et politiques, au détriment de la sécurité et du bien-être de la population.
La situation à Birao est symptomatique des tensions et des luttes de pouvoir qui déstabilisent le pays, avec des conséquences tragiques pour les populations. Les appels à l’aide et au gouvernement pour intervenir sont restés sans réponse, laissant les habitants livrés à eux-mêmes dans une terreur continue. La violence semble inépuisable, et les habitants, tentant désespérément de fuir les violences, se réfugient dans la brousse ou à Birao centre, abandonnant des villages désertés et des vies brisées.
En rappel, notre précédent article publié le vendredi dernier sur CNC décrivait les exactions récentes des mercenaires de Wagner à Birao, où la terreur et la violence ont été utilisées pour soumettre la population. Aujourd’hui, les nouvelles accusations contre le ministre Arnaud Djoubaye Abazène ajoutent une dimension politique à cette crise, révélant l’étendue des défis auxquels font face les habitants de la Vakaga. Le peuple attend une réponse claire du gouvernement et une prise de responsabilité pour mettre fin à cette spirale de violence et de corruption.
Khartoum (CNC) – Après d’âpres négociations entre le gouvernement et les quatorze groupes armés en Centrafrique, voilà un accord dit de paix et de réconciliation nationale a été conclu, dans l’après-midi de samedi 2 février dernier.
C’était une fierté pour les délégations centrafricaines venues à ces pourparlers, mais aussi une fierté pour les facilitateurs de l’Union africaine et des Nations unies, ainsi que pour les autorités soudanaises qui ont accepté d’accueillir ces assises sur leur terre.
C’est ainsi qu’à la demande du gouvernement soudanais, la cérémonie de par Mohamed Ahmed, ministre soudanais des affaires étrangères à l’honneur des délégations centrafricaines à ce dialogue de Khartoum.
Évidemment, il y a l’objet de fierté vue que les participants ont pu se mettre d’accord sur ”les questions essentielles que les groupes armés ont posées au Chef de l’État’, comme l’a souligné Firmin Ngrebada, Directeur de cabinet du Président de la République. Il faudra bien pour Touadera de venir savourer personnellement ce succès. A en croire certaines indicretions surplace à Khartoum, il y aura, ce dimanche, une modeste cérémonie de paraphe du projet de l’accord qui sera signé prochainement à Bangui. Cette cérémonie devrait avoir lieu en présence de Touadéra et certains présidents dont Omar El Béchir, car le grand du travail, à en croire le Adolph Nahayo, Ambassadeur de la CEEAC en Centrafrique, ”c’est la phase de mise en oeuvre de cet accord qui requiert l’implication de tous y compris la communauté internationale, les partenaires et amis de la République centrafricaine”.
Aux dernières nouvelles, Touadéra aurait déjà quitté Bangui pour Khartoum.
Incroyable mais vrai ! Les relations, déjà très exécrables depuis septembre 2016, entre le président Faustin Archange Touadera et le Très Honorable Abdoul Karim Meckassoua sont sur le point d’atteindre son apogée, voire fissurées complètement. Les tensions de ces derniers mois, renforcées par les violents affrontements verbaux d’avant hier au stade Omnisport entre le ministre de la Défense nationale Joseph Yakété et l’honorable député de Paoua 2et deuxième vice-président de l’Assemblée nationale Timeléon Mbaïkoua ne laisse aucun doute que la rupture tant annoncée par les médias entre le President Touadéra et son ex-allié KarimMeckassoua est arrivée.
Si jusque-là, le président de la République Faustin Archange Touadéra et son ami président de l’Assemblée nationale Abdoul Karim MECKASSOUA cogèrent, à leurs manières, leurs relations conflictuelles et dégradantes, le cuisant échec infligé aux honorables de « Cœur uni » et à leurs parrains politiques, a, visiblement, permis aux deux camps de doter leurs éléments de grenades à main incapacitantes et a fourni les occasions d”embrasement de l’ensemble de l’Exécutif et de Législatif. Pour un rein, le plus audacieux lâche sa goupille. Désormais, l’ensemble du gouvernement, députés « Cœur uni » ; la garde présidentielle et quelques conseillers à la présidence semblent tous, s’aligner sans condition, derrière le président Touadéra contre tous les membres du Bureau de l’Assemblée nationale dirigé par le Très Honorable Abdoul Karim Meckassoua. Ce jeu dangereux qui ne fait pas sourire les Centrafricains remet dangereusement le pays sur la voie de chaos et de la guerre civile. Que s’est-il passé exactement ? Décryptage.
Les faits déclencheurs.
Des Conventions minières injustes aux bâillons instaurés par le Très Honorable Meckassoua, neutralisant ainsi le ministre Dondra de s’exprimer devant les députés lors du passage de la DG de FMI à l’Assemblée nationale ont semis les germes desdits conflits.
D’après nos analyses et les informations recoupées, deux faits de moindre importance étaient à l’origine de cette mésentente au sommet de l’État. Le premier, concerne les projets des Conventions d’exploitations des ressources minières soumis au Bureau de l’Assemblée nationale pour l’approbation de son président Abdoul Karim MECKASSOUA et le second, concerne l’opposition faite, à juste titre, au ministre Dondra de prendre la parole devant les députés lors du passage de la Directrice générale du fond monétaire international ((FMI) à l’Assemblée nationale.
Dans le premier cas et, d’après nos informations, le président Abdoul Karim Meckassoua, n’avait pas du tout apprécié l’interprétation faite par le président Touadera et ses conseillers de l’article 60-2 de la Constitution, lui donnant, à lui seul, la responsabilité totale d’approuver ou non, des Conventions financières ou Contrats miniers et ce, en lieu et place de l’Assemblée nationale qui compose tous les députés. Et le camp Touadéra, c’est incompréhensible et inadmissible le temps que prend, de façon dilatoire, Abdoul Karim Meckassoua pour approuver les 4 Conventions en souffrance sur son bureau.
Dans le second cas, c’est le refus catégorique et justifié du Très Honorable Abdoul Karim Meckassoua au ministre Dondra de prendre la parole après l’intervention de la Directrice générale du Fonds monétaire international ((FMI) à l’Assemblée nationale. Ce refus, considéré comme une muselière par un ancien ministre, est très mal pris par le ministre Dondra. Il l’a fait savoir plusieurs reprises devant les Conseils des ministres et au finish, il a instauré un bouchon allumeur entre les deux Institutions.
D’après nos informations, le Bureau de l’Assemblée s’apprête à juger « vampiriques » pour le peuple centrafricain, 3 des 4 Conventions minières déjà signées par le président Touadéra. « Toutes les 4 Conventions ne donneront pas des emplois aux Centrafricains comme le pense à tort le ministre conseiller spécial du président Touadéra Fidel NGOUADJIKA ». Affirme un député proche de Meckassoua qui a pu jeter un œil sur ces Conventions.
Tous conflits latents ne peuvent que s’acheminer vers des escalades verbales, physiques ou matérialisées sous d’autres formes punitives. Tels sont les différents cas que subit depuis décembre 2016 l’Institution du Très Honorable Meckassoua. De sevrage financier aux escalades verbales ou physiques.
Sevrage financier de l’Assemblée nationale
En muselant, par un bâillon, le ministre des Finances à prendre la parole lors de passage de madame la Directrice générale de FMI à Bangui, le Très Honorable Abdoul Karim MECKASSOUA avait oublié qu’il a lui-même « semé en paquet » les difficultés que son Institution récoltera en termes d’argent. Pour preuve, depuis janvier 2017, tous les appels de fonds venus de l’Assemblée nationale ne trouvent pas d’interlocuteur au ministère de Dondra.
« S’il a empêché notre ministre de parler, nous l’empêcherons de marcher. Bâillon dans la bouche contre bâton dans les roues », renchérit un cadre du ministère des Finances.
Joignant l’acte à la parole, les indemnités des deux dernières sessions extraordinaires ainsi que celles de la session ordinaire actuelle ne sont pas payées. À défaut d’argent en sus, les fournitures des bureaux manquent dans l’Administration parlementaire. Les toilettes tout comme l’ensemble des fonctionnaires parlementaires subissent les dégâts collatéraux de ces conflits « MECKASSO-TOUADERa ». Les membres du bureau, eux, s’attendent à s’affronter jour et nuit aux forces de l’ordre et aux membres du gouvernement.
Affrontements verbaux, arrestations et détentions illégales comme moyens de pressions du gouvernement.
Si à l’Assemblée nationale, ils tentent de minimiser la portée de cette mésentente, à la Présidence de la République, ils veulent à tout prix finir avec le président de l’Assemblée nationale Abdoul Karim MECKASSOUA et tous ceux qui tentent de le soutenir. Pour y arriver, une campagne de diabolisation généralisée a été pensée et mise en œuvre pour discréditer l’ensemble des députés proches de l’honorable MECKASSOUA et lui-même. Ce qui a poussé non seulement les éléments de la garde présidentielle à arrêter, fouiller et ramener manu militari à la SRI le député de Bambio et 2e membre du bureau de l’Assemblée nationale Aristide GOUNDISSA. Il a fallu l’intervention du 1er Vice président de son Institution Aurélien Simplice Nzigas pour qu’Aristide GOUNDISSA et son aide de camp recouvrent la liberté après deux heures de détention.
Certains membres du gouvernement aussi prennent fait et cause de leur patron Faustin Archange Touadéra si d’aventure ils trouvent sur leur chemin un député membre du bureau parlementaire. C’est ce qui est arrivé à l’honorable Timoléon MBAÏKOUA député de Paoua 2 et 2e Vice-Président de l’Assemblée nationale au stade omnisport lors de tournoi éliminatoire d’afrobasket 2017 entre la Centrafrique et le Congo Brazzaville.
D’après l’un de nos correspondants témoin de l’évènement de ce jour, c’est le ministre de la Défense Joseph Yakété qui a ouvert le bal des escalades verbales entre lui et Timoléon MBAÏKOUA lorsque ce dernier a fait appel à son aide de camp de venir le chercher.
Empêché d’atteindre l’honorable par l’aide de camp du ministre Yakété, ce dernier, en suivant les discussions entre les deux frères d’armes, il s’est interféré pour poser des questions à son aide de camp en ces termes : « ce monsieur est civil et militaire ? » L’aide de camp de l’honorable répond à son ministre « je suis militaire et aide de camp de l’honorable Timoléon MBAÏKOUA ».
L’honorable s’y mêle à son tour et répond à Yakité : « Toi aussi tu es un civil ».
Et c’est en écoutant le nom et titre de Timoléon MBAÏKOUA, que le ministre Yakété s’est fait piquer par lui-même par les insectes en charge de transmission de conflits “MECKASSO-TOUADERO” qu’il avait en tête.
« Député, député. Député c’est qui ? Vous ne respectez pas des ministres ? » Crie le ministre Yakété, tenu en position de maître YANG à côté de sa femme.
« C’est un incident de trop » s’énerve l’honorable. « le bureau de l’Assemblée serait saisi pour correction » conclut l’honorable.
« Nous avions l’impression qu’ils ont des antécédents conflictuels » ont fait savoir, à CNC, certains témoins qui ont peu intervenir pour séparer les deux camps.
D’après les dernières informations parvenues à notre Rédaction, le ministre Joseph Yakété est appelé à la barre des députés ce lundi et mardi son collègue de l’Intérieur Jean Serge Bokassa.
Qui va vraiment jouer la médiation dans ce conflit ?
Pour le moment, personne. Les Chefs d’État d’Afrique centrale ne veulent pas intervenir dans cette affaire, d’autant plus que sur d’autres affaires des groupes armés, les choses ne semblent pas bouger.
Accusé régulièrement d’être derrière les mouvements armés de la Séléka en province par les proches du président Touadéra, le président de l’Assemblée nationale, l’honorable Karim Meckassoua se trouve depuis quelques jours en République démocratique du Congo. Selon un conseiller du président Touadera, il tente de persuader le président Kabila d’intervenir comme médiateur dans cette affaire.
Si ce même jeu avait été vu au temps de la transition, celui du temps du Professeur Touadera est très violent. Il comporte tous les signaux d’une longue guerre du positionnement.
Le processus de mise en place de la huitième législature de l’Assemblée nationale a donné lieu à des coulisses politiques spectaculaire, montrant clairement aux yeux du monde les rouages profonds du pouvoir à Bangui.
Pour imposer sa direction aux élus de sa propre majorité, l’empereur de Bangui, le dictateur Faustin-Archange Touadéra, a procédé en deux étapes distinctes, organisant deux réunions stratégiques à l’hôtel Ledger Plazza de Bangui. Si la première de ces rencontres s’est déroulée dans un calme relatif pour sceller le sort de la présidence du parlement, la seconde a basculé dans une paranoïa qui a laissé tous les députés du mouvement des cœurs unis stupéfaits.
Rappelons que lors de la toute première réunion, l’ordre du jour était exclusivement centré sur l’élection du président de l’assemblée nationale. À cette occasion, le dictateur Touadéra a réuni les députés de son parti, le Mouvement Cœurs Unis (MCU), pour leur signifier ses choix directs. C’est là qu’il a imposé la reconduction de Simplice Mathieu Sarandji, écartant définitivement son rival Évariste Ngamana. Au cours de cette séance inaugurale, les débats sont restés strictement politiques : l’empereur n’a fait aucune allusion aux critiques du web, ni au journal en ligne Corbeau News Centrafrique (CNC), ni aux interventions de l’activiste Kerembessé. Tout semblait sous contrôle, mais ce calme apparent n’était que le prélude d’un durcissement bien plus net lors de l’étape suivante.
Quelques jours plus tard, une seconde réunion a été convoquée dans le même hôtel, cette fois-ci pour verrouiller la mise en place complète du bureau de l’Assemblée nationale. C’est à ce moment précis que l’atmosphère a radicalement changé, reflétant la nature brute du régime de la Septième République. Alors que des députés de la majorité élargie et de partis alliés comme le Mouni s’étaient installés de bonne foi dans la salle, le dictateur Touadéra a exigé leur expulsion immédiate, leur signifiant qu’ils n’étaient pas invités. En agissant ainsi, le chef de l’État a démontré qu’il n’entendait plus s’encombrer de ses alliés d’autrefois, préférant s’imposer en maître absolu face à ses seuls partisans directs.
Une fois la salle nettoyée de ces éléments extérieurs, l’empereur a dicté ses ordres pour la répartition des postes clés, du premier vice-président jusqu’aux membres de la questure. Pour que les consignes soient exécutées à la lettre, une liste nominative avait été imprimée sur des feuilles de papier destinées à être distribuées à chaque parlementaire présent. Mais alors que les agents commençaient à distribuer les documents et qu’une dizaine de députés les avaient déjà en main, une panique soudaine a saisi le dictateur Touadéra, qui s’est mis à redouter une fuite immédiate vers l’extérieur.
C’est dans cet élan de suspicion que le chef de l’État a brusquement interrompu la procédure, ordonnant à haute voix à ses services :
« Ramassez tout ! Ramassez tout ! Ramassez tout ! Si on leur donne maintenant, ils vont remettre ça à Corbeau News et à Kerembessé ! » Les feuilles de papier ont aussitôt été arrachées des mains des députés, plongeant l’assemblée dans l’étonnement et l’effroi face à cette peur manifeste de voir le secret des délibérations exposé sur la place publique. Cette réaction excessive montre à quel point l’exécutif craint la réactivité du journal Corbeau News Centrafrique et les directs sur Facebook de Kerembessé, l’un des douze apôtres du web, qui combat le régime à distance.
Cette frayeur face aux outils numériques met en lumière une contradiction avérée au sein de la gouvernance de Faustin-Archange Touadéra.
Hors, en 2016, au tout début de son premier mandat, la rédaction de Corbeau News avait publié un baromètre évaluant l’action du gouvernement, attribuant la note de 0/20 à certains ministres, ce qui avait poussé l’un d’eux à verser de chaudes larmes en plein Conseil des ministres. À cette époque, Touadéra avait calmé son collaborateur en affirmant avec assurance qu’on ne gouverne pas un pays sur les réseaux sociaux.
Pourtant, l’attitude actuelle du dictateur prouve que la réalité du terrain cybernétique influence ses moindres faits et gestes, car la majeure partie de l’opinion publique se cristallise désormais sur Internet. Cette hantise de la critique numérique s’affiche d’ailleurs au grand jour, comme lors de son auto-couronnement du 30 mars 2026 au complexe sportif de 20 000 places, où il a longuement dénoncé les rumeurs du web. Voir l’empereur confisquer des listes de vote par crainte d’une publication instantanée révèle une attitude schizophrénique, où le discours officiel méprise les réseaux sociaux tandis que la pratique du pouvoir tremble devant leur pouvoir d’impact.
Le régime de Faustin-Archange Touadéra traverse une zone de fortes turbulences. Depuis le début de ce mois, la fuite d’un enregistrement audio sur Facebook et WhatsApp, évoquant un projet de coup d’État en préparation, sème la panique au sommet de l’État. Cette affaire, qui met en cause plusieurs figures clés du pouvoir, révèle la paranoïa d’un régime assis sur un tas de paille sèche : au moindre bruit de lézard, les barons de Bangui sursautent, persuadés que l’incendie est déclaré
Un complot fantôme aux ramifications haut placées
Selon les éléments de cet enregistrement sonore qui secoue la capitale, les auteurs affirment s’informer sur les mouvements de Karim Mekassoua, l’ancien président de l’Assemblée nationale. Ce dernier, actuellement à Brazzaville, chercherait à obtenir l’appui logistique et financier du président congolais Denis Sassou Nguesso pour finaliser un projet de déstabilisation en RCA.
Mais le scandale réside surtout dans l’implication présumée de plusieurs “points focaux” logés au cœur même du régime de Bangui. Parmi les autorités citées figurent Bida Koyagbalé, ministre conseiller des grands travaux à la présidence, et l’incontournable Sani Yalo, président du conseil d’administration du Bureau d’affrètement routier centrafricain (BARC). Convoqués par la justice pour être auditionnés depuis le 25 mai, les deux hommes ont dans un premier temps refusé de se présenter, obligeant le président Touadéra lui-même à intervenir fermement pour les rappeler à l’ordre et les contraindre à obtempérer.
Bida Koyagbalé et Sani Yalo : des profils qui accablent le régime
Si cette enquête judiciaire fait l’effet d’une bombe, c’est que les personnalités visées incarnent à elles seules les dérives morales, les trafics et le charlatanisme financier de l’entourage présidentiel.
Bida Koyagbalé, dit « Tourougou-Banque » : l’art de l’illusion financière
Décrit par des sources policières comme un homme à la moralité douteuse, Bida Koyagbalé est un habitué des dossiers sombres. Après avoir totalement dilapidé la fortune de son propre défunt papa, il s’est retrouvé sans un sou à Bangui. C’est à force de faire la cour au régime qu’il a réussi à se faire nommer ministre conseiller aux grands travaux. Pourtant, l’homme n’a aucune base politique réelle. Pour masquer ce vide et s’attirer les faveurs de la présidence, il s’est mis à inventer les projets bancaires les plus farfelus du monde : il promettait la création d’une « Tourougou Banque » pour les militaires et d’une « Yaka-Banque » pour les agriculteurs, au point que tout Bangui l’a rapidement affublé du surnom moqueur de « Tourougou-Banque »
Multipliant les voyages en jet privé vers la Russie pour projeter ses plans mirifiques auprès des partenaires de Moscou, il en est revenu les mains vides, ses projets chimériques étant restés bloqués au Kremlin. Entre-temps, la réalité l’a rattrapé : il traîne une ardoise monumentale auprès d’Ecobank Centrafrique pour des prêts massifs contractés sur les biens paternels, des fonds prétendument destinés à l’agriculture moderne qu’il s’avère aujourd’hui incapable de rembourser.
Sani Yalo : l’art du reniement, de l’escroquerie et des « diamants de sang »
Sani Yalo est une figure dont la réputation sulfureuse n’est plus à faire, ou du moins n’est plus à démontrer. Le parquet n’aura pas grand-chose à faire le concernant. Qualifié par l’opinion publique de « mafieux né », il cumule les fonctions d’apparatchik, de conseiller occulte, de fournisseur attitré de produits aphrodisiaques pour le chef de l’État et, surtout, de grand argentier du parti au pouvoir.
Sani Yalo : un parcours criminel et cynique sans états d’âme
Pour comprendre de quoi Sani Yalo est capable, il faut plonger dans son passé, largement documenté par les enquêtes de Mondafrique. Né en 1963 d’un père mécanicien, il a très tôt appris à utiliser les réseaux d’influence pour s’enrichir, s’illustrant par une totale absence d’états d’âme.
L’escroquerie et la condamnation dans l’affaire Zongo Oil : Impliqué dans le détournement de plusieurs milliards de FCFA au détriment du Trésor public via la société Zongo Oil sous Patassé, il est arrêté puis libéré avant de prendre la fuite. Sous le régime de Bozizé, il est à nouveau arrêté au Cameroun en 2002 puis extradé vers la Centrafrique. Il est finalement condamné en août 2006 par le tribunal de Bangui à huit ans de prison ferme pour escroquerie, faux et corruption
Le double jeu avec la Séléka et les Anti-Balaka : Opportuniste politique, il gravite autour de la Séléka avant d’en être rejeté en 2013. C’est durant cette période de chaos, que d’aucuns qualifiaient de guerre communautaire à Bangui, que Sani Yalo révèle sa vraie nature d’homme sans scrupules. Faisant fi des clivages idéologiques ou religieux, il finance et utilise simultanément les rebelles de la Séléka et les miliciens Anti-Balaka pour racheter à bas prix les « diamants de sang » qu’ils extrayaient des zones minières. Ce trafic d’or rouge, pourtant placé sous strict embargo international, a alimenté la guerre fratricide et grandement enrichi Yalo sur le dos des victimes centrafricaines.
Le jackpot du BARC sous Touadéra : En août 2016, Touadéra le récompense en le nommant à la tête du BARC. Cette structure, qui détient le monopole du trafic routier sous-régional, constitue une véritable mine d’or. C’est depuis ce poste que Sani Yalo est devenu le grand financier du parti présidentiel, injectant récemment, de ses propres aveux, près de 200 millions de FCFA pour assurer les festivités et la survie politique du régime.
Cette convocation judiciaire sonne le glas des ambitions démesurées de Sani Yalo. Profitant de son poids financier, il s’est battu sans relâche pour évincer le Premier ministre Félix Moloua afin de prendre sa place. Moloua ayant été reconduit, Yalo s’était alors rabattu sur le poste de vice-président de la République.
Cette audition devant les juges enterre définitivement ses rêves de grandeur. Contactée par notre rédaction, une source proche de Sani Yalo confie que ce dernier fulmine en coulisses. Il perçoit cette enquête comme une véritable “chasse aux sorcières” orchestrée contre lui, lui rappelant les heures sombres qu’il a vécues sous François Bozizé, à l’époque où un certain Faustin-Archange Touadéra était déjà Premier ministre.
Le ver est dans le fruit. En activant la justice contre ses propres créanciers et soutiens de la première heure, Touadéra joue avec le feu. Quand un pouvoir commence à traquer ses propres financiers et ses conseillers les plus fantasques pour des soupçons de complot, c’est le signe indéniable que les fondations du palais de la Renaissance craquent de toutes parts.
La marche de la honte : Quand le dictateur Faustin-Archange Touadéra tente de sauver son nouveau gouvernement impopulaire par une marche des moutons à Bangui
Pour sauver à Bangui son nouveau gouvernement dirigé par monsieur Félix Moloua et maintenu sous les ordres de la Russie de Poutine, le régime a financé ce mardi 26 mai 2026 une marche de soutien de moutons, achetant la misère des jeunes afin de simuler une adhésion populaire à ce pouvoir.
La capitale centrafricaine a vécu un spectacle affligeant ce mardi. Des dizaines de jeunes désœuvrés et de citoyens en quête de survie ont été transportés dans les rues de Bangui pour crier des slogans à la gloire d’un nouveau gouvernement massivement rejeté. Cette mobilisation n’a rien de spontané. Pour obtenir cette démonstration de force factice, les agents du pouvoir ont distribué des billets de 500 et 1000 francs CFA à une population asphyxiée par la crise économique. Ces manifestants d’un jour, que les habitants de la capitale appellent ironiquement les chercheurs à manger, ont accepté de prêter leur voix pour le prix d’un repas ou d’un flacon d’alcool, offrant au régime l’illusion d’un soutien de la rue.
Marche de soutien des partisans du pouvoir à Félix Moloua renommé Premier ministre
Cette mise en scène grossière vise avant tout à cacher la profonde colère qui s’est emparée de la population et d’une partie de l’armée. Le mécontentement est général et s’exprime ouvertement. Il y a quelques jours à peine, des tirs de militaires mécontents ont retenti dans le quartier Boy-Rabe, dans le quatrième arrondissement de Bangui, traduisant la grande nervosité des troupes face à la dégradation des conditions de vie. Sur les réseaux sociaux et dans les discussions de quartier, l’exaspération est totale envers un pouvoir qui consacre ses ressources à sa propre survie plutôt qu’aux écoles en ruine et aux infrastructures totalement inexistantes.
Pour comprendre cette colère, il faut remonter aux récents développements politiques qui ont transformé la gouvernance du pays. Faustin-Archange Touadéra a imposé une révision de la constitution pour s’octroyer un troisième mandat, un projet validé et fait grâce à l’appui militaire et logistique des mercenaires russes du groupe Wagner ainsi que de partenaires régionaux comme le président rwandais Paul Kagame. Ce processus a débouché le 30 mars dernier sur un rassemblement dans un stade de 20 000 places, s’apparentant à un véritable couronnement. Depuis cet événement, de nombreux Centrafricains désignent le chef de l’État sous le nom d’empereur, un dirigeant se comportant comme un monarque sans empire au milieu d’un désordre institutionnel complet.
La reconduction de l’équipe gouvernementale de monsieur Félix Moloua démontre que les décisions cruciales de l’État ne se prennent plus à Bangui, mais sont dictées par la diplomatie parallèle de Moscou. Lors d’une interview accordée à la chaîne de télévision russe RT, le conseiller de la présidence et mercenaire russe Dmitri Podolski a ouvertement déclaré qu’il n’y aurait aucun changement majeur au sein des institutions et qu’il n’était pas nécessaire de remplacer l’équipe en place. Le dictateur a suivi cette feuille de route à la lettre. Le président de l’Assemblée nationale, le Premier ministre Félix Moloua ainsi que la quasi-totalité des membres du gouvernement ont été maintenus à leurs postes respectifs. En dehors de quatre ou cinq permutations mineures sans importance réelle, l’ossature oligarchique reste inchangée, confirmant la mainmise totale des réseaux russes sur l’appareil d’État centrafricain.
Le fossé est total entre la propagande officielle diffusée par la Russie et la réalité quotidienne de la population. Face au rejet massif de cette stabilité imposée de l’extérieur, la présidence n’a trouvé d’autre réponse que la manipulation de la détresse sociale pour fabriquer de toutes pièces cette marche de soutien. En distribuant de menues monnaies à des jeunes privés d’avenir, l’empereur de Bangui tente de faire valider par la force et par la ruse un nouveau gouvernement illégitime, transformant la détresse de ses concitoyens en un instrument de communication politique pour plaire à ses tuteurs de Moscou.
L’ancien ministre Abakar Sabone exhorte Mahamat Al-Khatim à dénoncer l’accord de N’Djamena face aux manœuvres du pouvoir de Bangui et des mercenaires russes du groupe Wagner.
En effet, la crise interne qui secoue le Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC) prend désormais une dimension politique nationale. Constatant l’effondrement de l’autorité de Mahamat Al-Khatim sur ses hommes à Markounda, Nana-Bakassa et Kouki au profit du général dissident Didot Ali, soutenu par Wagner, l’ancien chef rebelle et ex-ministre Abakar Sabone est sorti du silence. Lors de son live sur la plateforme de réseau social Facebook, il a adressé une série de recommandations stratégiques au leader déchu du MPC.
Selon Abakar Sabone, Mahamat Al-Khatim doit fixer un ultimatum de quatre jours au gouvernement centrafricain. Passé ce délai, il l’invite à dénoncer officiellement l’accord de paix signé l’année dernière à N’Djamena et à s’en retirer définitivement.
L’ancien ministre affirme que Faustin-Archange Touadéra refuse de dialoguer sincèrement avec les Centrafricains d’origine. À ses yeux, le chef de l’État préfère traiter avec des forces extérieures pour orchestrer le pillage des ressources minières du pays, excluant les acteurs historiques de la libération nationale.
Pour appuyer sa démonstration, Abakar Sabone a révélé une récente conversation téléphonique confidentielle entre Mahamat Al-Khatim et Faustin-Archange Touadéra. Face aux plaintes d’Al-Khatim concernant l’ingérence et le double jeu des mercenaires russes sur le terrain, le président centrafricain aurait rétorqué froidement que les querelles internes du MPC et la situation militaire ne relevaient pas de sa responsabilité, limitant ses engagements au respect formel de l’accord écrit. Sabone qualifie cette réponse d’hypocrisie politique, accusant Touadéra d’appliquer la stratégie du diviser pour régner afin d’anéantir le MPC.
Face à ce blocage, l’ancien ministre conseille au chef du MPC de reprendre le maquis. Rappelant que la force d’un serpent réside dans sa tête, il encourage Al-Khatim à regagner discrètement la brousse, un terrain qu’il maîtrise parfaitement. Sabone l’exhorte à remobiliser la jeunesse déçue par le régime actuel pour rebâtir une force combattante capable de marcher sur Bangui et de renverser le pouvoir en place.
Mardi 26 mai dans la matinée, la panique a gagné la ville de Nzacko, dans la préfecture du Haut-Mbomou suite aux agissements violents d’un soldat de deuxième classe des Forces armées centrafricaines contre ses propres camarades.
Les faits se sont déroulés aux environs de 10 heures 15 minutes dans cette localité située au sein de la préfecture du Mbomou. Pour des raisons encore inconnues, un militaire appartenant au rang de deuxième classe des Forces armées centrafricaines a soudainement ouvert le feu sur les membres de sa section. Les détonations successives des armes de guerre ont immédiatement plongé les habitants et le personnel environnant dans la stupeur et l’effroi, brisant brutalement le calme de la matinée.
Le bilan humain établi par les autorités locales fait état de plusieurs victimes. Au niveau du centre de santé, les équipes médicales ont pris en charge un total de sept personnes affectées par cet événement. Parmi les blessés directs figure l’auteur des tirs lui-même, ou un autre membre des forces de défense, atteint par un projectile au niveau du membre inférieur droit. Les rapports sanitaires indiquent une suspicion forte de fracture clinique ouverte de type 1 selon la classification de Gustilo au niveau de la cuisse droite. Face à la gravité de ce traumatisme osseux et cutané, les responsables médicaux ont rapidement pris la décision de transférer ce patient vers l’hôpital de Bangassou afin qu’il puisse recevoir des soins chirurgicaux et une prise en charge appropriée et spécialisée.
En dehors de ce blessé par balle, l’onde de choc provoquée par les tirs a engendré d’autres victimes collatérales dans la population civile présente à proximité. Les services du district sanitaire de Nzacko ont ainsi enregistré six cas de pertes de connaissance survenues chez des femmes allaitantes, totalement surprises et terrifiées par la soudaineté des détonations d’armes automatiques. Ces six mères de famille ont été immédiatement installées dans les structures de soins locales où elles demeurent actuellement sous une surveillance médicale stricte et constante afin de stabiliser leur état psychologique et physique.
Les informations proviennent directement des sources médicales locales qui ont géré l’urgence médicale dès les premières minutes suivant les coups de feu. La situation sur place demeure confuse quant aux motivations exactes du tireur, alors que les forces de sécurité tentent de ramener un calme définitif dans la zone et de comprendre l’enchaînement exact des faits qui ont mené à ce déploiement de violence interne. Une enquête devra déterminer comment un tel incident a pu se produire au sein même de l’enceinte militaire, tandis que la population locale attend des réponses claires sur la sécurité dans cette partie de la préfecture du Mbomou, particulièrement vulnérable à ce genre d’événements fortuits.
Le 21 mai 2026, l’insécurité liée aux mouvements de transhumance a de nouveau frappé la préfecture de l’Ouham-Fafa, dont Batangafo est le chef-lieu, où un jeune homme a été blessé par balle au ventre par des éleveurs.
Les faits se sont produits à proximité de la rivière Bassi, un cours d’eau situé à environ 45 kilomètres sur l’axe routier menant à la localité de Ouogo. Ce secteur géographique est administrativement rattaché à la commune de Batangafo, au sein de la préfecture de l’Ouham-Fafa, une région régulièrement fréquentée par des groupes d’éleveurs armés. Selon les déclarations fournies par la victime elle-même dont CNC a pu interroger, un groupe composé de quinze personnes s’était rendu sur place dès le 19 mai 2026 afin de mener une campagne de pêche saisonnière. Les pêcheurs s’étaient installés à une distance réduite d’un campement de bergers nomades, sans anticiper l’irruption de la violence.
Le calme a été rompu aux alentours de 10 heures du matin. Les personnes présentes ont d’abord perçu une première détonation provenant d’une arme de guerre, identifiée comme étant de type AK-47, un fusil d’assaut automatique fréquemment détenu par les éleveurs transhumants de la zone. Juste après, un second coup de feu a retenti. C’est à ce moment précis que le jeune homme a été atteint par un projectile. La munition a perforé son abdomen, entrant par le côté gauche du ventre, occasionnant une blessure ouverte immédiate et de graves lésions internes.
Face à l’urgence de la situation, les quatorze autres compagnons de la victime ont organisé son évacuation immédiate loin de la zone de danger. Durant le transport de secours, l’équipe a croisé une motocyclette de référence médicale, un véhicule affrété par une organisation non gouvernementale qui revenait d’une mission humanitaire à Ouogo. Ce dispositif de transport sanitaire a pris en charge le blessé pour accélérer son transfert vers le centre hospitalier de Batangafo. Cette structure médicale a pu dispenser les soins chirurgicaux appropriés afin de stabiliser les fonctions vitales du patient.
Après plusieurs heures de traitement intensif, le corps médical a autorisé la sortie du jeune homme le 20 mai 2026. Dès sa libération de l’hôpital, ce dernier s’est immédiatement rendu dans les locaux de la gendarmerie locale. Devant les enquêteurs, il a formellement acté sa déposition et livré le récit détaillé de l’embuscade subie près de la rivière Bassi, ouvrant ainsi la voie à des investigations sur les agissements de ces éleveurs nomades armés qui continuent de faire peser une menace permanente sur les populations sédentaires de cette partie de l’Ouham.
Une nouvelle cabale se dessine dans les rues de la capitale, Bangui. Depuis les couloirs du pouvoir, des mots d’ordre sont soufflés à des groupuscules de jeunes manipulés afin d’orchestrer une marche hostile contre la société française Orange Centrafrique. Leur grief préfabriqué ? L’explosion des frais appliqués aux transactions Orange Money.
Pourtant, derrière cette rhétorique pseudo-patriotique et ce dénigrement anti-français de façade, se cache un mensonge d’État d’une ampleur considérable. Ce n’est pas l’opérateur qui étrangle le portefeuille des Centrafricains, mais bien le gouvernement lui-même, à travers une taxe spoliatrice de 1 % instaurée pour renflouer les caisses percées du Trésor public. Révélations CNC sur un hold-up financier doublé d’une vaste manipulation politique.
Des jeunes instrumentalisés comme boucliers humains d’un échec fiscal
À Bangui, la méthode est désormais bien rodée : dès que la colère sociale enfle face à la cherté de la vie et à l’incapacité chronique du gouvernement à redresser l’économie, le pouvoir active ses réseaux d’agitateurs afin de détourner l’attention populaire vers un bouc émissaire commode.
Aujourd’hui, c’est Orange Centrafrique qui se retrouve dans le viseur. Exploitant la fibre patriotique et capitalisant sur le sentiment anti-français, des manipulateurs agissant dans l’ombre poussent la jeunesse à descendre dans la rue. L’objectif est limpide : faire croire que l’augmentation suffocante des frais de transfert d’argent relève exclusivement du cynisme de l’opérateur.
Or, la réalité tarifaire est implacable. Ce que le gouvernement se garde bien de révéler à ces manifestants instrumentalisés, c’est qu’à chaque transaction, qu’il s’agisse d’envoyer de l’argent pour des soins médicaux, de soutenir un proche ou de financer une scolarité, l’État prélève une taxe directe qui alimente ses propres caisses, sans bénéfice visible pour la population.
Nouveau tarif 0 stress de orange money en Centrafrique
La vérité des chiffres : quand la taxe d’État dépasse les frais d’Orange
Pour mesurer l’ampleur de cette ponction fiscale, il suffit d’examiner la grille officielle des «Nouveaux Tarifs 0 stress » en vigueur en République centrafricaine. Dans une logique de captation généralisée des flux financiers, et incapable de structurer efficacement d’autres sources de recettes, l’État a imposé une taxe systématique de 1 % sur l’ensemble des transactions numériques.
Le constat est édifiant : pour les transferts nationaux, alors que les frais propres à Orange Money s’élèvent à seulement 0,75 % TTC, la taxe gouvernementale atteint 1 %.
Autrement dit, l’État centrafricain prélève davantage sur chaque opération que l’entreprise qui fournit pourtant l’infrastructure, le réseau, la technologie et le service.
Sur un retrait national maximal de 250 000 F CFA, les frais globaux grimpent à 7 500 F, en grande partie sous l’effet de cette fiscalité prédatrice. Même schéma pour les transferts vers la zone CEMAC (Cameroun, Gabon, Congo, Guinée équatoriale, Tchad) via le réseau GIMAC, où cette taxe vient systématiquement alourdir des coûts déjà lourds pour des ménages souvent fragilisés.
Capture d’écran d’un reçu de transfert Orange Money en Centrafrique montrant un montant de 2250 FCFA, mettant en évidence des taxes gouvernementales de 22,5 FCFA supérieures aux frais de l’opérateur de 16,87 FCFA
Justin Gourna Zacko et la menace d’expulsion : la terreur administrative pour masquer la vérité
Cette affaire ne date pas d’hier, mais elle illustre la panique qui s’empare du sommet de l’État dès que ses mensonges risquent d’être exposés. Lors de l’introduction de cette taxe inique il y a un peu plus de deux ans, la colère populaire avait immédiatement éclaté. Face à l’indignation générale, la direction d’Orange Centrafrique s’était retrouvée contrainte d’apporter des éclaircissements techniques à ses abonnés pour expliquer l’origine exacte de cette hausse brutale.
La réaction du pouvoir fut d’une violence administrative inouïe. Justin Gourna Zacko, alors ministre des Postes et Télécommunications au moment des faits, avait publiquement et fermement brandi la menace d’une arrestation immédiate et d’une expulsion du Directeur Général d’Orange Centrafrique. Le crime reproché au DG ? Avoir voulu être transparent avec le peuple. Le ministre lui avait intimé l’ordre strict de se taire et de ne surtout pas divulguer que c’était l’État centrafricain qui avait provoqué cette hausse par sa boulimie fiscale. Une tentative d’extorsion doublée d’une censure mafieuse, une posture qui s’apparente moins à une gouvernance responsable qu’à une logique de coercition administrative destinée à préserver une stratégie de prédation.
Plus de deux ans de silence mortel : Où va l’argent des Centrafricains ?
Depuis la mise en place de cette taxe sur le Mobile Money, un silence de plomb entoure l’utilisation de cette manne financière collectée. Le gouvernement est incapable ou refuse catégoriquement de dire à la population combien de milliards de francs CFA cette taxe de 1 % a généré et injecté dans le Trésor public depuis plus de deux ans.
Où va cet argent ? Est-il utilisé pour construire des hôpitaux, réhabiliter les routes délabrées de l’arrière-pays, ou pour financer le train de vie fastueux de l’oligarchie de Bangui ?
Ce silence de mort prouve que le pouvoir traite le portefeuille de ses citoyens comme une ressource privée tout en refusant la moindre reddition de comptes.
Envoyer des jeunes manipulés manifester devant le siège d’Orange Centrafrique est non seulement un acte de lâcheté politique, mais aussi une insulte à l’intelligence des Centrafricains. Les pilleurs de la République ne portent pas des costumes de cadres de télécoms ; ils siègent dans les ministères à Bangui. Il est temps que la jeunesse ouvre les yeux et refuse de servir de marchepied à un gouvernement qui l’asphyxie financièrement tout en lui désignant de faux coupables.
Une diversion politique devenue insulte collective
Envoyer des jeunes manipulés manifester devant le siège d’Orange Centrafrique ne constitue pas seulement une manœuvre de diversion politique ; c’est aussi une insulte directe à l’intelligence collective.
Les véritables responsables de cette asphyxie financière ne se trouvent pas dans les bureaux d’une entreprise de télécommunications, mais bien dans les structures gouvernementales qui ont conçu, imposé et dissimulé cette politique fiscale.
Les prédateurs de la République ne portent pas nécessairement des costumes d’opérateurs privés. Ils siègent aussi dans les ministères.
Il appartient désormais à la jeunesse centrafricaine de refuser d’être instrumentalisée comme levier de propagande, et de diriger sa colère vers les véritables architectes de son étranglement économique.
Le vent tourne désormais pour les rebelles du MPC dans l’Ouham : la milice russe place le mouvement sous une tutelle de fer et menace de confisquer toutes les armes
La pression s’accentue sur les hommes de Didot Ali. Sur le chantier minier de Kouta Gbara, les mercenaires russes ont soumis ce groupe armé à des restrictions de mouvement strictes sous peine de désarmement.
Le contrôle des sites miniers dans l’Ouham par les forces du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique bascule désormais totalement sous domination russe. Dans la journée du mardi 26 mai 2026, un commando russe de la milice Wagner circulant sur une dizaine de motos a fait irruption sur le petit chantier minier de Kouta Gbara, situé à environ 25 kilomètres de Kouki. L’objectif de cette opération surprise était de réunir l’ensemble des officiers du MPC pour leur transmettre des directives sécuritaires draconiennes.
Le message délivré par les forces russes interdit désormais toute autonomie aux combattants. Aucun élément du MPC n’a plus le droit de circuler sur le territoire ou de planifier un déplacement vers Bangui sans l’obtention préalable d’une autorisation validée par les Russes. Les miliciens russes ont fermement prévenu : tout individu intercepté sans ce document verra son arme immédiatement confisquée.
Après avoir dicté ces nouvelles règles de fonctionnement aux officiers unifiés sous la bannière de Didot Ali, le commando russe a repris la route vers Nana-Bakassa.
De son côté, Dido Ali, pris de panique, a pris la parole pour enfoncer le clou et intimider ses propres hommes. Il a rappelé que les armes fournies à chaque éléments représentaient un coût financier énorme pour lui. Le chef de guerre a averti ses soldats que si un fusil était saisi par les Russes en raison d’un voyage non autorisé, le fautif devrait rembourser la valeur de l’arme de sa propre poche. Cette capitulation confirme, comme nous l’avons dit depuis plusieurs mois, que le MPC est désormais transformé en une milice supplétive au service exclusif de Wagner.
Il faut le rappeler, cette soumission se traduit depuis longtemps par des vagues de violences coordonnées sur le terrain, souvent menées conjointement avec des éléments de l’UPC.
Il y a quelques semaines, ces mêmes ex-rebelles de l’UPC du MPC ont attaqué le village de Bowaye, incendiant des habitations et tuant au moins six civils, dont l’un des chefs de ce village, une femme et un guérisseur traditionnel. Les assaillants avaient verrouillé l’accès à la zone, laissant les corps à l’air libre pendant deux jours sous le prétexte fallacieux de traquer le chef d’état-major du CNPCR, Florent Kéma.
Le procureur Axel Armand Anthony Doubro, dans son interview sur la radio Guira Fm la semaine dernière, alerte sur la saturation critique de la maison d’arrêt de Paoua, où la lenteur des procédures criminelles et l’étendue de la juridiction provoquent un engorgement chronique.
Initialement bâtie pour accueillir 35 prisonniers, la maison d’arrêt de Paoua croule aujourd’hui sous un effectif qui dépasse les 57 détenus. Cette situation de surpopulation découle d’une équation mathématique impossible. Le Tribunal de Grande Instance de la localité exerce son autorité sur cinq sous-préfectures : Paoua, Kodi, Djim, Taley et Bah-Bara (Goundaye). Si chaque zone envoie seulement cinq prévenus par mois, la capacité d’accueil est pulvérisée en un temps record.
Le magistrat pointe du doigt un fonctionnement judiciaire à la traîne. Si les dossiers correctionnels — vols, abus de confiance ou coups et blessures — sont traités régulièrement, le blocage se situe au niveau des affaires criminelles. Viols, meurtres liés à la sorcellerie et vols à main armée nécessitent une instruction spécifique. Or, la juridiction de Paoua ne possède pas la compétence pour juger ces crimes.
Le transfèrement des dossiers vers la cour criminelle de Bouar est à l’arrêt depuis plusieurs années. Résultat : les inculpés s’entassent dans les cellules de Paoua, en attente d’un jugement qui n’arrive jamais. Ces prisonniers « oubliés » constituent la majorité de la population carcérale actuelle, transformant un bâtiment récent en un espace exigu où la justice semble avancer à pas de tortue.
Hypocrisie des bras cassés de la septième république : Moloua exige le respect du drapeau centrafricain alors que Touadéra le transforme en tapis et le piétine chaque jour
Pendant que le Premier ministre Moloua exige une vénération hebdomadaire des couleurs, le président Touadéra transforme l’emblème national en tapis lors des cérémonies officielles.
La reconduction de Félix Moloua à la tête du gouvernement centrafricain donne lieu à une mise en scène politique où la rigueur morale affichée par la Primature dissimule mal les dérives du sommet de l’État. En annonçant ses nouvelles orientations, le chef du gouvernement prétend restaurer l’autorité administrative par des symboles forts. Pourtant, cette prétendue reconquête du civisme se heurte à une réalité quotidienne bien plus sombre, orchestrée par la présidence elle-même.
Le Président Faustin-Archange Touadera, marchant sur un tapis rouge, arborant des couleurs du drapeau national
Faustin-Archange Touadéra a fait fabriquer un tapis rouge bordé des couleurs de la République centrafricaine, qu’il utilise de manière continue. Cet aménagement ne sert pas uniquement pour de rares cérémonies de prestige, mais est installé à l’aéroport et sur les parcours quotidiens du dictateur, y compris pour se rendre à ses bureaux. Jour après jour, à chaque déplacement, le président marche sur ce tapis et écrase la bannière nationale sous ses chaussures, transformant l’emblème de la patrie en un vulgaire marchepied. Ce piétinement permanent souille publiquement le symbole pour lequel les soldats des forces armées sacrifient leur vie.
Face à cette profanation continue, le Premier ministre préfère détourner les yeux et reporter une exigence de discipline sur le reste de l’appareil d’État. Félix Moloua impose désormais à l’ensemble des ministres de tous les ministères de la République, ainsi qu’à tous les fonctionnaires de l’administration, une présence obligatoire au bureau dès huit heures le matin. Chaque lundi, tous les agents publics doivent s’aligner dans les cours de leurs ministères respectifs pour saluer la montée des couleurs et entonner l’hymne national. Cette injonction administrative infantilise les cadres de la fonction publique, contraints à un respect rigide sous peine de sanctions, tandis que le président de la République foule aux pieds ce même drapeau de manière routinière.
Ce décalage trahit l’incapacité de la Primature à traiter les urgences de la population, qui croule sous une fiscalité asphyxiante, notamment sur le carburant et les services numériques, sans accès à l’eau ou à l’électricité. Le pouvoir utilise ces mesures de façade pour masquer son impuissance face aux pillages et aux exactions des mercenaires russes de Wagner, préférant traquer le retard d’un fonctionnaire plutôt que de faire respecter la souveraineté nationale face aux forces étrangères.
Derrière l’apparence démocratique qu’il tente tant bien que mal de vendre à la communauté internationale, Faustin-Archange Touadéra montre clairement désormais son véritable visage : celui d’un autocrate implacable. Dans la foulée de la formation du gouvernement Moloua 3, le chef de l’État poursuit sa stratégie de consolidation personnelle du pouvoir autour de son clan.
Des alliés marginalisés
Des alliés de la première heure, qui avaient soutenu le référendum constitutionnel ainsi que sa réélection, sont aujourd’hui sanctionnés. Les cas de Gourna Zacko, de Thierry Kamach avec son parti MOUNI, ainsi que ceux de la plateforme Be-Oko, illustrent cette logique implacable.
Des alliés de la dernière heure, regroupés au sein d’une plateforme dite Union des forces démocratiques de l’opposition (UFDO), tels qu’Eddy Symphorien Kparekouti, qui attendait son tour dans l’antichambre du Palais, Chantal Jean Édouard Koyambonou, Jackson Mazette, ou encore ceux agissant en électrons libres comme Stanislas Zoumbeti et Étienne Malekoudou, sont eux aussi ignorés, au point que certains en tombent malades. Tout comme ceux de la diaspora qui s’activent sur les réseaux sociaux dans l’espoir d’être nommés. Mais la reconduction de certains anciens ministres, dans un jeu de chaises musicales, glace leur sang sous le soleil de ce printemps où ils se trouvent.
C’est désormais une véritable politique de la terre brûlée contre ses propres alliés que semble avoir adoptée l’empereur-président Touadéra.
Cooptation, puis éviction
La stratégie est désormais connue : utiliser les transfuges, puis les jeter après usage. Pour asseoir son pouvoir absolu, Faustin-Archange Touadéra a d’abord joué la carte de la manipulation et de la cooptation des cadres issus des partis historiques de l’opposition démocratique. En distribuant postes et privilèges, le régime est parvenu à fracturer de l’intérieur les principales forces politiques du pays.
Au sein du MLPC, dirigé par Martin Ziguélé, la stratégie s’est révélée particulièrement efficace. Pour Chantal Jean Édouard Koyambonou, le prix du reniement fut un poste de ministre d’État à la présidence. Pour d’autres cadres transfuges, tels que Jackson Mazette, Stanislas Zoumbeti et Étienne Malekoudou, le pouvoir a sorti l’artillerie lourde : de l’argent en liquide, de la monnaie sonnante et trébuchante.
À l’URCA d’Anicet Georges Dologuélé, la défection d’André Nalké Dorogo a illustré cette même entreprise de déstabilisation.
Le RDC, parti du défunt président André Kolingba et de son fils Désiré Kolingba, n’a pas non plus été épargné.
Mais la lune de miel avec ces traîtres à leur propre camp est de courte durée. Comme le constatent aujourd’hui de nombreux observateurs à Bangui, une fois la basse besogne accomplie, ces cadres dissidents sont impitoyablement jetés à la poubelle de l’histoire, traités comme des résidus de table dont même les chiens ne voudraient pas, laissant couler des larmes de poisson sur leurs visages.
Les larmes des dissidents du MLPC
Selon des sources proches du Palais de la Renaissance, le mépris de Touadéra envers les dissidents du MLPC aurait désormais viré à l’indifférence totale. Le chef de l’État leur reprocherait de ne pas avoir atteint les objectifs politiques qui leur avaient été implicitement assignés : évincer Martin Ziguélé de la tête du MLPC et offrir au pouvoir au moins un député élu sous la bannière de leur dissidence.
Face à l’échec de cette stratégie, Touadéra a coupé les ponts avec ces anciens alliés, ignorant désormais leurs attentes politiques.
Cette prise de distance brutale a profondément affecté certains d’entre eux, notamment Jackson Mazette, Etienne Malekoudou, Stanislas Zoumbeti et Chantal Jean Édouard Koyambonou, qui se retrouveraient aujourd’hui politiquement isolés après avoir rompu avec leur formation politique d’origine.
Le coup de force du Ledger : l’Assemblée nationale mise au pas
Le véritable tournant de cette rupture autoritaire se serait joué lors d’une réunion stratégique organisée à l’Hôtel Ledger de Bangui. En coulisses, une lutte d’influence opposait plusieurs figures du MCU. Il faut se le rappeler.
Simplice Mathieu Sarandji, secrétaire exécutif du parti présidentiel, cherchait à consolider sa position face à son rival potentiel pour le perchoir, Évariste Ngamana, surnommé le « marabout de Carnot », en référence à son frère aîné réputé dans cette ville de l’ouest du pays.
Pour consolider ses arrières et s’assurer un bouclier face au « marabout de Carnot », Sarandji avait lui-même convoqué les députés du parti MOUNI à cette assise, comptant fermement sur leur soutien. C’était sans compter sur l’agenda personnel de l’Empereur-Président. Faustin-Archange Touadéra est arrivé à cette réunion avec une vision purement dictatoriale déjà arrêtée.
Refusant tout jeu d’alliance, Touadéra a littéralement chassé avec une violence politique inouïe, tous les élus du parti MOUNI qui se trouvaient dans la salle, comme un père de famille qui chasse son chien qui se retrouve sur son canapé au salon. S’imposant devant les députés médusés, l’Empereur-Président a dicté sa loi : ils ne devaient voter que pour les noms inscrits sur la liste unique qui leur serait présentée. Le verrouillage a été total
La réunion de l’Hôtel Ledger a produit l’effet escompté : tous les membres du bureau de l’Assemblée nationale ont été élus sans véritable concurrence. Pendant que les députés du parti MOUNI digéraient encore leur humiliation, refusant de présenter des candidatures au sein de ce bureau, le député indépendant Bernard Dilla, qui espérait retrouver son poste de vice-président, a tenté sa chance, mais il a lui aussi subi une cuisante défaite
L’ingratitude politique : le cas Thierry Kamach
Peu après l’humiliation de l’Hôtel Ledger, ce fut au tour du leader du parti, Thierry Kamach, d’avoir sa dose en grande quantité. Dans la foulée, le leader du MOUNI et ancien ministre a été exclu du gouvernement Moloua 3, sans aucune explication officielle.
Selon plusieurs sources proches du pouvoir, une justification officieuse aurait toutefois circulé : Kamach aurait été écarté parce qu’il avait choisi de se présenter aux législatives et qu’il devait désormais se contenter de son mandat parlementaire.
Une explication qui a rapidement suscité incompréhension et sarcasmes dans les milieux politiques de Bangui, plusieurs autres ministres élus députés ayant pourtant été reconduits au gouvernement.
Pour de nombreux observateurs, cette justification apparaît surtout comme un prétexte destiné à masquer une volonté politique plus profonde : celle d’écarter progressivement des alliés devenus encombrants après avoir servi les intérêts du régime.
Pourtant, le MOUNI et son leader avaient largement contribué au soutien politique du référendum constitutionnel controversé ainsi qu’au processus électoral qui a suivi. Une fois le pouvoir consolidé, l’allié d’hier semble désormais devenu indésirable.
Depuis, c’est le silence total du côté du Palais de la Renaissance à l’égard du MOUNI.
Un avertissement clair
Ces événements envoient un message limpide : en Centrafrique, les alliances avec Touadéra semblent avoir une durée limitée. Qu’il s’agisse d’opposants ralliés ou d’alliés de longue date, l’utilité politique paraît désormais temporaire. Le pouvoir utilise, fragilise puis écarte.
Face à cette succession de purges et de règlements de comptes politiques, l’inquiétude grandit jusque dans les cercles du pouvoir à Bangui.
Comme le résume un activiste de la capitale :« À qui le prochain tour ? »
Une question qui résonne désormais comme un avertissement pour tous ceux qui pensent encore pouvoir pactiser durablement avec le régime en place.
L’incarcération prolongée de l’ancien Directeur Général du Trésor public Abakar Mahamat à la prison du camp de Roux incarne le blocage absolu d’un appareil judiciaire inféodé aux décisions du pouvoir.
En effet, ce dysfonctionnement majeur de l’État s’est manifesté le 11 mars 2025, lorsque cet inspecteur principal des finances a été arrêté dans son bureau alors qu’il coordonnait le projet AGIR, un programme financier sous supervision étroite de la Banque mondiale.
Cette arrestation repose sur une affaire totalement bidon, fabriquée par les autorités pour greffer le nom de ce haut fonctionnaire intègre sur le dossier sensible de l’ancien ministre Armel Sayo.
Au-delà de ces accusations sans fondement, la procédure est aujourd’hui totalement gelée par le ministre de la Justice, une ingérence politique qui paralyse les tribunaux et maintient le captif dans un flou réglementaire complet.
Cette paralysie volontaire de la loi aggrave chaque jour la situation personnelle de l’ancien Directeur général du trésor, monsieur Mahamat Abakar, dont l’état de santé décline à un rythme inquiétant dans l’indifférence de ses geôliers.
Face à cette urgence vitale, l’administration pénitentiaire refuse obstinément son transfert vers un hôpital équipé, le cantonnant dans une infirmerie de fortune au sein même du camp de Roux.
Cette séquestration médicale s’inscrit dans la stratégie plus large du régime de Faustin-Archange Touadéra, qui utilise l’appareil sécuritaire pour écarter les cadres compétents et insoumis aux pillages de ressources menés avec les mercenaires de Wagner.
L’objectif final de cette machination consiste à installer un partisan docile à la gestion des fonds internationaux du projet AGIR, qu’Abakar Mahamat s’efforçait de préserver avec honnêteté.
Centrafrique : débandade générale dans le village M’béngou, près de Bamingui, après incursion des mercenaires russes qui ont tué des civils et blessant d’autres
À M’béngou , une localité situé dans la préfecture de Bamingui-Bangoran, l’irruption de mercenaires russes a fait sombrer la localité dans le chaos. Après attaque des civils par ces voyous de Poutine et de Touadera, Le bilan fait état d’un mort, d’un blessé et d’un village déserté.
Une expédition militaire destructive depuis la Nana-Gribizi
Les faits se sont déroulés au cours de la journée du dimanche 24 mai 2026. Un convoi de véhicules transportant des mercenaires russes s’est mis en route depuis Kaga-Bandoro, le chef-lieu de la préfecture de la Nana-Gribizi. Ce détachement lourdement armé a suivi l’axe routier menant vers la préfecture de la Bamingui-Bangoran, marquant d’abord un arrêt par la sous-préfecture de Mbrés.
Après cette halte, les mercenaires russes ont repris leur progression en direction de Bamingui. C’est au cours de ce déplacement que les mercenaires russes lourdement armés ont investi le village de M’béngou , une petite localité rurale située à 30 kilomètres de Bamingui, leur destination prétendument finale et située également à environ 150 kilomètres de Ndélé, le chef-lieu de la préfecture. Dès leur entrée dans le village, ces forces ont pris pour cibles directes les habitations et les civils.
Des violences gratuites sur des civils désarmés
Les mercenaires russes ont immédiatement ouvert le feu et exercé des violences ciblées sur la population locale. Au cours de cette agression, un habitant a été tué par balle et un autre a reçu de graves blessures. Cette attaque directe contre des personnes non armées a provoqué une terreur immédiate parmi les familles.
Pour légitimer cette opération meurtrière auprès de l’opinion et du gouvernement des tintin, le commandement de ces forces russes a rapidement diffusé une version officielle affirmant qu’un affrontement armé avait eu lieu contre des groupes rebelles positionnés dans ce secteur. Cependant, les témoignages des rescapés formels démentent cette déclaration. Les habitants affirment qu’aucun groupe rebelle n’était présent à M’béngou et dénoncent un pur mensonge destiné à dissimuler des violences gratuites contre la population civile.
L’exode complet de M’béngou vers Bamingui
Prises de panique face à la violence des tirs et aux exactions de ces hommes armés, les familles n’ont eu d’autre choix que de fuir instantanément. Le village s’est entièrement vidé de ses occupants en l’espace de quelques heures, laissant les habitations totalement abandonnées aux mains des assaillants.
Les villageois ont entamé une marche forcée à pied à travers la brousse et le long des pistes pour se mettre à l’abri. Cet exode massif s’est dirigé vers la sous-préfecture de Bamingi. Actuellement, des vagues importantes de familles déplacées, traumatisées et privées de leurs biens essentiels, arrivent de manière continue à Bamingi où elles tentent de trouver un abri provisoire et de l’aide auprès des résidents locaux.
Centrafrique : déclenchement d’une guerre sans merci contre les éleveurs Peuls à Bondodji, près de Nanga-Boguila, après le meurtre d’un chef de village
Une explosion de violence s’empare du village de Bondodji, situé à 3 kilomètres de Nanga-Boguila, carrefour stratégique de l’Ouham sur l’axe Pawa. Le meurtre d’un chef local a mis le feu aux poudres.
En effet, le petit village de Bondodji est devenu le point de départ d’un conflit ouvert. À l’origine de cette flambée de colère, l’assassinat particulièrement sauvage du chef du village. Les habitants accusent directement des éleveurs Peuls d’avoir tué et mutilé leur leader traditionnel. Cette agression a provoqué une vague d’indignation massive parmi la population locale.
En réaction, les villageois ont déserté massivement leurs habitations. Armés de machettes, de fusils artisanaux et de tout autre moyen de défense disponible, les hommes se sont dirigés vers la brousse. Une véritable traque a commencé dans les forêts environnantes, visant les éleveurs ainsi que leur bétail.
Selon les déclarations d’un sous-officier de l’armée nationale, le bilan provisoire fait état de quatre morts du côté des éleveurs Peuls. Pour l’instant, les pertes chez les villageois se limitent au chef abattu, bien que la situation sur le terrain reste extrêmement fluide et difficile d’accès pour les observateurs. Notre correspondant local confirme que les affrontements se poursuivent au cœur de la forêt et que l’issue de cette bataille rangée demeure incertaine.
Un accord de paix et des tensions structurelles
Ce déchaînement de violence populaire n’est pas un fait rare, il découle des accords de paix signés entre le gouvernement et plusieurs groupes armés. Les populations locales pointent du doigt l’impunité dont bénéficient certaines factions comme :
L’UPC(Unité pour la paix en Centrafrique), composée en quasi-totalité de combattants Peuls.
Le mouvement 3R(Retour, Réclamation et Réhabilitation), également dominé par la communauté Peul.
Le MPC(Mouvement patriotique pour la Centrafrique), constitué principalement d’éléments arabes.
Depuis ces accords, les ex-rebelles multiplient les exactions contre les civils dans la préfecture de l’Ouham. Protégés par ces milices et parfois instrumentalisés dans le cadre de stratégies politiques de Faustin-Archange Touadera impliquant des mercenaires, les éleveurs agissent en terrain conquis. Se sachant sous l’aile de l’UPC et des 3R, ils commettent des abus réguliers qui consument la patience des agriculteurs autochtones.
La colère s’est accumulée au fil des mois pour aboutir à cette explosion de justice populaire. Le face-à-face actuel dans la brousse de Bondodji montre que l’alliance objective entre ces éleveurs, les ex-rebelles et le pouvoir de Bangui crée une poudrière. Si les autorités et leurs alliés continuent de fermer les yeux sur les exactions des miliciens, la vengeance des communautés villageoises pourrait embraser toute la région, les civils ayant décidé de se faire justice eux-mêmes. Les informations continuent de remonter difficilement de la brousse.
L’engagement de l’UNHCR à clore définitivement le dossier des réfugiés de Bangui avant le terme de l’année 2026 vacille. À l’approche du mois de juin, l’absence de calendrier opérationnel et l’arrêt des aides scolaires et médicales plongent des familles entières dans une urgence vitale critique, entre dettes locatives et dénuement sanitaire.
Le recensement général de la population réfugiée à Bangui devait constituer le prélude à une intégration locale ou à un rapatriement définitif. C’est en tout cas l’annonce qui avait été formulée par la responsable canadienne de la protection lors de son intervention d’octobre 2025. Cette promesse prévoyait l’attribution d’une issue définitive pour chaque ménage avant la fin de l’année 2026. Pourtant, au moment d’aborder la moitié de l’échéance fixée, aucun plan de route n’a été communiqué aux bénéficiaires. Les conclusions du recensement demeurent confidentielles et aucune étape ultérieure n’est visible pour les communautés installées sur place.
Ce ralentissement des procédures administratives se double d’une interruption directe des prestations de soutien de base. L’assistance scolaire, suspendue depuis le mois d’octobre 2025, ainsi que les allocations spécifiques aux personnes vulnérables, coupées en septembre 2025, contraignent les familles à l’endettement pour assurer leur subsistance et le maintien de leur logement. Les cas d’arriérés de loyer s’accumulent sur plusieurs mois, exposant les résidents à des menaces d’expulsion immédiate.
Sur le plan sanitaire, les consignes médicales se heurtent à la réalité des coupures budgétaires. Les médecins traitants conditionnent la prise des traitements quotidiens à une alimentation régulière, une exigence devenue impossible à respecter pour les individus privés de revenus. Les blessés, notamment les victimes d’accidents en attente de réhabilitation physique, ne reçoivent aucune dotation en médicaments, même de première nécessité. Les conséquences se mesurent en rechutes successives et en pertes de vies humaines au sein de la communauté.
Cette mortalité croissante engendre une crise de protection pour les mineurs. Des enfants se retrouvent isolés du jour au lendemain suite au décès de leurs deux parents, héritant des dettes de location de la cellule familiale sans aucune structure de relais pour les prendre en charge. Privés d’accès à l’instruction et de tuteurs légaux, ces orphelins se retrouvent exposés de plein fouet aux réseaux de criminalité, d’exploitation économique et de violence sexuelle dans la capitale centrafricaine.
Le règlement des décès met également en relief un décalage budgétaire majeur : l’enveloppe d’obsèques allouée par l’institution s’élève à 100 000 francs CFA (environ 150 dollars américains) par décès, alors que les défunts cumulent souvent plus de deux décennies d’exil sur le territoire sans avoir bénéficié de subventions équivalentes pour leur autonomisation de leur vivant. Face à ce constat, les représentants des réfugiés réclament désormais la publication immédiate de la liste des bénéficiaires et l’établissement d’une feuille de route pour les six prochains mois, réclamant soit l’application des engagements pris, soit une liberté totale de mouvement pour quitter le dispositif d’asile.
Didot Ali accentue sa campagne de terreur au sein du MPC à Markounda. Pour asseoir son pouvoir absolu sur le MPC, il force désormais les éléments loyalistes à lui prêter allégeance sur le Coran.
En effet, la purge interne se poursuit avec une violence accrue au sein du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC). L’ancien chef d’état-major dissident, Didot Ali, soutenu par les paramilitaires russes de Wagner, s’est lancé dans une entreprise de démantèlement des derniers cercles de fidèles du président fondateur, Mahamat Al-Khatim. Après avoir contraint le nouveau chef d’état-major Ahmat Chaltout à la capitulation et enchaîné deux combattants réfractaires, le chef rebelle vient de faire arrêter trois autres éléments à Markounda.
Ces trois hommes assuraient la sécurité sur l’un des chantiers miniers de l’Ouham, véritable poumon financier du mouvement rebelle. Leur profil est hautement stratégique puisqu’il s’agit de proches collaborateurs de Mahamat Al-Khatim. Les prisonniers ont été identifiés comme étant Mht Ali Bargine, Ahmat Ali alias Zogolo, et Hamza, ce dernier étant le propre neveu du président fondateur. En les ciblant directement, Didot Ali cherche à briser l’influence d’Al-Khatim sur le terrain et à contraindre les derniers loyalistes à reconnaître sa seule et unique autorité.
Une fois conduits dans ses cellules de détention privées, les trois captifs ont été soumis à un chantage direct. Didot Ali leur a imposé un choix sans équivoque pour obtenir leur libération : jurer fidélité sur le Coran à sa propre personne et renier le commandement d’Al-Khatim. Face à la pression et aux menaces, Ahmat Ali alias Zogolo et Mht Ali Bargine ont fini par céder. Après avoir prêté serment sur le livre sacré, ils ont été relâchés et réintégrés sous les ordres de la nouvelle direction dissidente.
Le troisième prisonnier, Hamza, le neveu de Mahamat Al-Khatim, oppose quant à lui un refus catégorique. Fort de ses années d’engagement au sein du mouvement sous les ordres de son oncle, il refuse de trahir ses convictions et sa hiérarchie d’origine. Ce choix lui vaut d’être maintenu au secret dans des conditions extrêmement précaires. À Markounda, l’inquiétude grandit parmi ses proches, d’autant que la mémoire des trois anciens démissionnaires livrés à Wagner il y a quelques mois, et aujourd’hui disparus, reste dans tous les esprits.
Dans la nuit du 21 au 22 mai, le domicile de Monsieur Thierry à Obo a été investie et dépouillée par des mercenaires russes appuyés par des soldats centrafricains. Les habitants du chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, situé dans le sud-est de la République centrafricaine, décrivent une opération nocturne soudaine.
En effet, au alentours de minuit, un commando composé de mercenaires russes et d’éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) a encerclé le domicile de Thierry, un père de famille à Obo. Sans fournir le moindre motif, les hommes armés ont pénétré de force à l’intérieur de l’habitation.
Sous les yeux du chef de famille, les assaillants ont fouillé l’intégralité des pièces, retournant les effets personnels et s’emparant de nombreux biens de valeur avant de quitter les lieux. Aucune explication n’a été fournie à la victime pour justifier cette intrusion et la spoliation de ses possessions matérielles.
Cette agression matérielle s’ajoute à une situation familiale déjà hautement criminelle. Il y a plusieurs mois déja, le fils de Thierry, prénommé Béal, qui exerçait l’activité de conducteur de moto-taxi, a été kidnappé dans la ville de Zemio par les mercenaires russes. Depuis ce rapt survenu durant la crise dans cette zone, le jeune homme n’a donné aucun signe de vie, ce qui conduit ses proches et la communauté locale à penser qu’il a été froidement éliminé par ces criminels de Poutine et de Touadéra.
Malgré la douleur qui frappe ce père de famille suite à la disparition de son enfant, sa maison de Obo est devenue la cible directe d’un raid de confiscation. Les mercenaires russes et les soldats FACA ont chargé le butin dans leurs véhicules, abandonnant la victime dans le dénuement au milieu de sa concession dévastée.
Le 21 avril dernier, la République centrafricaine s’est jointe à la communauté internationale pour célébrer la Journée mondiale de la créativité et de l’innovation. Loin des clichés, cette journée a mis en lumière une réalité vibrante : en RCA, innover n’est pas qu’une question de haute technologie, c’est avant tout une question de survie, d’adaptation et de transformation de nos ressources locales.
L’innovation : Repenser le quotidien
En Centrafrique, l’innovation ne se limite pas aux laboratoires de pointe. Comme le souligne le débat actuel, innover, c’est proposer une nouvelle manière de faire, améliorer un produit existant ou créer un modèle économique qui répond à un besoin spécifique du terrain. C’est l’art de transformer les défis en opportunités.
Le Haria : Du marché à l’assiette moderne
L’exemple de Medese Djosu est à ce titre emblématique. En se lançant dans la production de jus naturels et de yaourts, cette entrepreneuse a prouvé que la tradition peut rencontrer la modernité. Son coup de génie ? L’utilisation du Haria, un produit naturel bien connu des marchés centrafricains, habituellement utilisé pour la bouillie.
En transformant le Haria en une sorte de couscous cuit à la vapeur pour l’intégrer dans ses yaourts, elle ne fait pas que vendre un produit : elle réinvente un patrimoine culinaire. C’est cette capacité à transformer une ressource simple en un produit fini à haute valeur ajoutée qui définit l’entrepreneuriat centrafricain d’aujourd’hui.
Le numérique au service de la productivité
L’innovation en Centrafrique passe aussi par l’adoption d’outils modernes pour gagner en compétitivité. Jordan Bangui, promoteur de Songo Group, accompagne les entrepreneurs dans cette transition.
Fini le temps où la création d’un logo ou d’une présentation demandait des heures de maîtrise sur des logiciels complexes comme Photoshop. Aujourd’hui, avec l’utilisation de Canva et de l’intelligence artificielle, les entrepreneurs centrafricains peuvent :
Créer leur identité visuelle en quelques clics.
Gagner un temps précieux pour se concentrer sur leur cœur de métier.
Gérer plusieurs marchés simultanément.
Comme on le dit si bien dans le milieu des affaires à Bangui : « Le temps, c’est de l’argent ».
Un levier pour le développement durable
Portée par l’ONU, cette journée de la créativité rappelle que l’entrepreneuriat est le moteur essentiel pour atteindre les objectifs de développement durable en RCA. Que ce soit à travers la formation de 27 femmes dans la Haute-Kotto sur la gestion financière ou l’appui de la Banque Mondiale, l’objectif reste le même : donner aux Centrafricains les outils pour bâtir leur propre autonomie économique.
L’innovation en Centrafrique est en marche. Elle se trouve dans chaque grain de Haria transformé et dans chaque entrepreneur qui utilise le numérique pour briser les barrières du marché.
À Kaga-Bandoro, les forces de l’ordre sombrent dans l’anarchie. L’infanticide commis lors d’une prière satanique en cellule confirme la déchéance et l’effondrement moral du commissariat.
En effet, les faits les plus marquants de cette dérive réside dans la gestion d’une affaire de prétendue sorcellerie. Une habitante, suspectée par la rumeur, a été placée sous surveillance provisoire au sein du commissariat de la ville. C’est dans ce contexte de détention que l’enquêteur chargé du dossier a pris une décision en dehors de tout cadre légal.
Sans aucun motif valable, ce fonctionnaire a donné son accord pour introduire un enfant de moins de cinq ans à l’intérieur de la cellule. L’objectif de cette manœuvre consistait à lui administrer un produit censé agir contre l’envoûtement, au milieu de rituels assimilés à des prières sataniques. À la suite de l’ingestion de cette substance mystérieuse dans cet environnement carcéral, le jeune enfant a immédiatement rendu l’âme.
Cet acte commis sous le toit de l’État démontre que des agents confondent les lois républicaines avec des pratiques irrationnelles, transformant un lieu de justice en un espace de rituels mortels.
Au-delà de ce crime, les fonctionnaires de Kaga-Bandoro s’immiscent continuellement dans des dossiers qui dépassent leurs attributions. Le commissariat s’attribue le droit de régler des affaires purement civiles, au détriment des tribunaux compétents. Les litiges financiers de la vie quotidienne font l’objet d’un traitement répressif immédiat. Pour une simple réclamation de créance ou un conflit de voisinage, la mesure d’enfermement est devenue la réponse habituelle. Les policiers confisquent la liberté des citoyens pour régler des comptes ou forcer des remboursements, transformant une administration publique en un outil de coercition privée.
La vie des habitants de la ville est rythmée par un rançonnement quotidien. Les policiers imposent un racket aux citoyens paisibles à chaque contrôle ou démarche. Cette quête d’argent facile détruit la fonction première de sécurité due à la population.
Ce désordre est nourri par une insubordination totale des agents envers leurs supérieurs. Les subordonnés n’obéissent plus aux directives réglementaires et l’absence de contrôle interne permet à chaque policier d’agir selon son propre intérêt, sans craindre de sanction. Les résidents subissent cette situation au quotidien, constatant que la structure censée appliquer la loi s’est transformée en une organisation qui s’en affranchit. L’urgence d’une intervention des instances supérieures s’impose pour restaurer l’ordre et la justice à Kaga-Bandoro.
Par Norbert Massou, correspondant du CNC à Kaga-Bandoro
Après les civils, ce sont les militaires qui sont très mécontents du nouveau gouvernement et ils déclenchent des tirs en l’air au quartier Boy-Rabe pour manifester leur mécontentement
L’annonce du maintien du gouvernement Moloua a provoqué des tensions au sein du bastion présidentiel, incitant des soldats à exprimer publiquement leur rejet de cette reconduction politique.
La publication de la liste ministérielle le jeudi 21 mai 2026 ne provoque pas seulement le désaccord de la population civile dans les secteurs populaires. La contestation gagne désormais les militaires, touchant directement le cœur du pouvoir. Durant la nuit même du jeudi au vendredi, le quartier de Boy-Rabe, situé dans le quatrième arrondissement de Bangui, est devenu le centre d’une manifestation de colère. Ce secteur, qui abrite la résidence personnelle du chef de l’État Faustin-Archange Touadéra, a retenti de détonations continues. Des soldats des Forces armées centrafricaines ont utilisé leurs armes de service pour effectuer des tirs nourris vers le ciel, plongeant les habitants de cette zone stratégique dans l’incertitude durant plusieurs heures.
Devant la continuité des tirs, les autorités ont immédiatement sollicité l’intervention des services de la garde présidentielle et des mercenaires russes déployés pour la sécurité du périmètre. Arrivés sur les lieux dans le quartier pour obtenir des explications et faire cesser le désordre, ces éléments ont interrogé les soldats sur les motivations réelles de cette action nocturne. Les militaires contestataires ont répondu en affirmant que leur comportement découlait directement de leur fort mécontentement face à la reconduction de l’équipe gouvernementale. Cette déclaration faite au milieu des habitations confirme que la crise de confiance se manifeste en dehors des espaces militaires habituels, directement sous les fenêtres du pouvoir.
La colère des troupes s’oriente notamment vers le maintien du ministre de la Défense, un paramilitaire, cadre des douanes, dont la gestion de l’armée nationale focalise les rancœurs. Ce responsable est désigné par les soldats comme l’auteur de la suppression de la prime globale d’alimentation, un élément indispensable pour le quotidien des hommes du rang. En 2024, ce ministre avait affirmé que l’octroi de cette prime ne constituait pas un droit obligatoire pour les soldats, provoquant une première vague d’indignation. Face à la réaction des troupes, il s’était rendu personnellement à Bambari pour formuler des excuses et affirmer que ses propos avaient fait l’objet d’une mauvaise interprétation.
Dans les faits, les promesses de régularisation n’ont pas été suivies d’effets tangibles sur le terrain. Depuis maintenant six années, le versement régulier de cette prime demeure suspendu, remplacé par des allocations séquentielles distribuées de manière aléatoire, parfois espacées de six à douze mois. Les militaires constatent que le ministre à l’origine de cette dégradation de leurs conditions de vie conserve son fauteuil au sein du cabinet Moloua 3. Pour les protestataires, le maintien de cette hiérarchie ainsi que la présence de ministres installés depuis une décennie s’apparentent à la préservation d’intérêts financiers privés et mafieux plutôt qu’à une gestion rigoureuse de l’État.
Comme chaque année, le ministère du Travail, à travers l’ACFPE, organise ce qu’ils appellent le Mois du travail pour le recrutement. Mais contrairement aux années précédentes, cette édition 2026 tourne au fiasco total, à la surprise générale.
En effet, si ce fiasco du Mois du travail 2026 à Bangui est une surprise totale pour les organisateurs, ce n’est pas étonnant pour ceux qui connaissent bien l’ACFPE. Les personnels, les agents de l’ombre et les lecteurs fidèles qui suivent nos révélations sur le site CNC savent que ce naufrage n’est pas nouveau. Il était même largement prévisible. Vu la gabégie financière et la dégradation continue de cette institution ces derniers temps, ce blocage n’est que le résultat logique d’une faillite annoncée.
C’est ainsi que sur le terrain, l’esplanade qui accueillait habituellement la foule des grands jours sonne désormais désespérément vide. Les stands réservés aux grands opérateurs économiques de la place, comme Orange, Telecel, Moov ou encore la Mocaf, sont restés entièrement vides. Ces entreprises partenaires et les structures privées de Bangui ont tout simplement choisi de boycotter le rendez-vous cette année, laissant les organisateurs face à un désert imprévu.
Pour cacher cette absence massive de participants et sauver les apparences, les responsables de l’agence ont déployé les grands moyens de manière improvisée. Des véhicules de la structure ont été envoyés dans les différents quartiers de la ville pour ramasser des jeunes afin de remplir artificiellement l’espace et masquer le vide des allées. La situation s’est compliquée lorsque la question de leur transport de retour a provoqué de vives tensions sur place. Ces jeunes, laissés sans solution pour rentrer chez eux, ont commencé à menacer de faire la grève, obligeant la direction à calmer le jeu en catastrophe avant de voir le site se vider définitivement.
Aux abois devant ce naufrage, la direction générale a tenté un coup de poker en publiant un communiqué officiel pour annoncer une prolongation des activités jusqu’au vendredi 22 mai 2026. Seulement, ce document administratif, censé corriger le tir, s’avère être le reflet parfait de la pagaille interne qui règne au sein de la structure. Les fautes d’orthographe et grammaticales s’y accumulent :
Un problème d’accord direct : Le texte laisse l’adjectif « organisé » au singulier alors qu’il fait référence aux activités et événements au pluriel.
Une ponctuation inexistante : Le rédacteur livre une phrase interminable de plus de soixante mots sans insérer la moindre virgule après la date du « mercredi 20 mai 2026 », ce qui bloque la lecture.
Un terme technique inadapté : L’emploi du mot vague « l’insertion des jeunes » remplace maladroitement la formulation administrative et technique correcte de l’insertion professionnelle.
Une anomalie sur la date : Le comble de la négligence apparaît sur le tampon dateur officiel, qui affiche une lecture confuse de « 120 MAI 2026 », le chiffre 2 ayant été grossirement écrasé sur un chiffre existant.
Ce manque absolu de soin et cette incapacité à produire une note de service correcte mettent à nu les carences de la gestion actuelle de l’institution. Ce lot de dysfonctionnements s’inscrira dans la lignée directe des récentes décisions internes, notamment la désignation de la sœur cadette de la ministre de tutelle au poste de directrice générale par intérim, alors même que le conseil d’administration alertait déjà sur l’état critique de la trésorerie. Les quelques stands restants finissent de se démonter sous les yeux d’une équipe incapable de maîtriser sa logistique.
À peine reconduit à la tête d’un gouvernement dont l’efficacité reste à prouver, le Premier ministre Félix Moloua a dévoilé ce qu’il qualifie pompeusement de « mesures phares » pour son nouveau mandat. Pour ceux qui espéraient un sursaut d’orgueil ou un semblant de programme pour sortir la République centrafricaine de l’abîme, la douche est glaciale. Entre obligation d’arriver à 8 heures et chorale obligatoire de l’hymne national pour les fonctionnaires, Moloua confirme qu’il n’a absolument rien dans la tête pour abréger la souffrance de son peuple.
L’amnésie coupable d’un Premier ministre par défaut
À entendre Félix Moloua s’exprimer devant la presse, on en viendrait presque à oublier que l’homme pilote la Primature depuis près de cinq ans. Il s’exprime comme un bleu, un novice fraîchement débarqué qui découvre les réalités de l’administration centrafricaine. Ce spectacle est tout simplement dégoûtant. Comment un chef de gouvernement, déjà auteur d’un bilan d’une effrayante passivité, peut-il revenir devant les Centrafricains sans le moindre mea culpa, en proposant des mesurettes dignes d’un directeur d’école primaire ?
Classé à la 10ème position de notre baromètre CNC avec une note tout juste passable de 10/20, Félix Moloua mérite plus que jamais son étiquette de « chef d’orchestre en perdition ». Celui que les Banguissois surnomment ironiquement « Tapa n’a pas de problème » continue de dissimuler sa faillite intellectuelle derrière un rire permanent, pendant que le pays s’enfonce un peu plus chaque jour.
Le grand décalage : Des chants de drapeaux face à une crise humanitaire
Alors que le peuple centrafricain plie sous le poids d’une fiscalité asphyxiante – caractérisée par des taxes exorbitantes sur les hydrocarbures et sur les transactions numériques comme Orange Money, dont l’argent s’évapore sans jamais servir à la reconstruction –, les attentes urgentes sont ailleurs. Le peuple veut de l’eau, de l’électricité, des hôpitaux dignes de ce nom, des écoles et des universités décentralisées.
Quid des cultivateurs, qui représentent pourtant 90% de la population centrafricaine ? Ils attendent désespérément un signal fort, des subventions ou un encadrement pour sortir de l’agriculture de subsistance (manioc, arachides, courges) et relancer les cultures de rente comme le café ou le coton.
Quid des fonctionnaires, dont les salaires n’ont pas été revalorisés depuis près de 30 ans ?
Pour toute réponse à cette détresse sociale, Félix Moloua propose de la discipline de façade. Sa condition sine qua non pour être ministre ? « Accepter d’être au bureau à 8h00 ». Une plaisanterie ! Qui refuserait ce privilège pour continuer à jouir des prébignes de la République ? Pire encore, Moloua exige désormais que chaque lundi, les fonctionnaires – des pères et mères de famille – s’alignent dans les cours des ministères, comme des élèves de l’école Koudougou, pour monter le drapeau et chanter l’hymne national.
Plutôt que d’infantiliser les cadres de l’administration publique, Moloua ferait mieux d’imposer le respect de l’hymne national et de la souveraineté aux mercenaires russes de Wagner, qui pillent les ressources du pays et commettent des crimes en toute impunité sous son regard démissionnaire.
Une Primature réduite à un bureau d’enregistrement
Ces annonces folkloriques ne font que confirmer le diagnostic du baromètre CNC : la Primature est réduite à un simple bureau d’enregistrement. Incapable d’imposer son autorité à des ministres indisciplinés – on se souvient encore de son humiliation face à son ministre de la Jeunesse où il a dû quémander de l’aide extérieure pour sauver son poste –, Félix Moloua gère la forme faute de pouvoir insuffler le fond.
Le constat est amer. Face aux défis colossaux de la RCA, le gouvernement Touadéra offre au pays un spectateur amorphe à la Primature. Félix Moloua n’a pas de programme, il n’a pas de vision. Il n’a que des illusions à offrir à un peuple qui n’a plus la force de rire de ses pitreries administratives.
Un soldat des forces armées centrafricaines a abattu un habitant et son chien à Mélé, avant d’être capturé par ses collègues lors d’une course-poursuite vers Ndélé.
Une altercation mortelle pour un animal
L’événement a débuté la semaine dernière, dans un quartier du village de Mélé, situé à cinq kilomètres de Sikikédé sur la route de Gordile. Un militaire de l’armée nationale, fils du chef du village de Mélé, originaire dudit village, marchait dans la localité lorsqu’un chien s’est mis à aboyer derrière lui d’un air menaçant. Réagissant de manière immédiate, l’homme a sorti son arme de service et a tué l’animal sur le coup.
Alerté par la détonation, le propriétaire du chien est sorti de chez lui. En colère face à la perte de son animal, ce dernier a suivi le soldat pour obtenir des explications sur son geste. C’est à ce moment que la situation a basculé : emporté par la rage, le militaire a de nouveau fait usage de son arme, tirant mortellement sur le propriétaire du chien.
Cavale et arrestation par les militaires
Après ce double coup de feu, les parents de la victime sont en colère. Ils réagissent violent, et le soldat FACA criminel a abandonné les lieux et a pris la fuite en direction de Ndélé pour tenter d’échapper à la justice populaire.
Dès l’alerte donnée, ses propres collègues de l’armée se sont lancés à sa recherche. Après une traque sur plusieurs kilomètres, les militaires ont réussi à le localiser et à lui mettre la main dessus pendant sa cavale. Le soldat arrêté a été conduit directement à la gendarmerie de Ndélé, où il est désormais détenu pour répondre de ses actes.
Réunis en assemblée générale unitaire le 26 juillet au siège du Parti Patrie, les responsables des organes et les militants du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) ont dénoncé la vague d’enlèvements et de disparitions depuis quelques années en Centrafrique.
Maître Crépin Mboli-Goumba, président du PATRIE et coordinateur du BRDC, a accusé le régime de laisser s’installer une culture de violence et d’impunité, affirmant que « la Centrafrique est devenue un pays des morts ».
Dans son intervention, Mboli-Goumba a rappelé le cas de l’ancien ministre Armel Sayo, arrêté puis disparu sans explication depuis plusieurs semaines avant qu’on le ramène brièvement pour le présenter devant la justice, puis, une fois de plus, silence sur son sort. « Ce qui est arrivé à Armel Sayo peut arriver à chacun de nous ici », a-t-il averti, en citant également l’exemple d’Issa Manou, enlevé au siège du MCU et dont on est toujours sans nouvelles. Pour lui, ces affaires ne représentent qu’une partie visible d’un phénomène plus vaste : « Beaucoup de nos compatriotes ont été enlevés et ont disparu mystérieusement, sans que personne ne réclame justice pour eux ».
Il a également dénoncé la banalisation de la mort dans la société centrafricaine, expliquant que la population vit dans un état de résignation face aux violences répétées. « Les Centrafricains sont habitués aux morts, aux mauvaises nouvelles. On parle de la mort comme on parlerait du jeu», a-t-il déploré, en accusant les autorités de rester silencieuses face aux familles des victimes. Cette indifférence officielle, selon lui, encourage les responsables de ces disparitions à agir en toute impunité.
Mboli-Goumba a par ailleurs critiqué la justice sélective du régime, pointant la différence de traitement entre les citoyens centrafricains et certains chefs rebelles. « Armel Sayo, on ne sait pas où il est, mais Ali Daras, chef de l’UPC, bénéficie d’un tapis rouge », a-t-il déclaré, estimant que cette situation illustre une politique qui privilégie les intérêts des bourreaux au détriment des victimes.
Face à ce constat, le coordinateur du BRDC a appelé les militants à ne pas céder à la peur ni à l’oubli. « Si vous êtes venus aujourd’hui, c’est que vous avez le courage », a-t-il lancé, en insistant sur la nécessité de défendre la mémoire d’IssaManou, du policier tué alors qu’il est encore en fonction à l’OCRB, et de tous ceux qui ont disparu. Pour lui, cette mobilisation est la seule manière d’empêcher que ces cas ne soient réduits à de simples statistiques, dans un pays qui, selon ses mots, « ne doit pas devenir un cimetière silencieux pour ses citoyens ».
La mosquée de Yapélé à Bangui a reçu du monde ce week-end. Les responsables des organes statutaires, les leaders des associations affiliées, les structures de jeunesse, de femmes ainsi que les cadres musulmans ont répondu massivement à l’invitation du président en exercice du Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique (CSISCA), Son Éminence l’imam Abdoulaye Ouassélégué. Cette grande consultation nationale visait à clarifier la situation institutionnelle de l’organisation et à réaffirmer la légitimité du bureau mis en place à la fin de l’année dernière.
Les participants à la réunion
Les discussions ont principalement porté sur les contestations internes et les velléités de scission portées par l’ancienne équipe dirigeante. Devant une assemblée attentive, l’imam Abdoulaye Ouassélégué a rappelé les fondements juridiques qui établissent l’autorité de son équipe. Élu le 30 décembre 2025 lors d’une assemblée générale officielle, ce bureau a reçu l’aval des autorités compétentes, notamment le ministère de l’Administration du territoire, de la Décentralisation et du Développement local, dont les représentants étaient présents. Cette reconnaissance institutionnelle s’est concrétisée le 7 février 2026 par une cérémonie d’investiture au Palais du Peuple, marquant ainsi le début officiel de ce mandat.
Pour couper court aux initiatives de l’ancien bureau, qui tente d’organiser un atelier de révision des textes et une nouvelle assemblée générale, le président du CSISCA s’est appuyé sur les textes sacrés et sur les statuts de l’organisation. L’imam a cité les dispositions réglementaires adoptées en 2020, qui stipulent clairement que tout mandataire dont le terme est échu perd définitivement le droit de représenter l’institution ou d’agir en son nom. Selon le chef religieux, les anciens dirigeants tombent sous le coup de cet article et se trouvent aujourd’hui disqualifiés pour entreprendre la moindre démarche officielle.
L’imam Abdoulaye Ouassélégué a fermement rejeté l’idée d’une double direction à la tête de la communauté, assurant qu’il n’y aura jamais deux CSISCA en République Centrafricaine. Rappelant l’évolution historique de l’institution depuis la Communauté Islamique en République Centrafricaine (CIRCA) jusqu’à sa forme actuelle, il a exhorté les fidèles à respecter les engagements pris et à s’aligner derrière les décisions de l’assemblée. Bien que privilégiant la concertation mutuelle dictée par les principes religieux, le bureau actuel se dit déterminé à défendre la légalité de son mandat par toutes les voies de droit, y compris devant les instances judiciaires si les gesticulations de l’opposition persistent.
Suite au mouvement des techniciens de laboratoire du ministère des Travaux publics, le chantier routier sur l’axe Ndélé – Ouadda est totalement paralysé. Ces spécialistes réclament leurs frais de subsistance.
À peine le conflit avec les ouvriers esquissé vers un dénouement, une nouvelle crise paralyse les travaux de route sur l’axe routier reliant Ndélé à Ouadda. L’Office National du Matériel (ONM), l’UNOPS et la Banque mondiale venaient pourtant de verser une partie des salaires en retard aux ouvriers, permettant une timide reprise de l’activité. C’était sans compter sur le départ inattendu des techniciens de laboratoire du ministère des Travaux publics, qui ont décidé de vider les lieux.
Il est plus important de clarifier une chose. En effet, dans la construction d’une route, le rôle de ces professionnels s’avère indispensable. Ce sont eux qui analysent la qualité du sol, testent la résistance des matériaux et valident le compactage de la terre avant l’application du revêtement. Sans leurs études et leurs validations techniques, aucun engin ne peut valablement avancer sous peine de livrer une infrastructure défectueuse. Leur absence bloque la progression physique du chantier, qui se situe actuellement à seulement quinze kilomètres de la ville de Ndélé, vers le village de Boungou.
Ces agents de l’État, initialement basés à Bangui, ont accepté leur affectation dans la région de Ndélé contre la promesse d’une indemnité mensuelle de subsistance. Cette somme, comprise entre 150 000 et 200 000 francs CFA, doit assurer leur alimentation et leurs besoins quotidiens sur le terrain, tandis que leur salaire habituel continue d’être versé sur leurs comptes bancaires dans la capitale. Depuis le lancement des travaux, ces techniciens affirment n’avoir jamais reçu le moindre centime de ces frais d’accompagnement.
Privés de moyens pour se nourrir au quotidien, ces employés pointent directement du doigt leur hiérarchie à Bangui. Les soupçons se concentrent sur le directeur du laboratoire national, accusé par les grévistes de retenir ou d’avoir réorienté ces enveloppes financières pourtant prévues dans le budget global. Les travailleurs dénoncent une gestion opaque alors que les partenaires internationaux, notamment la Banque mondiale, libèrent les fonds nécessaires à la réalisation de ce projet de désenclavement.
Face à cette absence totale de prise en charge sur le terrain, l’ensemble des techniciens de laboratoire a plié bagage. Ce dimanche 24 mai 2026, ils ont officiellement quitté le chantier routier pour prendre la route de la capitale. Leur objectif est d’obtenir des explications claires et le versement de leur dû directement auprès du ministère. Cette situation met à nu les défaillances de suivi administratif et logistique qui plombent les grands chantiers du pays, où le manque de transparence financière finit par décourager le personnel indispensable à l’avancement des infrastructures.
Louis-Marie Kogrengbo, leader syndicaliste et secrétaire général exécutif de l’ODSTC (Organisation Démocratique des Syndicats des Travailleurs de Centrafrique), a pris position dans le débat sur l’admission au baccalauréat à titre exceptionnel. Dans un texte rendu public ces derniers jours, il met en garde contre toute mesure qui affaiblirait le principe du mérite scolaire.
En effet, le baccalauréat constitue un diplôme d’État obtenu au terme d’un parcours exigeant et d’une évaluation rigoureuse. Il ne s’agit pas d’une faveur ni d’une récompense symbolique, mais d’un résultat mérité par l’effort fourni. Louis-Marie Kogrengbo insiste sur ce point central : on ne donne pas le baccalauréat, on le mérite.
Selon lui, attribuer ce diplôme à titre exceptionnel risque de remettre en cause les fondements mêmes du système éducatif. Il rejette l’idée selon laquelle des pratiques internationales ou le dispositif de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) pourraient justifier une telle décision. La VAE repose sur une évaluation sérieuse et encadrée par la loi ; elle ne permet pas d’attribuer un diplôme de façon discrétionnaire. De même, les distinctions honorifiques comme les doctorats honoris causa concernent l’université et ne s’appliquent jamais à un examen national tel que le baccalauréat.
Louis-Marie Kogrengbo exprime son inquiétude quant à la confiance que les citoyens accordent à l’école. Il interroge directement les conséquences d’une telle mesure : que dire à l’élève qui a passé de nombreuses nuits à réviser pour réussir ? Que répondre au parent qui s’est sacrifié pour soutenir les études de son enfant ? Quel message adresse-t-on à la jeunesse du pays si le mérite est affaibli ? Pour lui, lorsque l’école perd sa crédibilité, c’est l’avenir de la nation qui se trouve fragilisé.
L’auteur de ce texte reconnaît toutefois que des circonstances particulières peuvent survenir dans le système éducatif. Il appelle cependant à maintenir la rigueur dans ces moments. Il formule trois exigences claires : une base légale solide et transparente pour toute décision, une équité totale entre tous les candidats, et le maintien de la crédibilité du système éducatif. Selon Louis-Marie Kogrengbo, ce qui est en jeu dépasse largement une simple question administrative ; il s’agit de l’honneur de l’école centrafricaine.
Plutôt que d’opter pour une attribution directe du diplôme, il propose des solutions plus responsables : organiser des sessions spéciales de rattrapage, procéder à des réévaluations encadrées et mettre en place des dispositifs pédagogiques adaptés. L’exception, insiste-t-il, ne doit jamais devenir la règle, car elle ne saurait détruire le principe de justice qui fonde le diplôme.
Louis-Marie Kogrengbo rappelle que banaliser le mérite compromet l’avenir d’une nation, tandis qu’une école qui renonce à l’exigence perd son âme. Il invite les autorités à rectifier la situation pour préserver l’honneur du système éducatif, la dignité de la jeunesse et l’avenir de la République Centrafricaine.
L’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale, Évariste Ngamana, que beaucoup appelle désormais le sorcier de Carnot, quitte le parlement par la petite porte. La publication du gouvernement ce jeudi 21 mai 2026 confirme son éviction définitive du pouvoir législatif.
L’atmosphère était devenue intenable au sein de l’assemblée nationale centrafricaine. La haine entre le président de l’institution, Simplice Mathieu Sarandji, et son ancien adjoint, le redoutable sorcier marabout de Carnot a atteint un point de non-retour.
Sarandji ne cachait plus sa volonté de ne plus jamais voir Évariste Ngamana déambuler devant lui. Il faut dire que durant la septième législature, Ngamana a multiplié les tentatives pour tenter de s’emparer du perchoir. Une offensive que le « Vieux Crocodile » a payée au prix fort, allant jusqu’à accuser publiquement son rival de sorcellerie, de maraboutage et de complots nocturnes pour lui ôter la vie. Face à ce qu’il qualifie de tentatives d’assassinat mystique, Sarandji a juré d’obtenir la tête politique de son détracteur.
L’ambitieux député, qui traîne la lourde casserole d’un rapport universitaire signé par Sarandji lui-même attestant de son faux diplôme, espérait pourtant rebondir. Les rumeurs propagées par certains médias, comme Africa Intelligence, lui prêtaient des visées sur la Primature. Mais pour Sarandji, installer un homme aux compétences contestées et coupable d’imposture académique à la tête du gouvernement était hors de question. Le président de l’Assemblée a pesé de tout son poids pour bloquer cette nomination. Acculé, le dictateur roublard Faustin-Archange Touadera a dû rétropédaler et trouver une solution pour éloigner celui que Africa Intelligence appelle pompeusement neveu encombrant, devenu la cible prioritaire du perchoir.
La sentence est tombée avec la publication de la nouvelle équipe gouvernementale ce jeudi 21 mai 2026. Contre toute attente, le grand stratège autoproclamé est envoyé au garage. Touadéra et Sarandji ont accordé leurs violons pour l’enfermer dans un piège doré : le ministère de la Communication et des Médias, avec la charge de porte-parole du gouvernement. Derrière le titre ronflant de ministre d’État se cache en réalité une mise à mort lente politique.
Sur le plan financier, la chute est vertigineuse. À l’Assemblée nationale, un simple député bénéficie d’un traitement de base de trois millions de francs CFA, montant qui grimpe facilement entre 3,5 à quatre millions par mois grâce aux généreuses indemnités de session et aux multiples missions à l’étranger. En le parachutant dans ce ministère considéré comme un strapontin par les initiés, le pouvoir le condamne à un salaire de ministre d’État plafonné à 1,5 millions de francs CFA, atteignant péniblement deux millions cinq cent mille avec les frais annexes. Privé des budgets colossaux de l’Assemblée et de ses juteux réseaux de déplacement, Ngamana est financièrement asphyxié et politiquement cloué au sol, en tout cas pour l’instant.
Touadéra applique ici une méthode redoutable pour neutraliser les ambitions du sorcier marabout de Damara. En retirant Ngamana de l’hémicycle pour le placer sous l’autorité directe de la présidence au sein du gouvernement, il s’assure de le garder à l’œil. C’est une destitution déguisée, une mise au cachot politique où le nouveau ministre de la Communication devra désormais défendre les intérêts d’un pouvoir qui vient de lui briser les ailes. Les calculs secrets et les fraudes informatiques de l’entourage de Ngamana lors du premier tour des législatives n’auront servi à rien. Le « Vieux Crocodile » a remporté sa guerre d’usure, laissant son rival mordre la poussière.
Le dictateur centrafricain Faustin-Archange Touadéra a dévoilé la composition de son équipe ministérielle ce jeudi 21 mai 2026, confirmant le maintien intégral des mafieux du pouvoir sous la direction de Félix Moloua.
La publication de la liste officielle des membres du nouveau cabinet, désormais qualifié de gouvernement « Moloua 3 », a provoqué une surprise totale au sein de la population centrafricaine. Alors que les citoyens attendaient un renouvellement ou des perspectives de changement pour sortir de la misère économique, le décret présidentiel confirme la reconduction intégrale de l’équipe précédente. Cette décision applique à la lettre les déclarations faites le 7 février 2026 par Podolski, un célèbre mercenaire russe, conseiller de Touadéra, sur la chaîne de télévision RT.
Lors de cette interview, le commando russe avait annoncé qu’il n’y aurait aucun changement majeur pour ce nouveau mandat, affirmant qu’une équipe en place n’avait pas vocation à être modifiée.
Cette reconduction quasi mécanique montre que le dictateur de Bangui applique scrupuleusement les accords conclus en coulisses avec le personnel politique qui a favorisé et validé l’obtention de ce troisième mandat. Les promesses de maintien aux affaires faites par les conseillers russes à leurs moutons centrafricains sont aujourd’hui honorées. Dans les ministères clés, la stagnation est totale : le Premier ministre Félix Moloua entame une période qui pourrait étendre sa présence à la tête du gouvernement sur une durée cumulée de sept ans. Au palais de l’Assemblée nationale, Simplice Mathieu Sarandji est maintenu dans ses fonctions de président. La même logique s’observe pour les portefeuilles des Finances, de la Défense, de la Justice, des Transports ainsi que le secrétariat général du gouvernement.
Le cas le plus marquant de ce statu quo est la présence continue d’Hassan Bouba au sein de l’exécutif. Cet individu, formellement réclamé par la Cour pénale spéciale et extrait des cellules de détention par l’intervention directe des détachements russes, conserve son maintien au gouvernement sans être inquiété. La fidélité au projet de maintien du pouvoir l’emporte sur les critères de moralité ou les procédures judiciaires en cours. Ceux qui ont accepté de suivre la ligne tracée par la diplomatie parallèle de Moscou se voient ainsi récompensés par la conservation de leurs privilèges.
Cette politique de reconduction automatique rappelle les conséquences subies par ceux qui ont refusé de s’aligner sur les directives russes. L’ancienne présidente de la Cour constitutionnelle, la professeure Danièle Darlan, avait rejeté le projet de modification de la Constitution de 2016, arguant que les institutions de l’époque ne permettaient pas une telle procédure pour offrir un pouvoir sans limite de temps. Son refus d’obéir aux sollicitations des émissaires russes avait entraîné son limogeage immédiat. La règle du pouvoir actuel se résume à une équation binaire : l’opposition aux projets de révision constitutionnelle entraîne l’exclusion, tandis que l’acceptation passive garantit une place définitive dans l’appareil d’État.
Dans les différents quartiers de la capitale et à l’intérieur du pays, le ressentiment de la population grandit face à des dirigeants décrits comme sourds aux réalités quotidiennes. Les habitants constatent que la structure gouvernementale reste identique, prolongeant la situation économique actuelle. Pour la population, la reconduction textuelle de ces ministres prouve que les autorités ne cherchent pas à bâtir un avenir différent pour les citoyens, mais à valider un pacte de survie politique mutuelle. Le chef de l’État lie son destin politique à celui de son équipe et de ses soutiens extérieurs, acceptant le risque d’une crise globale plutôt que d’envisager une ouverture ou une transition politique.
La République Centrafricaine est désormais clouée au sol et complètement sous l’eau. Ceux qui se prennent pour le chef de l’État, le premier ministre ou encore le président de l’Assemblée nationale se comportent comme de vrais bras cassés, incapables de réfléchir plus loin que le bout de leur nez.
Le chef du régime, que les Centrafricains appellent désormais le dictateur de Bangui, signe des décrets officiels pleins de fautes lourdes et de bêtises que l’on ne voit nulle part ailleurs dans le monde. Même les dirigeants des pays voisins, à l’exemple du Tchad, ne commettent pas des erreurs aussi grossières et pathétiques. On nous avait pourtant vendu Touadéra comme un grand génie des mathématiques, mais la réalité montre tout autre chose. On se rappelle de monsieur Allé Michel qui disait qu’il y a des gens qui se disent docteurs, mais qui n’ont rien dans leur cerveau, d’autres, pourtant de simples collégiens, réfléchissent mieux et plus sagement que ces prétendus docteurs. Et il a parfaitement raison. Cette pagaille actuelle lui donne totalement raison.
La sortie le 21 mai dernier de cette liste des membres du nouveau gouvernement est une totale connerie. Dans leur précipitation de publier leur gouvernement, ils ont tout simplement oublié d’inclure le ministère de la culture et du tourisme. Pour corriger cet oubli ridicule, ils ont dû courir pour sortir un deuxième papier dans l’urgence afin d’ajouter le ministre manquant.
Mais le sommet du ridicule se trouve au niveau du ministère du commerce. Sur le papier signé par le dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadéra, ils ont écrit « Madame Maxime Balalou ». Ils ont changé le sexe de leur propre ministre, alors que celui-ci a été le porte-parole officiel de leur gouvernement pendant plus de deux ans. D’ailleurs il est dans les différents gouvernements du régime depuis plus de 10 ans. Ils ont en plus passé des années à le voir et à l’entendre à la radio et à la télévision comme le ministre chargé du secrétariat du gouvernement, puis comme celui de la communication, mais ils ne sont même pas foutus d’écrire son nom correctement sans inventer désormais qu’il est une femme.
Cette accumulation de bêtises de Touadéra fatigue tout le monde. Voir une signature officielle posée sur un document aussi mal ficelé prouve que l’appareil d’État est géré par des amateurs. Les services administratifs et les ministères doivent maintenant travailler avec des textes bourrés d’erreurs, rédigés par des gens pressés de se partager les places et le pouvoir sans même prendre deux minutes pour relire les lignes.»
Où sont passés les trois frères arrêtés à Obo ? Embarqués de force dans un hélicoptère russe le mercredi 20 mai dernier pour Bangui, les prisonniers ont été débarqués à Mboki et n’ont plus jamais donné signe de vie.
Le transfert manqué et l’incertitude totale sur leur survie
L’inquiétude est maximale concernant le sort de ces trois jeunes centrafricains. L’ainé, ancien milicien Azandé, formé et intégré dans l’armée nationale s’appelle Morata, l’autre frère cadet embarqué par les russes s’appelle Manassé, puis Gaël, Détenus initialement dans les locaux de la gendarmerie d’Obo pour une autre affaire. Les trois frères ont été extraits de leurs cellules par les paramilitaires de la milice Wagner, qui les ont contraints à monter à bord d’un hélicoptère militaire. Le plan initial prévoyait leur acheminement direct vers Bangui, la capitale, afin d’y être mis à la disposition des services de sécurité centraux.
Toutefois, le voyage a connu une interruption majeure. L’appareil russe a effectué une escale forcée sur la piste de Mboki. Selon les données disponibles, un avion de transport de type cargo devait atterrir dans cette localité pour prendre le relais et embarquer les prisonniers vers la destination finale. Ce cargo n’étant jamais arrivé à Mboki, l’équipage de l’hélicoptère a pris la décision de débarquer les trois frères sur place avant de faire demi-tour et de regagner sa base d’Obo. Depuis ce débarquement forcé, les trois victimes n’ont donné aucun signe de vie et ne sont jamais arrivées dans la capitale. Les investigations se poursuivent activement pour déterminer s’ils ont été déportés vers le camp de Berengo, vers le site des Wagner à l’aéroport international de Bangui Mpoko ou s’ils ont subi un sort bien plus tragique en cours de route.
Du front à la rupture : l’origine des tensions avec les FACA d’origine Azande
Pour comprendre les raisons de cet acharnement, il faut remonter à la genèse de la crise qui secoue le Haut-Mbomou. À l’origine, une alliance de circonstance s’était nouée à Obo entre les mercenaires russes et la milice locale Azande Ani Kpi Gbe. Venus pour la première fois dans cette région, les instructeurs russes ont proposé aux miliciens de les former et de les intégrer officiellement au sein des Forces armées centrafricaines (FACA). L’objectif affiché était d’obtenir leur appui pour reconquérir les territoires occupés par les rebelles de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC).
Deux vagues successives d’une centaine d’hommes chacune ont ainsi été formées et intégrées lors de cérémonies officielles. Sous l’encadrement des forces russes, ces nouveaux soldats FACA ont mené des offensives qui ont permis de reprendre le contrôle de plusieurs localités clés, notamment Obo, Mboki, Zémio, Bambouti et Djemah. Une fois ces zones sécurisées, les mercenaires russes ont réaffecté ces contingents sur d’autres fronts éloignés, notamment à Bozoum et Bocaranga dans l’Ouham-Pendé, à Bouar dans la Nana-Mambéré, ainsi que dans la Vakaga.
Le conflit ouvert a éclaté lorsque les forces russes ont arrêté deux des principaux chefs de cette milice intégrée. Depuis plus d’un an, ces deux leaders sont totalement introuvables, faisant craindre leur exécution. Ce double enlèvement a provoqué la colère des combattants Azande. En avril 2025, de violents affrontements ont éclaté, entraînant de nombreuses pertes humaines. Bien que les miliciens intégrés dans l’armée régulière n’aient pas pris part aux combats et soient retournés à Obo, le commandement russe les a accusés de complicité et a exigé le désarmement total de tous les FACA issus de la milice Azande.
Le piège de la forêt et la prise d’otages familiaux à Obo
Lors du processus de désarmement, les mercenaires russes ont uniquement récupéré les fusils d’assaut. Les munitions, les grenades et les tenues de combat sont restées entre les mains des hommes. Pour éviter des représailles ou la découverte de ces effets à son domicile d’Obo, l’un des jeunes FACA, ancien milicien, a décidé de cacher son équipement réglementaire, sa moto et sa carte d’électeur sous le hangar de son champ, situé en pleine forêt.
Lors d’une patrouille de reconnaissance, les hommes de Wagner ont découvert cette cache. Le jeune soldat, qui se trouvait sur place, a réussi à s’enfuir à leur approche. En fouillant le hangar, les mercenaires ont détruit la moto et saisi les grenades, les munitions ainsi que la carte d’électeur. Grâce à la photo et à l’identité inscrites sur ce document officiel, les Russes ont pu identifier le fuyard.
De retour à Obo, deux mercenaires russes, accompagnés du commissaires adjoints de la police à Obo, se sont rendus lundi 18 mai dernier au domicile familial où le jeune homme résidait avec ses parents. Pendant qu’un mercenaire fouillait l’intérieur de la maison, l’autre mercenaire russes ainsi que le commissaire adjoint encerclaient l’extérieur et filmaient avec leurs téléphones. Accompagnés par des éléments des FACA, les mercenaires ont exigé que le père et la mère ainsi que le jeune Manassé, montent à bord de leur véhicule pour un prétendu interrogatoire de routine à la brigade de gendarmerie. Une fois sur place, le couple ainsi que leur plus jeune fils ont été placés en cellule. Les geôliers ont clairement signifié aux parents qu’ils resteraient en détention tant que leur fils aîné, le soldat fugitif, ne se livrerait pas.
Torture électrique et détention clandestine : un dossier pour la justice internationale
Informé de la prise d’otage de son père, de sa maman et de son petit frère, le jeune militaire a décidé de se rendre à la gendarmerie d’Obo, muni de son attestation officielle de désarmement. Dès son arrivée, les forces russes l’ont jeté au cachot et ont relâché les parents. Cependant, la détention s’est élargie à ses deux autres frères : le premier, Gaël, était déjà écroué à la gendarmerie pour une affaire de viol, et le second, Manassé, est un jeune civil qui n’a rien à voir dans cette histoire.
Réunis dans les cellules d’Obo, les trois frères ont subi de graves sévices corporels. Les miliciens russes du groupe Wagner ont appliqué des décharges de courant électrique sur les prisonniers lors des interrogatoires. C’est à la suite de ces séances de torture que la décision a été prise de les transférer par les airs, débouchant sur la situation actuelle où ils sont introuvables. Face à ces méthodes qui bafouent les règles du droit international, la nécessité d’une saisine des juridictions internationales est de plus en plus évoquée par les défenseurs des droits humains pour faire la lumière sur ces agissements.
Les mercenaires russes ont encore frappé l’armée nationale. Soupçonné de comploter avec Mekassoua, le colonel Ali Dida a été liquidé par une substance toxique mortelle.
En effet, le colonel Ali Dida a rendu l’âme au cours de la semaine du 14 mars. Rien ne laissait présager une telle fin. Quelques heures avant son dernier souffle, l’officier se trouvait normalement à la place mortuaire de l’un de ses parents, au milieu des familles, des amis et de son entourage. C’est durant ce rassemblement intime qu’il a subi un malaise fulgurant. Transféré en urgence absolue vers les services hospitaliers, son décès a été prononcé deux heures seulement après son admission. Les médecins et les proches sont restés stupéfaits devant la vitesse de cette agonie.
Les données médicales obtenues directement auprès de l’établissement de santé et les témoignages de la famille recueillis sur place par la rédaction de CNC convergent vers une certitude : les signes cliniques prouvent une ingestion forcée ou une administration de substances toxiques. Le colonel a été empoisonné.
Dans son entourage, la culpabilité des mercenaires russes ne fait aucun doute. Wagner le soupçonnait depuis plusieurs mois d’entretenir des échanges secrets et réguliers avec Abdou Karim Mekassoua, l’ancien président de l’Assemblée nationale. La paranoïa des forces russes leur a fait croire à un projet de déstabilisation de l’État, une tentative de coup d’État pour renverser les institutions. Cette accusation de complot avec Mekassoua est pourtant une invention totale, un prétexte mensonger pour légitimer son exécution.
Pour les hommes de Wagner, la vie humaine n’a aucune valeur spirituelle. Ils appliquent une logique pragmatique et froide : pour eux, la mort est une simple fin biologique, sans jugement divin ni justice suprême. Le concept de Dieu est bon pour les discours publics afin de manipuler la population, mais la réalité de leur méthode reste l’éradication physique immédiate dès qu’un doute surgit. L’officier centrafricain a été écrasé comme on détruire une fourmi, victime d’une logique froide qui supprime les cibles sans la moindre hésitation.
L’ancien président de la transition centrafricaine, Ferdinand Alexandre N’Guendet, brise le silence depuis son exil. À l’occasion de son anniversaire ce 23 mai, l’ex-chef de l’État a publié une déclaration écrite sous forme de réquisitoire et d’appel aux forces vives du pays. Trois ans après avoir fui Bangui à la suite d’une tentative d’arrestation qu’il qualifie d’attentat contre sa vie, l’homme politique tente de remobiliser l’opinion publique et les institutions sécuritaires contre le pouvoir actuel.
Un exil forcé et une critique de la gouvernance à Bangui
Ferdinand Alexandre N’Guendet entame son allocution en rappelant les conditions de son départ de la République centrafricaine. Contraint de s’éloigner du pays pour préserver son intégrité physique, il pointe du doigt la gestion politique de la capitale. Selon lui, le pouvoir est désormais concentré entre les mains d’un groupuscule guidé par des intérêts strictement personnels. L’ancien dirigeant exprime ses regrets devant l’attitude de certains citoyens qui, par complicité ou par résignation, favorisent le maintien d’un système qu’il accuse d’appauvrir la population.
L’état des libertés et la crise sociale
Le message de l’ancien président de transition s’attarde longuement sur la situation humanitaire et judiciaire des Centrafricains. Ferdinand Alexandre N’Guendet décline la liste des griefs qui pèsent sur le quotidien de ses compatriotes : détentions arbitraires dans les prisons sans aucune forme de procès, coupures chroniques d’eau et d’électricité, et spoliation des droits civiques les plus élémentaires. Il décrit une population traitée comme étrangère sur son propre sol, privée des garanties légales minimales indispensables à la dignité humaine.
L’exigence d’une « Union Sacrée » et le rôle de l’armée
Pour modifier la trajectoire actuelle du pays, l’auteur du manifeste réclame une introspection collective menant à une union sacrée. Cet appel s’adresse prioritairement aux Forces armées centrafricaines (FACA) ainsi qu’aux forces de sécurité intérieure. Ferdinand Alexandre N’Guendet demande aux porteurs d’uniforme et à la société civile d’écarter les ambitions sectorielles pour se focaliser sur l’affranchissement du peuple, qu’il estime plongé dans une forme de servitude quotidienne.
Un message direct à Moscou et Kigali
Le volet diplomatique de la déclaration cible explicitement les deux principaux alliés militaires du régime de Bangui : la Fédération de Russie et la République du Rwanda. L’ancien chef d’État prend le soin de préciser que la démarche de réconciliation nationale ne vise pas à rompre les traités bilatéraux en vigueur. Tout en affirmant que les dirigeants passent mais que l’État subsiste, il exige une neutralité absolue de la part de ces puissances partenaires, martelant que le règlement de la situation politique relève de la compétence exclusive des Centrafricains.
La fin des illusions de l’opposition
Ferdinand Alexandre N’Guendet conclut son propos en actant l’échec définitif des initiatives de compromis avec le gouvernement en place. Pour lui, les canaux du dialogue politique sont hermétiquement fermés, privant l’opposition de voies de recours légales. Se disant investi du rôle de porte-parole des citoyens désireux de retrouver une souveraineté pleine, il appelle à un engagement total pour le rétablissement de la démocratie et de l’État de droit.
Ce jeudi 21 mai 2026, les ex-rebelles du groupe armé 3R ont torturé et tué un jeune civil dans la localité de Yoro, située à plus de 65 kilomètres de Baoro.
Le village de Yoro a vécu une journée d’horreur ce jeudi 21 mai 2026. Des ex-éléments du mouvement des 3R ont capturé un jeune habitant de cette localité avant de lui infliger un calvaire fatal. Sans utiliser d’armes à feu, les agresseurs ont ligoté la victime, lui attachant les mains dans le dos et les jambes ensemble.
Pendant plus de deux heures, le jeune homme a subi des coups d’une extrême violence, comparables à l’acharnement sur un animal, jusqu’à en vomir du sang. Il a succombé à ses blessures sous les coups répétés, son corps sans vie restant exposé au soleil avant que les auteurs du crime n’ordonnent aux villageois de venir récupérer la dépouille.
Depuis la signature de leur accord avec les autorités de Bangui, ces ex-rebelles agissent en roue libre dans les régions de la Nana-Mambéré, de la Mambéré-Kadéï et de l’Ouham-Pendé. Profitant d’une impunité totale, ils commettent des exactions quotidiennes sur la population civile.
De plus, ces ex-éléments armés sont désormais employés par les mercenaires russes présents sur le territoire. Ces derniers, affirmant ne pas pouvoir se déployer partout, délèguent les tâches les plus violentes et les abus physiques aux combattants des 3R pour terroriser les communautés locales. Les habitants de la région se retrouvent ainsi livrés à eux-mêmes face à des forces qui agissent sans aucune retenue.
La misère extrême et l’absence totale de prime globale d’alimentation (PGA) contraignent des militaires à déserter. En transit à Ndele, plusieurs ont été capturés, tandis que d’autres s’évanouissent dans la nature.
L’abandon de poste au sein des Forces armées centrafricaines (FACA) prend une ampleur inquiétante. Si la défection de près d’une dizaine de militaires à Birao focalise l’attention, ce phénomène découle d’une crise globale. Sur toute l’étendue du territoire national, les soldats déployés dans les villes de province subissent la même galère intense. La suppression de la Prime Globale d’Alimentation Générale (PGA) depuis six ans touche l’ensemble des troupes. Cette indemnité mensuelle d’environ 35 000 francs CFA, cruciale pour la nourriture et l’hygiène, est inexistante partout, laissant les hommes sans ressources, d’autant que les soldes restent bloquées dans les banques de la capitale, Bangui.
Toutefois, pour le contingent basé à Birao, dans l’extrême Nord-Est, cet isolement géographique rend la situation totalement invivable, poussant ces hommes à bout.
Fuyant ce dénuement, ce groupe des soldats partis de Birao a tenté de regagner Bangui en passant par Ndélé. Cachés dans la ville pour monter à bord d’un autobus, ils ont été dénoncés. Le dimanche 17 mai 2026, les patrouilles de l’armée ont arrêté trois d’entre eux dans les quartiers, les autres s’échappant de justesse. Le lendemain, lundi, une autre partie du groupe a tenté de franchir la barrière de contrôle routier à la sortie de la ville à bord d’un transport commun. Repérés par leurs collègues, de nouveaux fuyards ont été capturés, tandis que les derniers s’enfonçaient à pied dans la brousse avec leurs armes.
Ces prisonniers se trouvent désormais en garde à vue à la base militaire de Ndélé. Leurs compagnons d’infortune poursuivent leur fuite à travers la forêt, traqués et coupés du monde, marchant vers un avenir totalement incertain.
Une situation de haute tension prévaut depuis plus de quatre jours dans le village de Tallah, une localité située à 97 kilomètres de Birao sur l’axe d’Ouanda-Djallé, dans la préfecture de la Vakaga. Des affrontements violents opposent les agriculteurs autochtones et des éleveurs nomades (Peuls).
L’origine des heurts
Selon les données recueillies par la rédaction du CNC, le point de départ des violences remonterait à mardi dernier (le 19 mai). Les faits expliqués indiquent :
L’incident initial :
Une jeune fille s’étant rendue dans les champs aurait subi une agression sexuelle de la part d’éleveurs.
La réaction des habitants de Talla:
En réponse à cette agression, un groupe de jeunes du village s’est armé pour se rendre dans la brousse derrière les éleveurs. Ces derniers ont pris pour cible le bétail, chassant et abattant plusieurs bœufs.
Les représailles :
Les éleveurs ont répliqué en menant une expédition dans le village, incendiant plusieurs habitations sur leur passage.
Toutefois, à ce stade, CNC a pu recueillir les témognages seulement la version des faits obtenue auprès des villageois à Talla. Du côté des éleveurs, CNC n’a pas pu les rencontrer pour donner leur version, car, après les violences, les mercenaires russes sont arrivés sur le lieu, et les éleveurs sont tous partis.
Par ailleurs, la nature exacte de ce groupe d’éleveurs reste difficile à déterminer pour le moment. En raison des flux de transhumance dans cette région frontalière, les autorités et les observateurs ignorent s’il s’agit de nationaux centrafricains ou de pasteurs venus du Soudan ou du Tchad.
La rédaction du CNC poursuit ses investigations afin d’obtenir des détails précis et d’identifier clairement les acteurs impliqués dans ces destructions.
Otages des miliciens Azandé, Koumba Ndiaye et ses compagnons se meurent en forêt. La sous-préfète de Bambouti, incapable de marcher, et qui vient de sortir du coma, livre un témoignage glaçant sur son calvaire.
Cette prise de parole désespérée survient après que l’autorité locale a frôlé la mort sous un déluge de feu. Koumba Ndiaye est finalement sortie du silence pour décrire l’enfer qui est devenu le sien depuis son enlèvement le 28 décembre 2025. Près de six mois après l’incursion des miliciens Azandé dans la ville de Bambouti, la situation des captifs a basculé dans l’horreur absolue suite aux récentes frappes aériennes massives menées par les mercenaires russes de la milice Wagner.
Pilonnées par des avions de guerre, les positions des ravisseurs ont été le théâtre d’une débandade généralisée. Pour échapper aux bombes qui s’abattaient sur la brousse, les miliciens ont entraîné leurs prisonniers dans une fuite éperdue et permanente au cœur de la forêt profonde. C’est au cours de cette course pour la survie, au milieu du chaos et des explosions, que la sous-préfète a totalement épuisé ses dernières forces physiques.
Le choc de cette offensive et l’extrême dureté de la traque ont brisé la santé de Koumba Ndiaye. Privée de toute nourriture depuis plus de trois semaines, elle a sombré dans un état de faiblesse effrayant, subissant un évanouissement prolongé avant de sortir d’un coma par la grâce de Dieu. Aujourd’hui, elle se déclare totalement inapte et incapable de tenir debout. Sa survie quotidienne dépend entièrement de la solidarité de ses compagnons d’infortune — le commandant de brigade de la gendarmerie et les deux agents de l’Autorité nationale des élections —, qui doivent la porter à bout de bras pour le moindre déplacement et l’aider dans ses besoins physiologiques les plus élémentaires.
Dans cet entretien exclusif, la détresse de l’autorité administrative est partagée par les autres captifs, eux aussi profondément atteints. L’autre femme du groupe, une agente électorale enceinte, a subi de graves saignements provoqués par le souffle des attaques aériennes russes. Bien que l’hémorragie se soit calmée, l’angoisse d’un avortement spontané en pleine brousse et l’absence totale de soins médicaux maintiennent le groupe dans une anxiété permanente.
Désespérée, la voix tremblante et bégayante de douleur, Koumba Ndiaye lance un appel pressant à la MINUSCA et au gouvernement pour obtenir leur libération immédiate. Elle exprime une profonde amertume envers le pouvoir de Bangui qui l’a envoyée à son poste pour ensuite l’abandonner à son triste sort. Pendant que le personnel de l’État agonise en captivité, les hauts dirigeants s’étourdissent au palais de la Renaissance dans des festivités quotidiennes, enchaînant danses et musiques pour chasser la vieillesse, totalement indifférents au calvaire de leurs agents.
Centrafrique : Dans quelle mesure le premier gouvernement de la septième République né d’un contexte socio-politique tendu parviendra t-il à satisfaire les attentes citoyenne ?
Après la reconduction du premier ministre chef du gouvernement, il a suffit seulement de mquelques jours de simulacre de tergiversations pour former le nouveau gouvernement de la septième République.
En effet, le décret N* 26.146 du 21 mai 2026 portant nomination ou confirmation des membres du gouvernement à été lu par le directeur du cabinet du président de la République.
Finalement le premier gouvernement de la septième République compte quatre (4) ministres d’Etats, vingt cinq (25) ministres et deux (2) ministres délégués.
Il faut noter d’emblée que le ministère des arts et de la culture a été ignoré ou oublié comme un vulgaire département, comme un accessoire ou strapontin politique alors qu’il est à la base de toute civilisation.
Cet état de fait qui n’est autre que la conséquence d’une improvisation ou d’un amateurisme avéré a été corrigé le lendemain par un autre décret annexe voire additif complétant le décret initial.
Ce nouveau gouvernement placé sous le sceau de la continuité est presque identique au précédent c’est-à-dire sans changement majeur avec de légeres modifications dignes d’une comédie musicale dramatique.
Ainsi, l’on a enregistré des départs, de nouveaux promus et des changements de portefeuilles.
Le monarque de Bangui, promoteur de la danse régalienne qui manque d’audace pour endiguer les tensions de positionnement et de leadership de sa famille politique se conforte dans la médiocrité et exhibe aux yeux du monde entier sa compréhension erronée de la notion de “suppléance” pour les élus de la nation.
Logiquement dans l’esprit et la conception du législateur, le suppléant remplace le député en cas d’absence ou de maladie prolongée, des cas de force majeure tels le décès, la disparition etc…
Enrôlé dans le gouvernement un député élu au début du mandat est une offense ou un mépris au choix du peuple souverain qui au regard d’un projet de société à nouer sa confiance.
Il apparaît important de souligner que ce nouveau mandat illégal baptisé septième République qui divise le pays et dépourvu d’élan populaire ou patriotique s’inscrit dans un contexte socio-politique tendu marqué non seulement par l’absence de l’opposition démocratique dans toute la sphère politique, la restriction des libertés publiques mais aussi par une attente massive pour le changement des conditions de vie des centrafricains.
Loin de la recherche de l’apaisement et du désir de decrispation politique, cette continuité avec l’ancien système c’est à dire qu’on reprend les mêmes et on recommence marque une intention de verrouiller les institutions et traduit le projet clairement affiché d’ériger le MCU en Parti-État.
Dans un contexte où la population réclame l’inclusivité et le renouvellement de la classe politique, le citoyen lambda en quête d’apaisement social s’interroge :
1- Dans le contexte actuel, le nouveau gouvernement reflète t-il la diversité régionale, religieuse surtout la prise en compte des jeunes, des minorités et le respect de la loi sur la parité ?
2- Les profils sollicités au gouvernement sont-ils à la hauteur des défis prioritaires ?
3- Pourquoi la compétence et le mérite sont-ils relégués au second plan au profit des danseurs du parti au pouvoir ?
4- Comment comprendre qu’un décret portant nomination ou confirmation des membres du gouvernement puisse oublier un département ministériel aussi important ?
5- En quoi ce que le premier ministre considère dans son interview comme des priorités de la septième République c’est-à-dire arriver au travail à l’heure et chanter l’hymne national peuvent changer face aux défis socio-économiques et sécuritaires qui s’imposent au peuple ?
En tout état de cause, ce nouveau gouvernement qui logiquement devrait donner le ton d’une dynamique, d’un changement suscite beaucoup d’interrogations, d’inquiétudes que d’espoirs.
Ce peuple qui n’aspirait qu’au minimum pour assurer son existence et espérait un changement de paradigme s’attendait à une équipe gouvernementale capable d’apporter des réponses idoines aux défis socio-économiques de l’heure.
En attendant de se rendre compte que la supercherie de changement de constitution qui a embobiné le peuple avec une cargaison de mensonges était exclusivement destiné à faciliter le troisième mandat illégal, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signalent que l’épisode calamiteux de l’affreuse statue du président de la République associé au chapitre du gâteau d’anniversaire penché qui viole le code d’élégance et d’esthétique sont des signes avant-coureurs de déclin, de fin de règne, et de l’effondrement d’un régime construit sur de mensonges et de manipulations.
Monsieur le président, n’attendez pas que la huée populaire et la clameur de la rue vous poursuivent pour comprendre que le moment de libérer le fauteuil présidentiel est arrivé.
Alors, en conséquence de ce qui précède, il apparaît judicieux et dès maintenant de démissionner avec honneur Monsieur le Président pour ouvrir la voie à une transition politique consensuelle afin de donner une chance à la nation de se reconstruire non sur des ruines mais sur de bases saines
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande même avec insistance, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Dans un entretien sans concession accordé à la Fondation Jean-Jaurès, Martin Ziguélé, président du MLPC et ancien Premier ministre, charge frontalement le régime en place. Il dénonce une destruction méthodique du système électoral qui a permis à l’opposition de gagner le pouvoir en 1993, remplacée aujourd’hui par une machine à fabriquer des victoires à sens unique.
Martin Ziguélé rappelle les faits avec précision. Jusqu’en 2005, la Centrafrique disposait d’une commission électorale mixte indépendante où tous les partis politiques étaient représentés de manière équilibrée. Cette parité garantissait un minimum de transparence et d’équité. C’est grâce à ce cadre que le MLPC est arrivé au pouvoir en 1993 après avoir contribué à la chute de Bokassa.
À partir de 2005, tout a basculé. Le pouvoir a progressivement démonté cette structure. Étape après étape, la parité a disparu. En 2020, le système a atteint un point de non-retour : l’Autorité Nationale des Élections, présentée comme indépendante, s’est révélée totalement inféodée au régime. Résultat : aucun candidat de l’opposition n’a reçu le moindre procès-verbal des résultats dans aucun bureau de vote, ni en Centrafrique ni à l’étranger. On leur a simplement annoncé leurs scores sans aucune preuve.
Après ce scrutin de 2020, Martin Ziguélé et d’autres responsables ont saisi tous les partenaires, y compris l’Autorité Nationale des Élections, pour tirer les leçons et corriger les failles. Tout le monde a approuvé l’idée d’un dialogue politique sur la gouvernance électorale. Le régime a promis, puis n’a rien fait.
À la place, il a organisé un simulacre de « dialogue républicain » dont le seul but était de modifier la Constitution pour supprimer la limitation des mandats et verrouiller le pouvoir. Face à ce refus de tout compromis réel, le MLPC et le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution ont exigé un vrai dialogue avant toute élection. Le pouvoir a ignoré cette demande.
Le cinquième congrès du MLPC, tenu les 9 et 10 septembre 2025 à Bangui, a pris la décision historique : pour la première fois de son existence, le parti n’irait pas aux élections de décembre 2025. « Ce ne sont pas des élections », a tranché Martin Ziguélé. « Nous refusons de cautionner un processus qui se déroule hors de tout cadre juridique, sans transparence et sans équité. »
Les résultats du scrutin législatif ont confirmé ses craintes : sur environ 88 députés élus au premier tour, près de 80 appartiennent au parti du pouvoir, le MCU. Pour l’opposant, ce chiffre n’a rien d’un hasard. Il s’agit du produit logique d’un système entièrement contrôlé et instrumentalisé.
Martin Ziguélé cite aussi l’exemple d’un ancien membre du BRDC qui a quand même tenté de participer : sa candidature a subi des attaques inédites et les fraudes les plus évidentes l’ont purement et simplement effacé des résultats.
Pour le leader du MLPC, le message est clair : le régime a transformé les élections en outil de domination absolue. La transparence d’hier a été volée, remplacée par une fraude organisée et institutionnalisée. Face à cette réalité, les démocrates n’ont plus le choix : refuser de légitimer cette parodie devient un devoir.
Martin Ziguélé termine en appelant à la vigilance et à la résistance pacifique. Le MLPC, né en 1979 et habitué aux combats les plus durs, reste déterminé à défendre la République et les libertés, même si le prix à payer reste élevé.
Cet avertissement de l’ancien Premier ministre résonne comme un cri d’alarme : en Centrafrique, le système électoral n’existe plus. Il ne reste qu’une machine à produire des majorités artificielles au service d’un seul camp.
Guillaume Rousalem-Psalmer, qui se dit héritier des sultans de l’Est centrafricain, a pris la parole pour exiger la fin des opérations militaires étrangères sur le sol national et l’ouverture d’un dialogue conduit par des Centrafricains.
Dans une déclaration publiée sur les plateformes des réseaux sociaux ce dimanche 26 avril 2026, ce fils de notable du Haut-Mbomou affirme que les terres de l’Est et du Nord sont ensanglantées depuis des années sous le regard passif des partenaires extérieurs. Il tient d’abord à corriger ce qu’il considère comme une erreur d’appréciation grave : les jeunes du Haut-Mbomou ne sont pas des combattants anti-État.
Ce sont des fils qui défendent leurs familles face à des groupes armés que l’État n’a pas su contenir. Cette confusion, dit-il, alimente la guerre plutôt qu’elle ne la résout.
Guillaume Rousalem-Psalmer s’adresse directement au président Faustin-Archange Touadéra. Il lui demande de remplacer les armes venues d’ailleurs par un conseil de sages issu du tissu social centrafricain. Pour lui, nul partenaire étranger ne peut saisir ce que vit un Centrafricain dans un village de brousse quand les coups de feu retentissent la nuit. Seul un Centrafricain peut porter cette douleur et la transformer en solution durable.
Il appelle les notables de toutes les régions à se lever et à construire ensemble une médiation directe entre les communautés. Il s’engage personnellement à conduire cette démarche. Son objectif est que 2026 marque, dans chaque village de la République, la fin de la peur.