Où sont-ils ? Morts ou vivants ? L’inquiétude grimpe après la déportation depuis Zemio de Mboliloungoule et Zogonimbou vers Bangui par les mercenaires russes
Le Haut-Mbomou subit une nouvelle vague d’enlèvements organisés par les paramilitaires russes d’Africa Corps, laissant les familles de Zemio sans aucune nouvelle de leurs proches déportés vers la capitale.
En effet, on croyait déjà terminé, mais les criminels russes ne veulent pas. En réalité, la terreur s’enracine définitivement à Zemio , chef-lieu de la sous-préfecture du Haut-Mbomou.
Le 25 avril 2026, les mercenaires russes à la solde du régime ont procédé à l’arrestation de deux figures de ladite préfecture, Mboliloungoule, candidat aux élections régionales, et Zogonimbou Antoine, ancien conseiller municipal. Depuis ce jour, ces hommes ont littéralement disparu de la circulation.
Officiellement, les miliciens de Poutine prétendent les avoir transférés à Bangui. Pourtant, la réalité sur le terrain dément ces affirmations. Les recherches effectuées auprès du commissariat, de la Section de Recherche et d’Investigation de la Gendarmerie ainsi que de l’Office Central de la Répression du Banditisme (OCRB) n’ont rien donné. Aucune trace administrative, aucun registre d’écrou.
L’inquiétude grandit autour des zones d’ombre de la capitale. Beaucoup redoutent que ces prisonniers soient jetés dans les cellules opaques de l’aéroport de Bangui-Poko, une prison clandestine des mercenaires russes, où la torture est monnaie courante. D’autres craignent qu’ils ne croupissent dans les sous-sols de la base russe au Camp de Roux. Dans ce système, entrer dans ces geôles signifie souvent n’en ressortir que pour rejoindre la morgue de l’Hôpital Général.
Ces méthodes s’inscrivent dans une stratégie d’épuration évidente. En accusant faussement les ressortissants de l’ethnie Zandé de complicité avec des milices locales, les mercenaires russes cherchent à briser toute structure sociale et politique dans le Haut-Mbomou. C’est un plan visant à éliminer les cadres et les représentants de cette communauté pour laisser le champ libre à une domination totale.
Le sort de Mboliloungoule et de Zogonimbou Antoine demeure une énigme totale. À Zemio , le silence imposé par les armes ne cache plus la colère des habitants qui voient leurs leaders se faire enlever en toute discrétion, pendant que le pouvoir central continue de soutenir ces exactions russes. Le Haut-Mbomou compte désormais ses disparus par dizaines, victimes d’une machine de mort qui opère en toute impunité.
À Birao, située à l’extrême nord-est du pays près de la frontière soudanaise, les soldats des forces armées centrafricaines partent les uns après les autres vers Bangui.
En effet, depuis plusieurs mois, la quasi-totalité des éléments de forces armées centrafricaines déployés dans cette ville du nord-Est du pays ont quitté leurs positions. La plupart rejoignent d’abord Ndélé, chef-lieu de la Bamingui-Bangoran, avant de regagner la capitale. Ces départs interviennent souvent sous prétexte de maladie ou de deuil familial.
La raison principale de cette situation est le non-paiement de la prime globale d’alimentation (PGA). Cette allocation mensuelle, destinée à couvrir les besoins quotidiens des soldats en nourriture et en entretien de leurs uniformes, n’est plus versée depuis sept ans. Au moment de leur arrivée à Birao, certains ont reçu une somme unique de 5 000 francs CFA pour s’installer. Depuis plus d’un an et demi, aucun versement supplémentaire n’a été effectué.
Pourtant, les salaires sont régulièrement crédités sur leurs comptes bancaires à Bangui. Le problème réside dans l’absence d’infrastructures bancaires dans la région : les soldats ne peuvent pas accéder à cet argent depuis Birao.
Privés de ressources sur place, les militaires se trouvent dans une grande précarité. Dans cette zone reculée où les mouvements de véhicules restent limités, les taxes perçues aux barrières routières rapportent très peu. Ces maigres recettes sont partagées entre le chef de détachement et les hommes, sans permettre de couvrir les besoins alimentaires de tous.
Les casques bleus de la MINUSCA fournissent parfois une aide ponctuelle sous forme de riz ou de poisson, mais celle-ci demeure irrégulière et insuffisante. Habitués à des repas consistants à base de manioc, les soldats doivent se contenter de rations limitées qui ne répondent pas à leurs besoins.
Initialement déployés pour des missions de six mois au maximum, la plupart d’entre eux se retrouvent sur le terrain depuis un an, un an et demi, voire deux ou trois ans. Cette prolongation des séjours, combinée au manque de soutien alimentaire, explique en grande partie les départs massifs observés à Birao.
Malgré les accords de paix signé avec le gouvernement centrafricain le 19 février 2025, les ex-rebelles des 3R maintiennent leur emprise sur la Nana-Mambéré. Dimanche dernier, une tentative de rapt collectif a visé les filles et femmes vendeuses sur le site minier.
Un dimanche d’effroi à Yabouni
Le village de Yabouni, localisé dans la commune de Zotoua, à environ 40 km de Bouar, a vécu une agression d’une grande violence le dimanche 10 mai 2026. Des ex-éléments du groupe armé 3R, dirigés par le général auto-proclamé Bobo, ont fait irruption sur un chantier minier local.
Munis de leurs armes, ces individus ont tenté de capturer des jeunes filles et des femmes pour les violer. Cette intervention a provoqué une débandade totale. Les victimes ont fui en désordre pour échapper à leurs poursuivants, illustrant la vulnérabilité des populations civiles dans cette zone de la Nana-Mambéré.
L’échec du désarmement et l’arrogance des ex-rebelles Cet événement met en évidence les lacunes du processus de paix. Bien que des engagements aient été pris pour leur cantonnement et leur intégration, ces ex-combattants circulent sans aucune contrainte. Si certains intègrent les rangs officiels, une grande partie reste libre et utilise sa force contre les habitants.
Dans les préfectures de l’Ouham-Pendé ou de la Mambéré-Kadéï, l’influence des 3R demeure entière. Ces hommes affichent une assurance nouvelle, se prétendant intouchables en raison de liens supposés avec le pouvoir central. Cette situation entretient un climat de peur où les agresseurs se sentent autorisés à multiplier les violences, au mépris des autorités et du repos des populations.
L’usage d’arrêtés ministériels pour proclamer des admissions au baccalauréat, des décennies après les faits, installe une insécurité juridique majeure au sein du système éducatif centrafricain.
Selon le Docteur MBOE Dédé-Vianney, le gouvernement ne peut, en aucun cas, recourir à de tels actes pour se substituer à la compétence exclusive d’un jury d’examen. Cette pratique crée des titres académiques dépourvus de base légale, puisque le baccalauréat est un diplôme national qui s’attribue uniquement par une délibération souveraine et non par un acte réglementaire révocable.
En agissant ainsi, l’exécutif fragilise les candidats de bonne foi, car un diplôme entaché par un tel doute devient difficilement opposable devant les autorités universitaires à l’étranger. Le juriste souligne que cette méprise administrative constitue une faute politique collective, engageant la responsabilité du Conseil des ministres qui a autorisé une mesure qu’il n’avait juridiquement ni le pouvoir ni la compétence d’ordonner.
Pour l’auteur, cette dérive institutionnelle nuit gravement à la crédibilité de l’école centrafricaine et expose chaque arrêté à une annulation certaine devant le juge administratif. Au lieu de privilégier des solutions légales comme l’organisation d’une session de rattrapage ou la constitution d’un jury qualifié pour examiner l’authenticité des parcours, le pouvoir a choisi une voie qui accentue le déclin de l’état de droit dans le pays.
Cette confusion entre pouvoir politique et compétence juridique porte une atteinte profonde à la valeur réelle des parchemins délivrés par la République centrafricaine sur la scène internationale.
L’imminent professeur Gaston Mandata N’Guérékata, mathématicien centrafricain de renommée internationale et Professor à la Morgan State University (États-Unis), continue de marquer l’histoire des mathématiques pures et appliquées. Reconnu parmi les 2 % des meilleurs chercheurs mondiaux par l’Université Stanford en 2020 et 2021, il vient de mettre en avant son ouvrage majeur : la seconde édition de Almost Periodic and Almost Automorphic Functions in Abstract Spaces, publié chez Springer (New York, 2021).
Ce livre constitue une référence incontournable pour les chercheurs du monde entier. Il pose les fondements de la théorie des fonctions presque automorphes dans les espaces abstraits et développe celle des fonctions presque périodiques dans les espaces localement convexes et non localement convexes. Il explore également leurs applications concrètes aux équations différentielles.
Depuis la première édition parue en 2001, le domaine a connu un essor remarquable, notamment grâce aux avancées dans les équations d’évolution. La seconde édition renforce considérablement la théorie des fonctions presque automorphes dans les espaces de Banach. Elle clarifie les propriétés fondamentales de ces fonctions, leurs généralisations, et met en évidence le lien profond qui unit l’almost automorphy et l’almost periodicity. Le professeur N’Guérékata y démontre notamment que les fonctions presque périodiques forment un ensemble de première catégorie (c’est-à-dire « petit » au sens de Baire) au sein de l’ensemble beaucoup plus vaste des fonctions presque automorphes.
L’ouvrage aborde également des questions avancées encore peu explorées, comme l’intégration des fonctions continues dans les espaces non localement convexes. Il propose enfin plusieurs problèmes ouverts qui stimulent la recherche future. Avec 134 pages d’une grande rigueur, ce volume s’adresse aux chercheurs, doctorants et enseignants en analyse fonctionnelle, théorie des systèmes dynamiques et équations différentielles abstraites.
En partageant cet ouvrage avec ses collègues chercheurs, le professeur N’Guérékata rappelle que la science progresse par le partage et la collaboration. Ce livre, déjà cité des dizaines de fois depuis sa parution, témoigne de la vitalité de la recherche mathématique africaine sur la scène mondiale.
Du lycée des Rapides à Bangui jusqu’aux laboratoires les plus prestigieux des États-Unis, en passant par un doctorat obtenu à l’Université de Montréal en 1980, le parcours du professeur N’Guérékata incarne l’excellence et la résilience. Ancien Fulbright Scholar et post-doctorant à Berkeley, il reste profondément attaché à ses racines centrafricaines.
Cette seconde édition n’est pas seulement un livre : c’est une contribution majeure qui élève le niveau des mathématiques contemporaines tout en portant haut les couleurs de l’Afrique.
Pour découvrir l’ouvrage :Disponible chez Springer et sur Amazon.
La PJLOD, coordonnée par Arsène Élien fustigent le travail opaque de la Commission d’enquête spéciale mixte chargée de l’examen et de la poursuite judiciaire contre les candidats aux faux diplômes
La Plateforme des Jeunes Leaders de l’Opposition Démocratique (PJLOD) et son coordonnateur Arsène ELIEN dénoncent vigoureusement le travail suspect de la Commission d’enquête sur l’intégration des jeunes dans la fonction publique.
Dans son communiqué, l’organisation politique affirme que la gestion de ce dossier par les autorités prouve un manque total de sérieux. La PJLOD précise qu’il apparaît clairement que cette structure, qui devait faire la lumière sur les fraudes massives, contredit aujourd’hui ses propres conclusions. Le texte souligne que le comité de contrôle a totalement échoué dans sa mission. La plateforme demande pourquoi ce groupe existe encore s’il sert uniquement à couvrir des réseaux de corruption ou à donner l’illusion d’une action.
Arsène ELIEN soutient avec force que la jeunesse centrafricaine mérite la vérité. Contacté par la rédaction du CNC, le jeune politicien a déclaré : « nous dénonçons avec la plus grande indignation le travail bâclé, partial et suspect de la Commission d’enquête spéciale mixte mise en place pour traiter le dossier ».
Cette prise de position de la PJLOD montre la volonté de ne plus accepter des décisions injustes qui nuisent aux citoyens honnêtes.
L’organisation exige, via son coordonnateur, la dissolution immédiate de cette entité qui n’inspire plus aucune confiance. La PJLOD appelle à une nouvelle vérification indépendante pour identifier les responsables de cette situation. Le mouvement insiste sur l’importance de rendre publics les rapports sur les sommes d’argent perçues de manière illégale durant les opérations d’intégration passées. La justice et la transparence doivent devenir les priorités pour l’avenir des jeunes diplômés du pays.
Une initiative continentale inédite pour réduire la fracture numérique et garantir le droit à l’éducation des enfants africains
L’organisation onusienne vient d’annoncer le lancement d’une initiative de connectivité à l’échelle du continent africain. Objectif : relier à Internet jusqu’à 500 000 écoles, centres de santé et autres établissements essentiels dans 54 pays, pour que chaque enfant puisse bénéficier des ressources numériques indispensables à son avenir.
Le 2 mars 2026, l’UNICEF a officiellement lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) destiné aux fournisseurs d’accès à Internet du monde entier. L’ambition est claire : couvrir l’ensemble des 54 pays africains avec des solutions de connectivité gérées, fiables et durables. Terrestres, sans fil, satellitaires ou hybrides — toutes les technologies sont les bienvenues, à condition de répondre aux exigences de performance et de continuité de service définies par l’organisation.
Ce plan marque une rupture avec les approches passées. Plutôt que de multiplier des appels d’offres pays par pays, l’UNICEF adopte une logique de mutualisation : en agrégeant la demande des gouvernements participants, l’organisation entend créer un levier de négociation inédit face aux opérateurs télécoms et rendre le marché africain de la connectivité scolaire plus attractif et prévisible.
Pourquoi l’Afrique, pourquoi maintenant ? En effet, le constat est alarmant : 2,6 milliards de personnes dans le monde n’ont toujours pas accès à Internet. Les enfants des zones rurales et des communautés à faibles revenus du continent africain figurent parmi les plus touchés par cette fracture numérique. Dans un monde où l’intelligence artificielle et les outils numériques transforment en profondeur les systèmes éducatifs et les marchés du travail, cette exclusion est lourde de conséquences.
“La connectivité n’est plus une infrastructure optionnelle — elle est fondamentale”, affirme l’UNICEF dans son communiqué. Sans accès à Internet, des millions d’enfants sont privés de leur droit à l’éducation, à l’information et à la participation à la société numérique de demain. L’organisation onusienne entend mettre fin à cette injustice structurelle.
Un modèle de procurement innovant. L’UNICEF s’appuie sur son expertise reconnue en matière d’achats groupés — l’organisation gère chaque année plus de 5,2 milliards de dollars d’achats de vaccins dans 162 pays — pour bâtir un véhicule d’approvisionnement en connectivité à l’échelle continentale. Le modèle repose sur trois piliers : des standards de service définis en amont (disponibilité, performance), un suivi par les données pour garantir la responsabilité des prestataires, et des contrats à plus long terme pour réduire l’incertitude.
“En définissant les attentes de service dès le départ et en alignant la demande entre les pays, nous pouvons passer d’une procurement fragmentée à une connectivité gérée, fiable, mesurable et durable”, a déclaré Kaan Çentintürk, Directeur des systèmes d’information de l’UNICEF.
Pour mener à bien ce chantier, l’UNICEF s’est entouré de partenaires stratégiques. La Banque mondiale, Smart Africa et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (UNECA) sont associés à l’initiative pour coordonner les financements et le soutien à la mise en œuvre. L’organisation agira en tant qu’agent de procurement pour le compte des gouvernements participants.
La première phase, l’appel à manifestation d’intérêt, est ouverte jusqu’au 27 mars 2026. Elle vise à identifier et préqualifier les prestataires capables de délivrer des solutions clé en main, en assurant notamment la continuité électrique et en intégrant des mesures de cybersécurité adaptées aux enfants.
Un appel d’offres compétitif (RFP) est ensuite prévu pour le deuxième trimestre 2026. Les fournisseurs intéressés peuvent accéder à l’AMI complet et aux modalités de soumission sur le site giga.global/connectivity-reoi/.
Menacé par Touadéra, Évariste Ngamana, en plus de perdre ses 100 millions, mais se retrouve complètement roulé dans la farine. Suivez nos regards dans les coulisses du baiser de Judas au Palais du Peuple
L’ouverture de la huitième législature au palais du peuple à Bangui ce lundi 4 mai dernier restera gravée comme le moment où les calculs les plus sophistiqués se sont brisés contre la volonté d’un seul homme, le dictateur de Bangui Baba Kongoboro. Entre trahisons et billets de banque, récit d’un naufrage politique.
Le décor était planté pour ce qui devait être le grand soir d’Évariste Ngamana. Depuis cinq ans, l’homme ne cache plus son appétit pour le fauteuil de Simplice Mathieu Sarandji. Pour lui, le perchoir n’est pas une possibilité, c’est une destination finale. Pour y parvenir, il a bâti une véritable armée de l’ombre au sein même du MCU.
Pendant que Sarandji, en tant que secrétaire exécutif, validait certains candidats aux investitures officielles du parti, Ngamana, le porte-parole, jouait une partition beaucoup plus fine. Il a parrainé et fait élire une multitude de candidats dits « indépendants », mais en réalité totalement acquis à sa cause. Le résultat du premier tour des législatives est clairs : alors que Sarandji ne peut compter que sur une vingtaine de fidèles, Ngamana dispose d’un bloc de cinquante députés prêts à basculer en sa faveur.
Fort de cette supériorité numérique, Ngamana s’était mis d’accord avec Faustin Archange Touadéra pour accélérer le calendrier et pousser Sarandji vers la sortie. La stratégie était claire : bousculer le vieux lion pour installer la nouvelle garde. Pour garantir ce hold-up, Ngamana n’a pas lésiné sur les moyens. Lors d’une réunion secrète avec les élus, il a distribué deux millions de francs CFA à chaque député en échange de leur vote. Plus de cent millions de francs investis pour s’offrir le perchoir.
Pourtant, le jour J, le vent a tourné de manière spectaculaire. Faustin Archange Touadéra a montré une facette que Ngamana n’avait pas anticipée. Prenant la parole devant une salle médusée, le chef de l’État a sifflé la fin de la récréation. Pas de compétition, pas de duel fratricide. L’ordre est tombé : Sarandji doit être maintenu, et voté par acclamation.
D’un coup, les cent millions de francs investis par Ngamana se sont évaporés dans l’air climatisé de l’Assemblée. Celui qui se voyait déjà calife à la place du calife a dû faire volte-face en quelques secondes, se rangeant derrière l’ordre présidentiel pour éviter le suicide politique immédiat. Voir Sarandji reconduit sans même avoir à se battre a littéralement rendu Ngamana malade de rage et d’incompréhension.
La gifle ne s’est pas arrêtée là. Une fois réinstallé au perchoir, Sarandji n’a pas joué la carte de la réconciliation. Sa première déclaration a pris la forme d’un missile à tête chercheuse. Sans nommer son adjoint, il a dénoncé ceux qui veulent sa mort, ceux qui complotent dans l’ombre pour l’éliminer physiquement et politiquement. Le message est arrivé à destination.
Celui qui croyait avoir piégé Sarandji s’est retrouvé, en quelques secondes, le dindon d’une farce très coûteuse. Non seulement il a perdu sa fortune dans cette opération, mais il a dû assister, impuissant, au sacre de son rival.
Aujourd’hui, Ngamana bout de rage. Rester premier vice-président sonne pour lui comme une défaite totale. De son côté, Touadéra a fait son choix : il a compris que l’ambition dévorante de son jeune poulain représentait, à terme, un danger pour son propre fauteuil. En coulisses, la guerre est désormais déclarée, et le président préfère garder un Sarandji prévisible plutôt qu’un Ngamana trop pressé de prendre le pouvoir.
La tension qui ronge le Mouvement patriotique pour la Centrafrique depuis des semaines vient de prendre une dimension nouvelle. Une déclaration collective signée ce 7 mai 2026 à Fiessa par neuf officiers généraux du MPC marque une rupture formelle et documentée avec le président fondateur Mahamat Alkhatim, au moment où les mercenaires russes d’Africa Corps semblent tirer les cordes de cette déchirure pour allumer le feu.
Le général Djido Ali, chef d’État-Major du MPC déchu, et son adjoint Alhafis Ali dit « Libanais », ainsi que le coordinateur militaire Abdelkader Hassane, les généraux Albakir Hassane, Ahamat Birema, Abdramane Mahamat, Seyd Adam, Moizal Danah ainsi que le conseiller politique Mahamat Ahmat ont tous signé un texte qui conteste formellement la décision N°0028/05/06. Cette décision portait nomination d’Ahamat Chaltout comme nouveau chef d’État-Major général intérimaire du MPC en remplacement du général Ali Dido. Pour le clan de ce dernier, cette manœuvre visait à vider le commandement du MPC de ses hommes clés et à préparer une sortie unilatérale de l’accord de Ndjamena.
Le document, signé officiellement au cachet du mouvement avec la mention « Chef d’État-Major Général des Armées » et la signature du général de division Djido Ali Ahmat, ne laisse désormais aucune place à l’ambiguïté. Les signataires affirment rester fidèles à l’accord de Ndjamena et maintenir leur collaboration avec le gouvernement centrafricain et les alliés russes. Ce dernier point mérite attention. En brandissant publiquement leur ancrage du côté d’Africa Corps, ces généraux envoient un message propagandiste des russes : Alkhatim serait désormais du mauvais côté de la ligne.
Mais à lire ce communiqué avec attention, quelque chose ne tient pas. Le document accuse Mahamat Alkhatim d’avoir rencontré des opposants politiques, comme si cet argument bidon suffisait à justifier une rébellion interne. C’est un argument creux et pathétique. D’ailleurs, même si Al-Khatim discute avec des acteurs politiques dans le cadre d’un processus de paix ne commet aucune faute. Présenter cela comme une trahison est pathétique. Cela ressemble moins à une vraie contestation qu’à une manœuvre venue de loin, sentant la manipulation à plein nez venue des éléments d’Africa Corps.
Le clan Djido, que CNC avait déjà désigné comme les « Russes noirs » en raison de leur proximité avec les mercenaires d’Africa Corps, utilise cette alliance comme un levier pour noyer Alkhatim. Ces généraux ne travaillent pas pour rien avec Wagner. Ils contrôlent les sites aurifères et diamantifères de l’Ouham, coupent les circuits financiers vers le commandement de Ndjamena et revendiquent ouvertement leur rôle dans les opérations menées pour le compte des Russes.
La déclaration du 7 mai transforme ce qui ressemblait à un conflit de personnes en une guerre de positionnement dans laquelle Wagner joue un rôle de fond. Alkhatim, en cherchant à reprendre la main sur son mouvement, s’est heurté à une coalition de généraux qui ont choisi leur camp depuis longtemps. La question n’est plus de savoir si le MPC va éclater. Elle est de savoir si Mahamat Alkhatim peut survivre politiquement à une offensive menée depuis l’intérieur, avec la caution implicite des mercenaires russes.
Après un silence de cinq mois, Anicet Georges Dologuélé dénonce avec virulence la trajectoire actuelle du pays lors de sa conférence de presse du mercredi 6 mai 2026 à Bangui.
Le président de l’URCA Anicet-Georges Dologuelé ne passe plus par le dos de cuillère pour critiquer une gestion du pouvoir qui piétine les lois républicaines au profit d’une volonté clanique des Ngbakamandja.
Le sacre du dictateur Faustin-Archange Touadera le 30 mars 2026 au stade 20 000 places n’a pas apporté l’apaisement promis par l’empereur Touadéra, mais a instauré au contraire une ère d’autoritarisme assumé. Anicet Georges Dologuélé affirme que la justice et l’administration sont désormais aux ordres d’un seul clan.
Son propre cas, celui d’un ancien Premier ministre empêché de voyager et privé de passeport malgré une décision du Conseil constitutionnel, prouve cet effondrement du droit. Le régime traite la compétition démocratique comme une offense personnelle et transforme les institutions en outils de répression.
L’utilisation des ressources publiques pour combattre des adversaires politiques dans leurs propres circonscriptions montre que les règles électorales n’existent plus. Le pays délaisse les procédures légales pour se soumettre à des ordres verbaux arbitraires.
Cette nouvelle République s’éloigne des principes de la démocratie pour s’enfoncer dans une gestion où le mépris des textes officiels devient la règle. Les citoyens observent aujourd’hui un gouvernement démissionnaire qui continue d’agir hors de tout cadre constitutionnel, validant l’idée d’un régime qui ne rend plus de comptes.
La confiscation des documents de voyage et l’interdiction de sortie du territoire pour un chef de file de l’opposition indiquent que la liberté de mouvement est désormais un souvenir. Pour le président de l’URCA, le pouvoir a choisi la force plutôt que le droit, signant ainsi l’acte de naissance d’un système oppressif.
Haut-Mbomou : 4 jeunes de Koumboli et de Zemio enlevés par les mercenaires russes d’Africa Corps
Le sort de quatre jeunes hommes, capturés par les paramilitaires russes d’Africa Corps dans la préfecture du Haut-Mbomou, plonge leur famille dans une attente insupportable.
Capturés depuis Koumboli et centre Zémio la semaine dernière par les mercenaires russes de la milice Africa Corps, ces jeunes pauvres Zandé restent introuvables depuis leur kidnapping. Parmi eux se trouve le jeune Mezac, dont le nom circule désormais comme le martyrs de ces disparitions inexpliquées.
Un transfert aérien vers l’inconnu
Il y a quatre jours, un hélicoptère des forces russes a décollé avec les quatre pauvres innocents à son bord. La destination officielle était Bangui, mais aucune trace des captifs n’a été signalée dans les centres de détention habituels de la capitale. Cette absence de nouvelles après 72 heures fait craindre le pire aux habitants. Les témoignages locaux insistent sur le fait qu’aucune preuve n’a été fournie pour justifier ces arrestations musclées.
Des méthodes qui glacent d’effroi
Dans les quartiers de Zémio et de Koumboli, une rumeur persistante gagne du terrain. Les populations évoquent des actes commis en plein vol, où des prisonniers seraient jetés de l’appareil avant même l’atterrissage. Cette pratique, souvent décrite par les survivants de précédentes opérations, expliquerait pourquoi certains détenus n’atteignent jamais la ville. Le vide laissé par l’absence d’informations sur leur sort renforce l’idée d’une exécution sommaire en altitude.
Le silence des prisons privées
Pour ceux qui arrivent jusqu’à Bangui, le calvaire continue généralement derrière les murs du camp situé à l’aéroport de Mpoko. Dans cette base fermée, les Russes gèrent leurs propres cellules, loin de tout contrôle judiciaire centrafricain. Les familles savent que, trop souvent, le seul signe de vie qui leur parvient est un appel pour récupérer un corps à la morgue de l’Hôpital Général. C’est cette réalité qui pèse aujourd’hui sur les proches de Mezac et de ses compagnons, abandonnés à une attente qui ressemble chaque jour davantage à un deuil.
Par Éric Nzapa, correspondant du CNC dans le Haut-Mbomou
Samedi 9 mai 2026, dans la journée, l’atmosphère des mines de 5 Kilos, situé à environ 60 kilomètres de Boromata, a viré au carnage. Un homme, visiblement débordé par la jalousie, a préféré agresser à la mort son supposé rival.
La mine de 5 Kilos a connu une fin de journée sanglante après une violente dispute conjugale. Un homme a succombé à ses blessures suite à une attaque.
En effet, dans le village de 5 Kilos, dans la préfecture de la Vakaga, un ouvrier mineur a retrouvé celui qu’il soupçonnait d’être l’amant de sa femme. La colère a vite pris le dessus.
L’agresseur, dont sa colère lui semble déborder jusqu’au cout, a utilisé une machette pour frapper son adversaire avec force. Il a tranché net le bras droit de l’autre homme devant les témoins.
Transportée d’urgence vers l’hôpital, la victime a perdu énormément de sang durant le trajet. Elle est décédée peu de temps après son admission aux soins.
Il faut le noter que Dans les chantiers miniers du nord-est, la loi de l’État ne parvient plus jusqu’aux habitants. Les gens préfèrent désormais se venger eux-mêmes sans appeler la police.
Chacun fait sa propre justice en privé, surtout pour les histoires de cœur. Ces règlements de comptes finissent presque toujours par un mort ou un blessé.
Le coupable a agi en sachant que les tribunaux sont absents de la région. À 5 Kilos, la vie humaine semble peser bien peu face aux rancœurs.
La localité frontalière de Zapay, à l’extrême nord-Est de la République démocratique du Congo devient le siège d’une crise sanitaire majeure où des dizaines de réfugiés centrafricains perdent la vie suite à une pathologie non identifiée.
En effet, sans passer par 4 chemins, on peut dire que la situation dans le village de Zapay est désormais au point de rupture totale.
Le président du comité des réfugiés, Jean Louis Mbolifole, vient de lancer un cri de détresse officiel vers les autorités sanitaires et les organisations internationales. Les chiffres communiqués dans sa correspondance manuscrite témoignent de la violence de l’affection qui frappe la communauté : vingt-deux décès enregistrés en seulement dix-huit jours et quatre-vingt-trois personnes actuellement hospitalisées.
Les malades présentent un tableau clinique associant une forte fièvre, des épisodes de diarrhée sévère et des difficultés respiratoires graves menant à l’étouffement.
L’impuissance des acteurs locaux est totale puisque les deux structures de santé disponibles sur place se trouvent en rupture complète de stocks de médicaments. Les rares traitements administrés jusqu’ici ne parviennent pas à freiner la progression de ce mal dont l’origine reste un mystère pour les soignants de la zone.
Cette population, déjà vulnérable après avoir fui les violences aux alentours de Zemio, Ob et Mboki en République centrafricaine, se retrouve prise au piège d’une contagion qui progresse sans aucun obstacle médical.
Les appels vers le médecin de zone, le CNR et le HCR insistent sur la nécessité d’un kit complet d’intervention pour stopper la mortalité infantile qui vide les foyers de leurs enfants. Sur le terrain, l’attente d’une mission d’intervention devient une question d’heures alors que les réserves de produits de base sont épuisées et que le nombre de lits occupés ne cesse de croître dans une indifférence logistique complète.
Sarandji, ton discours accusatoire arrive à Carnot, et une partie de la jeunesse locale s’indigne contre tes déclarations insultantes envers les élites et la population locale
Un Collectif qui se réclame de la jeunesse de la Mambéré dénonce avec vigueur les déclarations accusatoires du Professeur Simplice Mathieu Sarandji, jugeant ses propos insultants envers les élites et la population locale.
En effet, le 7 mai 2026, lors de son intronisation à la présidence du Parlement national, Simplice Mathieu Sarandji a tenu un discours qui a provoqué une onde de choc immédiate dans la ville de Carnot.
Le désormais Président de la huitième législature a évoqué l’existence d’un individu nommé Modibo, vivant à 15 km de la ville de Carnot, qui l’aurait informé d’un projet d’élimination mystique émanant d’un député de la région. Cette version des faits est catégoriquement rejetée par ce Collectif des jeunes ressortissants de la Mambère, qui y voit une tentative de ternir la réputation des cadres de la zone.
Interrogé par la rédaction de Corbeau News Centrafrique (CNC), Cédric Trésor Possele, signataire de la prise de position, a tenu à clarifier l’indignation des habitants. Il a déclaré : « Nous condamnons avec dernière énergie ces allégations incendiaires et imaginaires, tendant à discréditer et à ternir la notoriété des vaillants Fils de Carnot ». Selon lui, de telles paroles au sommet de l’État ne visent qu’à créer une haine viscérale entre les citoyens.
La jeunesse souligne des incohérences géographiques majeures dans le récit du président de l’Assemblée nationale. Les localités mentionnées, telles que Zanou-Ngbèdè ou Gbengari, sont habitées par des populations autochtones agricoles et ne comptent aucune communauté musulmane correspondant au profil décrit. Pour les signataires du communiqué, ces allégations relèvent de la pure distraction et d’une volonté de diviser l’opinion publique au détriment de l’unité nationale.
Cédric Trésor Possele exige désormais des responsables politiques une gestion plus rigoureuse de leur communication officielle. Tout en réaffirmant leur soutien à la vision du Chef de l’État, Faustin Archange Touadéra, les jeunes dénoncent une stigmatisation qu’ils jugent inacceptable pour la reconstruction du pays. Ils appellent à la fin de la manipulation et à un respect strict des institutions républicaines sans porter atteinte à l’honneur des citoyens.
Pris en étau par 3 coupeurs de route, un homme a perdu sa nouvelle moto, récupérée par les assaillants dans le village Boulkigna, dans la Bamingui-Bangoran
Vendredi 8 mai, la route entre Ndele et Ngarba a encore frappé. Un voyageur s’est fait dépouiller de sa moto neuve par des braqueurs surgis de la brousse au village Boulkigna.
En effet, l’insécurité continue de dicter sa loi dans la préfecture de Bamingui-Bangoran. Vers 16 heures, vendredi 8 mais 2026, le calme du village Boulkigna, situé à 95 kilomètres de Ndélé, a volé en éclats. Un homme revenait de Ngarba avec l’engin de ses rêves.
Cette moto, il venait de l’acheter. Elle brillait encore de sa peinture d’usine. Le propriétaire pensait regagner Ndélé tranquillement. C’était sans compter sur les coupeurs de route tapis dans l’ombre.
Les malfaiteurs ont surgi des fourrés avec une précision chirurgicale. Ils ont immobilisé l’homme en un instant. Aucun doute ne subsiste sur la préparation de l’assaut. L’action semble avoir été planifiée avec minutie.
Sous la menace, la victime a dû abandonner son bien. Les braqueurs ont disparu dans la végétation avec la machine neuve. Le monsieur se retrouve seul, à pied, sur une piste déserte.
Le choc est immense pour cet habitant dépouillé. Il a dû faire demi-tour, bredouille, la mort dans l’âme. La répétition de ces actes prive les citoyens de leurs investissements. La circulation sur cet axe devient un pari risqué.
Les habitants de Ndele s’interrogent sur cette impunité totale. Chaque voyage se transforme en une loterie dangereuse. La brousse recèle des dangers qui ruinent des vies en quelques secondes.
On se demande qui sera la prochaine cible de ces bandits. La route Ndele-Ngarba ressemble désormais à un piège permanent. La moto a disparu, le silence est revenu sur la piste ensablée.
« Nous félicitons la France qui est revenue sur ses pieds » : le griot pro-Wagner Didatien Kossimatchi chante maintenant la réconciliation gagnant-gagnant avec la France
Le ministre des Affaires étrangères de la France a passé 48 heures sur le sol centrafricain dans le cadre de venir discuter encore du nouveau partenariat gagnant-gagnant avec notre pays, la République centrafricaine.
Selon Blaise Didatien Kossimatchi, la France, en tant que partenaire historique, a bien vu l’enjeu que prend actuellement la RCA grâce à la victoire éclatante du président Faustin Archange Touadéra aux élections de décembre 2025. Il affirme que le président a été porté par le peuple centrafricain et que nos anciens partenaires ont constaté que le peuple est massivement derrière lui.
C’est donc pour cette raison, poursuit le griot, que la France a décidé de revenir pour réviser les accords. Il assure que ces nouveaux accords seront connus du peuple centrafricain pour une bonne lecture. Et pour couronner le tout, il conclut en déclarant : « Nous félicitons la France qui est revenue sur ses pieds pour essayer de venir discuter avec nos autorités. »
Celui qui, il y a encore quelques années, se tenait en première ligne pour exiger le départ immédiat des Français, celui qui menaçait publiquement de broyer le cigare des opposants avec des bâtons et des bases-balles, celui qui paradait fièrement aux côtés des Wagner en criant la fin de la Françafrique… ce même Blaise Didatien Kossimatchi chante aujourd’hui une tout autre chanson.
Hier porte-voix des insultes et des menaces anti-françaises, aujourd’hui il déroule le tapis rouge, parle de révision des accords et félicite Paris d’être « revenue sur ses pieds ». La volte-face est complète. Le griot officiel du régime adapte simplement son discours au vent qui tourne et à celui qui tient encore le carnet de chèques.
Le peuple centrafricain regarde ce spectacle avec attention. Hier on chassait la France à grands cris, aujourd’hui on l’accueille pour un partenariat gagnant-gagnant. Demain ? On verra bien qui portera le micro et qui signera les prochains accords.
L’ambiance était électrique au Palais du Peuple, sur l’avenue de l’Indépendance. Pour son premier discours en tant que Président de l’Assemblée nationale de la huitième législature de la septième République, l’historien Simplice Mathieu Sarandji a ouvert une véritable boîte de Pandore. Entre deux caprices de toux, le « vieux » de PK 11 a jeté un pavé dans la mare : des élus auraient tenté d’attenter à sa vie via les services d’un marabout basé à Carnot.
Si dans son discours Simplice Mathieu Sarandji n’a cité aucun nom, l’accusation est désormais claire. Dans les couloirs de l’hémicycle, tous les regards se sont tournés vers un homme présent dans les tribunes le jour de l’installation des députés : le propre frère aîné d’Évariste Ngamana.
Le frère de Ngamana au cœur du scandale
Selon des informations exclusives confirmées à la rédaction de CNC, le marabout indexé par Simplice Mathieu Sarandji n’est autre que le grand frère biologique de Ngamana. Ce dernier, grand maître sorcier et marabout de maître à Carnot et au service exclusif de son frère cadet depuis des années, avait fait le déplacement à Bangui spécialement pour assister à la prise de fonction de Ngamana. En dénonçant ce “marabout de Carnot” qui se trouvait physiquement dans l’hémicycle lors de l’installation des députés, Sarandji a visé le cœur même du clan Ngamana.
Entre Bible et fétiches : La guerre des ondes mystiques
Fidèle reconverti au christianisme, après un parcours qui l’a mené de l’animisme à l’orthodoxie au sein de l’Église Christ-Roi, Simplice Mathieu Sarandji invoque désormais son Dieu pour le « venger ». Mais derrière les prières se cacherait une contre-offensive mystique. Ce ne serait pas par l’Esprit Saint que le président de l’Assemblée aurait été alerté, mais par son propre voyant, un féticheur réputé sur l’axe Baoro-Carnot. C’est ce dernier qui aurait révélé à son épouse que le frère de Ngamana était à Bangui pour « travailler » contre lui.
La trahison de l’Empereur-président
Face à ces accusations publiques, Évariste Ngamana est aujourd’hui dans une colère noire, tant contre Sarandji que contre son beau-père, Faustin-Archange Touadera. L’ambitieux dauphin se sent trahi. Il rappelle en privé l’accord secret signé avant le référendum constitutionnel : le perchoir devait lui revenir. Obligé de rester 1er vice-président sous les ordres d’un homme qui accuse son propre frère de sorcellerie, Ngamana ne décolère pas. « Touadera n’est pas sérieux », fulmine-t-il, constatant que le Président laisse Sarandji l’humilier publiquement.
Cette guerre spirituelle, loin de rester confinée aux discours, se traduit désormais par une reprise en main sans précédent de l’appareil législatif, transformant le perchoir en une forteresse imprenable.
Mais le psychodrame a franchi un nouveau palier. Après son discours offensif, Simplice Mathieu Sarandji a pris la décision radicale de reporter à ce lundi l’élection des membres du bureau de l’Assemblée nationale. Mais au-delà du calendrier, c’est surtout la méthode qui change : les processus électifs habituels sont balayés, verrouillant ainsi le sort de Ngamana et de son clan.
Vers une présidence absolue : Sarandji verrouille le Bureau
Le patriarche Simplice Mathieu Sarandji, tout-puissant président de la 8e législature, a clairement fait savoir que c’est désormais lui-même qui composera son équipe, choisissant seul ceux qu’il souhaite voir à ses côtés, avant de les faire valider par l’Assemblée sans recours au vote secret.
Cette reprise en main brutale est motivée par une volonté affichée d’épurer l’institution de toute influence mystique. Dans une charge virulente, le « patriarche » a déclaré ne plus vouloir tolérer au sein du bureau la présence de « sorciers », de « marabouts » ou de leurs frères.
Visant sans détour les pratiques qu’il attribue au clan adverse, il a fustigé ceux qui feraient venir des praticiens de la Lobaye jusqu’à Bangui, décrivant avec mépris des scènes où certains élus dormiraient dehors, sur des feuilles de bananier, dans leurs propres cours, pour des rites de pouvoir.
En imposant ses choix à travers une liste soumise à un vote par acclamation, Sarandji s’octroie un contrôle total sur l’identité de ceux qui dirigeront l’institution à ses côtés, verrouillant ainsi toute velléité de contestation interne.
Un testament politique sous haute tension
Conscient que son âme se prépare pour « le grand et long voyage », Sarandji verrouille sa sortie. En liant sa survie physique aux activités du clan Ngamana, il place son ancien vice-président dans une impasse totale : si le patriarche s’éteint durant ce mandat de 7 ans, le pays entier pointera du doigt Ngamana et son frère marabout comme les responsables.
Le régime de Bangui offre aujourd’hui le spectacle d’une fin de règne où les incantations remplacent les débats législatifs. Entre un patriarche qui refuse de céder la place et un héritier qui voit son propre frère traité d’assassin mystique, le perchoir ressemble plus que jamais à un trône piégé.
Du moment où personne n’est dans le secret de Dieu pour connaître l’avenir, une question reste entière : qui du marabout de Carnot ou de la constitution aura le dernier mot sur l’avenir de Sarandji à la tête de cette 8e législature ?
La République s’efface désormais devant l’Empire, mais un Empire qui tremble. À Bangui, le dispositif sécuritaire de Touadéra devient féroce. Entre surveillance aérienne constante et messages d’alerte sur les téléphones, le régime s’enferme dans une bulle de peur inavouée.
Il y a quelque chose qui se passe discrètement dans le pays mais le régime semble vouloir cacher ça à la population. Il y a un truc, une guerre qui se prépare quelque part mais le pouvoir cache la réalité. Mais par ses faits et gestes, par cette fébrilité nouvelle, on sait qu’il y a quelque chose qui se trame dans l’ombre du palais présidentiel.
L’ombre de l’Empire
D’abord, l’essentiel, c’est que depuis son couronnement comme empereur le 30 mars dernier, les Centrafricains appellent désormais Faustin-Archange Touadéra “l’Empereur de Damara”. Il reconstruit son propre empire sans en porter officiellement le titre. Physiquement, il est empereur mais le pays reste officiellement la République ; c’est une manière claire pour le peuple de se moquer de ses ambitions. Depuis sa réélection totalement illégale, basée sur une constitution qu’il a tripatouillée en 2023, le masque est tombé.
La Cour constitutionnelle de l’époque avait totalement rejeté l’idée de cette modification, mais Touadéra a limogé la présidente Danielle Darlan pour placer son oncle, Jean-Pierre Wabouè. Son oncle préside désormais ce “Conseil constitutionnel”, un nom changé pour marquer le passage à un nouvel ordre où la famille contrôle la loi. C’est ce verrouillage institutionnel qui permet aujourd’hui au régime de régner sans partage, mais non sans crainte.
L’escorte aérienne : La paranoïa au-dessus des têtes
Depuis son élection illégale et ce troisième mandat forcé, Touadéra fait quelque chose qui étonne tout le monde. Avant, il roulait avec son escorte légère pour aller chaque week-end à Damara, à 75 km de la capitale, le village de sa mère. Ils étaient deux ou trois véhicules et il faisait la route sans problème. Mais aujourd’hui, il y a maintenant un hélicoptère sur son escorte.
Dès qu’il prend la route, l’hélicoptère de l’Afrika Corps (les mercenaires de Wagner) est en l’air, juste au-dessus de sa tête, volant au ras du sol pour l’escorter. Même pour faire 100 mètres, l’hélicoptère est là. Dès qu’ils arrivent à Damara, l’engin fait des tours de reconnaissance. À Bangui, il tourne sans cesse au-dessus du Palais. On l’a vu à la mosquée du KM5 après le Ramadan ou encore à Béréngo la semaine dernière : Touadéra ne se déplace plus sans ce parapluie aérien féroce. Les gens se demandent : pourquoi un tel renforcement si la paix est vraiment là ?
La psychose par les ondes : Les SMS de la méfiance
La deuxième chose qui frappe, c’est l’apparition de SMS bizarres sur les téléphones des usagers. Le gouvernement fait passer des messages par les opérateurs comme Orange ou Telecel pour dire aux citoyens d’être vigilants. “Si vous voyez des choses suspectes, appelez le service de sécurité, signalez-les”, disent ces messages.
C’est une incitation à la délation qui montre que le pouvoir ne dort plus que d’un œil. Ils disent qu’il y a la paix, mais ils continuent de bombarder les gens avec cette histoire de dangers imminents. Si la paix est revenue, pourquoi transformer chaque téléphone en outil de surveillance ? Ces messages prouvent que le régime cherche à débusquer une menace qu’il sait réelle mais qu’il refuse de nommer publiquement.
Un pouvoir qui se muscle face à la colère
Ces deux éléments, l’hélicoptère omniprésent et les SMS d’alerte, montrent que la situation est loin d’être stable. Malgré les discours officiels, la paix n’est pas revenue. Touadéra a compris que le peuple est en colère et il muscle son escorte pour faire peur aux gens. C’est l’image d’un régime qui s’isole derrière ses mercenaires russes et ses dispositifs de surveillance, craignant que le sol ne se dérobe sous ses pieds à tout moment.
L’autoproclamé général Mahamat Alkhatim, patron du MPC, fait face désormais à une mutinerie ouverte au sein de son mouvement, le MPC, après avoir nommé Ahamat Chaltout comme nouveau chef d’état-major par intérim. Si la décision de Mahamat Alkhatim visait à écarter le général Djido Ali de la tête du MPC, ce dernier, loin de se plier, a engagé un bras de fer intense avec sa hiérarchie.
Accompagné de son second, Alhafiz Ali alias « Libanais », et de ses conseillers Abdramane MHT (dit Ab Fiyesse) et Said Adam, Djido Ali refuse de céder son poste. Ce groupe de “Russes noirs”, désormais alliés aux mercenaires de Wagner et d’Africa Corps, a juré sur le Coran il y’a quelques jours de s’opposer par la force à l’installation du nouveau promu.
Alors qu’il menaçait initialement de faire défection pour rejoindre les forces supplétives russes, le clan Djido a changé de stratégie : ils occupent désormais le terrain pour bloquer toute passation de service.
La guerre du business de l’or
Au cœur de cette crise se cache le contrôle des ressources minières de la préfecture de l’Ouham. En verrouillant les sites aurifères et diamantifères, Djido Ali a coupé les circuits financiers vers le commandement du MPC à Ndjamena. Aucun transfert d’argent ne parvient plus à Mahamat Alkhatim, qui perd ainsi sa visibilité et son influence sur le terrain.
Fort de ses combattants soudanais recrutés lors de son passage dans la rébellion du FSR, Djido Ali se dit lourdement armé et prêt à l’affrontement. En revendiquant son rôle dans les “basses besognes” opérées pour le compte d’Africa Corps, le chef déchu défie ouvertement l’autorité d’Alkhatim. Le MPC est aujourd’hui une organisation fracturée où la tension est à son sommet, laissant craindre une bataille sanglante pour le contrôle définitif du mouvement.
Hassan Come, ancien ministre du Commerce et magistrat de formation, a transformé une simple querelle en machine répressive contre un jeune lycéen originaire de Ouanda-Djallé, après sa cuisante défaite aux législatives du 26 avril 2025.
En effet, tout part du comportement de son épouse, Mariame Fotor. Quelques heures après le verdict des urnes, l’épouse de l’ancien ministre du commerce a contacté par téléphone Aladjaba Torab, un élève de terminale à Bangui, né en 2004, connu pour ses sympathies envers le député sortant qui a battu son mari.
Au téléphone, Elle lui fixe un rendez-vous au croisement Marabéna pour se battre physiquement à deux. Mais le jeune était prudent. Pendant ce temps, l’épouse de l’ancien ministre était accompagnée comme toujours de sa maman et de ses frères pour venir au croisement Marabéna attendre le jeune lycéenne. Mais le jeune homme, qui n’a pas voulu tomber dans le piège, préfère dépose une plainte au commissariat du 5e arrondissement de Bangui pour menace et harcèlement.
Plus étonnant dans cette histoire, madame Mariame Fotor a alors ignoré les deux convocations successives des enquêteurs.
C’est là que son épouse Hassan Come est entré en scène. En lieu et place de son épouse Mariame Fotor, c’est lui qui s’est présenté à la Compagnie Nationale de Sécurité pour porter plainte contre sa propre victime. La hiérarchie de la CNS a suivi, dessaisissant le commissaire du cinquième arrondissement du dossier. Le jeune n’a pas peur et accepte de se présenter à la CNS pour répondre à la convocation.
Mais le 6 mai 2026, à la CNS, le Sous-Lieutenant Pazounda Freddy Jonathan a auditionné Aladjaba Torab sur ses opinions politiques, son appartenance à la plateforme « Carrefour Politique » et ses relations avec l’adversaire de Hassan Come. Un procès-verbal d’interrogatoire politique pour une affaire d’insultes présumées sur les réseaux sociaux.
La question est simple : comment un ancien ministre, et surtout un magistrat peut-il mobiliser les forces de sécurité de la République pour couvrir les provocations de son épouse et punir un jeune lycéen dont le seul tort est d’avoir voté du mauvais côté ?
Heureusement, un autre mafieux, le procureur, lui, a fini par ordonner la relaxe d’Aladjaba Torab. Mais les deux convocations ignorées par Mariame Fotor au 5e arrondissement, elles, restent sans suite.
Quelle folie? Grace aux réseaux sociaux, on connait les vrais visages des gens qu’on croyait intellectuel et respectueux. Hors, ce sont des bras cassés.
Selon les informations recueillies par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, les propriétaires des véhicules loués pour l’investiture du dictateur Faustin-Archange Touadéra ont finalement été payés ce samedi 9 mai 2026 au ministère des Transports. L’affaire, qui aura duré plus d’un mois, est officiellement close. Mais pas sans un dernier coup bas.
Le paiement a été calculé sur six jours, alors que les propriétaires avaient mis leurs véhicules à disposition pendant huit jours. Deux jours effacés d’un trait de plume. Aucune explication officielle. À la présidence, , des sources interrogées par la rédaction de Corbeau News Centrafrique évoquent une punition délibérée : le gouvernement, irrité par la couverture médiatique de l’affaire, aurait retenu deux jours de location pour se venger de ceux qui ont osé trop parler les bla-bla-bla à la presse.
Ce n’est pas une hypothèse fantaisiste. C’est le seul calcul qui tient.
Rappelons les faits. Le 30 mars 2026, des centaines de pick-up, bus et voitures particulières sont mobilisés pour l’investiture au stade 20 000 places de Bangui. Les propriétaires attendent leur dû. Ce qui suit, c’est cinq semaines de renvois, de portes closes, de téléphones coupés et de promesses qui ne valent rien. Touadéra lui-même les reçoit à Damara le 19 avril et promet un règlement rapide. Rien ne vient. Deux grèves au ministère des Transports, des gendarmes déployés pour intimider des gens qui n’ont fait que louer leurs véhicules à l’État.
L’affaire a aussi révélé autre chose : l’investiture a été financée en partie par la communauté libanaise de Centrafrique, à hauteur de plus de 700 millions de Francs CFA, et par des commerçants tchadiens, qui auraient versé 200 millions. Un régime qui organise une cérémonie d’État avec l’argent des autres, et qui ne parvient même pas à payer ses propres créanciers.
La paralysie des chantiers routiers dans la préfecture de Bamingui-Bangoran connaît un nouveau développement suite à une concertation tendue entre les bailleurs, les autorités locales et les responsables étatiques. Alors que les engins ont été rapatriés au chef-lieu depuis plusieurs jours, la pression s’accentue sur les ouvriers pour une reprise immédiate de l’activité dès ce lundi 11 mai 2026, malgré des revendications salariales non satisfaites.
Le blocage actuel concerne le tronçon stratégique reliant Ndélé à Ouadda-Maïkaga, un axe de près de 200 kilomètres où le génie civil s’est interrompu brusquement à seulement quinze kilomètres du village de Boungou. Ce projet, dont le financement dépend directement de la Banque mondiale, subit les conséquences d’un mouvement de contestation massif déclenché par le personnel de terrain. Ces travailleurs, lassés par l’absence de versement de leurs émoluments depuis deux mois, ont choisi de cesser toute activité et de ramener le matériel lourd à Ndélé. Cette décision a plongé le projet dans une stagnation totale, provoquant une inquiétude majeure chez les partenaires internationaux, notamment l’UNOPS, détenteur du marché sur cette portion spécifique de la route.
Pour tenter de débloquer la situation, une conférence conjointe a réuni le représentant résident de la Banque mondiale, le directeur général de l’Office National du Matériel (ONM), ainsi que des délégués de l’UNOPS et de la MINUSCA. Cette rencontre, qui s’est tenue ce vendredi 8 mai 2026 sous forme de téléconférence pour certains participants, a également associé des figures locales d’importance, au premier rang desquelles le Sultan-Maire de Ndélé. L’objectif affiché par les instances décisionnelles était clair : obtenir le retour des équipes sur le chantier pour ne pas compromettre davantage les délais de livraison des infrastructures, vitales pour le désenclavement de la région et l’accès humanitaire vers Wandadjali.
Toutefois, la teneur des échanges a révélé un fossé profond entre les propositions de la hiérarchie et les réalités vécues par les employés. Le directeur général de l’ONM a formulé une offre consistant à demander aux ouvriers de retourner à leurs postes dès lundi, avec la promesse d’un versement global des deux mois d’arriérés seulement à la fin du mois en cours. Cette proposition, perçue par beaucoup comme une manœuvre dilatoire, a provoqué des discussions extrêmement vives. Les travailleurs, restés fermes sur leur position initiale, exigent la régularisation intégrale de leur situation financière avant tout mouvement vers le village de Boungou ou les zones de travaux situées à quarante-cinq kilomètres de Ouadda-Maïkaga.
La tension est montée d’un cran lorsque l’organisation de la parole durant la conférence a été restreinte. Afin d’éviter une saturation des débats et de garder le contrôle sur l’issue de la réunion, seuls quelques représentants des autorités locales et le Sultan-Maire ont pu s’exprimer longuement. Cette méthode de médiation dirigée a permis aux responsables de l’ONM de conclure unilatéralement à une reprise du travail pour ce lundi, sans pour autant avoir obtenu l’aval formel de la base des travailleurs. Ces derniers se sentent exclus du processus de décision alors qu’ils sont les premiers impactés par ce que certains qualifient de gestion opaque des ressources financières.
Au cœur de cette crise, la responsabilité de l’Office National du Matériel est directement pointée du doigt par les grévistes. Les employés soutiennent que les fonds nécessaires au paiement des salaires ont été décaissés par le partenaire financier international dans les délais impartis. Ils dirigent leurs accusations vers la direction générale de l’ONM, soupçonnée de malversations internes ayant entraîné la rétention des salaires. Pour les ouvriers, le fait que les budgets soient disponibles au niveau des bailleurs mais bloqués au niveau de l’administration nationale constitue la preuve d’un dysfonctionnement grave dont ils refusent de faire les frais.
Le malaise est d’autant plus perceptible que le directeur général de l’ONM semble manifester un agacement croissant face à la persistance de la grève. En tant qu’autorité décisionnaire sur le déploiement du personnel, il insiste sur l’obligation de reprendre les opérations pour ne pas froisser la Banque mondiale et l’UNOPS, qui surveillent de près l’avancement de la portion Ndélé et Ouadda-Maïkaga. Cependant, la confiance est rompue. Les familles des travailleurs à Ndélé subissent de plein fouet cet arrêt de revenus, et l’idée de retourner travailler un mois supplémentaire sans garantie tangible de paiement immédiat passe mal auprès des syndicats de fait qui se sont formés sur le tas.
Pendant ce temps, sur le terrain, le paysage reste figé. Le village de Boungou, qui espérait voir la route arriver à ses portes, voit les engins s’éloigner vers le chef-lieu de la Bamingui-Bangoran. La réussite de ce chantier est pourtant primordiale pour l’économie locale. Mais au-delà de la technique et de la poussière des routes, c’est une crise de gouvernance qui se joue. La volonté de l’ONM de forcer la reprise ce lundi apparaît comme un pari risqué, car sans la motivation des hommes qui conduisent les machines et stabilisent la chaussée, les promesses de fin de mois risquent de ne pas suffire à relancer durablement la machine de construction. La journée de lundi sera donc un test de force entre une administration pressée de rassurer ses bailleurs et une masse salariale déterminée à obtenir justice pour son labeur.
Antoine Tombet, président du Collectif des Victimes pour la Justice, a publié ce 11 mai un manifeste exigeant que les responsables de crimes graves répondent de leurs actes devant la justice.
À l’occasion de la Journée des victimes du 11 mai, Antoine Tombet, survivant de la CEDAD et victime de Noureddine Adam, a pris la parole au nom de milliers de Centrafricains qui refusent que les atrocités du conflit tombent dans l’oubli. Dans un manifeste rendu public ce dimanche, il demande l’arrestation immédiate de Noureddine Adam, sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale délivré le 7 janvier 2019.
«Je suis Antoine Tombet, victime de Noureddine Adam et survivant de la CEDAD», écrit-il dans le document. Son témoignage, dit-il, rejoint celui de milliers d’autres voix qui «refusent le silence, l’oubli et l’impunité».
Le texte énumère les crimes pour lesquels des victimes attendent toujours justice : détentions arbitraires, tortures, disparitions forcées, exécutions extrajudiciaires. Tombet exige que les procédures judiciaires, nationales comme internationales, soient accélérées et respectent les normes du droit international. Il demande aussi la protection des témoins et survivants, dont la sécurité reste précaire dans un pays où les auteurs présumés de ces crimes circulent librement.
La démarche se veut explicitement judiciaire, pas vindicative. «Notre demande n’est pas celle de la vengeance. Elle est celle de la justice», précise le manifeste. Tombet soutient que l’impunité alimente directement la répétition des violences et bloque toute réconciliation nationale durable.
Le Collectif des Victimes pour la Justice adresse ses demandes aux autorités centrafricaines comme à la communauté internationale, rappelant que chaque crime non jugé «envoie un message dangereux aux générations futures».
Des réfugiés maliens installés en Mauritanie racontent leur fuite devant les paramilitaires russes de l’Africa Corps. Leurs témoignages donnent un aperçu de ce qui attend peut-être la population centrafricaine si le groupe remplace définitivement Wagner.
En Centrafrique, le président Touadéra souhaite garder Wagner. Moscou préfère imposer l’Africa Corps. Avec Wagner, le paiement se fait par le pillage massif des ressources du pays. Avec l’Africa Corps, Poutine réclame 10 milliards de francs CFA par mois. Pour la population centrafricaine, le choix se résume à une équation sinistre : même niveau de violence, même niveau des crimes, même niveau des massacres, seul le mode de rémunération change. Alors, que choisir ?
Après la mort d’Evguéni Prigojine en juin 2025, l’Africa Corps a pris la succession de Wagner au Mali. Les civils espéraient un changement. Ils ont vite déchanté. “Ce sont les mêmes hommes, payés par le gouvernement, et ils poursuivent les massacres. Il n’y a aucune différence entre Wagner et Africa Corps”, assure un chef de village malien ayant fui.
La principale différence tient à la structure de commandement. L’Africa Corps dépend directement du ministère russe de la Défense, contrairement à Wagner qui fonctionnait de manière plus autonome. Tout crime de guerre commis par l’Africa Corps engage donc en principe la responsabilité du gouvernement russe, selon un expert interrogé par Associated Press.
L’Africa Corps reste une entité opaque. Les analystes estiment leurs effectifs à environ 2000 hommes au Mali. Tous les combattants ne viennent pas de Russie. Plusieurs réfugiés ont signalé la présence d’hommes noirs parlant des langues étrangères. D’après un rapport du Conseil européen en relations internationales, l’Africa Corps recrute en Russie, en Biélorussie et dans plusieurs États africains.
Les témoignages venus du Mali laissent entrevoir ce qui attend les civils centrafricains si l’Africa Corps s’installe durablement dans leur pays. Trente-quatre réfugiés maliens ont accepté de témoigner près de la frontière mauritanienne auprès de l’agence Associated Press. La plupart gardent l’anonymat, redoutant des représailles même depuis leur refuge. Leurs récits décrivent des assassinats sans distinction, des enlèvements, des viols répétés.
Fatma fixe la photo de sa fille morte. Dans son village de Kurmare, les “hommes blancs” ont tout pris. Ils entraient dans les maisons, arrachaient les bijoux des femmes, abattaient les hommes. Son fils a péri sous leurs balles. Sa fille de 18 ans, déjà inconsciente à cause d’une crise, n’a pas survécu. “Je suis simplement quelqu’un qui est vivant d’apparence comme avant, mais qui n’est pas, en réalité, vivante”, confie-t-elle.
Mougaloa, éleveuse peule, cherche toujours sa fille disparue. Elle a vu son fils Koubadi, âgé de 20 ans, battu puis égorgé devant elle. Les Peuls paient un lourd tribut. Cette ethnie est soupçonnée d’avoir rejoint les djihadistes. Quand l’Africa Corps débarque avec l’armée malienne pour traquer les militants, personne ne fait de tri.
“Si vous ne dites pas à l’armée que vous avez vu des djihadistes, l’armée vous tuera”, explique Mougaloa. “Mais si tu leur dis, les djihadistes te trouveront et te tueront.” Un chef de village malien ayant fui décrit une “politique de terre brûlée”. Les soldats n’adressent la parole à personne. Toute personne aperçue devient une cible. Pas d’interrogatoire, pas d’avertissement. “Les gens ne savent même pas pourquoi ils sont tués”, dit-il.
Deux réfugiés ont montré des vidéos de villages incendiés. D’autres ont découvert des corps de proches auxquels manquaient le foie et les reins. Sur les réseaux sociaux, des membres de Wagner partageaient déjà des vidéos où ils découpaient des organes sur des cadavres de civils maliens.
Les chiffres des morts civils attribués aux Russes ont baissé cette année : 447 contre 911 l’an dernier. Mais ces données pourraient ne pas refléter la réalité complète. La peur des représailles réduit beaucoup de gens au silence. “Il y a beaucoup de gens violés, attaqués, tués. Les familles sont séparées, il n’y a aucun doute là-dessus”, indique Sukru Cansizoglu, représentant en Mauritanie de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés. Mais “il est parfois difficile de vraiment identifier qui en sont les auteurs”
Dans le nord-est de la République centrafricaine, la préfecture de Bamingui-Bangoran abrite des gisements aurifères que des populations locales exploitent à la main depuis des années. Ces orpailleurs travaillent dans des conditions rudimentaires, mais ils vivent de cette activité. La mine d’or de Barbatouma, située à une vingtaine de kilomètres de Ndélé, est l’un de ces sites. Elle vient de changer de maître.
L’homme derrière cette prise de contrôle s’appelle Issaka Loïc. Né d’un père centrafricain originaire de Ndélé et d’une mère chinoise, ce jeune métis a présenté sa candidature aux élections législatives du 25 décembre 2025 dans la première circonscription de Ndélé. Avant même que les résultats du premier tour soient proclamés, il avait déjà commencé à acheminer des engins lourds, des camions et du matériel minier vers la région.
À son arrivée, il avait mis en avant la construction de routes pour justifier le déploiement de ses machines. L’axe Ndélé-Tiri-Miaméré-Miamani-Ndjoko jusqu’à Diki Gaskaye était effectivement impraticable : la végétation avait envahi le passage depuis des années, rendant l’accès aux sites quasiment impossible. Les engins ont donc ouvert la voie en déboisant et en nivelant le terrain.
C’est au cours de ces travaux qu’un incident inattendu a failli tout compromettre. En forçant leur passage dans cette zone boisée, les machines ont bousculé des nids d’abeilles. Les insectes ont réagi en attaquant les conducteurs chinois avec une virulence qui a pris tout le monde de court. Deux travailleurs ont été gravement atteints et hospitalisés d’urgence à Ndélé, où ils ont reçu des soins.
L’incident n’a pas arrêté l’avancée du chantier. Après une courte interruption, les équipes ont repris les travaux et finalement atteint les sites miniers visés. Une fois sur place, la direction du chantier a transmis un message sans équivoque aux orpailleurs qui occupaient les lieux : il faut partir. Les travailleurs qui exploitaient manuellement la mine de Barbatouma ont reçu l’ordre de céder la place aux machines de Ndocka, la société d’Issaka Loïc.
Centrafrique : Les dérives dictatoriales du pouvoir de Bangui confirment le déficit de légitimité politique et démocratique mais opte à intimider que de convaincre.
Le Président Touadera alias Baba Kongoboro devant les députés lors de son discours sur l’état de la nation le 28 décembre 2024. Photo la renaissance.
À plus d’un mois de l’avènement de la septième République, une incompréhension digne d’un quiproquo politique s’installe au sommet de l’État.
En effet, les pratiques autoritaires, les frasques dictatoriales du pouvoir de Bangui ne cessent d’alimenter les doutes sur la légitimité politique et démocratique de la septième République d’ailleurs contestée par la classe politique centrafricaine et accusée d’d’être illégale.
Des déviations progressives et incontrôlées ainsi que des entorses épisodiques au droit positif se succèdent pendant que le pouvoir exécutif toujours en veilleuse en attendant la formation du nouveau gouvernement est demis de façon insipide par une simple instruction d’un ministre démissionnaire au mépris du principe du parallélisme des formes qui veut qu’un décret soit abrogé par un autre décret.
À cela s’ajoutent l’interdiction de voyager et la confiscation du passeport diplomatique du président de l’URCA en l’occurrence Monsieur Anicet Georges DOLOGUÉLÉ qui indigne une bonne partie de l’opinion nationale et internationale.
Il faut noter que le degré de haine et d’acharnement contre le président de l’URCA qui n’a commis que le seul crime de renoncer à sa nationalité française et de se présenter aux élections présidentielles de décembre 2025 me rappelle la crapuleuse mort de l’ancien président du Liberia Samuel DOE capturé en 1990 par les rebelle de Charles TAYLOR et qui les suppliait alors qu’ils lui administraient des sévices et amputations atroces.
Il ne s’agit nullement de faire la promotion de la vengeance mais nous rappelons seulement que la roue tourne et que le pouvoir n’est jamais éternel d’où l’essence de la maxime biblique qui enonce “qu’il ne faut pas faire aux autres ce que vous ne souhaitez pas qu’on vous fasse”.
Ce pouvoir qui n’a plus de limites s’en prend également aux professionnels des médias publics et privés.
C’est ainsi que le correspondant de RFI à Bangui a été interpellé et auditionné pendant de longues heures dans les locaux de l’office centrafricain de répression du banditisme suite à un reportage lié à la conférence de presse du président de l’URCA.
Comme la bêtise a l’habitude d’insister, le président de l’assemblée nationale qui est l’incarnation de la calamité du marchandage de vote l’assemblée nationale a été reconduit dans ses fonctions par un vote téléguidé par le président de la République.
Il apparaît important de souligner qu’un seul candidat à un poste aussi important et voté par acclamations est constitutif d’un manque de sérieux et que par voie de conséquence, son âge avancé ne peut construire l’avenir.
Inquiet de ce qui précède, le citoyen lambda s’interroge :
1- Pourquoi le pouvoir de Bangui peine à legitimer la septième République ?
2- Pourquoi la septième République opte t-elle pour l’intimidation des citoyens que de les convaincre ?
3- Concernant le dossier du président DOLOGUÉLÉ, qu’est-ce qui peut légitimement justifier cet acharnement devenu viral ?
4- Concernant la reconduction du président de l’assemblée nationale qui jouit de la nationalité française et qui ne laisse aucune place aux jeunes ni au changement, légiférer par ordonnance n’est-il pas mieux que de parler d’une assemblée nationale qui n’est qu’une caisse de raisonnance pour l’exécutif ?
En tout état de cause, il est visible que le pouvoir de Bangui en panne de légitimité a choisi d’intimider les forces vives de la nation ainsi que toutes voix discordantes au lieu de les convaincre sur un projet qui répond aux attentes du peuple.
Il faut noter que la révision constitutionnelle controversée, la militarisation de la vie politique, la restriction de l’espace politique, civique et médiatique, la contestation des élections organisées avec une faible participation citoyenne conjuguée avec la difficulté de consolider l’État de droit ont créée une beante fracture non seulement entre la population et les autorités établies mais également avec les institutions républicaines.
En attendant la formation du nouveau gouvernement, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signalent que l’épisode calamiteux de l’affreuse statue du président de la République associé au chapitre du gâteau d’anniversaire penché qui viole le code d’élégance et d’esthétique sont des signes avant-coureurs de déclin, de fin de règne, et de l’effondrement d’un régime construit sur de mensonges et de manipulations.
Monsieur le président, n’attendez pas que la huée populaire et la clameur de la rue vous poursuivent pour comprendre que le moment de libérer le fauteuil présidentiel est arrivé.
Alors, en conséquence de ce qui précède, il apparaît judicieux et dès maintenant de démissionner avec honneur Monsieur le Président afin de donner une chance à la nation de se reconstruire non sur des ruines mais sur de bases saines.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande même avec insistance, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Alors qu’il s’époumone à donner des leçons de droit aux Centrafricains et à la communauté internationale, le désormais Empereur-président de Centrafrique, Faustin-Archange Touadéra, vient de tomber le masque. Entre mauvaise foi manifeste et dérives autocratiques, l’Empereur-président centrafricain s’embourbe dans une rhétorique villageoise et déshonorante pour justifier l’injustifiable : l’exclusion politique et administrative d’Anicet-Georges Dologuélé.
C’est une scène qui confine au ridicule. Devant un parterre de journalistes et de partisans acquis à sa cause, celui qui se fait appeler « le mathématicien » a tenté une démonstration dont le résultat est, dès le départ, faussé. En s’attaquant frontalement à la nationalité d’Anicet-Georges Dologuélé pour justifier le refus de lui délivrer un passeport centrafricain, Touadéra ne fait pas seulement de la politique : il piétine sa propre Constitution, les lois et les traités internationaux, tout en bafouant les institutions qu’il est censé garantir.
Une rhétorique villageoise indigne d’un docteur
Faustin-Archange Touadéra fait aujourd’hui la honte nationale. Comment un chef d’État peut-il convoquer la presse pour se livrer à une rhétorique aussi simpliste, digne d’une palabre de village ? On en vient à se demander si son doctorat en mathématiques ne lui a pas été attribué par complaisance, sans qu’il n’ait jamais mis les pieds dans une université.
En convoquant les médias et ses partisans pour justifier gauchement des instructions arbitraires qu’il a lui-même ordonné à ce qu’elles s’appliquent à Dologuélé, c’est lui-même qu’il ridiculise, et non Dologuélé. Cette mise en scène vise en réalité à condamner son opposant à une mort civile à ciel ouvert, cloîtré dans son domicile à Bangui. Une méthode qui rappelle étrangement le sort réservé autrefois à l’ancien président Ange-Félix Patassé.
L’amnésie sélective d’un président au-dessus des lois
Comment le pouvoir de Bangui peut-il, sans trembler, affirmer aujourd’hui qu’Anicet-Georges Dologuélé n’est plus centrafricain, alors que ce même pouvoir a validé sa candidature à l’élection présidentielle ? Touadéra avoue-t-il, à demi-mot, avoir instrumentalisé son Conseil constitutionnel pour offrir un vernis démocratique à un scrutin dont il avait besoin pour sa survie politique ? Si Dologuélé était assez centrafricain pour être l’adversaire de Touadéra dans les urnes et pour être élu député de Bocaranga, par quel miracle administratif deviendrait-il apatride lorsqu’il s’agit d’obtenir un document de voyage ?
La manœuvre est grossière. En brandissant le Code de la nationalité de 1961, le locuteur de la Renaissance oublie volontairement un détail juridique de taille : la déchéance de nationalité ne se présume pas, elle se décrète en Conseil des ministres. Or, aucun décret n’a jamais été signé. Lui-même le sait. Ce n’est donc pas le droit que Touadéra applique, mais sa propre volonté, dictée par une hostilité politique qui semble désormais primer sur la raison d’État.
Le chantage à l’humiliation : « Écris-moi, …même sans politesse »
Le summum du grotesque est atteint lorsque Touadéra exige que son « frère » lui écrive pour demander une réintégration. Cette exigence n’a aucun fondement légal ; elle relève du pur caprice narcissique. En demandant à Dologuélé de s’abaisser à une telle requête, Touadéra cherche une image : celle d’un opposant contraint de quémander sa propre identité auprès d’un monarque qui se croit tout-puissant.
C’est le propre des dictatures en gestation : transformer un droit constitutionnel en faveur princière. Sous l’aile des mercenaires russes et armé d’une Constitution taillée sur mesure pour un pouvoir à vie, Faustin-Archange Touadéra troque sa toge de professeur contre l’uniforme de l’autocrate qui foule aux pieds les traités internationaux et la jurisprudence de son propre pays.
L’indignation sélective : pourquoi Dologuélé et pas les autres ?
Le matraquage juridique contre Anicet-Georges Dologuélé est d’autant plus insultant qu’il s’exerce au milieu d’un océan de binationaux occupant les plus hautes sphères de l’État. Pourquoi s’acharner sur un opposant alors que l’entourage immédiat du « Professeur », son gouvernement et même l’état-major des armées regorgent de personnalités aux passeports multiples ?
Si Touadéra souhaite réellement être le garant de la loi de 1961, pourquoi ne commence-t-il pas par ses propres alliés ? On pense notamment à Simplice Mathieu Sarandji, dont la nationalité française ne semble gêner personne au sommet de l’État, ou encore au cas d’Hassan Bouba, ressortissant tchadien siégeant au Conseil des ministres centrafricain tout en détenant un passeport diplomatique centrafricain.
En tirant à boulets rouges sur Dologuélé tout en protégeant ses lieutenants, Touadéra se ridiculise. S’il veut être cohérent, il devrait prendre des décrets pour déchoir également Sarandji et les autres binationaux de son propre camp. À défaut, il ne fait que confirmer que cette prétendue « légalité » n’est qu’une vulgaire chasse aux sorcières.
Un ridicule qui ne tue plus à Bangui
Penser que de telles explications de comptoir puissent convaincre les diplomates de la MINUSCA ou les ambassadeurs étrangers relève de l’insulte à l’intelligence. En se livrant à ce spectacle de victimisation inversée, l’Empereur-président Touadéra ne fait que confirmer une réalité inquiétante : en Centrafrique, la loi n’est plus un bouclier pour le citoyen, mais une arme entre les mains d’un clan prêt à tout pour neutraliser ses rivaux.
Le message envoyé au peuple est clair : si vous dérangez le pouvoir, votre identité même devient négociable. Une dérive dangereuse qui fragilise davantage un pays déjà meurtri par des années d’instabilité. En voulant humilier Dologuélé, Touadéra n’a finalement réussi qu’une chose : ridiculiser davantage la fonction présidentielle aux yeux du monde.
Coopération russo-centrafricaine : le clepto-mythomane Maxime Balalou chante le “gagnant-gagnant” pendant que l’or, les diamants et le bois centrafricains s’envolent vers Moscou
Le clepto-mythomane Maxime Balalou brandit la souveraineté nationale comme bouclier dès qu’on interroge la coopération avec la Russie. Beau réflexe. Mais la souveraineté d’un peuple ne se mesure pas aux discours officiels — elle se mesure à qui contrôle réellement les richesses du sol et du sous-sol.
Il reconnaît lui-même que la Russie a joué un rôle crucial quand le pays était au bord de la fragmentation. C’est de la pire folie. En 2013 – 2015 les Wagner sont ici en RCA? C’est de pure voyoutisme. Mais toute aide a un prix. Le clepto-mythomane Maxime Balalou se garde bien de dire quel prix exact la RCA paie aujourd’hui pour cette main tendue d’hier.
Il vante les entreprises russes qui “contribuent fiscalement”. Des chiffres ? Aucun. Des montants vérifiables ? Zéro. Le clepto-mythomane Maxime Balalou cite des contributions fiscales sans jamais dire combien ces entreprises versent réellement, combien elles évadent, et combien de ressources quittent le territoire sans laisser de trace dans le budget de l’État.
Car la réalité documentée est toute autre. Les concessions d’or et de diamants sont accordées sans appel d’offres public. Les contrats miniers sont signés dans l’opacité la plus totale. Les revenus générés disparaissent sans passer par les caisses de l’État centrafricain. Tout cela, le clepto-mythomane Maxime Balalou n’en dit pas un mot.
Il parle de protection des intérêts centrafricains. Pourtant, les villages autour des sites miniers contrôlés par les alliés russes subissent expulsions forcées, pollution et violences. La stabilité vantée sécurise d’abord les convois d’extraction, pas le développement des communautés locales.
Le clepto-mythomane Maxime Balalou répète comme un mantra : “partenariat gagnant-gagnant, diversification des partenaires, pas d’exclusivité.” Mais les faits sont têtus. L’or, les diamants et le bois centrafricains s’envolent massivement via des circuits tolérés ou protégés par le régime lui-même.
Il cite même des entreprises américaines qui souhaiteraient investir et la Chine qui intervient économiquement. Belle ouverture affichée. Mais pendant que le clepto-mythomane Maxime Balalou joue les équilibristes diplomatiques, les rapports internationaux s’accumulent sur l’exploitation illégale des ressources et les flux financiers suspects liés aux alliés du régime.
Le bilan est sans appel. La Russie gagne des ressources stratégiques et une base militaire en Afrique centrale. Le régime Touadéra gagne des armes et le soutien nécessaire pour se maintenir au pouvoir. Le peuple centrafricain, lui, perd ses richesses et reste enfoncé dans la misère. Voilà le vrai visage du “gagnant-gagnant” que le clepto-mythomane Maxime Balalou refuse obstinément de nommer.
À l’église UFEB Bataillon 2, les fidèles ont l’habitude d’entendre le pasteur Issène Faki prêcher et diriger les cultes. Mais depuis quelque temps, beaucoup d’entre eux sont choqués par une autre pratique du pasteur : il chante des chansons aux paroles très fortes et très dures comme des drogué.
L’une de ces chansons, qu’il a interprétée publiquement, contient des accusations directes et des images violentes. Voici quelques extraits de la transcription de cette chanson :
« Toi, toi qui prend une arme dans tes mains Tu violes des femmes, tu abuses des adolescents Que tu fais détruire sans âme, c’est vraiment dommage Toi, toi qui prend une arme dans tes mains Tu violes des femmes, tu abuses des adolescents Que tu fais détruire sans âme, tu engages des enfants soldats Pour ta fin machiavélique
Brigant, braqueur, un terroriste
Ton sort n’est-il pas vraiment critique
Quand tu passes et sur ton chemin, c’est le désastre Tu fais massacrer des gens innocents Et tu te crois être parmi les astres… »
Plus loin, la chanson s’attaque directement à des responsables religieux :
« Toi, toi qui t’appropriant du nom du Pasteur Tu mens au nom de l’évangile Tu t’arrogés notre fonction Pour faire ta propre visionnaire utile Et tu dis partout où tu vas Je suis le seul que Dieu écoute Je suis le seul grand prédicateur C’est-tu combien cela te coûte ?
Surtout quand tu fais tout cela
Pour satisfaire tes propres fantasmes
Blasphémant ainsi la parole de Dieu…
Tu brandis une théologie du ventre
Et tu dis, je connais trop la Bible
Et tu dis à tous ceux qui te suivent
C’est moi qui suis la tête de l’église… »
La chanson continue en critiquant ceux qui louent Dieu avec des danses copiées du monde, ceux qui changent de camp selon leurs intérêts, et ceux qui s’enrichissent sur le dos des autres tout en prétendant défendre les causes justes. Elle se termine par un appel au changement de vie en Jésus-Christ.
Pour de nombreux fidèles de l’UFEB Bataillon 2, ces paroles sont choquantes quand elles sortent de la bouche d’un pasteur. Ils estiment qu’un serviteur de Dieu doit prêcher la paix, l’amour et la sainteté, et non utiliser des termes aussi durs, des accusations de viol, d’abus sur adolescents, d’enfants soldats, de terrorisme ou de blasphème contre d’autres pasteurs.
Beaucoup se demandent : pourquoi un pasteur choisit-il de chanter publiquement des textes qui attaquent si violemment des comportements, y compris ceux de responsables d’église ? Est-ce une manière de viser des personnes précises au sein de l’UFEB ou ailleurs ? Ces paroles correspondent-elles à l’image d’un homme guidé par le Saint-Esprit ?
À l’UFEB Bataillon 2, cette nouvelle pratique s’ajoute aux autres préoccupations déjà exprimées par les fidèles : les conflits permanents, les problèmes répétés et les malheurs qui frappent ceux qui s’opposent au pasteur. Pour beaucoup, cette chanson montre une fois de plus que le pasteur Issène Faki franchit toutes les limites et se comporte d’une manière qui ne convient pas à sa fonction de pasteur.
Descente aux enfers pour Bamako. En misant sur les maîtres du désordre, la junte a transformé le Mali en laboratoire de l’échec russe, où seule la terreur gagne du terrain.
Il y a des réveils qui ont un goût de sable et de honte. Pour le régime de Bamako et ses « protecteurs » venus du froid, la chute de Kidal c’est l’éclatement pathétique d’une bulle de propagande gonflée à l’hélium russe. On nous promettait la souveraineté retrouvée, la sécurité d’acier et le balayage des « forces impérialistes ». Résultat ? Une descente aux enfers en accéléré et un tapis rouge déroulé pour les djihadistes du nord.
Le Grand Cirque d’Africa Corps
Des « Maîtres » en Fuite On les appelait Wagner, les voici rebaptisés Africa Corps, mais le talent pour la débâcle reste inchangé. Ces « grands maîtres » de l’ordre nouveau, supposés être le rempart ultime contre le terrorisme, viennent d’offrir au monde un spectacle de sprint olympique dans le désert. La fuite de Kidal restera dans les annales comme l’exemple parfait d’une escroquerie géopolitique : facturer des millions pour finir par abandonner le terrain à une alliance de rebelles de l’Azawad et de djihadistes d’Al-Qaida.
Poutine et ses mercenaires ne sont pas venus pour sauver le Mali, mais pour le traire. Sauf que les vaches sont maigres et que les bergers russes préfèrent visiblement le confort des bases arrière dès que le vent tourne au vinaigre. Quel camouflet pour le Kremlin, qui pensait faire de l’Afrique son terrain de jeu et qui se retrouve aujourd’hui spectateur de sa propre humiliation.
Assimi Goïta : Le Putschiste au Pied du Mur
Du côté de Bamako, le silence de la junte est assourdissant. Assimi Goïta, le chef autoproclamé qui se voyait en libérateur, a réussi l’exploit de faire pire en deux ans que ce qu’il reprochait à ses prédécesseurs en une décennie. En chassant les Français pour se jeter dans les bras de supplétifs russes aussi cupides qu’inefficaces, il a transformé le Mali en un laboratoire du chaos.
La réalité est dure : jamais la menace d’un califat n’a été aussi réelle. En emprisonnant les opposants, en bâillonnant les journalistes et en interdisant les partis politiques, le régime n’a fait que creuser sa propre tombe. On ne gouverne pas un pays par la terreur des baïonnettes quand on est incapable de tenir une ville stratégique contre des colonnes de pick-ups.
Le Prix du Gâchis
Pendant que les généraux plastronnent dans leurs bureaux climatisés, le peuple malien, lui, trinque. Les femmes, jadis piliers de la société, voient l’ombre de la charia s’étendre sur leurs droits. Les civils fuient par milliers vers des camps de fortune, fuyant une corruption systémique qui semble être la seule chose que l’armée malienne gère encore avec efficacité.
Le régime dictatorial voulait la « souveraineté » ? Il a obtenu l’isolement. Il voulait la « puissance » ? Il a récolté la déroute. Le Mali est aujourd’hui le théâtre d’une tragicomédie où les acteurs principaux, russes et putschistes, ont oublié que dans le désert, la vérité finit toujours par rattraper ceux qui courent trop vite.
Le rideau tombe sur l’illusion Wagner-Goïta. La défaite de Kidal n’est pas un accident de parcours, c’est la preuve par neuf que l’on ne construit pas une nation sur le crime, le désordre et le mépris de son propre peuple. Le “grand soir” promis par les maîtres du Kremlin s’est transformé en une nuit noire pour Bamako.
La radio-Canada exagère en présentant l’Afrique comme une « fabrique d’arnaqueurs
Rédigé le 9 mai 2026.
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La radio-Canada transforme tout le continent africain en fabrique d’arnaqueurs. Alors, exagération ou constat ?
L’émission Enquête de Radio-Canada a présenté un documentaire affirmant qu’un réseau criminel « principalement de Côte d’Ivoire » s’est installé au Québec via des permis d’études, avec des branches dédiées à l’arnaque amoureuse, au faux documentaire, au blanchiment d’argent et à l’exportation de véhicules volés vers l’Afrique de l’Ouest. Le texte d’annonce emploie l’expression « mafia africaine » et décrit une organisation structurée entre Montréal et Abidjan.
Pour comprendre l’ampleur du phénomène, le reportage s’appuie d’abord sur le témoignage de victimes québécoises. À Mercier, 15 kilomètres au sud de Montréal, une retraitée raconte avoir été piégée par un faux Français rencontré en ligne, avant de perdre plus de 10 000 $. À Trois-Rivières, un ancien représentant commercial a cru pendant des mois parler à une mère de famille, une certaine « Féline », avant de découvrir qu’il avait versé près de 300 000 $ à des fraudeurs. Les scénarios suivent toujours la même logique : instaurer la confiance, multiplier les preuves fabriquées : certificats médicaux, actes notariés falsifiés, et demander des virements pour régler des urgences inventées.
Cette accumulation de témoignages mène ensuite à l’identification de figures centrales par les enquêteurs. Deux Ivoiriens sont nommés dans les dossiers : Aboubacar Diallo et Mamadou Berthe. Tous deux sont arrivés au Canada avec un permis d’étude, mais n’ont jamais fréquenté les universités censées les accueillir. Leurs comptes bancaires, leurs multiples identités et leurs photos de luxe retrouvées lors de perquisitions suggèrent une implication profonde dans un réseau de fraudes à grande échelle, générant selon les estimations plusieurs millions de dollars.
De fil en aiguille, l’affaire dépasse le seul cadre des fraudes amoureuses. Les services frontaliers expliquent que les mêmes réseaux sont liés à la production de faux documents, à l’ouverture de comptes fictifs et surtout à l’exportation de véhicules volés. Des conteneurs saisis à Montréal et à Abidjan prouvent que le Canada est devenu une source d’approvisionnement pour des marchés parallèles en Afrique de l’Ouest. Des témoins en Côte d’Ivoire reconnaissent l’existence de voitures canadiennes vendues localement, parfois avec l’aide de douaniers corrompus.
L’autre élément frappant du reportage concerne la porte d’entrée choisie par ces groupes. Près de 80 % des membres du réseau seraient arrivés grâce à un permis d’étude. Faute de contrôle centralisé, les universités sont censées signaler les absences, mais elles ne disposent ni des moyens ni de l’intérêt pour vérifier la présence réelle des étudiants étrangers. Des agences d’immigration locales proposent même ce système comme solution rapide pour obtenir un visa.
En parallèle, l’enquête de Radio-Canada a mené ses journalistes jusqu’à Abidjan, berceau de ces réseaux. Dans les cybercafés, des jeunes expliquent comment ils ont commencé à « brouter », terme local pour désigner l’arnaque en ligne. Un ancien fraudeur, Alvin, décrit l’importance des rituels mystiques censés « envoûter » les victimes, et affirme qu’aucun brouteur ne travaille sans marabout. Dans les quartiers, ces activités se traduisent par une ostentation de richesse : vêtements de luxe, voitures de prestige, villas. Pour beaucoup, le broutage est devenu un métier à part entière.
Face à cette mise en scène, les experts interrogés parlent d’une véritable mafia en construction. Des criminologues évoquent un système organisé, où chacun a un rôle : création de profils fictifs, fabrication de documents, blanchiment d’argent, exportation de véhicules. Certains craignent que les fonds transitant en Afrique soient réinjectés dans d’autres filières criminelles, voire dans des activités liées au terrorisme.
Pourtant, cette présentation pose question. Employer l’expression « mafia africaine » et présenter l’Afrique comme une « fabrique d’arnaqueurs » tend à généraliser un phénomène limité à des réseaux précis. Les données officielles canadiennes montrent que la fraude en ligne est multiforme. En 2024, le Centre antifraude du Canada a recensé plus de 638 millions de dollars de pertes toutes fraudes confondues. Les arnaques amoureuses comptent pour une part importante, plus de 50 millions en 2023, mais les escroqueries d’investissement représentent la plus grosse portion des pertes.
Ainsi, si l’enquête de Radio-Canada décrit des méthodes sophistiquées et documente des cas réels, son cadrage peut conduire à des amalgames. Le risque est d’assimiler un continent entier à une industrie du crime, alors que le Canada lui-même affronte des formes variées de fraudes, venues de multiples horizons. La véritable question n’est pas de savoir si l’Afrique est une « fabrique d’arnaqueurs », mais comment renforcer les contrôles aux frontières, encadrer les permis d’études et sensibiliser les citoyens canadiens pour limiter l’impact de ces stratagèmes.
À Batangafo, dans la préfecture de l’Ouham-Fafa, lors d’une cérémonie de pose de première pierre d’un centre pédagogique, le président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro s’est livré à un exercice qui frise la folie politique : donner des leçons sur la qualité de l’enseignement alors que son bilan dans ce secteur constitue un désastre national.
« L’avenir de notre nation dépend de la qualité de nos enseignants », a-t-il déclaré avec une assurance qui laisse pantois. Cette phrase aurait pu résonner comme une vérité si elle ne sortait pas de la bouche dégageante d’un homme qui, depuis quinze ans aux commandes du pays — cinq ans comme Premier ministre sous Bozizé, dix ans comme président —, n’a strictement rien entrepris pour améliorer les conditions de travail et de formation des enseignants centrafricains.
Baba Kongoboro parle de « garantir un encadrement rigoureux et de qualité » pendant que dans tout le pays, y compris dans la capitale, plus de 80% des enseignants sont des maîtres-parents. Ces volontaires, payés par les familles elles-mêmes, possèdent à peine le minimum de connaissances pour transmettre un savoir. Ils occupent les salles de classe des écoles primaires, des collèges et même des lycées, non par choix mais par nécessité, parce que l’État a abdiqué sa responsabilité.
Cette situation n’est pas apparue par hasard. Touadéra, après son arrivée au pouvoir en 2016, il a lui-même supprimé le système des enseignants vacataires — ces diplômés recrutés temporairement par le ministère de l’Enseignement pour pallier le manque d’effectifs. Ce dispositif, bien qu’imparfait et générant des retards de paiement, permettait au moins de maintenir un niveau minimal de qualification dans les établissements. Sa disparition a créé un vide que les parents ont dû combler avec leurs propres moyens, transformant l’école publique en système débrouillard où chacun se dépatouille comme il peut.
Le chef de l’État Baba Kongoboro promet maintenant de « former plus de 16 000 enseignants qualifiés d’ici 2029 », conformément à un plan sectoriel qu’il brandit comme un trophée. Mais ces annonces sonnent creux quand on connaît le gouffre entre les discours et la réalité. Depuis 2016, combien d’enseignants ont réellement été formés et déployés ? Combien de salaires versés à temps pour les enseignants contractuels financés par la banque mondiale ? Combien d’écoles réhabilitées ou construites en dehors des opérations de communication électorale ?
« Un pays sans enseignants qualifiés, bien encadrés et respectés, est un pays sans boussole », assène-t-il. La métaphore est belle, mais elle se retourne contre son auteur. Car si la Centrafrique erre sans direction dans le domaine éducatif, c’est précisément à cause de quinze années de négligence dont il porte la responsabilité directe.
À Batangafo, Touadéra appelle les populations à « veiller sur ce chantier comme sur un bien commun », à « garantir sa sécurité » et à « prévenir les vols de matériaux ». Autrement dit, il demande aux communautés de Batangafo de surveiller elles-mêmes les travaux, de faire le travail de l’État. Cette injonction trahit une conception pathétique du rôle de l’autorité publique : annoncer, inaugurer, puis se décharger de toute responsabilité sur les citoyens.
Le président Baba Kongoboro se présente en bâtisseur d’une « République instruite, responsable et prospère ». Pourtant, après dix ans à la tête du pays, le système éducatif centrafricain n’a jamais été aussi en ruine. Les infrastructures tombent en ruine, les enseignants ne sont pas payés pendant des mois, les familles s’appauvrissent pour scolariser leurs enfants, et la qualité de l’enseignement dégringole année après année.
Ce discours de Batangafo ressemble davantage à un exercice d’amnésie collective qu’à un programme crédible. Touadéra parle comme s’il découvrait les problèmes de l’éducation, comme s’il n’avait pas passé quinze ans aux manettes, comme si les désastres actuels étaient l’œuvre d’un prédécesseur lointain. Cette capacité à effacer son propre bilan pour mieux se présenter en sauveur dépasse l’entendement.
Les Centrafricains, eux, n’oublient pas. Ils savent qui a laissé pourrir les écoles, qui a abandonné les enseignants, qui a transformé l’instruction publique en loterie où seuls les enfants de familles aisées ont une chance de recevoir une formation correcte. Ils savent également que cette première pierre posée à Batangafo s’inscrit dans une logique de campagne électorale, pas dans une vision cohérente de développement éducatif.
Quinze ans de pouvoir, quinze ans d’inaction. Le président Baba Kongoboro peut multiplier les promesses et les cérémonies, mais les faits parlent d’eux-mêmes : sous Touadéra, l’école centrafricaine s’est effondrée. Et aucun discours, aussi grandiloquent soit-il, ne pourra effacer cette réalité.
Madame Danielle Darlan, ancienne présidente de la Cour constitutionnelle de la République centrafricaine, a livré une analyse sans concession sur les origines de la violence qui continue de secouer le pays. Dans une déclaration qui demeure d’actualité, elle pointe du doigt les dysfonctionnements profonds du système judiciaire comme facteur déterminant de l’instabilité persistante dans le pays.
Danielle Darlan sait de quoi elle parle. Cette ancienne présidente de la Cour constitutionnelle a passé des décennies à observer le système judiciaire centrafricain. Et ce qu’elle dit aujourd’hui devrait inquiéter tout le monde : la violence qui ronge le pays ne tombe pas du ciel. Elle naît directement des failles de la justice.
Selon Madame Danielle Darlan, la violence en RCA trouve ses racines dans l’histoire du pays, mais surtout dans les injustices profonde et les discriminations que subissent les citoyens. L’ex-magistrate établit un lien direct entre l’absence de justice équitable et la montée des tensions sociales. Son raisonnement tient en quelques phrases simples. Quand un Centrafricain subit une injustice, quand il voit son voisin favorisé parce qu’il appartient au bon groupe ethnique, quand il comprend que les tribunaux ne trancheront jamais en sa faveur, que se passe-t-il ? La colère monte. Elle s’accumule. Et un jour, ce citoyen décide de régler ses comptes lui-même. Avec un fusil, parfois.
« On finit par se révolter et se faire justice soi-même », explique Madame Danielle Darlan. Certains prennent les armes, d’autres commettent des meurtres. Pas parce qu’ils sont des criminels nés, mais parce que personne ne leur a rendu justice. Le tribalisme aggrave encore les choses. Dans un tel climat, comment s’étonner que le pays ne trouve pas la paix ?
La juriste explique clairement un cercle vicieux inquiétant : face à un système judiciaire défaillant qui ne leur rend pas justice, certains citoyens en viennent à prendre les armes, à commettre des meurtres ou des assassinats. Madame Darlan souligne également la persistance du tribalisme comme facteur aggravant de cette situation explosive.
Pour l’ancienne présidente de la Cour constitutionnelle, la résolution de la crise dans notre pays passe impérativement par une réforme en profondeur du système judiciaire. Elle affirme que si les autorités souhaitent véritablement faire baisser les tensions et s’attaquer au problème de la violence, elles doivent absolument restaurer la confiance des citoyens envers leur justice. Selon elle, rendre une justice équitable à tous les citoyens constitue le cœur du problème et la clé de sa résolution.
Cette prise de position d’une personnalité ayant occupé l’une des plus hautes fonctions judiciaires du pays confirme la gravité de la situation et l’urgence d’une réforme du système judiciaire centrafricain pour espérer un retour durable à la paix.
Quand une institution de l’état chargée de l’anticoruption admet publiquement son impuissance, c’est tout un système qui s’effondre. Les propos du Président de l’autorité de la bonne gouvernance ont fait l’effet d’une bombe. La corruption gangrène le pays sans sanction depuis des années. Barthélémy Souroungba décrypte cette dérive et ses conséquences pour les Centrafricains.
Barthélémy Souroungba : Bonjour à vous. Merci de m’accueillir.
CNC : ces derniers jours, les réseaux sociaux bruissent de commentaires suite aux déclarations du Président de la Haute Autorité chargée de la bonne gouvernance. Vous avez vous-même réagi publiquement. Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre la parole ?
Barthélémy Souroungba : C’est la gravité du constat qui m’a interpellé. Quand un responsable d’une institution d’État reconnaît ouvertement que la corruption gangrène tout le système, on ne peut pas rester silencieux. Ce n’est plus une critique venue de l’extérieur ou d’opposants politiques. C’est un aveu de l’intérieur, formulé par ceux-là mêmes qui sont censés combattre ce fléau. Quand l’institution admet son impuissance, il faut s’arrêter et analyser ce que cela signifie vraiment.
CNC : Justement, que montre précisément ces déclarations selon vous ?
Barthélémy Souroungba : elles montre une chose simple mais terrible : personne n’ignore rien. La corruption touche l’administration publique, la justice, le secteur militaire, les finances, l’éducation. Elle est partout. Et ce n’est pas une rumeur de marché ou des accusations lancées à la légère. C’est documenté, reconnu par ceux qui devraient y mettre fin. On est face à un aveu d’échec collectif.
CNC : la Haute Autorité affirme transmettre régulièrement ses rapports aux plus hautes instances de l’État. Comment interprétez-vous cela ?
Barthélémy Souroungba : cela signifie très concrètement que le président de la République, le chef du gouvernement et le président de l’Assemblée nationale reçoivent ces documents. Les dossiers arrivent à destination. Il y a même parfois des accusés de réception ou des retours administratifs. Donc l’excuse de l’ignorance ne tient absolument plus. On ne peut pas dire qu’on ne savait pas. Les autorités savent. Elles ont les preuves en main.
CNC : et pourtant, vous le savez, depuis 2017, aucun procès issu de ces dossiers n’a débouché sur une condamnation définitive.
Barthélémy Souroungba : c’est exactement là que tout se grippe. Huit années sans un seul verdict de condamnation, ce n’est plus un simple souci de lenteur administrative ou de procédure judiciaire complexe. C’est un blocage politique délibéré. On peut invoquer les réformes en cours, la lourdeur des dossiers, les difficultés techniques, mais au bout de huit ans, ces justifications perdent toute crédibilité. On est face à un choix : celui de ne pas sanctionner.
CNC : dans ces conditions, peut-on encore parler sérieusement de lutte contre la corruption ?
Barthélémy Souroungba : franchement, non. Une lutte qui ne produit aucune sanction, ce n’est pas une lutte, c’est du théâtre. Rédiger des rapports qui ne mènent nulle part, c’est simplement archiver l’impunité. Les Centrafricains voient les routes défoncées, les hôpitaux sans médicaments, les écoles délabrées, les salaires impayés. Et ils voient aussi que personne ne répond de rien. Aucun responsable inquiété, aucun compte à rendre. C’est un message dévastateur.
CNC : les marchés publics sont souvent cités comme l’un des principaux foyers de cette corruption. Qu’en est-il réellement ?
Barthélémy Souroungba : c’est un domaine où les mécanismes sont particulièrement bien connus. Des commissions occultes à chaque niveau du processus, des attributions opaques, des travaux mal exécutés ou jamais terminés. L’argent détourné se récupère directement sur la qualité finale des infrastructures. Ensuite, quand tout s’effondre, on accuse les intempéries, les entreprises étrangères ou l’insuffisance des budgets. Mais la racine du mal est structurelle et tout le monde la connaît.
CNC : certains responsables évoquent également la responsabilité des citoyens ordinaires, des petits fonctionnaires, des usagers des services publics.
Barthélémy Souroungba : il est vrai qu’il existe des corrupteurs et des corrompus à tous les niveaux de la société. Mais l’État a un devoir d’exemplarité supérieur. Lorsque ceux qui gouvernent, ceux qui détiennent l’autorité, échappent systématiquement à toute sanction, ils installent une norme d’impunité. On normalise le vol, le détournement, l’enrichissement illicite. Dans ces conditions, on ne peut pas exiger la morale des citoyens ordinaires si le sommet de l’État reste pourri sans conséquence.
CNC : l’institution invoque régulièrement le manque de moyens : véhicules insuffisants, budget limité, personnel en nombre restreint. Cet argument vous semble-t-il recevable ?
Barthélémy Souroungba : partiellement seulement. Bien sûr que les moyens matériels facilitent le travail d’enquête et de contrôle. Mais le vrai nœud du problème ne se situe pas là. Le cœur du blocage, c’est l’absence totale de suite judiciaire. Même avec dix véhicules supplémentaires, cent agents de plus et un budget doublé, si les dossiers transmis continuent de s’empiler dans les tiroirs sans jamais arriver devant un tribunal, le résultat reste le même : zéro sanction, impunité totale.
CNC : quel message ces déclarations publiques envoient-elles finalement à la population centrafricaine ?
Barthélémy Souroungba : un message extrêmement dangereux, destructeur même. Celui d’un État qui voit tout, qui sait tout, qui documente tout, mais qui ne fait rien. Cela engendre la défiance généralisée envers les institutions, le découragement des citoyens honnêtes, et parfois même la reproduction des mêmes comportements corrompus par mimétisme. Quand la corruption devient publique, avouée et acceptée sans conséquence, elle s’enracine profondément et durablement dans la culture politique et administrative.
CNC : concrètement, que faudrait-il pour inverser cette tendance et sortir de cette impasse ?
Barthélémy Souroungba : il faut des actes concrets et visibles. Des poursuites judiciaires effectives. Des condamnations publiques qui marquent les esprits. Des biens mal acquis saisis et restitués. Des responsables de haut niveau effectivement jugés et sanctionnés. Tant que les rapports continueront de dormir dans les tiroirs et que les autorités politiques ne rendront aucun compte sur leur inaction délibérée, la corruption restera non seulement tolérée mais institutionnalisée comme règle du jeu politique.
CNC : monsieur Barthélémy Souroungba, merci infiniment d’avoir accepté cet échange et d’avoir partagé votre analyse avec nos lecteurs.
Barthélémy Souroungba : C’est moi qui vous remercie pour l’attention portée à ces questions absolument essentielles pour l’avenir de notre pays.
Boda : un lieutenant-colonel réclame cinq millions pour libérer ou tuer
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le 28 juillet 2021, à Boda, l’entrepreneur malien Ibrahim Traoré, déjà victime d’escroqueries et de détournements judiciaires, tombe dans un nouveau piège. Arrêté après une plainte douteuse transmise depuis Bangui, il se retrouve face au lieutenant-colonel Kondro, chef du détachement militaire des FACA, qui lui pose un ultimatum : payer cinq millions de francs CFA ou mourir.
En effet, après les détournements organisé par le magistrat Thierry Ouedemona et les escroqueries d’Armel Balegbaya et Fred Yagbanga, l’histoire d’Ibrahim Traoré prend une tournure plus cruelle. Alors qu’il tente de poursuivre ses activités, il est convoqué à Boda sous prétexte d’une plainte judiciaire venue de la capitale. Conduit par deux gendarmes, il est présenté devant la procureure locale, laquelle reconnaît avoir reçu un appel direct du premier substitut de Bangui, un certain Dama.
Pendant ce temps, aucun mandat d’amener n’est présenté, aucune plainte écrite ne lui est notifiée. Tout repose sur un coup de fil de Bangui. Trois jours de détention à la gendarmerie de Boda suffisent à Ibrahim Traoré pour comprendre que cette affaire dépasse Boda et trouve son origine dans le cercle mafieux qui s’acharne contre lui depuis 2020.
C’est alors qu’entre en scène le lieutenant-colonel Kondro, chef du détachement militaire des Forces armées centrafricaines (FACA). Ce dernier convoque Traoré et lui lance un chantage glaçant : “Tu paies cinq millions ou on te tue ici à Boda”. Eh! Les escrocs!
Dans ce scénario, la justice disparaît totalement. Un officier supérieur, censé protéger les citoyens, transforme son uniforme en instrument de rançon. L’ultimatum est clair : l’argent contre la vie. Ibrahim Traoré, déjà ruiné par des escrocs et spolié de ses biens, se retrouve acculé.
L’intervention de son avocat permet d’éviter le pire. Alerté, ce dernier fait pression pour obtenir son transfert vers Bangui et confier l’affaire à la Section des Recherches et d’Investigations (SRI). Mais l’épisode reste gravé comme l’un des plus violents : l’État, par la voix d’un de ses officiers, exige de l’argent pour ne pas ôter la vie d’un citoyen.
C’est une mafia qui mêle juges, escrocs et militaires. Avec l’affaire de Boda, un maillon supplémentaire s’ajoute à la chaîne de prédation qui enferme Ibrahim Traoré depuis des années. Après un magistrat devenu voleur de ciment, des faux “parents du président” devenus extorqueurs, la justice de proximité se transforme en bras armé d’une mafia politico-judiciaire.
À chaque étape, le scénario se répète : fausse accusation, arrestation arbitraire, torture ou menace, puis exigence d’une somme d’argent. Chaque autorité qui croise la route de l’entrepreneur malien se sert au passage, jusqu’à transformer son existence en calvaire permanent.
Et le prix du silence? Franchement, le cas Traoré dévoile la profondeur de la corruption en Centrafrique. Comment un lieutenant-colonel en poste peut-il poser un tel ultimatum à un civil ? Comment des magistrats et des escrocs peuvent-ils agir main dans la main pour ruiner et enfermer un homme sans qu’aucune institution ne s’interpose ?
Depuis près de cinq ans, Ibrahim Traoré est enfermé à Ngaragba. Derrière les murs de cette prison, il n’est pas seulement détenu : il est l’otage d’un système où les vies s’achètent et se bradent au prix fort. Le montant exigé à Boda — cinq millions de francs CFA — résume à lui seul la logique de prédation qui gangrène l’appareil judiciaire, politique et militaire du pays.
À Bangui, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale a été créée pour protéger les travailleurs centrafricains et garantir leurs droits. Sous Annie Michelle Mouanga, elle est devenue autre chose, pour ne pas dire sa propre vache à lait.
Souvenez-vous, il y’a quelques mois, nous avions documenté ce qui se passe à l’intérieur de cette institution. Le restaurant de la CNSS, c’est la Ministre qui le tient. Pas symboliquement. Concrètement, à hauteur de 15 millions de francs CFA par mois. Une somme que peu de Centrafricains verront jamais en une année de travail.
La salle de conférence suit la même logique. Cet espace construit avec les cotisations des travailleurs, entretenu avec les fonds de la caisse, est lui aussi entre les mains de la Ministre. On ne sait pas à quel prix. On ne sait pas à quel titre. Ce que l’on sait, c’est qu’Annie Michelle Mouanga y règne comme si elle en avait hérité de son père.
Ce qui se passe à la CNSS n’est pas une question de gestion approximative ou de flou administratif. C’est une entreprise publique traitée comme un fonds de commerce privé par la tutelle qui est censée la surveiller. Et pendant que la Ministre encaisse, les retraités attendent leurs pensions et les travailleurs cotisent sans savoir où va leur argent.
Le dictateur de Bangui Faustin Archange Touadéra sait-il seulement ce qui se passe dans cette maison ? Ou bien les 15 millions par mois font-ils partie des arrangements que l’on ne discute pas à Mondjo ?
Il a près de quarante ans de vie politique derrière lui. Il a occupé des fonctions d’État, observé des régimes de l’intérieur, vu des présidents arriver avec de bonnes intentions et repartir défaits par leur propre entourage. Laurent Gomina Pampali, ancien ministre, ex-député et ancien professeur de philosophie à l’université de Bangui, sait de quoi il parle quand il pointe du doigt les courtisans qui gravitent autour du pouvoir à Bangui.
Dans un entretien accordé à Guira FM, Pampali a lancé ce qu’il appelle lui-même un message d’alerte au dictateur Faustin-Archange Touadéra : « Les courtisans créent le plus souvent des problèmes aux dirigeants. Un dirigeant peut arriver tout frais, avec de bonnes idées, de bonnes intentions, mais après, les courtisans vont dire : celui-là, on ne doit plus le voir. »
Le mécanisme est connu, mais rarement dit aussi clairement par quelqu’un qui en a été le témoin direct. Ces hommes et ces femmes qui peuplent les couloirs du palais de la Renaissance ne servent pas le chef de l’État. Ils se servent. Pampali l’affirme sans détour : leur objectif, c’est de se tailler une place à la table du pouvoir, et pour y parvenir, ils n’hésitent pas à discréditer les autres, à isoler le président de voix qui pourraient lui être utiles, à construire autour de lui une chambre d’écho où seules leurs ambitions résonnent.
Ce que décrit l’ancien ministre, c’est un phénomène vieux comme les États mais particulièrement dévastateur dans des pays fragilisés comme la Centrafrique. Le président se retrouve coupé de la réalité, nourri d’informations filtrées, entouré de gens dont la loyauté s’arrête là où s’arrête leur intérêt personnel.
Pampali conseille à Touadéra de s’en débarrasser sans hésitation : « Il doit se débarrasser de ceux qui veulent lui faire du surplace, honnêtement. »
L’avertissement prend une dimension particulière au moment où Touadéra entame son nouveau septennat avec des promesses de rupture, de lutte contre la corruption et de fin de l’impunité. Car si ces courtisans restent en place, dit Pampali, ce sont eux qui planteront les pièges contre le système de l’intérieur. Pas l’opposition. Pas les journalistes. Ceux qui sourient en Conseil des ministres et poignardent dans les couloirs.
Pampali conclut par une mise en garde philosophique qui résume tout : un président qui prête l’oreille aux seuls flatteurs finit par gouverner seul — et malheur, dit-il, à l’homme seul.
Les leaders du BRDC avaient tenu une conférence de presse jeudi 16 avril 2026 à Bangui. Ils ont présenté un bilan négatif des deux mandats du président Faustin-Archange Touadéra.
Le peuple centrafricain vit des difficultés quotidiennes depuis 2016. Les pénuries d’eau potable persistent malgré les promesses du chef de l’État à la fin de ses mandats. Le délestage d’électricité continue dans les mêmes conditions. L’insécurité augmente à Bangui avec des braquages fréquents dans les arrondissements et leurs environs. Un policier a été enlevé et tué dans les locaux de la police. Des cas de tortures touchent les détenus dans les prisons du pays.
À l’est, la situation sécuritaire s’est détériorée avec la gestion de la milice azandée. À l’ouest, des images montrent des corps décapités. Les infrastructures scolaires ressemblent à des salles où les élèves s’assoient par terre. Dans l’intérieur du pays, beaucoup apprennent sous les arbres. Les maîtres parents forment 67 % du personnel enseignant. Cela explique la baisse du niveau des enfants sur tout le territoire.
L’université unique du pays souffre d’un manque d’amphithéâtres et d’une faible capacité d’accueil. Elle n’a pas de bibliothèque moderne. Les étudiants venus des provinces en subissent les conséquences. Les hôpitaux, centres et postes de santé manquent de matériel technique. Les patients ont moins de chances de survie que dans d’autres pays africains.
Les routes et ponts sont dans un état très mauvais. Les producteurs agricoles des provinces ne peuvent pas transporter leurs produits vers Bangui ou les grands centres. Dans la capitale, la circulation reste difficile. Les routes réhabilitées se détériorent en six mois.
L’exploitation de l’or et des minerais pollue les eaux à cause des sociétés minières. Les permis sont délivrés sans transparence. Sur le plan économique, la structure des prix des hydrocarbures ne baisse pas. Le gouvernement reste isolé de la communauté financière internationale.
Sur le plan politique, l’ANE a organisé les dernières élections sous contrôle. Le BRDC a appelé au boycott. Le faible taux de participation montre que l’appel a été suivi. Le pouvoir issu de ce scrutin manque de légitimité. L’investiture au stade de 20 000 places a montré peu de monde. Seuls quelques militants du MCU se sont battus pour avoir de l’eau.
Crépin Mboli-Goumba a pris la parole. Il a rappelé que le premier mandat avait commencé avec de l’espoir en 2016. Dix ans plus tard, le pays présente un bilan négatif. Les infrastructures routières n’ont jamais été aussi mauvaises. La mauvaise gouvernance domine. L’État n’a pas construit une armée républicaine capable de défendre le territoire. La sécurité repose sur Wagner, la MINUSCA ou des accords bilatéraux.
Les Centrafricains se sentent divisés. Des membres de l’opposition sont envoyés en prison sans respect des droits. Le pays perd des portions de territoire chaque année aux frontières. Les arriérés de salaires augmentent. L’État manque de moyens.
Le BRDC demande un dialogue politique. Il appelle le peuple à se mobiliser pour défendre sa liberté et sa dignité. Les consignes viendront plus tard pour restaurer la démocratie.
Le général Alkatim Mahamat, président fondateur du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique, a nommé le 6 mai 2026 depuis N’Djamena au Tchad le général Ahamat Chaltout comme le nouveau chef d’état-major par intérim du mouvement.
La décision signée le même jour du 6 mai 2026 et à effet immédiat, intervient peu après le limogeage du précédent chef d’état-major, Djido Ali, dont la chute avait été précipitée par une plainte déposée auprès de Wagner contre l’armée tchadienne. Selon la décision, le général Ahamat Chaltout prend ses fonctions dès la signature de l’acte.
Le nouveau chef d’état-major par intérim est un visage connu de l’univers des groupes armés centrafricains. Selon des sources proches du dossier, Ahamat Chaltout est un ancien du Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique, le FPRC, groupe politico-militaire né de l’explosion de la Séléka et fondé à Birao en août 2014 , dont le général Alkatim Mahamat lui-même avait été le chef militaire avant de le quitter en 2015 pour fonder le MPC . Sa nomination au poste de numéro deux de l’état-major du MPC traduit une logique de recrutement dans les réseaux issus de cette nébuleuse armée.
Placé sous l’autorité directe du président fondateur, Ahamat Chaltout est astreint à une obligation stricte de loyauté, de discipline et de résultats. Il lui revient d’assurer la mise en œuvre des décisions des instances dirigeantes, de garantir la discipline interne et de coordonner les activités administratives, politiques et organisationnelles du mouvement. Il est également chargé d’assurer la liaison entre les organes centraux et les structures déconcentrées.
La décision précise que tout manquement aux obligations liées à cette fonction expose son titulaire à des mesures disciplinaires. Les ampliations de l’acte ont été adressées au garant de l’Accord de N’Djamena, au gouvernement centrafricain, aux alliés russes, à la MINUSCA et aux archives du mouvement.
Anicet Georges Dologuélé n’a pas pu prendre son vol pour Addis-Abeba le 5 mai 2026 après le refus des autorités aéroportuaires de la capitale centrafricaine. Dans ce contexte, la Plateforme des Jeunes Leaders de l’Opposition Démocratique dénonce une violation des droits fondamentaux.
Monsieur Arsène Elien, coordonnateur national de la PJLOD, a signé le 6 mai 2026 un communiqué dans lequel il dénonce ce qu’il qualifie de traitement indigne réservé à un candidat aux législatives dans la circonscription de Bocaranga 1.
Selon ce document, Anicet Georges Dologuélé, arrivé deuxième à la dernière élection présidentielle, a été empêché de quitter le sol centrafricain le mardi 5 mai 2026, alors qu’il se préparait à rejoindre Addis-Abeba, en Éthiopie. Aucune autorité n’a fourni d’explication publique sur les motifs de ce blocage.
Interrogé par la rédaction de CNC, Arsène Elien a été direct : « Cette restriction arbitraire constitue une violation des droits fondamentaux et une entrave au dialogue démocratique. On ne traite pas un citoyen, encore moins une figure politique, comme un criminel ou un voyou. »
Le coordonnateur n’a pas limité sa déclaration à une condamnation. Il a appelé le gouvernement centrafricain à « privilégier le dialogue et la paix, dans l’intérêt supérieur du peuple centrafricain ». La PJLOD, dit-il, attend du pouvoir en place une posture plus respectueuse des libertés individuelles.
À ce stade, ni la présidence, ni le ministère de l’Intérieur, ni aucun service de sécurité n’a commenté publiquement l’incident survenu à l’aéroport.