Abakar Sabone a brisé le silence sur la réalité vécue par les populations centrafricaines pendant son intervention en direct sur Facebook. L’ancien ministre a dressé un tableau sans concession des conditions du quotidien sous le régime actuel.
Il a demandé à plusieurs reprises « Quelle paix ? » en réponse à ceux qui prétendent que le pays connaît enfin la stabilité. Pour lui, cette affirmation ne correspond pas à ce que vivent les citoyens ordinaires. Chaque nuit, des assassinats se produisent dans les villes comme dans les villages. Des personnes sont kidnappées, emmenées dans des endroits isolés et exécutées. Ces actes se répètent sans interruption, selon ses observations.
Sabone a insisté sur le fait que même à Bangui, les habitants dorment avec la peur au ventre malgré les discours officiels. Les enlèvements nocturnes créent un climat permanent d’insécurité. Les familles ignorent souvent ce qui est arrivé aux leurs jusqu’au lendemain. Cette violence quotidienne mine toute sensation de tranquillité.
Parallèlement à ces problèmes de sécurité, l’ancien ministre a évoqué la situation économique désastreuse. Les aliments manquent cruellement sur les marchés. Tout devient hors de prix. Les Centrafricains peinent à se nourrir correctement. La cherté de la vie touche toutes les couches de la population et renforce le sentiment général de malaise.
Il a ajouté que tout le monde vit dans la peur. Personne ne se sent vraiment à l’abri, que ce soit en ville ou à la campagne. Sabone a dénoncé l’écart entre les déclarations officielles sur la paix et cette réalité faite d’angoisses constantes. Selon lui, affirmer que les Centrafricains veulent simplement vivre en paix tout en ignorant ces faits revient à tromper le peuple ou à manquer totalement d’information.
L’ancien ministre a rappelé que la paix ne se réduit pas à un mot vide de sens. Elle doit se traduire par des comportements concrets et par un environnement où les citoyens peuvent dormir sans crainte et se nourrir sans difficulté. Tant que les assassinats nocturnes, les enlèvements et la cherté extrême de la vie persistent, il est impossible selon lui de parler sincèrement de paix dans le pays.
Sabone a terminé cette partie de son discours en soulignant que lui et beaucoup d’autres acteurs politiques se trouvent à l’étranger précisément à cause de cette situation. Leur exil forcé constitue pour lui une preuve supplémentaire que la paix réelle n’existe pas actuellement en Centrafrique.
Le Général Tago appelle les groupes armés centrafricains et tous les adversaires du président Faustin-Archange Touadéra à s’unir contre le pouvoir. Dans une déclaration enregistrée le 16 août 2026, il affirme que « personne ne peut nous diviser » et assure que le travail engagé par son camp se poursuit.
S’adressant directement au peuple centrafricain, le Général Tago demande à la population de rester calme face aux informations qui circulent sur les réseaux sociaux et dans les quartiers. Il affirme que les actions menées par son camp ne relèvent pas de la propagande.
« Le travail que nous faisons en ce moment-là, ce n’est pas un travail de bouche, c’est-à-dire un travail de vent à l’air. Ce n’est pas de propagande, ce n’est pas du bruit, mais c’est un travail sérieux », déclare-t-il.
Le chef rebelle affirme également que le travail annoncé est déjà arrivé à une étape avancée. Il adresse surtout son message aux membres des différents groupes armés centrafricains.
« C’est moi, le Général Tago, qui vous le dis pour que tous les groupes armés centrafricains écoutent ça aujourd’hui, que personne ne peut nous diviser en ce moment », affirme-t-il.
Le Général Tago appelle ensuite tous ceux qui se considèrent comme des adversaires du président Touadéra à se rapprocher. Selon lui, les divergences entre ces différents acteurs ne doivent pas empêcher leur rassemblement.
« Celui qui sait qu’il est adversaire de Touadéra, adversaire du président Touadéra, nous tous, nous devons nous réunir, la main dans la main, les pieds dans les pieds et on va travailler ensemble à cause du peuple centrafricain », déclare-t-il.
Cette déclaration intervient alors que le Général Tago dénonce également les opérations attribuées aux mercenaires russes du groupe Wagner et à leurs supplétifs centrafricains, qu’il désigne comme les « Wagner Noirs » ou les « Russes Noirs ».
Il cite notamment les événements survenus à Sikikédé, dans la commune de Benda, où il affirme que des mercenaires russes accompagnés de leurs supplétifs sont entrés dans la localité. Selon son récit, ils auraient tiré dans la ville et provoqué la panique parmi les habitants.
« Ils sont rentrés dans la ville, ils commencent à tirer, tirer, tirer et la population a eu peur », affirme-t-il.
Le Général Tago accuse également les éléments présents à Sikikédé d’avoir pris des marchandises et des téléphones appartenant à des habitants. Il s’interroge sur l’acceptation de telles pratiques par la population centrafricaine.
« Ils prennent les marchandises des gens, ils prennent les téléphones des gens, ils prennent beaucoup de trucs des gens, ils partent avec. Est-ce que c’est ça que les Centrafricains aiment ? », lance-t-il.
Dans sa déclaration, le chef rebelle élargit son propos à la situation économique du pays. Il estime que la Centrafrique dépend fortement de ses voisins pour son approvisionnement en produits de première nécessité.
Il cite notamment le Cameroun, le Tchad et le Soudan comme des pays dont les produits permettent, selon lui, à la population centrafricaine de continuer à vivre et à s’approvisionner.
« Nous ne produisons rien au pays », affirme-t-il, avant de dénoncer la gestion des ressources nationales. Selon lui, la Centrafrique dispose pourtant de nombreuses richesses naturelles.
« Nous avons des richesses, nous avons beaucoup de richesses dans le pays. Mais la gestion n’est pas normale. La gestion, c’est une gestion mafieuse », accuse le Général Tago.
Il évoque également le cas d’un opérateur économique qu’il identifie comme M. Bilal. Selon lui, cet opérateur aurait été capturé par des mercenaires russes alors qu’il se rendait vers Ndélé, dans la préfecture de la Bamingui-Bangoran.
« Un grand opérateur économique, M. Bilal, qui a pris son camion de Bangui pour arriver à l’entrée de Ndélé, ils l’ont capturé. Les mercenaires russes l’ont capturé », affirme-t-il.
Le Général Tago indique que l’opérateur serait depuis conduit vers une destination inconnue. Il va plus loin en affirmant qu’il serait probablement mort, sans fournir dans sa déclaration d’éléments permettant d’établir ce point.
Cette accusation intervient dans un contexte où le chef rebelle affirme que les populations civiles et les opérateurs économiques subissent les conséquences des opérations menées dans plusieurs régions du pays. Il estime notamment que les commerçants, qu’ils soient centrafricains ou étrangers, doivent pouvoir exercer leurs activités sans être inquiétés.
« Même si les opérateurs économiques ne sont pas des Centrafricains mais qu’ils viennent dans le pays pour faire des activités commerciales, dans la règle, il faut les laisser tranquilles. Il ne faut pas qu’on les perturbe », affirme-t-il.
En appelant les adversaires de Touadéra à se réunir, le Général Tago présente cette union comme nécessaire pour mettre fin aux souffrances de la population centrafricaine. Il insiste sur la nécessité pour les différents groupes armés de ne pas se laisser diviser.
Son message contient aussi un avertissement sur la poursuite des actions de son camp. À plusieurs reprises, il répète que « le travail continue ».
« Faut pas que vous pensiez que nous sommes calmes aujourd’hui là. Tout est calme aujourd’hui là. Le travail est fini. Non, le travail continue toujours », déclare-t-il.
Le Général Tago conclut sa déclaration sur la même ligne, en répétant que les actions engagées se poursuivent. « Le travail continue tranquillement, tranquillement », affirme-t-il, tout en demandant au peuple centrafricain de rester attentif aux développements à venir.
Le ministre conseiller à la présidence FidèleGouandjika a publié sur les réseaux sociaux un texte présenté comme une « plaidoirie pour un présumé cleptomane », en référence à Daniel Nzéwé, pendant qu’il est toujours détenu dans les locaux de l’Office central pour la répression du banditisme (OCRB) au moment de la publication du post. Dans cette publication, il explique le fonctionnement de la cleptomanie, évoque les conséquences judiciaires possibles et estime que le cas de son ancien ami pourrait conduire à une peine de prison ferme en raison d’une éventuelle récidive.
Le choix du terme « cleptomane » est particulièrement lourd dans le contexte actuel. Daniel Nzéwé fait l’objet d’une nouvelle procédure portant sur dix millions de francs CFA et son nom est associé depuis plusieurs années à plusieurs affaires de vol et d’escroquerie rapportées au tout début par Corbeau News Centrafrique. Fidèle Gouandjika ne présente pas cette qualification comme un diagnostic établi puisqu’il parle de « présumé cleptomane ». Aucun rapport psychiatrique n’est cité dans son texte.
« Ma plaidoirie pour un présumé cleptomane », écrit Fidèle Gouandjika en ouverture de sa publication.
Le terme choisi constitue le point central de son intervention.
La cleptomanie désigne un trouble caractérisé par des impulsions répétées de voler des objets sans que leur acquisition soit nécessairement motivée par leur valeur ou par la volonté de s’enrichir. Dans son texte, Fidèle Gouandjika explique que la personne concernée peut ressentir une forte tension avant le vol et un soulagement après avoir commis l’acte.
Il insiste surtout sur le fait que la cleptomanie est une maladie mentale reconnue par la médecine.
Cette précision permet au ministre conseiller de placer le dossier Daniel Nzéwé sur un terrain différent de celui d’une simple affaire de vol ou d’escroquerie.
Mais son texte ne fournit aucun élément permettant d’établir que Daniel Nzéwé souffre effectivement de ce trouble.
Fidèle Gouandjika explique que la justice peut prendre en compte l’état mental d’une personne poursuivie pour des faits de vol.
Il distingue deux situations.
Dans la première, une personne serait complètement déconnectée de la réalité au moment des faits. Selon son explication, cette situation pourrait conduire à une orientation vers un établissement psychiatrique plutôt qu’à une condamnation pénale classique.
Dans la seconde, la personne comprendrait ce qu’elle fait, mais souffrirait d’une maladie rendant ses impulsions difficiles à contrôler.
Fidèle Gouandjika considère que cette seconde hypothèse correspondrait généralement aux personnes atteintes de cleptomanie.
Il explique alors que la personne peut rester pénalement responsable tout en bénéficiant éventuellement d’une peine moins lourde.
Cette présentation permet au ministre conseiller de construire une défense qui ne repose pas sur l’affirmation que Daniel Nzéwé n’aurait rien fait, mais sur l’hypothèse que ses actes pourraient être liés à un trouble.
Une distinction essentielle avec les affaires de vol et d’escroquerie
Cette lecture pose une difficulté lorsqu’elle est confrontée au passé judiciaire du grand voleur Daniel Nzéwé.
Les différentes affaires rapportées par Corbeau News Centrafrique ne concernent pas uniquement des vols d’objets.
Elles portent notamment sur des sommes d’argent importantes, d’escroquerie d’investisseurs, des fonds détournés aux parents d’élèves ainsi que des vol à la société de téléphonie Moov.
La cleptomanie, telle que Fidèle Gouandjika la décrit lui-même, repose pourtant sur une impulsion de voler qui n’est pas principalement motivée par l’enrichissement.
Cette distinction est essentielle.
Une personne qui aurait reçu de l’argent dans le cadre d’une escroquerie et de vol, utilisé le nom d’un responsable politique pour convaincre une victime de remettre des fonds ou présenté de faux documents ne peut pas être qualifiée de cleptomane uniquement à partir de ces faits.
Il faudrait démontrer médicalement l’existence du trouble et déterminer ensuite si celui-ci présente un lien avec les faits précis reprochés.
Le nouveau dossier des dix millions de francs CFA
La publication intervient alors que Daniel Nzéwé est de nouveau détenu à l’OCRB.
L’affaire actuelle fait suite à une plainte de l’entrepreneur Thierry Ouambéti, connu sous le surnom de « Sultan de Dékoa ».
Selon les informations rapportées dans ce dossier, Daniel Nzéwé aurait obtenu dix millions de francs CFA en affirmant agir sur instruction du ministre des Finances, Erwins Ndoba.
Le remboursement aurait été promis, mais les fonds n’auraient pas été restitués pendant environ deux années.
Face à cette situation, Thierry Ouambéti aurait saisi l’OCRB, conduisant à l’interpellation de Daniel Nzéwé.
L’un des principaux points que l’enquête devra établir concerne donc l’utilisation du nom du ministre des Finances.
Daniel Nzéwé disposait-il réellement d’une instruction d’Erwins Ndoba ?
Le ministre avait-il connaissance de la transaction ?
Son nom a-t-il été utilisé sans son accord ?
Les dix millions de francs CFA ont-ils été remis directement à Daniel Nzéwé ou à une autre personne ?
Le parcours de l’argent permettra également aux enquêteurs de déterminer ce qui s’est réellement passé.
« Notre présumé cleptomane national »
La conclusion du texte de Fidèle Gouandjika contient une autre formulation particulièrement significative.
Après avoir expliqué les différentes réponses judiciaires possibles, il écrit :
« Le point 2.3 risque fort d’être appliqué à notre présumé cleptomane national. »
L’expression « notre présumé cleptomane national » associe directement Daniel Nzéwé à la description qu’il vient de faire.
Elle évoque également la récidive.
Fidèle Gouandjika explique que la prison ferme peut être envisagée lorsqu’une personne recommence régulièrement et refuse de se soigner.
En appliquant cette hypothèse à Daniel Nzéwé, il introduit donc lui-même dans son argumentation l’idée d’une répétition des comportements.
C’est là que son texte rejoint le passé judiciaire lourd et très lourd de Daniel Nzéwé.
Centrafrique : à Samo-Ouandja, le capitaine des FACA reconnaît lui-même son mauvais comportement et affirme que la population pourrait un jour manifester pour exiger son départ
Des soldats FACA détachés à Sam-Ouandja, dans la préfecture de la Haute-Kotto
La population de Samo-Ouandja, dans la préfecture de la Haute-Kotto, dénonce le comportement inhumain du capitaine chargé du détachement des Forces armées centrafricaines (FACA). Plusieurs habitants décrivent un climat de tension provoqué, selon eux, par les agissements répétés de cet officier.
Le capitaine lui-même avait reconnu devant la population son très mauvais comportement pourrait finir par provoquer une mobilisation contre lui. Selon les témoignages recueillis par la rédaction du CNC, il aurait déclaré à la population : « Vous serez obligés un jour de faire la grève, la marche pour mon départ. Mon départ à Samo-Ouandja fera suite à votre manifestation. »
Cette déclaration est perçue par plusieurs habitants comme une reconnaissance directe du malaise provoqué par son mauvais comportement. Des résidents affirment que les relations entre le chef du détachement militaire et une partie importante de la population sont particulièrement tendues.
Des très mauvais comportements dénoncés par les habitants
Des habitants interrogés décrivent un officier dont le comportement serait très différent de celui de son prédécesseur. Ils estiment que le changement de commandement a profondément modifié les relations entre le détachement militaire et la population locale.
Plusieurs témoignages font état d’insultes publiques et de comportements jugés humiliants. Des habitants affirment notamment que le capitaine aborde régulièrement des jeunes femmes dans la rue. Lorsqu’une femme refuse ses avances, il l’insulterait publiquement, parfois devant plusieurs personnes.
Ces scènes seraient devenues suffisamment fréquentes pour provoquer la gêne et l’indignation de certains habitants. « Même lorsqu’on est simplement à côté, on a honte d’assister à certaines scènes », rapporte un habitant, décrivant l’attitude de l’officier.
Les habitants lui reprochent également une consommation excessive d’alcool. Plusieurs témoignages évoquent des apparitions régulières du capitaine en état d’ébriété dans différents endroits de la ville.
Une relation avec une femme mariée
Les habitants rapportent également une autre affaire concernant une femme mariée dont l’identité est volontairement préservée.
Selon plusieurs témoignages recueillis par la rédaction du CNC, cette femme entretiendrait une relation avec le capitaine. Son mari travaillerait sur un chantier minier et s’absenterait régulièrement pour rejoindre son lieu de travail.
Les mêmes sources affirment que la femme se rend fréquemment dans son champ et que le capitaine la rejoindrait à moto pour passer du temps avec elle, à l’écart du quartier.
Même des militaires dénonceraient son comportement
Le malaise ne concernerait pas uniquement les relations entre le détachement et la population. Selon plusieurs témoignages, certains militaires placés sous les ordres du capitaine seraient eux-mêmes critiques à l’égard de son comportement.
Des éléments de son entourage professionnel estimeraient que son remplacement permettrait d’apaiser les relations avec la population locale. Cette contestation interne, si elle se confirme, ajouterait une dimension supplémentaire aux tensions signalées autour du détachement militaire.
À Samo-Ouandja, plusieurs habitants disent désormais attendre une intervention de la hiérarchie militaire afin de mettre fin à ce qu’ils décrivent comme une succession de comportements provocateurs et humiliants.
« Touadéra a accéléré la mort du système éducatif centrafricain » : Elie Oueifio dénonce la déconfiture de l’Éducation nationale sous la gestion d’Aurélien Zingas.
Le ministre centrafricain de l’éducation nationale, Aurélien Simplice Zingas
L’écrivain Elie Oueifio publie une critique sévère contre les autorités administratives centrafricaines. Il cible directement la gestion politique du secteur scolaire public sous le régime actuel.
Dans son analyse critique, l’auteur Elie Oueifio s’attaque aux décisions prises au sommet de l’État concernant l’avenir de la jeunesse centrafricaine. Spécialiste initial du secteur éducatif, le président Faustin Archange Touadéra se voit reprocher une gestion qui fragilise les structures d’apprentissage. Selon l’intellectuel, la nomination du ministre d’État Aurélien Zingas a provoqué une dégradation rapide de l’enseignement.
L’auteur s’appuie sur des faits vécus pour appuyer ses dires. Il rappelle notamment des événements survenus en 2007 et 2008 dans la préfecture de la Mambéré-Kadéï. À cette époque, alors qu’il occupait la fonction de préfet, Elie Oueifio avait constaté le rappel injustifié du proviseur du lycée moderne de Berbérati à quelques semaines seulement des épreuves du baccalauréat. Ce dernier avait été muté au cabinet du ministre de l’Éducation, créant une désorganisation locale immédiate au détriment des élèves et des enseignants.
Aujourd’hui, les reproches formulés s’accumulent. La gestion actuelle se caractérise, selon les écrits de l’auteur, par des décrets hautement contestables. Elie Oueifio mentionne la nomination récente de onze étudiants comme inspecteurs académiques alors qu’ils se trouvaient encore à deux mois de la fin de leur cursus à l’École Normale Supérieure. De plus, l’attribution du diplôme du baccalauréat à titre exceptionnel à d’anciens fonctionnaires provoque l’indignation de l’analyste, qui rappelle l’abandon simultané des élèves du lycée Barthélemy Boganda dont les salles de classe se sont effondrées.
Cette politique éducative favorise, selon le document, le retour d’un analphabétisme durable et le racket financier des écoliers et étudiants par le corps enseignant. Le texte mentionne également des situations de harcèlement quotidien dans les établissements.
Les structures de formation s’effondrent et les cadres compétents se retrouvent écartés des cercles de décision. Elie Oueifio affirme que le ministère s’est transformé en un réseau commercial où la vente de tenues scolaires uniformisées prime sur la qualité pédagogique.
Les familles subissent les conséquences directes de ces réformes marchandes tandis que les notes s’achètent au détriment du mérite intellectuel. Les plaintes de la population augmentent et la hiérarchie refuse d’entendre la détresse des parents d’élèves qui investissent leurs économies dans une formation devenue inexistante, pendant que de nouveaux décrets de nomination continuent d’être signés dans les bureaux de la capitale…
Le sociologue et analyste politique FaustinZaméto critique la mise en œuvre du Programme Éducation 2023-2027, financé à hauteur de 30 millions d’euros par l’Union européenne. Dans une tribune publiée le 19 août, il oppose les réunions de pilotage organisées à Bangui aux conditions d’apprentissage observées dans certaines écoles de province.
Faustin Zaméto oppose Bangui aux réalités des écoles
Dans sa tribune intitulée « Éducation 2023-2027 : 30 millions pour enterrer l’école ou la sauver ? », Faustin Zaméto revient sur la deuxième réunion du Comité de pilotage du Programme Éducation 2023-2027, tenue à l’UNICEF à Bangui.
Le sociologue relève la présence du ministre d’État Kongbelet Zingas et du ministre Syssa-Magalé à cette réunion consacrée à un programme doté de 30 millions d’euros. Le financement doit notamment permettre d’améliorer l’accès à l’éducation, la qualité de l’enseignement et la gouvernance du secteur.
Faustin Zaméto compare cette réunion à la situation décrite dans une école de Bambi, dans l’Ouham-Pendé. Il évoque des classes pouvant compter jusqu’à 120 élèves, l’absence de manuels et une nouvelle école dont le toit aurait été emporté par les premières pluies.
Pour l’analyste politique, cette différence entre les annonces institutionnelles et les conditions d’apprentissage constitue l’un des principaux problèmes du système éducatif centrafricain.
Quatre causes identifiées par Faustin Zaméto
Faustin Zaméto identifie quatre facteurs qui, selon lui, expliquent les difficultés répétées des programmes éducatifs en République centrafricaine.
La première cause concerne ce qu’il décrit comme une « rente diplomatique ». Selon lui, les programmes seraient davantage conçus autour des attentes des bailleurs que des besoins réels des élèves. Il critique notamment la production de rapports et la multiplication des réunions institutionnelles, qu’il oppose aux résultats observés sur le terrain.
La deuxième cause est liée au rôle de l’État. Faustin Zaméto cite plusieurs organisations intervenant dans la construction ou la réhabilitation des infrastructures scolaires, notamment Caritas, COOPI, Plan, NRC et IRC. Il estime que l’État ne dispose pas toujours des moyens humains, techniques et financiers nécessaires pour assurer un contrôle efficace des travaux.
La troisième difficulté concerne l’écart entre les besoins du système éducatif et les ressources disponibles. Faustin Zaméto rappelle que, selon les chiffres cités dans sa tribune, 60 % des enfants seraient non scolarisés et 40 % des écoles détruites ou inexistantes. Il souligne aussi que le programme couvre dix préfectures avec une enveloppe de 30 millions d’euros sur la période 2023-2027.
La quatrième cause avancée par l’analyste est l’absence de sanctions contre les travaux jugés défaillants. Il cite plusieurs périodes, de 2010 à 2023, marquées selon lui par des écoles inachevées, des accusations de corruption ou des réhabilitations partielles, tout en déplorant l’absence d’audits et de sanctions.
Cinq mesures proposées pour éviter un nouvel échec
Faustin Zaméto appelle l’État et les partenaires financiers à renforcer le contrôle des projets éducatifs avant l’échéance de 2027.
Il propose d’abord la mise en place d’un suivi citoyen de chaque école, avec un comité de parents, un numéro vert, l’affichage des budgets et la géolocalisation des établissements. Il souhaite aussi qu’un mécanisme permette aux populations de signaler rapidement les problèmes et d’obtenir une réponse dans un délai de sept jours.
Le deuxième axe concerne les enseignants. Face aux classes pouvant atteindre 120 élèves, Faustin Zaméto préconise le recrutement, la formation et la rémunération de 5 000 enseignants, avec leur intégration dans la fonction publique.
Il demande également que le financement soit directement lié aux résultats. Dans sa proposition, l’Union européenne ne devrait débloquer une deuxième tranche qu’après un audit indépendant d’au moins 100 écoles.
Faustin Zaméto appelle ensuite l’État à reprendre un rôle plus important dans la construction et le contrôle des infrastructures scolaires. Il propose notamment de consacrer 15 % du budget national à l’éducation et de déployer des ingénieurs de l’État sur les chantiers.
Enfin, l’analyste propose de publier la liste des écoles construites ou réhabilitées depuis 2010, accompagnée de photographies avant et après les travaux. Il présente cette mesure comme un moyen de permettre un contrôle public des réalisations annoncées.
« 30 millions d’euros ne sauveront pas l’école »
Dans la dernière partie de sa tribune, Faustin Zaméto estime que les 30 millions d’euros annoncés ne suffiront pas, à eux seuls, à résoudre les difficultés du système éducatif centrafricain. Il attribue une place centrale à la volonté politique et à la capacité de l’État à assurer le suivi des investissements.
Faustin Zaméto appelle aussi les parents à participer davantage aux décisions concernant l’avenir scolaire de leurs enfants et encourage les enseignants à poursuivre leur travail malgré les difficultés.
L’analyste souhaite surtout que le Programme Éducation 2023-2027 ne reproduise pas, selon lui, les insuffisances constatées dans les programmes précédents. Il demande que les résultats soient évalués à partir des conditions réelles d’apprentissage et des progrès des élèves, plutôt qu’à travers le nombre de réunions ou de projets annoncés.
Distribution frénétique de permis miniers : Le Conseil des ministres tourne à plein régime pour les bras cassés de la septième république
Rufin Benam Beltoungou, ministre centrafricain des Mines et de la géologie
Rédigé le [date_cnc] .
Par : la rédaction de ,
Le conseil des ministres du jeudi 25 juin 2026 s’est ouverte sous la direction de dictateur mytho Faustin Touadéra. L’ordre du jour, officiellement découpé en dossiers classiques et communications diverses, a rapidement montré la véritable obsession du pouvoir en place. Au cœur des discussions, le ministère des Mines et de la Géologie a monopolisé l’essentiel des délibérations, confirmant que le sous-sol centrafricain reste la principale monnaie d’échange et de survie du régime.
Le ministre de tutelle a soumis à l’approbation de la présidence une série de textes majeurs. Le Conseil a ainsi validé l’octroi de deux permis d’exploitation industrielle de petites mines au profit des structures Xianyuan et Litica Mining. Dans la même foulée, la société Impérator Ressources Centrafrique a obtenu cinq permis de recherche axés sur l’or et des substances associées. Pour donner une apparence de légalité et de rigueur à cette attribution massive, le compte rendu officiel s’abrite derrière les dispositions du code minier de août 2024, évoquant le versement obligatoire de dix pour cent du capital social à l’État et la nécessité d’études de faisabilité environnementale.
Cette insistance sur les règles administratives peine à cacher la réalité d’une économie de comptoir. Semaine après semaine, les réunions de l’exécutif se succèdent et se ressemblent. Les dossiers liés à la justice, à l’éducation ou à la détresse humanitaire des provinces sont relégués au second plan ou traités comme de simples formalités de fin de séance. Le pouvoir se comporte en guichet permanent pour les compagnies étrangères et les cercles financiers proches de la présidence.
Pour équilibrer cette distribution massive, le régime a mis en scène l’annulation de cinq anciens permis de recherche pour le cuivre, le cobalt, l’uranium et l’or détenus par la société Stantec Engineering dans les secteurs de Boali, Borossé, Bakouma Est et Bambari. Le motif avancé par les services techniques repose sur le non-respect des programmes d’activités et l’absence de travaux sur le terrain. L’argument officiel affirme que cette inactivité gelait des zones à fort potentiel au détriment de l’économie nationale. Toutefois, dans les cercles informés de Bangui, ce retrait s’apparente plutôt à un renouvellement des cartes et à une redistribution de ces périmètres stratégiques vers de nouveaux partenaires plus généreux ou plus influents.
Pendant que les décrets miniers s’enchaînent à un rythme soutenu, les secteurs vitaux pour la population subissent une cure d’austérité et un manque criant de volonté politique. Le domaine sanitaire n’est évoqué que sous l’angle de la peur et de la gestion de crise, notamment avec l’annonce des préparatifs contre la maladie à virus Ebola ou la mention rapide de décès liés au choléra dans la région de Bimbo. Les coupures budgétaires affectent les structures de soins de base, mais l’urgence gouvernementale reste focalisée sur la signature des documents qui permettent l’extraction des richesses.
Cette déconnexion entre les priorités de la présidence et la détresse quotidienne des Centrafricains devient flagrante à la lecture des rares autres points abordés. Les questions d’éducation nationale se limitent à des statistiques sur le baccalauréat, sans aucune mesure concrète pour redresser un système scolaire en ruine. Quant à la diplomatie, elle sert de vitrine pour tenter de redonner de la crédibilité à un pouvoir isolé, en insistant sur des visites de courtoisie ou des messages de remerciements venus d’Europe. La véritable activité de ce gouvernement réside dans la gestion de ses ressources extractives, transformant chaque réunion ministérielle en une séance de partage de gâteau où le citoyen ordinaire n’a jamais sa place.
La focalisation constante sur l’or et les métaux stratégiques démontre que l’appareil d’État fonctionne désormais comme une entité commerciale privée. Les ministères régaliens perdent leur substance au profit d’une seule administration devenue le pivot de toutes les attentions politiques. Les décrets adoptés lors de cette séance du 25 juin finiront sur la table de Faustin Touadéra pour sa signature finale, actant une fois de plus la cession des portions entières du territoire national à des intérêts privés, tandis que les demandes de réformes judiciaires et administratives restent sans réponse dans les tiroirs du secrétariat général du gouvernement.
Par Éric Azoumi
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
3
CNC groupe 4
CNC groupe le Soleil
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC
Abonnez-vous à notre chaine YouTube :
Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65
Email :
Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org
Touadera et Zingas, les bras cassés de la septième république, regardez ! Le CEG de Mboula risque de fermer ses portes. Pensez-vous à l’avenir de ces enfants ?
Faustin-Archange TOUADERA et Aurélien Simplice Zingas au palais de la renaissance
Rédigé le [date_cnc] .
Par : la rédaction de ,
Le spectre d’une année blanche plane sur Mboula. Expulsé par l’Église, le CEG n’a plus de bâtiment pour la rentrée de septembre. Le directeur alerte devant l’inertie du gouvernement.
En effet, le Collège d’enseignement général de Mboula se trouve dans une impasse totale qui menace directement l’éducation de la jeunesse dans la superfecture de Semkpa-Mbaéré. Fondé il y a tout juste trois ans, cet établissement public a connu une croissance rapide de ses effectifs. Lors de sa première année d’existence, le collège comptait seulement 53 élèves. Ce nombre est passé à 107 la deuxième année, pour atteindre aujourd’hui un total de 183 élèves inscrits de la classe de sixième jusqu’à la classe de troisième. Cette progression chiffrée démontre la volonté farouche des familles et des enfants de s’instruire, malgré l’absence de soutien de l’État.
Depuis sa création, l’établissement ne possède aucun bâtiment propre. Pour fonctionner, la direction a dû s’en remettre à la charité de l’École catholique associée de Centrafrique. Les autorités religieuses ont accepté de prêter temporairement un bâtiment comprenant deux salles de classe afin de lancer les activités scolaires. Cependant, après trois années d’attente et d’inaction de la part du ministère de l’Éducation nationale, l’organisation religieuse a décidé de rouvrir ses propres portes et a officiellement demandé la libération immédiate de ses locaux. Le collège public se retrouve ainsi sans aucun lieu pour accueillir les élèves.
Le directeur de l’établissement, Maximilien Ngoumalet, a pourtant multiplié les démarches administratives pour éviter le désastre. Des copies de la note d’expulsion envoyée par l’Église ont été transmises à l’ensemble des autorités administratives de la région, ainsi qu’aux responsables académiques à Bangui. Les réponses obtenues se résument pour l’instant à de vagues réactions éparses, sans aucune décision budgétaire ou matérielle concrète. La bureaucratie ministérielle affiche une lenteur déconcertante alors que le calendrier impose une réaction immédiate.
Les grandes vacances commencent officiellement le 30 juin, et la rentrée scolaire est fixée au 15 septembre. Le délai de moins de trois mois est largement insuffisant pour concevoir et bâtir de nouvelles infrastructures sans une mobilisation générale et instantanée des fonds publics. Si aucune solution de relogement n’est trouvée d’ici le milieu du mois de septembre, les 183 élèves de Mboula perdront leur droit à l’instruction.
Avant l’ouverture de ce collège, les enfants admis au concours d’entrée en sixième n’avaient d’autre choix que de s’exiler vers des centres urbains très éloignés, notamment au lycée Faustin-Marigot de Carnot ou dans la ville de Berbérati. Le manque de locaux va forcer la direction académique à réaffecter ces enfants loin de leurs familles. Pour les parents les plus pauvres, l’impossibilité de financer le transport et l’hébergement de leurs enfants à Carnot ou à Berbérati détruira définitivement toute chance de scolarisation. Les élèves se retrouveront abandonnés à leur sort, exclus du circuit scolaire à cause de la défaillance des gestionnaires de la plateforme politique actuelle.
Le nouveau découpage territorial imposé par le pouvoir central a élevé Mboula au rang de chef-lieu, mais cette réforme n’a été accompagnée d’aucun investissement dans les services publics de base. Les nouvelles régions administratives manquent cruellement d’infrastructures, et le cas de ce collège prouve que la décentralisation reste une simple décision de papier. Le gouvernement crée des entités administratives sur le plan théorique mais refuse de débloquer les budgets nécessaires pour construire des écoles ou loger les fonctionnaires.
Le personnel enseignant affecté à Mboula se prépare à quitter la zone si aucun abri n’est fourni pour dispenser les cours. Le directeur exprime publiquement son impuissance et ses doutes quant à la tenue de la prochaine rentrée, soulignant que les promesses verbales ne remplaceront jamais des salles de classe en dur. La communauté locale tente de chercher l’appui des organisations non gouvernementales et des partenaires internationaux, espérant pallier la démission complète des structures étatiques. Les jours défilent, les vacances scolaires débutent dans quelques jours, et les autorités de Bangui n’ont toujours pas envoyé la moindre brique ni le moindre financement à Semkpa-Mbaéré
Par Patrice Ngala
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
3
CNC groupe 4
CNC groupe le Soleil
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC
Abonnez-vous à notre chaine YouTube :
Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65
Email :
Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org
Relâché de sa cellule de l’Office central pour la répression du banditisme dans la nuit de dimanche à lundi, DanielNzéwé démontre une nouvelle fois l’efficacité absolue des protections politiques dont il bénéficie au plus haut sommet de l’État.
À peine sorti des geôles de l’OCRB, l’homme s’est empressé d’afficher sa totale impunité en publiant sur sa page Facebook le passage du Psaume 91 affirmant que mille tomberont à ton côté et dix mille à ta droite sans que tu sois atteint. Cette provocation sur les réseaux sociaux illustre le mépris affiché par l’intéressé envers ses victimes et l’institution judiciaire.
Cette extraction nocturne intervient alors que les charges retenues dépassaient le cadre d’une simple escroquerie pour toucher à l’autorité même de l’État.
Après avoir extorqué dix millions de francs CFA à l’entrepreneur Thierry Ouambéti alias Sultan de Dékoa en prétendant exécuter des instructions du ministre des Finances Hervé Ndoba, Daniel Nzéwé aurait dû faire l’objet d’un mandat de dépôt. La tentative du ministre conseiller Fidèle Gouandjika de qualifier l’intéressé de présumé cleptomane apparaît désormais comme une manœuvre grossière préparant le terrain à cette remise en liberté organisée.
Rappel: Un procès de Daniel Nzéwé interrompu en pleine audience devant le directeur de cabinet Obed Namsio
L’aventure le plus révélateur de ce système d’impunité s’est joué lors du procès concernant la falsification de la signature du directeur de cabinet de la Présidence, Obed Namsio, où Daniel Nzéwé et ses complices ont escroqué plus de 1,5 milliard de francs CFA aux investisseurs canadien, franco-Israël et belges. Dans ce dossier, Daniel Nzéwé avait été transféré de la SRI au tribunal pour assister à son procès. Mais la surprise ce jour est de taille. Alors que le directeur de cabinet Obed Namsio en personne observait le déroulement des débats face au juge, Daniel Nzéwé fait une surprise.
Interrogé directement par le président du tribunal sur l’imitation de la signature officielle figurant sur les faux documents administratifs, Daniel Nzéwé a reconnu les faits sans la moindre hésitation. Ensuite, l’escroc cleptomane a justifié son acte devant le juge lors du procès en déclarant froidement qu’il avait imité cette signature parce que le directeur de cabinet était beaucoup trop lent dans le traitement des dossiers. Alors que le magistrat s’apprêtait à poursuivre l’interrogatoire, des éléments de la garde présidentielle ont fait irruption dans la salle sur ordre du Président Faustin-Archange Touadera pour exfiltrer Daniel Nzéwé sous les yeux stupéfaits des magistrats et du directeur de cabinet.
La protection présidentielle face à l’accumulation des récidives
Cette intervention en pleine séance judiciaire confirme que Daniel Nzéwé bénéficie d’un soutien direct au niveau du Président de la République qui neutralise toute tentative de poursuite contre Daniel Nzéwé. Qu’il s’agisse de la disparition de 14,9 millions de francs CFA confiés par Abel Goumba, des 65 millions de la transaction Bocom ou des détournements de fonds publics, chaque procédure s’arrête brutalement dès que l’appareil d’État intervient. L’usage répété de faux tampons, la création de fausses autorisations ministérielles et l’usurpation de titres gouvernementaux ne débouchent sur aucune sanction pénale durable.
La répétition de ces libérations autoritaires transforme l’appareil judiciaire centrafricain en simple figurant et valide la stratégie de défi adoptée par l’intéressé. En quittant les locaux de l’OCRB sans poursuites concrètes malgré une plainte déposée pour escroquerie, Daniel Nzéwé confirme que les décisions de justice s’arrêtent là où commencent les intérêts du pouvoir en place.
Le commandant Lamtagué, directeur de sécurité de l’IMC, se reconverti en guichetier des permis de conduire sur les chantiers miniers de Rondi et de Gobolo
L’ancien chef rebelle Zakawa et chef de sécurité d’IMC frappe encore. À Rondi et à Gobolo, le commandant Lamtagué demande 50 000 francs CFA à chaque chauffeur pour s’occuper lui-même de leurs permis.
On le connaissait pour ses multiples exactions sur les sites miniers. Mais voici que le célèbre commandant criminel Lamtagué, directeur de la sécurité de la société chinoise Industrie Minière de Centrafrique (IMC), vient d’ajouter une nouvelle fonction à son palmarès : le voilà désormais improvisé agent du ministère des Transports sur les chantiers miniers de Rondi et de Gobolo, dans la préfecture de la Nana-Mambéré.
La nouvelle taxe Lamtagué sur le chantier minier de Rondi et de Gobolo
Naviguant constamment entre les différents sites de l’entreprise IMC, le commandant Lamtagué a posé ses valises à Rondi avec une toute nouvelle idée en tête. Son plan est simple : faire le tour des conducteurs d’engins et de véhicules du chantier sous prétexte que leurs permis de conduire seraient expirés.
Pour résoudre ce problème administratif, le chef de la sécurité propose de s’en charger en personne. La condition ? Chaque chauffeur doit lui verser la somme de 50 000 francs CFA. Avec cet argent, il prétend se rendre directement au ministère des Transports pour faire renouveler les documents.
Sur le chantier, la question se pose vivement : quel est le rôle exact du directeur de sécurité ? Est-il devenu subitement responsable des ressources humaines, délégué du personnel ou représentant du syndicat des transporteurs ? Dans une entreprise structurée, ces démarches relèvent des services administratifs ou des ressources humaines, et non de la sécurité.
De la dissimulation à Gobolo à l’ingérence administrative à Rondi
Cet épisode n’est pas une première sur les chantiers d’IMC. Il y a peu, sur le site minier de Gobolo, le commandant Lamtagué s’était déjà illustré lors de la venue d’inspecteurs des mines. Ces derniers menaient des recherches sur la présence de travailleurs camerounais en situation clandestine, amenés sur le site par le chef de sécurité lui-même. Pour éviter toute sanction, Lamtagué avait ordonné de cacher ces travailleurs au plus profond de la forêt durant le contrôle.
Après la dissimulation de travailleurs clandestins à Gobolo, le commandant Lamtagué s’attaque maintenant à la gestion des permis de conduire à Rondi. Malgré son parcours d’ancien rebelle et son origine tchadienne, le respect du fonctionnement des institutions et des règles administratives fondamentales reste indispensable. Ce genre de comportement et d’ingérence répétée entrave le bon fonctionnement des activités et fragilise le secteur minier en Centrafrique.
Par Martial Passi
Le commandant Lamtagué, en plus de ses fonctions de sécurité, s’illustre par ses nouvelles activités liées aux permis de conduire à Rondi, soulevant des questions sur la sécurité minière en Centrafrique.
Bienvenue Zokoué : « les tramadol et autres drogues nous viennent beaucoup plus du Cameroun voisin », une accusation directe qui expose Bangui à un risque diplomatique avec le Cameroun voisin
Le général de la police, Bienvenu Zokoué, ministre centrafricaine de la sécurité publique
Le ministre centrafricain de la Sécurité publique, le général Bienvenue Zokoué, a désigné le Cameroun comme une principale provenance du Tramadol, du Diazépam et d’autres drogues saisies en Centrafrique. Une déclaration faite face aux caméras de la télévision de propagande russe RT en français qui engage directement le gouvernement centrafricain dans une question sensible pour ses relations avec Yaoundé.
Interrogé sur l’origine des stupéfiants consommés en République centrafricaine, le ministre a expliqué que les autorités cherchaient à identifier les différents points d’entrée. Il a alors établi une distinction entre les produits.
« Pour les cannabis et autres formes de drogue, ça nous vient beaucoup plus de la longue frontière que nous partageons avec la République démocratique du Congo », a déclaré Bienvenue Zokoué. Pour le Tramadol et le Diazépam, il a ensuite affirmé : « Ça nous vient beaucoup plus du Cameroun voisin. »
Cette déclaration constitue l’un des passages les plus sensibles de son entretien. Le ministre ne s’est pas limité à évoquer l’existence d’un trafic transfrontalier. Il a publiquement associé le territoire camerounais à l’entrée d’une partie importante des stupéfiants retrouvés en Centrafrique.
Une accusation formulée sans éléments détaillés
Dans l’interview, le général Zokoué n’a pas présenté de données permettant d’identifier précisément les filières, les transporteurs ou les réseaux qui feraient entrer ces produits depuis le Cameroun. Il n’a pas non plus cité d’opération précise menée côté camerounais permettant d’étayer publiquement cette affirmation.
Le ministre a en revanche indiqué que Bangui avait renforcé les contrôles sur plusieurs points frontaliers. Il a notamment cité Beloko, Gamboula et d’autres commissariats situés dans les zones concernées par les flux de marchandises et de personnes.
Cette précision montre que le gouvernement centrafricain considère le trafic de stupéfiants comme un problème lié au contrôle des frontières. Elle laisse aussi entière la question de savoir comment les produits parviennent ensuite jusqu’à Bangui et quels réseaux assurent leur distribution à l’intérieur du pays.
Le général Zokoué a lui-même reconnu que les autorités centrafricaines cherchaient encore à déterminer précisément l’origine des drogues. « Il est question de voir d’où est-ce que proviennent ces drogues », a-t-il déclaré avant d’évoquer les frontières avec la RDC et le Cameroun.
Cette formulation intervient alors que le ministre affirme avoir constaté une progression de la consommation et du trafic.
Le problème ne se limite pas aux frontières
Le gouvernement centrafricain dispose pourtant de services spécialisés chargés de lutter contre le trafic de stupéfiants. Le ministre a cité l’Office central de lutte antidrogue (OCLAD), le Comité interministériel de lutte contre la drogue et la toxicomanie ainsi que la Force d’intervention de la police.
Il a également affirmé que des opérations conjointes avaient été conduites à Bangui et dans plusieurs zones de l’intérieur du pays, notamment dans les secteurs frontaliers.
Selon son bilan, ces opérations ont permis de saisir du Tramadol, du Diazépam et du cannabis pour une valeur estimée par le ministre à plus de 500 000 dollars sur une période de six mois.
Ces chiffres posent une autre question : au-delà de l’entrée des produits sur le territoire, quelles sont les structures capables de les distribuer jusque dans les quartiers de Bangui et auprès des jeunes ?
Le ministre n’a pas détaillé les réseaux de distribution démantelés ni fourni, au cours de l’entretien, de bilan sur les responsables arrêtés et poursuivis. Il a surtout insisté sur le renforcement des contrôles aux frontières.
Une déclaration qui peut embarrasser les relations avec Yaoundé
Le Cameroun occupe une place particulière dans l’approvisionnement de la République centrafricaine. Le corridor camerounais constitue l’une des principales voies d’accès aux marchandises destinées à Bangui.
Dans ce contexte, la déclaration du ministre sur l’origine d’une partie des drogues n’est pas anodine. Elle intervient publiquement, sur une chaîne de télévision russe, et non dans le cadre d’un échange technique entre services de sécurité des deux pays.
Pour être pleinement établie, une accusation de cette nature nécessite des éléments précis : itinéraires identifiés, saisies documentées, enquêtes judiciaires, personnes interpellées et éventuelles procédures engagées des deux côtés de la frontière.
À défaut de ces précisions, la déclaration du ministre reste une affirmation politique et sécuritaire qui appelle des éléments de preuve supplémentaires.
Le ministre face à la responsabilité de l’État
En désignant les frontières comme des points d’entrée, le gouvernement reconnaît aussi indirectement l’existence d’une faille dans le dispositif national de contrôle. Une drogue introduite sur le territoire doit ensuite traverser plusieurs étapes avant d’atteindre les consommateurs.
Le contrôle frontalier ne constitue donc qu’un volet de la lutte antidrogue. Le stockage, le transport intérieur, la distribution, la vente et le financement des réseaux relèvent également de la responsabilité des services centrafricains.
Sur ce point, le général Zokoué a annoncé plusieurs mesures, dont le renforcement des unités frontalières et l’introduction de la sensibilisation contre la drogue dans les établissements scolaires.
Le ministre a aussi reconnu que les moyens disponibles restent insuffisants. Il a appelé la communauté internationale à apporter davantage de soutien à la Centrafrique pour poursuivre les opérations.
Cette reconnaissance contraste avec le ton très affirmatif employé lorsqu’il évoque l’origine camerounaise du Tramadol et du Diazépam. D’un côté, Bangui admet manquer de moyens pour combattre efficacement le trafic. De l’autre, son ministre de la Sécurité publique identifie publiquement un pays voisin comme une source majeure de ces produits sans détailler les éléments d’enquête permettant de soutenir cette affirmation.
Le coordonnateur de l’OGDC, Elysée Nguimalé, accuse le gouvernement d’avoir failli à ses responsabilités après les violences de Boali, lors du débat Patara diffusé sur Radio Ndeke Luka.
Elysée Nguimalé dénonce la réaction du gouvernement après les violences de Boali
Invité du débat politique Patara sur Radio Ndeke Luka, Elysée Nguimalé a vivement critiqué la gestion gouvernementale des événements survenus à Boali. Le juriste estime que les autorités n’ont pas appliqué la loi de manière égale face aux différents actes commis.
D’abord, le coordonnateur de l’Observatoire pour la gouvernance démocratique en Centrafrique (OGDC) affirme que la réaction officielle s’est limitée au premier meurtre. En revanche, il reproche au gouvernement de ne pas avoir annoncé de poursuites contre les auteurs du saccage de la mosquée.
« Quand j’ai suivi la déclaration du gouvernement, après j’ai dit que le gouvernement n’a rien foutu. On a de la loi qui interdit le meurtre, mais il y a un sujet, un groupe armé qui a tué un compatriote de Boali. […] Et la population est allée se venger, saccager la mosquée. Quelle est la position du gouvernement ? J’ai entendu le porte-parole du gouvernement condamner et ouvrir une enquête contre celui qui a commis le premier meurtre, mais il n’y a pas d’enquête contre ceux qui ont vandalisé la mosquée et le lieu de culte ! Deux poids, deux mesures », déclare Elysée Nguimalé.
« Il n’y a pas de sécurité depuis dix ans »
Par ailleurs, Elysée Nguimalé conteste les discours présentant la République centrafricaine comme un pays stabilisé. Selon lui, l’État n’a jamais construit les bases nécessaires pour garantir durablement la paix et la sécurité.
Il estime que les institutions chargées de prévenir les violences et de faire respecter la loi ne remplissent pas leur mission. À ce stade, il considère que cette situation dure depuis une décennie.
« Nous sommes un État qui n’a pas une construction de paix et de la sécurité à plusieurs niveaux, parce que les organes payés pour la paix, pour réprimander, pour que la population soit vraiment consciente, ça n’existait pas. Et je dis, et je redis encore : il n’y a pas de sécurité depuis dix ans ! Vous parlez de calme ? Il n’y a pas de calme, il n’y a rien. La sécurité, c’est une construction. »
Une critique de l’incapacité de l’État à protéger les citoyens
Ensuite, Elysée Nguimalé s’appuie sur la pensée du philosophe Thomas Hobbes pour développer son analyse. Il explique que la sécurité existe lorsque l’État empêche les individus de commettre des actes criminels.
Selon lui, les violences répétées démontrent que cette mission régalienne n’est plus assurée. Il affirme que les citoyens évoluent désormais dans un environnement où les fondements de l’État moderne se sont progressivement affaiblis.
Les récentes violences à Boali soulignent l’inefficacité du gouvernement en matière de sécurité en Centrafrique, remettant en question l’existence même d’une paix durable.
« Quand Thomas Hobbes a dit “L’homme est un loup pour l’homme”, la sécurité c’est lorsque cet homme-loup est dans l’impossibilité de commettre le mal. Mais si le loup décide de faire le mal et qu’il le fait, c’est qu’il n’y a pas de sécurité. […] Aujourd’hui, nous avons quitté l’État moderne pour tomber maintenant dans l’état de nature. L’État centrafricain est en train de mourir, ou bien il est déjà mort, parce que cette construction de la paix n’existait pas », conclut Elysée Nguimalé lors du débat Patara sur Radio Ndeke Luka.
L’incarcération illégale et criminelle depuis plus d’un an de l’ancien Directeur Général du Trésor public AbakarMahamat à la prison du camp de Roux confirme le blocage absolu d’un appareil judiciaire totalement soumis au pouvoir exécutif.
Ce blocage judiciaire persiste malgré la clôture définitive de l’instruction par le magistrat instructeur, dont les conclusions montre clairement l’absence totale de preuves imputables à l’accusé.
Cette absence d’éléments à charge confirme le caractère purement fictif des accusations cherchant à rattacher ce haut fonctionnaire de l’État à la procédure engagée contre l’ancien ministre Armel Sayo.
Face à cette vacuité du dossier, le ministre de la Justice Arnaud Djoubay Abazen s’oppose personnellement à l’avancement du dossier en maintenant une obstruction administrative délibérée.
Cette rétention criminelle s’accompagne de rumeurs persistantes portant sur des demandes de bakchiche s’élevant à cent millions de francs CFA pour libérer le dossier.
Pendant que la procédure judiciaire demeure verrouillée par le ministre Djoubaye Abazène, l’état de santé de l’ancien DG Abakar Mahamat connaît une dégradation continue. Il vient d’être admis à l’infirmerie de la prison du camp de Roux, malgré que sa santé nécessite son transfert d’urgence vers un établissement médical approprié.
Malgré sa situation médicale critique, l’administration pénitentiaire persiste pourtant à maintenir le DG Abakar au sein de sa simple infirmerie totalement dépourvue des équipements adaptés à sa prise en charge.
Ce refus persistant d’évacuation sanitaire transforme cette détention sans fondement en un calvaire physique permanent au sein du camp de Roux.
Rappel des faits
L’affaire débute le 11 mars 2025 avec l’interpellation d’Abakar Mahamat au sein même de son bureau du ministère des Finances, alors qu’il supervisait les programmes financiers du projet AGIR financé par la Banque mondiale.
Cette intervention des agents de l’OCRB s’est poursuivie par une perquisition sans mandat au domicile familial, avec des violences policières visant à fabriquer des preuves contre cet ancien Directeur Général du Trésor public.
Cette manœuvre visait à associer artificiellement ce haut fonctionnaire intègre au dossier de l’ancien ministre Armel Sayo, servant de prétexte pour procéder à une purge ciblée au sein des cadres de l’administration financière.
Selon le Rassemblement Unitaire : Les Centrafricains doivent reprendre leur droit au respect et à la vie comme le commandait Barthélémy Boganda
Jean-Francois-Akandji-Koumbe
Rédigé le [date_cnc] .
Par : la rédaction de ,
Le Rassemblement Unitaire inscrit son action dans la lignée directe des pères fondateurs de la nation. Par la voix de son Coordonnateur Général, le Pr Jean-François Akandji-Kombé, l’organisation politique lance une invitation solennelle au peuple afin de raviver l’idéal d’indépendance et de dignité légué par Barthélémy Boganda. Pour ce mouvement, l’heure est venue pour chaque citoyen de se réapproprier les valeurs fondamentales de la République.
Un retour aux sources de l’identité nationale
Le Rassemblement Unitaire rappelle que la République Centrafricaine demeure la terre-mère et le patrimoine indivisible de l’ensemble de sa population. Le Pr Jean-François Akandji-Kombé insiste sur le fait que les citoyens actuels portent l’entière responsabilité du redressement du pays. Cet engagement envers la patrie est décrit comme un devoir sacré à honorer pour le bien-être des générations futures, s’inscrivant directement dans la continuité de l’hymne national.
Les Consultations Citoyennes pour restaurer la souveraineté
Pour concrétiser ce retour aux valeurs de Barthélémy Boganda, l’organisation propose une démarche concrète : les « Consultations Citoyennes Centrafricaines ». Ce projet se veut un espace de rassemblement global, sans aucune exclusion. L’objectif affirmé par le Pr Jean-François Akandji-Kombé est de neutraliser définitivement les stratégies de division et de rappeler fermement aux autorités de Bangui l’existence d’une seule et unique communauté nationale.
L’initiative vise avant tout à redonner la parole à une population qui en a été privée. Selon le mouvement, il s’agit d’un acte de souveraineté indispensable pour soustraire la gouvernance du pays aux influences extérieures et prédatrices, permettant ainsi aux Centrafricains de décider de leur propre avenir par leur seule volonté légitime.
Une stratégie claire pour l’action
Le mouvement s’apprête à franchir une étape décisive avec la mise à disposition, sous quarante-huit heures, du document-cadre de l’initiative. Ce texte de référence, accessible gratuitement en langues française et anglaise sur la plateforme internet du Rassemblement Unitaire, détaillera l’organisation pratique, la méthode de conduite des échanges ainsi que les buts recherchés.
Le Pr Jean-François Akandji-Kombé exhorte toute la population à s’associer à cette dynamique, affirmant que le moment de l’action collective est arrivé, guidé par un but unique : agir exclusivement pour le peuple centrafricain et avec lui.
Par Éeric Azoumi
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
3
CNC groupe 4
CNC groupe le Soleil
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC
Abonnez-vous à notre chaine YouTube :
Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65
Email :
Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org
Le 7 novembre 2025, l’ancien député de Mala, Jean-Pierre Marat, a exposé une idée centrale : la République centrafricaine ne s’est jamais dotée d’un projet culturel commun. Selon lui, l’erreur remonte à la naissance de l’État moderne. Le Président fondateur, monsieur Barthélemy Boganda avait envisagé un ensemble fédéral regroupant plusieurs territoires de l’Afrique équatoriale française. Ce projet n’a jamais vu le jour. Faute de consensus régional, Boganda a finalement donné le nom de République centrafricaine à un territoire limité, sans fondation culturelle solide.
Pour l’ancien député Jean-Pierre Marat, cette base fragile a produit un État conçu sur une logique strictement politique. Le pays a adopté des institutions importées, sans relation profonde avec les pratiques locales. Les constitutions successives ont été calquées sur des modèles occidentaux, ignorants des langues, des rites et des besoins propres aux populations centrafricaines.
Jean-Pierre Mara souligne qu’une culture nationale se construit à partir d’un langage maîtrisé, de normes partagées, de formes artistiques capables de représenter une collectivité. En Centrafrique, aucune de ces conditions n’a été remplie. L’absence d’unité linguistique, l’usage limité du Sango écrit et la diversité des groupes ethniques ont empêché la construction d’un socle commun.
Pour l’ex-député Jean-Pierre Mara, il ne s’agit pas d’un constat théorique. L’incapacité à élaborer une culture nationale empêche l’État d’imposer une vision collective, de mobiliser ses citoyens autour d’un projet et de transmettre une mémoire commune. Le pays fonctionne, selon lui, comme un espace administratif dépourvu de colonne vertébrale culturelle. Cette fragilité expliquerait en partie la difficulté à bâtir des politiques publiques durables.
Louis-Marie KOGRENGBO, acteur de la vie sociale et défenseur des droits humains, interpelle publiquement le ministre du Commerce et de l’Industrie sur l’absence de contrôle des marchés et la protection des consommateurs centrafricains.
Dans une déclaration publiée le 4 août, Louis-Marie KOGRENGBO demande au ministre du Commerce et de l’Industrie de renforcer les contrôles dans les marchés de Bangui et de l’intérieur du pays. Le syndicaliste dénonce des pratiques commerciales qui, selon lui, exposent les consommateurs à des prix variables, à des quantités imprécises et à l’absence de pesage réglementaire.
Pour Louis-Marie KOGRENGBO, les prix des produits de première nécessité sont aujourd’hui fixés directement par les vendeurs. Il cite notamment la viande, le poisson, le riz, la farine et le sucre. Le syndicaliste affirme que les règles élémentaires de pesage ne sont plus respectées dans plusieurs marchés.
Louis-Marie KOGRENGBO dénonce la disparition des balances réglementaires
Louis-Marie KOGRENGBO affirme que les balances homologuées, autrefois utilisées par les commerçants, ont pratiquement disparu des marchés. Il rappelle qu’auparavant, les bouchers pesaient la viande devant leurs clients avec des balances réglementaires.
Selon Louis-Marie KOGRENGBO, cette pratique permettait au consommateur de vérifier directement le poids du produit acheté. Il estime que la situation actuelle réduit cette possibilité de contrôle, notamment lorsque le client demande une quantité de viande correspondant à un montant précis.
Le syndicaliste prend l’exemple d’une portion de viande vendue à 1 000 FCFA. Il affirme que la quantité remise au client dépend désormais de l’appréciation du vendeur. Pour Louis-Marie KOGRENGBO, cette pratique traduit un recul de la transparence dans les échanges commerciaux.
Louis-Marie KOGRENGBO demande le retour des contrôles
Face à cette situation, Louis-Marie KOGRENGBO demande au ministre du Commerce et de l’Industrie de relancer immédiatement les contrôles des marchés sur l’ensemble du territoire centrafricain.
Le syndicaliste réclame également l’utilisation obligatoire de balances homologuées pour toutes les ventes effectuées au poids. Il demande au gouvernement de renforcer les services chargés de la métrologie et du contrôle économique.
Louis-Marie KOGRENGBO demande aussi des sanctions contre les auteurs de fraudes, les pratiques liées aux faux poids et les pratiques spéculatives. Il propose la publication régulière des prix indicatifs des produits de première nécessité afin de permettre aux consommateurs de disposer de références pour leurs achats.
Louis-Marie KOGRENGBO réclame un mécanisme de signalement
Dans sa déclaration, Louis-Marie KOGRENGBO demande la mise en place d’un mécanisme accessible permettant aux citoyens de signaler les abus et les pratiques commerciales trompeuses.
Pour le syndicaliste, ces mesures ne doivent pas viser les commerçants qui respectent les règles. Louis-Marie KOGRENGBO estime au contraire qu’un contrôle renforcé permettrait de favoriser une concurrence loyale entre les opérateurs et de protéger les commerçants qui exercent légalement leur activité.
Louis-Marie KOGRENGBO lie également la question du contrôle des marchés au fonctionnement de l’économie. Selon lui, le commerce constitue un moteur du développement, mais il nécessite des règles, des contrôles et une application effective de la loi.
Le syndicaliste estime qu’un marché dans lequel les prix et les quantités sont déterminés uniquement par les vendeurs fragilise les ménages. Il affirme également qu’une telle situation pénalise les opérateurs respectueux des règles et renforce la méfiance des consommateurs.
Louis-Marie KOGRENGBO insiste sur la nécessité d’un contrôle des marchés pour assurer la protection des consommateurs et mettre fin aux pratiques commerciales abusives.
Louis-Marie KOGRENGBO demande des actes au gouvernement
Dans son interpellation, Louis-Marie KOGRENGBO demande au ministre du Commerce et de l’Industrie de privilégier des mesures concrètes plutôt que de nouvelles promesses. Il place la protection des consommateurs au centre de sa démarche.
Louis-Marie KOGRENGBO demande ainsi un marché dans lequel le prix payé correspond à une quantité exacte et vérifiable. Il appelle également à un renforcement de l’autorité de l’État dans les marchés centrafricains.
Le syndicaliste adresse son interpellation aux responsables publics au nom des travailleurs, des retraités, des ménages, des jeunes, des producteurs et des consommateurs. Louis-Marie KOGRENGBO demande que la protection des consommateurs devienne une priorité nationale.
Pour Louis-Marie KOGRENGBO, la République centrafricaine doit disposer d’un commerce organisé, transparent et équitable. Il demande au gouvernement de rétablir les mécanismes de contrôle dans les marchés et de renforcer la protection des consommateurs dans leurs achats quotidiens.
Une opération spéciale de délivrance de la carte nationale d’identité est en cours à Bria, dans la préfecture de la Haute-Kotto, depuis le 17 août 2026. Elle permet aux habitants d’effectuer sur place les démarches d’enrôlement et d’obtenir leur document administratif sans se déplacer vers d’autres villes.
Le lancement officiel de l’opération a eu lieu le 19 août au commissariat de Bria, en présence des autorités administratives et locales. Plusieurs dizaines de personnes, dossiers en main, ont assisté à la cérémonie avant de se soumettre aux différentes étapes de l’établissement de leur carte.
L’initiative est portée par le député de Bria 1, Max Sylvain Balenda. Selon l’élu, la démarche répond aux plaintes de nombreux habitants qui éprouvaient des difficultés à accéder à une carte nationale d’identité en raison des coûts liés aux déplacements.
« Après la crise, il n’y a pas de moyens. Il y a des gens qui veulent faire l’identité nationale pour quitter ici et aller jusqu’à Bangui. Le transport aller-retour peut coûter 60 000 francs CFA. Avec les frais pour manger et les autres dépenses, le coût peut atteindre 100 000 à 105 000 francs CFA », a expliqué le député.
Face à ces difficultés, Max Sylvain Balenda indique avoir engagé des démarches auprès du ministère de la Sécurité publique afin de faire venir une équipe chargée de l’établissement des cartes nationales d’identité à Bria.
« J’ai fait le nécessaire auprès du ministère de la Sécurité publique. Nous avons organisé une mission avec les agents de la société Almadina pour venir ici à Bria et faire les cartes nationales d’identité sur place », a-t-il déclaré.
La présence de cette équipe évite ainsi aux habitants de la Haute-Kotto de supporter les frais d’un déplacement vers Bangui pour accomplir cette démarche administrative.
Les premiers bénéficiaires se disent satisfaits de pouvoir obtenir leur document d’identité dans leur propre ville.
« Je m’appelle Abundi Regina. Je suis venue faire la carte d’identité pour qu’on puisse savoir que je suis centrafricaine. Je remercie le député qui a rapproché ce service de nous, à Bria », a témoigné une bénéficiaire.
Une autre habitante, Troupe à Colette, estime que la possession de la carte nationale d’identité constitue une nécessité pour être officiellement reconnue comme citoyenne centrafricaine.
« Je suis fière de faire l’identité nationale. Avec ça, on va me reconnaître comme une Centrafricaine. C’est bien d’avoir une identité », a-t-elle déclaré.
Cette opération intervient après une précédente mission réalisée à Bria l’année dernière. L’équipe chargée de la délivrance des cartes nationales d’identité avait alors établi plus de 19 000 cartes au profit de la population.
La nouvelle mission doit permettre à d’autres habitants de la Haute-Kotto d’accéder à leur pièce d’identité sans quitter Bria. L’opération se poursuit depuis le 17 août avec l’enrôlement et la délivrance des cartes aux demandeurs.
Scandale des faux bordereaux à l’université de Bangui : Harol Beranger Toufeina, cousin du doyen Azoumaye, prend la fuite après la découverte de la fraude
Un vaste système de faux bordereaux bancaires éclate à la faculté des lettres de Bangui. Harol Beranger Toufeina, cousin du doyen Jean-Claude Azoumaye, disparaît après la découverte de ses malversations au service de scolarité.
Un système de fausses quittances mis en place au service de scolarité
Harol Beranger Toufeina étudie en anthropologie à la faculté des lettres et sciences humaines de l’université de Bangui. Son cursus touche pourtant à sa fin depuis près d’un an. Son cousin, le doyen Jean-Claude Azoumaye, décide alors de le transférer au service de scolarité.
Ce poste lui donne accès direct aux dossiers d’inscription des étudiants. Normalement, chaque étudiant frappé d’une pénalité de 15 000 francs CFA doit régler ce montant à la banque BGFI, présente sur le campus. La banque valide ensuite le paiement et remet un reçu officiel à l’étudiant. Ce reçu rejoint alors le dossier universitaire pour finaliser l’inscription.
Toufeina contourne entièrement cette procédure. Il récupère lui-même l’argent des pénalités en espèces auprès des étudiants. Il fabrique ensuite de faux bordereaux de versement au nom de chaque étudiant concerné. Un faux cachet, présenté comme celui de la banque BGFI, orne ces documents falsifiés. Ces bordereaux truqués rejoignent ensuite les dossiers universitaires, comme s’il s’agissait de véritables reçus bancaires.
La découverte du pot aux roses par le chef de service
Le chef du service de scolarité tombe sur plusieurs de ces dossiers truqués en effectuant ses vérifications de routine. Il remarque une différence entre le cachet apposé sur certains bordereaux et celui habituellement utilisé par la faculté. Cette anomalie attire immédiatement son attention.
Il examine alors plusieurs bordereaux similaires. Le même cachet suspect apparaît sur un nombre important de dossiers. Le chef de service décide de pousser ses vérifications plus loin. Il se rend directement à l’agence BGFI installée sur le campus universitaire pour authentifier ces documents.
La vérification accablante auprès de la banque BGFI
Les agents de la banque BGFI examinent les bordereaux présentés par le chef de service. Leur verdict tombe sans ambiguïté. Le cachet apposé sur les documents ne correspond en rien au cachet officiel de leur établissement. Les agents confirment qu’il s’agit d’un cachet fabriqué, destiné à imiter frauduleusement le tampon de la banque.
Cette confirmation transforme un simple soupçon en preuve tangible de fraude organisée. Le nombre de dossiers concernés laisse entrevoir l’ampleur du système mis en place par Toufeina depuis sa nomination au service de scolarité.
La fuite précipitée de Harol Beranger Toufeina
Dès que la fraude éclate au grand jour, Harol Beranger Toufeina disparaît. Il quitte précipitamment Bangui pour une destination restée inconnue. Cette fuite intervient immédiatement après la vérification effectuée auprès de la BGFI.
Aucune sanction officielle n’a été prononcée contre lui à ce jour. Son statut d’étudiant, combiné à sa fonction informelle au service de scolarité, complique toute poursuite disciplinaire classique. Sa fuite laisse par ailleurs de nombreux dossiers d’étudiants dans une situation incertaine.
Un train de vie qui interroge
Toufeina n’occupe officiellement aucun poste rémunéré au sein de l’université. Son statut demeure celui d’un simple étudiant, sans salaire ni contrat. Son mode de vie contraste pourtant fortement avec cette situation.
Il possède cinq motos exploitées en taxi-moto, une activité commerciale qu’il supervise personnellement. Son domicile abrite un congélateur de 600 litres, un équipement rare pour un étudiant sans revenu déclaré. Un poste de télévision complète cet inventaire, qui interpelle son entourage depuis plusieurs mois.
Cette accumulation de biens coïncide avec sa prise de fonction au service de scolarité. Plusieurs témoins établissent un lien direct entre l’enrichissement de Toufeina et les malversations découvertes récemment.
Rappel des faits : un système de connivence ancien
Ce scandale ne surgit pas de nulle part. Corbeau News Centrafrique documente depuis l’année dernière une série d’agissements impliquant Toufeina et son cousin, le doyen Azoumaye.
Les clés de la discorde
Toufeina détenait déjà les clés des salles de classe et de l’administration de la faculté, bien avant son passage au service de scolarité. Cette responsabilité, habituellement confiée à l’appariteur officiel, revenait pourtant à lui seul. Un incident survenu en mai 2025 illustre cette confusion des rôles. Les clés remises à un autre étudiant, un certain Bourève, avaient disparu pendant plusieurs jours. Deux journées complètes de cours avaient été perdues, faute d’accès aux salles.
Le secrétariat par intérim et les disparitions d’argent
Pendant le congé du secrétaire permanent de la faculté, le doyen Azoumaye avait confié l’intérim à Toufeina plutôt qu’à un autre membre du personnel. Des disparitions d’argent avaient été signalées au retour du secrétaire permanent. Aucune suite n’avait été donnée à ces faits.
Le trafic des notes et les téléphones confisqués
Plusieurs témoignages recueillis par CNC évoquent la confiscation systématique des téléphones des étudiants pendant les examens. Toufeina collectait ces appareils avant de les remettre au chef du département d’anthropologie. Ce dernier réclamait ensuite de l’argent aux étudiants pour récupérer leur bien, entre 2 000 et 5 000 francs CFA selon le modèle du téléphone.
Toufeina intervenait également dans la fabrication de fausses revues de notes. Un étudiant nommé Johan aurait ainsi accédé à une classe supérieure sans avoir composé aucun examen, grâce à l’intervention directe de Toufeina auprès de l’équipe de saisie des résultats.
Le don détourné de la candidate Priska Mamadou
Un don de matériel de bureau offert à la faculté par Priska Mamadou, candidate aux élections législatives de décembre dernier, aurait également été revendu par Toufeina. Photocopieurs, rames de papier et fournitures diverses auraient disparu peu après leur livraison.
Le silence complice du doyen Azoumaye
L’affaire des faux bordereaux est remontée jusqu’au doyen Azoumaye. Aucune mesure n’a pourtant été prise contre son cousin. Cette inaction s’inscrit dans la continuité d’une gestion familiale de la faculté, dénoncée à plusieurs reprises par CNC depuis l’année dernière.
Le doyen avait déjà placé Toufeina à des postes de confiance sans lien avec son statut d’étudiant. Cette proximité familiale semble aujourd’hui protéger Toufeina, malgré l’ampleur des preuves rassemblées par le service de scolarité et confirmées par la banque BGFI.
Les étudiants victimes de ce système de faux bordereaux restent, pour leur part, dans une situation d’incertitude administrative totale. Leurs dossiers d’inscription reposent sur des documents désormais reconnus comme frauduleux…
Une semaine après le kidnapping de Bilal à l’entrée de Ndélé, les mercenaires russes de Wagner demandent désormais à sa famille de venir récupérer ses vêtements, ses chaussures et ses effets personnels, sans fournir son corps ni d’explication sur son sort.
Wagner se moque de la famille de Bilal
Les mercenaires russes basés à Ndélé ont informé la famille de Bilal qu’elle doit venir récupérer ses effets personnels laissés dans leur base. Il s’agit notamment de son sac, de ses vêtements et de ses chaussures.
Cette nouvelle intervient une semaine après le kidnapping du transporteur à l’entrée de Ndélé. Depuis son interpellation, Bilal n’a plus donné signe de vie.
Pour sa famille, la demande des mercenaires russes constitue un nouvel élément particulièrement grave. Les proches ne récupèrent pas Bilal. Ils sont invités à récupérer uniquement ses affaires personnelles.
Cette annonce intervient après plusieurs démarches entreprises par la famille pour obtenir des informations sur le disparu.
Le préfet de Bamingui-Bangoran avait déjà été menacé
Avant cette nouvelle annonce, le préfet de Bamingui-Bangoran s’était rendu devant la base des mercenaires russes à Ndélé pour demander des informations sur Bilal.
Il était accompagné du cousin du transporteur. Celui-ci cherchait à obtenir un signe de vie de son proche et à apporter une réponse à la famille.
Les mercenaires russes avaient refusé de donner des explications précises sur le sort de Bilal. Ils avaient interdit au préfet de revenir devant leur base et lui avaient lancé une menace directe : « Ce qui est arrivé à Bilal va vous arriver. »
Les hommes présents sur place avaient également montré les chaussures de Bilal. Ils avaient affirmé que le transporteur s’était échappé dès le lendemain de son arrestation.
Le préfet et le cousin de Bilal étaient ensuite repartis de la base.
Une nouvelle annonce qui renforce les inquiétudes de la famille
Après cette rencontre, le cousin de Bilal est revenu informer les proches de ce qui s’était passé devant la base.
Bilal est originaire de Ndélé. Une partie de sa famille vit dans cette ville. Il avait également établi sa résidence à Bangui, dans le 8e arrondissement, où vivent d’autres membres de sa famille.
Les proches des deux villes suivent donc l’affaire depuis son arrestation.
La famille a organisé des prières et des cérémonies en hommage au disparu. Elle ne dispose toujours pas de son corps.
La demande faite aujourd’hui par les mercenaires russes ajoute une nouvelle interrogation : pourquoi demander à la famille de venir récupérer les vêtements, le sac et les chaussures de Bilal alors que son corps reste introuvable ?
Pour les proches, cette démarche renforce leur conviction que Bilal n’est plus en vie. Elle ne constitue pas, à elle seule, une preuve judiciaire de sa mort. Seule une enquête peut établir ce qui lui est réellement arrivé.
Bilal arrêté avec cinq millions de francs CFA
L’affaire avait commencé à l’entrée de Ndélé, lorsque les mercenaires russes avaient intercepté un camion de transport en provenance de Bangui.
Ils avaient procédé au contrôle du véhicule, des passagers et des marchandises. Le chauffeur et Bilal avaient été arrêtés au cours de cette opération.
Le chauffeur avait été libéré quelques heures plus tard. Bilal, lui, avait été conduit dans la base des mercenaires russes.
Selon les informations recueillies auprès de ses proches, Bilal détenait cinq millions de francs CFA dans sa poche au moment de son arrestation.
Depuis son transfert dans la base, aucune preuve de vie n’a été présentée à sa famille.
Où est Bilal ?
La nouvelle demande adressée à la famille ne répond pas à la question principale : où se trouve Bilal ?
Les mercenaires russes demandent à ses proches de venir récupérer ses affaires personnelles. Ils ne remettent pas sa dépouille et ne donnent pas d’explication précise sur ce qui s’est passé après son arrestation.
La famille veut désormais connaître les circonstances de sa disparition. Si Bilal est mort, elle demande que les circonstances de son décès, le lieu où se trouve son corps et les responsables soient établis.
Une enquête judiciaire permettrait également de déterminer les conditions de son arrestation, les personnes qui l’ont détenu après son interpellation et ce qui s’est passé dans la base où il a été conduit.
La justice appelée à enquêter sur le sort du transporteur
L’affaire de Bilal pose une nouvelle fois la question de la protection des civils enlevés par les mercenaires russes ou leurs auxiliaires en République centrafricaine.
Les autorités judiciaires disposent désormais d’un élément précis à examiner : les mercenaires russes reconnaissent détenir les effets personnels de Bilal et demandent à sa famille de venir les récupérer, alors que le transporteur reste introuvable.
La famille attend donc une enquête permettant de déterminer si Bilal est vivant ou mort et, dans ce dernier cas, de retrouver sa dépouille et d’établir les responsabilités.
À Ndélé, ses proches ne veulent pas seulement récupérer son sac, ses vêtements et ses chaussures. Ils veulent savoir ce qui est arrivé à Bilal depuis son arrestation et connaître le lieu où se trouve aujourd’hui leur fils, leur frère et leur parent.
La brutalité militaire a encore frappé à Gobolo, mais cette fois le sort s’est retourné. L’adjudant-chef Kota Mamboko est mort mystérieusement suite à l’agression de trop sur un habitant du site.
En effet, dans plusieurs localités de l’ouest et du nord-ouest de la République centrafricaine (RCA), le quotidien des villageois des zones minières est devenu un véritable calvaire. Venus chercher des graviers et laver les résidus pour tenter d’extraire quelques pépites d’or afin de nourrir leurs familles, les civils subissent la brutalité constante des éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) déployés pour la sécurité des exploitations minières. Mais aujourd’hui, l’impunité et l’arrogance de certains sous-officiers rencontrent une réplique brutale.
L’agression de trop à Gobolo : Quand la main qui a frappé se met à gonfler
Les faits se sont déroulés dans le village de Gobolo, situé à proximité du chantier de Rondji dans la préfecture de la Nana-Mambéré. L’adjudant-chef des FACA, Kota Mamboko, s’est illustré en portant brutalement la main sur un artisan minier local qui travaillait sur le site.
Face à cette agression gratuite, le villageois a refusé de céder à la panique. Il a regardé le militaire droit dans les yeux avant de lui lancer un avertissement ferme : « Je te garantis que c’est la dernière fois que tu touches à quelqu’un, que tu boxes quelqu’un ou que tu frappes quelqu’un. C’est la dernière fois. »
Le villageois a ensuite rassemblé sa famille et quitté la zone en direction de Carnot, dans la préfecture de la Mambéré. Peu de temps après son départ, l’adjudant-chef Kota Mamboko a commencé à ressentir d’atroces douleurs au niveau de sa main droite la main même avec laquelle il avait violenté l’habitant. En quelques heures, le membre a enflé de manière spectaculaire et incontrôlable.
Devant la dégradation rapide de son état, le sous-officier a été évacué d’urgence vers la capitale. Mais malgré sa prise en charge à Bangui, l’adjudant-chef Kota Mamboko n’a pas survécu : il a rapidement rendu l’âme. La place mortuaire a été dressée au quartier Fouh, juste en face de l’Hôpital de l’Amitié à Bangui, scellant ainsi la fin tragique d’un militaire emporté par sa propre violence.
Le drame de Zawa : La preuve que la réalité rattrape les agresseurs
Ce qui s’est produit à Gobolo montre une situation qui se répète sur le terrain : la tension est générale et les exactions ne restent plus sans réponse. Ce drame s’inscrit dans une série d’événements qui frappent les forces déployées sur le terrain, comme en témoigne ce qui s’est passé à Zawa, dans la préfecture de l’Ombella-Mpoko, sur l’axe reliant Yaloké à Bossemtélé.
Rappelons le, le vendredi 25 juillet 2025, un sous-officier des FACA circulait à moto à Zawa avec l’un de ses éléments. Alors qu’il traversait un pont à l’entrée de la ville, l’engin a dérapé et a basculé dans la rivière. Alertés par le choc, les habitants se sont rapidement mobilisés pour porter secours aux victimes. Les riverains sont parvenus à repêcher le soldat transporté, mais le conducteur a disparu sous l’eau.
Le samedi 26 juillet 2025 au matin, seule la motocyclette a pu être tirée du lit de la rivière par la population. La disparition sous l’eau de ce militaire dans un contexte de fortes rancœurs accumulées par les populations riveraines des zones minières confirme une fois de plus la vulnérabilité des soldats lorsque le lien avec les civils est totalement brisé par la violence.
Comme à son habitude lors de tels évènements, l’état-major de défense observe un silence complet, refusant de communiquer sur les incidents impliquant ses troupes sur les axes secondaires.
Un avertissement direct au commandant du site IMC
Cette succession de drames doit servir de leçon aux hommes engagés sur le terrain. Sur le chantier de l’entreprise chinoise IMC, le commandant Lamtagué chargé de la sécurité répète souvent à qui veut l’entendre qu’il est un « tigre » capable de frapper n’importe qui.
La violence militaire dans les zones minières de la RCA, comme à Gobolo, souligne les tensions croissantes entre les forces armées et les civils, entraînant des tragédies inévitables.
Mais après le sort subi par l’adjudant-chef Kota Mamboko à Gobolo et les événements survenus à Zawa, cet officier devrait y réfléchir à deux fois. S’il persiste dans la voie des agressions gratuites et du mépris envers les villageois, il finira lui aussi par payer le prix fort. La population locale a répété à maintes reprises son appel au respect des droits des civils : ceux qui choisissent de faire la sourde oreille finissent tôt ou tard par être rattrapés par leur propre brutalité.
La terreur a franchi un nouveau seuil de barbarie dans la préfecture de la Haute-Kotto. Il y a tout juste une semaine, sur un chantier aurifère situé à 85 kilomètres de SamOuandja, un citoyen d’origine tchadienne a été sauvagement exécuté et démembré par des mercenaires russes du groupe Wagner. Sa tête et ses deux mains découpées ont ensuite été plantées sur des tiges en bois, formant un macabre trophée destiné à instiller la peur au sein de la population.
Un raid nocturne d’une violence inouïe
Les faits se sont déroulés au milieu de la nuit, entre 2 heures et 3 heures du matin. Les mercenaires russes ont fait irruption dans l’une des habitations de fortune du site minier où résidait la victime. L’homme s’y trouvait en compagnie de sa compagne, une jeune femme originaire de Sam Ouandja venue sur le chantier pour y vendre des marchandises aux ouvriers.
Après avoir sommairement interrogé la jeune femme sur sa présence, les mercenaires ont dépouillé le couple de l’intégralité de leurs biens et de leur argent. Le ressortissant tchadien a ensuite été déshabillé à nu avant d’être supplicié. Sous les yeux de sa compagne, les mercenaires l’ont décapité et lui ont sectionné les mains.
Une fois l’exécution achevée, les mercenaires russes ont abandonné le reste du corps mutilé sur place et ont mis en scène la dépouille en fixant la tête et les mains sur des pieux. La jeune femme, épargnée mais dépossédée de tout ce qu’elle possédait, a été laissée en vie pour regagner Sam Ouandja.
Une témoin sous le choc et un climat de terreur généralisé
Une équipe de la rédaction du CNC s’est rendue auprès de la rescapée, c’est-à-dire la copine de la victime, à son retour à Sam Ouandja. La jeune femme présente des signes de traumatisme psychologique sévère : incapacité à s’exprimer clairement, crises de larmes ininterrompues et désorientation causées par l’horreur de la scène à laquelle elle a été contrainte d’assister. Son témoignage direct confirme le déroulement et la barbarie de l’attaque.
L’acharnement sur le site minier ne s’est pas arrêté là. Trois jours seulement après cette première exécution, les mercenaires sont revenus sur les mêmes lieux et ont assassiné un second ressortissant tchadien.
En l’espace de quelques jours, ce double assassinat et mis en scène a plongé le chantier minier et l’ensemble de la région de Sam Ouandja dans un climat de psychose. Ces exactions répétées confirment une fois de plus le mode opératoire des mercenaires russes dans le pays, fondé sur la violence extrême et la terreur des populations civiles.
Le directeur adjoint de la MINUSCA a demandé aux contractuels individuels et aux travailleurs journaliers de l’UNOPSde travailler des mois sans salaire. Une employée s’est effondrée devant lui pendant l’assemblée générale des employés organisée à Bangui.
Jeudi 20 août, l’assemblée générale des contractuels individuels et travailleurs journaliers de la MINUSCA gérés par l’UNOPS a basculé après une déclaration de Djamaka. Le directeur adjoint de la mission s’adressait à des employés qui accumulent deux mois de retard de salaire.
Il leur a demandé de continuer à travailler malgré l’absence de contrat. Selon lui, les employés peuvent travailler deux à trois mois sans toucher un centime. Ils ne recevront ensuite qu’un seul mois de salaire, le temps que les dossiers remontent jusqu’à New York.
Djamaka a justifié ce délai par le circuit de traitement de l’UNOPS. L’organisme calcule d’abord les états de salaire. Il les envoie ensuite aux Nations Unies à New York pour étude. Les fonds reviennent enfin sur le compte de l’UNOPS, qui les traite en douze jours minimum avant tout versement.
Cette explication n’a convaincu personne dans la salle. Les employés présents ont entendu leur propre directeur adjoint confirmer, sans détour, qu’ils devront travailler pour rien pendant des semaines.
Une employée perd connaissance devant les responsables
La tension a atteint son sommet quelques minutes après cette déclaration. Rita, contractuelle individuelle affectée à un entrepôt, s’est effondrée au sol devant les représentants de la MINUSCA et de l’UNOPS. Elle a perdu connaissance sur place.
Les secours l’ont évacuée en urgence vers un hôpital de Bangui. Plusieurs employés présents décrivent une scène de choc collectif. Le malaise de Rita a suivi de près les propos de Djamaka sur les mois de travail non payés.
D’autres employés ont ensuite raconté leur propre situation. Certains cumulent des dettes depuis un an à cause des retards de salaire. D’autres peinent à couvrir leurs besoins de base pendant l’attente du virement de l’UNOPS.
Une colère qui monte face à l’inégalité de traitement
Les employés ont interrogé Djamaka sur un point précis. Pourquoi les staffs nationaux et internationaux de la MINUSCA ne subissent-ils aucun retard de paiement ? Seuls les IC et les travailleurs journaliers restent sans salaire pendant des mois.
Djamaka a répondu en évoquant la découverte de plus de 400 employés fantômes au sein de la mission. Ces postes fictifs auraient créé un déficit sur la ligne budgétaire, selon lui. Il n’a apporté aucune explication sur l’écart de traitement entre les catégories d’employés.
Les contractuels présents disent vivre un stress permanent depuis des mois. Beaucoup ignorent quand ils toucheront enfin leur salaire. Le malaise de Rita, survenu en pleine assemblée, résume pour eux l’état d’épuisement de tout le personnel journalier de la mission.
Les résultats du baccalauréat 2026 au lycée moderne de Birao : 18 admis au premier tour et 11 admissibles sur 57 candidats, lèvent le voile sur un vaste réseau de tricherie institutionnalisée.
Au centre de cette machination : le secrétaire général de l’Inspection académique de la Vakaga, Roger Anselme Mamadou. Orchestrateur principal de ce trafic de diplômes, il pilote un système rodé où l’argent liquide remplace le mérite.
L’inspecteur Mamadou ne se contente plus de simples arrangements. Il organise directement la substitution de candidats en rémunérant des enseignants de lycée et d’école pour qu’ils composent à la place des élèves les plus fortunés. Ce marché noir de l’éducation garantit le succès aux fraudeurs payants au détriment direct des élèves méritants.
La mécanique de fraudes impulsée par l’inspecteur Mamadou s’appuie sur des méthodes systématiques et des précédents édifiants :
Lycée moderne de Birao. Photo CNC
La manipulation des sessions
Lors du baccalauréat 2025, ce système a affiché un score absurde de 40 admis sur 44, les quatre seuls recalés étant des élèves absents.
L’infiltration des candidats libres
Roger Anselme Mamadou valide massivement l’inscription de candidats libres issus directement des classes de seconde et de première pour gonfler les effectifs payants.
Le cas de l’élève NGAYAKO Line Aurore Axelle, la fille du Préfet de la Vakaga
Déclarée admise au premier tour à Birao alors qu’elle séjournait à Bangui durant toutes les épreuves écrites, la fille du Préfet de la Vakaga confirme la méthode Mamadou : faire composer des prêtes-noms en salle d’examen sous sa protection.
Un élève de troisième admis au baccalauréat à Birao
L’inspecteur a déjà fait admettre directement au baccalauréat une élève inscrit en classe de troisième au lycée moderne de Birao.
Une récidive coutumière
L’inspecteur Mamadou exploite depuis longtemps son poste à des fins frauduleuses, s’étant déjà illustré dans le monnayage de la gestion et de l’affectation des enseignants dans toute la région de la Vakaga.
Le ministère de l’Éducation doit immédiatement stopper les agissements de Roger Anselme Mamadou. L’impunité de cet inspecteur détruit l’équité des examens et ruine définitivement la crédibilité du système éducatif dans toute la Vakaga.
Marie-Reine Hassen dresse un bilan sévère de l’indépendance centrafricaine, 66 ans après le 13 août 1960, entre dépendance sécuritaire, pauvreté et affaiblissement de l’État.
À l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance de la République centrafricaine, célébré le 13 août 2026, Marie-Reine Hassen, ancienne ministre et présidente de DVR-Afrique, interroge la portée réelle de cette indépendance. Dans une déclaration publiée le 20 août 2026 sur la plateforme de réseau social Facebook, elle estime que les cérémonies officielles, les défilés et les festivités ne doivent pas masquer les difficultés auxquelles le pays reste confronté.
Pour Marie-Reine Hassen, la question centrale n’est plus seulement de savoir ce que les Centrafricains ont fait de leur indépendance, mais ce qu’il en reste après 66 années. Elle établit un parallèle avec une autre publication qu’elle avait consacrée au sujet en 2019, à l’occasion du 59e anniversaire de l’indépendance.
Selon l’ancienne ministre, sept années supplémentaires n’ont pas permis d’inverser la tendance. Elle décrit au contraire un pays marqué par une forte dépendance extérieure, une pauvreté persistante, des institutions affaiblies et une incapacité de l’État à assurer pleinement certaines de ses missions essentielles.
Marie-Reine Hassen : « Une souveraineté abandonnée »
Dans sa déclaration, Marie-Reine Hassen place la souveraineté au centre de son analyse. Pour elle, l’indépendance ne peut pas être réduite à un drapeau, un hymne national ou une date célébrée chaque année.
L’ancienne ministre définit la souveraineté comme la capacité d’un État à défendre son territoire, faire respecter ses lois, assurer la sécurité de sa population, former sa jeunesse, développer ses infrastructures, protéger ses ressources et défendre ses intérêts à l’extérieur.
À ses yeux, cette capacité s’est progressivement réduite en République centrafricaine.
Marie-Reine Hassen estime notamment que la dépendance sécuritaire envers des forces étrangères constitue l’un des principaux signes de cette perte de souveraineté. Elle s’appuie sur le Rapport mondial 2026 de Human Rights Watch pour affirmer que la sécurité de plusieurs grandes villes centrafricaines dépend toujours des mercenaires du groupe Wagner.
Elle rappelle également que, selon cette organisation, Wagner a poursuivi en 2025 certaines activités commerciales ainsi que des opérations liées à la démobilisation de groupes armés.
Pour Marie-Reine Hassen, la présence durable de forces étrangères dans les fonctions sécuritaires pose donc la question de la capacité réelle de l’État centrafricain à assurer seul la défense de son territoire.
« La souveraineté n’est pas un drapeau », écrit-elle dans sa déclaration.
L’ancienne ministre considère que les attributs symboliques de la souveraineté sont toujours présents, avec les cérémonies officielles, les discours et les symboles nationaux. Elle estime en revanche que la capacité concrète de l’État à décider et agir librement s’est fortement réduite.
Marie-Reine Hassen : un État qui ne remplit plus toutes ses missions essentielles
Marie-Reine Hassen poursuit son analyse en s’intéressant au fonctionnement de l’État centrafricain. Elle estime que les institutions publiques ont progressivement perdu une partie de leur capacité à protéger les citoyens et à défendre l’intérêt général.
Selon elle, les solidarités familiales, claniques et politiques ont trop souvent pris le dessus sur l’intérêt national.
L’ancienne ministre évoque également l’affaiblissement des institutions et des organes de contrôle. Elle cite la corruption et l’impunité parmi les principaux problèmes qui, selon elle, empêchent l’État de fonctionner pleinement.
Dans sa déclaration, Marie-Reine Hassen s’appuie également sur les données d’Amnesty International concernant la situation des droits humains en 2025.
Elle mentionne notamment des attaques et homicides illégaux attribués à des forces gouvernementales, à leurs alliés et à des groupes armés. Elle évoque aussi les violences fondées sur le genre, les restrictions à la liberté d’expression, les disparitions forcées et la surpopulation carcérale.
L’ancienne ministre reconnaît que les affrontements armés ont diminué en 2025 et que certains groupes armés ont conclu de nouveaux accords de cessez-le-feu.
Elle estime néanmoins que ces évolutions n’ont pas réglé les difficultés sécuritaires du pays. Des violences sporadiques continuent, des civils restent exposés et des populations sont toujours déplacées. Dans certaines zones, l’accès humanitaire demeure également difficile.
Marie-Reine Hassen décrit une pauvreté persistante
Au-delà des questions institutionnelles et sécuritaires, Marie-Reine Hassen s’attarde sur les conditions de vie de la population.
Elle décrit un quotidien marqué par les difficultés d’accès aux services essentiels. Les routes, les écoles et les structures sanitaires figurent parmi les infrastructures qu’elle considère comme particulièrement dégradées.
L’ancienne ministre évoque aussi les difficultés d’accès à l’eau et à l’électricité.
Pour Marie-Reine Hassen, ces problèmes ont des conséquences directes sur les familles centrafricaines. Elle estime que la pauvreté s’est durablement installée dans une grande partie de la population.
Elle cite les données de la Banque mondiale selon lesquelles près de sept Centrafricains sur dix vivent dans l’extrême pauvreté. Elle affirme également que le produit intérieur brut réel par habitant est aujourd’hui inférieur à son niveau des années 1960.
Ce constat lui paraît particulièrement préoccupant après 66 années d’indépendance.
Marie-Reine Hassen établit ainsi un contraste entre les ressources naturelles dont dispose le pays et le niveau de vie d’une grande partie de sa population.
« Voilà le paradoxe centrafricain : un pays riche et un peuple extrêmement pauvre », écrit-elle.
Marie-Reine Hassen alerte sur l’accès à l’éducation
L’éducation occupe une autre place importante dans la déclaration de Marie-Reine Hassen.
L’ancienne ministre cite des données des Nations unies reprises par Human Rights Watch. Selon les chiffres qu’elle avance, environ sept enfants sur dix ne fréquentent pas régulièrement l’école.
Elle estime qu’environ 1,2 million d’enfants rencontrent des difficultés d’accès à l’éducation.
Pour Marie-Reine Hassen, ces chiffres constituent un indicateur important de la situation sociale du pays. Elle considère que l’avenir de la République centrafricaine dépend notamment de sa capacité à assurer une éducation accessible aux enfants.
L’ancienne ministre évoque également le phénomène des enfants vivant dans les rues de Bangui.
Elle décrit ces enfants comme privés de protection, d’éducation et de perspectives d’avenir. Pour elle, leur présence dans les rues constitue l’un des signes les plus visibles des difficultés sociales auxquelles sont confrontées certaines familles.
Marie-Reine Hassen relie cette situation aux difficultés économiques et sociales qui touchent une partie importante de la population.
Marie-Reine Hassen : « La responsabilité est d’abord la nôtre »
Dans sa déclaration, Marie-Reine Hassen refuse de faire porter l’ensemble de la responsabilité de la situation centrafricaine aux puissances étrangères.
Elle estime que les Centrafricains doivent également regarder les responsabilités internes.
Selon elle, la faiblesse de l’État trouve d’abord son origine dans les choix effectués par les dirigeants centrafricains au fil des décennies.
L’ancienne ministre cite plusieurs pratiques qu’elle considère comme responsables de l’affaiblissement de la République : autoritarisme, népotisme, clientélisme, cupidité, non-respect du droit et concentration des intérêts autour de réseaux familiaux ou claniques.
Elle estime que plusieurs dirigeants successifs ont contribué à cette dégradation et portent chacun une part de responsabilité.
Marie-Reine Hassen porte ensuite son analyse sur le pouvoir actuel.
Elle estime qu’après plus de dix années à la tête du pays, le président Faustin-Archange Touadéra porte désormais, selon elle, une responsabilité historique dans l’état actuel de la République centrafricaine.
L’ancienne ministre relie cette responsabilité à la dégradation des conditions de vie d’une partie de la population.
Pour elle, de nombreux Centrafricains consacrent aujourd’hui une grande partie de leurs efforts à satisfaire des besoins fondamentaux : se nourrir, se soigner, envoyer les enfants à l’école et assurer leur survie quotidienne.
Elle considère cette réalité comme l’un des principaux éléments à prendre en compte lorsqu’il s’agit d’évaluer le bilan de l’indépendance.
Marie-Reine Hassen : « On ne perd pas sa souveraineté en un jour »
Dans la dernière partie de sa déclaration, Marie-Reine Hassen décrit la perte de souveraineté comme un processus progressif.
Elle estime qu’un État ne renonce pas à son indépendance en une seule décision. La perte de souveraineté intervient, selon elle, progressivement lorsque l’État abandonne certaines de ses responsabilités.
Marie-Reine Hassen cite plusieurs situations qu’elle considère comme révélatrices de cette évolution : l’affaiblissement des institutions, la dépendance sécuritaire envers des forces étrangères, la priorité donnée aux intérêts particuliers et la mauvaise utilisation des ressources nationales.
Elle estime également que la confusion entre l’État et le pouvoir politique contribue à cette perte de souveraineté.
Pour l’ancienne ministre, la souveraineté implique donc une responsabilité permanente de la part de ceux qui exercent le pouvoir.
Elle rappelle avoir déjà utilisé, en 2019, l’expression de « naufrage silencieux d’un État absent » pour décrire la situation centrafricaine.
Sept ans plus tard, Marie-Reine Hassen considère que ce naufrage n’est plus silencieux.
Marie-Reine Hassen : « Que reste-t-il de notre indépendance ? »
La question posée par Marie-Reine Hassen prend ainsi une dimension politique et sociale.
L’ancienne ministre estime que les célébrations du 13 août ne suffisent pas à mesurer la réalité de l’indépendance centrafricaine.
Elle critique une célébration qui, selon elle, se limite trop souvent aux défilés, aux cérémonies, aux discours et aux festivités.
Pour Marie-Reine Hassen, l’indépendance doit être évaluée à partir de la capacité du pays à protéger ses citoyens, contrôler son territoire, exploiter ses ressources au bénéfice de la population, assurer l’éducation et la santé, développer ses infrastructures et garantir le fonctionnement des institutions.
Elle considère qu’un État peut conserver les symboles de son indépendance tout en perdant une partie de sa capacité à décider librement.
Dans sa déclaration du 20 août 2026, Marie-Reine Hassen revient donc à la question qu’elle avait posée en 2019 : « Qu’avons-nous fait de notre indépendance ? »
Sept ans après, elle reformule cette interrogation : « Que reste-t-il de notre indépendance ? »
Pour Marie-Reine Hassen, la réponse ne peut pas être trouvée dans les seules cérémonies du 13 août. Elle doit être recherchée dans la sécurité du territoire, la situation économique des familles, l’accès à l’éducation et aux soins, le fonctionnement des institutions, la protection des ressources nationales et la capacité de l’État à décider de son propre avenir.
Ancienne ministre et présidente de DVR-Afrique, Marie-Reine Hassen conclut son analyse en rappelant que l’indépendance n’est pas seulement une date inscrite dans le calendrier national. À ses yeux, elle représente une souveraineté qui impose des responsabilités aux dirigeants comme aux citoyens. Soixante-six ans après le 13 août 1960, elle invite ainsi les Centrafricains à répondre à une question qu’elle considère désormais centrale : qu’ont-ils fait de leur indépendance ?
Un sergent des Forces armées centrafricaines (FACA), promotion 2011, a été tué jeudi 20 août 2026 à environ sept kilomètres de Bouar, dans la préfecture de la Nana-Mambéré. Plusieurs jours après les faits, l’identité de celui ou ceux qui ont ouvert le feu sur son véhicule reste inconnue.
Le militaire avait quitté sa base pour se rendre à Bouar. Il circulait avec un chauffeur lorsque des tirs ont été dirigés contre leur véhicule, après la barrière militaire de Wamtigira.
Alertés par les tirs, les militaires présents à la barrière ont rapidement accouru sur les lieux. Ils ont découvert leur collègue grièvement touché. Le sergent a été évacué vers une structure sanitaire, mais il est décédé avant de pouvoir être pris en charge.
Le chauffeur qui l’accompagnait a survécu à l’attaque. Les auteurs des tirs, eux, n’ont pas été identifiés.
Qui a tué ce sous-officier à l’entrée de Bouar ?
C’est l’une des principales interrogations après cette attaque. La zone où le militaire a été abattu se trouve après une barrière tenue par les forces de sécurité. Des éléments des FACA, de la gendarmerie et de la police y assurent le contrôle des mouvements.
Dans ces conditions, comment des hommes armés ont-ils pu atteindre ce secteur, ouvrir le feu sur un véhicule militaire et repartir sans être identifiés ? Qui sont-ils ? D’où venaient-ils ? Comment ont-ils pu accéder à cette zone après le dispositif de contrôle de Wamtigira ?
S’agit-il de bandits ? Des éléments russes du groupe Wagner? D’autres individus appartenant à l’armée nationale ? Pour l’heure, aucune de ces hypothèses n’est établie.
L’absence d’informations précises sur les auteurs alimente les interrogations. La zone de Bouar bénéficie d’une présence importante des forces de sécurité. Des militaires centrafricains y sont déployés, tandis que la présence de mercenaires russes et de leurs supplétifs est également signalée dans différents secteurs.
Une autre question concerne la sécurité des militaires eux-mêmes. Comment un sous-officier des FACA peut-il être pris pour cible à quelques kilomètres d’une ville où plusieurs forces sont présentes ? Pourquoi aucune interpellation n’a-t-elle été signalée après les tirs ? Les auteurs connaissaient-ils les mouvements du militaire ?
Un autre militaire de la promotion 2011 tué récemment proche de Damara
Le décès du sergent intervient alors qu’un autre militaire issu de la même promotion avait été tué récemment dans le secteur d’Imohoro, dans une affaire impliquant également un géologue suisse.
Cette nouvelle disparition frappe donc particulièrement les membres de la promotion 2011. Selon les informations recueillies, ses anciens camarades sont à la fois profondément attristés et en colère après la mort de leur collègue.
La succession de ces décès pose une nouvelle question : pourquoi des militaires de cette promotion sont-ils à nouveau pris pour cible dans des circonstances violentes et qui assure réellement leur sécurité sur les axes qu’ils empruntent ?
Le corps du sergent avait été récupéré par ses camarades après l’attaque et transporté à Bouar. Il devait ensuite être acheminé vers Bangui pour les obsèques.
Pour l’heure, aucune information officielle ne permet d’identifier les auteurs de l’attaque. La question reste entière : qui a tué ce sous-officier de l’armée nationale à quelques kilomètres seulement de l’entrée de Bouar, après une barrière où sont déployées plusieurs forces de sécurité ?
Dans chaque nation, certaines institutions portent une mission sacrée qui est celle de préparer les hommes et les femmes capables de guider l’avenir. L’école Normale des Instituteurs communément appelé ENI située plus particulièrement à Bambari fait partie de ces institutions.
Malheureusement l’on se demande si cette mission est encore respectée car autrefois intégrer l’ENI était une fierté, les étudiants y entraient avec le rêve de devenir des éducateurs exemplaires, respectés de la société mais de nombreuses critiques demeurent à l’heure actuelle puisque de plus en plus, le niveau baisse et les inquiétudes grandissent. Certains étudiants arrivent sans véritable vocation juste suivre son collègue, parfois par manque d’emplois, ou être former pour éradiquer la pauvreté à travers le pain du mois, d’autres terminent leurs formations sans maîtrise solide des bases pédagogiques.
Dans certains établissements, on voit des enseignants qui parlent mal la langue de Molière, qui peinent à préparer un cours ou à transmettre clairement une leçon.
Si aujourd’hui la baisse de niveau au milieu scolaire prend de l’ampleur c’est parce que tout était déjà basculé en haut, si les Instituteurs sont privés d’une compétence qui devait être donné par les doyens. L’élève va recevoir que des barbaries, celui-ci était un mineur intellectuel va accepter tout ce qu’il reçoit alors c’est là le problème.
À l’université, l’on essaie parfois de corriger certaines erreurs mais si rien ne change c’est parce qu’il faut tout changer dès le début. Ces Instituteurs mal formés détruisent énormément l’éducation et le pays va chaque jour très mal car ce peuple mal instruit dégage toujours une incompréhension au niveau de ces analyses. Si rien n’est fait alors le pays risquerait très fort de disparaitre de la carte. La République Centrafricaine doit être gérer par les cadres et doyens. Rappelons que David Dacko cet instituteur a dirigeant cette nation et le président actuel est un intellectuel alors formons plusieurs intellectuels pour gouverner cette nation.
Le problème ne vient pas seulement des étudiants. Il faut aussi regarder les conditions de formation; comment espérer l’excellence sans bibliothèques modernes, sans matériel pédagogique, sans encadrement sérieux et sans la moindre motivation des formateurs ?
Former des élites demandent des investissements, de la discipline et une vraie volonté politique.
A l’issue de cette analyse, je proposerai à ce que le gouvernement change sa technique, au lieu que les Instituteurs soit formés pendant quelques mois alors ceux-ci devraient être formé pendant trois bonnes années et être sanctionnés par un diplôme à la fin , les inspecteurs doivent circuler dans les établissements pour évaluer les situations, des bibliothèques doivent être mises au service de ceux-ci.
Le préfet de Bamingui-Bangoran a été directement menacé par des mercenaires russes lors de ses recherches sur le transporteur Bilal, arrêté à Ndélé et porté disparu depuis.
Le préfet se rend à la base des mercenaires russes
À la recherche d’informations sur le sort de Bilal, le préfet de Bamingui-Bangoran s’est rendu personnellement mercredi dernier devant la base des mercenaires russes à Ndélé. Il était accompagné du cousin du transporteur disparu.
Sur place, les mercenaires russes ont interdit au préfet de revenir devant leur base. Ils lui ont adressé une menace directe : « Si vous continuez à venir ici, ce qui est arrivé à Bilal va vous arriver. »
Les hommes armés ont ensuite présenté les chaussures de Bilal comme seul élément matériel concernant le disparu. Ils ont affirmé qu’il s’était échappé le lendemain de son arrestation. Le préfet et son accompagnateur ont ensuite été chassés des lieux.
Bilal arrêté à l’entrée de Ndélé
L’affaire remonte au passage de son camion de transport en provenance de Bangui à l’entrée de Ndélé, chef-lieu de la préfecture de Bamingui-Bangoran.
Les mercenaires russes avaient intercepté le véhicule à leur poste de contrôle. Ils avaient procédé à une fouille des passagers, du camion et des marchandises transportées.
Au cours de cette opération, le chauffeur et Bilal, qui exploitait le camion, ont été arrêtés. Le conducteur a retrouvé sa liberté quelques heures plus tard.
Bilal, lui, a été conduit à la base des mercenaires russes. Il détenait une somme de cinq millions de francs CFA, qui se trouvait dans son sac à main au moment de son enlèvement .
Depuis son transfert dans la base, sa famille n’a plus obtenu de preuve de vie.
Les proches de Bilal concluent à sa mort
Après sa visite à la base, le cousin de Bilal est revenu avec le préfet de Bamingui-Bangoran et a informé la famille de la réponse obtenue auprès des mercenaires russes.
La présentation des chaussures du disparu et l’affirmation selon laquelle Bilal se serait échappé dès le lendemain de son arrestation ont renforcé la conviction de ses proches. Pour la famille, ces éléments confirment que Bilal a été tué après son arrestation.
Des informations recueillies auprès de sources militaires et de proches indiquent également que Bilal a été tué environ vingt-quatre heures après son arrestation. Les mêmes sources affirment que les cinq millions de francs CFA qu’il détenait ont été pris lors de son arrestation.
Des habitants et des témoins de Ndélé rapportent par ailleurs que les corps de personnes tuées dans la base des mercenaires sont évacués discrètement vers des zones forestières situées autour de la ville. Cette pratique explique l’absence de dépouille dans plusieurs familles confrontées à des disparitions après des arrestations.
Des funérailles organisées à Bangui et à Ndélé
Bilal est originaire de Ndélé. Une partie de sa famille vit toujours dans cette ville, où il est considéré comme un enfant du terroir. Il avait également établi sa vie à Bangui, où il résidait dans le 8e arrondissement.
Sa disparition a donc touché ses proches dans les deux villes. Après le retour du cousin et du préfet auprès de la famille, la famille a pris acte des informations recueillies auprès des mercenaires russes et a décidé d’organiser les funérailles.
Les proches de Bilal établis à Bangui lui ont rendu hommage dans la capitale, tandis que sa famille de Ndélé a également organisé des cérémonies dans sa ville natale.
La famille reste privée de la dépouille de Bilal et ne dispose d’aucune explication officielle sur les circonstances exactes de sa mort. À Ndélé, ses proches continuent de demander des informations sur ce qui s’est passé après son transfert dans la base des mercenaires russes.
Dans la circonscription de Bozoum 2, englobant les communes de Kouazo, Danayere et Birvan-Bolee, l’élection législative a laissé place à un climat de terreur organisé . Élu sous la bannière du Mouvement Cœurs Unis (MCU), le nouveau député MINANG Désiré Oscar s’est autoproclamé « super-procureur », « super-magistrat » et véritable demi-dieu. Estimant que son écharpe parlementaire le place au-dessus des lois et même au-dessus du Créateur —, cet élu transforme la circonscription en un fief personnel où toute opposition est immédiatement embastillée.
Une justice locale sous ordres et complice
La séparation des pouvoirs n’est plus qu’un lointain souvenir à Bozoum. Fort de son statut d’homme fort du parti au pouvoir, MINANG Désiré Oscar manœuvre avec la complicité active des forces de l’ordre local : gendarmes, policiers et autorités judiciaires s’exécutent sans penser comme des humains. Ensemble, ils organisent une traque sans relâche des partisans de ses adversaires politiques.
Pour verrouiller la zone, le député invente des motifs pathétique et farfelus, transformant l’appareil judiciaire en un simple instrument de règlement de comptes.
L’élection piégée de la candidate indépendante Lamine Annette
La principale cible de cette machination politique est la candidate indépendante Lamine Annette. Durant la campagne, pour paralyser son état-major et briser sa dynamique, le député a accusé sans la moindre preuve son équipe d’acheter frauduleusement des cartes d’électeurs. Cette manœuvre de déstabilisation a profondément perturbé la campagne de la candidate indépendante. Bien que déclaré vainqueur, MINANG Désiré Oscar poursuit sa vendetta post-électorale et continue de rafler un à un les soutiens de sa rivale.
L’arbitraire a franchi un nouveau cap avec l’arrestation de personnalités locales respectées :
Ggyeke Valentin, chef du village doul Bokayan, et conseiller municipal de Bozoum. Cet élu local croupit actuellement en prison à Bozoum sur la base d’accusations montées de toutes pièces par le député de Bozoum 2.
4 partisans en détention : Au total, au moins quatre militants de la candidate indépendante sont aujourd’hui arbitrairement incarcérés.
Chasse à l’homme contre l’enseignant BORNOU Kevin
La traque s’étend désormais aux cadres de l’équipe de la candidate indépendante. BORNOU Kevin, enseignant à l’école ECAC du village Bobanzoro (situé à Bikanyan, au PK 70 de Bozoum et PK 40 de Bouar) et ancien directeur de campagne de Lamine Annette, est directement visé. Après une première interpellation abusive, les forces à la solde du député cherchent activement à le remettre aux fers. L’enseignant a été contraint de prendre la fuite pour échapper à cette répression féroce.
L’impunité des « roitelets » de province
Ce tableau sombre est un parfait exemple de la dérive de ces cadres envoyés dans les provinces centrafricaines qui, une fois investis d’une parcelle de pouvoir, se comportent en monarques absolus. À Bozoum 2, l’écharpe tricolore ne sert plus à représenter le peuple, mais à semer la terreur, avec le silence coupable d’une administration locale totalement asservie.
Le dossier de ce criminel du niveau exceptionnel Daniel Nzéwé, de son vrai nom Daniel Koli-Kanga, s’aggrave à l’OCRB. Une plainte chinoise de onze millions s’ajoute aux dix millions déjà réclamés.
Une nouvelle plainte fait grimper le préjudice à vingt millions
Daniel Nzéwé restait détenu à l’OCRB pour une affaire de dix millions de francs CFA au préjudice de son compatriote Thierry Ouambeti. Un second dossier vient désormais s’ajouter au premier. Des investisseurs chinois ont porté plainte pour un montant de onze millions de francs CFA. Le préjudice total attribué au mis en cause atteint donc vingt et un millions de francs CFA.
Selon les informations recueillies, Daniel Nzéwé avait proposé à ce groupe d’investisseurs chinois un projet minier. Il affirmait diriger une coopérative capable d’exploiter des gisements. Il leur a ensuite proposé de financer l’achat de tracteurs et de tractopelles pour démarrer l’exploitation. Les investisseurs devaient d’abord verser onze millions de francs CFA pour couvrir les démarches administratives du projet. Les Chinois ont accepté et remis la somme demandée.
Le silence prolongé qui a poussé les Chinois à porter plainte
Plusieurs mois se sont écoulés sans qu’aucune avancée concrète ne soit constatée. Les investisseurs n’ont vu ni gisement exploité, ni tracteur livré, ni document administratif abouti. Face à ce blocage, ils se sont rendus à l’OCRB pour déposer une plainte formelle. Ce nouveau dossier vient ainsi compléter celui déjà ouvert pour l’affaire Ouambeti.
Un scénario déjà connu depuis 2015
Cette affaire chinoise n’est pas la première pour Daniel Nzéwé. Pendant la transition politique dirigée par Catherine Samba-Panza, il avait déjà escroqué des ressortissants chinois pour plusieurs millions de francs CFA. Les victimes avaient alors porté plainte et il avait été incarcéré à la prison centrale de Ngaragba. Depuis sa cellule, il avait multiplié les courriers pour clamer son innocence. Il s’était notamment adressé à Faustin-Archange Touadéra, son ancien professeur à l’université de Bangui, devenu chef de l’État en 2016. Touadéra avait alors jugé qu’il pouvait être innocent et Daniel Nzéwé avait recouvré la liberté.
Des manipulations qui dépassent le seul dossier chinois
Le nom de Daniel Nzéwé revient également dans d’autres dossiers de fraude touchant des partenaires franco-israéliens et canadiens. Il aurait organisé une escroquerie liée à un trafic de faux or, causant la perte de plusieurs millions de francs CFA à ses victimes. Cette affaire avait été transmise à la Section de recherches et d’investigations de la gendarmerie nationale, qui l’avait arrêté.
Une protection politique qui neutralise les enquêtes
Le directeur de cabinet de la présidence avait pourtant estimé que les preuves de manipulation et de faux documents justifiaient son maintien en détention. Touadéra avait néanmoins ordonné sa remise en liberté. Cette intervention s’était répétée à plusieurs reprises. Membre du Mouvement Cœurs Unis, le parti au pouvoir, Daniel Nzéwé bénéficierait ainsi d’une protection récurrente qui bloque le travail des enquêteurs à chaque nouvelle affaire.
Quelle suite judiciaire pour ce nouveau dossier ?
Avec l’ajout de la plainte chinoise, le dossier de Daniel Nzéwé prend une ampleur inédite. Le montant cumulé du préjudice dépasse désormais vingt millions de francs CFA. La procédure normale voudrait qu’un dossier de cette gravité soit transmis au parquet de Bangui, avec un mandat de dépôt à la clé. Les habitudes constatées dans les affaires précédentes laissent toutefois planer un doute sur l’issue réelle de cette nouvelle détention.
MCU : le fils du député Mathurin Dimbelet , Fernand Dimbelet, communiquant du régime en prison, les tensions internes au camp de Touadéra prennent une nouvelle tournure
Fernand Dimbelet, fils du député Mathurin Dimbelet Nakoe et militant du Mouvement cœurs unis (MCU), a été placé depuis vendredi dernier sous mandat de dépôt à la prison centrale de Ngaragba à Bangui après deux semaines passées à la section de recherche et d’investigation de la gendarmerie à Bangui. Il est poursuivi pour diffamation à la suite d’une plainte du ministre de la Justice, garde des Sceaux, Djoubaye Abazène.
L’affaire intervient alors que plusieurs militants, communicants ou personnalités proches du pouvoir se retrouvent, depuis plusieurs semaines, impliqués dans des procédures judiciaires. Le cas de Fernand Dimbelet ajoute ainsi un nouvel épisode aux tensions qui traversent le camp présidentiel.
À l’origine de la procédure figure une publication diffusée sur les réseaux sociaux concernant des camions qui auraient été interceptés au Km5 avec des armes et des munitions.
Des publications attribuaient ces véhicules au ministre Djoubaye Abazène. Cette affirmation a été largement relayée sur les réseaux sociaux par plusieurs personnes après l’interception des camions.
À ce stade, rien ne permet d’établir que Fernand Dimbelet est l’auteur initial de cette information. Plusieurs jeunes avaient repris ou commenté la même affirmation sur les réseaux sociaux. La procédure judiciaire engagée contre lui fait, elle, suite à la plainte déposée par le ministre de la Justice.
Fernand Dimbelet est un militant du MCU et un communicant actif sur les réseaux sociaux. Il est régulièrement apparu dans l’espace numérique pour défendre les autorités et s’en prendre aux opposants au pouvoir.
Son placement sous mandat de dépôt donne une dimension particulière à cette affaire : un militant du camp présidentiel se retrouve désormais détenu à la suite d’une plainte déposée par un membre du même pouvoir.
Une ancienne affaire qui revient au premier plan
L’affaire des véhicules ne date pas de quelques jours. Elle s’inscrit dans un dossier plus ancien, régulièrement évoqué dans les échanges sur les réseaux sociaux.
Après l’arrestation des camions, plusieurs internautes avaient affirmé qu’ils appartenaient au ministre de la Justice et qu’ils avaient été utilisés pour transporter des armes et des munitions. Ces publications avaient circulé largement avant que la procédure visant Fernand Dimbelet ne soit engagée.
Le fait que plusieurs personnes aient relayé cette information est un élément important pour comprendre le contexte. La procédure visant Dimbelet ne signifie donc pas que celui-ci est nécessairement l’auteur de toutes les publications à l’origine de la polémique.
Le dossier judiciaire devra établir précisément les faits qui lui sont reprochés et le contenu de la publication retenue contre lui.
Après Kossimati, Dimbelet rejoint la liste des communicants poursuivis
Le placement en détention de Fernand Dimbelet intervient après plusieurs affaires judiciaires impliquant des personnalités ou communicants proches du pouvoir.
Quelques semaines plus tôt, Blaise Didacien Kossimati, un autre griot du régime, avait comparu devant la justice avant d’être condamné. Son passage devant les tribunaux avait déjà marqué une évolution dans les rapports entre le pouvoir et certains de ses propres relais dans l’espace public.
Le cas de Dimbelet présente une différence importante. Alors que certains dossiers ont donné lieu à des convocations, des auditions ou des condamnations, le jeune militant du MCU est directement placé sous mandat de dépôt et transféré à Ngaragba.
Cette succession de procédures donne une autre lecture aux événements qui se déroulent actuellement dans le camp présidentiel. Des personnalités qui ont longtemps participé à la défense du pouvoir se retrouvent elles-mêmes devant la justice.
Sani Yalo et Pascal Binda-Koyagbélé également devant la justice
Ces événements interviennent aussi après la convocation de Sani Allo et de Pascal Binda-Koyagbélé devant le tribunal dans une affaire liée à une accusation de tentative de coup d’État.
Les deux hommes avaient été entendus dans le cadre de cette procédure. Leur passage devant la justice s’est produit dans un contexte politique déjà marqué par plusieurs affaires visant des personnes considérées comme proches ou favorables au pouvoir.
La multiplication de ces dossiers en quelques semaines nourrit les interrogations sur les rapports de force à l’intérieur même du camp présidentiel.
Martial Pabandi également détenu à Ngaragba
Le cas de Martial Pabandi vient renforcer cette série.
Lui aussi est présenté comme un communicant favorable au pouvoir. Il se trouve actuellement à la prison centrale de Ngaragba.
Avec Fernand Dimbelet, plusieurs figures qui évoluaient dans l’espace de communication du pouvoir se retrouvent ainsi confrontées à des procédures judiciaires ou à la détention.
Cette situation tranche avec leur position habituelle sur les réseaux sociaux. Ces communicants étaient jusque-là principalement connus pour leur soutien aux autorités et leurs attaques contre les opposants.
Quand les communicants du même camp deviennent adversaires
Le cas Dimbelet présente une particularité supplémentaire : la plainte émane directement d’un membre du gouvernement contre un militant du même camp politique.
Le ministre de la Justice et le jeune militant ne se trouvent donc pas dans une confrontation classique entre pouvoir et opposition. Ils appartiennent au même environnement politique, celui du MCU et de la majorité présidentielle.
C’est cette dimension qui donne à l’affaire sa portée politique.
Depuis plusieurs années, les réseaux sociaux sont devenus un espace important de confrontation politique en République centrafricaine. Les militants proches du pouvoir y occupent une place importante et participent régulièrement aux campagnes de communication en faveur des autorités.
Lorsque des membres de ce même environnement commencent à se retrouver devant les tribunaux, la question des rapports internes au camp présidentiel devient inévitable.
Le MCU face à ses propres contradictions
L’affaire Fernand Dimbelet intervient ainsi dans une période où plusieurs personnalités issues du même environnement politique sont impliquées dans des procédures judiciaires différentes.
Il ne s’agit pas de présenter ces dossiers comme une seule et même affaire. Les faits reprochés à Sani Allo et Pascal Binhakpo Agbélé ne sont pas ceux reprochés à Blaise Didacien Kossimati, Marcel Pabandi ou Fernand Dimbelet.
Les procédures sont distinctes. Les personnes concernées ne sont pas poursuivies pour les mêmes motifs.
Le point commun se trouve dans leur proximité politique ou leur activité de communication favorable au pouvoir.
Le placement de Fernand Dimbelet à Ngaragba intervient donc dans un contexte où le camp présidentiel voit plusieurs de ses propres relais passer du rôle de défenseurs du régime à celui de personnes poursuivies devant la justice.
Une bataille désormais à l’intérieur du camp
L’affaire des camions du Km5 constitue le point de départ immédiat de la procédure contre Fernand Dimbelet, mais son placement en détention dépasse désormais cette seule polémique.
Le jeune militant est poursuivi pour diffamation après une plainte du ministre de la Justice. Les publications concernant les camions avaient été largement relayées par plusieurs internautes et rien, dans les éléments évoqués ici, ne permet d’affirmer qu’il en était l’auteur initial.
La justice devra déterminer la responsabilité précise de Fernand Dimbelet dans les faits qui lui sont reprochés.
En attendant, son transfert à Ngaragba intervient après ceux ou les procédures visant d’autres personnalités du même environnement politique. Kossimati a été condamné. Marcel Pabandi se trouve également à Ngaragba. Sani Allo et Pascal Binhakpo Agbélé ont été entendus dans une affaire distincte.
Le pouvoir fait ainsi face à une situation inhabituelle : certains de ceux qui ont participé à sa défense politique et médiatique se retrouvent désormais poursuivis, condamnés ou détenus. Dans l’affaire Dimbelet, la confrontation oppose directement un ministre en exercice à un jeune militant du même camp, donnant à cette nouvelle procédure les allures d’un affrontement interne au MCU.
Yves Sanghamy martèle : « Nous avons le prix de l’essence le plus élevé au monde », une conséquence directe du contrat pétrolier opaque signé par le gouvernement
Yves Sanghamy, porte-parole de l’opposant Anicet Georges Dologuelé
Le porte-parole d’Anicet Georges Dologuélé accuse le gouvernement d’avoir plombé le prix du carburant en Centrafrique. Il vise directement le contrat signé avec la société Neptune, qu’il juge néfaste pour les ménages et pour les finances publiques.
Un contrat qui fait exploser les prix à la pompe Yves Sanghamy affirme que la Centrafrique affiche aujourd’hui le prix de l’essence le plus élevé au monde. Selon lui, cette flambée découle directement de l’accord d’approvisionnement conclu avec Neptune.
La hausse du carburant ne reste pas isolée. Le coût du transport augmente à son tour, et cette hausse se répercute sur le prix des denrées de première nécessité dans les marchés du pays. Les ménages centrafricains subissent donc une double peine, à la pompe et dans leur panier alimentaire.
Le contrat pétrolier n’affecte pas seulement les consommateurs. Il touche aussi directement les caisses de l’État. Avant cet accord, la fiscalité pétrolière représentait environ 25% des recettes fiscales nationales. Ce chiffre est aujourd’hui tombé sous la barre des 10%.
Cette baisse prive l’État de ressources importantes, au moment même où les besoins en infrastructures, en santé et en éducation restent criants.
Un contrat signé de gré à gré
Yves Sanghamy pointe aussi les conditions d’attribution du contrat. Selon lui, l’accord a été conclu de gré à gré, sans appel d’offres transparent. Il y voit un exemple de gestion opaque des ressources stratégiques du pays, où l’intérêt public passe après des arrangements privés.
Pour l’opposition, ce dossier illustre l’incapacité du gouvernement à protéger le pouvoir d’achat des Centrafricains. Elle réclame la publication des termes du contrat et une révision de l’accord avec Neptune.
La hausse du carburant en Centrafrique, due au contrat pétrolier avec Neptune, a un impact direct sur les ménages et les finances publiques.
Un sergent des Forces armées centrafricaines (FACA), promotion 2011, a été tué jeudi 20 août 2026 à environ sept kilomètres de Bouar, dans la préfecture de la Nana-Mambéré, lors d’une attaque contre le véhicule dans lequel il circulait.
Le sous-officier avait quitté sa base pour se rendre à Bouar. Il voyageait avec un chauffeur à bord d’un véhicule. À environ sept kilomètres de la ville, des hommes armés non identifiés ont surgi depuis la forêt et ouvert le feu en direction du véhicule.
Des tirs ont été échangés au cours de l’attaque. Le sergent a été atteint par balle et a succombé à ses blessures. Le chauffeur qui l’accompagnait n’a pas été tué. Il a également été touché, mais ses blessures ne seraient pas graves.
Informés de l’attaque, des militaires de son unité se sont rapidement rendus sur les lieux. Ils ont récupéré le corps de leur camarade et l’ont transporté jusqu’à Bouar.
Le corps du sergent a été préparé à Bouar avant son transfert vers Bangui. La dépouille devait quitter Bouar vendredi 21 août à destination de la capitale centrafricaine.
Le sergent appartenait à la promotion 2011 des FACA. Sa mort plonge une nouvelle fois ses camarades dans le deuil, alors que les circonstances exactes de l’attaque et l’identité des hommes armés restent à établir.
La gouvernance des ressources naturelles en Afrique franchit un cap décisif avec le courage incroyable des autorités nigériennes. Dans son édition du lundi 13 juillet 2026, le journal Médias Plus jette un véritable pavé dans la mare de la géopolitique en barrant sa une d’un titre sans équivoque : « Niger : L’État expulse les responsables chinois de SORAZ, CNPC et WAPCO pour non-respect des engagements ». Cette décision d’une rare fermeté de la part des autorités de Niamey marque un tournant historique dans les relations entre le pays et ses partenaires industriels d’Asie de l’Est. Elle résonne surtout comme une gifle monumentale pour le pouvoir aveugle de Bangui.
La leçon de Niamey : oser dire non aux géants chinois
L’action radicale entreprise par le gouvernement nigérien découle d’accumulations de manquements contractuels de la part des multinationales chinoises. Selon les éléments partagés par Médias Plus, le pouvoir reproche ouvertement aux directions de la SORAZ (Société de raffinage de Zinder), de la CNPC (China National Petroleum Corporation) et de WAPCO (West African Oil Pipeline Company) d’avoir bafoué leurs obligations. Parmi les principaux griefs figurent le non-respect des quotas d’emplois locaux et le blocage délibéré des transferts de technologies.
Il faut saluer et applaudir des deux mains ce courage politique. Le Niger, pourtant sous influence de la Russie de Wagner et des Africa Corps tout comme la République centrafricaine, démontre qu’un État peut faire respecter sa souveraineté. Bien que la Chine et la Russie s’affichent comme des partenaires indissociables sur la scène internationale, les Russes ne jouent pas franc jeu avec Pékin sur le continent africain (comme l’avait cruellement prouvé l’assassinat de neuf ressortissants chinois sur un site minier de l’Ouaka par les mercenaires de Wagner il y a quelques années). Mais là où le Niger utilise sa marge de manœuvre pour chasser les dirigeants chinois corrompus et hors-la-loi, la RCA, elle, s’écrase.
En RCA : les Chinois sont rois dans un système totalement corrompu
Le contraste avec notre pays est saisissant. En Centrafrique, les entreprises chinoises opèrent en terrain conquis, protégées par une corruption généralisée qui achète tout le monde, du sommet de l’État jusqu’au bas de l’échelle : président, Premier ministre, ministres, préfets, chefs de chantiers et militaires reçoivent leurs enveloppes mensuelles. En échange de ce silence acheté, ces compagnies bafouent l’ensemble du droit national en toute impunité.
Sur les chantiers miniers et routiers centrafricains, la main-d’œuvre locale est royalement ignorée. Les entreprises chinoises préfèrent importer illégalement des travailleurs venus d’Afrique centrale, principalement du Cameroun. Le cahier des charges environnemental est inexistant, la déforestation massive s’opère au mépris des enjeux climatiques, et le code du travail est piétiné. Les jours de fêtes nationales, comme le 1er décembre, ne sont pas respectés : c’est le travail forcé ou le licenciement immédiat à tour de bras.
Le scandale de Yongoro : quand l’armée nationale chasse ses propres citoyens
La preuve irréfutable de cette faillite morale et politique de l’État centrafricain s’est encore manifestée pas plus tard que ce dimanche 12 juillet 2026. Sur le site minier de Yongoro, situé dans la préfecture de la Nana-Mambéré(sur l’axe routier reliant Bouar-Bong et Bocaranga), les forces de l’ordre sont intervenues non pas pour protéger la population, mais pour chasser manu militari les ouvriers et artisans locaux.
L’objectif de cette opération commanditée par Bangui ? Spolier les travailleurs nationaux pour céder l’intégralité de ce gisement minier aux exploitants chinois. Les ouvriers de Yongoro, refusant de se laisser dépouiller, ont lancé un mouvement de manifestation qui se poursuit actuellement sur place.
Ce dernier événement résume la tragédie centrafricaine : dès qu’une ressource de valeur est découverte quelque part sur le territoire, le régime s’empresse de la livrer sur un plateau d’argent aux intérêts de Pékin. Pendant que le Niger éjecte les multinationales pour protéger ses fils, le pouvoir de Bangui envoie ses propres soldats brimer les Centrafricains pour préserver les intérêts de ses corrupteurs.
Le sociologue et analyste politique FaustinZaméto critique la mise en œuvre du Programme Éducation 2023-2027, financé à hauteur de 30 millions d’euros par l’Union européenne. Dans une tribune publiée le 19 août 2026, il dénonce les insuffisances des infrastructures scolaires, le manque d’enseignants et le faible contrôle de l’État sur les projets éducatifs.
Dans sa déclaration, Faustin Zaméto oppose la réunion du Comité de pilotage du Programme Éducation 2023-2027, tenue à Bangui, aux réalités observées dans certaines écoles de province. Il cite notamment Bambi, dans l’Ouham-Pendé, où il affirme que des classes accueillent jusqu’à 120 élèves, sans manuels et avec des infrastructures dégradées.
Pour Faustin Zaméto, cette situation n’est pas nouvelle. Il rappelle plusieurs programmes engagés depuis 2010, notamment des programmes d’urgence, le plan sectoriel, le PAEB et le programme 2023-2027. Selon lui, les changements de programmes n’ont pas permis de régler durablement les problèmes des écoles.
Faustin Zaméto critique la dépendance aux bailleurs
Faustin Zaméto estime que les politiques éducatives centrafricaines accordent une place excessive aux partenaires financiers. Il affirme que les projets sont souvent conçus pour répondre aux attentes des bailleurs plutôt que pour satisfaire directement les besoins des élèves et des enseignants.
Dans sa tribune, il cite des projets réalisés rapidement pour répondre aux exigences des partenaires. Il considère que cette logique transforme progressivement l’éducation en programme destiné à produire des rapports et des résultats présentables aux bailleurs.
L’analyste politique critique aussi le rôle actuel de l’État dans la construction et la réhabilitation des établissements scolaires. Il cite plusieurs organisations impliquées dans ces travaux, dont Caritas, COOPI, Plan, NRC et IRC. Faustin Zaméto s’interroge sur les moyens de contrôle dont dispose l’État lorsque celui-ci manque d’ingénieurs, de budget de suivi et d’autorité suffisante sur le terrain.
30 millions d’euros face aux besoins scolaires
Faustin Zaméto estime que les 30 millions d’euros du programme restent insuffisants face à l’ampleur des besoins du système éducatif centrafricain. Il avance notamment le chiffre de 60 % d’enfants non scolarisés et de 40 % d’écoles détruites ou inexistantes dans les dix préfectures couvertes par le programme.
Selon son calcul, les 30 millions d’euros représentent environ 6 millions d’euros par an. Répartie sur dix préfectures, cette enveloppe correspondrait à 600 000 euros par préfecture et par an. Faustin Zaméto estime que cette somme ne permettrait même pas de réhabiliter correctement cinq écoles par préfecture chaque année.
Le sociologue dénonce également l’absence, selon lui, d’un mécanisme suffisamment efficace pour sanctionner les travaux mal réalisés. Il évoque des écoles jamais terminées depuis 2010, des accusations de corruption en 2015 et des réhabilitations partielles en 2019. Il affirme qu’aucun audit ni aucune sanction n’ont permis de tirer les responsabilités des précédents programmes.
Cinq mesures proposées par Faustin Zaméto
Faustin Zaméto propose cinq mesures pour améliorer le suivi du Programme Éducation 2023-2027.
La première concerne le contrôle citoyen. Il propose que chaque école dispose d’un comité de parents, d’un numéro vert, d’un budget affiché et d’une géolocalisation. Selon lui, ces mécanismes permettraient aux populations de signaler rapidement les problèmes constatés sur les infrastructures scolaires.
La deuxième priorité porte sur le recrutement des enseignants. Faustin Zaméto considère que des classes de 120 élèves constituent une situation inacceptable. Il propose le recrutement, la formation et la prise en charge de 5 000 enseignants, avec leur intégration dans la fonction publique.
La troisième mesure vise le financement des projets en fonction de leurs résultats. Faustin Zaméto demande que le versement des financements soit conditionné à des audits indépendants. Il propose notamment de ne pas débloquer une deuxième tranche avant l’audit d’au moins 100 écoles.
La quatrième mesure concerne le rôle de l’État. Faustin Zaméto demande un engagement financier plus important en faveur de l’éducation et propose que 15 % du budget national soient consacrés à ce secteur. Il souhaite également la présence d’ingénieurs de l’État sur les chantiers scolaires et un ministère davantage impliqué dans la réalisation et le contrôle des travaux.
La cinquième mesure porte sur la transparence. Faustin Zaméto demande la publication de la liste des écoles construites ou réhabilitées depuis 2010, accompagnée de photographies avant et après les travaux.
« 30 millions d’euros ne sauveront pas l’école centrafricaine »
Dans la dernière partie de sa tribune, Faustin Zaméto estime que l’enveloppe de 30 millions d’euros ne suffit pas, à elle seule, à résoudre les difficultés du système éducatif centrafricain. Il affirme que la réussite du programme dépend surtout de la volonté politique et du suivi des engagements pris.
Faustin Zaméto appelle aussi les parents à participer davantage aux décisions concernant l’éducation de leurs enfants et demande aux enseignants de poursuivre leur travail malgré les difficultés. Il interpelle directement le gouvernement sur la nécessité de mesurer les résultats du système éducatif à partir du nombre d’enfants capables de lire plutôt qu’au nombre de réunions organisées avec les partenaires.
Pour Faustin Zaméto, le Programme Éducation 2023-2027 doit éviter de reproduire les insuffisances des programmes précédents. Il souhaite que les financements soient accompagnés d’un contrôle effectif, d’un suivi des chantiers et de résultats vérifiables dans les écoles.
La Cour pénale spéciale (CPS) a modifié, vendredi 21 août 2026, le calendrier des audiences consacrées au réquisitoire du Parquet spécial et aux plaidoiries dans l’affaire dite « Guen ».
Les plaidoiries débuteront le 31 août
La Première Section de la Chambre d’assises de la CPS explique cette modification par un retard dans le dépôt de certains mémoires en clôture de la Défense. Les audiences publiques prévues pour le réquisitoire oral, les plaidoiries, les répliques et les dernières paroles des accusés ont donc été réorganisées.
Le nouveau calendrier prévoit d’abord la plaidoirie des avocats des parties civiles le lundi 31 août 2026 à 10 heures. Le réquisitoire oral du Parquet spécial est programmé le mardi 1er septembre à la même heure.
Les avocats des cinq accusés interviendront ensuite à tour de rôle. Me Yvon Fred Ludovic Mackpevo plaidera le 3 septembre pour François Boybanda alias Balere. Me Euloge Fortuné Mocpat interviendra le 4 septembre pour Philémon Kahena alias CB.
Me Albert Panda Gbianimbi plaidera le 7 septembre pour Dieudonné Gomitua. Me Sylvain Adrien Tabangue interviendra le 8 septembre pour Edmond Beina, tandis que Me Claude Ngaisset-Pessinam plaidera le 9 septembre pour Jean Bahara.
Les dernières étapes prévues le 11 septembre
La CPS prévoit le vendredi 11 septembre 2026 à 10 heures les répliques orales des parties ainsi que les dernières paroles des accusés, le cas échéant. Cette étape interviendra après plusieurs jours consacrés aux plaidoiries de la défense.
La phase de présentation des éléments de preuve avait été clôturée le 11 juin 2026. L’affaire entre ainsi dans sa phase finale consacrée aux arguments des parties et aux observations des accusés.
Cinq accusés poursuivis pour des faits commis en 2014
L’affaire concerne François Boybanda alias Balere, Philémon Kahena alias CB, Dieudonné Gomitua, Edmond Beina et Jean Bahara. Les poursuites portent sur des faits qui auraient été commis entre février et mars 2014 dans la sous-préfecture de Gadzi, notamment à Guen, Djomo et Gadzi.
Selon la CPS, les faits reprochés portent notamment sur des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. Les cinq accusés bénéficient de la présomption d’innocence conformément à la loi.
La CPS, créée par la loi organique n°15.003 du 3 juin 2015, est une juridiction hybride intégrée au système judiciaire centrafricain. Elle a pour mandat d’enquêter et de poursuivre les crimes de droit international commis en République centrafricaine depuis 2003.
À l’entame du premier quinquennat du Président de la République où l’on évoquait encore la notion de “l’union sacrée” des forces vives de la nation, la République centrafricaine jouissait en apparence du statut d’un État politiquement stable et juridiquement organisé puisqu’elle s’inscrivait dans la dynamique de la transition politique consensuelle.
Rongée par les déceptions successives, la confiance du peuple envers le pouvoir de Bangui s’erode progressivement et se corrode car le pays est miné par la corruption à grande échelle, la prevarication, l’affairisme, la mésaventure de la cryptomonnaie et de la tokenisation, la dépendance abusive du pays aux apports ou aides extérieures.
Cette politique égoïste et égocentrique déjà préjudiciable aux intérêts du peuple s’est accentuée avec l’accord opaque et ambigu qui consacre l’avènement des mercenaires du groupe paramilitaire de Wagner en Centrafrique.
D’emblée, les mercenaires dont le recrutement, l’utilisation et le financement sont interdits par une convention internationale adoptée par l’assemblée générale de l’ONU en 1989 ont été présentés par le pouvoir de Bangui comme des instructeurs russes chargés de former les forces armées centrafricaines.
Cette coopération militaire jugée temporaire ou limitée dans le temps s’est progressivement muée en une présence permanente avec corollaire la sécurité du Président de la République et la négociation de l’accord de paix de Khartoum avec les groupes armés.
Peu après, le fait de réprimer une tentative de coup d’État de la Coalition des Patriotes pour le Changement en décembre 2020, les mercenaires du groupe paramilitaire de Wagner sont devenus des acteurs clés de la politique et surtout de l’économie car ils s’invitent dans les secteurs de l’or, diamant, bois, brasserie et d’autres secteurs commerciaux sans le contrôle à minima des autorités établies.
Pour pérenniser le pillage à grande échelle du pays, les lobbies russes rédigent et imposent au peuple centrafricain une nouvelle constitution discriminatoire à essence polémique où le Président de la République peut se représenter indéfiniment et le traditionnel quinquennat passe au septennat nonobstant les deux serments prêtés sur la constitution du 30 mars 2016.
Au regard de cet amer constat qui cristalise la crise politique et institutionnelle qui perdure, la problématique de la responsabilité du Président de la République ainsi que de l’avenir du pays interroge sans oublier la capacité du pouvoir de Bangui de proposer une alternative pacifique et durable.
Après une minutieuse analyse et évaluation, l’on remarque que le problème centrafricain est le Président de la République lui-même et son mode de gouvernance qui relève de la haute trahison non seulement au regard de la violation de la constitution à travers le parjure, l’abus de pouvoir, l’atteinte répétée aux libertés fondamentales mais aussi à des renoncements aux engagements démocratiques.
Ces dérapages répétés justifient légitimement une procédure de destitution du Président de la République pour manquement à ses devoirs manifestement incompatibles avec l’exercice de son mandat.
Au regard de la configuration monocolore de l’assemblée nationale, cette hypothèse de destitution est hautement improbable.
En l’absence de courage politique pour engager la procédure de destitution du chef de l’État, la démission considérée comme un acte de responsabilité qui se présente comme un impératif et non une option serait la solution idoine.
Ces deux solutions envisagées représentent une possibilité de renouvellement politique pour permettre à notre nation d’ouvrir une nouvelle étape politique afin de rattraper le dernier wagon de l’émergence.
C’est une ultime occasion pour rétablir la confiance entre les citoyens et les institutions fragilisée par les incessants dérapages nés de l’autisme du pouvoir de Bangui en procédant soit par un dialogue politique réellement inclusif soit par l’organisation d’un processus politique pour aboutir à un consensus national en vue de légitimer les institutions républicaines et de relancer le pays.
Face à l’ampleur de la problématique, le citoyen lambda s’interroge :
1- La démission ou la destitution du Président de la République serait-elle une solution pour sortir de l’impasse politique ?
2- En d’autres termes, le départ du chef de l’État peut-il favoriser une sortie de crise et un renouveau politique en Centrafrique ?
3- La haute trahison passible d’une procédure de destitution est-elle légitimement constituée ?
4- La non maîtrise des leviers décisionnels au profit des mercenaires de Wagner peut-elle justifier une éventuelle démission ?
En tout état de cause même s’il est notoire et évident que la procédure de destitution du Président de la République paraît utopique, celle de la démission reste plausible si l’on a encore un brin d’honneur et de patriotisme.
Ce peuple meurtri n’attend que cette démission du président de la République pour incompétence à l’instar de la démission quand bien même forcée du Président Djotodia à N’djamena au Tchad en 2014 en vue d’écrire une nouvelle et belle page de l’histoire avec de nouveaux acteurs compétents dans le cadre d’une refondation de la nouvelle République bâtie sur une large consultation citoyenne avec des projets de société émergents à l’instar des recommandations du forum de Bangui de 2015.
C’est bien évidemment ce que le Rassemblement Unitaire, une composante de la société civile centrafricaine envisage d’organiser dans le cadre des consultations citoyennes sans exclusive pour une renaissance centrafricaine que je vous invite au passage à y adhérer massivement dans les jours à venir.
Pour finir, nous vous rappelons que dans les grandes nations de démocratie, on ne gère pas un peuple sans lui rendre des comptes, en l’informant sur ce qu’on fait et en lui expliquant la méthode utilisée pour le gérer ainsi que les résultats escomptés.
S’inscrivant dans cette suite logique et au nom du droit à l’information, nous vous exhortons de donner des explications fiables, détaillées, crédibles, convainquantes et exempt de mensonges au peuple non seulement sur l’enlèvement, la séquestration et l’assassinat sur la route de Ndélé du transporteur dénommé Bilal par des mercenaires du groupe paramilitaire de Wagner mais aussi de s’expliquer sur la non restitution à sa famille du corps sans vie du géologue suisse assassiné les jours précédents.
Au delà de tout, ce peuple martyrisé et anesthésié se réveillera de son profond sommeil onirique pour organiser la résistance sur la base des articles 28 et 29 de la constitution du 30 mars 2016.
Cependant les paisibles habitants de Limassa soutenus dans sa lutte par les vaillants citoyens de Mala et par extension à l’échelle nationale sonne le glas en déclenchant le processus graduel de fin de règne et vous rappelle qu’il y’a une belle vie entourée des siens après le pouvoir à l’image du président du Bénin Patrice Talon.
Monsieur le président, l’époque ou alors l’âge pour escalader les clôtures des chancelleries et ambassades est revolue et surtout votre morphologie endomorphique est inadaptée à cette épreuve.
Ainsi nous vous conseillons humblement de démissionner avec honneur avant d’être contraint par la force car l’exil de nos jours est une prison dorée certes mais son essence est la souffrance et le regret.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis le royaume de Limassa.
Martin Ziguélé, ancien Premier ministre centrafricain, dénonce l’écart entre les ressources minières exploitées et les revenus réels perçus par l’État. Il compare la RCA au Burkina Faso, largement plus performant.
Un écart financier qui interpelle
Martin Ziguélé critique la faible contribution du secteur aurifère aux caisses publiques. Selon lui, l’État centrafricain ne perçoit qu’environ trois milliards de francs CFA par an sur l’or extrait.
Par ailleurs, le Burkina Faso encaisse des centaines de milliards grâce à une production comparable. Cette différence traduit, selon l’ancien Premier ministre, une gestion défaillante des ressources minières.
Les recettes fiscales n’atteignent donc pas les niveaux attendus. Les citoyens et les infrastructures locales ne profitent pas des richesses extraites du sol centrafricain.
Le secteur des hydrocarbures connaît des difficultés similaires, selon Ziguélé. Le gouvernement a confié l’approvisionnement en carburant à une société non enregistrée dans le pays.
Cette décision prive l’État de recettes fiscales importantes. Elle provoque, en outre, une pénurie continue de carburant sur tout le territoire.
À ce stade, les prix à la pompe atteignent des niveaux records, à Bangui comme en province. Les habitants paient leur carburant deux fois plus cher qu’à la frontière voisine.
Les parlementaires réclament un cadre légal strict
Face à cette situation, les parlementaires centrafricains demandent le rétablissement d’une agence de régulation indépendante. Ils réclament également la réouverture du marché à la concurrence.
Selon nos informations, seul un cadre légal rigoureux permettra de récupérer les fonds détournés lors de projets abandonnés. Cette réforme conditionnerait, en conséquence, le redressement du secteur énergétique.
La critique de Martin Ziguélé sur la gestion des ressources minières souligne le faible rendement du secteur aurifère en Centrafrique, qui n’apporte que peu de revenus à l’État.
Sur Radio Ndeke Luka, Elysée Nguimalé, coordonnateur de l’OGDC, critique la classe politique. Selon lui, les autorités manquent de capacité intellectuelle pour diriger l’État et construire la paix durable.
Une charge contre Touadera
S’exprimant dans l’émission Patara sur Radio Ndeke Luka, Elysée Nguimalé vise directement la classe politique au pouvoir. Le coordonnateur de l’Observatoire pour la gouvernance démocratique en Centrafrique (OGDC) porte une charge d’une rare intensité. Par ailleurs, il revient longuement sur la situation à Boali, où les autorités peinent à rétablir l’ordre républicain.
Les provinces concernées subissent depuis des mois violences répétées et enlèvements. Selon nos informations, plusieurs familles auraient fui ces zones pour échapper aux exactions. À ce stade, aucune réponse durable n’a été apportée par l’État central.
De son côté, le juriste pointe des carences stratégiques au sommet de l’État. Il estime que ces lacunes ne relèvent pas d’un manque de moyens, mais d’un déficit de vision politique. En conséquence, il juge le forum de Bangui de 2015 largement inappliqué.
Elysée Nguimalé : « Lors du forum de Bangui en mai 2015, les principales recommandations avaient tout prévu. Elles avaient tracé une ligne, une orientation politique de la nation pour pouvoir construire la paix. Mais malheureusement, monsieur Armando, les autorités issues de ces élections n’ont pas la capacité intellectuelle suffisante pour pouvoir tenir un appareil étatique pour pouvoir mettre en applicabilité ces recommandations. »
Ce forum avait pourtant réuni l’ensemble des forces vives de la nation. Toutefié, ses conclusions restent, selon lui, lettre morte neuf ans plus tard.
Le reniement de l’héritage de Boganda
Pour appuyer son diagnostic, Elysée Nguimalé convoque les écrits fondateurs de la nation centrafricaine. Le père de l’indépendance, Barthélémy Boganda, avait fixé quatre conditions à la construction d’un État moderne. Il les avait détaillées dans son ouvrage La voie du progrès, publié en 1950 :
L’élément matériel, à savoir le travailL’élément socialL’élément intellectuelL’élément moralCes quatre piliers formaient, selon Boganda, le socle indispensable de toute nation viable. En revanche, le coordonnateur de l’OGDC estime que le pouvoir actuel s’est détourné de ces principes fondateurs. Il dénonce en particulier l’absence de travail effectif au sommet de l’État.
Elysée Nguimalé : « Notre père fondateur, Barthélémy Boganda, dans sa construction, a énuméré quatre éléments nécessaires pour la construction du pays dans son opuscule “La voie du progrès” en 1950 : l’élément matériel, l’élément social, l’élément intellectuel et l’élément moral. Mais est-ce que nos autorités, le président de la République, les députés, le gouvernement, travaillent ? Le travail commence d’abord à leur niveau. Si nous voyons le chef de l’État danser avec son gouvernement, est-ce que c’est ça travailler ? »
Cette image du chef de l’État dansant revient à plusieurs reprises dans son propos. Elle symbolise, selon lui, un décalage entre les priorités affichées et la réalité du terrain.
Un problème de gouvernance, pas un complot
De son côté, Elysée Nguimalé rejette fermement les explications officielles évoquant des « mains invisibles » ou des conspirations extérieures. Il attribue plutôt l’effondrement sécuritaire à un vide de leadership assumé. Par ailleurs, il rappelle que ce discours du complot permet, selon lui, d’éviter tout examen des responsabilités internes.
En conséquence, il désigne la gouvernance elle-même comme la cause directe du drame national. Il va jusqu’à évoquer la mort de l’État centrafricain en tant que projet politique.
Elysée Nguimalé souligne le déficit de capacité intellectuelle au sein des autorités, impactant la gouvernance et la stabilité en Centrafrique.
Elysée Nguimalé : « Il faut arrêter de penser aux auteurs intellectuels invisibles. Il y a un problème de gouvernance qui est là. L’homme politique centrafricain Goubina Papalie disait que l’État mérite aussi. C’est pour dire qu’actuellement, l’État centrafricain est en train de mourir, ou bien il est déjà mort, parce que cette construction de la paix n’a jamais existé. »
Ce constat rejoint, selon nos informations, les inquiétudes exprimées par d’autres acteurs de la société civile. Toutefois, aucune réaction officielle n’avait encore été enregistrée au moment de la diffusion de l’émission.
L’ancien porte-voix du MCU a écopé d’une peine de prison avec sursis, une sanction judiciaire qui expose les rivalités internes au sommet du pouvoir centrafricain.
Une condamnation qui confirme une crise interne
La justice centrafricaine vient de condamner Blaise Didatien Kossimatchi à une peine de prison avec sursis. Cette décision judiciaire dépasse le simple cadre pénal. Elle met en lumière des tensions profondes au sein du Mouvement Cœurs Unis, le parti de l’empereur Touadéra. Kossimatchi n’est pourtant pas un inconnu de la scène politique centrafricaine. Porte-parole du comité de soutien à Touadéra depuis 2016, il a également siégé dans la direction de campagne du MCU pour la présidentielle de 2020.
Le point de bascule remonte aux dernières échéances électorales locales. Kossimatchi a choisi de soutenir une candidature dissidente pour la mairie de Bangui. Ce choix l’a mis en porte-à-faux direct avec la ligne officielle de sa propre formation politique. L’échec de cette candidature a immédiatement fragilisé sa position au sein du parti. Une période d’agitation interne s’en est suivie, révélant des lignes de fracture jusque-là contenues.
Les sorties de Kossimatchi sur les réseaux sociaux ont ensuite précipité sa marginalisation. Il s’en est pris directement à plusieurs ministres à travers des attaques personnelles. Ce mode opératoire n’est pas nouveau chez le communicant. En 2018 déjà, le Conseil supérieur de la communication l’avait sanctionné pour incitation à la violence et à la haine. Cette fois, les responsables gouvernementaux ont estimé que la limite avait été franchie. La justice a réagi avec une rapidité inhabituelle pour mettre fin à ces sorties médiatiques.
Kossimatchi dénonce un complot de ses “frères”
Face à cette condamnation, Kossimatchi rejette toute responsabilité. Il affirme que ce procès résulte de manœuvres orchestrées par ses anciens camarades de parti. Ses propos sont sans détour : « Ce sont mes frères, nous sommes tous dans le même parti politique au pouvoir. Et ce sont eux qui ont comploté contre moi. Il faut que je dise la vérité. »
Malgré sa démission du bureau politique du MCU, il revendique toujours sa fidélité à l’empereur. Il précise : « Je suis démissionné du bureau politique du MCU, mais je reste fidèle au président Touadéra, c’est l’unique président que je soutiens. »
Un appareil judiciaire pris dans les rivalités du pouvoir
Cette affaire illustre un phénomène récurrent en Centrafrique : la justice mobilisée pour trancher des querelles entre alliés d’hier. Les luttes de positionnement au sein du MCU s’intensifient et se jouent désormais à visage découvert. Pour de nombreux observateurs à Bangui, la mise à l’écart de Kossimatchi confirme les fractures profondes qui traversent l’appareil dirigeant. Ces tensions surviennent alors que le parti présidentiel cherche à préserver une unité de façade avant les prochaines échéances politiques.
Affaire à suivre.
La crise interne au sein du MCU se renforce avec la condamnation de Kossimatchi, illustrant les conflits politiques qui bouleversent le paysage centrafricain.
Bertrand Kenguetona nie puis avoue : les bâtiments universitaires sont-ils vraiment habitables ? Retour sur l’interview contradictoire et pathétique du secrétaire général de l’Université sur la radio Ndèkè-Luka
Bertrand Kenguetona, secrétaire général de l’Université de Bangui
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’interview de Bertrand Kenguetona, secrétaire général de l’Université de Bangui, a viré au naufrage verbal sur la radio Ndèkè-Luka : déni catégorique suivi d’aveux techniques qui démentent chaque phrase prononcée quelques minutes auparavant.
Reçu sur les ondes de la radio Ndèkè-Luka, Bertrand Kenguetona devait répondre à une interrogation précise concernant l’état de dégradation avancée des résidences estudiantines. Le journaliste a posé la question sans détour : « Les bâtiments du campus universitaire sont dans un état de délabrement avancé, ce qui empêche les étudiants d’étudier dans de bonnes conditions. Quelle solution l’administration universitaire propose-t-elle à ce problème ? »
La réponse du secrétaire général a d’abord consisté en un refus catégorique d’admettre la réalité décrite. Bertrand Kenguetona a déclaré que les bâtiments ne sont pas dans un état de dégradation avancée, et que si tel était le cas, les étudiants ne devraient tout simplement pas y habiter. Cette logique semblait claire selon lui : des infrastructures vraiment dégradées ne sauraient accueillir personne.
Pourtant, son raisonnement n’a tenu que quelques secondes avant de s’effondrer sous le poids des aveux qui ont suivi. Le même secrétaire général a enchaîné en reconnaissant que les bâtiments n’avaient bénéficié d’aucune MAINTENANCE depuis des années. Il a évoqué des difficultés répétées, des anomalies récurrentes et une incapacité manifeste à maintenir les infrastructures dans un état acceptable pour les occupants.
Puis, comme s’il prenait soudainement conscience de la gravité de la situation, il a dressé une liste accablante des carences techniques. Bertrand Kenguetona a parlé de vieillissement généralisé des installations, de chambres qui ne respectent aucune norme, de tuyauteries complètement hors service, de pannes électriques fréquentes et de matériels devenus totalement obsolètes. Malgré ce tableau désolant, il a confirmé que les étudiants continuent d’occuper l’ensemble des campus universitaires sans exception.
Ces aveux décrivent précisément une réalité matérielle qui contredit de manière claire son refus initial d’employer le terme de délabrement avancé. L’absence prolongée d’entretien qu’il reconnaît, les logements non conformes qu’il admet et les réseaux défaillants qu’il énumère confirment objectivement d’une usure profonde et dangereuse des structures. Comment peut-on nier la dégradation tout en décrivant minutieusement ses manifestations les plus graves ?
Cette contradiction n’est pas un simple glissement sémantique ou une maladresse de communication passagère. Bertrand Kenguetona, qui a lui-même été étudiant sur ce campus universitaire, connaît parfaitement la réalité de ces bâtiments et les conditions de vie qu’ils imposent. Il sait ce qu’est une chambre insalubre, une douche qui ne fonctionne pas, une installation électrique hasardeuse.
Pourtant, devant le micro, il a choisi de minimiser d’abord avant de reconnaître ensuite, comme s’il espérait que personne ne remarquerait l’incohérence. Après avoir admis toutes ces défaillances techniques, le secrétaire général a tenté de déplacer l’attention vers des promesses budgétaires lointaines. Il a mentionné des lignes financières inscrites dans la loi en préparation et annoncé qu’une entreprise serait sollicitée prochainement pour effectuer des travaux de réhabilitation.
Cette référence aux crédits futurs ne répond nullement à la question initiale qui portait sur la réalité actuelle vécue quotidiennement par les résidents. Elle n’explique pas pourquoi des bâtiments reconnus comme défectueux, dangereux et inhabitables selon sa propre logique continuent d’héberger des centaines d’étudiants sans aucune mesure d’urgence. Le budget ne colmate pas les fuites d’eau, ne répare pas les courts-circuits et ne rend pas les chambres conformes aux normes de sécurité.
Le double langage employé par l’administration montre une gêne certaine à assumer pleinement l’ampleur du problème devant l’opinion publique. D’un côté, le déni initial cherche manifestement à minimiser la responsabilité institutionnelle et à éviter toute critique directe de la gestion administrative. De l’autre, la reconnaissance détaillée des faits techniques trahit l’impossibilité de masquer une réalité trop visible et trop connue de tous.
Cette contradiction ne fait qu’aggraver la perception d’une gestion défaillante et d’un manque de considération pour la sécurité des étudiants. Les occupants continuent de vivre dans des conditions reconnues comme inappropriées par le responsable lui-même, sans qu’aucune action concrète ne soit engagée pour garantir leur protection immédiate. Ils subissent les conséquences d’une administration incapable de dire clairement les choses et d’agir en conséquence.