lundi, octobre 26, 2026
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Centrafrique : MSF réhabilite le service de médecine interne de l’hôpital de Carnot pour 69 millions de FCFA

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Médecins Sans Frontières (MSF) a mis en service, le 10 octobre 2026, le bâtiment rénové du service de médecine interne de l’hôpital de district de Carnot, dans la préfecture de la Mambéré. Les travaux ont coûté 69,2 millions de FCFA et visent à améliorer les conditions d’hospitalisation et de prise en charge des patients.

 

Un bâtiment rénové pour améliorer les soins à Carnot

 

La cérémonie officielle d’inauguration s’est déroulée en présence des autorités administratives et sanitaires, des représentants des communautés et des partenaires de l’établissement. Le projet a été réalisé par MSF en collaboration avec le ministère de la Santé et de la Population.

 

Centrafrique : MSF réhabilite le service de médecine interne de l’hôpital de Carnot pour 69 millions de FCFA
Dans une salle de l’hôpital de Carnot, dans la Mambéré

 

Selon MSF, cette réhabilitation répond au vieillissement des infrastructures et aux besoins d’amélioration de la qualité, de la sécurité et de l’hygiène dans les services hospitaliers.

À lire aussi : Tensions diplomatiques Tchad-RCA : vers une rupture des relations diplomatiques entre N’Djamena et le régime de Touadéra ?

 

« Cette réhabilitation contribue à améliorer durablement la qualité de l’accueil et des soins proposés aux patients, ainsi que les conditions de travail des équipes soignantes », a déclaré Virginie Napolitano, cheffe de mission de MSF.

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Le coût total des travaux s’élève à 69 279 706 FCFA, toutes taxes comprises. Ce montant comprend un contrat initial de 63 577 749 FCFA et un avenant de 5 701 956 FCFA.

 

Plus de 1 200 patients pris en charge en médecine interne en 2025

 

MSF accompagne l’hôpital de district de Carnot depuis 2009. Son soutien couvre plusieurs domaines médicaux, dont le VIH, le paludisme, la tuberculose, les maladies chroniques, la transfusion sanguine, la santé de la femme et la pédiatrie.

 

En 2025, l’organisation a pris en charge 1 224 patients hospitalisés en médecine interne. Sur les huit premiers mois de 2026, ce service a accueilli 867 patients.

 

Les besoins restent également importants en pédiatrie. En 2025, les urgences pédiatriques ont enregistré 8 321 passages de patients avec l’appui de MSF. De janvier à août 2026, ce chiffre s’établit à 4 104.

 

L’hospitalisation pédiatrique a, pour sa part, concerné 6 886 patients en 2025, contre 2 537 sur les huit premiers mois de 2026. L’unité thérapeutique nutritionnelle hospitalière a accueilli 520 patients en 2025 et 215 entre janvier et août 2026.

 

MSF fournit aussi de l’eau et de l’électricité à l’hôpital

 

Au-delà des soins médicaux, l’appui de MSF comprend plusieurs interventions logistiques destinées à améliorer le fonctionnement de l’établissement. L’organisation assure notamment la fourniture d’eau et d’électricité à l’ensemble de l’hôpital.

 

Elle intervient également dans la gestion des déchets biomédicaux et a contribué à la construction de douches et de latrines. Des espaces ont aussi été aménagés pour les accompagnants des patients.

 

Le représentant du ministre de la Santé et de la Population, le docteur Jean-Baptiste Madoundji, directeur général de la Pharmacie et de l’Organisation des soins, a salué cette collaboration.

 

« En finançant et en orchestrant la réhabilitation de ce bâtiment, vous prouvez une fois de plus que votre engagement en République centrafricaine va bien au-delà de l’urgence : il s’inscrit dans la durabilité et le renforcement des capacités de notre système de santé national », a-t-il déclaré.

 

Il a également rappelé que « l’accès à la santé n’est pas un privilège, c’est un droit fondamental ».

Médecins Sans Frontières collabore étroitement avec le ministère de la Santé pour moderniser les services de médecine interne de l’établissement.

 

Un service pédiatrique construit en 2025, des travaux en cours à la maternité

 

La réhabilitation du service de médecine interne s’ajoute à d’autres travaux engagés à l’hôpital de Carnot. En 2025, MSF a construit un service pédiatrique doté d’une capacité d’accueil pouvant atteindre 72 lits.

 

De son côté, le ministère de la Santé mène des travaux au bloc opératoire et à la maternité. MSF prévoit également d’installer de nouveaux panneaux solaires d’ici la fin de 2026.

 

L’organisation poursuit ainsi son appui à l’hôpital de district de Carnot, où les besoins concernent aussi bien les infrastructures que les équipements et la prise en charge des patients.

 

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Cent (100) jours de Moloua 3 : reportage sur le terrain, de Bangui à Bangassou

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Faustin ZAMÉTO, sociologue et analyste politique, a réalisé trois reportages consacrés aux 100 premiers jours du gouvernement Moloua III. De Bangui à l’axe Bangui-Bangassou, il a recueilli des témoignages sur le coût de la vie, le chômage et l’état des routes.

 

À KM5, les 100 jours mesurés par le prix du manioc

 

À 8 heures, le marché de KM5 est déjà animé. Les commerçants installent leurs marchandises et les clients négocient les prix. Faustin ZAMÉTO s’arrête auprès de Maman Denise, vendeuse de manioc depuis vingt ans. Il lui demande ce que représentent pour elle les 100 jours du gouvernement Moloua III.

100 jours de Moloua 3 : reportage sur le terrain, de Bangui à Bangassou
marché de Boy Rabe de Bangui 3 par corbeaunews centrafrique

 

« Moloua III ? C’est quoi ça encore ? Moi je connais le Premier ministre Moloua. Il est toujours là, non ? En tout cas, ma cuvette de manioc est toujours à 1 500 francs. Le sac de riz à 35 000 F. Rien n’a changé pour nous », répond-elle.

À lire aussi : Centrafrique : le préfet Francis Bangue Doungoupo quitte sa résidence de Ndélé en catastrophe après une nuit insolite

 

À quelques mètres, Rodrigue, 24 ans, pousseur et titulaire d’une licence en droit public obtenue en 2022, raconte sa situation professionnelle. Il affirme être toujours sans emploi depuis l’obtention de son diplôme.

À lire aussi : L’arnaque des pavillons africains : comment la flotte fantôme de Moscou pille les identités maritimes pour financer sa guerre en Ukraine

 

« 100 jours ? Mon frère, moi ça fait 1 500 jours que je pousse. On nous a dit que la jeunesse est au centre de la 7ème République. Je cherche le centre. Je ne le vois pas », témoigne-t-il.

 

Dans son reportage, Faustin ZAMÉTO rapproche ces témoignages des préoccupations déjà exprimées dans les médias sur le bilan social du gouvernement. Pour les personnes rencontrées à KM5, les changements annoncés au niveau politique ne se traduisent pas encore par une évolution de leurs conditions quotidiennes.

 

Sur l’axe Bangui-Bangassou, 734 kilomètres de difficultés

 

Le deuxième volet du reportage porte sur l’axe Bangui-Bangassou, long d’environ 734 kilomètres. Cette route constitue l’un des principaux corridors reliant Bangui aux préfectures de l’Ouaka, de la Basse-Kotto et du Mbomou.

 

Faustin ZAMÉTO indique ne pas avoir pu parcourir l’intégralité de l’itinéraire pendant la saison des pluies. Il a donc recueilli plusieurs témoignages auprès de personnes vivant ou travaillant sur cet axe.

 

Alphonse, instituteur à Alindao, décrit les difficultés rencontrées pour rejoindre Bangui afin de percevoir son salaire.

 

« Pour aller toucher mon salaire à Bangui, je dois payer 45 000 F de moto jusqu’à Bambari, puis 35 000 F de bus. 80 000 F pour aller toucher 180 000 F », explique-t-il.

 

Selon cet enseignant, le tronçon entre Bambari et Alindao devient particulièrement difficile pendant la saison des pluies. Il évoque également les difficultés des producteurs agricoles pour acheminer leur manioc et leur maïs vers les marchés.

 

À Bangassou, Maman Pauline, commerçante de poisson, décrit une autre conséquence de l’état de la route. Elle affirme que le transport de ses marchandises prend désormais beaucoup plus de temps.

 

« Mon poisson du Mbomou, avant, arrivait à Bangui en deux jours par la route. Maintenant, il faut sept à huit jours. Quand il arrive, il est pourri. On le jette », témoigne-t-elle.

 

Elle estime avoir perdu 300 000 francs CFA au cours du mois précédent et affirme que le transport d’un carton de poisson est passé de 15 000 à 30 000 francs CFA.

 

Célestin, chauffeur de poids lourd sur l’axe Bangui-Bangassou depuis quinze ans, décrit lui aussi les difficultés du trajet. Il cite notamment les ponts dégradés, les bourbiers et les difficultés rencontrées entre Bambari, Alindao et Bangassou.

 

« En 100 jours, pas un seul mètre de goudron. Pas un seul pont réparé. Pas une seule niveleuse vue », affirme-t-il.

 

Les témoignages recueillis par Faustin ZAMÉTO placent ainsi l’état des infrastructures routières au centre de son reportage sur les 100 premiers jours de Moloua III.

 

À Bangui, les mêmes 100 jours sont racontés autrement

 

De retour dans la capitale, Faustin ZAMÉTO recueille également les réactions de responsables politiques. Un député de la majorité présidentielle, qui demande à rester anonyme, défend le temps accordé au gouvernement.

 

« 100 jours, c’est rien. La 7ème République, c’est une œuvre de refondation. On ne refonde pas un pays détruit par 30 ans de crise en 100 jours », estime-t-il.

 

Le député ajoute que la stabilité constitue déjà, selon lui, un résultat à prendre en compte.

 

Un député du MLPC tient un discours différent. Il renvoie au bilan publié par son parti le 7 septembre et critique notamment la composition du gouvernement.

 

« 32 ministres, dont seulement 5 femmes. Où est la parité ? Où sont les compétences ? », demande-t-il, avant de qualifier le gouvernement de structure fondée sur le « copinage » et la « récompense politique ».

 

Le 15 septembre, le Premier ministre Félix Moloua s’est lui-même exprimé sur les 100 premiers jours de son gouvernement. Il a notamment évoqué la redevabilité et appelé certains fonctionnaires à davantage de responsabilité dans l’exercice de leurs fonctions.

 

Dans son reportage, Faustin ZAMÉTO met en parallèle ces déclarations institutionnelles avec les témoignages recueillis auprès des populations. D’un côté, les responsables politiques présentent les actions du gouvernement à travers les orientations de la 7ème République. De l’autre, les personnes interrogées parlent principalement du prix des produits, du chômage, des transports et de l’état des routes.

 

Trois reportages, trois réalités du pays

 

À travers ses trois reportages, Faustin ZAMÉTO retient plusieurs préoccupations exprimées par les personnes rencontrées ou contactées : le coût de la vie à Bangui, l’accès à l’emploi pour les jeunes et les difficultés de circulation sur les axes reliant la capitale aux villes de l’intérieur.

 

À KM5, Maman Denise parle du prix du manioc et du riz. À Alindao, l’instituteur Alphonse évoque le coût du déplacement pour percevoir son salaire. À Bangassou, Maman Pauline décrit les pertes liées au transport du poisson. Les témoignages convergent vers une même attente : voir les décisions prises à Bangui produire des effets concrets dans les villes et les villages.

 

Le reportage rappelle aussi que le gouvernement Moloua III est évalué après seulement 100 jours d’exercice. Les défenseurs de l’exécutif mettent en avant le temps nécessaire à la mise en œuvre des réformes, tandis que ses détracteurs attendent des résultats visibles sur les conditions de vie et les infrastructures.

 

Faustin ZAMÉTO, sociologue et analyste politique, a réalisé ce reportage le 16 septembre 2026 à partir de ses observations à Bangui et des témoignages recueillis sur l’axe Bangui-Bangassou. Actions disponibles

 

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Carburant en RCA : les contrevérités d’Alain Foka et Jules Njawe pour protéger Touadéra de sa mauvaise gestion

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Alain Foka et Jules Njawe ont défendu le gouvernement centrafricain après la hausse des prix des hydrocarbures, en invoquant le marché mondial et la dépendance de la République centrafricaine aux importations. Plusieurs affirmations avancées dans leur échange sont pourtant contredites par les faits.

 

Jules Njawe affirme notamment que la hausse des prix du carburant serait essentiellement la conséquence d’une situation internationale sur laquelle les autorités centrafricaines n’auraient aucune prise. Il va jusqu’à présenter la politique du président Faustin-Archange Touadéra comme une réponse adaptée à la crise et à louer son « génie conceptuel et imaginaire ».

 

Carburant en RCA : les contrevérités d’Alain Foka et Jules Njawe pour protéger Touadéra de sa mauvaise gestion
Le camerounais Jules Njawé, conseiller du Président centrafricain Faustin Archange Touadera

 

Un prix de 3 euros en France qui ne correspond pas aux chiffres

 

Pour justifier son argument, Jules Njawe affirme que le carburant coûterait aujourd’hui « 3 euros et plus » le litre en France, soit près de 2 200 francs CFA.

À lire aussi : Yves Sanghamy réplique : « Ce n’est pas l’URCA qui siège aux côtés des chefs rebelles ou les reçoit au palais », rejetant toute responsabilité de l’opposition dans l’instabilité du pays

 

Cette affirmation ne correspond pas aux données disponibles. Les prix du carburant en France restent inférieurs à ce niveau pour les principaux carburants vendus à la pompe. La comparaison utilisée pour expliquer aux Centrafricains que la hausse serait inévitable repose donc déjà sur un chiffre contestable.

À lire aussi : Crise politique et sociale en Centrafrique : La COSCIPAC et son Coordonnateur National, Petit Delphin KOTTO, dénoncent vivement le refus du dialogue politique par le pouvoir en place

 

La France ne « contrôle » pas tout le pétrole africain

 

Jules Njawe affirme également que « la France contrôle tout le carburant et tout le pétrole de l’Afrique », en citant notamment TotalEnergies parmi les multinationales françaises opérant dans le secteur.

 

TotalEnergies occupe effectivement une place importante dans le secteur énergétique africain. L’entreprise est présente dans plusieurs pays du continent et participe à des activités d’exploration, de production, de raffinage et de distribution.

 

Ces éléments ne permettent pas de conclure que la France contrôle « tout le pétrole » ou « tout le carburant » africain. TotalEnergies est une entreprise internationale et ses activités sont réalisées dans différents pays, selon les législations et les contrats conclus avec les États concernés.

 

Le marché mondial n’explique pas à lui seul la politique des prix en RCA

 

Il est exact que les prix des produits pétroliers sont influencés par les cours internationaux du pétrole brut, les coûts de raffinage, le transport, la fiscalité et d’autres paramètres.

 

Présenter cette réalité comme si elle supprimait toute responsabilité des autorités nationales constitue en revanche un raccourci.

 

Un gouvernement dispose de plusieurs leviers sur la fiscalité, la structure des prix, les mécanismes de compensation, les droits et taxes appliqués aux importations et les mesures destinées à protéger les consommateurs.

 

La question centrale pour la RCA n’est donc pas uniquement de savoir si le pétrole augmente sur le marché international. Il faut aussi examiner comment cette hausse est répercutée sur le prix payé par les automobilistes, les transporteurs et les entreprises centrafricains.

 

Une défense politique plutôt qu’une démonstration économique

 

Dans son intervention, Jules Njawe affirme que l’augmentation n’est « pas la faute » du président Touadéra, de la ministre ou des autorités centrafricaines. Il attribue directement la situation au marché mondial et aux conséquences des guerres internationales.

 

Cette présentation écarte une partie du débat. La RCA dépend fortement des importations de produits pétroliers et ne dispose pas encore d’une production nationale permettant de couvrir ses besoins. Le gouvernement peut donc agir sur les conditions d’importation et sur la formation du prix intérieur, même s’il ne maîtrise pas les cours mondiaux.

 

Jules Njawe explique également que le pétrole brut extrait du sous-sol doit recevoir des « produits ajoutés » avant de devenir du gasoil, du kérosène ou de l’essence. L’idée générale selon laquelle le pétrole brut doit être raffiné pour produire différents carburants est correcte.

 

Cette explication ne suffit pas à démontrer que chaque hausse du carburant à la pompe serait automatiquement imposée au consommateur centrafricain.

 

Jules Njawe et Alain Foka défendent la politique du président Faustin-Archange Touadéra face aux critiques sur la hausse des prix des hydrocarbures.

L’éloge de Touadéra ne remplace pas les chiffres

 

Au terme de son intervention, Jules Njawe va plus loin en présentant la politique du président Touadéra comme le résultat d’un « génie conceptuel et imaginaire » ayant permis de trouver « le juste milieu » pour protéger les plus pauvres.

 

Cette conclusion relève davantage du plaidoyer politique que de l’analyse du mécanisme des prix pétroliers.

 

Alain Foka, ancien journaliste de Radio France Internationale devenu producteur de contenus numériques, accompagne ce discours dans un échange qui tend à déplacer la responsabilité de la hausse vers des facteurs extérieurs : marché mondial, multinationales, guerres internationales et dépendance aux importations.

 

Reconnaître l’influence du marché international ne dispense pas d’examiner les décisions nationales. Pour les consommateurs centrafricains, le résultat reste concret : le prix payé à la pompe dépend à la fois du coût d’approvisionnement et des mécanismes nationaux qui déterminent la manière dont ce coût est répercuté.

 

La discussion entre Alain Foka et Jules Njawe présente ainsi plusieurs affirmations comme des évidences alors qu’elles nécessitent d’être vérifiées. La comparaison avec la France repose sur un prix présenté de manière contestable, l’idée d’un contrôle français de l’ensemble du pétrole africain est excessive et l’attribution de la hausse au seul marché mondial ne suffit pas à expliquer la politique des prix appliquée en République centrafricaine

 

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Hausse du carburant : Faustin-Archange Touadéra demande aux Centrafricains « d’avoir un peu plus de patience »

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Faustin-Archange Touadéra demande aux Centrafricains de patienter face à la nouvelle hausse des prix du carburant, alors que cette décision alourdit directement les dépenses des ménages et des entreprises.

 

De retour à Bangui après plusieurs jours à l’étranger, Faustin-Archange Touadéra a défendu la décision du gouvernement d’augmenter les prix à la pompe. Il a principalement invoqué la hausse des cours internationaux du pétrole, dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient.

 

Hausse du carburant : Faustin-Archange Touadéra demande aux Centrafricains « d’avoir un peu plus de patience »
Manifestation contre le troisieme mandat de Faustin Archange Touadera

 

« Nous demandons à nos compatriotes d’avoir un peu plus de patience », a déclaré Faustin-Archange Touadéra.

 

À lire aussi : L’alliance toxique de Wagner : la résurgence des figures de l’UPC et des 3R au cœur du dispositif sécuritaire russe en Centrafrique

Le message intervient alors que les conséquences de la hausse sont déjà perceptibles dans le quotidien des Centrafricains. Le carburant ne concerne pas seulement les automobilistes. Son prix influence directement le transport, l’acheminement des marchandises, les activités des entreprises et, par effet de chaîne, les prix des produits de première nécessité.

 

À lire aussi : « L’URSS libérait l’Afrique, Wagner la pille » : Martin Ziguelé brise le tabou de la présence russe

Faustin-Archange Touadéra estime que la République centrafricaine dispose de peu de marges de manœuvre puisqu’elle ne produit pas de pétrole et dépend des importations. Il affirme que les marketeurs achètent le carburant sur le marché international à des prix désormais plus élevés.

 

À lire aussi : Au Vatican, j’ai vu Touadéra et sa délégation dans les ténèbres : le révérant Pasteur Nicolas Talingano raconte ce qu’il dit avoir vu après la visite de Touadéra à Vatican

Cette dépendance explique une partie du problème, mais elle ne répond pas à toutes les interrogations sur le prix payé à la pompe. Le coût final du carburant dépend aussi des conditions d’importation, des frais appliqués, des taxes, des marges et du mécanisme retenu par l’État pour fixer les prix.

 

À lire aussi : Santé en Afrique : les grands défis d’un continent face à des besoins croissants

Le chef de l’État affirme par ailleurs que le gouvernement avait maintenu les anciens prix pendant plusieurs mois avant de se résoudre à les augmenter. Selon lui, cette politique avait contraint l’État à supporter une partie du coût réel du carburant.

 

Il avance notamment le chiffre de 350 francs CFA par litre, que l’État aurait dû prendre en charge pour maintenir le gasoil à 1 250 francs CFA. Faustin-Archange Touadéra estime que cette charge n’est désormais plus supportable pour le Trésor public.

 

Cette affirmation appelle toutefois à davantage de précisions. Quel volume de carburant est concerné ? Quel montant l’État a-t-il effectivement dépensé ? Depuis quelle date cette prise en charge existe-t-elle ? Et sous quelle forme comptable cette dépense apparaît-elle dans les finances publiques ?

 

Ces questions sont importantes, car le gouvernement avait déjà procédé à une profonde réforme du prix des carburants en 2023. À l’époque, les autorités avaient notamment justifié la hausse par la nécessité de mettre fin au coût de la subvention et de rétablir les recettes publiques liées aux produits pétroliers.

 

La situation actuelle nécessite donc de distinguer la hausse du prix international du pétrole et les mécanismes internes qui déterminent le prix payé par les consommateurs centrafricains.

 

Faustin-Archange Touadéra a également donné une dimension politique à la contestation. Il estime que certains acteurs profitent de la hausse pour mobiliser la population contre le pouvoir.

 

« Il y en a qui surfent sur ça pour mettre la population dans la rue », a-t-il déclaré.

 

Le chef de l’État justifie la révision des prix du carburant par la flambée des cours sur le marché international, pesant lourdement sur le Trésor public.

Cette lecture politique intervient alors que les difficultés économiques provoquées par la hausse touchent directement les travailleurs, les transporteurs, les commerçants et les entreprises. Pour une grande partie de la population, la question ne se limite donc pas au débat politique. Elle concerne le coût quotidien du déplacement, de l’alimentation et de l’activité économique.

 

Faustin-Archange Touadéra appelle malgré tout les Centrafricains à patienter et estime que le gouvernement doit désormais travailler avec les travailleurs et les entreprises sur les conséquences de la hausse.

 

Reste une question centrale : combien de temps les ménages et les entreprises pourront-ils absorber cette nouvelle hausse alors que leurs revenus ne progressent pas au même rythme que les coûts du transport et des marchandises ? 

 

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N’Djamena lance un sévère avertissement à Bangui suite à une attaque des mercenaires russes du groupe Wagner sur son territoire et convoque l’ambassadeur centrafricain

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Le gouvernement tchadien a convoqué, ce dimanche, l’ambassadeur de la République centrafricaine au Tchad, Jean-Bernard Léopold, pour lui signifier la protestation officielle de N’Djamena après une attaque menée par des mercenaires russes du groupe Wagner sur son territoire. L’incursion, survenue dans la localité d’Amnabaka, a fait seize blessés graves parmi les soldats tchadiens déployés à la frontière, ainsi que plusieurs morts civils tués par les bombardements russes. Par la voix de son ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine, Amat Kogri, le Tchad condamne fermement cet acte qu’il qualifie d’atteinte à son intégrité territoriale et de menace pour la paix et la stabilité dans la zone frontalière.

 

Les faits : une offensive préparée depuis Birao

 

Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, l’attaque a été lancée le samedi 10 octobre 2026 par plus d’une cinquantaine de mercenaires russes du groupe Wagner, appuyés par leurs supplétifs surnommés « Wagner noirs » ou « Russes noirs », ainsi que par des combattants rebelles tchadiens. L’objectif affiché était de déloger les positions du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) dans la région frontalière de Nabagaye-Tissi, au nord-est de la République centrafricaine.

N’Djamena lance un sévère avertissement à Bangui suite à une attaque des mercenaires russes du groupe Wagner sur son territoire et convoque l’ambassadeur centrafricain
Un hélicoptère russe MI-17 avec à son bord des paramilitaires russes

 

Les préparatifs de l’opération ont commencé dans la nuit du vendredi au samedi. Une cinquantaine de mercenaires russes ont quitté Birao vers 2 heures du matin à bord d’un hélicoptère pour rejoindre Boromata. Le mouvement s’est poursuivi vers 3 heures du matin, en toute discrétion, afin de surprendre les positions du FPRC.

À lire aussi : Centrafrique : ville morte du lundi 12 octobre 2026, « Restez chez vous à la maison et ce n’est pas un crime » : la société civile corrige et ridiculise les menaces du ministre Évariste Ngamana

 

L’opération a bénéficié d’une géolocalisation précise grâce au général Youssouf Sakhayroun, qui a fourni les numéros de téléphone des chefs du FPRC. Ces renseignements ont permis d’orienter immédiatement les bombardements aériens et les tirs de drones sur les bases visées. Les bombardements intensifs ont devancé l’assaut terrestre, mené conjointement par les mercenaires russes, leurs supplétifs et les combattants rebelles tchadiens.

À lire aussi : Centrafrique : « À une loi injuste, nul n’est tenu d’obéir », déclare un centrafricain qui défend la ville morte du 12 octobre contre la hausse chaotique du prix du carburant

 

Les combattants du FPRC présents sur le site ont opposé une forte résistance jusqu’à 17 heures, parvenant à détruire un drone ennemi et à infliger des pertes mortelles aux mercenaires russes et à leurs supplétifs. Quatre combattants du FPRC sont morts au combat.

 

Des bombardements russes tuent des civils et blessent seize soldats tchadiens

 

C’est dans ce contexte que l’offensive a directement touché le territoire tchadien. Les bombardements russes ont tué plusieurs civils tchadiens dans la zone frontalière, semant la terreur parmi les populations locales.

 

Alertés par les détonations à la frontière, des soldats tchadiens chargés de la surveillance du secteur de Tissi se sont avancés à bord d’un pick-up pour observer la situation. Ces soldats se trouvaient strictement sur leur territoire national, séparé du secteur centrafricain par une démarcation naturelle de moins d’un mètre.

 

Les mercenaires russes ont ouvert le feu depuis leur hélicoptère sur le véhicule militaire tchadien. Les tirs ont blessé seize soldats tchadiens positionnés dans leur propre pays. Ces soldats, qui assurent la sécurité de la frontière, ont été touchés alors qu’ils n’étaient engagés dans aucun combat et se trouvaient en mission de surveillance sur le sol tchadien.

 

Cet acte de provocation démontre la gravité et l’ampleur transfrontalière de cette opération militaire. Il constitue, selon les autorités tchadiennes, une violation flagrante de la souveraineté du Tchad et une menace directe pour la sécurité des populations frontalières.

 

La réaction officielle de N’Djamena

 

Face à cette situation, le gouvernement tchadien a réagi avec fermeté. L’ambassadeur de la République centrafricaine au Tchad, Jean-Bernard Léopold, a été convoqué par le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine, Amat Kogri, afin de lui signifier la protestation officielle du Tchad.

 

Par la voix du ministre d’État, le gouvernement tchadien condamne fermement cet acte qu’il considère comme une atteinte à l’intégrité territoriale du Tchad. Les autorités tchadiennes estiment également que cet incident constitue une menace pour la paix et la stabilité dans cette zone frontalière.

 

À travers la convocation de l’ambassadeur centrafricain, le gouvernement tchadien entend adresser une mise en garde aux autorités centrafricaines et rappeler la nécessité du respect strict de son intégrité territoriale ainsi que du maintien de bonnes relations entre les deux pays.

 

Wagner et les rebelles tchadiens au cœur de l’opération

 

L’enquête confirme l’alliance nouée par Wagner avec deux chefs rebelles tchadiens : Nouradine Adam et Hamdan-Daak. Ces deux responsables ont mis leurs hommes à la disposition de la compagnie paramilitaire russe pour mener l’assaut dans la zone des trois frontières.

 

Nouradine Adam, issu de l’ethnie wadaï, se trouverait actuellement à Amdoukoun, au Soudan, près de la frontière tchadienne, aux côtés des éléments des Forces de soutien rapide (FSR). Hamdan-Daak a récemment quitté les rangs des FSR tout en maintenant ses hommes au Darfour. Après un passage en Libye, il séjournerait en Turquie pour rechercher des financements et des armements.

 

L’objectif central de Wagner consiste à chasser le FPRC de cette zone stratégique qu’il contrôle depuis 2013, soit depuis treize ans, pour y installer les rebelles tchadiens. Ces positions serviront de base arrière permanente pour lancer de futures attaques contre N’Djamena.

 

Une position frontalière convoitée pour sa valeur stratégique

 

La zone de Nabagaye-Tissi offre un point de contrôle majeur aux confins de la République centrafricaine, du Tchad et du Soudan. Le FPRC y verrouille les accès depuis 2013 et bloque l’implantation de groupes armés affiliés à Wagner.

 

La manœuvre de Wagner vise à remplacer le FPRC par des rebelles tchadiens entraînés et armés, afin d’établir un point d’appui direct contre le Tchad. Cette offensive s’intègre, selon plusieurs observateurs, dans un grand complot orchestré par Wagner depuis le Niger, le Mali, le Burkina Faso et la Centrafrique pour déstabiliser le Tchad et étendre son emprise régionale.

Cette incursion menée par le groupe Wagner a provoqué des blessés parmi les soldats tchadiens et constitue une violation directe de l’intégrité territoriale du Tchad.

 

Une version officielle centrafricaine contredite par les faits

 

Le ministère centrafricain de la Défense a affirmé le 10 octobre avoir mené une opération préventive avec l’appui de spécialistes russes pour neutraliser une menace étrangère dans la Vakaga. Plusieurs médias ont relayé cette version des faits.

 

Cependant, les constatations réunies par la rédaction du CNC montrent une réalité tout autre : une attaque préméditée contre le FPRC avec le concours de rebelles tchadiens, complétée par des bombardements russes ayant tué des civils tchadiens et blessé seize soldats tchadiens en territoire voisin. Cette contradiction entre le discours officiel de Bangui et les faits établis soulève de graves questions sur la transparence des autorités centrafricaines et sur leur responsabilité dans cet incident.

 

Un avertissement qui ne doit pas être ignoré

 

La convocation de l’ambassadeur centrafricain constitue un signal clair adressé à Bangui. Le Tchad, qui a jusqu’ici fait preuve de retenue, entend rappeler que sa patience a des limites. Les seize soldats tchadiens blessés et les civils tués ne sont pas de simples chiffres : ils sont le symbole d’une violation répétée de la souveraineté d’un État qui, jusqu’à présent, a choisi la voie diplomatique.

 

Le gouvernement tchadien, par la voix de son ministre d’État aux Affaires étrangères, a été explicite : il exige le respect strict de son intégrité territoriale et le maintien de bonnes relations entre les deux pays. Mais cet avertissement ne restera pas sans conséquences si les mercenaires russes et leurs alliés persistent dans cette logique d’aventurisme frontalier.

 

La communauté internationale, les organisations régionales et les partenaires du Tchad sont désormais appelés à prendre la mesure de cette crise. Car au-delà du Tchad et de la Centrafrique, c’est la stabilité de toute la bande sahélo-saharienne qui est en jeu.

 

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Centrafrique : la ville morte suivie à 80 % à Bangui malgré les tentatives du gouvernement

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La journée « ville morte » du 12 octobre 2026 est suivie à environ 80 % à Bangui, selon les constatations de la rédaction de Corbeau News Centrafrique (CNC). Écoles largement désertées, circulation fortement perturbée et marchés privés de clients : le mot d’ordre lancé par le Consortium de la société civile pour protester contre la hausse des prix du carburant a considérablement ralenti les activités dans la capitale.

 

Une circulation fortement perturbée dans les quartiers

 

Dès les premières heures de la matinée, plusieurs quartiers de Bangui ont enregistré une baisse importante de la circulation. Dans les rues de Castors, de Sica et dans plusieurs secteurs du sud et de l’est de la capitale, les déplacements étaient nettement moins fréquents que d’habitude.

Centrafrique : la ville morte suivie à 80 % à Bangui malgré les tentatives du gouvernement

 

Les taxis-motos, qui assurent une grande partie des déplacements urbains, étaient moins nombreux à circuler. Seuls quelques axes, notamment autour de l’avenue des Martyrs et de la station-service du même nom, connaissaient encore des mouvements relativement importants.

À lire aussi : Centrafrique : la COSCIPAC rejoint l’appel à la ville morte du 12 octobre contre la vie chère

 

Cette circulation autour de la station des Martyrs s’expliquait notamment par l’opération de distribution gratuite de carburant organisée en faveur de certains conducteurs de taxis-motos. De longues files se sont formées devant la station, provoquant des attroupements et des tensions entre les conducteurs servis et ceux qui attendaient encore.

À lire aussi : Centrafrique : un mort et deux blessés parmi les mercenaires russes après une embuscade près de Mbrés

 

Des écoles désertées et des marchés sans clients

 

Dans plusieurs établissements scolaires publics et privés, les salles de classe étaient vides ou accueillaient très peu d’élèves. De nombreux enseignants n’ont pas rejoint leur poste. Plusieurs familles ont également préféré garder leurs enfants à la maison.

 

Sur les marchés et dans les commerces du centre-ville, les vendeurs étaient présents, mais les clients se faisaient rares. Plusieurs commerçants ont constaté une baisse importante de la fréquentation. Certains envisageaient de rentrer chez eux faute de ventes suffisantes.

 

Ces observations effectuées par la rédaction du CNC indiquent une adhésion importante au mot d’ordre, même si la mobilisation n’a pas été totale dans tous les secteurs de la capitale.

 

Le gouvernement tente de maintenir les activités

 

Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, le gouvernement a convoqué dimanche six centrales syndicales pour des discussions avec les autorités. Des déclarations communes ont ensuite été publiées, dans le but de maintenir les activités.

 

Le ministre de la Communication, Évariste Ngamana, a également rencontré des délégués des taxis-motos. D’après les informations recueillies par le CNC, des sommes d’argent leur auraient été remises pour encourager les conducteurs à continuer de travailler. Plusieurs conducteurs ont contesté la démarche de leurs représentants et exprimé leur désaccord.

 

Une autre opération a ensuite consisté à distribuer gratuitement du carburant à des conducteurs de taxis-motos afin de favoriser la circulation dans la capitale. Cette initiative a provoqué un important rassemblement devant la station-service des Martyrs. Des conducteurs ont attendu plusieurs heures sans recevoir le carburant annoncé, tandis que d’autres se sont plaints de ne pas avoir été servis.

 

Cette opération n’a pas permis de rétablir la circulation habituelle dans les quartiers. Les mouvements autour de la station ont surtout provoqué des attroupements et des tensions entre les conducteurs.

 

Le carburant gratuit ne répond pas à la revendication

 

Plusieurs conducteurs rencontrés sur place ont estimé que la distribution gratuite de carburant ne règle pas le problème de fond. Ils demandent au gouvernement de revoir les prix à la pompe, qu’ils jugent trop élevés au regard de leurs revenus et du coût de la vie.

 

Pour ces conducteurs, une distribution ponctuelle ne peut pas remplacer une baisse durable des prix. Certains ont même refusé de considérer le carburant offert comme une solution à leurs difficultés quotidiennes.

 

La rédaction du CNC a également recueilli des informations faisant état de mécontentements parmi les conducteurs qui n’ont pas reçu de carburant. La tentative de maintenir une partie des taxis-motos en circulation n’a donc pas empêché le ralentissement des activités dans plusieurs quartiers.

 

Radio Ndéké Luka confirme le ralentissement des activités

 

Face à la hausse des prix du carburant et à la flambée du coût de la vie, les conducteurs de taxis-motos maintiennent la pression malgré les manœuvres du gouvernement.

Dans un reportage consacré à cette journée, Radio Ndéké Luka confirme la faible fréquentation des rues et des commerces de Bangui. La radio décrit des passants moins nombreux que d’habitude, des clients rares au centre-ville et des conducteurs de taxis-motos rassemblés devant la station des Martyrs pour recevoir du carburant gratuit. Plusieurs témoignages recueillis par ses journalistes font également état du mécontentement provoqué par la hausse des prix à la pompe.

 

Le reportage relève aussi une fréquentation réduite dans plusieurs écoles et à l’hôpital communautaire. La situation reste toutefois contrastée dans certains services administratifs, où des fonctionnaires ont rejoint leur poste. Ces observations rejoignent celles de la rédaction du CNC sur le suivi important du mot d’ordre, sans arrêt total des activités dans toute la capitale.

 

Une première étape pour les organisateurs

 

La journée du 12 octobre a été décrétée par le Consortium de la société civile pour protester contre l’augmentation des prix du carburant et ses conséquences sur le coût de la vie. À Bangui, les constatations de la rédaction du CNC font état d’une adhésion estimée à 80 %, malgré la présence de fonctionnaires dans certains services, l’ouverture de commerces et la circulation de quelques véhicules.

 

Des habitants rencontrés sur le terrain ont salué l’initiative et considéré cette journée comme une première étape. Selon eux, la mobilisation pourrait se poursuivre si les autorités ne répondent pas aux revendications portant sur les prix du carburant et le coût de la vie.

 

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Centrafrique : les en-dessous de l’accord de pacotille signé un dimanche entre le gouvernement et des syndicats aux ordres

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Pris de court par la mobilisation imminente de la « ville morte » lundi 12 octobre et nageant en pleine panique dans la tourmente, le régime de l’empereur Faustin-Archange Touadéra multiplie les manœuvres de diversion. Ce dimanche 11 octobre 2026, un jour chômé et non ouvrable, le gouvernement a précipitamment convoqué une mise en scène grotesque en signant une « déclaration conjointe » avec des centrales syndicales acquises à sa cause.

 

Objectif avoué de cette comédie : faire croire aux travailleurs que leurs revendications encore dans l’air ont enfin été entendues, alors qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un pacte de dupes sans lendemain.

 

Centrafrique : les en-dessous de l'accord de pacotille signé un dimanche entre le gouvernement et des syndicats aux ordres
Le Premier ministre centrafricain Felix Moloua devant les elus de la Nation ce 24 aout 2022

 

C’est une véritable entente de pacotille pour briser la fronde sociale alors que la grogne monte face à la hausse brutale et asphyxiante des prix du carburant à la pompe.

 

L’exécutif espère désespérément étouffer l’appel à la résistance citoyenne en agitant un prétendu dialogue social qui n’existe pas dans ce pays sous ce régime depuis 10 ans déjà. En s’asseyant un dimanche autour d’une table à vin, assiettes de poulets grillés et enveloppes de billets de banque dans les mallettes à côté, avec des structures syndicales corrompues et proches du pouvoir, le gouvernement cherche à semer la division et à faire douter les travailleurs et les transporteurs sur la marche à suivre pour ce lundi 12 octobre.

À lire aussi : Centrafrique : Le Fonds humanitaire débloque 17,2 millions de dollars en 2025 pour faire face aux crises persistantes dans le pays

 

Pendant ce temps, les miliciens « requins » du pouvoir sont dans les quartiers aux aguets. Pourtant, à y regarder de près, le texte de cet accord signé sous haute pression et précipitation ne propose absolument rien de concret, vraiment RIEN.

À lire aussi : Le sous-préfet de Zemio, Jusselin Bolamba, annonce le retour massif des populations réfugiées à Zapay

 

Derrière les belles phrases sur le « partenariat social » et les vagues promesses d’intégrer des propositions inexistantes dans un hypothétique plan d’urgence, la réalité vécue par les ménages centrafricains reste inchangée : la cherté de la vie est maintenue, et la vie chère s’installera durablement.

 

Cet énième accord de façade met en lumière le cynisme de certains responsables syndicaux inféodés aux intérêts personnels. Loin de défendre le panier de la ménagère ou les intérêts profonds des salariés, ces figures syndicales de connivence, dont plusieurs sont par ailleurs propriétaires de véhicules commerciaux et de flottes de transport dans le pays, négocient d’abord pour leur propre compte. Leur préoccupation majeure se résume souvent à des arrangements sectoriels de transport ou à des promesses de révision du statut de la fonction publique, brandies comme un mirage.

 

Dans une déclaration commune qu’ils ont signée entre eux, ils demandent l’augmentation des prix de transport et l’augmentation de leurs salaires en réclamant la signature du décret d’application de la loi sur la fonction publique votée et bloquée à la présidence, au lieu de demander celui qui va faire appliquer la loi sur la libéralisation du commerce pétrolier, également bloquée au Palais par l’influent conseiller russe des mercenaires de Wagner.

 

Une telle posture sonne comme une provocation lorsque l’on sait que la fonction publique ne représente qu’une infime minorité de la population active du pays, à peine 0,80 % des travailleurs.

 

Pendant que ces prétendus délégués syndicaux signent des déclarations de complaisance dans les ministères un jour de repos, l’immense majorité des fonctionnaires, des enseignants, des commerçants, des conducteurs de taxis-motos, des éleveurs et des paysans agriculteurs subissent de plein fouet l’asphyxie économique du pays. En multipliant ces accords de façade et en instrumentalisant des syndicats corrompus, le pouvoir de Bangui démontre qu’il a perdu le contact avec la réalité et toute vision sur sa population en détresse.

 

Cette agitation dominicale ne trompe personne : elle traduit la peur panique d’un régime qui vacille face à la détermination populaire, et l’esprit saint est absent de cette mascarade.

 

Ni les communiqués intempestifs des ministères en cascade, ni les accords signés en catimini un dimanche, jour du Seigneur, ne pourront effacer la faillite économique et morale de la « 7e République ».

La grogne sociale persiste face à la cherté de la vie et à la faillite économique orchestrée par le pouvoir en place à Bangui.

 

Le peuple centrafricain, asphyxié par la cherté de la vie et le mépris de ses dirigeants, sait que le salut ne viendra pas de ces arrangements de couloirs, mais de la cohésion et de la dignité de la rue.

 

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Tensions diplomatiques Tchad-RCA : vers une rupture des relations diplomatiques entre N’Djamena et le régime de Touadéra ?

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​Les bavures à répétition et l’aventurisme militaire des mercenaires russes du groupe Wagner et de leurs supplétifs au niveau des zones frontalières viennent de franchir un seuil critique. Ce dimanche 11 octobre 2026, le gouvernement tchadien a officiellement convoqué l’ambassadeur de la République centrafricaine à N’Djamena pour lui exprimer une « ferme mise en garde » à la suite d’une nouvelle incursion armée et de bombardements menés sur son territoire.

 

​Face à ce feu diplomatique qui couve, une question balade désormais dans toutes les chancelleries : s’achemine-t-on vers une rupture formelle des relations diplomatiques entre N’Djamena et Bangui ?

 

Tensions diplomatiques Tchad-RCA : vers une rupture des relations diplomatiques entre N’Djamena et le régime de Touadéra ?
des militaires tchadiens

 

​Des bombardements signés Wagner couverts par Bangui.

 

​L’origine de cet embrasement diplomatique remonte aux récentes opérations militaires menées dans la préfecture de la Vakaga le 10 octobre dans la zone stratégique des trois frontières (Tchad, Soudan, RCA). Dès le début des frappes aériennes et des tirs d’artillerie orchestrés par les mercenaires russes de Wagner, le pouvoir de Bangui s’est empressé de produire un communiqué officiel du ministère de la Défense Nationale, signé par la générale de brigade Ghislaine Léa Yangongo, pour habiller ces exactions d’une prétendue « opération préventive contre une menace imminente ».

À lire aussi : Ngamana aux Centrafricains : “pardon, ne faites pas la grève, sortez-vous travailler pour payer l’essence que nous avons augmentée le prix. Le problème de votre pauvreté ne nous regarde pas

 

​En réalité, selon nos sources à CNC, il s’agit d’une tentative grossière de légitimer a posteriori les agissements incontrôlés des paramilitaires russes qui, sous prétexte d’attaquer des rebelles imaginaires, violent la souveraineté des pays voisins et sèment la terreur auprès des populations civiles.

À lire aussi : Hausse du prix du carburant : Quentin NGOUANDO et Elysée NGUEMALE alertent sur le risque de chômage technique dans les entreprises

 

​N’Djamena tape sur la table : le Tchad va-t-il appliquer le droit de poursuite ?

 

​Cette nouvelle provocation passe très mal du côté de la capitale tchadienne. Le gouvernement tchadien avait déjà lancé par le passé un dernier avertissement solennel au pouvoir de l’empereur président Faustin-Archange Touadéra, prévenant qu’il s’agissait du « dernier avertissement » avant des ripostes directes.

 

​Selon le gouvernement tchadien, à la moindre escarmouche supplémentaire, N’Djamena se réservera le droit d’exercer un droit de poursuite militaire transfrontalière jusqu’à la dernière tranchée des assaillants, qui ne sont autres que les mercenaires russes de Wagner opérant sous la bannière des FACA.

 

​Le Tchad mettra-t-il sa menace à exécution cette fois-ci ?

 

Rien ne permet de l’affirmer avec certitude au moment où nous mettons cet article en ligne. Toutefois, une source militaire tchadienne de haut niveau interrogée par CNC tempère l’absence d’annonces publiques :

 

​« En matière militaire, lorsqu’un État décide d’exercer un droit de poursuite ou d’engager une riposte militaire d’envergure, il ne le communique pas à l’avance. Toutefois et c’est un secret de Polichinelle aujourd’hui, le Tchad dispose de tous les moyens tactiques et logistiques nécessaires pour accomplir avec succès ses menaces s’il décide de passer à l’action sur le terrain. »

 

​Du côté de Bangui, un cadre du ministère centrafricain des Affaires étrangères, s’exprimant sous couvert d’anonymat auprès de la rédaction de CNC, juge l’exécution immédiate de cette menace encore prématurée. Selon ce diplomate, N’Djamena évalue l’équation sécuritaire avec beaucoup de pragmatisme :

 

“Il y a une forte communauté tchadienne installée en Centrafrique, et le gouvernement tchadien sait pertinemment que ce sont les mercenaires russes qui tiennent les rênes du pouvoir à Bangui. Tout début d’attaque directe du Tchad en territoire centrafricain ferait peser un danger de mort subite sur leurs propres ressortissants ici. »

 

​Une analyse partagée par d’autres observateurs :

 

” si le Tchad dispose incontestablement des moyens tactiques et logistiques pour accomplir ses menaces s’il doit passer à l’action, aucune mesure radicale n’a pour l’instant été actée, l’ambassadeur du Tchad en RCA n’étant même pas encore formellement rappelé à ce stade”.

 

Le régime de Faustin-Archange Touadéra tente de justifier les actions des mercenaires russes malgré les graves répercussions régionales.

Mais toutefois, un ​ouragan de panique s’empare le Palais de l’Empereur à Bangui. ​La convocation de l’ambassadeur centrafricain a tout de même provoqué une onde de choc au sommet de l’État. Pris de court par la fermeté tchadienne, le président Empereur Faustin-Archange Touadéra entend dépêcher en urgence une délégation ministérielle de haut niveau afin d’assister le diplomate centrafricain lors de cette rencontre cruciale et tenter de désamorcer la crise.

 

​Cette énième crise diplomatique majeure montre une fois de plus à quel point l’alliance aveugle du régime Touadéra avec les mercenaires russes isole la République centrafricaine de ses voisins régionaux.

 

​En laissant les hommes de Wagner transformer la frontière nord en champ de tir, le régime de la 7e République de Touadéra prend le risque de précipiter le pays dans un affrontement aux conséquences incalculables pour un pouvoir déjà au bord de la rupture sur le front social intérieur.

 

Affaire à suivre.

 

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Ouanda-Djallé : nouvel échec de l’installation du nouveau bureau municipal à cause de l’absence du maire sortant

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La mise en place du nouveau bureau de la mairie de Ouanda-Djallé, dans la préfecture de la Vakaga, a échoué jeudi dernier après l’absence du maire sortant et de deux conseillers municipaux. Quatre conseillers seulement se sont présentés. L’annulation de l’opération a provoqué la colère de jeunes habitants, qui ont manifesté devant la mairie avant le retour au calme.

 

Un maire sortant de plus de dix ans au pouvoir

 

Le maire sortant de Ouanda-Djallé occupe cette fonction depuis plus de dix ans. Les dernières élections municipales ont permis à de nouveaux candidats d’obtenir des sièges au conseil municipal et de modifier les rapports de force au sein de la mairie.

Ouanda-Djallé : nouvel échec de l’installation du nouveau bureau municipal à cause de l’absence du maire sortant
Réunion de gouverneur de Ferti avec les habitants de Ouanda-Djallé. Photo CNC

 

 

Sept conseillers ont été élus dans cette commune. Le premier a ensuite accédé à la fonction de député, tandis que les six autres sont restés au conseil municipal. Parmi ces six conseillers, deux soutiennent le maire sortant. Les quatre autres ne partagent pas sa position.

À lire aussi : Hausse du prix du carburant : Quentin Claver NGBOUANDO et Elysée NGUÉMALÉ appellent à une journée « ville morte » le 12 octobre

 

Le conseil municipal compte ainsi des élus issus du Mouvement cœurs unis (MCU), le parti au pouvoir, ainsi que des candidats indépendants. Cette nouvelle configuration devait permettre aux conseillers élus de choisir le maire et ses adjoints, conformément au processus de mise en place des nouveaux exécutifs municipaux.

À lire aussi : À Bocaranga , les barrières illégales refont surface, et les forces de l’ordre multiplient des exactions sur la population

 

Le gouverneur arrive, mais l’installation échoue

 

À lire aussi : Hausse du carburant : Faustin-Archange Touadéra accuse ses adversaires de vouloir pousser les Centrafricains dans la rue

Jeudi 8 octobre dernier, le gouverneur de la région de Ferti s’est rendu à Ouanda-Djallé pour superviser l’installation du nouveau bureau municipal. Il a effectué le déplacement à bord d’un avion de la MINUSCA, mobilisé pour cette opération.

 

À son arrivée, le gouverneur a constaté l’absence du maire sortant et de deux conseillers qui le soutiennent. Seuls quatre conseillers municipaux étaient présents.

 

Le nombre de participants ne permettant pas de poursuivre l’opération dans les conditions requises, le gouverneur a annulé la mise en place du bureau municipal. L’élection du nouveau maire et de ses adjoints n’a donc pas eu lieu.

 

Selon les faits rapportés, l’absence simultanée du maire sortant et de ses deux soutiens a empêché le déroulement de cette installation. Cette situation a bloqué le processus engagé pour permettre aux nouveaux élus de prendre leurs responsabilités à la tête de la commune.

 

Le gouverneur appelle les conseillers à trouver un accord

 

Avant de quitter Ouanda-Djallé, le gouverneur a demandé au sous-préfet et aux autres responsables concernés de rencontrer le maire sortant et les conseillers absents. Il leur a recommandé de favoriser une entente entre les différents élus afin d’éviter un nouvel échec lors de la prochaine tentative.

 

Le gouverneur a également rappelé que la mairie appartient à la population et que son fonctionnement doit répondre aux besoins des habitants. Pour lui, les divergences entre élus ne doivent pas empêcher la commune de disposer d’un bureau municipal opérationnel.

 

Le déplacement organisé pour cette installation n’a finalement pas permis d’atteindre l’objectif prévu. Une nouvelle opération devra être organisée après les démarches destinées à rapprocher les positions des conseillers.

 

La colère des jeunes devant la mairie

 

Après le départ du gouverneur, des jeunes habitants de Ouanda-Djallé se sont rendus devant la mairie pour manifester leur mécontentement. Ils ont dénoncé l’échec de l’installation du nouveau bureau municipal, alors que les élections avaient permis de désigner les représentants appelés à diriger la commune.

Le maire sortant et plusieurs conseillers municipaux ont manqué à l’appel lors de la visite officielle du gouverneur de la région de Ferti, bloquant ainsi le fonctionnement de la commune.

 

La mobilisation s’est ensuite terminée et le calme est revenu dans la ville.

 

Pour une partie de la population, le blocage du processus municipal retarde la mise en place d’une équipe chargée de gérer les affaires communales. Les habitants attendent désormais que les élus trouvent un accord permettant de procéder à l’installation du nouveau bureau.

 

À Ouanda-Djallé, l’échec de jeudi dernier laisse ainsi la mairie sans nouveau bureau installé. La prochaine tentative dépendra de la capacité des conseillers à dépasser leurs divergences et à permettre la désignation du maire et de ses adjoints.

 

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Centrafrique : l’Union européenne veut électrifier Bayanga, le projet solaire retardé par un manque de poteaux

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 L’Union européenne soutient le projet d’électrification de Bayanga par l’énergie solaire, mais l’installation du réseau reste retardée par l’absence des poteaux nécessaires à son déploiement.

 

L’électrification de Bayanga se prépare avec le soutien de l’Union européenne. Un projet de champ solaire doit permettre d’alimenter la commune en électricité et d’améliorer l’accès des habitants à cette énergie.

Centrafrique : l’Union européenne veut électrifier Bayanga, le projet solaire retardé par un manque de poteaux

 

À lire aussi : Centrafrique : le divorce est consommé entre les soldats FACA et les mercenaires russes du groupe Wagner

 

Le projet avance, mais son déploiement reste suspendu à l’arrivée d’un matériel indispensable : les poteaux destinés à soutenir le réseau électrique.

À lire aussi : Centrafrique : le deuil national a-t-il encore un sens ?

 

Le champ solaire ne présente pas de blocage majeur

 

À lire aussi : Drame humain à Power Sécurité : Un mort, une salariée paralysée et l’inqualifiable abandon de la direction

Selon les informations disponibles, la construction du champ solaire ne rencontre pas de difficulté structurelle majeure. Le principal retard concerne désormais les équipements nécessaires à la distribution de l’électricité dans la commune.

 

Les poteaux attendus doivent permettre de poursuivre l’installation du réseau et de relier les infrastructures prévues aux différents points de consommation.

 

L’absence de ce matériel suffit pour ralentir l’ensemble du calendrier, alors que le projet énergétique bénéficie déjà du soutien des partenaires européens.

 

L’Union européenne engagée dans l’électrification de Bayanga

 

L’objectif du projet est de doter Bayanga d’une source d’électricité basée sur l’énergie solaire. Le soutien de l’Union européenne doit permettre à la commune de disposer d’une infrastructure énergétique adaptée à ses besoins.

 

Pour les habitants, l’enjeu dépasse la simple fourniture d’électricité. L’accès à une énergie régulière peut faciliter le fonctionnement des services publics, des activités économiques, des commerces et de certaines infrastructures locales.

 

La mise en service dépend désormais de l’acheminement des poteaux manquants. Une fois ce matériel disponible, les travaux d’installation du réseau pourront progresser vers leur phase opérationnelle.

 

Un projet attendu par la population

 

Bayanga reste confrontée à d’importantes difficultés en matière d’infrastructures. L’arrivée d’une nouvelle capacité de production électrique constitue donc un projet important pour la commune.

 

L’énergie solaire à Bayanga représente une avancée significative pour la commune, mais le projet d’électrification est actuellement freiné par le manque de poteaux nécessaires à son déploiement.

Le retard actuel ne serait pas lié à un problème technique majeur sur le champ solaire, mais à un élément logistique : la disponibilité des poteaux nécessaires au réseau.

 

L’Union européenne maintient ainsi son soutien au projet d’électrification de Bayanga. La mise en service effective dépend désormais de l’arrivée du matériel manquant et de la poursuite des travaux sur le réseau de distribution.

 

Par Chantale Pendé 

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Des Moyens Simples de Réinitialiser Son Esprit Après des Heures Devant un Écran

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Les journées passées enchaîner les visioconférences et les e-mails fatiguent le cerveau d’une manière bien particulière. À la fin de la journée, le corps reste immobile mais l’esprit tourne à plein régime, saturé d’informations et d’alertes visuelles. Réussir à marquer une rupture nette entre le travail et la vie personnelle est devenu indispensable pour préserver son sommeil et son équilibre mental. Mettre en place de petites routines de décompression aide l’organisme à abaisser naturellement son niveau de stress.

Trouver des Activités de Loisir Interactives et Peu Stressantes

Pour décrocher des contraintes professionnelles, l’intracitivité ludique s’avère souvent plus efficace que la passivité totale devant la télévision. Rien n’empêche par exemple de passer quelques minutes sur un site Win Beast pour jouer une partie de cartes ou faire tourner des rouleaux depuis son téléphone. Ce type de distraction très courte demande juste ce qu’il faut d’attention pour oublier les dossiers en cours, sans imposer de réflexion complexe ni d’engagement sur la durée. C’est un moyen simple parmi d’autres d’accorder une pause légère à son cerveau avant de passer à sa soirée.

Type de PauseDurée ConseilléeNiveau d’Effort MentalBénéfice Principal
Marche à l’Air Libre20 à 30 minutesTrès faibleOxygénation et transition physique
Jeux Interactifs Court5 à 15 minutesModéréDérivation immédiate de l’attention
Lecture Papier15 à 30 minutesFaibleRepos visuel loin des lumières bleues
Étirements Doux10 minutesTrès faibleLibération des tensions musculaires

Gérer le Stress et la Fatigue Numérique Après le Travail

 

L’Importance de Rompre le Flux d’Informations Continues

Rester constamment exposé à des notifications pros ou à des actualités anxiogènes maintient le système nerveux en état d’alerte. Stopper ce flux d’informations pendant une heure permet de faire redescendre le rythme cardiaque et la pression mentale. La clé réside dans le choix d’activités qui n’exigent aucun résultat ni aucune performance.

Différencier la Fatigue Physique de la Fatigue Intellectuelle

Après une longue session de bureau, la sensation de lourdeur n’est pas due à un effort musculaire mais à une surstimulation cérébrale. Bouger légèrement ou changer complètement d’environnement visuel aide à rééquilibrer le corps. Cela permet d’aborder la fin de journée avec une sensation de fraîcheur retrouvée.

Méthodes Concrètes pour Organiser une Soirée Réparatrice

Créer un environnement propice au repos ne se fait pas par hasard. Cela demande d’installer quelques habitudes simples dès la fermeture de son ordinateur portable.

Voici quelques gestes simples à intégrer à son quotidien :

  • Fermeture Définitive des Outils Pros : Éteindre les applications de messagerie professionnelle dès la fin de journée.
  • Changement de Pièce ou de Posture : Quitter l’espace de travail pour signifier physiquement la fin de la journée.
  • Transition Lumineuse : Diminuer l’intensité des lumières de la maison en début de soirée.
  • Activités Sans Enjeu : Privilégier des passe-temps faciles qui ne génèrent aucune frustration.
Habit de Fin de JournéeAction PratiqueEffet sur le Corps
Coupure des Écrans LourdÉteindre l’ordinateur à heure fixeRéduction de l’exposition à la lumière bleue
Hydratation RégulièreBoire une tisane ou de l’eau fraîcheÉlimination des toxines accumulées
Activité ManuelleCuisiner ou ranger un espaceAncrage dans le moment présent
Posture de RelaxationS’allonger 5 minutes au calmeRelâchement des épaules et du dos

Préserver Son Capital Sommeil et Sa Santé Mentale

Accorder du temps au repos n’est pas une perte de temps mais un investissement direct dans sa santé au long terme. Le cerveau a besoin de périodes de vacance où il n’est sollicité par aucune contrainte de production ou de réponse immédiate.

Prendre l’habitude d’aménager ces espaces de liberté chaque soir permet de retrouver un sommeil de meilleure qualité. On se réveille ainsi le lendemain avec une énergie renouvelée et une meilleure capacité de concentration.

Les Signes Qui Doivent Inciter à Feire une Pause

  • Sensation de saturation face aux messages ou aux e-mails.
  • Difficulté à se concentrer sur une seule tâche pendant plus de dix minutes.
  • Tension continue au niveau des cervicales ou des yeux.

Adopter une Routine de Déconnexion Durable

Réussir à maintenir un bon équilibre de vie demande un peu de discipline mais offre des résultats immédiats sur le bien-être quotidien. Il ne s’agit pas de révolutionner toutes ses habitudes du jour au lendemain, mais d’ajouter progressivement des moments de respiration dans sa semaine.

Apprendre à couper le contact avec le monde professionnel et s’autoriser des moments de pur divertissement sans culpabilité garantit une meilleure qualité de vie. Prenez soin de votre temps libre : c’est lui qui alimente votre énergie pour tout le reste.

 

Centrafrique : un mort et deux blessés parmi les mercenaires russes après une embuscade près de Mbrés

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Un affrontement a opposé vendredi 9 octobre 2026 des mercenaires russes de Wagner à des hommes armés non identifiés entre Koukourou et Ramadan, à environ 70 kilomètres de Mbrés , dans la préfecture de la Nana-Grébizi. Le bilan fait état d’un mort et de deux blessés parmi les mercenaires russes.

 

Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, l’affrontement s’est produit dans cette zone située sur l’axe reliant la Nana-Grébizi à la préfecture de la Bamingui-Bangoran. Les hommes armés non identifiés ont pris pour cible les mercenaires russes, faisant trois victimes dans leurs rangs.

 

Centrafrique : un mort et deux blessés parmi les mercenaires russes après une embuscade près de Mbrés
Les mercenaires russes du groupe Wagner et les policiers centrafricains en opération de perquisition

 

Après l’affrontement, un renfort a quitté Mbrés  pour rejoindre la zone. Les éléments dépêchés sur place avaient pour mission de récupérer le corps du mercenaire tué et d’évacuer les deux blessés vers Kaga-Bandoro, avant leur transfert vers Bangui.

 

À lire aussi : Centrafrique : panique générale à Bangui, le régime Touadéra au bord de la crise de nerfs

Cet incident intervient alors que les tensions sécuritaires persistent dans le nord de la République centrafricaine, notamment dans la Vakaga et dans les zones reliant la Nana-Grébizi à la Bamingui-Bangoran. Actions disponibles

 

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À lire aussi : Ferdinand Alexandre N’Guendet, ancien Président de transition, dénonce, depuis son exil, les dérives du pouvoir et la souffrance du peuple centrafricain

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Les forces engagées dans la Nana-Grébizi ont rapidement dépêché un renfort depuis Mbrés pour évacuer les blessés vers Kaga-Bandoro avant leur transfert.

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Centrafrique : la tarification à deux vitesses du carburant, une pure escroquerie d’État

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Coupé des aides budgétaires et des appuis financiers internationaux en raison de sa dérive autoritaire, l’Empreur-président Faustin-Archange Touadéra lutte avyles démons de l’économie par tous les moyens pour maintenir son régime en cherchant coûte que coûte à renflouer ses caisses vides.

 

Après avoir siphonné le porte-monnaie des citoyens lambdas à travers la surtaxation des transactions numériques et du Mobile Money, il s’attaque désormais directement aux budgets de fonctionnement des entreprises, des sociétés privées, des ONG et des agences des Nations unies, y compris la MINUSCA.

Centrafrique : la  tarification à deux vitesses  du carburant, une pure escroquerie d'État
De gauche à droite Simplice Mathieu Sarandji, Faustin Archange Touadera, Tina Touadera et Félix Moloua en prière à l’église Apostolique de Lakouanga

 

Mais si l’impact reste indolore pour le budget onusien, ce sont une fois de plus les Centrafricains ordinaires qui vont en payer le prix fort : hausse vertigineuse des tarifs de transport, explosion du coût de la vie et cherté accrue des télécommunications.

 

À lire aussi : Centrafrique : comment le marché du carburant est devenu la vache à lait du régime et de ses parrains russes

Annoncée par le ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique la révision des prix du carburant introduit une séparation totalement absurde et bancale entre « particuliers » et « gros consommateurs ».

 

À lire aussi : Centrafrique : le gouvernement envisage le retour à la vacation pour combler le déficit des enseignants

Selon la grille tarifaire officielle relayée par la presse locale :

 

Essence : Le litre passe de 1 050 FCFA à 1 150 FCFA pour les particuliers (+100 F), mais bondit à 1 500 FCFA pour la catégorie des « gros consommateurs » (+450 F).

Gasoil : Fixé jusqu’ici à 1 250 FCFA, le litre passe à 1 400 FCFA pour les particuliers (+150 F) et grimpe jusqu’à 1 650 FCFA pour les entreprises et institutions (+400 F).

Selon un homme politique centrafricain contacté par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, le véritable objectif de ce dispositif est de pomper indûment l’argent des institutions internationales et des grands acteurs économiques.

En réalité, les grandes agences des Nations unies comme la MINUSCA et les sociétés forestières n’achètent pas leur carburant à la pompe du coin : elles commandent d’importants volumes directement auprès de la direction et se font livrer par camions-citernes depuis le dépôt pétrolier de Kolongo. C’est là que le gouvernement entend appliquer son prélèvement maximal, estimant que ces structures disposent de « budgets illimités ».

Cette méthode s’inscrit dans une politique de « tiroir-caisse » déjà éprouvée par le régime. L’ENERCA pour l’électricité et la SODECA pour l’eau appliquent depuis longtemps des tarifs d’exception aux représentations internationales et humanitaires, avec des factures jusqu’à cinq fois supérieures aux prix ordinaires.

Aujourd’hui, cette même logique d’extorsion s’étend au marché des hydrocarbures, un secteur entièrement verrouillé par des contrats obscurs et contrôlé dans l’ombre par les mercenaires russes du groupe Wagner.

Autres réalités pratiques de cette augmentation : le flou artistique à la pompe, le véritable casse-tête des transporteurs.

Si le prélèvement au dépôt de Kolongo est facile à orchestrer, la mesure devient un imbroglio ingérable dès qu’elle touche le réseau des stations-services.

Qu’en sera-t-il des compagnies de transport en commun, des autocars et des camions de marchandises qui s’approvisionnent directement à la pompe et achètent plus de 100 litres par plein ?

Seront-ils assimilés à des « gros consommateurs » ?

Le flou le plus total règne autour de la définition exacte de cette catégorie.

Sur le plan opérationnel, la mesure frôle le ridicule. En Centrafrique, il n’y a pas de libre-service ou le volume à se servir à la pompe est activé par le gérant depuis son comptoir. Ce sont les pompistes qui servent les usagers.

Comment ces derniers pourront-ils appliquer deux prix différents selon la « tête du client » alors qu’aucun double affichage n’est prévu ?

Même si les véritables patrons invisibles du secteur, les mercenaires de Wagner, faisaient installer des pompes de dernière génération importées de Russie, ces machines ne disposent d’aucun système permettant d’ajuster dynamiquement le tarif au cas par cas.

C’est aussi un casse-tête comptable et une porte ouverte à la corruption selon plusieurs observateurs contactés par la Rédaction.

Selon ces observateurs, au-delà de l’impossibilité technique, la mesure pose un casse-tête comptable insurmontable pour la gestion quotidienne des stations.

Plusieurs Centrafricains et observateurs économiques s’interrogent :

Comment un pompiste va-t-il répartir et justifier ses recettes journalières sur la vente d’une cuve de 20 000 litres de gasoil, si par exemple une entreprise libanaise en a prélevé 12 000 litres au tarif « gros consommateur » et que le reste a été vendu au détail ?

Sans réponse ni cadrage technique du ministère, cette mesure livre les pompistes au chaos et crée un terrain propice au chantage, aux arrangements sous le manteau et au détournement de fonds. Comme le souligne notre source politique :

La révision des prix du carburant introduite par le gouvernement impose une distinction absurde entre les particuliers et les gros consommateurs, prélevant des tarifs maximaux directement au dépôt pétrolier de Kolongo sous l’autorité du régime de Faustin-Archange Touadéra.

« C’est une arnaque, une escroquerie d’État qui ne dit pas son nom, et qui va surtout profiter au marché noir et aux pompistes peu scrupuleux. »

Une asphyxie économique directe pour la population à prévoir.

L’illusion que cette hausse n’impactera que les « gros budgets » s’effondre face à la réalité du circuit économique national. En bout de chaîne, ce sont les ménages centrafricains qui paieront l’addition :

Le transport interurbain et la hausse des billets : Les grands autocars qui desservent l’axe vital Bangui-Garoua-Boulaï basculeront de fait dans la catégorie des gros consommateurs. Soumis au gasoil à 1 650 FCFA, les transporteurs répercuteront cette hausse immédiate sur le prix des billets, isolant encore davantage la capitale des provinces.

L’envolée du prix des denrées alimentaires : Les camions-bennes et semi-remorques constituent la colonne vertébrale des échanges économiques. Ils acheminent les produits importés vers l’intérieur du pays et ramènent les vivres frais vers les marchés de Bangui. En asphyxiant ces transporteurs, c’est l’ensemble du panier de la ménagère qui va s’enflammer.

L’explosion des coûts de télécommunication : En province, faute de réseau électrique ENERCA, les antennes-relais de téléphonie mobile fonctionnent 24h/24 grâce à des groupes électrogènes chronophages en gasoil. L’explosion de leur facture énergétique entraînera une hausse mécanique des tarifs d’appel et du coût des recharges internet pour les usagers.

 

Le peuple désormais face à son destin

 

En faisant fi des recommandations du Fonds monétaire international (FMI), qui préconisait une libéralisation saine, transparente et concurrentielle du secteur pétrolier, le régime de l’Empereur-président Faustin-Archange Touadéra préfère sacrifier le pouvoir d’achat des citoyens pour combler les trous béants du Trésor public.

L’économie nationale est aujourd’hui prise en otage par des calculs d’apprentis sorciers. Face à cet étranglement programmé qui menace la survie quotidienne de chaque foyer, l’heure des choix a sonné pour les Centrafricains : subir indéfiniment cette asphyxie ou révoquer une politique économique qui mène le pays à la ruine.

 

Affaire à suivre..

 

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Hausse du prix du carburant : Quentin NGOUANDO et Elysée NGUEMALE alertent sur le risque de chômage technique dans les entreprises

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Quentin NGOUANDO, Coordonnateur de la plateforme I GWÉ, et Elysée NGUEMALE, Coordonnateur de l’OGDC, alertent sur les conséquences de la hausse du prix du carburant pour les entreprises et leurs salariés.

 

Les deux responsables de la société civile se sont exprimés jeudi 8 octobre 2026 lors d’une conférence de presse organisée au Centre Saint Jean 23 à Bangui. La rencontre portait sur la hausse du prix des hydrocarbures et la vie chère en République centrafricaine.

Hausse du prix du carburant : Quentin NGOUANDO et Elysée NGUEMALE alertent sur le risque de chômage technique dans les entreprises
Photo de la conférence de presse de L’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique (OGDC) et la plateforme I Gwé au Centre Saint Jean 23 à Bangui

 

 

Selon Quentin NGOUANDO et Elysée NGUEMALE, l’augmentation du prix du carburant imposée aux gros consommateurs risque d’accroître les charges des entreprises. Ils estiment que certaines pourraient chercher à réduire leurs dépenses pour faire face à cette nouvelle contrainte.

 

Quentin NGOUANDO a notamment évoqué le cas des salariés qui pourraient subir les conséquences de cette hausse. Il a cité l’exemple d’un employé centrafricain travaillant depuis plusieurs décennies dans une entreprise et approchant de l’âge de la retraite.

À lire aussi : Centrafrique : Faustin Archange Touadéra pris en flagrant délit de mensonge sur la hausse du prix du carburant

 

Il a également évoqué le cas des employés chargés de l’entretien et des services généraux. Selon lui, certains de ces travailleurs pourraient se retrouver en chômage technique si leur entreprise n’est plus en mesure d’absorber l’augmentation de ses coûts.

À lire aussi : Centrafrique : après avoir créé le désordre dans la gestion des véhicules de l’État, les autorités veulent maintenant remettre de l’ordre

 

Pour les responsables d’I GWÉ et de l’OGDC, les conséquences ne se limiteraient donc pas aux entreprises. Une réduction d’activité ou des mesures de chômage technique pourraient directement affecter les revenus des ménages concernés.

 

La société civile estime que cette hausse intervient dans un contexte où le coût de la vie pèse déjà sur les ménages centrafricains. Elle demande ainsi que les conséquences économiques et sociales de la nouvelle tarification soient prises en compte dans l’évaluation de la mesure.

 

Lors de cette même conférence, Quentin NGOUANDO et Elysée NGUEMALE ont également contesté le mécanisme appliqué aux gros consommateurs et son cadre juridique. Ces éléments feront l’objet d’autres développements dans les prises de position présentées par les deux organisations.

 

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Elysée NGUEMALE et Quentin NGOUANDO soulignent que la hausse du prix du carburant accentue les difficultés financières des entreprises centrafricaines et menace directement les salariés d’un chômage technique imminent.

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« Cette femme est totalement luciférienne » : le Pasteur Charles Talingano accuse une proche de Touadéra de l’avoir entraîné dans des « erreurs monumentales »

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Le pasteur Charles Talingano  accuse une femme présente aux côtés de Faustin-Archange Touadéra lors de sa visite au Vatican d’avoir, selon sa vision, une influence particulièrement négative sur le président centrafricain.

 

Dans sa déclaration, le pasteur Charles Talingano  s’attarde longuement sur cette femme, qu’il présente comme la seule femme présente au sein de la délégation présidentielle. Il affirme avoir perçu chez elle une profonde méchanceté et une grande rancœur.

« Brisons la misère, la tyrannie et la servitude » : le Pasteur Charles Talingano appelle les Centrafricains à se libérer et à « pratiquer le bien »
Pasteur Charles Talingano

 

« Cette femme, elle est totalement, pleinement luciférienne », affirme Charles Talingano  .

 

Le pasteur poursuit en associant cette femme à ce qu’il décrit comme des forces démoniaques liées à la haine, à la rancœur et au mal. Il lui adresse directement un avertissement sur les conséquences de ses actes.

 

À lire aussi : Centrafrique : après son étonnement face aux naissances multiples, le gouvernement veut aider ponctuellement les familles vulnérables

« Cette femme, elle est foncièrement, foncièrement mauvaise », déclare-t-il.

 

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Nicolas Talingano lui demande de réfléchir au mal qu’il lui attribue et aux conséquences que ses actes pourraient avoir sur son entourage et sur ses enfants.

 

À lire aussi : Centrafrique : Arsène Elien de la PJLOD dénonce une nouvelle hausse du prix du carburant et appelle à son gel

« Tu as des enfants. Demain, ces enfants inévitablement vont semer le mal que tu es en train de semer », affirme-t-il.

 

Le pasteur estime également que le pouvoir politique auquel cette femme serait associée est temporaire. Il lui demande de ne pas perdre de vue la fin de cette période de pouvoir et la nécessité, selon lui, de rendre compte de ses actes.

 

Il affirme ensuite que cette femme aurait exercé une influence importante sur le chef de l’État. Dans la suite de sa déclaration, il soutient qu’elle aurait « beaucoup induit le Président de la République dans des erreurs monumentales ».

 

« Une démoniaque qui a même beaucoup induit le Président de la République dans des erreurs monumentales », affirme Nicolas Talingano.

 

Le pasteur ne précise pas clairement le nom de cette femme dans son intervention. Il concentre son propos sur son rôle auprès du président et sur ce qu’il présente comme une influence spirituellement néfaste.

 

Son accusation s’inscrit dans une lecture religieuse de la gouvernance centrafricaine. Charles Talingano  oppose cette influence à sa conception de l’Église, qu’il définit non comme une institution ou un bâtiment, mais comme l’homme qui incarne l’amour, la bonté et la miséricorde.

 

Il exhorte ainsi la femme qu’il interpelle à revoir ses actes et à rechercher la miséricorde de Dieu.

Le pasteur Charles Talingano  centre ses critiques sur l’entourage de Faustin-Archange Touadéra, illustrant les tensions au sein de la gouvernance centrafricaine.

 

« La miséricorde de Dieu est encore pour toi, ma bien-aimée », lui dit-il.

 

La déclaration du pasteur repose sur une vision religieuse qu’il présente comme un message reçu du Saint-Esprit. Les accusations formulées contre cette femme relèvent donc de son interprétation personnelle de cette vision et ne constituent pas, dans cette déclaration, l’établissement de faits matériels ou judiciaires. Actions disponibles

 

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Centrafrique : 14 militaires tchadiens blessés dans une vaste offensive menée par les Wagner, appuyés par les rebelles tchadiens contre Les rebelles du FPRC dans la Vakaga

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Les mercenaires russes, appuyés par des groupes armés  tchadiens et leurs supplétifs Wagner noirs ont attaqué la position du  FPRC le 10 octobre dans la Vakaga, faisant plusieurs morts parmi les civils. 

 

Une offensive préparée après l’échec de l’opération à Sarayebo

 

Le samedi 10 octobre 2026, plus d’une cinquantaine de mercenaires russes du groupe Wagner, appuyés par leurs supplétifs surnommés « Wagner noirs » ou « Russes noirs », ont lancé une vaste offensive contre les positions du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) dans la région frontalière de Nabagaye-Tissi, au nord-est de la République centrafricaine.

 

Centrafrique : 14 militaires tchadiens blessés dans une vaste offensive menée par les Wagner, appuyés par les rebelles tchadiens  contre Les rebelles du FPRC dans la Vakaga
Les mercenaires russes du groupe Wagner en opération dans l’Ouham-Pendé, non loin de Bocaranga

 

Rappelons que ces « Russes noirs » regroupent des ex-rebelles de l’UPC, de 3R et du MPC, formées et incorporées directement par l’organisation paramilitaire russe. L’assaut contre le FPRC s’est prolongé durant plusieurs heures jusqu’en fin d’après-midi du samedi dernier.

À lire aussi : Ferdinand Alexandre N’Guendet, ancien Président de transition, dénonce, depuis son exil, les dérives du pouvoir et la souffrance du peuple centrafricain

 

Cette attaque fait suite à une première tentative avortée à la fin du mois de septembre contre une position du FPRC à Sarayebo. Notons que le 27 septembre dernier, les Wagner et leurs supplétifs noirs avaient dû renoncer à leur progression en raison de l’absence des renforts rebelles tchadiens attendus, un échec révélé par le CNC dès le 29 septembre.

À lire aussi : Centrafrique : Comment la faillite chronologique de la septième République a t-elle conduit à l’avènement de la crise des hydrocarbures ?

 

Cette fois, le dispositif a déployé des moyens impressionnants, combinant pilonnages aériens par hélicoptères et drones, frappes de pièces lourdes, et progression de troupes terrestres composées de mercenaires russes, de supplétifs et de combattants rebelles tchadiens.

 

Un départ nocturne depuis Birao en passant par Boromata

 

Les préparatifs de l’opération ont commencé dans la nuit du vendredi au samedi. Une cinquantaine de mercenaires russes ont quitté Birao vers 2 heures du matin à bord d’un hélicoptère pour rejoindre Boromata.

 

Le mouvement s’est poursuivi en toute discrétion vers 3 heures du matin, pendant le sommeil des habitants, afin de surprendre les positions du FPRC.

 

L’opération a bénéficié d’une géolocalisation précise grâce au général Youssouf Sakhayroun, qui a fourni les numéros de téléphone des chefs du FPRC. Ces renseignements ont permis d’orienter immédiatement les bombardements aériens et les tirs de drones sur les bases visées.

 

Les bombardements intensifs ont devancé l’assaut terrestre. Les mercenaires russes et leurs alliés tchadiens ont ensuite progressé pour tenter de déloger les combattants du FPRC.

 

Les rebelles du FPRC résistent jusqu’à 17 heures

 

Malgré la violence des frappes, les combattants du FPRC présents sur le site ont opposé une forte résistance jusqu’à 17 heures. Leurs effectifs étaient réduits sur place en raison de la dispersion de leurs forces sur plusieurs bases de la zone.

 

Au cours des affrontements, les éléments du FPRC ont réussi à détruire un drone ennemi et ont infligé des pertes mortelles aux mercenaires russes et à leurs supplétifs.

 

Du côté du FPRC, quatre combattants sont morts au combat. Les pilonnages de la zone habitée ont également tué de nombreux civils.

 

Ces combats de grande ampleur ont causé de lourdes pertes humaines dans chaque camp.

 

Quatorze militaires tchadiens blessés de l’autre côté de la frontière

 

L’offensive a directement touché le territoire tchadien. Alertés par les détonations à la frontière, des militaires tchadiens chargés de la surveillance du secteur de Tissi se sont avancés à bord d’un pick-up pour observer la situation.

 

Les militaires tchadiens se trouvaient strictement sur leur territoire national, séparé du secteur centrafricain par une démarcation naturelle de moins d’un mètre.

 

Les mercenaires russes ont ouvert le feu depuis leur hélicoptère sur le véhicule militaire tchadien. Les tirs ont blessé 14 militaires tchadiens positionnés dans leur propre pays.

 

Cet acte de provocation démontre la gravité et l’ampleur transfrontalière de cette opération militaire.

 

Nouradine Adam et Hamdan-Daak au centre des renforts tchadiens

 

L’enquête du CNC confirme l’alliance nouée par Wagner avec deux chefs rebelles tchadiens : Nouradine Adam et Hamdan-Daak. Ces deux responsables ont mis leurs hommes à la disposition de la compagnie paramilitaire russe pour mener l’assaut dans la zone des trois frontières.

 

Nouradine Adam, issu de l’ethnie wadaï, se trouve actuellement à Amdoukoun au Soudan, près de la frontière tchadienne, aux côtés des éléments des Forces de soutien rapide (FSR).

 

Hamdan-Daak a récemment quitté les rangs des FSR tout en maintenant ses hommes au Darfour. Après un passage en Libye, il séjourne en Turquie pour rechercher des financements et des armements.

 

L’objectif central de Wagner consiste à chasser le FPRC de cette zone stratégique qu’il contrôle depuis 2013, soit depuis 13 ans, pour y installer les rebelles tchadiens. Ces positions serviront de base arrière permanente pour lancer de futures attaques contre Ndjamena.

 

Youssouf Sakhayroun au cœur de la planification

 

L’ancien général rebelle Youssouf Sakhayroun de l’UPC a joué un rôle déterminant dans la préparation et l’exécution de cette offensive contre le FPRC.

Cette vaste offensive menée par les supplétifs russes de Wagner et les rebelles tchadiens dans la région de la Vakaga cible directement les positions du FPRC, provoquant de violents affrontements et des tirs transfrontaliers.

 

Ancien proche du chef rebelle Ali Darassa, il a officialisé le 15 septembre 2026 à Mambaya sa démission de l’Alliance des forces patriotiques pour la renaissance de la Centrafrique (ASP) pour rejoindre le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) sous l’autorité du général Djido Ali.

 

Acteur clé de la coopération avec Wagner et déjà impliqué dans les événements d’Am Dafock, il a transmis les coordonnées téléphoniques des responsables du FPRC pour guider les frappes aériennes.

 

Une position frontalière convoitée pour sa valeur stratégique

 

La zone de Nabagaye-Tissi offre un point de contrôle majeur aux confins de la République centrafricaine, du Tchad et du Soudan.

 

Le FPRC y verrouille les accès depuis 2013 et bloque l’implantation de groupes armés affiliés à Wagner.

 

La manœuvre de Wagner vise à remplacer le FPRC par des rebelles tchadiens entraînés et armés, afin d’établir un point d’appui direct contre le Tchad.

 

Cette offensive s’intègre dans un grand complot orchestré par Wagner depuis le Niger, le Mali, le Burkina Faso et la Centrafrique pour déstabiliser le Tchad et étendre son emprise régionale.

 

Une version du ministère centrafricain de la défense démentie par les faits

 

Le ministère centrafricain de la Défense a affirmé le 10 octobre avoir mené une opération préventive avec l’appui de spécialistes russes pour neutraliser une menace étrangère dans la Vakaga.

 

Plusieurs faux médias  ont relayé cette propagande générée par intelligence artificielle.

 

Les constatations réunies par le CNC montrent une réalité tout autre : une attaque préméditée contre le FPRC avec le concours de rebelles tchadiens, complétée par des tirs russes sur des militaires tchadiens en territoire voisin.

 

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RCA : le FPRC dénonce une attaque de Wagner contre son camp de Nabagaye et fait état de lourdes pertes parmi les civils

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Le Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC) affirme que l’attaque de son camp de Nabagaye, à 50 kilomètres de Birao, a fait plusieurs morts et blessés, dont des civils. Dans une déclaration publiée le 11 octobre 2026, son Président Nourredine Adam accuse des mercenaires du groupe Wagner appuyés par  des groupes armés des pays voisins.

 

Le FPRC accuse Wagner et des groupes armés

 

Dans son communiqué, le FPRC indique que son camp de Nabagaye, situé à environ 50 kilomètres de Birao, dans la préfecture de la Vakaga, a été attaqué le samedi 10 octobre. Le mouvement attribue cette opération à des mercenaires du groupe Wagner et à des éléments armés de l’opposition qu’il présente comme affiliés à des pays voisins.

RCA : le FPRC dénonce une attaque de Wagner contre son camp de Nabagaye et fait état de lourdes pertes parmi les civils

 

Le mouvement armé affirme que l’assaut a provoqué de lourdes pertes humaines dans les deux camps. Il signale également la mort et les blessures de plusieurs civils centrafricains présents dans la zone.

 

Selon Nourredine Adam, l’attaque aurait bénéficié d’un important soutien extérieur, avec notamment des hélicoptères et de nombreux drones.

 

Des éléments tchadiens également concernés

 

Le communiqué fait aussi état de possibles victimes au sein de la force chargée du contrôle des frontières du Tchad. Selon le FPRC, des éléments de cette force se trouvaient dans la zone frontalière tchadienne au moment de l’attaque.

 

Le mouvement ne précise ni le nombre de militaires tchadiens concernés ni les circonstances exactes dans lesquelles ils auraient été touchés.

 

Cette mention ajoute une dimension transfrontalière à l’incident signalé dans la région de Birao. La Vakaga est située dans le nord-est de la République centrafricaine, à proximité du Tchad et du Soudan.

 

Le FPRC appelle les pays voisins et l’opinion internationale à prendre la mesure de la gravité des événements. Il demande également une attention particulière à la sécurité des populations civiles et à la stabilité régionale.

 

Nourredine Adam réaffirme l’engagement du FPRC

 

Dans cette déclaration datée du 11 octobre et signée à Dangoré, Nourredine Adam réaffirme l’engagement de son mouvement au sein de son alliance. Il assure que le FPRC entend maintenir ses engagements malgré les attaques répétées des Wagner.

 

« Nous ne renoncerons ni à notre parole ni aux engagements que nous avons pris envers notre peuple », affirme le patron du FPRC dans le communiqué.

 

Il invoque les principes d’honneur, de solidarité, de fidélité et de respect de la parole donnée. Il présente également la confiance de la population comme une source de soutien pour le mouvement.

L’assaut mené contre le camp de Nabagaye près de Birao a été ordonné par Nourredine Adam, confirmant la persistance des affrontements dans la préfecture de la Vakaga.

 

Nourredine Adam exprime enfin sa compassion aux victimes et à leurs familles. Il souhaite un prompt rétablissement aux blessés.

 

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Centrafrique : les camionneurs camerounais assurant le transport entre Douala Bangui sont en grève

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Les camionneurs camerounais assurant le transport des marchandises entre Douala et Bangui ont suspendu leurs rotations vers la République centrafricaine pour une durée d’un mois. À l’origine de ce mouvement de protestation, une nouvelle agression contre un chauffeur au port sec de PK26, à l’entrée de Bangui, où l’insécurité et les violences dénoncées par les transporteurs alimentent leur colère.

 

Les camions restent stationnés à Garoua-Boulaï, du côté camerounais de la frontière, et aucun véhicule ne traverse pour approvisionner la Centrafrique. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux le 7 octobre 2026, un membre du syndicat des transporteurs a confirmé la poursuite du mouvement et dénoncé les mauvais traitements infligés aux conducteurs sur le corridor Douala-Bangui.

 

Centrafrique : les camionneurs camerounais assurant le transport entre Douala Bangui sont en grève
Convoi camions transporteurs douala bangui 723×350

 

Un chauffeur poignardé au port sec de PK26

 

Le mouvement de protestation fait suite à une agression survenue au port sec de PK26. Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, un chauffeur camerounais a surpris un individu en train de voler des marchandises sur son camion. Pris sur le fait, le suspect aurait sorti un couteau avant de poignarder le conducteur.

 

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Cette nouvelle agression a provoqué la colère des autres camionneurs camerounais. Pour eux, cet incident s’ajoute à une série de violences auxquelles sont exposés les conducteurs qui empruntent régulièrement le corridor pour acheminer des marchandises vers la République centrafricaine.

 

À lire aussi : À l’ONU, Touadéra pleure sur les tombes des civils centrafricains après avoir livré la Centrafrique aux mercenaires

Ces transporteurs assurent une partie importante de l’approvisionnement du pays en produits alimentaires, vêtements, carburant et équipements destinés notamment aux travaux publics. Ils estiment prendre des risques pour maintenir les échanges commerciaux entre les deux pays, sans bénéficier d’une protection suffisante sur leur lieu de travail.

 

Un mois pour obtenir des réponses du syndicat

 

Face à la répétition des agressions, les camionneurs ont décidé de garer leurs véhicules et de suspendre leurs rotations pendant un mois. Ils demandent à leurs organisations syndicales de leur apporter des réponses concrètes aux problèmes de sécurité auxquels ils sont confrontés en Centrafrique.

 

Dans sa vidéo tournée à Garoua-Boulaï, le membre du syndicat décrit une route habituellement encombrée de camions, devenue presque immobile en raison du mouvement de protestation.

 

« Aujourd’hui, les camions sont garés. Personne ne traverse. Aucun chauffeur n’accepte de traverser pour aller se faire molester alors qu’il est en train de servir un pays frère », explique-t-il.

 

Le responsable syndical affirme également qu’une délégation composée de représentants du Syndicat national des conducteurs routiers du Cameroun (SNCRC) et du Syndicat national des conducteurs professionnels de véhicules de transport du Cameroun (SYNACOPHYCAM) s’est rendue sur place pour encadrer les grévistes. D’autres responsables syndicaux étaient annoncés.

 

L’approvisionnement de la Centrafrique menacé

 

La suspension des rotations sur le corridor Douala-Bangui risque de perturber l’acheminement des marchandises vers la République centrafricaine. Le port de Douala constitue l’une des principales portes d’entrée des produits importés par le pays, enclavé et dépendant des axes routiers reliant les deux États.

 

Les camionneurs dénoncent notamment les agressions physiques, les humiliations et les détentions qu’ils disent subir lors de leurs activités en Centrafrique. Dans son message publié sur Facebook, le membre du syndicat accuse également certains acteurs de s’en prendre aux conducteurs pour leur soutirer de l’argent.

 

La suspension du trafic sur le corridor Douala-Bangui par les camionneurs camerounais paralyse l’approvisionnement de la Centrafrique, suite au poignardage d’un chauffeur au port sec de PK26.

Les transporteurs conditionnent ainsi la reprise de leurs rotations à des réponses de leurs organisations syndicales. Ils entendent maintenir leur mouvement pendant un mois pour obtenir des mesures susceptibles de mieux protéger les chauffeurs et leurs marchandises sur le corridor.

 

Au-delà de l’incident survenu au PK26, cette grève traduit l’exaspération de conducteurs camerounais qui assurent une liaison commerciale essentielle entre Douala et Bangui, tout en dénonçant la persistance des violences auxquelles ils sont exposés sur le territoire centrafricain. 

 

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Centrafrique : la COSCIPAC rejoint l’appel à la ville morte du 12 octobre contre la vie chère

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La COSCIPAC, dirigée par Petit Delphin Kotto, appelle les Centrafricains à observer la ville morte du 12 octobre 2026, initiée par iGwé et l’OGDC contre la hausse des prix du carburant.

Centrafrique : la COSCIPAC rejoint l’appel à la ville morte du 12 octobre contre la vie chère
Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC

 

La COSCIPAC soutient la mobilisation contre la vie chère

 

Dans une déclaration publiée le 11 octobre 2026 à Bangui, la Coordination des organisations de la société civile pour la paix en Centrafrique (COSCIPAC) apporte son soutien à la journée ville morte prévue ce lundi 12 octobre, de 4 heures à 17 heures. Son coordonnateur national, Petit Delphin Kotto, appelle les Centrafricains à participer massivement à cette mobilisation contre la hausse des prix du carburant et la cherté de la vie.

 

La COSCIPAC s’adresse notamment aux conducteurs de taxis-motos, aux chauffeurs de taxis et de bus, aux fonctionnaires, aux élèves, aux étudiants, aux commerçants et aux autres catégories de la population. Elle demande également aux organisations de la société civile et aux syndicats de se joindre au mouvement.

 

À lire aussi : Hausse du carburant : Faustin-Archange Touadéra accuse ses adversaires de vouloir pousser les Centrafricains dans la rue

Cette prise de position intervient après les appels lancés par d’autres organisations contre l’augmentation des prix du carburant à la pompe.

 

À lire aussi : Martin Ziguélé : plus de 60 ans après les indépendances, l’Afrique ne peut pas devenir encore un continent de garnison de troupes étrangères

iGwé et l’OGDC à l’origine de l’appel

 

La journée ville morte du 12 octobre a été initialement lancée par la plateforme iGwé et l’Organisation générale des démocrates centrafricains (OGDC). Leur déclaration a été portée par Quentin Claver NGBOUANDO, coordonnateur d’iGwé, et Elysée NGUÉMALÉ, coordonnateur de l’OGDC.

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La Plateforme des jeunes leaders de l’opposition démocratique (PJLOD) a également soutenu cette mobilisation dans une déclaration signée par son porte-parole, Igor MOPKEM.

 

La déclaration de la COSCIPAC constitue donc un soutien supplémentaire à une initiative déjà portée par plusieurs organisations. Petit Delphin Kotto ne figure pas parmi les initiateurs de la journée ville morte dans les déclarations précédemment publiées par ces organisations.

 

Petit Delphin Kotto dénonce les pressions sur les fonctionnaires

 

Dans son appel, la COSCIPAC estime que la hausse des prix du carburant et le coût de la vie justifient une mobilisation populaire. Elle présente cette journée comme un moyen pacifique d’exprimer le mécontentement de la population et de demander la prise en compte de ses difficultés.

 

Le coordonnateur national invite également les fonctionnaires à ne pas céder aux intimidations et aux menaces. Selon la déclaration, les revendications de la population ne doivent pas être abandonnées par crainte de représailles.

 

Le texte emploie aussi des termes particulièrement virulents contre les autorités. Il affirme que les organisations qui ne soutiennent pas cette initiative se rangent, selon la COSCIPAC, du côté du régime de Faustin-Archange Touadéra. Ces accusations relèvent de la position exprimée par l’organisation dans son communiqué.

 

La hausse des prix du carburant et la cherté de la vie motivent cet appel à la mobilisation générale lancé par Petit Delphin Kotto à travers le pays.

La COSCIPAC appelle enfin les Centrafricains à observer la journée dans le calme et la discipline, sur l’ensemble du territoire national. La mobilisation est prévue le lundi 12 octobre, de 4 heures à 17 heures, contre la hausse des prix du carburant et la cherté de la vie.

 

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Centrafrique : une délégation britannique rencontre les ambassadeurs de justice de la CPI à Bangui

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Trois représentants du Royaume-Uni en mission à Bangui ont rencontré, le 2 octobre 2026, les ambassadeurs de justice de la Cour pénale internationale (CPI) en République centrafricaine.

 

La rencontre s’est tenue au siège de la CPI à Bangui, en présence de Carly Power, deuxième Secrétaire politique et droit de l’Homme de l’ambassade du Royaume-Uni à Kinshasa, de Sandra Xheleshi, conseillère principale en politiques publiques à la Mission du Royaume-Uni auprès des Nations unies à New York, et de Faith Nikobai, représentante du ministère des Affaires étrangères du Royaume-Uni.

 

Centrafrique : une délégation britannique rencontre les ambassadeurs de justice de la CPI à Bangui
La deuxieme promotion des Ambassadeurs de la Justice

 

La délégation britannique a profité de sa présence à Bangui pour échanger directement avec les ambassadeurs de justice de la CPI sur leurs activités de sensibilisation auprès des populations centrafricaines. Les discussions ont également porté sur leur expérience acquise lors de leur passage au siège de la CPI à La Haye, aux Pays-Bas.

 

Les ambassadeurs de justice ont présenté les différentes activités menées en République centrafricaine depuis leur participation au programme. Ils ont expliqué leur rôle dans la sensibilisation des communautés sur le fonctionnement de la CPI, la justice internationale et les procédures liées aux crimes relevant de la compétence de la Cour.

À lire aussi : Pour Martin Ziguelé, plus de 67 % des Centrafricains à moins de 1000 franc CFA par jour pour se nourrir, donc la nouvelle hausse du prix du carburant c’est un choix de mort sociale

 

Au cours des échanges, les ambassadeurs de justice ont également plaidé pour le maintien du programme des ambassadeurs de justice, financé par le Royaume-Uni. Ils ont fait part de leurs préoccupations face aux difficultés actuelles liées au financement et ont demandé que cet appui puisse être maintenu afin de poursuivre les activités de sensibilisation sur le terrain.

À lire aussi : L’évolution des habitudes de consommation des médias à l’ère numérique : comprendre et anticiper les nouveaux comportements

 

Pour les ambassadeurs, la poursuite du programme permettrait de conserver un relais de proximité entre la CPI et les populations centrafricaines. Ils souhaitent également continuer à partager les connaissances acquises lors de leur séjour à La Haye avec les communautés rencontrées dans le pays.

À lire aussi : Elie Oueifio : « L’ingratitude appelle les malédictions et les malheurs »

 

La rencontre s’est déroulée en présence de Mike Cole, représentant pays de la CPI en République centrafricaine, et de Faida Rahmanović, cheffe de l’Outreach de la CPI en RCA. Leur présence a permis d’échanger sur les activités conduites par le bureau de la CPI à Bangui et sur les perspectives du programme des ambassadeurs de justice.

 

Les représentants britanniques ont ainsi pu entendre directement les expériences des ambassadeurs de justice et leurs attentes concernant la poursuite du programme. Les échanges ont notamment porté sur la nécessité de maintenir les actions de sensibilisation auprès des populations, dans un contexte où les mécanismes de financement des initiatives liées à la justice internationale connaissent des difficultés.

 

Le Royaume-Uni figure parmi les partenaires qui soutiennent les actions liées à la justice internationale et à la sensibilisation autour du travail de la CPI. Pour les ambassadeurs de justice centrafricains, le maintien de cet appui reste important pour poursuivre leurs interventions auprès des populations et élargir leurs activités au-delà de Bangui.

 

 

Les ambassadeurs de justice poursuivent leurs actions de sensibilisation auprès des populations centrafricaines grâce au soutien financier du Royaume-Uni et de la Cour pénale internationale.

 

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Centrafrique : Face au spectre d’une ville morte, la panique du pouvoir de Bangui et la grande braderie des syndicats

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À quelques heures seulement de la journée « ville morte » appelée pour ce lundi 12 octobre 2026 par des organisations de la société civile, la fébrilité s’est emparée du régime des bras cassés de la septième république. Face au ras-le-bol généralisé de la population provoqué par la hausse continue et vertigineuse des prix du carburant depuis trois ans, le gouvernement a cédé à une panique totale, instrumentant en toute hâte une signature dominicale pour tenter de couper court à la mobilisation.

 

Un compromis dominical sous le signe de l’urgence

 

C’est un dimanche, jour traditionnellement réservé au repos et au culte, que le gouvernement a réuni en urgence une poignée d’organisations syndicales pour formaliser une « déclaration conjointe ». Mais loin de rassurer, cette signature à la va-vite révèle les failles d’un pouvoir aux abois face à la colère populaire.

 

Titre : Centrafrique : Face au spectre d’une ville morte, la panique du pouvoir de Bangui et la grande braderie des syndicats
Maxime balalou lors de sa conference de presse du lundi 21 juillet 2025

 

Alors que les Centrafricains croulent sous l’explosion du coût de la vie et la cherté des produits de première nécessité engendrée par la hausse des carburants, la réponse apportée par ce texte apparaît comme dérisoire. Aucune avancée structurelle ni véritable mesure de protection sociale globale n’y figure pour soulager le quotidien des plus de 6 millions de citoyens.

 

À lire aussi : Général Tago : « Le peuple souffre chaque jour, l’heure de la délivrance s’approche »

Des syndicats accusés d’avoir abandonné l’intérêt général

 

Du côté de la population et des acteurs engagés de la société civile, le constat est amer : en acceptant de signer ce document à la hâte, les dirigeants syndicaux impliqués sont vivement critiqués pour avoir privilégié des concessions marginales au détriment de l’intérêt collectif.

À lire aussi : Centrafrique : panique générale à Bangui, le régime Touadéra au bord de la crise de nerfs

 

En focalisant les discussions sur d’hypothétiques et modiques réajustements salariaux pour une minorité de fonctionnaires quelques milliers de travailleurs sur l’ensemble de la population —, ces centrales syndicales semblent avoir tourné le dos à l’immense majorité des Centrafricains du secteur informel, des transports et du monde rural, laissés pour compte face à la hausse des prix.

 

La société civile maintient la pression

 

Alors que le pouvoir espérait étouffer la contestation par ce document de dernière minute, le fossé n’a jamais semblé aussi grand entre les décisions prises dans les salons ministériels et la réalité de la rue. L’appel à la « ville morte » lancé par la société civile résonne ainsi comme le véritable baromètre du mécontentement populaire contre la vie chère et l’impuissance des autorités à y répondre durablement.

 

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La hausse continue des prix du carburant provoque une vie chère insoutenable pour la population, poussant la société civile à maintenir la pression malgré les compromissions syndicales.

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Centrafrique : « À une loi injuste, nul n’est tenu d’obéir », déclare un centrafricain qui défend la ville morte du 12 octobre contre la hausse chaotique du prix du carburant

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Un citoyen centrafricain défend la ville morte prévue le lundi 12 octobre 2026 contre la hausse des prix du carburant. Dans une déclaration diffusée sur les réseaux sociaux, il critique le gouvernement, appelle la population à rester chez elle et présente cette mobilisation comme le début d’un mouvement de contestation pacifique.

 

« À une loi injuste, nul n’est tenu d’obéir » : un avertissement au gouvernement

 

« À une loi injuste, nul n’est tenu d’obéir. » C’est par cette formule que l’intervenant ouvre sa déclaration. Il justifie ainsi son soutien à la ville morte prévue le 12 octobre contre la hausse des prix du carburant en République centrafricaine.

Centrafrique : « À une loi injuste, nul n’est tenu d’obéir », déclare un centrafricain qui défend la ville morte du 12 octobre contre la hausse chaotique du prix du carburant
M. Elysée NGUEMALE, Coordonnateur de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique à gauche et M. Quentin NGOUANDO, Coordonn

 

 

Selon lui, le gouvernement a sous-estimé les conséquences de sa décision. Il affirme avoir averti les autorités des risques liés à cette augmentation et leur avoir demandé de renoncer à cette mesure.

 

À lire aussi : « J’ai vu les mains de Touadéra porter les têtes de plusieurs Centrafricains » : Charles Talingano livre une vision qu’il présente comme un avertissement

« Je l’ai dit, je vous ai supplié de ne pas aller dans ce sens », déclare-t-il, en s’adressant directement aux dirigeants.

 

À lire aussi : À l’ONU, Touadéra pleure sur les tombes des civils centrafricains après avoir livré la Centrafrique aux mercenaires

L’intervenant rejette également l’idée selon laquelle cette mobilisation serait organisée par les partis politiques. À ses yeux, le désaccord oppose d’abord le gouvernement à la population, directement touchée par les conséquences économiques de la hausse du carburant.

 

« L’État, c’est deux entités, c’est le gouvernement et le peuple qui font face », affirme-t-il. Il considère que les autorités ne peuvent pas réduire cette contestation à une manœuvre de l’opposition pour éviter de répondre aux revendications exprimées.

 

Ville morte du 12 octobre : rester chez soi pour protester contre le carburant

 

L’intervenant présente la ville morte comme un moyen de pression sur les autorités, sans manifestation dans la rue ni dégradation de biens publics ou privés.

 

Son mot d’ordre est simple : rester chez soi le lundi 12 octobre. Il insiste sur le caractère pacifique de cette initiative et affirme que les participants ne doivent pas s’exposer aux risques liés aux rassemblements publics.

 

« On ne veut pas des casses. On ne veut pas des dommages collatéraux. On veut juste que ça se passe de la manière la plus légale au monde », explique-t-il.

 

Il estime qu’une journée sans activités peut transmettre un message politique et social aux autorités. Il invite ainsi les citoyens à s’organiser en amont et à limiter leurs déplacements ce jour-là.

 

L’intervenant évoque également la possibilité, pour les fonctionnaires, de prendre un congé s’ils souhaitent participer à cette journée. Il affirme que chacun doit faire son choix, sans contrainte ni exposition inutile.

 

Il s’adresse aussi aux conducteurs de taxi-motos et aux personnes qui travaillent à leur propre compte. Il les encourage à réfléchir aux conséquences de la hausse du carburant sur leurs revenus et leurs activités quotidiennes.

 

Le gouvernement accusé de minimiser les conséquences de la hausse du carburant

 

Dans sa déclaration, l’intervenant reproche aux autorités d’avoir ignoré les avertissements concernant les effets de l’augmentation des prix du carburant.

 

Il affirme que cette décision touche l’ensemble de la population, indépendamment des appartenances politiques. Selon lui, les membres du parti au pouvoir, les sympathisants de l’opposition et les citoyens sans affiliation politique subissent les mêmes répercussions économiques.

 

« Vous êtes du MCU, vous ne l’êtes pas. Vous êtes du BRDC, vous ne l’êtes pas. Vous êtes centrafricain », déclare-t-il.

 

Son argument repose sur les conséquences de la hausse du carburant sur le coût de la vie. Le transport, les déplacements professionnels et les activités commerciales figurent parmi les secteurs concernés par les variations des prix des produits pétroliers.

 

Pour lui, les autorités doivent reconnaître ces conséquences et revoir leur décision. Il demande d’abord une baisse des prix du carburant, avant d’envisager d’autres revendications dans le cadre du mouvement.

 

L’intervenant affirme également que le gouvernement ne peut pas prétendre agir dans l’intérêt de la population tout en prenant des mesures qui, selon lui, aggravent les difficultés des ménages.

 

Une contestation que l’intervenant veut maintenir en dehors des partis politiques

 

L’auteur de la déclaration rejette les tentatives qu’il attribue à certains acteurs de rattacher la ville morte à des manœuvres partisanes. Il cite notamment le BRDC et conteste l’idée que l’initiative serait dirigée par les partis politiques.

 

Il affirme que la revendication dépasse les divisions politiques et concerne tous les citoyens confrontés à la hausse du carburant.

 

L’intervenant critique également les organisations syndicales, dont il conteste la capacité à représenter les revendications exprimées par la population. Il affirme ne plus leur reconnaître le rôle de porte-parole de ce mouvement et estime que les citoyens doivent pouvoir défendre directement leurs intérêts.

Face à la hausse des prix du carburant, ce mouvement de contestation pacifique organisé en République centrafricaine vise à faire plier le gouvernement par une journée sans activités économiques.

 

Il précise ne pas vouloir revendiquer la paternité de la mobilisation. Il dit soutenir le mot d’ordre parce qu’il considère que la ville morte constitue un moyen légal et pacifique de contester une décision gouvernementale.

 

Cette position s’accompagne d’une critique directe de la communication des autorités. Il leur reproche d’affirmer qu’elles maîtrisent la situation alors que, selon lui, la réaction de la population montre le contraire.

 

Le 12 octobre présenté comme une première étape du mouvement

 

L’intervenant ne présente pas la journée du 12 octobre comme une action isolée. Il la décrit comme un premier test destiné à mesurer la capacité de mobilisation de la population et à faire entendre les revendications contre la hausse du carburant.

 

« L’idée, ce n’est pas le lundi, c’est le fil continu », explique-t-il dans sa déclaration.

 

Il envisage ainsi d’autres journées de contestation si les autorités ne répondent pas aux demandes formulées. Il évoque la possibilité de nouvelles actions un mardi, un mercredi ou à d’autres dates, en fonction de l’évolution du mouvement.

 

Il affirme que la mobilisation doit rester pacifique et ne pas conduire les citoyens à s’exposer inutilement. Il rejette les accusations qui pourraient présenter les participants comme des ennemis de la paix et soutient que leur objectif est d’obtenir des changements sans violences.

 

L’intervenant estime enfin que la ville morte peut exercer une pression sur les autorités sans nécessiter de rassemblements dans les rues. Il considère que l’absence d’activités économiques et sociales pendant une journée peut suffire à transmettre un message politique.

 

Il maintient que la revendication prioritaire reste la baisse des prix du carburant. Selon lui, les autorités devront prendre en compte cette demande et accepter une discussion avec les citoyens si elles veulent trouver une issue au mouvement de contestation.

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Centrafrique : ville morte du lundi 12 octobre 2026, « Restez chez vous à la maison et ce n’est pas un crime » : la société civile corrige et ridiculise les menaces du ministre Évariste Ngamana

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Pris de panique face au raz-de-marée imminent du mécontentement populaire contre la flambée des prix du carburant, le régime de l’Empereur président Faustin-Archange Touadéra s’emmêle les pinceaux. Dans une tentative désespérée d’étouffer la contestation, le marabout de Carnot, ministre d’État de la Communication et porte-parole du gouvernement, Évariste Ngamana, est monté au créneau pour qualifier l’appel à la journée « ville morte » du lundi 12 octobre 2026 de « trouble à l’ordre public ».

Une sortie maladroite et juridiquement aberrante qui a immédiatement valu au pouvoir une volée de bois vert de la part de la société civile, d’influenceurs engagés et d’universitaires dépités par le niveau de la gouvernance actuelle.

Centrafrique : ville morte du lundi 12 octobre 2026, « Restez chez vous à la maison et ce n'est pas un crime » : la société civile corrige et ridiculise les menaces du ministre Évariste Ngamana
Photo de la conférence de presse de L’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique (OGDC) et la plateforme I Gwé au Centre Saint Jean 23 à Bangui

 

​Un braquage institutionnel et une violence antisociale

 

​C’est un véritable bras de fer qui s’engage désormais entre la population centrafricaine et le pouvoir d’État dans les mains de Touadera et Moloua. Face à l’imposition unilatérale d’une nouvelle grille tarifaire sur les hydrocarbures, le consortium de la société civile centrafricaine, composé de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique (OGDC) et de la plateforme I Gwé, appelle l’ensemble des habitants de la capitale et des provinces à observer une journée « ville morte » ce lundi 12 octobre 2026. Un mouvement d’exaspération populaire que le gouvernement tente désespérément de balayer d’un revers de main.

​Dans un audio d’une grande rareté par sa précision et son indignation, le coordonnateur du consortium Quentin Nguandou a dressé un bilan sans concession de la politique économique du régime.

À lire aussi : Hausse du prix du carburant : Quentin Claver NGBOUANDO et Elysée NGUÉMALÉ appellent à une journée « ville morte » le 12 octobre

 

Pour les représentants de la société civile, l’augmentation spectaculaire des taxes sur les produits pétroliers ne relève ni d’un ajustement technique, ni d’une fatalité sous-régionale, mais bien d’un « braquage institutionnel et d’une violence antisociale » commise directement contre la population.

À lire aussi : Ferdinand Alexandre N’Guendet, ancien Président de transition, dénonce, depuis son exil, les dérives du pouvoir et la souffrance du peuple centrafricain

 

​« Nous revendiquons contre la cherté de la vie, contre la fourberie et la malhonnêteté dans lesquelles le gouvernement nous a embarqués », martèle ce responsable associatif.

Des mototaxis aux chauffeurs de bus, en passant par les commerçants des marchés, les vendeuses de produits de première nécessité et les gros transporteurs routiers accablés par des surtaxes fiscales étouffantes, c’est l’ensemble du tissu économique national qui crie asphyxie.

Le consortium exige l’annulation pure et simple de cette hausse tarifaire et la fixation du prix du carburant en dessous de la barre des 900 FCFA le chiffre.

 

​Le rappel à l’ordre juridique : rester chez soi n’est pas un délit

 

​Face aux menaces d’un pouvoir aux abois, l’influent acteur civique et influenceur Steve Francis Benson Ndeny a démonté la rhétorique gouvernementale avec une clarté implacable avec son niveau de juriste sur le tas, traduisant le ras-le-bol profond d’une population muselée par la peur des milices du régime et des mercenaires russes :

« Notre démarche est pacifique et légale. Nous n’avons imposé la ville morte à personne. Nous disons aux Centrafricains : si vous vous sentez concernés par cette injustice et par l’asphyxie du quotidien, faites le choix de rester chez vous. Personne n’ira empêcher ceux qui veulent sortir de le faire. Mais prétendre que rester chez soi est un trouble à l’ordre public est un mensonge juridique grotesque. »

​Cette mise au point fait écho à l’indignation d’un enseignant-chercheur de l’université de Bangui qui, s’exprimant sous couvert d’anonymat à la Rédaction de CNC, n’a pas épargné le porte-parole du gouvernement :

« Ce soi-disant docteur en droit, cet abbé radié de sa congrégation pour des pratiques de sorcellerie et dont le titre est sorti d’une filière express, ferait bien de mener une analyse à 360 degrés avant de s’exprimer publiquement au nom de l’État. En qualifiant un confinement volontaire et pacifique de trouble à l’ordre public, il n’ébranle pas seulement sa propre crédibilité, son propre niveau, il ridiculise l’ensemble du corps enseignant universitaire centrafricain. »

 

​Le mot d’ordre clair de la « Ville Morte » et le mépris de Bangui

 

​Pour contraindre le pouvoir de Faustin-Archange Touadéra à revoir sa copie et à réduire le train de vie insolent de l’État, le mot d’ordre pour le lundi 12 octobre est simple et pragmatique : l’opération “Portes Closes”.

Résumé par le mot d’ordre officiel en sango « Zo kwe i ngba na yanga da » (Que chacun reste chez soi dans sa maison), le plan d’action de la journée fixe des consignes strictes :

– ​Pas de Taxis dans les rues de la capitale.

– ​Pas de motos ni de mototaxis.

– ​Pas de Bus de transport en commun.

– ​Pas de transport de marchandises ni de gros camions.

– ​Marchés fermés et boutiques closes pour paralyser les activités spéculatives.

​« Chauffeurs de bus, mototaxis, commerçants, travailleurs : préparez vos réserves de repas pour le week-end et restez chez vous le lundi. Prions en famille et mettons la pression sur ce gouvernement pour qu’il prenne ses responsabilités », lance le coordonnateur Quentin Nguandou.

Il ne s’agit en aucun cas d’aller « casser » ou de perturber violemment la voie publique, mais bien de pratiquer une résistance passive.

Face à la flambée des prix du carburant et à la vie chère, la société civile centrafricaine maintient son mot d’ordre de mobilisation.

​Face à cette mobilisation citoyenne naissante, la réponse du gouvernement brille par sa déconnexion et son mépris. Intervenant sur les médias, le ministre d’État à la Communication, Dr en cinquantaine Évariste Ngamana, s’est fendu d’une déclaration cynique, enfantine et méprisante :

« S’ils demandent aux gens de rester à la maison, est-ce qu’ils distribuent des billets de banque à chaque Centrafricain ? »

Une ironie insultante pour des millions de citoyens qui n’arrivent plus à nourrir leurs familles en raison des choix économiques de son propre gouvernement.

​La faillite financière et l’omerta brisée

 

​Allant au-delà de la simple cherté de la pompe à essence, Steve Francis Benson Ndeny a brisé l’omerta en posant les questions qui fâchent sur la gestion financière opaque du clan Touadéra. L’activiste dénonce l’hypocrisie d’un État qui croule sous les perfusions internationales tout en assommant le contribuable :

« Cela fait 10 ans que la communauté internationale prend en charge les salaires des fonctionnaires dans six ministères clés. Alors, que font-ils de l’argent inscrit dans le budget national ?

Le régime a réceptionné 50 000 tonnes de blé offertes par la Russie et des dons de carburant évalués à plus de 5 milliards de francs CFA, mais personne n’en a vu la couleur ni l’impact sur le panier de la ménagère ! »

​En voulant criminaliser un simple appel à rester à la maison le 12 octobre, le régime de Faustin-Archange Touadéra démontre qu’il redoute par-dessus tout la force de la vérité et la dignité d’un peuple qui choisit de croiser les bras face à l’injustice.

Affaire à suivre…

 

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Général Tago : « Le peuple souffre chaque jour, l’heure de la délivrance s’approche »

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 Face à l’escalade de la violence et à la présence des mercenaires russes du groupe Wagner accompagnés de leurs supplétifs localement appelés les Russes noirs, la tension monte d’un cran dans le pays, surtout après le kidnapping de l’opérateur centrafricain Bilal à l’entrée de la ville de Ndélé par les Wagner, poussant le général Tago a brisé le silence. 

 

Le général Tago brise enfin le silence pour s’adresser directement aux citoyens et aux différentes factions rebelles centrafricaines. Il appelle à une prise de conscience collective face aux exactions commises quotidiennement contre la population.

 

À lire aussi : Nana-Mambéré : plusieurs morts et blessés dans un éboulement sur le chantier minier de Zamboye, près de Baboua

La situation sécuritaire s’aggrave dramatiquement de plus en plus dans tout le pays avec les exactions commises par les mercenaires russes du groupe Wagner et à leurs supplétifs communément appelés Wagner noir. À Sikikédé, il y’a quelques jours, ces criminels de Touadera et de Poutine se sont infiltrés dans la ville, tirant à l’aveugle et dépouillant les habitants de leurs biens, commerces et téléphones.

Général Tago : « Le peuple souffre chaque jour, l’heure de la délivrance s’approche »
Général Tago

 

À lire aussi : Réseau d’informateurs et licenciements express : La stratégie de terreur et de népotisme du DGA de Power Sécurité

Dans la préfecture de Bamingui-Bangoran, la terreur franchit un nouveau seuil avec l’enlèvement de M. Bilal, un grand opérateur économique capturé à l’entrée de Ndélé avant de disparaître.

 

À lire aussi : Affaire Christian Dondra : Qui bloque réellement sa libération depuis 3 mois ?

Cette insécurité permanente étouffe progressivement l’économie nationale. La Centrafrique ne produit plus rien et dépend désormais entièrement des approvisionnements venus des pays voisins comme le Tchad, le Cameroun et le Soudan pour survivre.

 

Bien que le pays dispose de vastes ressources naturelles, le chef rebelle dénonce une gestion totalement mafieuse qui prive les citoyens des retombées de leurs propres richesses.

 

Face à ce constat, le général Tago lance un appel pressant à l’unité de tous les adversaires du pouvoir en place pour coordonner leurs actions.

 

Les bruits et mouvements observés ces derniers jours ne constituent que le début d’un travail méthodique qui se poursuit en silence.

 

Par Gisèle MOLOMA

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Martin Ziguélé : plus de 60 ans après les indépendances, l’Afrique ne peut pas devenir encore un continent de garnison de troupes étrangères

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L’ancien Premier ministre centrafricain Martin Ziguélé estime que les États africains ne peuvent prétendre à une souveraineté pleine lorsqu’ils dépendent durablement de forces armées étrangères pour assurer leur sécurité. Invité de l’émission L’Arbre à Palabre sur la DW, il défend une conception de la souveraineté fondée sur la maîtrise nationale de la défense.

 

Plus de 60 ans après les indépendances, plusieurs pays africains continuent d’accueillir des forces militaires étrangères dans le cadre d’accords bilatéraux ou de coopérations sécuritaires. Ces présences peuvent répondre à des besoins précis : formation des militaires, renseignement, lutte contre les groupes armés, protection de certaines installations ou soutien aux forces nationales.

Martin Ziguélé : plus de 60 ans après les indépendances, l’Afrique ne peut pas devenir encore un continent de garnison de troupes étrangères
L’ancien premier ministre Martin Ziguelé, Président du parti MLPC

 

Pour Martin Ziguélé, la question devient différente lorsque cette présence s’inscrit dans la durée et finit par occuper une place centrale dans la défense du territoire. Il estime qu’un État ne peut pas construire une souveraineté réelle s’il devient durablement dépendant de soldats étrangers pour protéger ses frontières et garantir sa sécurité intérieure.

 

Une souveraineté qui commence par la défense du territoire

 

Pour l’ancien Premier ministre centrafricain, la souveraineté ne se limite pas à l’existence d’un gouvernement ou à la reconnaissance internationale d’un État.

 

Elle implique également la capacité de celui-ci à protéger son territoire, ses institutions et sa population.

 

Un pays peut disposer d’une constitution, d’un parlement, d’un gouvernement et d’une représentation diplomatique tout en restant fortement dépendant sur le plan militaire. Dans une telle situation, la souveraineté juridique existe, mais la capacité opérationnelle de l’État demeure limitée.

 

C’est cette contradiction que Martin Ziguélé met en avant lorsqu’il refuse l’idée de transformer un pays africain en « pays de garnison » pour des forces étrangères.

 

Coopération militaire et présence permanente

 

Martin Ziguélé ne remet pas nécessairement en cause toute coopération militaire internationale.

 

Les États africains peuvent avoir besoin de formations, d’équipements, de renseignements ou d’une assistance technique étrangère. Les échanges entre armées peuvent également contribuer à améliorer les capacités opérationnelles des forces nationales.

 

La difficulté apparaît lorsque l’assistance se transforme en présence militaire permanente.

 

Selon Martin Ziguélé, un partenaire étranger peut former une armée nationale sans prendre durablement sa place. Il peut également fournir du matériel sans devenir indispensable au fonctionnement quotidien du dispositif de défense.

 

La distinction est donc importante entre coopération militaire et dépendance militaire.

 

Des bases étrangères qui posent une question politique

 

La présence durable de troupes étrangères sur un territoire national soulève également la question du contrôle politique.

 

Lorsqu’une force étrangère est installée dans un pays, son statut, ses missions, ses règles d’engagement et ses relations avec les autorités nationales doivent être clairement définis.

 

Dans certains cas, les forces étrangères disposent d’accords leur permettant d’utiliser des bases militaires ou des installations mises à leur disposition par le pays hôte.

 

Ces arrangements peuvent répondre à des intérêts sécuritaires communs. Mais pour Martin Ziguélé, ils ne doivent pas conduire les États africains à abandonner progressivement leur capacité à décider eux-mêmes de leur politique de défense.

 

L’Afrique face à ses propres faiblesses militaires

 

Le recours aux forces étrangères s’explique aussi par les faiblesses de nombreuses armées africaines.

 

Dans plusieurs pays, les forces nationales manquent d’équipements modernes, de moyens de transport, de capacités de renseignement ou de ressources financières suffisantes.

 

Certaines armées doivent également faire face à des groupes armés disposant d’une grande mobilité et opérant dans des zones difficiles d’accès.

 

Ces difficultés poussent les gouvernements à rechercher rapidement une assistance extérieure.

 

Pour Martin Ziguélé, cette réponse peut être nécessaire dans certaines circonstances, mais elle ne doit pas devenir permanente. L’objectif doit rester le renforcement des capacités nationales.

 

Construire une armée capable d’assurer seule ses missions

 

Une véritable politique de souveraineté militaire suppose donc des investissements importants dans les forces nationales.

 

Cela passe par la formation des soldats et des officiers, l’amélioration des conditions de travail, l’acquisition d’équipements adaptés et la modernisation des infrastructures militaires.

 

Le renseignement constitue également un élément essentiel. Une armée qui ne maîtrise pas suffisamment l’information sur les mouvements des groupes armés et les menaces qui pèsent sur son territoire dépend rapidement de partenaires disposant de capacités technologiques supérieures.

 

La souveraineté militaire suppose donc aussi une souveraineté dans les domaines du renseignement, des communications et de la technologie.

 

Ne pas remplacer une puissance par une autre

 

Le débat sur la présence militaire étrangère ne concerne pas uniquement les forces occidentales.

 

La Russie, la Turquie, les États-Unis, la Chine et plusieurs autres puissances entretiennent des relations militaires avec des pays africains sous différentes formes. Des sociétés militaires privées étrangères ont également été sollicitées par certains gouvernements.

 

Pour Martin Ziguélé, le changement de partenaire ne suffit pas à établir une indépendance.

 

Remplacer une présence française par une présence russe, américaine ou issue d’une autre puissance ne constitue pas automatiquement une rupture avec la dépendance militaire.

 

La question fondamentale reste celle du contrôle : qui décide de la stratégie de défense, qui commande les opérations et qui assume la responsabilité de la sécurité du territoire ?

 

Le cas des sociétés militaires privées

 

La question est encore plus sensible lorsqu’un État fait appel à des sociétés militaires privées ou à des groupes de combattants étrangers.

 

Ces structures peuvent intervenir dans la formation, la protection de responsables ou les opérations contre des groupes armés.

La souveraineté militaire est essentielle pour les États africains, qui doivent éviter une dépendance excessive à la présence militaire étrangère tout en favorisant une coopération sécuritaire entre nations africaines.

 

Pour Martin Ziguélé, leur présence pose une difficulté supplémentaire parce qu’elles ne s’inscrivent pas toujours dans les mêmes mécanismes de commandement et de contrôle qu’une armée nationale.

 

La défense d’un territoire ne devrait pas devenir une activité confiée durablement à des acteurs dont les intérêts, les obligations et les chaînes de responsabilité peuvent être différents de ceux des institutions républicaines.

 

La sécurité doit rester une fonction régalienne

 

Pour l’ancien Premier ministre, la défense nationale doit rester une responsabilité centrale de l’État.

 

Les forces armées doivent être placées sous l’autorité des institutions prévues par la Constitution et soumises aux règles nationales.

 

Cette exigence ne signifie pas qu’un pays doit fonctionner en autarcie militaire. La coopération internationale peut être utile, notamment pour la formation, l’acquisition d’équipements et le partage de renseignements.

 

Mais cette coopération doit renforcer les capacités nationales plutôt que les remplacer.

 

Vers une coopération sécuritaire africaine

 

Martin Ziguélé invite également à réfléchir à une coopération plus importante entre les États africains.

 

Le continent dispose de nombreuses armées, d’écoles militaires, de cadres expérimentés et d’une expérience accumulée dans les opérations de maintien de la paix et de lutte contre les groupes armés.

 

Une meilleure coordination entre pays africains pourrait permettre de mutualiser certaines capacités : renseignement, formation, surveillance des frontières, logistique et équipements.

 

Cette approche permettrait de réduire progressivement la dépendance envers les puissances extérieures.

 

L’enjeu dépasse la question militaire

 

Pour Martin Ziguélé, la présence de forces étrangères sur le sol africain renvoie finalement à une question beaucoup plus large : celle de la capacité des États à décider seuls de leur avenir.

 

Un pays qui dépend durablement d’une puissance étrangère pour sa sécurité peut difficilement mener une politique extérieure totalement indépendante.

 

Les choix diplomatiques, économiques et militaires sont liés. Lorsqu’un gouvernement dépend d’un partenaire extérieur pour assurer sa défense, cette relation peut également peser sur ses autres décisions stratégiques.

 

C’est pourquoi l’ancien Premier ministre considère que la construction d’une souveraineté réelle doit passer par le renforcement simultané des institutions politiques, de l’économie et des capacités militaires.

 

Plus de six décennies après les indépendances, Martin Ziguélé estime ainsi que les pays africains doivent pouvoir coopérer avec les puissances étrangères sans devenir leurs bases avancées ni dépendre durablement de leurs armées. La présence étrangère peut accompagner une armée nationale, mais elle ne devrait pas se substituer à elle.

 

Par Alain Nzilo

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Ngamana aux Centrafricains : “pardon, ne faites pas la grève, sortez-vous travailler pour payer l’essence que nous avons augmentée le prix. Le problème de votre pauvreté ne nous regarde pas

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Les organisations de la société civile, notamment  l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique (OGDC) et la plateforme I Gwé annoncent jeudi 8 octobre dernier une journée “ville morte” pour le 12 octobre prochain. De 4 heures à 17 heures, les taxis, les bus, les motos-taxis sont appelés à rester garés. Les commerçants, les fonctionnaires, les citoyens sont invités à rester chez eux. Objectif : protester contre la nouvelle hausse du prix des carburants.

 

L’augmentation est chaotique. L’essence passe de 1 050 à 1 150 francs CFA le litre. Le gazole de 1 250 à 1 400 francs CFA. C’est la troisième hausse en trois ans. Dans un pays où la quasi-totalité de la population vit sous le seuil de pauvreté, cela signifie quoi ? Pas besoin d’un économiste pour le comprendre : les tables des wali gara de Bangui l’ont déjà compris. Les coûts de transport augmentent, les prix des denrées suivent, et les salaires, eux, ne bougent pas.

 

Ngamana aux Centrafricains : "pardon, ne faites pas la grève,  sortez-vous travailler pour payer l'essence que nous avons augmentée le prix. Le problème de votre pauvreté ne nous regarde pas
Le grand sorcier de Carnot, Évariste Ngamana

 

Les revendications de la société civile sont simples et raisonnables : retrait de la hausse, publication de la structure des prix du carburant, baisse du prix à moins de 900 francs CFA le litre, et ouverture d’un vrai dialogue avec les syndicats, les opérateurs économiques et la population.

 

La réponse du gouvernement, elle, est venue de celui que les centrafricains appellent  “le grand sorcier de Carnot” : le porte-parole du gouvernement, Evariste Ngamana, le faus diplômé.

À lire aussi : Le grand mensonge de la sécurité post-embargo en RCA : Les vérités crues du sous-préfet Ghislain Stéphane Yonaba

 

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À lire aussi : Seko, Alindao, Bongboto, Gordile : les massacres commis par Wagner et les russes noirs documentés par la CPI

“Ils ne distribuent pas de billets” : une question qui trahit tout

 

L’argument central du gouvernement est le suivant : si la société civile demande aux gens de rester à la maison, qui va leur donner de l’argent pour manger ? Les gens doivent sortir pour gagner leur vie.

 

Cette phrase, qui se veut pragmatique, trahit en réalité une confusion profonde. Ce que les citoyens contestent, c’est précisément que le fait de “sortir pour gagner sa vie” coûte désormais trop cher. Un taxi qui sort gagne sa journée, mais la majeure partie de sa recette part dans le réservoir. Un moto-taxi qui fait une course voit son bénéfice englouti par le prix du litre. Une mère qui va au marché découvre que la même somme achète de moins en moins de nourriture.

 

La logique du gouvernement est la suivante : vous devez sortir pour travailler, donc vous devez accepter le prix du carburant. Ce qu’il dit réellement, c’est : vous n’avez pas le choix. Le gouvernement a fixé le prix, vous le payez. Ce qui vous reste après, ce n’est pas son problème.

 

Les organisations de la société civile ont déjà percé cette logique à jour : les gens ne sortent pas “pour manger”, ils sortent pour essayer de manger après que le carburant a tout englouti. Quand un gouvernement pousse le prix de l’essence à un tel niveau, il impose en réalité une taxe à chaque famille qui vit au jour le jour une taxe sans aucune représentation en échange.

 

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L’argument de la France : un raisonnement qui ne tient pas la route, et c’est même pathétique

 

Le deuxième argument de Ngamana, c’est “la France aussi”. Ses mots : “Ce n’est pas la RCA seule qui a ce problème de carburant, c’est le monde entier qui est concerné. Même la France, qui produit du carburant, a elle aussi un problème de carburant.”

 

Cette comparaison ne résiste pas à l’examen.

 

La France est un importateur net de produits pétroliers, mais elle dispose de capacités de raffinage, de réserves stratégiques et d’un filet de sécurité sociale pour amortir les chocs des prix de l’énergie. L’écart entre le “problème de carburant” français et le “problème de carburant” centrafricain est plus grand que la distance entre Bangui et Paris.

 

Surtout : quand les agriculteurs français bloquent des dépôts pétroliers pour protester contre la hausse du gazole, le gouvernement français n’envoie pas un porte-parole à la télévision pour dire “si vous ne sortez pas, qui vous donnera à manger ?” Ces derniers jours, les agriculteurs de la Coordination rurale campent devant des dépôts près de Toulouse. Les forces de l’ordre les délogent, mais le gouvernement ne tourne pas leurs revendications en dérision publiquement. En Centrafrique, une simple journée d’arrêt pacifique suffit pour être accusé de “troubler l’ordre public” et de “manipulation politique”.

 

Aussi, les élèves français ont fait la grève, même un parti politique de gauche les soutient. Mais le gouvernement, de son côté, n’a jamais dit que ce sont les hommes politiques qui les manipulent. Comme vous voulez comparer la RCA avec la France, faites la comparaison sur tout, et non choisir un ongle qui vous intéresse.

 

En réalité, la comparaison de Ngamana est sélective : il choisit ce qui l’arrange, il oublie ce qui le contredit.

 

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La menace de “l’ordre” : qui crée le désordre ?

 

Ngamana qualifie la “ville morte” d’initiative “susceptible de perturber l’ordre public”. Il affirme : “Nous savons que c’est la politique qui se cache derrière tout ça pour perturber la tranquillité de la population.”

 

C’est un procédé classique  de la dictature : criminaliser la protestation pacifique en la qualifiant de “désordre”, réduire les revendications populaires à une “manipulation politicienne”.

 

Un gouvernement qui se soucie réellement de l’ordre devrait se demander pourquoi les gens descendent dans la rue. Quand le prix du carburant paralyse les transports, ruine les commerçants et affame les familles, le vrai “désordre” a déjà commencé dans les cuisines des centrafricains. L’“ordre” dont parle Ngamana, c’est l’exigence que le peuple souffre en silence, qu’il ne fasse pas de bruit, qu’il ne fasse pas honte au gouvernement.

 

Son “dialogue ouvert” sonne encore plus creux. Les revendications de la société civile publier la structure des prix, négocier avec les parties prenantes sont en elles-mêmes un appel au dialogue. Le gouvernement refuse ces demandes, puis accuse les autres de refuser le dialogue. C’est le classique : “si tu ne fais pas ce que je dis, c’est que tu refuses de communiquer.”

 

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Un “grand sorcier” en représentation, un gouvernement en difficulté

 

La brutalité du vocabulaire de Ngamana, la pauvreté de sa logique, gênent même ses alliés du gouvernement. Il affirme qu’“il n’y a pas d’autre choix que de s’aligner derrière cette décision” ce n’est pas le langage de la gouvernance démocratique, c’est le langage du commandement.

La hausse du prix des carburants à Bangui pousse la société civile à exiger le retrait immédiat de cette mesure impopulaire.

 

Il faut noter que, quelques semaines avant l’explosion de la contestation sur le carburant, Ngamana était déjà au cœur d’une tempête médiatique concernant ses diplômes. Plusieurs médias centrafricains ont dévoilé un “faux diplôme” et se sont moqués de ses multiples dérapages publics sur des questions juridiques. Un homme dont la crédibilité est déjà en ruine se permet aujourd’hui de donner des leçons d’“économie réelle” à la population. L’ironie est difficile à manquer.

 

Mais le problème de cet homme n’est qu’un symptôme. Le vrai problème, c’est qu’un porte-parole que le peuple surnomme “le grand sorcier” puisse monter sur scène et tenir ce discours, parce qu’il existe derrière lui une structure de pouvoir qui l’y autorise. Cette structure ne craint pas de perdre la crédibilité de Ngamana, parce qu’elle ne se soucie plus de ce que pense le peuple.

 

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Le 12 octobre, si les rues de Bangui se taisent vraiment, ce silence sera en lui-même une réponse.

 

Ngamana demande : “S’ils demandent aux gens de rester à la maison, qui leur donne de l’argent pour manger ?”

 

La réponse du peuple pourrait être : “L’argent que nous gagnons en sortant ne suffit déjà plus à manger.”

 

Quand un gouvernement refuse même d’admettre cette simple arithmétique, il n’est plus un gouvernement au service du peuple. Il gère un territoire fait de prix du carburant et de décrets, et les gens qui vivent sur ce territoire sont sommés de courir en silence, avec gratitude, sans s’arrêter.

 

Mais un être humain n’est pas un moteur. Même un moteur a besoin de carburant. Quand le carburant devient trop cher pour être acheté, la seule chose à faire, c’est de s’arrêter.

 

La société civile appelle cela une “ville morte”. Peut-être que la vraie ville morte, c’est ce bâtiment gouvernemental qui n’entend pas son peuple crier la faim.

 

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Centrafrique : Comment la faillite chronologique de la septième République a t-elle conduit à l’avènement de la crise des hydrocarbures ?

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Après deux mandats calamiteux à la magistrature suprême de l’État caractérisés par la sous-traitance entière de notre souveraineté aux mercenaires du groupe paramilitaire de Wagner, la constitution du 30 mars 2016 a été injustement présentée comme un bouc emissaire pour éviter d’affronter les véritables causes ou de désigner les vrais responsables de la descente aux enfers du peuple centrafricain.

 

Ainsi la constitution du 30 mars 2016 qui est la seule loi fondamentale derivée d’une large consultation populaire à la base a été présentée comme l’émanation du neocolonialisme, que la nouvelle constitution permettrait de corriger certaines insuffisances, d’adapter la constitution aux réalités socio-économiques centrafricaines, de favoriser la croissance et l’émergence économique surtout de donner une nouvelle impulsion au développement socio-économique du pays.

 

Centrafrique : Comment la faillite chronologique de la septième République a t-elle conduit à l'avènement de la crise des hydrocarbures ?
Le Premier ministre centrafricain Felix Moloua devant les elus de la Nation ce 24 aout 2022

 

Ces manœuvres dolosives conjuguées avec le concours de l’autorité Nationale des Élections et du Conseil constitutionnel ont permis de travestir la volonté souveraine du peuple pour favoriser l’avènement de la septième République.

 

À lire aussi : Centrafrique : routes, écoles et hôpitaux sacrifiés par l’explosion de la masse salariale

Ainsi, la problématique qui constitue l’essence de notre analyse consiste à scruter de façon chronologique les actes politiques posés par la dictature de Bangui depuis le passage en force du nouveau mandat illégal jusqu’à ce jour pour essayer de comprendre le processus de l’effondrement de la structure étatique et la résurgence brutale de la crise des hydrocarbures qui fragilise non seulement le tissu économique du pays mais également un peuple déjà agonisant et sous perfusion.

 

À lire aussi : Le sous-préfet de Zemio, Jusselin Bolamba, annonce le retour massif des populations réfugiées à Zapay

Ainsi en ordre chronologique, on a assisté le 30 mars 2026 à l’installation du nouveau pouvoir de Bangui c’est-à-dire la prestation du serment ou l’investiture du Président de la République qui marque l’avènement de la fameuse septième République.

 

Malgré un bilan où tout le tableau synoptique est au rouge, le premier ministre a été reconduit ainsi que la quasi-totalité des membres du gouvernement.

 

Le premier gouvernement de la septième République s’est ainsi attelé à l’organisation du deuxième tour des élections législatives et à l’installation des députés de la huitième législature de l’assemblée nationale.

 

Animé par le sentiment de bien faire, le gouvernement a organisé du 5 au 8 juin 2026 un séminaire gouvernemental d’où sont ressorties 107 recommandations pour clarifier la vision du Président de la République et d’en faire un plan d’action gouvernemental.

 

De ce séminaire, le chef du gouvernement a instauré le lundi patriotique qui consiste à la montée de drapeau tous les lundi de la semaine suivie d’une campagne de sensibilisation dans tous les départements ministériels.

 

Quelques semaines plus tard c’est à dire le 2 juillet 2026, l’on a assisté à la déclaration de politique générale qui engage le gouvernement devant l’assemblée nationale.

 

Compte tenu du caractère monocolore de l’assemblée nationale, la déclaration de politique générale a été votée à un score soviétique par 103 députés contre 3 et avec 2 abstentions, ce qui constitue selon eux une légitimation parlementaire de la feuille de route gouvernementale.

 

Au delà de la perte de temps consacré par le gouvernement pour s’acharner sur le Président de l’URCA sur la question de la binationalité, il apparaît important de souligner que l’inaudibilité du pouvoir de Bangui ne résulte pas seulement de la crise des hydrocarbures mais d’une accumulation de frustration et de déficit entre les autorités et le peuple.

 

En conséquence de ce qui précède, la revendication citoyenne ne se limite plus à la hausse du prix du carburant mais elle devient institutionnelle car le pouvoir de Bangui a prouvé qu’il n’était plus à la hauteur de sa mission et des attentes de la population.

 

Lassé par les discours mensongers et manipulateurs des différents acteurs de la septième République, le citoyen lambda s’interroge :

 

1- Comment la faillite de la septième République a t-elle conduit à la hausse brutale et disproportionnée du prix des produits pétroliers ?

 

2- La hausse du prix du carburant traduit-elle une rupture du contrat social au point de rendre le discours du pouvoir inaudible ?

 

3- À défaut d’un mensonge d’Etat, comment la crise des hydrocarbures peut-elle surprendre un gouvernement qui est dirigé par un expert du ministère du plan qui a vocation à concevoir, à programmer, à coordonner et à suivre les politiques et les programmes de développement socio-économique du pays ?

 

4- Cette période au delà des cent jours du gouvernement n’est-elle pas suffisante pour offrir au peuple un cimetière, un stade, des écoles, des hôpitaux, des routes, de l’eau et l’électricité ?

 

En tout état de cause, il y’a un décalage entre le discours officiel du pouvoir et la réalité quotidienne de la population au point d’affaiblir l’autorité de la parole publique.

 

On ne peut pas essorer tout un peuple à travers la hausse du prix des hydrocarbures pendant que l’Etat mène une vie de prince au frais du contribuable.

 

Au delà de tout, le peuple a pris acte d’une table ronde interactive du gouvernement sur le bilan des cent jours qui vraisemblablement devrait être un devoir de redevabilité envers le peuple s’est brusquement érigée en un lynchage, un réquisitoire agressif et violent contre un professionnel de media qui n’a pour mission que de collecter, de traiter, de vérifier et de diffuser des informations au public.

 

Nous tenons à rappeler à cette tribune que dans les grandes démocraties à travers le monde, le droit de manifester est garanti par la constitution et face au refus du gouvernement devenu endémique, nous soutenons la journée “ville morte” du 12 octobre 2026 organisée par une partie de la société civile centrafricaine.

 

Cette journée ville morte est une forme de protestation démocratique qui consiste à rester tranquillement chez soi en paralysant la vie économique et sociale du pays.

 

En attendant que le peuple de Boganda se réveille de son sommeil onirique pour siffler la fin de la récréation,

La mise en place de la septième République par le gouvernement a entraîné des répercussions directes sur l’approvisionnement en carburant à travers tout le pays.

 

les paisibles habitants de Limassa qui ne se lassent dans leur combat soutenus par les vaillants citoyens de Mala et par extension à l’échelle nationale vous demande de démissionner car le seuil de tolérance est atteint.

 

Il faut savoir à titre de rappel que la démission n’est pas une faiblesse, un désaveu ni une fuite en avant mais un acte de noblesse, de responsabilité et de maturité politique.

 

Nous vous rappelons avec insistance que l’exil de nos jours est une prison dorée certes mais son essence est la souffrance, le calvaire, entremêlé de regret, de larmes, de remord et de la désolation…

 

Si je savais serait trop tard Monsieur le Président.

 

Mais attention, ne le dites à personne…

 

Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis le royaume de Limassa.

 

Limassa le 10 Octobre 2026.

 

Bernard SELEMBY DOUDOU.

 

Juriste, Environnementaliste.

 

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Centrafrique : panique générale à Bangui, le régime Touadéra au bord de la crise de nerfs

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​La débandade générale s’empare la « 7e République » de Touadera. L’appel à la journée « ville morte » lancé par la société civile pour ce lundi 12 octobre a plongé le gouvernement de Faustin-Archange Touadéra dans une fébrilité sans précédent.

 

​Sous les instructions directes de la haute hiérarchie du Palais de la Renaissance, chaque ministère est désormais sommé de produire en urgence son communiqué pour tenter d’enrayer la contestation. Mais derrière cette débauche de papier officiel et cette précipitation administrative, la réalité est sans appel : le pouvoir tremble sur ses bases, coincé entre la démagogie d’État et les méthodes de voyous.

 

Centrafrique : panique générale à Bangui, le régime Touadéra au bord de la crise de nerfs
Touadera priere

 

​Dans les rafales des communiqués signés par divers ministres, diffusés sur les ondes et relayés sur les réseaux sociaux, on retrouve celui du ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative, Marcel Djimassé, daté du 10 octobre 2026, un week-end. Un ministère de la Fonction Publique qui à la fois menace et supplie les fonctionnaires.

À lire aussi : Hausse du carburant : Faustin-Archange Touadéra accuse ses adversaires de vouloir pousser les Centrafricains dans la rue

​Dans son communiqué teinté de suppliques et de menaces voilées, le ministère qualifie l’appel citoyen de « rumeurs relayant un mot d’ordre de ville morte » et tente de culpabiliser les agents publics en affirmant qu’un jour d’absence paralyserait « la continuité du service public ».

 

À lire aussi : À Bocaranga , les barrières illégales refont surface, et les forces de l’ordre multiplient des exactions sur la population

​Comble de la démagogie, un régime qui abandonne les fonctionnaires à la cherté de la vie et à des conditions de travail misérables s’inquiète soudainement qu’une seule journée d’inactivité ne deviendra un « désastre national ». Promettant de vagues « mesures d’accompagnement » pour étouffer la colère liée à la hausse spectaculaire des prix du carburant à la pompe, le gouvernement tente désespérément de maintenir les travailleurs sous coupe réglée. Mais la manœuvre est trop grossière pour masquer le vide d’une gouvernance aux abois.

 

À lire aussi : CORE AVIATION SERVICES : Scandale à la direction qui encaisse les retenues sur les salaires sans jamais les reverser à la CNSS

​Pendant que les ministres distribuent des communiqués lisses, les coulisses du pouvoir révèlent des méthodes bien plus sordides. N’accordant aucune confiance à la rhétorique administrative, le régime a réactivé ses réseaux de terreur et de corruption pour briser le mouvement citoyen.

​Selon des sources concordantes et des révélations internes, les miliciens « Requins », le bras armé et la police politique du régime, s’activent pour traquer les leaders du consortium de la société civile (OGDC et I Gwé).

​Un des lieutenants de cette milice, Bienvenu Gbavini, est monté au créneau pour réclamer ouvertement de l’argent comptant aux ministres cadres du parti présidentiel (MCU) afin de financer le déploiement de ses hommes sur le terrain.

​Dans sa lancée, ce milicien a publiquement salué la « générosité » du ministre des Travaux publics Arthur Piri, félicité pour avoir reçu et distribué de grosses enveloppes d’argent, 500 000 FCFA selon nos sources, aux délégués des conducteurs de taxis-motos afin de les dissuader de suivre le mot d’ordre du 12 octobre.

​Cette double stratégie, la démagogie des communiqués officiels d’un côté, la distribution d’enveloppes et la menace des milices de l’autre, expose au grand jour la panique qui hante le gouvernement de Faustin-Archange Touadéra. Incapable d’apporter des réponses économiques crédibles à l’asphyxie financière des foyers centrafricains, le pouvoir en est réduit à acheter le silence des uns et à armer la terreur des autres.

​En ce week-end précédant la nouvelle semaine du lundi 12 octobre, la nervosité du Palais de la Renaissance prouve que le mot d’ordre « Zo kwe i ngba na yanga da » a déjà atteint son objectif : exposer la fragilité extrême d’un régime qui ne tient plus que par la peur, l’achat des consciences et la force des armes.

Face à la gronde provoquée par la hausse du carburant à la pompe, le mot d’ordre de ville morte paralyse l’exécutif centrafricain.

Affaire à suivre…

 

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PJLOD appelle à respecter la journée ville morte du 12 octobre contre la hausse des prix du carburant

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La Plateforme des jeunes leaders de l’opposition démocratique (PJLOD) appelle la population centrafricaine à observer une journée ville morte le lundi 12 octobre 2026 pour protester contre le maintien de la hausse des prix des produits pétroliers.

 

Dans une déclaration publiée le 8 octobre à Bangui, la plateforme dénonce la décision du gouvernement de maintenir cette hausse. Elle estime que cette mesure aggrave les difficultés économiques des ménages et renforce la cherté de la vie.

 

PJLOD appelle à respecter la journée ville morte du 12 octobre contre la hausse des prix du carburant
Arsene Elien

 

La PJLOD reproche aux autorités de ne pas tenir compte des conséquences sociales de cette décision. Selon la plateforme, l’augmentation des prix du carburant pèse sur l’économie nationale et réduit le pouvoir d’achat d’une population déjà fragilisée par la crise économique.

 

À lire aussi : CORE AVIATION SERVICES : Scandale à la direction qui encaisse les retenues sur les salaires sans jamais les reverser à la CNSS

Face à cette situation, l’organisation appelle la jeunesse centrafricaine à participer à la mobilisation. Elle invite également les organisations de la société civile, les syndicats, les conducteurs de transports publics et les commerçants à se joindre au mouvement.

 

À lire aussi : Koumboli , village de plus de 2000 habitants à 5 km de Zemio, privé de structures sanitaires depuis près de 3 ans

La PJLOD demande le respect du mot d’ordre de ville morte sur toute l’étendue du territoire national. Elle présente cette journée comme un moyen de protestation pacifique contre la hausse des prix du carburant et réclame des mesures concrètes en faveur du pouvoir d’achat des ménages.

 

Signée par son porte-parole, Igor Mopkem, la déclaration intervient alors que la contestation contre la hausse des prix des produits pétroliers se poursuit en Centrafrique. La journée du 12 octobre doit permettre aux initiateurs de mesurer le niveau de participation à leur mot d’ordre.

 

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Le gouvernement maintient la hausse des prix des produits pétroliers malgré les protestations, réduisant gravement le pouvoir d’achat des ménages en Centrafrique.

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Marché à bétail de Bouboui : les vols de bétail inquiètent les éleveurs malgré les annonces du gouvernement

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    Les vols de bétail et les attaques visant les éleveurs continuent de perturber les activités du marché à bétail de Bouboui, situé au PK 45 sur l’axe Bangui-Boali.  Face aux inquiétudes grandissantes des commerçants, des bouchers et des éleveurs peuls, le Premier ministre Félix Moloua s’est rendu sur place afin d’échanger avec les principaux acteurs de ce marché stratégique pour l’approvisionnement de Bangui en viande.
Marché à bétail de Bouboui : les vols de bétail inquiètent les éleveurs malgré les annonces du gouvernement
Troupeau des bœufs au marché à bétail de Bouboui
 Au cours de cette rencontre, les participants ont décrit une dégradation progressive de la situation sécuritaire. Selon plusieurs éleveurs, les vols de troupeaux se multiplient dans les zones de pâturage et le long des couloirs de transhumance. Ces actes entraînent des pertes importantes et fragilisent les revenus de nombreuses familles qui vivent de l’élevage. Le marché à bétail de Bouboui constitue l’un des principaux points d’approvisionnement de la capitale. Chaque semaine, des dizaines de commerçants y achètent des animaux destinés aux marchés et aux abattoirs de Bangui. Toute perturbation de cette activité se répercute directement sur les prix de la viande et sur les revenus des acteurs du commerce du bétail. Les éleveurs affirment que l’insécurité complique désormais l’ensemble de leurs activités. Certains sont contraints de modifier leurs itinéraires habituels afin d’éviter les zones considérées comme dangereuses. D’autres engagent des dépenses supplémentaires pour surveiller leurs troupeaux, ce qui réduit davantage leurs bénéfices. Face à ces préoccupations, le Premier ministre a annoncé la création prochaine d’un comité mixte réunissant des représentants des éleveurs, des autorités administratives et des services de sécurité. Cette structure aura pour mission d’identifier les principales difficultés rencontrées sur le terrain et de proposer des mesures destinées à renforcer la protection des troupeaux et des opérateurs du marché. Cette initiative est accueillie avec prudence par plusieurs acteurs du secteur. Beaucoup estiment que les mesures annoncées devront être suivies d’actions visibles sur le terrain pour produire des résultats. Ils rappellent que la sécurisation des zones d’élevage demeure une priorité pour préserver l’activité économique liée au commerce du bétail. Pour les commerçants et les bouchers, la question ne se limite pas aux pertes enregistrées par les éleveurs. La baisse du nombre d’animaux disponibles sur le marché risque également d’affecter l’approvisionnement de Bangui et de provoquer une hausse des prix pour les consommateurs. L’élevage reste l’une des activités économiques les plus importantes du pays. Dans plusieurs régions, il constitue la principale source de revenus de milliers de familles. Les difficultés observées à Bouboui illustrent les défis auxquels sont confrontés de nombreux éleveurs qui continuent d’exercer leur activité dans un environnement marqué par l’insécurité. En attendant la mise en place du comité annoncé par le gouvernement, les acteurs du marché poursuivent leurs activités tout en espérant des mesures capables de réduire les vols de bétail et de restaurer un climat plus favorable aux échanges commerciaux.  Par Arsène Fazoni 

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Centrafrique : Le Fonds humanitaire débloque 17,2 millions de dollars en 2025 pour faire face aux crises persistantes dans le pays

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Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a officialisé la publication de son rapport annuel concernant le Fonds humanitaire pour la Centrafrique. Ce document dresse un bilan chiffré et opérationnel des actions menées au cours de l’année écoulée, caractérisée par d’importantes transitions stratégiques et des contraintes budgétaires accrues à l’échelle mondiale.

Une mobilisation financière ciblée

Durant l’année 2025, un montant total de 17,2 millions de dollars a été alloué par le Fonds humanitaire pour financer les interventions d’urgence à travers le pays. Face à la diminution des ressources globales disponibles, les responsables du fonds ont fait le choix stratégique de concentrer l’intégralité des financements sur le mécanisme des allocations de réserve. Cette méthode a permis d’assurer une flexibilité maximale et un déploiement rapide des ressources vers les zones jugées prioritaires, en évitant la dispersion des budgets

MSF-vaccine-les-enfants-venus-du-Soudan

Ces interventions ont permis d’apporter une assistance vitale directe à 349 000 personnes affectées par les conflits, les déplacements de population et les chocs climatiques, avec un effort particulier dirigé vers les communautés isolées ou situées dans des zones géographiques particulièrement difficiles d’accès.

Progression de l’ancrage avec les organisations nationales Le rapport met en évidence une évolution notable dans les modalités de mise en œuvre des projets : le dépassement des objectifs fixés en matière d’intégration des acteurs de terrain. Les organisations nationales ont ainsi pris en charge la gestion directe de près de la moitié des projets financés par le Fonds humanitaire en 2025.

Sur le plan financier, cette dynamique s’est traduite par l’attribution directe de 38 % de l’enveloppe globale aux ONG nationales et aux structures communautaires de Centrafrique. Pour accompagner cette évolution tout en encadrant les risques de gestion, une nouvelle modalité de micro-subventions a été introduite. Ce dispositif a permis à de petites associations communautaires et à des groupements dirigés par des femmes d’accéder pour la première fois à des financements directs en simplifiant les procédures administratives traditionnelles.

Des besoins humanitaires toujours élevés pour l’avenir Malgré des signes de stabilisation observés dans plusieurs régions de Centrafrique, les données centralisées par OCHA montrent que la situation globale demeure précaire. Plus d’un tiers de la population de Centrafrique a encore besoin d’une assistance humanitaire. Les alertes récurrentes enregistrées au cours des derniers mois, notamment dans les préfectures de l’est et du sud-est, mettent en lumière des déficits de couverture toujours importants.

Pour l’année 2026, les prévisions de l’ONU indiquent qu’environ 2,3 millions de personnes, soit 36 % de la population totale du pays (estimée à 6,6 millions d’habitants), se trouveront dans une situation de vulnérabilité accrue. Pour répondre à ces priorités, les Nations Unies et leurs partenaires ont officiellement lancé un appel de fonds de 264 millions de dollars afin de cibler 1,3 million de personnes parmi les plus démunies au cours des prochains mois.

Par Arsène Mbata

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Ferdinand Alexandre N’Guendet, ancien Président de transition, dénonce, depuis son exil, les dérives du pouvoir et la souffrance du peuple centrafricain

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Dans une vidéo diffusée en direct et largement partagée sur les réseaux sociaux, l’ancien président de la transition, Ferdinand Alexandre N’Guendet, a dressé un bilan sans concession de la situation actuelle en République centrafricaine. S’exprimant directement face caméra, l’ancien chef d’État a listé les manquements politiques du régime de Bangui et décrit avec précision la détérioration des conditions de vie de la population.

 

L’ex-dirigeant centrafricain a pointé du doigt la concentration des ressources et des décisions administratives au profit d’un clan restreint, au détriment de l’intérêt général. Selon ses déclarations formulées dans cet enregistrement, les institutions publiques servent désormais des ambitions particulières, ce qui engendre une déchéance sociale généralisée.

Ferdinand Alexandre N'Guendet, ancien Président de transition,  dénonce, depuis son exil,  les dérives du pouvoir et la souffrance du peuple centrafricain
Ferdinand Alexandre Nguendet

 

Le cœur de son intervention visuelle s’est focalisé sur la détresse quotidienne des citoyens. Ferdinand Alexandre N’Guendet a énuméré les privations majeures qui touchent la communauté, insistant notamment sur l’absence d’accès régulier à l’eau potable et à l’énergie électrique. Au-delà de ces carences infrastructurelles, l’ancien président de transition a fustigé les atteintes aux libertés individuelles, mentionnant le cas des compatriotes incarcérés de manière arbitraire, sans l’organisation du moindre procès légal, ainsi que la dépossession des droits civiques qui transforme, selon lui, les autochtones en étrangers sur leur propre terre.

 

Par Anselme Mbata

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Centrafrique : routes, écoles et hôpitaux sacrifiés par l’explosion de la masse salariale

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Au premier semestre 2026, le paiement des salaires de la fonction publique a absorbé 81% des recettes fiscales et douanières de la République centrafricaine. Cette forte pression sur les finances publiques réduit les marges disponibles pour les investissements dans les routes, les écoles et les hôpitaux.

 

Le ratio a légèrement diminué par rapport aux 85% enregistrés au premier trimestre. Il reste pourtant largement supérieur au seuil de soutenabilité de 35% fixé dans le cadre communautaire de la CEMAC.

Centrafrique : routes, écoles et hôpitaux sacrifiés par l’explosion de la masse salariale

 

La progression de la masse salariale s’explique notamment par la revalorisation de 20% des salaires des fonctionnaires entrée en vigueur au début de l’année. Les recrutements continus dans la fonction publique et les corps de sécurité ont également augmenté les charges de l’État.

 

À lire aussi : Assassinats nocturnes, enlèvements et cherté de la vie : Abakar Sabone décrit le quotidien des Centrafricains

Dans le même temps, les recettes ne progressent pas au même rythme. Les ressources propres de l’État ont atteint 109,80 milliards de francs CFA à la mi-2026, mais cette hausse reste insuffisante face à l’augmentation des dépenses salariales.

 

À lire aussi : Centrafrique : à Samo-Ouandja, le capitaine des FACA reconnaît lui-même son mauvais comportement et affirme que la population pourrait un jour manifester pour exiger son départ

Le faible rendement des recettes fiscales constitue un autre facteur de pression. Le secteur informel ne contribue qu’à hauteur de 12% aux recettes fiscales. La contrebande transfrontalière prive également les douanes d’une partie des ressources attendues.

 

Cette combinaison entre hausse des dépenses et faiblesse des recettes réduit les moyens que l’État peut consacrer aux investissements publics. Chaque franc CFA supplémentaire mobilisé pour les salaires laisse moins de ressources pour les infrastructures et les services essentiels.

 

Les conséquences sont particulièrement importantes pour les secteurs qui dépendent directement des financements publics. La construction et l’entretien des routes, la réalisation d’infrastructures scolaires ou encore l’équipement des établissements de santé nécessitent des crédits qui deviennent plus difficiles à dégager dans un budget fortement absorbé par les dépenses courantes.

 

La situation est également aggravée par la diminution des appuis budgétaires internationaux. Avec moins de financements extérieurs disponibles, le Trésor public dispose de marges de manœuvre plus limitées pour compenser l’insuffisance des recettes nationales.

 

À mi-parcours de l’exercice, le niveau des dépenses salariales fait aussi peser une pression sur la trésorerie pour les mois restants. Si le rythme observé au premier semestre se poursuit, l’enveloppe annuelle consacrée aux salaires sera fortement sollicitée avant la fin de l’année.

 

Le choix budgétaire devient alors particulièrement contraignant. Le maintien de la progression des rémunérations et des recrutements augmente les charges fixes de l’État, tandis que les ressources disponibles pour financer les investissements restent limitées.

 

Avec 81% des recettes fiscales et douanières déjà mobilisées pour les salaires au premier semestre, les crédits destinés aux routes, aux écoles et aux hôpitaux se retrouvent directement comprimés par le poids de la masse salariale.

 

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Le sous-préfet de Zemio, Jusselin Bolamba, annonce le retour massif des populations réfugiées à Zapay

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Dans un entretien accordé à la rédaction de Guira FM, le sous-préfet de Zemio, Jusselin Bolamba, a confirmé le retour progressif et massif des populations qui avaient fui vers le village de Zapay , en République démocratique du Congo. Selon lui, ces habitants sont revenus « par milliers » et ont retrouvé leurs foyers. Une dynamique qu’il attribue à la sensibilisation des autorités, aux bonnes pratiques des forces de sécurité et à l’assistance des organisations humanitaires.

 

Invité de la rédaction de Guira FM, le sous-préfet de Zemio, Jusselin Bolamba, a été interrogé sur la situation actuelle des populations de sa circonscription qui s’étaient réfugiées à Zapay , un village situé en République démocratique du Congo. Une question centrale, tant le retour de ces déplacés transforme la physionomie de la ville et pose des défis considérables en termes d’accueil, de réinstallation et de cohésion sociale.

Le sous-préfet de Zemio, Jusselin Bolamba, annonce le retour massif des populations réfugiées à Zapay
Fuite des habitants de Zemio lors de la crise en juin 2025. Photo CNC

 

« Je pense que cette population est revenue par milliers »

 

Interrogé sur l’ampleur du phénomène, Jusselin Bolamba a tenu à préciser d’emblée que les chiffres disponibles ne sont pas encore exhaustifs. « Pour le moment, je dirais qu’il n’y a pas de statistiques exhaustives, mais les chiffres varient au fur et à mesure. Car au début, nous avons noté que c’était 43 personnes qui étaient de retour. Ensuite, 60, après 108, il s’en suivra également 143 et au fur et à mesure, les gens revenaient. » Une progression par paliers qui témoigne d’un mouvement continu, alimenté par des arrivées successives.

 

À lire aussi : Le grand mensonge de la sécurité post-embargo en RCA : Les vérités crues du sous-préfet Ghislain Stéphane Yonaba

Mais au-delà de ces chiffres partiels, le sous-préfet n’hésite pas à qualifier l’ampleur du phénomène. « Je pense que cette population est revenue par milliers et ils sont rentrés vraiment chez eux. » Une formule qui dit à la fois la massivité du retour et son caractère définitif. Ces populations ne sont pas venues en visite. Elles sont revenues pour rester, pour reconstruire, pour reprendre leur vie là où elles l’avaient laissée.

 

À lire aussi : Koumboli , village de plus de 2000 habitants à 5 km de Zemio, privé de structures sanitaires depuis près de 3 ans

« Les raisons sont multiples »

 

Comment expliquer un tel mouvement ? Pour Jusselin Bolamba, les causes sont multiples et s’additionnent. « Je pense que les raisons sont multiples. Ils se résument par des différentes sensibilisations des autorités administratives et locales qui ne se lassent de le faire à chaque fois que les opportunités se présentent. » La sensibilisation, menée de manière répétée et obstinée par les autorités, a donc joué un rôle déterminant. Elle a permis de convaincre les réfugiés que les conditions d’un retour étaient réunies, que la sécurité était suffisamment rétablie pour envisager de rentrer.

 

Mais la sensibilisation n’aurait pas suffi sans un second facteur, tout aussi crucial : la confiance. Et cette confiance, selon le sous-préfet, a été rendue possible par le comportement des forces de défense et de sécurité. « Il y a également les bonnes pratiques des FACA et des forces de sécurité intérieures qui brisent petit à petit la crise de confiance en vue d’une parfaite collaboration avec la population. » Une manière de dire que le retour des réfugiés est aussi le fruit d’un travail patient de reconquête de la confiance, mené par des militaires et des policiers qui ont su se montrer à la hauteur de leur mission.

 

Enfin, le troisième facteur identifié par Jusselin Bolamba est l’assistance humanitaire. « Et à cela s’ajoute également l’intervention des humanitaires, à savoir les petits mouvements qu’ils sont en train de faire sous l’orientation de OCHA, la MINUSCA et le CICR à travers les différentes assistances à la population. » L’aide apportée aux retournés, qu’il s’agisse de distributions de kits, d’assistance en cash ou d’appui à la réinstallation, a été un élément décisif dans la décision de rentrer. Sans cette perspective d’un accompagnement concret, beaucoup auraient probablement hésité plus longtemps.

 

Un accueil organisé et une réinstallation en cours

 

Interrogé sur les conditions dans lesquelles ces populations sont accueillies à leur arrivée, Jusselin Bolamba décrit un processus structuré. « Je pense que tout commence par des sensibilisations, au nettoyage des concessions, ensuite les enregistrements des retournés par les humanitaires, suivi maintenant des assistances conséquentes si possible. » Chaque étape compte. La sensibilisation, d’abord, pour préparer les esprits et fluidifier l’arrivée. Le nettoyage des concessions, ensuite, pour offrir aux retournés un cadre de vie décent. L’enregistrement par les humanitaires, enfin, pour permettre une assistance ciblée et efficace.

 

Mais au-delà de l’aspect logistique, le sous-préfet insiste sur un point qui lui tient à cœur : la cohésion sociale. « Il est à souligner qu’il n’y a pas de dichotomie au sein de la population, ce qui a donc renforcé les liens de familiarité pour permettre à cette population de vivre ensemble, de reprendre sa vie initiale. » Un constat encourageant, qui témoigne de la capacité des communautés de Zemio à dépasser les clivages et à accueillir leurs frères et sœurs revenus du Congo sans arrière-pensée.

 

Une sécurité qui s’améliore

 

La question de la sécurité était au cœur des préoccupations. Les populations réfugiées à Zapay ne seraient pas revenues si elles n’avaient pas eu l’assurance de pouvoir vivre en paix à Zemio. Sur ce point, Jusselin Bolamba se veut rassurant. « Les hommes détenus font valablement leur travail, ils font des patrouilles de jour comme de nuit, ils s’organisent à leur niveau et on a actuellement une amélioration de la sécurité parce que la population vague normalement ses occupations et nous en tant qu’autorité administrative et locale, nous continuons à sensibiliser dans ce sens pour que cette population reprenne les activités initiales et que la paix soit vraiment reprise et de manière durable dans la ville de Zémio. »

 

Le tableau qu’il dresse est celui d’une ville qui retrouve peu à peu son rythme. Les patrouilles, de jour comme de nuit, ont permis de restaurer un climat de confiance. Les populations vaquent à nouveau à leurs occupations. Les marchés reprennent vie. Les champs sont à nouveau cultivés. Une normalisation progressive, fragile mais réelle, que le sous-préfet attribue à l’action conjuguée des forces de sécurité et des autorités locales.

 

Un appel à la cohésion sociale

 

Ce retour massif depuis Zapay vers Zemio est rendu possible grâce à l’action conjointe des FACA, de la MINUSCA et des autorités locales.

En conclusion de son entretien, Jusselin Bolamba a tenu à adresser un message aux populations, tant à celles qui reviennent qu’à celles qui les accueillent. « On a cessé de dire à ceux qui sont ici et qui reçoivent les autres de compatir avec eux, de comprendre leur situation. S’ils sont revenus, c’est parce qu’ils ont la mort de leur patrie et ceux-là doivent les considérer, qu’il n’y ait pas de division, qu’il n’y ait pas des propos tendant à apporter encore trop de problèmes au sein de la population. »

 

Un message de paix et de fraternité, qui appelle chacun à faire preuve de compréhension et de solidarité. Car le retour des réfugiés n’est pas seulement une bonne nouvelle démographique. C’est aussi un défi pour la communauté qui les accueille, qui doit apprendre à partager un espace et des ressources déjà limités. Mais pour Jusselin Bolamba, c’est un défi qui peut être relevé, à condition que chacun y mette du sien.

 

« Nous continuons à le faire dans ce sens pour que la vie en tant que telle puisse se reprendre et que chacun retrouve sa place, chacun vive comme il peut vivre au sein de la sous-préfecture de Zémio. » Et d’ajouter, à l’attention des retournés : « Je voudrais bien donc leur demander de garder leur calme pendant que nous sommes en train de réfléchir pour des solutions envisageables, pour leur permettre donc de vivre comme tout être humain. »

 

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Koumboli , village de plus de 2000 habitants à 5 km de Zemio, privé de structures sanitaires depuis près de 3 ans

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KoumboliKoumboli, village de plus de 2000 habitants à 5 km de Zemio, privé de structures sanitaires depuis près de 3 ans

Situé à seulement 5 kilomètres de la ville de Zemio, dans la préfecture du Haut-Mbomou, le village de Komboli vit sans centre de santé fonctionnel depuis près de trois ans. Pillé par les mercenaires russes du groupe Wagner et partiellement incendié par les soldats des forces armées centrafricaines, le dispensaire n’est plus qu’une ruine. Ses habitants, revenus chez eux après avoir fui les exactions, accusent les forces en présence de les considérer comme complices des miliciens Azandé Anikpigbé. Une situation qu’ils dénoncent avec force et qui met des vies en danger.**

 

Komboli est un grand village. Il regroupe plus de 5 quartiers et compte plus de 2000 habitants. Un chiffre qui, à lui seul, dit l’ampleur du vide sanitaire dans lequel cette communauté est plongée. Car depuis près de trois ans, ce village situé à 5 km de Zemio, dans le Haut-Mbomou, ne dispose plus d’aucune structure de santé opérationnelle. La faute à une succession d’événements dramatiques qui ont précipité ses habitants dans une détresse sanitaire sans précédent.

Haut-Mbomou : le nouveau chef du détachement de l’armée nationale à Zemio replonge la ville dans l'enfer
Les soldats FACA dans le village de Koumboli, à 5 kilomètres de Zémio, au sud-EAst de la RCA

 

Un centre de santé pillé et incendié

 

Avant la crise, les habitants de Komboli pouvaient compter sur un centre de santé. Un centre construit grâce à l’appui d’une organisation non gouvernementale, qui représentait pour eux bien plus qu’un simple bâtiment : il était le premier rempart contre la maladie, le lieu où l’on pouvait accoucher, où l’on soignait les fièvres, où l’on vaccinait les enfants. Aujourd’hui, il n’est plus qu’une coquille vide, pillée puis en partie incendiée.

 

Selon les témoignages recueillis sur place, le dispensaire a d’abord été pillé par les mercenaires russes du groupe Wagner. Puis, dans un second temps, le village a été partiellement incendié par les soldats des forces armées centrafricaines. Un enchaînement de violences qui a poussé les villageois à fuir. « Nous avons un centre de santé ici au village de Koumboli, construit par une ONG. Mais l’attaque du groupe armé qui a eu lieu ici a tout détruit. Le centre a été saccagé et pillé. » Le témoignage de Jean-Marie Inamou, chef du groupe intérimé, résume la détresse d’une communauté qui a tout perdu.

 

« Ils nous accusent d’être complices des miliciens »

 

Au-delà des destructions matérielles, les habitants de Koumboli dénoncent une accusation qui leur colle à la peau et qui empoisonne leurs relations avec les forces de sécurité. Selon eux, les mercenaires du groupe Wagner et les soldats des FACA les suspectent d’être complices des miliciens d’autodéfense Azandé Anikpigbé. Une accusation qu’ils rejettent en bloc, mais qui alimente un climat de méfiance et de peur.

 

Cette suspicion a des conséquences concrètes. Elle complique l’accès à l’aide humanitaire, freine les initiatives de réconciliation et maintient les habitants dans une position d’insécurité permanente. Car être accusé de complicité avec un groupe armé, dans un contexte de conflit comme celui du Haut-Mbomou, peut avoir des conséquences tragiques. Les villageois le savent. Ils vivent avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête.

 

« Si la maladie est grave, la personne risque de succomber en route »

 

Privés de leur centre de santé, les habitants de Komboli n’ont d’autre choix que de se rendre à Zemio, à 5 kilomètres de là, pour tenter de trouver des soins. Cinq kilomètres, dira-t-on, ce n’est pas la mer à boire. Mais dans une région où les routes sont inexistantes ou impraticables, où les moyens de transport sont rares et où la moindre évacuation sanitaire relève du parcours du combattant, ces 5 kilomètres peuvent se transformer en chemin de croix.

 

« Quand on tombe malade, il faut aller très loin en ville pour bénéficier des soins adéquats. Et si la maladie est grave, la personne risque de succomber en route. » La formule de Jean-Marie Inamou est sans appel. Elle dit l’urgence, l’angoisse, l’impuissance. Elle dit aussi une réalité que les statistiques ne captent pas toujours : celle de vies perdues non pas à cause de la maladie elle-même, mais à cause de l’absence de soins accessibles.

 

Un appel à l’aide lancé au gouvernement et aux partenaires

 

Face à cette situation, les habitants de Komboli ne baissent pas les bras. Ils se mobilisent, nettoient la concession du centre de santé, la préparent pour un éventuel retour des soins. « Actuellement, les populations ont nettoyé la concession de manière très propre en attendant un soutien », rapporte notre correspondant. Un geste qui en dit long sur la détermination de ces hommes et de ces femmes à ne pas se résigner.

 

Mais ils ne peuvent pas tout faire seuls. C’est pourquoi ils lancent un appel pressant aux autorités et aux partenaires. « C’est pourquoi nous demandons au gouvernement et aux partenaires médicaux de réhabiliter notre centre de santé et de le doter de médicaments », plaide Jean-Marie Inamou. Un appel qui n’est pas seulement une demande d’assistance, mais un cri de détresse. Car derrière chaque jour sans soins, il y a des enfants qui ne sont pas vaccinés, des femmes qui accouchent sans assistance, des malades qui attendent un traitement qui ne vient pas.

 

L’urgence d’une réponse

 

Le manque d’accès aux services de santé à Komboli n’est pas un problème nouveau. Il perdure depuis près de trois ans. Trois ans pendant lesquels les habitants ont survécu comme ils ont pu, comptant sur leur solidarité et sur la chance. Mais la chance finit toujours par tourner. Et dans un village de plus de 2000 habitants, les besoins sont immenses.

 

 

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Hausse du carburant : Faustin-Archange Touadéra accuse ses adversaires de vouloir pousser les Centrafricains dans la rue

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Faustin-Archange Touadéra accuse certains acteurs politiques de profiter de la hausse du carburant pour mobiliser les Centrafricains dans la rue, alors que la contestation porte aussi sur les conséquences directes de la mesure sur le coût de la vie.

 

De retour à Bangui après plusieurs jours à l’étranger, Faustin-Archange Touadéra a consacré une partie de son intervention aux réactions provoquées par la nouvelle hausse des prix des produits pétroliers. Il estime que le débat est en train de prendre une dimension politique qui ne correspond pas, selon lui, à la réalité économique du pays.

Hausse du carburant : Faustin-Archange Touadéra accuse ses adversaires de vouloir pousser les Centrafricains dans la rue
Faustin Archange TOUADERA

 

« Il y en a qui surfent sur ça pour mettre la population dans la rue », a déclaré Faustin-Archange Touadéra.

 

À lire aussi : AJDC dénonce des pressions contre l’opposition et évoque des missions de surveillance à l’étranger

Le chef de l’État n’a pas cité les acteurs auxquels il faisait référence. Il n’a pas non plus précisé quelles initiatives ou quelles déclarations justifieraient cette accusation. Cette absence de précisions laisse ouverte la question des faits sur lesquels repose son affirmation.

 

À lire aussi : Centrafrique : vers une sérieuse dégradation de la santé de Faustin-Archange Touadéra ?

La contestation de la hausse ne se limite pourtant pas aux responsables politiques. Le prix du carburant concerne directement les transporteurs, les commerçants, les travailleurs et les entreprises. Toute augmentation du coût du transport peut également se répercuter sur l’acheminement des marchandises et les prix pratiqués sur les marchés.

 

À lire aussi : « On nous appelle pour nous annoncer, pas pour discuter avec nous sur le projet de l’augmentation des prix du carburant . Je pèse mes mots » : le syndicaliste Nicaise Ngouandji raconte les coulisses d’une décision imposée

Pour de nombreux ménages, la question dépasse donc le cadre d’une confrontation politique. Une hausse du carburant peut modifier quotidiennement le budget consacré au transport, à l’alimentation et aux autres dépenses courantes.

 

À lire aussi : Centrafrique : Mouammar Bengué-Bossin remet la nationalisation de Ndassima au cœur du débat économique du pays

Faustin-Archange Touadéra demande pourtant que les débats engagés autour de cette mesure ne servent pas à mobiliser la population dans la rue. Il estime que les conséquences de la hausse doivent plutôt être discutées avec les travailleurs et les entreprises afin de rechercher des réponses adaptées.

 

Cette position pose aussi la question de la manière dont le pouvoir entend recueillir les préoccupations de ceux qui subissent directement la hausse. Lorsque le coût du transport augmente et que les prix des marchandises suivent, la contestation peut-elle être réduite à une récupération politique ?

 

Le président soutient que la République centrafricaine se trouve face à une contrainte économique extérieure. Le pays ne produit pas de pétrole et dépend des importations. Il invoque notamment la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient pour expliquer l’augmentation du coût des produits pétroliers sur le marché international.

 

Cette explication peut éclairer une partie de la hausse, mais elle ne répond pas à toutes les préoccupations exprimées dans le pays. Le niveau du prix payé à la pompe dépend aussi du coût d’importation, des taxes, des marges et du mécanisme national de fixation des prix.

 

Faustin-Archange Touadéra estime par ailleurs que l’État ne pouvait plus continuer à supporter financièrement la situation. Il affirme que le Trésor doit désormais préserver ses ressources pour payer les salaires et honorer les autres obligations publiques.

 

La hausse du carburant entraîne une contestation politique majeure en Centrafrique, touchant directement le pouvoir d’achat et le coût de la vie des ménages.

Pour les Centrafricains confrontés à la hausse du coût de la vie, le débat reste donc concret. La question porte moins sur l’identité de ceux qui dénoncent la mesure que sur ses conséquences et sur la capacité des pouvoirs publics à les limiter.

 

En présentant la contestation comme une tentative de mobilisation politique, Faustin-Archange Touadéra déplace ainsi une partie du débat vers le terrain politique. Reste à savoir si les difficultés exprimées par les travailleurs, les entreprises et les consommateurs peuvent être écartées au seul motif que certains acteurs politiques pourraient chercher à les exploiter.

 

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« J’ai vu les mains de Touadéra porter les têtes de plusieurs Centrafricains » : Charles Talingano livre une vision qu’il présente comme un avertissement

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Le pasteur Charles Talingano affirme avoir vu, dans une vision qu’il attribue au Saint-Esprit, les mains du président Faustin-Archange Touadéra porter les têtes de plusieurs Centrafricains égorgés.

 

Dans sa déclaration, il revient sur ce qu’il présente comme une vision reçue après la visite du chef de l’État centrafricain au Vatican. Il décrit des images de victimes qui, selon lui, se trouvaient derrière le président et les membres de sa délégation.

 

« J’ai vu les mains de Touadéra porter les têtes de plusieurs Centrafricains » : Nicolas Talingano livre une vision qu’il présente comme un avertissement
DTrafic d’ossement humain dans le Mbomou, un homme arrêté par la gendarmerie

 

« Regarde ta main que tu ouvres quand tu es même dans l’église. Ces mains, je les ai vues porter la tête de plusieurs Centrafricains », affirme Charles Talingano .

 

Le pasteur Charles Talingano  insiste sur la gravité de cette image. Il parle de personnes « égorgées » et évoque également des victimes dont certains membres ont été coupés.

 

Il relie ensuite cette vision au serment présidentiel. Selon lui, Faustin-Archange Touadéra avait juré de garantir la sécurité des Centrafricains et de protéger leur intégrité physique.

 

« Toi qui as prêté serment que tu gardes le Centrafricain, que tu assures la sécurité du pays, tu prends soin du Centrafricain, son intégrité physique », déclare-t-il.

 

Pour Charles Talingano  Talingano, cette responsabilité ne peut être dissociée du sang versé dans le pays. Il établit un parallèle avec le récit biblique de Caïn et Abel, présenté comme la première illustration du sang innocent réclamant justice devant Dieu.

 

« Le sang d’Abel a crié justice devant la face de Dieu », affirme le pasteur.

 

Le pasteur Charles Talingano  interpelle directement Faustin-Archange Touadéra à la suite de sa visite officielle au Vatican.

Il évoque également des personnes qui, dans sa vision, auraient continué à suivre le président malgré leur mort. Certaines seraient apparues sans certains de leurs membres, tout en réclamant le prix de leur sang et de leur décapitation.

 

« Beaucoup de ceux qui marchaient derrière toi étaient même des hommes, des femmes, qui n’avaient plus quelques-uns de leurs membres », affirme-t-il.

 

Le pasteur présente ces images comme une représentation spirituelle des conséquences des violences commises en Centrafrique. Il ne fournit pas, dans cette déclaration, de noms de victimes ni de faits précis permettant d’établir matériellement les accusations qu’il formule.

 

Son propos repose sur une vision religieuse qu’il dit avoir reçue et interprétée comme un avertissement adressé au chef de l’État. Il affirme que la fonction présidentielle ne met pas son titulaire à l’abri d’une responsabilité morale devant Dieu.

 

« Le prix du sang, de la misère, des pleurs, de l’angoisse et de la mort de la République centrafricaine », déclare encore Nicolas Talingano en s’adressant directement à Touadéra.

 

Cette séquence constitue l’un des passages les plus sévères de sa déclaration sur la visite présidentielle au Vatican. Le pasteur présente les images qu’il dit avoir vues comme un avertissement sur les conséquences spirituelles du sang versé en Centrafrique. Actions disponibles

 

À l’ONU, Touadéra pleure sur les tombes des civils centrafricains après avoir livré la Centrafrique aux mercenaires

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Il y a des larmes qui ne trompent personne. Celles de Faustin Archange Touadéra devant l’Assemblée générale des Nations unies, ce jour-là, n’étaient pas des larmes de compassion. C’étaient des larmes de comédie, des larmes de circonstance, des larmes soigneusement calibrées pour une audience internationale qu’il croit encore assez naïve pour gober sa fable. Car celui qui ose pleurer sur les civils centrafricains est exactement l’homme qui les a livrés, pieds et poings liés, à des mercenaires sans foi ni loi, venus piller, tuer et violer en toute impunité.

 

Rappelons les faits, puisque Touadéra semble les avoir oubliés. Depuis 2018, son régime a fait appel à la société paramilitaire russe Wagner, devenue depuis Africa Corps, pour assurer sa protection et combattre les groupes armés qui menacent son pouvoir. Sur le papier, l’objectif affiché était louable : restaurer l’autorité de l’État, sécuriser les territoires, protéger les populations. Dans la réalité, cette alliance a transformé la Centrafrique en un champ de ruines. Les mercenaires ne protègent pas les civils. Ils les terrorisent. Ils ne sécurisent pas les villages. Ils les pillent. Ils ne défendent pas l’État. Ils le remplacent.

 

À l’ONU, Touadéra pleure sur les tombes des civils centrafricains après avoir livré la Centrafrique aux mercenaires
touadera conseil de securite des nations unies

 

Les rapports des Nations unies, des organisations de défense des droits humains et des journalistes d’investigation sont accablants. Exécutions extrajudiciaires. Viols collectifs. Détentions arbitraires. Tortures. Disparitions forcées. Travail forcé dans les mines. Pillage des ressources naturelles, or, diamants, bois, bétail. Les mercenaires de Wagner ont instauré un système de prédation à grande échelle, avec la bénédiction, la complicité et parfois la participation directe des autorités de Bangui. Et pendant que ces hommes sèment la terreur dans les provinces, Touadéra, lui, se prélasse dans les salons dorés de New York.

 

À lire aussi : Centrafrique : les victimes de la Séléka saluent le verdict contre Mahamat Said et réclament la suite de la justice

Le discours onusien du président centrafricain est un monument d’hypocrisie. Il parle des civils qui « paient le prix » des conflits. Mais qui a fait venir les mercenaires ? Qui les paie ? Qui les protège des enquêtes internationales ? Qui bloque les sanctions ? Qui refuse toute enquête indépendante sur les exactions commises dans son propre pays ? Touadéra. Toujours Touadéra. Il pleure sur les victimes, mais il est l’un de ceux qui fabriquent les victimes. Il dénonce les groupes armés, mais il s’allie à des groupes armés étrangers. Il invoque le droit international, mais il en refuse l’application dès qu’elle le menace.

 

À lire aussi : Centrafrique : quand les militaires rwandais désarment de force les soldats FACA à Bogoin, près de Damara

Il y a une indécence particulière à voir un homme parler de protection des civils quand son propre régime a fait de la Centrafrique un marché. Un marché de la violence, un marché de la peur, un marché de la mort. Les mercenaires ne sont pas venus pour sauver la Centrafrique. Ils sont venus pour la consommer. Et Touadéra, loin de les en empêcher, leur a ouvert grand les portes, leur a livré les clés, leur a donné carte blanche. En échange, il a obtenu quoi ? La survie politique. La protection de son fauteuil. La possibilité de se maintenir au pouvoir sans rendre de comptes. Le prix, lui, a été payé par le peuple centrafricain.

 

Ce peuple, justement, Touadéra prétend le représenter à cette tribune. Mais quel peuple représente-t-il ? Pas celui des villages brûlés par Wagner. Pas celui des femmes violées par les mercenaires. Pas celui des enfants enrôlés ou tués. Pas celui des familles déplacées qui errent depuis des années sans espoir de retour. Pas celui des prisonniers politiques qui croupissent dans les geôles de Bangui. Pas celui des journalistes réduits au silence. Pas celui des opposants exilés. Touadéra ne représente personne d’autre que lui-même, son clan, et les intérêts étrangers qui le maintiennent en place.

 

À l’ONU, il a parlé de « restaurer la confiance » et de « gérer la transformation ». Mais la confiance ne se restaure pas avec des discours. Elle se restaure avec des actes. Et les actes de Touadéra, depuis huit ans, sont ceux d’un homme qui a choisi la soumission aux puissances étrangères plutôt que la souveraineté de son peuple. Il a choisi les mercenaires plutôt que l’armée nationale. Il a choisi la répression plutôt que le dialogue. Il a choisi l’impunité plutôt que la justice. Il a choisi le pillage plutôt que le développement. Il a choisi la guerre plutôt que la paix.

 

Alors non, monsieur le Président, vos larmes ne nous émeuvent pas. Elles nous écœurent. Parce que nous savons d’où elles viennent. Elles viennent d’un homme qui a du sang sur les mains et qui essaie de le laver avec de l’eau bénite onusienne. Elles viennent d’un homme qui a livré son pays aux mercenaires et qui vient maintenant pleurer sur les dégâts. Elles viennent d’un homme qui a trahi son peuple et qui ose se présenter comme son défenseur. Ces larmes-là ne trompent personne. Elles ne lavent rien. Elles ne rachètent rien. Elles ne ressuscitent personne.

 

La Centrafrique n’a pas besoin des larmes de Touadéra. Elle a besoin de justice. Elle a besoin de vérité. Elle a besoin que les mercenaires partent. Elle a besoin que les responsables des exactions rendent des comptes. Elle a besoin d’un État qui protège ses citoyens au lieu de les vendre. Elle a besoin d’un président qui serve son peuple au lieu de se servir de son peuple. Tant que Touadéra sera au pouvoir, la Centrafrique continuera de saigner. Et aucune larme versée à New York ne changera cela. Le sang des victimes crie plus fort que les discours des bourreaux.

 

Depuis l’arrivée des mercenaires russes de Wagner, la Centrafrique subit des exactions massives documentées par l’ONU et les organisations de défense des droits humains.

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Hausse du prix du carburant : Quentin Claver NGBOUANDO et Elysée NGUÉMALÉ appellent à une journée « ville morte » le 12 octobre

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La plateforme iGwé et l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique (OGDC) appellent à une journée « ville morte » le lundi 12 octobre 2026, de 4h à 17h, pour protester contre la hausse du prix du carburant.

 

L’annonce a été faite jeudi 8 octobre au Centre Saint Jean XXIII à Bangui, lors d’une conférence de presse animée par Quentin Claver NGBOUANDO, Coordonnateur de la plateforme iGwé, et Elysée NGUÉMALÉ, Coordonnateur de l’OGDC.

M. Elysée NGUEMALE, Coordonnateur de l'Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique à gauche et M. Quentin NGOUANDO, Coordonn
M. Elysée NGUEMALE, Coordonnateur de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique à gauche et M. Quentin NGOUANDO, Coordonn

 

Dans leur déclaration, les deux organisations qualifient cette hausse de mesure « socialement injuste » et dénoncent l’absence de concertation avant la décision du gouvernement. Elles estiment que l’augmentation intervient alors que les Centrafricains font déjà face à la hausse du coût de la vie et à une baisse de leur pouvoir d’achat.

 

La plateforme iGwé et l’OGDC lancent ainsi un appel à la désobéissance civile. Elles demandent aux conducteurs de taxis, bus et motos-taxis de suspendre leurs activités durant la journée du 12 octobre.

 

À lire aussi : Centrafrique : après avoir créé le désordre dans la gestion des véhicules de l’État, les autorités veulent maintenant remettre de l’ordre

Les commerçants, les fonctionnaires, les jeunes et l’ensemble des citoyens sont également invités à respecter le mot d’ordre. Les organisations demandent à la population d’observer cette journée dans le calme et la discipline.

 

À lire aussi : Centrafrique : Faustin Archange Touadéra pris en flagrant délit de mensonge sur la hausse du prix du carburant

Cette mobilisation doit permettre, selon les organisateurs, de protester contre une décision qu’ils considèrent comme préjudiciable aux ménages. Ils qualifient la hausse du prix des hydrocarbures de « braquage contre le peuple » et demandent son retrait.

 

La plateforme iGwé et l’OGDC exigent également l’ouverture d’un cadre de concertation réunissant les acteurs économiques du secteur pétrolier, la société civile, les syndicats et les usagers.

 

Les deux organisations demandent enfin la publication détaillée de la structure des prix du carburant. Elles veulent notamment connaître les taxes, les marges et les différents coûts entrant dans la fixation du prix à la pompe.

 

Quentin Claver NGBOUANDO et Elysée NGUÉMALÉ demandent au gouvernement de ramener le prix des hydrocarbures à moins de 900 FCFA et annoncent leur mobilisation autour de ces revendications.

 

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La plateforme iGwé et l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique exigent du gouvernement la publication détaillée de la structure des prix des hydrocarbures.

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Le grand mensonge de la sécurité post-embargo en RCA : Les vérités crues du sous-préfet Ghislain Stéphane Yonaba

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La levée de l’embargo sur les armes en juillet 2024 avait donné lieu à d’immenses vagues de célébrations politiques à Bangui. Les autorités promettaient alors le retour en force de la puissance publique sur tout le territoire. Deux ans plus tard, le constat sur le terrain balaie les discours officiels. Les déclarations sans fard de Ghislain Stéphane Yonaba déconstruisent l’illusion d’une armée renforcée et opérationnelle. À travers la situation de sa localité, c’est toute la gestion logistique de l’appareil militaire national qui se trouve pointée du doigt.

 

L’administration centrale a longtemps brandi les sanctions internationales comme l’unique blocage à la sécurisation du pays. Cet argument est aujourd’hui caduc. Le problème n’est plus à New York, il réside désormais dans la gestion de Bangui. Les forces de défense intérieures manquent de moyens de transport basiques et d’armements lourds pour fixer durablement la sécurité, laissant les populations locales sans défense face aux assauts des bandes résiduelles qui visent les chantiers miniers et les zones de chasse.

Le grand mensonge de la sécurité post-embargo en RCA : Les vérités crues du sous-préfet Ghislain Stéphane Yonaba

 

À Ouadda, une localité reprise dès mai 2024, la défaillance de la chaîne logistique est indiscutable. Pour toute dotation, les soldats s’en remettent à l’appui des forces internationales de la MINUSCA, qui ont fourni trois simples motos. Une dotation insignifiante pour couvrir des secteurs immenses. Le représentant local de l’État demande désormais l’attribution de véhicules tout-terrain et de matériel lourd, des équipements qui devraient pourtant circuler sans restriction depuis la fin des sanctions économiques et militaires.

 

Ce cas local n’est pas un fait isolé, il reflète l’état de dénuement des garnisons à l’échelle de la République Centrafricaine. La liberté retrouvée d’acheter du matériel militaire n’a pas résolu la désorganisation des services de l’intendance. Les promesses de réarmement et de modernisation se heurtent à une inefficacité de distribution évidente. L’État a récupéré son droit de s’armer, mais sur le terrain, ses soldats marchent encore à pied ou comptent sur des dons de bicyclettes motorisées pour défendre la patrie.

 

Par Moïse Banafio

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