lundi, octobre 26, 2026
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Elie Oueifio : « L’ingratitude appelle les malédictions et les malheurs »

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Dans son texte intitulé Ingratitude 1, Elie Oueifio, ancien ministre et président par intérim du KNK, oppose la reconnaissance à l’ingratitude à travers un dialogue entre les deux notions. Le texte présente l’ingratitude comme une attitude consistant à répondre au bien par le mal et à rabaisser ceux qui ont contribué à l’élévation d’une personne.

 

L’auteur fait intervenir la Gratitude et l’Ingratitude comme deux personnages. La première demande à la seconde qui elle est. L’Ingratitude se définit alors comme le contraire de la reconnaissance : « Quand quelqu’un me fait du bien, je lui rends le mal en retour ; quand un autre m’élève, je le rabaisse ou je l’efface. »

 

Elie Oueifio : « L’ingratitude appelle les malédictions et les malheurs »
L’ancien ministre Élie Ouéfio, Président intérimaire du parti KNK

 

Dans cette opposition, Elie Oueifio décrit l’ingratitude comme une attitude fondée sur le rejet de ceux qui ont apporté leur soutien. L’Ingratitude affirme qu’elle entend accumuler des richesses tandis que la Gratitude resterait « pauvre avec ses largesses ».

 

À lire aussi : Après son élection, il découvre ce qu’il a entendu dans les médias : la mairie de Bayanga est fantôme avec des caisses vides et une administration sans documents

La Gratitude conteste cette vision et annonce à son adversaire les conséquences de son comportement. « L’ingratitude appelle les malédictions et les malheurs, la reconnaissance produit les bénédictions et le bonheur », écrit l’auteur.

 

À lire aussi : Louis-Marie Kogrengbo : « Au-delà de nos étiquettes confessionnelles, Jésus-Christ nous appelle à l’unité »

Le texte prend ainsi une dimension morale et spirituelle. Elie Oueifio présente la reconnaissance comme une valeur destinée à produire un héritage positif, tandis que l’ingratitude est associée aux conséquences négatives des comportements humains.

 

Dans la dernière partie de son texte, l’auteur invite son lecteur à réfléchir aux conséquences de ses actes et à l’héritage qu’il laissera aux générations futures. « Alors, réfléchis-y davantage pour laisser un bon héritage à tes progénitures de demain », écrit-il. 

 

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Dans son texte, Elie Oueifio, président par intérim du KNK, oppose l’ingratitude à la reconnaissance pour inviter chacun à cultiver un héritage positif en Centrafrique.

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Quand l’économie russe de Vladimir Poutine est prise à son propre piège avec sa stratégie de pillage de l’or en Afrique

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 Pour financer sa guerre en Ukraine, Poutine a échangé ses devises contre le pillage d’or en Afrique . Une stratégie de contournement qui s’effondre avec la baisse historique des prix sur le marché mondial.

 

L’architecture du piège : du troc clandestin à la dépendance de l’once

Pour comprendre l’asphyxie actuelle de l’économie russe, il faut diviser l’architecture financière parallèle bâtie par Vladimir Poutine. Face à l’exclusion du système SWIFT et au gel de 300 milliards de dollars de réserves souveraines par l’Occident, le Kremlin n’a pas simplement cherché à survivre : il a tenté de remplacer le dollar. L’Afrique est alors devenue le cœur de cette stratégie de substitution.

 

Quand l’économie russe de Vladimir Poutine est prise à son propre piège avec sa stratégie de pillage de l’or en Afrique

 

À travers le déploiement de structures paramilitaires et de filiales minières d’État au Mali, au Burkina-Faso, en République centrafricaine et au Soudan, Moscou a mis en place un système de dévastation  et de pillage direct. L’équation de départ était simple : échanger du soutien militaire et politique à des régimes en transition contre un accès exclusif et non déclaré à leurs gisements d’or et diamants.

 

Sanctions Occidentales ──

Extraction de l’Or Africain (Hors-Système)

Stockage/Raffinage (Hubs Tiers) ──

Vente forcée au cours mondial ──►

Financement des dépenses de guerre

 

 

Cet or physique, extrait hors des radars des institutions multilatérales, remplit deux fonctions critiques au sein du bilan de la Banque centrale de Russie (CBR) :

 

La monétisation indirecte : N’ayant plus accès aux marchés des changes traditionnels, la Russie utilise cet or comme une monnaie de troc internationale, le blanchissant dans des hubs de raffinage secondaires pour obtenir des devises convertibles (comme le yuan ou le dirham) indispensables à l’importation de composants technologiques militaires.

 

 La couverture du Rouble : L’or accumulé sert d’ancrage actif pour stabiliser artificiellement la masse monétaire russe face à une inflation interne galopante, nourrie par une économie entièrement tournée vers l’industrie de l’armement.

 

Le choc de marché : la macroéconomie mondiale brise le levier de Moscou

Le cœur du piège réside dans une vérité économique immuable : la Russie peut contrôler les mines africaines, mais elle ne contrôle pas le prix de l’or. La valeur de ce trésor de guerre dépend exclusivement des places financières mondiales (LBMA à Londres et COMEX à New York). Or, le marché mondial traverse une phase de correction majeure. Après avoir atteint des sommets spéculatifs au début de l’année à près de 5\,600 dollars l’once, le cours s’est effondré pour stagner dans une zone critique entre 4\,160 et 4\,220 dollars l’once.

 

Cette baisse de près de 25% répond à des mécanismes monétaires mondiaux face auxquels le Kremlin est totalement impuissant :

┌──► Persistance des taux d’intérêt élevés de la Fed (Coût d’opportunité de l’or = Zéro) Facteurs de baisse du cours ────┼──► Flambée de l’indice Dollar (DXY) ──► Or plus cher pour les acheteurs hors-zone USD └──► Contraction des achats nets des banques centrales émergentes (Chine, etc.)

 

L’arbitrage des taux réels par la Fed : Face à une inflation mondiale persistante, la Réserve fédérale américaine maintient ses taux directeurs à des niveaux élevés. L’or étant un actif non porteur de rendement (pas de coupon, pas de dividende), son coût d’opportunité explose. Les grands fonds d’investissement mondiaux liquident leurs positions sur l’or pour se ruer sur les obligations d’État américaines, déclenchant une pression vendeuse massive sur le cours spot.

 

L’effet de l’indice dollar (DXY) : L’or étant libellé en dollars américains sur les marchés mondiaux, le renforcement de la devise américaine pénalise mécaniquement le pouvoir d’achat des acheteurs internationaux, contractant la demande globale et précipitant la chute des prix.

 

Le tarissement de la demande institutionnelle : Les banques centrales des pays émergents, qui avaient soutenu la hausse vertigineuse de l’or par des achats massifs, ont brutalement ralenti leurs acquisitions au premier trimestre, supprimant le filet de sécurité du marché.

 

L’effet de ciseaux : l’effondrement de la rentabilité de la prédation russes

C’est ici que la quatrième introduction prend tout son sens : la stratégie de contournement se transforme en un mécanisme d’autodestruction budgétaire. La Russie fait face à un effet de ciseaux économique asymétrique et destructeur.

 

D’un côté, les dépenses de guerre de Moscou sont fixes et en expansion constante. Le déficit budgétaire russe de ce début d’année dépasse déjà les 60 milliards de dollars, plombé par les coûts logistiques de l’invasion en Ukraine et la baisse parallèle des revenus pétroliers. Pour boucher ce trou béant et maintenir le rouble à flot, la Banque centrale de Russie est condamnée à une obligation de vente : elle doit liquider ses stocks d’or de manière accélérée (plus de 20 tonnes métriques ont déjà été injectées sur le marché).

Coût de Projection en Afrique (Militaire + Logistique + Décotes) ▲ (En hausse constante) ───────────────────────────────────────────────────────────────────┼──────────────────────────

Valeur de Liquidation de l’Once d’Or sur le Marché Mondial ▼ (En chute libre, -25%)

 

 

De l’autre côté, la rentabilité marginale de l’or africain s’effondre. Extraire de l’or clandestinement en Afrique comporte des coûts fixes exorbitants : financement des mercenaires sur le terrain, sécurisation des convois face aux insurrections locales, transport aérien secret et, surtout, les décotes massives (parfois de 15% à 20%) concédées aux intermédiaires pour réintégrer cet or noirci dans le circuit légal.

 

Lorsque le cours mondial perd 25% de sa valeur, le calcul économique s’inverse. Moscou doit désormais extraire, sécuriser et liquider deux à trois fois plus d’or physique pour obtenir le même volume de devises qu’auparavant. En vendant massivement ses réserves au plus bas du marché pour couvrir ses besoins immédiats, Vladimir Poutine dilapide sa solvabilité à long terme. Le pillage de l’or africain, conçu pour être le bouclier ultime contre le capitalisme occidental, est aujourd’hui totalement neutralisé par la simple loi de l’offre et de la demande mondiale.

 

Par Alain Nzilo

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L’évolution des habitudes de consommation des médias à l’ère numérique : comprendre et anticiper les nouveaux comportements

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Introduction : Révolution numérique et transformation des usages

 

En 2026, la révolution numérique continue de transformer nos manières de consommer l’information et le divertissement. Les progrès technologiques ont bouleversé la chaîne traditionnelle des médias, accélérant l’émergence de nouveaux usages. Comprendre ces évolutions s’avère essentiel, tant pour les consommateurs que pour les créateurs de contenu, car ils façonnent non seulement l’offre disponible mais aussi notre rapport à la connaissance. Cette analyse propose d’identifier les principales tendances qui redessinent le paysage médiatique, tout en offrant un éclairage sur les comportements de demain.

Les médias et l’adaptation : innovation et engagement des publics

Face à ces changements rapides, médias traditionnels et nouveaux acteurs expérimentent des formats innovants pour capter et fidéliser leurs publics. Les podcasts connaissent une véritable explosion en France : la durée d’écoute moyenne franchit les 45 minutes hebdomadaires en 2026. Les formats interactifs, comme les émissions en direct ou les jeux immersifs, créent une proximité inédite avec les audiences. Des exemples concrets montrent comment l’industrie s’empare de ces tendances : des chaînes de radio proposent désormais des émissions « live » interactives, la presse diffuse des reportages en réalité augmentée et les plateformes vidéo investissent massivement dans le streaming d’événements en temps réel. L’univers de l’entertainment s’enrichit d’offres hybrides mêlant jeu, spectacle et participation communautaire. Les plateformes de jeux en ligne comme Tortuga Casino poursuivent également cette adaptation, offrant aux utilisateurs des expériences interactives et immersives, parfaitement ancrées dans les tendances actuelles de consommation médiatique.

Habitudes de consommation des médias comprendre les évolutions à l’ère numérique

 

La dématérialisation de l’information : la transition vers le tout-numérique

 

La presse écrite, la télévision et la radio connaissent une mutation profonde avec l’avènement du numérique. Les journaux imprimés voient leur lectorat vieillir, tandis que plus de 80% des moins de 35 ans accèdent désormais à l’actualité et au divertissement via leur smartphone et les réseaux sociaux. La numérisation entraîne un accès instantané à l’information : il suffit de quelques secondes pour passer d’une actualité vidéo à un flux en direct ou à un podcast.

 

Cet environnement favorise aussi la personnalisation, chaque utilisateur recevant un contenu sur mesure selon ses intérêts. Le phénomène du « snacking » s’impose : les formats courts — vidéos de quelques secondes, stories, clips — deviennent la norme, limitant le temps d’attention par sujet mais décuplant la fréquence de consultation. Cette transformation rapide pose de nouveaux défis en termes de qualité de l’information et de diversité des points de vue proposés.

 

La montée en puissance des plateformes et nouveaux modes de consommation

 

L’essor fulgurant des services de streaming, des jeux en ligne et des réseaux sociaux ne cesse de remodeler la façon dont nous consommons les médias. Netflix, Spotify, Twitch ou YouTube occupent désormais une place centrale dans le quotidien de millions d’utilisateurs. Les plateformes de streaming proposent un catalogue inépuisable, permettant de visionner films, séries ou documentaires sur plusieurs écrans à la fois, favorisant le « multiscreening ».

 

Le secteur des jeux en ligne illustre aussi cette mutation : depuis 2020, leur croissance annuelle dépasse 12% et ces univers interactifs deviennent des espaces de sociabilité numérique, notamment auprès de la jeunesse. Parallèlement, les réseaux sociaux invitent à l’interaction : likes, partages, commentaires rythment l’expérience utilisateur et participent à la viralité des contenus. L’implication grandissante du public dans le choix et la diffusion des supports transforme chacun en acteur, voire en créateur, de l’écosystème médiatique actuel.

 

Fragmentation, bulle de filtres et nouveaux défis pour les consommateurs

 

À mesure que l’offre de contenu explose, la fragmentation des sources s’intensifie. Chaque internaute peut personnaliser ses flux d’actualité et de divertissement, alimentée par des algorithmes de recommandation sophistiqués. Ce ciblage précis favorise l’effet de « bulle de filtres » : l’utilisateur voit renforcer ses propres convictions sans confrontation directe à la diversité des opinions. Ce phénomène impacte la construction du regard critique et de la capacité à vérifier l’exactitude des informations reçues.

 

L’abondance des contenus et la multiplicité des supports posent aussi la question de la surcharge informationnelle. Entre notifications, suggestions en temps réel et contenus croisés sur plusieurs réseaux, le risque de désinformation ou d’addiction numérique s’accroît. Les nouveaux modes de consommation exigent donc de développer des réflexes d’analyse et de recul, aussi bien pour distinguer la fiabilité des sources que pour préserver sa santé mentale dans un univers médiatique ultra-connecté.

 

Perspectives d’avenir : quelles tendances pour les années à venir ?

 

Les prochaines années promettent de nouvelles évolutions majeures, dictées par les progrès de l’intelligence artificielle, l’automatisation de la personnalisation et l’essor des technologies immersives. L’IA affine sans cesse les recommandations, avec des contenus plus ciblés, alors que la réalité virtuelle et augmentée s’invitent aussi bien dans le journalisme que dans le divertissement. Les médias explorent déjà des expériences intégrant la 3D, l’audio spatialisé et les avatars interactifs pour retenir l’attention.

 

Pour les utilisateurs, il s’agit d’adopter une posture d’ouverture tout en développant un esprit critique face aux contenus de plus en plus personnalisés. Quant aux créateurs et éditeurs, ils devront s’appuyer sur l’innovation pour inventer des formats engageants, adaptés à la consommation en mobilité et au besoin croissant d’expériences authentiques ou communautaires. La question de la protection des données et de l’éthique dans l’usage des algorithmes s’apprête aussi à devenir centrale dans le nouvel écosystème des médias.

 

Conclusion : Synthèse et recommandations

 

La montée du numérique redéfinit profondément l’expérience médiatique. Instantanéité, personnalisation extrême, formats courts et interactifs : autant de tendances qui stimulent la créativité mais interrogent aussi sur la qualité de l’information et notre capacité de discernement. Pour le public, adopter une démarche curieuse, variée et critique face aux contenus s’impose comme un réflexe sain. Pour les médias et les créateurs, l’innovation et l’engagement sincère auprès des audiences apparaissent plus que jamais comme les piliers d’une communication adaptée à l’ère numérique. En gardant à l’esprit ces défis, chacun pourra évoluer avec confiance dans un univers médiatique en perpétuelle réinvention.

Bangui : l’avenue Benz-vi plongée dans le désordre chaque soir, créant une zone incontrôlée de la capitale

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À Bangui, l’avenue Benz-Vi, entre la salle Mazette et le croisement Miskine, devient difficilement praticable chaque soir sous l’effet des occupations chaotique de la chaussée.

 

Une voie progressivement occupée

 

À la tombée du jour, la circulation change complètement sur cette portion du cinquième arrondissement. Les commerces installés aux abords de la chaussée gagnent progressivement l’espace réservé aux véhicules.

 

Bangui : l’avenue Benz-vi  plongée dans le désordre chaque soir, créant une zone incontrôlée de la capitale

 

Des buvettes et des établissements présentés comme des lieux de divertissement installent leurs clients jusque sur la voie. Des salons de coiffure proposent aussi de l’alcool. Les tables, les chaises et les motos occupent une partie importante de l’espace disponible.

À lire aussi : Centrafrique : après les vols et les braquages, l’incendie frappe à nouveau. Cette fois, c’est l’administration électorale qui est touchée

 

Au croisement Miskine, le phénomène est particulièrement visible. Les piétons se mêlent aux motocyclistes et aux véhicules dans un espace déjà étroit.

À lire aussi : Lettre ouverte au président Touadéra : Jean-Pierre Mara alerte sur la baisse du pouvoir d’achat des cultivateurs de manioc

 

La circulation devient alors difficile. Les conducteurs doivent ralentir, contourner les obstacles et se frayer un passage entre les personnes installées au bord, voire au milieu de la chaussée.

 

Des risques pour les usagers

 

Cette occupation de la voie augmente les risques d’accident. Les motos stationnées de manière désordonnée réduisent davantage l’espace de circulation.

 

La présence de nombreuses personnes à proximité des véhicules complique aussi les manœuvres. Un déplacement brusque d’un piéton ou d’une moto peut suffire à provoquer une collision.

 

Des accidents sont régulièrement signalés sur cette avenue, selon des informations recueillies par la rédaction du CNC auprès des habitants du secteur.

 

La concentration des buvettes et des consommateurs ajoute une autre difficulté. En soirée, les regroupements deviennent importants autour des établissements qui vendent de l’alcool.

 

Cette situation complique également le contrôle de la circulation et la surveillance de la zone.

 

Une occupation tolérée chaque soir

 

Le phénomène n’est pas nouveau. Il s’installe progressivement depuis plusieurs années dans plusieurs secteurs de Bangui.

 

Au PK5, notamment autour du marché Mamadou Mbaye, les autorités interviennent régulièrement pour libérer les voies et permettre la circulation des véhicules.

 

Des opérations similaires ont déjà été menées dans différents quartiers de la capitale. Des commerçants et vendeurs sont alors invités à retirer leurs installations de la chaussée.

 

Sur l’avenue Benz-Vi, les habitants constatent une autre réalité. Chaque soir, les installations reprennent et l’espace public est à nouveau occupé.

 

La question concerne donc aussi le contrôle des activités commerciales exercées sur la voie publique.

 

Qui contrôle les établissements qui vendent de l’alcool ?

 

La présence de nombreuses buvettes pose également la question du contrôle administratif des établissements concernés.

 

Le ministère chargé du Tourisme intervient notamment dans la réglementation des activités liées aux établissements de débit de boissons et aux structures touristiques.

 

La mairie de Bangui est également concernée par l’occupation de l’espace public et l’installation des activités commerciales sur les voies.

 

À cela s’ajoute le rôle des services chargés de la sécurité publique, notamment lorsque l’occupation de la chaussée perturbe la circulation ou favorise des incidents.

 

Sur l’avenue Benz-Vi, ces responsabilités se croisent chaque soir sans que le désordre ne disparaisse. Entre la salle Mazette et le croisement Miskine, la chaussée reste ainsi partagée entre circulation, commerces, motos et consommateurs.

 

Pour les riverains et les usagers, la question reste celle du contrôle effectif de cette portion de voie, particulièrement aux heures où la circulation devient la plus dense. Actions disponibles

 

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Le dictateur Touadéra remercie Dieu après avoir fait un coup d’État électoral

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Quinze ans de pouvoir cumulé entre le poste de premier ministre et la présidence n’ont pas suffi à Faustin-Archange Touadéra pour changer de méthode.

 

Les autocrates africains suivent tous le même schéma, qu’ils gouvernent en Centrafrique, au Rwanda ou ailleurs sur le continent. Leur manuel de survie politique ne varie jamais, reproduisant à l’identique les recettes éprouvées par leurs prédécesseurs. Touadéra incarne parfaitement cette continuité dans l’oppression, appliquant sans originalité les tactiques classiques de la tyrannie tropicale.

 

Le dictateur Touadéra remercie Dieu après avoir fait un coup d’État électoral

Le dictateur centrafricain vient de s’octroyer un nouveau mandat en truquant ouvertement le scrutin présidentiel du 28 décembre 2025. Un mois plus tard, lors du conseil des ministres extraordinaire du 23 janvier dernier, il a pris la parole pour remercier Dieu de cette victoire pathétique. Cette invocation divine intervient après des semaines de fraude massive, de bourrage d’urnes, de la production des  faux procès verbaux  et d’intimidation généralisée des électeurs.

 

Touadéra attribue son succès frauduleux aux efforts conjugués de son appareil répressif et de ses complices durant quinze années de mainmise sur l’État. Cinq ans comme premier ministre lui ont permis d’apprendre les rouages du pouvoir, dix ans comme président de peaufiner son système de domination. Chaque année au sommet a servi à consolider un réseau de corruption et de violence qui verrouille désormais toute alternance démocratique.

 

Le tyran salue la mobilisation de ses partisans qu’il ose qualifier d’élan républicain. Cette formule hypocrite masque la réalité des pressions, des achats de voix et des menaces qui ont poussé une partie de la population aux urnes. Rien de républicain dans cette comédie électorale jouée sous surveillance armée, où l’opposition légitime croupit en prison ou s’exile pour survivre.

 

Pendant que le despote remercie le Très-Haut, les mères centrafricaines pleurent leurs enfants assassinés par les mercenaires russes de la milice Wagner à sa solde. Les familles cherchent leurs disparus, enlevés en pleine nuit par des hommes en uniforme qui ne répondent qu’aux ordres du palais présidentiel. Les femmes violées par les forces de sécurité attendent une justice qui ne viendra jamais tant que ce régime restera en place.

 

Le quotidien sous Touadéra se résume à une succession d’horreurs banalisées. Les opposants intimidés ou arrêtés, les journalistes indépendants poussés à l’exil, les manifestants pacifiques totalement interdites. Les caisses de l’État se vident dans les poches d’une élite prédatrice pendant que la population manque de tout, même de l’essentiel pour survivre dignement.

 

Cette pratique du pouvoir par la terreur et le pillage n’a rien de spécifiquement centrafricain. Les dictateurs africains appliquent partout les mêmes recettes, du Sahel à l’équateur. Ils truquent les élections avec le même cynisme, invoquent Dieu avec la même hypocrisie, et écrasent leurs peuples avec la même brutalité. Touadéra ne fait qu’imiter ses pairs, reproduisant un modèle éprouvé de confiscation du pouvoir.

 

L’appel à la lucidité et à l’abnégation lancé aux Centrafricains sonne comme une insulte. Le tyran exige que ses victimes acceptent en silence leur sort misérable pendant qu’il se prélasse dans un luxe obscène. Cette injonction à la soumission patriotique vise à briser toute velléité de résistance, à transformer la population en masse docile et résignée.

 

Invoquer la providence après avoir organisé une parodie électorale relève du blasphème pour beaucoup de centrafricains croyants . Dieu ne cautionne ni la fraude ni le meurtre, encore moins le viol et la torture que ce régime pratique quotidianement. Cette récupération religieuse vise uniquement à donner un vernis moral à une entreprise criminelle qui n’a rien de divin.

 

Les quinze années de Touadéra aux commandes ont transformé la Centrafrique en terrain de chasse pour prédateurs politiques. Aucune amélioration tangible n’est venue récompenser la patience d’un peuple saigné à blanc. Les routes restent impraticables, les hôpitaux manquent de médicaments, les écoles ferment faute d’enseignants payés. Seule la fortune personnelle du dictateur et de son clan a connu une croissance exponentielle durant cette période​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA

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Acharnement contre Me Crépin Mboli-Goumba : Quand Hassan Bouba veut piéger la Mairie de Bangui et défie une décision de justice.

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L’affaire du harcèlement administratif visant le coordonnateur du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), Maître Crépin Mboli-Goumba, rebondit et prend une tournure d’amateurisme scandaleux.

Malgré une décision claire du Tribunal Administratif de Bangui donnant raison à l’avocat, le ministre de l’Urbanisme, Hassan Bouba, persiste dans l’illégalité.

Acharnement contre Me Crépin Mboli-Goumba : Quand Hassan Bouba veut piéger la Mairie de Bangui et défie une décision de justice.
crépin Mboligoumba bon

 

Dans un courrier officiel daté du 23 septembre 2026, le chef de guerre reconverti ministre tente un passage en force en enjoignant madame la Mairesse de Bangui de retirer l’autorisation accordée à l’opposant. Une manœuvre téléguidée dans l’ombre par un Chargé de mission en quête de promotion, au mépris le plus absolu du droit et de l’autorité de la chose jugée.

Selon les investigations approfondies menées par la rédaction de Corbeau News Centrafrique dans ce ministère, le véritable concepteur de ce bricolage juridique est désormais identifié. Le visa figurant sur l’en-tête du document trahit l’implication directe du Chargé de mission en matière de Réforme Foncière et d’Aménagement du Territoire au cabinet du ministre.

À lire aussi : Football, basketball, streaming : comment le smartphone est devenu le deuxième écran du supporter

 

Au sein du cabinet d’Hassan Bouba, un ministre issu des groupes armés, poursuivi par la Cour Pénale Spéciale (CPS) et dépourvu de formation juridique, ce « juriste de salon » s’est improvisé conseiller de l’ombre. Cherchant désespérément à conserver son poste douillet, ses gombos ou à décrocher une promotion lors du prochain mouvement ministériel, ce cadre a convaincu son ministre qu’il tient la formule magique pour « neutraliser » Maître Mboli-Goumba par procuration en faisant pression sur la municipalité.

À lire aussi : Stratégie de voleur qui crie au voleur : après des mois d’accusations contre les réseaux sociaux, Anthropic révèle l’autre visage de l’IA dans la propagande russe en Centrafrique

 

Dans sa correspondance enregistrée le 28 septembre 2026 à la Mairie de Bangui dont CNC a pu obtenir une copie, le chef rebelle Hassan Bouba « saura gré » à Madame le Maire d’annuler l’autorisation accordée en 2012 et de procéder à l’expulsion. Mais cette injonction se heurte à une réalité institutionnelle élémentaire : le Ministère de l’Urbanisme n’exerce aucune tutelle administrative sur la Mairie de Bangui.

En République Centrafricaine, contrairement au Tchad son pays d’origine, la municipalité est une collectivité autonome placée sous la tutelle exclusive du Ministère de l’Administration du Territoire, et non de l’Urbanisme. En tentant de dicter sa conduite à la municipalité, Hassan Bouba commet un abus de pouvoir et une ingérence flagrante dans des prérogatives qui ne lui appartiennent pas.

À cela s’ajoute le mépris caractérisé de la décision du Tribunal Administratif sur cette affaire, qui consacre le plus grand ridicule de sa manœuvre en joignant lui-même aux pièces une copie de la Grosse du Tribunal Administratif.

Cette décision judiciaire, rendue après un constat contradictoire sur le terrain par les magistrats, a tranché sans équivoque : le Ministère de l’Urbanisme n’a pas qualité pour agir, et la Mairie elle-même ne peut retirer une telle autorisation sans l’existence préalable d’un projet d’aménagement d’intérêt collectif sur le site.

En demandant à la Mairie de piétiner cette décision judiciaire qu’il joint lui-même au dossier, Hassan Bouba et son Chargé de mission font preuve d’un mépris inédit envers la justice du pays qui le sert comme ministre au grand jour.

Contacté par la rédaction de CNC, un cadre de la Mairie de Bangui, manifestement embarrassé par cette soudaine patate chaude institutionnelle, s’est réfugié dans la prudence :

« Il est encore trop tôt pour nous prononcer. »

De son côté, Maître Crépin Mboli-Goumba n’a pu être joint directement en raison d’un déplacement à l’étranger.

En revanche, un cadre dirigeant de son parti politique a réagi avec véhémence, remettant le ministre et son conseiller à leur place :

« Hassan Bouba doit d’abord apprendre que la Mairie de Bangui n’est aucunement sous la tutelle du Ministère de l’Urbanisme. Pour moi, seul Hassan Bouba et ses conseillers comprennent le sens de leur propre correspondance. Mais s’il prétend avoir un projet collectif capable de rendre cet endroit plus beau et plus fonctionnel qu’il ne l’est aujourd’hui grâce au travail de Maître Mboli-Goumba, il n’a qu’à le réaliser sur les prolongements et la suite de cet espace, au lieu de se focaliser de manière obsessionnelle sur une parcelle déjà parfaitement aménagée. »

Un haut responsable du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), également joint par notre rédaction, a enfoncé, quand à lui, le clou sur le ridicule et l’outrecuidance de la démarche de ce chef rebelle tchadien :

« Hassan Bouba ferait mieux de demander directement à Madame la Mairesse d’autoriser le Ministère de l’Urbanisme à venir détruire, aux frais de l’État ou à des propres frais, les aménagements réalisés par Maître Crépin Mboli-Goumba sur cet espace public, afin de laisser le champ libre aux cortèges de la haute hiérarchie. Lui demander de “retirer” une autorisation n’a plus aucun sens aujourd’hui : cette autorisation a déjà produit tous ses effets juridique et matériel puisque les travaux d’embellissement sont entièrement achevés depuis longtemps. »

Le ministre de l’Urbanisme Hassan Bouba bafoue la décision du Tribunal Administratif de Bangui en tentant d’imposer son ingérence à la municipalité contre le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution.

Il s’indigne, pour conclure, de voir comment la justice est ainsi foulée aux pieds par un individu sous mandat de justice :

« Quelle audace de voir un échappé de la justice internationale venir dicter sa loi et piétiner les décisions des tribunaux de notre pays ! »

Pendant que Bangui étouffe sous le réseau d’occupations anarchiques, les inondations, les marchés sauvages et des voiries délabrées, le cabinet d’Hassan Bouba consacre ses journées à faire la chasse à un espace propre, pavé et éclairé aux frais d’un citoyen.

En accumulant les erreurs de droit et en utilisant des subterfuges éventés par les tribunaux, le régime impérial de Touadéra et ses apprentis juristes ne font que démontrer la fébrilité d’un pouvoir incapable de respecter ses propres lois.

 

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Monopole pétrolier et affaire Neptune : Martin Ziguélé dénonce une violation délibérée de la loi par le gouvernement centrafricain

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 L’ancien Premier ministre accuse les autorités d’avoir ignoré la loi de deux mille dix-huit. Ce texte imposait pourtant l’ouverture de la concurrence dans le commerce des carburants.

 

Un monopole accordé en marge de la loi

Le gouvernement a octroyé une exclusivité commerciale à la société Neptune. Cette décision s’est faite au mépris des règles fixées par le Parlement.

Monopole pétrolier et affaire Neptune : Martin Ziguélé dénonce une violation délibérée de la loi par le gouvernement centrafricain
À gauche Maître Crépin Mboli-Goumba, coordonnateur du BRDC et à droit M. Martin Ziguele, porte-parole du BRDC. lors de la conférence de presse du vendredi 11 septembre 2026. Photo CNC

 

Selon nos informations, cette entreprise ne dispose d’aucune immatriculation fiscale en Centrafrique. Elle échappe ainsi totalement aux prélèvements dus au Trésor public.

 

Cette situation prive l’État de recettes fiscales importantes. Elle place également Neptune hors de portée des contrôles habituels de l’administration.

 

Un pays plongé dans la pénurie

Cette décision exécutive a plongé le pays dans un rationnement permanent. Ce rationnement alimente, en outre, des réseaux informels de revente de carburant.

 

Les entreprises et les ménages subissent de plein fouet ces coûts exorbitants. Ils manquent en parallèle de gazole pour faire fonctionner leurs activités quotidiennes.

 

Cependant, cette pénurie ne touche pas uniquement Bangui. Les provinces centrafricaines font face aux mêmes difficultés d’approvisionnement.

 

Les députés réclament un retour à la régulation

Face à cet enlisement, les députés réclament le retour immédiat de l’autorité de régulation. Ils demandent également l’ouverture du marché à d’autres distributeurs.

 

À ce stade, la restauration d’un contrôle strict reste l’unique solution envisagée. Elle permettrait d’assurer des approvisionnements réguliers sur l’ensemble du territoire centrafricain.

 

Par Alain Nzilo

L’affaire Neptune soulève des questions cruciales sur la régulation du marché pétrolier et la pénurie de carburant qui affecte le pays.

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Centrafrique : La fixation administrative du prix des produits pétroliers respecte t-elle les exigences de légalité, de transparence, de l’égalité et de la prise en compte de la précarité de la population ?

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Dans l’architecture économique de la République centrafricaine qui s’entend par l’ensemble des secteurs, acteurs, institutions, marchés et infrastructures qui permettent de produire, de distribuer, d’échanger et de consommer les richesses, la gestion des hydrocarbures plus particulièrement la fixation du prix des produits pétroliers occupe une place importante et stratégique.

 

Dans une économie où le transport modal occupe une place centrale, toute hausse brutale du prix des produits pétroliers entraîne par effet domino l’augmentation drastique du prix des biens et services et plus particulièrement impacte le panier de la ménagère.

 

Centrafrique : La fixation administrative du prix des produits pétroliers respecte t-elle les exigences de légalité, de transparence, de l'égalité et de la prise en compte de la précarité de la population ?
station essence Total 4e arrondissement de bangui

 

À défaut d’être un pays producteur de produits pétroliers raffinés, la République centrafricaine est soumise comme beaucoup d’ailleurs à la logique de l’importation.

 

À lire aussi : Centrafrique : le gouvernement envisage le retour à la vacation pour combler le déficit des enseignants

Dans le droit positif centrafricain, le prix des hydrocarbures est fixé par décret pris en conseil des ministres, ou arrêté conjointement par les ministres des finances et de l’énergie en annexant la structure transparente du prix.

 

À lire aussi : Touadéra entre deux feux face aux pressions de Poutine d’une part, et les exigences du groupe Wagner d’autre part

C’est dans cette optique que le gouvernement a annoncé pour la troisième fois en trois ans une hausse du prix des produits pétroliers pour amortir les effets de la conjoncture internationale.

 

L’administration fixe ainsi au gros consommateur un prix supérieur de 30% au particulier.

 

Cette différenciation du prix nous interpelle et interroge sur la définition et le statut de la notion du “gros consommateur”.

 

Selon les propres arguments gouvernementaux à travers le ministre de tutelle du développement des énergies, c’est l’enclavement géographique de notre pays et la guerre au moyen-orient avec le blocus du détroit d’Ormuz qui ont provoqué cette augmentation.

 

Il convient de rappeler que le dernier rapport du Fond Monétaire International imposait un audit du secteur pétrolier et recommandait une baisse du prix des hydrocarbures car il estimait que cela ralentit la croissance et aggravait l’inflation.

 

Il apparaît important de noter que la problématique de la fixation du prix des produits pétroliers qui fait l’objet de notre analyse intègre la dimension économique, sociale et juridique.

 

En attendant la promulgation et le décret d’application de la nouvelle loi adoptée par les parlementaires en mi-septembre 2026, la loi N07.005 du 24 avril 2007 complétée par le décret N24.157 du 17 juin 2024 à institué un cadre de régulation en fixant une méthodologie de détermination de prix suivie de la publication transparente des structures de prix.

 

Ainsi, toute intervention de l’État dans ce domaine doit respecter les principes fondamentaux de légalité, de transparence, de l’égalité entre les opérateurs et les consommateurs et surtout de la prise en compte de la vulnérabilité de la population déjà fragilisée par la précarité.

 

S’agissant de la légalité, l’Etat est juridiquement fondé en terme de compétence pour fixer le prix des produits pétroliers à la pompe mais la convention qui accorde une exclusivité de monopole à la société camerounaise Neptune qui n’a aucune représentation sur le territoire national est illégale car elle viole la libéralisation du secteur pétrolier qui est l’essence de la loi du 24 avril 2007.

 

En ce qui concerne la transparence du prix, le décret N*24.157 du 17 juin 2024 impose la justification et la publication des structures de prix qui suppose la traçabilité des hydrocarbures depuis l’achat, le transport, le stockage, la distribution, la fiscalité et le mécanisme de régulation.

 

L’on remarque également sur les nouveaux tarifs pétroliers un prix discriminatoire entre les particuliers et les gros consommateurs en violation du principe d’égalité devant les charges.

 

Logiquement le gros consommateur qui a une frontière illisible avec le particulier devrait payer moins pour contribuer efficacement à l’économie tout en générant de l’emploi.

 

Enfin, à quelques semaines après la rentrée scolaire qui a saigné bon nombre de parents, la politique de la fixation du prix des produits pétroliers devrait intégrer la capacité de la population à supporter la hausse brutale afin d’endiguer la grogne sociale qui risque d’entraîner la paralysie du pays, l’érosion du pouvoir d’achat.

 

Face à un État prédateur qui spolie son propre peuple sans réinvestir dans les services sociaux de base, le citoyen lambda s’interroge :

 

1- Une hausse brutale du prix des produits pétroliers dans le contexte socio-économique actuel est-elle juridiquement justifiée ?

 

2- La différenciation de prix entre particuliers et gros consommateurs est-elle conforme aux principes de légalité et de l’égalité ?

 

3- Existe t-il des mesures d’accompagnement telles des subventions, l’anticipation et de protection des plus vulnérables pour garantir un prix fixe aux consommateurs ?

 

5- Même si les contraintes ne sont pas les mêmes, pourquoi les prix ne sont pas approximativement alignés en Afrique Centrale ou dans la zone CEMAC ?

 

En tout état de cause et face au mutisme de l’assemblée nationale sensée défendre les intérêts de la population, l’enclavement du pays évoqué par le ministre de l’énergie est un alibi qui deresponsabilise le gouvernement mais cela ne suffit pas pour justifier la hausse du prix quel que soit le cours mondial du pétrole.

 

On ne peut pas essorer tout un peuple à travers la hausse du prix des hydrocarbures pendant que l’Etat mène une vie de prince.

 

Le peuple n’est visiblement pas prêt pour payer la facture de la gestion opaque et sans reddition du pouvoir.

 

A défaut de revoir les prix des hydrocarbures en baisse, la décision du gouvernement peut être contesté devant les tribunaux administratifs puis devant le Conseil d’état en cas de recours sur la légalité.

Le gouvernement applique une nouvelle augmentation des hydrocarbures, fixant des tarifs différenciés qui pèsent lourdement sur le pouvoir d’achat des citoyens.

 

Les états d’âme qui peuvent donner lieu à la désobéissance civile, à la ville morte ou à des manifestations de rue ne suffisent pas pour résoudre le problème.

 

C’est bien le troisième mandat illégal qui a désactivé tous les circuits de financement de l’État et le peuple ne peut payer la facture à leur place.

 

En attendant que le peuple se réveille de son sommeil onirique pour siffler la fin de la récréation,

 

les paisibles habitants de Limassa qui ne se lassent dans leur combat soutenus par les vaillants citoyens de Mala et par extension à l’échelle nationale vous demande de démissionner car c’est la seule issue plausible et honorable.

 

Nous vous rappelons avec insistance que l’exil de nos jours est une prison dorée certes mais son essence est la souffrance, le calvaire, entremêlé de regret, de larmes, de remord et de la désolation…

 

Si je savais serait trop tard Monsieur le Président.

 

Mais attention, ne le dites à personne…

 

Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis le royaume de Limassa.

 

Limassa le 03 Octobre 2026.

 

Bernard SELEMBY DOUDOU.

 

Juriste, Environnementaliste.

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CPI : à Bangui, plus de 300 personnes suivent l’audience sur les réparations dans l’affaire Yekatom-Ngaïssona

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Plus de 300 personnes ont suivi en direct, jeudi 1er octobre 2026 à Bangui, l’audience de la Cour pénale internationale (CPI) consacrée aux observations des différentes parties sur les réparations destinées aux victimes de l’affaire Alfred Yekatom et Patrice-Édouard Ngaïssona.

 

À La Haye, les juges de la CPI ont entendu les observations des représentants légaux communs des victimes, des deux équipes de Défense, de l’Accusation, du Greffe, du Fonds au profit des victimes, de l’organisation ARC-EN-CIEL, en qualité d’Amicus Curiae, ainsi que celles des autorités centrafricaines.

CPI : à Bangui, plus de 300 personnes suivent l’audience sur les réparations dans l’affaire Yekatom-Ngaïssona
Les participants à la projection de l’audience consacrée aux réparations dans l’affaire Yekatom et Ngaïssona, dans la salle du spectacle de l’alliance

 

Aucune décision sur les réparations n’a été rendue au cours de cette audience. Les juges rendront leur décision ultérieurement.

 

À lire aussi : Faustin Zaméto demande un débat national sur l’hymne centrafricain

Une audience suivie en direct depuis Bangui

 

En République centrafricaine, l’équipe Outreach de la CPI, dirigée par Mme Faida Rahmanović, a organisé une retransmission en direct de l’audience dans la salle de spectacle de l’Alliance française de Bangui.

À lire aussi : Carburants : malgré les recommandations du FMI, le gouvernement centrafricain augmente les prix et adopte, quelques semaines après la Bolivie, un tarif différencié pour les particuliers et les gros consommateurs

 

Cette retransmission a permis au public centrafricain de suivre les échanges devant la Cour et de mieux comprendre une étape importante de la procédure judiciaire.

 

Parmi les personnes présentes figurait Uziel Gama WONZERINTA, membre de l’équipe Outreach de la CPI en République centrafricaine. Il a insisté sur la nécessité de rapprocher la justice internationale des victimes et du public centrafricain.

 

« La distance entre Bangui et La Haye ne doit pas être une distance entre les Centrafricains et la justice », a-t-il déclaré.

 

L’audience consacrée aux réparations constitue une étape distincte du jugement sur la culpabilité. Uziel Gama WONZERINTA a donc précisé qu’« aujourd’hui, aucune décision sur les réparations ne sera prise ».

 

Selon lui, cette audience permet aux différentes parties de présenter leurs observations et aux juges de recueillir les éléments nécessaires avant de prendre leur décision.

 

Il a également insisté sur la nécessité d’expliquer clairement au public les différentes étapes de la procédure. « Ce qui se passe aujourd’hui, ce qui viendra ensuite, et ce qui n’a pas encore été décidé », a-t-il rappelé.

 

Les victimes au centre de la procédure

 

À l’ouverture de l’audience, Mike Cole, représentant pays de la CPI en République centrafricaine, a rappelé la place accordée aux victimes dans cette procédure.

 

« La place des victimes est au cœur de cette audience », a-t-il déclaré.

 

La question des réparations intervient après la reconnaissance de la responsabilité pénale des deux accusés. Alfred Yekatom et Patrice-Édouard Ngaïssona ont été déclarés coupables de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis en République centrafricaine.

 

Pour Mike Cole, la justice pénale internationale doit aussi contribuer à répondre aux conséquences laissées par les crimes sur les victimes. Il a ainsi rappelé que « la lutte contre l’impunité pour les crimes les plus graves est essentielle à une paix durable ».

 

Il a ensuite placé la reconstruction des victimes au centre de la réflexion sur les réparations : « Comment la justice peut-elle aider les victimes à reconstruire leur vie ? »

 

Cette question intervient alors que les juges doivent encore examiner les observations présentées par les différentes parties avant de déterminer les éventuelles mesures de réparation.

 

La Cour pénale internationale a organisé une retransmission publique à l’Alliance française de Bangui pour examiner les réparations destinées aux victimes de l’affaire Yekatom-Ngaïssona.

La CPI appelle à respecter la procédure

 

Mike Cole a également rappelé que la procédure judiciaire n’était pas achevée et que l’issue définitive appartenait aux juges.

 

« La procédure d’appel est toujours en cours et les décisions à venir appartiennent aux juges. Nous devons respecter ce processus, sans en anticiper l’issue ni créer de faux espoirs », a-t-il déclaré.

 

À Bangui, la retransmission organisée par l’équipe Outreach a permis au public de suivre ces échanges depuis l’Alliance française. Elle a également donné aux journalistes présents l’occasion de mieux expliquer le contenu de l’audience et les différentes étapes de la procédure aux personnes qui ne pouvaient pas suivre directement les débats à La Haye.

 

Pour Uziel Gama WONZERINTA, cette médiation entre la Cour et le public passe aussi par le travail des médias. Les journalistes, a-t-il expliqué, permettent aux informations et aux explications données pendant les audiences d’atteindre les personnes qui ne se trouvent pas dans la salle.

 

L’audience du 1er octobre marque ainsi une nouvelle étape dans l’affaire Yekatom-Ngaïssona. Les échanges portent désormais sur les conséquences des crimes reconnus par la Cour et sur les réparations susceptibles d’être accordées aux victimes. La décision des juges interviendra à une date ultérieure. Actions disponibles

 

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Le grand sorcier Évariste Ngamana : « On ne peut pas manquer de respect à une institution qui est le Président de la République », le gouvernement répond à Dologuélé par une menace

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Évariste Ngamana hausse le ton contre Anicet-Georges Dologuélé et lui reproche de manquer de respect au président de la République. Le ministre d’État transforme ainsi la controverse sur la nationalité en mise en garde politique contre l’ancien Premier ministre.

 

« On ne peut pas manquer de respect »

 

Lors de sa conférence de presse, Évariste Ngamana s’en prend directement aux propos tenus par Anicet-Georges Dologuélé.

Le grand sorcier Évariste Ngamana : « On ne peut pas manquer de respect à une institution qui est le Président de la République », le gouvernement répond à Dologuélé par une menace
Le grand sorcier de Carnot, Évariste Ngamana

 

« L’attitude de M. Dologuélé est une attitude condescendante. On ne peut pas manquer de respect à une institution qui est le Président de la République », déclare-t-il.

 

À lire aussi : La riposte du gouvernement contre l’UNOP ne règle pas la question de la gestion des financements des partenaires internationaux en RCA

Le ministre d’État ne s’arrête pas à la critique des propos de l’opposant. Il annonce également une réaction du gouvernement aux prochaines déclarations qu’il jugerait irrespectueuses envers le chef de l’État.

 

À lire aussi : Justice à Bozoum : après un viol, le père de la victime, René Béfio, incarcéré à la gendarmerie sur décision incroyable et spectaculaire du procureur Feï-ingmona Steve

Le gouvernement passe de la réponse à l’avertissement

 

Évariste Ngamana affirme que le président Faustin-Archange Touadéra est « très tolérant ». Il demande ensuite si un tel argumentaire ou de tels propos pourraient être acceptés « sous d’autres sujets ».

 

Sa réponse est sans ambiguïté : « Non. »

 

Le ministre d’État poursuit en annonçant que le gouvernement ne restera pas sans réaction si Dologuélé renouvelle ses critiques.

 

« La prochaine fois que M. de Léguélé manquera de respect à l’institution qui est le Président de la République », affirme-t-il, le gouvernement entend réagir à ses déclarations publiques.

 

Le ton dépasse ainsi celui d’une simple réponse politique. Le représentant du gouvernement adresse directement une mise en garde à un responsable de l’opposition.

 

Une confusion entre le président et l’institution

 

La formulation employée par Évariste Ngamana interpelle également sur la distinction entre le chef de l’État et l’institution présidentielle.

 

Critiquer une décision, contester une politique publique ou dénoncer l’action du président de la République relève du débat politique. Le désaccord avec le pouvoir ne constitue pas en lui-même un manque de respect envers une institution.

 

Le ministre d’État présente pourtant les critiques de Dologuélé comme une atteinte à « une institution qui est le Président de la République ».

 

Cette assimilation élargit considérablement le champ de ce qui pourrait désormais être considéré comme un manque de respect.

 

Une menace politique derrière la conférence de presse

 

Le passage le plus préoccupant intervient lorsque le ministre d’État évoque la prochaine sortie publique de Dologuélé.

 

« Je n’attends pas de paroles de gouvernement, la prochaine fois que M. de Léguélé manquera de respect […] », déclare-t-il.

 

Évariste Ngamana affirme ensuite être « là en train de porter parole au gouvernement pour dénoncer cela », avant d’appeler Dologuélé à la retenue.

 

Le message adressé à l’opposant est donc clair : ses prochaines déclarations seront surveillées et pourraient provoquer une réaction du gouvernement.

 

Le débat politique sous surveillance

 

Cette déclaration intervient après les critiques de Dologuélé sur la question de sa nationalité et sur l’interprétation faite par le pouvoir des dispositions légales.

 

Au lieu de limiter la réponse aux arguments juridiques avancés par l’opposant, Évariste Ngamana s’attarde également sur son ton et sur ce qu’il considère comme un manque de respect envers le président de la République.

 

Cette manière de répondre déplace le débat. La question initiale portait sur la nationalité, les décisions de justice et l’éligibilité. Elle se transforme désormais en confrontation autour de la liberté de critique d’un opposant envers le chef de l’État.

 

Jusqu’où peut aller une mise en garde gouvernementale ?

 

Un gouvernement peut répondre à ses adversaires politiques. Il peut contester leurs arguments et défendre l’action du chef de l’État. Mais une mise en garde contre les prochaines déclarations d’un opposant pose une autre question.

 

Si chaque critique du président peut être qualifiée de « manque de respect » et entraîner une réaction annoncée du gouvernement, la frontière entre défense de l’institution et restriction de la parole politique devient particulièrement fragile.

 

Évariste Ngamana termine sa déclaration en appelant Dologuélé à la retenue. Mais avant cet appel, il a lui-même annoncé que le gouvernement réagirait à ses prochaines prises de parole.

 

L’avertissement est donc bien posé : après la controverse sur la nationalité, le pouvoir annonce désormais qu’il ne laissera plus passer ce qu’il considère comme des attaques contre le président de la République.

 

Zémio : un forage réhabilité et solarisé pour l’accès à l’eau potable

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À Zémio, dans le sud-est centrafricain, un forage d’eau vient d’être réhabilité et équipé d’un système solaire. Cette installation doit faciliter l’accès à l’eau potable pour les habitants de la localité. Les travaux ont été financés par le fonds humanitaire OCHA et mis en œuvre par l’UNICEF Centrafrique.

 

Une réhabilitation plutôt qu’une nouvelle infrastructure

Zémio : un forage réhabilité et solarisé pour l’accès à l’eau potable
Photo CNC

 

Le projet concerne la remise en état d’un forage existant. L’ajout d’un système solaire permet désormais un pompage sans dépendre d’un groupe électrogène ou d’une intervention manuelle constante. Cette solarisation réduit les coûts d’exploitation et limite les pannes fréquentes liées aux équipements thermiques.

 

L’opération s’inscrit dans un programme plus large couvrant trois localités : Zémio, Obo et Rafai. Selon les chiffres communiqués, environ 23 000 personnes seraient concernées par l’ensemble du programme dans ces trois zones.

À lire aussi : Assassinats nocturnes, enlèvements et cherté de la vie : Abakar Sabone décrit le quotidien des Centrafricains

 

Un chiffre de bénéficiaires à relativiser

 

À lire aussi : Dossier spécial : Daniel Nzéwé, du petit voleur des cabris du quartier à Bambari au grand escroc des millions à Bangui

Pour le seul forage de Zémio, l’estimation avancée fait état de 4 500 bénéficiaires potentiels. Ce chiffre reste une projection communiquée par l’organisme financeur et ne correspond pas nécessairement à un décompte vérifié sur le terrain. La population réelle desservie par un point d’eau unique dépend de plusieurs facteurs : la distance parcourue par les usagers, l’existence d’autres sources alternatives et le débit effectif de l’ouvrage une fois remis en service.

 

Les autorités locales et les organisations humanitaires présentent souvent ce type d’estimation à titre indicatif, pour illustrer l’ampleur d’un projet. Elle sert davantage d’argument de communication que de mesure précise de l’impact réel sur la population de Zémio.

 

Un enjeu récurrent dans le sud-est centrafricain

 

L’accès à l’eau potable demeure une difficulté majeure dans cette partie du pays, marquée par l’insécurité et l’enclavement. Les localités de Zémio, Obo et Rafai ont connu plusieurs vagues de déplacement de population ces dernières années, ce qui complique l’évaluation précise des besoins et des bénéficiaires réels de ce type d’infrastructure.

 

Par Éric Nzapa

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Centrafrique : après son étonnement face aux naissances multiples, le gouvernement veut aider ponctuellement les familles vulnérables

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Le gouvernement centrafricain veut accorder une aide ponctuelle aux familles vulnérables ayant des jumeaux ou des triplés, quelques jours après avoir annoncé son intérêt pour la multiplication des naissances multiples dans le pays.

 

La décision a été examinée lors du Conseil des ministres du jeudi 10 septembre 2026, après une première communication sur les naissances multiples présentée lors de la réunion du 3 septembre.

Centrafrique : après son étonnement face aux naissances multiples, le gouvernement veut aider ponctuellement les familles vulnérables

 

Une aide ponctuelle pour certaines familles

 

Le ministère chargé de la Promotion du genre, de la Protection de la femme, de la Famille et de l’Enfant a présenté une note consacrée au soutien aux familles confrontées aux difficultés liées aux naissances multiples.

 

Selon les éléments examinés par le gouvernement, deux familles ayant eu des jumeaux et neuf familles ayant eu des triplés ont déjà bénéficié d’un accompagnement du ministère en 2026.

À lire aussi : Centrafrique : un accident de la route fait un mort et plusieurs blessés à Lady, près de Batangafo

 

Le Conseil des ministres a retenu le principe d’une allocation budgétaire exceptionnelle pour soutenir les familles considérées comme vulnérables.

À lire aussi : L’art du rétropédalage : Quand le Premier ministre oublie qu’il est le premier responsable du fiasco du Plan National de Développement (PND)

 

L’aide devra être accordée dans la limite des crédits disponibles. Elle ne constitue donc pas, à ce stade, un programme permanent destiné à toutes les familles ayant des naissances multiples.

 

Une initiative utile, mais qui nécessite un suivi

 

L’intention affichée par le gouvernement est positive. Les familles disposant de faibles revenus peuvent effectivement rencontrer des difficultés supplémentaires lorsque plusieurs enfants naissent en même temps.

 

Le problème se situe dans les conditions concrètes de distribution de cette aide. Le gouvernement n’a pas encore précisé le montant prévu pour chaque famille, les critères permettant de déterminer les bénéficiaires ni le mécanisme retenu pour le versement.

 

Ces précisions seront pourtant essentielles, surtout lorsque les familles concernées vivent loin de Bangui.

 

Une famille vivant dans une localité reculée devra nécessairement passer par les services administratifs locaux pour être identifiée et bénéficier de l’aide. Les autorités préfectorales, sous-préfectorales ou municipales pourraient ainsi être impliquées dans le processus.

 

Ce circuit administratif nécessitera un suivi précis afin que l’aide annoncée par l’État parvienne effectivement aux familles auxquelles elle est destinée.

 

Le risque d’écart entre l’aide annoncée et l’aide reçue

 

Dans un pays où la gestion des ressources publiques nécessite une surveillance constante, une mesure d’aide exceptionnelle doit être accompagnée de règles claires et vérifiables.

 

L’annonce d’une enveloppe budgétaire ne suffit pas. Il faudra connaître le montant effectivement débloqué, le nombre de familles bénéficiaires et les sommes réellement reçues par chacune d’elles.

 

La publication d’une liste des bénéficiaires, des montants attribués et des modalités de distribution permettrait également de limiter les risques de détournement ou de prélèvements indus au cours du processus.

 

Le CNC suivra particulièrement la mise en œuvre de cette mesure, notamment dans les villes de province et les zones rurales où les familles bénéficiaires sont éloignées de l’administration centrale.

 

Le cas des quintuplés

 

La note présentée au Conseil des ministres mentionne également le cas d’une naissance de quintuplés à Bangui.

 

Les cinq nouveau-nés sont décédés après leur naissance. La mère avait été prise en charge à l’Hôpital communautaire de Bangui.

 

Ce cas rappelle que la question des naissances multiples ne concerne pas uniquement l’aide financière aux familles. Elle renvoie aussi aux capacités du système sanitaire à assurer le suivi des grossesses multiples, l’accouchement et les soins nécessaires aux nouveau-nés.

 

Le gouvernement devra donc préciser si sa réflexion se limitera à une aide financière ponctuelle ou si elle prendra également en compte les besoins médicaux spécifiques liés aux grossesses multiples.

 

Une mesure encore limitée

 

Le Conseil des ministres estime qu’un dispositif plus large nécessiterait une évaluation préalable des besoins des familles concernées et des moyens financiers nécessaires.

 

Pour l’heure, le gouvernement s’oriente vers une aide exceptionnelle accordée en fonction des situations sociales et des crédits disponibles.

 

L’initiative peut apporter un soutien réel aux familles concernées, à condition que les modalités de distribution soient transparentes et que les bénéficiaires reçoivent effectivement les montants qui leur sont attribués.

 

Le CNC suivra la mise en œuvre de cette décision afin de vérifier, au-delà des annonces officielles, les conditions dans lesquelles cette aide parviendra aux familles concernées.

 

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Carburants : malgré les recommandations du FMI, le gouvernement centrafricain augmente les prix et adopte, quelques semaines après la Bolivie, un tarif différencié pour les particuliers et les gros consommateurs

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Le gouvernement centrafricain a augmenté les prix des carburants au 1er octobre 2026, malgré les recommandations répétées du FMI sur le niveau déjà très élevé des prix à la pompe. Bangui instaure aussi un tarif supérieur pour les gros consommateurs, quelques semaines après une mesure similaire prise par la Bolivie.

 

La ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique, Edwige Opportune Pouninguinza, a annoncé la nouvelle grille tarifaire le 1er octobre lors d’une rencontre avec les organisations syndicales. Selon le gouvernement, les nouveaux prix sont immédiatement applicables. L’annonce est intervenue sans décret ni arrêté rendu public au moment de la communication.

 

Carburants : malgré les recommandations du FMI, le gouvernement centrafricain augmente les prix et adopte, quelques semaines après la Bolivie, un tarif différencié pour les particuliers et les gros consommateurs

 

Pour les particuliers, le litre de super passe de 1 050 à 1 150 FCFA. Le gasoil passe de 1 250 à 1 400 FCFA. Les gros consommateurs sont soumis à une grille supérieure, avec 1 500 FCFA pour le super et 1 650 FCFA pour le gasoil.

 

La hausse représente 100 FCFA par litre pour le super vendu aux particuliers et 150 FCFA pour le gasoil. Pour les gros consommateurs, l’écart avec le tarif des particuliers atteint 350 FCFA sur le super et 250 FCFA sur le gasoil.

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Le gouvernement augmente les prix après la baisse de mai 2025

 

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Cette décision intervient après une légère baisse des prix opérée en mai 2025. À cette date, le litre de super avait été ramené de 1 100 à 1 050 FCFA. Le gasoil était passé de 1 350 à 1 250 FCFA. Le FMI avait documenté cette baisse dans son rapport sur la RCA.

 

Cette réduction avait été réalisée, selon la déclaration pathétique du gouvernement,  dans le contexte d’un don russe de 30 000 tonnes de gasoil. Le FMI indiquait que les autorités avaient voulu utiliser cette opération pour soulager les consommateurs et réduire les difficultés structurelles d’approvisionnement.

 

Dix-sept mois plus tard, la trajectoire s’inverse

 

Le gouvernement relève de nouveau les prix et introduit une différence entre les consommateurs ordinaires et les gros consommateurs. Cette nouvelle grille intervient alors que la RCA reste fortement dépendante des importations pour couvrir ses besoins en carburants.

 

Le pays ne dispose pas d’une production pétrolière permettant d’alimenter son marché intérieur. Les coûts d’importation, de transport et de distribution pèsent donc directement sur la formation des prix.

 

Le FMI avait pourtant demandé une autre orientation

 

Le FMI ne s’est pas contenté de constater le niveau élevé des prix centrafricains. Dans ses documents consacrés à la réforme du secteur pétrolier, le Fonds a directement répondu à la question de savoir s’il demandait à Bangui d’augmenter les prix.

 

Sa réponse est sans ambiguïté : non.

 

Dans ses questions-réponses consacrées à la RCA, le FMI explique que les prix à la pompe sont déjà supérieurs à ceux des pays voisins producteurs de pétrole et figurent parmi les plus élevés au monde. Le Fonds indique qu’il recommanderait plutôt une baisse lorsque les conditions le permettraient, notamment après la réduction des marges d’importation et l’amélioration des recettes publiques.

 

Le FMI avait identifié plusieurs problèmes dans le fonctionnement du marché.

 

Il cite notamment l’absence d’une formule suffisamment transparente pour déterminer les coûts d’importation, la dépendance à l’égard des déclarations des importateurs et l’importance des marges. Le Fonds estime que ces mécanismes peuvent contribuer à gonfler les coûts supportés par le marché centrafricain.

 

En avril 2025, le FMI indiquait encore que le secteur des carburants fonctionnait en dessous de son potentiel en raison de prix à la pompe élevés. Le Fonds relevait que les recettes publiques provenant des carburants avaient diminué alors que les prix à la pompe restaient environ 40 % supérieurs à leur niveau de 2021.

 

Le FMI demandait également un audit de la structure des prix afin de mieux identifier les coûts et les marges.

 

La Banque mondiale avait également pointé le poids des subventions

 

La Banque mondiale avait, de son côté, consacré une étude spécifique à la réforme des subventions aux carburants en RCA.

 

Dans son analyse publiée en juin 2023, elle estimait que les subventions constituaient une charge importante pour les finances publiques et créaient des distorsions sur le marché. Elle relevait aussi que les ménages les plus aisés bénéficiaient davantage des subventions, notamment dans les zones urbaines.

 

La Banque mondiale ne proposait pas simplement une hausse mécanique des prix. Elle insistait sur la nécessité d’accompagner toute réforme par des mesures de protection sociale et des mécanismes destinés à limiter les conséquences sur les ménages vulnérables et les secteurs directement dépendants du carburant.

 

Le dossier centrafricain ne se résume donc pas au montant affiché sur le panneau d’une station-service. Il touche directement le transport, la distribution des marchandises, les activités utilisant des groupes électrogènes et le coût des produits importés.

 

Une nouvelle différence entre particuliers et gros consommateurs

 

La décision du 1er octobre introduit une évolution supplémentaire.

 

Le prix n’est plus seulement déterminé par le produit vendu. Il dépend désormais aussi de la catégorie de l’acheteur.

 

Un particulier paie 1 150 FCFA le litre de super. Un gros consommateur paie 1 500 FCFA.

 

Pour le gasoil, le particulier paie 1 400 FCFA. Le gros consommateur paie 1 650 FCFA.

 

Cette distinction concerne directement les acteurs qui consomment de grandes quantités de carburant. Elle peut donc toucher les entreprises disposant de groupes électrogènes, certains opérateurs industriels et d’autres structures ayant une consommation importante.

 

Elle est également susceptible d’avoir un effet sur les organisations internationales et les opérateurs économiques utilisant des volumes importants. La portée exacte dépendra toutefois des critères administratifs qui détermineront la qualité de « gros consommateur ».

 

Le gouvernement devra donc préciser les modalités d’application, les volumes concernés et les catégories juridiquement retenues.

 

Une stratégie qui rappelle immédiatement la décision bolivienne

 

La nouvelle politique centrafricaine intervient quelques semaines après une réforme adoptée en Bolivie.

 

Le 17 août 2026, le gouvernement bolivien a adopté le décret suprême 5676. Il a décidé de maintenir le diesel à 9,80 bolivianos le litre pour les particuliers et les transporteurs, tout en portant le prix à 18 bolivianos pour les gros consommateurs.

 

Le gouvernement bolivien explique que la mesure concerne les entreprises, industries et institutions qui achètent de grandes quantités de diesel directement. Les particuliers et les transporteurs continuent, eux, de bénéficier du prix réglementé.

 

La Bolivie a également défini des seuils de consommation.

 

Un utilisateur direct est défini à partir de 120 litres jusqu’à 5 000 litres mensuels. Le client direct se situe entre 5 000 et 19 999 litres. Le statut de grand consommateur commence à partir de 20 000 litres mensuels.

 

Le gouvernement bolivien assume donc clairement le principe d’un prix différent selon le volume acheté et le profil de l’utilisateur.

 

La décision centrafricaine du 1er octobre intervient environ six semaines après celle de La Paz.

 

Deux pays, deux systèmes, une même logique tarifaire

 

Les deux mécanismes ne sont pas identiques.

 

La Bolivie applique principalement cette différenciation au diesel. La RCA l’applique désormais au super et au gasoil.

 

La Bolivie fixe aussi des seuils précis de consommation. Pour la RCA, les critères détaillés permettant de classer un acheteur comme gros consommateur doivent être clairement établis dans le dispositif réglementaire applicable.

 

Le principe économique est néanmoins comparable : maintenir un prix réglementé pour les consommateurs ordinaires et appliquer un prix plus élevé aux gros utilisateurs.

 

Le gouvernement bolivien explique cette politique par la nécessité de rapprocher le prix payé par les gros consommateurs du coût réel d’importation et de lutter contre les détournements de carburant.

 

Il est donc possible de parler d’une forte proximité dans le mécanisme et dans le calendrier, mais pas d’affirmer que Bangui a directement copié La Paz sans document établissant un lien.

 

Une hausse qui intervient malgré les réformes demandées par le FMI

 

Depuis 2023, le FMI accompagne la RCA dans une réforme du marché des carburants.

 

Le programme prévoit notamment une structure de prix fondée sur des références internationales prédéfinies. Cette structure doit intégrer les taxes, les marges, les coûts de transport et les différents frais liés à l’importation.

 

Le FMI demande également davantage de transparence dans la publication des structures de prix.

 

Le Fonds considère cette réforme comme un moyen d’améliorer l’efficacité du marché et de rendre les recettes fiscales liées aux carburants plus prévisibles.

 

Le problème est que le niveau des prix reste élevé malgré ces réformes.

 

En 2025, la Banque mondiale recensait déjà la RCA parmi les pays affichant les prix de l’essence les plus élevés d’Afrique subsaharienne. Son relevé de janvier 2025 donnait un prix de 1,74 dollar par litre pour la RCA, devant plusieurs autres pays de la région.

 

La nouvelle hausse intervient donc dans un marché qui supportait déjà des prix élevés.

 

Une pression supplémentaire sur les entreprises

 

L’augmentation appliquée aux gros consommateurs constitue la partie la plus sensible de la nouvelle grille.

 

Le gouvernement centrafricain a officialisé cette nouvelle grille tarifaire malgré les recommandations répétées du FMI sur le niveau déjà très élevé des prix à la pompe.

Une entreprise qui consomme 20 000 litres de super par mois, à titre d’exemple, paierait désormais 30 millions de FCFA au tarif de 1 500 FCFA le litre.

 

Au tarif particulier de 1 150 FCFA, le même volume représenterait 23 millions de FCFA.

 

L’écart serait donc de 7 millions de FCFA par mois pour ce seul volume.

 

Avec le gasoil, 20 000 litres représenteraient 33 millions de FCFA au tarif de 1 650 FCFA, contre 28 millions de FCFA au tarif particulier de 1 400 FCFA.

 

Ces calculs montrent l’effet du nouveau système sur les entreprises fortement dépendantes des groupes électrogènes ou du transport. Ils ne préjugent pas des volumes effectivement consommés par chaque entreprise.

 

Dans un pays où l’électricité demeure insuffisante pour de nombreuses activités, le coût du carburant peut directement entrer dans les charges d’exploitation.

 

Une entreprise qui répercute cette hausse sur ses coûts de fonctionnement peut ensuite l’intégrer dans ses prix. Le transporteur peut l’intégrer dans le coût du transport. Le commerçant peut l’intégrer dans le prix des marchandises. Les opérateurs utilisant des groupes électrogènes peuvent également supporter une hausse de leurs dépenses énergétiques.

 

Le risque d’un nouvel effet sur le coût de la vie

 

La hausse ne concerne donc pas uniquement les automobilistes.

 

Le carburant intervient dans presque toute la chaîne économique. Les marchandises doivent être transportées. Les matériaux doivent être acheminés. Les commerces ont besoin de logistique. Certaines entreprises doivent produire leur propre électricité.

 

Le FMI avait déjà relevé en 2025 que les prix élevés du carburant pesaient sur la consommation des ménages et sur l’activité économique.

 

La nouvelle hausse intervient alors que le FMI projetait une inflation moyenne de 3,3 % en 2026, après 4,6 % en 2025, selon les données rapportées par EcoMatin.

 

Une augmentation du prix du carburant peut donc compliquer cette trajectoire si elle se transmet aux transports et aux autres biens et services.

 

Le paradoxe des prix élevés et des recettes fiscales faibles

 

Le dossier centrafricain comporte aussi un autre paradoxe relevé par le FMI.

 

Des prix élevés ne garantissent pas automatiquement de meilleures recettes fiscales.

 

Selon le Fonds, les recettes fiscales provenant du secteur des carburants sont passées d’environ 24 milliards de FCFA en 2021 à 17 milliards en 2024, alors que les prix à la pompe restaient environ 40 % plus élevés qu’avant la crise.

 

Le FMI explique cette baisse par plusieurs facteurs.

 

Les volumes importés pour la consommation locale ont diminué. Les prix élevés ont encouragé la contrebande de carburants moins chers provenant des pays voisins. Cette contrebande réduit la base fiscale officielle. Le Fonds évoque aussi les problèmes liés à la détermination des coûts d’importation et des marges.

 

La question n’est donc pas uniquement de savoir combien coûte un litre à la pompe.

 

Elle concerne aussi le volume réellement vendu sur le marché officiel, les recettes fiscales effectivement collectées et les coûts qui composent le prix final.

 

Une politique qui change encore après trois mouvements en trois ans

 

Depuis 2023, la RCA a connu plusieurs changements importants de sa grille tarifaire.

 

En janvier 2023, le gouvernement avait fortement augmenté les prix. Le super était passé de 865 à 1 300 FCFA et le gasoil de 855 à 1 450 FCFA. En mai 2025, une partie de cette hausse avait été annulée avec la baisse à 1 050 FCFA pour le super et 1 250 FCFA pour le gasoil.

 

La décision du 1er octobre 2026 marque donc un nouveau retournement.

 

Cette fois, la particularité ne réside pas seulement dans la hausse. Le gouvernement ajoute une nouvelle séparation entre les catégories d’acheteurs.

 

La RCA se retrouve ainsi avec un système où le même produit peut avoir deux prix officiels selon le profil et le niveau de consommation de l’acheteur.

 

Quelques semaines auparavant, la Bolivie avait adopté une architecture comparable pour les gros consommateurs de diesel.

 

La proximité des deux décisions constitue un élément de comparaison, mais aucune source consultée ne permet d’établir que la décision centrafricaine résulte directement d’une instruction ou d’une coopération avec le gouvernement bolivien.

 

Pour le marché centrafricain, la prochaine étape dépendra notamment de la publication complète de la nouvelle structure des prix, des critères retenus pour définir les gros consommateurs et de la manière dont ces tarifs seront appliqués aux différents acteurs économiques. Actions disponibles

 

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Vakaga : à Boromata, la contestation du découpage administratif s’intensifie autour de Gordil

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La population du secteur Mamoune, autour de Boromata, dans la préfecture de la Vakaga, conteste le projet de découpage administratif qui maintient Gordil comme sous-préfecture et demande l’érection de Boromata en sous-préfecture. Dans un mémorandum daté du 27 septembre 2026, les représentants de la population réclament également la création de deux communes, Lac-Mamoune avec Boromata comme chef-lieu et Kerkede avec Zinzir comme chef-lieu.

 

Cette contestation s’inscrit dans une série de démarches engagées depuis plusieurs années par les habitants du secteur. Selon le mémorandum, une première correspondance a été adressée aux autorités le 25 juillet 2026, une deuxième le 8 août et une troisième le 20 septembre, après le rejet de leurs précédentes demandes.

 

Vakaga : à Boromata, la contestation du découpage administratif s’intensifie autour de Gordil
Manifestation à Boromata

 

Le secteur Mamoune est actuellement rattaché à la sous-préfecture de Ouandja. Une note de l’autorité sous-préfectorale publiée en juillet 2026 cite notamment Boromata et Gordil parmi les localités relevant de cette circonscription.

 

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Boromata revendique un statut administratif adapté à sa population

 

Dans leur mémorandum, les habitants présentent Boromata comme le principal centre de population, de commerce et de circulation du secteur Mamoune. Ils avancent une population d’environ 27 000 habitants pour l’ensemble du secteur, composée de Boromata et de sept villages périphériques.

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Ces chiffres, précisent eux-mêmes les représentants locaux, devront être vérifiés et consolidés par les services compétents dans le cadre d’une éventuelle étude administrative.

 

La population estime que cette réalité démographique doit être prise en compte dans le choix du futur découpage. Elle met également en avant l’activité du marché de Boromata, l’agriculture, l’élevage, la pêche, la chasse, la cueillette et les échanges commerciaux avec les territoires voisins.

 

Boromata se trouve dans une zone frontalière et entretient, selon le mémorandum, des relations avec plusieurs axes en direction du Soudan, du Tchad, de Birao, de Séki-Kédé, de Tiringoulou et de Gordil.

 

Le secteur est également présenté comme une zone disposant de potentialités naturelles et minières. Le mémorandum cite notamment l’or, le diamant, le pétrole, le manganèse, le fer, le calcaire et d’autres ressources dont l’existence et l’importance devraient, selon les représentants de la population, être établies par des études techniques.

 

Les 85 kilomètres entre Boromata et Gordil au cœur de la contestation

 

L’un des principaux arguments avancés par les habitants concerne la distance qui sépare Boromata de Gordil.

 

Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC auprès des acteurs locaux, la distance entre les deux localités est d’environ 85 kilomètres. Pour les habitants de Boromata et des villages environnants, cette distance complique l’accès quotidien aux services administratifs lorsque ceux-ci doivent être recherchés à Gordil.

 

La question est d’autant plus sensible que la population de Boromata considère sa localité comme plus importante sur le plan démographique et économique que Gordil. Elle estime donc difficilement compréhensible que Gordil conserve le statut de sous-préfecture alors que Boromata, avec ses villages périphériques et son bassin de population, reste éloignée du centre administratif.

 

Cette revendication rejoint l’argument général développé dans le mémorandum : rapprocher l’administration des citoyens afin de faciliter l’état civil, l’éducation, la santé, la sécurité, l’agriculture, l’élevage, le commerce et les autres services publics.

 

Les habitants demandent une sous-préfecture à Boromata

 

Pour les représentants du secteur Mamoune, la création d’une sous-préfecture à Boromata permettrait de réduire les distances administratives et d’organiser les services publics autour d’un centre de population important.

 

Ils demandent donc que Boromata soit érigée en sous-préfecture, après vérification officielle de sa population, de ses limites territoriales, de ses infrastructures, de son accessibilité et de sa capacité à accueillir les services administratifs.

 

Le mémorandum ne demande pas uniquement une modification de statut. Il propose une nouvelle organisation territoriale comprenant la création de la commune de Lac-Mamoune, avec Boromata comme chef-lieu.

 

Les habitants proposent également la création de la commune de Kerkede, avec Zinzir comme chef-lieu. Selon eux, cette organisation permettrait de tenir compte des réalités géographiques et des relations entre les différents villages.

 

La question de Gordil cristallise les tensions

 

La contestation ne porte pas uniquement sur le statut de Boromata. Elle se concentre également sur la place accordée à Gordil dans le futur découpage administratif.

 

Les habitants interrogés par la rédaction du CNC considèrent que le maintien de Gordil comme centre administratif ne correspond pas aux réalités démographiques et géographiques qu’ils décrivent. Ils estiment que les populations vivant autour de Boromata ne devraient pas avoir à parcourir près de 85 kilomètres pour accéder à leur administration.

 

Le choix de Gordil comme sous-préfecture fait donc l’objet d’une contestation persistante. Dans les échanges avec la rédaction du CNC, plusieurs habitants affirment que cette situation existe depuis plusieurs années et qu’elle explique la poursuite de leurs démarches auprès des autorités.

 

La population ne remet pas en cause, dans son mémorandum, l’autorité de l’État. Elle affirme au contraire son attachement à l’unité nationale, à l’intégrité territoriale, à la paix et au dialogue institutionnel.

 

Des accusations visant Djoubaye Abazène

 

Dans leurs échanges avec la rédaction du CNC, certains habitants mettent également en cause le ministre d’État chargé de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, dans le dossier du découpage administratif.

 

Ils l’accusent d’intervenir en faveur du maintien du dispositif autour de Gordil. Ces habitants établissent notamment un lien entre cette position supposée et les origines du ministre dans la région.

 

Ces accusations constituent la position exprimée par les habitants de Boromata et ne sont pas établies, à ce stade, par des éléments indépendants permettant à la rédaction de CNC d’affirmer que le ministre aurait effectivement manipulé le processus administratif.

 

Arnaud Djoubaye Abazène est bien l’actuel ministre d’État chargé de la Justice, de la Promotion des droits humains et de la Bonne Gouvernance, Garde des Sceaux. Le site officiel de son ministère confirme cette fonction.

 

La question de son éventuelle implication dans le dossier du découpage administratif de la Vakaga nécessiterait donc des éléments documentaires et une réaction officielle de l’intéressé ou des autorités chargées de l’administration du territoire.

 

La population rejette une solution limitée à une sous-préfecture autour de Gordil

 

Selon les habitants de Boromata, une autre proposition aurait été avancée pour répondre aux revendications locales : la création d’une sous-préfecture permettant à Boromata et aux localités voisines, notamment Ndifa, de disposer d’une administration de proximité tout en maintenant l’organisation existante autour de Gordil.

 

Cette option ne satisfait pas les représentants du secteur Mamoune.

 

Le projet de découpage administratif dans la préfecture de la Vakaga provoque de vives tensions, les habitants rejetant le maintien de Gordil comme centre sous-préfectoral au profit de Boromata.

Ils demandent que Boromata dispose elle-même du statut de sous-préfecture et que les villages environnants soient organisés dans une nouvelle entité administrative cohérente. Leur proposition prévoit ainsi une commune de Lac-Mamoune autour de Boromata et une commune de Kerkede autour de Zinzir.

 

Leur argument repose sur la proximité géographique, le poids démographique, les échanges économiques et les déplacements quotidiens des populations.

 

Une demande qui remonte à plusieurs années

 

La mobilisation de Boromata ne date pas de septembre 2026.

 

Les représentants du secteur expliquent que la question du statut administratif de leur localité fait l’objet de démarches répétées depuis plusieurs années. Les correspondances de juillet, août et septembre 2026 constituent, selon eux, une nouvelle étape dans cette démarche.

 

Le mémorandum du 27 septembre demande surtout l’ouverture d’une étude administrative officielle. Les habitants proposent que les autorités vérifient les données démographiques, les limites territoriales, les distances entre les localités, les infrastructures disponibles, les ressources économiques ainsi que la viabilité financière des futures collectivités.

 

Cette demande permettrait, selon eux, de sortir du débat fondé uniquement sur les positions des différentes localités et de disposer de données vérifiables pour déterminer l’organisation territoriale appropriée.

 

Une zone frontalière aux enjeux importants

 

Le secteur Mamoune occupe une position particulière dans la Vakaga. Les représentants de la population décrivent Boromata comme un point de passage entre plusieurs territoires centrafricains et les zones frontalières du Tchad et du Soudan.

 

Des documents internationaux ont déjà fait état de l’importance stratégique de plusieurs localités de cette partie de la Vakaga, notamment Boromata, Gordil et Tiringoulou. Un rapport du groupe d’experts des Nations unies consacré à la Centrafrique mentionnait notamment Boromata et Gordil dans le contexte des dynamiques sécuritaires et territoriales de la région.

 

Cette dimension frontalière renforce, aux yeux des habitants, l’importance d’une administration capable de suivre l’état civil, les mouvements de population, les activités économiques et les besoins en infrastructures.

 

Boromata demande une étude officielle plutôt qu’une décision imposée

 

Dans leur mémorandum, les populations du secteur Mamoune demandent finalement aux autorités de procéder à une étude officielle avant toute décision définitive.

 

Elles souhaitent que cette étude porte notamment sur la population, les limites territoriales, les infrastructures, l’accessibilité, les activités économiques et les ressources locales. Elles se déclarent également disponibles pour participer aux consultations et aux missions d’évaluation qui pourraient être organisées par les autorités compétentes.

 

Le dossier est ainsi présenté par les habitants comme une question d’organisation administrative et de rapprochement des services publics. Leur demande porte sur trois points principaux : l’érection de Boromata en sous-préfecture, la création de la commune de Lac-Mamoune avec Boromata comme chef-lieu et la création de la commune de Kerkede avec Zinzir comme chef-lieu.

 

À Boromata, la contestation reste donc centrée sur la distance avec Gordil, le poids démographique du secteur Mamoune et la volonté des populations de disposer d’une administration plus proche. Les habitants demandent désormais que les autorités compétentes examinent leur requête sur la base de données officielles et de critères administratifs vérifiables. Actions disponibles

 

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Centrafrique : quand l’avocat de CORE AVIATION SERVICES, Maître VONDO, bloque délibérément à l’inspection du travail la procédure des employés abusivement licenciés

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L’enquête menée par la rédaction du CNC sur les licenciements intervenus au sein de CORE AVIATION SERVICES (CAS) fait apparaître une nouvelle difficulté pour les anciens employés concernés. Licenciés le 1er mai 2026, plusieurs travailleurs restent engagés dans une procédure devant l’inspection du travail pour faire examiner leurs droits après la rupture de leurs contrats.

 

En effet, après les licenciements, une procédure de conciliation a été engagée auprès de l’inspection du travail. Dans le cadre de cette procédure, CORE AVIATION SERVICES a récemment procédé au paiement de sommes correspondant aux congés non pris.

 

Les vérifications effectuées par la rédaction du CNC montrent que ces paiements n’ont pas mis fin au différend. Les montants versés ne couvrent pas les préavis, les autres droits légaux réclamés ainsi que les dommages et intérêts liés à la rupture des contrats.

Centrafrique : quand l’avocat de CORE AVIATION SERVICES, Maître VONDO,   bloque délibérément à l’inspection du travail  la procédure des employés abusivement licenciés
Le directeur général de Core Aviation Services, monsieur NGOM-AIM Jacques

 

La rédaction du CNC a également constaté que les travailleurs concernés ont refusé de considérer cette transaction comme un règlement définitif. Des procès-verbaux partiels de non-conciliation doivent permettre de constater l’échec de la conciliation et d’ouvrir la voie à la saisine du tribunal du travail.

 

C’est précisément à ce stade que la procédure est bloquée. Les anciens employés ont signé les procès-verbaux depuis la semaine dernière. Les documents devaient également être signés par l’avocat représentant CORE AVIATION SERVICES, Maître VONDO.

 

Selon les vérifications effectuées par la rédaction du CNC, Maître VONDO a récupéré les documents auprès de l’inspection du travail, mais ceux-ci n’avaient toujours pas été retournés au moment du passage effectué sur place pour suivre l’évolution du dossier.

 

La situation a été de nouveau vérifiée auprès de l’inspection du travail. Le constat effectué par la rédaction du CNC est que la procédure n’avance pas, l’inspection indiquant ne pas pouvoir imposer à l’avocat de la société de rapporter les documents qu’il détient.

 

Cette situation empêche pour le moment la finalisation des procès-verbaux de non-conciliation. Elle prive ainsi les anciens employés concernés de la possibilité de poursuivre immédiatement la procédure devant le tribunal du travail afin que leurs réclamations soient examinées par la juridiction compétente.

 

Le blocage ne s’arrête pas là. Les démarches entreprises pour obtenir le retour des documents auprès de l’avocat de CORE AVIATION SERVICES n’ont pas permis de débloquer la situation. Maître VONDO n’a pas reçu les anciens employés qui souhaitaient obtenir des explications, indiquant qu’ils ne sont pas ses clients.

 

L’avocat représentant les anciens employés est également intervenu dans le dossier. Des démarches ont été effectuées auprès de Maître VONDO, notamment par téléphone et par correspondance. Au moment des dernières vérifications de la rédaction du CNC, ces démarches n’avaient pas permis d’obtenir le retour des documents à l’inspection du travail.

 

Cette affaire intervient plusieurs mois après les licenciements du 1er mai 2026 et prolonge une procédure qui devait initialement permettre aux parties de parvenir à une conciliation. Faute d’accord sur l’ensemble des droits réclamés, le dossier doit désormais pouvoir suivre son cours devant la juridiction du travail.

 

La rédaction du CNC poursuit son investigation sur les conditions de ces licenciements, les sommes versées aux anciens employés et les différents obstacles rencontrés dans la procédure engagée depuis plusieurs mois. Actions disponibles

 

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Touadéra entre deux feux face aux pressions de Poutine d’une part, et les exigences du groupe Wagner d’autre part

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L’arbitrage impossible entre les exigences d’argent du Kremlin et les pretentions des mercenaires place le pouvoir centrafricain dans une position intenable. La presidence de Faustin Archange Touadera se retrouve prise en etau entre les factures reclamées par la defense russe et les compensations colossales exigees par le groupe Wagner. Cet engrenage financier paralyse les decisions diplomatiques du pouvoir centrafricain depuis plusieurs mois.

 

La facture mensuelle de quinze millions de dollars reclamee par l’armee russe pour déployer la nouvelle entité representative de Moscou a immediatement refroidi le pouvoir centrafricain. De leur cote, les mercenaires du groupe Wagner conditionnent tout retrait au versement préalable d’une somme colossale d’environ 900 milliards de francs CFA pour rembourser l’ensemble de leurs depenses depuis leur arrivee dans le pays. Devant l impossibilite de regler de telles sommes, la presidence centrafricaine tente de temporiser sans froisser les deux camps.

Touadéra entre deux feux face aux pressions de Poutine d’une part, et les exigences du groupe Wagner d’autre part

 

 

Faute de liquidites, le pouvoir centrafricain se voit contraint de ceder la gestion directe des richesses minieres aux hommes de Dmitri Sytyi. Le groupe Wagner continue d exploiter l or et le diamant sur le territoire pour se remunerer directement tout en versant une petite redevance au pouvoir centrafricain. Ce partage discret permet a Bangui de conserver ses protecteurs sans puiser dans des caisses publiques deja vides.

 

À lire aussi : Centrafrique : Farid Tahéruka Shabazz affirme que le patron gabonais de la BGFI est désormais dans le viseur du pouvoir

L accord d entente entériné sous la tutelle de l ambassade russe consacre ce partage du gateau economique et securitaire. Le pouvoir centrafricain prefere ainsi maintenir les mercenaires historiques sur les gisements miniers et redistribuer une part des revenus aux emissaires de Poutine pour garantir leur silence. Cet arrangement pragmatique montre comment les contraintes financieres dictent la politique securitaire de Bangui.

 

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Centrafrique : comment le marché du carburant est devenu la vache à lait du régime et de ses parrains russes

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Pendant que la population centrafricaine tire le diable par la queue pour s’offrir un litre de carburant, le dictateur centrafricain et son clan organisent méthodiquement le pillage des ressources au profit exclusif de la Russie et de ses bras armés du groupe Wagner.

 

Comme vous le savez depuis longtemps, la grande illusion du marché pétrolier centrafricain cache une réalité économique verrouillée par les intérêts de la Fédération de Russie et de ses supplétifs armés. Derrière la façade administrative des conseils des ministres et les discours officiels sur la liberté des prix, l’appareil énergétique du pays subit un contrôle occulte au détriment de la population.

Centrafrique : comment le marché du carburant est devenu la vache à lait du régime et de ses parrains russes

 

La fiction légale de la libéralisation face à la réalité du monopole

 

À lire aussi : Centrafrique : le divorce est consommé entre les soldats FACA et les mercenaires russes du groupe Wagner

Depuis de nombreuses années, les institutions financières internationales exhortent les autorités centrafricaines à libéraliser totalement le secteur des hydrocarbures. L’objectif visé consiste à encourager une saine concurrence entre les opérateurs économiques pour faire baisser les prix à la pompe et alléger le coût de la vie pour les citoyens.

 

À lire aussi : Centrafrique : les « Wagner noirs » de la Vakaga se disputent désormais… le leadership de leur bureau

Pourtant, le gouvernement fait constamment obstruction à ces recommandations techniques. En dépit des textes officiels qui proclament la liberté d’importation et de commercialisation des produits pétroliers, l’exécutif a unilatéralement instauré un système verrouillé au profit d’un acteur unique.

 

Le jeu trouble des intermédiaires et l’ombre des mercenaires russes

 

Officiellement, le marché repose sur des structures de trading et de distribution habilitées à gérer la logistique d’importation.

 

Cependant, les observations de terrain et les analyses d’organismes indépendants révèlent une autre vérité en coulisses. Derrière cette vitrine commerciale se profile l’emprise directe de la milice russe, qui dicte sa loi sur les flux stratégiques du pays. Cette organisation sert de paravent pour centraliser l’approvisionnement tout en garantissant des rentes financières colossales au profit du système au pouvoir et de ses parrains moscovites. Les exonérations et facilités massives accordées à cette structure univoque privent le Trésor public de ressources indispensables pour financer les services sociaux.

 

Le mythe des aides humanitaires et du carburant pour le peuple

 

Les communiqués officiels persistent à faire croire que cette organisation centralisée profite directement à l’économie nationale grâce à des flux réguliers d’hydrocarbures ou de denrées. La réalité sur place dément formellement ces promesses.

 

Les acheminements servent en priorité à alimenter la machine logistique des forces étrangères, leurs bases et leurs comptoirs d’exploitation minière clandestine, notamment aurifère. Pendant que les caisses de l’État s’asphyxient et que les partenaires extérieurs maintiennent leurs réserves, le clan dirigeant accumule des profits sur le dos d’une population plongée dans de grandes difficultés.

 

Le pillage des ressources naturelles en Centrafrique, notamment à travers le marché pétrolier, alimente les profits du régime et des groupes armés, renforçant ainsi leur emprise sur la population.

Par Gisèle MOLOMA

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Bossangoa : Kossi Christian, un jeune commerçant, tué et décapité avant d’être incendié par les Wagner

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Le jeune commerçant Kossi Christian a été enlevé lundi matin à Bossangoa, dans la préfecture de l’Ouham, par des éléments du groupe Wagner. Il a été tué. Son corps a été transporté à environ dix kilomètres de la ville, sur l’axe Bossangoa-Bangui, puis incendié.

 

Corps retrouvé brûlé sur l’axe Bossangoa-Bangui

 

Le corps de Kossi Christian a été retrouvé brûlé à environ dix kilomètres de Bossangoa, sur l’axe Bossangoa-Bangui. La rédaction du CNC a recueilli ces informations auprès de la population locale et de la famille de la victime.

Bossangoa : Kossi Christian, un jeune commerçant,  tué et décapité avant d’être incendié par les  Wagner

 

Exactions de combattants russes en Centrafrique

 

Cette affaire intervient après plusieurs graves exactions commises par des mercenaires russes en République centrafricaine ces dernières semaines. Dans la préfecture de la Nana-Mambéré, deux jeunes hommes âgés de vingt-six et vingt-quatre ans ont été tués les 17 et 23 septembre. Des faits de décapitation ont également eu lieu dans ces deux affaires.

 

Wagner documenté par Human Rights Watch

 

Human Rights Watch documente la présence de mercenaires de Wagner en Centrafrique et leur implication dans de graves atteintes aux droits humains. L’organisation a également documenté en 2026 des attaques contre des civils commises par des combattants de Wagner.

 

À Bossangoa, une nouvelle victime

 

À Bossangoa, la mort de Kossi Christian s’ajoute aux exactions commises par des éléments russes dans le pays. Kossi Christian a été enlevé, tué et incendié par le groupe Wagner.

 

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Bangui : des policiers armés braquent un jeune et emportent sa moto et son sac en pleine nuit à 200 villas

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Un jeune homme affirme avoir été braqué mardi soir par trois policiers lourdement armés sur une voie proche de la Primature, dans le quartier 200 villas à Bangui. Les policiers lui auraient pris son sac et sa moto avant de prendre la fuite.

 

En effet, le jeune homme a raconté les faits dans une vidéo publiée sur Facebook. Encore sous le choc, il explique qu’il rentrait d’une cérémonie lorsqu’il a été arrêté par les trois policiers.

Bangui : des policiers armés braquent un jeune et emportent sa moto et son sac en pleine nuit à 200 villas
Un moto-taximan porte une femme et ses deux enfants sur l’avenue des Martyres devant l’Université de Bangui. Photo CNC

 

D’après ses explications, il circulait à moto dame avec sa grande sœur. Son sac était placé à l’avant du deux-roues. Aux environs de 23 heures, il est arrivé sur l’avenue des Martyrs, à proximité de la Primature.

 

Il affirme avoir aperçu trois policiers en plein contrôle sur la route. Ils étaient armés et accompagnés d’une personne circulant à moto. Le jeune homme poursuit son trajet avant de prendre la voie située à côté de la Primature, en direction du quartier des 200 Villas.

À lire aussi : Vol organisé : comment le régime Touadéra fait disparaître 12 millions de dollars par an de la caisse de l’État

 

Les policiers le suivent jusqu’aux 200 Villas

À lire aussi : Élysée Nguémalé : « 1 franc de plus sur le prix des carburants à l’heure actuelle est un crime contre le peuple centrafricain »

 

Le jeune homme explique qu’il s’est arrêté devant la concession où réside sa sœur. Quelques instants plus tard, une moto serait arrivée derrière lui.

 

Selon son témoignage, les trois policiers qu’il venait d’apercevoir devant la Primature sont descendus de la moto.

 

Il affirme qu’ils étaient en tenue, portaient leurs insignes de police et étaient lourdement armés. Les trois policiers étaient également cagoulés.

 

L’un d’eux aurait immédiatement pointé son arme sur lui. Le jeune homme affirme que le canon de l’arme a été placé contre sa tempe.

 

Le policier lui aurait alors demandé de lui remettre quelque chose.

 

Le jeune homme explique avoir demandé ce que les policiers recherchaient. Il leur aurait proposé de présenter ses papiers ou sa pièce d’identité s’il s’agissait d’un contrôle.

 

Selon son récit, un des policiers aurait directement plongé la main dans sa poche pour prendre son téléphone.

 

Le jeune homme affirme avoir retenu la main du policier. Il explique avoir demandé pourquoi le policier voulait prendre son téléphone alors qu’aucune pièce d’identité ne lui avait été demandée.

 

Sa grande sœur tente d’éviter l’affrontement La scène se déroule alors devant sa grande sœur. Face aux armes pointées sur eux, celle-ci aurait demandé au jeune homme de laisser les policiers prendre son téléphone.

 

Elle aurait préféré éviter une confrontation susceptible de dégénérer. Le jeune homme affirme, pour sa part, avoir refusé de remettre son téléphone. La situation aurait alors pris une autre tournure. Selon son témoignage, pendant qu’un policier continuait de le tenir en joue, un autre s’est dirigé vers son sac posé à l’avant de la moto.

 

Le policier aurait arraché le sac avant de rejoindre ses collègues. Les trois policiers auraient ensuite pris la moto et quitté les lieux. Un des policiers repart avec sa moto Le jeune homme affirme avoir reconnu, parmi les policiers impliqués, celui qu’il avait aperçu quelques minutes auparavant lors du contrôle devant la Primature. Selon son récit, cet élément aurait ensuite pris le guidon de sa propre moto pour quitter les lieux avec ses collègues.

 

Le jeune homme explique que sa moto était encore en marche au moment de l’attaque. Les policiers auraient ainsi pu repartir rapidement avec le deux-roues. Pendant leur fuite, le jeune homme affirme avoir crié au secours. Sa grande sœur, prise de peur, aurait couru se réfugier dans la concession. Des voisins et des sentinelles seraient alors sortis de leurs maisons après avoir entendu les cris. Le jeune homme leur aurait immédiatement expliqué qu’il venait d’être braqué par des policiers.

 

Avec certains habitants, il affirme avoir tenté de poursuivre les policiers. Mais les auteurs du braquage avaient déjà disparu dans les rues de Bangui. Le lendemain, il retourne devant la Primature Le lendemain matin, le jeune homme est retourné devant la Primature. Il affirme avoir rencontré des soldats FACA auxquels il a raconté ce qui s’était produit quelques heures auparavant.

 

Il leur aurait demandé si des policiers effectuaient régulièrement des contrôles dans cette zone pendant la nuit. Selon son témoignage, les soldats FACA lui auraient expliqué que des policiers étaient effectivement venus effectuer des contrôles dans le secteur. Ils lui auraient également indiqué que ces policiers avaient ensuite été chassés de l’endroit et ne contrôlaient plus cette partie de la route. Le jeune homme affirme donc avoir reconnu les policiers qui l’ont attaqué comme ceux qu’il avait vus quelques instants auparavant devant la Primature.

 

« Où va le pays ? »

Les faits se sont déroulés tard dans la nuit près de la Primature, lorsque les trois policiers ont pris la fuite en emportant le deux-roues et les effets personnels de la victime dans le quartier des 200 villas.

Dans sa vidéo, le jeune homme exprime son incompréhension et sa colère après les événements. Il explique qu’il se bat quotidiennement pour gagner sa vie et qu’il n’imaginait pas être attaqué par ceux qui sont censés assurer la sécurité des citoyens. Pour lui, le fait que des policiers armés puissent arrêter un citoyen en pleine nuit, le tenir en joue, prendre son téléphone, arracher son sac et repartir avec sa moto constitue une situation particulièrement grave.

 

Son témoignage intervient dans un contexte où les habitants de Bangui dénoncent régulièrement les braquages, les vols et les agressions nocturnes dans plusieurs quartiers de la capitale.

 

Le jeune homme demande aux autorités de renforcer les patrouilles dans les quartiers pendant la nuit.

 

Il appelle notamment le président de la République et le ministère de la Défense nationale à mettre en place davantage de dispositifs de contrôle afin d’empêcher les actes de banditisme nocturne.

 

Il demande également que des patrouilles soient organisées dans les quartiers pour identifier les personnes qui circulent la nuit et prévenir les agressions.

 

Le cas rapporté mardi soir présente une particularité de taille : selon le témoignage du jeune homme, les auteurs du braquage étaient des policiers en tenue, porteurs de leurs insignes et lourdement armés. Les faits se sont produits à proximité immédiate de la Primature, sur l’un des axes les plus sensibles de Bangui.

 

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Flash info : chaos en cours dans le village Bar, près de Zemio, les mercenaires russes sèment la terreur

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Les mercenaires russes du groupe  Wagner et leurs auxiliaires, les « Russes noirs », ont fait irruption jeudi matin dans le village Bar, après avoir quitté Zémio vers 3 heures du matin. Depuis leur arrivée, les violences se poursuivent contre les habitants.

 

Partis de Zémio jeudi à bord de leurs véhicules et motos, les mercenaires russes ont pris la direction de Rafaï avant d’atteindre le village Bar vers 4 à 5 heures du matin.

 

À l’approche du village, le bruit des moteurs a alerté certains habitants. Plusieurs hommes et femmes ainsi que des enfants ont immédiatement pris la fuite pour échapper à ces criminels sans pitié de Touadéra alias Baba Kongoboro. D’autres habitants, notamment des femmes et des enfants, sont restés sur place.

Flash Info, Cnc
Flash Info, Cnc

 

Les mercenaires sont alors entrés dans le village et ont fait sortir les habitants qui sont restés de leurs maisons, un par un. Des hommes, des femmes et des enfants ont été frappés par ces bandits criminels de Touadéra, selon les informations recueillies par la rédaction du CNC auprès des habitants.

 

Les violences ne se sont pas arrêtées dans la journée. Dans la soirée et durant la nuit, des femmes et des jeunes filles du village ont été emmenées par les Wagner et leurs supplétifs russes noirs. Des violences sexuelles ont été commises contre plusieurs d’entre elles.

 

Ce vendredi matin, les hommes de Wagner et leurs auxiliaires sont toujours présents dans le village Bar. Plusieurs habitants ont déjà fui pour se mettre à l’abri. D’autres restent cachés dans les environs, alors que les violences se poursuivent.

 

Rappelons que le village Bar est situé à environ 40 kilomètres de Zémio, sur l’axe Rafaï-Bangui. Le village abrite également une zone aurifère contrôlée et exploitée par les mercenaires russes, avec l’appui de leurs « Russes noirs », d’anciens éléments de l’UPC.

 

Ce site d’exploitation de l’or constitue l’une des principales raisons de la présence prolongée des mercenaires russes et de leurs auxiliaires dans cette localité.

 

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Faustin Zaméto demande un débat national sur l’hymne centrafricain

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Faustin Zaméto, sociologue et analyste politique, appelle à un débat national sur l’hymne centrafricain « La Renaissance », également appelé « E Zingo ». Il souhaite une réflexion sur son histoire, ses paroles et sa place dans la société centrafricaine.

 

Des interrogations sur l’histoire de l’hymne

 

Adopté en mille neuf cent soixante et inscrit dans la Constitution, l’hymne est attribué à Barthélemy Boganda pour les paroles et au compositeur français Herbert Pepper pour la musique.

 

Faustin Zaméto demande un débat national sur l’hymne centrafricain
Faustin Zameto

 

Faustin Zaméto s’interroge sur le choix d’une composition musicale française pour accompagner l’indépendance de la République centrafricaine. Il demande aussi que le manuscrit original des paroles attribuées à Boganda soit rendu public, s’il existe dans les archives nationales ou à Nantes.

À lire aussi : Obo : un jeune homme agressé et blessé par balle par un soldat FACA

 

Il rapporte également une tradition orale selon laquelle certaines paroles auraient été modifiées avant l’indépendance. Il précise que cette version reste à établir.

À lire aussi : Centrafrique : après les vols et les braquages, l’incendie frappe à nouveau. Cette fois, c’est l’administration électorale qui est touchée

 

La référence aux Bantous au centre du débat

 

Faustin Zaméto conteste la place de l’expression « berceau des Bantous » dans le premier vers de l’hymne.

 

Il estime que cette formulation ne permet pas à toutes les communautés centrafricaines de se reconnaître dans le symbole national. Il cite notamment les Gbaya, Banda, Mandja, Sara, Runga, Goula et Yakoma.

 

Le sociologue affirme avoir recueilli des témoignages d’élèves à Ndélé et Bria entre deux mille dix-huit et deux mille vingt-deux. Selon lui, certains élèves lui ont demandé pourquoi ils chantaient cette expression alors qu’ils ne se considéraient pas comme bantous.

 

Des différences entre le français et le sango

 

Faustin Zaméto relève aussi des différences entre les versions française et sango. Selon lui, la version sango constitue une adaptation du texte français plutôt qu’une traduction strictement identique.

 

Il estime que le français est davantage utilisé dans certaines écoles et cérémonies officielles à Bangui. Le sango serait davantage présent dans les cérémonies populaires.

 

Il revient aussi sur la formule « Dans le travail, l’ordre et la dignité ». Selon lui, cette expression a reçu différentes interprétations au cours des différents régimes politiques.

 

Un hymne moins chanté depuis la crise de deux mille treize

 

Faustin Zaméto affirme que l’hymne est moins chanté dans une grande partie du pays depuis la crise de deux mille treize.

 

Il relie cette situation à la présence de groupes armés et à l’écart entre certaines paroles de l’hymne et les réalités vécues par une partie de la population.

 

Il estime aussi que les femmes et les jeunes sont peu présents dans le texte. Il rappelle que des collectifs de femmes proposent depuis deux mille dix-neuf l’ajout d’un couplet faisant référence aux mères.

 

Trois propositions pour ouvrir le débat

 

Faustin Zaméto ne demande pas le remplacement de l’hymne national. Il propose une réflexion sur son interprétation et son utilisation.

 

Il demande au président de la République et au gouvernement d’organiser des États généraux sur les symboles nationaux. Il propose des consultations dans les dix arrondissements de Bangui et les vingt préfectures.

 

Il invite également les députés à adopter une loi d’interprétation. Cette loi pourrait notamment préciser le sens donné au terme « Bantous » dans la vision panafricaine de Barthélemy Boganda.

 

Faustin Zaméto propose enfin que la version sango soit chantée avant la version française lors des cérémonies officielles. Il suggère aussi l’ajout d’un troisième couplet consacré à la réconciliation et mentionnant plusieurs communautés centrafricaines.

 

Il appelle la société civile, les intellectuels, les religieux, les paysans et les hommes d’affaires à participer à cette réflexion sur les symboles nationaux. Actions disponibles

 

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Centrafrique : Arsène Elien de la PJLOD dénonce une nouvelle hausse du prix du carburant et appelle à son gel

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La Plateforme des Jeunes Leaders de l’Opposition Démocratique (PJLOD), par la voix de son coordonnateur national Arsène Elien, s’oppose à tout projet de nouvelle augmentation des prix de l’essence et du gasoil en République centrafricaine. Dans une déclaration publiée le 30 septembre 2026, l’organisation estime qu’une telle mesure aggraverait les difficultés économiques des ménages.

 

Selon la PJLOD, le niveau actuel des revenus ne permet déjà pas à de nombreux Centrafricains de couvrir leurs dépenses quotidiennes. L’organisation affirme qu’une hausse du prix du carburant entraînerait mécaniquement une augmentation des coûts du transport et des produits de première nécessité.

 

Centrafrique : Arsène Elien de la PJLOD dénonce une nouvelle hausse du prix du carburant et appelle à son gel
Arsène Elien de la PJLOD

 

Arsène Elien dénonce ainsi ce qu’il présente comme une politique économique éloignée des difficultés rencontrées par la population. La PJLOD cite notamment le faible pouvoir d’achat, le chômage des jeunes et la hausse des dépenses des ménages parmi les principaux facteurs qui rendent, selon elle, une augmentation du carburant difficilement supportable.

 

À lire aussi : Me Désiré Alphonse Tepao : « Ils sont en train de faire du mal, de tuer même les cabris », neuf détenus évadés sèment l’inquiétude autour de Mobaye

L’organisation met également en cause l’état des infrastructures routières. Elle cite les rues de Bangui et les principaux axes reliant la capitale aux provinces, qu’elle décrit comme fortement dégradés. Pour la PJLOD, les conditions de circulation pénalisent les opérateurs économiques, augmentent les coûts liés à l’entretien des véhicules et compliquent les échanges entre les différentes régions du pays.

 

À lire aussi : CORE AVIATION SERVICES : La grande mafia du DG GOM-AIAM Jacques et du DGA NZAMURAMBAHO Thierry qui achètent des équipements avec les fonds de la société pour les lui relouer

Dans sa déclaration, la PJLOD estime que l’augmentation du prix du carburant ne peut être dissociée de la question des infrastructures. Elle demande au gouvernement de prendre en compte l’état du réseau routier avant toute nouvelle mesure affectant les prix à la pompe.

 

La plateforme formule quatre principales exigences. Elle demande le gel de tout projet d’augmentation des prix des hydrocarbures à la pompe, l’ouverture d’un plan de contingence sociale pour stabiliser les prix des produits de première nécessité, ainsi que le lancement de travaux de réhabilitation sur les principaux axes routiers du pays.

 

La PJLOD réclame également davantage de transparence dans la gestion des ressources publiques et des aides énergétiques accordées à l’État.

 

Dans son appel, Arsène Elien invite la jeunesse centrafricaine, les syndicats, les conducteurs de taxis et de mototaxis ainsi que les autres forces vives à rester mobilisés et à utiliser les moyens légaux pour s’opposer à ce qu’il qualifie de politique d’appauvrissement.

 

La déclaration, signée à Beloko le 30 septembre 2026 par Arsène Elien au nom de la Plateforme des Jeunes Leaders de l’Opposition Démocratique, intervient alors que la question du prix des carburants reste directement liée aux coûts du transport et des produits de consommation en Centrafrique. 

 

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Arsène Elien et la PJLOD dénoncent la hausse du prix du carburant en Centrafrique, réclamant un gel immédiat pour soulager les ménages.

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Bras cassés au gouvernement, chaos à l’éducation : Touadéra change-t-il vraiment ?

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 Au débat Patara de février 2026 sur Radio Ndékè Luka, des jeunes leaders centrafricains ont livré un bilan de dix ans de pouvoir du dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadera sans ménagement ni détour.

 

Lors de ce débat Patara sur les ondes de la RNL, Steve Bendo-Ndeni a posé les mots sur la table sans trembler. L’équipe qui a entouré le président pendant une décennie, il l’a désignée clairement : des bras cassés. Ce n’était pas une invective lancée en l’air, c’était un jugement fondé sur un constat d’écart entre les orientations données par le chef de l’État et ce que ses ministres ont réellement accompli. La paix, la stabilité, Bendo-Ndeni les reconnaît sans hésiter. Mais tenir un pays debout sans améliorer la vie de ceux qui y vivent, ce n’est pas gouverner, c’est simplement maintenir.

Bras cassés au gouvernement, chaos à l’éducation : Touadéra change-t-il vraiment ?
Le ministre d’État à l’éducation Aurélien Simplice Zingas

 

Il a lui-même choisi une image pour dire ce qu’il attend : plus de peinture sur des murs fissurés. Ce qu’il faut, c’est repartir de zéro là où les fondations ne valent plus rien, et bâtir des choses que les gens peuvent ressentir dans leur vie de tous les jours. Il a nommé des endroits précis pour montrer jusqu’où le vide s’étend : Zemio, Obo, Bambouti. Des villes que les politiques décidées à Bangui n’arrivent presque jamais à atteindre, comme si une partie entière du pays vivait en dehors du radar de ceux qui le dirigent.

 

Arletta Mamboui Abiali a pris le relais sur l’éducation avec une franchise qui ne laisse pas de place au doute. Elle a dit « c’est chaos », et elle l’a répété. Dix ans se sont écoulés sans que des écoles soient construites en nombre suffisant, sans que les conditions d’apprentissage soient améliorées, et à l’Université de Bangui, la situation est telle que des milliers d’étudiants partagent des espaces qui n’ont jamais été conçus pour les accueillir en si grand nombre. Elle a aussi mis le doigt sur une habitude qui irrite : réduire la République Centrafricaine à sa capitale, comme si l’arrière-pays n’existait pas ou ne méritait pas d’être pris en compte.

 

Sur la question de qui porte la faute, Arletta a voulu distinguer le président de son équipe. Si les ministères ne produisent pas de résultats, c’est parce que ceux qui les dirigent ne se sentent pas obligés de rendre des comptes aux citoyens. Le président a choisi ces gens en croyant qu’ils feraient mieux, dit-elle. Mais la croyance ne suffit pas à gouverner, et quand les résultats ne viennent pas, la question de la responsabilité du choix lui-même ne peut pas rester indéfiniment sans réponse.

 

Bendo-Ndeni a conclu avec un chiffre qui résume tout : six millions d’habitants, une trentaine de ministres, et un pays qui n’arrive toujours pas à offrir à ses citoyens un accès décent aux services de base. Des pays de la sous-région avec moins de richesses naturelles ont fait davantage. La République Centrafricaine regorge de ressources dans son sol, tout le monde le sait. Ce qui manque, ce n’est donc pas la matière première. Ce qui manque, c’est ce qu’on en fait, ou plutôt ce qu’on n’en fait pas, depuis que le même homme et la même équipe tiennent les rênes.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA

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Centrafrique : le gouvernement envisage le retour à la vacation pour combler le déficit des enseignants

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Le gouvernement centrafricain envisage de relancer la contractualisation et la vacation face au manque d’enseignants, notamment dans les matières scientifiques.

 

Un retour à un ancien système

 

Lors du Conseil des ministres du jeudi 10 septembre 2026, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures pour répondre au manque d’enseignants dans les lycées.

 

Centrafrique : le gouvernement envisage le retour à la vacation pour combler le déficit des enseignants
Lycée moderne de Birao. Photo CNC

 

Parmi elles figure la mobilisation des compétences disponibles par la contractualisation et la vacation.

À lire aussi : Centrafrique : six mois après l’investiture pour un troisième mandat de Touadéra, le BRDC alerte sur la dégradation des conditions de vie

 

Cette orientation marque le retour à un système déjà utilisé depuis plusieurs années dans l’enseignement secondaire centrafricain.

À lire aussi : Plinko, Mines et Crash ont divisé le casino instantané

 

Pendant longtemps, des étudiants diplômés de l’université, notamment titulaires d’une licence, intervenaient comme enseignants vacataires dans les collèges et les lycées.

 

Ils assuraient des cours pendant l’année scolaire et recevaient ensuite une rémunération au titre de leurs vacations.

 

Les arriérés ont fragilisé le système

 

Le problème de ce dispositif résidait surtout dans la régularité des paiements.

 

De nombreux enseignants vacataires ont attendu plusieurs années avant de percevoir leurs rémunérations.

 

Certains cumulaient deux, trois, voire quatre années de vacations impayées.

 

Cette situation a progressivement découragé une partie des personnes disposées à enseigner dans les établissements publics.

 

Sous le régime de Faustin-Archange Touadéra, la vacation a ensuite été suspendue.

 

Cette décision a supprimé un mécanisme qui permettait auparavant de compléter les effectifs lorsque les enseignants titulaires étaient insuffisants.

 

Une pénurie qui dépasse les matières scientifiques

 

Le gouvernement présente aujourd’hui le manque d’enseignants comme un problème particulièrement important dans les disciplines scientifiques.

 

Les chiffres communiqués au Conseil des ministres indiquent 163 enseignants scientifiques permanents pour un besoin estimé à 567.

 

Le déficit atteint ainsi 404 enseignants dans 57 lycées répartis dans 21 inspections académiques.

 

Mais cette situation ne concerne pas uniquement les mathématiques, les sciences physiques ou les sciences de la vie et de la Terre.

 

Le manque d’enseignants touche également d’autres disciplines, avec des difficultés importantes dans les filières économiques et techniques.

 

Les séries littéraires disposent de davantage d’enseignants, selon le gouvernement, mais cette situation ne suffit pas à masquer les difficultés générales du système.

 

Le problème du secondaire technique reste entier

 

La question est encore plus importante dans l’enseignement technique.

 

La République centrafricaine ne dispose actuellement que d’un seul lycée technique.

 

Or, le développement de la formation professionnelle nécessite davantage d’établissements et surtout des enseignants qualifiés.

 

La création de nouvelles structures d’enseignement technique implique donc de former et de recruter des enseignants capables d’assurer ces formations.

 

La pénurie actuelle risque ainsi de limiter les ambitions affichées en matière de développement des compétences nationales.

 

La vacation ne peut pas remplacer une politique de recrutement

 

Le retour aux vacataires peut permettre de répondre rapidement à certains besoins dans les établissements.

 

Mais cette solution ne règle pas le problème des enseignants permanents.

 

Elle ne règle pas non plus la question de la formation initiale, des affectations et de la fidélisation des enseignants.

 

Surtout, le gouvernement devra éviter de reproduire les retards de paiement qui ont profondément fragilisé le système de vacation.

 

Un enseignant qui travaille plusieurs années sans recevoir régulièrement sa rémunération ne peut pas constituer une solution durable pour le système éducatif.

 

Le gouvernement face à une pénurie structurelle

 

Le gouvernement prévoit aussi une formation accélérée de futurs enseignants dans les disciplines scientifiques.

 

Il envisage parallèlement des mesures destinées à rendre ces métiers plus attractifs et à retenir les enseignants dans les établissements.

 

Ces mesures montrent que la pénurie dépasse largement les seuls chiffres présentés pour les matières scientifiques.

 

Le véritable défi consiste désormais à reconstruire durablement les effectifs enseignants dans l’ensemble du secondaire.

 

Le retour à la vacation peut donc constituer une réponse immédiate.

 

Mais sans recrutement régulier, formation adaptée et paiement à temps, le pays risque de revenir aux mêmes difficultés qui avaient déjà fragilisé ce système.

 

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DOSSIER SPÉCIAL CNC : répression, détentions arbitraires et exécutions : le régime Touadéra sciе lui-même la branche de l’aide internationale

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Incroyable! Un président qui réclame à genoux ce qu’il détruit lui-même. Faustin-Archange Touadéra parcourt le monde. Il tend la main. Il réclame des appuis budgétaires, il supplie pour le renouvellement de la MINUSCA, ce bouclier qui protège un pouvoir né d’un parjure. Mais Touadéra ne voit pas ou refuse de voir qu’il est le premier fossoyeur de son propre pays. Chaque opposant jeté en prison, chaque voix étouffée, chaque exécution signée Wagner éloigne un peu plus les bailleurs. Le régime creuse sa tombe financière de ses propres mains.

Le pays étouffe, et le gouvernement fait semblant de chercher de l’air

La Centrafrique souffre. Depuis la reconduction du gouvernement Félix Moloua en mai 2026, d’ailleurs  une reconduction qui passe pour un déni, alors que tout le monde attendait un vrai gouvernement sous la septième république des bras cassés, l’asphyxie financière arrive et frappe de plein fouet. Touadéra monte alors à la tribune de la 81ᵉ Assemblée générale de l’ONU. Il parle d’aide internationale. Il réclame le retour de l’aide publique au développement. Il quémande des appuis budgétaires. Et voilà, le silence lui répond sèchement.

DOSSIER SPÉCIAL CNC : répression, détentions arbitraires et exécutions : le régime Touadéra sciе lui-même la branche de l'aide internationale

Touadera prendrant discours devant le conseil l’ONU en septembre 2026

Bretton Woods fait la sourde oreille

À lire aussi : Centrafrique : Faustin Zaméto analyse le retour en force de la solidarité familiale face à la crise

Le FMI écoute et détourne le regard. La Banque mondiale ferme son carnet de chèques. L’Union européenne gèle. La Banque africaine de développement recule. Les pays amis France, États-Unis en tête suspendent leurs aides budgétaires. Personne ne veut plus déverser un centime dans un tonneau des Danaïdes. Personne ne veut financer un régime qui traque l’opposition,  qui jette en prison des citoyens, des cadres, des intellectuels, des pasteurs. La communauté internationale craint et elle a raison de craindre que son argent serve à museler, à emprisonner, à éliminer.

À lire aussi : Stratégie de voleur qui crie au voleur : après des mois d’accusations contre les réseaux sociaux, Anthropic révèle l’autre visage de l’IA dans la propagande russe en Centrafrique

Ngaragba, Camp de Roux, Bimbo : les prisons de la honte

La dérive autoritaire s’installe au grand jour depuis le faux référendum constitutionnel de 2023. Les arrestations arbitraires se multiplient. Ngaragba se remplit. Le Camp de Roux se remplit. Bimbo se remplit. La détention provisoire abusive devient une arme de gouvernement. Touadéra s’en sert pour faire taire. Mais cette arme se retourne contre lui : elle gèle les financements, elle bloque le PND, elle coupe les vivres à l’État.

Un ministre de la Justice qui défie jusqu’au président

Arnaud Djoubaye Abazène règne sur la justice comme sur un fief personnel. Les juges du siège se plaignent. Les magistrats du parquet se plaignent. Tous dénoncent l’immixtion permanente du ministre. Après la libération provisoire de Germain Wamoustoyo et de l’ambassadeur Yvon Tazou dans l’affaire Armel Sayo, Djoubaye il convoque les juges. Il les menace. Il leur interdit de libérer d’autres détenus politiques sans son accord préalable.

Touadéra lui-même donne des instructions. Les bailleurs nous regardent. Il ordonne d’accélérer les dossiers politiques. Djoubaye refuse. Il fait comprendre que c’est lui qui décide du sort des prisonniers. Même les grâces présidentielles signées par Touadéra, Djoubaye les bloque. Le ministre tient les clés des geôles, et il n’a de compte à rendre à personne.

Les visages de la répression

Ils sont nombreux. Ils sont brillants. Ils sont enfermés.

Dr Dominique Désiré Erenon, constitutionnaliste de renommée internationale, ancien expert auprès de l’Union africaine, maître-assistant à la Faculté des sciences juridiques et politiques de Bangui, président du parti MDSP. Éjecté de son poste technique sur pression du régime, il rentre volontairement de son exil parisien. Il atterrit le 3 octobre 2025. Il est arrêté dès sa descente d’avion. Conduit à la SRI. Détenu depuis à Ngaragba. Il rentrait pourtant pour enseigner, pour promouvoir son livre paru en mars 2025, pour faire vivre son parti. Le régime l’a accueilli avec des menottes et l’isole dans un trou.

Pasteur Guy Firmin Doba, socio-économiste, Directeur général de la Réforme de l’Administration au ministère de la Fonction publique, ancien DG de l’ASRP. Détenu à Ngaragba dans l’affaire Armel Sayo. Sa détention provisoire dépasse le délai légal fixé par le Code de procédure pénale.

Christian Dondra, notaire. Son crime : être le petit frère de Henri Marie Dondra, président du parti UNIR.

Au Camp de Roux : Abakar Mahamat, ancien DG du Trésor public ; Gilbert Guido, DG de l’ANER ; Boris Toïma et Alfred Toïma, dans l’affaire Sayo.

À la prison pour femmes de Bimbo l’ancienne ministre Clarisse Sayo et Chimène Beyina, ancienne directrice de cabinet de Sayo. Elles croupissent. La liste est longue.

D’autres encore sont placés sous contrôle judiciaire, leurs libertés publiques réduites à néant.

Les opposants traqués jusque dans leurs maisons

Anicet Georges Dologuélé reste bloqué à Bangui. Le pouvoir lui refuse un passeport. Les médias d’État ferment leurs portes aux opposants. Leur liberté d’aller et venir se réduit chaque jour. Leurs mouvements sont épiés.

Martin Ziguélé, Nicolas Tiangaye, Mahamat Kamoun, Crépin Mboli Goumba tous sous surveillance rapprochée. Mboli Goumba est surveillé jusqu’aux abords de sa propre maison.

La diaspora sous la menace d’une liste noire

À l’étranger, les opposants exilés et les activistes sont pistés sur les réseaux sociaux. Une longue liste les attend à l’aéroport Bangui M’Poko. S’ils rentrent, ils sont arrêtés dès leur descente d’avion. Les noms circulent : François Bozizé, Abdou Karim Meckassoua, Jean Serge Wafio, Chancel Sekode Ndeugbayi, Christian Guenebem, Jean Pierre Mara, Serge Bozanga, Pr Jean-François Akandji-Kombe, Bernard Selemby Doudou, Joseph Prudence Mayte alias Kerembesse et ses compagnons des 12 Apôtres, Ludovic Ledo et ses compagnons du G16. Tous ceux qui manifestent contre le régime à l’étranger, tous ceux qui s’expriment sur les réseaux, figurent sur cette liste.

Rentrer à Bangui devient un pari mortel. Aucun dialogue politique inclusif n’existe. Le régime le refuse.

Le prix à payer : un pays à genoux

La conséquence tombe, brutale. Pas de financement. Pas d’aide budgétaire. Le PND est plombé. L’État s’appauvrit. Et voici la mécanique implacable :

Face à la répression politique et à une justice instrumentalisée, le pouvoir fait face à une crise financière majeure en raison du gel des fonds.

1. Les clauses de bonne gouvernance piétinées

L’Union européenne, la Banque mondiale, le FMI lient leurs aides au respect des droits de l’homme, à l’ouverture de l’espace civique, à l’indépendance de la justice. Le gouvernement piétine ces principes. Il cible les partis d’opposition, les journalistes, la société civile. Les comités d’évaluation des bailleurs n’ont plus aucune garantie politique. Les tranches d’appui budgétaire restent bloquées.

2. Une justice instrumentalisée que personne ne veut financer

Les partenaires refusent de moderniser Ngaragba ou Bimbo. Ils refusent de financer des tribunaux qui servent à neutraliser la dissidence. L’argent des contribuables étrangers ne servira pas à légitimer un système de détention arbitraire. Les fonds sont gelés, réorientés, détournés.

3. Des élections sabotées, des bailleurs exaspérés

La fermeture de l’espace politique refroidit les bailleurs. Les scrutins sont reportés sans fin. Les élections locales s’empilent dans les tiroirs. La MINUSCA maintient un appui technique résiduel, mais les investissements massifs n’arrivent pas. Personne ne veut financer un simulacre d’élection d’où l’opposition est exclue.

4. L’aide d’urgence comme dernier refuge

L’aide structurelle s’effondre. Le développement, les infrastructures, l’éducation, la santé à long terme : tout est gelé. Seule reste l’aide humanitaire stricte, versée directement aux agences de l’ONU OCHA, UNHCR et aux ONG. Même ce Plan de réponse humanitaire, estimé à 264,1 millions de dollars, peine à mobiliser. Le pays s’enfonce.

Conclusion : la ligne rouge

L’appareil d’État s’appauvrit. Les caisses se vident. Le régime s’isole. Et pendant ce temps, les prisons restent pleines, les opposants restent muselés, les juges restent menacés. Le traitement des détenus et des opposants demeure la ligne rouge infranchissable.

Tant que Touadéra et Djoubaye maintiendront leur étau, les investissements mondiaux resteront loin. Le régime bloque lui-même l’aide qu’il mendie. Il creuse sa propre fosse.

 

Alain Nzilo 

Directeur de publication.

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Centrafrique : l’intelligence artificielle transformée en atelier de production massive de propagande pro-russe destinée à la présidence, le ministère de la défense, l’État-major, Gendarmerie et à la Radio Lengo Songo

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Anthropic décrit une opération d’influence en Centrafrique utilisant l’IA Claude pour produire de la propagande pro-russe destinée à la présidence et aux médias centrafricains.

 

Intelligence artificielle transformé en outil de production massive de propagande

 

Le rapport d’Anthropic décrit un dispositif qui dépasse largement l’utilisation occasionnelle d’une intelligence artificielle.

Centrafrique : l’intelligence artificielle transformée en atelier de production massive de propagande pro-russe destinée à la présidence, le ministère de la défense, l’État-major, Gendarmerie et à la Radio Lengo Songo

 

 

Claude a servi comme un véritable atelier numérique pour produire une grande quantité de textes répondant à des objectifs précis.

 

À lire aussi : Vincent Mbokoto Dilla du CNCA-PDD dénonce une politique de « deux poids, deux mesures » autour de la nationalité d’Anicet-Georges Dologuélé

Le compte concerné a d’abord été utilisé pour des tâches administratives et de gestion.

 

À lire aussi : Obo : un jeune homme agressé et blessé par balle par un soldat FACA

Il permettait notamment de rédiger des offres d’emploi, des contrats et des procédures internes.

 

L’outil établissait aussi des systèmes d’évaluation des salariés et préparait des procédures de licenciement.

 

Son utilisation s’est ensuite étendue à la communication politique et médiatique.

 

Claude est devenu alors un instrument permettant de rédiger rapidement des contenus adaptés au contexte centrafricain.

 

Des récits pro-russes fabriqués avec l’IA

 

Selon Anthropic, une partie importante de cette production visait à défendre les intérêts russes en Centrafrique.

 

Les textes générés avec Claude présentaient favorablement le gouvernement centrafricain et le groupe Wagner.

 

D’autres contenus s’attaquaient à la France et aux opposants politiques.

 

L’intelligence artificielle permettait de multiplier ces productions sans nécessiter une rédaction humaine pour chaque texte.

 

Les opérateurs demandaient ainsi à Claude de reformuler les messages, d’adapter leur ton et de les inscrire dans le contexte politique centrafricain.

 

Le procédé permettait de produire des contenus donnant l’apparence d’une communication conçue directement pour le public centrafricain.

 

Radio Lengo Songo au cœur de la diffusion

 

Une partie de ces contenus était destinée à Radio Lengo Songo.

 

Selon les éléments rapportés par Radio France Internationale, l’IA servait à préparer des textes qui étaient ensuite diffusés par cette radio.

 

L’objectif décrit par Anthropic consistait à faire passer des contenus produits dans le cadre de l’opération russe pour des programmes destinés au public centrafricain.

 

Le dispositif reposait donc sur une production numérique suivie d’une diffusion radiophonique.

 

Les contenus étaient ensuite repris par la radio-télévision nationale.

 

Cette circulation permettait d’élargir leur audience au-delà du premier canal de diffusion.

 

Une amplification avec les médias russes

 

La diffusion ne s’arrêtait pas à la Centrafrique.

 

Les contenus étaient également amplifiés avec le concours de médias russes, notamment RT et Sputnik.

 

L’opération associait ainsi plusieurs niveaux de communication.

 

Claude produisait les textes.

 

Radio Lengo Songo leur donnait une première diffusion auprès du public centrafricain.

 

La radio-télévision nationale les reprenait ensuite, tandis que les médias russes participaient à leur amplification.

 

Cette organisation permettait de faire circuler un même récit à travers différents espaces médiatiques.

 

Des rapports destinés à la Maison Russe et à la présidence

 

L’utilisation de Claude concernait également la production de rapports.

 

D’après le reportage de RFI, certains documents étaient destinés au directeur de la Maison Russe.

 

Le compte a aussi servi à préparer des rapports destinés au porte-parole de la présidence centrafricaine.

 

L’intelligence artificielle intervenait donc dans une chaîne de production qui ne concernait pas uniquement la propagande destinée au grand public.

 

Elle était également sollicitée pour préparer des documents à destination de responsables et de structures liées à l’écosystème russe en Centrafrique.

 

Des communiqués attribués à la gendarmerie

 

L’un des éléments les plus sensibles concerne la production de documents présentés comme des communications institutionnelles.

 

Selon RFI, le compte a servi à fabriquer des communiqués attribués à la gendarmerie.

 

Le ministère de la Défense a également été concerné par cette production.

 

L’IA produisait donc des textes directement présentés comme provenant d’institutions de l’État centrafricain.

 

Cette utilisation dépasse la simple fabrication de messages politiques destinés aux réseaux sociaux.

 

Elle touche directement à la production de contenus associés à des structures officielles.

 

Des informations sur les opposants politiques

 

Le dispositif comprenait également un volet consacré aux opposants politiques.

 

Selon les informations rapportées par RFI, le compte a été utilisé pour mettre en place un système de collecte de données concernant des adversaires du pouvoir.

 

Claude servait alors à organiser et traiter des informations portant sur ces personnalités.

 

Une demande visant à dénoncer des opposants afin qu’ils soient arrêtés a été refusée par l’intelligence artificielle.

 

Claude a donc bloqué cette requête, alors que d’autres demandes liées à la collecte et au traitement d’informations ont été exécutées.

 

Une opération finalement bloquée par Anthropic

 

Anthropic a finalement coupé l’accès du compte à ses services.

 

L’entreprise américaine présente cette affaire comme un exemple d’utilisation malveillante de l’intelligence artificielle dans une opération d’influence.

 

La Centrafrique n’est pas le seul pays cité dans les opérations identifiées par Anthropic.

 

Le Mali, la République démocratique du Congo, le Kenya et le Soudan figurent également parmi les pays concernés.

 

En Centrafrique, le dispositif décrit par Anthropic repose sur une combinaison de technologies et de relais médiatiques.

 

L’intelligence artificielle fournit les textes. Les structures de diffusion leur donnent une audience. Les médias russes amplifient ensuite certains récits.

 

Le résultat est une chaîne de production capable de transformer Claude en outil de fabrication massive de contenus politiques adaptés au public centrafricain.

 

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Les outils numériques qui facilitent la vie des Centrafricains

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En République centrafricaine, la transformation numérique s’impose progressivement comme un levier majeur de développement et de modernisation. Malgré des défis d’infrastructure et d’accès au réseau, l’adoption des technologies mobiles et des services en ligne réinvente la gestion du quotidien. Qu’il s’agisse de communiquer avec des proches éloignés, de réaliser des transactions financières ou d’accéder à des informations administratives, les outils digitaux apportent des réponses concrètes aux besoins des citoyens et des entreprises locales.

Les outils numériques qui facilitent la vie des Centrafricains
Les outils numériques qui facilitent la vie des Centrafricains

 

Simplifier les démarches et fluidifier les communications

L’accès à Internet et la démocratisation des smartphones ont profondément modifié les habitudes de communication en Afrique centrale. Les messageries instantanées et les plateformes en ligne permettent désormais de raccourcir les distances et d’accélérer les échanges professionnels ou personnels.

 

Pour les entrepreneurs, les étudiants ou les acteurs institutionnels basés à Bangui comme en province, la gestion de l’information passe de plus en plus par des canaux virtuels sécurisés. Lors de la création d’un compte sur des applications de services ou des portails administratifs, la validation s’effectue quasi systématiquement via un message électronique. Conserver un accès fiable à son email principal s’avère donc essentiel pour valider ses inscriptions, recevoir des documents officiels ou échanger des dossiers de travail sans devoir se déplacer physiquement.

 

Afin de suivre l’évolution des projets de développement et des initiatives d’intégration régionale du pays, vous pouvez consulter les informations officielles de la Banque mondiale, qui publie régulièrement des analyses sur la transition numérique en Afrique.

 

Le paiement mobile, un moteur d’inclusion financière

L’accès aux services bancaires traditionnels restant limité pour une grande partie de la population, les solutions de paiement par téléphone mobile ont révolutionné l’économie locale.

 

Ces plateformes permettent d’effectuer une multitude d’opérations quotidiennes en quelques secondes :

Transférer de l’argent à des proches installés dans une autre région du pays.

Régler des achats auprès des commerçants partenaires sans manipuler d’espèces.

Payer des factures d’eau ou d’électricité directement depuis son téléphone.

Recharger son crédit de communication ou son forfait de données Internet.

Ce système offre une sécurité accrue en réduisant le besoin de transporter du liquide et stimule le commerce local en facilitant les transactions entre particuliers et professionnels.

L’émergence des services en ligne et des applications utiles

 

Au-delà de la finance et de la messagerie, l’écosystème numérique centrafricain s’enrichit progressivement de nouvelles applications adaptées aux contraintes du terrain.

Dans le secteur de l’éducation, des plateformes d’apprentissage et des bibliothèques numériques permettent aux élèves et étudiants d’accéder à des ressources pédagogiques jusqu’alors difficiles à dénicher. Du côté des transports et de la logistique, des outils de géolocalisation et de mise en relation aident à optimiser les déplacements de marchandises et de personnes. Même le secteur agricole tire profit de ces avancées, avec des solutions permettant d’informer les producteurs sur les cours du marché ou d’anticiper les variations météorologiques. En contournant les obstacles géographiques, le numérique devient un véritable accélérateur d’autonomie pour la population.

 

 

 

Nationalité d’Anicet-Georges Dologuélé : après Fidel Ngouandika et le grand sorcier de Carnot Évariste Ngamana, Joseph Bindoumi rejoint Crépin Mboli-Goumba dans la démolition de l’argument pathétique du pouvoir

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Le débat sur la nationalité d’Anicet-Georges Dologuélé prend une nouvelle tournure avec l’intervention de Joseph Bindoumi, ancien ministre, magistrat et président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme. Sa réaction intervient après celles de Fidel Ngouandika, ministre conseiller à la présidence, du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana (Eva Yana), porte-parole du gouvernement, et de Maître Crépin Mboli-Goumba.

 

À l’origine de cette séquence, Fidel Ngouandika a relayé et défendu la position du pouvoir sur le dossier. Habitué à annoncer ou à accompagner publiquement certaines décisions et orientations du régime, le ministre conseiller à la présidence a été le premier à porter cet argumentaire dans l’espace public.

 

Nationalité d’Anicet-Georges Dologuélé : après Fidel Ngouandika et le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana, Joseph Bindoumi rejoint Crépin Mboli-Goumba dans la démolition de l’argument pathétique du pouvoir
Joseph Bindoumi, président de la Ligue centrafricaine des droits de l’Homme. Photo Minusca.

 

Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana alias Eva Yana est ensuite intervenu dans son rôle de porte-parole du gouvernement pour reprendre cette ligne et lui donner une portée officielle. Ses déclarations ont notamment porté sur les compétences du Conseil constitutionnel et sur la question de la nationalité d’Anicet-Georges Dologuélé.

 

Cette démarche ne correspond donc pas à deux prises de position opposées au sein du pouvoir. Fidel Ngouandika et le marabout de Carnot défendent la même lecture du dossier, dans une séquence politique portée par les autorités autour de la nationalité de l’ancien Premier ministre et député.

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Crépin Mboli-Goumba conteste l’argumentaire du pouvoir

 

À lire aussi : Martin Ziguélé : plus de 60 ans après les indépendances, vous voulez aller au FMI, vous convainquez d’abord la France de vous appuyer

La contestation est venue de Maître Crépin Mboli-Goumba, président du Patri et coordinateur du BRDC. L’avocat s’est directement attaqué à l’interprétation présentée par le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana concernant les compétences du Conseil constitutionnel.

 

« Un juriste approximatif qui réduit le rôle du Conseil constitutionnel aux questions des contentieux électoraux », a réagi Maître Crépin Mboli-Goumba. Il a également accusé le porte-parole du gouvernement de « faire de l’alchimie judiciaire ».

 

Pour le président du Patri, le Conseil constitutionnel ne peut pas être présenté comme une institution dont les compétences se limitent aux contentieux électoraux. Il affirme que la haute juridiction dispose d’autres attributions constitutionnelles et que ses décisions s’imposent à toutes les institutions de l’État.

 

Joseph Bindoumi intervient à son tour

 

C’est dans ce contexte que Joseph Bindoumi intervient. L’ancien ministre et magistrat affirme que la Ligue centrafricaine des droits de l’homme s’est déjà prononcée sur le dossier Dologuélé. Il rappelle que l’organisation avait contesté la possibilité pour un juge de déterminer, par ordonnance sur requête, le statut d’un acte d’état civil et d’en tirer des conséquences sur la nationalité.

 

« Nous nous sommes déjà prononcés au niveau de la Ligue Centrafricaine des droits de l’homme sur le cas de Dologuélé », déclare Joseph Bindoumi. Il poursuit : « Lorsque la question a été posée, nous avons dit qu’un juge ne peut pas prendre par une ordonnance sur requête la faculté, sur sa tête, d’identifier un acte d’état civil, comme un statu quo de nationalité. »

 

Le président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme exige désormais que cette polémique cesse. Son intervention vise directement la poursuite des contestations autour du statut national de Dologuélé et les conséquences politiques qui en découlent.

 

« Je voudrais dire au nom de la Ligue Centrafricaine des droits de l’homme, mais avec autant de fermeté, pardon, il faut qu’on arrête. Qu’est-ce que cette histoire-là ? », lance-t-il.

 

« La juridiction suprême » au centre de la controverse

 

Joseph Bindoumi condamne fermement les tentatives d’invalidation de la situation juridique d’un élu. Il recadre le pouvoir au sujet d’un député élu par la population dont le mandat est illégalement contesté sur la base d’un différend monté de toutes pièces sur sa nationalité.

 

« Les gens qui nous regardent, qui nous voient, qui nous entendent, nous en train de tergiverser sur un problème qui semble nous préoccuper, j’ai entendu qu’on revient sur la nationalité en disant qu’un député élu par le peuple va être démis de l’Assemblée parce qu’il n’aurait pas justifié une correspondance qui lui donnait la nationalité », affirme-t-il.

 

L’ancien magistrat rappelle avec force l’autorité suprême de la juridiction constitutionnelle. « Alors que la Cour constitutionnelle, la juridiction suprême dont les décisions s’imposent au gouvernement, à l’Assemblée, toutes les juridictions de la République a déjà pris une position », soutient-il.

 

Il fustige les manœuvres du pouvoir : « Comment est-ce que nous allons encore venir gratter là-dedans ? »

 

Une affaire qui oppose désormais deux lectures

 

D’un côté, Fidel Ngouandika et le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana (Eva Yana) portent la position du pouvoir sur la nationalité et imposent leur interprétation biaisée des compétences du Conseil constitutionnel. De l’autre, Maître Crépin Mboli-Goumba et Joseph Bindoumi démontent cette lecture et réaffirment l’autorité sacrée des décisions de la juridiction constitutionnelle.

 

La succession des prises de parole clarifie la controverse. Ngouandika n’est pas intervenu pour contester le faux diplômé Évariste Ngamana. Le porte-parole du gouvernement a simplement répercuté l’argumentaire du ministre conseiller à la présidence. La riposte légale et morale émane directement de personnalités engagées pour l’État de droit.

 

Joseph Bindoumi démontre que la question est instrumentalisée à des fins politiques, violant délibérément les droits fondamentaux attachés à la personne humaine.

 

« La nationalité, c’est le droit de la personne »

 

Le président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme dénonce l’arbitraire et la discrimination du régime, qui brade la nationalité à des intérêts étrangers tout en harcelant un citoyen centrafricain.

 

« Et puis la nationalité, c’est le droit de la personne », affirme Joseph Bindoumi.

 

Il poursuit : « On donne la nationalité aux Libanais, on donne la jeune nationalité à tous les étrangers qui arrivent ici, et puis quelqu’un qui dit j’ai renoncé à la nationalité française, vous dites que non, en renonçant à la nationalité française, il a renoncé à la nationalité africaine. C’est quelle histoire ça ? »

 

Cette déclaration balaye le raisonnement fallacieux monté contre Anicet-Georges Dologuélé. Joseph Bindoumi rejette l’interprétation absurde selon laquelle la renonciation à une nationalité étrangère vaudrait perte de la nationalité centrafricaine.

 

Une mise en garde contre la poursuite de la confrontation

 

Joseph Bindoumi conclut par une mise en garde sans équivoque à l’endroit du régime. Il avertit que l’acharnement politique et l’abus d’autorité contre un opposant finiront par se retourner contre leurs auteurs.

 

« Un proverbe, un bimoudi, si vous continuez à vous asseoir sur la personne que vous avez terrassée, mais les mouvements qui vont se passer peuvent faire en sorte que ça soit la personne qui a été terrassée, qui se retrouve sur vous, alors je crois qu’il faut qu’on arrête », déclare-t-il.

 

L’intervention du président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme apporte un soutien décisif à Maître Crépin Mboli-Goumba. Face aux sorties combinées de Fidel Ngouandika et du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana alias Eva Yana, la contestation prend désormais une dimension institutionnelle et populaire contre les abus du pouvoir à Bangui.

 

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Centrafrique : quand le pouvoir transforme la misère en business électoral

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La RCA dispose de ressources considérables : diamants, or, bois, terres arables, bétail. Pourtant, plus de la moitié de sa population vit sous le seuil de pauvreté. Les crises de 2013 et de 2020 ont détruit le tissu économique, ruiné des milliers de commerçants, d’agriculteurs et d’éleveurs. Mais dans ce chaos, une catégorie a prospéré : la classe politique. Le pouvoir en place n’a pas seulement échoué à relever le pays ; il a organisé sa misère pour en faire une ressource électorale.

 

Le mirage des forums économiques

 

Du 1er au 3 octobre prochain, Bangui accueillera la deuxième édition du « Bangui Financial Day », couplée à la journée des banquiers de la CEMAC. Les organisateurs promettent de « renforcer le financement des entreprises » et d’« accélérer la transformation structurelle des économies ». Dans les salons feutrés de la capitale, décideurs publics, banquiers et investisseurs vont échanger autour de l’inclusion financière.

Centrafrique : quand le pouvoir transforme la misère en business électoral
Distribution de Savon et Pagnes par le putschiste de Bangui Faustin Archange Touadera aux mamans pauvres du quartiers Boy-Rabe du quatrième arrondissement de Bangui.

 

Mais pendant que les caméras filment les poignées de main, la réalité du pays reste inchangée. Le taux de bancarisation est de 7 % l’un des plus faibles au monde. Quatre banques commerciales se partagent un marché de 5,5 millions d’habitants. La quasi-totalité des agences est concentrée à Bangui. L’arrière-pays, lui, n’existe pas aux yeux du système financier.

À lire aussi : Faustin Zaméto analyse le discours de Touadéra à l’ONU entre diplomatie internationale et attentes des Centrafricains

 

Ces grandes messes économiques ne sont pas des solutions. Elles sont des vitrines. Elles permettent au pouvoir de se donner une apparence de compétence, de modernité et d’ouverture aux investisseurs, sans jamais s’attaquer aux causes profondes de la faillite nationale.

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La misère comme fonds de commerce politique

 

Dans les localités de Bossongo, Pissa et Mbaïki, des victimes des crises ont récemment reçu un appui financier de l’organisation Siaf Centrafrique. Une cinquantaine d’hommes et de femmes ont pu relancer une activité génératrice de revenus. Benicia, commerçante, Jean O’Willi, cultivateur, Edith, éleveuse : tous témoignent de l’importance de ce coup de pouce.

 

Mais pourquoi faut-il attendre des ONG pour que des citoyens puissent simplement travailler ? Pourquoi l’État centrafricain, qui prélève taxes et impôts, n’est-il pas le premier à soutenir ses propres entrepreneurs ? Parce que le pouvoir a compris qu’un peuple assisté est un peuple docile. Un peuple qui dépend d’un don pour survivre est un peuple qui vote par reconnaissance, non par conviction.

 

La misère n’est pas un accident pour ce régime. C’est une méthode de gouvernance.

 

L’insécurité, prétexte à l’inaction

 

Le gouvernement justifie son immobilisme par l’insécurité chronique à l’intérieur du pays. Les réseaux bancaires ne s’étendent pas en province ? C’est à cause de l’insécurité. Les investisseurs hésitent ? C’est à cause de l’insécurité. Les PME n’ont pas accès au crédit ? Toujours l’insécurité.

 

Mais qui a laissé l’insécurité s’installer durablement ? Qui a échoué à restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire ? Qui a préféré négocier avec des groupes armés plutôt que de protéger les citoyens ? Le pouvoir en place, ses prédécesseurs, et tous ceux qui ont confisqué la souveraineté nationale au profit d’intérêts étrangers.

 

L’insécurité est devenue une excuse commode. Elle permet de ne rien faire, de ne rien réformer, de ne rien construire. Et pendant ce temps, les populations rurales continuent de thésauriser leurs maigres économies sous le matelas, faute de banque, faute de confiance, faute d’État.

 

Le déni de réalité d’une élite déconnectée

 

Interrogé sur l’accès des PME au financement, Félix Landry-Djoumé, directeur général d’Ecobanque et président de l’Association professionnelle des établissements de crédit en RCA, reconnaît que « les PME ne sont même pas conscientes que pour lever des fonds, elles ont besoin d’avoir de la lisibilité dans leurs activités ». Traduction : les entrepreneurs centrafricains sont trop ignorants pour mériter un crédit.

 

Mais qui a laissé l’éducation financière s’effondrer ? Qui a laissé le secteur informel devenir la norme ? Qui a toléré qu’une majorité de citoyens n’aient ni pièce d’identité, ni compte bancaire, ni revenu régulier ? Ce n’est pas la population qui a échoué. C’est l’État qui l’a abandonnée.

 

L’élite bancaire et politique se réunit dans des hôtels sécurisés, parle d’« inclusion financière », de « digitalisation », de « transformation structurelle ». Mais elle ne met jamais les pieds dans les quartiers périphériques de Bangui, encore moins dans les villages de la Lobaye ou de l’Ouham. Elle ne connaît pas la réalité qu’elle prétend transformer.

 

Les vrais chiffres d’un échec organisé

 

– 7 % : taux de bancarisation en RCA, contre 14 % en moyenne dans la zone CEMAC.

 

– 4 : nombre de banques commerciales dans tout le pays.

 

– 1 : nombre de villes où se concentrent ces banques (Bangui).

 

– 5,5 millions : population centrafricaine, dont une majorité n’a jamais franchi la porte d’une agence bancaire.

 

– 44,20 % : part de marché de la BGFI Banque Centrafrique, un quasi-monopole qui étouffe la concurrence.

 

– 21 % : taux d’intérêt pouvant être pratiqué dans certains pays de la CEMAC, rendant le crédit inaccessible aux petits entrepreneurs.

 

Ces chiffres ne sont pas des fatalités. Ce sont des choix politiques. Un gouvernement qui voulait réellement bancariser le pays aurait décentralisé les agences, formé les populations, sécurisé les transactions mobiles, simplifié les démarches administratives. Il ne l’a pas fait. Parce que son intérêt n’est pas là.

 

Le business électoral de la pauvreté

 

À chaque élection, le pouvoir distribue des enveloppes, des tee-shirts, des billets de banque. À chaque crise, il organise des distributions alimentaires médiatisées. À chaque forum, il promet des investissements qui ne viennent jamais. La misère est devenue une monnaie d’échange électorale.

Le faible taux de bancarisation et le manque d’inclusion financière illustrent une gouvernance clientéliste où la pauvreté est entretenue.

 

Les bénéficiaires de l’appui de Siaf Centrafrique le disent eux-mêmes : sans ce don, ils n’auraient pas pu relancer leur activité. Ils ne demandent pas la charité. Ils demandent un État qui fonctionne, des banques accessibles, des routes praticables, une sécurité assurée. Mais ce n’est pas ce que le régime leur offre. Il leur offre des miettes, en échange de leur silence.

 

Que faire ?

 

La Centrafrique n’a pas besoin de nouveaux forums. Elle a besoin d’une rupture. Une rupture avec la gouvernance clientéliste, avec la confiscation du pouvoir, avec la dépendance aux ONG et aux puissances étrangères.

 

Cela passe par :

 

– La décentralisation effective du système bancaire : ouvrir des agences dans les préfectures, pas seulement à Bangui.

 

– La formalisation de l’économie informelle : simplifier l’accès aux documents d’identité, aux registres de commerce, à la fiscalité.

 

– L’éducation financière de masse : apprendre aux citoyens à gérer un compte, à épargner, à demander un crédit.

 

– La sécurisation du territoire : sans paix, il n’y a pas d’investissement possible.

 

– La transparence dans la gestion publique : que les fonds destinés au développement arrivent réellement aux bénéficiaires.

 

Mais aucune de ces réformes ne verra le jour tant que le pouvoir actuel considérera la pauvreté comme un outil de contrôle. La misère n’est pas une malédiction centrafricaine. C’est une stratégie. Et tant que cette stratégie fonctionnera, le pays restera otage de ceux qui prétendent le diriger.

 

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Élysée Nguémalé : « 1 franc de plus sur le prix des carburants à l’heure actuelle est un crime contre le peuple centrafricain »

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Alors que le gouvernement centrafricain prépare un éventuel réajustement des prix des carburants à la pompe, Élysée Nguémalé, coordonnateur de l’Observatoire pour la gouvernance démocratique en Centrafrique (OGDC), hausse le ton. Le Premier ministre Félix Moloua a rencontré les organisations syndicales le 24 septembre pour discuter des conséquences de la flambée des cours mondiaux du pétrole. Aucun nouveau tarif n’a encore été officiellement arrêté.

 

Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, Élysée Nguémalé affirme que la population centrafricaine ne dispose plus de marge face à la dégradation du pouvoir d’achat. Il écrit : « Le peuple centrafricain ne peut plus supporter l’incompétence caractérisée d’un groupe des mafieux qui le tient en otage. »

Élysée Nguémalé : « 1 franc de plus sur le prix des carburants à l’heure actuelle est un crime contre le peuple centrafricain »
Élysée Nguemalet en pleine conférence de presse de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique

 

Le coordonnateur de l’OGDC lie directement cette situation aux difficultés économiques qui touchent les ménages. Son message intervient alors que le prix de l’essence est actuellement donné à 1 050 FCFA le litre et celui du gasoil à 1 250 FCFA.

 

Élysée Nguémalé appelle à une mobilisation politique

 

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Élysée Nguémalé estime que les organisations de la société civile et les partis politiques doivent désormais jouer un rôle politique plus direct face au pouvoir en place.

 

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« Le désormais travail des organisations de la société civile et des partis politiques consiste à pousser le président TOUADERA et son régime mafieux du MCU à la DÉMISSION », écrit-il.

 

Cette position s’inscrit dans les prises de parole publiques de l’OGDC contre la gouvernance du pays. Élysée Nguémalé avait déjà saisi le Conseil constitutionnel en 2025 au nom de l’organisation pour contester la candidature de Faustin-Archange Touadéra. Le Conseil constitutionnel l’identifie dans sa décision comme le coordonnateur de l’OGDC.

 

Radio Ndeke Luka le présente également comme le coordonnateur de l’Observatoire pour la gouvernance démocratique en Centrafrique dans plusieurs émissions consacrées à la situation politique du pays.

 

« 1 FCFA de plus » sur le carburant

 

Sur la question du carburant, Élysée Nguémalé adopte une formulation particulièrement ferme. Il considère qu’une nouvelle augmentation aurait des conséquences directes sur une population déjà confrontée à la hausse du coût de la vie.

 

« 1FCFA de plus sur le prix des carburants à l’heure actuelle est un crime contre le peuple centrafricain », affirme-t-il.

 

Le gouvernement n’a pas encore annoncé de nouveau prix officiel. Les discussions engagées avec les syndicats interviennent dans un contexte de hausse des cours internationaux du pétrole. La République centrafricaine importe l’intégralité de ses besoins en carburants, ce qui l’expose directement aux variations des prix internationaux.

 

La perspective d’un nouveau réajustement intervient alors que les prix actuels pèsent déjà sur les ménages et les activités économiques. Selon les données disponibles au 21 septembre, le litre d’essence est à 1 050 FCFA et le diesel à 1 250 FCFA.

 

Élysée Nguémalé accuse le pouvoir de tenir le pays « en otage »

 

Dans son message, Élysée Nguémalé ne limite pas sa critique à la question du carburant. Il met en cause plus largement la gestion du pays par les autorités et le Mouvement cœurs unis (MCU).

 

Il écrit notamment : « Le peuple centrafricain ne peut plus supporter l’incompétence caractérisée d’un groupe des mafieux qui le tient en otage. »

Face à la flambée des cours mondiaux, le gouvernement examine l’évolution du prix du carburant tandis que le parti au pouvoir, le MCU, fait face aux vives contestations de la société civile.

 

Ces propos relèvent de l’appréciation politique du coordonnateur de l’OGDC. Ils viennent s’ajouter à ses précédentes interventions publiques sur la gouvernance, la justice et le fonctionnement des institutions centrafricaines. En septembre 2026, il avait notamment déclaré que le problème du pays dépassait le dossier du passeport d’Anicet-Georges Dologuélé et concernait, selon lui, « l’insécurité juridique » des citoyens.

 

Dans sa nouvelle déclaration, Élysée Nguémalé place donc le coût du carburant au centre d’une critique plus large de la politique économique et sociale du pouvoir.

 

Il signe enfin son message d’une formule personnelle : « Elysée NGUEMALE, le sacrifié pour le peuple ». Actions disponibles

 

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Louis-Marie Kogrengbo : « Au-delà de nos étiquettes confessionnelles, Jésus-Christ nous appelle à l’unité »

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La visite du pape Léon XIV en France, du 25 au 28 septembre 2026, a rassemblé d’importantes foules à Paris, Saint-Denis, Lourdes et Metz. Près de 80 000 jeunes ont notamment participé à une veillée de prière au Stade de France, tandis que plusieurs centaines de milliers de personnes ont pris part aux différents rassemblements organisés durant le déplacement pontifical.

 

Pour Louis-Marie Kogrengbo, chrétien protestant pentecôtiste, cette mobilisation doit être regardée au-delà des appartenances confessionnelles. Dans une réflexion consacrée à cette visite, il estime que les chrétiens doivent pouvoir se réjouir lorsqu’une autre communauté chrétienne rassemble des fidèles autour du nom de Jésus-Christ.

 

Louis-Marie Kogrengbo : « Au-delà de nos étiquettes confessionnelles, Jésus-Christ nous appelle à l’unité »
Le syndicaliste Louis-Marie Kogrengbo

 

« Jésus-Christ est-il la propriété des catholiques ? Est-il la propriété des protestants ? Est-il la propriété des évangéliques ? Est-il la propriété des pentecôtistes ? Non ! », écrit-il.

 

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Pour lui, les différences de traditions, de sensibilités théologiques et de pratiques cultuelles ne doivent pas effacer ce qui constitue, selon la foi chrétienne, un fondement commun : la reconnaissance d’un même Seigneur.

 

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Il s’appuie notamment sur l’épître aux Éphésiens : « Il y a un seul corps et un seul Esprit (…) il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. » À partir de ce passage biblique, Louis-Marie Kogrengbo invite les différentes familles chrétiennes à se considérer comme des frères plutôt que comme des adversaires.

 

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La visite de Léon XIV a fourni un cadre concret à cette réflexion. Le programme officiel du déplacement comprenait des rencontres avec les autorités françaises, une étape à l’UNESCO, des vêpres à Notre-Dame de Paris, une veillée de prière au Stade de France, une messe place de la Concorde, plusieurs rendez-vous à Lourdes et une dernière étape à Metz consacrée notamment au dialogue interreligieux, à la paix et à l’unité européenne.

 

Le dispositif de sécurité mis en place par les autorités françaises a également été important. Le ministère français de l’Intérieur avait annoncé un déplacement placé sous haute protection en raison de l’affluence attendue.

 

À Saint-Denis, environ 80 000 jeunes ont participé à la veillée organisée au Stade de France le 25 septembre. À Paris, la messe célébrée place de la Concorde a également attiré une foule considérable. À Metz, dernière étape du voyage, des milliers de personnes ont assisté aux différents rendez-vous du pape, avant la messe célébrée à la cathédrale Saint-Étienne.

 

Pour Louis-Marie Kogrengbo, l’ampleur de ces rassemblements ne doit pas conduire les autres confessions chrétiennes à la jalousie ou à la compétition. Elle doit plutôt les amener à s’interroger sur leur propre manière de témoigner de leur foi.

 

« Tout cela est impressionnant. La foule était immense. La sécurité était exceptionnelle. Les moyens logistiques étaient considérables », écrit-il, avant de déplacer la réflexion vers une question qu’il considère comme plus importante : « Qu’avons-nous fait de Jésus-Christ ? »

 

Dans son analyse, le nombre de participants à une célébration ne constitue pas, à lui seul, une mesure de la foi. Une organisation importante ne suffit pas non plus à produire une vie chrétienne conforme à l’Évangile.

 

« Ce qui compte, c’est Jésus-Christ. C’est notre foi en Lui. C’est notre relation avec Dieu. C’est notre obéissance à Sa Parole », affirme-t-il.

 

Le chrétien protestant pentecôtiste considère ainsi que la mobilisation catholique observée en France peut être l’occasion pour les autres chrétiens de réfléchir à leur propre engagement, sans abandonner leur identité confessionnelle.

 

Il revendique lui-même son appartenance au protestantisme pentecôtiste et affirme rester attaché à sa foi et à sa compréhension de l’Évangile. Cette conviction ne l’empêche pas, selon lui, de considérer un catholique comme son frère dans la foi chrétienne.

 

Pour Louis-Marie Kogrengbo, la défense de la foi chrétienne et l’unité des chrétiens doivent primer sur les divisions liées aux étiquettes confessionnelles.

« Je peux défendre ce que je crois sans insulter celui qui croit autrement. Je peux témoigner de ma foi sans dénigrer celle de mon frère. Je peux avoir des désaccords doctrinaux sans transformer mon frère en ennemi », écrit-il.

 

Sa réflexion appelle ainsi à distinguer les désaccords doctrinaux de l’attitude envers les personnes. Les différences entre catholiques, protestants, évangéliques et pentecôtistes peuvent demeurer, mais elles ne devraient pas nécessairement conduire à l’hostilité ou au mépris.

 

Pour Louis-Marie Kogrengbo, ces différences peuvent aussi devenir des espaces de dialogue, d’écoute et de témoignage. Il estime que les chrétiens peuvent conserver leurs identités confessionnelles tout en développant davantage de respect mutuel.

 

Au terme de sa réflexion, il revient à l’idée qui traverse l’ensemble de son message : « Un seul Seigneur. Une seule foi. Un seul Corps. » Pour lui, au-delà des traditions et des étiquettes confessionnelles, le centre de la foi demeure Jésus-Christ.

 

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Igor Lamaka appelle à un dialogue inclusif pour la paix en Centrafrique

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Depuis N’Djamena, le coordonnateur du Mouvement citoyen Front commun pour le changement en Centrafrique (F3C), Monsieur Igor Lamaka, appelle le gouvernement centrafricain à engager un dialogue inclusif avec l’ensemble des acteurs du pays.

 

Dans une déclaration, Monsieur Igor Lamaka estime que la paix en République centrafricaine doit passer par un dialogue sincère et honnête réunissant toutes les composantes de la société. Il cite notamment les partis politiques d’opposition, la majorité présidentielle, la société civile et les groupes politico-militaires.

 

Igor Lamaka appelle à un dialogue inclusif pour la paix en Centrafrique
Igor LAMAKA

 

Pour Monsieur Igor Lamaka, le processus de recherche de la paix ne peut pas reposer sur des échanges limités à quelques personnes. Il appelle à élargir les discussions afin de permettre aux différentes parties de rechercher ensemble des compromis sur l’avenir du pays.

 

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« La paix se construit par un dialogue sincère et honnête dans un format inclusif impliquant tous les fils du pays », affirme Monsieur Igor Lamaka.

 

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Le coordonnateur du F3C estime que le fait de choisir seulement une, deux ou trois personnes pour participer aux discussions ralentit le processus de retour à une paix véritable en République centrafricaine.

 

Monsieur Igor Lamaka insiste sur la participation de l’opposition démocratique, des soutiens du régime en place, de la société civile et des groupes politico-militaires. Selon lui, ces différentes composantes doivent prendre part aux échanges afin de rechercher ensemble des compromis pour la paix et l’avenir du pays.

 

« On ne peut pas chercher la tête d’une personne pour dialoguer avec lui, une seule personne ou deux personnes. Ça traîne la marche pour le retour véritable de la paix en République centrafricaine », déclare Monsieur Igor Lamaka.

 

Malgré ses réserves sur le format des discussions, Monsieur Igor Lamaka se dit optimiste quant à la tenue prochaine d’un dialogue inclusif en République centrafricaine.

 

Pour lui, la participation de l’ensemble des parties concernées doit permettre d’avancer vers un compromis et de créer les conditions d’un retour véritable de la paix dans le pays. 

 

Le Mouvement citoyen Front commun pour le changement exhorte le gouvernement centrafricain à intégrer les groupes politico-militaires et l’opposition dans ces pourparlers.

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Après son élection, il découvre ce qu’il a entendu dans les médias : la mairie de Bayanga est fantôme avec des caisses vides et une administration sans documents

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 Dès sa prise de fonction, le nouveau maire de Bayanga, Geoffroy Kabouigba, découvre une mairie sans ressources financières et dépourvue des documents nécessaires à son fonctionnement.

 

La nouvelle équipe municipale de Bayanga commence son mandat dans des conditions difficiles. À son arrivée, elle découvre des bureaux pratiquement déserts et une administration qui ne dispose pas des documents nécessaires pour assurer une reprise normale des activités.

Après son élection, il découvre ce qu’il a entendu dans les médias : la mairie de Bayanga est fantôme avec des caisses vides et une administration sans documents
Bâtiment de la sous-préfecture de Bayanga, dans la Sangha-Mbaéré

 

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Aucun document de travail n’aurait été laissé à la nouvelle équipe pour lui permettre de prendre connaissance de la gestion précédente, des dossiers en cours ou des obligations de la municipalité.

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Une administration sans documents

 

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La prise de fonction du nouveau maire ne s’accompagne pas d’une transmission administrative complète. Les documents nécessaires au suivi des affaires municipales seraient absents des bureaux.

 

Cette situation prive la nouvelle équipe d’éléments essentiels pour comprendre rapidement le fonctionnement de la mairie, vérifier les engagements pris et identifier les dossiers qui nécessitent une intervention immédiate.

 

Pour une administration locale, la transmission des archives, des documents comptables, des registres et des dossiers administratifs constitue pourtant un élément indispensable à la continuité du service public.

 

Des caisses annoncées vides

 

À cette absence de documents s’ajoute une difficulté financière majeure. Les caisses de la mairie seraient totalement vides au moment de l’arrivée de la nouvelle équipe.

 

Cette situation réduit fortement les marges de manœuvre du nouveau maire, qui doit pourtant assurer le fonctionnement quotidien de la municipalité, rémunérer le personnel et répondre aux besoins de la population.

 

La question financière devient d’autant plus urgente que la mairie doit également faire face à d’importants arriérés de salaires. Le personnel municipal cumule 168 mois de rémunérations impayées, soit quatorze années de salaires non versés.

 

Un redémarrage difficile pour la nouvelle équipe

 

Geoffroy Kabouigba et son équipe doivent désormais reconstituer les bases administratives et financières nécessaires au fonctionnement de la mairie.

L’administration de Bayanga fait face à des défis majeurs avec des finances insuffisantes et une absence totale de documentation, compliquant le travail de Geoffroy Kabouigba en tant que maire.

 

Avant même de pouvoir engager de nouveaux projets, la municipalité doit connaître précisément l’état de ses finances, récupérer les documents disponibles et établir la liste de ses engagements.

 

La situation découverte à Bayanga donne ainsi à la nouvelle équipe municipale une priorité immédiate : remettre en ordre une administration sans ressources annoncées et dont une partie importante des documents de gestion fait défaut.

 

Par Chantale Pendé 

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LeBron aux 76ers : quatre étoiles, un seul ballon, une dernière chance

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À 41 ans, LeBron James s’apprête à disputer sa 24e saison NBA, un record absolu qu’il continuera d’étendre tant qu’il foulera les parquets. Mais cette fois, le décor a changé. Après huit saisons passées aux Los Angeles Lakers, le quadruple champion NBA a choisi de rejoindre les Philadelphia 76ers, une franchise qui n’a plus goûté au titre depuis 1983. Le message est limpide : LeBron ne joue plus pour l’argent. Il l’a lui-même affirmé sur les réseaux sociaux : « Je ne le fais pas pour l’argent. Je le fais parce que je veux encore me sacrifier, travailler, compétitionner, gagner, et avoir la chance de ressentir ce que signifie gagner ». Avec un contrat de deux ans d’une valeur de seulement 8 millions de dollars, il a sacrifié plus de 50 millions par rapport à son salaire précédent pour maximiser ses chances de décrocher une cinquième bague.

LeBron aux 76ers quatre étoiles, un seul ballon, une dernière chance

 

Un effectif cinq étoiles, un casse-tête tactique

Les 76ers n’ont pas seulement attiré LeBron. Quelques semaines plus tôt, la franchise avait déjà frappé un grand coup en acquérant Jaylen Brown des Boston Celtics, en échange de Paul George et de plusieurs choix de draft. Résultat : un cinq majeur théorique composé de Tyrese Maxey, V.J. Edgecombe, Jaylen Brown, LeBron James et Joel Embiid. Sur le papier, c’est probablement le cinq de départ le plus talentueux de toute la NBA. Quatre joueurs All-Star, deux anciens MVP, un MVP des Finales. Mais le basketball ne se joue pas sur le papier. C’est ici que commence la véritable expérience chimique. Pour les amateurs, un tel alignement décuple l’intérêt de chaque rencontre, et suivre un pronostic basket aujourd’hui pour les matchs de Philadelphie devient soudain bien plus passionnant, car chaque soirée révèle un peu plus comment ces égos et ces talents s’articulent. La question qui obsède tout le monde est simple : combien de ballons pour combien de stars ?

LeBron au poste de meneur : la clé du système

Selon Shams Charania d’ESPN, les 76ers prévoient d’utiliser LeBron James comme meneur principal de l’équipe, au moins sur une partie significative du temps de jeu. L’idée est loin d’être farfelue. LeBron pointe actuellement au quatrième rang des passeurs les plus prolifiques de l’histoire de la NBA, et il a déjà démontré, lors de la saison 2019-20 avec les Lakers, qu’il pouvait mener la ligue aux passes décisives (10,2 par match) en tant que meneur titulaire. Mettre le ballon entre ses mains permettrait de libérer Tyrese Maxey, qui a passé les dernières saisons à assumer un rôle de créateur dominant. Maxey a converti 41,7 % de ses tirs à trois points en catch-and-shoot la saison dernière, contre seulement 33,5 % en pull-up. Le faire jouer davantage sans ballon n’est pas une rétrogradation ; c’est une optimisation. Jaylen Brown pourrait également bénéficier de cette configuration, en attaquant davantage en tant que coupeur plutôt qu’en isolation, un rôle dans lequel il a parfois été critiqué à Boston.

Joel Embiid : la variable incontrôlable

Toute cette construction repose sur une condition fragile : la santé de Joel Embiid. Le pivot camerounais n’a pas joué plus de 40 matchs lors de chacune des trois dernières saisons. En 2025-26, il n’a disputé que 38 rencontres, avant de revenir précipitamment d’une appendicectomie pour aider les Sixers à éliminer Boston au premier tour. Quand il est sur le parquet, Embiid reste un joueur dominant : 26,9 points et 7,7 rebonds par match la saison dernière. Mike Gansey, le président des opérations basketball de Philadelphie, affirme qu’Embiid est « en bonne santé » et « extrêmement motivé » à l’idée de jouer aux côtés de LeBron et Brown. Il faut y croire. Parce que sans Embiid, les 76ers ne sont pas une équipe de titre. Avec lui, ils pourraient être la meilleure équipe de la conférence Est.

Une connexion déjà testée ailleurs

Mike Gansey a souligné un détail souvent négligé : LeBron James et Joel Embiid ont déjà joué ensemble, sous le maillot de Team USA lors des Jeux olympiques de Paris en 2024. « Je suis retourné regarder des images des Jeux olympiques avec Joel et LeBron. Ces deux-là ont plutôt bien joué ensemble », a-t-il déclaré. Cette expérience commune, même brève, constitue un point de départ. Elle prouve que les deux hommes peuvent cohabiter sur un parquet sans se marcher sur les pieds. LeBron est ce que Gansey appelle « un connecteur » : « Il s’adapte à tous les rôles possibles. Il va élever tout le monde dans le bâtiment ». Cette capacité d’adaptation sera cruciale dans une équipe où quatre joueurs sont habitués à être la première option offensive.

Les sacrifices nécessaires

Rajon Rondo, ancien coéquipier de LeBron et double champion NBA, s’est montré enthousiaste à propos de cette association. « Bron, c’est le roi sur l’échiquier », a-t-il déclaré. « Il a toutes les bonnes pièces pour faire les bons mouvements. Si Embiid arrive en playoffs avec LeBron, s’il l’écoute et suit son leadership, tout le bon karma va arriver pour ces gars ». Mais Rondo touche du doigt un point sensible : l’écoute. LeBron n’est pas seulement un joueur ; c’est une présence, une voix, un standard. Dans une équipe qui compte autant de talents, l’adhésion à une hiérarchie claire est indispensable. Jaylen Brown, qui sort d’une saison à 28,7 points par match et d’une cinquième sélection All-Star, devra accepter un rôle différent. Maxey, qui vient d’être classé 11e meilleur joueur de la ligue par ESPN, devra partager le ballon. Et Embiid devra rester sur le terrain.

Un pari mesuré, pas une folie

Le contrat de LeBron James est l’un des plus grands vols de l’histoire récente de la NBA. À 8 millions de dollars sur deux ans, il représente un rapport qualité-prix exceptionnel pour un joueur encore classé parmi les vingt meilleurs de la ligue. Cette flexibilité financière a permis aux Sixers de conserver une profondeur d’effectif intéressante, avec des joueurs comme Anfernee Simons, Dean Wade ou le rookie Labaron Philon Jr., que Nick Nurse a déjà annoncé dans la rotation. L’équipe a été notée « A » par plusieurs analystes pour son intersaison. La cote de titre des 76ers est passée de 20 contre 1 à 10 contre 1 après l’annonce de la signature de LeBron. Ce n’est pas encore le statut de favori absolu, mais c’est celui d’un sérieux prétendant.

Le verdict attendu sur le parquet

L’expérience chimique des 76ers ne se décidera ni dans les salles de musculation, ni dans les conférences de presse. Elle se jouera dans les moments de tension, quand le ballon brûlera les mains et que les égos devront s’effacer. LeBron James a déjà vécu cela à Miami, où il a fallu une saison entière pour que le trio qu’il formait avec Dwyane Wade et Chris Bosh trouve son rythme. À Philadelphie, le temps presse. LeBron a 41 ans. Embiid a un corps qui le trahit régulièrement. Brown sort d’un divorce douloureux avec Boston. Maxey, lui, incarne l’avenir et doit faire le lien entre toutes ces trajectoires. Si cela fonctionne, les 76ers pourraient offrir à LeBron la fin de carrière qu’il mérite. Si cela échoue, ce sera l’une des expériences les plus fascinantes et frustrantes de l’histoire récente de la NBA. Dans les deux cas, cela vaudra la peine d’être regardé.

 

Bossemptélé : le retour des réfugiés peuls provoque des tensions autour de leurs anciens terrains récupérés lors de la crise de 2013

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À Bossemptélé, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé, le retour de plusieurs familles peules parties en exil pendant la crise de 2013 à 2016 provoque des tensions autour de leurs anciens terrains. De retour dans la ville, certains réclament les parcelles qu’ils occupaient avant leur départ.

 

Pendant la crise, de nombreuses familles avaient quitté Bossemptélé dans des conditions difficiles. Certaines avaient été évacuées avec l’appui d’organisations humanitaires, tandis que d’autres avaient fui par leurs propres moyens face aux violences et aux destructions qui touchaient alors le pays.

 

Bossemptélé : le retour des réfugiés peuls provoque des tensions autour de leurs anciens terrains récupérés lors de la crise de 2013

 

À Bossemptélé, la situation est aussi pareille que dans d’autres villes du pays. Et Durant l’absence de ces centrafricains, certaines de leurs parcelles ont été achetées et occupées par d’autres habitants. Des maisons y ont été construites ou acquises. Le retour des anciens occupants fait aujourd’hui ressurgir la question de la propriété de ces terrains.

 

À lire aussi : L’Afrique contre l’Afrique : pourquoi nous nous battons entre nous les africains ? Ce qui se passe en Afrique du sud est une honte!

La situation observée actuellement à Bossemptélé ne se présente pas comme une confrontation intercommunautaire. Le principal différend porte sur la récupération des terrains et sur les droits des personnes qui les occupent actuellement.

 

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Des terrains réclamés après plusieurs années d’exil

 

Depuis leur retour, certains réfugiés peuls ont commencé à identifier leurs anciennes parcelles. Dans plusieurs endroits de la ville, ils se rendent sur des terrains qu’ils considèrent comme leurs propriétés d’avant la crise.

 

Sur certaines parcelles, des maisons sont aujourd’hui occupées par d’autres familles. Des occupants ont été sommés de quitter les lieux et certaines maisons ont été fermées. Les anciens propriétaires réclament la récupération des terrains et demandent, dans certains cas, que les constructions réalisées pendant leur absence soient retirées.

 

Cette situation provoque de fortes réactions parmi les personnes actuellement installées sur ces parcelles. Certaines affirment avoir acquis les terrains ou construit leurs maisons après le départ des anciens occupants et considèrent qu’une procédure doit déterminer les droits de chaque partie avant toute mesure.

 

La question des documents de propriété devient ainsi déterminante. Lorsqu’un ancien propriétaire dispose d’un titre ou d’un document légal établissant ses droits, celui-ci doit être examiné. De la même manière, les documents détenus par les occupants actuels doivent être vérifiés avant toute décision.

 

Le tribunal de Bozoum intervient depuis trois semaines

 

Face à ces revendications, le président du tribunal de Bozoum et son greffier se sont rendus à Bossemptélé. Depuis environ trois semaines, ils mènent des séances de sensibilisation et suivent les opérations liées à l’identification des terrains revendiqués.

 

Avant le retour des réfugiés, des réunions avaient déjà été organisées avec la population. Le HCR avait notamment participé aux échanges consacrés au retour des familles et à la cohésion dans la ville.

 

Un site devait également être identifié pour permettre aux familles revenues d’exil de reconstruire leurs habitations. Cette option avait été discutée lors des rencontres préparatoires au retour.

 

Le tribunal de Bozoum intervient pour examiner les documents de propriété des terrains contestés et trancher sur les litiges fonciers.

La difficulté actuelle vient du fait que certains anciens occupants souhaitent récupérer directement leurs terrains, alors que ces parcelles sont désormais occupées et que des constructions y ont été réalisées.

 

Le travail engagé par les autorités judiciaires doit permettre d’examiner les situations au cas par cas et de déterminer les droits de propriété sur les terrains concernés. À Bossemptélé, la sensibilisation se poursuit alors que les revendications et les opérations de récupération des anciennes parcelles continuent. Actions disponibles

 

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Vol organisé : comment le régime Touadéra fait disparaître 12 millions de dollars par an de la caisse de l’État

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Les recettes fiscales sur le carburant en République centrafricaine sont passées de 41,6 millions de dollars américains en 2021 à seulement 29,5 millions de dollars en 2024. Une chute de 12 millions de dollars en trois ans, malgré une reprise quasi complète des volumes d’importation. Cet argent n’a pas disparu par magie. Il n’a pas été perdu dans les méandres d’une administration inefficace. Il a été volé, détourné, empoché par le président Touadéra et son cercle rapproché qui ont transformé le secteur du carburant en machine à piller les caisses publiques.

 

Le système mis en place ne laisse aucune place au hasard. Chaque étage de la chaîne d’approvisionnement a été conçu pour permettre des détournements massifs tout en maintenant une apparence de légalité. Les exonérations fiscales frauduleuses, le trafic nigérian légalisé, la complicité des douaniers, l’enrichissement du comité anti-fraude : tous ces mécanismes fonctionnent avec l’approbation tacite du sommet de l’État et transforment l’autorité publique en instrument de vol à grande échelle.

 

Vol organisé : comment le régime Touadéra fait disparaître 12 millions de dollars par an de la caisse de l’État
Le premier ministre Félix Moloua avec sa bouche entre-ouverte

Neptune Oil bénéficie d’exonérations fiscales massives sur ses importations. Des volumes importants de carburant entrent en République centrafricaine sans payer les droits et taxes à l’importation, soit environ 200 francs CFA par litre. Le prétexte invoqué : ce carburant serait destiné à des missions diplomatiques ou à de l’aide bilatérale. La réalité : ce carburant commercial est revendu au prix fort dans les stations-service pendant que l’État perd les recettes fiscales qui devraient normalement financer les hôpitaux, les écoles et les routes.

 

Ces exonérations sont accordées avec la complicité d’agents douaniers centrafricains à Douala et aux postes-frontières. Les procédures de dédouanement peuvent être engagées directement à Douala via le Guichet Unique dans le cadre d’un régime de transit spécial appelé Transit CEMAC. Ce mécanisme, conçu pour faciliter les échanges régionaux, est détourné pour permettre l’entrée en franchise de carburant qui devrait être taxé. Les agents douaniers corrompus tamponnent les documents sans vérifier la destination réelle du carburant.

 

Les douaniers centrafricains postés à Béloko, le principal point de passage frontalier avec le Cameroun, reconnaissent ouvertement que les fausses déclarations et les pots-de-vin destinés à éviter ou à réduire le paiement des taxes y sont monnaie courante. Un agent douanier interrogé par les enquêteurs de la GI-TOC admet sans détour que la corruption est systématique et que personne ne peut faire entrer du carburant sans payer sa part aux agents en poste. Mais ces pots-de-vin ne remplacent pas les taxes légales, ils s’y ajoutent pour ceux qui acceptent de payer, ou les remplacent pour ceux qui ont les bonnes protections.

 

Le groupe Wagner maintient une présence permanente au poste douanier de Béloko, supervisant à la fois les flux d’importations et la collecte des recettes. Ce rôle se poursuit même après la résiliation en octobre 2021 du contrat de coopération douanière entre la Russie et le gouvernement centrafricain. Les mercenaires russes n’ont aucune légitimité pour contrôler un poste douanier centrafricain, mais ils le font quand même parce que le président Touadéra leur a donné carte blanche pour piller le pays. Une partie des recettes douanières collectées à Béloko ne parvient jamais au Trésor public et disparaît dans les circuits opaques de financement de Wagner.

 

Le statut de société non résidente de Neptune Oil permet d’échapper à l’impôt sur le chiffre d’affaires. La législation fiscale centrafricaine impose une retenue à la source de 15% sur le chiffre d’affaires des entreprises non résidentes. Les distributeurs locaux qui achètent du carburant auprès de Neptune Oil doivent appliquer cette retenue et la reverser au Trésor public. Mais les distributeurs, craignant des perturbations dans l’approvisionnement orchestrées par Neptune Oil avec la bénédiction du ministère de l’Énergie, se sont abstenus de retenir ces taxes.

 

Neptune Oil a ainsi échappé à des millions de dollars d’impôts depuis septembre 2023, date à laquelle elle a obtenu son monopole d’importation. Plus d’un an et demi après, l’entreprise n’est toujours pas enregistrée légalement en République centrafricaine. Le ministre Pin déclarait en octobre 2024 que Neptune Oil était “en cours d’enregistrement”, mais en août 2025, aucune immatriculation n’a été finalisée. Cette situation ubuesque révèle que le gouvernement ne veut pas régulariser Neptune Oil parce que cela permettrait de tracer les flux financiers et d’identifier les véritables bénéficiaires du système.

 

Le trafic de carburant nigérian représente une autre source massive de pertes fiscales. En juin 2024, le ministère de l’Énergie publie deux décisions qui introduisent un régime d’importation parallèle. Toute entreprise enregistrée peut désormais importer du carburant, à condition que les taxes soient payées et que le carburant soit uniquement vendu dans les régions dépourvues de stations-service officielles. Cette directive est présentée comme une mesure pour approvisionner les zones reculées, mais elle sert surtout à légaliser le trafic qui existait déjà.

 

Une grande partie du carburant importé dans le cadre de ce programme provient du Nigéria, où il est détourné illégalement puis acheminé par le fleuve Bénoué vers le nord du Cameroun. De Garoua, le carburant est transféré dans de petits camions-citernes ou des barils, avant d’être chargé sur des camions qui entrent en RCA au sein de convois commerciaux. Une partie de la contrebande transite par des points frontaliers poreux, mais l’essentiel du carburant nigérian de contrebande entre par le poste-frontière officiel de Béloko avec la complicité des douaniers.

 

Les fausses déclarations permettent de sous-évaluer les volumes importés et de réduire les taxes à payer. Les pots-de-vin versés aux agents douaniers sont toujours inférieurs aux taxes légales qui auraient dû être payées. Les importateurs sans licence empochent la différence, une partie revient aux douaniers corrompus, et l’État perd des millions de francs CFA chaque mois. Ce système fonctionne avec l’approbation du ministère de l’Énergie qui ferme délibérément les yeux sur un trafic pourtant visible et documenté.

 

Le comité anti-fraude du ministère de l’Énergie, officiellement chargé de lutter contre l’importation frauduleuse de carburant, participe activement au système de détournement. Les cas rapportés concernent des saisies de quantités modestes de carburant passé en contrebande depuis la RDC ou le Cameroun. Officiellement, les commerçants peuvent récupérer le carburant en s’acquittant des droits. Mais selon une source interne, la plupart des paiements sont traités comme des amendes et non comme des taxes, et l’argent ne parvient jamais au Trésor public.

 

Les agents des postes de contrôle routiers relevant du même comité exploitent le système de la même manière. Les transporteurs d’autres marchandises qui emportent du carburant supplémentaire pour refaire le plein en cours de route versent régulièrement des pots-de-vin aux agents afin d’éviter des sanctions pour importation illégale de carburant. Ces recettes extrabudgétaires sont utilisées pour financer les opérations et les salaires du comité, et sont réparties de manière informelle entre les hauts fonctionnaires du ministère.

 

Le comité anti-fraude opère dans une zone grise sur le plan juridique malgré son rôle prépondérant. Sur ses 90 agents recensés, moins de la moitié sont effectivement actifs, et aucun n’est sous contrat officiel. Cette absence de transparence et de supervision permet au comité de devenir un maillon supplémentaire d’une économie du carburant où se mêlent légalité, pouvoir étatique et profit personnel. Le comité ne lutte pas contre la fraude, il l’organise et en tire profit.

 

Radio Ndeke Luka, la radio financée par les Nations unies, a publié en avril 2024 un reportage intitulé “Le Comité de contrôle et de lutte contre l’importation frauduleuse des produits pétroliers, une vache à lait?” Ce titre résume parfaitement la situation. Le comité censé protéger les recettes de l’État est devenu un instrument d’enrichissement personnel pour ses membres et les hauts fonctionnaires du ministère qui supervisent ses activités et empochent une partie des sommes collectées illégalement.

 

La directive fiscale de 2024 a également servi à “régulariser” le carburant saisi par le comité anti-fraude. En mars 2023, les autorités ont perquisitionné le dépôt de Laouali, un baron de la contrebande nigérian, et ont saisi 2 000 barils de 225 à 250 litres chacun. Seulement 427 barils ont été enregistrés officiellement. Les 1 573 barils restants ont disparu, probablement revendus par les membres du comité qui ont empoché l’argent. Cette pratique est courante : les saisies officielles ne représentent qu’une fraction des volumes réellement confisqués, le reste est revendu au marché noir.

 

Laouali continue d’importer du carburant en barils malgré l’interdiction officielle. Il bénéficie de protections au plus haut niveau qui lui permettent d’opérer en toute impunité. Après la saisie de mars 2023, son nom commence à apparaître dans les données douanières, cette fois en tant qu’importateur d’“huile lubrifiante”, probablement une couverture destinée à masquer la poursuite de ses importations de carburant. Les douaniers qui tamponnent ces documents savent parfaitement que les barils contiennent du carburant et non de l’huile lubrifiante, mais ils acceptent la fiction moyennant rémunération.

 

L’ascension de Laouali illustre parfaitement le fonctionnement du système. Durant la crise du carburant de 2022, il obtient une licence exceptionnelle d’importation et exploite une flotte de véhicules ainsi que des dépôts illégaux de carburant à Garoua-Boulaï, Béloko et dans le quartier PK5 de Bangui. Des incendies se déclarent sur ses sites début 2023, attirant l’attention sur ses activités. Le gouvernement interdit alors le transport en barils et révoque les licences exceptionnelles. Mais Laouali continue d’importer avec des escortes policières qui le protègent des contrôles.

 

Les pertes fiscales s’accumulent à chaque étage du système. Neptune Oil échappe à l’impôt sur le chiffre d’affaires : plusieurs millions de dollars par an. Les exonérations frauduleuses sur les droits d’importation : plusieurs millions de dollars supplémentaires. Le trafic nigérian qui entre sans payer les taxes : encore des millions. Les saisies du comité anti-fraude dont l’argent ne parvient jamais au Trésor : des centaines de milliers de dollars. Les pots-de-vin versés aux douaniers qui remplacent les taxes légales : des millions. Au total, ce sont au moins 12 millions de dollars par an qui disparaissent des caisses de l’État.

 

Ces 12 millions de dollars ne sont pas perdus dans un trou noir. Ils sont redistribués entre les membres du régime Touadéra selon un système pyramidal bien établi. Le président et son entourage immédiat au sommet. Le ministre de l’Énergie Arthur Bertrand Pin et les autres membres du gouvernement impliqués. Les hauts fonctionnaires du ministère de l’Énergie et des douanes. Le général Zéphirin Mamadou et les autres officiers supérieurs des forces de sécurité. Les opérateurs économiques comme Neptune Oil, Prisca Mamadou, Souleymane Bassou et Laouali. Chacun reçoit sa part selon son rang et son importance dans la machine.

 

Le Fonds monétaire international a imposé au gouvernement centrafricain de publier chaque mois la structure détaillée des prix du carburant depuis juin 2024. Cette mesure visait à renforcer la transparence et à permettre un contrôle public sur la fixation des prix. Mais le gouvernement publie uniquement les prix officiels et les marges théoriques, sans jamais révéler les exonérations accordées, les volumes bénéficiant de ces exonérations, ou l’identité des bénéficiaires. Cette transparence de façade ne change rien au système de prédation qui continue de fonctionner comme avant.

 

Les experts internationaux du FMI et de la Banque mondiale savent parfaitement ce qui se passe. Ils disposent des données sur les importations, les volumes, les prix internationaux, les structures de coûts. Ils ont calculé que les recettes fiscales devraient être au moins 12 millions de dollars plus élevées qu’elles ne le sont. Mais ils ne peuvent rien faire tant que le président Touadéra refuse de démanteler le système qu’il a lui-même mis en place. Les missions du FMI se succèdent, les rapports s’accumulent, les recommandations sont ignorées.

 

Les Centrafricains paient le prix de ce vol organisé. Le gazole coûte 2,17 dollars le litre, l’essence 1,95 dollar, des prix parmi les plus élevés d’Afrique dans un pays où 70% de la population vit avec moins de 1,90 dollar par jour. Ces prix ne reflètent pas les coûts réels d’importation et de distribution. Ils sont gonflés artificiellement pour permettre aux prédateurs du régime de maximiser leurs profits. Chaque fois qu’un Centrafricain fait le plein, il finance directement l’enrichissement de Touadéra et de son clan.

 

Les 12 millions de dollars volés chaque année représentent l’équivalent de 40% des recettes fiscales actuelles sur le carburant. Cet argent pourrait financer la construction d’hôpitaux, d’écoles, de routes. Il pourrait payer les salaires des fonctionnaires qui ne reçoivent pas leur dû depuis des mois. Il pourrait subventionner le carburant pour le rendre accessible à la population. Mais il finit dans les poches des voleurs qui dirigent le pays et qui ont transformé l’État en entreprise criminelle.

 

Le président Touadéra porte la responsabilité ultime de ce système. C’est lui qui a donné son accord au ministre Pin pour restructurer le secteur et accorder le monopole à Neptune Oil. C’est lui qui protège les importateurs sans licence et les barons de la contrebande. C’est lui qui maintient en poste des ministres et des hauts fonctionnaires corrompus. C’est lui qui refuse de commander un audit indépendant qui exposerait l’ampleur des détournements. Touadéra n’est pas un président dépassé par la corruption de son administration. Il est le chef d’une organisation criminelle qui a capturé l’État centrafricain.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Alain Nzilo….

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Aéroport de Bangui : pourquoi les bagages du DG de CORE AVIATION SERVICES, de retour de Paris, sont-ils sortis sans contrôle douanier?

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Le directeur général de CORE AVIATION SERVICES (CAS), monsieur Jacques Ngom-Aim implante définitivement un réseau de mafia  et de criminalité à l’aéroport international de Bangui Mpoko. 

 

D’ailleurs, à titre d’exemple, la semaine dernière, le DG en personne, accompagné de son épouse, est arrivé à l’aéroport international de Bangui le 28 septembre 2026 en provenance de Paris, à bord d’un vol de RwandAir du Rwanda. À son arrivée, plusieurs bagages lui appartenant et à son épouse ont été sortis clandestinement de la zone aéroportuaire par son réseau criminel de la mafia sans passer par le circuit habituel du contrôle douanier. L’équipe du CNC présente sur place constate ces faits.

 

Aéroport de Bangui : pourquoi les bagages du DG de CORE AVIATION SERVICES, de retour de Paris,  sont-ils sortis sans contrôle douanier?
Sur le tarmac de l’aéroport international de Bangui. Photo CNC

 

En effet, les informations recueillies par la rédaction du CNC établissent que l’opération a été préparée plusieurs jours avant l’arrivée du DG et de son épouse à Bangui. Diego, chargé de récupérer les bagages, a été informé de la quantité importante d’effets personnels attendus pour le directeur général de CORE AVIATION SERVICES et son épouse.

 

À lire aussi : Touadera, à cause de ton business avec Wagner, tu as monté un scénario d’attaque à Amdafock, faisant plus de 40 morts. Voila les familles des victimes commencent à te demander des explications

Le même jour, plusieurs chariots sont mobilisés à l’aéroport en raison des opérations liées à la relève des Casques bleus marocains de la Minusca. Diego se rend sur le tarmac avec un conteneur utilisé pour les opérations de manutention d’Ethiopian Airlines.

 

À lire aussi : Centrafrique : quand le dictateur de Bangui, Faustin-Archange Touadera, parle de paix à l’ONU avec les mains tachées de sang des centrafricains à la tribune des Nations-Unies

Après la récupération des bagages, ceux du directeur général de CORE AVIATION SERVICES et de son épouse ont été placés dans le conteneur. Celui-ci est ensuite conduit jusqu’à proximité du garage de l’aéroport, sans que les bagages concernés suivent le parcours habituel de contrôle douanier.

 

Les effets personnels sont ensuite transférés dans le véhicule du directeur général. Le chauffeur de Jacques vient récupérer le véhicule et quitte les lieux avec les bagages. Dans le même temps, Priva récupère un bus de CORE AVIATION SERVICES, dans lequel des tee-shirts de l’entreprise sont également chargés.

 

Les constatations effectuées par l’équipe du CNC établissent que les bagages du directeur général de CORE AVIATION SERVICES et de son épouse quittent ainsi l’enceinte aéroportuaire sans passer par le contrôle douanier habituellement prévu pour les passagers arrivant à Bangui.

 

La question porte désormais sur l’existence d’une autorisation officielle permettant cette procédure et sur les personnes ayant facilité la sortie des bagages. La fonction de directeur général de CORE AVIATION SERVICES, société active dans les services aéroportuaires, ne constitue pas en elle-même une exemption générale du contrôle douanier.

 

Affaire à suivre…

 

Le directeur général de Core aviation services a bénéficié d’une sortie de bagages clandestine à l’aéroport de Bangui, contournant totalement le contrôle douanier en vigueur.

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Stratégie de voleur qui crie au voleur : après des mois d’accusations contre les réseaux sociaux, Anthropic révèle l’autre visage de l’IA dans la propagande russe en Centrafrique

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Depuis plusieurs mois, le gouvernement centrafricain présente l’intelligence artificielle comme une arme exclusivement utilisée contre lui sur les réseaux sociaux. Or, contre  toute attente, le rapport d’Anthropic de Claude vient fracasser ce discours officiel et révéler une grande imposture d’État.

Stratégie de voleur qui crie au voleur : après des mois d’accusations contre les réseaux sociaux, Anthropic révèle l’autre visage de l’IA dans la propagande russe en Centrafrique

 

Le discours des bras cassés de la septième république a toujours associé l’IA aux fausses informations, aux manipulations numériques et aux attaques instrumentées par les détracteurs du pouvoir.

 

Stratégie de voleur qui crie au voleur : après des mois d’accusations contre les réseaux sociaux, Anthropic révèle l’autre visage de l’IA dans la propagande russe en Centrafrique

 

L’ancien porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou, a lui aussi multiplié les sorties publiques pour dénoncer l’usage malveillant de l’intelligence artificielle sur les réseaux sociaux. Des déclarations rapportées par CNC qui montrent une ligne de communication parfaitement dictée par les Wagner.

 

Mais le rapport d’Anthropic apporte les preuves de la vraie manipulation. L’entreprise a directement démantelé une opération d’influence russe qui verrouillait l’espace informationnel centrafricain.

À lire aussi : Centrafrique : la crise financière frappe aussi le sport, le budget des Fauves pour la CAN 2027 revu à la baisse

 

Claude utilisé pour produire des contenus favorables au pouvoir

 

À lire aussi : Lettre ouverte au président Touadéra : Jean-Pierre Mara alerte sur la baisse du pouvoir d’achat des cultivateurs de manioc

Un acteur russophone installé à Bangui utilisait l’IA Claude comme outil de production éditoriale.

 

L’opération alimentait quotidiennement non seulement Radio Lengo Songo, mais aussi la présidence de la République, les porte-parole du gouvernement, le ministère de la Défense, l’État-major et le ministère de la Sécurité publique. Toutes ces institutions, totalement soumises à Wagner, utilisaient directement des textes générés par l’intelligence artificielle.

 

Les opérateurs demandaient explicitement à Claude d’intégrer des arguments favorables à la Russie.

 

La totalité des contenus étudiés défendait sans nuance le gouvernement centrafricain et Wagner. Ils s’en prenaient directement à la France et à l’opposition centrafricaine.

 

L’entreprise américaine détaille la méthode utilisée pour masquer l’origine réelle des contenus.

 

Les opérateurs exigeaient de Claude qu’il efface toute trace permettant d’identifier un texte généré par l’intelligence artificielle.

 

Le contenu devait impérativement ressembler à une production journalistique ordinaire réalisée à Bangui.

 

Une opération russe présentée comme une production centrafricaine

 

C’est le point central du rapport d’Anthropic.

 

L’opération était entièrement dirigée depuis l’extérieur, mais soigneusement maquillée pour donner l’illusion d’une initiative centrafricaine.

 

Les contrats, scripts et publications étaient présentés comme provenant d’une radio centrafricaine.

 

Anthropic relie directement l’acteur identifié à Politology, cette branche d’influence de la galaxie Wagner aujourd’hui sous le contrôle direct du renseignement extérieur russe.

 

Le rapport décrit une opération russe qui a piraté et utilisé l’infrastructure médiatique et institutionnelle locale pour diffuser ses propres récits.

 

Hormis Radio Lengo Songo, les institutions étatiques constituaient le relais direct de cette production.

 

Les contenus étaient ensuite amplifiés par les canaux officiels des médias d’État russes.

 

Quand l’accusation contre l’IA change de direction

 

Pendant des mois, le pouvoir a braqué les projecteurs sur les contenus censés provenir de l’opposition ou des internautes.

 

L’IA était présentée comme l’arme des détracteurs du régime.

 

Cette stratégie relève de la méthode bien connue du voleur qui crie au voleur : accuser les autres pour mieux masquer ses propres pratiques. Le rapport d’Anthropic prouve que cette technologie servait en réalité à fabriquer la propagande du pouvoir et de ses parrains russes.

 

Les contenus critiques du gouvernement ne sont pas tous des créations spontanées, tout comme les publications sur les réseaux sociaux ne sont pas toutes indépendantes.

 

Le constat d’Anthropic est clair : une opération liée à la Russie a utilisé Claude pour rédiger et diffuser les récits favorables au gouvernement centrafricain et à Wagner.

 

Cette preuve modifie l’ensemble du débat.

 

Elle interdit désormais au pouvoir de faire passer l’intelligence artificielle pour une arme réservée aux opposants ou aux médias indépendants.

 

Des communiqués et des données sur les opposants

 

L’affaire va encore plus loin dans les méthodes.

 

Les opérateurs utilisaient Claude pour rédiger la communication institutionnelle des ministères et de la présidence.

 

Le rapport confirme également la surveillance méthodique des responsables politiques de l’opposition centrafricaine.

 

Les informations ciblées sur ces personnalités étaient collectées, actualisées et structurées dans le cadre de cette opération.

 

Claude servait aussi à générer des documents secrets destinés aux différents acteurs de l’écosystème russe à Bangui.

 

Le même outil assurait à la fois la désinformation médiatique, la gestion interne de la propagande et le traitement des données politiques de l’opposition.

 

Le pouvoir doit désormais répondre sur l’usage de l’IA

 

La question ne porte plus sur l’utilisation de l’intelligence artificielle par les internautes centrafricains.

 

Elle met en cause la manipulation de cette technologie par les réseaux d’influence qui maintiennent le pouvoir.

 

Au moment même où les autorités dénonçaient les dérives de l’IA sur les réseaux sociaux, elles exploitaient cette technologie pour fabriquer leurs propres discours et servir les intérêts de Wagner.

 

Le rapport met en lumière une opération étrangère conçue pour s’emparer de l’espace informationnel centrafricain et faire passer des directives russes pour des prises de position locales.

 

Le constat central demeure indiscutable : l’intelligence artificielle a été déployée pour défendre le pouvoir centrafricain, promouvoir Wagner et diffuser la propagande russes au sein même des institutions de l’État.

 

Le débat sur l’IA en Centrafrique ne concerne plus les publications des internautes. Il met en lumière les réseaux organisés qui automatisent la communication politique et font passer une opération de manipulation étrangère pour de l’information locale.

 

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CAN 2027 : après deux défaites, l’exaspération monte chez les supporters des Fauves

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La République centrafricaine a perdu ses deux premiers matchs des éliminatoires de la CAN 2027, 3-1 contre la Mauritanie puis 1-0 face au Burkina Faso. Les supporters dénoncent une sélection jugée incapable de répondre aux attentes.

 

Les Fauves de Bas-Oubangui ont très mal commencé leur campagne des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2027. La Centrafrique s’est inclinée 3-1 contre la Mauritanie, le 24 septembre à Casablanca, avant de perdre 1-0 face au Burkina Faso, le 28 septembre, dans le même pays. 

 

CAN 2027 : après deux défaites, l’exaspération monte chez les supporters des Fauves

 

Après ces deux rencontres, la Centrafrique reste sans point dans le groupe F. La Mauritanie compte trois points avant son match contre le Bénin, tandis que le Burkina Faso a pris quatre points après son succès contre les Fauves. 

 

À lire aussi : Centrafrique : nouvelle déportation cette semaine des centrafricains sur le front ukrainien, le ministère de la défense complice

Cette série de résultats provoque une forte colère parmi des supporters centrafricains. Certains ne contestent plus seulement les résultats. Ils mettent directement en cause le niveau de jeu présenté par la sélection nationale.

 

À lire aussi : Drame de Zamboye : pour Rosins Zalang, « la RCA perd non seulement en vies humaines, mais également en environnement »

« Quand tu regardes les Fauves, tu as les larmes aux yeux »

 

Un supporter centrafricain installé au Cameroun, contacté par la rédaction du CNC, ne cache pas son exaspération après les deux défaites.

 

Pour lui, le spectacle proposé par les Fauves est devenu difficile à supporter devant un écran. Il estime que certains joueurs donnent l’impression de manquer des fondamentaux du football.

 

Dans son témoignage, il utilise des mots particulièrement durs pour décrire la prestation de la sélection. Il compare certains joueurs à des bergers recrutés au fin fond des villages pour venir disputer des compétitions internationales.

 

« Quand tu es devant la télévision pour regarder les matchs des Fauves, tu as les larmes aux yeux », affirme-t-il, en estimant que les joueurs ne donnent pas l’impression de maîtriser les bases du jeu.

 

Cette réaction traduit surtout le niveau de frustration d’une partie du public après un début de campagne qui laisse déjà la Centrafrique sans marge d’erreur.

 

La sélection des joueurs au cœur des critiques

 

Au-delà des performances sur le terrain, les critiques portent aussi sur la manière dont les joueurs sont identifiés et sélectionnés.

 

Le supporter interrogé estime que la Fédération centrafricaine de football devrait organiser davantage de compétitions nationales dans les différentes villes du pays. L’objectif serait, selon lui, d’identifier les meilleurs joueurs dans les préfectures et de constituer une sélection réellement basée sur les performances.

 

Il dénonce à l’inverse ce qu’il considère comme une sélection dominée par les relations familiales et sociales.

 

Il évoque notamment les « fils de papa », les enfants de commandants, de généraux, de ministres et d’anciens ministres qui seraient, selon lui, favorisés au détriment d’autres talents.

 

Ces propos constituent une appréciation de ce supporter et ne permettent pas, à eux seuls, d’établir l’existence d’un système de favoritisme dans la sélection nationale.

 

La liste des Fauves pour cette fenêtre internationale comptait 26 joueurs. Elle avait été annoncée le 18 septembre par le sélectionneur Eloge Enza Yamissi, avec trois nouveaux joueurs intégrés au groupe. 

 

Deux matchs, deux défaites et déjà une forte pression

 

Sur le terrain, les résultats sont eux bien établis.

 

Face à la Mauritanie, les Fauves avaient perdu 3-1. Goduine Koyalipou avait permis à la Centrafrique d’égaliser avant que la Mauritanie ne reprenne l’avantage et ajoute un troisième but en fin de rencontre. 

 

Quatre jours plus tard, les Centrafricains ont subi une nouvelle défaite contre le Burkina Faso. Le seul but de la rencontre a été inscrit à la 60e minute par Aboubacar Sidiki Camara. La première période s’était terminée sur le score de 0-0. 

 

La précision est importante : contrairement à certaines informations qui circulent, la Centrafrique n’a pas perdu 3-0 contre la Mauritanie. Le score officiel est de 3-1. 

 

Après ces revers lors des éliminatoires de la CAN, la sélection nationale fait face aux critiques des supporters concernant le choix des joueurs convoqués par la Fédération centrafricaine de football.

Ces deux revers placent déjà les Fauves dans une position compliquée dans un groupe composé également du Bénin, du Burkina Faso et de la Mauritanie. Les deux premières équipes du groupe doivent obtenir leur qualification pour la phase finale de la CAN 2027. 

 

« Ils bouffent l’argent pour rien », dénoncent des supporters

 

Pour une partie des supporters, le problème dépasse donc les deux défaites enregistrées à Casablanca.

 

Ils réclament une politique de détection plus large, allant au-delà de Bangui. Leur idée est de multiplier les compétitions régionales et nationales afin d’identifier des joueurs dans les villes et les provinces centrafricaines.

 

Le supporter interrogé au Cameroun estime que la Centrafrique possède des jeunes capables de jouer au football, mais qu’ils ne bénéficieraient pas suffisamment de possibilités pour être repérés.

 

Dans son discours, la colère vise aussi les moyens financiers consacrés à la sélection. Il dénonce des dépenses qu’il juge injustifiées au regard des résultats obtenus.

 

La campagne des Fauves ne fait que commencer. La troisième journée des éliminatoires est programmée en novembre, avec un déplacement de la Centrafrique au Bénin. 

 

Pour les supporters, cette prochaine rencontre devra surtout permettre de voir si la sélection peut présenter un visage différent après deux défaites consécutives. Actions disponibles

 

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Arlette Biali-Mamboui : « La route étroite de Bimbo a piégé les citoyens : la responsabilité première de ce carnage incombe au gouvernement »

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L’étroitesse de la route située à la rue des Sœurs de Bimbo est au centre des critiques d’Arlette Biali-Mamboui après l’accident mortel impliquant un camion-citerne. Pour la femme politique, la configuration de cette voie a réduit les possibilités de fuite des personnes présentes au moment du drame.

 

Intervenant dans le débat politique Patara sur la radio Ndékè-luka, Arlette Biali-Mamboui, ancienne candidate à la députation de Bimbo, estime que la responsabilité des pouvoirs publics doit être examinée dans la conception et l’aménagement des routes. Selon elle, les caractéristiques de certaines voies de circulation peuvent aggraver les conséquences d’un accident.

Arlette Biali-Mamboui : « La route étroite de Bimbo a piégé les citoyens : la responsabilité première de ce carnage incombe au gouvernement »
Accident d’un camion citerne à bimbo

 

 

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« La route étroite de Bimbo a piégé les citoyens : la responsabilité première de ce carnage incombe au gouvernement », affirme Arlette Biali-Mamboui.

 

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Une route qui laisse peu d’espace pour se mettre à l’abri

 

Arlette Biali-Mamboui revient sur les circonstances de l’accident de la rue des Sœurs. Selon son récit, le chauffeur du camion aurait tenté d’alerter les personnes présentes afin qu’elles quittent la chaussée.

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Mais l’étroitesse de la route aurait limité les possibilités de déplacement et de dégagement. Pour la femme politique, cette configuration doit être prise en compte dans l’analyse du bilan humain de l’accident.

 

L’absence de trottoirs et d’espaces de dégagement

 

Arlette Biali-Mamboui souligne également le manque d’espaces réservés aux piétons sur certaines voies. Lorsque les véhicules et les piétons partagent une chaussée étroite, les possibilités d’évitement deviennent limitées en cas de danger.

 

Elle estime que les routes doivent être conçues avec des espaces permettant aux différents usagers de circuler dans des conditions plus sûres.

 

Des infrastructures à adapter à l’évolution de la population

 

Pour Arlette Biali-Mamboui, les infrastructures routières doivent évoluer avec la croissance de la population et l’augmentation de la circulation. Elle appelle à revoir certains aménagements afin de permettre le croisement des véhicules, la circulation des piétons et le dégagement rapide en cas d’urgence.

 

La femme politique considère que la sécurité routière ne dépend donc pas uniquement du comportement des conducteurs. Elle implique aussi la qualité des routes, leur largeur, la présence de trottoirs et l’organisation générale de l’espace public.

 

À travers le cas de la rue des Sœurs de Bimbo, Arlette Biali-Mamboui demande ainsi que la conception des infrastructures soit intégrée aux responsabilités examinées après les accidents graves.

 

Par Alain Nzilo

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