dimanche, octobre 25, 2026
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Zémio : les mercenaires russes incendient des maisons au village Bogou après la perte de leur drone militaire

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Les mercenaires russes du groupe Wagner ont incendié plusieurs habitations au village Bogou, une localité située à une trentaine de kilomètres de Zémio, dans le Haut-Mbomou. Les opérations ont également visé la maison du chef du village et celle d’un ancien employé d’une ONG française. Un homme âgé a été emmené à Zémio mardi, tandis qu’un autre habitant, capturé lors d’une précédente opération, reste introuvable.

 

Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, les mercenaires russes ont mené une nouvelle opération dans le village de Bogou, à proximité de Bar, sur l’axe reliant Zémio à Rafaï. Plusieurs habitations ont été incendiées au cours de cette intervention. La maison du chef du village figure parmi les bâtiments détruits, tout comme celle d’un ancien employé d’une ONG française dont le nom reste à préciser.

Zémio : les mercenaires russes incendient des maisons au village Bogou après la perte de leur drone militaire
Les mercenaires russes du groupe Wagner en opération dans l’Ouham-Pendé, non loin de Bocaranga

 

Il est important de rappeler que cet habitant avait quitté son activité au sein de cette organisation après sa fermeture. Il s’était ensuite reconverti dans le commerce pour subvenir aux besoins de sa famille. L’incendie de son habitation intervient après une première arrestation survenue quelques mois auparavant.

 

À lire aussi : FLASH INFO : Quatre responsables de la société civile arrêtés à Bangui

Un commerçant accusé à tort de collaborer avec les miliciens azandé

 

Quelques mois avant l’incendie de sa maison, cet ancien employé d’ONG avait été arrêté par les mercenaires russes et des gendarmes. Les forces de sécurité lui reprochaient de circuler régulièrement sur certains axes de la région, alors que d’autres usagers évitaient ces itinéraires par crainte des miliciens azandé.

À lire aussi : Bilan de « ville morte » du lundi 12 octobre à Bangui : un succès total malgré les intimidations et la gratuité d’essence offerte dans les stations-services

 

Les assaillants soupçonnaient le commerçant d’entretenir des relations avec ces groupes armés. L’intéressé avait rejeté ces accusations, expliquant qu’il se déplaçait pour acheter des marchandises et les revendre dans le cadre de ses activités commerciales.

 

Il avait été conduit à la gendarmerie, où il avait été détenu avant d’être libéré. Il était ensuite retourné dans son village. L’incendie de son habitation lors de la nouvelle opération constitue une seconde atteinte à sa sécurité, dans un contexte de tensions entre les mercenaires russes et les miliciens azandé.

 

Un homme toujours introuvable après une précédente arrestation

 

Les exactions signalées à Bogou s’inscrivent dans une série d’opérations menées dans les villages autour de Zémio. La semaine précédente, les mercenaires russes s’étaient rendus à Bar, situé à environ 40 kilomètres de Zémio, sur l’axe de Rafaï. Des habitants ont rapporté des violences, notamment des coups et des maisons incendiées.

 

Au retour de cette opération vers Zémio, les mercenaires avaient capturé un homme. Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, ils lui avaient recouvert la tête avec du ruban adhésif avant de l’emmener. Depuis cette arrestation, sa famille et les habitants ne savent pas où il se trouve ni dans quelles conditions il est détenu.

 

Lors de leur nouvelle opération dans le secteur, les mercenaires ont également emmené un homme âgé à Zémio. Il a été escorté par ces criminels de Poutine et de Touadéra, la tête recouverte. Les raisons de cette arrestation n’ont pas été établies. À ce stade, aucune information vérifiée ne permet de préciser le lieu où il est détenu ni les accusations éventuellement retenues contre lui.

 

La perte d’un drone au cœur des représailles

 

Ces opérations interviennent après la disparition d’un drone utilisé par les mercenaires russes dans leurs activités de surveillance et de recherche des miliciens azandé. D’après les informations recueillies par la rédaction du CNC, l’appareil aurait été abattu par ces miliciens, qui l’auraient ensuite récupéré dans le secteur de Bogou.

 

Après la disparition du drone, les mercenaires russes ont mobilisé des éléments des Forces armées centrafricaines (FACA), leurs supplétifs et d’anciens combattants de l’UPC pour rechercher l’appareil. Les recherches ont été menées dans les forêts et les villages environnants, à l’aide de véhicules et de motos, sans résultat.

 

Face à l’échec des recherches, une récompense de 500 000 francs CFA a été promise à toute personne capable de retrouver le drone et de le remettre aux mercenaires.

 

Quelques jours plus tard, des miliciens azandé ont diffusé une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle ils montraient un drone endommagé qu’ils affirmaient avoir récupéré. La diffusion de ces images a conduit les Wagner a mené une nouvelle série d’opérations des mercenaires russes dans les villages de la zone.

 

Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, les mercenaires soupçonnent des habitants de ces localités d’avoir aidé les miliciens azandé à retrouver ou à récupérer l’appareil. Plusieurs villages auraient ainsi été visés au cours de ces opérations de représailles. À Bogou, les habitations incendiées et les arrestations signalées s’inscrivent dans ce contexte.

Les exactions perpétrées par le groupe Wagner et les mercenaires russes dans le Haut-Mbomou s’intensifient face à la résistance des miliciens azandé.

 

Les habitants pris entre les groupes armés

 

Dans le Haut-Mbomou, les populations civiles restent exposées aux opérations des mercenaires russes et aux activités des miliciens azandé. Les soupçons de collaboration avec l’un ou l’autre camp peuvent entraîner des arrestations, des violences et la destruction de biens.

 

À Bogou, l’incendie de la maison du chef du village et de plusieurs habitations privées prive des familles de leurs logements et de leurs biens. Le sort de l’homme arrêté lors de la précédente opération demeure inconnu, tandis que les circonstances de l’arrestation du vieil homme emmené à Zémio restent à éclaircir.

 

Les habitants attendent des informations sur les personnes interpellées et sur les conditions dans lesquelles ils pourront retrouver leurs maisons et reprendre leurs activités. La perte du drone, qui semble avoir déclenché les nouvelles opérations dans la zone, ne permet pas à elle seule d’établir une responsabilité collective des populations visées.

 

 

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Centrafrique : Fidèle Gouandjika attribue la note de 0 sur 20 au gouvernement Moloua 3 après 100 jours

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Le ministre conseiller à la présidence Fidèle Gouandjika juge sévèrement les 100 premiers jours du gouvernement Félix Moloua III. Dans une déclaration publiée sur Facebook, il attribue la note de 0 sur 20 à l’équipe gouvernementale et dénonce son incompétence, notamment face à la hausse des prix du carburant.

 

Fidèle Gouandjika ne prend pas de précautions dans son évaluation des trois premiers mois du gouvernement Moloua III. Dans sa déclaration, il estime que les résultats obtenus à court terme sont insuffisants et accuse directement le Premier ministre et plusieurs ministres de manquer de compétence.

 

Centrafrique : Fidèle Gouandjika attribue la note de 0 sur 20 au gouvernement Moloua III après 100 jours
Le Premier ministre centrafricain Felix Moloua devant les elus de la Nation ce 24 aout 2022

 

« L’incompétence totale », répète-t-il pour qualifier l’action gouvernementale. Le ministre conseiller à la présidence insiste sur cette appréciation et affirme que le gouvernement a échoué à répondre aux attentes pendant ses 100 premiers jours.

 

À lire aussi : Centrafrique : la CVJRR forme les professionnels des médias avant le lancement de ses travaux de recherche de la vérité

La hausse du carburant au cœur des critiques

 

La récente augmentation des prix du carburant occupe une place importante dans son intervention. Fidèle Gouandjika reproche au gouvernement de ne pas expliquer clairement aux consommateurs les raisons de cette décision. Il critique également l’attitude de la ministre chargée du secteur pétrolier, qu’il accuse de traiter le sujet avec trop de légèreté.

À lire aussi : Enquête exclusive : à Gambo, dans le Mbomou, l’hôpital est devenu un mouroir pour la population faute de personnel qualifié et d’équipements médicaux

 

Pour lui, les autorités doivent expliquer aux populations pourquoi les prix augmentent et présenter des mesures immédiates. Il estime que les difficultés économiques des ménages ne peuvent pas être traitées uniquement par des déclarations publiques.

 

Le ministre conseiller considère aussi que l’État dispose d’autres moyens pour augmenter ses recettes sans faire peser davantage de charges sur les consommateurs. Il cite notamment les revenus tirés du diamant, de l’or et du bois, ainsi que les recettes fiscales liées aux activités commerciales et immobilières.

 

Un bilan jugé insuffisant dès les premiers mois

 

Fidèle Gouandjika distingue les résultats à court terme des objectifs à moyen et long terme. Selon lui, les 100 premiers jours devaient permettre au gouvernement de prendre des mesures immédiates contre les difficultés économiques et les pertes de recettes publiques.

 

Il estime que l’exécutif aurait dû agir plus rapidement dans plusieurs secteurs, notamment les finances publiques, le commerce, l’agriculture et l’éducation. Il évoque les difficultés des producteurs de coton, les problèmes de transport de la viande et les conditions d’apprentissage des élèves dans certaines écoles de Bangui.

 

Il cite notamment l’école Mandaba, où des élèves continueraient de suivre les cours assis à même le sol. Pour lui, l’augmentation du nombre d’établissements scolaires ne suffit pas si les élèves ne disposent pas de conditions d’apprentissage adaptées.

 

À travers ces exemples, Fidèle Gouandjika considère que le gouvernement n’a pas répondu aux attentes pendant cette première période. Il juge son bilan immédiat totalement négatif et lui attribue un double zéro.

 

« Ils ont échoué totalement. 0 sur 20 », déclare-t-il en évaluant les 100 premiers jours du gouvernement Moloua III.

Face à la hausse des prix du carburant en Centrafrique, Félix Moloua fait face aux critiques sévères de sa gestion économique lors du bilan gouvernemental.

 

Cette appréciation intervient alors que la hausse des prix du carburant alimente les critiques contre la politique économique du gouvernement. Fidèle Gouandjika estime que l’exécutif doit désormais démontrer sa capacité à obtenir des résultats concrets à court terme, avant de pouvoir défendre ses objectifs à moyen et long terme.

 

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Bataille autour de la Mosquée du 6e arrondissement : à qui appartiennent réellement les droits revendiqués sur l’édifice ?

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La reprise des activités religieuses à la mosquée du 6e arrondissement de Bangui ouvre un nouveau volet dans le différend qui oppose plusieurs acteurs autour de cet édifice. Au cœur du dossier se trouve désormais une question précise : quels droits l’Association Mains Tendues de Touadéra (AMTT) peut-elle revendiquer sur la mosquée au regard du financement et des travaux réalisés ?

 

L’AMTT invoque le financement de la reconstruction

 

Dans une mise en demeure datée du 5 octobre 2026, le cabinet de Maître Claude Saint Pierre Goubano, agissant pour l’Association Mains Tendues de Touadéra, demande l’arrêt des travaux engagés sur la mosquée.

 

Bataille autour de la Mosquée du 6e arrondissement : à qui appartiennent réellement les droits revendiqués sur l’édifice ?
L’Imam Abdoulaye Ouasselegué, Président du Bureau Exécutif National du Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique, lors de son interview. Photo CNC

 

Le document affirme qu’après la destruction de l’édifice lors des violences de 2018, le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, aurait remis des fonds au coordinateur de l’association, Alamine Baraka, afin de permettre sa reconstruction.

 

À lire aussi : Quand Touadéra, maître de la corruption,  fait la morale anticorruption sur Orange

L’AMTT affirme également avoir pris en charge les travaux de reconstruction. Sur cette base, l’association conteste les interventions effectuées récemment sur le site et demande leur arrêt immédiat.

 

À lire aussi : Centrafrique : Faustin Archange Touadéra pris en flagrant délit de mensonge sur la hausse du prix du carburant

Mais le document consulté par la rédaction du CNC ne dit pas que le président de la République serait personnellement propriétaire de la mosquée. Il établit plutôt que l’association invoque un financement présidentiel et les travaux qu’elle dit avoir réalisés pour faire valoir des droits sur l’édifice.

 

Cette distinction est importante dans un dossier où la question du financement se retrouve désormais directement liée à celle du contrôle de la mosquée.

 

Des travaux réalisés avec plusieurs contributions

 

La reconstruction de la mosquée a commencé après plusieurs années durant lesquelles les fidèles du 6e arrondissement ont été privés de leur lieu de prière.

 

D’après les informations recueillies par la rédaction du CNC, les travaux engagés en 2025 ont connu plusieurs périodes d’interruption. Des contributions destinées à la reconstruction ont été mobilisées, tandis que des fidèles ont également participé à la poursuite du chantier lorsque les moyens disponibles ne permettaient pas d’avancer normalement.

 

Un comité chargé du suivi des travaux avait notamment été constitué afin d’organiser la reconstruction. La situation s’est ensuite dégradée entre les différents intervenants, jusqu’à l’arrêt des travaux.

 

Les fidèles ont finalement décidé de réinvestir les lieux pour reprendre les prières. Des aménagements ont été effectués sur place afin de permettre l’ouverture de la mosquée et la reprise des offices religieux.

 

Une mise en demeure qui pose la question des droits sur la mosquée

 

Le 29 septembre 2026, une note d’information adressée au commissaire de police du 6e arrondissement annonçait la reprise des activités religieuses dans la mosquée.

 

Le document, signé au nom de la communauté musulmane du 6e arrondissement par l’imam Abdoulaye Ouassélégue, précisait que les fidèles souhaitaient reprendre leurs obligations religieuses, notamment la prière du vendredi, dans l’attente de l’achèvement des travaux.

 

La mairie du 6e arrondissement et le chef du quartier Linguïssa II avaient reçu copie de cette note. Aucun élément de ce document ne permet d’établir que le maire aurait ordonné la reprise des travaux ou dirigé l’ouverture de la mosquée.

 

Quelques jours plus tard, l’AMTT a engagé une démarche juridique pour demander l’arrêt des interventions sur le bâtiment. Une sommation d’arrêt des travaux valant mise en demeure avant poursuite judiciaire a ensuite été signifiée le 5 octobre 2026 par Maître Jean-Paul Togo, huissier de justice à Bangui.

 

Le financement ne suffit pas, à lui seul, à établir la propriété

 

Le dossier fait ainsi apparaître une question qui dépasse le simple désaccord sur les travaux : celle du statut juridique de l’édifice.

L’Association Mains Tendues de Touadéra revendique des droits sur l’édifice suite à la mise en demeure signée par le cabinet juridique, tandis que le Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique supervise la reprise des prières.

 

Le fait qu’une association affirme avoir reçu des fonds destinés à la reconstruction et avoir exécuté une partie des travaux ne permet pas, à lui seul, d’établir la propriété de la mosquée. La question des droits sur l’immeuble doit être appréciée à partir des documents juridiques, des conditions dans lesquelles les financements ont été accordés et de la destination qui leur avait été donnée.

 

C’est précisément sur ce terrain que le dossier pourrait désormais prendre une nouvelle dimension.

 

La reprise des prières par les fidèles, la contestation de l’AMTT et la mise en demeure adressée à l’imam et au maire placent ainsi la question du financement et des droits revendiqués sur la mosquée au centre du différend.

 

La rédaction du CNC poursuit ses investigations sur l’origine des financements, les conditions de reconstruction de l’édifice et les documents permettant d’établir les droits effectivement attachés à cette mosquée. 

 

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Enlevé par les mercenaires russes du groupe Wagner, Steeve Bendo-Ndeni, leader de la société civile centrafricaine reste introuvable

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Steeve Bendo-Ndeni, l’un des leaders de la société civile centrafricaine, a été enlevé à son domicile par des mercenaires russes du groupe Wagner, jeudi 15 octobre 2026, à Bangui. Depuis son enlèvement, il reste introuvable. Paul Crescent Béninga, porte-parole du Groupe de travail de la société civile (GTSC), affirme avoir effectué plusieurs démarches auprès des services de sécurité et du procureur de la République, sans parvenir à retrouver sa trace.

 

En effet, l’enlèvement de Steeve Bendo-Ndeni intervient dans un contexte de tensions autour de la mobilisation contre la hausse des prix du carburant. Plusieurs responsables de la société civile avaient appelé à la journée ville morte du 12 octobre pour protester contre la vie chère. Trois jours plus tard, des responsables ont été interpellés alors qu’ils s’apprêtaient à tenir une conférence de presse au Centre Saint-Jean 23 , à Bangui.

Enlevé par les mercenaires russes du groupe Wagner, Steeve Bendo-Ndeni,  leader de la société civile centrafricaine reste introuvable
Monsieur Steeve Bendo-Ndeni, leader de la société civile centrafricaine

 

Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC dans cette affaire, Steeve Bendo-Ndeni a été enlevé chez lui entre 4 heures et 5 heures du matin. Depuis, ses collègues cherchent à connaître son lieu de détention. Les démarches entreprises auprès des services concernés n’ont, jusqu’à présent, permis d’obtenir aucune réponse sur son sort.

 

Christian Béninga cherche Steeve Bendo-Ndeni dans plusieurs services

 

Dans une déclaration vidéo, Christian Béninga raconte les démarches entreprises par une délégation des responsables de la société civile après l’annonce des arrestations. Le groupe s’est d’abord rendu à la Compagnie nationale de sécurité (CNS) pour vérifier la présence de ses collègues dans les locaux de cette institution.

À lire aussi : « Nous ne produisons pas du pétrole » : l’argument de Faustin-Archange Touadéra suffit-il à justifier la flambée du carburant en RCA ?

 

Sur place, le responsable de la CNS leur a refusé l’accès. La délégation s’est alors dirigée vers le bureau du procureur de la République pour lui exposer la situation.

À lire aussi : Carburant en Centrafrique : Mouammar Bengué-Bossin réclame une baisse à 800 francs CFA et le retour des Chinois à Boromata

 

Selon Christian Béninga, le procureur leur a indiqué qu’il n’était pas informé des arrestations. Le magistrat leur a demandé de patienter jusqu’à 15 heures avant de faciliter une visite aux personnes détenues.

 

À leur retour à la CNS, les membres de la délégation ont retrouvé Quentin NGOUANDO et Élysée NGUEMALE. En revanche, Steeve Bendo-Ndeni n’y était pas.

 

Les agents de la CNS ont affirmé ne pas l’avoir interpellé et ne pas pouvoir renseigner la délégation sur sa localisation. Les responsables de la société civile se sont ensuite rendus au commissariat central, puis à la brigade criminelle. Dans les deux services, ils ont reçu la même réponse : Steeve Bendo-Ndeni ne s’y trouvait pas.

 

« Au moment où je vous parle, je suis incapable de vous dire où se trouve notre collègue Steve Bendo », déclare Christian Béninga dans sa vidéo.

 

Le procureur a promis de revenir vers la délégation s’il parvenait à rassembler les éléments nécessaires pour comprendre cette affaire. Au moment de l’enregistrement de la déclaration, vers 20 heures, Christian Béninga affirmait toujours ignorer où se trouvait son collègue.

 

Des détenus privés d’eau et de nourriture, selon Christian Béninga

 

Le porte-parole du GTSC dénonce également les conditions imposées aux responsables détenus à la CNS. Selon son témoignage, la délégation a tenté de leur apporter de la nourriture entre 13 heures et 14 heures, mais le directeur de la compagnie a refusé de les recevoir.

 

Christian Béninga affirme que ses collègues n’avaient ni bu de l’eau ni mangé depuis le matin. Il dit avoir de nouveau contacté le procureur, qui lui aurait promis d’intervenir.

 

« Au 21e siècle, il est impensable, il est inimaginable qu’on puisse appréhender quelqu’un et qu’on lui refuse d’avoir accès à de l’eau, d’avoir accès à de la nourriture », déclare-t-il.

 

Il interpelle ensuite les autorités sur les libertés publiques et le droit des citoyens à exprimer leur mécontentement. Il demande si les Centrafricains doivent obtenir une autorisation pour parler ou manifester pacifiquement contre des politiques publiques qui, selon lui, ne leur permettent pas de vivre dignement.

 

Christian Béninga réclame la libération des responsables arrêtés et qualifie leur interpellation d’« embastillement ».

 

Fidèle Gouandjika dénonce une « justice des vainqueurs »

 

L’affaire a également suscité une réaction de Fidèle Gouandjika, ministre conseiller à la présidence de la République. Dans une publication sur Facebook adressée à Faustin-Archange Touadéra, il critique l’arrestation des responsables de la société civile qui ont relayé les inquiétudes de la population face à la hausse du carburant.

Cet enlèvement imputé au groupe Wagner survient en marge des manifestations de la société civile centrafricaine contre la hausse des prix du carburant à Bangui.

 

« On ne jette pas en prison les leaders de la société civile parce qu’ils relaient l’angoisse légitime du peuple face à la flambée du carburant », écrit-il.

 

Fidèle Gouandjika met en garde le gouvernement contre la tentation d’une « justice des vainqueurs ». Il estime qu’une journée ville morte pacifique doit être tolérée dans une démocratie et rappelle que cette mobilisation constitue, selon lui, un moyen pour la population de faire entendre ses revendications.

 

Il adresse également un avertissement au chef de l’État : « Monsieur le Président de la République, veillez à ce que les forces de l’ordre ne fassent pas de la République centrafricaine un État policier ! »

 

Alors que Fidèle Gouandjika conteste les arrestations, Christian Béninga demande des explications sur la disparition de Steeve Bendo-Ndeni. Les démarches menées auprès de la CNS, du commissariat central, de la brigade criminelle et du procureur n’ont pas permis de le localiser au moment de sa déclaration. Le lieu où se trouve le leader de la société civile reste inconnu.

 

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CNCA-PDD : Vincent Mbokoto Dilla appelle au départ des forces russes et à la restauration de l’ordre constitutionnel

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Le secrétaire général adjoint du CNCA-PDD, Vincent Mbokoto Dilla, appelle au départ des forces russes présentes en Centrafrique et demande à la communauté internationale de soutenir la restauration de l’ordre constitutionnel.

 

Dans un manifeste daté du 23 septembre 2026 et intitulé « Manifeste pour la libération de la République centrafricaine : Appel à la Nation et au Monde », Vincent Mbokoto Dilla adresse un message au peuple centrafricain, au régime de Faustin-Archange Touadéra et aux partenaires internationaux.

 

CNCA-PDD : Vincent Mbokoto Dilla appelle au départ des forces russes et à la restauration de l’ordre constitutionnel
Portrait de monsieur Vincent Mbokoto Dilla, secrétaire général adjoint du CNCA-PDD

 

Dans la première partie du document, le responsable du CNCA-PDD affirme que la souveraineté centrafricaine serait « confisquée » et accuse les forces russes, désignées dans le texte sous les appellations Wagner et Africa Corps, d’agir comme des forces d’occupation.

 

À lire aussi : Élysée Nguémalé : « Le vrai problème n’est pas le passeport de Dologuélé, mais l’insécurité juridique dans notre pays »

Il accuse également ces forces de participer au pillage des ressources naturelles du pays, notamment l’or, les diamants et les forêts. Le manifeste évoque aussi le trafic de stupéfiants, notamment du Tramadol, présenté comme une menace pour la jeunesse centrafricaine.

 

À lire aussi : Trafic de drogue à l’aéroport de Bangui : le dossier du cannabis retrouvé sur un vol Ethiopian Airlines au cœur de nouvelles révélations

Vincent Mbokoto Dilla appelle la population à rejeter la peur et à se mobiliser pour « réclamer la restitution » de la souveraineté nationale.

 

Dans le deuxième volet, le secrétaire général adjoint du CNCA-PDD s’en prend directement au président Faustin-Archange Touadéra et à son gouvernement. Il les accuse d’avoir placé les forces de défense nationales sous la dépendance d’une force étrangère qu’il qualifie de milice privée.

 

Le document met également en cause la gestion des ressources publiques et affirme que des exonérations fiscales auraient été accordées à des sociétés liées à la commercialisation de pétrole russe. Il accuse le pouvoir de financer des milices locales et de manipuler les institutions afin de conserver le pouvoir.

 

Ces accusations sont formulées dans le manifeste comme des positions politiques du CNCA-PDD et ne sont pas accompagnées, dans le document, de pièces justificatives détaillant les faits avancés.

 

Le troisième volet est consacré aux Nations unies, à l’Union africaine et aux partenaires internationaux de la Centrafrique. Vincent Mbokoto Dilla leur reproche leur silence face aux accusations d’exactions et de pillage attribuées aux forces russes.

 

Le manifeste cite les rapports de Human Rights Watch et des experts des Nations unies pour appuyer ses accusations concernant les violences contre les civils et l’exploitation des ressources naturelles.

 

Le responsable du CNCA-PDD formule trois principales demandes : le départ « immédiat et sans condition » des forces Wagner, Africa Corps et de leurs affiliés, la mise en place d’un embargo sur les flux financiers provenant de l’exploitation illégale des ressources minières, ainsi qu’un soutien aux forces politiques, à la société civile et à l’opposition démocratique.

 

Signé à la date du 23 septembre 2026, le document porte la signature de Vincent Mbokoto Dilla, présenté comme secrétaire général adjoint du CNCA-PDD. Actions disponibles

 

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Répression de la société civile en Centrafrique : Le BRDC exprime sa vive indignation suite à l’arrestation de trois figures de la société civile centrafricaine par la Compagnie Nationale de Sécurité

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Le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) a exprimé sa vive indignation suite à l’arrestation, ce jeudi 15 octobre 2026, de trois figures de la société civile centrafricaine par la Compagnie Nationale de Sécurité (CNS). Les personnes interpellées sont Messieurs Elysée Nguemale et Quentin Claver Ngbouando, respectivement coordonnateurs de l’Organisation de la Gouvernance Démocratique en Centrafrique (OGDC) et de la plateforme I-GWE, ainsi que l’activiste Stève Francis Bendo Ndémy.

 

Selon le communiqué du BRDC, ces arrestations sont directement liées à l’organisation réussie de la journée « ville morte » du lundi 12 octobre 2026. Cette mobilisation pacifique appelait la population centrafricaine à protester contre la décision unilatérale du gouvernement d’augmenter les prix du carburant, sans concertation avec les parties prenantes.

 

Répression de la société civile en Centrafrique : Le BRDC exprime sa vive indignation suite à l’arrestation de trois figures de la société civile centrafricaine par la Compagnie Nationale de Sécurité
Les leaders du brdc

 

Le BRDC souligne que cette revendication est légitime, car elle reflète les préoccupations d’une population confrontée à la cherté de la vie et à l’effondrement de son pouvoir d’achat. Les trois leaders ont été interpellés alors qu’ils tenaient une conférence de presse au Centre Jean 23 à Bangui pour dresser le bilan de la journée de protestation.

 

Le BRDC dénonce une réponse répressive de la part du pouvoir, qui, au lieu d’écouter les doléances exprimées pacifiquement par des associations légalement reconnues, a choisi la force. Il rappelle que les personnes arrêtées n’ont commis aucun acte de violence et n’ont nullement perturbé l’ordre public.

À lire aussi : Carburant en Centrafrique : Mouammar Bengué-Bossin réclame une baisse à 800 francs CFA et le retour des Chinois à Boromata

 

Pour le BRDC, ces arrestations constituent une atteinte grave à la liberté d’expression, de réunion et au pluralisme d’opinion, des droits fondamentaux dans tout État démocratique. Il estime que la société civile, en tant que contre-pouvoir non institutionnel, doit être protégée et non bâillonnée.

À lire aussi : Hausse du prix du carburant : Quentin Claver NGBOUANDO et Elysée NGUÉMALÉ exigent un retour des prix sous 900 FCFA

 

Le BRDC formule trois exigences principales :

 

1. La condamnation ferme de l’arrestation et de la détention arbitraires de ces leaders de la société civile ;

 

2. Le rappel au gouvernement du respect strict des libertés fondamentales garanties par les lois de la République et les instruments juridiques internationaux ratifiés par la RCA.

 

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La Compagnie Nationale de Sécurité a procédé à ces interpellations en réaction à la mobilisation contre la hausse des prix du carburant, provoquant la condamnation immédiate du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution.

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Centrafrique : Chancel Sekodé-Ndeugbayi, président du PCS, exige la libération immédiate des leaders de l’OGDC, Elysée Nguémalé et Quentin Claver Ngbouando, après leur arrestation arbitraire

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Le Parti du Changement Social (PCS) monte au créneau. Dans un communiqué de presse signé par son président, Chancel Sekodé-Ndeugbayi, rendu public ce jeudi, la formation politique dénonce avec la plus grande fermeté l’arrestation, survenue le matin même, de deux figures de la société civile centrafricaine. Elysée Nguémalé et Quentin Claver Ngbouando, respectivement leaders de l’Observatoire de la gouvernance démocratique en Centrafrique (OGDC) et du mouvement I Gwé, ont été interpellés par la police alors qu’ils s’apprêtaient à tenir une conférence de presse.

 

Chancel Sekodé-Ndeugbayi dénonce une volonté de faire taire les voix critiques

 

Selon le président du PCS, cette interpellation n’est pas anodine. Les deux responsables s’apprêtaient à dresser le bilan de la journée « ville morte » du lundi 12 octobre, un mouvement pacifique lancé par leurs organisations, et à répondre à une plainte déposée la veille par des organisations proches du pouvoir. « Interpeller un responsable de la société civile au moment où il va s’adresser à la presse, au lendemain d’une plainte déposée par des organisations proches du pouvoir, n’est pas un hasard », souligne Chancel Sekodé-Ndeugbayi. Le parti y voit « une atteinte grave aux droits fondamentaux » et « une instrumentalisation de la justice et de la police à des fins politiques ».

 

Centrafrique : Chancel Sekodé-Ndeugbayi, président du PCS, exige la libération immédiate des leaders de l’OGDC, Elysée Nguémalé et Quentin Claver Ngbouando, après leur arrestation arbitraire
Chancel sekode ndeugbayi ministre centrafricain

 

Un appel à la ville morte présenté comme un acte civique

 

Chancel Sekodé-Ndeugbayi rappelle avec force que l’appel à une journée « ville morte » constitue « un mode d’expression pacifique et un acte civique ». Pour le président du PCS, cet acte relève de la liberté d’expression, de réunion et de manifestation, droits garantis par la Constitution centrafricaine ainsi que par les engagements internationaux du pays, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

À lire aussi : « Nous ne produisons pas du pétrole » : l’argument de Faustin-Archange Touadéra suffit-il à justifier la flambée du carburant en RCA ?

 

Les exigences claires de Chancel Sekodé-Ndeugbayi

 

À lire aussi : Hausse du prix du carburant : Quentin Claver NGBOUANDO et Elysée NGUÉMALÉ exigent un retour des prix sous 900 FCFA

Face à cette situation, Chancel Sekodé-Ndeugbayi formule trois exigences :

 

1. La libération immédiate et sans condition d’Elysée Nguémalé, de Quentin Claver Ngbouando, ainsi que de toute autre personne arrêtée pour avoir participé à l’appel à la ville morte ;

 

2. L’abandon de toute poursuite visant des citoyens qui n’ont fait qu’exercer leurs droits ;

 

3. Le respect effectif du droit de manifester pacifiquement.

 

Chancel Sekodé-Ndeugbayi met en garde contre une dérive autoritaire

 

Chancel Sekodé-Ndeugbayi alerte l’opinion sur les conséquences d’un durcissement des restrictions aux libertés publiques. « Chaque entrave au droit de manifester pacifiquement rapproche notre pays de l’autoritarisme et de la dictature, et compromet la paix sociale et la confiance entre gouvernants et citoyens », prévient le président du PCS. Ce dernier prend à témoin l’opinion nationale et internationale et appelle les Centrafricains, les organisations de défense des droits humains, l’Union africaine, les Nations unies et tous les partenaires de la Centrafrique à se mobiliser pour que cesse cette dérive.

 

Chancel Sekodé-Ndeugbayi réaffirme sa solidarité et sa détermination

 

Le Parti du Changement Social exige la libération immédiate d’Elysée Nguémalé et de Quentin Claver Ngbouando, interpellés par la police à Bangui après l’appel à une journée ville morte.

En conclusion de son communiqué, Chancel Sekodé-Ndeugbayi exprime sa solidarité avec l’OGDC et I Gwé. Le président du PCS annonce qu’il poursuivra sa mobilisation, par des moyens pacifiques, jusqu’à la libération de tous les détenus. Une position qui confirme la détermination du Parti du Changement Social à défendre les libertés publiques et à s’opposer à toute forme de répression politique en Centrafrique.

 

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Arrestation des leaders de la société civile : Fidèle Gouandjika met en garde contre une justice des vainqueurs

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Fidèle Gouandjika, ministre conseiller à la présidence de la République centrafricaine, prend position contre l’arrestation des leaders de la société civile impliqués dans l’appel à la journée ville morte du 12 octobre. Il demande à Faustin-Archange Touadéra de prévenir toute dérive vers un État policier.

 

Dans une publication sur Facebook, Fidèle Gouandjika interpelle directement le chef de l’État sur l’arrestation de plusieurs responsables de la société civile. Il estime que les autorités ne doivent pas emprisonner des leaders pour avoir relayé les inquiétudes de la population face à la hausse des prix du carburant.

 

Arrestation des leaders de la société civile : Fidèle Gouandjika met en garde contre une justice des vainqueurs
Fidele gouandjika au centre culturel missi momo

 

« On ne jette pas en prison les leaders de la société civile parce qu’ils relaient l’angoisse légitime du peuple face à la flambée du carburant », écrit-il.

 

À lire aussi : FLASH INFO : Quatre responsables de la société civile arrêtés à Bangui

Cette prise de position intervient après l’arrestation de Quentin NGOUANDO, Elysée NGUEMALE, Stève BENDO DENY, Barry MARDIOS et Igor MOKPREM. Ces cinq responsables ont été interpellés après leur implication dans l’appel à la journée ville morte organisée le lundi 12 octobre pour protester contre les difficultés économiques et la hausse du coût du carburant.

 

À lire aussi : « Nous ne produisons pas du pétrole » : l’argument de Faustin-Archange Touadéra suffit-il à justifier la flambée du carburant en RCA ?

Gouandjika met en garde contre une justice des vainqueurs

 

Dans son message, le ministre conseiller à la présidence appelle le gouvernement à ne pas utiliser la justice contre les voix contestataires. « Le gouvernement doit éviter la tentation d’une justice des vainqueurs », prévient-il.

 

Fidèle Gouandjika défend également le principe d’une contestation pacifique. Selon lui, une journée ville morte sans violences doit pouvoir être tolérée dans un régime démocratique.

 

« Dans une démocratie digne de ce nom, une journée “ville morte” pacifique doit être tolérée comme un cri d’alarme de la population », affirme-t-il.

 

Ses déclarations rejoignent les arguments avancés par les organisations de la société civile, qui réclament la libération immédiate et sans condition des cinq responsables arrêtés. Dans leur propre déclaration, elles contestent les accusations de troubles à l’ordre public et soutiennent que la journée ville morte s’est déroulée sans violences ni dégradations.

 

Un avertissement adressé au chef de l’État

 

Fidèle Gouandjika adresse enfin un avertissement direct à Faustin-Archange Touadéra. Il lui demande de veiller à ce que les forces de l’ordre ne portent pas atteinte aux libertés publiques.

 

« Monsieur le Président de la République, veillez à ce que les forces de l’ordre ne fassent pas de la République centrafricaine un État policier ! », écrit-il.

 

Cette intervention intervient dans un contexte de contestation des arrestations par les organisations de la société civile. Celles-ci dénoncent également les restrictions imposées aux visites des détenus à la Compagnie nationale de sécurité (CNS), malgré l’intervention du procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Bangui.

Fidèle Gouandjika interpelle directement Faustin-Archange Touadéra suite à l’appel à la journée ville morte pour protester contre la flambée du carburant.

 

La prise de position de Fidèle Gouandjika donne ainsi un écho supplémentaire aux revendications des organisations de la société civile, en portant le débat jusque dans l’entourage de la présidence de la République. 

 

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Centrafrique : la PJLOD exige la libération immédiate des leaders de la société civile arrêtés à Bangui

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La Plateforme des jeunes leaders de l’opposition démocratique (PJLOD) condamne l’arrestation de plusieurs responsables de la société civile à Bangui, jeudi 15 octobre 2026. Elle exige leur libération immédiate et dénonce une tentative d’intimidation liée à la contestation de la hausse des prix du carburant.

 

Dans une déclaration politique signée par son coordonnateur national, Arsène ELIEN, la PJLOD affirme que quatre responsables de la société civile ont été arrêtés par des éléments de la Compagnie nationale de sécurité (CNS) et de la FICU. Parmi eux figure Igor MOPKEM, porte-parole de la plateforme.

 

Centrafrique : la PJLOD exige la libération immédiate des leaders de la société civile arrêtés à Bangui
Élysée Nguemalé

 

Selon la déclaration, les responsables s’apprêtaient à tenir une conférence de presse au Centre Saint-Jean-XXIII. Ils devaient présenter le bilan de la journée ville morte du 12 octobre et relayer les revendications de la population face à la vie chère et à la hausse de 150 FCFA des prix des hydrocarbures.

 

À lire aussi : FLASH INFO : Quatre responsables de la société civile arrêtés à Bangui

Cette arrestation intervient après la mobilisation des organisations de la société civile contre les conséquences économiques de la hausse du carburant. Les responsables concernés souhaitaient notamment revenir sur le déroulement de la journée ville morte, organisée pour exprimer le mécontentement d’une partie de la population.

 

À lire aussi : « Nous ne produisons pas du pétrole » : l’argument de Faustin-Archange Touadéra suffit-il à justifier la flambée du carburant en RCA ?

La PJLOD dénonce une atteinte aux libertés publiques

 

Pour la PJLOD, ces arrestations traduisent un recours à l’intimidation plutôt qu’au dialogue. La plateforme estime que l’interpellation de responsables qui s’apprêtaient à s’exprimer publiquement porte atteinte à la liberté d’expression et au droit de manifester pacifiquement.

 

Dans sa déclaration, elle condamne fermement ces arrestations et accuse le pouvoir de vouloir réduire au silence les voix qui contestent sa politique. Elle demande la libération immédiate et inconditionnelle d’Igor MOPKEM, d’Élysée NGUEMALE et de l’ensemble des acteurs de la société civile détenus.

 

La plateforme appelle également les organisations de défense des droits de l’homme et la communauté internationale à suivre la situation des personnes arrêtées. Elle demande une vigilance particulière concernant leur intégrité physique et le respect de leurs droits fondamentaux.

 

La hausse du carburant au cœur de la contestation

 

La déclaration de la PJLOD relie directement les arrestations à la mobilisation contre la hausse des prix des hydrocarbures. La plateforme considère cette augmentation comme une charge supplémentaire pour des ménages déjà confrontés à la vie chère.

 

Elle rejette l’idée selon laquelle cette hausse serait une simple nécessité technique et demande des réponses concrètes aux difficultés économiques de la population. Elle critique également les initiatives qu’elle considère comme des tentatives de détourner le débat des revendications sociales.

 

Pour Arsène ELIEN et les responsables de la PJLOD, le dialogue avec la population ne peut se substituer aux arrestations et aux poursuites contre les voix contestataires. La plateforme appelle les forces vives de la nation à rester mobilisées pour défendre les libertés publiques.

 

La hausse du carburant et la cherté de la vie alimentent la fronde sociale à Bangui, où les forces de sécurité procèdent à l’interpellation d’Igor Mopkem et d’autres figures de la société civile.

Dans sa déclaration datée du 15 octobre 2026 à Bangui, la PJLOD affirme qu’elle ne cédera ni à la peur ni au silence. Elle maintient son exigence de libération des responsables arrêtés et demande que les droits fondamentaux des détenus soient respectés. 

 

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Centrafrique : la COSCIPAC exige la libération de trois leaders de la société civile arrêtés après la journée « ville morte »

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La Coordination des organisations de la société civile pour la paix en Centrafrique (COSCIPAC) exige la libération immédiate de trois leaders de la société civile arrêtés après la journée « ville morte » du lundi 12 octobre 2026. Dans un communiqué publié le 15 octobre à Bangui, l’organisation dénonce une atteinte aux libertés fondamentales et appelle à la mobilisation pacifique de la population.

 

Dans son communiqué signé par son coordonnateur national, Petit Delphin KOTTO, la COSCIPAC  condamne fermement l’arrestation des trois responsables de la société civile. Elle estime que ces interpellations portent atteinte à la liberté d’expression, de réunion et de manifestation pacifique.

 

Centrafrique : la COSCIPAC  exige la libération de trois leaders de la société civile arrêtés après la journée « ville morte »
Petit-Delphin Kotto de la COSCIPAC

 

L’organisation critique également les méthodes des autorités centrafricaines sous la présidence de Faustin-Archange Touadéra. Elle évoque des inquiétudes concernant le respect des principes démocratiques et des droits des citoyens.

 

Un concert de casseroles prévu ce samedi

 

À lire aussi : Bilan de « ville morte » du lundi 12 octobre à Bangui : un succès total malgré les intimidations et la gratuité d’essence offerte dans les stations-services

Selon la COSIPAC, les trois leaders arrêtés préparaient un nouveau mouvement de contestation sous la forme d’un concert de casseroles. Cette mobilisation doit permettre aux habitants d’exprimer pacifiquement leur mécontentement face à la situation du pays.

 

À lire aussi : Jules Njawe célèbre le « Génie de Touadéra », mais après dix ans de pouvoir, nous avons un pays lourdement endetté, un carburant devenu hors de prix et la crise s’enflamme de partout

L’organisation invite la jeunesse centrafricaine et l’ensemble de la population à participer à cette initiative prévue ce samedi, de 18 heures à 20 heures, dans les foyers et les quartiers de Bangui. Elle appelle les citoyens à exprimer leurs revendications dans le calme et la discipline.

 

La COSCIPAC  exige la libération immédiate et sans condition des trois responsables. Elle demande également aux autorités de mettre fin aux intimidations contre les acteurs de la société civile et de privilégier le dialogue plutôt que la répression.

 

La communauté internationale interpellée

 

La Coordination prend à témoin la communauté nationale et internationale face à ces arrestations. Elle sollicite l’attention des organisations de défense des droits humains et des partenaires internationaux sur l’évolution de la situation en République centrafricaine.

 

L’organisation leur demande de suivre attentivement les événements et de veiller au respect des libertés publiques.

 

Dans son communiqué, la COSCIPAC  réaffirme que l’expression des opinions ne doit pas entraîner de sanctions et que les acteurs de la société civile doivent pouvoir exercer leurs activités sans intimidation. 

 

La COSCIPAC appelle la population centrafricaine à participer massivement au concert de casseroles prévu ce samedi pour obtenir la libération des figures de la société civile incarcérées.

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Arrestation des leaders de la société civile à Bangui : les organisations exigent leur libération immédiate

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Les organisations de la société civile centrafricaine exigent la libération immédiate et sans condition de cinq responsables arrêtés après l’appel à la journée ville morte du lundi 12 octobre. Elles dénoncent également les restrictions imposées aux visites des détenus à la Compagnie nationale de sécurité (CNS).

 

Dans une déclaration, les leaders de la société civile expriment leur indignation après l’arrestation de Quentin NGOUANDO, Elysée NGUEMALE, Stève BENDO DENY, Barry MARDIOS et Igor MOKPREM. Les cinq responsables sont accusés de prétendus troubles à l’ordre public, selon le document.

 

Arrestation des leaders de la société civile à Bangui : les organisations exigent leur libération immédiate
Paul Crescent Beninga Porte parol Gtsc

 

Après avoir appris leur arrestation, plusieurs représentants de la société civile se sont rendus à la CNS pour s’informer de leur situation. Ils affirment avoir essuyé un refus catégorique des responsables de l’institution, qui leur ont interdit toute visite aux détenus.

 

À lire aussi : Maître Crépin Mboli-Goumba : « Pleurer de honte pour votre pays ? Moi oui, et de plus en plus souvent », le président du Patri décrit la dégradation des conditions de vie et des services publics

La délégation s’est ensuite dirigée vers le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Bangui pour obtenir des explications. Informé de la situation, le magistrat s’est rendu sur place et a ordonné aux éléments de la CNS d’autoriser deux membres de la société civile à rencontrer les détenus.

 

À lire aussi : Bilan de « ville morte » du lundi 12 octobre à Bangui : un succès total malgré les intimidations et la gratuité d’essence offerte dans les stations-services

Les restrictions auraient néanmoins persisté après cette intervention. Selon la déclaration, les visites sont restées interdites, y compris pour les proches venus apporter des vivres aux personnes détenues.

 

La journée ville morte défendue comme une action pacifique

 

Les organisations contestent les accusations de troubles à l’ordre public. Elles affirment que la journée ville morte s’est déroulée sans violences, sans défilé et sans dégradation de bâtiments publics ou privés. Elles précisent qu’aucun participant n’a occupé la rue avec des armes ou des objets dangereux et que les citoyens sont restés à leur domicile.

 

Pour les signataires, la fermeture temporaire des commerces constitue une manière pacifique d’exprimer un désaccord avec une décision gouvernementale. Ils estiment qu’une telle initiative ne peut être assimilée à une révolte ou à une rébellion.

 

Les organisations invoquent également la Constitution du 30 août 2023 et les instruments internationaux relatifs aux libertés fondamentales. Elles rappellent que la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement doivent être respectés.

 

Les organisations dénoncent des intimidations

 

Face à ces arrestations, les responsables de la société civile rejettent ce qu’ils considèrent comme des tentatives d’intimidation destinées à réduire au silence les voix dissidentes. Ils demandent la libération immédiate et sans condition des cinq personnes arrêtées.

 

Les signataires appellent également la population centrafricaine au calme et à la vigilance. Ils maintiennent leur contestation des arrestations et des restrictions imposées aux visites, tout en réaffirmant leur attachement à l’expression pacifique des désaccords avec les décisions du gouvernement. 

Suite à la journée ville morte organisée à Bangui, les forces de sécurité retiennent les militants à la Compagnie nationale de sécurité, tandis que le procureur du tribunal de grande instance tente de débloquer l’accès aux détenus.

 

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Scolarisation des filles en RCA : Jéhu Henri Michel Gouandjia appelle à faire de l’éducation une priorité

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À quelques semaines après la rentrée scolaire, Jéhu Henri Michel Gouandjia appelle les familles, les communautés et les autorités centrafricaines à faire de la scolarisation des filles une priorité.

 

Pour Jéhu Henri Michel Gouandjia, l’éducation des filles ne concerne pas seulement leur avenir individuel. Elle constitue aussi un enjeu pour les familles, les communautés et le développement de la République centrafricaine. Il estime qu’une fille privée d’éducation représente un potentiel qui risque de ne pas être pleinement développé.

Scolarisation des filles en RCA : Jéhu Henri Michel Gouandjia appelle à faire de l’éducation une priorité
Monsieur Jahu Henri Michel

 

« Éduquer une femme, c’est éduquer une grande nation »

 

Dans son texte consacré à la scolarisation des filles, Jéhu Henri Michel Gouandjia résume sa vision par une formule : « Éduquer une femme, c’est éduquer une grande nation ».

 

Jéhu Henri Michel Gouandjia considère qu’une femme instruite peut contribuer à l’éducation de sa famille, au développement de sa communauté et à la progression économique et sociale du pays.

À lire aussi : Centrafrique : La dérive autoritaire du sous-préfet Évariste Ganamo à Ndim

 

Selon Jéhu Henri Michel Gouandjia, une jeune fille scolarisée peut devenir enseignante, médecin, entrepreneure, ingénieure, magistrate, journaliste, agricultrice ou dirigeante. Il estime que chaque parcours scolaire interrompu représente une possibilité de développement qui risque de ne pas être pleinement réalisée.

À lire aussi : Général Tago : « Personne ne peut nous diviser », les adversaires de Touadéra appelés à s’unir contre le pouvoir

 

Jéhu Henri Michel Gouandjia rappelle également que la réussite d’un pays ne dépend pas uniquement de ses ressources naturelles ou de ses institutions. Elle repose aussi, selon lui, sur la qualité de l’éducation accordée aux enfants, filles comme garçons.

 

La pauvreté parmi les principaux obstacles

 

Jéhu Henri Michel Gouandjia identifie plusieurs difficultés susceptibles d’empêcher les filles de poursuivre leur scolarité en République centrafricaine.

 

Il cite notamment la pauvreté des familles, les dépenses liées aux fournitures scolaires, aux uniformes et aux déplacements. Il mentionne aussi les mariages et grossesses précoces, les travaux domestiques, le manque de sensibilisation de certains parents et l’insécurité dans certaines régions.

 

À ces difficultés s’ajoutent, selon Jéhu Henri Michel Gouandjia, l’insuffisance d’infrastructures scolaires adaptées et certains préjugés qui continuent d’associer principalement l’avenir des filles au mariage et aux tâches ménagères.

 

Pour Jéhu Henri Michel Gouandjia, ces contraintes ne doivent pas conduire les familles à renoncer à la scolarité de leurs filles.

 

Changer le regard porté sur l’éducation des filles

 

Jéhu Henri Michel Gouandjia invite les familles à considérer la scolarisation des filles comme un investissement et non comme une dépense inutile.

 

Une fille instruite dispose, selon Jéhu Henri Michel Gouandjia, de davantage de moyens pour comprendre son environnement, connaître ses droits, prendre des décisions responsables et participer à la vie économique et sociale.

 

Jéhu Henri Michel Gouandjia appelle ainsi les parents à encourager leurs filles à poursuivre leurs études et à construire leurs propres ambitions. Il estime qu’une fille ne doit pas être limitée dans ses projets en raison de son sexe.

 

« Une fille ne doit pas entendre qu’elle est incapable simplement parce qu’elle est une fille », écrit Jéhu Henri Michel Gouandjia, qui souhaite voir les familles transmettre aux jeunes filles un message de confiance et d’encouragement.

 

Préparer la rentrée dès les vacances

 

À l’approche de la rentrée scolaire, Jéhu Henri Michel Gouandjia invite les parents à commencer les préparatifs sans attendre les derniers jours.

 

Il recommande notamment d’acheter progressivement les fournitures lorsque les moyens financiers sont limités. Les parents peuvent aussi discuter avec leurs filles de leur parcours scolaire et rechercher des solutions auprès des proches ou de la communauté.

 

Pour Jéhu Henri Michel Gouandjia, une préparation progressive peut permettre à certaines filles d’éviter de rester à la maison faute de moyens au moment de la reprise des cours.

 

Il invite chaque parent à se poser une question simple : « Que puis-je faire aujourd’hui pour que ma fille puisse retourner à l’école demain ? »

 

Une responsabilité qui dépasse les familles

 

Pour Jéhu Henri Michel Gouandjia, la scolarisation des filles ne peut pas reposer uniquement sur les parents. Les communautés et les autorités ont également un rôle à jouer.

 

Jéhu Henri Michel Gouandjia appelle les pouvoirs publics à renforcer les politiques éducatives et à améliorer les conditions d’apprentissage afin de permettre aux filles de poursuivre leur scolarité dans de meilleures conditions.

 

Jéhu Henri Michel Gouandjia estime que l’accès des filles à l’éducation doit rester une priorité collective, car leur formation conditionne aussi leur capacité future à participer à la vie économique, sociale et institutionnelle de la République centrafricaine.

 

Anselme Mbata

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« Nous ne produisons pas du pétrole » : l’argument de Faustin-Archange Touadéra suffit-il à justifier la flambée du carburant en RCA ?

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Faustin-Archange Touadéra invoque la dépendance de la République centrafricaine aux importations pétrolières pour justifier la nouvelle hausse des prix du carburant. Un argument qui explique la vulnérabilité du pays aux cours internationaux, mais qui ne suffit pas à expliquer pourquoi les consommateurs centrafricains supportent des prix aussi élevés.

 

« Nous ne produisons pas du pétrole », a déclaré Faustin-Archange Touadéra pour expliquer les difficultés rencontrées par le gouvernement. Selon lui, les marketeurs centrafricains achètent les produits pétroliers sur le marché international et répercutent la hausse des cours sur le marché national.

 

« Nous ne produisons pas du pétrole » : l’argument de Faustin-Archange Touadéra suffit-il à justifier la flambée du carburant en RCA ?
Manifestation contre le troisieme mandat de Faustin Archange Touadera

 

La RCA n’est effectivement pas un pays producteur de pétrole. Elle dépend des importations pour approvisionner son marché intérieur. La guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient peuvent aussi renchérir les coûts d’approvisionnement.

 

Mais cet argument ne permet pas, à lui seul, de déterminer le prix payé par les Centrafricains.

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La République centrafricaine n’est d’ailleurs pas le seul pays enclavé à dépendre des importations. Le Burkina Faso et le Mali, par exemple, dépendent également largement des importations de carburant en provenance des pays côtiers. Les difficultés d’approvisionnement peuvent donc toucher plusieurs économies qui ne produisent pas de pétrole. (Reuters⁠)

 

Des prix déjà très élevés avant la nouvelle hausse

 

Le problème centrafricain ne se limite surtout pas au fait que le pays importe son carburant.

 

En 2023, après la forte hausse décidée par le gouvernement, le FMI avait constaté que la RCA figurait déjà parmi les pays où les prix de l’essence et du diesel étaient les plus élevés au monde. L’institution avait aussi relevé que le coût d’importation payé aux importateurs constituait un élément majeur du problème. (eLibrary⁠)

 

Le FMI avait même constaté qu’en novembre 2022, le prix moyen d’importation du carburant en RCA était 1,8 fois supérieur à celui observé dans d’autres pays de la région. L’institution avait alors demandé davantage de transparence sur la formation de ce coût. (eLibrary⁠)

 

Cette donnée change considérablement la lecture du discours officiel.

 

Si le prix international augmente, la RCA en subit les conséquences. Mais lorsque le coût d’importation, les marges, les taxes et les autres composantes du prix interviennent également, la hausse à la pompe ne dépend plus uniquement du prix du pétrole sur le marché mondial.

 

Le FMI a d’ailleurs expliqué que le prix final du carburant en RCA résulte de plusieurs composantes : prix d’importation, stockage, distribution, taxes, frais et autres marges. (eLibrary⁠)

 

Pourquoi la population doit-elle toujours absorber le choc ?

 

La question devient plus sensible lorsque l’on regarde l’évolution du prix du carburant.

 

En janvier 2023, le gouvernement avait déjà augmenté fortement les tarifs. L’essence avait augmenté de 50 % et le gasoil de 70 %. Le FMI avait alors indiqué que les nouveaux prix avaient été fixés afin que la subvention soit ramenée à zéro. (Fonds Monétaire International⁠)

 

En juillet de la même année, les autorités avaient ensuite abaissé les prix pour soulager la population et limiter le développement du marché informel. (eLibrary⁠)

 

Trois ans plus tard, le gouvernement procède à une nouvelle hausse. Depuis le 1er octobre 2026, le litre de super est passé de 1 050 à 1 150 francs CFA et le gasoil de 1 250 à 1 400 francs CFA pour les particuliers. Les gros consommateurs paient davantage. (Radio Ndeke Luka⁠)

 

Cette succession de hausses et de révisions pose une question plus large : jusqu’où les ménages centrafricains peuvent-ils continuer à absorber l’augmentation des coûts alors que leurs revenus ne progressent pas au même rythme ?

 

Le carburant ne constitue pas une dépense isolée. Il intervient dans le transport des personnes, l’acheminement des marchandises, le fonctionnement des entreprises et une grande partie de l’activité économique.

 

Chaque hausse peut donc se transmettre aux prix des produits vendus sur les marchés.

 

Le FMI avait déjà pointé le problème des coûts d’importation

 

Le discours de Faustin-Archange Touadéra mérite d’autant plus d’être examiné que le FMI avait déjà identifié des problèmes internes au fonctionnement du marché centrafricain des carburants.

 

L’institution avait notamment dénoncé le manque de transparence dans la fixation du coût d’importation et relevé que les prix déclarés par les importateurs pouvaient conduire à des marges importantes. Elle avait recommandé l’utilisation d’un prix international de référence et un système d’importation plus transparent. (Fonds Monétaire International⁠)

 

En 2024, le FMI indiquait encore que le marché des carburants connaissait des coûts d’importation prohibitifs et que la réforme du secteur devait permettre de réduire le coût de la vie et d’améliorer les recettes publiques. (Fonds Monétaire International⁠)

 

Le débat ne peut donc pas se limiter à une phrase : « nous ne produisons pas du pétrole ».

Les données du FMI confirment que le coût d’importation élevé et le manque de transparence sur le marché des carburants pèsent lourdement sur l’économie centrafricaine.

 

La véritable question est de savoir pourquoi, dans un pays qui importe son carburant, le consommateur doit régulièrement supporter l’intégralité ou une grande partie des chocs, alors que le mécanisme de formation du prix reste un sujet de préoccupation pour les institutions financières internationales.

 

Une population qui paie toujours davantage

 

Le problème est aussi social.

 

Lorsque le prix du carburant augmente dans un pays où les salaires restent faibles, où l’emploi formel demeure limité et où une grande partie de la population vit déjà avec des revenus réduits, l’impact dépasse largement la facture à la station-service.

 

Le transport augmente. Les marchandises coûtent plus cher à acheminer. Les entreprises voient leurs charges progresser. Les commerçants répercutent une partie de ces coûts. Les ménages finissent par payer la différence.

 

Dans ce contexte, demander aux Centrafricains de comprendre la hausse au nom du marché international ne répond pas entièrement à la question de leur pouvoir d’achat.

 

La dépendance pétrolière de la RCA est une réalité. Les tensions internationales sont également une réalité. Mais elles ne suffisent pas à expliquer à elles seules le niveau du prix payé à la pompe.

 

Le FMI l’avait déjà relevé : le prix du carburant en RCA dépend aussi de la structure du marché, du coût d’importation, des marges, des taxes et des mécanismes de fixation des prix. (eLibrary⁠)

 

La question posée par la nouvelle hausse est donc plus large que celle de l’absence de pétrole en RCA : combien les Centrafricains doivent-ils encore payer pour compenser les difficultés du marché pétrolier, alors que la transparence sur la formation du prix et la capacité d’achat de la population restent au cœur du problème ? 

 

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Carburant en Centrafrique : Mouammar Bengué-Bossin réclame une baisse à 800 francs CFA et le retour des Chinois à Boromata

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Mouammar Bengué-Bossin, Président du Front populaire Zo Kwè Zo, demande une baisse du prix du carburant à 800 francs CFA le litre. Dans une déclaration datée du 14 octobre 2026, il propose également de relancer le projet pétrolier de Boromata avec des partenaires chinois.

 

Dans ce texte consacré à la situation politique et économique de la République centrafricaine, Mouammar Bengué-Bossin critique la gestion du secteur pétrolier par Faustin-Archange Touadéra. Il estime que la baisse du prix à la pompe doit s’accompagner d’une relance de l’exploitation des ressources naturelles du pays.

 

Carburant en Centrafrique : Mouammar Bengué-Bossin réclame une baisse à 800 francs CFA et le retour des Chinois à Boromata
monsieur Mouammar Bengué-Bossin , de son vrai nom Mathurin Bengué Bossin

 

Une baisse du carburant à 800 francs CFA

 

Mouammar Bengué-Bossin demande aux autorités de réduire le prix du carburant à 800 francs CFA le litre. Il considère cette mesure comme une réponse immédiate aux difficultés économiques des ménages et des opérateurs économiques.

 

À lire aussi : Centrafrique : la ville morte suivie à 80 % à Bangui malgré les tentatives du gouvernement

Il évoque les prix appliqués en Centrafrique, qu’il présente comme particulièrement élevés. Il accuse également les autorités de maintenir une surfacturation du carburant et met en cause la gestion du secteur par le ministre de l’Énergie, Arthur Bertrand Piri, qu’il présente comme un proche parent de Faustin-Archange Touadéra.

 

À lire aussi : Cent (100) jours de Moloua 3 : reportage sur le terrain, de Bangui à Bangassou

Ces accusations relèvent de sa déclaration et nécessitent des éléments indépendants pour établir les responsabilités qu’il avance.

 

Pour le responsable du Front populaire Zo Kwè Zo, une baisse des prix ne suffirait pas à résoudre durablement les difficultés du secteur. Il estime que le pays doit aussi développer sa propre production pétrolière afin de réduire sa dépendance aux importations.

 

Le retour des partenaires chinois à Boromata

 

Mouammar Bengué-Bossin propose de reprendre le projet d’exploitation pétrolière de Boromata, dans le nord-est de la République centrafricaine, avec des partenaires chinois.

 

Selon son récit, des ingénieurs chinois étaient proches du démarrage de l’exploitation avant la chute de François Bozizé, en mars 2013. Il affirme que ce projet aurait pu procurer des recettes importantes à l’État et contribuer au financement des infrastructures, de l’éducation et de la santé.

 

Il accuse la France d’avoir favorisé la déstabilisation du régime de François Bozizé pour empêcher le développement de ce projet pétrolier. Sa déclaration ne fournit pas, à elle seule, de documents permettant de confirmer cette accusation ni le calendrier précis des travaux qu’il évoque.

 

Le responsable politique reproche également à Faustin-Archange Touadéra de ne pas avoir relancé ce projet depuis son arrivée au pouvoir en 2016. Il estime que l’exploitation des ressources pétrolières pourrait augmenter les recettes publiques et donner au gouvernement davantage de moyens pour financer les services essentiels.

 

Plusieurs partenaires pour les ressources pétrolières

 

Au-delà de Boromata, Mouammar Bengué-Bossin propose de confier l’exploitation de différents gisements à plusieurs partenaires étrangers. Il cite notamment la Chine pour Boromata et la Russie pour le pétrole de Pangasso. Il évoque également d’autres possibilités pour les gisements qu’il associe à Carnot, à Mungoba et à Ndélé.

 

Son projet repose sur une diversification des partenariats pétroliers et miniers. Il souhaite que les ressources naturelles contribuent davantage aux recettes de l’État et au développement économique.

 

Il critique parallèlement la coopération maintenue avec la France dans plusieurs domaines. Selon lui, cette relation limite les possibilités de la Centrafrique de développer ses ressources avec d’autres partenaires. Ces affirmations constituent son analyse politique et ne sont pas établies par la seule déclaration.

 

Des recettes pétrolières pour financer les services publics

 

Le projet pétrolier de Boromata et l’exploitation des gisements de Pangasso doivent être relancés pour augmenter les recettes publiques et financer les services essentiels du pays.

Mouammar Bengué-Bossin estime que l’exploitation industrielle du pétrole, de l’or et du diamant pourrait accroître les revenus de l’État centrafricain. Il relie cette perspective au financement des routes, des établissements scolaires, des structures sanitaires et de la formation professionnelle.

 

Il compare notamment les recettes publiques de la Centrafrique à celles du Gabon, qu’il attribue largement à l’exploitation du pétrole et du manganèse. Il cite 206 milliards de francs CFA de recettes propres pour la Centrafrique, contre 7 200 milliards pour le Gabon en 2026. Ces chiffres doivent être comparés à partir des documents budgétaires correspondants, en vérifiant leur périmètre et leur période.

 

Le responsable du Front populaire Zo Kwè Zo défend ainsi deux mesures complémentaires : une réduction immédiate du prix du carburant et une relance de la production pétrolière nationale. Il demande au gouvernement de privilégier cette orientation pour augmenter les ressources financières du pays et réduire sa dépendance aux importations. 

 

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FLASH INFO : Quatre responsables de la société civile arrêtés à Bangui

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Quatre responsables de la société civile ont été arrêtés ce jeudi 15 octobre 2026 au Centre Saint-Jean-XXIII, à Bangui, alors qu’ils s’apprêtaient à tenir une conférence de presse sur la hausse du prix du carburant, la vie chère et la mauvaise gouvernance. Parmi eux figurent Quentin Ngouandé, de la plateforme I Gwé, et Élysée Nguémalé, de l’Observatoire pour la gouvernance démocratique en Centrafrique (OGDC).

 

Selon les premières informations recueillies, l’arrestation a été menée par des éléments de la FICU (Force d’intervention et de contrôle urbain) et de la CNS (Compagnie nationale de sécurité). Les personnes interpellées sont actuellement entre les mains de ces forces de l’ordre.

 

FLASH INFO : Quatre responsables de la société civile arrêtés à Bangui
M. Elysée NGUEMALE, Coordonnateur de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique à gauche et M. Quentin NGOUANDO, Coordonn

 

Cette arrestation intervient au lendemain d’une journée de tension. Ce mercredi 14 octobre, dans l’après-midi, des soutiens du pouvoir s’étaient rendus au tribunal pour déposer plainte contre les responsables de la société civile, accusés d’avoir organisé une « ville morte » le lundi 12 octobre. Une action largement suivie, selon plusieurs sources.

 

Ce nouvel épisode suscite de vives inquiétudes quant au respect des libertés fondamentales, notamment la liberté de réunion et d’expression, dans un contexte déjà marqué par des tensions sociales et politiques.

À lire aussi : LE BILAN EST TRÈS POSITIF : VIRGINIE NAPOLITANO DÉCRYPTE L’ACTION DE MSF EN CENTRAFRIQUE

 

Nous y reviendrons avec plus de détails dans nos prochaines éditions.

À lire aussi : Au Sénat français, l’ancienne ministre centrafricaine Marie-Reine Hassen dénonce la « machine de terreur économique » russe en Centrafrique

 

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Quentin Ngouandé et Élysée Nguemalé préparaient une intervention publique sur la hausse du prix du carburant lorsque les forces de l’ordre ont agi.

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Hausse du prix du carburant : Quentin Claver NGBOUANDO et Elysée NGUÉMALÉ exigent un retour des prix sous 900 FCFA

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La plateforme iGwé et l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique (OGDC) demandent au gouvernement de ramener le prix des hydrocarbures à moins de 900 FCFA après la nouvelle hausse appliquée à la pompe.

 

Cette exigence a été formulée jeudi 8 octobre 2026 au Centre Saint Jean XXIII à Bangui par Quentin Claver NGBOUANDO, Coordonnateur de la plateforme iGwé, et Elysée NGUÉMALÉ, Coordonnateur de l’OGDC.

Hausse du prix du carburant : Quentin Claver NGBOUANDO et Elysée NGUÉMALÉ exigent un retour des prix sous 900 FCFA
M. Elysée NGUEMALE, Coordonnateur de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique à gauche et M. Quentin NGOUANDO, Coordonn

 

 

Dans leur déclaration, les deux organisations rejettent la nouvelle hausse du prix du carburant. Elles estiment qu’elle intervient dans un contexte marqué par la cherté de la vie, la pauvreté et la baisse du pouvoir d’achat des ménages.

 

Pour iGwé et l’OGDC, le gouvernement doit revenir sur sa décision et réduire les prix des hydrocarbures. Leur première exigence porte sur un retour des prix à un niveau inférieur à 900 FCFA.

À lire aussi : Centrafrique : vaste opération de la Police des Mines contre le travail illégal à Bozoum, pour quel résultat ?

 

Les organisations demandent également au gouvernement d’expliquer précisément la composition du prix du carburant. Elles veulent notamment connaître les différentes taxes appliquées, les marges et les coûts intégrés dans le prix payé à la pompe.

À lire aussi : Centrafrique : les zones d’ombre de la « Cellule de veille communicationnelle » de Ngamana

 

Quentin Claver NGBOUANDO estime que la population doit pouvoir connaître l’affectation des nouvelles charges fiscales et parafiscales liées à cette augmentation. Il évoque à ce sujet la nécessité d’une transparence fiscale.

 

La société civile réclame aussi l’ouverture d’un cadre de concertation avec les acteurs économiques du secteur pétrolier, les organisations de la société civile, les syndicats et les usagers.

 

Pour iGwé et l’OGDC, cette concertation doit permettre d’examiner la structure des prix et les conséquences de la hausse sur les différentes catégories de consommateurs.

 

Les deux organisations ont inscrit ces revendications dans leur mobilisation contre la nouvelle tarification des hydrocarbures. Elles demandent au gouvernement de revoir les prix tout en rendant publiques les données permettant de comprendre leur fixation.

 

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Les responsables exigent du gouvernement la publication des taxes sur les hydrocarbures pour assurer une transparence fiscale totale auprès des consommateurs.

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Jules Njawe célèbre le « Génie de Touadéra », mais après dix ans de pouvoir, nous avons un pays lourdement endetté, un carburant devenu hors de prix et la crise s’enflamme de partout

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Jules Njawe a présenté Faustin-Archange Touadéra comme un dirigeant doté d’un « génie conceptuel et imaginaire » pour avoir, selon lui, trouvé le « juste milieu » face à la hausse des prix des hydrocarbures. Cette déclaration intervient alors que les Centrafricains supportent une forte augmentation du prix du carburant après dix années de pouvoir de Touadéra.

 

Dans son intervention, Jules Njawe affirme également que le gouvernement travaille depuis dix ans à trouver une solution pour exploiter le pétrole présent dans le sous-sol centrafricain. Il présente cette perspective comme l’une des réponses permettant au pays de réduire sa dépendance aux importations de produits pétroliers.

Jules Njawe  célèbre le « Génie de Touadéra », mais après  dix ans de pouvoir, nous avons un pays lourdement endetté, un carburant devenu hors de prix et la crise s’enflamme de partout
le camerounais Jules Njawé. conseiller du dictateur de Bangui, Faustin Archange Touadera

 

Dix ans de pouvoir et le « génie » vanté par Jules Njawe

 

Le problème posé par cette déclaration n’est pas l’existence du pétrole dans le sous-sol centrafricain. Il porte sur le bilan concret que l’on peut associer à cette prétendue capacité exceptionnelle de gouvernance.

À lire aussi : David Gbéti : « Nous faisons face à un problème d’absence totale de patriotisme et à la faillite morale des autorités »

 

Depuis l’arrivée de Faustin-Archange Touadéra au pouvoir, le pays a connu plusieurs annonces concernant le pétrole, les ressources naturelles, les infrastructures et le développement économique. Mais pour les Centrafricains, la question reste celle des résultats visibles dans leur quotidien.

À lire aussi : Hôpital des grandes endémies de PK24 : simple vitrine mensongère d’un système de santé pourri jusqu’à l’os par la corruption touadériste

 

Le carburant fournit aujourd’hui un exemple particulièrement parlant. Alors que Jules Njawe demande à la population de comprendre que la hausse serait essentiellement liée au marché international, les prix à la pompe ont fortement progressé au cours de la dernière décennie.

 

Le litre qui coûtait autour de 800 francs CFA en 2016 se retrouve aujourd’hui à un niveau largement supérieur. Pour une population dont les revenus restent faibles, cette évolution pèse directement sur le transport, les prix des marchandises et le coût de la vie.

 

Le pétrole du pays reste une promesse

 

Jules Njawe affirme que le gouvernement travaille depuis dix ans à l’exploitation du pétrole centrafricain. Cette déclaration mérite d’être confrontée au calendrier politique du pouvoir.

 

Dix années constituent une période suffisamment longue pour demander ce qui a réellement été accompli. Où en est concrètement l’exploitation ? Quelle production nationale est disponible ? Quelles recettes pétrolières sont déjà entrées dans les caisses de l’État ? Quel impact cette politique a-t-elle eu sur le prix du carburant payé par les Centrafricains ?

 

Ces questions ne relèvent pas d’un débat idéologique. Elles concernent directement la gestion des ressources nationales.

 

La présence de pétrole dans le sous-sol ne suffit pas. Un gouvernement doit être capable de transformer cette richesse potentielle en activité économique, en recettes publiques, en infrastructures et en amélioration des conditions de vie.

 

Un pays toujours dépendant des importations

 

La RCA continue de dépendre des importations pour son approvisionnement en carburant. Cette dépendance est précisément celle que Jules Njawe reconnaît lorsqu’il explique que le pays subit les variations du marché mondial.

 

Mais après dix ans de pouvoir, cette dépendance ne peut pas être présentée uniquement comme une fatalité internationale. Elle doit aussi être examinée à travers les choix effectués par les autorités centrafricaines.

 

Le mode d’approvisionnement du pays a également évolué. Le carburant destiné au marché centrafricain ne provient plus uniquement des circuits précédemment utilisés depuis la région de Brazzaville. L’approvisionnement passe désormais notamment par le Cameroun, avec des conséquences sur les coûts de transport et la chaîne logistique.

 

Dans ce contexte, la hausse du prix à la pompe mérite une explication complète. Elle ne peut pas être réduite à une formule générale sur les cours mondiaux du pétrole ou aux conséquences des guerres internationales.

 

Un pays qui attend encore des résultats

 

La question du carburant s’inscrit dans un problème plus large. Après dix ans de pouvoir, les difficultés concernant les routes, la sécurité, l’accès aux services essentiels, l’activité économique et les finances publiques restent au cœur des préoccupations des Centrafricains.

 

Le pays reste confronté à une dette importante et à de lourdes difficultés économiques. Une grande partie du territoire échappe encore au contrôle effectif de l’État, tandis que les infrastructures routières demeurent insuffisantes pour relier correctement les différentes régions du pays.

 

Dans ces conditions, parler du « génie » d’un dirigeant exige de regarder les résultats de sa gouvernance. Un génie politique ne se mesure pas seulement à la capacité de produire des discours ou de multiplier les annonces. Il se mesure aussi à la capacité de transformer les ressources du pays et les moyens de l’État en résultats concrets pour la population.

La hausse continue du prix du carburant pénalise l’économie centrafricaine, tandis que l’exploitation des ressources naturelles demeure une simple promesse après dix ans de gestion.

 

Le discours politique face à la réalité quotidienne

 

La déclaration de Jules Njawe intervient surtout au moment où les Centrafricains cherchent des explications à l’augmentation du carburant. Son discours consiste principalement à dédouaner le président Touadéra et son gouvernement en attribuant la hausse au marché international.

 

Cette lecture laisse de côté la responsabilité des autorités dans les décisions économiques et dans la gestion de l’approvisionnement national.

 

Les Centrafricains ne vivent pas dans les discours. Ils paient le transport, les denrées alimentaires, les services et le carburant avec leurs revenus. Lorsque le prix du carburant augmente, l’ensemble de l’économie ressent cette hausse.

 

Après dix ans de pouvoir, la question n’est donc pas de savoir si Faustin-Archange Touadéra peut être qualifié de « génie » par Jules Njawe. Elle est de savoir quels résultats concrets permettent de justifier cette qualification.

 

Entre les promesses d’exploitation du pétrole, la dépendance persistante aux importations, la hausse du prix du carburant, l’endettement et l’état des infrastructures, le bilan de dix années de gouvernance reste le véritable élément à examiner.

 

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Centrafrique : l’évêque Aurelio Gazzera dit tout haut ce que le pouvoir cache à la communauté internationale

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Dans son coin du pays, loin de Bangui, un homme de Dieu prend la parole. Monseigneur Aurelio Gazzera, évêque de Bangassou, vit au milieu des gens oubliés. Il voit ce que les ministres ne voient pas. Il entend ce que le palais ne veut pas entendre.

 

Alors que le pouvoir répète partout que le pays est en paix et qu’il se reconstruit, l’évêque, lui, raconte une autre histoire. Celle d’un pays qui va mal. Celle d’un peuple qui souffre et qui attend.

 

Centrafrique : l’évêque Aurelio Gazzera  dit tout haut ce que le pouvoir cache à la communauté internationale
Image d’illustration des jeunes centrafricains arrêtés par les mercenaires russes du groupe Wagner, appuyés par des gendarmes, policier et FACA

 

Dans une interview donnée à la presse italienne, il ne tourne pas autour du pot. Il dit simplement : « Il est très difficile d’avoir une classe politique à la hauteur et réellement engagée pour le bien commun. » Une phrase courte. Mais elle dit tout.

 

À lire aussi : Hausse du prix du carburant : la société civile, représentée par l’OGDC et l’I Gwé dénoncent une « décision fantôme » sans base juridique

Pour lui, le problème est simple : ceux qui dirigent ne pensent pas au peuple. Ils pensent à eux. Dans la région du Mbomou, comme dans presque toutes les provinces, l’État n’est nulle part. Pas de routes. Pas d’écoles. Pas d’hôpitaux. Les quelques centres de santé et les écoles qui tiennent encore debout, c’est grâce aux religieux et aux ONG. Pas grâce au gouvernement.

 

À lire aussi : Drame du lycée Boganda : Yves Sanghamy dénonce l’échec du pouvoir face à une tragédie qui endeuille la jeunesse centrafricaine

Pendant ce temps, à Bangui, les proches du président voyagent, s’amusent et prennent l’argent du pays. Avec l’aide de leurs amis russes de Wagner, ils pillent les richesses. Et le peuple ? Il est laissé à lui-même. Sans rien. Sans espoir.

 

Monseigneur Gazzera ne s’arrête pas là. Il parle aussi du manque d’amour pour le pays. Pour lui, ceux qui gouvernent ont trahi leur mission. Ils n’investissent pas dans l’éducation. Ils n’aident pas les jeunes. Ils ne construisent rien. Résultat : toute une génération grandit dans la misère, sans avenir, facile à manipuler par les groupes armés.

 

Ce que dit cet évêque est grave. Et il le dit avec courage. Sa voix compte, car tout le monde la respecte. Son message est clair : Faustin-Archange Touadéra et son gouvernement ne méritent pas la confiance du peuple.

 

Sans justice. Sans bonne gouvernance. Sans amour du bien commun. Le pouvoir de Bangui ne fait que laisser le pays mourir un peu plus chaque jour.Centrafrique : l’évêque Gazzera dit tout haut ce que le pouvoir cache

 

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L’évêque déplore une classe politique incapable de répondre aux attentes de la population, tandis que le gouvernement abandonne les provinces aux groupes armés.

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Événements de 1979, un pan sur le déclenchement en Centrafrique

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En 1979, Sa majesté règne sans partage depuis sa cour impériale de Berengo. Henry Maïdou est Premier Ministre à Bangui. Mr Psymhis Ministre de l’éducation nationale avec bureau au Building administratif quand les Événements de 1979 se sont déclanchés.

 

Il y a des coopérants partout ; des Russes, des français, des américains. Ils se côtoient au rythme de la guerre froide. En Afrique, la Rhodésie du Sud, la Namibie font l’histoire des guerres de libérations nationales. En RCA, les Russes rivalisent avec les américains. Il y a des professeurs Russes dans enseignants les mathématiques et la langue russe dans presque tous les établissements.

Événements de 1979, un pan sur le déclenchement en Centrafrique

 

Fin 1978, une ordonnance du Premier Ministre instaure le port obligatoire de tenue pour les élèves dans tous les établissements d’enseignement primaire et secondaire. La maison le Pacifique, propriété de l’impératrice Catherine Bokassa a le monopole de la confection et la vente exclusive des tenus.

 

Au niveau politique, la situation socioéconomique est précaire depuis que la RCA a été érigée en empire. Les salaires ne sont plus payés régulièrement. Le ramassage des produits vivriers ou des produits agricoles de rente qui sont le café et le coton connait un net ralentissement.  L’argent ne circule plus et les parents ne peuvent s’acquiter de l’obligation qui est la leur ‘’payer les tenus’’

 

Avec les chansons de Boy Marley, les  luttes contre le système ‘‘Apartheid’’ , la lutte pour l’independance du Zimbabwe, etc…la jeunesse avait une seule préoccupation : transformer nos nations africaines pour sortir de la dépendances …ne plus dépendre de l’aide extérieure, fabriquer tout sur place, savoir faire les choses nous-mêmes, Après l’université et la Télévision à  Bangui, on rêvait de voir Bambari deuxième capitale, on rêvait d’être des champions d’Afrique en tout. On ne rêvait pas d’être aidé …On se voyait donneur d’aide, etc.

 

Du 19 au 22 janvier 1979 Bangui vit au rythme des revendications scolaires. La répression de ces manifestations est sanglante avec des centaines de morts et plusieurs centaines de blessés.

 

Tout commence ce matin du 19 par l’information de l’arrestation de Gotoas Nouzon proviseurs du Lycée B. Boganda et Alfonse Blagué directeur de l’évo’e Normale Supérieure. Ils arrêtés car accusés  avoir donné plusieurs conférences de sensibilisation des élèves et écoliers dans les mois qui ont précédés . Mis au courant, les élèves du Lycées technique sortent des classes, descendent au Lycée Boganda et font sortir tout le monde. De là le mouvement envahi le CPJ et le cortège descend au Building administratif siège du Ministère de l’éducation nationale. La répression des rassemblements devant le building se termine avec repli des élèves vers les quartiers Malimaka, Fouh et Boy0Rabe.

 

Des tirs à Fouh l’actuel central avec des morts et des blessés. Le lendemain  grand rassemblement devant l’église de Gbafio avec le ralliement de l’Université et récupération du mouvement par Albert Ndodé, président de l’ANECA. Les élèves du Lycée Bokassa évitent eux de participer d’être indexés.  Le Lycée Bokassa n’avait donc ni pas participé aux manifestations de février 1979 ni à celle d’avril 1979.

 

Le 29 janvier, une semaine après les premières manifestations, les enseignants déclenchent un vaste mouvement revendicatif. Leurs salaires n’ont pas été versés depuis deux mois. Réunis au centre protestant pour la jeunesse, ils rédigent une motion à l’adresse du gouvernement. Ils exigent le paiement des salaires le 28 de chaque mois et demande l’abolition de l’ordonnance qui accorde priorité absolue aux militaires et policiers de tuer.

 

A la restauration de la République  suite au départ de Bokassa, le Lycée Bokassa est rebaptisé Lycée des Martyrs. L’université Jean-Bédel Bokassa est rebzotisée Université de Bangui juste pour effacer le Nom de Bokassa.

 

Le reste de l’histoire , la suite de l’histoire donne raison à l’histoure.

 

La jeunesse centrafricaine n’a pas encore finalisé le pari de la conjugaison politique qui est celle du passé, présent et future

 

La jeunesse centrafricaine veut d’abord vivre le présent, profité du présent , vivre aujourd’hui et maintenant sauf qu’il faut bâtir le ‘‘maintenant’’ en prenant pour référence ‘‘hier’’ .

 

Au rythme où va le ‘‘présent’’, le  ‘‘futur’’ risquerait de devenir introuvable

 

Par Jean-Pierre Mara, ancien élève du Lycée technique, Président de l’ASELT (Association des Élèves du Lycée Technique) année scolaire 78-79 et 79-80

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Centrafrique : la CVJRR forme les professionnels des médias avant le lancement de ses travaux de recherche de la vérité

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La Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CVJRR) a organisé ce mardi 13 octobre 2026 un atelier d’information et de renforcement des capacités des professionnels des médias au stade 20 000 places, à Bangui. Le président de la commission, Dr Henri Yenzapa, a présenté le mandat de l’institution et insisté sur le rôle des journalistes dans la sensibilisation de la population avant les prochaines phases de recherche de la vérité.

 

Journalistes, blogueurs et autres professionnels des médias ont pris part à cette rencontre consacrée au mandat de la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CVJRR). Des partenaires de l’organisation, dont la Division des droits de l’homme de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) et le Haut Conseil de la communication (HCC), étaient également présents.

Centrafrique : la CVJRR forme les professionnels des médias avant le lancement de ses travaux de recherche de la vérité
Dr Henri YENZAPA, Président de la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CVJRR). Photo CNC

 

L’atelier visait à permettre aux professionnels des médias de mieux comprendre les missions de la commission, son fonctionnement et les responsabilités qui leur incombent dans la diffusion des informations relatives au processus de vérité et de réconciliation nationale.

 

À l’ouverture des travaux, le président de la CVJRR, Dr Henri Yenzapa, a présenté la collaboration avec les médias comme une étape nécessaire à l’accomplissement du mandat de l’institution. Il a appelé les journalistes à contribuer à la diffusion d’informations fiables, tout en respectant les principes éthiques liés au traitement des violations des droits humains et aux témoignages des victimes.

À lire aussi : Centrafrique : la ville morte suivie à 80 % à Bangui malgré les tentatives du gouvernement

Centrafrique : la CVJRR forme les professionnels des médias avant le lancement de ses travaux de recherche de la vérité
Photo de famille de l’atelier de l’information des professionnels des Médias sur le Mandat de la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réc

 

Henri Yenzapa appelle les journalistes à accompagner la recherche de la vérité

 

À lire aussi : N’Djamena lance un sévère avertissement à Bangui suite à une attaque des mercenaires russes du groupe Wagner sur son territoire et convoque l’ambassadeur centrafricain

Dans son discours d’ouverture, le président de la CVJRR a expliqué que la rencontre devait établir un lien entre la recherche de la vérité et le travail d’information des médias.

 

« Bâtir des ponts entre la recherche de la vérité et l’information », a-t-il déclaré pour résumer l’objectif de cette collaboration.

 

Le président de la commission a rappelé que la République centrafricaine avait connu plusieurs périodes de violences, des divisions et de graves violations des droits humains. Ces événements ont affecté les communautés et fragilisé les relations sociales.

 

Face à ce passé, il a présenté la recherche de la vérité, la justice et la réconciliation comme les fondements du travail confié à la commission. Il a estimé que les médias ne devaient pas rester de simples observateurs de ce processus.

 

Selon Henri Yenzapa, les journalistes peuvent contribuer à faire connaître les missions de l’institution, à diffuser les informations relatives à ses activités et à permettre aux victimes de faire entendre leurs témoignages dans des conditions respectueuses de leur dignité.

 

« Une commission vérité ne peut accomplir sa mission dans le secret », a-t-il déclaré, en insistant sur la nécessité d’une collaboration avec les professionnels des médias.

 

Cette coopération doit permettre à la population de mieux comprendre le mandat de la CVJRR, y compris dans les régions éloignées de Bangui. Pour le président de la commission, l’information doit atteindre les différentes communautés afin qu’elles puissent comprendre les objectifs et les étapes du processus.

 

La protection des victimes et la vérification des faits au centre des échanges

 

Henri Yenzapa a également attiré l’attention des participants sur les risques liés au traitement médiatique des questions de justice transitionnelle.

 

La publication d’informations sur les violences passées, les témoignages des victimes et les responsabilités présumées peut raviver des tensions. Elle exige donc une vérification rigoureuse des faits et le respect des règles déontologiques.

 

Le président de la CVJRR a notamment insisté sur la protection de l’anonymat et de la sécurité des victimes et des témoins. Il a demandé aux journalistes de faire preuve de mesure et de sensibilité dans leurs reportages, afin d’éviter de nouvelles souffrances aux personnes concernées.

 

Il a également rappelé que les micros, les caméras, les articles de presse et les plateformes numériques peuvent contribuer soit à accentuer les divisions, soit à favoriser la compréhension et l’apaisement.

 

L’atelier devait ainsi permettre aux participants de partager leurs expériences, de poser leurs questions et de formuler des recommandations pratiques pour améliorer leur collaboration avec la commission.

 

L’objectif était de promouvoir un traitement de l’information adapté aux enjeux de paix, de justice et de réconciliation, sans compromettre la sécurité des personnes qui pourraient témoigner devant l’institution.

 

La CVJRR veut éclairer les événements survenus entre 1959 et 2019

 

Dans une interview accordée à l’issue de l’atelier, le président de la commission a précisé les raisons de cette rencontre avec les professionnels des médias.

 

« Nous avons organisé un atelier de renforcement des capacités des professionnels des médias, un atelier d’information et de collaboration », a expliqué Henri Yenzapa.

 

Il a présenté cette initiative comme la suite des rencontres déjà organisées avec les organisations de la société civile et les institutions nationales. Les médias constituent une autre catégorie d’acteurs que la commission souhaite informer avant d’intensifier ses activités sur le terrain.

 

Selon lui, les journalistes doivent maîtriser le fonctionnement de la CVJRR pour mieux expliquer ses missions à la population. Cette sensibilisation doit permettre aux citoyens d’accéder à une information plus claire sur le processus engagé.

 

Le président a également détaillé la période historique couverte par le mandat de la commission. Celle-ci doit examiner les événements survenus entre 1959 et 2019, depuis la disparition de Barthélemy Boganda jusqu’aux crises et conflits qui ont marqué les dernières décennies.

 

« C’est de chercher à éclairer ce qui s’était passé depuis 1959, depuis la disparition de feu Barthélemy Boganda, jusqu’en 2019 », a-t-il déclaré.

 

Henri Yenzapa a notamment cité les meurtres commis sous le régime impérial de Jean-Bédel Bokassa, les mutineries et les différentes rébellions parmi les événements concernés par les travaux de la commission.

 

Ces investigations doivent contribuer à établir la vérité sur les faits entrant dans le champ de son mandat. Elles s’inscrivent dans une démarche qui associe la recherche de la vérité, la justice, la réparation et la réconciliation nationale.

 

Les confessions religieuses seront les prochaines interlocutrices de la commission

 

Le président de la CVJRR a précisé que l’atelier organisé au stade de 20 000 places était exclusivement destiné aux professionnels des médias. D’autres catégories d’acteurs ont déjà été associées aux activités de sensibilisation de l’institution.

 

Sous la direction d’Henri Yenzapa, la MINUSCA et la CVJRR unissent leurs efforts pour encadrer les journalistes dans cette démarche de justice transitionnelle en Centrafrique.

La commission prévoit notamment de rencontrer les confessions religieuses la semaine suivant l’atelier. Cette démarche doit permettre aux Églises, aux paroisses et aux communautés musulmanes de mieux connaître le mandat de la CVJRR et de participer à la sensibilisation de la population.

 

« Après les médias, nous allons aborder les confessions religieuses, pour que toutes les églises, toutes les paroisses, tous les musulmans parlent de cette commission », a expliqué Henri Yenzapa.

 

Le président estime que les responsables religieux peuvent contribuer à faire connaître les objectifs de l’institution auprès des communautés qu’ils encadrent. Leur participation doit faciliter la compréhension du processus avant les prochaines étapes des travaux.

 

Il a indiqué que la commission espérait entrer dans une phase effective de recherche de la vérité à la fin de l’année 2026.

 

Henri Yenzapa appelle à prolonger la collaboration avec les médias

 

Dans son discours de clôture, le président de la CVJRR a salué la participation des journalistes et les échanges organisés au cours de la journée de travail, qui a débuté à 10 heures.

 

Il a estimé que les discussions avaient permis aux participants de mieux comprendre leur responsabilité dans le processus de vérité et de réconciliation nationale.

 

Pour Henri Yenzapa, la commission ne peut pas remplir seule son mandat. Elle a besoin de relais crédibles, impartiaux et courageux pour diffuser ses informations et permettre aux victimes de faire entendre leur voix.

 

Il a rappelé que les professionnels des médias disposent de plusieurs moyens pour expliquer les missions de la commission, notamment la presse écrite, la radio, la télévision et les plateformes numériques.

 

Le président a également insisté sur la nécessité d’un journalisme sensible aux conflits, capable de traiter les faits sans raviver les tensions ni porter atteinte à la dignité des victimes. Les recommandations formulées par les participants doivent, selon lui, faire l’objet d’un suivi avec les partenaires techniques et financiers.

 

La commission entend notamment améliorer l’accès des journalistes aux informations officielles relatives à ses activités.

 

Henri Yenzapa a enfin invité les professionnels des médias à maintenir leur engagement pendant les prochaines phases du mandat, en particulier les périodes de déposition et d’audition. Il souhaite que cette collaboration dépasse le cadre de l’atelier et se poursuive tout au long du processus de recherche de la vérité.

 

En déclarant officiellement clos les travaux, le président de la CVJRR a appelé les journalistes à contribuer à la sensibilisation de la population et à accompagner les efforts de réconciliation nationale en République centrafricaine.

 

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À peine revenu aux affaires, Jean Symphorien Mapenzi choisit en un clin d’œil de tourner le dos aux fonctionnaires de l’assemblée nationale qui réclament désespérément leurs arriérés de salaires

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L’indifférence s’installe désormais au perchoir de l’assemblée nationale. À peine revenu aux affaires, Jean Symphorien Mapenzi choisit de tourner le dos aux fonctionnaires de l’institution qui réclament désespérément leurs arriérés de salaires depuis des mois.

 

Jean Symphorien Mapenzi utilise l’oubli comme une stratégie de défense. Interrogé par le journaliste de la radio Ndékè-luka sur la crise sociale qui secoue l’administration parlementaire, le vice-président s’est fendu d’un aveu d’impuissance calculé. En affirmant ne rien savoir des dossiers en cours, il tente de s’exonérer d’une situation dont son propre camp politique est pourtant l’unique responsable. Ce refus d’assumer la continuité des engagements de l’État montre que pour ce haut dirigeant, la survie financière des travailleurs n’est pas une priorité de sa nouvelle mandature.

À peine revenu  aux affaires, Jean Symphorien Mapenzi choisit en un clin d’œil de tourner le dos aux fonctionnaires de l'assemblée nationale  qui réclament désespérément leurs arriérés de salaires

 

 

Le discours de Mapenzi cherche à déplacer la faute vers le ministère des Finances, transformant une urgence humaine en une simple affaire de paperasse. Il prône l’aciduité et la discipline pour ses troupes, mais reste muet dès qu’il s’agit de garantir la dignité de ceux qui font tourner la machine législative. Cette posture témoigne d’une déconnexion profonde avec le quotidien des Centrafricains. L’élu du MCU préfère célébrer son retour au pouvoir plutôt que de s’attaquer aux manifestations et au mécontentement qui grondent dans les couloirs de l’institution qu’il prétend diriger.

 

L’absence totale d’empathie dans ses propos confirme la nature du régime : un pouvoir qui exige tout de ses agents mais ne donne rien en retour. Mapenzi se contente de parler de “paix” et de “développement” alors que les foyers des fonctionnaires sombrent dans la précarité. En bottant en touche sur cette question vitale, il installe une barrière entre l’élite politique et la base sociale. Pour le premier vice-président, l’essentiel réside dans le confort du bureau national, loin des revendications de ceux qui attendent simplement le fruit de leur labeur.

 

Par Alain Nzilo

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LE BILAN EST TRÈS POSITIF : VIRGINIE NAPOLITANO DÉCRYPTE L’ACTION DE MSF EN CENTRAFRIQUE

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LE BILAN EST TRÈS POSITIF : VIRGINIE NAPOLITANO DÉCRYPTE L’ACTION DE MSF EN CENTRAFRIQUE

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de ,  

À l’occasion de la présentation officielle du rapport annuel de Médecins Sans Frontières (MSF) à l’Hôtel Oubangui, les responsables des différentes sections opérationnelles se sont réunis en présence du représentant du ministère des Affaires étrangères de Centrafrique.

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Virginie Napolitano, cheffe de mission de MSF France et représentante pays, a dressé un bilan de l’action humanitaire aux côtés de Jean Michel Wiki Van Laere (MSF Belgique), Audace Ntezukobagira (MSF Espagne), Manuel Lopez (MSF Hollande) et Christian Mangoyo (coordonnateur MSF Académie).

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MSF à Batangafo

 

Interrogée par la rédaction de CNC à la sortie de l’événement, elle décrypte les grandes orientations de l’organisation. ### Une appréciation globale satisfaisante Interrogée sur la dynamique actuelle des opérations sur le terrain, Virginie Napolitano a exprimé sa satisfaction quant au travail accompli en partenariat avec les autorités sanitaires :

LE BILAN EST TRÈS POSITIF  : VIRGINIE NAPOLITANO DÉCRYPTE L'ACTION DE MSF EN CENTRAFRIQUE

 

« Le bilan est très positif, il reste encore beaucoup à faire. Nous sommes très satisfaits de la collaboration avec le ministère de la Santé. Nous sommes très satisfaits de cette présentation qui a permis de mieux faire connaître nos activités. »

 

Des mutations structurelles et stratégiques

Face aux réorganisations de plusieurs projets de l’organisation dans le pays, notamment les services chirurgicaux de l’Hôpital de Sica et le rôle des équipes de MSF Belgique à la maternité du Centre Hospitalier Universitaire (CHUC), la représentante pays a apporté des clarifications précises :

 

« Il y a la fermeture qui a été annoncée du projet Batangafo, le repositionnement du projet chirurgical de Sica dans un hôpital du ministère de la Santé. Et c’est toujours en discussion pour savoir quel hôpital sera sélectionné après évaluation. Et ainsi que le repositionnement de l’équipe de Médecins Sans Frontières Belgique qui était présente à la maternité du CHUC et qui travaille sur une intervention un peu différente au niveau communautaire et primaire. »

 

Un engagement réaffirmé pour le long terme

Malgré ces phases de transition, Virginie Napolitano a tenu à rassurer pleinement sur la continuité et la pérennité de la présence de MSF auprès des populations centrafricaines :

 

« Non, MSF reste présent en Centrafrique et pour le long terme. Et

nous sommes engagés à continuer à servir au mieux la santé et de donner un accès aux populations les plus vulnérables. […] Les projets évoluent, les contextes changent et l’engagement de Médecins Sans Frontières en Centrafrique reste intact. »

 

Par Brahim Sallé

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Le Consortium panafricain pour la paix soutient la première conférence internationale sur la généalogie des Noirs au Brésil

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Le Consortium panafricain pour la paix a exprimé, le 14 octobre 2026, son soutien à la première conférence internationale sur la généalogie des Noirs, prévue du 26 au 28 novembre à Salvador de Bahia, au Brésil. L’organisation veut renforcer les liens entre l’Afrique et sa diaspora.

 

Dans une déclaration signée par son coordonnateur général, le Dr Nounga Djomo Ernest, le Consortium panafricain pour la paix salue l’initiative des organisateurs, des chercheurs et des jeunes engagés dans la préparation de cette rencontre internationale. L’événement doit permettre de mieux retracer les origines et les liens familiaux des personnes noires au Brésil.

Le Consortium panafricain pour la paix soutient la première conférence internationale sur la généalogie des Noirs au Brésil
Monsieur ernestdjomo75

 

Pour le Consortium, cette conférence représente une occasion de retrouver une partie de l’histoire des populations africaines déportées pendant la traite négrière. L’organisation estime que l’esclavage a entraîné la séparation de nombreuses familles et la perte de repères généalogiques pour plusieurs générations.

 

La recherche des origines constitue donc, selon la déclaration, un moyen de restaurer les liens familiaux et de préserver la mémoire des ancêtres. Le Consortium considère que la reconstruction des arbres généalogiques contribue également à la reconnaissance de l’histoire des communautés noires et de leur héritage africain.

 

À lire aussi : Le Contrat de la Honte : quand Touadéra a Livré le Marché Pétrolier centrafricain à un Monopole Sans Impôts ni Contrôle, un Scandale Documenté par le Rapport du PNUD

Salvador de Bahia, un lieu symbolique pour la diaspora africaine

 

Le choix de Salvador de Bahia revêt une importance particulière pour le Consortium panafricain pour la paix. La ville brésilienne possède une histoire étroitement liée à la présence africaine et au développement des cultures afro-brésiliennes.

À lire aussi : Hausse du carburant : Faustin-Archange Touadéra demande aux Centrafricains « d’avoir un peu plus de patience »

 

En organisant cette conférence, ses initiateurs entendent rapprocher les communautés africaines et leurs descendants établis au Brésil. Le Consortium souligne le rôle de la recherche scientifique dans ce travail de reconstitution historique et généalogique.

 

L’organisation estime que les travaux sur les origines africaines peuvent contribuer à rétablir des liens entre les familles séparées par l’esclavage et à transmettre cette mémoire aux nouvelles générations.

 

Un appel aux dirigeants, aux universités et aux médias

 

Dans sa déclaration, le Consortium panafricain pour la paix invite les dirigeants, les universités et les médias du monde entier à s’intéresser à cette première conférence internationale. Il souhaite que cette rencontre bénéficie d’une visibilité internationale et que ses résultats soient largement diffusés.

 

L’organisation annonce également son intention de partager les résultats de la conférence afin de faire connaître les recherches menées sur la généalogie des Noirs au Brésil et les liens historiques avec l’Afrique.

 

Cette première conférence internationale sur la généalogie des Noirs se tiendra à Salvador de Bahia, marquant une étape majeure pour la diaspora issue de la traite négrière.

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Bilan de « ville morte » du lundi 12 octobre à Bangui : un succès total malgré les intimidations et la gratuité d’essence offerte dans les stations-services

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C’est un camouflet magistral et inattendu pour le pouvoir de Faustin-Archange Touadéra. Ce lundi 12 octobre 2026, la journée « ville morte » décrétée par la société civile a paralysé la capitale centrafricaine.

 

Selon les organisateurs contactés par la Rédaction, le taux de réussite atteint un impressionnant « 115 % », tant la mobilisation populaire a surpassé les attentes et réduit à néant les gesticulations du gouvernement.

Bilan de « ville morte » du lundi 12 octobre à Bangui : un succès total malgré les intimidations et la gratuité d'essence offerte dans les stations-services

 

Malgré un déploiement sécuritaire dissuasif, des miliciens requins aux aguets, des faux montages diffusés sur les réseaux sociaux, exhibant des images de leaders de la société civile prétendant qu’ils renonçaient au mot d’ordre et invitaient à vaquer librement à ses occupations, et malgré les accords de pacotille signés en catimini ce week-end avec des syndicats corrompus pour pousser les travailleurs au front, Bangui a dit non.

 

Écoles désertes et commerces sous pression : la rue a gagné.

À lire aussi : Centrafrique : les en-dessous de l’accord de pacotille signé un dimanche entre le gouvernement et des syndicats aux ordres

 

Sur le terrain, le constat est sans appel. Plusieurs cours d’écoles sont désertes, les salles de classe sont vides et les portes fermées ce lundi.

À lire aussi : Centrafrique : un mort et deux blessés parmi les mercenaires russes après une embuscade près de Mbrés

 

Si certains marchés tentent diaboliquement de fonctionner, de nombreuses boutiques sont restées désespérément closes.

À lire aussi : Cent (100) jours de Moloua 3 : reportage sur le terrain, de Bangui à Bangassou

 

Postées en urgence sur plusieurs grands axes de la capitale, les forces de l’ordre ont tenté d’intimider les commerçants, exigeant l’ouverture des magasins. Résultat : quelques portes ont été entrouvertes sous la contrainte, mais sans le moindre client à l’horizon.

 

Les fonctionnaires eux-mêmes ont appliqué le mot d’ordre à leur manière. Interrogés par les reporters de Corbeau News Centrafrique lors de nos balados de terrain, plusieurs agents de l’État ont clarifié leur position :

 

« Nous avons refusé que nos enfants partent à l’école. Si nos enfants restent à la maison, c’est que nous participons pleinement à cette journée ville morte. Si nous venons sur nos lieux de travail, c’est uniquement pour évaluer la situation et participer à la levée des couleurs, certainement pas pour travailler. » Une résistance passive mais redoutable, qui vide le service public de sa substance.

 

Le stratagème minable des stations-services de Prisca Mamadou

 

Conscient de l’imminence de la débâcle, le clan présidentiel a tenté le tout pour le tout en actionnant des leviers clientélistes. À l’image de la députée Prisca Mamadou, membre du parti au pouvoir, épouse du chef d’état-major des FACA et propriétaire de plusieurs stations d’essence à Bangui mise à contribution par les mercenaires russes, le pouvoir a tenté de casser la dynamique en offrant de l’essence gratuite aux conducteurs de taxis-motos dans sa station-service. L’objectif avoué de cette distribution était de les pousser à sortir pour travailler et briser l’image de la ville morte.

 

Mais c’était sans compter sur la ruse de ces conducteurs : une grande partie d’entre eux a accepté de prendre ce carburant gratuit… uniquement pour faire le plein et rentrer directement chez eux ! Pour ces conducteurs, récupérer cette essence revenait à empocher leur « part de ce soi-disant don de Poutine », sans pour autant prêter main-forte au régime sur les routes. Plusieurs autres n’ont d’ailleurs même pas pu obtenir la précieuse offrande face à la cohue. Pendant ce temps, les miliciens « requins » du pouvoir rodaient en vain dans les quartiers.

 

Le cri du peuple et l’avertissement à la communauté internationale

 

Par cette puissante journée « ville morte », le peuple centrafricain a exprimé de la manière la plus éclatante son profond mécontentement, son désarroi et son rejet total de la gouvernance de Faustin-Archange Touadéra.

 

Face à cette démonstration de force populaire, la communauté internationale et les bailleurs de fonds ne doivent plus détourner le regard ni négliger cette réaction de survie d’une nation asphyxiée.

 

Contacté par notre rédaction, un leader de la société civile à l’origine de cette mobilisation a d’ores et déjà prévenu que la lutte ne s’arrêtera pas là : le mouvement s’apprête à passer à une nouvelle phase de contestation, avec notamment l’organisation imminente d’un grand concert de casseroles, le fameux bruit des « yangas ti tawa ».

Malgré les intimidations et la distribution de carburant dans les stations-services pour briser la mobilisation, la population de Bangui a suivi massivement le mot d’ordre de la société civile contre le régime de Faustin-Archange Touadéra.

 

Ni les communiqués comminatoires de la Fonction Publique, ni les promesses illusoires arrachées à des syndicats inféodés n’ont pu sauver la mise au régime.

 

En ce lundi 12 octobre, la population banguissoise a prouvé que la peur a changé de camp. Le mot d’ordre « Zo kwe i ngba na yanga da » s’est transformé en un plébiscite historique, exposant au grand jour l’isolement total d’un pouvoir aux abois.

 

A suivre.

 

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Maître Crépin Mboli-Goumba : « Pleurer de honte pour votre pays ? Moi oui, et de plus en plus souvent », le président du Patri décrit la dégradation des conditions de vie et des services publics

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Maître Crépin Mboli-Goumba, président du Patri et coordinateur du Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC), dénonce la dégradation des conditions de vie et des services publics en République centrafricaine. Il cite notamment l’éducation, les infrastructures universitaires et l’accès aux services de base.

 

Interrogé sur les conditions dans lesquelles évoluent les étudiants de l’Université de Bangui, l’avocat reconnaît ressentir de la honte face à certaines réalités du pays.

 

Maître Crépin Mboli-Goumba : « Pleurer de honte pour votre pays ? Moi oui, et de plus en plus souvent », le président du Patri décrit la dégradation des conditions de vie et des services publics

 

« Avez-vous déjà eu envie de pleurer pour votre pays ? Pleurer de honte pour votre pays ? Moi oui, et de plus en plus souvent », déclare-t-il.

 

Pour Crépin Mboli-Goumba, cette réaction découle notamment de l’état des infrastructures destinées aux étudiants et aux enseignants.

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Des infrastructures universitaires jugées insuffisantes

 

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L’avocat cite l’Université de Bangui comme l’un des exemples de la dégradation des services publics.

 

À lire aussi : Justice à Bozoum : après un viol, le père de la victime, René Béfio, incarcéré à la gendarmerie sur décision incroyable et spectaculaire du procureur Feï-ingmona Steve

Il affirme que plusieurs infrastructures n’ont pas connu d’amélioration suffisante au regard des besoins de la population universitaire.

 

« Par exemple, là où il y a la faculté de droit qui n’a pas changé. Les amphithéâtres n’ont pas changé », affirme-t-il.

 

Il évoque également les conditions de vie dans la cité universitaire et invite à observer directement le quotidien des étudiants.

 

« Ne vous moquez pas de ces enfants qui cherchent le savoir dans des conditions complètement difficiles », lance-t-il.

 

Selon lui, les étudiants centrafricains poursuivent leurs études dans un environnement qui ne correspond pas aux exigences d’un établissement appelé à former les futurs cadres du pays.

 

Le bâtiment offert par la MINUSCA critiqué

 

Crépin Mboli-Goumba s’attarde également sur un bâtiment offert à l’Université de Bangui avec l’appui de la MINUSCA.

 

Il estime que cette infrastructure illustre les difficultés auxquelles l’enseignement supérieur centrafricain reste confronté en matière de moyens et d’équipements.

 

« Il n’y a pas ce symbole plus parlant du naufrage de l’ambition nationale et de la dignité nationale que ce bâtiment-là », affirme-t-il.

 

Il relève notamment l’absence d’adduction d’eau dans le bâtiment.

 

Cette situation sanitaire lui inspire une formule particulièrement sévère : « C’est une honte nationale que même pour se soulager, on demande l’aide de quelqu’un. »

 

Pour le président du Patri, l’État devrait être en mesure de garantir lui-même des infrastructures universitaires adaptées aux besoins des étudiants et du personnel.

 

L’éducation placée au centre des priorités

 

Cette critique s’inscrit dans une dénonciation plus large de la politique éducative du gouvernement.

 

Crépin Mboli-Goumba estime que l’éducation devrait constituer une priorité nationale, au même titre que l’eau, l’électricité et les routes.

 

Il estime que le gouvernement aurait pu concentrer davantage de moyens sur un secteur déterminé afin d’obtenir des résultats durables.

 

« Je pense qu’on ne peut se développer que par le savoir », soutient-il.

 

Il cite également le déficit d’enseignants comme l’une des principales difficultés du système éducatif. Selon les chiffres qu’il avance, la Centrafrique compte environ un enseignant pour 200 élèves, alors que le ratio souhaité dans les pays en développement serait d’un enseignant pour 40 élèves.

 

Il évoque aussi une estimation de la Banque mondiale selon laquelle le pays aurait besoin de 12 000 enseignants pour atteindre ce ratio.

 

Des jeunes sans formation professionnelle suffisante

 

Pour le coordinateur du BRDC, les difficultés ne concernent pas uniquement l’enseignement général et supérieur.

 

Il estime qu’une partie importante de la jeunesse sort du système scolaire sans qualification directement utilisable sur le marché du travail.

 

Il propose donc la création de centres de formation de référence dans chaque arrondissement afin de permettre aux jeunes d’acquérir des compétences dans des métiers comme l’électricité ou le bâtiment.

 

Selon lui, ces formations pourraient faciliter leur insertion professionnelle et réduire le recours à une main-d’œuvre venue de l’étranger.

 

Il suggère également d’accorder des avantages fiscaux aux entreprises qui recruteraient ces jeunes dans le cadre de leur premier contrat.

 

Des services publics à renforcer

 

Au-delà de l’université, Crépin Mboli-Goumba relie la dégradation des infrastructures à une faiblesse plus générale des services publics.

 

Il évoque notamment les difficultés liées aux routes, à l’électricité et à l’eau.

 

Sur les routes, il critique les travaux réalisés avec des revêtements qui, selon lui, ne résistent pas suffisamment dans le temps.

 

« Il faut construire pour les 50 prochaines années », affirme-t-il.

 

Pour lui, les infrastructures doivent être conçues dans une perspective durable et permettre de relier durablement Bangui aux différentes régions du pays.

 

Il estime que l’enclavement intérieur constitue également un obstacle au développement économique des villes de province.

 

« Qu’est-ce que nous avons coché de manière durable ? »

 

Crépin Mboli-Goumba appelle ainsi à mesurer les politiques publiques à leurs résultats durables.

 

« Qu’est-ce que nous avons coché de manière durable ? Je ne dirais même pas de manière définitive, de manière durable », interroge-t-il.

 

Il considère que le développement d’un pays nécessite des investissements capables de produire des effets sur plusieurs décennies, notamment dans l’éducation, les routes, l’énergie et les infrastructures publiques.

 

Son constat sur l’Université de Bangui s’inscrit donc dans une critique plus générale de la gestion des priorités nationales. Pour le président du Patri, l’état des infrastructures, le déficit d’enseignants, les difficultés d’accès aux services essentiels et l’enclavement des villes de l’intérieur traduisent la nécessité d’une politique publique davantage orientée vers des investissements durables.

 

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Le Contrat de la Honte : quand Touadéra a Livré le Marché Pétrolier centrafricain à un Monopole Sans Impôts ni Contrôle, un Scandale Documenté par le Rapport du PNUD

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Il existe des décisions qui façonnent une nation. Puis il y a celles qui la condamnent. En 2023, le régime du Président Faustin-Archange Touadéra a pris l’une de ces décisions qui, loin des communiqués triomphants, allait sceller le destin économique de la République Centrafricaine. Cette décision porte un nom : le contrat d’exclusivité accordé à Neptune Oil.

 

Le rapport d’audit définitif du CPCS, commandé par le PNUD et rendu public le 21 octobre 2025, documente avec une précision chirurgicale les conséquences désastreuses de ce choix. Ce qui devait résoudre les pénuries s’est transformé en machine à spolier le peuple centrafricain.

 

Le Contrat de la Honte : quand Touadéra a Livré le Marché Pétrolier centrafricain à un Monopole Sans Impôts ni Contrôle, un Scandale Documenté par le Rapport du PNUD
Touadera escorté par des casques bleus rwandais

 

Une Décision Politique, Pas une Nécessité

 

Avant 2023, le marché était structuré autour d’un duopole : TOTAL et TRADEX se partageaient les importations. Une concurrence existait, aussi limitée fût-elle. L’arrivée de Neptune Oil et l’obtention d’un contrat d’exclusivité ont radicalement changé la donne. Le rapport note que cette prise de contrôle a constitué “un changement radical de la structure concurrentielle, concentrant l’essentiel des importations entre les mains d’un seul opérateur.”

 

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Le résultat ne s’est pas fait attendre. L’écart de prix avec les pays voisins, qui était d’environ 0,50 dollar le litre entre 2018 et 2023, a doublé pour s’établir autour de 1 dollar le litre.

 

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Un Monopole Sans Contrepartie

 

L’exclusivité couvre l’ensemble des produits pétroliers, sauf le Jet Al. Dans un marché monopolistique, l’importateur unique n’a aucun incitatif à réduire ses coûts. Chaque franc supplémentaire facturé est un franc de profit additionnel.

 

Le rapport révèle un surcoût total de 190-241 FCFA par litre pour le Super, et de 221-288 FCFA pour le Gasoil. Globalement, ces surcoûts augmentent le montant annuel payé par les consommateurs et le gouvernement par 29 milliards de FCFA.

 

Trente-quatre milliards. Pour un pays où 72% de la population vit sous le seuil de pauvreté, ce chiffre est vertigineux. C’est le prix d’hôpitaux, d’écoles, de routes. C’est un avenir sacrifié sur l’autel des profits d’un seul homme.

 

L’Importateur Fantôme

 

Qui est cet importateur à qui le régime a livré le marché national ? Neptune Oil est une société camerounaise créée en 2009. Le rapport révèle un fait troublant : Neptune Oil n’a pas d’entité légalement enregistrée en RCA et ne paie donc pas d’impôts sur les sociétés en RCA.

 

L’entreprise qui contrôle l’ensemble de l’approvisionnement en produits pétroliers, la ressource la plus stratégique de l’économie, ne paie pas un franc d’impôt sur les sociétés au trésor public centrafricain. Les profits s’évaporent vers des juridictions plus clémentes.

 

Comment un tel arrangement a-t-il pu être validé ? Comment le Ministère des Finances a-t-il pu accepter qu’un opérateur de cette envergure échappe totalement à l’impôt ? Ce n’est pas une négligence. C’est une décision politique qui prive l’État de ressources cruciales.

 

Le Mépris des Obligations

 

Le rapport documente plusieurs violations flagrantes.

 

Première violation : le non-respect du transport fluvial. Le Décret N°12.019 stipule qu’au moins 80% des importations doivent se faire par voie fluviale, moins coûteuse. Pourtant, la majorité des volumes de Neptune Oil sont transportés par la route. Le pourcentage d’importation fluviale est passé de 87% en 2020 à seulement 38% en 2024. En privilégiant la route, Neptune Oil augmente artificiellement les coûts, répercutés sur le prix à la pompe.

 

Deuxième violation : l’insuffisance d’approvisionnement du dépôt de Kolongo. Le rapport constate que “Neptune Oil n’approvisionne pas suffisamment le dépôt de Kolongo ce qui crée des situations occasionnelles de pénuries.” Ces pénuries ne sont pas des accidents. Elles permettent à l’importateur de spéculer sur les prix et de maintenir une pression sur l’offre.

 

Troisième violation : l’absence de révision annuelle du contrat. Le rapport souligne qu’“il n’y a pas eu de révision annuelle du contrat de Neptune comme prévu.” Aucune évaluation de sa performance n’est effectuée. Aucun contrôle n’est exercé sur ses coûts. Neptune Oil opère dans un vide réglementaire total.

 

L’État Complice

 

Comment un État souverain peut-il laisser une entreprise étrangère violer impunément ses lois ? La réponse est simple : parce que l’État, ou du moins ses dirigeants, sont complices.

 

Le décret n°24.157 du 17 juin 2024, qui fixe la méthodologie de détermination des prix, est ouvertement violé. Le rapport l’affirme : “La structure de prix des produits pétroliers en RCA ne respecte pas la méthodologie établie par décret n°24.157.”

 

Qui est responsable de l’application de ce décret ? Le Ministère des Finances. Qui valide les structures de prix ? Le Comité de structure de prix. Qui nomme ce comité ? Le gouvernement. Le gouvernement est donc le premier responsable. Il a les outils pour faire respecter la loi. Il a le pouvoir de négocier. Il a l’autorité pour sanctionner. Mais il ne le fait pas.

 

Pourquoi ? La réponse se trouve peut-être dans les liens opaques entre le pouvoir et Neptune Oil. Le contrat est confidentiel. Ses actionnaires sont inconnus. Cette opacité est le terreau de la corruption.

 

Les Conséquences pour le Peuple

 

Pendant que le régime et ses alliés se partagent les profits, le peuple subit. Un litre d’essence à 1,78 USD représente une charge considérable. Un plein de 40 litres correspond à plus de 50% du revenu mensuel minimum. Pour les 72% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, c’est inabordable.

 

L’impact ne s’arrête pas au carburant. Le prix du carburant est un coût de production pour toute l’économie. Il se répercute sur les denrées alimentaires, les transports, tous les biens et services. Chaque franc de surcoût appauvrit un peu plus les Centrafricains.

 

Le rapport du PNUD met en lumière l’impact dévastateur des activités de Neptune Oil, générant des surcoûts annuels écrasants pour l’économie du pays.

Les 29 milliards de FCFA de surcoûts annuels représentent autant de ressources qui ne sont pas investies dans le développement. C’est un manque à gagner colossal pour l’État et une charge insupportable pour les citoyens.

 

L’Urgence d’une Réforme

 

Le rapport formule des recommandations claires : appliquer la méthodologie du décret n°24.157, supprimer le différentiel (9,3 milliards de FCFA par an), réduire les frais de service d’importation à 9%, réduire la marge importateur à 20 FCFA/litre, augmenter la part du transport fluvial, obliger une revue annuelle du contrat, et négocier avec d’autres importateurs.

 

Ces recommandations sont techniques, mais leur mise en œuvre est éminemment politique. Elle nécessite une volonté de mettre fin au système de prédation. Elle exige que le Président Touadéra choisisse l’intérêt général plutôt que les intérêts particuliers.

 

Un Choix de Société

 

Le régime a-t-il la volonté de mettre fin à ce système ? Les signes sont négatifs. Le gouvernement a contesté les conclusions du rapport, défendant bec et ongles le système en place. Il a justifié le “stock ancien” par l’enclavement, le différentiel par des charges non prouvées, les frais financiers par des coûts bancaires non documentés. Ces justifications sont celles d’un régime qui ne veut pas changer.

 

Pourtant, le contexte est favorable. Le programme du FMI vise à accompagner les réformes structurelles, notamment dans le secteur pétrolier aval. Les performances mitigées lors des revues du programme soulignent l’urgence d’une action déterminée.

 

Le choix qui sera fait aura des conséquences durables. S’il maintient le système actuel, le régime en portera l’entière responsabilité. Il aura sacrifié l’avenir de la nation sur l’autel des profits d’un seul homme. S’il choisit la réforme, il devra affronter les résistances des bénéficiaires du système. Mais il ouvrira la voie à un avenir plus juste.

 

Conclusion

 

Le contrat d’exclusivité accordé à Neptune Oil restera dans l’histoire comme l’un des actes les plus prédateurs jamais commis contre l’économie centrafricaine. En livrant le marché pétrolier national à un seul opérateur, en fermant les yeux sur ses manquements, en refusant de faire respecter les lois, le régime a organisé la spoliation systématique de son propre peuple.

 

Les 29 milliards de FCFA de surcoûts annuels ne sont pas une fatalité. Ce n’est pas le prix inévitable de l’enclavement. C’est le prix de la corruption, de l’opacité et de la cupidité.

 

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Au Sénat français, l’ancienne ministre centrafricaine Marie-Reine Hassen dénonce la « machine de terreur économique » russe en Centrafrique

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L’ancienne ministre Marie-Reine Hassen détaille, lors d’une conférence-dîner de haut niveau, comment Wagner et Africa Corps ont transformé un État souverain en écosystème criminel

 

Dans la salle d’un dîner-conférence au Sénat français, l’atmosphère était lourde. Face aux parlementaires, diplomates et observateurs des affaires africaines réunis ce soir-là, Mme Marie-Reine Hassen, ancienne ministre de la République centrafricaine, n’a eu recours à aucune formule diplomatique. Debout dans ce bâtiment qui incarne la dignité législative de la République française, elle a adressé au monde un « diagnostic » venu de Bangui : son pays est devenu le « laboratoire le plus abouti » de l’influence russe en Afrique. Son intervention, qui a duré près d’une demi-heure, a plongé l’assistance dans un silence pesant à plusieurs reprises.

 

Au Sénat français, l’ancienne ministre centrafricaine Marie-Reine Hassen dénonce la « machine de terreur économique » russe en Centrafrique
Marie Reinne Hassen dans larticle

 

Mme Hassen a d’abord remercié M. Brice Zamba pour son invitation, avant d’entrer sans détour dans le vif du sujet. Elle a rappelé que le groupe Wagner s’était implanté en Centrafrique en 2018, dans un contexte marqué par un embargo strict des Nations unies sur les armes, le départ de la force française Sangaris et un vide sécuritaire que nul n’ignorait. Elle a reconstitué, en une phrase longue et documentée, ce point de départ souvent occulté par les récits occidentaux : « Le président Touadéra s’est rendu à Paris pour demander à Emmanuel Macron de lever le veto russe au Conseil de sécurité ; Macron lui a répondu d’aller voir Poutine, et c’est exactement ce qu’il a fait, si bien que la France et les Occidentaux, en acceptant que les armes livrées soient russes et que des ‘formateurs’ accompagnent ces livraisons, ont involontairement servi de cadre légal initial à l’introduction de ce qui allait devenir une présence paramilitaire et économique majeure en RCA, ouvrant grand la porte à Wagner sans qu’aucune protestation ne soit jamais élevée. »

 

L’ancienne ministre n’a pas manqué de souligner l’ironie amère de cette séquence. Selon elle, les Centrafricains eux-mêmes ignoraient alors la véritable nature de ces « instructeurs » : « Les premiers contingents sont arrivés en 2018 et ont été officiellement déclarés auprès des Nations unies comme instructeurs militaires civils non armés, alors qu’ils venaient avec des armes et appartenaient en réalité à Wagner, un groupe de criminels motivés par la cupidité plutôt que par une quelconque efficacité antiterroriste, et c’est ainsi que notre pays, faute de vision et de recul, s’est retrouvé pieds et poings liés dans un engrenage dont il ne mesurait ni la portée ni les conséquences. »

À lire aussi : Centrafrique : 14 militaires tchadiens blessés dans une vaste offensive menée par les Wagner, appuyés par les rebelles tchadiens contre Les rebelles du FPRC dans la Vakaga

 

Poursuivant son propos, Mme Hassen a décrit avec une précision glaçante le quotidien de l’occupation. Elle a expliqué que les mercenaires de Wagner, arrivés officiellement comme instructeurs, assurent en réalité la protection rapprochée du président Faustin-Archange Touadéra, de sa famille et des hauts dignitaires, et qu’ils sont rémunérés par l’octroi de concessions minières et forestières ainsi que par le pillage et la racket de la population. Elle a mis en exergue un contraste qui, selon elle, résume la spoliation : « L’État doit verser à chaque élément de Wagner un million, peut-être un million cinq cent mille francs CFA, alors qu’un soldat centrafricain est payé au lance-pierre entre trente et quarante mille francs CFA, et pendant ce temps les autorités proclament que ces instructeurs russes ont sauvé la RCA, renforcent la paix et la stabilité, et que grâce à eux les populations dorment en paix et que le pays est devenu un endroit sûr pour la vie et le développement. »

À lire aussi : Centrafrique : la tarification à deux vitesses du carburant, une pure escroquerie d’État

 

La réalité, a-t-elle martelé, est tout autre. « La violence de ces gens-là est sans limite : ils se livrent à des tueries, à des exécutions de masse, à des carnages totaux, à des enlèvements, à des viols systématiques, ils rasent des villages entiers, ils les incendient avec des gens qu’on enferme dans les cases avant d’y mettre le feu, et tout cela pour faire avancer leurs intérêts économiques dans le secteur minier et au-delà, en toute impunité et sans que rien ne semble pouvoir les arrêter. » Elle a ajouté que ces groupes ont pris part à des exécutions illégales, pillé des mines d’or artisanales en tuant tout le monde, porté atteinte aux institutions démocratiques, et que leur comportement criminel et prédateur envers les Africains ne s’est pas arrêté avec la mort d’Evgueni Prigojine, leur fondateur.

 

Mme Hassen a ensuite insisté sur un point qu’elle juge capital : « Partout où le groupe Wagner se déploie, s’ensuit une forte hausse du nombre de décès parmi les civils, parce qu’en Centrafrique, sous le prétexte de combattre les groupes armés, ils n’ont tué aucun rebelle jusqu’à aujourd’hui, et tous ceux qui sont tués sont des civils, femmes, enfants, hommes, et cette violence est bien plus meurtrière que celle perpétrée par les forces de l’ordre ou par les rebelles eux-mêmes. » Elle a évoqué des crimes « absolument ignobles » : des personnes décapitées, leurs têtes plantées sur des piquets, des victimes dépecées et découpées en morceaux comme des animaux, d’autres brûlées ou jetées dans des fûts d’acide, sans oublier les viols commis sans distinction, y compris sur des soldats des FACA violés en public, « parce que tout leur est permis ».

 

Abordant le volet économique, l’ancienne ministre a décrit une « économie criminelle absolument tentaculaire ». « Le groupe Wagner exerce un contrôle quasi total sur plusieurs secteurs clés du pays ; cette organisation criminelle transnationale exploite l’insécurité pour étendre la présence de la Russie en Afrique, et la Centrafrique est devenue un véritable écosystème criminel où le crime organisé a la mainmise sur tous les secteurs de l’économie, je dis bien tous les secteurs, sans exception aucune. » Elle a rappelé que Wagner, pourtant sous sanctions américaines en tant que réseau criminel, contrôle les plus importantes mines d’or et de diamants du pays, y compris les petites mines artisanales dont les exploitants sont chassés par la force. Elle a cité le cas de la mine de Ndacima, dont la production est estimée à cinq tonnes d’or par an, et affirmé que Wagner tire au moins 180 millions de dollars par an des revenus de l’or exploité illégalement, un « minimum » selon elle, les productions n’étant jamais déclarées.

 

Son énumération des secteurs accaparés donne la mesure du pillage : « Le groupe est dans le carburant, dans l’élevage, son emprise s’étend à la filière forestière où nos forêts sont massacrées, il s’attaque à la production locale comme la commercialisation de boissons et d’alcool, à la contrebande, il accapare même nos chenilles et toutes sortes de nourritures, y compris les feuilles comestibles de certaines lianes de la forêt, si bien que l’économie locale est saignée à blanc et que les richesses de la RCA sont purement et simplement prises, toutes prises, sans contrepartie ni retenue. »

 

Au-delà de l’économie, Mme Hassen a dénoncé une « guerre de l’information » menée par le réseau russe, fait de campagnes de désinformation et de propagande, de narratifs mensongers destinés à détourner l’attention des violations des droits de la personne et des atrocités commises par le groupe Wagner, afin de le soustraire à toute responsabilité. Elle a déploré l’infiltration des médias locaux pour étouffer toute contestation, ainsi que la « grande porosité » entre ces réseaux criminels et les institutions publiques : « L’État est totalement infiltré par Wagner, et quand je dis Wagner, je dis Africa Corps, car il s’agit d’une seule et même continuité ; il existe une véritable capture de l’État, ce que les Anglo-Saxons appellent le State Capture, où il n’y a pratiquement plus de frontières entre la souveraineté nationale et les réseaux de criminalité transnationale organisée. » Elle a cité l’exemple du tramadol, dont l’importation en Centrafrique est organisée par l’État et les Russes, et qui envahit complètement la population : « Les gens sont abrutis, et c’est précisément le but recherché ; il faut faire très attention à tout cela. »

 

L’ancienne ministre a ensuite décrit une infiltration « systémique à tous les niveaux stratégiques » : au sommet de l’exécutif, les mercenaires russes verrouillent la sécurité personnelle du président et des infrastructures névralgiques du pouvoir ; des cadres russes sont directement placés à des postes de conseillers stratégiques à la présidence, à la sécurité nationale et dans tous les ministères stratégiques, les mines en premier lieu. Elle a dénoncé une complicité douanière, fiscale et judiciaire, une impunité économique totale, des sociétés-écrans opérant hors de tout cadre légal, des institutions de contrôle fermant délibérément les yeux sur l’exportation illégale et massive d’or, de diamants et de bois précieux, souvent acheminée par des avions militaires russes qui arrivent régulièrement pour sortir ces denrées. Elle a ajouté que les Russes s’accaparent les uniformes des forces armées centrafricaines et leur mandat, utilisent des supplétifs civils et militaires pour piller et commettre des exactions sous prétexte de maintenir l’ordre public, dévastant et brûlant des villages, poursuivant les populations jusque dans la brousse pour les exécuter « d’une manière abominable ».

 

Dans un passage particulièrement dur, Mme Hassen a expliqué que les institutions judiciaires centrafricaines sont dans l’incapacité totale d’enquêter sur les crimes commis par les forces russes : exécutions sommaires, viols, tortures, disparitions forcées, tout « passe à la trappe ». La police et la gendarmerie locales subissent des intimidations directes, allant jusqu’à l’interdiction d’accéder à certaines zones contrôlées par le réseau : « On est Centrafricains, on est sur notre territoire, mais il y a des zones qui nous sont interdites, on ne peut pas y accéder parce que ce sont les Russes qui en ont décidé ainsi, et cela se passe aussi avec les Rwandais, mais c’est un autre sujet. » Elle en a tiré une conclusion sans appel : « L’État centrafricain est structurellement et totalement dépendant du dispositif militaire et économique russe pour sa propre survie ; la République centrafricaine est le laboratoire le plus abouti de l’influence et de la mainmise russe en Afrique. »

 

Mme Hassen a également évoqué un symbole qui, selon elle, en dit long sur la situation : « Les autorités centrafricaines ont érigé aux abords de Bangui une imposante statue métallique représentant les deux fondateurs de l’organisation, Evgueni Prigojine une arme à la main et son second, le néo-nazi Dmitri Outkine, le doigt sur la détente d’une Kalachnikov, une statue géante qui honore ceux qui ont fait de notre pays leur terrain de chasse. »

 

Venant à Africa Corps, elle a expliqué qu’il s’agit d’une nouvelle structure placée sous l’autorité du ministère russe de la Défense, « successeur institutionnel et étatique de Wagner en Afrique », dont la différence fondamentale avec Wagner ne se situe pas au niveau des hommes sur le terrain, mais dans le statut juridique, le niveau de contrôle par l’État russe et le modèle économique. Elle a rappelé que depuis deux ans et demi, les autorités russes demandent au président Touadéra de se séparer des éléments de Wagner, dont les atrocités commençaient à faire trop de bruit, pour les remplacer par Africa Corps, et que malgré une visite à Bangui du vice-ministre russe de la Défense, malgré une convocation du président centrafricain au Kremlin en janvier 2025 et malgré toutes sortes de pressions, il n’a pas cédé : « Mais finalement, aujourd’hui, de gré ou de force, les mercenaires russes doivent passer sous la coupe de cette nouvelle structure, Africa Corps, qui présente une face plus officielle et promet une véritable diplomatie du développement, mais Dieu seul sait comment les choses finiront par se passer. »

Marie-Reine Hassen a détaillé comment le groupe Wagner et Africa Corps orchestrent un pillage minier systématique en Centrafrique.

 

Sur le plan financier, Mme Hassen a été tout aussi précise : « Africa Corps exige d’être payée en cash, et le régime dictatorial de Centrafrique doit payer chaque mois de 15 à 20 millions de dollars, soit environ 10 milliards de francs CFA par mois, pour protéger le pouvoir de Touadéra, et l’on imagine qu’ils exigeront également des mines comme les autres, puisque ce sont les mêmes personnes. » Elle a souligné que, contrairement au Mali et à d’autres pays où Wagner a été remplacé par Africa Corps, les éléments de Wagner sont restés présents en Centrafrique, « parce que l’État, désormais, c’est Wagner ; ce n’est plus la Centrafrique ». Et de conclure sur ce point : « En 66 ans de colonisation française, la RCA n’a jamais été autant exploitée ; avec la Russie et ses mercenaires de Wagner, c’est aujourd’hui une véritable razzia qui se déroule au vu et au su du peuple centrafricain, avec la totale complicité de ses dirigeants. »

 

Dans sa conclusion, Mme Hassen s’est tournée vers l’avenir et vers le sommet Russie-Afrique prévu à Moscou les 28 et 29 octobre. Elle a invité les pays qui ne sont pas encore liés à la Russie à se poser des questions : « Que peut offrir la Russie à notre pays ? Que peut coûter ce rapprochement au pays, car il coûtera quelque chose ? Le Congo va-t-il conserver une liberté totale dans ses choix politiques, sécuritaires et économiques ? Les intérêts du Congo restent-ils toujours prioritaires lorsqu’ils peuvent diverger de ceux de Moscou ? Jusqu’où Brazzaville peut-elle approfondir sa coopération avec la Russie sans réduire sa marge de manœuvre avec les autres partenaires ? » Elle a rappelé que ce sont là « des questions de souveraineté », et que « la souveraineté signifie aussi pouvoir dire non quand les intérêts du pays l’exigent ». Elle a invité le Congo à mesurer ce qu’il serait éventuellement conduit à céder, avant de conclure : « Voilà. J’en ai fini. »

 

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Joseph Binoumi, magistrat et ancien ministre de la défense a violemment recadré Évariste Ngamana sur les pouvoirs de la Cour constitutionnelle

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Le magistrat Joseph Binoumi oppose une réfutation sans appel aux élucubrations du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana Eva Yana, juriste en carton, sur les prérogatives de la Cour constitutionnelle dans le dossier de la nationalité d’Anicet-Georges Dologuélé. Là où le marabout du régime tente de restreindre les compétences de la haute juridiction aux seuls règlements électoraux, le haut magistrat assène la primauté absolue des décisions constitutionnelles et exige du pouvoir qu’il mette immédiatement fin à sa cabale politique.

 

Le juriste en carton Évariste Ngamana tente de rabaisser la Cour constitutionnelle

Joseph Binoumi, magistrat  et ancien ministre de la défense a   violemment recadré Évariste Ngamana sur les pouvoirs de la Cour constitutionnelle
Le magistrat Joseph Bindoumi

 

Dans sa sortie grotesque, le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana, prétend sans honte que la question de la nationalité échappe au contrôle de la Cour constitutionnelle. Le porte-parole du régime s’évertue à réduire le rôle de cette institution suprême au simple pointage des bulletins de vote et à la validation administrative des candidatures présidentielles.

 

Le marabout de Carnot, prétendu spécialiste du droit, invente une doctrine d’alchimiste en soutenant que les contentieux des législatives relèveraient des tribunaux administratifs. Par cette manœuvre frauduleuse, Eva Yana cherche à exclure la haute juridiction pour faire exécuter ses décisions arbitraires contre l’opposant centrafricain.

 

Cette imposture juridique est balayée par le magistrat Joseph Binoumi. Le juge ne laisse aucune place aux contorsions du juriste en carton et réaffirme la force exécutoire et definitiva des arrêts rendus par la Cour constitutionnelle.

À lire aussi : Fari Tahéruka Shabazz : « Le rigolo de Ngamana peut bien parvenir à ses fins et accrocher Dologuélé à son tableau de chasse »

 

Joseph Binoumi détruit les sophismes du marabout de Carnot : « Il faut qu’on arrête »

 

À lire aussi : Nana-Mambéré : un blessé de l’offensive du 3R contre les positions de la CPC amputé dans un hôpital à Bouar

Le président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme réaffirme avec une clarté totale la position de la société civile face à l’imposture du pouvoir.

 

« Nous nous sommes déjà prononcés au niveau de la Ligue Centrafricaine des droits de l’homme sur le cas de Loguele », martèle Joseph Binoumi.

 

Le haut magistrat hausse le ton et ridiculise la persistance de la clique gouvernementale. Il confirme qu’aucune autorité, encore moins un faux diplômé du gouvernement, ne peut piétiner un arrêt rendu par la plus haute instance judiciaire du pays.

 

« Je voudrais dire au nom de la Ligue Centrafricaine des droits de l’homme, mais avec autant de fermeté, pardon, il faut qu’on arrête. Qu’est-ce que cette histoire-là ? », lance-t-il, désavouant publiquement le porte-parole du gouvernement.

 

Cette prise de parole constitue une gifle magistrale pour le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana. Quand le juriste en carton cherche à fabriquer des prétextes juridiques, le magistrat Binoumi exige le respect strict et inconditionnel de l’État de droit.

 

L’autorité sacrée de la Cour constitutionnelle face à l’arbitraire d’Eva Yana

 

Joseph Binoumi met en garde le régime de Bangui et rappelle que la Cour constitutionnelle trône au sommet de la hiérarchie judiciaire et que ses décisions s’imposent à tous, sans exception.

 

« Les gens qui nous regardent, qui nous voient, qui nous entendent, nous en train de tergiverser sur un problème qui semble nous préoccuper, j’ai entendu, qu’on revient sur la nationalité en disant qu’un député élu par le peuple va être démis de l’Assemblée parce qu’il n’aurait pas justifié une correspondance qui lui donnait la nationalité, alors que la Cour constitutionnelle, la juridiction suprême dont les décisions s’imposent au gouvernement, à l’Assemblée, toutes les juridictions de la République a déjà pris une position », affirme-t-il avec force.

 

La démonstration du magistrat pulvérise la construction bancale du juriste en carton. Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana, tente de substituer ses déclarations de marabout à la loi. Binoumi rappelle que ni le gouvernement, ni l’Assemblée nationale sous tutelle ne peuvent annuler une décision revêtue de l’autorité de la chose jugée.

 

« Comment est-ce que nous allons encore venir gratter là-dedans ? »

 

Le magistrat Joseph Binoumi fustige le ridicule de l’acharnement gouvernemental contre Anicet-Georges Dologuélé.

 

« Comment est-ce que nous allons encore venir gratter là-dedans ? », s’insurge-t-il.

 

La position de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme est catégorique : le dossier est clos par l’autorité constitutionnelle. Les gesticulations répétées du porte-parole du gouvernement traduisent uniquement une panique politique face au droit.

 

Le magistrat démontre que l’obsession d’Évariste Ngamana détruit la hiérarchie des normes et ridiculise les institutions judiciaires de la République devant la communauté internationale.

 

L’imposture du juriste en carton définitivement démasquée

 

Les déclarations tranchantes de Joseph Binoumi s’ajoutent à la démolition opérée par Maître Crépin Mboli-Goumba, qui avait déjà qualifié Eva Yana de « juriste approximatif ». Le magistrat confirme cette réalité : le porte-parole du régime n’est qu’un faussaire juridique sans aucune maîtrise du droit constitutionnel.

 

Le haut magistrat accule le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana, face à ses propres contradictions. Aucune autorité administrative ou ministérielle ne possède le pouvoir de renverser un arrêt de la Cour constitutionnelle.

 

À travers ce rappel à l’ordre historique, le magistrat Joseph Binoumi impose une fin de non-recevoir au pouvoir de Bangui. L’invalidation du mandat d’Anicet-Georges Dologuélé par les méthodes de maraboutage juridique du grand sorcier de Carnot constitue une forfaiture constitutionnelle manifestement illégale.

 

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Corridor 13 : les lenteurs de la BAD ravivent les interrogations sur l’attribution des marchés

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Les retards enregistrés sur le corridor 13 sont désormais officiellement reconnus par le gouvernement centrafricain. Lors du Conseil des ministres du 20 août 2026, le ministre d’État chargé de l’Équipement et des Travaux publics a fait état de lenteurs liées notamment à la lourdeur des procédures de passation des marchés et aux délais d’obtention des avis de non-objection de la Banque africaine de développement (BAD).

 

 

Le gouvernement demande désormais à la BAD des mesures d’assouplissement et d’accompagnement pour accélérer l’exécution des travaux. Ces difficultés interviennent alors que le financement et la passation des marchés du corridor 13 avaient déjà fait l’objet d’une enquête de Corbeau News Centrafrique en 2023.

Corridor 13 : les lenteurs de la BAD ravivent les interrogations sur l’attribution des marchés
Le superviseur chinois en gilet des travaux parle aux deux conducteurs chinois sur le chantier des travaux routiers de Corridor 13 vers Mbaïki. Photo CNC

 

En 2023, une attribution contestée

 

En mai 2023, Corbeau News Centrafrique avait enquêté sur les conditions d’attribution de plusieurs lots du corridor 13. Les investigations avaient notamment porté sur les décisions prises autour de deux entreprises chinoises : SINOHYDRO Corporation et China Harbour Engineering Company (CHEC).

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Les documents consultés à l’époque par la rédaction faisaient apparaître une première sélection des entreprises par la commission chargée de l’évaluation des offres. Pour le lot 1, SINOHYDRO avait été retenue, tandis que CHEC apparaissait comme l’entreprise sélectionnée pour le lot 2.

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La procédure avait ensuite connu plusieurs évolutions. Une demande de variante avait notamment modifié la configuration initiale, avec la perspective de confier les deux lots à SINOHYDRO.

 

Cette modification avait conduit la rédaction à s’interroger sur les conditions dans lesquelles les résultats de l’évaluation avaient évolué après la sélection initiale.

 

L’enquête ne reposait pas sur une simple lecture de documents disponibles sur Internet. Elle avait été menée auprès des différents acteurs concernés par le dossier. Les représentants des entreprises impliquées avaient été contactés et entendus. Les éléments recueillis avaient ensuite été confrontés aux documents administratifs et techniques disponibles.

 

Un dossier suivi jusqu’à Abidjan

 

L’affaire ne s’était pas limitée aux échanges entre le ministère centrafricain des Travaux publics et les entreprises candidates.

 

Le dossier avait été porté au niveau de la Banque africaine de développement, dont le dispositif de financement impliquait des procédures de contrôle et d’obtention d’avis de non-objection avant certaines étapes de la passation des marchés.

 

Les investigations de Corbeau News Centrafrique avaient ainsi suivi le dossier jusque dans les échanges avec la représentation de la BAD à Abidjan.

 

Cette étape était déterminante. Une entreprise qui estimait avoir été écartée au terme du processus avait fait valoir ses arguments auprès des responsables concernés. Dans le même temps, l’entreprise finalement retenue avait également été entendue sur les conditions dans lesquelles elle avait obtenu le marché.

 

Les différentes versions avaient été examinées en parallèle avec les documents de la procédure.

 

L’enquête publiée en mai 2023 avait ainsi décrit une procédure marquée par des changements dans l’évaluation et par des interventions successives autour de l’attribution des lots.

 

La BAD au centre du dispositif

 

Trois ans plus tard, le Conseil des ministres du 20 août 2026 replace la BAD au centre des difficultés rencontrées sur le corridor 13.

 

Le gouvernement reconnaît des retards dans l’exécution des travaux et identifie plusieurs causes : la gestion de 17 projets distincts, la lourdeur des procédures de passation des marchés et les délais nécessaires à l’obtention des avis de non-objection.

 

Le Conseil des ministres demande ainsi des mesures d’assouplissement et d’accompagnement de la part de la BAD afin de permettre une accélération de l’exécution des travaux.

 

Cette reconnaissance officielle intervient alors que le corridor 13 reste dépendant d’un ensemble de procédures de validation liées à son financement.

 

Les délais ne concernent donc pas uniquement les entreprises présentes sur les différents chantiers. Ils touchent également le processus administratif qui précède et encadre leur intervention.

 

Trois ans après, les mêmes procédures ralentissent encore les travaux

 

L’évolution du dossier depuis 2023 donne un relief particulier aux annonces du Conseil des ministres.

 

À l’époque, l’enquête de Corbeau News Centrafrique avait montré que l’attribution des marchés du corridor 13 s’inscrivait dans une procédure complexe, impliquant plusieurs niveaux d’évaluation, de validation et de contrôle.

 

En 2026, le gouvernement reconnaît à son tour que les procédures de passation et les avis de non-objection constituent des facteurs de ralentissement.

 

Le problème n’est donc plus seulement celui du choix d’une entreprise pour réaliser les travaux. Il concerne désormais la capacité du dispositif de passation et de validation à permettre une exécution rapide des projets.

 

Le corridor 13 regroupe 17 projets distincts. Chaque marché doit suivre les différentes étapes prévues par les procédures applicables aux financements de la BAD. Les retards enregistrés sur une étape peuvent ainsi avoir des répercussions sur le calendrier général des travaux.

 

Une pression croissante sur la BAD

 

Face aux retards, le gouvernement centrafricain cherche désormais à obtenir un assouplissement des procédures auprès de la BAD.

 

La démarche traduit une volonté d’accélérer les validations nécessaires à la poursuite des différents projets.

 

Elle intervient dans un contexte où les travaux du corridor 13 restent un chantier majeur pour les infrastructures routières centrafricaines. Les lenteurs administratives deviennent ainsi un facteur directement lié au rythme d’exécution sur le terrain.

 

Trois ans après l’enquête menée sur les conditions d’attribution de certains marchés, le dossier revient donc au premier plan sous un autre angle : celui des délais de passation, des validations financières et des avis de non-objection.

 

Le Conseil des ministres du 20 août 2026 demande à la BAD de faciliter davantage ces procédures. Le gouvernement veut désormais obtenir des réponses permettant de débloquer les différents marchés et d’accélérer l’avancement des 17 projets inscrits dans le corridor 13.

 

Par Gisèle MOLOMA

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Touadéra, ta Centrafrique fait honte : voici ce que dit un hondurien expulsés des États-Unis de ton pays

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Cela fait maintenant dix ans que Faustin-Archange Touadéra tient les rênes de la République centrafricaine. Dix années au cours desquelles le pays s’est progressivement enfoncé dans une crise multidimensionnelle, au point que certains observateurs n’hésitent plus à parler d’un État en déliquescence avancée. Aujourd’hui, c’est une humiliation d’un genre nouveau que Bangui doit affronter : celle de voir des étrangers expulsés des États-Unis atterrir sur son sol et décrire, avec une franchise, l’enfer quotidien dans lequel survivent les Centrafricains.

Touadéra, ta Centrafrique fait honte : voici ce que dit un hondurien expulsés des États-Unis de ton pays
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Un témoignage qui dit tout

 

L’un de ces immigrants honduriens, déplacé de force vers la Centrafrique dans le cadre d’accords migratoires pour le moins opaques, a livré un constat d’une violence rare sur sa nouvelle réalité. En espagnol, il lâche sans détour : « es una pobreza extremadamente horrible ». Une pauvreté extrêmement horrible. La formule est simple, presque enfantine, mais elle résume à elle seule ce que les rapports internationaux peinent parfois à traduire en chiffres : la misère absolue dans laquelle est plongée une grande partie de la population.

 

Puis vient le constat sanitaire, tout aussi accablant : « que aquí hay higiene, las enfermedades. Esto es súper delicado ». Comprendre : ici, il y a des problèmes d’hygiène, des maladies, et la situation est extrêmement délicate. Les infrastructures sont dégradées, les services publics inexistants, et les conditions de vie tout simplement indignes d’un être humain.

 

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Des étrangers devenus prisonniers d’un territoire abandonné

 

Ce qui frappe dans ce témoignage, c’est la manière dont ces personnes transférées de force se perçoivent elles-mêmes : non pas comme des migrants, mais comme des prisonniers. Prisonniers d’un territoire que le pouvoir en place a lui-même délaissé, prisonniers d’une géographie de la misère où l’État n’assure plus ses fonctions régaliennes les plus élémentaires.

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Que des étrangers décrivent ainsi la Centrafrique comme une prison à ciel ouvert constitue une humiliation nationale dont Touadéra porte l’entière responsabilité. Car ce n’est pas la fatalité qui a conduit le pays à cet état. C’est une gestion du pouvoir fondée sur la prédation, le clientélisme et le mépris absolu des populations.

 

Une souveraineté bradée

 

Le comble de l’indignité réside dans le fait que cette situation résulte d’accords passés avec des puissances étrangères, au premier rang desquelles les États-Unis. En acceptant de recevoir des expulsés d’Amérique latine, le régime de Bangui transforme son propre territoire en zone de décharge humaine pour des politiques migratoires qui ne le concernent en rien. La souveraineté nationale est ainsi bradée au nom d’intérêts qui ne sont pas ceux du peuple centrafricain.

 

Les citoyens locaux, eux, n’ont pas attendu l’arrivée de ces étrangers pour mesurer l’ampleur du désastre. Ils partagent cette amertume face à un système qui les a abandonnés depuis longtemps. Mais voir des étrangers confirmer, avec leurs mots et leur regard neuf, ce qu’ils vivent au quotidien depuis une décennie ajoute une couche supplémentaire d’humiliation.

 

Dix ans de destruction méthodique

 

Il faut mesurer le chemin parcouru. En dix ans, la Centrafrique est devenue le symbole d’un État failli, incapable de protéger ses citoyens, de leur offrir des services de base, ou même de leur garantir un minimum de dignité. Les groupes armés continuent de contrôler une large partie du territoire. L’économie formelle s’est effondrée. Les infrastructures, déjà fragiles, se sont désagrégées faute d’entretien et d’investissement.

 

L’image d’un pays transformé en centre de détention géant n’est pas une métaphore. C’est une description littérale de ce qu’est devenue la Centrafrique sous Touadéra. Et cette image entache durablement l’avenir de toute une population, condamnée à porter le poids d’une mauvaise gouvernance dont elle n’est en rien responsable.

 

Une humiliation permanente aux yeux du monde

 

La gestion du pouvoir en place expose la nation à une humiliation permanente sur la scène internationale. Chaque témoignage comme celui de ce Hondurien devient une pièce supplémentaire dans le dossier accablant d’un régime qui a fait de son pays un objet de pitié, voire de mépris.

 

Les accords migratoires conclus avec les puissances étrangères placent la Centrafrique face à une pauvreté extrême, illustrant la faillite profonde de l’État.

Touadéra aime à se présenter comme le garant de la stabilité et de la reconstruction. Mais la réalité, crue et sans filtre, est tout autre. Elle est celle d’un pays où des étrangers déplacés de force découvrent avec effroi qu’ils ont été envoyés dans un lieu où même les besoins les plus élémentaires ne sont pas satisfaits. Elle est celle d’une population locale qui survit dans des conditions que le reste du monde qualifierait volontiers d’inhumaines.

 

Conclusion : une responsabilité historique

 

Dix ans après son arrivée au pouvoir, Touadéra laisse derrière lui un pays exsangue, humilié sur la scène internationale, et transformé malgré lui en terre d’exil pour des populations que d’autres nations ne veulent plus accueillir. Ce n’est pas seulement un échec politique. C’est une faute morale d’une gravité exceptionnelle.

 

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Enquête exclusive : à Gambo, dans le Mbomou, l’hôpital est devenu un mouroir pour la population faute de personnel qualifié et d’équipements médicaux

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À  Gambo, dans la préfecture du Mbomou. L’hôpital de cette ville du sud-est de la République centrafricaine manque de lits, de matelas, d’électricité et de personnel médical qualifié. Sans bloc opératoire, il ne peut pas assurer certaines urgences chirurgicales. Des malades et des femmes enceintes sont évacués à moto vers Bangassou, à 75 kilomètres. Selon des témoignages recueillis sur place, des patients meurent en cours de route, parfois avant d’avoir pu recevoir les soins nécessaires.

 

À l’hôpital de Gambo, les conditions de prise en charge des malades sont très inquiétante. Le constat dressé par l’équipe de Corbeau News Centrafrique (CNC), qui s’est rendue dans l’établissement la semaine dernière, montre des locaux vétustes, un manque criant de matériel et des capacités médicales extrêmement limitées. Pour les habitants, tomber gravement malade ou connaître des complications pendant un accouchement peut rapidement devenir une urgence sans solution sur place.

Batiment de la maternité de l'hôpital de Gambo. Photo CNC
Batiment de la maternité de l’hôpital de Gambo. Photo CNC

 

Un bâtiment ancien pour accueillir les malades

 

Les services de l’hôpital fonctionnent dans un bâtiment datant de 1978. Près d’un demi-siècle après sa construction, cette infrastructure continue d’abriter plusieurs services médicaux, sans disposer des équipements nécessaires pour répondre aux besoins de la population.

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Ancien batiment de 1978, comportment la Salle de consultation, service de médecine, pédiatrie , chirurgie de l'hôpital de Gambo. Photo CNC
Ancien batiment de 1978, comportment la Salle de consultation, service de médecine, pédiatrie , chirurgie de l’hôpital de Gambo. Photo CNC

 

La consultation, la médecine générale, la pédiatrie et la chirurgie sont regroupées dans ce même bâtiment. Cette organisation impose des conditions de travail difficiles au personnel et limite les possibilités d’accueil des patients. Le manque de lits et de matelas est particulièrement terrible. Les équipements indispensables au fonctionnement quotidien d’un établissement hospitalier font également défaut.

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L’état des installations électriques aggrave les difficultés. Le service de nutrition et d’autres espaces de soins manquent d’éclairage. Dans ces conditions, la surveillance des malades et l’administration des soins deviennent plus compliquées, notamment pendant la nuit.

 

Pour une structure appelée à recevoir des enfants, des femmes enceintes, des patients souffrant de maladies courantes et des personnes nécessitant des soins urgents, ces insuffisances réduisent considérablement les possibilités de prise en charge.

 

Deux personnels qualifiés pour tout l’hôpital

 

Le déficit de personnel constitue l’un des problèmes les plus graves de l’établissement. Selon les informations recueillies auprès des personnes présentes sur place, l’hôpital ne compte que deux agents qualifiés. Le reste du personnel est composé de secouristes qui ne disposent pas nécessairement des compétences requises pour traiter les complications médicales les plus graves.

 

Avec un effectif aussi réduit, l’établissement peine à répondre aux besoins des patients. Les urgences nécessitant une intervention spécialisée dépassent rapidement ses capacités, d’autant plus que les équipements adaptés ne sont pas disponibles.

 

L’absence de bloc opératoire est particulièrement préoccupante. Lorsqu’un patient nécessite une intervention chirurgicale, l’hôpital ne peut pas la réaliser sur place. Les femmes enceintes qui présentent des complications et ont besoin d’une césarienne doivent également être transférées vers une structure capable de pratiquer cette intervention.

 

Pour les habitants de Gambo, cette absence de moyens signifie qu’une urgence qui devrait être prise en charge rapidement dans un établissement équipé peut se transformer en un long déplacement, avec des conséquences parfois irréversibles.

 

Des femmes enceintes transportées à moto vers Bangassou

 

Bangassou, où les patients peuvent être orientés pour recevoir des soins indisponibles à Gambo, se trouve à environ 75 kilomètres. Faute de moyens d’évacuation sanitaire adaptés, des malades sont transportés à moto sur cet itinéraire.

 

Le trajet dure au moins trois heures, selon les informations recueillies sur place. Les routes et les pistes dégradées compliquent les déplacements et rendent le voyage particulièrement éprouvant pour les personnes malades.

 

Les femmes enceintes en difficulté d’accouchement sont parmi les plus exposées. Lorsqu’une césarienne devient nécessaire, le temps compte. Or, entre l’absence de bloc opératoire à Gambo, le manque de transport médicalisé et l’état des routes, les conditions ne permettent pas toujours d’atteindre rapidement un établissement capable d’intervenir.

 

Des témoignages recueillis auprès de personnes sur place font état de décès pendant ces évacuations. Des bébés meurent avant même que leurs mères puissent atteindre l’hôpital de Bangassou. D’autres patients, déjà affaiblis par leur maladie, ne survivent pas au trajet.

 

Ces récits donnent une idée du prix humain payé par les habitants confrontés à une urgence médicale. Pour certaines familles, trouver une moto et parcourir 75 kilomètres sur des routes dégradées constitue la seule possibilité d’accéder à des soins indisponibles dans leur propre ville.

 

Des enfants et des malades exposés faute de soins adaptés

 

Les enfants figurent également parmi les patients concernés par ces difficultés. La pédiatrie fonctionne dans le même bâtiment que les autres services, avec des moyens matériels insuffisants. Les familles dont les enfants nécessitent des soins spécialisés doivent, elles aussi, chercher une solution en dehors de Gambo.

 

Le manque de lits, de matelas et d’équipements complique l’accueil des malades. À cela s’ajoutent les difficultés d’éclairage et le nombre limité de personnels qualifiés. L’établissement ne dispose donc pas des moyens nécessaires pour répondre à toutes les urgences auxquelles il est confronté.

Faute de personnel qualifié et d’un bloc opératoire, les urgences de l’hôpital Gambo obligent les femmes enceintes et les malades à subir une périlleuse évacuation sanitaire de soixante-quinze kilomètres à moto vers Bangassou, à travers la préfecture du Mbomou.

 

Dans une ville où l’accès à un établissement mieux équipé suppose un déplacement de plusieurs dizaines de kilomètres, ces insuffisances peuvent avoir de lourdes conséquences. Les malades qui ont besoin d’une intervention rapide sont particulièrement vulnérables lorsque leur transfert prend plusieurs heures.

 

Un hôpital qui a besoin de moyens pour sauver des vies

 

Les constats effectués par l’équipe du CNC et les témoignages recueillis à Gambo appellent une intervention urgente des autorités sanitaires. La réhabilitation du bâtiment, l’approvisionnement en lits et en matelas, l’amélioration de l’électricité et de l’éclairage ainsi que le renforcement du personnel qualifié figurent parmi les besoins les plus immédiats.

 

L’établissement a également besoin d’équipements permettant d’assurer les soins essentiels et d’un dispositif d’évacuation sanitaire adapté. La prise en charge des urgences obstétricales nécessite des moyens capables de réduire les délais de transfert des femmes enceintes et de limiter les risques pour les mères et les nouveau-nés.

 

L’enjeu dépasse la seule question des infrastructures. Il concerne la possibilité, pour les habitants de Gambo, de recevoir des soins dans leur propre ville sans devoir parcourir 75 kilomètres à moto pour espérer être sauvés.

 

Tant que l’hôpital restera dépourvu de moyens suffisants et que les évacuations continueront de s’effectuer dans ces conditions, les malades, les enfants et les femmes enceintes resteront exposés à des risques graves. Pour les familles qui perdent un proche avant son arrivée à Bangassou, l’accès aux soins ne relève plus seulement d’une difficulté quotidienne : il devient une question de survie.

 

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Centrafrique : MSF réhabilite le service de médecine interne de l’hôpital de Carnot pour 69 millions de FCFA

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Médecins Sans Frontières (MSF) a mis en service, le 10 octobre 2026, le bâtiment rénové du service de médecine interne de l’hôpital de district de Carnot, dans la préfecture de la Mambéré. Les travaux ont coûté 69,2 millions de FCFA et visent à améliorer les conditions d’hospitalisation et de prise en charge des patients.

 

Un bâtiment rénové pour améliorer les soins à Carnot

 

La cérémonie officielle d’inauguration s’est déroulée en présence des autorités administratives et sanitaires, des représentants des communautés et des partenaires de l’établissement. Le projet a été réalisé par MSF en collaboration avec le ministère de la Santé et de la Population.

 

Centrafrique : MSF réhabilite le service de médecine interne de l’hôpital de Carnot pour 69 millions de FCFA
Dans une salle de l’hôpital de Carnot, dans la Mambéré

 

Selon MSF, cette réhabilitation répond au vieillissement des infrastructures et aux besoins d’amélioration de la qualité, de la sécurité et de l’hygiène dans les services hospitaliers.

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« Cette réhabilitation contribue à améliorer durablement la qualité de l’accueil et des soins proposés aux patients, ainsi que les conditions de travail des équipes soignantes », a déclaré Virginie Napolitano, cheffe de mission de MSF.

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Le coût total des travaux s’élève à 69 279 706 FCFA, toutes taxes comprises. Ce montant comprend un contrat initial de 63 577 749 FCFA et un avenant de 5 701 956 FCFA.

 

Plus de 1 200 patients pris en charge en médecine interne en 2025

 

MSF accompagne l’hôpital de district de Carnot depuis 2009. Son soutien couvre plusieurs domaines médicaux, dont le VIH, le paludisme, la tuberculose, les maladies chroniques, la transfusion sanguine, la santé de la femme et la pédiatrie.

 

En 2025, l’organisation a pris en charge 1 224 patients hospitalisés en médecine interne. Sur les huit premiers mois de 2026, ce service a accueilli 867 patients.

 

Les besoins restent également importants en pédiatrie. En 2025, les urgences pédiatriques ont enregistré 8 321 passages de patients avec l’appui de MSF. De janvier à août 2026, ce chiffre s’établit à 4 104.

 

L’hospitalisation pédiatrique a, pour sa part, concerné 6 886 patients en 2025, contre 2 537 sur les huit premiers mois de 2026. L’unité thérapeutique nutritionnelle hospitalière a accueilli 520 patients en 2025 et 215 entre janvier et août 2026.

 

MSF fournit aussi de l’eau et de l’électricité à l’hôpital

 

Au-delà des soins médicaux, l’appui de MSF comprend plusieurs interventions logistiques destinées à améliorer le fonctionnement de l’établissement. L’organisation assure notamment la fourniture d’eau et d’électricité à l’ensemble de l’hôpital.

 

Elle intervient également dans la gestion des déchets biomédicaux et a contribué à la construction de douches et de latrines. Des espaces ont aussi été aménagés pour les accompagnants des patients.

 

Le représentant du ministre de la Santé et de la Population, le docteur Jean-Baptiste Madoundji, directeur général de la Pharmacie et de l’Organisation des soins, a salué cette collaboration.

 

« En finançant et en orchestrant la réhabilitation de ce bâtiment, vous prouvez une fois de plus que votre engagement en République centrafricaine va bien au-delà de l’urgence : il s’inscrit dans la durabilité et le renforcement des capacités de notre système de santé national », a-t-il déclaré.

 

Il a également rappelé que « l’accès à la santé n’est pas un privilège, c’est un droit fondamental ».

Médecins Sans Frontières collabore étroitement avec le ministère de la Santé pour moderniser les services de médecine interne de l’établissement.

 

Un service pédiatrique construit en 2025, des travaux en cours à la maternité

 

La réhabilitation du service de médecine interne s’ajoute à d’autres travaux engagés à l’hôpital de Carnot. En 2025, MSF a construit un service pédiatrique doté d’une capacité d’accueil pouvant atteindre 72 lits.

 

De son côté, le ministère de la Santé mène des travaux au bloc opératoire et à la maternité. MSF prévoit également d’installer de nouveaux panneaux solaires d’ici la fin de 2026.

 

L’organisation poursuit ainsi son appui à l’hôpital de district de Carnot, où les besoins concernent aussi bien les infrastructures que les équipements et la prise en charge des patients.

 

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Cent (100) jours de Moloua 3 : reportage sur le terrain, de Bangui à Bangassou

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Faustin ZAMÉTO, sociologue et analyste politique, a réalisé trois reportages consacrés aux 100 premiers jours du gouvernement Moloua III. De Bangui à l’axe Bangui-Bangassou, il a recueilli des témoignages sur le coût de la vie, le chômage et l’état des routes.

 

À KM5, les 100 jours mesurés par le prix du manioc

 

À 8 heures, le marché de KM5 est déjà animé. Les commerçants installent leurs marchandises et les clients négocient les prix. Faustin ZAMÉTO s’arrête auprès de Maman Denise, vendeuse de manioc depuis vingt ans. Il lui demande ce que représentent pour elle les 100 jours du gouvernement Moloua III.

100 jours de Moloua 3 : reportage sur le terrain, de Bangui à Bangassou
marché de Boy Rabe de Bangui 3 par corbeaunews centrafrique

 

« Moloua III ? C’est quoi ça encore ? Moi je connais le Premier ministre Moloua. Il est toujours là, non ? En tout cas, ma cuvette de manioc est toujours à 1 500 francs. Le sac de riz à 35 000 F. Rien n’a changé pour nous », répond-elle.

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À quelques mètres, Rodrigue, 24 ans, pousseur et titulaire d’une licence en droit public obtenue en 2022, raconte sa situation professionnelle. Il affirme être toujours sans emploi depuis l’obtention de son diplôme.

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« 100 jours ? Mon frère, moi ça fait 1 500 jours que je pousse. On nous a dit que la jeunesse est au centre de la 7ème République. Je cherche le centre. Je ne le vois pas », témoigne-t-il.

 

Dans son reportage, Faustin ZAMÉTO rapproche ces témoignages des préoccupations déjà exprimées dans les médias sur le bilan social du gouvernement. Pour les personnes rencontrées à KM5, les changements annoncés au niveau politique ne se traduisent pas encore par une évolution de leurs conditions quotidiennes.

 

Sur l’axe Bangui-Bangassou, 734 kilomètres de difficultés

 

Le deuxième volet du reportage porte sur l’axe Bangui-Bangassou, long d’environ 734 kilomètres. Cette route constitue l’un des principaux corridors reliant Bangui aux préfectures de l’Ouaka, de la Basse-Kotto et du Mbomou.

 

Faustin ZAMÉTO indique ne pas avoir pu parcourir l’intégralité de l’itinéraire pendant la saison des pluies. Il a donc recueilli plusieurs témoignages auprès de personnes vivant ou travaillant sur cet axe.

 

Alphonse, instituteur à Alindao, décrit les difficultés rencontrées pour rejoindre Bangui afin de percevoir son salaire.

 

« Pour aller toucher mon salaire à Bangui, je dois payer 45 000 F de moto jusqu’à Bambari, puis 35 000 F de bus. 80 000 F pour aller toucher 180 000 F », explique-t-il.

 

Selon cet enseignant, le tronçon entre Bambari et Alindao devient particulièrement difficile pendant la saison des pluies. Il évoque également les difficultés des producteurs agricoles pour acheminer leur manioc et leur maïs vers les marchés.

 

À Bangassou, Maman Pauline, commerçante de poisson, décrit une autre conséquence de l’état de la route. Elle affirme que le transport de ses marchandises prend désormais beaucoup plus de temps.

 

« Mon poisson du Mbomou, avant, arrivait à Bangui en deux jours par la route. Maintenant, il faut sept à huit jours. Quand il arrive, il est pourri. On le jette », témoigne-t-elle.

 

Elle estime avoir perdu 300 000 francs CFA au cours du mois précédent et affirme que le transport d’un carton de poisson est passé de 15 000 à 30 000 francs CFA.

 

Célestin, chauffeur de poids lourd sur l’axe Bangui-Bangassou depuis quinze ans, décrit lui aussi les difficultés du trajet. Il cite notamment les ponts dégradés, les bourbiers et les difficultés rencontrées entre Bambari, Alindao et Bangassou.

 

« En 100 jours, pas un seul mètre de goudron. Pas un seul pont réparé. Pas une seule niveleuse vue », affirme-t-il.

 

Les témoignages recueillis par Faustin ZAMÉTO placent ainsi l’état des infrastructures routières au centre de son reportage sur les 100 premiers jours de Moloua III.

 

À Bangui, les mêmes 100 jours sont racontés autrement

 

De retour dans la capitale, Faustin ZAMÉTO recueille également les réactions de responsables politiques. Un député de la majorité présidentielle, qui demande à rester anonyme, défend le temps accordé au gouvernement.

 

« 100 jours, c’est rien. La 7ème République, c’est une œuvre de refondation. On ne refonde pas un pays détruit par 30 ans de crise en 100 jours », estime-t-il.

 

Le député ajoute que la stabilité constitue déjà, selon lui, un résultat à prendre en compte.

 

Un député du MLPC tient un discours différent. Il renvoie au bilan publié par son parti le 7 septembre et critique notamment la composition du gouvernement.

 

« 32 ministres, dont seulement 5 femmes. Où est la parité ? Où sont les compétences ? », demande-t-il, avant de qualifier le gouvernement de structure fondée sur le « copinage » et la « récompense politique ».

 

Le 15 septembre, le Premier ministre Félix Moloua s’est lui-même exprimé sur les 100 premiers jours de son gouvernement. Il a notamment évoqué la redevabilité et appelé certains fonctionnaires à davantage de responsabilité dans l’exercice de leurs fonctions.

 

Dans son reportage, Faustin ZAMÉTO met en parallèle ces déclarations institutionnelles avec les témoignages recueillis auprès des populations. D’un côté, les responsables politiques présentent les actions du gouvernement à travers les orientations de la 7ème République. De l’autre, les personnes interrogées parlent principalement du prix des produits, du chômage, des transports et de l’état des routes.

 

Trois reportages, trois réalités du pays

 

À travers ses trois reportages, Faustin ZAMÉTO retient plusieurs préoccupations exprimées par les personnes rencontrées ou contactées : le coût de la vie à Bangui, l’accès à l’emploi pour les jeunes et les difficultés de circulation sur les axes reliant la capitale aux villes de l’intérieur.

 

À KM5, Maman Denise parle du prix du manioc et du riz. À Alindao, l’instituteur Alphonse évoque le coût du déplacement pour percevoir son salaire. À Bangassou, Maman Pauline décrit les pertes liées au transport du poisson. Les témoignages convergent vers une même attente : voir les décisions prises à Bangui produire des effets concrets dans les villes et les villages.

 

Le reportage rappelle aussi que le gouvernement Moloua III est évalué après seulement 100 jours d’exercice. Les défenseurs de l’exécutif mettent en avant le temps nécessaire à la mise en œuvre des réformes, tandis que ses détracteurs attendent des résultats visibles sur les conditions de vie et les infrastructures.

 

Faustin ZAMÉTO, sociologue et analyste politique, a réalisé ce reportage le 16 septembre 2026 à partir de ses observations à Bangui et des témoignages recueillis sur l’axe Bangui-Bangassou. Actions disponibles

 

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Carburant en RCA : les contrevérités d’Alain Foka et Jules Njawe pour protéger Touadéra de sa mauvaise gestion

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Alain Foka et Jules Njawe ont défendu le gouvernement centrafricain après la hausse des prix des hydrocarbures, en invoquant le marché mondial et la dépendance de la République centrafricaine aux importations. Plusieurs affirmations avancées dans leur échange sont pourtant contredites par les faits.

 

Jules Njawe affirme notamment que la hausse des prix du carburant serait essentiellement la conséquence d’une situation internationale sur laquelle les autorités centrafricaines n’auraient aucune prise. Il va jusqu’à présenter la politique du président Faustin-Archange Touadéra comme une réponse adaptée à la crise et à louer son « génie conceptuel et imaginaire ».

 

Carburant en RCA : les contrevérités d’Alain Foka et Jules Njawe pour protéger Touadéra de sa mauvaise gestion
Le camerounais Jules Njawé, conseiller du Président centrafricain Faustin Archange Touadera

 

Un prix de 3 euros en France qui ne correspond pas aux chiffres

 

Pour justifier son argument, Jules Njawe affirme que le carburant coûterait aujourd’hui « 3 euros et plus » le litre en France, soit près de 2 200 francs CFA.

À lire aussi : Yves Sanghamy réplique : « Ce n’est pas l’URCA qui siège aux côtés des chefs rebelles ou les reçoit au palais », rejetant toute responsabilité de l’opposition dans l’instabilité du pays

 

Cette affirmation ne correspond pas aux données disponibles. Les prix du carburant en France restent inférieurs à ce niveau pour les principaux carburants vendus à la pompe. La comparaison utilisée pour expliquer aux Centrafricains que la hausse serait inévitable repose donc déjà sur un chiffre contestable.

À lire aussi : Crise politique et sociale en Centrafrique : La COSCIPAC et son Coordonnateur National, Petit Delphin KOTTO, dénoncent vivement le refus du dialogue politique par le pouvoir en place

 

La France ne « contrôle » pas tout le pétrole africain

 

Jules Njawe affirme également que « la France contrôle tout le carburant et tout le pétrole de l’Afrique », en citant notamment TotalEnergies parmi les multinationales françaises opérant dans le secteur.

 

TotalEnergies occupe effectivement une place importante dans le secteur énergétique africain. L’entreprise est présente dans plusieurs pays du continent et participe à des activités d’exploration, de production, de raffinage et de distribution.

 

Ces éléments ne permettent pas de conclure que la France contrôle « tout le pétrole » ou « tout le carburant » africain. TotalEnergies est une entreprise internationale et ses activités sont réalisées dans différents pays, selon les législations et les contrats conclus avec les États concernés.

 

Le marché mondial n’explique pas à lui seul la politique des prix en RCA

 

Il est exact que les prix des produits pétroliers sont influencés par les cours internationaux du pétrole brut, les coûts de raffinage, le transport, la fiscalité et d’autres paramètres.

 

Présenter cette réalité comme si elle supprimait toute responsabilité des autorités nationales constitue en revanche un raccourci.

 

Un gouvernement dispose de plusieurs leviers sur la fiscalité, la structure des prix, les mécanismes de compensation, les droits et taxes appliqués aux importations et les mesures destinées à protéger les consommateurs.

 

La question centrale pour la RCA n’est donc pas uniquement de savoir si le pétrole augmente sur le marché international. Il faut aussi examiner comment cette hausse est répercutée sur le prix payé par les automobilistes, les transporteurs et les entreprises centrafricains.

 

Une défense politique plutôt qu’une démonstration économique

 

Dans son intervention, Jules Njawe affirme que l’augmentation n’est « pas la faute » du président Touadéra, de la ministre ou des autorités centrafricaines. Il attribue directement la situation au marché mondial et aux conséquences des guerres internationales.

 

Cette présentation écarte une partie du débat. La RCA dépend fortement des importations de produits pétroliers et ne dispose pas encore d’une production nationale permettant de couvrir ses besoins. Le gouvernement peut donc agir sur les conditions d’importation et sur la formation du prix intérieur, même s’il ne maîtrise pas les cours mondiaux.

 

Jules Njawe explique également que le pétrole brut extrait du sous-sol doit recevoir des « produits ajoutés » avant de devenir du gasoil, du kérosène ou de l’essence. L’idée générale selon laquelle le pétrole brut doit être raffiné pour produire différents carburants est correcte.

 

Cette explication ne suffit pas à démontrer que chaque hausse du carburant à la pompe serait automatiquement imposée au consommateur centrafricain.

 

Jules Njawe et Alain Foka défendent la politique du président Faustin-Archange Touadéra face aux critiques sur la hausse des prix des hydrocarbures.

L’éloge de Touadéra ne remplace pas les chiffres

 

Au terme de son intervention, Jules Njawe va plus loin en présentant la politique du président Touadéra comme le résultat d’un « génie conceptuel et imaginaire » ayant permis de trouver « le juste milieu » pour protéger les plus pauvres.

 

Cette conclusion relève davantage du plaidoyer politique que de l’analyse du mécanisme des prix pétroliers.

 

Alain Foka, ancien journaliste de Radio France Internationale devenu producteur de contenus numériques, accompagne ce discours dans un échange qui tend à déplacer la responsabilité de la hausse vers des facteurs extérieurs : marché mondial, multinationales, guerres internationales et dépendance aux importations.

 

Reconnaître l’influence du marché international ne dispense pas d’examiner les décisions nationales. Pour les consommateurs centrafricains, le résultat reste concret : le prix payé à la pompe dépend à la fois du coût d’approvisionnement et des mécanismes nationaux qui déterminent la manière dont ce coût est répercuté.

 

La discussion entre Alain Foka et Jules Njawe présente ainsi plusieurs affirmations comme des évidences alors qu’elles nécessitent d’être vérifiées. La comparaison avec la France repose sur un prix présenté de manière contestable, l’idée d’un contrôle français de l’ensemble du pétrole africain est excessive et l’attribution de la hausse au seul marché mondial ne suffit pas à expliquer la politique des prix appliquée en République centrafricaine

 

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Hausse du carburant : Faustin-Archange Touadéra demande aux Centrafricains « d’avoir un peu plus de patience »

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Faustin-Archange Touadéra demande aux Centrafricains de patienter face à la nouvelle hausse des prix du carburant, alors que cette décision alourdit directement les dépenses des ménages et des entreprises.

 

De retour à Bangui après plusieurs jours à l’étranger, Faustin-Archange Touadéra a défendu la décision du gouvernement d’augmenter les prix à la pompe. Il a principalement invoqué la hausse des cours internationaux du pétrole, dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient.

 

Hausse du carburant : Faustin-Archange Touadéra demande aux Centrafricains « d’avoir un peu plus de patience »
Manifestation contre le troisieme mandat de Faustin Archange Touadera

 

« Nous demandons à nos compatriotes d’avoir un peu plus de patience », a déclaré Faustin-Archange Touadéra.

 

À lire aussi : L’alliance toxique de Wagner : la résurgence des figures de l’UPC et des 3R au cœur du dispositif sécuritaire russe en Centrafrique

Le message intervient alors que les conséquences de la hausse sont déjà perceptibles dans le quotidien des Centrafricains. Le carburant ne concerne pas seulement les automobilistes. Son prix influence directement le transport, l’acheminement des marchandises, les activités des entreprises et, par effet de chaîne, les prix des produits de première nécessité.

 

À lire aussi : « L’URSS libérait l’Afrique, Wagner la pille » : Martin Ziguelé brise le tabou de la présence russe

Faustin-Archange Touadéra estime que la République centrafricaine dispose de peu de marges de manœuvre puisqu’elle ne produit pas de pétrole et dépend des importations. Il affirme que les marketeurs achètent le carburant sur le marché international à des prix désormais plus élevés.

 

À lire aussi : Au Vatican, j’ai vu Touadéra et sa délégation dans les ténèbres : le révérant Pasteur Nicolas Talingano raconte ce qu’il dit avoir vu après la visite de Touadéra à Vatican

Cette dépendance explique une partie du problème, mais elle ne répond pas à toutes les interrogations sur le prix payé à la pompe. Le coût final du carburant dépend aussi des conditions d’importation, des frais appliqués, des taxes, des marges et du mécanisme retenu par l’État pour fixer les prix.

 

À lire aussi : Santé en Afrique : les grands défis d’un continent face à des besoins croissants

Le chef de l’État affirme par ailleurs que le gouvernement avait maintenu les anciens prix pendant plusieurs mois avant de se résoudre à les augmenter. Selon lui, cette politique avait contraint l’État à supporter une partie du coût réel du carburant.

 

Il avance notamment le chiffre de 350 francs CFA par litre, que l’État aurait dû prendre en charge pour maintenir le gasoil à 1 250 francs CFA. Faustin-Archange Touadéra estime que cette charge n’est désormais plus supportable pour le Trésor public.

 

Cette affirmation appelle toutefois à davantage de précisions. Quel volume de carburant est concerné ? Quel montant l’État a-t-il effectivement dépensé ? Depuis quelle date cette prise en charge existe-t-elle ? Et sous quelle forme comptable cette dépense apparaît-elle dans les finances publiques ?

 

Ces questions sont importantes, car le gouvernement avait déjà procédé à une profonde réforme du prix des carburants en 2023. À l’époque, les autorités avaient notamment justifié la hausse par la nécessité de mettre fin au coût de la subvention et de rétablir les recettes publiques liées aux produits pétroliers.

 

La situation actuelle nécessite donc de distinguer la hausse du prix international du pétrole et les mécanismes internes qui déterminent le prix payé par les consommateurs centrafricains.

 

Faustin-Archange Touadéra a également donné une dimension politique à la contestation. Il estime que certains acteurs profitent de la hausse pour mobiliser la population contre le pouvoir.

 

« Il y en a qui surfent sur ça pour mettre la population dans la rue », a-t-il déclaré.

 

Le chef de l’État justifie la révision des prix du carburant par la flambée des cours sur le marché international, pesant lourdement sur le Trésor public.

Cette lecture politique intervient alors que les difficultés économiques provoquées par la hausse touchent directement les travailleurs, les transporteurs, les commerçants et les entreprises. Pour une grande partie de la population, la question ne se limite donc pas au débat politique. Elle concerne le coût quotidien du déplacement, de l’alimentation et de l’activité économique.

 

Faustin-Archange Touadéra appelle malgré tout les Centrafricains à patienter et estime que le gouvernement doit désormais travailler avec les travailleurs et les entreprises sur les conséquences de la hausse.

 

Reste une question centrale : combien de temps les ménages et les entreprises pourront-ils absorber cette nouvelle hausse alors que leurs revenus ne progressent pas au même rythme que les coûts du transport et des marchandises ? 

 

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N’Djamena lance un sévère avertissement à Bangui suite à une attaque des mercenaires russes du groupe Wagner sur son territoire et convoque l’ambassadeur centrafricain

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Le gouvernement tchadien a convoqué, ce dimanche, l’ambassadeur de la République centrafricaine au Tchad, Jean-Bernard Léopold, pour lui signifier la protestation officielle de N’Djamena après une attaque menée par des mercenaires russes du groupe Wagner sur son territoire. L’incursion, survenue dans la localité d’Amnabaka, a fait seize blessés graves parmi les soldats tchadiens déployés à la frontière, ainsi que plusieurs morts civils tués par les bombardements russes. Par la voix de son ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine, Amat Kogri, le Tchad condamne fermement cet acte qu’il qualifie d’atteinte à son intégrité territoriale et de menace pour la paix et la stabilité dans la zone frontalière.

 

Les faits : une offensive préparée depuis Birao

 

Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, l’attaque a été lancée le samedi 10 octobre 2026 par plus d’une cinquantaine de mercenaires russes du groupe Wagner, appuyés par leurs supplétifs surnommés « Wagner noirs » ou « Russes noirs », ainsi que par des combattants rebelles tchadiens. L’objectif affiché était de déloger les positions du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) dans la région frontalière de Nabagaye-Tissi, au nord-est de la République centrafricaine.

N’Djamena lance un sévère avertissement à Bangui suite à une attaque des mercenaires russes du groupe Wagner sur son territoire et convoque l’ambassadeur centrafricain
Un hélicoptère russe MI-17 avec à son bord des paramilitaires russes

 

Les préparatifs de l’opération ont commencé dans la nuit du vendredi au samedi. Une cinquantaine de mercenaires russes ont quitté Birao vers 2 heures du matin à bord d’un hélicoptère pour rejoindre Boromata. Le mouvement s’est poursuivi vers 3 heures du matin, en toute discrétion, afin de surprendre les positions du FPRC.

À lire aussi : Centrafrique : ville morte du lundi 12 octobre 2026, « Restez chez vous à la maison et ce n’est pas un crime » : la société civile corrige et ridiculise les menaces du ministre Évariste Ngamana

 

L’opération a bénéficié d’une géolocalisation précise grâce au général Youssouf Sakhayroun, qui a fourni les numéros de téléphone des chefs du FPRC. Ces renseignements ont permis d’orienter immédiatement les bombardements aériens et les tirs de drones sur les bases visées. Les bombardements intensifs ont devancé l’assaut terrestre, mené conjointement par les mercenaires russes, leurs supplétifs et les combattants rebelles tchadiens.

À lire aussi : Centrafrique : « À une loi injuste, nul n’est tenu d’obéir », déclare un centrafricain qui défend la ville morte du 12 octobre contre la hausse chaotique du prix du carburant

 

Les combattants du FPRC présents sur le site ont opposé une forte résistance jusqu’à 17 heures, parvenant à détruire un drone ennemi et à infliger des pertes mortelles aux mercenaires russes et à leurs supplétifs. Quatre combattants du FPRC sont morts au combat.

 

Des bombardements russes tuent des civils et blessent seize soldats tchadiens

 

C’est dans ce contexte que l’offensive a directement touché le territoire tchadien. Les bombardements russes ont tué plusieurs civils tchadiens dans la zone frontalière, semant la terreur parmi les populations locales.

 

Alertés par les détonations à la frontière, des soldats tchadiens chargés de la surveillance du secteur de Tissi se sont avancés à bord d’un pick-up pour observer la situation. Ces soldats se trouvaient strictement sur leur territoire national, séparé du secteur centrafricain par une démarcation naturelle de moins d’un mètre.

 

Les mercenaires russes ont ouvert le feu depuis leur hélicoptère sur le véhicule militaire tchadien. Les tirs ont blessé seize soldats tchadiens positionnés dans leur propre pays. Ces soldats, qui assurent la sécurité de la frontière, ont été touchés alors qu’ils n’étaient engagés dans aucun combat et se trouvaient en mission de surveillance sur le sol tchadien.

 

Cet acte de provocation démontre la gravité et l’ampleur transfrontalière de cette opération militaire. Il constitue, selon les autorités tchadiennes, une violation flagrante de la souveraineté du Tchad et une menace directe pour la sécurité des populations frontalières.

 

La réaction officielle de N’Djamena

 

Face à cette situation, le gouvernement tchadien a réagi avec fermeté. L’ambassadeur de la République centrafricaine au Tchad, Jean-Bernard Léopold, a été convoqué par le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de l’Intégration africaine, Amat Kogri, afin de lui signifier la protestation officielle du Tchad.

 

Par la voix du ministre d’État, le gouvernement tchadien condamne fermement cet acte qu’il considère comme une atteinte à l’intégrité territoriale du Tchad. Les autorités tchadiennes estiment également que cet incident constitue une menace pour la paix et la stabilité dans cette zone frontalière.

 

À travers la convocation de l’ambassadeur centrafricain, le gouvernement tchadien entend adresser une mise en garde aux autorités centrafricaines et rappeler la nécessité du respect strict de son intégrité territoriale ainsi que du maintien de bonnes relations entre les deux pays.

 

Wagner et les rebelles tchadiens au cœur de l’opération

 

L’enquête confirme l’alliance nouée par Wagner avec deux chefs rebelles tchadiens : Nouradine Adam et Hamdan-Daak. Ces deux responsables ont mis leurs hommes à la disposition de la compagnie paramilitaire russe pour mener l’assaut dans la zone des trois frontières.

 

Nouradine Adam, issu de l’ethnie wadaï, se trouverait actuellement à Amdoukoun, au Soudan, près de la frontière tchadienne, aux côtés des éléments des Forces de soutien rapide (FSR). Hamdan-Daak a récemment quitté les rangs des FSR tout en maintenant ses hommes au Darfour. Après un passage en Libye, il séjournerait en Turquie pour rechercher des financements et des armements.

 

L’objectif central de Wagner consiste à chasser le FPRC de cette zone stratégique qu’il contrôle depuis 2013, soit depuis treize ans, pour y installer les rebelles tchadiens. Ces positions serviront de base arrière permanente pour lancer de futures attaques contre N’Djamena.

 

Une position frontalière convoitée pour sa valeur stratégique

 

La zone de Nabagaye-Tissi offre un point de contrôle majeur aux confins de la République centrafricaine, du Tchad et du Soudan. Le FPRC y verrouille les accès depuis 2013 et bloque l’implantation de groupes armés affiliés à Wagner.

 

La manœuvre de Wagner vise à remplacer le FPRC par des rebelles tchadiens entraînés et armés, afin d’établir un point d’appui direct contre le Tchad. Cette offensive s’intègre, selon plusieurs observateurs, dans un grand complot orchestré par Wagner depuis le Niger, le Mali, le Burkina Faso et la Centrafrique pour déstabiliser le Tchad et étendre son emprise régionale.

Cette incursion menée par le groupe Wagner a provoqué des blessés parmi les soldats tchadiens et constitue une violation directe de l’intégrité territoriale du Tchad.

 

Une version officielle centrafricaine contredite par les faits

 

Le ministère centrafricain de la Défense a affirmé le 10 octobre avoir mené une opération préventive avec l’appui de spécialistes russes pour neutraliser une menace étrangère dans la Vakaga. Plusieurs médias ont relayé cette version des faits.

 

Cependant, les constatations réunies par la rédaction du CNC montrent une réalité tout autre : une attaque préméditée contre le FPRC avec le concours de rebelles tchadiens, complétée par des bombardements russes ayant tué des civils tchadiens et blessé seize soldats tchadiens en territoire voisin. Cette contradiction entre le discours officiel de Bangui et les faits établis soulève de graves questions sur la transparence des autorités centrafricaines et sur leur responsabilité dans cet incident.

 

Un avertissement qui ne doit pas être ignoré

 

La convocation de l’ambassadeur centrafricain constitue un signal clair adressé à Bangui. Le Tchad, qui a jusqu’ici fait preuve de retenue, entend rappeler que sa patience a des limites. Les seize soldats tchadiens blessés et les civils tués ne sont pas de simples chiffres : ils sont le symbole d’une violation répétée de la souveraineté d’un État qui, jusqu’à présent, a choisi la voie diplomatique.

 

Le gouvernement tchadien, par la voix de son ministre d’État aux Affaires étrangères, a été explicite : il exige le respect strict de son intégrité territoriale et le maintien de bonnes relations entre les deux pays. Mais cet avertissement ne restera pas sans conséquences si les mercenaires russes et leurs alliés persistent dans cette logique d’aventurisme frontalier.

 

La communauté internationale, les organisations régionales et les partenaires du Tchad sont désormais appelés à prendre la mesure de cette crise. Car au-delà du Tchad et de la Centrafrique, c’est la stabilité de toute la bande sahélo-saharienne qui est en jeu.

 

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Centrafrique : la ville morte suivie à 80 % à Bangui malgré les tentatives du gouvernement

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La journée « ville morte » du 12 octobre 2026 est suivie à environ 80 % à Bangui, selon les constatations de la rédaction de Corbeau News Centrafrique (CNC). Écoles largement désertées, circulation fortement perturbée et marchés privés de clients : le mot d’ordre lancé par le Consortium de la société civile pour protester contre la hausse des prix du carburant a considérablement ralenti les activités dans la capitale.

 

Une circulation fortement perturbée dans les quartiers

 

Dès les premières heures de la matinée, plusieurs quartiers de Bangui ont enregistré une baisse importante de la circulation. Dans les rues de Castors, de Sica et dans plusieurs secteurs du sud et de l’est de la capitale, les déplacements étaient nettement moins fréquents que d’habitude.

Centrafrique : la ville morte suivie à 80 % à Bangui malgré les tentatives du gouvernement

 

Les taxis-motos, qui assurent une grande partie des déplacements urbains, étaient moins nombreux à circuler. Seuls quelques axes, notamment autour de l’avenue des Martyrs et de la station-service du même nom, connaissaient encore des mouvements relativement importants.

À lire aussi : Centrafrique : la COSCIPAC rejoint l’appel à la ville morte du 12 octobre contre la vie chère

 

Cette circulation autour de la station des Martyrs s’expliquait notamment par l’opération de distribution gratuite de carburant organisée en faveur de certains conducteurs de taxis-motos. De longues files se sont formées devant la station, provoquant des attroupements et des tensions entre les conducteurs servis et ceux qui attendaient encore.

À lire aussi : Centrafrique : un mort et deux blessés parmi les mercenaires russes après une embuscade près de Mbrés

 

Des écoles désertées et des marchés sans clients

 

Dans plusieurs établissements scolaires publics et privés, les salles de classe étaient vides ou accueillaient très peu d’élèves. De nombreux enseignants n’ont pas rejoint leur poste. Plusieurs familles ont également préféré garder leurs enfants à la maison.

 

Sur les marchés et dans les commerces du centre-ville, les vendeurs étaient présents, mais les clients se faisaient rares. Plusieurs commerçants ont constaté une baisse importante de la fréquentation. Certains envisageaient de rentrer chez eux faute de ventes suffisantes.

 

Ces observations effectuées par la rédaction du CNC indiquent une adhésion importante au mot d’ordre, même si la mobilisation n’a pas été totale dans tous les secteurs de la capitale.

 

Le gouvernement tente de maintenir les activités

 

Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, le gouvernement a convoqué dimanche six centrales syndicales pour des discussions avec les autorités. Des déclarations communes ont ensuite été publiées, dans le but de maintenir les activités.

 

Le ministre de la Communication, Évariste Ngamana, a également rencontré des délégués des taxis-motos. D’après les informations recueillies par le CNC, des sommes d’argent leur auraient été remises pour encourager les conducteurs à continuer de travailler. Plusieurs conducteurs ont contesté la démarche de leurs représentants et exprimé leur désaccord.

 

Une autre opération a ensuite consisté à distribuer gratuitement du carburant à des conducteurs de taxis-motos afin de favoriser la circulation dans la capitale. Cette initiative a provoqué un important rassemblement devant la station-service des Martyrs. Des conducteurs ont attendu plusieurs heures sans recevoir le carburant annoncé, tandis que d’autres se sont plaints de ne pas avoir été servis.

 

Cette opération n’a pas permis de rétablir la circulation habituelle dans les quartiers. Les mouvements autour de la station ont surtout provoqué des attroupements et des tensions entre les conducteurs.

 

Le carburant gratuit ne répond pas à la revendication

 

Plusieurs conducteurs rencontrés sur place ont estimé que la distribution gratuite de carburant ne règle pas le problème de fond. Ils demandent au gouvernement de revoir les prix à la pompe, qu’ils jugent trop élevés au regard de leurs revenus et du coût de la vie.

 

Pour ces conducteurs, une distribution ponctuelle ne peut pas remplacer une baisse durable des prix. Certains ont même refusé de considérer le carburant offert comme une solution à leurs difficultés quotidiennes.

 

La rédaction du CNC a également recueilli des informations faisant état de mécontentements parmi les conducteurs qui n’ont pas reçu de carburant. La tentative de maintenir une partie des taxis-motos en circulation n’a donc pas empêché le ralentissement des activités dans plusieurs quartiers.

 

Radio Ndéké Luka confirme le ralentissement des activités

 

Face à la hausse des prix du carburant et à la flambée du coût de la vie, les conducteurs de taxis-motos maintiennent la pression malgré les manœuvres du gouvernement.

Dans un reportage consacré à cette journée, Radio Ndéké Luka confirme la faible fréquentation des rues et des commerces de Bangui. La radio décrit des passants moins nombreux que d’habitude, des clients rares au centre-ville et des conducteurs de taxis-motos rassemblés devant la station des Martyrs pour recevoir du carburant gratuit. Plusieurs témoignages recueillis par ses journalistes font également état du mécontentement provoqué par la hausse des prix à la pompe.

 

Le reportage relève aussi une fréquentation réduite dans plusieurs écoles et à l’hôpital communautaire. La situation reste toutefois contrastée dans certains services administratifs, où des fonctionnaires ont rejoint leur poste. Ces observations rejoignent celles de la rédaction du CNC sur le suivi important du mot d’ordre, sans arrêt total des activités dans toute la capitale.

 

Une première étape pour les organisateurs

 

La journée du 12 octobre a été décrétée par le Consortium de la société civile pour protester contre l’augmentation des prix du carburant et ses conséquences sur le coût de la vie. À Bangui, les constatations de la rédaction du CNC font état d’une adhésion estimée à 80 %, malgré la présence de fonctionnaires dans certains services, l’ouverture de commerces et la circulation de quelques véhicules.

 

Des habitants rencontrés sur le terrain ont salué l’initiative et considéré cette journée comme une première étape. Selon eux, la mobilisation pourrait se poursuivre si les autorités ne répondent pas aux revendications portant sur les prix du carburant et le coût de la vie.

 

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Centrafrique : les en-dessous de l’accord de pacotille signé un dimanche entre le gouvernement et des syndicats aux ordres

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Pris de court par la mobilisation imminente de la « ville morte » lundi 12 octobre et nageant en pleine panique dans la tourmente, le régime de l’empereur Faustin-Archange Touadéra multiplie les manœuvres de diversion. Ce dimanche 11 octobre 2026, un jour chômé et non ouvrable, le gouvernement a précipitamment convoqué une mise en scène grotesque en signant une « déclaration conjointe » avec des centrales syndicales acquises à sa cause.

 

Objectif avoué de cette comédie : faire croire aux travailleurs que leurs revendications encore dans l’air ont enfin été entendues, alors qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un pacte de dupes sans lendemain.

 

Centrafrique : les en-dessous de l'accord de pacotille signé un dimanche entre le gouvernement et des syndicats aux ordres
Le Premier ministre centrafricain Felix Moloua devant les elus de la Nation ce 24 aout 2022

 

C’est une véritable entente de pacotille pour briser la fronde sociale alors que la grogne monte face à la hausse brutale et asphyxiante des prix du carburant à la pompe.

 

L’exécutif espère désespérément étouffer l’appel à la résistance citoyenne en agitant un prétendu dialogue social qui n’existe pas dans ce pays sous ce régime depuis 10 ans déjà. En s’asseyant un dimanche autour d’une table à vin, assiettes de poulets grillés et enveloppes de billets de banque dans les mallettes à côté, avec des structures syndicales corrompues et proches du pouvoir, le gouvernement cherche à semer la division et à faire douter les travailleurs et les transporteurs sur la marche à suivre pour ce lundi 12 octobre.

À lire aussi : Centrafrique : Le Fonds humanitaire débloque 17,2 millions de dollars en 2025 pour faire face aux crises persistantes dans le pays

 

Pendant ce temps, les miliciens « requins » du pouvoir sont dans les quartiers aux aguets. Pourtant, à y regarder de près, le texte de cet accord signé sous haute pression et précipitation ne propose absolument rien de concret, vraiment RIEN.

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Derrière les belles phrases sur le « partenariat social » et les vagues promesses d’intégrer des propositions inexistantes dans un hypothétique plan d’urgence, la réalité vécue par les ménages centrafricains reste inchangée : la cherté de la vie est maintenue, et la vie chère s’installera durablement.

 

Cet énième accord de façade met en lumière le cynisme de certains responsables syndicaux inféodés aux intérêts personnels. Loin de défendre le panier de la ménagère ou les intérêts profonds des salariés, ces figures syndicales de connivence, dont plusieurs sont par ailleurs propriétaires de véhicules commerciaux et de flottes de transport dans le pays, négocient d’abord pour leur propre compte. Leur préoccupation majeure se résume souvent à des arrangements sectoriels de transport ou à des promesses de révision du statut de la fonction publique, brandies comme un mirage.

 

Dans une déclaration commune qu’ils ont signée entre eux, ils demandent l’augmentation des prix de transport et l’augmentation de leurs salaires en réclamant la signature du décret d’application de la loi sur la fonction publique votée et bloquée à la présidence, au lieu de demander celui qui va faire appliquer la loi sur la libéralisation du commerce pétrolier, également bloquée au Palais par l’influent conseiller russe des mercenaires de Wagner.

 

Une telle posture sonne comme une provocation lorsque l’on sait que la fonction publique ne représente qu’une infime minorité de la population active du pays, à peine 0,80 % des travailleurs.

 

Pendant que ces prétendus délégués syndicaux signent des déclarations de complaisance dans les ministères un jour de repos, l’immense majorité des fonctionnaires, des enseignants, des commerçants, des conducteurs de taxis-motos, des éleveurs et des paysans agriculteurs subissent de plein fouet l’asphyxie économique du pays. En multipliant ces accords de façade et en instrumentalisant des syndicats corrompus, le pouvoir de Bangui démontre qu’il a perdu le contact avec la réalité et toute vision sur sa population en détresse.

 

Cette agitation dominicale ne trompe personne : elle traduit la peur panique d’un régime qui vacille face à la détermination populaire, et l’esprit saint est absent de cette mascarade.

 

Ni les communiqués intempestifs des ministères en cascade, ni les accords signés en catimini un dimanche, jour du Seigneur, ne pourront effacer la faillite économique et morale de la « 7e République ».

La grogne sociale persiste face à la cherté de la vie et à la faillite économique orchestrée par le pouvoir en place à Bangui.

 

Le peuple centrafricain, asphyxié par la cherté de la vie et le mépris de ses dirigeants, sait que le salut ne viendra pas de ces arrangements de couloirs, mais de la cohésion et de la dignité de la rue.

 

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Tensions diplomatiques Tchad-RCA : vers une rupture des relations diplomatiques entre N’Djamena et le régime de Touadéra ?

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​Les bavures à répétition et l’aventurisme militaire des mercenaires russes du groupe Wagner et de leurs supplétifs au niveau des zones frontalières viennent de franchir un seuil critique. Ce dimanche 11 octobre 2026, le gouvernement tchadien a officiellement convoqué l’ambassadeur de la République centrafricaine à N’Djamena pour lui exprimer une « ferme mise en garde » à la suite d’une nouvelle incursion armée et de bombardements menés sur son territoire.

 

​Face à ce feu diplomatique qui couve, une question balade désormais dans toutes les chancelleries : s’achemine-t-on vers une rupture formelle des relations diplomatiques entre N’Djamena et Bangui ?

 

Tensions diplomatiques Tchad-RCA : vers une rupture des relations diplomatiques entre N’Djamena et le régime de Touadéra ?
des militaires tchadiens

 

​Des bombardements signés Wagner couverts par Bangui.

 

​L’origine de cet embrasement diplomatique remonte aux récentes opérations militaires menées dans la préfecture de la Vakaga le 10 octobre dans la zone stratégique des trois frontières (Tchad, Soudan, RCA). Dès le début des frappes aériennes et des tirs d’artillerie orchestrés par les mercenaires russes de Wagner, le pouvoir de Bangui s’est empressé de produire un communiqué officiel du ministère de la Défense Nationale, signé par la générale de brigade Ghislaine Léa Yangongo, pour habiller ces exactions d’une prétendue « opération préventive contre une menace imminente ».

À lire aussi : Ngamana aux Centrafricains : “pardon, ne faites pas la grève, sortez-vous travailler pour payer l’essence que nous avons augmentée le prix. Le problème de votre pauvreté ne nous regarde pas

 

​En réalité, selon nos sources à CNC, il s’agit d’une tentative grossière de légitimer a posteriori les agissements incontrôlés des paramilitaires russes qui, sous prétexte d’attaquer des rebelles imaginaires, violent la souveraineté des pays voisins et sèment la terreur auprès des populations civiles.

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​N’Djamena tape sur la table : le Tchad va-t-il appliquer le droit de poursuite ?

 

​Cette nouvelle provocation passe très mal du côté de la capitale tchadienne. Le gouvernement tchadien avait déjà lancé par le passé un dernier avertissement solennel au pouvoir de l’empereur président Faustin-Archange Touadéra, prévenant qu’il s’agissait du « dernier avertissement » avant des ripostes directes.

 

​Selon le gouvernement tchadien, à la moindre escarmouche supplémentaire, N’Djamena se réservera le droit d’exercer un droit de poursuite militaire transfrontalière jusqu’à la dernière tranchée des assaillants, qui ne sont autres que les mercenaires russes de Wagner opérant sous la bannière des FACA.

 

​Le Tchad mettra-t-il sa menace à exécution cette fois-ci ?

 

Rien ne permet de l’affirmer avec certitude au moment où nous mettons cet article en ligne. Toutefois, une source militaire tchadienne de haut niveau interrogée par CNC tempère l’absence d’annonces publiques :

 

​« En matière militaire, lorsqu’un État décide d’exercer un droit de poursuite ou d’engager une riposte militaire d’envergure, il ne le communique pas à l’avance. Toutefois et c’est un secret de Polichinelle aujourd’hui, le Tchad dispose de tous les moyens tactiques et logistiques nécessaires pour accomplir avec succès ses menaces s’il décide de passer à l’action sur le terrain. »

 

​Du côté de Bangui, un cadre du ministère centrafricain des Affaires étrangères, s’exprimant sous couvert d’anonymat auprès de la rédaction de CNC, juge l’exécution immédiate de cette menace encore prématurée. Selon ce diplomate, N’Djamena évalue l’équation sécuritaire avec beaucoup de pragmatisme :

 

“Il y a une forte communauté tchadienne installée en Centrafrique, et le gouvernement tchadien sait pertinemment que ce sont les mercenaires russes qui tiennent les rênes du pouvoir à Bangui. Tout début d’attaque directe du Tchad en territoire centrafricain ferait peser un danger de mort subite sur leurs propres ressortissants ici. »

 

​Une analyse partagée par d’autres observateurs :

 

” si le Tchad dispose incontestablement des moyens tactiques et logistiques pour accomplir ses menaces s’il doit passer à l’action, aucune mesure radicale n’a pour l’instant été actée, l’ambassadeur du Tchad en RCA n’étant même pas encore formellement rappelé à ce stade”.

 

Le régime de Faustin-Archange Touadéra tente de justifier les actions des mercenaires russes malgré les graves répercussions régionales.

Mais toutefois, un ​ouragan de panique s’empare le Palais de l’Empereur à Bangui. ​La convocation de l’ambassadeur centrafricain a tout de même provoqué une onde de choc au sommet de l’État. Pris de court par la fermeté tchadienne, le président Empereur Faustin-Archange Touadéra entend dépêcher en urgence une délégation ministérielle de haut niveau afin d’assister le diplomate centrafricain lors de cette rencontre cruciale et tenter de désamorcer la crise.

 

​Cette énième crise diplomatique majeure montre une fois de plus à quel point l’alliance aveugle du régime Touadéra avec les mercenaires russes isole la République centrafricaine de ses voisins régionaux.

 

​En laissant les hommes de Wagner transformer la frontière nord en champ de tir, le régime de la 7e République de Touadéra prend le risque de précipiter le pays dans un affrontement aux conséquences incalculables pour un pouvoir déjà au bord de la rupture sur le front social intérieur.

 

Affaire à suivre.

 

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Ouanda-Djallé : nouvel échec de l’installation du nouveau bureau municipal à cause de l’absence du maire sortant

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La mise en place du nouveau bureau de la mairie de Ouanda-Djallé, dans la préfecture de la Vakaga, a échoué jeudi dernier après l’absence du maire sortant et de deux conseillers municipaux. Quatre conseillers seulement se sont présentés. L’annulation de l’opération a provoqué la colère de jeunes habitants, qui ont manifesté devant la mairie avant le retour au calme.

 

Un maire sortant de plus de dix ans au pouvoir

 

Le maire sortant de Ouanda-Djallé occupe cette fonction depuis plus de dix ans. Les dernières élections municipales ont permis à de nouveaux candidats d’obtenir des sièges au conseil municipal et de modifier les rapports de force au sein de la mairie.

Ouanda-Djallé : nouvel échec de l’installation du nouveau bureau municipal à cause de l’absence du maire sortant
Réunion de gouverneur de Ferti avec les habitants de Ouanda-Djallé. Photo CNC

 

 

Sept conseillers ont été élus dans cette commune. Le premier a ensuite accédé à la fonction de député, tandis que les six autres sont restés au conseil municipal. Parmi ces six conseillers, deux soutiennent le maire sortant. Les quatre autres ne partagent pas sa position.

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Le conseil municipal compte ainsi des élus issus du Mouvement cœurs unis (MCU), le parti au pouvoir, ainsi que des candidats indépendants. Cette nouvelle configuration devait permettre aux conseillers élus de choisir le maire et ses adjoints, conformément au processus de mise en place des nouveaux exécutifs municipaux.

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Le gouverneur arrive, mais l’installation échoue

 

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Jeudi 8 octobre dernier, le gouverneur de la région de Ferti s’est rendu à Ouanda-Djallé pour superviser l’installation du nouveau bureau municipal. Il a effectué le déplacement à bord d’un avion de la MINUSCA, mobilisé pour cette opération.

 

À son arrivée, le gouverneur a constaté l’absence du maire sortant et de deux conseillers qui le soutiennent. Seuls quatre conseillers municipaux étaient présents.

 

Le nombre de participants ne permettant pas de poursuivre l’opération dans les conditions requises, le gouverneur a annulé la mise en place du bureau municipal. L’élection du nouveau maire et de ses adjoints n’a donc pas eu lieu.

 

Selon les faits rapportés, l’absence simultanée du maire sortant et de ses deux soutiens a empêché le déroulement de cette installation. Cette situation a bloqué le processus engagé pour permettre aux nouveaux élus de prendre leurs responsabilités à la tête de la commune.

 

Le gouverneur appelle les conseillers à trouver un accord

 

Avant de quitter Ouanda-Djallé, le gouverneur a demandé au sous-préfet et aux autres responsables concernés de rencontrer le maire sortant et les conseillers absents. Il leur a recommandé de favoriser une entente entre les différents élus afin d’éviter un nouvel échec lors de la prochaine tentative.

 

Le gouverneur a également rappelé que la mairie appartient à la population et que son fonctionnement doit répondre aux besoins des habitants. Pour lui, les divergences entre élus ne doivent pas empêcher la commune de disposer d’un bureau municipal opérationnel.

 

Le déplacement organisé pour cette installation n’a finalement pas permis d’atteindre l’objectif prévu. Une nouvelle opération devra être organisée après les démarches destinées à rapprocher les positions des conseillers.

 

La colère des jeunes devant la mairie

 

Après le départ du gouverneur, des jeunes habitants de Ouanda-Djallé se sont rendus devant la mairie pour manifester leur mécontentement. Ils ont dénoncé l’échec de l’installation du nouveau bureau municipal, alors que les élections avaient permis de désigner les représentants appelés à diriger la commune.

Le maire sortant et plusieurs conseillers municipaux ont manqué à l’appel lors de la visite officielle du gouverneur de la région de Ferti, bloquant ainsi le fonctionnement de la commune.

 

La mobilisation s’est ensuite terminée et le calme est revenu dans la ville.

 

Pour une partie de la population, le blocage du processus municipal retarde la mise en place d’une équipe chargée de gérer les affaires communales. Les habitants attendent désormais que les élus trouvent un accord permettant de procéder à l’installation du nouveau bureau.

 

À Ouanda-Djallé, l’échec de jeudi dernier laisse ainsi la mairie sans nouveau bureau installé. La prochaine tentative dépendra de la capacité des conseillers à dépasser leurs divergences et à permettre la désignation du maire et de ses adjoints.

 

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