
C’est un camouflet magistral et inattendu pour le pouvoir de Faustin-Archange Touadéra. Ce lundi 12 octobre 2026, la journée « ville morte » décrétée par la société civile a paralysé la capitale centrafricaine.
Selon les organisateurs contactés par la Rédaction, le taux de réussite atteint un impressionnant « 115 % », tant la mobilisation populaire a surpassé les attentes et réduit à néant les gesticulations du gouvernement.
Malgré un déploiement sécuritaire dissuasif, des miliciens requins aux aguets, des faux montages diffusés sur les réseaux sociaux, exhibant des images de leaders de la société civile prétendant qu’ils renonçaient au mot d’ordre et invitaient à vaquer librement à ses occupations, et malgré les accords de pacotille signés en catimini ce week-end avec des syndicats corrompus pour pousser les travailleurs au front, Bangui a dit non.
Écoles désertes et commerces sous pression : la rue a gagné.
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Sur le terrain, le constat est sans appel. Plusieurs cours d’écoles sont désertes, les salles de classe sont vides et les portes fermées ce lundi.
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Si certains marchés tentent diaboliquement de fonctionner, de nombreuses boutiques sont restées désespérément closes.
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Postées en urgence sur plusieurs grands axes de la capitale, les forces de l’ordre ont tenté d’intimider les commerçants, exigeant l’ouverture des magasins. Résultat : quelques portes ont été entrouvertes sous la contrainte, mais sans le moindre client à l’horizon.
Les fonctionnaires eux-mêmes ont appliqué le mot d’ordre à leur manière. Interrogés par les reporters de Corbeau News Centrafrique lors de nos balados de terrain, plusieurs agents de l’État ont clarifié leur position :
« Nous avons refusé que nos enfants partent à l’école. Si nos enfants restent à la maison, c’est que nous participons pleinement à cette journée ville morte. Si nous venons sur nos lieux de travail, c’est uniquement pour évaluer la situation et participer à la levée des couleurs, certainement pas pour travailler. » Une résistance passive mais redoutable, qui vide le service public de sa substance.
Le stratagème minable des stations-services de Prisca Mamadou
Conscient de l’imminence de la débâcle, le clan présidentiel a tenté le tout pour le tout en actionnant des leviers clientélistes. À l’image de la députée Prisca Mamadou, membre du parti au pouvoir, épouse du chef d’état-major des FACA et propriétaire de plusieurs stations d’essence à Bangui mise à contribution par les mercenaires russes, le pouvoir a tenté de casser la dynamique en offrant de l’essence gratuite aux conducteurs de taxis-motos dans sa station-service. L’objectif avoué de cette distribution était de les pousser à sortir pour travailler et briser l’image de la ville morte.
Mais c’était sans compter sur la ruse de ces conducteurs : une grande partie d’entre eux a accepté de prendre ce carburant gratuit… uniquement pour faire le plein et rentrer directement chez eux ! Pour ces conducteurs, récupérer cette essence revenait à empocher leur « part de ce soi-disant don de Poutine », sans pour autant prêter main-forte au régime sur les routes. Plusieurs autres n’ont d’ailleurs même pas pu obtenir la précieuse offrande face à la cohue. Pendant ce temps, les miliciens « requins » du pouvoir rodaient en vain dans les quartiers.
Le cri du peuple et l’avertissement à la communauté internationale
Par cette puissante journée « ville morte », le peuple centrafricain a exprimé de la manière la plus éclatante son profond mécontentement, son désarroi et son rejet total de la gouvernance de Faustin-Archange Touadéra.
Face à cette démonstration de force populaire, la communauté internationale et les bailleurs de fonds ne doivent plus détourner le regard ni négliger cette réaction de survie d’une nation asphyxiée.
Contacté par notre rédaction, un leader de la société civile à l’origine de cette mobilisation a d’ores et déjà prévenu que la lutte ne s’arrêtera pas là : le mouvement s’apprête à passer à une nouvelle phase de contestation, avec notamment l’organisation imminente d’un grand concert de casseroles, le fameux bruit des « yangas ti tawa ».
Malgré les intimidations et la distribution de carburant dans les stations-services pour briser la mobilisation, la population de Bangui a suivi massivement le mot d’ordre de la société civile contre le régime de Faustin-Archange Touadéra.
Ni les communiqués comminatoires de la Fonction Publique, ni les promesses illusoires arrachées à des syndicats inféodés n’ont pu sauver la mise au régime.
En ce lundi 12 octobre, la population banguissoise a prouvé que la peur a changé de camp. Le mot d’ordre « Zo kwe i ngba na yanga da » s’est transformé en un plébiscite historique, exposant au grand jour l’isolement total d’un pouvoir aux abois.
A suivre.
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