
Faustin-Archange Touadéra accuse certains acteurs politiques de profiter de la hausse du carburant pour mobiliser les Centrafricains dans la rue, alors que la contestation porte aussi sur les conséquences directes de la mesure sur le coût de la vie.
De retour à Bangui après plusieurs jours à l’étranger, Faustin-Archange Touadéra a consacré une partie de son intervention aux réactions provoquées par la nouvelle hausse des prix des produits pétroliers. Il estime que le débat est en train de prendre une dimension politique qui ne correspond pas, selon lui, à la réalité économique du pays.
« Il y en a qui surfent sur ça pour mettre la population dans la rue », a déclaré Faustin-Archange Touadéra.
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Le chef de l’État n’a pas cité les acteurs auxquels il faisait référence. Il n’a pas non plus précisé quelles initiatives ou quelles déclarations justifieraient cette accusation. Cette absence de précisions laisse ouverte la question des faits sur lesquels repose son affirmation.
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La contestation de la hausse ne se limite pourtant pas aux responsables politiques. Le prix du carburant concerne directement les transporteurs, les commerçants, les travailleurs et les entreprises. Toute augmentation du coût du transport peut également se répercuter sur l’acheminement des marchandises et les prix pratiqués sur les marchés.
Pour de nombreux ménages, la question dépasse donc le cadre d’une confrontation politique. Une hausse du carburant peut modifier quotidiennement le budget consacré au transport, à l’alimentation et aux autres dépenses courantes.
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Faustin-Archange Touadéra demande pourtant que les débats engagés autour de cette mesure ne servent pas à mobiliser la population dans la rue. Il estime que les conséquences de la hausse doivent plutôt être discutées avec les travailleurs et les entreprises afin de rechercher des réponses adaptées.
Cette position pose aussi la question de la manière dont le pouvoir entend recueillir les préoccupations de ceux qui subissent directement la hausse. Lorsque le coût du transport augmente et que les prix des marchandises suivent, la contestation peut-elle être réduite à une récupération politique ?
Le président soutient que la République centrafricaine se trouve face à une contrainte économique extérieure. Le pays ne produit pas de pétrole et dépend des importations. Il invoque notamment la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient pour expliquer l’augmentation du coût des produits pétroliers sur le marché international.
Cette explication peut éclairer une partie de la hausse, mais elle ne répond pas à toutes les préoccupations exprimées dans le pays. Le niveau du prix payé à la pompe dépend aussi du coût d’importation, des taxes, des marges et du mécanisme national de fixation des prix.
Faustin-Archange Touadéra estime par ailleurs que l’État ne pouvait plus continuer à supporter financièrement la situation. Il affirme que le Trésor doit désormais préserver ses ressources pour payer les salaires et honorer les autres obligations publiques.
La hausse du carburant entraîne une contestation politique majeure en Centrafrique, touchant directement le pouvoir d’achat et le coût de la vie des ménages.
Pour les Centrafricains confrontés à la hausse du coût de la vie, le débat reste donc concret. La question porte moins sur l’identité de ceux qui dénoncent la mesure que sur ses conséquences et sur la capacité des pouvoirs publics à les limiter.
En présentant la contestation comme une tentative de mobilisation politique, Faustin-Archange Touadéra déplace ainsi une partie du débat vers le terrain politique. Reste à savoir si les difficultés exprimées par les travailleurs, les entreprises et les consommateurs peuvent être écartées au seul motif que certains acteurs politiques pourraient chercher à les exploiter.
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