
À la faculté des lettres et sciences humaines de Bangui, un système organisé lie Harol Beranger Toufeina, cousin du doyen Jean-Claude Azoumaye, au chef du département d’anthropologie. Confiscation de téléphones, paiements forcés, notes truquées : ce réseau touche directement les étudiants pendant les périodes d’examen.

La confiscation des téléphones, premier maillon du système
Pendant les périodes d’évaluation, Toufeina collecte systématiquement les téléphones des étudiants avant chaque épreuve. Cette pratique, présentée comme une mesure anti-fraude, cache en réalité un mécanisme d’extorsion organisé.
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Une fois les appareils rassemblés, Toufeina les remet directement au chef du département d’anthropologie plutôt qu’à un responsable désigné pour la surveillance des examens. Ce dernier réclame ensuite de l’argent aux étudiants pour récupérer leur propre téléphone. Le tarif varie selon le modèle de l’appareil : 5 000 francs CFA pour un smartphone Android, 2 000 francs CFA pour un téléphone à clavier simple, sans écran tactile.
Aucun étudiant ne récupère son téléphone sans payer cette somme, quelle que soit la durée de l’examen ou la nature de l’épreuve concernée.
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Un partage organisé entre les deux hommes
L’argent collecté ne reste pas entre les mains du seul chef de département. Toufeina distribue et partage cette somme avec lui, selon un arrangement stable entre les deux hommes. Cette collaboration dépasse la simple confiscation des téléphones.
Le chef du département d’anthropologie utilise Toufeina comme un relais de confiance pour surveiller les autres étudiants pendant les examens. Il lui délègue une forme d’autorité informelle, sans lien avec un poste ou une fonction officielle au sein de la faculté.
Le passage en année supérieure, deuxième volet du trafic
Le système ne s’arrête pas à la confiscation des téléphones. Toufeina collecte également de l’argent auprès d’étudiants qui souhaitent obtenir un passage en année supérieure, en deuxième ou troisième année, sans nécessairement remplir les conditions académiques requises.
Cette opération s’appuie sur sa connivence avec l’équipe de saisie des résultats, mise en place au sein de la faculté. Toufeina intervient directement auprès de cette équipe pour faire modifier ou valider des notes, en échange des sommes versées par les étudiants concernés.
Un système qui repose sur l’impunité
Ce réseau fonctionne depuis plusieurs années sans jamais être interrompu. Le chef du département d’anthropologie et Toufeina opèrent en toute connaissance de cause, chacun bénéficiant de la protection que leur offre la proximité de Toufeina avec le doyen Azoumaye.
Cette proximité familiale rend toute sanction improbable. Les étudiants concernés, contraints de payer pour récupérer un bien personnel ou pour valider leur année, n’ont aucun recours face à ce système solidement implanté.
Le doyen Azoumaye connaît l’existence de ces pratiques, largement documentées et rapportées au sein de la faculté. Aucune mesure n’a pourtant été prise à ce jour contre le chef du département d’anthropologie ni contre son cousin Harol Beranger Toufeina…
Par Gisèle MOLOMA
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