
L’affaire du passeport d’Anicet-Georges Dologuélé continue de provoquer des réactions dans la société civile centrafricaine. Élysée Nguémalé, coordonnateur de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique en Centrafrique (OGDC), déplace le débat vers une question plus large : l’exécution des décisions de justice par l’administration. 
« Le vrai problème de mon pays »
Dans une déclaration consacrée à la situation de Dologuélé, Élysée Nguémalé estime que le refus de délivrer ou de renouveler le passeport de l’ancien Premier ministre et président de l’URCA ne constitue pas, à lui seul, le principal problème du pays.

« Le vrai problème de mon pays à l’heure actuelle, n’est pas le refus de délivrer le passeport à l’honorable Anicet Georges DOLOGUELE le président du parti URCA », affirme-t-il.
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Pour le responsable de la société civile, le dossier Dologuélé révèle surtout une difficulté plus profonde concernant la sécurité juridique des citoyens face à l’administration. Il estime que les décisions rendues par les juridictions doivent être appliquées par les autorités administratives.
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Une « insécurité juridique » qui touche les citoyens
Élysée Nguémalé place ainsi au centre de son intervention la notion d’« insécurité juridique ». Il accuse l’administration dirigée par le président Faustin-Archange Touadéra de ne pas respecter systématiquement les décisions rendues par les juridictions.
« Mais le vrai problème c’est L’INSÉCURITÉ JURIDIQUE dont fait face tous les citoyens centrafricains du fait de la RÉBELLION de l’administration de Faustin Archange TOUADERA contre les lois et les décisions de justices », écrit-il.
Le terme « rébellion » utilisé par l’activiste vise directement le fonctionnement de l’administration. Il ne parle donc plus seulement du cas particulier de Dologuélé, mais d’un problème qu’il présente comme systémique et susceptible de toucher l’ensemble des citoyens.
Cette accusation intervient alors qu’Élysée Nguémalé est lui-même un acteur régulier des débats juridiques et institutionnels en Centrafrique. Il a notamment saisi le Conseil constitutionnel dans le cadre de la candidature de Faustin-Archange Touadéra à la présidentielle de 2025. 
Des fonctionnaires victimes, selon Nguémalé
Pour étayer son accusation, le coordonnateur de l’OGDC évoque le cas de plusieurs fonctionnaires. Il affirme que certains agents de l’État ont obtenu des décisions de justice favorables contre l’administration, sans que celles-ci soient exécutées.
« Plusieurs fonctionnaires sont victimes du refus d’exécution par l’administration des décisions de justice rendues sur l’excès de pouvoir en leur faveur », dénonce-t-il.
Cette affirmation élargit considérablement la portée du dossier Dologuélé. Pour Nguémalé, le problème n’est donc pas uniquement celui d’un passeport refusé à une personnalité politique. Il s’agit, selon lui, de la capacité de l’administration à respecter les décisions de la justice lorsqu’elles lui sont défavorables.
« Personne n’est à l’abri »
Le responsable de la société civile appelle dès lors les Centrafricains à se mobiliser autour de la défense de l’État de droit. Il considère que le problème dépasse les clivages politiques et peut concerner n’importe quel citoyen.
« Nous devons nous unir pour arrêter immédiatement cette rébellion car personne n’est à l’abri », conclut Élysée Nguémalé.
Cette prise de position intervient dans un débat déjà nourri par plusieurs réactions autour du passeport et de la nationalité d’Anicet-Georges Dologuélé. La Cour constitutionnelle avait notamment rejeté, en novembre 2025, une requête contestant sa candidature à la présidentielle, en déclarant sa compétence et en rejetant la demande comme mal fondée. 
Pour Élysée Nguémalé, l’enjeu dépasse donc le cas personnel de Dologuélé : il porte sur le respect des lois, l’exécution des décisions de justice et la protection de tous les citoyens face à l’administration.
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