Le grand mensonge de la sécurité post-embargo en RCA : Les vérités crues du sous-préfet Ghislain Stéphane Yonaba

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La levée de l’embargo sur les armes en juillet 2024 avait donné lieu à d’immenses vagues de célébrations politiques à Bangui. Les autorités promettaient alors le retour en force de la puissance publique sur tout le territoire. Deux ans plus tard, le constat sur le terrain balaie les discours officiels. Les déclarations sans fard de Ghislain Stéphane Yonaba déconstruisent l’illusion d’une armée renforcée et opérationnelle. À travers la situation de sa localité, c’est toute la gestion logistique de l’appareil militaire national qui se trouve pointée du doigt.

 

L’administration centrale a longtemps brandi les sanctions internationales comme l’unique blocage à la sécurisation du pays. Cet argument est aujourd’hui caduc. Le problème n’est plus à New York, il réside désormais dans la gestion de Bangui. Les forces de défense intérieures manquent de moyens de transport basiques et d’armements lourds pour fixer durablement la sécurité, laissant les populations locales sans défense face aux assauts des bandes résiduelles qui visent les chantiers miniers et les zones de chasse.

Le grand mensonge de la sécurité post-embargo en RCA : Les vérités crues du sous-préfet Ghislain Stéphane Yonaba

 

À Ouadda, une localité reprise dès mai 2024, la défaillance de la chaîne logistique est indiscutable. Pour toute dotation, les soldats s’en remettent à l’appui des forces internationales de la MINUSCA, qui ont fourni trois simples motos. Une dotation insignifiante pour couvrir des secteurs immenses. Le représentant local de l’État demande désormais l’attribution de véhicules tout-terrain et de matériel lourd, des équipements qui devraient pourtant circuler sans restriction depuis la fin des sanctions économiques et militaires.

 

Ce cas local n’est pas un fait isolé, il reflète l’état de dénuement des garnisons à l’échelle de la République Centrafricaine. La liberté retrouvée d’acheter du matériel militaire n’a pas résolu la désorganisation des services de l’intendance. Les promesses de réarmement et de modernisation se heurtent à une inefficacité de distribution évidente. L’État a récupéré son droit de s’armer, mais sur le terrain, ses soldats marchent encore à pied ou comptent sur des dons de bicyclettes motorisées pour défendre la patrie.

 

Par Moïse Banafio

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