
Le politologue et président du parti Front populaire Zo Kwè Zo Moammar Bengué-Bossin propose de nationaliser le site aurifère de Ndassima et d’en faire une société d’État afin d’augmenter les recettes publiques.
Dans une réaction adressée à la rédaction de Corbeau News Centrafrique, Mouammar Bengué-Bossin estime que l’exploitation des ressources minières et pétrolières pourrait procurer davantage de revenus à l’État centrafricain.

Il s’appuie notamment sur une estimation de cinq milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel pour Ndassima, chiffre qu’il attribue à Simplice Kobengo, chargé de mission chargé des mines à la présidence de la République.
À lire aussi : Birao : quand les « Wagner noirs » se transforment en braqueurs de quartier et terrorisent la population
Selon Bengué-Bossin, un chiffre d’affaires annuel de cinq milliards de dollars représenterait environ 2 750 milliards de francs CFA. Il avance ensuite l’hypothèse d’environ 900 milliards de francs CFA d’impôts sur les bénéfices et de 1 400 milliards de francs CFA de dividendes pour l’État, s’il devenait l’actionnaire principal de l’exploitation.
À lire aussi : Axe Bozoum-Bouar : à Koundé, les soldats FACA maintiennent leur contrôle au checkpoint invisible à l’entrée et à la sortie de la ville
Ces montants constituent les projections avancées par le politologue. Leur réalisation dépendrait notamment du volume réellement exploitable, du prix de l’or, des coûts d’extraction, du régime fiscal, des investissements nécessaires et de la structure du capital.
À lire aussi : Centrafrique : Crimes et exactions des mercenaires russes : l’incroyable idiote réponse de Dimitri Sytyi sur Ndeke Luka
Bengué-Bossin veut élargir la réflexion aux diamants
Mouammar Bengué-Bossin ne limite pas sa proposition au seul site de Ndassima. Il demande également la nationalisation de trois sociétés industrielles chinoises exploitant le diamant en Centrafrique.
Il évoque notamment des activités situées dans les secteurs de Sosso-Nakombo, de Bozoum et des environs de Bossangoa. Selon ses propres estimations, chacune de ces exploitations représenterait plus de deux milliards de dollars par an.
Le politologue estime ainsi que la maîtrise directe d’une partie des ressources minières par l’État permettrait d’augmenter les recettes publiques et de conserver une part plus importante de la valeur produite dans le pays.
La question de la participation de l’État dans les activités minières reste liée au cadre juridique des permis, aux conventions minières, aux investissements privés et aux capacités techniques et financières nécessaires pour exploiter les gisements.
Le pétrole de Boromata également évoqué
Mouammar Bengué-Bossin inclut aussi le pétrole de Boromata dans sa réflexion. Il souhaite le retour de la Chine pour poursuivre les travaux d’exploitation du pétrole dans cette zone de la Vakaga.
Le secteur pétrolier de Boromata avait déjà fait l’objet de travaux liés à des sociétés chinoises. Les opérations des blocs A et B ont été interrompues en 2018 dans un contexte de force majeure.
Dans sa réaction, Bengué-Bossin estime que la participation de 40 % attribuée à la RCA dans le projet pourrait, à terme, générer plus de 15 milliards de dollars sous forme d’impôts et de dividendes. Il annonce vouloir développer ce calcul lors d’une prochaine présentation.
Le Ghana cité comme exemple pour mesurer le potentiel de l’or
Pour appuyer son argumentation, Moammar Bengué-Bossin compare la situation centrafricaine à celle du Ghana.
Il rappelle que le Ghana a enregistré en 2025 environ 20,98 milliards de dollars de recettes provenant des exportations d’or. Les recettes totales d’exportation du pays ont atteint 31,11 milliards de dollars cette année-là.
Les exportations d’or ont plus que doublé en un an, passant de 10,31 milliards de dollars en 2024 à 20,98 milliards en 2025. Cette progression s’explique notamment par la hausse des volumes exportés et celle du prix moyen de l’or.
Bengué-Bossin rapproche cette performance des cinq milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel qu’il attribue au gisement de Ndassima. Il considère que cet écart justifie, selon lui, une réflexion sur la manière dont l’État centrafricain contrôle et valorise ses ressources naturelles.
La valorisation des ressources minières à travers une société d’État permet d’augmenter durablement les recettes publiques de la nation.
Un appel au départ de Touadéra
Dans la même réaction, Mouammar Bengué-Bossin relie directement cette question économique à son opposition au président Faustin-Archange Touadéra.
Il demande à Corbeau News Centrafrique de mettre l’accent sur l’enjeu politique du départ du chef de l’État. Le politologue estime que le changement politique qu’il appelle de ses vœux permettrait de revoir la gestion des ressources minières et pétrolières et d’augmenter les revenus revenant à l’État.
Il est important de rappeler que monsieur Mouammar Bengué-Bossin est le responsable de la mouvance Zo Kwe Zo. Il avait notamment été premier secrétaire de cette formation et candidat à l’élection présidentielle de transition de 2014.
Sa réaction intervient alors que les performances du Ghana dans l’exportation de l’or fournissent un point de comparaison sur le potentiel économique des ressources aurifères. En 2025, l’or représentait plus de la moitié des recettes d’exportation ghanéennes.
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC
Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube
Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65
Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org
Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org




