Distribution frénétique de permis miniers : Le Conseil des ministres tourne à plein régime pour les bras cassés de la septième république

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Distribution frénétique de permis miniers : Le Conseil des ministres tourne à plein régime pour les bras cassés de la septième république

 

Distribution frénétique de permis miniers : Le Conseil des ministres tourne à plein régime pour les bras cassés de la septième république
Rufin Benam Beltoungou, ministre centrafricain des Mines et de la géologie

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de ,  

Le conseil des ministres du jeudi 25 juin 2026 s’est ouverte sous la direction de dictateur mytho Faustin Touadéra. L’ordre du jour, officiellement découpé en dossiers classiques et communications diverses, a rapidement montré la véritable obsession du pouvoir en place. Au cœur des discussions, le ministère des Mines et de la Géologie a monopolisé l’essentiel des délibérations, confirmant que le sous-sol centrafricain reste la principale monnaie d’échange et de survie du régime.

 

Le ministre de tutelle a soumis à l’approbation de la présidence une série de textes majeurs. Le Conseil a ainsi validé l’octroi de deux permis d’exploitation industrielle de petites mines au profit des structures Xianyuan et Litica Mining. Dans la même foulée, la société Impérator Ressources Centrafrique a obtenu cinq permis de recherche axés sur l’or et des substances associées. Pour donner une apparence de légalité et de rigueur à cette attribution massive, le compte rendu officiel s’abrite derrière les dispositions du code minier de août 2024, évoquant le versement obligatoire de dix pour cent du capital social à l’État et la nécessité d’études de faisabilité environnementale.

 

Cette insistance sur les règles administratives peine à cacher la réalité d’une économie de comptoir. Semaine après semaine, les réunions de l’exécutif se succèdent et se ressemblent. Les dossiers liés à la justice, à l’éducation ou à la détresse humanitaire des provinces sont relégués au second plan ou traités comme de simples formalités de fin de séance. Le pouvoir se comporte en guichet permanent pour les compagnies étrangères et les cercles financiers proches de la présidence.

 

Pour équilibrer cette distribution massive, le régime a mis en scène l’annulation de cinq anciens permis de recherche pour le cuivre, le cobalt, l’uranium et l’or détenus par la société Stantec Engineering dans les secteurs de Boali, Borossé, Bakouma Est et Bambari. Le motif avancé par les services techniques repose sur le non-respect des programmes d’activités et l’absence de travaux sur le terrain. L’argument officiel affirme que cette inactivité gelait des zones à fort potentiel au détriment de l’économie nationale. Toutefois, dans les cercles informés de Bangui, ce retrait s’apparente plutôt à un renouvellement des cartes et à une redistribution de ces périmètres stratégiques vers de nouveaux partenaires plus généreux ou plus influents.

 

Pendant que les décrets miniers s’enchaînent à un rythme soutenu, les secteurs vitaux pour la population subissent une cure d’austérité et un manque criant de volonté politique. Le domaine sanitaire n’est évoqué que sous l’angle de la peur et de la gestion de crise, notamment avec l’annonce des préparatifs contre la maladie à virus Ebola ou la mention rapide de décès liés au choléra dans la région de Bimbo. Les coupures budgétaires affectent les structures de soins de base, mais l’urgence gouvernementale reste focalisée sur la signature des documents qui permettent l’extraction des richesses.

 

Cette déconnexion entre les priorités de la présidence et la détresse quotidienne des Centrafricains devient flagrante à la lecture des rares autres points abordés. Les questions d’éducation nationale se limitent à des statistiques sur le baccalauréat, sans aucune mesure concrète pour redresser un système scolaire en ruine. Quant à la diplomatie, elle sert de vitrine pour tenter de redonner de la crédibilité à un pouvoir isolé, en insistant sur des visites de courtoisie ou des messages de remerciements venus d’Europe. La véritable activité de ce gouvernement réside dans la gestion de ses ressources extractives, transformant chaque réunion ministérielle en une séance de partage de gâteau où le citoyen ordinaire n’a jamais sa place.

 

La focalisation constante sur l’or et les métaux stratégiques démontre que l’appareil d’État fonctionne désormais comme une entité commerciale privée. Les ministères régaliens perdent leur substance au profit d’une seule administration devenue le pivot de toutes les attentions politiques. Les décrets adoptés lors de cette séance du 25 juin finiront sur la table de Faustin Touadéra pour sa signature finale, actant une fois de plus la cession des portions entières du territoire national à des intérêts privés, tandis que les demandes de réformes judiciaires et administratives restent sans réponse dans les tiroirs du secrétariat général du gouvernement.

 

Par Éric Azoumi

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