Centrafrique : retards de salaires, employés fantômes… la Minusca reconnaît un chaos interne à l’UNOPS et perd le contrôle

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le Directeur adjoint de la Minusca, monsieur Djamaka justifie pathétiquement les retards de salaires à l’UNOPS par la simple découverte de 400 employés fantômes .
En effet, lors de l’assemblée générale organisée par les employés contractuels individuels et les journaliers de l’UNOPS à Bangui, le directeur adjoint de la MINUSCA a reconnu publiquement l’existence de centaines d’employés fictifs. Les contractuels individuels et travailleurs journaliers paient la note depuis un an.
Un aveu qui tombe mal
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Jeudi 20 août, l’assemblée générale des contractuels individuels et des travailleurs journaliers de la MINUSCA gérés par l’UNOPS a viré à l’affrontement. Djamaka, directeur adjoint de la mission, a pris la parole devant des dizaines d’employés à bout. Il a annoncé que l’ONU traverse une crise financière globale.
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Puis il a lâché le chiffre qui a mis le feu à la salle. Plus de 400 employés fantômes ont été découverts au sein de la mission. Ces postes fictifs pèsent directement sur la ligne budgétaire, selon ses propres mots. La mission accumule un déficit à cause de ce trou.
Djamaka n’a pas nié. Il a confirmé la découverte et a même reconnu que le dernier recrutement massif de 1000 personnes, prévu au départ pour 300 postes, comptait des proches parmi les nouveaux employés. Les employés présents ont immédiatement fait le lien entre cet aveu et leurs propres arriérés de salaire.
Les IC et travailleurs journaliers encaissent la facture
Les employés accumulent des retards de salaire depuis un an. Deux mois de paie manquent déjà à l’appel au moment de l’assemblée. Djamaka leur a demandé de continuer à travailler sans contrat, le temps que l’UNOPS transmette les états de salaire à New York.
Le circuit qu’il a décrit prend du temps. New York étudie les dossiers, puis renvoie les fonds vers le compte de l’UNOPS. L’UNOPS traite ensuite les versements en douze jours minimum. Les employés peuvent donc attendre deux à trois mois avant de toucher un seul mois de salaire.
Un détail a particulièrement choqué la salle. Les staffs nationaux et internationaux de la MINUSCA ne subissent aucun retard de paiement. Seuls les IC et les daily workers, catégories les plus précaires, absorbent les conséquences des postes fantômes. Djamaka a confirmé cette différence de traitement sans l’expliquer davantage.
Une employée s’effondre devant les responsables
La tension a atteint son point culminant pendant l’assemblée. Rita, une contractuelle individuelle employée dans un entrepôt, s’est effondrée au sol. Elle a perdu connaissance devant les autres employés et les représentants de la MINUSCA et de l’UNOPS. Les secours l’ont transportée en urgence à l’hôpital.
Les employés ont ensuite posé une question simple à Djamaka. Pourquoi la MINUSCA et l’UNOPS ne mènent-elles pas un contrôle base par base pour identifier et retirer les employés fantômes de la liste de paie ? Djamaka n’a apporté aucune réponse précise à cette demande.
Les travailleurs présents parlent d’un climat de stress croissant depuis un an. Beaucoup ignorent quand ils toucheront leur prochain salaire. La déclaration de Djamaka, loin de rassurer la salle, a renforcé la défiance envers la gestion de la mission et de l’UNOPS à Bangui.
Par Alain Nzilo
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