
Dans une analyse sociopolitique publiée le 25 septembre 2026, le sociologue et analyste politique Faustin Zaméto examine le discours prononcé le 23 septembre par le président Faustin-Archange Touadéra devant la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York. Il distingue les messages adressés à la communauté internationale, ceux destinés aux Centrafricains et les sujets absents de cette intervention.
Le débat général de la 81e session de l’Assemblée générale se tient du 22 au 28 septembre 2026 autour du thème « Rétablir la confiance, gérer la transformation : des Nations unies au service de tous ».

Pour Faustin Zaméto, le chef de l’État centrafricain a adopté à New York une posture diplomatique axée sur le dialogue, la sécurité, le climat et la réforme du système multilatéral. Le sociologue considère que le discours s’adresse d’abord à un auditoire international.
Faustin Zaméto voit dans le maintien de la MINUSCA un enjeu central
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Selon Faustin Zaméto, la question sécuritaire constitue l’un des principaux messages du discours présidentiel. Le président Touadéra a demandé que tout retrait de la MINUSCA soit progressif et fondé sur des critères objectifs et partagés.
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Pour le sociologue, cette position doit être replacée dans le débat international sur l’avenir des opérations de maintien de la paix et sur les ressources consacrées à ces missions.
Faustin Zaméto estime que le président centrafricain cherche ainsi à présenter les avancées enregistrées dans le processus de paix tout en demandant à la communauté internationale de maintenir son accompagnement sécuritaire.
Dans son analyse, le chiffre avancé par Faustin-Archange Touadéra sur les groupes armés signataires de l’Accord de Khartoum occupe aussi une place importante. Le chef de l’État affirme que 11 des 14 groupes concernés se sont auto-dissous.
Faustin Zaméto considère que cette donnée participe à la présentation d’un bilan politique destiné à montrer les résultats obtenus par la stratégie de dialogue avec les groupes armés.
Le climat comme argument économique pour la Centrafrique
Faustin Zaméto relève aussi la place accordée par le président Touadéra aux enjeux climatiques.
Le chef de l’État doit participer à la COP31 prévue à Antalya, en Turquie. Dans son intervention à New York, il a notamment défendu la mise en œuvre du Fonds pour les pertes et dommages, le financement de l’adaptation au changement climatique et une meilleure rémunération des pays du Bassin du Congo pour leur contribution à la préservation des forêts.
Pour Faustin Zaméto, cette position permet à la Centrafrique de présenter la protection de son patrimoine forestier comme un enjeu économique et climatique international.
Le sociologue inscrit cette revendication dans une démarche portée également par les organisations régionales africaines. Selon lui, Bangui cherche à faire reconnaître la préservation des ressources forestières comme une contribution qui doit être prise en compte dans les mécanismes internationaux de financement climatique.
Faustin Zaméto relève le message panafricain sur le Conseil de sécurité
La réforme du Conseil de sécurité des Nations unies constitue un autre axe relevé par Faustin Zaméto.
Le président Touadéra a repris la revendication africaine défendue notamment à travers le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte. Cette position réclame une représentation africaine renforcée au Conseil de sécurité, notamment avec des sièges permanents.
Pour Faustin Zaméto, ce passage permet au président centrafricain d’inscrire son intervention dans les revendications communes portées par plusieurs États africains.
Le sociologue estime que cette dimension panafricaine donne au discours une portée qui dépasse les seules préoccupations de la République centrafricaine.
Birao et Am-Dafock au centre des préoccupations humanitaires
Faustin Zaméto s’intéresse également à la partie du discours consacrée aux conséquences de la crise soudanaise sur la République centrafricaine.
Selon les chiffres cités dans son analyse, le président Touadéra a fait état de 27 000 réfugiés soudanais à Birao, ville dont la population aurait fortement augmenté sous l’effet de cet afflux. Il a également évoqué la présence de 11 000 déplacés centrafricains à Am-Dafock en juin 2026.
Pour Faustin Zaméto, ces données montrent que le discours présidentiel ne s’est pas limité aux enjeux diplomatiques. Il a également porté sur les conséquences concrètes des crises régionales dans les préfectures du nord-est centrafricain.
Le sociologue estime que cette présentation permet à Bangui de demander un soutien international face à une crise humanitaire qui dépasse les capacités nationales.
Le Plan national de développement au cœur des interrogations de Faustin Zaméto
L’autre volet de l’analyse de Faustin Zaméto concerne le Plan national de développement 2024-2028.
Le président Touadéra a présenté ce plan autour de cinq axes : la sécurité, le capital humain, les infrastructures, la production et l’environnement. Il l’a également présenté comme un « contrat social renouvelé avec notre population », avec une attention particulière accordée aux jeunes et aux femmes.
Faustin Zaméto met cette présentation en relation avec les difficultés quotidiennes rencontrées par une partie de la population centrafricaine.
Le sociologue interroge notamment la traduction concrète du plan dans l’emploi des jeunes, le pouvoir d’achat des ménages, l’état des infrastructures et l’accès aux services essentiels.
Dans son analyse, Faustin Zaméto cite notamment la situation des jeunes confrontés au chômage, à l’orpaillage artisanal ou au secteur de la moto-taxi. Il estime que la question centrale reste celle du passage des engagements annoncés à New York à des résultats perceptibles dans les villes et les régions.
Dans son analyse sociopolitique, Faustin Zaméto examine les priorités présentées lors de l’Assemblée générale, en confrontant les objectifs du Plan national de développement aux réalités économiques locales.
Les absences du discours relevées par Faustin Zaméto
Faustin Zaméto consacre une partie de son analyse aux sujets qui ne figurent pas, selon lui, dans le discours présidentiel.
Il relève notamment l’absence des termes « Russie », « Wagner » et « France ». Le sociologue considère que ce choix correspond à une orientation diplomatique centrée sur les relations multilatérales et les Nations unies.
Faustin Zaméto relève aussi l’absence de références directes à plusieurs sujets de politique intérieure, notamment la Constitution de la 7e République, les débats politiques liés au troisième mandat, la hausse du coût de la vie et les difficultés liées à l’électricité.
Pour le sociologue, cette sélection des thèmes traduit la différence entre un discours prononcé devant la communauté internationale et les préoccupations exprimées au quotidien par une partie de la population centrafricaine.
Faustin Zaméto oppose le message international aux attentes nationales
Dans son analyse, Faustin Zaméto estime que le discours de Touadéra présente deux niveaux de lecture.
Le premier concerne la place de la République centrafricaine sur la scène internationale. Le président y défend le maintien d’un accompagnement sécuritaire, une meilleure prise en compte des intérêts climatiques africains et une réforme de la gouvernance mondiale.
Le second concerne la situation intérieure. Faustin Zaméto estime que les engagements présentés à New York doivent être confrontés aux réalités vécues par les populations à Bangui, Birao, Berbérati, Bangassou et dans les autres régions du pays.
Le sociologue prend notamment l’exemple de la restauration de la confiance entre l’État et les citoyens. Pour lui, cette confiance se construit à travers les services publics, l’emploi, les infrastructures, l’éducation, la santé et le pouvoir d’achat.
Faustin Zaméto revient enfin sur une phrase prononcée par le président Touadéra devant l’Assemblée générale : « Que cette 81ème Session soit celle où nous avons cessé de constater pour commencer à agir ».
Pour le sociologue, cette formule peut également être appliquée à la situation nationale. Il estime que l’enjeu pour les autorités centrafricaines réside désormais dans la traduction des engagements internationaux en résultats visibles dans la vie quotidienne des populations. Actions disponibles
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