
La Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CVJRR) a organisé ce mardi 13 octobre 2026 un atelier d’information et de renforcement des capacités des professionnels des médias au stade 20 000 places, à Bangui. Le président de la commission, Dr Henri Yenzapa, a présenté le mandat de l’institution et insisté sur le rôle des journalistes dans la sensibilisation de la population avant les prochaines phases de recherche de la vérité.
Journalistes, blogueurs et autres professionnels des médias ont pris part à cette rencontre consacrée au mandat de la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CVJRR). Des partenaires de l’organisation, dont la Division des droits de l’homme de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) et le Haut Conseil de la communication (HCC), étaient également présents.

L’atelier visait à permettre aux professionnels des médias de mieux comprendre les missions de la commission, son fonctionnement et les responsabilités qui leur incombent dans la diffusion des informations relatives au processus de vérité et de réconciliation nationale.
À l’ouverture des travaux, le président de la CVJRR, Dr Henri Yenzapa, a présenté la collaboration avec les médias comme une étape nécessaire à l’accomplissement du mandat de l’institution. Il a appelé les journalistes à contribuer à la diffusion d’informations fiables, tout en respectant les principes éthiques liés au traitement des violations des droits humains et aux témoignages des victimes.
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Henri Yenzapa appelle les journalistes à accompagner la recherche de la vérité
Dans son discours d’ouverture, le président de la CVJRR a expliqué que la rencontre devait établir un lien entre la recherche de la vérité et le travail d’information des médias.
« Bâtir des ponts entre la recherche de la vérité et l’information », a-t-il déclaré pour résumer l’objectif de cette collaboration.
Le président de la commission a rappelé que la République centrafricaine avait connu plusieurs périodes de violences, des divisions et de graves violations des droits humains. Ces événements ont affecté les communautés et fragilisé les relations sociales.
Face à ce passé, il a présenté la recherche de la vérité, la justice et la réconciliation comme les fondements du travail confié à la commission. Il a estimé que les médias ne devaient pas rester de simples observateurs de ce processus.
Selon Henri Yenzapa, les journalistes peuvent contribuer à faire connaître les missions de l’institution, à diffuser les informations relatives à ses activités et à permettre aux victimes de faire entendre leurs témoignages dans des conditions respectueuses de leur dignité.
« Une commission vérité ne peut accomplir sa mission dans le secret », a-t-il déclaré, en insistant sur la nécessité d’une collaboration avec les professionnels des médias.
Cette coopération doit permettre à la population de mieux comprendre le mandat de la CVJRR, y compris dans les régions éloignées de Bangui. Pour le président de la commission, l’information doit atteindre les différentes communautés afin qu’elles puissent comprendre les objectifs et les étapes du processus.
La protection des victimes et la vérification des faits au centre des échanges
Henri Yenzapa a également attiré l’attention des participants sur les risques liés au traitement médiatique des questions de justice transitionnelle.
La publication d’informations sur les violences passées, les témoignages des victimes et les responsabilités présumées peut raviver des tensions. Elle exige donc une vérification rigoureuse des faits et le respect des règles déontologiques.
Le président de la CVJRR a notamment insisté sur la protection de l’anonymat et de la sécurité des victimes et des témoins. Il a demandé aux journalistes de faire preuve de mesure et de sensibilité dans leurs reportages, afin d’éviter de nouvelles souffrances aux personnes concernées.
Il a également rappelé que les micros, les caméras, les articles de presse et les plateformes numériques peuvent contribuer soit à accentuer les divisions, soit à favoriser la compréhension et l’apaisement.
L’atelier devait ainsi permettre aux participants de partager leurs expériences, de poser leurs questions et de formuler des recommandations pratiques pour améliorer leur collaboration avec la commission.
L’objectif était de promouvoir un traitement de l’information adapté aux enjeux de paix, de justice et de réconciliation, sans compromettre la sécurité des personnes qui pourraient témoigner devant l’institution.
La CVJRR veut éclairer les événements survenus entre 1959 et 2019
Dans une interview accordée à l’issue de l’atelier, le président de la commission a précisé les raisons de cette rencontre avec les professionnels des médias.
« Nous avons organisé un atelier de renforcement des capacités des professionnels des médias, un atelier d’information et de collaboration », a expliqué Henri Yenzapa.
Il a présenté cette initiative comme la suite des rencontres déjà organisées avec les organisations de la société civile et les institutions nationales. Les médias constituent une autre catégorie d’acteurs que la commission souhaite informer avant d’intensifier ses activités sur le terrain.
Selon lui, les journalistes doivent maîtriser le fonctionnement de la CVJRR pour mieux expliquer ses missions à la population. Cette sensibilisation doit permettre aux citoyens d’accéder à une information plus claire sur le processus engagé.
Le président a également détaillé la période historique couverte par le mandat de la commission. Celle-ci doit examiner les événements survenus entre 1959 et 2019, depuis la disparition de Barthélemy Boganda jusqu’aux crises et conflits qui ont marqué les dernières décennies.
« C’est de chercher à éclairer ce qui s’était passé depuis 1959, depuis la disparition de feu Barthélemy Boganda, jusqu’en 2019 », a-t-il déclaré.
Henri Yenzapa a notamment cité les meurtres commis sous le régime impérial de Jean-Bédel Bokassa, les mutineries et les différentes rébellions parmi les événements concernés par les travaux de la commission.
Ces investigations doivent contribuer à établir la vérité sur les faits entrant dans le champ de son mandat. Elles s’inscrivent dans une démarche qui associe la recherche de la vérité, la justice, la réparation et la réconciliation nationale.
Les confessions religieuses seront les prochaines interlocutrices de la commission
Le président de la CVJRR a précisé que l’atelier organisé au stade de 20 000 places était exclusivement destiné aux professionnels des médias. D’autres catégories d’acteurs ont déjà été associées aux activités de sensibilisation de l’institution.
Sous la direction d’Henri Yenzapa, la MINUSCA et la CVJRR unissent leurs efforts pour encadrer les journalistes dans cette démarche de justice transitionnelle en Centrafrique.
La commission prévoit notamment de rencontrer les confessions religieuses la semaine suivant l’atelier. Cette démarche doit permettre aux Églises, aux paroisses et aux communautés musulmanes de mieux connaître le mandat de la CVJRR et de participer à la sensibilisation de la population.
« Après les médias, nous allons aborder les confessions religieuses, pour que toutes les églises, toutes les paroisses, tous les musulmans parlent de cette commission », a expliqué Henri Yenzapa.
Le président estime que les responsables religieux peuvent contribuer à faire connaître les objectifs de l’institution auprès des communautés qu’ils encadrent. Leur participation doit faciliter la compréhension du processus avant les prochaines étapes des travaux.
Il a indiqué que la commission espérait entrer dans une phase effective de recherche de la vérité à la fin de l’année 2026.
Henri Yenzapa appelle à prolonger la collaboration avec les médias
Dans son discours de clôture, le président de la CVJRR a salué la participation des journalistes et les échanges organisés au cours de la journée de travail, qui a débuté à 10 heures.
Il a estimé que les discussions avaient permis aux participants de mieux comprendre leur responsabilité dans le processus de vérité et de réconciliation nationale.
Pour Henri Yenzapa, la commission ne peut pas remplir seule son mandat. Elle a besoin de relais crédibles, impartiaux et courageux pour diffuser ses informations et permettre aux victimes de faire entendre leur voix.
Il a rappelé que les professionnels des médias disposent de plusieurs moyens pour expliquer les missions de la commission, notamment la presse écrite, la radio, la télévision et les plateformes numériques.
Le président a également insisté sur la nécessité d’un journalisme sensible aux conflits, capable de traiter les faits sans raviver les tensions ni porter atteinte à la dignité des victimes. Les recommandations formulées par les participants doivent, selon lui, faire l’objet d’un suivi avec les partenaires techniques et financiers.
La commission entend notamment améliorer l’accès des journalistes aux informations officielles relatives à ses activités.
Henri Yenzapa a enfin invité les professionnels des médias à maintenir leur engagement pendant les prochaines phases du mandat, en particulier les périodes de déposition et d’audition. Il souhaite que cette collaboration dépasse le cadre de l’atelier et se poursuive tout au long du processus de recherche de la vérité.
En déclarant officiellement clos les travaux, le président de la CVJRR a appelé les journalistes à contribuer à la sensibilisation de la population et à accompagner les efforts de réconciliation nationale en République centrafricaine.
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