
Le débat sur la nationalité d’Anicet-Georges Dologuélé prend une nouvelle tournure avec l’intervention de Joseph Bindoumi, ancien ministre, magistrat et président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme. Sa réaction intervient après celles de Fidel Ngouandika, ministre conseiller à la présidence, du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana (Eva Yana), porte-parole du gouvernement, et de Maître Crépin Mboli-Goumba.
À l’origine de cette séquence, Fidel Ngouandika a relayé et défendu la position du pouvoir sur le dossier. Habitué à annoncer ou à accompagner publiquement certaines décisions et orientations du régime, le ministre conseiller à la présidence a été le premier à porter cet argumentaire dans l’espace public.

Le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana alias Eva Yana est ensuite intervenu dans son rôle de porte-parole du gouvernement pour reprendre cette ligne et lui donner une portée officielle. Ses déclarations ont notamment porté sur les compétences du Conseil constitutionnel et sur la question de la nationalité d’Anicet-Georges Dologuélé.
Cette démarche ne correspond donc pas à deux prises de position opposées au sein du pouvoir. Fidel Ngouandika et le marabout de Carnot défendent la même lecture du dossier, dans une séquence politique portée par les autorités autour de la nationalité de l’ancien Premier ministre et député.
À lire aussi : FLASH INFO : Didier Martial PABANDJI libéré
Crépin Mboli-Goumba conteste l’argumentaire du pouvoir
À lire aussi : Martin Ziguélé : plus de 60 ans après les indépendances, vous voulez aller au FMI, vous convainquez d’abord la France de vous appuyer
La contestation est venue de Maître Crépin Mboli-Goumba, président du Patri et coordinateur du BRDC. L’avocat s’est directement attaqué à l’interprétation présentée par le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana concernant les compétences du Conseil constitutionnel.
« Un juriste approximatif qui réduit le rôle du Conseil constitutionnel aux questions des contentieux électoraux », a réagi Maître Crépin Mboli-Goumba. Il a également accusé le porte-parole du gouvernement de « faire de l’alchimie judiciaire ».
Pour le président du Patri, le Conseil constitutionnel ne peut pas être présenté comme une institution dont les compétences se limitent aux contentieux électoraux. Il affirme que la haute juridiction dispose d’autres attributions constitutionnelles et que ses décisions s’imposent à toutes les institutions de l’État.
Joseph Bindoumi intervient à son tour
C’est dans ce contexte que Joseph Bindoumi intervient. L’ancien ministre et magistrat affirme que la Ligue centrafricaine des droits de l’homme s’est déjà prononcée sur le dossier Dologuélé. Il rappelle que l’organisation avait contesté la possibilité pour un juge de déterminer, par ordonnance sur requête, le statut d’un acte d’état civil et d’en tirer des conséquences sur la nationalité.
« Nous nous sommes déjà prononcés au niveau de la Ligue Centrafricaine des droits de l’homme sur le cas de Dologuélé », déclare Joseph Bindoumi. Il poursuit : « Lorsque la question a été posée, nous avons dit qu’un juge ne peut pas prendre par une ordonnance sur requête la faculté, sur sa tête, d’identifier un acte d’état civil, comme un statu quo de nationalité. »
Le président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme exige désormais que cette polémique cesse. Son intervention vise directement la poursuite des contestations autour du statut national de Dologuélé et les conséquences politiques qui en découlent.
« Je voudrais dire au nom de la Ligue Centrafricaine des droits de l’homme, mais avec autant de fermeté, pardon, il faut qu’on arrête. Qu’est-ce que cette histoire-là ? », lance-t-il.
« La juridiction suprême » au centre de la controverse
Joseph Bindoumi condamne fermement les tentatives d’invalidation de la situation juridique d’un élu. Il recadre le pouvoir au sujet d’un député élu par la population dont le mandat est illégalement contesté sur la base d’un différend monté de toutes pièces sur sa nationalité.
« Les gens qui nous regardent, qui nous voient, qui nous entendent, nous en train de tergiverser sur un problème qui semble nous préoccuper, j’ai entendu qu’on revient sur la nationalité en disant qu’un député élu par le peuple va être démis de l’Assemblée parce qu’il n’aurait pas justifié une correspondance qui lui donnait la nationalité », affirme-t-il.
L’ancien magistrat rappelle avec force l’autorité suprême de la juridiction constitutionnelle. « Alors que la Cour constitutionnelle, la juridiction suprême dont les décisions s’imposent au gouvernement, à l’Assemblée, toutes les juridictions de la République a déjà pris une position », soutient-il.
Il fustige les manœuvres du pouvoir : « Comment est-ce que nous allons encore venir gratter là-dedans ? »
Une affaire qui oppose désormais deux lectures
D’un côté, Fidel Ngouandika et le grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana (Eva Yana) portent la position du pouvoir sur la nationalité et imposent leur interprétation biaisée des compétences du Conseil constitutionnel. De l’autre, Maître Crépin Mboli-Goumba et Joseph Bindoumi démontent cette lecture et réaffirment l’autorité sacrée des décisions de la juridiction constitutionnelle.
La succession des prises de parole clarifie la controverse. Ngouandika n’est pas intervenu pour contester le faux diplômé Évariste Ngamana. Le porte-parole du gouvernement a simplement répercuté l’argumentaire du ministre conseiller à la présidence. La riposte légale et morale émane directement de personnalités engagées pour l’État de droit.
Joseph Bindoumi démontre que la question est instrumentalisée à des fins politiques, violant délibérément les droits fondamentaux attachés à la personne humaine.
« La nationalité, c’est le droit de la personne »
Le président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme dénonce l’arbitraire et la discrimination du régime, qui brade la nationalité à des intérêts étrangers tout en harcelant un citoyen centrafricain.
« Et puis la nationalité, c’est le droit de la personne », affirme Joseph Bindoumi.
Il poursuit : « On donne la nationalité aux Libanais, on donne la jeune nationalité à tous les étrangers qui arrivent ici, et puis quelqu’un qui dit j’ai renoncé à la nationalité française, vous dites que non, en renonçant à la nationalité française, il a renoncé à la nationalité africaine. C’est quelle histoire ça ? »
Cette déclaration balaye le raisonnement fallacieux monté contre Anicet-Georges Dologuélé. Joseph Bindoumi rejette l’interprétation absurde selon laquelle la renonciation à une nationalité étrangère vaudrait perte de la nationalité centrafricaine.
Une mise en garde contre la poursuite de la confrontation
Joseph Bindoumi conclut par une mise en garde sans équivoque à l’endroit du régime. Il avertit que l’acharnement politique et l’abus d’autorité contre un opposant finiront par se retourner contre leurs auteurs.
« Un proverbe, un bimoudi, si vous continuez à vous asseoir sur la personne que vous avez terrassée, mais les mouvements qui vont se passer peuvent faire en sorte que ça soit la personne qui a été terrassée, qui se retrouve sur vous, alors je crois qu’il faut qu’on arrête », déclare-t-il.
L’intervention du président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme apporte un soutien décisif à Maître Crépin Mboli-Goumba. Face aux sorties combinées de Fidel Ngouandika et du grand sorcier de Carnot, le faux diplômé Évariste Ngamana alias Eva Yana, la contestation prend désormais une dimension institutionnelle et populaire contre les abus du pouvoir à Bangui.
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC
Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube
Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65
Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org
Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org




