Touadera, regarde, les Centrafricains réclament que Wagner remplace Air France sur la liaison Bangui-Paris avec ses hélicoptères
Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Panneau-publicitaire-de-la-compagnie-Air-France-a-Bangui – Agression du directeur de l’agence d’Air France à Bangui, des suspects identifiés, CNC mène ses investigations, Kossimatchi nie son implication
Les mercenaires russes de la milice Wagner qui transportent déjà des passagers en Centrafrique sont maintenant sollicités par les centrafricains pour prendre en charge la liaison Bangui-Paris abandonnée par Air France.
Depuis 2024, les mercenaires russes de la milice Wagner ont installé leur propre compagnie aérienne en Centrafrique. Leurs hélicoptères transportent déjà des passagers moyennant paiement, un service qui a débuté à Zémio avant de s’étendre progressivement vers d’autres destinations. L’activité s’est développée jusqu’à Bria, puis Obo, avant d’atteindre Birao, Ouanda-Djallé et Sam Ouandja. Cette expansion démontre leur volonté de contrôler tous les secteurs économiques du territoire centrafricain.
Voilà maintenant que Air France abandonne la liaison Bangui-Paris, l’idée germe dans les esprits que Wagner pourrait tout simplement prendre la relève. Les partisans de cette solution proposent que les hélicoptères russes assurent désormais ce transport international, créant ainsi une route aérienne entièrement contrôlée par les autorités centrafricaines. La délégation officielle centrafricaine, comprenant habituellement le dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadera, ses ministres et le Président de l’assemblée nationale Simplice-Mathieu Sarandji, monterait donc à bord de ces appareils avec tout le luxe pour rejoindre l’Europe dans le confort des Wagner.
Certains évoquent même la possibilité d’un détour par Moscou, permettant ainsi aux officiels centrafricains de rendre visite à leurs véritables maîtres Poutine avant de continuer vers Paris. D’autres suggèrent qu’après leurs affaires à Paris, les délégations pourraient faire escale dans la capitale russe avant de rentrer à Bangui. Cette proposition prend tout son sens quand on sait à quel point les officiels centrafricains raffolent de la classe affaires et de la première classe.
Puisque dans un hélicoptère, tous les sièges sont équivalents à de la première classe, ils ne pourront qu’apprécier ce nouveau mode de transport. D’ailleurs, Simplice-Mathieu Sarandji lui-même a déjà expérimenté les hélicoptères de Wagner lors d’un déplacement vers Bossangoa, située à seulement 300 kilomètres de la capitale. Ce voyage avait d’ailleurs mal tourné puisque Simplice-Mathieu Sarandji avait fait pipi sur lui, sans parler de kaka. Il a même perdu connaissance à bord de l’appareil, un détail qui ne semble pas freiner l’enthousiasme pour cette alternative.
Si Wagner refuse d’assurer cette liaison intercontinentale avec ses hélicoptères, Poutine pourrait toujours envoyer un avion de sa propre compagnie aérienne pour effectuer le trajet Bangui-Paris. Les Russes démontreraient ainsi leur capacité à remplacer les Occidentaux sur tous les fronts, y compris dans le transport aérien international. Cette option s’inscrit parfaitement dans la logique actuelle de mainmise totale de Moscou sur la Centrafrique.
Wagner a d’ailleurs déjà prouvé son savoir-faire en matière de commerce international dans le pays. Les mercenaires de la milice Wagner, via Poutine, ont annoncé l’envoi de blé russe à la Centrafrique, une cargaison que les centrafricains n’ont jamais aperçue. La marchandise serait restée au Cameroun où elle aurait été vendue, ou alors une partie seulement aurait atteint Bangui avant d’être écoulée sur le marché sans que la population n’en profite.
Le même scénario s’est répété avec le prétendu don de carburant russe au pays. Moscou a affirmé avoir expédié un ou deux millions de litres de gasoil, mais la réalité s’avère bien différente. Le carburant est arrivé au Cameroun, une partie a été vendue là-bas, le reste a rejoint Bangui où Wagner contrôle maintenant les stations-service. Ce qui était présenté comme une aide humanitaire s’est transformé en juteux business pour les mercenaires.
Wagner gère aujourd’hui tous les secteurs rentables du territoire, des forages à la production d’alcool wanawa ou d’Africa ti l’or, en passant par l’exploitation des diamants et de l’or. Les mercenaires russes ramassent tout ce qui brille et tout ce qui rapporte, laissant des miettes au gouvernement fantoche de Bangui. Ajouter le transport aérien international à leur portefeuille d’activités paraît donc logique dans cette dynamique de contrôle absolu.
Touadéra et son gouvernement ne sont en réalité que des marionnettes, un fait que beaucoup ignorent encore à l’étranger. Le pays fonctionne entièrement sous la coupe de Wagner, une vérité que les officiels centrafricains s’efforcent de dissimuler lors de leurs déplacements internationaux. Cette dépendance explique pourquoi l’idée de confier également le transport aérien aux Russes ne choque personne parmi les autorités de Bangui.
Même l’arrivée annoncée d’Africa Corps, la nouvelle structure militaire russe censée remplacer Wagner, ne changera rien à cette domination. Le président centrafricain a d’ailleurs clairement indiqué que Wagner resterait en place même après le déploiement d’Africa Corps. Les deux entités russes cohabiteront sur le territoire, renforçant encore davantage le contrôle de Moscou sur les ressources et les institutions du pays.
Touadéra apprécie visiblement les méthodes de Wagner, malgré les crimes documentés que commettent ces mercenaires contre les populations civiles. Cette affection pour les Russes explique pourquoi personne à Bangui ne s’offusque vraiment de voir Wagner étendre son emprise sur de nouveaux secteurs. Le transport aérien international représenterait simplement une étape supplémentaire dans cette colonisation économique orchestrée avec la bénédiction des autorités locales.
Les hélicoptères qui sillonnent déjà l’intérieur du pays pourraient bientôt relier la Centrafrique à l’Europe, bouclant ainsi le cercle de la dépendance totale envers Moscou. Les quelques voix qui s’élèvent pour dénoncer cette situation peinent à se faire entendre dans un pays muselé par la censure et la peur. Wagner a installé ses hommes partout, dans les ministères comme dans les rues, rendant toute contestation périlleuse pour ceux qui oseraient critiquer ouvertement le système.
Le départ d’Air France offre donc aux mercenaires russes une opportunité en or d’étendre encore leur monopole. Cette nouvelle activité viendrait s’ajouter à la longue liste des secteurs déjà contrôlés par les Russes en Centrafrique. Les officiels centrafricains, habitués au luxe et au confort des vols internationaux, devront désormais s’accommoder des solutions proposées par leurs parrains de Moscou
Fari Tahéruka Shabazz se demande : Dologuélé Accepte-il les Résultats du coup d’État électoral pour une Primature Promise par les Wagner ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/fari-taheruka-shabazz.jpg” data-wpel-link=”internal”>Monsieur Fari Tahéruka Shabazz
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Selon l’analyste Fari Tahéruka Shabazz, Anicet Georges Dologuélé aurait accepté publiquement sa défaite électorale après avoir négocié secrètement une primature avec le groupe Wagner via Dmitri Sitiy.
Fari Tahéruka Shabazz rappelle qu’avant la proclamation officielle des résultats par le Conseil constitutionnel, Anicet-Georges Dologuelé s’était montré « furibard en disant j’ai été volé deux fois, je me suis laissé faire deux fois, j’ai accepté le hold-up électoral deux fois, mais cette fois-ci je ne me laisserai pas faire, je me battrai comme un lion, j’arracherai ma victoire ».
Une conférence de presse révélatrice
L’analyste observe qu’lors de sa conférence de presse du 21 janvier, « physiquement, on sent qu’il a maigri, on sent comme s’il a maigri, mais il n’est pas bien, ça se voit déjà qu’il n’est pas [bien], parce que quelqu’un qui vient pour revendiquer quelqu’un qui vient pour dénoncer, il y a une posture, mais là la posture est commencée, de l’homme résigné, de l’homme malade ». Selon Shabazz, « cette conférence de presse a été express, c’était très très court, ça n’a pas duré 30 minutes, montre en main, 4 minutes je crois, c’est plus court qu’une douche ».
Un discours qui déçoit
Fari Tahéruka Shabazz souligne que Dologuélé « est venu pour nous dire que finalement, voilà, mais Touadéra a gagné, Touadéra c’est lui qui est le vainqueur ». L’analyste constate : « on tombe des nues… quand il faut tenir le discours de fermeté, le discours de courage, de dignité… on voit qu’il se dégonfle, la baudruche, comme disait le défunt président français Jacques Chirac, ça fait psch, c’est terrible ».
Des négociations avec Wagner révélées
Selon Shabazz, un communiqué du PATRIE du 22 janvier 2026 révèle « les rencontres entre Anicet Georges Dologuélé, avec les fils de Satan, les criminels de guerre… Wagner ». L’analyste affirme que Dologuélé « aurait donc négocié avec Wagner, donc avec Dimitri Syty, politiquement », et qu’« on lui aurait dit que c’est pas possible [d’être proclamé vainqueur], mais cependant s’il était calme, s’il se taisait, s’il se couchait, s’il avalait des couleuvres, s’il acceptait l’indignité, il serait encore remboursé par la suite, par quoi ? Par la primature ».
Un collaborationnisme assumé
Fari Tahéruka Shabazz estime que « la seule solution pour exister pour Anicet Georges Dologuélé, c’est de collaborer, c’est devenu un collaborationniste, un collabo au même titre qu’un Zinga ou un Sanguba ». Il ajoute : « là on voit très bien qu’on est dans la trahison, on voit très bien qu’on est dans le double jeu dans la complicité, la duplicité ».
L’analyste prévient toutefois que « avec la posture qu’a adopté Anicet Georges Dologuélé, malheureusement pour lui, il n’aura ni la primature, ni même le siège de député… parce que de toute façon, Touadéra n’a plus aucun intérêt aujourd’hui de composer avec Anicet Georges Dologuélé qui ne représente plus rien ». Selon Shabazz, Dologuélé doit maintenant choisir : « soit il accepte l’humiliation jusqu’au niveau que même les incrochons ne supporteraient pas, soit il arrête maintenant, mais en tout cas, à court et à moyen terme, sa vie Politique est terminée ».
Un rituel d’humiliation conscient
Fari Tahéruka Shabazz conclut en affirmant que Dologuélé « le dit lui-même, il le dit que tout ceci a été fait… pour m’humilier, il utilise le terme, pour m’humilier. Non, il sait qu’il est dans un rituel, un rituel d’humiliation ». L’analyste ajoute : « On accepte de se prêter à cela. Pourquoi ? Parce que derrière, on laisse compte, on nous promet une récompense », et que « tout ça concourt au fait qu’il attend un retour sur investissement, cette humiliation ».
Bambouti : la sous-préfète Koumba Ndiaye demande le dialogue entre le gouvernement et les miliciens azandés
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Retenue depuis le 28 décembre dernier avec le commandant des brigades et deux agents électoraux, la sous-préfète appelle à des négociations pour régler la crise du Haut-Mbomou.
Koumba Ndiaye s’est exprimée depuis le maquis où elle est gardée par les miliciens azandés. La sous-préfète de Bambouti a tenu à rassurer sa famille et les femmes leaders qui s’inquiètent de son sort depuis plus d’un mois. Elle affirme être en bonne santé et bien traitée par ses ravisseurs.
La responsable administrative profite de cette prise de parole pour plaider en faveur d’un dialogue entre le gouvernement et les miliciens. Elle explique que ces hommes se sont retirés dans la forêt par peur d’être arrêtés à cause des traces de lames de rasoir qu’ils portent sur le corps. Ces marques servaient à les protéger lors de leurs combats contre les rebelles qui occupaient leur territoire.
Koumba Ndiaye estime injuste qu’on leur reproche ces pratiques alors que les Occidentaux portent des tatouages sans être inquiétés. Elle rappelle que ces miliciens ont défendu leur terre contre les groupes armés et qu’ils ne cherchaient pas à combattre l’armée nationale. Ils ont quitté leurs foyers, leurs femmes et leurs enfants par crainte d’être emprisonnés.
La sous-préfète démonte également les rumeurs qui circulent sur la présence de combattants étrangers parmi les miliciens. Depuis son arrivée dans le camp, elle assure n’avoir vu ni Sud-Soudanais ni Congolais. Tous les hommes qu’elle côtoie sont des Centrafricains qui parlent la langue nationale et qui partagent avec elle leur nourriture issue de la chasse et de l’agriculture.
Elle met en garde le gouvernement contre ceux qui racontent n’importe quoi dans l’espoir d’obtenir des postes. Pour elle, les bombardements qui frappent la zone mettent autant en danger les otages que les miliciens. Elle remercie Dieu de les avoir protégés jusqu’à présent et insiste sur le fait que ses ravisseurs ne sont pas des rebelles mais des frères qui cherchent à dialoguer.
Le commandant des brigades de la gendarmerie de Bambouti a également pris la parole. Lui aussi salue le peuple centrafricain et confirme être en vie et en sécurité. Il décrit la vie dans la forêt comme difficile mais supportable, car les miliciens partagent équitablement leurs ressources avec les otages.
Cet officier se dit mécontent de la réaction du gouvernement dans ce dossier. Il trouve la réponse des autorités inadaptée et regrette qu’on qualifie les miliciens d’étrangers. Il martèle que le dialogue reste la seule voie pour régler le problème du Haut-Mbomou et demande l’arrêt des hostilités.
Le commandant dénonce les attaques et les incendies de villages qui poussent les populations à fuir dans la brousse. Il rappelle que des femmes et des enfants vivent aujourd’hui dans la forêt, une situation qu’il juge intenable. Il supplie le gouvernement de revenir vers ces jeunes pour entamer des discussions sincères.
Tous deux appellent leurs familles à garder leur calme et leur assurent qu’ils vont bien. Ils expriment l’espoir de retrouver les leurs si Dieu le permet. Leurs déclarations interviennent alors que les miliciens azandés maintiennent leurs exigences concernant la libération de Bakoyoko Célestin et Ngoéngué Elie, deux de leurs commandants disparus après avoir été enlevés par des Mercenaires russes en janvier 2025.
Cette prise de parole des otages montre que la question du Haut-Mbomou dépasse le simple enlèvement. Elle renvoie à un malaise plus profond lié au traitement réservé aux miliciens azandés qui avaient pourtant combattu aux côtés de l’armée. Le sort de Bakoyoko et Ngoéngué reste au cœur des revendications, et tant que leur dossier ne sera pas réglé, la situation risque de rester figée.
Les miliciens promettent de publier bientôt un document officiel détaillant leurs demandes. Ils annoncent aussi la diffusion prochaine d’une vidéo montrant Koumba Ndiaye et son garde du corps, histoire de prouver qu’ils sont toujours vivants et bien portants.
Arrêté à l’entrée de la ville d’Obo, un cultivateur a failli être pris à partie par les forces de l’ordre qui, de passage en menaces, ont lancé un ultimatum d’épuration ethnique des Zandés d’Obo
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/l-un-des-checkpoints-des-soldats-faca-dans-le-haut-mbomou-photo-cnc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Image d’illustration d’un des checkpoints des soldats FACA dans le Haut-Mbomou. Photo CNC
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les habitants d’Obo découvrent chaque jour l’ampleur de la dérive sécuritaire des éléments de forces de désordre dans leur ville. Samedi dernier, un cultivateur a échappé de justesse à une agression pour avoir simplement transporté un poulet qu’il avait acheté au cours de route.
Le samedi dernier, aux environs de 5 heures du matin, Jean était parti dans son champ situé à 19 kilomètres d’Obo sur l’axe de Bambouti. Vers 13 heures, il a décidé de rentrer à la maison. Mais au moment de retour, il avait acheté un coq pour 3500 francs CFA, avec un objectif de le revendre à 5000 francs pour gagner quelques pièces et subvenir aux besoins de sa famille.
Vers 14 heures, il atteint l’entrée de la ville d’Obo. C’est là qu’il tombe sur le checkpoint des forces de l’ordre tenu par trois agents des forces mixtes. Le premier, un soldat des forces armées centrafricaines connu sous le surnom de « 1000 francs » en raison de ses pratiques de racket. Ce soldat remarque immédiatement le coq que transporte le cultivateur.
Le militaire s’approche et demande au cultivateur s’il vend le coq. Le cultivateur répond poliment oui. Le militaire demande à combien ? Le cultivateur répond 5000 francs CFA. Un policier, de forte corpulence qui assis au côté du militaire, intervient aussitôt dans la conversation.
Le policier trouve le prix du poulet trop cher et interroge le cultivateur pourquoi il le vend trop cher ?. L’homme explique calmement qu’il a lui-même acheté à l’origine à 3500 francs CFA, et qu’il souhaite simplement lui aussi tirer un petit bénéfice de 1500. La réponse du cultivateur, pourtant simple et compréhensible, va déclencher une réaction totalement criminelle et pathétique.
Au côté du policier et du Soldat FACA, se trouve un gendarme. Un adjudant-chef, car les autres l’appellent AC. Ce gendarme entre alors en scène . C’est lui qui va monopoliser la parole et transformer cette banal discussion en véritable séance d’intimidation ethnique. Son ton change radicalement et ses premiers mots glacent l’atmosphère.
« Vous, les Zandé, vous faites comme si vous êtes des demi-dieu ici à Obo » lance-t-il au cultivateur qui ne comprend rien du tout dans cette agressivité verbale. Franchement, l’homme ne comprend pas ce qu’on lui reproche, ni pourquoi son appartenance ethnique devient soudainement le sujet central de cet échange. Mais le gendarme ne compte pas en rester là, bien au contraire, il s’enflamme dans son délire.
Il enchaîne avec une série d’accusations virulentes. Selon lui, les Zandé sont devenus ce dernier temps très arrogants. Pour le gendarme, la ville d’Obo n’appartient même pas aux Zandé, et ils se permettent de faire la tête aux autre. De plus, le gendarme enfonce le clou en disant que les Zandé se croient supérieurs à tout le monde. , et cette attitude ne saurait être tolérée plus longtemps. Le cultivateur tente de garder son calme et demande au gendarme s’il a commis une faute quelconque, ou alors qu’il a déjà un souci avec lui.
Le gendarme ignore totalement cette question du cultivateur et poursuit son délire haineux. « Toi, tu fais ton truc là, je vais t’attraper un jour, tu vas voir. Tu es malade ou quoi ? » Le gendarme s’approche davantage, rendant la menace encore plus palpable. Le cultivateur recule instinctivement, cherchant à comprendre l’origine de cette hostilité soudaine.
Mais le gendarme n’a pas terminé. Ses propos prennent désormais une dimension collective et annoncent clairement un projet d’épuration ethnique. « On va voir avec vous les Zandé, on va vous éliminer tous ici. Vous croyez qu’Obo c’est votre ville ? » Ces mots résonnent comme un verdict sans appel dans l’esprit du cultivateur qui commence à mesurer le danger réel de sa situation.
Le gendarme poursuit en revendiquant la propriété ancestrale du territoire du Haut-Mbomou. « C’est notre terre ancestrale. On va vous chasser tous ici à Obo. D’ailleurs, on va totalement brûler Obo. » Cette promesse d’incendie généralisé n’est pas formulée comme une simple menace en l’air, mais comme un programme de génocide à venir. Le policier de forte corpulence n’est pas resté silencieux. Il attaque verbalement le cultivateur. Le soldat FACA, surnommé 1000 francs, lui aussi, apporte son lot des propos incendiaires contre les Zandé dans la discussion.
Les trois complices de forces du désordre développent même une vision à long terme de ce projet génocidaire. « Tôt ou tard, dans 10 ans, 15 ans, 20 ans, on va vous chasser tous ici. Obo va devenir juste un vaste territoire herbeux avec des herbes. Il n’y a plus personne ici ». Ce projet d’un Obo vidé de ses habitants Zandé , réduit à une étendue sauvage, traduit une volonté d’épuration ethnique d’une communauté entière.
Le cultivateur essaie une nouvelle fois de désamorcer la tension. Il demande humblement s’il existe un différend entre eux, quelque chose qu’il aurait fait sans le savoir. Mais cette tentative d’apaisement ne fait qu’attiser la colère de ces éléments de force de désordre qui y voient probablement une forme d’insolence supplémentaire.
« Vous faites comme si vous êtes Dieu ici, vous faites la tête à chaque fois. On vous dit des choses, vraiment ça m’énerve », crache le gendarme. Puis, pointant son doigt vers le visage du cultivateur : « Toi, quand tu me regardes, il faut fuir. D’abord, je vais voir avec toi, je vais te tuer, tu vas voir ». Cette promesse d’assassinat est proférée sans la moindre retenue, en plein jour, à un point d’entrée de la ville.
Le policier de forte corpulence décide alors de s’associer pleinement au projet génocidaire. Il renforce les propos de son collègue gendarme en ajoutant sa propre couche d’insultes et de menaces. « On va tuer tous les Zandé. Ce n’est pas votre sort. Vous êtes des canards, vous êtes des bêtes », déclare-t-il, déshumanisant ainsi l’ensemble d’une ethnie.
Les trois hommes annoncent ensuite l’instauration d’un système de taxation spécifique visant les Zandé. Tout ce qu’ils transporteront sera désormais soumis à prélèvement douanier : poulets, manioc, sel, et n’importe quelle autre marchandise. Cette mesure discriminatoire vise clairement à appauvrir la communauté et à rendre sa vie quotidienne insupportable.
Le gendarme conclut cette séance d’humiliation par un avertissement personnel au cultivateur. « De toute façon, quand tu me vois, il faut chercher à fuir. Je vais t’attraper un jour, même chez toi. Je vais te tuer, tu vas voir. » Cette menace de s’introduire au domicile de sa victime pour l’assassiner marque le paroxysme de cette escalade verbale. Elle transforme une simple vente de poulet en sentence de mort différée.
Le cultivateur, surpris, finit par partir avec son poulet à la main. Mais il emporte surtout avec lui le traumatisme de cet discussion et une question: pourquoi les Zandé sont-ils devenus des cibles à ce point ? Quel crime ont-ils commis pour mériter un tel traitement de la part de ceux censés assurer leur sécurité ?
Cet incident du 31 janvier n’est malheureusement pas nouveau. Il s’inscrit dans une série d’événements qui montre une dérive dangereuse des forces de désordre à Obo.
Rappelons que quelques semaines auparavant, le commandant de la compagnie de gendarmerie d’Obo avait déjà tenu des propos similaires sur WhatsApp, promettant publiquement d’éliminer toutes les races Zandé.
Ces déclarations n’étaient pas restées lettre morte. Dans les jours qui avaient suivi, des opérations de ratissage avaient été menées dans les sites de déplacés de Ngouli, situé à 4 kilomètres d’Obo. Des habitations avaient été incendiées et des personnes arbitrairement arrêtées, uniquement sur la base de leur appartenance ethnique. Le chef adjoint du site avait été kidnappé et tué par les force de l’ordre. Son cadavre avait été retrouvé par les élèves de l’école bon CEMAC le lendemain.
La présence croissante des Mercenaires russesWagner dans la région semble avoir donné un sentiment d’impunité à certains éléments des forces de désordre centrafricaines. Ces derniers se comportent comme s’ils bénéficiaient d’une protection absolue et peuvent se permettre tous les excès contre la population civile. Ils considèrent désormais Obo comme leur territoire exclusif, qu’ils partagent uniquement avec leurs alliés russes.
Voilà! Ça commence très mal. 24 heures après la validation du Conseil constitutionnel pour le troisième mandat illégal de Touadéra : Les Centrafricains, affamés, se ruent sur un camion poubelle
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/camion-charge-en-mouvement-des-aliments-congeles-poulets-de-chair-viande-de-porc-poisson-pour-la-poubelle-derriere-boy-rabe-que-les-jeunes-se-servent.webp” data-wpel-link=”internal”>Camion chargé en mouvement des aliments congelés (poulets de chair, viande de porc, poisson) pour la poubelle derrière Boy-rabe que les jeunes se servent.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Ce mardi 20 janvier, un camion transportant des tonnes de denrées congelées impropres à la consommation a été pris d’assaut par des jeunes affamés à la station Total du 4ᵉ arrondissement de Bangui. La scène montre l’ampleur de la misère qui étreint la population.
Le véhicule devait acheminer sa cargaison de poulets de chair, viande de porc et poissons avariés vers la décharge derrière Boy-Rabe. Mais lors d’un arrêt pour ravitaillement en carburant, l’information s’est répandue comme une traînée de poudre. Un membre de l’équipage aurait donné l’alerte, selon certaines sources.
En quelques minutes, des dizaines de personnes ont grimpé sur le plateau du camion, bousculant tout sur leur passage pour s’emparer de ces victuailles destinées à la poubelle. Femmes, hommes, jeunes garçons – tous ont participé au déchargement frénétique. Les mains se tendaient, les bras tiraient, arrachaient ces cartons et sachets remplis de produits dont la date de péremption était largement dépassée.
Les gendarmes présents sur place ont assisté à la scène sans intervenir. Après avoir demandé des explications sur ce qui se passait, ils se sont contentés d’observer à distance. Aucune tentative pour disperser la foule ou empêcher la récupération de ces denrées dangereuses pour la santé. Ils sont restés là, spectateurs impassibles d’un pillage né du désespoir.
Cette passivité des forces de l’ordre face à un enjeu de santé publique laisse perplexe. Ces aliments congelés, conservés dans des conditions douteuses et largement périmés, représentent un danger réel. La consommation de viande ou de poisson avarié peut entraîner des intoxications alimentaires graves, des infections bactériennes, voire pire. Mais la faim chasse toute prudence.
Le camion n’a pas pu repartir avec sa charge complète. Une partie substantielle des denrées a été emportée par les habitants du quartier. Certains ont rempli des sacs entiers, d’autres ont pris ce qu’ils pouvaient porter. La probabilité que ces produits se retrouvent sur les étals du marché dès le soir même est forte. Des vendeurs peu scrupuleux les écouleront à bas prix, sans mentionner leur provenance ni leur état.
Camion chargé des aliments congelés (poulets de chair, viande de porc, poisson) pour la poubelle que les jeunes montent pour les récupérer
Les acheteurs, ignorant tout de l’origine de cette marchandise, rapporteront ces aliments chez eux pour nourrir leurs familles. La viande sera cuisinée, le poisson frit, les poulets grillés. Personne ne saura qu’il s’agit de poubelles récupérées sur un camion en route vers la décharge. La chaîne de contamination s’enclenche ainsi, invisible et redoutable.
Cette scène rappelle des images que l’on associe généralement à d’autres contextes, d’autres pays frappés par la famine. L’Éthiopie dans les années de grande sécheresse, où les populations se déplaçaient par milliers vers les pays voisins pour échapper à la mort. Ces exodes massifs, ces files interminables de réfugiés cherchant simplement de quoi survivre. Aujourd’hui, c’est Bangui qui offre ce visage de détresse.
À peine 24 heures après que le Conseil constitutionnel, dirigé par l’oncle du dictateur de BanguiFaustin-Archange Touadera, a validé le troisième mandat de son neveu, la capitale centrafricaine donne à voir le vrai visage de sept années de gouvernance. Pendant que les institutions valident la reconduction du dictateur de Boy-Rabe, le peuple se bat pour des restes de viande pourrie. Le contraste entre la célébration du pouvoir et la déchéance du quotidien ne pourrait être plus saisissant.
La Centrafrique s’enfonce dans une pauvreté que beaucoup pensaient impossible à atteindre. Les salaires ne suivent pas l’inflation galopante. Les prix des denrées de base explosent. Le pouvoir d’achat s’évapore. Les familles doivent faire des choix déchirants : payer le loyer ou acheter du riz, soigner un enfant malade ou manger. Dans ce contexte, des aliments périmés deviennent une aubaine.
Nos journalistes présents sur place ont pris des images. Celles-ci montrent des gens agglutinés sur le camion, certains debout sur le plateau en train de fouiller, d’autres tendant les bras depuis le sol pour attraper ce qu’on leur passe. Des motos stationnées à proximité attendent d’être chargées. L’ambiance n’est ni à la joie ni à la fête, juste à l’urgence de la survie. Chacun prend ce qu’il peut avant que le camion ne reparte ou que les autorités ne changent d’avis.
La station-service du 4ᵉ arrondissement a ainsi été le témoin involontaire de cette dérive. Un lieu ordinaire transformé en scène de pillage alimentaire. Le personnel de la station a également observé sans pouvoir ou vouloir intervenir. Que faire face à une foule mue par la nécessité ? Comment s’opposer à des gens qui n’ont pas mangé depuis des jours ?
Les conséquences sanitaires de cet épisode se feront sentir dans les jours et semaines à venir. Combien de personnes tomberont malades après avoir consommé ces produits ? Combien finiront à l’hôpital avec des infections graves ? Combien n’auront même pas accès aux soins faute de moyens ? Ces questions resteront sans réponse précise, car personne ne fera le lien entre une intoxication alimentaire et ce camion arrêté à la station Total.
Le silence des autorités sur cet incident en dit long. Aucune déclaration, aucune mise en garde, aucune tentative de récupérer les produits distribués. La machine administrative semble absente, comme dépassée par l’enchaînement des crises. Le ministère de la Santé devrait pourtant lancer une alerte, informer la population des dangers, organiser des contrôles sur les marchés. Mais rien de tout cela ne se produira.
Ce troisième mandat s’ouvre sur des images qui annoncent la couleur des années à venir. Si au lendemain même de la validation constitutionnelle, les Centrafricains en sont réduits à fouiller les camions poubelles, que reste-t-il à espérer pour la suite ? La trajectoire semble tracée, descendante, vers toujours plus de privations.
La jeune femme du quartier Benz-Vi, Adriana Nahomie Topien , recrutée pour superviser les Élections à Bambouti, a été capturée par des miliciens azandés le 28 décembre.
Trouver un emploi en RCA est un parcours du combattant. Si bien que les gens sautent sur n’importe quoi pour survivre dans ce pays géré par des bras cassés. C’est exactement le cas de la jeune Adriana Nahomie Topien . Habitante du cinquième arrondissement de Bangui, elle avait saisi cette opportunité de l’autorité nationale des Élections malgré l’éloignement considérable. La mission l’emmenait à plus de 1300 kilomètres de la capitale, près de la frontière avec le Soudan du Sud, dans une zone réputée instable. Pour elle comme pour beaucoup de Centrafricains, décrocher un contrat avec l’Autorité nationale des Élections constituait une aubaine dans un contexte économique difficile.
Mais elle ne sait pas encore ce qui va lui arriver ce jour des Élections. Le 28 décembre 2025, jour du scrutin, la ville de Bambouti a basculé dans la violence lorsque les miliciens azandés ont lancé leur offensive sur la ville. Les assaillants ne se sont pas contentés de perturber le vote : ils ont méthodiquement enlevé plusieurs figures d’autorité présentes sur place. La sous-préfète et le commandant des brigades de la gendarmerie de Bambouti comptent parmi les victimes de cette razzia humaine qui a semé la panique dans toute la localité.
Adriana Nahomie Topien, agente de l’Autorité nationale des élections, st située en deuxième position de gauche à droite.
Adriana Nahomie Topien fait partie des deux agents électoraux kidnappés ce jour-là par les ravisseurs. Depuis lors, sa famille vit dans l’angoisse, privée de toute information fiable sur son état de santé ou ses conditions de détention. Les proches multiplient les démarches auprès des autorités, espérant attirer l’attention sur ce drame qui dure maintenant depuis plus d’un mois.
L’Autorité nationale des élections maintient pourtant un silence assourdissant sur le sort de ses employés disparus. Aucun communiqué officiel n’a été diffusé, aucune démarche publique entreprise pour réclamer leur libération. Cette absence de réaction institutionnelle amplifie le désarroi des familles, abandonnées à leur propre détresse sans le moindre soutien de l’employeur qui avait envoyé leurs proches dans cette région périlleuse.
Ce n’est pas la première fois que la préfecture de Bambouti devient le théâtre de violences contre le personnel électoral. Quelques semaines avant l’enlèvement d’Adriana Nahomie Topien, un autre agent avait payé de sa vie son engagement dans l’organisation du scrutin. Un capitaine de l’armée nationale, affecté à la protection des missions électorales à Zemio, avait également été kidnappé par ces mêmes groupes armés azandés dans la région.
Ce militaire avait eu la chance d’être relâché après plusieurs jours de captivité. Son retour à Bangui avait néanmoins laissé apparaître les séquelles de son épreuve : affaibli, diminué physiquement, l’homme portait sur lui les marques visibles de ce qu’il avait enduré. Malgré la gravité de cet incident impliquant un membre des forces de sécurité, l’Autorité nationale des élections n’avait alors émis aucune déclaration publique sur l’événement.
Cette pratique du silence semble s’être installée comme une réponse institutionnelle aux drames qui frappent régulièrement ses agents. Les familles ne reçoivent ni appel téléphonique, ni visite de représentants, ni même un message de compassion. Cette indifférence administrative ajoute une souffrance morale à la douleur de l’absence, laissant les proches dans un vide informationnel que rien ne vient combler au fil des jours.
Pour la famille d’Adriana Nahomie Topien, chaque journée qui passe ressemble à la précédente : une attente sans nouvelles, des questions sans réponses, une angoisse qui grandit dans le silence des autorités. La jeune femme du quartier Benz-Vi reste quelque part dans la région de Bambouti, retenue par des hommes armés dont on ignore les intentions, tandis que ceux qui l’avaient recrutée semblent avoir tourné la page.
Centrafrique : louvelle flambée de violence meurtrière sur l’axe Nana-Bakassa
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/troupeau-de-boeufs.jpg” data-wpel-link=”internal”>Un troupeau de bœuf en pâturage à Baoro en Centrafrique. CopyrightCNC
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La tension monte dangereusement dans cette préfecture depuis plusieurs semaines avec ce nouvel incident qui vient alourdir un bilan déjà lourd. Ce mardi 2 février 2026, des coups de feu ont retenti entre les villages de Bozele et Gazouene, situés sur l’axe Nana-Bakassa-Bossangoa, dans la préfecture de l’Ouham.
L’affrontement a éclaté entre des habitants de ces localités et des éleveurs transhumants. Les armes se sont tues en laissant derrière elles un bilan humain lourd, très lourd : trois personnes tuées et trois autres blessées. Selon les premières informations recueillies par la rédaction du CNC, deux victimes seraient des habitants du village tandis qu’un éleveur transhumant aurait également péri dans l’altercation.
Cette explosion de violence n’est malheureusement pas un cas unique à l’Ouham. Il y a tout juste une semaine, un drame similaire s’est produit aux environs de Batangafo, dans la préfecture de l’Ouham-Fafa.
Cette première confrontation avait coûté la vie à un éleveur et provoqué la disparition de près de 80 bœufs, dont on reste toujours sans nouvelles.
La région semble désormais prise dans un engrenage de représailles liées aux mouvements saisonniers des troupeaux. Les chemins empruntés par les éleveurs deviennent des zones de friction où les intérêts agricoles et pastoraux entrent en collision. Chaque passage de bétail ravive les rancœurs accumulées et pousse les communautés vers des réactions violentes.
Centrafrique : Human Rights Watch dénonce un semblant de progrès dans un océan de violations
Bangui-Mpoko-du-prisonnier-special-un-haut-grade-de-larmee-nationale-habille-en-bleu-arrete-par-les-mercenaires-russes-et-Syriens.jpg” data-wpel-link=”internal”>Image d’illustration de l’arrivée à Bangui d’un suspect arrêté par les Wagner en province
Human Rights Watch, l’organisation de droit de l’homme reconnaît quelques maigres avancées en République centrafricaine, mais la réalité demeure accablante pour les droits humains.
Le rapport 2026 de l’organisation internationale dévoile une situation bien plus sombre que ne le laissent croire les annonces officielles. Derrière les quelques éléments positifs mis en avant, se cache une répression constante et des violations systémiques que le gouvernement de Faustin-Archange Touadéra continue d’instrumenter en toute impunité. Les forces gouvernementales et les groupes armés poursuivent leurs attaques contre les populations civiles, notamment par l’enlèvement et le recrutement forcé d’enfants soldats, les violences sexuelles répétées et les agressions contre les établissements scolaires et sanitaires.
Ces pratiques n’ont jamais cessé malgré les discours rassurants destinés à la communauté internationale. Entre janvier et octobre, 103 incidents visant les travailleurs humanitaires ont été enregistrés, dont un décès, rendant certaines zones du territoire quasiment inaccessibles à l’aide humanitaire. Les populations civiles continuent de subir au quotidien la brutalité des forces armées nationales autant que celle des milices, dans une indifférence généralisée des autorités.
La prétendue amélioration de la sécurité repose en réalité sur la présence massive des mercenaires russes de Wagner, rebaptisés Africa Corps mais toujours aussi violents. Ces forces criminelles russes, financées par Moscou, contrôlent les principales villes du pays et sont directement impliquées dans de nombreux abus. En août, d’anciens combattants des 3R qui avaient accepté de déposer les armes ont été attaqués par ces mercenaires russes, faisant un mort et trois blessés, leurs bases incendiées et pillées en violation de l’accord de paix.
Cette violence des forces russes contre ceux qui ont choisi la démobilisation montre l’hypocrisie totale du processus de désarmement. Comment parler d’avancée quand ceux qui rendent les armes deviennent les nouvelles cibles des mercenaires censés garantir la sécurité ? Le gouvernement ferme les yeux sur ces exactions, prouvant que l’accord de cessez-le-feu signé à N’Djamena en avril n’est qu’un rideau de fumée destiné à rassurer la communauté internationale.
Les Élections locales de décembre, présentées comme une victoire démocratique après 36 ans d’absence, relèvent davantage de la parodie que du scrutin libre et transparent. Reportées à plusieurs reprises sous prétexte de manque de financement, ces Élections n’ont servi qu’à légitimer des nominations et non le choix du peuple. L’opposition réunie dans le Bloc républicain pour la défense de la Constitution ne s’y est pas trompée, dénonçant des irrégularités majeures et l’absence totale d’équité dans le processus.
L’Autorité nationale des Élections, gangrénée par des dysfonctionnements internes selon un expert onusien en juin, n’offre aucune garantie d’indépendance. Le pouvoir a méthodiquement verrouillé toute possibilité d’alternance démocratique, transformant ce qui devrait être un exercice citoyen en simple opération de légitimation du régime en place. La population centrafricaine le sait pertinemment, même si certains observateurs extérieurs ou la Minusca préfèrent fermer les yeux.
La modification constitutionnelle de 2023 constitue d’ailleurs la preuve ultime de cette dérive autoritaire. En allongeant le mandat présidentiel de cinq à sept ans et en supprimant toute limite au nombre de mandats, Touadéra s’est offert la possibilité de se maintenir au pouvoir indéfiniment. Cette manipulation de la loi fondamentale, dans un pays où les institutions sont déjà fragiles, annule tout espoir de changement pacifique par les urnes.
La réintroduction de la criminalisation des délits de presse en mai vient parachever l’étau qui se resserre sur les libertés. Après avoir dépénalisé ces infractions en 2020, l’Assemblée nationale a fait marche arrière, permettant aux autorités d’arrêter arbitrairement les journalistes gênants. Landry Nguéma Ngokpélé, rédacteur en chef du Quotidien de Bangui, a été appréhendé pour diffusion présumée d’informations troublant l’ordre public, un chef d’accusation suffisamment vague pour faire taire n’importe quelle voix critique.
L’affaire Joseph Figueira Martin montre jusqu’où peut aller la répression. Cet ancien analyste d’International Crisis Group et chercheur pour une ONG américaine a été condamné à dix ans de travaux forcés et à une amende colossale de 50 millions de francs CFA pour complicité d’association de malfaiteurs et atteinte à la sécurité intérieure. Arrêté par les forces russes à Zémio dans le sud-est, il a été jugé dans des conditions opaques qui rappellent les heures les plus sombres de la justice expéditive.
L’explosion au lycée Barthélemy Boganda de Bangui en juin a tué 29 élèves et blessé 250 autres, un drame qui aurait dû provoquer un sursaut national. Au lieu de cela, les autorités ont réprimé une veillée en mémoire des victimes en arrêtant brièvement sept personnes, dont trois organisateurs, pour avoir violé une interdiction de manifester dans l’espace public datant de 2022. Même le deuil est devenu suspect aux yeux du pouvoir.
Les quelques condamnations prononcées par la Cour pénale spéciale et la Cour pénale internationale ne peuvent masquer l’ampleur des crimes qui restent impunis. Si Alfred Yékatom et Patrice-Édouard Ngaïssona ont été condamnés à quinze et douze ans de prison pour des crimes de guerre et crimes contre l’humanité, combien de responsables de violences continuent de circuler librement dans le pays ? La justice ne touche qu’une infime partie des coupables tandis que les exactions se poursuivent.
La ratification du Protocole de Maputo sur les droits des femmes en août ressemble à un engagement de façade quand on connaît la réalité des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre. Les forces gouvernementales et les groupes armés continuent d’agresser les femmes et les filles sans que les autorités ne mettent en œuvre de mesures concrètes de protection ou de sanction. Les textes internationaux s’empilent tandis que les victimes attendent toujours justice et réparation.
Human Rights Watch mentionne prudemment quelques éléments positifs, peut-être par diplomatie ou pour ne pas décourager totalement les efforts internationaux. Mais la réalité du terrain contredit largement ces maigres satisfactions. Le pays reste profondément instable, les populations civiles demeurent à la merci des hommes armés qu’ils portent l’uniforme national ou celui des milices, et les perspectives d’amélioration véritable semblent s’éloigner à mesure que le régime se durcit
Bangui : l’affaire Guen devant la Cour pénale spéciale, report d’audience faute de témoin
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Lors-du-proces-dit-Ndele-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le juge de la Section d’assises de la Cour pénale spéciale lors d’une audience dans le procès Ndélé I. CopyrightCPS
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La juridiction hybride centrafricaine poursuit l’examen du dossier Guen malgré les aléas logistiques rencontrés ces derniers jours.
La Cour pénale spéciale a tenu deux audiences consacrées au dossier Guen durant la dernière semaine de janvier et le début février 2026. Cette juridiction installée rue Martin Luther King à Bangui continue d’instruire les crimes de droit international commis sur le sol centrafricain depuis 2003. Le juge Aimé Pascal Delimo préside les débats, épaulé par ses collègues Émile Ndjapou et Herizo Rado Andriamanantena, tandis que Maître Marie Madeleine Touakouzou assure le greffe.
L’audience du 27 janvier s’est déroulée selon un protocole inhabituel. Après avoir vérifié la présence des prévenus et de leurs avocats, le magistrat présidant a décidé d’entendre un témoin à huis clos. Cette disposition visait à garantir sa sécurité ainsi que celle de son entourage. La séance s’est achevée peu après dix heures, avec un renvoi fixé au jeudi suivant.
Quelques jours plus tard, l’audience du 2 février a connu un déroulement différent. Les formalités initiales accomplies, le président a aussitôt informé l’assistance qu’un problème mécanique empêchait l’arrivée du témoin attendu. Parti la veille de sa localité, celui-ci se trouvait encore à cent cinquante kilomètres de la capitale lorsque la séance a débuté.
Cette difficulté technique a obligé la juridiction à réorganiser son calendrier. Le magistrat a annoncé que la déposition aurait finalement lieu aujourd’hui, le mercredi 4 février, toujours à dix heures du matin. L’audience s’est clôturée dix-huit minutes après son ouverture, et les débats ont été reportés au 4 février, avec une reprise prévue à neuf heures. Les accusés et leurs conseils devront donc patienter encore quelques jours avant que l’instruction ne reprenne son cours habituel dans ce dossier jugé devant la juridiction spécialisée de Bangui.
Urgent : le ministre de l’Intérieur Michel Nicaise Nassin lance un ultimatum d’expulsion à des milliers de réfugiés sur le territoire centrafricain
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/04/Le-ministre-de-linterieur-charge-de-la-securite-publique-Michel-Nicaise-NASSIN.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le ministre chargé de la sécurité publique, Nicaise Nassin
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La septième République autoproclamée de Touadéra montre son vrai visage. Michel Nicaise Nassin, ministre et oncle du président, ordonne le départ forcé de milliers de réfugiés installés depuis des années sans informer les organisations internationales.
Le régime issu du coup d’État constitutionnel du 30 août 2023 puis du hold-up électoral de Touadéra commence son nettoyage. Le 8 janvier 2026, Michel Nicaise Nassin a signé la note numéro 006 qui donne aux réfugiés présents depuis plus de cinq ans un délai courant jusqu’au 15 mars pour s’inscrire à un rapatriement présenté comme volontaire.
Ce document administratif contourne délibérément les conventions internationales. Passé cette date butoir, le statut de réfugié sera annulé et leur présence jugée irrégulière sur le territoire national, les exposant ainsi à une arrestation puis à une expulsion immédiate.
Le ministre invoque un changement fondamental de circonstances dans les pays d’origine des exilés. Selon lui, les motifs ayant justifié leur fuite n’existent plus et rien ne légitime désormais leur séjour en Centrafrique.
Pourtant, cette analyse omet une réalité bien plus complexe sur le terrain. Les réfugiés n’ont pas tous quitté leur pays uniquement pour des raisons politiques désormais résolues selon les autorités centrafricaines.
Beaucoup ont fui des catastrophes naturelles qui continuent de frapper leurs régions d’origine. D’autres ont échappé à des conflits tribaux ou ruraux qui demeurent actifs et meurtriers dans plusieurs zones de retour envisagées.
La directive de Nassin ne retient qu’une seule option parmi les trois prévues par le droit international. Le cadre juridique reconnaît normalement le rapatriement volontaire, l’intégration locale ou la réinstallation dans un pays tiers comme solutions durables.
En éliminant deux de ces possibilités, le ministre transforme un choix personnel en diktat gouvernemental. Les réfugiés se retrouvent privés de toute alternative réelle et contraints d’accepter un retour qu’ils n’ont pas choisi.
L’agence onusienne chargée de protéger ces populations a découvert l’existence de cette note avec stupeur. L’UNHCR n’avait reçu aucune information préalable du gouvernement malgré son rôle central dans la gestion des dossiers de réfugiés.
Cette mise à l’écart délibérée des Nations unies montre la nature unilatérale de la décision. Les délégués des différentes communautés de réfugiés se sont alors rendus d’urgence auprès des bureaux de l’agence internationale pour comprendre la situation.
Les responsables onusiens ont admis leur totale ignorance de ce projet d’expulsion massive. Ils ont conseillé aux représentants des communautés d’aller rencontrer la Commission nationale pour les réfugiés, l’organe gouvernemental censé coordonner ces questions.
Une délégation composée de représentants de toutes les communautés s’est donc présentée à la CNR. Le secrétaire général Hervey Zouaka a refusé de les recevoir en prétextant un agenda surchargé qui l’empêchait de tenir cette réunion pourtant urgente.
Il a délégué son directeur de la protection pour rencontrer les délégués à sa place. Cet homme s’est montré totalement incapable de répondre aux questions posées par les représentants des réfugiés inquiets de leur sort.
Face aux interrogations sur le financement, les modalités pratiques et les garanties de sécurité, le fonctionnaire a reconnu son impréparation. Il a avoué ne disposer d’aucun élément concret pour éclairer la situation et n’être pas outillé pour débattre du sujet.
La rencontre s’est achevée sans qu’aucune réponse ne soit apportée aux préoccupations exprimées. Les délégués sont repartis les mains vides tandis que l’UNHCR reste dans l’obscurité totale concernant les moyens financiers soi-disant mobilisés pour cette opération.
Le gouvernement affirme pourtant disposer d’un budget permettant d’organiser ces départs groupés. Les documents officiels mentionnent des paquets d’assistance au retour sans jamais préciser leur contenu ni leur montant exact.
Ces promesses floues ressemblent davantage à un appât qu’à un engagement ferme et vérifiable. Aucune trace de cet argent n’apparaît dans les comptes de l’agence onusienne normalement associée à ce type d’opération humanitaire.
Les autorités centrafricaines justifient leur décision par une amélioration générale de la sécurité dans tous les pays d’origine. Cette affirmation ignore les rapports des organisations internationales qui documentent la persistance de violences dans plusieurs régions concernées.
Rappelons que vers la fin 2025, l’UNHCR avait organisé un recensement permettant à chaque réfugié d’exprimer librement son souhait. Les trois options prévues par le droit international leur avaient été présentées et chacun avait fait son choix en toute connaissance.
Ces listes existent et contiennent les préférences individuelles de milliers de personnes. Pourtant, personne au sein du gouvernement ne semble vouloir consulter ces documents qui donneraient une réponse adaptée à chaque situation particulière.
Au lieu d’examiner ces demandes cas par cas, le ministre impose une solution unique. Cette approche monolithique nie la diversité des parcours et des aspirations légitimes de populations qui ont construit leur vie en Centrafrique depuis des années.
L’assistance humanitaire dont bénéficiaient ces réfugiés s’est tarie depuis plusieurs mois déjà. Par exemple, un homme qui s’est cassé le pied dans un accident sur l’avenue David Dacko n’a même pas pu obtenir du paracétamol pour soulager sa douleur.
Il a présenté son ordonnance médicale aux services compétents de l’UNHCR. La responsable canadienne de la protection lui a simplement répondu qu’aucun budget n’était disponible pour couvrir ce type de dépense pourtant minime.
Ce réfugié blessé a dû débourser plus de 70 000 francs CFA de sa poche pour se soigner. Sa famille supporte seule tous les frais médicaux sans aucun soutien de l’agence censée assurer leur protection sanitaire.
Cette situation individuelle confirme l’abandon généralisé dans lequel se trouvent ces populations vulnérables. La protection juridique demeure sur le papier mais toute aide concrète a disparu du quotidien des réfugiés laissés à leur sort.
Ils se retrouvent coincés entre deux menaces qui pèsent désormais sur leur avenir. Soit ils acceptent un retour forcé vers des zones encore dangereuses, soit ils basculent dans l’illégalité totale après le 15 mars.
Le délai imposé par le ministre court jusqu’à cette date fatidique du milieu du mois de mars. D’ici là, des milliers de personnes doivent prendre une décision qui engagera leur vie et celle de leurs enfants sans disposer d’informations fiables.
Les campagnes de sensibilisation annoncées par la CNR ressemblent plutôt à des opérations de pression psychologique. Des bureaux ont été ouverts dans quatorze villes du pays pour faciliter les inscriptions et accélérer le processus d’enregistrement forcé.
Le vocabulaire utilisé dans les documents officiels reste irréprochable sur la forme. On parle de rapatriement volontaire, de solutions durables et de changement fondamental de circonstances dans un jargon administratif bien planifié.
Mais derrière ces formules policées se cache une expulsion programmée et méthodique. Les réfugiés qui refuseront de s’inscrire perdront automatiquement leur statut légal dès le lendemain de la date limite fixée par le ministre.
Ils deviendront alors des étrangers en situation irrégulière sur le territoire centrafricain. Cette nouvelle catégorie administrative les rendra passibles d’arrestation et d’expulsion à tout moment sans aucune forme de recours possible.
Cette épée de Damoclès les oblige à choisir entre deux formes de danger bien réels. Celui qu’ils ont fui il y a des années et celui que crée cette nouvelle réglementation imposée sans concertation ni préparation.
L’opinion internationale reste largement ignorante de ce qui se prépare en Centrafrique. Les grandes organisations de défense des droits humains n’ont pas encore réagi publiquement à cette directive qui bafoue pourtant les principes les plus élémentaires.
Les précédents observés dans d’autres pays montrent comment ces opérations se déroulent habituellement. Une fois le délai écoulé, les autorités procèdent à des contrôles d’identité ciblés dans les quartiers où vivent les réfugiés.
Les personnes interpellées sans papiers valides se retrouvent immédiatement placées en rétention administrative. Elles sont ensuite renvoyées de force vers leur pays d’origine sans que leur sécurité soit vérifiée ni garantie.
La septième République de Touadéra inaugure ainsi son existence par une purge administrative silencieuse. Le ministre Nassin, fidèle serviteur et parent du chef de l’État, applique une politique qui arrange le pouvoir en place.
URGENCE : la santé du belgo-portugais Martin Joseph Figueira empire dangereusement à la prison du Camp de Roux
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/l-expert-humanitaire-belgo-portugais-joseph-figueira-martin-avec-son-avocat-nicolas-tiangaye-lors-de-son-proces-a-la-cour-d-appel-de-Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>L’expert humanitaire belgo-portugais Joseph Figueira Martin avec son avocat Nicolas Tiangaye lors de son procès à la cour d’appel de Bangui
Le détenu belgo-portugais Martin Joseph Figueira n’a pas accès à l’eau , ni au soins médicaux de base dans sa cellule, pourtant urgent.
Depuis plusieurs semaines, l’état physique de cet expert humanitaire décline de manière inquiétante. Il aurait contracté le paludisme à dix reprises selon les informations recueillies par nos soins. Outre ces épisodes répétés de malaria, Figueira souffre également de plusieurs autres infections qui ne reçoivent aucun traitement adapté. La situation devient critique puisqu’il commence désormais à perdre la vue de l’œil droit, une dégradation qui pourrait devenir irréversible sans intervention médicale rapide.
L’homme de 41 ans croupit dans des conditions déplorables depuis son arrestation le 25 mai 2024 à Zémio par des mercenaires russes de la milice Wagner. Transféré rapidement à Bangui, il a d’abord été incarcéré à l’Office central pour la répression du banditisme avant d’être envoyé sous mandat de dépôt à la prison du Camp de Roux. Condamné il y a quelques mois à dix ans de travaux forcés, le ressortissant belgo-portugais voit sa santé se dégrader au fur et à mesure que les jours passent dans cet établissement pénitentiaire de haute sécurité.
Les autorités portugaises, belges et l’Union européenne sont appelées à intervenir d’urgence pour éviter le pire. La vie de Figueira est aujourd’hui menacée par l’absence totale de prise en charge médicale et par les conditions sanitaires déplorables qui règnent au Camp de Roux. Malgré les multiples alertes lancées par sa famille et plusieurs organisations internationales, aucune aide concrète n’a encore été apportée à cet homme qui s’affaiblit chaque jour davantage.
Le cas de Martin Joseph Figueira s’inscrit dans un contexte plus large de manipulation organisée par le groupe Wagner en Centrafrique. Arrêté alors qu’il menait des missions humanitaires pour l’ONG américaine FHI 360, il a été présenté comme un espion par les autorités de Bangui. Son procès, jugé inéquitable par de nombreux observateurs, a débouché sur une condamnation que sa défense qualifie de montage grotesque visant à intimider les acteurs humanitaires présents sur le territoire centrafricain.
Pendant que les chancelleries occidentales multiplient les déclarations de préoccupation, Figueira continue de dépérir dans sa cellule sans eau ni médicaments. Les infections se propagent, sa vision se détériore, et chaque journée qui passe réduit ses chances de survie. L’appel à une mobilisation internationale se fait de plus en plus pressant alors que les semaines s’écoulent sans qu’aucune solution ne se dessine à l’horizon
Écarté des législatives, Firmin Ngrebada lance un avertissement au régime Touadéra : Gouverner sans les autres, solution de facilité ou risque pour la Nation ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/08/Le-president-Touadera-et-lancien-Premier-ministre-elu-depute-de-Boali-Firmin-NGREBADA.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le dictateur de Bangui Faustin Archange Touadera et l’ancien Premier ministre, ex-député de Boali, Firmin NGRÉBADA
Quelques semaines après sa défaite aux législatives dans la circonscription de Boali, l’ancien Premier ministre Firmin Ngrebada sort du silence et publie un message politique qui ne laisse personne indifférent.
Dans un long texte partagé sur son profil Facebook, Firmin Ngrebada aborde la question de la gouvernance post-électorale en Centrafrique. L’homme politique, qui vient d’être écarté du pouvoir législatif, choisit de ne pas se taire. Il préfère interpeller directement ceux qui s’apprêtent à diriger le pays sans tenir compte des autres forces politiques. Le message est clair : gouverner seul peut sembler une option commode, mais elle comporte des dangers réels pour la stabilité du pays.
L’ancien Premier ministre commence par reconnaître que diriger sans coalition permet d’agir rapidement. Les décisions se prennent plus facilement, les réformes avancent sans blocage, et le gouvernement peut afficher une ligne claire. Cette approche donne une impression de fermeté, surtout dans un contexte de crise. Mais Firmin Ngrebada ne s’arrête pas à ce constat favorable.
Il enchaîne aussitôt en pointant les risques d’une telle démarche. Exclure les autres acteurs politiques et sociaux crée de la frustration, renforce les divisions et donne à une partie de la population le sentiment d’être ignorée. À long terme, cette exclusion nourrit les tensions et les contestations. L’instabilité peut même s’installer durablement si rien n’est fait pour rassembler les forces vives du pays.
Pour l’ancien chef du gouvernement, le véritable défi n’est pas de gouverner vite, mais de gouverner juste et pour tous. L’unité nationale représente une force stratégique, surtout dans un pays qui cherche la paix durable. Gouverner seul peut sembler fort, mais gouverner avec les autres est souvent plus sage et plus durable. La vraie victoire politique, selon lui, est celle qui rassemble la Nation autour d’un projet commun.
Ce message intervient dans un contexte particulier. Firmin Ngrebada, qui a longtemps servi sous Faustin-Archange Touadéra, vient de subir un revers électoral dans la circonscription de Boali. Beaucoup y voient une mise à l’écart organisée par le pouvoir en place. Ses partisans estiment qu’il a été sacrifié pour avoir osé manifester des ambitions politiques propres, au-delà de son rôle de simple exécutant.
Les commentaires sous sa publication confirment un soutien certain. Yvon Yoyo salue son retour dans l’opposition, estimant que c’est maintenant qu’il peut faire de bonnes analyses. Serge Marcel Nzinga Ngbezwa approuve son message, tout comme Souley Nimaga qui parle d’une vision juste et honnête. Maïva Epiphanie Lessene va plus loin en affirmant qu’un sage a parlé longue vie à lui.
D’autres voix sont plus critiques envers le régime actuel. Junior Landry Ouaragbino soutient l’opinion de Firmin Ngrebada, tandis que Geraldo Aboryot trouve l’analyse très pertinente dans un contexte où l’intérêt de la Nation est en jeu. Sidney Kamot espère que les dirigeants s’approprient ce discours pour construire un meilleur Centrafrique. Nobona Sincère Kisito apprécie la réflexion et encourage l’ancien Premier ministre dans ses engagements politiques.
Certains internautes rappellent que Firmin Ngrebada a lui-même servi le régime Touadéra pendant des années. Tom Edickson et Yom Larckson soulignent qu’il a été marginalisé malgré un parcours empreint de professionnalisme, de sincérité et de persévérance. Pour eux, il est temps qu’il quitte cette position avant que le marécage ne le submerge complètement.
Clementblaise Mazou pose une question dérangeante : pourquoi faudrait-il adapter les principes démocratiques à une supposée spécificité centrafricaine ? Il compare la situation à celle des États-Unis, où le parti gagnant des Élections présidentielles récupère tous les postes politiques et administratifs. En France, jusqu’à la première cohabitation de 1986, le parti au pouvoir gouvernait seul. Pourquoi la Centrafrique devrait-elle être différente ?
L’empereur De Lanomé trouve l’analyse excellente, mais regrette que les partis politiques en Centrafrique soient fondés sur la jalousie et la haine, ce qui rend souvent difficile la solution proposée. Clément Anicet Guiyama-massogo estime que cette prise de conscience arrive tardivement, rappelant qu’il fallait défendre cette ligne politique dès 2016. Aujourd’hui, cela ressemble davantage à un appel égoïste qui n’a rien à voir avec les intérêts du pays.
Rock Man Daniel Farel Samedi va encore plus loin en affirmant qu’un pays sans opposition réelle, c’est comme un match sans arbitre ni adversaire : on ne progresse pas, on se trompe sans correction, et la nation paie le prix. Dez Kd rappelle qu’il faut toujours garder une oreille attentive aux réclamations de ceux qui ont des idées politiquement différentes.
Sosthène Guetel Dilamkoro reproche à Firmin Ngrebada d’avoir mis du temps à comprendre que les hommes politiques centrafricains ne découvrent la bonne gouvernance qu’après avoir perdu le pouvoir. Il cite le cas du président Bozizé qui devient soudainement chantre de la démocratie et du dialogue, alors qu’il se moquait des opposants qui réclamaient ces mêmes valeurs lorsqu’il était au pouvoir. L’internaute rappelle qu’il a connu Firmin Ngrebada à travers le E Zingo biani, cadre dans lequel il militait pour les mêmes causes que cet ancien Premier ministre découvre aujourd’hui.
Dans le COD-2020, où Sosthène Guetel Dilamkoro représentait l’opposition au sein du Comité stratégique chargé de suivre le processus électoral présidé par Firmin Ngrebada, ce dernier apparaissait comme l’acteur principal de la mauvaise organisation des Élections de 2020 et du hold-up électoral du MCU. Le message du commentateur est sans ambiguïté : la trajectoire politique de Firmin Ngrebada montre qu’il défendait un régime qu’il critique aujourd’hui, simplement parce qu’il en a été écarté.
Côme MB estime que gouverner ensemble est une force lorsque l’unité nationale s’appuie sur la compétence, l’expérience et le sens de l’État. Ganaz Ganaz affirme que la meilleure vie politique, surtout dans un contexte comme celui de la Centrafrique, constitue un réseau d’interdépendance dans lequel s’opposer ne doit pas seulement signifier affrontement, mais aussi collaboration pour le bien-être de tous les Centrafricains.
Saint-Esprit Komasset apprécie l’analyse qu’il juge pertinente et capable de favoriser un bon climat politique en Centrafrique. Il rappelle qu’un proverbe local dit : on ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir. Chacun a besoin de l’autre pour se révéler. Latif Issa, pour sa part, affirme que la stabilité durable repose sur l’inclusion, pas sur la domination.
Cheick Obam trouve le texte vraiment inspirant. Il apprécie le fait qu’il mette en avant l’importance de l’inclusion et de la collaboration dans la gouvernance d’un pays, surtout dans un contexte post-électoral. Les avantages de gouverner seul sont bien présentés, mais les risques de division et d’instabilité sont également soulignés. La phrase citant que gouverner seul peut sembler fort, mais gouverner avec les autres est souvent plus sage et plus durable, le touche particulièrement.
David Dango, de son côté, parle d’une analyse sage, tandis que Judicael Ulrich Lepaz complète en affirmant que gouverner avec le partage du pouvoir est essentiel pour garantir une paix durable et favoriser le développement. Lorsque le pouvoir est réparti entre différentes institutions, groupes sociaux ou communautés, cela réduit les tensions, renforce la confiance et permet à chacun de se sentir représenté et respecté. Le partage du pouvoir encourage le dialogue, la coopération et la participation citoyenne, qui sont des bases solides pour la stabilité politique.
Dans un climat de paix et d’inclusion, les efforts de développement économique et social peuvent prospérer au bénéfice de tous. Le message de Firmin Ngrebada touche donc une corde sensible chez de nombreux Centrafricains qui espèrent voir émerger une nouvelle façon de faire de la politique dans leur pays. Reste à savoir si les autorités actuelles tiendront compte de cet appel à l’unité ou si elles continueront sur la voie de la gouvernance solitaire
« Vous devez être fatigués de parler de ça » : quand Fidèle Gouandjika se moque de la souffrance des Banguissois qui manquent de l’eau et d’électricité
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/04/Fidele-Gouandjika-haut-cadre-de-KNK-reconverti-en-MCU-apres-la-chute-de-Bozize.jpg” data-wpel-link=”internal”>Fidele Gouandjika, haut cadre de KNK reconverti en MCU apres la chute de Bozize
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Sur le plateau de Patara de la radio Ndèkè-Luka, le ministre conseiller du président Touadéra Fidèle Gouandjika reproche aux journalistes de rabâcher le même sujet depuis quinze ans.
Fidèle Gouandjika ne cache pas son agacement. Quand l’animateur Armando Yanguendji évoque les files interminables pour l’eau et les coupures d’électricité à Bangui, le ministre conseiller spécial du président attaque directement les journalistes. C’est chaque année que vous faites des pataras sur cette histoire, lance-t-il avec mépris.
Il poursuit sur le même ton. Vous parlez de ce problème récurrent depuis Bokassa, depuis Dacko, affirme-t-il. Puis vient la phrase qui sidère : vous devez être fatigués de le faire. Comme si la répétition du sujet dans les médias était plus gênante que la misère quotidienne de milliers de Banguissois.
Fidèle Gouandjika va plus loin dans sa diatribe. Il rappelle qu’il y a des spécialistes dans chaque domaine à la radio. Des journalistes juridiques, économiques, des journalistes qui parlent des routes et des structures. Depuis plus de quinze ans que vous faites des émissions chaque fois sur la même chose, insiste-t-il, vous devriez avoir trouvé des solutions.
Le message est clair : le pouvoir renvoie la balle aux médias. Plutôt que de répondre sur les promesses non tenues, sur les cinq mille châteaux d’eau jamais construits, sur les hôpitaux qui renvoient des enfants faute d’eau, Gouandjika préfère accuser ceux qui posent les questions. Une stratégie qui laisse pantois.
Il tente ensuite de minimiser la gravité de la situation. Le Centrafricain ne meurt pas de soif, déclare-t-il sans sourciller. Il y a de l’eau, ajoute-t-il, mais c’est Sodéka, société d’État, qui a des problèmes pour la fourniture à grande échelle. Comme si rejeter la faute sur une entreprise publique que son gouvernement dirige depuis dix-sept ans changeait quoi que ce soit.
La suite est encore plus étonnante. Fidèle Gouandjika explique que le problème est saisonnier. Pendant la saison des pluies, ces problèmes de fourniture d’eau potable et d’électricité n’existent pas, affirme-t-il. C’est la saison sèche dans le monde entier, conclut-il, comme si cette explication météorologique justifiait l’incapacité du régime à fournir un service de base.
Il lance même un défi aux journalistes. Je voudrais que vous organisiez un patara pendant la saison de pluie sur le problème d’eau, propose-t-il. Une manière de suggérer que tout va bien six mois par an et que les médias exagèrent le reste du temps.
Pourtant les témoignages recueillis dans les quartiers racontent une autre réalité. À Nzangoya, les femmes et les enfants font la queue dès six heures du matin. À Damala, les fontaines sont à sec depuis plus de cinq ans. À Fatima, plus une goutte de la SODECA depuis 2004. Dans les quatrième, septième et huitième arrondissements, l’eau coule deux ou trois minutes par jour.
Raymond Adouma de l’opposition réagit vivement. Il rappelle que le gouvernement avait promis cinq mille châteaux d’eau. Il y en a un seul à Bimbo et même pas terminé, rétorque-t-il. Qu’est-ce que vous avez fait concrètement, demande-t-il à Gouandjika. La réponse ne vient pas.
Quentin Gbouando de la société civile enfonce le clou. Si l’État avait développé une politique décente, on ne serait pas là chaque année à en parler sur le plateau. Il demande au gouvernement de prendre des mesures sérieuses au lieu de blâmer ceux qui dénoncent la situation.
Gouandjika, lui, préfère parler d’avenir lointain. On pourra d’ici dix ou quinze ans construire une centrale nucléaire, promet-il. L’uranium, le pétrole, le gaz vont tout résoudre. En attendant, les Banguissois peuvent continuer à se lever à trois heures du matin avec leurs bidons.
L’animateur Armando Yanguendji note que les responsables indiqués ont fui pour venir sur ce plateau parce qu’ils n’ont rien fait de bien. Mais Gouandjika reste campé sur sa position. Pour lui, l’élection a été transparente, inclusive, démocratique. Le président a battu tous les autres à plate couture avec 77,90 %.
Les faits parlent d’eux-mêmes. Le taux de pauvreté atteint 68 %. L’espérance de vie est passée de soixante ans avant 2016 à cinquante-trois ans aujourd’hui. Les hôpitaux manquent d’eau. Les écoles ferment. Les commerces s’arrêtent. Mais pour le ministre conseiller, tout cela n’est qu’un problème saisonnier dont les journalistes devraient arrêter de parler.
Dans les rues de Bangui, les bidons continuent de s’accumuler devant les fontaines. Les enfants portent des jerricanes trop lourds. Les femmes enceintes attendent debout pendant des heures. Au palais, on valide un troisième mandat contesté et on parle de centrales nucléaires pour 2040. Les journalistes de Patara, eux, continueront probablement de faire des émissions sur l’eau et l’électricité l’année prochaine. Parce que rien ne change
Festival de tabassage des agriculteurs par des Mercenaires russes du groupe Wagner à Obo
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/05/Deux-femmes-qui-reviennent-du-champs-a-Bria-par-Banaf-depuis-Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Image d’illustration de Deux femmes qui reviennent du champ . CopyrightCNC
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les agriculteurs de la ville d’Obo, dans le Haut-Mbomou ont vécu l’enfer sur terre lundi 2 février 2026. Dès l’aube, les miliciens russes du groupe Wagner les ont traqués dans leur champ pour les tabasser copieusement.
En effet, ce jour là, aux environs de 5 heures du matin, les mercenaires de la milice russe Wagner ont pris la route de Mboki. Ils ne se sont pas rendus jusqu’à cette localité mais se sont arrêtés après sept kilomètres d’Obo pour s’enfoncer dans la forêt, près du centre des missionnaires qu’on appelle communément AIM. C’est dans cette zone que les agriculteurs ont leurs champs et passent souvent la nuit sur place pour surveiller leurs cultures.
Dès sept heures, les mercenaires de la milice russe Wagner ont commencé leur besogne. Chaque cultivateur rencontré a été frappé, mais frappé bien comme l’on a habitude de le dire. Comme vous le savez, à Obo, après l’arrivée des Wagner dans la ville, nombreux sont ceux qui regagnent tranquillement leur champ pour dormir et échapper aux exactions de ces criminels de Poutine et de Touadera. Mais malgré cela, cette fuite ne leur profite guerre. Ce matin du lundi 2 janvier, ils ont payé cash. Beaucoup des cultivateurs ont été surpris dans leur champ. Certains ont réussi à s’échapper en courant entre les arbres pour sortir dans la ville tandis que d’autres subissaient les violences des mercenaires russe de la milice Wagner.
L’opération s’est prolongée durant toute la journée. Partis à cinq heures du matin d’Obo, les mercenaires de la milice russe Wagner ont été aperçus vers seize heures aux abords du site des déplacés de Ngouli, à environ quatre kilomètres d’Obo sur le même axe. Les gens les ont vus rôder dans ce secteur sans qu’on sache exactement ce qu’ils cherchaient.
Les témoignages des rescapés convergent tous vers le même récit. Notre équipe a recueilli les propos de plusieurs personnes ayant fui leur champ. Elles décrivent une agression gratuite, menée avec une violence incompréhensible, alors qu’elles travaillaient simplement leurs terres pour nourrir leurs familles.
Les mercenaires de la milice russe Wagner auraient donné un ordre formel aux paysans. Selon leurs dires, il leur est interdit d’aller aux champs désormais. C’est dans leur champ qu’ils nourrissent les miliciens d’autodéfense qui rodent dans le coin. Ils doivent regagner la ville d’Obo et y rester. D’après les russes, le préfet du Haut-Mbomou, le colonel Léonard Mbélé aurait pris cette décision.
Rappelons que cette agression intervient au moment même où les évêques de l’Église catholique multiplient les appels à la médiation et à la paix dans la région du Haut-Mbomou. Pendant que les religieux tentent d’apaiser les tensions, les mercenaires de la milice russe Wagner appliquent leur propre feuille de route sur le terrain. Aucun mort n’a été signalé jusqu’à présent, mais les blessés sont nombreux.
Les cultivateurs qui ont pu rejoindre leurs quartiers racontent leur journée d’épouvante. Beaucoup portent les marques des coups reçus et plusieurs familles ignorent encore où se trouvent leurs proches restés dans la forêt. L’atmosphère dans le Haut-Mbomou devient chaque jour plus pesante, alors que les mercenaires de la milice russe Wagner semblent agir en toute impunité.
Les mercenaires de la milice russe Wagner frappent à nouveau à Bangui : la vidéo de la scène a choqué tout le monde
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Lundi 2 janvier, une vidéo diffusée en direct sur Facebook a provoqué l’indignation de milliers de Centrafricains après un accident de la route impliquant des Mercenaires russes de la milice Wagner.
Les événements se sont produits sur l’avenue de l’Indépendance, non loin du lycée Barthélémy Boganda, dans le quatrième arrondissement de la capitale, et ce, en présence des femmes des Wagner, les soldats FACA. Ce jour-là, un véhicule transportant des mercenaires de la milice Wagner a percuté des passants qui circulaient paisiblement sur cette avenue dite de l’indépendance. Les victimes gisaient au sol, se plaignant de leurs blessures sous les yeux des badauds impuissants.
Pick-up militaire avec des mercenaires du groupe Wagner stationné devant l’ex mini-prix à Bangui. CopyrightCNC
Vue la souffrance et les cris des victimes, Leurs proches ont aussitôt voulu les emmener à l’hôpital pour les soigner rapidement. Mais les mercenaires de la milice Wagner ont catégoriquement refusé qu’on touche aux blessés. Selon eux, il fallait attendre l’arrivée de la gendarmerie et de leur interprète avant toute évacuation des victimes.
Mais la surprise vient de là! Les minutes se sont transformées en heures interminables pour les familles ainsi que pour les victimes qui continuent de pleurer au sol. Près de deux heures durant, les victimes sont restées étendues sur le goudron, gémissant de douleur sans recevoir le moindre secours. Ni les gendarmes ni l’interprète promis ne sont apparus durant toute cette période.
Alors que les blessés continuaient de souffrir sur l’asphalte brûlant de l’avenue. Les mercenaires de la milice Wagner demeuraient impassibles devant les supplications des familles qui réclamaient simplement le droit de sauver leurs proches. Cette indifférence totale ajoutait à la cruauté de la situation.
La foule s’agglutinait autour de la scène, filmait et partageait les images qui circulaient déjà massivement. Les réseaux sociaux se sont enflammés rapidement avec des milliers de commentaires exprimant la colère et l’incompréhension. La publication en direct permettait aux Centrafricains de suivre l’évolution de cette tragédie minute par minute.
Pour beaucoup de Banguissois, cette scène rappelait ce qu’ils subissent depuis l’arrivée des mercenaires de Wagner. Pourtant, voir ces images diffusées en temps réel a choqué même ceux qui connaissaient déjà la réalité du terrain. L’impact de cette vidéo a dépassé tout ce qui avait été partagé auparavant.
Les commentaires se multipliaient sous la publication pendant que les blessés attendaient toujours une autorisation d’évacuation. Certains internautes rappelaient que les mercenaires russes appellent cette voie l’avenue de la colonisation ou de la souffrance plutôt que l’avenue de l’Indépendance. Ce détail prenait tout son sens au vu des événements qui s’y déroulaient ce lundi.
Les images continuaient de tourner, alimentant la colère d’une population habituée à observer sans pouvoir intervenir. Les familles sur place suppliaient toujours les mercenaires de la milice Wagner de les laisser porter secours à leurs proches blessés. Mais rien n’y faisait, l’attente se prolongeait dangereusement pour les victimes qui perdaient leurs forces
Camion incendié, l’équipage kidnappé près de Zémio : un mois plus tard, quelle est la situation des otages ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/les-miliciens-azande-en-formation-a-obo-en-avril-2024.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les miliciens Azandé pendant leur formation par les Mercenaires russes de la société Wagner
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le 16 décembre 2025, un camion transportant des marchandises depuis Bangui a subi une embuscade violente aux abords de la ville de Zemio, dans le Haut-Mbomou. Mais plus d’un mois déjà, quel est le sort des personnes kidnappées?
L’attaque s’est produite à quelques kilomètres de l’entrée de la ville. Des hommes lourdement armés ont surgi et pris d’assaut le véhicule. Les assaillants ont aussitôt mis le feu au camion et à son chargement, avant d’emmener de force l’ensemble de l’équipage qui sont d’ailleurs des pères de familles, des mères de familles, des enfants.
Depuis cet événement, le silence est total. Aucun indice ne permet de savoir si les personnes enlevées sont encore en vie. Leurs proches n’ont reçu aucun message, aucun signe de vie depuis maintenant un mois.
Les témoignages recueillis sur place pointent du doigt les miliciens d’autodéfense azandés. Ces groupes armés seraient à l’origine de l’enlèvement, bien que leur implication n’ait pas été officiellement confirmée.
Les victimes n’avaient aucun lien avec les tensions actuelles entre les groupes armés et le gouvernement. Il s’agissait uniquement de commerçants qui gagnaient leur vie en acheminant des produits entre différentes localités. Ces hommes et ces femmes assuraient le ravitaillement des marchés, loin des considérations politiques ou militaires.
L’inquiétude grandit chaque jour dans les familles. Les enfants attendent le retour de leurs parents, les épouses cherchent désespérément des réponses. Personne ne sait où chercher ni vers qui se tourner pour obtenir des éclaircissements.
Les proches multiplient les démarches auprès des structures locales et des organisations humanitaires. Ils espèrent qu’une médiation pourra aboutir, qu’un contact sera enfin établi avec les ravisseurs. Mais pour l’instant, toutes les pistes restent vaines.
La route entre Bangassou et Zemio demeure dangereuse. D’autres commerçants hésitent désormais à l’emprunter, craignant de subir le même sort. L’activité économique de la région s’en trouve ralentie, les échanges commerciaux perturbés.
Cette affaire s’ajoute à une longue série d’incidents qui fragilisent la vie quotidienne dans le Haut-Mbomou. Les populations civiles payent le prix fort d’une insécurité qui ne cesse de s’aggraver. Les familles des disparus continuent d’espérer, scrutant chaque rumeur, chaque information susceptible de leur apporter un peu de lumière.
Camp de Mboti : l’appel désespéré des réfugiés centrafricains oubliés au Congo depuis plus de 10 ans
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/dans-le-camp-des-refugies-centrafricains-de-mboti-en-rdc.webp” data-wpel-link=”internal”>Dans le camp des réfugiés centrafricains de Mboti en RDC. Photo CNC
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Installés depuis plus d’une décennie sur le territoire congolais d’Ango, les réfugiés centrafricains du camp Mboti lancent un appel pressant aux autorités et organisations humanitaires.
Bandassé Bely Eymar, secrétaire général du comité directeur des réfugiés centrafricains, porte la voix de milliers de déplacés installés dans la province de Bazouele. Son témoignage éclaire la réalité d’un exil qui s’éternise sans perspective concrète d’amélioration. Originaire de Bangui où résident encore ses parents, il incarne le parcours d’une génération arrachée à sa terre natale par les violences de 2013.
Cette année-là, une simple visite familiale à Bangassou s’est transformée en point de non-retour pour des milliers de Centrafricains. L’offensive des forces Séléka dans la province de Mbomou a précipité l’exode massif vers le Congo voisin. Le passage par Ndou a scellé le début d’une errance qui perdure aujourd’hui dans des conditions d’une précarité difficile.
Depuis leur installation, des familles centrafricaines entassées au camp de Mboti survivent dans un dénuement quasi total depuis leur arrivée. Les personnes âgées, privées de soins médicaux adaptés, voient leur santé se dégrader de jour en jour. Les mères de famille peinent à nourrir leurs enfants convenablement tandis que les maladies se propagent faute d’infrastructures sanitaires dignes de ce nom.
Cette détresse sanitaire s’aggrave par l’absence criante de structures médicales fonctionnelles dans le camp. Les cas de paludisme, de malnutrition infantile et de maladies chroniques non soignées se multiplient sans que personne n’intervienne. Les décès évitables ponctuent la vie quotidienne de cette communauté abandonnée à son sort, créant un climat de désespoir croissant parmi les résidents.
Malgré le désir ardent de rentrer au pays, les obstacles matériels et financiers demeurent insurmontables pour la majorité. Les jeunes générations possèdent certes la force physique nécessaire au voyage de retour vers la Centrafrique. Néanmoins, abandonner les aînés et les plus fragiles derrière eux constitue une option moralement inacceptable pour ces communautés attachées aux valeurs de solidarité familiale.
Le gouvernement centrafricain reste interpellé sur sa responsabilité d’organiser le rapatriement de ses ressortissants exilés. Un financement adéquat permettrait d’assurer le transport sécurisé de l’ensemble des familles désireuses de regagner leurs villages d’origine. Cette démarche nécessiterait également des garanties concernant la sécurité et la réintégration économique des rapatriés sur le sol centrafricain.
Les autorités congolaises de Kinshasa se trouvent également sollicitées pour améliorer les conditions d’accueil temporaires de ces populations réfugiées. L’accès à l’eau potable, à l’éducation pour les enfants et aux soins de santé de base constituent des droits fondamentaux bafoués quotidiennement. La province de Bazouele ne dispose manifestement pas des ressources suffisantes pour gérer seule cette crise humanitaire qui s’enlise.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés demeure l’interlocuteur privilégié pour coordonner une réponse internationale adaptée. Les standards minimaux en matière de protection des populations déplacées ne sont visiblement pas respectés à Mboti. Une intervention rapide s’impose pour éviter que cette situation ne dégénère davantage et n’engendre des pertes humaines supplémentaires évitables.
La documentation photographique et vidéo de la réalité du camp constitue désormais une priorité pour les responsables communautaires. Ces preuves visuelles permettront de sensibiliser l’opinion publique internationale sur l’ampleur de la crise oubliée. Un rapport circonstancié accompagnera ces supports pour quantifier précisément les besoins en assistance alimentaire, médicale et éducative de la population concernée.
Les enfants nés dans le camp grandissent privés d’avenir et d’opportunités d’épanouissement personnel. Leur scolarisation reste aléatoire quand elle existe, compromettant leurs chances d’insertion sociale future. Cette génération sacrifiée paie le prix d’un conflit qu’elle n’a pas choisi et d’un abandon institutionnel qui perdure année après année.
Les familles séparées par l’exil maintiennent difficilement le contact avec leurs proches restés à Bangassou ou dans d’autres régions centrafricaines. Le père de Bandassé, fonctionnaire dans la capitale, incarne ces liens distendus par la distance et l’impossibilité de se retrouver. Cette fracture familiale ajoute une souffrance psychologique à la précarité matérielle déjà insupportable du quotidien au camp.
Les responsables du comité directeur multiplient les démarches auprès des instances compétentes depuis des années sans résultat tangible. Leur persévérance témoigne de la détermination à ne pas laisser sombrer leur communauté dans l’oubli définitif. Chaque tentative de communication avec l’extérieur représente un espoir fragile que quelqu’un finira par entendre leur appel et agir en conséquence
La famille Massi suit de près l’évolution judiciaire concernant l’ancien chef d’État centrafricain François Bozizé , aujourd’hui poursuivi devant la Cour Pénale Spéciale.
Les proches de Charles Massi ont examiné le communiqué diffusé le 28 janvier 2026 par la Cour Pénale Spéciale. Ce document annonce la saisine de la Chambre d’assises dans l’affaire dite « Bossembélé », qui vise François Bozizé Yangouvonda et d’autres personnes impliquées. Les accusations portent sur des crimes contre l’humanité : meurtres, tortures, disparitions forcées et actes inhumains survenus entre 2009 et 2013.
Charles Massi, ancien ministre et président du parti Forum Démocratique pour la Modernité, fut arrêté en décembre 2009. Les autorités tchadiennes l’avaient alors remis aux responsables centrafricains. Depuis ce jour, personne ne l’a revu vivant, laissant un vide douloureux pour ses proches et pour l’ensemble du pays.
Quinze ans après sa disparition, plusieurs témoignages se recoupent et décrivent son parcours final. Les récits mentionnent sa détention au Centre d’instruction militaire de Bossembélé, surnommé « Guantanamo ». Il y aurait enduré des tortures répétées qui auraient causé sa mort, bien qu’aucune dépouille n’ait jamais été officiellement restituée.
Cette absence de corps rend le deuil impossible et entretient une blessure toujours vive. La famille porte cette peine depuis tant d’années, tout comme l’opinion publique nationale et internationale qui garde en mémoire cet homme politique disparu. L’incertitude sur son sort exact alourdit encore la souffrance de ceux qui l’ont connu et aimé.
La famille salue néanmoins le travail accompli par la justice centrafricaine. La Cour Pénale Spéciale s’attache à clarifier les crimes graves commis durant cette période troublée de l’histoire nationale. Cette saisine judiciaire dans le dossier de Bossembélé marque un tournant important pour chercher la vérité et reconnaître les souffrances subies par les victimes.
Les proches de Charles Massi expriment leur confiance envers l’impartialité et le sérieux de la CPS. Ils croient fermement aux valeurs qui fondent toute procédure équitable. L’espoir demeure que ces audiences permettront d’identifier clairement les responsables et leurs complices, afin que justice soit enfin rendue à leur père disparu et à l’ensemble des personnes ayant subi des violations graves des droits humains en République Centrafricaine.
La famille demande également aux instances nationales et internationales de continuer d’épauler la Cour pénale spéciale. Ce soutien permettra à l’institution d’accomplir pleinement sa mission, en garantissant qu’aucun crime ne reste impuni et que la mémoire de chaque victime soit préservée avec dignité
Flash info : attaque surprise d’un checkpoint des FACA à Dembia, 2 militaires portés disparus
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/trois-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-haute-kotto.webp” data-wpel-link=”internal”>Trois soldats FACA détachés à Sam-Ouandja, dans la Haute-Kotto
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les miliciens d’autodéfense Azandé ont frappé dur ce mardi 3 janvier 2026 dans la matinée une position des éléments de forces armées centrafricaines dans la localité de Dembia, située dans le Haut-Mbomou.
L’assaut a eu lieu aux premières heures du mardi 3 février 2026. Les miliciens Azandé ont pris d’assaut le checkpoint des Forces armées centrafricaines stationné dans la zone. Selon des diverses sources contactées par la rédaction du CNC, deux ou quatre militaires ont été capturés durant l’opération et leurs traces restent introuvables depuis lors. Les autorités militaires tentent actuellement de localiser les soldats enlevés.
Cet incident s’inscrit dans la série d’affrontements qui opposent la milice Azandé aux forces gouvernementales menées par les Mercenaires russes du groupe Wagner depuis près d’un an.
Notons que la région du sud-est centrafricain connaît une montée des tensions depuis le scrutin du 28 décembre 2025. Les localités de Zémio, Mboki et Bambouti ont également connu des heurts armés ces dernières semaines.
La milice AAKG, formée initialement comme groupe d’autodéfense de la communauté zandé en mars 2023, a basculé dans la rébellion après avoir reçu un entraînement militaire en 2024. Les combattants, anciennement intégrés aux FACA sous l’appellation “Wagner Ti Azandé”, ont rompu avec l’armée régulière. Leurs actions provoquent depuis lors des déplacements massifs de populations civiles dans le Haut-Mbomou.
Les recherches pour retrouver les deux soldats capturés se poursuivent tandis que la situation sécuritaire demeure fragile dans l’ensemble du secteur
Kidnappé par les Mercenaires russes du groupe Wagner depuis trois semaines, son corps vient d’être retrouvé à la morgue. Le chef de poste de l’OCRB n’est plus en vie
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/La-prison-de-lOCRB-sous-controle-des-mercenaires-russes-de-la-societe-Wagner-ou-est-place-en-detention-maitre-Crepin-Mboli-Goumba-coordonnateur-du-BRDC-450×299-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>La principale entrée de l’OCRB du centre-ville
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le chef de poste de l’OCRB, promotion Persévérance, a été retrouvé mort à la morgue après trois semaines de kidnapping par les mercenaires russes.
Les faits remontent à début janvier, lorsque trois policiers ont été arrêtés suite à la disparition de Nour Gregaza des locaux de l’Office central pour la répression du banditisme il y’a quelques semaines plutôt. Parmi eux figurait ce chef de poste, emmené vers une destination inconnue avec ses deux collègues. Les jours ont passé sans qu’aucune information ne filtre sur leur sort.
La famille a multiplié les démarches pour obtenir des nouvelles. Chaque tentative s’est heurtée au silence des autorités et à l’opacité du système. Mais à la surprise de sa famille, le samedi 31 janvier dernier, c’est son corps sans vie qui a été découvert à la morgue, plus de trois semaines après son enlèvement par Wagner.
Les mercenaires russes les avaient détenu dans leurs prisons secrètes situées à l’aéroport. Durant ces trois semaines de torture, l’un des trois policiers, le chef de poste de l’OCRB, n’a pas pu supporter les sévices corporelles qui ont fini par lui ôter la vie. Son corps porte les stigmates de ces sévices avant d’être discrètement déposé à la morgue.
L’accès aux lieux reste interdit à la famille du défunt. Même les frères du policier décédé, pourtant militaires de profession, se voient refuser l’entrée. Cette interdiction ajoute à la douleur des proches qui réclament simplement de pouvoir récupérer la dépouille de leur parent.
L’affaire s’inscrit dans un contexte plus large d’arrestations arbitraires menées par Wagner depuis l’annonce spectaculaire de cette évasion. Les sœurs de Nour Gregaza, le détenu qui aurait quitté l’OCRB, ont également été arrêtées par les Russes. Portées disparues pendant plusieurs jours, elles ont finalement été ramenées au commissariat, contrairement au policier qui n’a jamais refait surface vivant.
Le corps du policier retrouvé à la morgue vient alimenter les craintes des autres familles. Les deux collègues arrêtés en même temps que le chef de poste demeurent portés disparus depuis trois semaines. Leurs proches redoutent de découvrir bientôt leurs corps dans les mêmes conditions, après avoir subi le même sort entre les mains de Wagner.
La République centrafricaine se retrouve aux mains des mercenaires qui torturent et tuent des citoyens sans que la justice ne puisse intervenir. Les familles réclament que les corps leur soient rendus et que la vérité soit établie sur ces disparitions et ces meurtres. Nour Gregaza a été rapatrié de France vers Bangui alors que tout le monde connaît la situation dans ce pays où les assassinats se commettent en toute impunité.
Rappelons que Wagner poursuit ses opérations d’enlèvement et d’élimination sur le territoire centrafricain en toute impunité, et avec le feu vert des autorités centrafricaines. Les prisons secrètes de l’aéroport, du camp de Roux et de Berengo continuent d’accueillir des détenus qui disparaissent sans laisser de traces. Le chef de poste de la promotion Persévérance rejoint la longue liste des victimes de ces pratiques qui bafouent tous les principes du droit
Comment le régime du Président Touadéra transforme l’État centrafricain en entreprise criminelle. Interview exclusive avec monsieur Igor Ngala, économiste centrafricain, sur le pillage du secteur du carburant en Centrafrique
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/le-president-faustin-archange-touadera-en-costume-et-chapeau-americain-a-Bangui-en-republique-centrafricaine.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le Président Faustin Archange Touadera, en costume et chapeau américain, à Bangui, en République centrafricaine
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Interview exclusive avec Igor Ngala, expert économiste centrafricain, qui analyse le rapport explosif de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime sur le détournement massif des recettes du carburant en République centrafricaine. Des chiffres accablants, des révélations fracassantes et une conclusion sans appel sur la criminalisation de l’État sous la présidence de Faustin-Archange Touadéra.
Propos recueillis par Alain Nzilo, directeur de rédaction de Corbeau News Centrafrique.
Alain Nzilo : Bonjour Monsieur Igor Ngala.
Igor Ngala : Bonjour Alain, merci de me recevoir.
Alain Nzilo : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
IGOR Ngala : Je suis Igor Ngala, économiste de formation. J’ai obtenu mon doctorat en sciences économiques à l’Université de Sherbrooke au Canada, avec une spécialisation en économie des ressources naturelles et gouvernance financière. J’ai travaillé pendant quinze ans comme consultant pour plusieurs institutions internationales, dont la Banque mondiale et le FMI, sur des questions de transparence budgétaire et de lutte contre la corruption dans les pays en développement.
ALAIN Nzilo : La Global Initiative Against Transnational Organized Crime vient de publier un rapport intitulé “Parti en fumée : Comment le carburant en RCA est devenu une arme de guerre et une source d’enrichissement criminel”. Vous avez lu ce document de 28 pages. Quelle est votre première réaction ?
IGOR Ngala : Oui monsieur Alain, ce rapport confirme ce que beaucoup d’observateurs avertis savaient déjà, mais avec une précision et une documentation qui ne laissent aucune place au doute. Nous sommes face à une criminalisation organisé de l’État centrafricain. Le président Touadéra n’est pas un chef d’État qui lutte contre la corruption, il dirige une organisation criminelle qui a capturé l’appareil étatique pour le transformer en machine à piller les ressources du pays. Les chiffres sont accablants : entre 17,5 et 30 millions de dollars de profits excédentaires générés en 2024 par un système pyramidal de corruption. C’est l’équivalent de 15 à 25% du budget national de la République centrafricaine qui disparaît dans les poches d’un cercle restreint de prédateurs.
ALAIN Nzilo : Le rapport pointe du doigt Neptune Oil, l’entreprise camerounaise d’Antoine Ndzengue qui détient le monopole d’importation depuis septembre 2023. Comment expliquez-vous qu’une entreprise étrangère non enregistrée légalement puisse obtenir un tel monopole ?
IGOR Ngala : C’est justement parce qu’elle n’est pas enregistrée que Neptune Oil a obtenu ce monopole. Une entreprise non enregistrée échappe à la plupart des obligations fiscales et comptables. Elle ne publie aucun compte, ne paie pas d’impôt sur les sociétés au taux normal, et surtout, elle permet de voiler l’identité des véritables bénéficiaires du système. Le ministre de l’Énergie Arthur Bertrand Piri déclarait en octobre 2024 que l’entreprise était “en cours d’enregistrement”. Nous sommes en novembre 2025, plus d’un an après, et toujours rien. Cette absence d’enregistrement n’est pas un dysfonctionnement administratif, c’est une stratégie délibérée pour maintenir l’opacité totale sur les flux financiers.
ALAIN Nzilo : Le rapport montre que Neptune Oil bénéficie de prix gonflés artificiellement. Pouvez-vous nous expliquer ce mécanisme ?
IGOR Ngala : Les enquêteurs de la GI-TOC ont comparé les structures de prix officielles entre la République centrafricaine et le Cameroun. Neptune Oil et les importateurs camerounais opèrent sur le même marché international, achètent auprès des mêmes négociants, utilisent les mêmes infrastructures à Douala. Pourtant, les coûts appliqués en RCA sont systématiquement plus élevés. L’écart atteint 160 francs CFA par litre d’essence et 185 francs CFA par litre de gazole. Cet écart ne correspond à aucun coût réel. Il existe notamment une catégorie appelée “différentiel” dans les calculs centrafricains qui n’apparaît nulle part dans les structures camerounaises et qui ne correspond à aucune dépense identifiable. Sur les volumes importés en 2024, ces coûts injustifiés ont généré au moins 17,5 millions de dollars de profits excédentaires pour Neptune Oil, uniquement sur ses importations routières.
ALAIN Nzilo : Le rapport mentionne également des exonérations fiscales massives. Comment fonctionnent-elles ?
IGOR Ngala : Des volumes importants de carburant entrent en République centrafricaine sans payer les droits et taxes à l’importation, soit environ 200 francs CFA par litre. Le prétexte invoqué est que ce carburant serait destiné à des missions diplomatiques ou à de l’aide bilatérale. En réalité, ce carburant commercial est revendu au prix fort dans les stations-service. Ces exonérations sont accordées avec la complicité d’agents douaniers centrafricains à Douala et aux postes-frontières. Les procédures de dédouanement sont détournées pour permettre l’entrée en franchise de carburant qui devrait normalement être taxé. L’État perd ainsi plusieurs millions de dollars par an. Les recettes fiscales sur le carburant sont passées de 41,6 millions de dollars en 2021 à seulement 29,5 millions en 2024, malgré une reprise quasi complète des volumes d’importation. Une chute de 12 millions de dollars en trois ans.
ALAIN Nzilo : Parlons du groupe Wagner. Le rapport expose comment cette organisation criminelle sanctionnée internationalement a créé ses propres sociétés écrans pour s’approvisionner en carburant. Que vous inspire cette situation ?
IGOR Ngala : Wagner opère en République centrafricaine comme dans un État conquis. Les sociétés Petrolex et Capex, créées début 2021, ne sont que des façades légales pour des activités criminelles. Ces entreprises importent du carburant d’origine russe en violation des sanctions internationales. Elles approvisionnent les opérations militaires de Wagner, incluant les frappes aériennes et les massacres de civils documentés par les Nations unies. Elles fournissent aussi la mine d’or de Ndassima qui rapporte plus de 100 millions de dollars par an sans aucune production officielle. Le plus scandaleux, c’est que Petrolex approvisionne désormais également les Forces armées centrafricaines. L’armée nationale dépend d’une société écran d’une organisation criminelle russe pour son carburant. C’est une perte totale de souveraineté.
ALAIN Nzilo : Wagner maintient aussi une présence permanente au poste douanier de Béloko, selon le rapport…
IGOR Ngala : Absolument. Le contrat de coopération douanière entre la Russie et la RCA a été résilié en octobre 2021, mais Wagner n’a jamais quitté les postes douaniers. Les Mercenaires russes supervisent les importations, vérifient les documents, prélèvent leur part sur les recettes. Cette présence illégale permet à Wagner de contrôler physiquement les flux de carburant. L’attaque du 3R contre Béloko le 21 janvier 2023, qui a détruit 23 camions et tué 2 soldats FACA et 1 mercenaire Wagner, visait justement ce dispositif de contrôle. Les 500 millions de francs CFA partis en fumée ce jour-là témoignent des enjeux financiers colossaux autour de ce poste-frontière.
ALAIN Nzilo : Le rapport révèle également que l’épouse du chef d’état-major, madame Prisca Mamadou, contrôle, à elle seule, quatre des stations-service confisquées à TAMOIL. Comment analysez-vous cette situation ?
IGOR Ngala : oui, c’est une véritable mafia. C’est la première femme mafieuse de la RCA. Prisca Rosaline Mamadou, épouse du général Zéphir Mamadou, chef d’état-major des FACA, incarne la fusion totale des sphères militaire, politique et économique. Chaque camion-citerne revendu dans ces stations rapporte 25 000 dollars de profit. Si la moitié des importations de Neptune Oil transite par les stations confisquées, nous parlons de plus de 30 millions de dollars de bénéfices excédentaires en 2024. Une partie de cet argent finance directement le MCU, le parti du président Touadéra. Le général Mamadou est identifié comme l’un des principaux bailleurs de fonds du parti au pouvoir. Nous avons ici la preuve que l’armée nationale finance le parti présidentiel avec de l’argent volé aux Centrafricains qui paient le carburant deux fois plus cher qu’ils ne le devraient.
ALAIN Nzilo : Le rapport documente aussi un système de bons d’essence qui permet de convertir le carburant en liquidités…
IGOR Ngala : C’est un mécanisme est d’une perversité remarquable. Des agences publiques délivrent des bons d’essence aux forces de sécurité pour leurs besoins opérationnels. Ces bons sont ensuite échangés contre de l’argent liquide dans les stations confisquées. Les stations versent les espèces aux détenteurs de bons, puis se font rembourser par l’État. Entre les deux, une partie de l’argent est prélevée et redistribuée à de hauts fonctionnaires du ministère de l’Énergie et à des membres du MCU. L’État paie deux fois : une première fois en délivrant les bons, une seconde fois en remboursant les stations. Les militaires reçoivent leur part pour garantir leur loyauté. Le carburant devient un outil de patronage politique qui permet d’acheter les fidélités au pouvoir.
ALAIN Nzilo : en Janvier 2025, un navire russe sanctionné livre 30 000 tonnes de carburant à la Centrafrique, présentées par le Président Vladimir Poutine comme un don. Le rapport qualifie cette opération de fraude. Pourquoi ?
IGOR Ngala : Le navire Serenade appartient à la flotte fantôme russe, sanctionnée par l’UE, les États-Unis et le Royaume-Uni. Ce bateau sert à exporter du pétrole russe malgré l’embargo. Présenter cette cargaison comme un don humanitaire est un mensonge éhonté. Neptune Oil apparaît dans les registres comme importatrice, ce qui révèle qu’elle sert d’agent maritime du gouvernement pour des transactions qui ne peuvent pas être menées officiellement. Le gouvernement prétend que les recettes de vente financeront le transport fluvial. C’est absurde. Kinshasa ne laissera jamais passer des cargaisons liées à des navires sanctionnés. Cette opération n’a qu’un but : permettre au régime Touadéra d’importer du carburant russe à prix cassé en violation des sanctions, tout en empochant des profits considérables.
ALAIN Nzilo : Vous évoquiez le transport fluvial. Le rapport montre que le régime a inversé la répartition historique pour privilégier la route camerounaise. Pourquoi ?
IGOR Ngala : Pendant des décennies, 80% du carburant arrivait par voie fluviale, solution la moins chère. Sous Neptune Oil, 70% arrive par la route camerounaise, solution la plus coûteuse. Cette inversion ne répond à aucune logique économique. Elle répond à une logique de prédation. Le transport fluvial est trop transparent, trop difficile à manipuler. La route camerounaise offre de multiples points de contrôle où chacun peut prélever sa part : Douala, le transit, Béloko contrôlé par Wagner. Chaque litre qui arrive par camion plutôt que par barge coûte 100 francs CFA de plus. Sur les 87 millions de litres importés par route en 2024, cela représente 15 millions de dollars de surcoût qui ne correspondent à aucune valeur ajoutée réelle. C’est une rente de situation captée par Neptune Oil, les transporteurs, les douaniers corrompus et Wagner.
ALAIN Nzilo : Le rapport documente aussi l’éviction de TotalEnergies. Peut-on parler d’une stratégie délibérée ?
IGOR Ngala : Absolument. Le président Touadéra a mené une campagne systématique pour chasser les entreprises françaises du secteur énergétique. SOCATRAF, filiale de Bolloré, perd son contrat en avril 2022. TotalEnergies subit des campagnes de désinformation organisée par Wagner et la présidence entre avril et juin 2022. L’incident de l’aéroport M’Poko où l’employé de Total est arrêté et 110 000 litres de Jet A-1 détournés vers Wagner n’est pas un fait exceptionnel. C’est le point culminant d’un harcèlement délibéré. TotalEnergies quitte en septembre 2022. Ses actifs passent à TAMOIL qui sera à son tour confisquée en juin-juillet 2024. Le cycle est bouclé en deux ans : les intérêts français éliminés, le secteur livré à Wagner et à un réseau de prédateurs centrafricains.
ALAIN Nzilo : Certains pourraient dire que ce rapport émane d’organisations occidentales hostiles au régime Touadéra. Que répondez-vous ?
IGOR Ngala : Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La GI-TOC a travaillé à partir de données officielles : registres d’importation, structures de prix publiées par le ministère de l’Énergie, données douanières. Le rapport cite des dizaines de sources vérifiables : communiqués officiels, décisions ministérielles, registres du commerce, bases de données commerciales internationales. Les enquêteurs ont interrogé des dizaines d’acteurs du secteur en RCA et au Cameroun entre novembre 2024 et juillet 2025. Ils ont recoupé chaque information avec plusieurs sources. Ce n’est pas de la propagande anti-Touadéra, c’est du journalisme d’investigation rigoureux qui expose des faits documentés. D’ailleurs, le FMI arrive aux mêmes conclusions dans ses rapports sur la République centrafricaine, même s’il utilise un langage plus diplomatique.
ALAIN Nzilo : Le comité anti-fraude du ministère de l’Énergie, censé lutter contre la contrebande, participe lui-même au système de détournement selon le rapport…
IGOR Ngala : C’est une illustration parfaite de la perversion du système. Le comité anti-fraude ne lutte pas contre la fraude, il l’organise et en tire profit. Les saisies officielles ne représentent qu’une fraction des volumes réellement confisqués. Le reste est revendu au marché noir et l’argent est empoché par les membres du comité et des hauts fonctionnaires du ministère. Sur les 2 000 barils saisis chez le baron de la contrebande Laouali en mars 2023, seulement 427 ont été enregistrés officiellement. Les 1 573 autres ont disparu. Le comité opère dans une zone grise juridique : sur 90 agents recensés, moins de la moitié sont actifs et aucun n’est sous contrat officiel. Cette absence de cadre légal permet toutes les dérives.
ALAIN Nzilo : Le rapport évalue les pertes fiscales à 12 millions de dollars par an. Comment arrive-t-on à un tel montant ?
IGOR Ngala : Ce chiffre est même probablement sous-estimé. Il se décompose ainsi : Neptune Oil échappe à l’impôt sur le chiffre d’affaires grâce à son statut de non-résident, plusieurs millions de dollars par an. Les exonérations frauduleuses sur les droits d’importation : plusieurs millions supplémentaires. Le trafic nigérian qui entre via Béloko sans payer les taxes : encore des millions. Les saisies du comité anti-fraude dont l’argent ne parvient jamais au Trésor : des centaines de milliers de dollars. Les pots-de-vin versés aux douaniers qui remplacent les taxes légales : des millions. Additionnez tout cela et vous obtenez facilement 12 millions de dollars de pertes annuelles. Dans un pays où le budget national tourne autour de 120 millions de dollars, perdre 12 millions par an dans un seul secteur représente 10% du budget total.
ALAIN Nzilo : Qui sont les véritables bénéficiaires de ce système ?
IGOR Ngala : Il y a une pyramide clairement identifiable. Au sommet, le président Touadéra et son entourage immédiat. Juste en dessous, le ministre Bertrand Arthur Piri et les autres membres du gouvernement impliqués. Puis les hauts fonctionnaires des ministères de l’Énergie, des Finances et des Douanes. Les officiers supérieurs des forces de sécurité, avec en tête le général Mamadou. Les opérateurs économiques : Neptune Oil, Prisca Mamadou, Souleymane Bassou, Laouali. Et bien sûr Wagner qui prélève sa part à chaque étage. Chacun reçoit selon son rang et son importance dans la machine. Le rapport parle d’un système pyramidal de rétrocommissions bien organisé. C’est exactement ça : une structure mafieuse qui fonctionne comme un cartel.
ALAIN Nzilo : Les Centrafricains paient 2,17 dollars le litre de gazole. Est-ce justifié économiquement ?
IGOR Ngala : Absolument pas. Les prix internationaux du pétrole ont fortement baissé en 2023-2024. Cette baisse aurait dû se traduire par une réduction significative des prix à la pompe. Mais les Centrafricains paient toujours des prix parmi les plus élevés d’Afrique. Cette rigidité à la baisse prouve que les prix ne reflètent pas les coûts réels mais les besoins de financement du système de corruption. Dans un pays où 70% de la population vit avec moins de 1,90 dollar par jour, payer 2,17 dollars le litre de gazole est tout simplement inabordable. Les gens font la queue pendant des heures, achètent le carburant au compte-gouttes, rationnent leurs déplacements. Pendant ce temps, l’épouse du chef d’état-major s’enrichit en revendant le carburant volé.
ALAIN Nzilo : Le FMI a imposé la publication mensuelle des structures de prix depuis juillet 2024. Cette transparence a-t-elle changé quelque chose ?
IGOR Ngala : Cette mesure visait à renforcer la transparence, mais elle a surtout exposé l’ampleur de la fraude sans rien changer au système. Le gouvernement publie uniquement les prix officiels et les marges théoriques, jamais les exonérations accordées, les volumes bénéficiant de ces exonérations, ou l’identité des bénéficiaires. C’est une transparence de façade. Les experts du FMI savent parfaitement ce qui se passe. Ils ont les données, ils ont calculé que les recettes devraient être 12 millions de dollars plus élevées. Mais ils ne peuvent rien faire tant que Touadéra refuse de démanteler le système qu’il a créé. Les missions se succèdent, les rapports s’accumulent, les recommandations sont ignorées.
ALAIN Nzilo : Que préconisez-vous pour sortir de cette situation ?
IGOR Ngala : Le rapport de la GI-TOC formule des recommandations claires que je partage entièrement. D’abord, un audit indépendant de toute la structure d’approvisionnement en carburant, incluant la divulgation complète des accords d’importation et des exonérations fiscales. Ensuite, des enquêtes judiciaires en RCA et au Cameroun sur la contrebande, l’évasion fiscale et l’enrichissement illégal. Le renforcement des autorités douanières et anti-fraude avec des moyens réels et une professionnalisation. La relance du transport fluvial pour réduire la dépendance à la route camerounaise. Et surtout, des sanctions internationales contre les opérateurs qui travaillent avec Wagner et les entités russes sanctionnées. Mais soyons réalistes : rien de tout cela n’arrivera tant que Touadéra sera au pouvoir. Ce système, c’est lui. Le démanteler reviendrait à se couper de ses sources de financement et à exposer ses crimes.
ALAIN Nzilo : Vous parlez de crimes. C’est un terme fort…
IGOR Ngala : C’est le terme approprié. Nous parlons de détournement de fonds publics à hauteur de dizaines de millions de dollars. De violation des sanctions internationales contre une organisation criminelle. De collaboration avec des mercenaires responsables de massacres de civils. D’évasion fiscale organisée. De corruption de fonctionnaires. De confiscation illégale de biens privés. Tout cela constitue des infractions pénales graves dans n’importe quel système juridique fonctionnel. Le problème en République centrafricaine, c’est que les auteurs de ces crimes contrôlent la justice. Les procureurs reçoivent leurs instructions du sommet de l’État. Les juges qui oseraient enquêter seraient écartés ou menacés. L’impunité est totale.
ALAIN Nzilo : Quel message souhaitez-vous adresser aux Centrafricains ?
IGOR Ngala : Le message est simple. Vous êtes victimes d’un vol organisé par ceux qui sont censés vous gouverner. Chaque fois que vous faites le plein, vous financez l’enrichissement du président, de ses ministres, de ses généraux et de mercenaires russes qui tuent des civils centrafricains. Les 12 millions de dollars volés chaque année pourraient construire des hôpitaux, des écoles, des routes. Ils pourraient payer les enseignants contractuels et autres agents de santé qui ne reçoivent pas leurs salaires depuis des mois. Mais ils finissent dans les comptes offshore de Touadéra et de son clan. Ce rapport de la GI-TOC doit circuler, être traduit en sango, être expliqué dans tous les quartiers. Les Centrafricains doivent comprendre qu’ils ne sont pas pauvres parce que le pays est pauvre, mais parce qu’ils sont méthodiquement pillés par des prédateurs qui ont capturé l’État.
ALAIN Nzilo : Un dernier mot ?
IGOR Ngala : La République centrafricaine ne sortira de cette situation que par un changement radical de régime. Touadéra doit partir, et avec lui tous ceux qui ont participé à ce système criminel. Il faut des poursuites judiciaires, des confiscations d’avoirs mal acquis, des sanctions exemplaires. Il faut reconstruire un État de droit où les voleurs vont en prison au lieu de diriger le pays. Tant que les Centrafricains accepteront d’être gouvernés par des mafieux, rien ne changera. Le rapport de la GI-TOC est un outil précieux pour la prise de conscience. Maintenant, il faut passer à l’action.
ALAIN Nzilo : Merci Monsieur Igor Ngala pour cet éclairage sans concession.
IGOR Ngala : Merci à vous Alain, et merci à Corbeau News Centrafrique de donner la parole à ceux qui dénoncent la criminalisation de l’État. Le journalisme indépendant est notre dernière ligne de défense contre la dictature et la corruption.
Par Dr Alain Nzilo, directeur de publication du CNC….
Les coulisses agitées du Conseil constitutionnel avant le verdict électoral des législatives
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/02/Professeur-Jean-Pierre-Waboue-President-de-la-cour-constitutionnelle-de-la-Republique-centrafricaine.jpg” data-wpel-link=”internal”>Jean-Pierre Waboué, Président de la conseil constitutionnel centrafricain
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À quelques jours du prononcé définitif sur les résultats législatifs, les manœuvres d’influence battent leur plein auprès des juges du Conseil constitutionnel.
Exactement comme lors de l’élection présidentielle du 19 janvier dernier, validée par cette même institution dans des circonstances frauduleuse, c’est maintenant au tour du scrutin législatif de passer sous l’examen de ses juges. Quelques jours après que l’autorité nationale des Élections a rendu ses premières conclusions, le Conseil s’apprête à entériner la liste des députés élus dès le premier tour et à désigner ceux qui s’affronteront au second. Pendant ce temps, l’argent circule et les pressions s’intensifient dans l’ombre.
Avant d’aller plus loin, précisons qu’il s’agit là du premier volet d’une enquête qui en comptera deux. Dans cet épisode initial, nous dévoilons l’identité du principal acteur de ces tractations, celui qui tire les ficelles en personne. Malgré l’annonce par l’autorité électorale de cinquante sièges remportés au premier tour par le parti gouvernemental, auxquels s’ajoutent une dizaine d’élus issus de formations satellites alliées, l’appétit du pouvoir demeure inassouvi.
L’objectif affiché consiste à obtenir une Assemblée nationale monochrome dans sa totalité. Certes, la domination actuelle est déjà écrasante, mais il s’agit d’aller jusqu’au bout, d’éliminer toute trace d’opposition. C’est dans cette optique que le président en personne a décroché son téléphone pour joindre le patron du Conseil constitutionnel, qui n’est autre que son oncle, monsieur Jean-Pierre Wabouhi.
Lors de cet échange téléphonique, le dictateur de Bangui a exposé son problème : tous les candidats du parti MCU. risquent d’être écartés, ainsi que leurs alliés, ce qui compliquerait son action future. Comment gouverner efficacement sans une majorité écrasante à l’Assemblée, a-t-il expliqué à son parent ? Le message était limpide : il fallait valider massivement les victoires du camp présidentiel.
Pour y parvenir, certains bureaux de vote devront être invalidés, notamment ceux où des candidats indépendants considérés de l’opposition ont obtenu de bons résultats. L’annulation ciblée de ces scrutins permettrait de basculer plusieurs circonscriptions en faveur des candidats du pouvoir. Telle est la stratégie que le président a développée auprès du Conseil constitutionnel, par l’intermédiaire de son oncle.
Parallèlement à ces démarches présidentielles, d’autres offensives se déploient dans les bureaux du conseil constitutionnel. Des émissaires vont et viennent, porteurs de propositions variées destinées à influencer les décisions à venir. Ces batailles parallèles feront l’objet de notre prochain article sur CNC
braquage meurtrier à Sikikédé : un Soldat FACA et un chauffeur perdent la vie dans la fusillade
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-soldat-faca-tue-lors-d-un-braquage-a-20-kilometres-de-sikikede-dans-la-vakaga.webp” data-wpel-link=”internal”>Le soldat FACA tué lors d’un braquage à 20 kilomètres de Sikikédé, dans la Vakaga
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un échange de tirs a coûté la vie à deux personnes samedi 31 janvier 2025 sur la route du Tchad, impliquant un soldat devenu bandit et des éléments d’autodéfense de Sikikédé.
Le militaire braqueur en question avait été déployé à Sikikédé il y a neuf mois dans le cadre des opérations de sécurisation de la zone. Depuis 9 mois, il galère ensemble avec ses collègues militaires ainsi que son chef. Mais arrivée ce samedi 31 janvier 2026 aux environs de 10 heures, il a demandé à son supérieur l’autorisation de se rendre en ville pour acheter des médicaments, prétextant des douleurs qui nécessitaient un traitement. Son chef lui a accordé cette permission sans se douter de ce qui allait suivre.
Au lieu de se diriger vers une pharmacie, le soldat s’est rendu à 20 km de Sikikédé accompagné de ses complices. Ensemble, ils ont tendu un guet-apens pour bloquer la circulation aux usagers qui veulent se rendre au Tchad. Leur plan était simple : rançonner les véhicules qui passeraient par là et s’enrichir rapidement avec de l’argent sale.
Ce jours là, les premiers automobilistes tombés dans le piège de ces bandits ont été dépouillés de leurs biens. Heureusement, ces victimes ont réussi à alerter leurs compatriotes restés au village avant que la situation n’empire davantage. L’information est remontée jusqu’aux forces d’autodéfense qui ont immédiatement organisé une intervention.
Les autodéfenseurs se sont mis en route sur des motos, suivant discrètement un pick-up qui servait d’appât. Leur stratégie consistait à laisser le véhicule avancer en première ligne pendant qu’ils restaient en retrait pour surprendre les bandits. Le piège fonctionnait dans les deux sens, chacun croyant avoir l’avantage sur l’autre.
Lorsque le pick-up est arrivé au niveau du filet des bandits, le soldat de deuxième classe l’a arrêté et a entamé une discussion avec le conducteur. Il a exigé la somme de 300 000 francs CFA pour laisser passer le véhicule. Pendant que le chauffeur tentait de négocier, refusant de céder à ce racket, la tension montait dangereusement.
Sans crier gare, le militaire a dégainé son arme et a abattu froidement le conducteur qui s’est effondré dans son siège. Les autodéfenseurs ont alors surgi et ont ouvert le feu immédiatement sur le groupe de bandits. Le soldat félon a riposté et a réussi à blesser l’un des autodéfenseurs avant d’être finalement abattu. Les complices du soldat ont pris la fuite, laissant le soldat seul au sol.
Après la fusillade, les forces d’autodéfense ont fouillé le corps du militaire tué. Ils ont retrouvé sur lui toutes ses pièces d’identité militaire confirmant qu’il s’agissait bien d’un soldat FACA déployé à Sikikédé.
Ils ont décidé alors d’informer son chef à Sikikédé qui a finalement ordonné le rapatriement du corps à Sikikédé. Vers la nuit, un convoi militaire est allé sur le lieu et récupérer le cadavre du militaire.
Selon certaines sources, le non-versement des primes globales d’alimentation depuis neuf mois pourrait expliquer ce basculement dans la criminalité. Les soldats déployés à Sikikédé n’ont pas reçu leurs PGA depuis leur arrivée, créant des conditions de vie difficiles qui poussent certains éléments à chercher des moyens illégaux de survie
Extermination des Azande : le clepto-mythomane Maxime Balalou refuse l’enquête internationale, la communauté Azandé lui répond sèchement
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-pauvres-jeunes-centrafricains-arretes-par-les-mercenaires-russes-du-groupe-wagner-appuyes-par-des-gendarmes-policier-et-faca.webp” data-wpel-link=”internal”>Les pauvres jeunes centrafricains arrêtés par les mercenaires russes du groupe Wagner, appuyés par des gendarmes, policier et FACA
Les représentants Azande répondent au clepto-mythomane Maxime Balalou en exigeant des explications concrètes sur les citoyens enlevés plutôt que des accusations de manipulation politique.
Suite au mémorandum de la communauté Azandé adressé au Secrétaire général des nations-unies, le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, a décidé, le lundi dernier, de répondre par une déclaration officielle. Dans ce document, il rejette fermement toute accusation de génocide ou de crimes contre l’humanité dans la préfecture du Haut-Mbomou. Le clepto-mythomane Maxime Balalou affirme que ces allégations sont dénuées de preuves et relèvent d’une tentative de déstabilisation menée depuis Bangui par des instigateurs qui seront bientôt démasqués. Cette position officielle provoque une riposte immédiate de la part de ceux qui ont rédigé le mémorandum initial adressé aux Nations Unies.
Pourtant, cette version gouvernementale ne tient pas debout quand on examine les faits sur le terrain. Depuis janvier 2025, les arrestations injustes et les disparitions forcées se comptent par dizaines dans la région du Haut-Mbomou. Les représentants de la population azande rappellent plusieurs cas précis qui demeurent sans réponse de la part des autorités centrafricaines.
Bakoyogo CélestinLemane et Gouengue Elie ont été enlevés par les mercenaires russes à la section de recherche et d’investigation (SRI ) les 24 et 25 janvier 2025 en présence du commandant de cette unité de la gendarmerie. Un an plus tard, aucune information n’a été fournie sur leur localisation actuelle ni sur les conditions de leur détention éventuelle. Le clepto-mythomane Balalou reste muet sur le sort de ces deux hommes malgré les questions précises qui lui sont adressées.
Ces cas ne constituent que la partie visible d’une entreprise bien plus vaste. Actuellement, au moins cinquante personnes de la communauté azande croupissent dans les prisons de Bangui sous des accusations inventées de toutes pièces. Ceux qui ont cette “chance” d’être emprisonnés peuvent au moins espérer survivre, contrairement à tous les autres.
Car beaucoup n’arrivent jamais jusqu’aux cellules de détention. Les arrestations se terminent fréquemment par des exécutions sommaires sur place, sans jugement ni même interrogatoire formel. Le clepto-mythomane Maxime Balalou soutient que les Forces russes du groupe Wagner et leurs alliés de forces Armées Centrafricaines agissent uniquement dans le cadre de leur mission régalienne de protection des populations, mais les faits démontrent exactement le contraire.
L’exécution de Tisso René est aussi un exemple parfait de cette réalité. Conseiller municipal et unique professeur d’histoire-géographie au collège de Zemio, cet homme a été abattu par les forces gouvernementales et les mercenaires russes de la milice Wagner. Son statut d’enseignant et d’élu local ne lui a offert aucune protection contre la barbarie qui s’abat sur sa communauté.
D’autres noms s’ajoutent à cette liste macabre qui ne cesse de s’allonger. Des chefs de quartier et des autorités locales qui n’avaient jamais porté d’arme ont péri dans des conditions similaires. L’adjoint du chef de quartier Ngouli à Obo compte parmi les victimes, son exécution remontant à quelques semaines seulement.
La présence des mercenaires russes de la milice Wagner dans la zone amplifie considérablement les violences. Les témoignages recueillis localement pointent leur implication directe dans plusieurs opérations qui ciblent spécifiquement les membres de la communauté azande. Ces affirmations contredisent la version du clepto-mythomane Balalou selon laquelle aucune opération militaire n’aurait été conduite sur des bases ethniques ou communautaires.
Le gouvernement évoque l’existence de groupes armés et de trafics transfrontaliers pour justifier le déploiement militaire. Cette explication ne convainc personne quand on constate que les victimes sont des enseignants, des conseillers municipaux, des chefs de quartier, bref des civils sans armes. Des prisonniers civils auraient perdu la vie dans les gendarmeries de Zemio et Mboki sans avoir été jugés ni même formellement accusés.
Bangui annonce une enquête pour identifier ce qu’elle nomme un vaste réseau de complices politiques et intellectuels. Cette démarche apparaît comme une manœuvre dilatoire visant à éviter une investigation internationale indépendante. Les auteurs du mémorandum demandent précisément l’ouverture d’une telle enquête, estimant que les mécanismes nationaux ne peuvent garantir l’impartialité nécessaire dans un contexte où l’État lui-même est accusé.
Le clepto-mythomane Balalou n’a aucune crédibilité pour nier ces accusations. Comment peut-il expliquer la disparition de dizaines de citoyens azande arrêtés par ses propres forces en présence de commandants de gendarmerie ? Comment justifie-t-il que cinquante personnes au moins sont détenues actuellement sans procès ni charges légales claires ?
La Minusca se trouve également mentionnée dans ce dossier sensible. Le gouvernement réfute toute complicité de la mission onusienne dans des exactions contre les civils, rappelant que sa coopération s’inscrit dans le cadre du mandat défini par le Conseil de sécurité. Néanmoins, des voix s’élèvent pour réclamer une clarification du rôle exact joué par les Casques bleus dans les événements qui se déroulent depuis janvier 2025.
Les médiations en cours pour libérer des otages détenus par des miliciens Azandé armés sont présentées par Bangui comme une priorité. Cette initiative apparaît toutefois déconnectée des préoccupations principales exprimées dans le mémorandum, qui porte sur des disparitions forcées attribuées non pas à des groupes armés rebelles mais aux forces gouvernementales elles-mêmes et à leurs alliés russes. Le ministre tente ainsi de détourner l’attention du véritable problème.
L’accumulation de témoignages convergents et de cas documentés constitue une preuve largement suffisante pour justifier une intervention internationale. Le clepto-mythomane Balalou prétend que les accusations sont dénuées de preuves, mais il est incapable de dire où se trouvent Bakoyogo Célestin Lemane et Gouengue Elie. Il ne peut pas expliquer pourquoi Tisso René a été exécuté ni pourquoi l’adjoint du chef de quartier Ngouli a connu le même sort.
Le ministre met en garde contre l’ethnicisation des tensions sécuritaires, un argument que ses contradicteurs retournent contre lui. Ils estiment que les faits parlent d’eux-mêmes et démontrent un ciblage délibéré de leur communauté. Depuis janvier 2025, seuls des Azande sont arrêtés en masse, seuls des Azande disparaissent dans les gendarmeries, seuls des Azande sont exécutés par Wagner et les FACA.
Le gouvernement affirme sa détermination à résoudre rapidement la crise par tous les moyens politiques et militaires disponibles. Cette déclaration d’intention ne précise pas comment sera garantie la sécurité des civils azande ni quelles mesures concrètes sont envisagées pour mettre fin aux violences. L’absence de détails opérationnels renforce les doutes sur la volonté réelle de traiter le problème à sa racine, d’autant que l’État est lui-même l’auteur présumé de ces crimes.
La souveraineté territoriale centrafricaine est brandie comme un rempart contre toute ingérence extérieure. Pourtant, la République Centrafricaine a ratifié plusieurs conventions internationales relatives aux droits humains et à la prévention du génocide. Ces engagements impliquent théoriquement l’acceptation de mécanismes de surveillance et d’intervention dans des situations exceptionnelles, précisément comme celle qui se déroule actuellement dans le Haut-Mbomou.
Les preuves qualifiées d’accablantes par les signataires du mémorandum incluent des témoignages directs et des documents que le clepto-mythomane Balalou juge insuffisants. Cette divergence d’appréciation révèle un fossé profond entre la perception des événements sur le terrain et l’analyse qu’en font les autorités nationales. Le ministre refuse de voir ce qui crève les yeux : une entreprise d’extermination planifiée et exécutée contre une communauté entière.
Aucun dialogue constructif ne semble possible tant que persiste ce désaccord fondamental sur la nature même des faits reprochés. Le clepto-mythomane Balalou continuera probablement à nier l’évidence pendant que les arrestations se poursuivent et que le nombre de disparus augmente. Les cinquante prisonniers actuellement détenus ne représentent qu’une fraction de tous ceux qui ont été enlevés depuis janvier 2025, les autres ayant déjà payé de leur vie leur appartenance à la communauté azande
À Gomon, il a été Licencié pour jalousie, réintégré par l’inspection du travail : un responsable chinois l’envoie casser des pierres sur le chantier minier
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Des-camions-sur-le-site-minier-chinois-de-Gaga-dans-lOmbella-Mpoko.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les camions sur le site minier de de l’IMC de Gomon, 20 kilomètres de Yaloké, dans l’Ombella-Mpoko. Photo CNC
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un employé centrafricain du chantier minier chinois de l’IMC de Gomon retrouve son poste après l’intervention de l’inspection du travail, mais son calvaire est loin d’être terminé sur le site minier de l’industrie minière de Centrafrique.
L’affaire semblait close. Après son renvoi injustifié du site minier chinois de Gomont, le conducteur avait pris la route de Bangui pour déposer plainte auprès de l’inspection du travail. Les responsables ont rapidement contacté la direction de l’IMC à Gomont, exigeant la réintégration immédiate de l’employé et le paiement de ses droits bafoués.
La société minière n’a eu d’autre choix que de plier. L’homme est revenu, a repris sa place derrière le volant et travaillé toute la nuit comme si de rien n’était. Mais dès le lendemain matin, le responsable chinois à l’origine du licenciement à cause de la jalousie l’attendait au tournant.
« Ce poste est déjà occupé, tu n’as plus rien à faire ici », lui a-t-il lancé avant de l’expédier à la carrière. Là-bas, plus question de conduire : le voilà affecté au concassage des pierres, un travail éreintant généralement réservé aux manœuvres durs et forts. De chauffeur qualifié, il devient casseur de cailloux du jour au lendemain. Voilà ce que les chinois font en toute impunité sur leur chantier.
Cette mutation ne trompe personne sur le site. Les collègues centrafricains y voient une punition déguisée, une vengeance mesquine d’un patron qui n’a jamais digéré l’intervention de l’inspection du travail. Le responsable chinois garde visiblement rancune, incapable d’accepter qu’on ait osé défendre ses droits.
Les employés centrafricains commencent à perdre patience. « Les Chinois sont venus chercher l’or ou les femmes ? », s’interrogent-ils ouvertement. Cette obsession maladive pour les jeunes filles centrafricaines et cette hostilité envers leurs compatriotes qui leur parlent finissent par agacer profondément les travailleurs centrafricains.
Le conducteur se retrouve donc à casser des roches sous le soleil, loin de son volant et de ses compétences. Chaque coup de masse semble être le prix à payer pour avoir simplement salué une jeune femme quelques semaines plus tôt. L’inspection du travail a beau avoir fait son travail, sur le terrain, la rancœur chinoise garde toute sa force.
Les journées s’enchaînent désormais à la carrière, dans la poussière et le bruit des pierres qui éclatent. L’homme continue de venir travailler chaque matin, conscient que partir signifierait abandonner définitivement ses droits. Autour de lui, ses collègues observent cette humiliation quotidienne en se demandant jusqu’où ira cette guerre d’usure.
Dilapoko : lutte contre la désinformation ou propagande, le sens réel de la distribution de radios par la Minusca
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/distribution-des-postes-radios-par-la-minusca-dans-la-mambere-kadei.webp” data-wpel-link=”internal”>Distribution des postes radios par la Minusca à Dilapoko, dans la Mambéré-Kadéi
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Présentée comme un outil contre les rumeurs, la distribution de radios solaires à Dilapoko par la MINUSCA impose en réalité à la population un outil de propagande du régime dictatorial du clepto-crimino-mythomane Faustin-Archange Touadera .
La semaine dernière, plus de 150 habitants de Dilapoko, localité située dans l’ouest du pays, ont reçu des postes radio solaires remis par le bureau de la MINUSCA à Berbérati. L’initiative est officiellement destinée à garantir l’accès à l’information dans une zone enclavée, éloignée des réseaux numériques et des médias privés.
Dans les faits, ces radios donnent surtout accès à un nombre limité de stations connues pour relayer exclusivement des propagandes du régime dictatorial de Touadera. La radio Ndèkè-Luka, Guira FM, Radio Centrafrique : toutes relayent le même contenu édité, surveillé, aseptisé. Aucune ne parle des exactions des mercenaires russes du groupe Wagner, des soldats des forces armées centrafricaines, ni des abus quotidiens du pouvoir.
La radio Guira FM de la Minusca se limite à glorifier les Casques bleus. Paix, cohésion sociale, discours validés par les autorités partenaires : le programme tourne en boucle. Jamais un mot sur ce que vivent réellement les Centrafricains sous occupation militaire étrangère.
Depuis des années, ce silence organisé étouffe la vérité. Les opérations militaires russes, les violences autour de l’exploitation minière, les abus rapportés par les villageois : tout disparaît des ondes. L’antenne diffuse un mensonge permanent par omission.
À Dilapoko comme partout ailleurs, les populations entendent un récit étranger à leur réalité. Déplacements forcés, pressions armées, restrictions imposées autour des sites miniers : rien ne filtre. Les bulletins d’information racontent un pays imaginaire pendant que le vrai saigne en silence.
Lors de la remise, plusieurs bénéficiaires ont docilement remercié la MINUSCA. Ces remerciements enregistrés et diffusés servent de caution médiatique à l’opération. L’adhésion forcée devient preuve de légitimité pour ceux qui contrôlent le micro.
Les autorités locales complices ont vanté l’utilité de ces radios pour la paix sociale. Écoute, vigilance, alignement sur les sources dites fiables : le vocabulaire reste celui du contrôle. La paix qu’on impose par le silence n’est que la continuation de l’oppression par d’autres moyens.
Dans ce dispositif, la radio n’informe plus. Elle formate, elle conditionne, elle soumet. L’accès à l’information existe techniquement, mais l’information elle-même est verrouillée par ceux qui tiennent l’antenne et dictent ce qui peut ou non être dit.
La MINUSCA prétend lutter contre la désinformation en distribuant des postes radio. En réalité, elle installe des outils de propagande directement dans les foyers. Chaque appareil devient un relais du mensonge officiel, une arme de guerre informationnelle contre les populations qu’elle prétend protéger.
Pendant ce temps, les vraies voix centrafricaines restent étouffées. Celles qui témoignent des massacres, des pillages, des humiliations quotidiennes. Celles qui disent la vérité que ni la MINUSCA, ni ses radios complices, ni le gouvernement fantoche ne veulent laisser entendre.
Le masque est tombé. La distribution de radios à Dilapoko n’est pas un geste humanitaire : c’est l’installation méthodique d’un système de contrôle de l’information au service des occupants.
TROISIÈME MANDAT VOLÉ, EAU ET ELECTRICITE EN RUINE : l’insulte faite au peuple par Gouandjika et le cynisme glaçant du régime Touadéra, tandis que la société civile tente un périlleux équilibrisme
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/troisieme-mandat-vole-eau-et-electricite-en-ruine-l-insulte-faite-au-peuple-par-gouandjika-et-le-cynisme-glacant-du-regime-touadera-tandis-que-la-societe-civile-tente-un-peri.webp” data-wpel-link=”internal”>TROISIÈME MANDAT VOLÉ, EAU ET ELECTRICITE EN RUINE l’insulte faite au peuple par Gouandjika et le cynisme glaçant du régime Touadéra, tandis que la société civile tente un péri
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Par : le service de communication du candidat Anicet-Georges Dologuelé
Le samedi 24 janvier 2026, nous avons pris part au débat Patara sur les ondes de la radio Ndéké Luka, qui a révélé le visage abject du pouvoir en place à travers M. le ministre conseiller spécial du président, Fidel Gouandjika.
Ce débat, centré sur les questions d’eau et d’électricité, a mis en lumière un cynisme révoltant et un mépris total pour le peuple, illustré par des mensonges éhontés et des promesses creuses.
Depuis la réélection illégale de M. Faustin-Archange Touadéra pour un troisième mandat, les Banguissois souffrent d’un manque flagrant d’eau potable et d’électricité.
Les invités de ce débat comprenaient M. Fidel Gouandjika, M. Quentin Ngbouando de l’organisation de la société civile « I Gwé », et M. Raymond Adouma, ancien ministre, représentant du BRDC.
Au lieu d’aborder ces enjeux cruciaux, M. Gouandjika a détourné le débat en une tribune de propagande, niant les irrégularités de l’élection et minimisant la souffrance des Centrafricains, tout en qualifiant de « victoire de la démocratie » un hold-up électoral orchestré. Tandis qu’une partie de l’opposition tentait de contredire ses affirmations, la société civile, représentée par M. Ngbouando, semblait glisser vers une attitude de « partenaire raisonnable » d’un régime illégitime, plutôt que de défendre clairement les aspirations du peuple.
Notre analyse…
Les mensonges et incohérences de M. Gouandjika sur l’holdup électoral
Dès le début, Gouandjika martèle que l’élection a été « transparente, inclusive, démocratique et acceptée par tout le monde », ne concédant qu’une contestation marginale d’« une frange de l’opposition dite démocratique ». C’est une contre-vérité flagrante : l’opposition regroupée au sein du BRDC n’a pas participé au scrutin précisément parce que les conditions étaient truquées, que les listes électorales définitives n’existaient pas et que l’ANE et la Conseil constitutionnel étaient acquises à la cause du pouvoir, comme le rappelle Raymond Adouma. Parler alors de « premier mandat d’une nouvelle République » et non de troisième mandat (pourtant déguisé, reconnait-il) n’est qu’un tour de passe-passe juridique, un maquillage politique d’un tripatouillage constitutionnel explicitement interdit par la Constitution de 2016 sur laquelle Touadéra a juré à deux reprises de respecter la limitation des mandats.
Gouandjika ose présenter la validation par le Conseil constitutionnel comme « le droit dit » par une institution indépendante, alors même qu’on le sait, ce Conseil est entièrement inféodé au MCU, nommé par le pouvoir, et même encadré physiquement par des mercenaires de Wagner lors de la proclamation nocturne des résultats provisoires. Comment parler d’élection crédible lorsque l’ANE proclame des résultats avant même que les urnes de l’arrière-pays et de certains bureaux de Bangui soient arrivées, comme au quartier des 100 logements où les urnes ont mis trois jours à être acheminées ? Gouandjika tente de couvrir ce scandale en répétant que « l’ANE n’a jamais dit que c’est à 100% » et en transformant un abus de pouvoir grossier en soi-disant méthode « normale » en France : proclamation des résultats le soir même du vote.
La comparaison avec la France est intellectuellement malhonnête : en France, les listes électorales sont à jour, les procès-verbaux remontent dans les délais, la logistique est maîtrisée, et les résultats communiqués à 20h sont des estimations irréversibles basées sur un échantillonnage robuste, pas une proclamation sortie d’urnes incomplètes dans un pays en insécurité (pour ne pas dire guerre) et sans acheminement fiable. En Centrafrique, Gouandjika veut faire croire qu’on peut « déclarer vainqueur » un candidat sur la base de 80% de procès-verbaux biaisés, dans un contexte où les deux institutions clés – ANE et Conseil constitutionnel – sont verrouillées par le pouvoir et où la présence armée autour de l’ANE au moment de la proclamation est attestée. Quand il raille ceux qui demandent que « tous les résultats soient récoltés » avant proclamation et traite la Constitution de 2016 comme un « disque rayé », il avoue en réalité son mépris total de la légalité constitutionnelle, de la transparence et de la notion même de souveraineté populaire.
Le refus du dialogue et le mépris des forces vives de la nation
Sur la question du dialogue, la duplicité de Gouandjika est totale : il affirme qu’« il n’y a aucune crispation » politique, que le dialogue est « permanent » et qu’on ne le « force pas », tout en rejetant l’idée même d’un dialogue politique inclusif pourtant réclamé en amont des Élections par l’opposition, la société civile et même des partenaires internationaux. Sa conception du dialogue se résume à dire : l’Assemblée nationale sera installée, la majorité gouvernera, l’opposition parlera dans l’hémicycle, et il n’y a « pas le temps » de réunir les forces vives de la nation. C’est un aveu clair : le régime ne veut ni discussion, ni remise à plat, ni consensus national sur le tripatouillage de la Constitution et le hold-up électoral.
Lorsqu’il explique qu’« on élit toujours quelqu’un d’après son projet de société » et affirme que le peuple a choisi le MCU, il se garde bien de rappeler que ce « choix » s’est fait en dehors de la Constitution de 2016, sans bilan sérieux des deux premiers mandats, et dans un contexte où l’opposition a été délibérément empêchée de concourir dans des conditions équitables. Il balaie d’un revers de main l’exigence de dialogue du BRDC et de la société civile, en transformant la demande de décrispation en caprice d’une opposition qu’il accuse de « fuir les Élections ». Quand un ministre conseiller spécial d’un régime qui se maintient par un référendum contesté et une présidentielle viciée, irrégulière explique que « le consensus n’est pas synonyme de démocratie », cela signifie simplement que le pouvoir entend gouverner seul, sans dialogue réel, en s’abritant derrière une façade électorale fabriquée.
Une logorrhée mensongère sur l’eau et l’électricité
Sur le cœur du débat – l’eau et l’électricité – Gouandjika n’a ni plan, ni chiffres sérieux, ni compassion pour la souffrance quotidienne des Banguisois : il n’a que des comparaisons hors sujet, des promesses fumeuses et un cynisme glaçant. À la description précise faite par le journaliste : quartiers entiers sans eau, puits à sec, files interminables, coupures d’électricité qui paralysent les pompes et les petits commerces, il répond d’abord par la fuite : « c’est vous qui dites que le problème est récurrent », puis par la banalisation – « depuis Boganda jusqu’à Touadéra, il y a des puits doutingu » – comme si le fait que le pays souffre de ce problème depuis l’indépendance justifiait l’inaction actuelle.
Il va jusqu’à poser une question scandaleuse : « Quand les puits tarissent, c’est Touadéra qui a fait tarir ces puits-là ? Quand la rivière Oubangui sèche, c’est Touadéra qui a séché la rivière ? », s’exonérant ainsi de toute responsabilité politique dans la planification, les investissements, la maintenance des infrastructures, la gouvernance de la SODECA et de l’ENERCA. Dire « le Centrafricain ne meurt pas de soif, il y a de l’eau » alors que les témoignages de Nzangoya, Damala, Fatima, Galabadjia, Boy-Rabe montrent des femmes, des enfants et des familles parcourant des kilomètres, payant cher, faisant la queue à 3 h du matin pour un bidon d’eau, relève d’un mépris absolu pour la dignité des citoyens.
Devant les reportages de Jeff Daou et Ludovic Malikata qui documentent des quartiers privés d’eau de la SODECA depuis 5 ans ou 2004, des bornes-fontaines hors service, des files interminables, des ménages qui payent 500 francs CFA la journée pour quelques bidons, Gouandjika n’a qu’une réponse : « à la fin, chacun rentre chez soi avec un bidon d’eau », comme si ce calvaire quotidien était acceptable en 2026 dans la capitale d’un État prétendument en voie de « développement ». Il ose ensuite parler de « problème saisonnier », comparer Bangui à New York pour relativiser les coupures de courant, et promettre tranquillement qu’« avec la nouvelle constitution » et l’exploitation future du pétrole, du gaz et de l’uranium, on pourra construire « d’ici 10 à 15 ans » une centrale nucléaire pour fournir de l’électricité à 100%. C’est du pur enfumage : aucune planification, aucun calendrier, aucun financement crédible, juste des promesses lointaines pendant que les Banguissois se battent aujourd’hui pour un seau d’eau et subissent des coupures d’électricité qui paralysent hôpitaux, écoles et services de base.
Quand Adouma rappelle que le MCU avait promis 5 000 châteaux d’eau et des pompes à motricité humaine, qu’à Bimbo même un seul château d’eau inachevé peine à voir le jour, et que la crypto-monnaie vantée par le régime n’a rien changé à la vie de la population, Gouandjika ne répond pas sur le fond. Il se réfugie derrière des pseudo-statistiques non sourcées – « la courbe est montante » pour l’eau et l’électricité, « le nombre de mégawatts a augmenté énormément » – sans jamais donner un chiffre concret ni un indicateur d’accès réel au service public, alors que la population continue de crier sa détresse. C’est une stratégie classique : parler de mégawatts et de « courbes » sans se soucier du vécu des habitants de Nzangoya, Damala, Fatima, Galabadjia ou Boy-Rabe qui n’ont tout simplement pas d’eau au robinet.
Les contradictions de Gouandjika sur son parcours et son utilité
Gouandjika est le même homme qui, dans une vidéo devenue virale, fanfaronnait : « Je suis ministre depuis 2005, on vient d’avoir un mandat de 7 ans, je vais vieillir et mourir au palais de la Renaissance comme ministre. » Cette phrase résume sa mentalité : pour lui, le pouvoir est un statut personnel, une rente, non une responsabilité au service du peuple. Ses différentes fonctions – ministre de l’Agriculture, ministre des Télécommunications, aujourd’hui ministre conseiller sans portefeuille – n’ont laissé aucune trace significative en termes de lois structurantes, de politiques publiques durables ou de projets concrets qui améliorent la vie des Centrafricains.
Dans le débat, lorsqu’on lui pose des questions précises : où sont les 5 000 châteaux d’eau ? combien de nouvelles pompes ont été installées, combien sont tombées en panne ? quel est l’impact réel des milliards injectés par les partenaires dans le secteur eau-électricité ? – Gouandjika est incapable de répondre. Il préfère attaquer l’opposition, se moquer des statistiques d’Adouma, ironiser sur son « internet » et sa « montre Rolex », détourner la conversation sur les accords avec la France ou sur des promesses minières hypothétiques. Un ministre conseiller qui, après plus de quinze ans de présence au sommet de l’État, n’est pas capable d’exposer un bilan chiffré et vérifiable de son action et de celle du régime sur l’eau, l’électricité, la pauvreté, l’espérance de vie ou les infrastructures de base, confirme lui-même qu’il est un poids mort pour la nation et un propagandiste, pas un responsable d’État.
Pire : lorsqu’Adouma démonte la fable de la nouvelle Constitution « du développement » en expliquant que le secteur minier ne contribue qu’à 4% du budget de l’État malgré l’or de Ndassima exploité par Wagner, les concessions données aux Rwandais et aux Chinois, et que les 250 milliards attendus à l’époque n’ont jamais été captés par le Trésor, Gouandjika n’a là encore aucun argument. Il continue d’accuser la Constitution de 2016 d’être contrôlée par « 11 accords secrets avec la France », sans être capable de citer un seul article attribuant le sous-sol centrafricain à la France, alors même qu’on lui rappelle que ces accords de défense ont déjà été révisés en 2010. Ce décalage entre slogans anti-français et soumission économique à d’autres puissances montre le niveau de manipulation idéologique auquel il se livre.
La dérive de la société civile de Quentin Ngbouando
Face à ce cynisme gouvernemental, on pourrait attendre de la société civile une position claire, radicale, alignée sur la souffrance du peuple et la dénonciation sans détour de l’illégitimité du pouvoir. Or, Quentin Ngbouando adopte une posture ambiguë, prudente, qui flirte dangereusement avec la logique du compromis avec un régime issu d’un hold-up électoral. Certes, il reconnaît des « irrégularités graves orchestrées par l’incompétence de l’ANE » et admet que la société civile a suivi de près le processus, constatant des failles sur la démocratie et l’égalité des chances. Mais au lieu de qualifier clairement ces irrégularités pour ce qu’elles sont – une fraude massive, un déni de souveraineté populaire – il se contente de dire que la société civile « prend acte » de la décision du Conseil constitutionnel et appelle au dialogue avec la « nouvelle équipe dirigeante » qu’il traite comme une autorité légitime.
Plus grave encore, Quentin insiste pour que l’opposition soit « constructive », qu’il y ait une « ligne d’entente » entre pouvoir et opposition, et refuse l’idée que le dialogue soit un « partage de gâteau », comme si le problème central était la mentalité des acteurs et non la nature même d’un pouvoir arraché au peuple par la force et la fraude. En parlant de « 7e République qui commence », en se projetant déjà dans la gestion du mandat de 7 ans au lieu de contester son fondement illégal, il entérine de fait le troisième mandat de Touadéra. Quand il interpelle le gouvernement sur l’eau et l’électricité, il le fait en suppliant presque : « nous interpellons le gouvernement, nous interpellons le ministre conseiller afin de prendre des mesures sérieuses », sans jamais remettre frontalement en cause la légitimité politique d’un régime qui a déjà montré, depuis dix ans, qu’il se moque de la population.
En qualifiant l’opposition de manière implicite d’« opposition non constructive » – puisqu’il souligne qu’il faut qu’elle devienne constructive et formule des propositions, suggérant qu’elle ne le serait pas – Quentin se rapproche dangereusement du discours du pouvoir qui caricature le BRDC en groupe de « boycotteurs » crispés. Cette prudence, cette volonté de rester « au centre » pour ne pas « faire le jeu du parti pris », cette obsession du consensus avec un pouvoir illégitime, donnent le sentiment qu’une partie de la société civile cherche déjà sa place à la table du futur « dialogue » sous contrôle du régime, c’est-à-dire dans le partage du gâteau et des postes, plutôt que dans l’affrontement politique au service du peuple.
Quand, sur la question de l’eau, Quentin souligne à juste titre que beaucoup d’argent a été injecté par la Banque mondiale et la BAD sans résultats visibles, qu’il faut augmenter l’investissement direct de l’État, élaborer un plan d’action et rendre ce plan public, il reste dans un registre technocratique. Il ne franchit jamais le pas de dire que l’échec persistant de l’État à assurer l’eau et l’électricité, malgré l’aide internationale, malgré dix ans de pouvoir, malgré les promesses, est la preuve que ce régime a perdu tout mandat moral pour diriger le pays. En évitant ce constat, en se limitant à des interpellations polies et à des appels à « corriger » la situation « l’année prochaine », il envoie le message que l’élection truquée est désormais actée et que l’on doit cohabiter avec ce pouvoir, plutôt que le combattre jusqu’à l’obtention d’un véritable changement.
Eau, électricité, pauvreté : un système à l’agonie
Au milieu des mensonges de Gouandjika et des prudences de Quentin, la seule chose qui ne ment pas, ce sont les faits : l’espérance de vie qui chute de 60 à 53 ans depuis l’arrivée de Touadéra au pouvoir, la pauvreté qui stagne à 68% et menace d’atteindre 80%, les files interminables pour un seau d’eau, les quartiers privés d’eau de la SODECA depuis des années, les hôpitaux contraints de renvoyer des malades et se débarrasser des cadavres, faute d’eau, les écoles paralysées. L’opposition rappelle que ces chiffres sont le produit direct d’une politique qui n’a jamais mis la population au centre de ses priorités, mais s’est concentrée sur la conservation du pouvoir, les arrangements miniers opaques et les révisions constitutionnelles.
Quand Adouma explique que la contribution du secteur minier au budget de l’État est de 4%, malgré l’or accaparé par Wagner et d’autres partenaires, il montre que la nouvelle Constitution censée « libérer la main » sur le sous-sol n’a servi qu’à légitimer le pillage sans bénéfice pour la population. Quand Quentin décrit un système où le DG de la SODECA ne peut pas venir s’expliquer, de peur d’être sanctionné par son ministre, et où le ministre lui-même refuse de s’exposer parce que cela nuirait à l’image du chef de l’État, il décrit un pouvoir enfermé dans sa bulle, incapable d’assumer ses responsabilités, même les plus élémentaires, devant le peuple. Pendant ce temps, les habitants des 4e, 6e, 7e et 8e arrondissements, de Nzangoya à Galabadjia, continuent à vivre un calvaire quotidien pour avoir de l’eau, au XXIe siècle, dans la capitale d’un pays riche en eau de surface.
Somme toute : un régime de mépris et des élites à la croisée des chemins
Ce débat radiophonique révèle crûment ce que beaucoup de Centrafricains savent déjà : nous ne sommes pas face à des « difficultés techniques » ou des « problèmes saisonniers », mais à un régime qui a confisqué le pouvoir par un holdup électoral, capte les ressources du pays, méprise la souffrance du peuple et se paye de mots quand il s’agit d’eau, d’électricité, de santé et d’éducation. Fidel Gouandjika en est la caricature : ministre conseiller sans bilan, propagandiste arrogant qui revendique presque son statut de « ministre à vie », récitant des comparaisons absurdes avec la France ou New York, promettant un nucléaire imaginaire tout en expliquant aux pauvres qu’« ils ne meurent pas de soif » puisqu’ils finissent par rentrer avec un bidon.
Face à cela, l’opposition a le mérite de démonter certaines de ses énormités, mais elle doit transformer cette dénonciation en stratégie politique capable de rompre réellement avec ce système. Quant à la société civile, elle est à la croisée des chemins : soit elle continue à « prendre acte » des décisions d’institutions inféodées, à réclamer un « dialogue » avec un pouvoir illégitime et à exiger de l’opposition qu’elle soit « constructive », au risque de devenir complice objective du régime ; soit elle se réenracine du côté des quartiers sans eau, des familles sans électricité, des enfants renvoyés des écoles et des centres de santé, et assume un rôle de contre-pouvoir intransigeant. Tant que des responsables comme Gouandjika pourront se permettre de déclarer qu’ils vieilliront et mourront ministres au palais de la Renaissance sans être mis face à leur bilan inexistant et à la colère du peuple, la RCA restera prisonnière de ce cycle de mépris, de mensonges et de misère.
Haut-Mbomou : nouveaux incendies à Kinikoumba et Bogou sur le chemin du retour des Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/image-d-illustration-des-habitations-incendies-a-kinikoumba-et-bogou.webp” data-wpel-link=”internal”>Image d’illustration des habitations incendiés à Kinikoumba et Bogou
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le convoi de retour d’Obo a incendié des habitations à Kinikoumba et Bogou lundi dernier. Les Mercenaires russes récidive après leur mission d’escorte vers l’est.
Il y a quelques jours, un convoi mixte avait quitté la capitale Bangui en direction de Zémio, puis d’Obo. Les mercenaires de la milice Wagner escortaient les soldats des forces armées centrafricaines ainsi que des camions qui transportaient du carburant et du matériel vers ces localités. Le déplacement vers l’est s’était effectué sans incident majeur.
Sauf que jeudi dernier, lors de leur passage à Kinikoumba sur le trajet aller, les choses ont basculé. Un interprète russe attaché à la milice Wagner a mis le feu à une dizaine de maisons dans ce village situé à 70 kilomètres de Zémio. Les habitants ont vu leurs habitations partir en fumée pendant que le convoi poursuivait sa route.
Le convoi a accompli sa mission à Obo et Zimyo avant d’entamer le trajet de retour vers Zémio. Les véhicules ont repris la route en sens inverse, repassant par les villages qui jalonnent l’axe Rafaï. Les populations espéraient que le retour se ferait sans nouvel incident après les destructions du jeudi.
Lundi 26 janvier, leurs craintes se sont confirmées de la pire des manières. Les mercenaires russes ont choisi de s’arrêter dans deux localités pour y commettre de nouvelles destructions. Kinikoumba, déjà touché jeudi par l’interprète russe, allait subir une deuxième vague d’incendies en quelques jours.
Les hommes armés ont mis le feu à plusieurs habitations dans ce village meurtri. Les propriétaires qui avaient vu partir en fumée la première série de maisons jeudi dernier assistent impuissants à cette récidive. Leur village paie un tribut particulièrement lourd à cette campagne de terreur qui semble les viser spécifiquement.
Bogou, situé à 30 kilomètres de Zémio sur le même axe, a également été visé lundi. Les mercenaires ont incendié des maisons dans cette localité qui n’avait pas été touchée lors du trajet aller. Les flammes ont consumé les habitations pendant que le convoi stationnait dans le village.
Cette double frappe lors du retour montre que les destructions ne résultent pas d’affrontements ou de provocations. Les mercenaires agissent selon leur bon vouloir, choisissant leurs cibles au hasard de leurs déplacements. Aucune logique militaire ne justifie ces actes contre des populations civiles désarmées.
Les dizaines des familles de Kinikoumba et Bogou se retrouvent sans toit après le passage du convoi de retour. À Kinikoumba, certaines d’entre elles avaient déjà tout perdu jeudi lors des premiers incendies. Les nouvelles destructions de lundi anéantissent tout espoir de stabilité pour ces villageois frappés deux fois.
Le comportement de ces mercenaires russes déroute les habitants de la région. Comment comprendre cette violence gratuite qui frappe des villages paisibles? Les gens se posent cette question sans trouver de réponse satisfaisante à cette succession d’incendies en moins d’une semaine.
L’impunité totale dont jouissent ces hommes leur permet d’agir sans retenue. Ni jeudi à l’aller ni lundi au retour, aucune autorité ne les a empêchés de détruire des habitations. Cette absence de sanction encourage la répétition des exactions à chaque nouveau déplacement de convoi sur cet axe.
Les populations du Haut-Mbomou vivent désormais dans la crainte permanente de voir passer des véhicules militaires. Chaque convoi peut s’arrêter n’importe où et mettre le feu à n’importe quelle maison. Cette incertitude pèse lourdement sur le quotidien des villageois qui guettent le bruit des moteurs.
Kinikoumba compte maintenant deux vagues d’incendies en quatre jours seulement. Le village qui avait vu brûler une dizaine de maisons jeudi lors du passage vers Obo vient d’en perdre d’autres lundi lors du retour. Les ruines s’accumulent dans cette localité doublement frappée en moins d’une semaine.
Entre mystique et politique, un fils de la forêt de la Lobaye livre un récit spectaculaire et glaçant. Son rêve nocturnes annoncent la capture spectaculaire du dictateur de Bangui, Faustin-Archange Touadera par les hommes de Bozizé le téméraire.
L’homme qui a raconté cette histoire revendique d’emblée son identité profonde de la Lobaye. Il appartient à l’ethnie Gbaka et insiste longuement sur l’authenticité de ses origines, loin des Centrafricains urbanisés ou occidentalisés. Cette précision est importante pour comprendre son récit puisqu’il légitime selon lui la nature sacrée de ses visions.
Sa jeunesse explique en partie cette connexion spirituelle. Né quand son père était encore très jeune, il a grandi dans une configuration familiale inhabituelle où les générations se confondaient presque. Son grand-père ressemblait à un père tandis que son géniteur passait pour un grand frère aux yeux des autres.
Cette proximité générationnelle lui a permis de vivre des rituels que nombreux centrafricains n’ont pas eu malheureusement dans leur vie. D’après lui, chaque nuit, à Bobangui, ses grands parents partaient dans la forêt chercher des tiges d’arbres spécifiques. Ils revenaient vers minuit ou une heure du matin pour réveiller les enfants et les plonger dans des marmites d’eau bouillante, comme on prépare de la viande.
Ces cérémonies initiatiques nocturnes forgent selon lui sa capacité à recevoir des messages ancestraux de ses grands parents. Il distingue d’ailleurs trois types de Gbaka : ceux complètement déracinés qu’il qualifie sans détour de “abroutis ”, ceux qui imitent les Occidentaux, et les authentiques restés au village. Lui appartient à cette dernière catégorie, celle des vrais gardiens de la tradition.
C’est précisément cette filiation spirituelle qui donne du poids à ses rêves. Cette nuit là, il dormais tranquillement sur son lit, puis subitement il fait un rêve. Dans cette rêve, la première vision qu’il obtient surgit brutalement dans son sommeil : l’opposant Anicet-Georges Dologuelé est déclaré Président de la République. Cette image le réveille instantanément, le laissant dans un état de confusion totale entre rêve et message prophétique.
Il se réveille. Il reste sans bouger sur son lit, puis il sort au salon et marche pour retrouver ses esprits. Un moment, il revient sur son lit pour se coucher. Puis, lentement, le sommeil l’a pris. Aussitôt, le second rêve arrive rapidement et s’avère beaucoup plus violent que le premier. Des coups de feu retentissent partout dans la capitale et les habitants du quartier s’écrient que François Bozizé est de retour à Bangui.
Dans ce chaos à Bangui, les rebelles de la Coalition des Patriotes pour le Changement ont très vite capturé au quartier Boy-Rabe le ministre conseiller à la Présidence Fidèle Gouandjika. Le ministre conseiller à la présidence tombe entre leurs mains sans que le rêveur ne précise les circonstances exactes de son arrestation. Mais l’essentiel de la vision concerne le chef de l’État lui-même.
Les combattants de la CPC se dirigent ensuite vers la résidence présidentielle de Boy-Rabe. Faustin Archange Touadéra comprend que la situation lui échappe complètement et tente de fuir par-dessus le portail de sa propre clôture. Malheureusement pour lui, des barres métalliques installées au sommet de son portail accrochent son pantalon pendant qu’il escalade.
Dans sa tentative désespérée de se libérer rapidement, l’une de ces files de fer lui déchire profondément les testicules. Le président Baba Kongoboro se met à hurler de douleur tandis que les rebelles approchent dangereusement de sa position. Les mercenaires russes censés assurer sa protection disparaissent mystérieusement du secteur, l’abandonnant complètement à son sort.
Les combattants de la CPC finissent par mettre la main sur lui alors qu’il saigne abondamment. Constatant la gravité de sa blessure au niveau de testicule, ils décident de le transporter dans un établissement de soins. C’est dans cette salle médicale que la scène prend une tournure encore plus étrange.
Deux personnalités inattendues se trouvent déjà sur place : Alfred Yekatom, surnommé Rambo, et Patrice-Édouard Ngaïssona. Ces deux hommes sont pourtant incarcérés à la Cour Pénale Internationale depuis plusieurs années, mais ils apparaissent néanmoins dans ce rêve comme s’ils étaient libres. Leur présence simultanée défie toute logique rationnelle mais renforce le caractère symbolique de la vision.
Ngaïssona et Rambo éclatent de rire en voyant Touadéra dans cet état pitoyable. Ils le narguent en répétant que cette humiliation est amplement méritée et qu’il récolte simplement ce qu’il a semé pendant ses années au pouvoir. Leurs moqueries résonnent dans la salle tandis que le blessé gémit sur son lit.
Ce double rêves ébranle profondément le rêveur qui se réveille complètement désorienté. Il reste un long moment à se demander s’il vient vraiment de vivre un simple cauchemar ou si ses ancêtres lui ont transmis un avertissement concernant l’avenir politique du pays. Après mûre réflexion, il penche clairement pour la seconde hypothèse.
Convaincu d’avoir reçu un message qu’il doit absolument partager, il décide de publier son témoignage sur les réseaux sociaux. Selon son interprétation, le président Touadéra finira tôt ou tard capturé exactement comme il l’a vu pendant son sommeil. Cette certitude ne repose sur aucune analyse politique rationnelle mais uniquement sur sa conviction d’avoir été choisi comme messager par les esprits de ses ancêtres. Le jeune Gbaka termine son récit en remerciant ceux qui ont pris le temps de l’écouter, persuadé d’avoir accompli un devoir spirituel envers ses compatriotes centrafricains qui doivent connaître ce que l’avenir leur réserve.
Le dictateur de BanguiFaustin-Archange Touadera feint l’indignation après l’annonce du retrait d’Air France, mais refuse de reconnaître les vraies raisons de cette rupture.
Celui-là même qui a ouvert grand les portes aux mercenaires russes de Wagner, ces mêmes miliciens qui terrorisent jusqu’aux compagnies aériennes et qui n’hésitent pas à siphonner le carburant des avions, ose aujourd’hui jouer les victimes. Les transporteurs ferment les yeux sur ces agissements et continuent pourtant de desservir Bangui, malgré l’insécurité permanente qui règne autour de leurs opérations. Mais le dictateur de Bangui préfère ignorer cette réalité dérangeante.
Au cœur du scandale se trouve Sylvie Baïpo-Thémaud, sa ministre des affaires étrangères, véritable responsable de la débâcle. C’est bien à cause d’elle qu’Air France a décidé de claquer la porte, un fait que Touadéra s’obstine à ne pas mentionner dans ses discours. Cette femme se comporte comme si son portefeuille ministériel faisait d’elle la cheffe de la diplomatie mondiale, alors qu’elle ne gère qu’un pays marginalisé et abandonné par la communauté internationale.
L’incident remonte à un vol Paris-Bangui durant lequel la ministre s’est crue autorisée à tous les caprices. Convaincue que son statut lui accordait des privilèges extraordinaires, elle a rendu le voyage insupportable pour l’équipage et les passagers. Le commandant de bord a même envisagé de la débarquer avant le décollage, tant son agitation perturbait la sécurité du vol.
Une fois arrivée à Bangui, la situation a basculé dans l’absurde. Humiliée par ce qu’elle percevait comme un affront, Baïpo-Thémaud a dépêché les forces de sécurité centrafricaines directement à l’agence Air France. Le directeur local s’est retrouvé menacé de garde à vue, accusé sans fondement de participer à une prétendue déstabilisation du pays. Cette réaction démesurée a stupéfié jusqu’aux cercles diplomatiques français.
Le Quai d’Orsay peine encore à comprendre comment un simple désaccord à bord d’un avion commercial a pu dégénérer en crise diplomatique. Air France, de son côté, refuse désormais d’exposer son personnel à de nouveaux dangers et a confirmé l’arrêt définitif de la liaison directe au 1er février. Touadéra peut bien multiplier les appels à Emmanuel Macron, la décision est irrévocable.
Le parcours personnel de Sylvie Baïpo-Thémaud ajoute une dimension supplémentaire au scandale. Arrivée en France enfant grâce à sa mère qui est mariée à un français, elle a bénéficié de l’aide sociale française et du système éducatif public avant de décrocher un emploi et un logement HLM. Devenue ministre et fortunée, elle n’a jamais rendu son appartement social, normalement réservé aux foyers modestes. Plusieurs sources affirment qu’elle l’aurait même sous-loué illégalement, ce qui lui vaudrait un redressement fiscal de 18 000 euros.
Plus grave encore, elle aurait dissimulé ses revenus ministériels aux services fiscaux français, une fraude caractérisée pour quelqu’un qui prétend représenter son pays à l’international. Sa double nationalité pose également problème puisque la constitution centrafricaine du 30 août 2023 interdit formellement aux binationaux d’occuper des postes supérieurs dans l’administration. Cette disposition semble avoir été commodément oubliée dans son cas.
Mais Touadéra, occupé avec ses multiples maîtresses, n’est visiblement pas en mesure de recadrer sa ministre. Il préfère accuser uniquement Air France d’abandonner son pays, sans jamais évoquer les dysfonctionnements de son propre gouvernement. La compagnie française a pourtant subi de nombreux incidents avant de prendre cette décision radicale, et a toujours maintenu sa desserte malgré les difficultés.
La réalité est que Bangui est déjà délaissé par de nombreuses compagnies aériennes telle que Kenyan Airways , signe que seuls quelques fonctionnaires et rares particuliers voyagent encore depuis la capitale centrafricaine. Les transporteurs perdent de l’argent sur cette destination, entre le coût du carburant et les taxes d’atterrissage, sans jamais parvenir à rentabiliser leurs vols. Selon Africa Intelligence, qui a révélé la colère du président, le taux de remplissage de l’unique vol hebdomadaire dépassait rarement 60%.
La solution proposée par Air France, un itinéraire indirect via Yaoundé opéré par la compagnie gabonaise Afrijet, ne convainc pas les officiels de Bangui. Plusieurs membres du gouvernement se plaignent des contraintes opérationnelles des appareils d’Afrijet, certains ne permettant pas de transporter plusieurs bagages par passager. D’autres critiquent le niveau de confort de la classe affaires, jugé insuffisant comparé à celui d’Air France, comme si le luxe était leur priorité dans un pays où la population manque de tout.
L’éventualité qu’Afrijet déploie un Airbus A320 pour répondre à ces exigences a été brièvement discutée, mais l’appareil exploité par Global Airways n’a pas été positionné. L’opérateur sud-africain hésite à engager un avion de cette capacité en Centrafrique, notamment pour des questions d’assurance liées à l’insécurité ambiante. Les autorités centrafricaines brandissent également un argument politique, estimant que cette solution contrevient à la feuille de route aérienne signée avec Paris en avril 2024.
Elles mettent en avant les améliorations des infrastructures de l’aéroport de Bangui, avec des pistes désormais éclairées et entretenues par la société rwando-centrafricaine Core Aviation Services. Mais ces arguments techniques masquent mal l’essentiel : le problème n’est pas l’infrastructure, mais bien le comportement inacceptable d’une ministre qui se croit au-dessus des lois et un président incapable de faire respecter la moindre discipline au sein de son gouvernement.
Parodie d’élection en Centrafrique : Simplice Mathieu Sarandji élu député avec 100% des voix à Baoro, une première dans l’histoire électorale centrafricaine
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Des-casquettes-et-echarpes-a-leffigie-de-Touadera-portees-par-le-meme-linterdicteur-Simplice-Mathieu-Sarandji.jpg” data-wpel-link=”internal”>Des casquettes et écharpes a l’effigie de Touadera portées par le même l’interdicteur Simplice Mathieu Sarandji
Le président sortant de l’Assemblée nationale devient le premier candidat du pays à obtenir la totalité des suffrages exprimés. Son épouse figure comme suppléante sur le même bulletin.
L’Autorité nationale des Élections vient de confirmer une situation inédite en Centrafrique. Simplice Mathieu Sarandji a remporté le scrutin législatif dans la circonscription de Baoro avec un score jamais atteint auparavant : 100% des voix. Aucun candidat dans l’histoire du pays n’avait réussi pareil exploit.
La préfecture de la Nana-Mambéré a donc produit ce résultat exceptionnel. Baoro, chef-lieu de cette circonscription, compte plusieurs milliers d’électeurs inscrits. Tous ceux qui se sont déplacés pour voter ont choisi le même nom. Pas une seule voix dissidente, pas un seul bulletin nul ou blanc significatif.
Cette performance s’explique par une configuration électorale particulière où le régime est décidé à assoir sa dictature, et Simplice-Mathieu Sarandji est le symbole de cette dérive. Sarandji était l’unique candidat en lice. Aucun adversaire ne s’est présenté face à lui. La liste qu’il conduisait n’a rencontré aucune opposition, aucune concurrence, aucune alternative proposée aux électeurs.
Le président sortant de l’Assemblée nationale n’a donc pas eu à mener campagne contre qui que ce soit. Les électeurs se sont retrouvés devant un choix unique, comme au temps de la vieille dictature à la poutine: voter pour Sarandji ou s’abstenir. Ceux qui ont glissé un bulletin dans l’urne n’avaient qu’un seul nom à disposition.
La composition du ticket électoral ajoute une dimension familiale à cette affaire. L’épouse de Simplice Mathieu Sarandji figure comme suppléante sur la même liste. Si le député principal venait à quitter son siège pour quelque raison que ce soit, sa propre femme le remplacerait automatiquement à l’Assemblée.
Cette configuration conjugale dans la vie politique n’est pas totalement nouvelle en Centrafrique. D’autres couples ont déjà occupé des fonctions électives, mais rarement de manière aussi directe. Le tandem Sarandji marque néanmoins un précédent dans l’imbrication famille-politique au sommet de l’État.
L’Autorité nationale des Élections a validé ces résultats sans émettre de réserve particulière. Les chiffres ont été proclamés, les pourcentages publiés. Le score de 100% figure désormais dans les archives électorales officielles du pays, gravé dans les registres pour l’éternité.
Reste maintenant l’étape du Conseil constitutionnel. Cette institution doit examiner tous les résultats proclamés et donner son aval définitif. Pour un membre éminent du parti au pouvoir comme Sarandji, cette validation apparaît comme une simple formalité administrative. Personne n’envisage sérieusement un refus ou une contestation.
Le président sortant de l’Assemblée nationale cumule donc plusieurs particularités. Il détient le record absolu de score électoral jamais obtenu en Centrafrique. Il partage son mandat avec son épouse dans une configuration familiale inédite. Il a été élu sans adversaire, sans débat contradictoire, sans campagne réellement compétitive.
Baoro restera dans les mémoires comme la circonscription qui a offert ce résultat historique. Les habitants de cette localité ont participé à un moment unique de la vie démocratique centrafricaine. Leurs bulletins de vote ont créé une statistique que les analystes politiques étudieront pendant longtemps.
D’autres circonscriptions ont connu des victoires écrasantes lors de ce scrutin législatif comme à Bangui, dans le premier arrondissement, où la femme du chef d’État-major a obtenu d’une manière frauduleuse plus de 90% des voix.
Des candidats du MCU ont obtenu des scores supérieurs à 90% dans plusieurs localités. Mais aucun n’a atteint la perfection mathématique réalisée à Baoro. Le 100% reste l’apanage exclusif de Sarandji.
La suite logique de ce parcours électoral conduit Sarandji vers un nouveau mandat à la présidence de l’Assemblée nationale. Les députés élus devront choisir leur président lors de la session inaugurale. Avec son score historique et son poids politique, le député de Baoro part largement favori pour conserver son perchoir.
Le clepto-mythomane contre-attaque : Balalou accuse le BRDC de “stratégie trompeuille” après un hold-up électoral
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/maitre-crepin-mboli-goumba-president-du-patrie-coordinateur-du-brdc.webp” data-wpel-link=”internal”>Maître Crépin Mboli-Goumba, Président du PATRIE, coordinateur du BRDC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Maxime Balalou a donné ce mercredi une leçon de cohérence politique. Le mythomane accuse le BRDC de duplicité tout en défendant un coup d’État électoral qui a permis à Cœurs Unis de rafler cinquante sièges et permettre au dictateur de Bangui de poursuivre sa dictature.
« C’est un droit de réponse à la confusion politique au sein de nos amis qui constituent le BRDC. Il ressort de ses propos un peu catholiques, il faut le dire, et un peu tendancieux », a déclaré le clepto-mythomane en ouverture. Voir Balalou donner des leçons de cohérence dépasse l’entendement. Cet homme ment comme il respire mais se permet de juger la ligne politique de l’opposition.
Le porte-parole des voleurs et criminels enfonce le clou avec une assurance déconcertante. « Le gouvernement, je le répète encore, ne peut pas continuer à faire les frais d’un marché de dupes au sein du BRDC », affirme-t-il sans sourciller. Un marché de dupes venant d’un pouvoir qui vient d’organiser un hold-up électoral où les grands partis d’opposition n’obtiennent rien, l’accusation prend une dimension comique.
Balalou développe ensuite sa théorie du complot contre le BRDC. « Comment comprendre un seul instant que ce groupement ayant refusé de participer au processus électoral vient en même temps s’ériger en d’un adolescent dans un processus inclusif, démocratique et transparent reconnu par la communauté internationale, comment ? » Cette question cache mal la gêne du pouvoir face aux critiques qui s’accumulent sur ce coup d’État constitutionnel.
Le mythomane exige que l’opposition reste cohérente dans son boycott. « Nos amis du BRDC ont décidé volontairement de boycotter le processus électoral, c’est vrai, mais ceux-ci doivent garder leur ligne, c’est à dire leur cohérence politique », déclare-t-il avec le sérieux d’un professeur de morale. Lui qui transforme chaque défaite militaire en victoire ose parler de cohérence.
Puis vient l’accusation centrale contre Martin Ziguélé et le MLPC. « Ce qui est curieux, c’est que beaucoup de membres du BRDC ont bel et bien participé au processus électoral », affirme Balalou avant de dérouler sa liste. « Lorsqu’on écoute leur porte-parole, la personne de M. Martin Ziguélé, on a le droit de se demander finalement ce mot du peuple centrafricain, et c’est obligé de vous présenter mathématiquement dans le devant de l’opinion publique, la supercherie politique, tendant à contourner maïsieusement les engagements politiques de boycott du processus électoral à travers une stratégie trompeuille ».
Le clepto-mythomane énumère alors ses preuves de cette prétendue duplicité. « Le MLPC de Martin Ziguélé a bel et bien participé au processus électoral. Deux membres du MLPC déguisés en indépendant ont été élus au premier tour. Vous avez M. D. Bernard, M. Senor O. Bruno. » Il poursuit : « Trois membres du MLPC déguisés en indépendant du président Ziguélé sont retenus pour le second tour encore. Vous aurez M. Ligée Lamboutou-Serge-Alain, M. Andia Mandoudou-Sébastien, M. Ndengza Tonon-Gislain. » Cette accusation de candidatures déguisées permet à Balalou d’éviter le vrai débat sur la légitimité du scrutin. Au lieu de répondre aux questions sur les irrégularités, le trucage des résultats, l’exclusion de larges pans de l’électorat, il préfère attaquer l’opposition sur des candidatures individuelles. Même si certains membres du MLPC ont concouru comme indépendants, cela ne valide en rien ce hold-up électoral.
Le mythomane conclut son réquisitoire avec une formule assassine. « Le problème pour moi au sein du BRDC ne concerne ni le gouvernement, ni le président de la République, ni la communauté internationale. Ces incohérences politiques sont liées à une duplicité pour contourner les autres ». Balalou renvoie donc l’opposition à ses contradictions pendant que le régime continue de verrouiller le système politique.
Après avoir attaqué le BRDC, le porte-parole enchaîne sur la défense du hold-up électoral. « Un processus inclusif, démocratique et transparent reconnu par la communauté internationale », martèle-t-il comme un mantra. Inclusif quand les grands partis n’obtiennent aucun siège ? Démocratique quand un seul parti rafle cinquante sièges ? Transparent quand des témoignages de fraudes arrivent de partout ?
Balalou tente ensuite de diviser l’opposition en valorisant ceux qui ont participé. « Nos frères de l’URCA, son maître de la République, ils ont participé ouvertement au processus. Mais les autres qui disent le contraire, participent de manière déguisée, ce qui n’est pas cohérent ». Cette stratégie grossière vise à isoler le BRDC et à présenter l’URCA comme plus raisonnable, même si ce parti n’a obtenu aucun élu.
Le clepto-mythomane mobilise ensuite le discours présidentiel pour légitimer sa propagande. « Le président de la République a donné le temps, à travers un discours, assembleur, de paix, de fraternité et d’engagement à construire la nouvelle République Centrafricaine avec tout le monde. Personne ne se l’a mis de côté ». Ce vocabulaire de l’unité nationale sert à masquer la confiscation du pouvoir. Personne n’est mis de côté, affirme Balalou, alors même que l’opposition structurée se retrouve exclue du Parlement.
Le porte-parole poursuit dans cette veine. « Il a clairement affirmé. Aujourd’hui, nous allons tous, derrière le nouveau président de la République, reconstruire notre pays en partage. Chacun aura sa place en fonction de ses qualités et ses compétences ». Cette promesse d’inclusion sonne creux au vu des résultats. Quelle place pour Dologuélé ? Quelle place pour Dondra ? Aucune, visiblement.
Balalou multiplie les appels à l’unité pour mieux noyer les critiques. « Il a appelé la diaspora à jouer un rôle plus actif dans la réconciliation de notre pays. Il a demandé, il nous a demandé à nous tous un dépassement de soi. Il va au-delà des clivages politiques ». Le dépassement de soi consiste apparemment à accepter sans broncher ce coup d’État constitutionnel et à applaudir la victoire du parti présidentiel.
Le mythomane insiste sur cette nouvelle politique d’ouverture. « Sa nouvelle politique n’est pas la facture, non, c’est l’unité comme il l’a toujours caractérisée. Ensemble, travaillons ensemble. » Travailler ensemble sous la direction d’un pouvoir qui contrôle désormais totalement le Parlement grâce à un scrutin manipulé. Voilà ce que Balalou appelle l’unité nationale.
Le porte-parole cite même le président sur l’absence de gagnants et de perdants. « Il n’y a pas de gaillant ni de perdant. Il a dit que le seul gaillant c’est le peuple centrafricain. » Cette rhétorique consensuelle contraste avec la réalité où Cœurs Unis a tout raflé. Le peuple centrafricain gagnant ? Lequel ? Celui qui a voté pour l’opposition et se retrouve sans représentation ?
Balalou enfonce le clou de la réconciliation forcée. « Il a réaffirmé encore, il t’en a mis à ses frères, même de l’opposition. Il a même dit qu’il est prêt à travailler avec tout le monde. Ceux qui n’ont pas voté pour lui, qu’ils sachent qu’il est leur président. » Prêt à travailler avec l’opposition à condition qu’elle accepte sa marginalisation politique et qu’elle valide le hold-up.
Le mythomane termine sur une note d’apaisement imposé. « La place n’est plus au querelle, la place n’est plus à la haine, la place n’est plus aux insultes, ni à la division, la place est à l’amour, la place est à l’union, ensemble, derrière le président de la République. » Autrement dit : taisez-vous, acceptez le résultat truqué, et ralliez-vous au pouvoir.
Pour parfaire sa défense du scrutin, Balalou cite un haut fonctionnaire de l’ONU. « Il n’y a pas d’Élections cinq étoiles dans le monde. Ce qui s’est passé en Centrafrique peut être évalué à 4,5 étoiles. Il faut donc saluer le génie centrafricain. » Cette caution internationale permet au mythomane de balayer toutes les critiques du coup d’État électoral.
Le clepto-mythomane termine en remerciant tous les partenaires qui ont cautionné ce hold-up. « Nos fonds de fonds de sécurité, nos partenaires dans la MINUSCA, nos allées traditionnelles, les Russes et les Rwandais, tous nos partenaires, l’Union Européenne, le PNUD. » La MINUSCA, les mercenaires russes, les troupes rwandaises, tous mis sur le même plan comme garants de la démocratie centrafricaine.
Cette conférence résume parfaitement la duplicité du régime. D’un côté, Balalou accuse le BRDC d’incohérence et de participation déguisée. De l’autre, il défend un coup d’État constitutionnel où son propre parti a tout raflé. Il parle d’unité nationale tout en excluant la moitié du spectre politique de la représentation parlementaire
Un violeur en série, adjudant-chef des FACA, sème la terreur à Sam-Ouandja
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/trois-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-haute-kotto.webp” data-wpel-link=”internal”>Trois soldats FACA détachés à Sam-Ouandja, dans la Haute-Kotto
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À Sam-Ouandja, dans la préfecture de la Haute-Kotto, au nord-est centrafricain, un adjudant-chef des FACA, un violeur en série, terrorise la population par des agressions sexuelle des mineure répétées que ni gendarmerie ni sa hiérarchie militaire n’arrivent à freiner.
L’homme, connu par son prénom Sammuel, ou « sous-off», est arrivé à Sam-Ouandja il y a quelques mois avec un groupe de militaires en mission de détachement. Dès ses premières semaines, il a commencé à repérer des jeunes adolescentes qu’il agressait une à une ensuite la nuit, planifiant minutieusement chacune de ses attaques. Au moins cinq victimes ont déjà subi ses assauts, et certaines ont même eu le courage d’aller déposer plainte à la gendarmerie, mais rien n’y fait.
Le dossier traîne quelque part dans les bureaux sans qu’aucune mesure ne soit prise contre lui. Les victimes, désespérées, ont également tenté d’alerter le capitaine qui commande le détachement militaire, espérant que la hiérarchie interviendrait enfin. Mais là encore, l’officier supérieur n’a rien fait de substantiel, laissant Sammuel continuer ses exactions en toute tranquillité.
Le sous-officier se comporte comme un homme au-dessus des lois, convaincu que son statut militaire le rend intouchable. Cette certitude l’a rendu de plus en plus audacieux au fil des semaines, jusqu’à ce lundi 26 janvier où il a franchi un nouveau cap dans la violence. Ce soir-là, Sammuel cherchait une jeune femme avec qui il entretenait une relation, mais celle-ci avait quitté Sam-Ouandja sans prévenir personne de sa destination après une mésentente entre le couple.
Ne trouvant pas trace de cette fille, le militaire s’est mis en tête d’interroger ses voisins. Il s’est d’abord rendu en début de soirée chez la voisine de la jeune femme, une mère de sept enfants qui vivait juste à côté. Quand il lui a demandé si elle savait où se trouvait sa copine, la dame a répondu qu’elle ne l’avait pas vue depuis plusieurs jours déjà.
Cette réponse n’a visiblement pas satisfait l’adjudant-chef qui est reparti, mais seulement pour mieux revenir. Vers 22 heures, il est retourné chez la même femme, cette fois dans un état de fureur évident. Il s’est mis à frapper violemment contre la porte en hurlant, exigeant que la propriétaire sorte immédiatement de sa maison.
La mère de famille, déjà déshabillée pour la nuit, a refusé en expliquant qu’il était trop tard et qu’elle ne pouvait pas se montrer ainsi. Henri a alors élevé la voix davantage, menaçant la femme de représailles si elle n’obéissait pas tout de suite. « Si c’est moi qui entre dans cette maison, tu vas voir ce qui va t’arriver », a-t-il lancé avec une agressivité qui ne laissait aucun doute sur ses intentions.
Malgré la peur, la dame a tenu bon et est restée à l’intérieur avec ses enfants autour d’elle. Le militaire n’a pas supporté ce refus et a forcé l’entrée, poussant la porte jusqu’à ce qu’elle cède sous la pression. Une fois dans la maison, il a commencé à fouiller partout, renversant des affaires, ouvrant les pièces une à une, cherchant frénétiquement sa compagne disparue.
Ne la trouvant évidemment pas, il s’est retourné contre la propriétaire des lieux qu’il s’est mis à insulter copieusement. Les insultes ont duré plusieurs minutes, ponctuées de menaces et de cris qui ont alerté tout le voisinage. Une vieille dame habitant juste à côté a alors tenté de s’interposer, espérant calmer le soldat par la raison et le respect dû à son âge.
Mais au lieu de se ressaisir, Sammuel s’en est pris à cette ancienne également, criant sur elle comme si elle était responsable de sa frustration. Son comportement devenait de plus en plus désordonné, ses gestes saccadés, ses paroles incohérentes, tout indiquait qu’il avait probablement consommé de la drogue avant de venir. La situation devenait tellement dangereuse que la mère de famille a décidé de fuir avec ses sept enfants.
Ils ont quitté leur propre maison en pleine nuit, laissant derrière eux toutes leurs affaires pour se mettre à l’abri ailleurs. Sammuel, resté seul dans la demeure abandonnée, n’en est pourtant pas resté là dans sa quête obsessionnelle. Il est ensuite reparti sur sa moto en direction de la maison de la grand-mère de sa compagne, déterminé à la retrouver coûte que coûte.
Arrivé devant la porte de la vieille dame, il n’a même pas pris la peine de frapper ou d’annoncer sa présence. Il a foncé directement avec son engin contre l’entrée, arrachant littéralement la porte de ses gonds dans un fracas épouvantable. Pénétrant dans la maison comme un forcené, il a recommencé ses fouilles désordonnées et ses insultes contre la grand-mère terrifiée.
Là encore, il n’a pas trouvé celle qu’il cherchait et a finalement quitté les lieux pour rentrer se reposer. Le lendemain matin, la jeune maman de sept enfants qui avait été chassée de chez elle la veille a pris son courage à deux mains. Elle s’est rendue auprès du capitaine qui commande le détachement militaire pour lui raconter en détail ce qui s’était passé.
L’officier supérieur, après avoir écouté son récit, a reconnu que son subordonné était allé beaucoup trop loin cette fois. Il a toutefois renvoyé la plaignante vers la gendarmerie, estimant que c’était la seule voie possible pour obtenir justice. La femme est donc repartie avec cette recommandation, espérant qu’un dépôt de plainte officiel changerait enfin les choses.
Mais quand Sammuel a été informé de cette démarche, il est entré dans une nouvelle colère. Il a directement confronté la femme, se moquant ouvertement de sa tentative de recours à la justice. « Va déposer ta plainte si tu veux, personne ne fera rien », lui a-t-il lancé avec un sourire méprisant.
Il a ensuite martelé son statut de militaire comme un bouclier infranchissable contre toute forme de sanction. « Je suis militaire, tu comprends ? Même le chef d’état-major ne peut rien contre nous », a-t-il ajouté en haussant le ton. Puis il est allé encore plus loin dans ses déclarations, affirmant qu’un soldat pouvait même tuer quelqu’un sans jamais être condamné ou emprisonné.
Ces paroles n’étaient pas de simples fanfaronnades mais une analyse lucide du fonctionnement réel du système. Sammuel a ensuite menacé directement la plaignante de mort si elle persistait dans sa démarche. « Je vais te tuer, tu vas voir », a-t-il répété plusieurs fois pour bien faire comprendre qu’il ne s’agissait pas de paroles en l’air.
Puis il a ajouté un élément qui montrait qu’il avait bien préparé son intimidation. « Je sais que tu es la sœur du député de Sam-Ouandja », a-t-il dit, prouvant qu’il s’était renseigné sur l’identité et les connexions de sa victime. « On vous connaît bien, vous et votre famille, on va vous tuer », a-t-il poursuivi, étendant ses menaces à tout l’entourage de la femme.
L’impunité qui règne au sein des forces armées a atteint un niveau rarement observé ailleurs dans le monde. Il semble exister une règle tacite qui protège les militaires de toute sanction, quelle que soit la gravité de leurs actes. La seule exception à cette règle concerne apparemment ceux qui oseraient contester le pouvoir en place ou qui appartiennent à l’ethnie de l’ancien président François Bozizé.
Pour tous les autres, la liberté d’action paraît illimitée, comme si un accord secret les mettait à l’abri de la justice ordinaire. À Sam-Ouandja, les habitants observent cette situation avec un mélange de résignation et de colère rentrée. Ils attendent de voir si cette fois, face aux multiples agressions d’Henri et à ses menaces publiques, les autorités décideront enfin d’agir autrement qu’à leur habitude
Nana-Mambéré : braquage spectaculaire des Mercenaires russes de la milice Wagner sur un site minier à Yéléwa
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/04/la-mine-de-banegbele-à-boda.jpg” data-wpel-link=”internal”>la-mine-de-banegbele-à-boda – Centrafrique : l’exploitation minière chinoise dans la Nana-Mambéré, les habitants de la ville de Aba plongés dans la consternation.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les chercheurs d’or d’un chantier situé à sept kilomètres de Yéléwa ont vécu une matinée cauchemardesque après l’arrivée des mercenaires russes de la milice Wagner le mercredi 28 janvier dernier.
Le mercredi 29 janvier 2026 aux environs de 10 heures, des mercenaires russes de la milice Wagner ont surgi sur le chantier d’exploitation aurifère. Leur intervention, brusque et inattendue, a pris de court la dizaine d’orpailleurs qui s’activaient paisiblement. Les hommes armés ont immédiatement confisqué les téléphones portables de toutes les personnes présentes.
Cette première action a rapidement été suivie par la fouille complète des affaires personnelles des ouvriers. Sous couvert de vérifier les documents d’identité et les papiers des motocyclettes garées aux alentours, les mercenaires russes de la milice Wagner ont obligé les ouvriers à remettre l’argent qu’ils portaient sur eux. Plusieurs victimes ont ainsi perdu leurs économies du jour, voire de la semaine entière.
La manœuvre a duré une trentaine de minutes, durant lesquelles personne n’a osé protester ni tenter de fuir. Les témoins racontent que les soldats des Forces armées centrafricaines stationnés dans le secteur n’ont pas réagi à cet incident. Leur silence étonne d’autant plus que le site minier se trouve dans leur périmètre habituel de surveillance.
Certains travailleurs affirment même que les FACA semblaient éviter soigneusement tout contact avec les mercenaires russes de la milice Wagner, restant en retrait pendant toute l’opération. Cette affaire laisse les habitants du coin dans une incompréhension totale.
Wagner, toujours Wagner, les centrafricains vont tout perdre à cause de ces criminels de Poutine et Touadera.
La justice sous contrôle de Wagner gonfle ses muscles à Bouar pour sa première session criminelle 2026
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/salle-d-audience-du-tribunal-de-grande-instance-de-la-ville-de-bouar-dans-la-nana-mambere.webp” data-wpel-link=”internal”>Salle d’audience du tribunal de grande instance de la ville de Bouar, dans la Nana-Mambéré
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La Cour d’appel de Bouar s’apprête à ouvrir sa première session criminelle de l’année 2026 avec vingt-sept dossiers au programme. Les préparatifs battent leur plein sous la houlette du procureur général Laurent Ouambita, qui coordonne le transfert des détenus depuis Berberati.
Les rouages de la machine judiciaire des Wagner tournent déjà à plein régime dans la capitale de la Nana-Mambéré. Le rôle définitif de cette prochaine session criminelle compile vingt-sept affaires impliquant vingt-neuf prévenus, dont la plupart proviennent de la juridiction de Berberati. Cette mobilisation confirme l’activité intense du parquet et du tribunal de cette ville frontalière.
La logistique du transfert des accusés repose essentiellement sur l’appui de la Minusca. Neuf détenus ont déjà rejoint Bouar le lundi 12 janvier, tandis qu’une dizaine d’autres feront le voyage le 19 janvier. Ces mouvements carcéraux s’inscrivent dans un calendrier serré qui vise le tirage au sort des jurés prévu pour le 21 janvier.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/la-minusca-transporte-les-detenus-vers-la-cour-d-appel-de-bouar-photo-minusca.webp” data-wpel-link=”internal”>La Minusca transporte les détenus vers la cour d’Appel de Bouar. Photo Minusca
Le comité préparatoire planche sur l’organisation depuis trois semaines déjà. La multiplication des dossiers par trois exige un travail de copie colossal pour garantir que chaque acteur du procès dispose de son exemplaire. Magistrats du siège, parquet général, avocats de la défense et représentants des parties civiles doivent tous recevoir leur documentation complète.
L’appareil judiciaire affiche une composition quasi complète malgré quelques absences. Le premier président et les conseillers occupent leurs postes, tout comme le parquet général. Seul l’avocat général manque à l’appel pour raisons médicales, un vide que comblera un procureur spécialement désigné. La Cour prendra sa forme définitive après la sélection des jurés citoyens qui viendront épauler les magistrats professionnels.
L’éventail des accusations couvre un spectre large de la criminalité. Assassinats, coups mortels, homicides volontaires, viols et coups ayant entraîné la mort figurent parmi les chefs d’inculpation retenus. Cette diversité témoigne du volume d’affaires graves accumulées dans le ressort de la juridiction.
Le partenariat avec la MINUSCA s’affirme comme l’épine dorsale de cette session. Sans cet accompagnement logistique, le rapatriement des prévenus depuis Berberati resterait un défi insurmontable. Le pilote de la justice a également apporté sa contribution financière et technique aux travaux préparatoires.
Les besoins matériels demeurent néanmoins criants. La photocopie des milliers de pages que contiennent les vingt-sept dossiers nécessite des fournitures qui manquent cruellement. Laurent Ouambita lance un appel pressant aux partenaires pour combler ce déficit avant l’ouverture des audiences publiques.
La salle d’audience exiguë ne pourra accueillir qu’une partie du public intéressé par ces procès. Une installation de sonorisation extérieure permettra néanmoins aux habitants de suivre les débats depuis l’extérieur du palais de justice. Les portes resteront grandes ouvertes pour qui voudra assister à ces audiences qui promettent d’attirer la curiosité
La PJLOD condamne l’agression d’Élisée Nguémalé et exige des poursuites judiciaires contre Doctrouvé
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Conference-de-presse-Nguimale.jpg” data-wpel-link=”internal”>Élysée Nguimalé en pleine conférence de presse de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La Plateforme des Jeunes Leaders de l’Opposition Démocratique dénonce l’attaque survenue au conseil constitutionnel et réclame l’ouverture d’une enquête approfondie contre l’agresseur affilié au pouvoir.
La Plateforme des Jeunes Leaders de l’Opposition Démocratique a publié un communiqué de presse ce lundi pour dénoncer l’agression dont a été victime Élisée Nguémalé. Le coordonnateur de l’Observatoire pour la bonne gouvernance démocratique en RCA a été attaqué samedi dernier par Doctrouvé, affilié au parti au pouvoir.
L’attaque s’est produite alors que Nguémalé effectuait une démarche de vérification d’informations au conseil constitutionnel. Le candidat malheureux aux Élections législatives venait simplement consulter l’état de ses requêtes lorsqu’il a été pris à partie violemment.
La PJLOD considère cet acte comme une grave atteinte aux principes démocratiques et aux libertés fondamentales. L’organisation estime que la liberté d’expression et le droit à l’information ont été bafoués par cette agression en plein cœur d’une institution de la République.
Selon le communiqué signé par Eric Guizaoutou, coordonnateur adjoint chargé des relations avec le public, il est inacceptable que des citoyens soient agressés pour avoir exercé leurs droits. La plateforme rappelle que chercher à s’informer dans le cadre de ses activités est un droit légitime qui ne saurait justifier quelque violence que ce soit.
L’organisation rappelle fermement que la Centrafrique se doit d’être un État de droit. Un pays où la justice est impartiale et où les citoyens peuvent s’exprimer et agir librement, sans crainte de représailles ou de violence physique.
Les actes de barbarie et d’intimidation n’ont pas leur place dans une société démocratique, martèle le communiqué. La PJLOD insiste sur le fait que de telles pratiques sont incompatibles avec les valeurs républicaines que le pays est censé défendre.
Dans sa prise de position, la plateforme condamne avec la plus grande fermeté cette agression qualifiée de lâche et d’inqualifiable. Les termes employés ne laissent aucune ambiguïté sur le degré d’indignation de l’organisation face à cet événement.
La PJLOD exprime également sa pleine solidarité avec Nguémalé et la plateforme de la société civile. Cette solidarité s’inscrit dans une démarche de défense des acteurs qui œuvrent pour la démocratie et la bonne gouvernance en Centrafrique.
L’organisation appelle les autorités compétentes à ouvrir une enquête approfondie et à traduire en justice les responsables de cette agression. La plateforme insiste sur la nécessité d’une action rapide et déterminée des institutions judiciaires pour établir les responsabilités.
La justice doit être rendue de manière rapide et transparente pour que de tels actes ne restent pas impunis, précise le communiqué. Cette exigence de célérité vise à éviter que l’impunité ne s’installe et n’encourage d’autres agressions similaires à l’avenir.
La PJLOD invite tous les citoyens et les organisations de la société civile à se mobiliser pour défendre les valeurs démocratiques. L’appel à la mobilisation collective démontre que l’organisation considère cette agression comme un test pour la démocratie centrafricaine dans son ensemble.
Nous devons ensemble garantir que notre pays reste un espace de dialogue, de respect et de liberté, peut-on lire dans le document. Cette vision collective de la défense des libertés constitue le fil rouge du positionnement de la plateforme.
La PJLOD réaffirme son engagement à défendre les droits et libertés de tous les citoyens. L’organisation promet de lutter contre toute forme d’atteinte à la démocratie, quel que soit l’auteur de ces atteintes.
Cette prise de position intervient quelques jours seulement après l’agression du conseil constitutionnel. Elle fait suite à une première attaque dont Nguémalé avait été victime le 24 novembre dernier dans un restaurant de Bangui, également orchestrée par Doctrouvé.
À l’époque, cinq hommes musclés avaient roué de coups le défenseur de la bonne gouvernance pendant plus de dix minutes. Un capitaine de l’armée présent sur place n’était pas intervenu, laissant l’agression se poursuivre sous ses yeux.
Quelques jours après cette première attaque, Doctrouvé avait reçu une médaille de reconnaissance lors de la fête nationale du 1er décembre. Cette décoration avait suscité de nombreuses interrogations quant au message envoyé par les autorités concernant ce type de comportement.
Le communiqué de la PJLOD s’inscrit dans un contexte politique tendu où les candidats de l’opposition dénoncent régulièrement des intimidations. Les organisations de la société civile documentent depuis plusieurs mois la montée des violences politiques dans la capitale.
Doctrouvé dirige une milice recrutant d’anciens membres des Requins, le groupe de Doneng Héritier devenu ministre. Certains de ces hommes ont été intégrés dans l’armée, la gendarmerie ou la garde présidentielle avant de rejoindre cette nouvelle structure.
Le 18 novembre dernier, un pasteur apôtre avait été assassiné dans le quatrième arrondissement de Bangui. Les témoignages recueillis pointaient déjà vers le groupe de Doctrouvé, alimentant les craintes d’une escalade de la violence.
Nguémalé avait déposé une requête au conseil constitutionnel contre la candidature de Doctrouvé aux législatives. Il estimait qu’un chef de milice responsable d’agressions ne pouvait prétendre représenter le peuple centrafricain à l’Assemblée nationale.
C’est précisément cette requête qui aurait motivé les deux agressions successives contre Nguémalé. Le ministre de l’Administration du territoire, Bruno Yapandé, avait d’ailleurs menacé publiquement Nguémalé et lui avait interdit de s’exprimer dans les médias.
Le président du conseil constitutionnel et un huissier de justice ont établi un procès-verbal de l’agression du 31 janvier. Les constats sont officiels, les témoignages consignés, mais Doctrouvé a pu quitter librement les lieux sous le regard des militaires en faction
Haut-Mbomou : les évêques de Centrafrique appellent au dialogue pour sortir de la crise
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/01/Photos-de-la-cloture-de-lassemblee-pleniere-des-eveques-de-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>Photos de la cloture de l’assemblée plénière des éveques de-Centrafrique
Les populations du Sud-Est centrafricain endurent depuis des dizaines d’années les exactions de divers mouvements armés.
Les évêques de Centrafrique ont publié ce 31 janvier un communiqué dans lequel ils expriment leur profonde inquiétude pour la situation qui prévaut dans le Haut-Mbomou. Cette région du pays subit depuis longtemps les assauts répétés de groupes armés, d’abord la LRA, ensuite la Seleka, et aujourd’hui les Azande Ani Kpi Gbe. Les hommes d’Église rappellent que ces derniers ont pris les armes à un moment où ni l’État ni la Minusca n’étaient en capacité de protéger les civils contre la Seleka et l’UPC.
Les prélats affirment leur conviction que le recours aux armes ne saurait constituer une réponse durable à cette crise. Les récents affrontements entre les AAKG et les Forces des Armées Centrafricaines, accompagnés des ripostes des Forces de Sécurité Intérieure et de leurs alliés russes, ont entraîné arrestations, disparitions et meurtres. Cette escalade menace d’embraser l’ensemble de la zone, déjà marquée par des tensions considérables.
Dans ce climat explosif, les évêques invitent le gouvernement à privilégier l’écoute et la discussion plutôt que la contrainte. Ils demandent aux autorités de choisir la voie du dialogue au lieu de celle du conflit, et d’opter pour le respect plutôt que pour la méfiance. Cette démarche pacifique apparaît comme l’unique voie susceptible d’apaiser les esprits et de restaurer la confiance entre les différentes parties.
Les responsables religieux exhortent également les membres des AAKG à libérer les personnes qu’ils retiennent et à accepter de négocier. Ils les encouragent à exprimer leurs griefs et leurs revendications autour d’une table, tout en faisant preuve d’ouverture aux arguments des autres protagonistes. Cette rencontre permettrait d’identifier des solutions acceptables pour chacun.
L’appel s’adresse aussi bien aux FACA qu’aux alliés et au groupe AAKG. Les évêques les conjurent d’éviter tout acte qui risquerait de déclencher une riposte violente du camp adverse. Chaque geste compte dans cette période où la moindre provocation peut avoir des conséquences désastreuses pour des milliers de personnes déjà éprouvées par des années de violence.
Les prélats insistent sur la nécessité de ne pas abandonner l’Est du pays à son sort. Ils réclament que cette partie du territoire retrouve sa place au sein de la nation, non seulement par le biais du dialogue mais aussi grâce au développement. L’absence d’infrastructures routières constitue selon eux un facteur majeur de tensions économiques et sociales dans cette zone reculée.
Les évêques demandent à l’ensemble de la communauté centrafricaine de veiller à ce qu’aucune région ne soit stigmatisée sans motif légitime. Ils appellent tous les acteurs à œuvrer ensemble pour le retour de la paix dans le Haut-Mbomou. L’Église catholique affirme sa présence constante auprès des populations de Zemio, Obo, Mboki et Bambouti, à la fois par l’engagement de ses pasteurs et de ses fidèles laïcs.
Cette présence se manifeste concrètement par l’aide matérielle apportée aux déplacés à Zemio. L’institution religieuse se positionne comme un espace de rencontre où tous peuvent se retrouver pour chercher un accord permettant la paix et le développement régional
Ce que les évêques ont délibérément de citer les miliciens du groupe russe Wagner. En plus de cela, ils oublient que l’origine de tout ce problème est l’arrestation à Bangui des deux chefs de la milice autodéfense Azandé à Bangui par les mercenaires russes. Depuis un an déjà, leur famille n’ont aucune nouvelle d’eux. Alors, les évêques doivent également demander au gouvernement de faire pression sur les Wagner de ramener ces deux individus à leur famille respective.
Une agression en plein conseil constitutionnel : Euloge Doctrouvé récidive contre Élisée Nguémalé
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Élisée Nguémalé, déjà victime d’un tabassage en novembre, subit une nouvelle attaque de Doctrouvé samedi dernier, en plein cœur de l’institution chargée de superviser les Élections.
Les faits se sont déroulés ce samedi 31 janvier 2025, en pleine journée, devant témoins et les forces de l’ordre. Le conseil constitutionnel de Bangui a été le cadre d’une violence publique qui a nécessité l’intervention du président de l’institution et d’un huissier de justice.
Élisée Nguémalé, candidat aux législatives dans la Sangha-Mbaéré, était venu chercher des informations sur l’état de ses requêtes. Il sortait de la bibliothèque de l’Alliance française et avait décidé de faire un détour par le conseil constitutionnel avant de rentrer chez lui.
Un autre candidat de la Sangha-Mbaéré lui avait également demandé de vérifier le statut de son dossier. C’est dans ce contexte que Nguémalé s’est rendu au conseil constitutionnel, sans se douter de ce qui l’attendait sur place.
À peine descendu de sa moto sur le parking de l’institution, il tombe sur Euloge Doctrouvé. Ce dernier, candidat dans la Basse-Kotto, l’interpelle immédiatement avec agressivité.
« C’est toi Élisée Nguémalé ? », lance Doctrouvé d’un ton menaçant. La simple réponse affirmative de Nguémalé déclenche une réaction violente et inattendue de la part de son interlocuteur.
Doctrouvé se jette alors sur lui en hurlant des menaces de mort. L’agression se déroule en plein cœur de l’enceinte de la justice électorale, là où justement les candidats devraient trouver protection et équité.
Les militaires en faction interviennent rapidement pour séparer les deux hommes. Ils retiennent Nguémalé sur place et l’empêchent de quitter les lieux dans l’immédiat.
Un appel est aussitôt passé au président du conseil constitutionnel qui arrive rapidement sur les lieux. Après avoir entendu les témoignages des personnes présentes, il ordonne la venue d’un huissier de justice pour officialiser les constats.
L’huissier établit alors un procès-verbal de constat détaillé. Tout est consigné noir sur blanc : l’agression, le lieu, les circonstances exactes et les témoignages recueillis sur place.
Pendant ce temps, contre toute attente, Doctrouvé quitte tranquillement l’enceinte du conseil. Les militaires le laissent partir sans opposition ni interpellation, alors même que l’agression vient de se produire sous leurs yeux.
L’agresseur sort donc librement tandis que sa victime reste pour les formalités administratives. Cette scène interroge sur le traitement différencié réservé aux deux protagonistes de l’incident par les forces de sécurité présentes.
Il est important de signaler que cette violence trouve son origine dans une requête déposée par Nguémalé quelques semaines auparavant. Le leader de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique avait saisi le conseil constitutionnel contre la candidature de Doctrouvé aux législatives.
La raison invoquée dans cette requête était claire : Doctrouvé dirige une milice armée qui terrorise les habitants de Bangui. Nguémalé lui-même en avait déjà été victime par le passé, ce qui donnait du poids à sa démarche juridique.
Rappelons que le 24 novembre dernier, Nguémalé avait été tabassé dans un restaurant situé avenue des Martyrs, dans le cinquième arrondissement. L’agression avait duré plus de dix minutes, devant des témoins médusés et impuissants.
Cinq hommes musclés l’avaient roué de coups pendant qu’un capitaine de l’armée, présent dans le restaurant, regardait sans intervenir. Doctrouvé avait organisé l’opération après être venu repérer sa cible quelques minutes plus tôt, comme l’ont confirmé plusieurs témoins interrogés par la rédaction du CNC.
Cette première attaque avait suivi les menaces publiques du ministre de l’Administration du territoire, Bruno Yapandé. Le ministre avait interdit à Nguémalé de s’exprimer dans les médias après que celui-ci eut déposé une requête contestant la candidature du président Touadéra.
Quelques jours seulement après le passage à tabac de novembre, Doctrouvé recevait une médaille de reconnaissance lors de la fête nationale du 1er décembre. Le timing de cette décoration n’a échappé à personne et a provoqué de nombreuses interrogations dans l’opinion publique.
Le parcours de Doctrouvé démontre les mécanismes du pouvoir actuel et ses contradictions. Entre 2018 et 2019, il critiquait violemment le régime depuis son exil au Congo-Brazzaville, tenant des propos particulièrement durs contre les autorités.
Il insultait le président de l’Assemblée nationale et dénonçait ce qu’il appelait un gouvernement criminel. Son retour au pays a coïncidé avec un changement radical de positionnement politique qui a surpris bon nombre d’observateurs.
Depuis 2019, Doctrouvé s’est transformé en défenseur acharné du régime en place. Il multiplie les attaques contre les opposants et les voix critiques, adoptant une posture diamétralement opposée à celle de ses années d’exil.
Sa milice recrute d’anciens membres des Requins, le groupe paramilitaire de Doneng Héritier, aujourd’hui ministre de la Jeunesse et des Sports. Certains de ces hommes ont été intégrés dans l’armée, la gendarmerie ou la garde présidentielle avant de rejoindre la nouvelle structure dirigée par Doctrouvé.
Le lundi 18 novembre, un pasteur apôtre avait été assassiné dans le quatrième arrondissement de Bangui. Les témoignages recueillis sur le terrain pointaient déjà vers le groupe de Doctrouvé, selon les informations circulant dans les quartiers.
L’information avait largement circulé sur Facebook et WhatsApp, alimentant les discussions et les inquiétudes. Puis était venue l’agression de Nguémalé dans le restaurant, suivie maintenant de celle du conseil constitutionnel, établissant un schéma répétitif de violence.
Deux agressions du même homme contre la même victime, à quelques semaines d’intervalle seulement. La première devant un officier
de l’armée qui n’intervient pas, la seconde devant les militaires du conseil constitutionnel qui laissent partir l’agresseur.
Entre les deux agressions, une médaille présidentielle vient récompenser Doctrouvé. Le président du conseil constitutionnel et l’huissier ont établi les constats officiels, les preuves sont là, consignées dans les procès-verbaux
Battu sèchement dès le premier tour à Bria 1, Ernest Mada refuse sa défaite et harcèle le Conseil constitutionnel pour tenter d’invalider le vainqueur, Max Balénda
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/ernest-mada.jpg” data-wpel-link=”internal”>Ernest Mada, ministre en charge du secrétariat du gouvernementScreenshot, pris en flagrant délit du vol au ministère de l’éducation
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Après son revers cuisant à Bria 1, le ministre Ernest Mada concentre tous ses efforts sur le Conseil constitutionnel pour tenter d’invalider son redoutable rival Max Balénda, déclaré vainqueur par l’autorité nationale des Élections dès le premier tour avec plus de 60% des suffrages.
Ernest Mada occupe actuellement le poste de ministre chargé du secrétariat général du gouvernement. Mais ce titre prestigieux ne suffit visiblement pas à apaiser sa frustration électorale dans la circonscription de Bria 1, où il ambitionnait de représenter le parti au pouvoir, le MCU.
L’histoire de cette bataille commence bien avant le scrutin général, lors des primaires du MCU. À cette étape importante, Ernest Mada s’était déjà heurté à la popularité de Max Balénda, le député sortant qui l’avait largement devancé. Ce premier revers aurait dû lui servir d’avertissement sur la difficulté de sa mission.
Refusant d’admettre cette première défaite, Ernest Mada avait alors choisi la voie juridique. Il s’était tourné vers le tribunal administratif avec une requête visant à disqualifier purement et simplement Max Balénda de la course électorale. Cette tentative de contourner le verdict des urnes s’était soldée par un échec retentissant.
Les magistrats du tribunal administratif lui avaient donné tort sans ambiguïté, estimant sa demande infondée. Mais loin de se décourager, Ernest Mada était revenu à la charge avec une nouvelle requête devant la même juridiction. Il espérait ainsi obtenir l’annulation de la candidature de son adversaire avant même le scrutin général.
Cette seconde offensive juridique connut le même sort que la première : un rejet catégorique. Le tribunal administratif maintint sa position initiale, ouvrant ainsi la voie au déroulement normal du scrutin. Les deux hommes allaient donc s’affronter devant les électeurs de Bria 1, qui auraient le dernier mot.
Le jour du vote arriva et le verdict des urnes fut sans appel. Max Balénda récolta initialement 15 000 voix, un chiffre ramené à 12 000 par l’Autorité nationale des Élections après vérification. Face à lui, Ernest Mada n’obtint qu’un millier de suffrages, soit un écart de plus de dix contre un.
Cette disproportion signifiait une victoire écrasante dès le premier tour pour le député sortant, qui dépassait largement les 60 % requis. Pourtant, même confronté à cette réalité arithmétique implacable, Ernest Mada refusa d’accepter sa défaite. Il décida alors de porter son combat devant une nouvelle instance : le Conseil constitutionnel.
Depuis plusieurs jours maintenant, toute son énergie se concentre sur cette institution suprême. Ernest Mada multiplie les démarches auprès des juges constitutionnels, espérant les convaincre d’invalider l’élection de Max Balénda malgré l’évidence des chiffres. Mais cette bataille s’annonce ardue, car plusieurs magistrats se montrent réticents à soutenir une cause aussi fragile.
Devant ces résistances, Ernest Mada a choisi de concentrer ses efforts sur une cible précise. Il s’agit de la juge Sylvie Naïssem, vice-présidente du Conseil constitutionnel, qu’il tente de rallier à sa cause par divers moyens. Le 17 janvier dernier, vers 19 heures, une première rencontre a eu lieu entre le ministre et la juge constitutionnelle.
Lors de cet entretien, madame Naïssem lui aurait fait comprendre la difficulté de sa démarche. L’écart considérable entre les deux candidats rendait toute contestation difficilement défendable sur le plan juridique. Mais Ernest Mada, loin de se laisser décourager par cet avis, a décidé de persévérer dans sa stratégie.
Il affirme d’ailleurs publiquement avoir déjà rallié trois juges à sa cause. Selon ses propres déclarations, il ne lui manquerait plus qu’un quatrième juge pour obtenir la majorité nécessaire au sein du Conseil constitutionnel. Cette recherche active d’un soutien supplémentaire l’a conduit à intensifier ses démarches auprès de madame Naïsem.
Le 28 janvier, soit onze jours après leur première entrevue, Ernest Mada a renouvelé son approche. Cette fois, il a préféré envoyer des émissaires plutôt que de se présenter lui-même devant la vice-présidente. La nature exacte de cette mission reste floue, alimentant diverses spéculations dans les milieux politiques de Bangui.
Certaines voix évoquent des tentatives de corruption, d’autres parlent simplement de pressions politiques classiques. Quoi qu’il en soit, la détermination d’Ernest Mada ne faiblit pas, malgré les obstacles juridiques et l’opposition de plusieurs juges. Cette obstination s’explique peut-être par les multiples casquettes qu’il porte au sein de l’appareil du MCU.
En plus de son portefeuille ministériel, il exerce les fonctions de directeur de cabinet du directeur national des campagnes du parti au pouvoir. Ce directeur national n’est autre que le président de l’Assemblée nationale, lui-même premier secrétaire du MCU. Ernest Mada dispose donc d’un réseau étendu et d’influences qu’il compte bien mobiliser dans cette bataille.
Durant la campagne électorale, il n’avait d’ailleurs pas caché ses intentions devant les habitants de Bria 1. Sur le terrain, devant témoins, il répétait à qui voulait l’entendre qu’il changerait le cours des choses au niveau du Conseil constitutionnel. Même si une seule personne votait pour lui, voire aucune, il promettait de mobiliser tout son poids politique.
Aujourd’hui, ces déclarations prennent tout leur sens et ne ressemblent plus à de simples paroles en l’air. Ernest Mada agit exactement comme il l’avait annoncé, perturbant le processus électoral et tentant d’influencer les membres du Conseil constitutionnel. Reste à savoir si ses manœuvres répétées auprès de madame Sylvie Naïsem aboutiront ou si la justice constitutionnelle résistera à ces pressions
Depuis plus d’une dizaine de jours, la capitale centrafricaine traverse une période très sombre de son histoire.
Il s’agit d’une crise énergétique récurrente plus particulièrement d’une peinerie aiguë de distribution d’électricité et d’eau potable aux consommateurs.
Les établissements publics et privés, les entreprises, les commerces ainsi que la population banguissoise agonisent sous le poids du dysfonctionnement de ces deux entreprises de souveraineté qui distribuent l’électricité et l’eau potable.
Ce phénomène qui n’est pas nouveau aux consommateurs freine d’une part la croissance économique en fragilisant la production et d’autre part dégrade les conditions de vie des centrafricains et impacte la vie sociale, les secteurs de l’éducation, de la santé etc…
Ce fléau qui s’est accentué graduellement sous le magistère de ce régime despotique est la derivée du manque chronique de planification, de budget d’investissement ou d’extension, de maintenance ou de modernisation des infrastructures, de l’absence d’une réforme efficace ainsi que de sérieux problème de gouvernance.
Cette crise énergétique récurrente qui n’est une surprise ni une fatalité dépasse un simple effondrement technique ou structurel mais elle est le reflet ou la révélation d’un échec de gouvernance basé sur l’improvisation devenue la règle, la corruption, la prédation, les détournements des fonds alloués aux investissements ou à la modernisation des infrastructures vetustes.
Par ailleurs, cette crise énergétique devenue familière où le peuple s’efforce à s’adapter au phénomène interroge ou fait réfléchir sur la capacité du pouvoir de Bangui à répondre favorablement aux besoins vitaux de la population ainsi qu’à sa capacité à impulser une réforme efficace et ses limites à s’inscrire dans la dynamique d’un développement durable.
L’on constate avec stupeur que le discours du Président de la République à la nation après la proclamation des résultats définitifs des Élections présidentielles par le conseil constitutionnel contraste avec ce constat car mensonger et creux de contenus.
L’on en déduit au final que ce pouvoir tyrannique se préoccupe beaucoup plus pour sa survie que de s’occuper des intérêts de la population qui n’aspire qu’au minimum.
Face à ce désarroi, le citoyen lambda abandonné à son propre sort s’interroge :
1- Les besoins primaires de ce peuple sont-ils réellement des priorités pour ce pouvoir ?
2- La récurrence des problèmes d’eau et d’électricité en Centrafrique relève-t-elle de la négligence, de sabotage, du mépris envers les besoins fondamentaux du peuple, de l’incompétence ou de l’incapacité du pouvoir à satisfaire une de ses responsabilités régaliennes ?
3- En conséquence de ce qui précède, pourquoi forcer de manière illégale un mandat supplémentaire si ce n’est pour prolonger la souffrance d’un peuple déjà martyrisé et agonisant ?
4- En d’autres termes, à quoi servira cette septième République si le pouvoir de Bangui peine à fournir le minimum de besoins vitaux à la population ?
5- Face à cette incapacité de gestion et au manque d’idées novatrices devenuent virales, pourquoi le pouvoir de Bangui ne privatise t-il pas les deux sociétés de distribution d’électricité et d’eau potable ?
N’oublions pas que la fourniture adaptée de l’électricité est un levier indispensable au développement tous azimuts d’un pays et que la distribution d’eau potable à la population contribue à l’amélioration de la santé et réduit sensiblement l’espérance de vie qui est lui aussi un indicateur de croissance économique.
En attendant cette septième République pour la consécration de l’illusion, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signale que forcer un mandat supplémentaire illégal n’est pas la solution idoine aux maux centrafricains car il n’est qu’une aggravation des causes du problème c’est-à-dire qu’il ne fait que prolonger un pouvoir mais ne résout pas la crise qui à la longue risque de vous rattraper.
Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré et meurtri dans son âme qui ne parle pas…
Attention Monsieur le Président, la peur corollaire de l’indifférence et de l’inaction du peuple vous donne l’impression que vos errements, vos mépris envers le peuple sont légitimes et légaux.
Ce pays qui symbolise le sacrifice de vie et l’héritage du feu Président fondateur Barthélémy Boganda à connu de pires tyrans que vous mais qui ont fini leur mégalomanie dans la poubelle de l’histoire.
Un penseur disait que le pouvoir de l’État n’est pas un héritage familial où on negocie des mandats supplémentaires indéfiniment mais au contraire il s’agit d’une responsabilité limitée dans le temps alors n’attendez pas que le peuple dépositaire de la souveraineté vous chasse pour comprendre que c’est le moment de partir.
Attention Monsieur le tyran, nous avons le flair et l’aptitude de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.