Issa Bi Amadou Aliou : Le roi des magouilles, ou comment la Centrafrique récompense ses pires prédateurs
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Issa-Bi-Amidou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Issa-Bi-Amidou – Issa Bi Amadou et les Élections présidentielles de 2026 : Entre ambitions, arnaques et positionnements stratégiques
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Scandales, trafic de visas, alcoolisme notoire… Issa Bi Amadou Aliou, recyclé sans cesse, incarne l’impunité d’un système politique en décomposition avancée.
Issa Bi Amadou Aliou, ce nom résonne désormais comme une insulte à l’intelligence des Centrafricains. Après avoir émergé de l’ombre pendant la transition post-Séléka, il s’est autoproclamé défenseur des « minorités peules », un prétexte commode pour s’infiltrer dans les cercles du pouvoir. Nommé au nom de la communauté Peule Au Conseil national de transition (CNT), où il a occupé le poste de rapporteur général adjoint, il n’a laissé aucune trace de travail réel pour sa communauté, mais a soigneusement préparé son prochain coup. Car c’est sous la présidence de Faustin-Archange Touadéra, une fois nommé comme ministre conseiller à la présidence, toujours au nom de la « minorité peule », qu’il a déployé son véritable talent : l’escroquerie d’État des visas.
Son schéma était simple, cynique et efficace. Sous couvert de venir en aide à des musulmans prétendument persécutés en Centrafrique, il a monté un réseau de trafic de visas vers la France. Le mécanisme ? Des milliers de francs CFA échangeaient de mains en mains, des dossiers bidonnés transitaient par des canaux obscurs, et des familles désespérées se voyaient promettre un eldorado européen en échange de pots-de-vin. L’ambassade de France, alertée par des irrégularités, a fini par serrer la vis. Une enquête interne a révélé l’ampleur de la fraude, et Issa Bi Amadou Aliou a été limogé, dans un scandale qui aurait dû mettre fin à sa carrière.
Mais en République centrafricaine, les règles ne s’appliquent pas à ceux qui savent jouer des coudes. Loins de disparaître, il a contre-attaqué en laissant planer la menace d’une candidature à la présidentielle de 2025, comme si le pays lui devait une dette. Pendant ce temps, ses relais politiques œuvraient dans l’ombre pour lui offrir une seconde chance. Finalement, grâce à l’accord de N’Djamena, signé entre le gouvernement et les groupes armés, dont le redoutable 3R de Sidiki Abass, Issa Bi Amadou Aliou a fait son retour en grande pompe. Non content de récupérer non seulement son poste de ministre conseiller à la présidence, il siège également comme conseiller économique et social. Deux salaires, deux bureaux, deux fois plus d’influence, dans un pays où les enseignants contractuels et les infirmiers assistants peinent à toucher leurs misérables salaires.
En plus de cela, il faut ajouter l’alcool comme sa méthode de gouvernance. Oui, ces proches le décrivent comme un « alcoolorésistant », un euphémisme pour dire qu’il gouverne souvent ivre. Dans un pays où des enfants meurent de faim, un tel personnage cumule les postes et les verres. Qui ose encore parler de dignité ?
Et finalement, la question qui tue : qui le protège ? Issa Bi AmadouAliou n’est pas une exception, mais un exemple parfait d’un système où la corruption et l’impunité règnent en maîtres. Son parcours pose une question glaçante : jusqu’où ira la complaisance de Touadéra envers ceux qui pillent le pays ?
Il y’a lieu de rappeler que son cas n’est pas une anomalie, mais la norme. Tant que des hommes comme lui seront protégés, la Centrafrique restera un champ libre pour les prédateurs. Quand est-ce que les Centrafricains diront : « Ça suffit » ?
Le vendredi 12 septembre, des couturiers-stylistes réunis depuis trois ans à l’ACFPE ont été expulsés par la gendarmerie sur ordre de la ministre du Travail, Annie Michelle Mouanga. Deux jours plus tôt, le 10 septembre, alors qu’ils sollicitaient une audience après avoir reçu une note leur intimant de quitter les lieux sous une semaine, la ministre les avait accueillis en hurlant et en les chassant de son bureau comme une folle enragée. Depuis, les couturiers ont annoncé une grève.
Voici l’intégralité de l’interview réalisée par la rédaction du CNC avec Legrand Youkoumande, couturier-styliste et l’un des jeunes expulsés.
Corbeau News-Centrafrique (CNC) : Bonjour.
Legrand Youkoumande : Bonjour.
CNC : Le mercredi 10 septembre, vous avez demandé à rencontrer la ministre. Que s’est-il passé ?
Legrand Youkoumande : Nous avions reçu une note officielle signée par la ministre, nous donnant un délai d’une semaine pour quitter l’ACFPE. Nous n’étions pas d’accord. Nous avons donc sollicité une audience pour expliquer notre position. Mais dès qu’elle nous a vus, elle s’est mise à hurler : « Sortez de mon bureau ! Sortez de mon bureau ! ». Elle nous a chassés comme des intrus, en criant si fort qu’on pouvait l’entendre dans tout le bâtiment.
CNC : Quels propos a-t-elle tenus ce jour-là ?
Legrand Youkoumande : Elle criait : « Qui vous a embauchés ici ? Vous avez quel contrat ? Sortez d’ici ! ». Pourtant, c’est elle-même qui nous avait fait venir en 2022 et retenus pendant trois ans.
CNC : Le chargé de mission de la ministre est ensuite intervenu. Qu’a-t-il dit exactement ?
Legrand Youkoumande : Oui, M. Aristide Ganabo est sorti derrière nous. Il a commencé à nous reprocher d’avoir adressé un recours administratif avec copie aux médias et aux ambassades. Il disait : « Vous êtes malades ou quoi ? Comment vous pouvez mettre les médias dans vos documents ? ». Puis il a ajouté que c’était uniquement par “la bonne volonté” de la ministre que nous étions restés trois ans à l’ACFPE. Il nous a dit : « Vous devez remercier la ministre. Sans elle, vous ne seriez pas là. Vous êtes des incubateurs, elle vous a donné des marchés, vous devez lui dire merci. ».
CNC : Comment avez-vous réagi à ces propos ?
Legrand Youkoumande : Nous avons répondu que nous ne voulions pas être des “assistés”, mais des professionnels accompagnés dans nos projets. Lui insistait que tout venait de la ministre et que nous n’avions aucun droit de discuter. Cela montrait bien que tout avait été une manipulation depuis le début.
CNC : Revenons au départ. Comment avez-vous été recrutés en 2022 ?
Legrand Youkoumande : En mai 2022, le ministère a lancé un appel à la radio pour une formation avec une styliste ivoirienne. Nous étions nombreux à répondre. La formation a commencé le 16 mai. Après une semaine, nous pensions rentrer chez nous, mais la ministre nous a retenus pour préparer un défilé de mode.
CNC : Ce défilé a-t-il eu lieu ?
Legrand Youkoumande : Oui, le 21 juin 2022, à l’hôtel Ubangi, en présence de la Première dame Tina Touadéra et de plusieurs membres du gouvernement. Le lendemain, nous avons reçu des certificats à l’hôtel Ledger.
CNC : Ensuite, la ministre vous a encore empêchés de rentrer chez vous ?
Legrand Youkoumande : Exactement. Elle parlait de financements venant de la Banque mondiale, du PAM, de l’UNICEF, de l’UNFPA et de la BAD. Mais nous n’avons jamais rien reçu. Tout passait par la coordinatrice camerounaise, Mme Ouahm-Diane.
CNC : Pendant trois ans, avez-vous au moins eu des activités ?
Legrand Youkoumande : Nous n’avons eu que deux marchés. Le principal concernait les uniformes de l’école du président Touadéra à Damara. Mais là encore, la ministre décidait seule du prix et nous donnait des forfaits. Nous n’avions pas notre mot à dire.
CNC : Et après l’incident du 10 septembre, qu’a-t-il été décidé ?
Legrand Youkoumande : Le vendredi 12 septembre, la ministre a ordonné à la gendarmerie de nous expulser. Nous avons été chassés comme des malfaiteurs. Après cela, nous avons annoncé que nous allons entrer en grève pour protester.
CNC : Cette grève aura-t-elle lieu ?
Legrand Youkoumande : Nous l’avons annoncée, mais pour l’instant je ne peux pas confirmer si elle aura effectivement lieu. Ce qui est sûr, c’est que nous ne resterons pas silencieux face à cette injustice.
CNC: Merci beaucoup monsieur Legrand Youkoumande.
Legrand Youkoumande : C’est à moi de vous remercier au nom des collaborateurs aussi madame la journaliste.
Touadéra vend son PND 2024-2028 comme un miracle, mais c’est un piège à 7 000 milliards pour piller les partenaires via le Maroc.
Touadéra, roi de l’arnaque
Le 21 mai 2025, le président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro a vanté son Plan National de Développement (PND) 2024 – 2028 à Bangui, promettant routes, écoles et emplois pour 7 040 milliards FCFA (12 milliards USD). Ce plan, adopté en septembre 2024, compte 543 projets, dont 24 prioritaires à 5,1 milliards, à financer via une table ronde au Maroc. Mais c’est une vraie supercherie. Touadéra n’a jamais voulu développer la RCA. Son précédent plan, le RCPCA (2017 – 2021), avait récolté 1 500 milliards FCFA à Bruxelles. Résultat ? Rien : pas de routes, pas d’hôpitaux, rien. L’argent a été détourné pour payer le groupe Wagner, laissant les Centrafricains dans la misère. Le PND est juste une nouvelle pompe à fric, un piège pour siphonner des milliards.
RCPCA, PND : pillage en série
Le RCPCA était une masterclass d’arnaque. En 2016, Touadéra a séduit les bailleurs à Bruxelles, Union Européenne en tête, pour 1 500 milliards FCFA. Tout le monde y croyait : opposition, société civile, partenaires. Mais l’argent a disparu. Le ministre actuel de l’Économie, Richard Filakota, a lui-même admis que ces fonds ont été détournés. Cet argent n’a pas construit d’écoles, il a financé Wagner pour protéger Touadéra. Avec le PND, rebelote. L’opposition est écartée, la vraie société civile ignorée. À la place ? Des militants du MCU, le parti de Touadéra, déguisés en “société civile” pour applaudir ses plans bidon. C’est un cirque, et les Centrafricains en sont les dindons.
Le Maroc, le mur d’une arnaque géante
Touadéra a trouvé un nouvel appât : le Maroc. Grâce à son expérience dans les grands événements, le Maroc accueillera la table ronde des bailleurs en juin 2025. Touadéra compte sur ce paravent crédible pour embobiner l’Union Européenne, la Banque mondiale et autres donateurs. Comme à Bruxelles, il jouera la carte de la “reconstruction” pour soutirer 7 040 milliards FCFA, qu’il détournera ensuite pour ses affaires personnelles. Le Maroc, pensant jouer les leaders africains, risque de se faire rouler dans la farine. Ces milliards ? Ils ne verront jamais une route ou une école. Comme avec le RCPCA, ils finiront dans les poches de Touadéra et de ses complices.
Un peuple trahi, des besoins ignorés
Pendant que Touadéra prépare son casse, les Centrafricains crèvent. Les hôpitaux manquent de tout, les écoles sont des ruines, l’électricité coupe à chaque instant. On se souvient de François Bozizé, qui promettait une Rue des Martyrs avec échangeur, restée un tas de boue. Touadéra fait pire, vendant un PND à 7 000 milliards qui ne changera rien. L’Union Européenne construit des écoles, mais l’argent du PND, comme celui du RCPCA, s’évaporera. Les Centrafricains veulent des routes, des jobs, des soins, pas des plans bidon qui enrichissent les élites. Ce PND est une gifle, une trahison de plus.
Touadéra, tu as beaucoup volé
Le PND 2024-2028 de Touadéra est une arnaque à 7 000 milliards, un piège pour voler les Centrafricains en utilisant le Maroc. Après le pillage du RCPCA, où 1 500 milliards ont financé Wagner, Touadéra recommence avec ses faux militants. Assez ! Les Centrafricains méritent des routes, des écoles, du réel. Touadéra, stoppez ce vol, ou le peuple vous jugera….
Bossangoa : les Mercenaires russes, les criminels des criminels, terrorisés par un drone mystique
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/06/Les-mercenaires-de-la-societe-Wagner-au-bord-de-la-route-entre-Bossembele-et-Boali.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les mercenaires de la société Wagner au bord de la route entre Bossembélé et Boali, en République centrafricaine
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 septembre, aux environs de 23 h, les mercenaires russes déployés à Bossangoa (Ouham) ont vidé leurs chargeurs en l’air, semant la panique dans la ville. Motif invoqué : un “dôme mystique” qui aurait survolé leur base.
Le spectacle a tourné au ridicule lorsque ces hommes, censés incarner la force russe , ont tiré sans relâche dans le ciel pour se protéger d’un danger imaginaire. Ils affirment avoir aperçu un objet étrange au-dessus de leur camp, évoquant aussitôt de vieux souvenirs d’une prétendue tentative de bombardement survenue deux ans plus tôt dans la même localité. À l’époque déjà, ils avaient accusé l’OTAN d’avoir envoyé un avion invisible, comme si chaque bruit dans le ciel devenait un prétexte pour justifier leur peur. Donc, les tueurs ont eux aussi peur ? Vraiment Dieu est très fort!
Cette peur n’est pourtant pas nouvelle puisque plusieurs bases russes en Centrafrique ont été visées par de véritables drones kamikazes depuis 2022. À Kaga-Bandoro, en décembre 2023, au moins 7 mercenaires russes ont été tués et plusieurs autres blessés. À Ndélé, en juin 2024, d’autres frappes ont touché leur camp, provoquant encore des pertes. À Carnot, Berbérati, Boda et Bossemptélé, d’autres attaques ont également été signalées, confirmant que ces positions militaires, loin d’être imprenables, sont devenues des cibles faciles.
Ce qui frappe, c’est la manière dont ces mercenaires changent d’explication au gré des événements. Un jour, ils pointent l’OTAN, le lendemain les rebelles de la CPC, puis les Français. Chaque fois, un nouvel ennemi est inventé pour masquer la réalité : la panique gagne leurs rangs dès qu’un corbeau noir survole le ciel. À Bossangoa, il a suffi d’un vol nocturne pour déclencher une pluie de balles qui n’a visé que les nuages. He! Les criminels, avez-vous aussi peur de votre vie ? Vous pensez que vous êtes intouchables ?
La contradiction est d’autant plus spectaculaire que ces hommes se présentent comme invincibles lorsqu’il s’agit de s’en prendre aux populations civiles, mais paniquent comme des bébés dès qu’un oiseau noir, un corbeau passe au-dessus de leur tête. À force d’imposer la terreur à la population sans défense, ils finissent par montrer eux-mêmes leur vulnérabilité, incapables de maîtriser leurs nerfs au moindre signe de menace.
Ainsi, la scène de Bossangoa ne fait que confirmer l’image d’un dispositif militaire qui prétend défendre le pays mais passe ses nuits à tirer sur des ombres. Entre accusations contradictoires et rafales insensées, la seule certitude est que les bases russes, de Bossangoa à Berbérati, incarnent moins la puissance que la peur et le désordre qu’ils sèment eux-mêmes.
Violente altercation mortelle sur un chantier minier : un homme tué au village 5 Kilos, dans la Vakaga
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/sur-le-site-minier-de-gordile.jpg” data-wpel-link=”internal”>Bambari” width=”450″ height=”420″ />Image d’illustration des artisans qui tentent de dégager leurs collègues après un glissement de terrain sur le site minier de Gordile, dans la préfecture de la Vakaga. CopyrightCNC
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Une dispute entre deux ouvriers orpailleurs sur le chantier minier de Mandjame, près du village 5 Kilos, tourne au drame mortel.
Un orpailleur d’une vingtaine d’année est mort lundi matin des suites de blessures à la tête. Les faits se sont produits dimanche sur le site minier de Mandjame, à 12 kilomètres du village 5 Kilos sur la piste rurale pour se rendre à Sikikédé, dans la préfecture de la Vakaga.
Tout a commencé par une simple discussion entre deux jeunes travailleurs du chantier. La conversation a mal tourné. Trois compagnons de l’un d’eux, tous venus de Boromata, ont rejoint la dispute pour soutenir leur ami du même village.
Face à cette agression à quatre contre un, le jeune homme isolé a saisi une branche d’arbre pour se défendre. Dans la mêlée, il a porté un coup à la tête de l’un de ses agresseurs. La victime s’est effondrée sur le sol, le crâne fracturé.
Ses amis l’ont transporté d’urgence au dispensaire du village 5 Kilos, à 12 kilomètres du chantier minier. Les infirmiers ont fait ce qu’ils pouvaient, mais l’état du blessé s’est aggravé durant la nuit. Il est décédé le lendemain matin.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/ceremoniefuneraire-5kilos-vers-gordile.jpg” data-wpel-link=”internal”>La cérémonie funeraire du décès du jeune tué sur le site minier de 5 Kilos, dans la Vakaga, le lundi 15 septembre 2025
La nouvelle de ce décès a électrisé le chantier. Les activités ont été suspendues et la tension règne entre les différents groupes de travailleurs. Au même moment, l’auteur du coup mortel a disparu. Personne ne sait où il se trouve. Sa fuite a aggravé les tensions sur le chantier. Les activités d’extraction ont cessé. Les différents groupes de travailleurs se regardent avec méfiance.
Les familles des deux camps se disputent maintenant. Chacune accuse l’autre d’avoir provoqué le drame. L’atmosphère reste tendue autour du site minier.
Dans cette partie reculée du pays, les autorités locales manquent de moyens. Aucun policier ni gendarmes se trouvent dans ce village reculé.
Ce type d’incident se répète régulièrement sur les chantiers d’or de la Vakaga, mais aussi dans d’autres localités du pays. Les orpailleurs travaillent dans des conditions difficiles. La concurrence est rude. Les disputes éclatent facilement et finissent parfois mal.
Cette mort rappelle la réalité quotidienne de nombreuses localités centrafricaines, où la violence devient trop souvent la réponse aux conflits.
clash entre deux familles de Ouanda-Djallé après la mort de Delphin Ngrebaye à Bangui
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/ancien-ministre-hassan-come.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/ancien-ministre-hassan-come-337×450.jpg” alt=”Delphin Ngrebaye ” width=”337″ height=”450″ />Hassan Come, ancien ministre du commerce, et candidat du MCU à Ouanda-Djallé
À Bangui, la mort de Delphin Ngrebaye, dit « AMT », provoque une montée de tension entre deux grandes familles originaires de Ouanda-Djallé, dans la préfecture de la Vakaga. Les proches du défunt accusent l’épouse de l’ancien ministre du Commerce, Hassan Kome, d’avoir proféré des menaces dix jours avant le décès.
Selon plusieurs témoins contactés par la rédaction du CNC, Miriam Fautour, épouse de l’ancien ministre Hassan Kome, et sa mère se seraient rendues le premier août dernier au domicile de Mme Fatou Service Sendé, au quartier Combattant, dans le 8ᵉ arrondissement de Bangui. Elles auraient demandé à Mme Fatou de transmettre un message violent à Delphin Ngrebaye, déclarant que « son mari ne mourra pas, c’est lui qui va mourir avant ». Effectivement, dix jours plus tard, le décès de Delphin Ngrebaye est intervenu le 10 août 2025, renforçant les soupçons de préméditation dans la famille du défunt.
Mais derrière toutes ces tension, il y’a également une Rivalité politique qui est en arrière-plan. À Ouanda-Djallé, la candidature annoncée de Hassan Kome aux prochaines législatives au nom du MCU accentue les divisions. L’ancien ministre, absent de sa localité d’origine depuis plus de trente ans, a été désigné sans primaire par le MCU grâce au soutien du ministre de la Justice Arnaud Djoubaye Abazène.
La mort de Delphin Ngrebaye est désormais au cœur des débats entre clans familiaux. Les proches du défunt annoncent qu’ils attendent l’ancien ministre sur place pour lui demander des explications.
Pendant ce temps, à Bangui, il y’a aussi une croisée de Mécontentements dans la capitale. À Bangui, l’affaire alimente des tensions entre familles issues de Ouanda-Djallé. Plusieurs absences à la veillée mortuaire organisée chez Mme Fatou Service Sendé, au quartier Combattant, ont été relevées.
Le comptable de la mairie de Ouanda-Djallé, installé à Bangui et logé chez l’ancien ministre Hassan Come, n’a pas assisté aux funérailles. Or, son épouse est la nièce du défunt : sa belle-famille était directement touchée par le deuil. Ce refus de présence est perçu comme un affront.
De même, le maire de Ouanda-Djallé, également proche de l’ancien ministre, n’a pas fait le déplacement. Ces absences renforcent l’idée que le camp de Hassan Come et ses alliés se tiennent à distance du drame, ce qui accentue la fracture entre les familles.
Ces accusations s’ajoutent à un climat de méfiance avec des paroles jugées menaçantes. Selon les proches de la victime, Mme Miriame Fautour aurait justifié sa position en rappelant ses origines familiales influentes en matière de sorcellerie. Pour la famille Ngrebaye, ces propos, suivis du décès, constituent une menace grave qui alimente aujourd’hui un conflit politique et familial durable.
Une nouvelle vague des centrafricains bloquée au Niger depuis cinq mois attendent toujours leur rapatriement
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/les-refoules-centrafricains-qui-sont-au-niger.jpg” data-wpel-link=”internal”>L’un des centrafricain refoulé au Niger. Photo de courtoisie.
Une nouvelle vague de Centrafricains refoulés d’Algérie se retrouve dans l’attente au Niger, sans réponse des autorités de Bangui.
Cinq Centrafricains refoulés des frontières algériennes vivent une situation précaire au Niger depuis maintenant cinq mois, attendant une autorisation de rapatriement de la part des autorités de Bangui qui tarde à venir. Cette nouvelle vague de compatriotes rejoint la longue liste des ressortissants centrafricains qui transitent par le Niger après avoir échoué dans leur tentative de migration vers l’Europe via l’Afrique du Nord.
La situation actuelle rappelle les difficultés rencontrées par de précédents groupes de Centrafricains dans la même situation. En juillet 2023, un premier contingent de compatriotes avait déjà lancé un appel au gouvernement après avoir passé plusieurs mois dans des conditions difficiles au Niger. Certains avaient même séjourné jusqu’à trois années dans les camps gérés par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) avant d’obtenir leur rapatriement.
Les conditions de vie de ces cinq ressortissants restent particulièrement difficiles selon les témoignages recueillis. Contraints de dormir sur des nattes, ils font face à des problèmes d’approvisionnement en eau et à une alimentation qui ne correspond pas à leurs habitudes alimentaires. L’adaptation au contexte nigérien représente un défi quotidien pour ces personnes qui espéraient initialement atteindre l’Europe en passant par l’Afrique du Nord.
Les refoulés centrafricains actuellement dans un camp de l’OIM au Niger
Parmi ce groupe figure notamment Arouna Mohamed, né en 1988 à Yaloké dans la préfecture de l’Ombella-M’Poko et ayant grandi dans le quartier Ramandi à Bangui. Comme ses compatriotes, il attend depuis cinq mois une simple autorisation gouvernementale qui permettrait son retour au pays avant les prochaines échéances électorales.
La procédure de rapatriement ne présente pourtant pas de complexité majeure selon les explications fournies par l’OIM. L’organisation internationale prend en charge tous les aspects financiers du retour, ne nécessitant qu’une autorisation administrative de la part des autorités centrafricaines. L’absence d’ambassade centrafricaine au Niger complique toutefois les démarches, obligeant les demandeurs à obtenir leur laissez-passer auprès des services d’immigration de Bangui.
Un délégué des refoulés centrafricains au Niger, contacté par la rédaction de Corbeau News Centrafrique (CNC) , confirme la situation délicate de ses compatriotes. Il explique veiller personnellement à l’authentification de l’identité centrafricaine des demandeurs de rapatriement, interrogeant chaque personne en sango et vérifiant leurs connaissances sur le pays pour éviter les infiltrations d’étrangers dans le groupe.
Cette situation montre clairement un traitement inéquitable entre les différentes nationalités présentes dans les camps de l’OIM au Niger. Alors que les Centrafricains attendent des mois, voire des années pour obtenir leur rapatriement, d’autres ressortissants africains : Camerounais, Nigériens, Togolais et bien d’autres, voient leurs gouvernements réagir rapidement. Ces derniers quittent généralement les camps en l’espace d’une semaine après l’intervention efficace de leurs autorités nationales respectives.
L’ampleur de cette disparité administrative devient particulièrement frappante quand on examine les délais d’attente. Certains Centrafricains arrivés en 2022-2023 ont attendu plus d’une année avant d’être rapatriés en 2024. D’autres, présents depuis 2024, espèrent toujours leur retour. Le groupe actuel, arrivé en 2025, risque d’attendre encore plusieurs mois supplémentaires, l’OIM ayant programmé leur retour pour octobre sans garantie ferme de la part du gouvernement centrafricain.
L’Organisation Internationale pour les Migrations a programmé le retour de ce groupe pour le mois d’octobre 2025, sous réserve de l’obtention des autorisations gouvernementales nécessaires. Cette promesse offre un espoir concret aux cinq compatriotes qui pourront ainsi retrouver leurs familles et participer à la vie nationale.
L’expérience de ces Centrafricains met en évidence les défis migratoires auxquels font face de nombreux jeunes du pays qui tentent leur chance vers l’Europe via l’Afrique du Nord. Refoulés aux frontières algériennes ou d’autres pays du Maghreb, ils se retrouvent souvent dans des situations de transit prolongé qui nécessitent l’intervention des autorités nationales et des organisations internationales.
Cette situation interroge sur la capacité des services consulaires centrafricains à réagir rapidement face aux besoins de leurs ressortissants à l’étranger. La comparaison avec d’autres pays qui rapatrient plus rapidement leurs citoyens dans des situations similaires met en évidence les lacunes du système administratif national.
L’issue de cette affaire dépend désormais de la réactivité des autorités centrafricaines qui détiennent les clés du retour de ces compatriotes. L’approche des échéances électorales pourrait constituer une motivation supplémentaire pour accélérer le processus et permettre à ces citoyens de participer à la vie démocratique de leur pays.
Affaire Noureddine Adam : Un collectif de victimes l’attaque, le FPRC crie à la manipulation
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/12/antoine-tombet.jpg” data-wpel-link=”internal”>Monsieur Antoine Tombet, Président du collectif des Victimes de Noureddine Adam
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Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un collectif des victimes de Noureddine Adam a publié un communiqué le 9 septembre pour dénoncer les récentes déclarations de l’ancien ministre d’État et ancien leader de la Séléka. De son côté, le FPRC rejette en bloc ces accusations et parle d’une manœuvre du pouvoir.
Le collectif dirigé par Antoine Tombet reproche à Noureddine Adam de se présenter comme un artisan de paix tout en passant sous silence ce qu’il appelle ses crimes du passé. “M. Noureddine Adam omet délibérément les crimes graves qu’il a supervisés, notamment les actes de torture, les exécutions sommaires et les attaques contre des civils innocents”, écrit le groupe dans son communiqué.
Le collectif rappelle que la Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt contre Noureddine Adam en janvier 2019 pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Les scellés ont été levés en juillet 2022, mais l’homme reste libre. “Nous considérons ce communiqué comme une tentative de manipulation et de réécriture de l’histoire”, affirme Antoine Tombet, qui appelle la communauté internationale à agir pour que justice soit rendue.
La réaction du FPRC ne s’est pas fait attendre. Un général du mouvement contacté par CNC balaie d’un revers de main la crédibilité de ce collectif. “Ce sont des gens manipulés par le pouvoir pour s’attaquer à Noureddine Adam sans raison valable”, tranche-t-il. Pour lui, cette initiative s’inscrit dans une stratégie bien connue du régime Touadéra : créer des organisations bidons pour salir la réputation de ses opposants.
“À chaque fois, ils sortent des inconnus pour attaquer notre leader. Ces gens n’ont aucun lien avec la vraie histoire de notre pays”, ajoute le responsable militaire qui préfère taire son identité.
Le FPRC déclare être prêt pour une négociation globale pour la paix dans notre pays. Le mouvement dénonce ce qu’il qualifie de “guerre judiciaire” menée par Bangui contre ses opposants via les instances internationales.
“Ce prétendu collectif ne représente personne. Ses animateurs sont payés par le régime pour détruire l’image d’un homme qui a choisi la paix”, conclut la source du FPRC.
Cette controverse s’ajoute aux tensions qui persistent entre le gouvernement et certains groupes armés, malgré les efforts de réconciliation en cours dans le pays.
Le FPRC demande à la population de ne pas se laisser berner par ces “manœuvres grossières” qui visent à diviser à nouveau les Centrafricains. De son côté, le collectif des victimes de Noureddine Adam maintient ses accusations et continue de réclamer justice.
Bouar et l’électricité : les promesses tiendront-elles cette fois ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/03/Le-bureau-et-le-groupe-electrogene-de-lENERCA-de-Cantonnier.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le bureau et le groupe électrogène de l’ENERCA de Cantonnier. CopyrightCNC
La préfecture de Nana-Mambéré, avec le chef-lieu Bouar, espère tourner la page de la crise énergétique.
“Fool me once, shame on you;fool me twice, shame on me”, dit l’adage anglo-saxon. À Bouar, cette sagesse populaire résonne particulièrement fort depuis l’annonce du nouveau projet électrique.
Le 15 juillet 2025, la ville a officiellement lancé le Projet d’Accès et de Renforcement du Secteur de l’Électricité. Ce programme, financé par la Banque mondiale et confié à la Société Tragédelle pour 16 mois, prévoit la construction de 25 kilomètres de lignes haute tension aérienne, 4 kilomètres de lignes basse tension et 10 postes de transformation, ainsi qu’une centrale de 3,5 MW.
Victor Suébois, directeur de l’énergie, a présenté ce projet comme une réponse directe aux difficultés énergétiques de la région. Rita Saravinda, préfète de Nana-Mambéré, a rappelé que l’accès à l’électricité constitue une priorité gouvernementale et un droit fondamental pour les citoyens.
L’annonce intervient dans un climat de méfiance compréhensible. Les habitants de Bouar ont observé avec attention l’expérience de Bambari, où une centrale hybride inaugurée en 2023 devait apporter une solution durable aux problèmes d’électricité. Les résultats ont déçu : coupures répétées, système prépayé défaillant où les abonnés règlent leurs factures sans bénéficier du service, et alimentation réservée aux occasions officielles.
ENERCA a multiplié les justifications techniques : pannes d’équipement, pénurie de carburant, contraintes liées à la saison des pluies. Ces explications n’ont pas convaincu une population privée d’électricité, laissant commerces, établissements scolaires et ménages dans l’obscurité.
Les autorités locales tentent de rassurer en insistant sur l’engagement de la Banque mondiale et la qualité technique du projet. Elles promettent une surveillance accrue de la MAINTENANCE et une gestion plus rigoureuse des installations. Mais les habitants de Bouar, informés des difficultés rencontrées ailleurs, restent prudents.
Le succès du PARS dépendra de plusieurs facteurs déterminants : la régularité de la maintenance, la transparence dans la gestion des fonds et la fiabilité de l’approvisionnement en carburant.
La population de Bouar garde en mémoire les échecs passés tout en espérant que cette initiative apportera enfin des solutions durables. Les prochains mois diront si ce projet parviendra à rompre avec les dysfonctionnements observés dans d’autres localités centrafricaines….
De couturiers exploités à restaurant mafieux : la ministre Annie Michelle Mouanga veut transformer le foyer de l’ACFPE en machine à cash
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Michelle-Mouanga-ministre-du-travail-et-de-la-formation-professionnelle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Michelle-Mouanga-ministre-du-travail-et-de-la-formation-professionnelle-450×300.jpg” alt=”Annie Michelle Mouanga , ministre de l’emploi en Centrafrique” width=”450″ height=”300″ />Annie Michelle Mouanga , ministre du travail et de la formation professionnelle
Après avoir installé sa pompe à fric à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, la ministre du Travail, Annie Michelle Mouanga s’apprête à reproduire le même schéma à l’Agence Centrafricaine pour la Formation Professionnelle et l’Emploi (ACFPE).
Annie Michelle Mouanga a trouvé la formule magique pour transformer les institutions parapubliques en distributeurs de billets personnels. Après avoir installé sa pompe à fric à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, la ministre du Travail s’apprête à reproduire le même schéma à l’Agence Centrafricaine pour la Formation Professionnelle et l’Emploi. Au menu : expulsion des couturiers vulnérables de leur foyer pour y installer un restaurant obligatoire, nouvelle source de revenus garantie.
Le système CNSS fonctionne depuis des mois sans accroc. L’entreprise “Diaspora”, propriété de Mouanga, encaisse 15 millions de FCFA chaque mois pour alimenter le restaurant d’entreprise. Les employés de la caisse, contraints de déjeuner sur place, voient automatiquement les frais prélevés de leur salaire. Cette mécanique transforme les cotisations sociales des travailleurs centrafricains en rente privée, sous la supervision complaisante de Henri Koulayom, président du conseil d’administration et homme de confiance de la ministre.
L’ACFPE, située dans la capitale Bangui, représente maintenant la nouvelle cible. Depuis trois ans, le foyer de l’agence accueille des couturiers en situation précaire, principalement des jeunes femmes et jeunes hommes issues des quartiers populaires. Ces artisanes ont bénéficié de formations financées par des organismes internationaux, dans le cadre des programmes d’insertion professionnelle. Annie Michelle Mouanga a d’abord empoché les subventions allouées à ces formations, prétextant le développement des compétences locales.
Maintenant vient l’heure du grand nettoyage. Les couturiers vont être chassés de leur espace de travail pour faire place à un restaurant imposé aux agents de l’ACFPE. Ces derniers, aux salaires modestes, devront débourser environ 200 000 FCFA mensuels pour des repas obligatoires. La différence avec la CNSS est de taille : l’ACFPE dépend des contributions volontaires d’ONG et d’entreprises privées, contrairement à la caisse qui dispose des cotisations obligatoires. Imposer ce système risque de tarir les financements externes tout en ponctionnant davantage les agents déjà sous-payés.
L’opération s’organise en famille. Renée Michèle Bimbo, sœur de la ministre, occupe le poste de directrice générale de l’ACFPE depuis sa nomination litigieuse. Sans expérience particulière dans le domaine, elle a entrepris un remaniement complet des équipes. Les anciens cadres compétents ont été écartés pour laisser place aux proches et alliés, bénéficiant de salaires doublés tandis que les autres subissent une prétendue “crise de trésorerie”.
Le réseau familial s’étend bien au-delà de Bimbo. Ledo, autre sœur de Mouanga, facture 7 millions de FCFA pour cinq jours de formation aux inspecteurs du travail, soit 250 000 FCFA par jour. Cette consultante installée en France effectue des missions bimestrielles pour “moderniser les méthodes de travail”. Les marchés publics suivent la même logique : portails facturés 20 millions au lieu de 2, contrats attribués à des entreprises proches du clan, informaticiens qualifiés remplacés par des neveux sans formation.
L’ACFPE a perdu sa vocation première. Cette agence, créée pour accompagner les demandeurs d’emploi et organiser des formations professionnelles, s’est muée en entreprise familiale. Les droits sociaux des employés sont bafoués, la compétence sacrifiée au profit des liens de parenté. Un récent appel à candidatures pour le poste de directeur général, rédigé sur mesure pour reconduire Bimbo, écarte délibérément les professionnels du secteur.
Les vraies victimes de cette transformation seront les couturiers. Expulsées sans préavis, elles retrouveront le chômage que l’ACFPE était censée combattre. Cette contradiction ne gêne pas Mouanga, qui affiche pourtant sa volonté de réviser le “pacte social” pour intégrer les stagiaires dans le système de protection sociale. Sa conception du pacte social consiste manifestement à protéger sa famille plutôt que les travailleurs centrafricains.
Cette dérive s’inscrit dans une logique plus large de prédation des institutions publiques. Le ministère du Travail, théoriquement chargé de défendre les droits des salariés, devient l’instrument d’enrichissement personnel de sa titulaire. Les fonds destinés à lutter contre le chômage et la pauvreté alimentent les comptes familiaux, détournant l’argent public de sa destination sociale.
L’impunité règne dans ce système. Mouanga multiplie les “formations” bidons facturées à prix d’or, les recrutements complaisants et les marchés truqués, sans que personne n’intervienne. L’ACFPE agonise sous les coups répétés de cette gestion prédatrice, perdant progressivement sa crédibilité auprès des bailleurs de fonds internationaux.
Le président Faustin-Archange Touadéra, le Premier ministre Félix Moloua et le ministre contrôleur des entreprises parapubliques Roméo Gribingui ont encore la possibilité d’agir. L’ACFPE peut être sauvée si les autorités mettent fin à cette dérive népotique. Sans intervention rapide, cette institution rejoindra la liste des agences publiques vidées de leur substance par leurs propres dirigeants.
Les couturiers chassés de leur foyer symboliseront alors l’échec d’un État incapable de protéger les plus vulnérables face à l’appétit de ses propres ministres.
Markounda : le désarmement des rebelles du MPC tourne au fiasco, les combattants fuient la faim
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/les-rebelles-du-mpc-cantonnes-a-markounda.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/les-rebelles-du-mpc-cantonnes-a-markounda-450×176.jpg” alt=”Markounda : le désarmement des rebelles du MPC tourne au fiasco, les combattants fuient la faim” width=”450″ height=”176″ />Les quelques 29 ex-combattants du MPC Cantonnés dans la ville de Markounda pour le désarmement.
Cantonnés sans vivres depuis deux semaines, cinq ex-rebelles du MPC ont abandonné le processus officiel du désarmement.
L’histoire commence le 1er septembre 2025 à Markounda, petite ville de l’Ouham-Pendé située à 457 kilomètres de Bangui, près de la frontière tchadienne. Ce jour-là, vingt-neuf combattants du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique arrivent dans cette localité pour entamer leur désarmement officiel. Ils portent avec eux un ordre de mission signé par leur chef Alkatim Mahamat, document qui liste chaque nom avec une précision militaire.
L’accord semblait clair : le gouvernement centrafricain prendrait en charge ces ex-rebelles pendant leur transition vers la vie civile. Les autorités leur avaient promis le gîte et le couvert le temps que les forces russes, et non la Minusca, procèdent à leur désarmement selon les termes négociés entre le MPC et Bangui.
Deux semaines plus tard, la réalité a balayé les promesses. Ces hommes armés habitués à vivre de rapines et d’extorsions se retrouvent confinés dans une ville sans ressources. Depuis leur arrivée, ils n’ont reçu que deux ou trois distributions de vivres. Le reste du temps, ils doivent puiser dans leurs propres poches pour acheter de quoi manger, boire et fumer.
La situation devient rapidement intenable. Ces combattants n’ont pas d’économies substantielles et comptaient sur l’assistance promise. Obligés de cotiser entre eux pour acheter les produits de première nécessité, ils voient leurs maigres réserves s’épuiser jour après jour. L’attente du désarmement se transforme en épreuve de survie.
La semaine dernière, cinq à six d’entre eux ont craqué. Ils ont quitté discrètement Markounda pour retourner vers les sites miniers artisanaux où ils espèrent gagner de quoi subsister. Ces départs marquent l’échec du processus officiel qui transforme le désarmement volontaire en calvaire personnel.
Les vingt-quatre combattants restants vivent désormais dans l’incertitude. Ils ne savent pas si les autorités vont finalement honorer leurs engagements ou s’ils devront, eux aussi, abandonner ce cantonnement pour reprendre leur vie d’avant. Chaque jour qui passe érode un peu plus leur confiance dans les institutions.
Cette débâcle expose les failles structurelles du processus de paix centrafricain. Le gouvernement signe des accords qu’il n’a pas les moyens de respecter. L’État promet une prise en charge qu’il ne peut pas assurer faute de budget. Les ex-combattants se retrouvent pris au piège d’un système qui les abandonne après les avoir attirés.
Le contraste est saisissant entre la bureaucratie militaire de l’ordre de mission et l’improvisation de sa mise en œuvre. Chaque combattant était soigneusement répertorié avec son grade et ses responsabilités, mais personne n’avait prévu le financement de leur alimentation quotidienne. Cette négligence compromet tous les futurs accords de désarmement et nourrit la méfiance des groupes armés envers les promesses gouvernementales.
Dans la Lim-Pendé, la mise en place des bureaux du démembrement de l’autorité nationale des élections (ANE) tourne au fiasco. La Préfète de Lim-Pendé, le Président de la jeunesse de Paoua font ce qu’ils veulent, tandis qu’un Président sortant du démembrement de l’ANE, qui devrait se représenter à nouveau, distribue lui-même des mandats électoraux. Un fiasco total qui se joue à ciel ouvert.
À Paoua, chef-lieu de la préfecture de Lim-Pendé située à 487 kilomètres de Bangui, la mise en place des bureaux locaux de l’Autorité Nationale des Élections tourne à la manipulation organisée. Dans quatre communes de cette zone frontalière avec le Tchad, le processus démocratique a été détourné par les partisans du pouvoir qui fabriquent leurs propres électeurs pour garantir leur mainmise sur l’institution électorale.
L’opération commence de manière classique à Paoua centre. Les mandats sont distribués selon les règles officielles : société civile, autorités et partis politiques reçoivent chacun leurs quotas de représentants. Les organisations de droits de l’homme et l’Organisation des Femmes Centrafricaines (OFCA) présentent leurs délégués qui obtiennent la validation du responsable de l’ANE venu de Bangui. Tout semble se dérouler normalement jusqu’à l’intervention spectaculaire des partisans du pouvoir.
Le président de la jeunesse de Paoua, militant du parti présidentiel MCU, fait irruption dans la salle de réunion accompagné de la préfète de Lim-Pendé. Ensemble, ils procèdent à l’expulsion des représentants légitimes de la société civile. Ces derniers sont remplacés par des militants du pouvoir soigneusement sélectionnés pour voter dans le sens voulu. Cette substitution permet de transformer une élection pluraliste en plébiscite acquis d’avance.
Cette manipulation organisée se reproduit dans toutes les communes concernées, mais c’est dans la localité de Benamkor-Bedaya que la situation atteint des sommets d’absurdité. Ici, cinq villages devaient normalement envoyer chacun un représentant pour élire le président du bureau local de l’ANE. Le principe démocratique élémentaire voulait qu’une personne par village obtienne un mandat pour participer au scrutin.
Mais contre toute attente, l’ancien président du démembrement de l’ANE, candidat à sa propre succession, a complètement détourné cette règle. Au lieu de respecter l’équité territoriale, il a personnellement distribué les mandats selon ses intérêts électoraux. Dans son propre village de Bedaya, il a attribué quatre mandats à ses partisans. Pour le village de Benamkor, il n’a accordé qu’un seul mandat. Cette répartition truquée lui garantissait mathématiquement la victoire puisque quatre voix sur cinq lui étaient acquises dès le départ.
Le cynisme de l’opération dépasse l’entendement : le candidat fabrique lui-même son propre électorat avant de se faire plébisciter par ce dernier. Cette auto-désignation transforme l’élection en mascarade où le résultat est connu avant même le scrutin. Les populations des autres villages se retrouvent marginalisées dans un processus qui devrait pourtant respecter leur représentativité.
Cette manipulation provoque la colère des populations locales qui déposent des requêtes auprès du maire pour dénoncer ces irrégularités grave. Le maire, pensant agir dans la légalité, transmet les doléances à la préfète de Lim-Pendé. Mais au lieu d’enquêter sur ces accusations graves, la préfète insulte publiquement le maire pour avoir osé questionner un système manifestement verrouillé d’avance.
Cette réaction pathétique de la préfète démontre que la fraude bénéficie de complicités hiérarchiques. Elle couvre les agissements du candidat MCU en humiliant ceux qui s’opposent à cette dérive. Cette protection accordée aux manipulateurs encourage la reproduction du schéma frauduleux dans les autres communes de la préfecture.
À Doula, dans la commune de Bimbi, les mêmes pratiques se répètent à l’identique. À Mann, dans la sous-préfecture de Kodi, le scénario se reproduit avec la même méthodologie. Dans la commune de Bah Bessar, les partisans du pouvoir appliquent les mêmes recettes pour s’assurer le contrôle des bureaux électoraux. Partout, les représentants du MCU s’arrogent le droit de choisir leurs propres électeurs avant de se faire plébisciter par ces derniers.
Cette fiasco électoral généralisé dans la Lim-Pendé annonce la couleur pour les scrutins nationaux à venir. Si l’ANE, institution censée garantir la transparence des élections, peut être ainsi détournée au niveau local, quelle crédibilité accorder aux futures consultations présidentielles et législatives ? Les populations assistent à la mise en place d’un système électoral biaisé dès sa conception.
Le silence complice des autorités nationales face à ces dérives encourage leur généralisation dans d’autres préfectures. Pendant que Bangui proclame son attachement à la démocratie et à l’État de droit, ses représentants organisent méthodiquement la confiscation du processus électoral. Cette contradiction fondamentale mine la confiance des citoyens dans les institutions et compromet définitivement la légitimité des futurs scrutins dans un pays où la fraude devient la norme acceptée.
La guerre des egos dans le MLPC fantoche : Quand Étienne Malekoudou, Chantal Édouard Koyambounou et Jackson Mazette se déchirent pour des miettes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Assis-de-gauche-a-droite-Etienne-Malekoudou-Chantal-Jean-Edouard-Koyambonou-et-Gonidere.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Assis-de-gauche-a-droite-Etienne-Malekoudou-Chantal-Jean-Edouard-Koyambonou-et-Gonidere-450×299.jpg” alt=”La guerre des ego dans le MLPC fantoche : Quand Étienne Malekoudou, Chantal Édouard Koyambounou et Jackson Mazette se déchirent pour des miettes” width=”450″ height=”299″ />Assis de gauche a droite, Étienne Malekoudou, Chantal Jean Edouard Koyambonou, e Gonidere . CopyrightCNC
Quand le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), dirigé par l’ancien premier ministre Martin Ziguélé reste inébranlable, les trois mousquetaires du MLPC-Courant originel, dit MLPC-CO, dirigé par Étienne Malekoudou d’une part, Chantal Jean Édouard Koyambounou d’autre part, et Jackson Mazette lui aussi, s’entredéchirent dans une guerre de cloportes. Leur « courant originaire » n’est qu’un château de cartes, leur « congrès » une farce, et leur crédibilité, un lointain souvenir dans le MLPC.
Le trio infernal, Malekoudou, Koyambounou, Mazette, trois traitres radiés du MLPC, se batte pour des miettes. Étienne Malekoudou, qui s’est autoproclamé « Coordonnateur National » d’un autre nouveau courant du MLPC, passe désormais ses journées à rédiger des communiqués larmoyants. Il y accuse ses désormais anciens alliés, Chantal Jean-Édouard Koyambounou et Jackson Mazette, de trahison. Il va même jusqu’à dire que l’assise qu’ils ont tenue le 5 septembre à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) n’est qu’un jeu de « qui perd gagne » et la considère comme totalement illégale au regard des statuts du MLPC.
En tant que témoin des pratiques au sein du MLPC-CO, Étienne Malekoudou révèle avec justesse que cette assise du 5 septembre n’était rien de plus qu’une réunion d’un petit groupuscule. Selon lui, les militants présents ont été triés sur le volet, recrutés à coups de billets et n’avaient reçu aucun mandat officiel de leurs organes respectifs. Mais qui peut croire un homme qui a lui-même trahi le MLPC pour un titre vide de sens ? Le voilà désormais isolé.
Chantal Jean Édouard Koyambounou, hier encore son complice, a retourné sa veste pour organiser, sur décision de Jackson Mazette, un « congrès » bidon le 5 septembre 2025, avec une poignée des amis du soi-disant leur MLPC. Leur objectif ? S’approprier le vrai MLPC par la force. Résultat : un spectacle pitoyable dans une salle de la CNSS, avec moins de 10 participants. Pendant ce temps, Jackson Mazette, parrain des parrains, lui, reste cloué sur le lit d’hôpital au Maroc, tente de manipuler ses proches pour la tenue de ce congrès bidon. Une nouvelle escroquerie pour justifier leur opportunisme. Mais leur comédie n’a convaincu personne. Leur « Coordination Nationale du MLPC -Courant Originel » est désormais une coquille vide, une bande de frustres qui croient encore pouvoir tromper les centrafricains.
Le MLPC de Ziguélé : Solide, légitime, inattaquable. Et c’est vrai. Pendant que ces trois-là s’étripent, le vrai MLPC reste debout. Malgré les millions dépensés par le Président Touadera pour le détruire, malgré les manipulations, le parti historique tient bon, porté par des centaines de milliers de militants fidèles.
Moins de 10 dissidents contre des millions de Centrafricains. Cela prête à sourir. Ils ne sont même pas 20 à suivre ces traînards. Moins de 10 , selon leurs propres chiffres ! Une poignée de marginaux, tandis que le MLPC de Ziguélé continue d’avancer, plus fort que jamais.
Leur communiqué ? Une insulte à l’intelligence des Centrafricains. Oui, il est à noter que leur dernière « déclaration » est une blague. Ils parlent de « légitimité », alors qu’ils n’ont même pas respecté les statuts du MLPC. Leur « congrès » n’est qu’un non-événement, une tentative désespérée de donner un semblant d’importance à leur division.
Le MLPC les a déjà oubliés. Le parti que dirige Ziguélé n’a même pas besoin de répondre. Leur guerre ne concerne personne. Ils s’autodétruisent, et c’est tant mieux.
À Malekoudou, Koyambounou, Mazette, Tagoto et leurs complices : les vrais militants et les responsables des organes du MLPC disent que votre guerre ne leur intéresse pas. Vos communiqués ne leur font pas peur. Votre « congrès » n’existe pas. Le MLPC est plus fort que jamais, et vous, vous n’êtes plus que des fantômes.
Le peuple centrafricain, les militants et les responsables des organes de ce parti ont déjà tranché. Selon un cadre de CRPS de Maitre Nicolas Tiangaye contacté par la Rédaction. Et ce n’est pas en votre faveur, conclut-il.
le corps décapité découvert en 2024 près de Ngaoukala n’est pas un soldat FACA, mais identifié comme un ex-rebelle 3R
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Les-rebelles-de-3R-drone-en-main-apres-les-combats-avec-les-Wagner-et-FACA.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les rebelles de 3R, drone récupéré en main, après les combats avec les Mercenaires russes du groupe Wagner et FACA à Ngaoukala, près du village de Mann, dans la préfecture de Lim-Pendé, en République centrafricaine.
L’homme retrouvé décapité près de Ngaoukala en août 2024 n’était pas un soldat FACA, mais Issa, un ex-combattant du mouvement 3R exécuté par les Wagner.
La macabre découverte d’un corps décapité près du village de Ngaoukala, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé, avait provoqué un vif émoi en août 2024. À l’époque, tout laissait croire qu’il s’agissait d’un soldat FACA (forces armées centrafricaines), notamment en raison de la tenue militaire et du gilet pare-balles que portait la victime. Mais une enquête approfondie menée par le service d’investigation du CNC révèle aujourd’hui qu’il s’agissait en réalité d’un ex-rebelle du mouvement 3R nommé Issa, capturé et exécuté par les mercenaires russes du groupe Wagner.
Le corps de Issa, un ex-rebelle de 3R décapité près du village Ngaoukala. Photo aCNC
Un prisonnier de Wagner au Camp de Roux
Issa avait été capturé plusieurs mois avant sa mort lors de son déplacement vers Koui par les mercenaires russes du groupe Wagner. Après sa capture, il avait été transféré à Bangui et enfermé dans le souterrain du Camp de Roux, une prison secrète et fortement surveillée. Ce site, utilisé comme centre de détention illégal par les mercenaires russes, est composé de cellules exiguës, semblables à des cabines individuelles, où les prisonniers sont isolés et torturés. Issa y a été maintenu pendant des mois, affaibli par les interrogatoires et les mauvais traitements.
L’attaque de la colline de Ngaoukala
En juillet 2024, Wagner préparait une offensive contre une base des rebelles du mouvement 3R située sur la colline de Ngaoukala, non loin de Koui. Pour localiser précisément les positions rebelles, les mercenaires ont sorti Issa de sa cellule et lui ont fait miroiter une éventuelle libération en échange de sa coopération. Contraint, il a indiqué l’emplacement de la base ennemie et a été embarqué par les Russes pour les guider.
Un affrontement meurtrier
Lorsque le groupe Wagner est arrivé dans la zone, un violent affrontement a éclaté avec les combattants du 3R. L’opération a tourné au chaos, provoquant deux morts et des blessés parmi les mercenaires russes. Furieux d’avoir été pris en embuscade, les Russes ont aussitôt accusé Issa de les avoir mal renseignés ou même trahis.
Exécution barbare
Pour le punir, Issa a été enterré jusqu’à la taille dans un sol sablonneux, avant d’être décapité avec un couteau commando. Sa tête a été jetée à plusieurs dizaines de mètres (200 mètres ), tandis que son corps est resté partiellement enterré sur place. C’est dans cet état que des villageois de Ngaoukala l’ont découvert quelques jours plus tard alors qu’ils se rendaient aux champs. L’image du corps sans tête, vêtu d’une tenue militaire, a conduit les premiers témoins, y compris notre journaliste qui est arrivé sur le lieu, à croire qu’il s’agissait d’un soldat FACA.
Une confusion levée après un an d’enquête du CNC
Les gilets pare-balles et autres équipements militaires trouvés sur le corps avaient renforcé cette confusion, certains pensant que la victime était un soldat engagé aux côtés de Wagner. Mais après presque une année d’enquête, il est désormais confirmé qu’il s’agissait d’Issa, un ancien combattant du 3R capturé et torturé par les mercenaires russes.
Une méthode qui sème la terreur
Cette exécution rappelle les violences déjà imputées à Wagner dans plusieurs régions du pays, notamment les mutilations et exécutions sommaires visant à terroriser les populations et affaiblir les groupes rebelles. Le Camp de Roux, au cœur de Bangui, est régulièrement cité comme un lieu de détention illégale où de nombreux prisonniers disparaissent sans laisser de trace….
pour sortir de l’impasse politique, Anicet-Georges Dologuelé mise sur la médiation régionale
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/01/Anicet-Georges-Dologuele-lors-de-sa-conference-de-presse-le-5-janvier-2020-par-cyrille-jefferson-yapende.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/01/Anicet-Georges-Dologuele-lors-de-sa-conference-de-presse-le-5-janvier-2020-par-cyrille-jefferson-yapende-450×338.jpg” alt=”Centrafrique : pour sortir de l’impasse politique, Anicet-Georges Dologuelé mise sur la médiation régionale” width=”450″ height=”338″ />Anicet Georges Dologuélé lors de sa conférence de presse le 5-janvier 2020-. CopyrightCNC
L’opposant Anicet-Georges Dologuelé propose qu’un Président d’Afrique centrale facilite le dialogue avec le pouvoir de Touadéra avant les élections de 2025.
Anicet Georges Dologuélé veut faire appel à un chef d’État régional pour débloquer les discussions politiques en République centrafricaine.
L’ancien Premier ministre centrafricain Anicet Georges Dologuélé a présenté une nouvelle approche lors de son intervention sur Radio France Internationale. Le président de l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA) et l’un des chefs de file de l’opposition cherche désormais l’aide d’un dirigeant d’Afrique centrale pour relancer le dialogue avec le gouvernement de Faustin-Archange Touadéra.
Cette démarche répond à un blocage persistant. Depuis deux ans, l’opposition demande des discussions avec le pouvoir sans obtenir de réponse directe. “Nous avons écrit au président, nous avons sollicité la MINUSCA, mais il ne nous répond pas”, explique Anicet-Georges Dologuelé . Le dirigeant oppose les déclarations publiques de Touadéra à ses actes : d’un côté, le président évoque une “main tendue” lors de la fête de l’indépendance du 12 août, de l’autre, il présente régulièrement l’opposition comme des “ennemis de la paix”.
Confronté à cette méfiance mutuelle, Anicet-Georges Dologuelé propose qu’un chef d’État de la région, reconnu comme neutre, accueille ces échanges sur son territoire. Cette solution externe permettrait, selon lui, de contourner les tensions internes qui empêchent tout rapprochement.
L’urgence se justifie par plusieurs dysfonctionnements institutionnels. L’Autorité Nationale des Élections (ANE) ne dispose pas, d’après l’opposant, des moyens nécessaires pour organiser simultanément les élections présidentielles, législatives, municipales et régionales prévues en décembre 2025. Par ailleurs, la Constitution adoptée en 2023 pose problème à plusieurs niveaux : elle renforce l’emprise présidentielle sur le Conseil constitutionnel et introduit des restrictions controversées. L’interdiction faite aux binationaux de briguer la présidence, ainsi que l’obligation d’être Centrafricain “d’origine” – c’est-à-dire de père et mère centrafricains – créent selon Dologuélé des divisions artificielles.
Le financement des élections constitue un autre point sensible. La République centrafricaine dépend largement de l’Union européenne, de la France et de la MINUSCA pour financer ses scrutins. “Pourquoi les bailleurs sortiraient-ils l’argent des contribuables européens pour financer une élection biaisée ?”, interroge le leader de l’opposition, qui conditionne la crédibilité du processus à des réformes préalables.
L’opposition brandit désormais la menace d’un boycott électoral si les conditions d’un scrutin transparent ne sont pas réunies. Cette position traduit l’ampleur de la crise de confiance qui traverse le pays à quinze mois des échéances électorales.
La proposition de médiation régionale de Dologuélé représente une tentative de sortir par le haut de cette impasse. Reste à déterminer si le pouvoir acceptera cette médiation et quel dirigeant régional accepterait d’endosser ce rôle délicat dans un contexte politique aussi tendu.
La tension monte dans la préfecture de la Vakaga où la société civile locale monte au créneau contre les récentes nominations annoncées par le Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC). Dans un communiqué daté du 12 septembre 2025, la Jeunesse Consciente de la Vakaga exprime “une profonde indignation” face à ces désignations qu’elle qualifie de “mascarade”.
Cette réaction fait écho aux interrogations grandissantes sur la légitimité de ces nominations. L’organisation de la jeunesse dénonce particulièrement “la prétendue nominations de certains individus, notamment HAMID YOUSSOUF et GONI MOUSSA, au grade « Généraux » par le mouvement MPC dirigé par ALKATIM MAHAMAT, pour servir dans la Vakaga en qualité de comme sectaire”. Le communiqué va plus loin en contestant la légitimité militaire du leader du MPC lui-même : “Il est de notre devoir de rappeler à l’opinion publique nationale et internationale que ces individus en particulier ALKATIM MAHAMAT, Libérateur rebelle, n’ont dépassé le grade de Caporale chef dans les forces armés nationale”.
La position de cette jeunesse montre un refus net de voir leur territoire instrumentalisé. “La Vakaga n’est pas une zone à conquérir, ni un refuge pour les provocations des groupes armés”, affirment-ils clairement. Cette déclaration traduit un rejet catégorique de voir leur région utilisée comme enjeu dans les stratégies des mouvements armés. “Nous dénonçons fermement cette mascarade qui ne vise qu’a semé la confusion, à affaiblir l’autorité de l’état et à diviser les communautés de notre région”, poursuit le document, pointant les risques de déstabilisation que représentent ces nominations.
L’appel lancé par ces jeunes s’adresse directement aux autorités compétentes. “Nous appelons le gouvernement centrafricains, les autorités locales, les partenaires de paix et la communauté internationale à pendre leurs responsabilités. Il est temps de restaurer pleinement l’autorité de l’état dans la Vakaga et de mettre terme à ces dérives irresponsables”. Le communiqué se termine par une déclaration de principe sans équivoque : “La paix, la dignité, la stabilité et la sécurité de la Vakaga ne sont pas négociable. Nous restons mobilisés pour défendre l’honneur de notre région”.
Cette contestation populaire montre les tensions croissantes autour de l’application des accords de paix et montre l’aspiration des communautés locales à voir l’État reprendre effectivement le contrôle de leur territoire.
Désiré ERENON dénonce la sélectivité gouvernementale dans l’accord de paix centrafricain
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/les-rebelles-de-3r-se-regroupant-dans-la-ville-de-koui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les rebelles du groupe 3R dans la ville de Koui, l’Ouham-Pendé.
Le constitutionnaliste centrafricain Désiré ERENON questionne l’exclusion de nombreux groupes armés du processus de négociation du 19 avril.
L’accord du 19 avril entre Bangui et les factions UPC d’Ali Darassa et 3R de Sambé Bobo divise. Le Dr Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Le constitutionnaliste centrafricain Désiré ERENON questionne l’exclusion de nombreux groupes armés du processus de négociation du 19 avril.
, président du parti Marche pour la Démocratie et le Salut du Peuple et constitutionnaliste, dénonce un processus “assez sélectif et discriminatoire” lors de son entretien avec la radio Ndékè Luka.
Le choix gouvernemental d’inclure uniquement l’UPC et 3R interroge. De nombreux autres groupes armés opèrent sur le territoire centrafricain : ceux dirigés par Nourredine Adam, François Bozizé, Maxime Mokom, Nour-Gregaza ou les miliciens Azandé. Leur exclusion de ce processus de paix fragilise sa portée globale.
“Je ne comprends pas le caractère parcellaire de cet accord”, confie Désiré ERENON. Cette approche fragmentée risque de maintenir des foyers de tension dans les régions où ces groupes exclus continuent d’opérer. Comment espérer une paix durable en ignorant une partie des acteurs du conflit ?
L’opacité entourant l’accord aggrave ces interrogations. “Il y a beaucoup de mystères” autour de ce texte non rendu public, observe le constitutionnaliste. Cette absence de transparence empêche toute évaluation objective des critères ayant guidé cette sélection. Pourquoi l’UPC et 3R ont-ils été privilégiés ? Quels mécanismes ont déterminé ces choix ?
L’accord prévoit l’intégration d’ex-combattants dans l’armée nationale et le gouvernement. Cette disposition entre en contradiction avec la Constitution centrafricaine de 2023, qui interdit la nomination de membres de groupes armés dans certaines institutions étatiques. “Comment le président s’accommode de la nomination de ces groupes armés avec le respect des dispositions constitutionnelles ?”, s’interroge Hérénon.
Cette incompatibilité juridique soulève des questions sur la légalité même de l’accord. Un processus de paix peut-il s’affranchir de la loi fondamentale du pays ? Cette démarche ne risque-t-elle pas de créer un précédent dangereux pour l’État de droit ?
Le constitutionnaliste dénonce également la logique gouvernementale qui privilégie le dialogue avec certains groupes armés tout en excluant l’opposition démocratique. “Je ne vois pas de raison de dialoguer avec les groupes armés, de leur faire de la place, de les nommer dans le gouvernement, et refuser de dialoguer avec ceux qui combattent pour la démocratie, les mains nues”, déclare-t-il.
Cette exclusion de forces politiques qui militent pour l’État de droit sans recourir à la violence pose question. Elle pourrait exacerber les tensions politiques et compromettre un processus électoral apaisé, pourtant essentiel à la stabilisation du pays.
La dissolution et le cantonnement des groupes armés, ainsi que la reconversion de leurs membres, constituent des mesures positives. “Tout ce qui peut aller dans le sens de la paix pour les populations centrafricaines, je suis d’accord”, concède Hérénon. Mais ces avancées perdent de leur impact si elles ne concernent qu’une fraction des acteurs du conflit.
Les populations d’Ouham, Bambari, Alindao et d’autres régions continuent de subir les exactions de groupes armés non concernés par cet accord. Leur espoir de paix demeure suspendu à un processus incomplet qui pourrait maintenir des zones d’instabilité.
L’accord du 19 avril pourrait constituer une étape vers la pacification du pays. Mais son caractère sélectif, son opacité et ses contradictions constitutionnelles limitent sa crédibilité. Sans approche inclusive englobant l’ensemble des acteurs armés et l’opposition démocratique, cette initiative risque de n’offrir qu’une paix partielle et fragile….
Le président centrafricain Faustin-Archange Touadera alias Baba Kongoboro adopte un énième décret sur l’organisation du ministère de l’Éducation, espérant faire oublier par la paperasserie administrative l’effondrement du système éducatif national.
Le Conseil des ministres du 4 septembre a pondu un nouveau décret sur l’organisation du ministère de l’Éducation nationale. Cette réforme administrative, présentée comme “décisive” et “pivotale” par la communication officielle, cache mal une réalité embarrassante : dix ans après les conflits des années 2010, le système éducatif centrafricain reste dans un état catastrophique que ne sauveront ni les décrets ni les réorganisations bureaucratiques.
Faustin-Archange Touadéra, fidèle à sa méthode, préfère créer de nouveaux textes plutôt que d’appliquer ceux qui existent déjà. Ce nouveau décret vient s’ajouter à la pile des réformes annoncées depuis son arrivée au pouvoir, sans que les élèves centrafricains voient la moindre amélioration dans leurs salles de classe. Quand les écoles manquent de tables, de chaises et de craie, le gouvernement produit des décrets sur l’organisation ministérielle.
Bruno Yapandé, ministre de l’administration du territoire, a présenté ce dossier en remplacement du ministre de l’Éducation nationale. Ce changement d’interlocuteur en dit long. L’éducation devient ainsi un enjeu de communication gouvernementale avant d’être une priorité opérationnelle.
Le gouvernement se vante d’avoir “intégré 6 000 enseignants dans la fonction publique” durant l’année 2024-2025. Ces chiffres impressionnants sur le papier cachent une réalité moins reluisante. Ces nouveaux enseignants, jetés dans des classes sans formation adequate, découvrent un système qui les dépasse et des conditions de travail indignes.
La grande innovation de ce décret concerne le transfert des jardins d’enfants vers le ministère de l’Éducation nationale. Touadéra présente cette mesure comme une révolution éducative, alors qu’il s’agit simplement de déplacer des compétences d’un ministère à un autre. Cette opération de prestidigitation administrative permettra au gouvernement de revendiquer une nouvelle fois son engagement pour la petite enfance, sans créer une seule école maternelle supplémentaire.
Le président invoque la loi d’orientation scolaire de décembre 1997 pour justifier ce transfert. Curieux de voir le gouvernement centrafricain redécouvrir des textes vieux de près de trente ans quand il s’agit de justifier ses réorganisations, mais rester sourd aux mêmes textes quand il faudrait financer l’éducation publique ou construire des infrastructures scolaires.
Cette réforme arrive “à point nommé” selon la communication officielle, juste avant la rentrée scolaire et à quatre mois des élections de décembre. Le timing politique saute aux yeux : Touadéra mise sur l’éducation pour redorer son blason électoral. Plutôt que d’assumer l’échec de sa politique éducative, il préfère créer l’illusion du changement par des réorganisations administratives.
Le décret s’appuie sur les “dispositions du décret n° 21.249 du 5 octobre 2021” qui classe le ministère de l’Éducation parmi les “départements structuraux élargis”. Cette référence technique masque mal l’improvisation permanente d’un gouvernement qui change d’organisation à chaque difficulté, espérant que la nouvelle structure résoudra miraculeusement les problèmes que l’ancienne n’a pas su traiter.
Les “52 circonscriptions réparties sur les 20 inspections d’académie” mentionnées dans le décret existent surtout sur le papier. Sur le terrain, nombre de ces structures fonctionnent avec des moyens dérisoires, quand elles fonctionnent. Mais peu importe : l’important pour le gouvernement est de pouvoir aligner des chiffres impressionnants dans ses communiqués.
Cette manie des réformes administratives permet à Touadéra d’éviter les vraies questions : pourquoi les enseignants contractuels centrafricains passent-ils des mois sans salaire ? Pourquoi les écoles rurales n’ont-elles ni électricité ni eau courante ? Pourquoi les manuels scolaires restent-ils un luxe inaccessible ? Ces problèmes concrets ne se règleront pas avec des décrets sur l’organisation ministérielle.
Le Conseil des ministres a adopté ce texte “à l’unanimité”, comme tous les autres projets présidentiels depuis dix ans. Cette unanimité factice cache l’absence de débat réel sur les questions éducatives au sein du gouvernement. Quand tout le monde approuve tout, personne ne pose les vraies questions.
pourquoi les miliciens Azandé se sont-ils retournés contre leurs alliés russes, soldats FACA et casques bleus ?
Centrafrique.org/maxime-balalou-porte-parole-de-la-paix-ou-architecte-de-tromperies/les-miliciens-azande-ani-kpi-gbe-de-obo-en-formation-par-des-mercenaires-russes-de-la-societe-wagner/” rel=”attachment wp-att-74994″ data-wpel-link=”internal”>Les miliciens AZANDE ANI KPI GBE de Obo en formation par des mercenaires russes de la société Wagner sur le terrain de l’église catholique d’Obo. Les-miliciens-AZANDE-ANI-KPI-GBE-de-Obo-en-formation-par-des-mercenaires-russes-de-la-societe-Wagner Maxime Balalou : Porte-parole de la paix ou architecte de tromperies ?
Depuis septembre 2024, environ 200 miliciens Azandé, formés par les mercenaires russes et, selon le gouvernement, intégrés aux Forces armées centrafricaines, se sont rebellés contre leurs alliés russes, provoquant des violences dans le Haut-Mbomou.
Formation et déploiement des miliciens Azandé
En Mars 2024, près de 200 miliciens de la communauté Azandé, issus de groupes d’autodéfense du Haut-Mbomou, ont été entraînés par les mercenaires russes du groupe Wagner. Le gouvernement centrafricain a annoncé leur intégration aux Forces armées centrafricaines (FACA) pour combattre les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), notamment ceux de l’UPC d’Ali Darassa. Les mercenaires russes, qui les ont surnommés « Wagner ti Azandé », leur ont fourni des uniformes, des armes et un écusson orné d’une tête de mort et de la lettre « W ».
Après leur formation, ces miliciens ont été envoyés dans plusieurs villes du Haut-Mbomou, comme Mboki, Zemio, Rafaï, Dima et Bambouti. D’autres ont été déployés dans le nord-ouest, à Bossangoa, Bozoum et dans la Nana-Mambéré, pour appuyer les mercenaires russes et les FACA dans des opérations contre les rebelles, notamment les factions 3R et UPC. Ces missions ont permis de reprendre certaines zones, mais des problèmes sont rapidement apparus.
Premiers incidents et montée des tensions
La collaboration entre les miliciens Azandé, les mercenaires russes et les FACA a commencé à s’effriter à cause de plusieurs incidents. À Bozoum, dans l’Ouham-Pendé, un ex-milicien Azandé a été tué par des mercenaires russes près de Ouham-Bac dans des circonstances peu claires. Cet événement a provoqué la colère des autres ex-miliciens Azandé intégrés aux FACA, qui y ont vu une trahison. Plusieurs d’entre eux ont quitté Bozoum pour se replier à Bossangoa, où les tensions se sont amplifiées.
Peu après, à Bangui, dix ex-miliciens Azandé ont été arrêtés par les mercenaires russes, accusés de désobéissance. Ils ont été conduits à la Section de recherche et d’investigation (SRI) de la gendarmerie. Dans la nuit, deux des dix détenus ont été enlevés par les mercenaires et conduits vers un lieu inconnu, ce qui a alimenté la méfiance. Ces enlèvements ont intensifié la colère des miliciens Azandé, y compris ceux restés dans les milices communautaires non intégrées.
Arrestations et frustrations autour des ressources minières
La situation s’est aggravée avec l’arrestation d’un leader de la milice Azandé, le général Limane, figure centrale de la communauté Azandé. Arrêté dans le Haut-Mbomou, il a été transféré à Bangui, un acte perçu comme une tentative de répression. D’autres jeunes Azandé ont également été arrêtés, renforçant le sentiment d’injustice. Parallèlement, les mercenaires russes, appuyés par les ex-miliciens Azandé, ont mené régulièrement des opérations sur des sites miniers à Zemio, Rafaï et Djema. Cependant, ces derniers, malgré leur participation aux opérations à tout moment, n’ont reçu aucune part des butins emportés sur les chantiers miniers, contrairement à ce qu’ils attendaient. Cette situation a alimenté leur frustration et leur sentiment d’être utilisés.
Par contre, la population Azandé, notamment à Mboki, Obo, Rafaï, Djema, Bambouti et Zemio, a soutenu les miliciens, qu’ils soient intégrés ou non. Les arrestations arbitraires, les enlèvements et l’absence de partage des butins illégalement récupérés sur des chantiers miniers d’or et diamants ont provoqué la colère croissante contre les mercenaires russes et les FACA. En conséquence, de nombreux ex-miliciens intégrés aux FACA ont déserté depuis mi-avril 2025 leurs postes à Zemio, Rafaï et Djema et Bambouti pour se regrouper à Obo. Au même moment, les autres 5 000 miliciens Azandé non intégrés, restés dans la milice, se sont positionnés tout au tour de Mboki, Zemio, Bambouti et Djema, y compris Rafaï.
Déclenchement des hostilités à Koumboli et Zemio
Le 30 avril 2025, la situation a dégénéré à Koumboli, à trois kilomètres de Zemio. Les mercenaires russes et les FACA ont tenté de désarmer des miliciens Azandé soupçonnés de préparer une attaque contre les positions de l’armée nationale. Vers 8 heures, ils ont capturé six miliciens à Koumboli et confisqué leurs armes, prévoyant de les transférer à Bangui. Les miliciens ont refusé, exigeant de rester à Zemio, car, selon eux, quand ils seront envoyés à Bangui, ils seront mis en prison comme les autres. Finalement, les forces gouvernementales ont libéré les six captifs mais gardé leurs armes, avant de retourner à Zemio. Toutefois, une partie des soldats FACA a été positionnés à l’école de Koumboli pour sécuriser la zone.
Mais la surprise est de taille pour les soldats FACA. Le même jour, vers 20h30, les miliciens Azandé, furieux du désarmement de leur camarades, ont lancé une attaque surprise contre la position des FACA à l’école de Koumboli. Débordés, les soldats FACA ont abandonné leurs armes et leurs motos, récupérées par les assaillants. Deux soldats ont été blessés. Cet affrontement a signé le début d’une escalade violente.
Le lendemain, 1er mai 2025, les mercenaires russes et les FACA ont organisé une contre-offensive à Koumboli pour désarmer tous les miliciens. Mais les Azandé, bien préparés, ont repoussé l’assaut qui tourne au fiasco. Six soldats FACA, dont un gendarme, ont été tués, et un mercenaire russe, Michael, a été gravement blessé au ventre et au cou. Un autre mercenaire a disparu. Les miliciens ont saisi des armes abandonnées, et le corps d’un soldat FACA est resté à Koumboli, les forces gouvernementales n’ayant pas pu le récupérer.
Le 2 mai, dans la matinée, les combats se sont déplacés à Zemio, où les miliciens Azandé ont attaqué la base des FACA vers 5 heures. Les affrontements, intenses, ont repris par intermittence entre 5h et 11h. Les mercenaires russes, débordés par l’assaut des miliciens Azandé, ont appelé des hélicoptères au renfort, et des casques bleus népalais de la Minusca ont appuyé les FACA avec des blindés. Malgré ces renforts, les miliciens Azandé ont maintenu la pression sur les forces gouvernementales. Dans l’après-midi, les combats se sont repris toujours autour de la base des soldats FACA avec une intensité rare. Mais le lendemain, c’est-à-dire samedi, dans la matinée, vers 5 heures, les affrontements ont repris dans le quartier AIM de Zemio. Les casques bleus et les soldats FACA y compris les mercenaires russes ont tenté en vain de déloger les miliciens Azandé du quartier. Vers 7 heures, l’affrontement est terminé.
Situation actuelle à Zemio
Aujourd’hui, Zemio est divisée en deux. Une partie est contrôlée par les mercenaires russes, les FACA, les casques bleus népalais, les gendarmes et les policiers. L’autre, incluant Koumboli, quartier AIM, Kondo et autres, est tenue par les miliciens Azandé, qui défient les forces gouvernementales. Aucun camp ne contrôle totalement la ville, et la situation reste tendue. Les miliciens, soutenus par la population locale, semblent déterminés à poursuivre leur lutte, tandis que les mercenaires russes et les FACA préparent de nouvelles opérations….
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Alors que Wagner quitte le Mali, le groupe Africa Corps se remet d’une lourde défaite contre le Front de libération de l’Azawad (FLA). Pendant ce temps, Moscou exige du président de la République centrafricaine qu’il accueille Africa Corps à la place de Wagner. Le nouveau groupe paramilitaire, présenté comme plus institutionnel, s’accompagne déjà de revers militaires, d’exactions et d’un fardeau économique qui menace la stabilité du Sahel.
De Wagner à Africa Corps : promesses officielles, premiers revers
Le 5 juin, Wagner a annoncé son retrait du Mali, prétextant l’accomplissement de sa « mission ». À peine arrivés au Mali, le groupe Africa Corps essuie une attaque d’ampleur le 13 juin, lorsque l’armée malienne, soutenue par le groupe paramilitaire, a été surprise par le Front de libération de l’Azawad (FLA) près de Kidal. Le FLA a déclaré avoir détruit une vingtaine de véhicules et infligé de lourdes pertes aux forces russes, tandis que les autorités maliennes ne pouvaient qu’affirmer que la situation était « sous contrôle ».
Le tournant de Wagner n’a pas apaisé le Sahel. Les revers subis par les mercenaires (notamment l’embuscade meurtrière de juillet 2024 au Mali qui a coûté la vie à plusieurs commandants) ont renforcé le vide sécuritaire, permettant aux groupes djihadistes de regagner du terrain. L’Africa Corps, pourtant promis comme solution, semble reproduire les mêmes lacunes: il n’a pas amélioré la lutte contre le terrorisme, et ses actions, comme celle du 13 juin, ont montré sa vulnérabilité.
L’Africa Corps est directement rattaché au ministère de la Défense russe. Créé après le sommet Russie‑Afrique de juillet 2023, il se veut une force officielle, non plus une société militaire privée au statut de « mercenaire ». Cependant, il semble suivre certaines funestes directions empruntées par son prédécesseur.
Africa Corps : un danger pour la RCA et le Sahel
En RCA, le Kremlin fait pression sur le gouvernement pour remplacer les paramilitaires de Wagner par ceux de l’Africa Corps. Selon le média Africa Intelligence, il est possible que le président Touadéra se rende prochainement en Russie à propos de cette affaire. Pour la RCA, le coût de ce basculement est astronomique. Moscou aurait demandé à Bangui de couvrir les frais de l’Africa Corps, estimés à plusieurs milliards de francs CFA. Cela présente un risque d’accentuer la dépendance économique à la Russie et de fragiliser davantage le trésor national. Réticent et sous pression budgétaire, le gouvernement négocie plutôt un financement via les ressources minières du pays (or, uranium, fer).
Outre la provocation d’un gouffre financier, les revers répétés minent la crédibilité de la « nouvelle » force russe. L’image d’une armée « officielle » est rapidement éclipsée par les échecs tactiques et les violations des droits humains. Au Mali, des militaires d’Africa Corps sont accusés par des sources locales d’exécutions extrajudiciaires et de pillages à Gossi qui ont eu lieu le 12 juillet. Des civils ont été tués et des bâtiments incendiés.
En 2024 en RCA, l’Africa Corps a été sous le coup d’une accusation de massacres dans la localité de Kouki, préfecture de l’Ouham. Une vingtaine de mineurs avaient été assassinés. En octobre 2024, pendant près de cinq jours, les mercenaires n’auraient pas hésité à tuer les mineurs et à brûler leurs habitations pour s’emparer des ressources minières.
Le remplacement de Wagner par l’Africa Corps ne constitue pas une amélioration mais une continuité d’une politique militaire russe inefficace. Entre coûts économiques écrasants pour la RCA, violations des droits humains et incapacité à contenir le terrorisme, l’Africa Corps s’avère être un poids lourd qui menace de conduire la Centrafrique vers une nouvelle spirale de violence et de ruine.
MPC : entre désarmement annoncé et nominations fantômes, la confusion règne
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/04/Les-combattans-rebelles-du-MPC-de-Mahamat-Alkhatim.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/04/Les-combattans-rebelles-du-MPC-de-Mahamat-Alkhatim-450×425.jpg” alt=”MPC : entre désarmement annoncé et nominations fantômes, la confusion règne” width=”450″ height=”425″ />Les combattants rebelles du MPC
Le MPC, un groupe en processus de désarmement, mais continue bizarrement de nommer ses cadres territoriaux.
Le Mouvement Patriotique pour la Centrafrique traverse une période d’incohérence administrative totale. Alors qu’Alkatim Mahamat a engagé le processus de désarmement de ses combattants, il continue parallèlement de signer des actes de nomination comme celui du 4 septembre 2025, désignant Hamid Youssouf Hamid Abakar comme “com-sectaire” dans la Vakaga.
Cette contradiction exprime les failles d’un système où coexistent plusieurs réalités. D’un côté, des combattants du MPC restent actifs autour des sites miniers vers Kouki et Markounda, dans la préfecture de l’Ouham, proche de la frontière avec le Tchad. De l’autre, le mouvement revendique une présence dans la Vakaga, territoire situé à plus de 1000 kilomètres de la capitale, où aucune implantation réelle n’a jamais été documentée.
Le choix de la Vakaga par le MPC n’est pas un fait Hazare. Cette zone constitue le fief historique du Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC). Déployer le MPC dans ce secteur pourrait relever d’une stratégie gouvernementale visant à opposer les groupes armés entre eux. Cette manipulation des rivalités permet de maintenir un équilibre précaire tout en évitant l’émergence d’une force dominante.
La collaboration entre le MPC et les forces Wagner complique encore davantage la situation. Cette alliance influence les décisions du mouvement et brouille les lignes de commandement. Les nominations émises par Alkatim Mahamat reflètent moins une réalité militaire qu’un jeu d’influences où plusieurs acteurs de l’ombre gouvernementale tirent les ficelles.
Le timing de ces annonces interroge. À chaque période pré-électorale, des groupes armés refont surface dans le débat public. Tantôt on parle de leur dissolution, tantôt de leur réorganisation. Cette alternance permanente entre paix et tension maintient un climat d’instabilité favorable à certains intérêts politiques.
Les populations de la Vakaga rejettent catégoriquement cette instrumentalisation. Elles refusent de voir leur territoire transformé en terrain de jeu pour des groupes armés manipulés par le pouvoir central. Cette résistance populaire témoigne de la lassitude des communautés face aux manœuvres politiques qui utilisent la guerre comme outil de gouvernance.
Pour ces habitants, la nomination d’un responsable MPC dans leur zone constitue une provocation. Ils savent que cette décision ne vise pas à apporter la paix mais à entretenir les tensions avec le FPRC. Cette stratégie du chaos contrôlé permet au gouvernement de justifier l’état d’exception permanent.
Le MPC est un exemple parfait de cette politique de l’ambiguïté. Un mouvement qui désarme tout en maintenant ses structures, qui collabore avec des forces étrangères tout en négociant avec l’État, qui nomme des responsables dans des zones qu’il ne contrôle pas. Cette confusion générale sert les intérêts de ceux qui préfèrent gouverner dans l’opacité plutôt que dans la transparence.
Centrafrique : Quand Maxime Balalou répond aux journalistes comme un enfant qui balbutie ses premiers mots
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/07/Le-ministre-Maxime-Balalou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou
Le porte-parole du gouvernement centrafricain Maxime Balalou a donné une réponse déconcertante lors de sa conférence de presse du 28 juillet.
Est-ce la drogue, la folie ou simplement le déni total de la réalité ? En écoutant la déclaration de Maxime Balalou, porte-parole du gouvernement centrafricain, lors de sa conférence de presse du 28 juillet, on se demande s’il parlait en toute conscience ou s’il récitait un catéchisme aveugle du pouvoir. Interrogé sur les accusations de manipulation des institutions par le régime de Touadéra, l’homme a répondu sans la moindre once de sérieux, comme si la question portait sur une querelle de cour d’école.
À la question pourtant claire d’un journaliste sur les accusations du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), qui reproche au gouvernement et au MCU d’avoir piétiné les règles démocratiques pour verrouiller le pouvoir à vie au profit du président Touadéra, Maxime Balalou répond : « C’est de la fumée, rien d’autre ». Une phrase creuse, jetée à la volée, qui montre à quel point le régime refuse d’assumer ses actes ou d’ouvrir le moindre débat contradictoire.
La suite de son intervention enfonce le clou. Le ministre va plus loin en affirmant que « les primaires du MCU sont un exercice de démocratie à la base ». Là encore, on peine à savoir s’il se moque de l’intelligence des Centrafricains ou s’il croit réellement à ce qu’il dit. Car dans un pays où la Commission électorale est aux ordres, où les médias publics sont fermés à toute voix dissidente, et où l’opposition est systématiquement réduite au silence, il faut une dose exceptionnelle de cynisme pour oser parler de démocratie interne.
S’agissant de la Constitution de 2023, que le ministre présente comme “adoptée par le peuple”, les faits parlent d’eux-mêmes. Ce référendum s’est déroulé dans des conditions déplorables : absence d’observateurs internationaux reconnus, boycott de l’opposition, intimidations dans les bureaux de vote, et proclamation de résultats sans garantie de transparence. Qualifier ce processus de démocratique constitue une réécriture grossière de l’histoire récente.
Le plus troublant dans cette intervention réside dans l’incapacité manifeste du porte-parole à saisir la gravité des enjeux soulevés. Traiter d’accusations documentées comme de simples “troubles” à écarter d’un geste désinvolte démontre une méconnaissance totale de son rôle. Un porte-parole gouvernemental n’est ni un tribun de meeting ni un propagandiste de parti. Sa mission consiste à expliquer l’action publique, à justifier les choix politiques et à maintenir le dialogue avec la société civile.
En réalité, Maxime Balalou n’a pas répondu à la question. Il a préféré noyer le poisson, distribuer des slogans creux, et accuser ceux qui dénoncent les dérives de vouloir « semer le trouble ». Cette vieille méthode qui consiste à traiter l’opposition de pyromane, chaque fois qu’elle expose les abus du pouvoir, est usée jusqu’à la corde. Elle ne convainc plus personne.
Un porte-parole gouvernemental ne peut pas se permettre de répondre comme un élève mal préparé à son examen. Il n’est ni humoriste, ni poète, ni vendeur de slogans. Il est censé expliquer les choix de l’État et rendre compte à la population. S’il ne sait pas faire la différence entre une question politique sérieuse et une querelle d’adolescents, alors il n’a rien à faire à ce poste.
La RCA traverse une crise grave de légitimité politique, et les propos de Maxime Balalou illustrent à quel point le pouvoir vit dans un monde parallèle. Au lieu d’ouvrir le débat, il le ferme. Au lieu d’écouter, il accuse. Au lieu d’admettre les dérives, il fabrique une fiction d’unité nationale que personne ne voit sur le terrain.
Et pendant ce temps, les Centrafricains attendent toujours qu’un responsable parle enfin avec clarté, lucidité et responsabilité.
Le service public audiovisuel incapable de couvrir le sommet de la CEMAC à Bangui.
Un cri du cœur a retenti sur les ondes de la Radio Centrafrique ce mercredi 10 septembre dernier. En direct, un journaliste de la radio Centrafrique a brisé le protocole pour exprimer son désarroi face à l’état déplorable du média public centrafricain. Sa colère était justifiée : six chefs d’État de l’Afrique centrale se trouvaient à Bangui pour le 16e sommet de la CEMAC du 9 et 10 septembre 2025, mais la Radio Centrafrique ne pouvait pas retransmettre l’événement en direct.
L’ironie de la situation confine au grotesque. Pendant que des médias étrangers viennent puiser leurs informations auprès de la Radio Centrafrique et de la Télévision Centrafricaine, ces deux institutions publiques se révèlent incapables de couvrir les activités officielles qui se déroulent dans leur propre capitale. Cette dépendance inversée expose l’effondrement technique et financier du secteur audiovisuel national.
Le journaliste n’a pas mâché ses mots : “On va rester toujours derrière les autres ? Ça va finir quand ?”. Sa frustration traduit celle de toute une profession contrainte de voir son outil de travail se déliter jour après jour. La Radio Centrafrique, qui devrait être la voix officielle du pays, ne peut plus assurer ses missions de base faute d’équipements fonctionnels et de moyens financiers.
Cette réalité contredit frontalement le discours officiel du ministre de la Communication, l’ex-détenu et Kitandaire Maxime Balalou, qui ne cesse de proclamer que “le pays avance vers l’émergence” et que les médias publics “sont en forme”. Ces déclarations sonnent comme une plaisanterie de mauvais goût quand on connaît l’état réel des infrastructures audiovisuelles nationales.
La vérité se cache derrière les façades : la toiture de la Télévision Centrafricaine fuit abondamment lors des pluies, transformant les studios en passoires. Radio Centrafrique subit des coupures d’électricité répétées sans disposer d’un groupe électrogène de secours fonctionnel. Un seul technicien assure tant bien que mal la MAINTENANCE avec un émetteur de cinq gigahertz, équipement dérisoire pour une station nationale.
Dans ces conditions, organiser une retransmission en direct relève du parcours du combattant. Les équipes bricolent avec les moyens du bord, réparent avec leurs propres deniers et maintiennent l’antenne par pure volonté professionnelle. Cette débrouillardise héroïque ne peut plus masquer l’abandon systématique dont souffrent les médias publics.
Cette défaillance technique prend une dimension politique inquiétante à l’approche des échéances électorales. Dans trois mois, les campagnes démarreront officiellement. Comment le service public audiovisuel pourra-t-il garantir l’équité d’antenne entre les candidats s’il ne dispose même pas des infrastructures nécessaires pour fonctionner normalement ? Cette question hante les professionnels du secteur.
L’appel du journaliste s’est adressé directement aux députés de l’Assemblée nationale : “Il faut que ceux qui sont à l’Assemblée nationale nous regardent un peu”. Ce recours aux parlementaires témoigne de l’épuisement des voies hiérarchiques traditionnelles. Les équipes de Radio Centrafrique ont perdu confiance dans leur tutelle directe et espèrent une intervention législative.
Le contraste entre les promesses ministérielles d’émergence et la réalité du terrain devient insoutenable. Pendant que Maxime Balalou multiplie les effets d’annonce sur l’avancée du pays, ses propres services publics tombent en ruine. Cette schizophrénie gouvernementale nourrit la colère des agents qui vivent quotidiennement cette contradiction.
La gravité de la situation dépasse le simple dysfonctionnement technique. Un pays qui ne peut pas retransmettre ses propres événements officiels perd une part de sa souveraineté médiatique. Cette dépendance vis-à-vis des médias extérieurs compromet le contrôle national de l’information et affaiblit l’image de l’État centrafricain.
Le sommet de la CEMAC à Bangui aurait dû constituer une vitrine pour le pays hôte. Au lieu de cela, il met en lumière les carences structurelles du secteur public centrafricain. Les six chefs d’État présents ont pu constater de visu l’état de délabrement des institutions médiatiques nationales, spectacle peu flatteur pour les autorités locales.
Cette crise du service public audiovisuel reflète un mal plus profond : l’abandon progressif des missions régaliennes de l’État. Quand une radio nationale ne peut plus remplir ses fonctions élémentaires, c’est tout le système institutionnel qui montre ses failles. Le cri d’alarme lancé en direct constitue un électrochoc nécessaire, mais les réponses tardent à venir pendant que le ministre continue ses discours déconnectés de la réalité.
Touadera, pourquoi tant de mystère autour du contrat de l’Hôtel du Centre avec Elegance Invest ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Projet-de-Renovation-de-lHotel-Du-Centre.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Projet-de-Renovation-de-lHotel-Du-Centre-450×348.jpg” alt=”Panneau publicitaire montrant le projet de rénovation de l’Hôtel Du Centre devant l’hôtel lui même en construction en pleine capitale centrafricaine, Bangui. Corbeaunews-centrafrique, Ndota” width=”450″ height=”348″ />Panneau illustrant le futur design de l’Hôtel Du Centre en cours de rénovation. CopyrightChristian Aimé Ndotah
Le contrat accordé à Elegance Invest pour l’Hôtel du Centre pose des questions dérangeantes. Les Centrafricains attendent des explications de Touadera sur cette attribution directe.
En effet, l’Hôtel du Centre de Bangui traîne sa décrépitude depuis des années, témoin silencieux de l’incapacité du gouvernement Touadera à mener à bien ses projets. Le 3 juillet 2025, le Conseil des ministres présidé par Faustin Archange Touadera a validé un contrat de partenariat public-privé avec Elegance Invest pour rénover et exploiter cet établissement. Cette attribution directe, sans appel d’offres public, interroge sur les vraies motivations du gouvernement.
L’histoire de cet hôtel ressemble à un feuilleton mal écrit. En septembre 2020, la société congolaise Bac-El, dirigée par le centrafricain Christian Achille Colongo, promettait 3 milliards de FCFA pour remettre l’établissement sur pied avec un contrat de gestion de 20 ans. Le journaliste Jean Fridolin Ngoulou Kengo avait relayé cette annonce prometteuse. Deux ans plus tard, en 2022, le chantier n’avait pas commencé. Le gouvernement a rompu le contrat à l’amiable en janvier 2022, sans donner d’explication publique. Quels problèmes ont conduit à cette rupture ? Combien cette résiliation a-t-elle coûté aux contribuables ? Le silence des ministres concernés laisse planer le doute.
Le nouveau contrat avec Elegance Invest pose des questions encore plus troublantes. Cette société reste dans l’ombre : qui la dirige ? Quelles sont ses références ? Pourquoi le gouvernement a-t-il choisi l’entente directe plutôt qu’un appel d’offres transparent ? En 2022, un appel d’offres ouvert (AAOOI n°002/AAOOI/MCAT/DIRCAB/CPMP/2022) avait été lancé, exigeant des candidats des garanties de 20 millions de FCFA et des références solides. Cet appel, clos le 31 octobre 2022, n’a donné aucune suite connue. Le marché a-t-il été attribué à l’époque ? Cette procédure était-elle une façade pour justifier plus tard une attribution directe ?
Le moment choisi pour cette décision dérange. Bangui se prépare à accueillir le Caucus africain en juillet-août 2025, avec 400 délégués des 54 pays africains. La capitale manque d’hôtels de qualité, et l’Hôtel du Centre aurait pu répondre à ce besoin s’il avait été rénové comme prévu. Au lieu de cela, le gouvernement compte sur des établissements comme l’Hôtel Oubangui ou le Ledger, dont la capacité reste incertaine. Cette improvisation révèle l’incapacité de Touadera à anticiper et à planifier.
Cette affaire éclate dans un contexte particulièrement difficile. Le drame du lycée Barthélemy-Boganda, où 29 élèves ont perdu la vie le 25 juin 2025 dans une bousculade après l’explosion d’un transformateur, a montré l’état inquiétant des infrastructures publiques. L’épidémie de mpox, avec 104 cas confirmés au 23 juin 2025, révèle les failles du système sanitaire. Pourtant, Touadera semble plus préoccupé par des contrats opaques que par ces urgences. Où sont les priorités ? Pourquoi l’argent public est-il engagé dans un projet dont les détails – coût, contributions de l’État, bénéfices pour la population – restent secrets ?
Les Centrafricains, dont 71 % vivent dans la pauvreté selon la Banque mondiale, ont le droit de savoir comment leurs ressources sont utilisées. Le discours gouvernemental sur le tourisme comme moteur de développement sonne faux face à cette gestion approximative. La Centrafrique, autrefois appelée “Suisse d’Afrique” pour son potentiel, est aujourd’hui l’un des deux derniers pays les plus pauvres du continent. L’insécurité persistante, l’influence de groupes comme Wagner, et une justice critiquée découragent les investisseurs sérieux. Le départ de Bac-El en est la preuve : sans transparence ni volonté politique, aucun projet ne peut aboutir.
Monsieur le Président Kongoboro, l’Hôtel du Centre devient le symbole de votre gestion défaillante. Publiez les détails du contrat avec Elegance Invest : critères de sélection, coût total, calendrier des travaux, bénéfices attendus. Expliquez pourquoi l’entente directe était nécessaire. Organisez un débat public pour éclaircir cette affaire. Sans ces mesures, ce projet restera entaché de soupçons. Les Centrafricains, fatigués par des décennies de crises, ne toléreront plus ces pratiques opaques. Touadera, il est temps de rendre des comptes. La transparence n’est pas un luxe, c’est un devoir….
Ouanda-Djallé : les communautés réagissent aux déclarations polémiques d’Abasse Garour, instrumenté par Assane Come
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/02/Come-Hassan-Ministre-Centrafricain-du-commerce.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/02/Come-Hassan-Ministre-Centrafricain-du-commerce-450×309.jpg” alt=”Ouanda-Djallé : les communautés réagissent aux déclarations polémiques d’Abasse Garour, instrumenté par Assane Come” width=”450″ height=”309″ />Come Hassan, le chef de la nouvelle Plateforme Eboumbi du soutien à Baba Kongoboro
Les habitants de Ouanda-Djallé accusent publiquement deux personnalités centrafricaines, notamment Abasse Garour, instrumenté par Assane Come, de manœuvres politiques visant à déstabiliser leur sous-préfecture avant les élections législatives.
Les communautés de Ouanda-Djallé, située à 954 kilomètres de Bangui, ont publié le 31 août un droit de réponse virulent contre Abasse Garour et Assane Come. Ce document, diffusé sur les réseaux sociaux, dénonce des déclarations jugées attentatoires à l’intégrité territoriale et à la dignité de cette sous-préfecture de la Vakaga.
Les signataires accusent Abasse Garour d’avoir qualifié les habitants de Ouanda-Djallé de personnes “ne connaissant rien”. Ils rappellent amèrement l’hospitalité accordée à cet homme lors de ses séjours dans la localité, exprimant leur déception face à ce qu’ils considèrent comme de l’ingratitude.
Le document pointe du doigt Assane Come, ancien ministre, présenté comme le véritable orchestrateur de cette campagne. Les communautés l’accusent de manipuler Garour dans le cadre d’un “plan machiavélique” visant à déstabiliser la sous-préfecture. Cette stratégie s’inscrirait dans les ambitions électorales de Come, candidat déclaré aux prochaines élections législatives dans la circonscription.
Le conflit montre des tensions plus profondes entre Ouanda-Djallé et la localité voisine d’Ouandja. Les auteurs du communiqué évoquent un différend territorial où leur sous-préfecture se positionne comme victime d’agressions. Ils revendiquent le droit de réagir “contre tous agresseurs à tous temps et en tous lieux”.
Face aux accusations de discrimination ethnique, les communautés de Ouanda-Djallé mettent en avant leur diversité. Elles soulignent la présence d’un conseiller Goula au sein de la municipalité et de deux chefs de quartier Kara, témoignant selon elles de l’harmonie intercommunautaire qui prévaut dans la zone.
Le document s’achève par un appel à la vigilance contre ce qu’ils nomment les “vampires politiques”. Cette formule traduit l’exaspération face aux manœuvres électorales qui instrumentalisent les divisions communautaires à des fins politiques.
Cette polémique s’inscrit dans un contexte plus large de tensions foncières et politiques dans la Vakaga. Elle explique comment les ambitions électorales peuvent exacerber les clivages locaux et transformer des différends territoriaux en instruments de mobilisation politique. Les prochaines échéances électorales risquent d’amplifier ces fractures si les acteurs politiques persistent à exploiter les sensibilités communautaires plutôt qu’à rechercher des solutions consensuelles.
MLPC : Martin Ziguélé réélu à la tête du parti pour cinq ans, six militants exclus définitivement
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele.jpg” data-wpel-link=”internal”>Martin Ziguelé, député de Bocaranga 3, Président du parti MLPCScreenshot
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) a achevé ce vendredi 13 septembre 2025 les travaux de son 5ème Congrès ordinaire, tenu du 9 au 10 septembre à Bangui. Cette grand-messe politique a été marquée par plusieurs décisions majeures qui redéfinissent l’architecture du parti d’opposition.
Sans surprise, Martin Ziguélé a été réélu à l’unanimité à la présidence du MLPC pour un nouveau mandat de cinq ans. Cette reconduction témoigne de la confiance maintenue des militants envers l’ancien Premier ministre, figure emblématique de l’opposition centrafricaine depuis plusieurs décennies. Le nouveau Bureau Politique compte désormais cinq vice-présidents : Jean Olona (1er), Bernard Dillah (2ème), Gérard Doulpanga (3ème), Jean Jacques Sanze (4ème) et Christophe Ndouba (5ème).Alexis Yanoy Ngandele a été confirmé au poste stratégique de Secrétaire Général.
Parallèlement à ces nominations, le congrès a procédé au renouvellement de la Commission de Contrôle et d’Arbitrage, désormais présidée par Boui Mbaïkoua, et du Conseil des Sages confié à Marcel Loudégué. Ces nominations s’inscrivent dans une logique de rajeunissement et de diversification des instances dirigeantes. Les congressistes ont également révisé et adopté de nouveaux textes de base pour adapter le parti “à l’évolution du moment”, selon les termes du communiqué officiel.
Toutefois, la mesure la plus spectaculaire du congrès concerne l’exclusion définitive de six militants, adoptée à l’unanimité. Il s’agit de Gabriel Jean Edouard Koyambounou, Jacquesson Mazette, Etienne Malekoudou, Christian Gonedere, Gérard Deganendji et Josephat Tagotto. Ces sanctions disciplinaires témoignent des tensions internes qui traversent le MLPC et de la volonté de la direction de resserrer les rangs autour de la ligne officielle du parti.
Sur le plan organisationnel, le MLPC revendique avoir organisé ce congrès exclusivement grâce aux contributions de ses “militantes, militants, sympathisants et amis”. Cette précision vise probablement à souligner l’indépendance financière du parti face aux critiques récurrentes sur le financement des formations politiques centrafricaines. La participation de délégués venus “de toutes les fédérations du pays, y compris des zones les plus reculées, ainsi que de l’étranger” est mise en avant pour légitimer les décisions prises.
Enfin, dans un paragraphe particulièrement ferme, la nouvelle direction avertit que Martin Ziguélé constitue désormais “l’unique autorité du MLPC habilitée à s’exprimer et à poser tout acte en son nom”. Toute tentative d’expression “sous de fallacieuses et fantaisistes dénominations” sera poursuivie devant les tribunaux. Cette mise en garde suggère l’existence de voix dissidentes au sein du mouvement et la volonté de la direction d’éviter toute récupération ou usurpation de l’identité du parti.
Membre de l’Internationale Socialiste et de l’Alliance Progressiste, le MLPC sort de ce 5ème congrès avec une direction renouvelée mais des défis internes manifestes, dans un contexte politique centrafricain en constante évolution.
La CPI déclare l’affaire Edmond Beïna irrecevable devant sa juridiction
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Lors-du-proces-dans-laffaire-dite-de-Ndele-1-devant-la-cour-penale-speciale.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Lors-du-proces-dans-laffaire-dite-de-Ndele-1-devant-la-cour-penale-speciale-450×299.jpg” alt=”La CPI déclare l’affaire Edmond Beïna irrecevable devant sa juridiction” width=”450″ height=”299″ />L’avocat de la défense lors du procès dans l’affaire dite de Ndélé 1 devant la cour pénale spéciale.
Le 12 septembre 2025, les juges de la Cour pénale internationale ont rendu leur décision concernant la recevabilité de l’affaire contre Edmond Beïna.
En effet, les juges de la CPI ont déterminé que la République centrafricaine avait la volonté et la capacité de mener véritablement à bien l’enquête et les poursuites dans l’affaire contre Edmond Beïna. En conséquence, ils ont conclu que l’affaire était irrecevable devant la CPI, conformément aux dispositions du Statut de Rome.
Le cadre juridique appliqué dans une telle affaire. Notons que la décision s’appuie sur le principe de complémentarité inscrit dans le Statut de Rome. Selon ce principe, la Cour pénale internationale n’intervient que si le pays concerné n’enquête pas déjà ou ne poursuit pas une affaire, ou s’il n’a pas la volonté ou la capacité de mener une véritable enquête ou de véritables poursuites.
Il y’a lieu de rappeler que dans l’affaire dite Edmond Beïna, ce dernier était suspecté de crimes contre l’humanité, notamment de meurtre, tentative de meurtre, extermination, déportation ou transfert forcé de population. Un mandat d’arrêt avait été émis contre lui le 7 novembre 2024.
Pourquoi ce Statut procédural. Oui, cette décision d’irrecevabilité signifie que l’affaire ne sera pas jugée par la CPI mais relève de la compétence des autorités judiciaires centrafricaines. La décision complète est consultable dans le document officiel de la Cour référencé ICC-01/14-217-red-0.
Une petite précision sur la justice compétente. Il convient de préciser que lorsque la CPI fait référence à la justice centrafricaine dans cette décision, elle désigne la Cour pénale spéciale de la République centrafricaine, qui constitue une juridiction hybride. Cette cour, distincte du système judiciaire centrafricain classique, bénéficie d’un soutien international et opère selon des standards particuliers. Toutefois, la justice centrafricaine classique est aux ordres des Mercenaires russes du groupe Wagner et des diplomates russes qui imposent leur loi aux centrafricains.
À Bangui, le coût du manioc grimpe en flèche, asphyxiant les ménages. L’inaction du gouvernement face à cette crise alimentaire attise la colère populaire.
Depuis plusieurs semaines, une tempête économique déferle sur la capitale centrafricaine, faisant exploser les prix des produits de première nécessité. Le manioc, aliment central de la table des Centrafricains, devient un luxe inaccessible pour beaucoup, tandis que la viande, le sel et les cubes culinaires suivent la même courbe vertigineuse. Face à cette flambée, les habitants s’interrogent, désemparés : pourquoi une telle hausse ? Et surtout, où est l’État, censé protéger les plus vulnérables ?
Une flambée des prix qui brise les foyers
Le marché de Bangui est devenu un terrain miné pour les ménages. En l’espace de deux à trois semaines, les prix des produits essentiels ont bondi de manière inquiétante. La demi-cuvette de manioc, communément appelée “Ngawi “, explique cette dérive. Il y a un mois, une demi-cuvette se vendait à 2000 francs CFA. Aujourd’hui, selon les quartiers, elle s’échange entre 3750 et 4100 francs, une hausse de près de 50 % dans certains cas. À l’entrée nord de la capitale, au Pk12 ou Pk13, le Ngawi coûte 3750 francs, mais vers le centre-ville, vers Saïdou ou Lakouanga, les prix frôlent les 4000 francs, voire plus. Cette disparité géographique sème la confusion et aggrave le sentiment d’injustice.
La viande, autre pilier de l’alimentation centrafricaine, n’échappe pas à la crise. Si le prix affiché au kilo reste inchangé, les portions, elles, s’amenuisent. Un “kilo” de viande, payé au même tarif qu’auparavant, ne pèse plus que 300 à 400 grammes. Les bouchers, confrontés à une raréfaction des approvisionnements, pointent du doigt l’arrivée sporadique des éleveurs à Bangui. Résultat : les familles paient le même prix pour beaucoup moins de nourriture.
Le sel, les cubes culinaires, le poisson, aucun produit de base n’est épargné. Les cubes, indispensables pour relever les plats, voient leur prix grimper, tout comme le sel, pourtant fondamental. À Bangui, où les revenus sont déjà dérisoires, ces hausses ne sont pas un simple désagrément : elles menacent la survie même des ménages. Comme l’a résumé un journaliste centrafricain, “quand le manioc devient un luxe, c’est tout le pays qui risque de sombrer dans le coma “.
Les raisons : un mélange explosif
Qu’est-ce qui alimente cette inflation brutale ? Les habitants de Bangui, désorientés, cherchent des explications. Les premières pluies de la saison humide, qui compliquent le transport des marchandises sur des routes déjà délabrées, sont souvent évoquées. Les camions s’enlisent, les délais s’allongent, et les frais de transport s’envolent, alourdissant la facture finale. Mais cette explication, bien que crédible, ne suffit pas à justifier des hausses aussi soudaines et massives.
D’autres facteurs pointent vers des failles structurelles. Les barrières routières, ces checkpoints illégaux où forces de l’ordre rackettent les transporteurs, gonflent les coûts. Chaque péage informel est une taxe déguisée, répercutée sur les prix au marché. L’incapacité de l’État à sécuriser les axes routiers expose ainsi les consommateurs à une double peine. À cela s’ajoute une dépendance aux importations pour des produits comme les cubes culinaires ou le sel, rendant le pays vulnérable aux fluctuations des marchés.
Mais la question centrale demeure : où est le gouvernement dans cette crise ? Pourquoi le ministère du Commerce, censé réguler les prix et protéger les citoyens, reste-t-il inerte ? Les discours officiels, centrés sur des sujets comme le prix du ciment ou les matériaux de construction, sonnent comme une insulte pour une population qui lutte pour remplir ses assiettes. Cette déconnexion alimente un ressentiment croissant.
Une population livrée à elle-même
Il est temps de dire les choses clairement. Comment un gouvernement, qui prétend servir le peuple, peut-il rester passif face à une crise qui touche le cœur des ménages ? Le ministère du Commerce, englué dans des déclarations creuses, semble incapable d’agir. Ses annonces sur les importations de matériaux ou les projets d’infrastructure passent à côté des priorités vitales : le manioc, la viande, le sel, ces aliments qui font vivre les Centrafricains. Cette indifférence n’est pas seulement une erreur, c’est une trahison des besoins fondamentaux de la population.
L’absence de régulation laisse la porte ouverte à la spéculation. Les commerçants, livrés à eux-mêmes, augmentent les prix sans crainte de sanctions. Les bouchers réduisent les portions sans être inquiétés. Les transporteurs, pressurés sur les routes, répercutent leurs pertes sur les consommateurs. Où est l’autorité de l’État ? Où est la protection promise aux citoyens ?
Cette crise révèle une vérité amère : le régime actuel, retranché dans ses bureaux, semble avoir perdu tout contact avec la réalité. Gouverner, ce n’est pas discourir sur des projets lointains, c’est répondre aux urgences du quotidien. À Bangui, l’urgence est dans les marchés, dans les cuisines vides, dans les regards inquiets des mères de famille. Ignorer cela, c’est abandonner le peuple à son sort.
Un sursaut ou le chaos
Cette flambée des prix n’est pas une fatalité. Des solutions existent. Le gouvernement doit sécuriser les routes pour réduire les coûts de transport, démanteler les barrières illégales et punir les spéculateurs. Le ministère du Commerce doit instaurer des prix plafonds sur les produits essentiels et explorer des subventions pour le manioc, la viande et autres denrées vitales. Mais pour cela, il faut une volonté politique, une volonté qui, aujourd’hui, brille par son absence.
Les Centrafricains ne demandent pas la lune. Ils veulent pouvoir manger, survivre, vivre avec dignité. Mais face à un manioc à 4000 francs et des portions de viande réduites à peau de chagrin, cet espoir s’effrite. La colère monte dans les quartiers, et elle est légitime. Si le gouvernement persiste dans son inaction, il risque d’allumer une mèche qu’il ne pourra plus éteindre. Le manioc n’est pas qu’un aliment : c’est le pouls de Bangui. Quand il devient hors de portée, c’est toute la société qui vacille….
Le ministre centrafricain de l’économie Richard Filakota analyse les implications de la présidence Trump sur les relations diplomatiques africaines.
L’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche redessine les contours de la diplomatie américaine en Afrique. Dans une analyse livrée à la radio Ndékè Luka, le Professeur Richard Filakota, ministre centrafricain de l’économie, décrypte cette nouvelle donne qui bouleverse les équilibres établis. Sa lecture éclaire les enjeux auxquels font face les États africains, notamment la République centrafricaine, face à une administration qui privilégie ses intérêts nationaux.
Le continent africain ne présente aucune position unifiée face aux orientations de Trump. Chaque État réagit selon ses besoins spécifiques, ses attentes propres et ses paradigmes diplomatiques particuliers, observe Filakota. Cette fragmentation témoigne de la diversité des intérêts continentaux et de la complexité des relations bilatérales avec Washington. Pour la République centrafricaine, cette réalité impose une stratégie diplomatique fine pour naviguer dans un environnement international mouvant.
Les relations entre Washington et Pretoria cristallisent cette nouvelle tension diplomatique. L’Afrique du Sud affronte un véritable affrontement avec l’administration Trump, contrainte de relever ce défi de front. La posture américaine, jugée inflexible par le ministre centrafricain, transforme les rapports traditionnels. Cette détérioration s’accompagne de mesures restrictives, notamment la suspension de visas pour plusieurs pays africains, qui redéfinissent les modalités de coopération.
La transition entre les administrations Biden et Trump marque un basculement paradigmatique profond. Là où l’approche multilatéraliste privilégiait la coopération inclusive, la doctrine “America First” recentre Washington sur ses seuls intérêts. Ce changement de cap complique les négociations pour les États africains, particulièrement dans la perspective du Sommet États-Unis-Afrique de Luanda, prévu du 22 au 26 juin 2025. La République centrafricaine, qui mise sur cet événement pour attirer des financements destinés à son Plan National de Développement, doit composer avec une administration moins prévisible.
Cette évolution impose aux dirigeants centrafricains une diplomatie adaptable et pragmatique. Rien n’est jamais acquis dans les relations internationales, rappelle Filakota. La République centrafricaine doit diversifier ses partenariats tout en consolidant sa position au sein d’ensembles régionaux comme la CEMAC. Le sommet de Luanda du 22 juillet dernier représentait une opportunité de présenter les projets nationaux aux investisseurs américains, mais le succès dépendra de la capacité à manœuvrer dans ce nouveau contexte diplomatique.
L’administration Trump place ainsi l’Afrique face à un défi inédit. Les tensions avec l’Afrique du Sud illustrent les difficultés d’une coopération avec une puissance qui fait primer ses préoccupations internes. Pour la République centrafricaine, l’équation consiste à préserver des relations constructives avec Washington sans sacrifier ses priorités nationales. Dans cette reconfiguration géopolitique, Bangui devra faire preuve d’agilité pour transformer les contraintes en leviers de développement….
Martin Ziguelé, député de Bocaranga, ville située à 532 kilomètres de Bangui, a fermement condamné ce qu’il qualifie de tentative de déstabilisation du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC). S’exprimant lors de l’assemblée générale du parti, le dirigeant politique a pointé du doigt l’action d’un groupe dissident qui se revendique d’un supposé “MLPC bureau provisoire”.
Ce groupe cherche selon lui à organiser un congrès factice pour investir Faustin Archange Touadéra comme candidat du MLPC aux prochaines élections. Une démarche que Ziguelé juge d’autant plus inadmissible que le chef de l’État n’appartient pas aux rangs du parti. Le président du MLPC y voit la main du pouvoir centrafricain , accusé de manipuler ces dissidents pour neutraliser l’influence électorale du mouvement.
La direction actuelle du MLPC, issue du cinquième congrès organisé en présence du ministre de l’Administration du territoire, revendique sa pleine légitimité. Toutes les résolutions adoptées ont été officiellement déposées et reconnues par les autorités compétentes. Cette situation rend d’autant plus incompréhensible le silence du ministre face aux agissements des dissidents, estime Ziguelé.
Le dirigeant politique dénonce l’action de ce qu’il appelle des “fantôches” au service du président Touadéra. Leur objectif serait d’affaiblir le MLPC avant les échéances électorales, notamment les législatives. Ziguelé rappelle l’histoire du parti, fondé en 1969, et les nombreux sacrifices consentis par ses militants au fil des décennies.
Le MLPC a officiellement saisi le ministère de l’Administration du territoire pour obtenir une clarification sur le statut juridique de ce prétendu bureau provisoire. Ziguelé affirme que cette structure n’existe pas légalement et ne peut donc prétendre représenter le mouvement.
Face à cette offensive, le président du MLPC appelle ses militants à l’unité et à la résistance. Il refuse que des opportunistes motivés par l’appât du gain et la soif du pouvoir prennent le contrôle d’une formation politique bâtie sur des décennies d’engagement. Le parti entend poursuivre son action dans le strict respect de la légalité tout en défendant son intégrité contre toute tentative d’instrumentalisation.
Cette polémique s’inscrit dans un climat politique tendu à l’approche des prochaines élections. Elle témoigne des enjeux de pouvoir qui traversent l’opposition centrafricaine et des stratégies développées par le pouvoir pour maintenir son hégémonie sur l’échiquier politique national.
Le ministère des Mines valide un avant-projet de loi sur le Secteur Minier en Centrafrique, mais la population doute….
Le ministère des Mines et de la Géologie de la République Centrafricaine a validé un avant-projet de loi sur le contenu local les 14 et 15 juillet lors d’un atelier à Bangui. Le ministre Ruffin Beltoungou qualifie ce texte de « révolutionnaire » et affirme qu’il permettra de stimuler l’économie nationale en favorisant l’implication des entreprises centrafricaines dans l’exploitation minière. Toutefois, après des années de promesses non tenues, la population se montre sceptique.
L’atelier a rassemblé des experts et cadres du secteur minier qui ont enrichi le projet avec des propositions du terrain. Le ministre explique que ces recommandations permettront de finaliser un texte qui, après validation par une commission technique, le Conseil économique et social, puis l’Assemblée nationale, pourrait transformer le secteur minier en moteur de développement. Beltoungou déclare au micro de Saint-Christophe Dorouini : « Nos compatriotes nous ont informés de la situation réelle à l’intérieur du pays. » Mais ces annonces peinent à convaincre une population fatiguée par les discours.
En effet, depuis la levée totale de l’embargo sur les diamants par le Processus de Kimberley en novembre 2024, les attentes étaient importantes. Plus d’un an après, les retombées économiques demeurent invisibles. Les Centrafricains se questionnent : « On parle de révolution, mais où est le progrès ? ». Les zones minières comme Berbérati et Nola restent dominées par des exploitations industrielles anarchiques, principalement menées par des opérateurs chinois et russes, souvent liés au groupe Wagner. À Nola, des machines sophistiquées aspirent or et diamants sur les rivières, laissant derrière elles des cours d’eau pollués et des terres dévastées.
Malgré les richesses du sous-sol centrafricain – diamants, or, uranium –, la population locale ne tire aucun bénéfice de cette exploitation. À Stangam-Bahéry ou dans la Sangha-Mbaéré, les routes restent délabrées, les écoles inexistantes, et les champs agricoles sont ravagés par l’exploitation minière. Un habitant de Berbérati témoigne : « Les Chinois et les Russes exploitent massivement, mais rien pour nous. » Les rapports font état de pratiques destructrices : pollution des rivières, déforestation, et même travail des enfants, sans que les communautés locales ne bénéficient de retombées significatives.
Le ministre insiste sur la transparence et l’industrialisation du secteur, mais les critiques s’accumulent. Les permis miniers, souvent attribués à des sociétés étrangères comme la russe Midas Ressources ou des entreprises chinoises, provoquent des tensions. En 2019, une commission d’enquête parlementaire dénonçait déjà les « désastres écologiques » causés par des compagnies chinoises à Bozoum, accusées de polluer le fleuve Ouham et de violer le Code minier. En parallèle, la mainmise du groupe Wagner sur le secteur diamantaire, via des pratiques opaques et des alliances avec des réseaux étrangers, inquiète.
Les Centrafricains exigent des explications claires. « Arrêtez de nous prendre pour des enfants ! », lance un habitant excédé. Alors que le ministère promet une révolution, la réalité sur le terrain reste celle d’une exploitation anarchique, d’une pauvreté persistante, et d’un secteur minier qui profite davantage aux étrangers qu’aux centrafricains. Le projet de loi sur le contenu local sera-t-il la réponse tant attendue, ou une énième promesse non tenue ?
La tragédie du lycée -Boganda révèle un État centrafricain qui n’arrive pas à faire face à la désinformation et à calmer l’inquiétude de la population.
Des rumeurs qui se propagent : quand l’État ferme sa gueule
L’explosion d’un transformateur au lycée Barthélémy-Boganda le 25 juin dernier a fait plus de 30 morts et 260 blessés. Aussitôt, des rumeurs ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux, parlant d’effondrement d’immeubles, ce qui a encore plus affolé les gens. Le rapport de la direction générale de la protection civile confirme que ces fausses informations ont créé une panique générale parmi les familles.
Hugues Francis-Mongoume, vice-président du parti ITA, a pointé du doigt l’absence d’un “communicateur public officiel” pour expliquer ce qui s’était réellement passé. Pendant que les familles cherchaient désespérément des réponses, le gouvernement de Faustin-Archange Touadéra restait pathétiquement silencieux, laissant la population dans l’ignorance totale.
Les réseaux sociaux prennent le relais
Sans aucune information officielle, les réseaux sociaux sont devenus la seule source d’information pour les Centrafricains. Le problème, c’est que n’importe qui pouvait dire n’importe quoi. Le rapport de la protection civile explique que cette situation a amplifié la panique : des parents terrifiés se sont précipités vers le lycée sans savoir ce qui se passait vraiment.
Mongoume a raison de critiquer cette situation. Quand l’État ne parle pas, les gens vont chercher l’information ailleurs, même si elle est fausse. Ce qui aurait pu rester une tragédie localisée s’est transformé en chaos national parce que personne n’a pris la responsabilité d’informer correctement la population.
Un gouvernement absent au mauvais moment
Dans un moment pareil, les Centrafricains avaient besoin d’entendre leur président ou ses représentants. Ils avaient besoin qu’on leur explique la situation, qu’on les rassure. Au lieu de cela, le silence total. Ni Touadéra ni aucun membre de son gouvernement n’a pris la parole pour calmer les esprits.
Mongoume a bien résumé le problème : il manque quelqu’un dont c’est le travail de parler au nom de l’État dans ces moments-là. Le rapport de la protection civile montre que ce silence a empiré les choses, forçant les citoyens à se tourner vers des sources peu fiables. C’est exactement ce qu’il ne fallait pas faire.
Aucune préparation pour ce genre de situation
Ce n’est pas la première fois qu’une tragédie frappe la République centrafricaine. Il y a eu le naufrage de la balénière il y a un an, et d’autres événements difficiles. Pourtant, l’État n’a toujours pas mis en place un système pour communiquer rapidement avec la population en cas de crise.
Le rapport de la protection civile suggère qu’il faut des canaux officiels pour diffuser des informations fiables quand il se passe quelque chose de grave. Mais le gouvernement n’a rien prévu. M. Mongoume a raison : sans communication officielle, l’État laisse tomber les citoyens au moment où ils ont le plus besoin d’être informés.
Les conséquences de ce silence
Le silence du gouvernement a eu des effets concrets et dangereux. Les familles, n’ayant aucune information officielle, se sont rués vers le lycée et l’hôpital, ce qui a compliqué le travail des secours. La protection civile rapporte que cette confusion a probablement coûté des vies, les services d’urgence étant débordés par la foule.
Cette situation était évitable. Si l’État avait parlé dès le début, si quelqu’un avait expliqué ce qui se passait vraiment, beaucoup de cette panique aurait pu être évitée. Au lieu de cela, l’inaction du gouvernement a transformé une tragédie en catastrophe nationale.
Un État qui ne remplit pas son rôle
Cette tragédie montre un gouvernement qui ne sait pas comment gérer une crise. M. Mongoume l’a bien dit : “Gouverner, c’est prévoir”, mais l’État centrafricain a laissé les réseaux sociaux faire son travail à sa place. Le rapport de la protection civile confirme que cette absence de communication officielle révèle un État qui ne remplit pas son rôle basique : informer et protéger ses citoyens.
Sans une approche plus proactive, le pays risque de revivre ce genre de situation à chaque crise. Le gouvernement doit comprendre que communiquer avec la population n’est pas optionnel, c’est une responsabilité fondamentale….
Réunis samedi 26 juillet dans la matinée en Assemblée générale unitaire au siège du parti Patrie à Bangui, les leaders et militants du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) ont lancé un avertissement clair sur le processus électoral en cours. Le porte-parole de la coalition, Martin Ziguélé, député de Bocaranga 3, a fustigé un système qu’il juge verrouillé par le Mouvement Cœurs Unis (MCU), qualifiant la préparation des prochaines Élections de « piège à rats».
Lors de son intervention devant la presse, Ziguélé a déclaré : « Nous ne pouvons pas aller à des Élections où c’est comme un piège à rats, où un rat entre dans un piège et il ne peut pas en sortir ». Cette image démontre clairement , selon lui, l’absence totale de garanties pour un scrutin libre et équitable. Le BRDC estime que les conditions actuelles placent l’opposition dans une impasse, l’empêchant de rivaliser à armes égales avec le parti au pouvoir.
Une coalition de 13 partis face au MCU
Le BRDC regroupe treize formations politiques, dont le parti MLPC de Martin Ziguélé, Patrie de Crépin Mboli-Goumba, URCA de l’ancien premier ministre Anicet Georges Dologuelé, CRPS de maître Nicolas Tiangaye et d’autres mouvements qui se disent exclus du jeu politique depuis plusieurs années. Cette coalition s’est construite autour d’une position commune : défendre la Constitution de 2016 et exiger la neutralité des institutions chargées des Élections.
Au siège de Patrie, devant plusieurs centaines de militants, Ziguélé a rappelé que le contrôle de l’Autorité nationale des Élections (ANE) par des personnalités proches du MCU compromet la transparence du processus. Il a également dénoncé le rôle du Conseil constitutionnel, accusé de servir de caution légale aux décisions du régime. « Quand les arbitres sont choisis par l’adversaire, il est inutile de parler de compétition équitable ».
Le BRDC réclame une refonte totale de l’ANE, de la Cour des comptes et du Conseil constitutionnel, afin de créer un cadre neutre et indépendant. Pour Ziguélé, sans ces réformes, toute participation à une élection serait une « complicité» avec un système qu’il juge « frauduleux et imposé».
Il a également insisté sur la nécessité de réviser la liste électorale, qui selon l’opposition, contient des irrégularités majeures : doublons, inscriptions fictives et absence de nombreux électeurs dans certaines régions.
Un contexte politique tendu
Cette déclaration intervient dans un climat de méfiance généralisée envers le régime de Faustin-Archange Touadéra, accusé par ses adversaires de monopoliser l’appareil d’État et de réprimer toute contestation. Le BRDC estime que le pouvoir utilise les forces de sécurité et les institutions comme des instruments de pression pour neutraliser les voix dissidentes.
Au-delà des critiques, le bloc d’opposition tente de mobiliser la société civile et les partenaires internationaux afin de pousser le gouvernement à engager un dialogue inclusif. « Nous n’avons pas peur des Élections. Ce que nous refusons, ce sont des élections truquées», a affirmé Ziguélé, entouré de plusieurs leaders de la coalition.
Le spectre d’un boycott
Bien qu’aucune décision officielle n’ait été annoncée, des sources proches du BRDC évoquent un possible boycott si les conditions minimales de transparence ne sont pas réunies. Cette stratégie pourrait accentuer la crise de légitimité du régime, déjà critiqué pour avoir modifié la Constitution afin de prolonger le mandat présidentiel.
Pour l’opposition, l’enjeu dépasse la simple compétition politique : il s’agit de défendre l’intégrité des institutions et de prévenir une dérive autoritaire. Le discours de Ziguélé au siège de Patrie reflète cette ligne de fermeté, alors que les élections prévues en 2026 s’annoncent comme un test majeur pour la démocratie centrafricaine….
Centrafrique : Le parti MDSP annonce le retour imminent de son président Dr Dominique Désiré ERENON
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/dominique-desire-erenon.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/dominique-desire-erenon-429×450.jpg” alt=”Centrafrique : Le parti MDSP annonce le retour imminent de son président Dr Dominique Désiré ERENON ” width=”429″ height=”450″ />Dr Dominique Désiré ERENON, Président du parti MDSP. Photo de courrtoisie
Le Bureau Politique de la Marche pour la Démocratie et le Salut du Peuple (MDSP) a officiellement annoncé le retour imminent de son président, Dr Dominique Désiré ERENON, qui se trouvait à l’étranger depuis quelque temps.
Selon un communiqué de presse publié ce jeudi 12 septembre 2025 par le 1er Vice-président Dr Gildas KOKAYA, ce retour marque “un moment historique” pour le parti d’obédience sociale-démocrate et pour la République Centrafricaine.
Cette décision répond à une forte demande de la base militante. Le président du parti MDSP était contraint de vivre à l’étranger depuis plus de trois ans pour des raisons politiques. Son retour est réclamé depuis longtemps par les militants, le Bureau Exécutif National, les sympathisants et de nombreux compatriotes, notamment les jeunes qui souhaitent voir ce leader de la nouvelle génération jouer un rôle éminent dans la vie politique nationale.
Au-delà de l’aspect purement politique, ce retour s’inscrit dans une démarche plus large. Dr Dominique Désiré ERENON, Enseignant-Chercheur en Droit et Science Politique à l’Université de Bangui, compte reprendre ses activités d’enseignement dans plusieurs établissements universitaires du pays (New Tech Institut, ICSSG, IAMPRO).
Le parti MDSP précise que ce retour vise plusieurs objectifs prioritaires : l’engagement pour la paix, le développement du pays et le renforcement de la formation politique sur le terrain.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité de l’action du parti d’opposition. Cette annonce intervient dans un contexte où le parti MDSP poursuit sa lutte pour “le respect de l’ordre constitutionnel, la démocratie, l’État de droit, la justice et le développement” en République Centrafricaine.
Le Bureau Exécutif National invite militants, sympathisants et population à soutenir cette nouvelle étape de leur combat politique pour l’avenir du pays.
Cité de Golf à Bangui : La nouvelle vitrine du détournement des fonds publics centrafricains. Sarandji, Touadera, Ngamana, Zokoué, Mada et autres y construisent leurs villas triplexes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/maison-de-sarandji-dans-la-cite-de-golf.jpg” data-wpel-link=”internal”>La première maison du Président de l’assemblée nationale, Simplice Mathieu Sarandji, dans la cité de Golf. Photo CNC
Dans la prestigieuse cité de golf de Bangui, les dirigeants centrafricains rivalisent de luxe avec l’argent public détourné.
À la sortie nord de Bangui, après le pont du PK 10, la cité de golf montre l’ampleur scandaleuse des détournements des biens publics.
Un quartier de standing révélateur : La cité de golf de Bangui s’est transformée en un véritable étalage de richesses mal acquises. Dans ce quartier huppé situé à la sortie nord de la capitale centrafricaine, les villas de luxe poussent comme des champignons, témoignant d’une concurrence effrénée entre les dignitaires du régime pour exhiber leur fortune.
Au cœur de cette cité de golf, deux imposants immeubles se dressent face à face, symbolisant cette course au prestige. Ces duplexes et triplexes de haut standing appartiennent à Simplice Mathieu Sarandji, président de l’Assemblée nationale, construits par l’entreprise Semence. Leurs façades rutilantes narguent la population qui peine à survivre dans une capitale dépourvue d’infrastructures de base.
Cette concentration de richesses dans la cité de golf s’étend naturellement aux artères adjacentes. La rue des ministres : En empruntant la rue qui sépare ces deux bâtiments, on découvre rapidement que la cité de golf abrite tout un écosystème de dirigeants politiques. À quelques centaines de mètres, se dresse le nouveau duplexe d’Ernest Mada, ministre chargé du Secrétariat général du gouvernement, figure emblématique des détournements de fonds publics selon les observateurs.
Plus loin, Évariste Ngamana, premier vice-président de l’Assemblée nationale, a également fait ériger son triplexe à étages dans cette cité de golf. Ces constructions luxueuses contrastent violemment avec l’état de délabrement des infrastructures publiques du pays.
La deuxième villa de monsieur Sarandji dans la cité de Golf, en face de la première. Photo CNC
L’implantation de ces dignitaires dans la cité de golf ne s’arrête pas aux seuls ministres. Le président Faustin-Archange Touadera et son cercle : La cité de golf accueille également la somptueuse villa du président Faustin-Archange Touadéra. Cette résidence présidentielle privée côtoie celle du directeur général de SOCAPS, celle de Mathurin Dimbélé Nakoé, personnalité régulièrement épinglée pour ses pratiques de fausses factures et de détournement de biens publics.
Dans le même périmètre de la cité de golf, Arthur Piri, ministre de l’Énergie et neveu du président, a fait construire son propre immeuble. Il y’a aussi Bienvenu Zokoué, directeur général de la police y construit son duplexe. Cette concentration familiale et politique dans un même quartier démontre l’accaparement systématique des ressources nationales par un cercle restreint de dirigeants.
Ce phénomène de concentration immobilière dépasse largement les limites de la seule cité de golf. Un inventaire accablant : Au-delà de la cité de golf, le phénomène s’étend à d’autres quartiers privilégiés de Bangui. Dans le 4ème arrondissement, autour de la résidence officielle du chef de l’État, Fidèle Gouandjika, ministre conseiller du président, trône dans sa résidence de sept étages, construite depuis l’époque de François Bozizé.
La première maison en duplexe du directeur général de la police, le général Bienvenu Zokoué. Photo CNC
Le général d’armée Zéphyrin Mamadou, chef d’État-major, possède à lui seul quatre immeubles dans la capitale, tandis que son épouse Patricia Mamadou en détient également quatre. Cette accumulation patrimoniale s’étend même aux institutions : la première vice-présidente du Conseil constitutionnel et le directeur des élections à la MINUSCA ont chacun leur immeuble personnel dans la capitale.
Ces richesses ostentatoires dans la cité de golf, cité de belle vue et ailleurs créent un contraste saisissant avec la réalité du pays. Le paradoxe de la cité de golf : Pendant que ces palais sortent de terre dans la cité de golf et ses environs, financés par l’argent des bailleurs internationaux (Banque mondiale, Union européenne), les Centrafricains ordinaires évoluent sur des routes défoncées, sans électricité ni services publics fonctionnels. Cette cité de golf est devenue le symbole d’un système où les fonds destinés au développement du pays sont systématiquement détournés vers l’enrichissement personnel des dirigeants.
Touadéra lui-même a fait construire plus de sept immeubles dans différents quartiers de la capitale, transformant Bangui en son patrimoine immobilier privé. La cité de golf n’est que la partie visible de cet iceberg de corruption institutionnalisée.
Malgré cette situation révoltante, la population a développé sa propre lecture de cette réalité. L’ironie populaire : Face à ce spectacle, la population centrafricaine a développé une forme de résignation teintée d’ironie. “Ce qu’ils font là est bien”, murmurent certains habitants, “dans peu de temps, tout reviendra à l’État. Ces bâtiments deviendront des écoles, des universités, des centres de formation.”
Cette philosophie populaire cache une amertume profonde : celle de voir l’argent public, censé améliorer leurs conditions de vie, servir à édifier les demeures luxueuses de ceux qui les gouvernent dans la cité de golf et ailleurs.
La réalité de la cité de golf de Bangui montre ainsi l’ampleur d’un système de prédation qui transforme les responsables publics en propriétaires terriens, au détriment du développement national. Un audit exhaustif de ces constructions s’impose pour mesurer l’étendue réelle de ces détournements et engager les responsabilités de chacun.
Dossier spécial : la ministre centrafricaine du travail Michelle Mwanga hurle comme une folle pour chasser les jeunes couturiers qu’elle a arnaqués impunément pendant trois ans
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/les-couturiers-de-acfpe.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les couturiers avec leur formatrice
Trois ans après avoir attiré des jeunes couturiers avec de fausses promesses, la ministre Michelle Mwanga les expulse violemment de son bureau après avoir capté tous les financements destinés à leur projet.
Une enquête de plusieurs semaines menée par notre équipe d’investigation du CNC au ministère du Travail vient de dévoiler une affaire d’une ampleur considérable. Le mercredi 10 septembre 2025, la ministre du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Michelle Mwanga, a violemment chassé de son bureau des jeunes couturiers qu’elle avait elle-même recrutés en 2022. Cette expulsion termine une manipulation de trois ans durant laquelle la ministre et ses complices ont détourné des financements internationaux destinés à soutenir ces jeunes artisans.
Les faits se déroulent dans le bureau même de la ministre Michelle Mwanga, où résonnent ses cris : “Sortez de mon bureau ! Sortez de mon bureau ! Vous êtes fous ou quoi ? Qui vous a embauché ici ? Vous avez quel contrat ?”. Cette scène pathétique, où une ministre de la République traite des citoyens centrafricains comme des animaux, constitue l’épilogue d’une arnaque sophistiquée qui a commencé trois ans plus tôt.
L’histoire débute le 5 mai 2022 quand le ministère du Travail lance un communiqué radio invitant les couturiers centrafricains à participer à “un partage d’expériences” avec une “grande styliste ivoirienne”. Cette invitation, diffusée jusqu’au 10 mai, attire de nombreux jeunes artisans qui répondent favorablement à cet appel officiel. Le 16 mai 2022, ils se présentent au ministère pour commencer cette formation qui devait durer une semaine.
La formation avec la styliste ivoirienne Sanogo-Man se déroule effectivement du 16 au 23 mai 2022. À la fin de cette semaine, les jeunes couturiers souhaitent naturellement retourner dans leurs quartiers pour reprendre leurs activités professionnelles. Mais la ministre Michelle Mwanga refuse catégoriquement leur départ. Elle exige qu’ils restent pour organiser un défilé de mode, première manipulation d’une longue série.
Les jeunes couturiers, confiants dans les promesses ministérielles, acceptent de prolonger leur séjour. Ils confectionnent des tenues pour le défilé qui a lieu le 20 juin 2022 à l’hôtel Oubangui, en présence de la Première dame Tina Touadéra et de plusieurs membres du gouvernement. C’est lors de cette cérémonie que Michelle Mwanga annonce officiellement que la Première dame est la “marraine” du projet baptisé “Coopératif des couturiers centrafricains”.
Le lendemain, 21 juin 2022, une cérémonie officielle de remise de certificats et diplômes se tient à l’hôtel Ledger, toujours en présence de Tina Touadéra. Les autorités multiplient les discours prometteurs sur le financement et l’avenir du projet. Mais quand les couturiers veulent enfin rentrer chez eux, Michelle Mwanga leur ordonne encore de rester, prétextant que la formation doit se poursuivre.
Les couturiers stagiaires
C’est à ce moment qu’entre en scène Ouahm-Diane, une ressortissante camerounaise présentée comme la “coordinatrice du projet”. Cette femme joue un rôle central dans l’arnaque en servant d’intermédiaire entre le ministère, l’ACFPE (Agence centrafricaine pour la formation professionnelle et l’emploi) et les partenaires financiers. Officiellement coordinatrice, elle devient en réalité la gestionnaire occulte de tous les financements destinés aux jeunes couturiers.
Les promesses se multiplient : chaque couturier devait effectuer un stage de deux mois en Côte d’Ivoire pour approfondir sa formation. Convaincus par ces perspectives, les jeunes font établir leurs passeports à leurs propres frais. Pendant ce temps, Ouahm-Diane leur confirme “de sa propre bouche” que le projet a reçu des financements de la Banque mondiale, du PAM, de l’UNICEF, de l’UNFPA, de la BAD (Banque africaine de développement) et d’autres partenaires internationaux.
Le projet PARC-B constitue le dernier volet de cette manipulation. Les partenaires demandent aux jeunes de monter un dossier complet avec photos des cérémonies et documentation du projet. Les couturiers fournissent tous les éléments demandés et attendent le financement promis. Mais jamais ils ne verront la couleur de ces fonds, entièrement captés par la ministre et sa coordinatrice camerounaise.
Durant ces trois années de captivité déguisée (2022 – 2025), les jeunes couturiers subissent un traitement indigne. Ils paient eux-mêmes leurs transports quotidiens pour se rendre à l’ACFPE, sans recevoir aucune compensation. Quand l’une de leurs collègues, Baleliwa Gbajougou Lisa Audrey, née le 16 janvier 1995, décède le 15 mars 2023, le ministère n’apporte aucune assistance à la famille. Ce sont les couturiers eux-mêmes qui cotisent pour aider les proches de la défunte.
La regrettée Baleliwa Gbajougou Lisa Audrey, l’une des stagiaires de l’ACFPE décédée en 2023
Les seuls “bénéfices” de ces trois années sont dérisoires : deux formations supplémentaires (relations clients par Diane Gombor et changement de mentalité par Ouahm-Diane) et deux marchés de confection. Ces marchés, apportés personnellement par Michelle Mwanga, concernent notamment les tenues des élèves de l’école du président Touadéra à Damara. Mais même pour ces travaux, la ministre refuse toute négociation de prix avec les artisans.
“Vous savez, la Première dame Tina Touadera est la marraine du projet, donc il ne faut pas discuter le prix avec elle”, déclare Michelle Mwanga aux couturiers qui voudraient établir des tarifs professionnels. Cette instrumentalisation du nom de la Première dame permet à la ministre d’imposer ses conditions et de distribuer des “sommes forfaitaires” dérisoires après avoir bénéficié gratuitement du travail des jeunes.
La situation devient encore plus révoltante quand Michelle Mwanga fait confectionner des vêtements pour son usage personnel. Elle apporte ses tissus, fait travailler les couturiers gratuitement, puis revient deux ou trois semaines plus tard distribuer quelques billets en guise de paiement. Cette exploitation éhontée d’artisans qualifiés au nom d’un projet social bidon constitue un détournement caractérisé.
L’explosion du 10 septembre 2025 intervient quand les couturiers, excédés par trois ans de manipulation, rédigent une note administrative avec ampliation aux médias pour dénoncer leur situation. Cette initiative légitime déclenche la colère hystérique de Michelle Mwanga, qui hurle dans son bureau comme une possédée : “Est-ce que vous êtes fous ? Qui vous a embauché ici ? Vous avez quel contrat ?”.
Le chargé de mission de la ministre, M. Ganabo, sort du bureau pour tenter de calmer les jeunes après l’esclandre de sa patronne Michelle Mwanga. Mais ses propos achèvent de dévoiler la nature de l’arnaque : “C’est avec la bonne volonté qu’on vous a laissé ici. Bonne volonté du ministre qu’on vous a laissé ici. Vous avez gagné des marchés. Vous avez fait des trucs ici. Ça fait trois ans que vous êtes ici. Vous êtes des incubateurs. Ça fait trois ans que vous devez remercier la ministre”.
Cette déclaration cynique résume parfaitement la mentalité qui règne au ministère du Travail : des jeunes attirés par de fausses promesses sont transformés en faire-valoir pour capter des financements internationaux, puis jetés à la rue quand ils osent réclamer leurs droits. Le terme “incubateurs” utilisé par le chargé de mission est particulièrement parlant : ces jeunes n’ont servi qu’à couver les projets fictifs permettant de justifier les financements détournés.
Cette affaire dévoile un système organisé de détournement de fonds publics et de financements internationaux. Michelle Mwanga, Ouahm-Diane et leurs complices ont utilisé les jeunes couturiers comme alibis pour créer un projet fictif permettant de capter des millions de francs CFA destinés à la formation professionnelle. Pendant trois ans, ces financements ont été détournés vers des comptes privés tandis que les supposés bénéficiaires vivaient dans la précarité.
L’instrumentalisation du nom de la Première dame Tina Touadéra constitue un autre aspect scandaleux de cette affaire. En présentant la Première dame comme “marraine” du projet, Michelle Mwanga s’est servie de cette caution morale pour rassurer les jeunes et impressionner les bailleurs de fonds. Cette utilisation abusive de l’image présidentielle dans une arnaque caractérisée pose des questions sur les responsabilités au plus haut niveau de l’État.
Le rôle de la coordinatrice camerounaise Ouahm-Diane mérite également une attention particulière. Cette femme, officiellement chargée de coordonner le projet, a en réalité servi de prête-nom pour gérer les financements détournés. Son statut d’étrangère lui permettait d’échapper plus facilement aux contrôles administratifs centrafricains tout en servant d’interface avec les partenaires internationaux.
L’ACFPE, censée encadrer la formation professionnelle en République centrafricaine, apparaît comme complice de cette manipulation. Cette agence a prêté ses locaux et sa caution institutionnelle à un projet bidon, permettant aux escrocs de donner une apparence légale à leurs activités. La responsabilité de la directrice de l’ACFPE, présente lors des cérémonies officielles, devra être établie.
Cette affaire montre parfaitement les méthodes de prédation qui gangrènent l’administration centrafricaine. Des ministres corrompus utilisent leurs fonctions pour créer de faux projets sociaux, attirent des jeunes vulnérables avec de belles promesses, captent les financements internationaux destinés à ces projets, puis chassent violemment leurs victimes quand celles-ci osent réclamer justice.
Le comportement de Michelle Mwanga lors de l’expulsion du 10 septembre dévoile le mépris profond que cette classe dirigeante nourrit envers les citoyens ordinaires. Hurler “Sortez de mon bureau !” à des jeunes qu’elle a elle-même convoqués trois ans plus tôt montre l’arrogance d’une femme qui considère les biens publics comme sa propriété privée.
Cette mentalité de propriétaire se retrouve dans sa phrase “Sortez de mon bureau !”, comme si ce bureau lui appartenait personnellement. Ce bureau a été construit avec l’argent des contribuables centrafricains, meublé avec les deniers publics, et il est occupé temporairement par une ministre censée servir l’intérêt général. Mais Michelle Mwanga semble avoir oublié qu’elle n’est qu’une locataire temporaire de cette fonction.
L’enquête menée par notre équipe montre que de nombreux partenaires internationaux ont visité le projet au cours de ces trois années : Banque mondiale, BGFI, et autres bailleurs de fonds. Tous ont été dupés par la mise en scène montée par Michelle Mwanga et ses complices. Les photos et vidéos de ces visites officielles ont servi à alimenter de nouveaux dossiers de financement, perpétuant l’arnaque.
Les jeunes couturiers, manipulés pendant trois ans, ont fini par comprendre qu’ils servaient de faire-valoir à une vaste escroquerie. Leur patience s’explique par la caution apportée par la Première dame et les promesses constantes de financements. “On dit que non, ça va arriver bien, ça va arriver bientôt”, se répétaient-ils en voyant défiler les délégations internationales.
Cette affaire pose des questions sur le contrôle des financements internationaux destinés à la République centrafricaine. Comment des millions de francs CFA peuvent-ils être détournés pendant trois ans sans qu’aucun mécanisme de suivi ne détecte la fraude ? Où sont les audits, les contrôles, les comptes-rendus d’exécution que doivent normalement produire les bénéficiaires de ces fonds ?
La responsabilité des partenaires internationaux mérite également d’être questionnée. En finançant des projets sans mécanismes de suivi rigoureux, en se contentant de photos et de rapports biaisés, ces institutions facilitent indirectement les détournements. La complaisance de certains représentants locaux de ces organisations, impressionnés par les mises en scène ministérielles, contribue à perpétuer ces systèmes de corruption.
L’attitude du chargé de mission Ganabo lors de l’altercation du 10 septembre mérite une attention particulière. En reprochant aux jeunes d’avoir mis “ampliation média” sur leur note administrative, il dévoile la peur que inspire la transparence à cette administration corrompue. Cette réaction paniquée face à une simple mention des médias montre que ces responsables savent parfaitement qu’ils ont quelque chose à cacher.
“Vous êtes malade ou quoi ? Vous avez média dedans. Comment vous vous recourez à bout de comment ?”, s’exclame Ganabo, dévoilant l’affolement qui saisit les responsables du ministère quand ils réalisent que leur système pourrait être exposé publiquement. Cette peur de la presse traduit la conscience qu’ils ont de leurs malversations.
Le sort réservé aux jeunes couturiers après trois ans d’exploitation constitue la partie la plus révoltante de cette affaire. Ces artisans qualifiés, attirés par de belles promesses, se retrouvent jetés à la rue sans indemnisation, sans formation réelle, sans aucune des opportunités promises. Pire, ils ont perdu trois années de leur vie professionnelle dans cette manipulation.
Certains de ces jeunes avaient des ateliers prospères qu’ils ont abandonnés pour répondre à l’appel du ministère. D’autres ont investi leurs économies dans l’établissement de passeports pour un voyage en Côte d’Ivoire qui n’a jamais eu lieu. Tous ont consacré trois années de leur vie à enrichir des corrompus tout en s’appauvrissant eux-mêmes.
La mort de Baleliwa Gbajougou Lisa Audrey le 15 mars 2023 constitue le drame humain de cette affaire. Cette jeune femme de 28 ans est décédée pendant qu’elle participait à ce projet bidon, sans recevoir la moindre assistance du ministère qui l’avait recrutée. Ses collègues ont dû cotiser pour aider sa famille, traduisant l’indifférence totale de Michelle Mwanga face à la détresse humaine.
Cette tragédie montre parfaitement le mépris de la classe dirigeante centrafricaine pour la vie des citoyens ordinaires. Une ministre qui recrute des jeunes, les exploite pendant des années, puis les abandonne en cas de malheur, dévoile une mentalité criminelle qui devrait être sanctionnée par la justice.
L’impunité dont jouissent ces responsables corrompus encourage la multiplication de telles pratiques. Michelle Mwanga sait qu’elle peut voler, mentir, exploiter et humilier sans risquer la moindre sanction. Cette certitude de l’impunité transforme l’administration publique en terrain de chasse pour prédateurs en costume.
Les méthodes utilisées dans cette affaire se retrouvent dans de nombreux autres ministères centrafricains. Le schéma est toujours le même : créer un faux projet social, attirer des victimes avec de belles promesses, utiliser ces victimes pour justifier des financements, détourner les fonds, puis jeter les victimes à la rue quand elles deviennent gênantes.
Cette affaire du ministère du Travail constitue un cas d’école de la corruption systémique qui ronge l’État centrafricain. Elle montre comment des responsables publics transforment leurs fonctions en entreprises privées de prédation, utilisant les ressources de l’État et les financements internationaux pour s’enrichir personnellement.
La violence de Michelle Mwanga lors de l’expulsion du 10 septembre traduit également la frustration de voir son système exposé. En chassant violemment ces jeunes qui osaient réclamer leurs droits, elle dévoilait sa vraie nature : celle d’une prédatrice qui considère ses victimes comme des objets corvéables à merci.
Cette affaire doit servir d’électrochoc pour tous ceux qui croient encore aux promesses de la classe dirigeante centrafricaine. Elle montre que derrière les beaux discours sur la formation des jeunes et le développement économique se cachent souvent des systèmes d’exploitation sophistiqués.
Les partenaires internationaux de la République centrafricaine doivent également tirer les leçons de cette affaire. Financer des projets sans mécanismes de contrôle rigoureux, c’est alimenter la corruption et contribuer à l’appauvrissement des populations que ces financements sont censés aider.
La justice centrafricaine, si elle existe encore, devrait ouvrir immédiatement une enquête sur cette affaire. Les détournements de fonds publics et de financements internationaux constituent des crimes graves qui méritent des sanctions exemplaires. Mais connaissant l’état de délabrement de cette justice, il y a peu d’espoir de voir les responsables inquiétés.
Cette affaire montre parfaitement l’état de décomposition de l’État centrafricain, où des ministres peuvent impunément voler, mentir et exploiter pendant des années sans craindre la moindre sanction. Elle montre aussi la nécessité urgente d’une révolution des mentalités pour que de tels comportements deviennent socialement inacceptables.
En attendant cette hypothétique révolution des consciences, les Michelle Mwanga continueront de prospérer sur la misère des jeunes centrafricains, transformant chaque promesse de développement en nouvelle occasion d’enrichissement personnel. Cette affaire restera comme un symbole de la prédation qui caractérise la République centrafricaine de Faustin-Archange Touadéra.
Député Lambert Akovourou : déjà trois mois de garde à vue à l’OCRB, et ce, rien que sur la base d’une vidéo accusatoire publiée sur Facebook
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Dieudonne-Zangbe-Nguilelo.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Dieudonne-Zangbe-Nguilelo-450×413.jpg” alt=”Député Lambert Akovourou : déjà trois mois de garde à vue à l’OCRB, et ce, rien que sur la base d’une vidéo accusatoire publiée sur Facebook” width=”450″ height=”413″ />Monsieur Dieudonné Zangbe Nguilelo, sous-préfet de Djema
Depuis trois mois, le député Lambert Akovourou de Djéma dort sur du béton à l’Office central pour la répression du banditisme. Trois mois qu’un élu du peuple est enfermé sans que la justice puisse produire la moindre preuve contre lui. Son crime ? Avoir été accusé dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. C’est tout. Pas de preuves matérielles, pas d’enquête sérieuse, juste une accusation en ligne qui a suffi pour expédier un parlementaire en prison.
L’histoire commence avec l’assassinat du sous-préfet de Djéma, Dieudonné Zangbe Nguilelo, enlevé le 14 avril 2025 et retrouvé égorgé le 17 mai. Michel Trogode, chef de centre de l’hôpital de Djéma, publie alors une vidéo accusant le député Akovourou et le maire d’avoir organisé ce crime. Le lendemain, les policiers débarquent au domicile du député à Bangui et l’arrêtent.
Voilà sur quoi repose cette arrestation : une vidéo sur internet. En la République centrafricaine de 2025, il suffit qu’une accusation circule sur les réseaux sociaux pour que le procureur décrète un “état de crime apparent” et envoie quelqu’un en prison. Plus besoin d’enquête préliminaire, plus besoin de vérifications, plus besoin de respecter l’immunité parlementaire. Une vidéo Facebook vaut désormais mandat d’arrêt.
Le procureur a parlé de “flagrant délit ” pour justifier cette arrestation. Mais de quel flagrant délit s’agit-il ? Le député dormait tranquillement chez lui quand on est venu le chercher. Il n’était pas en train de commettre un délit, il n’avait pas d’arme sur lui, il ne fuyait pas la justice. Le seul élément “apparent” dans cette affaire, c’est l’incompétence de la justice centrafricaine.
Car rappelons les règles : un député jouit de l’immunité parlementaire. Cette protection ne peut être levée qu’après autorisation de l’Assemblée nationale. Mais le régime Touadéra s’assied sur ces principes. On arrête d’abord, on cherche les justifications juridiques plus tard. Et si on ne les trouve pas, tant pis, on garde le député en prison quand même.
Trois mois après cette arrestation spectacle, où en est l’enquête ? Nulle part. Les enquêteurs n’ont rien trouvé qui puisse étayer les accusations de Michel Trogode. Aucune preuve matérielle, aucun témoignage crédible, aucun élément tangible. La justice reste bloquée, incapable de monter un dossier sérieux. Mais elle maintient Lambert Akovourou derrière les barreaux, sur du béton, dans des conditions déplorables.
Cette situation s’interroge : dans quel pays peut-on maintenir quelqu’un en prison pendant trois mois sans preuves ? Dans quel système judiciaire une simple vidéo sur les réseaux sociaux suffit-elle à justifier une détention prolongée ? La réponse est évidente : dans un pays où la justice sert d’instrument de répression politique.
L’ironie de cette histoire, c’est que Michel Trogode, l’auteur de la vidéo accusatrice, a lui aussi été arrêté. Des Mercenaires russes sont venus le chercher à Djéma, l’ont embarqué dans un hélicoptère et transféré à Bangui où il est maintenant détenu. Donc l’accusateur et l’accusé se retrouvent tous les deux en prison. La justice centrafricaine dans toute sa splendeur : on arrête tout le monde et on verra bien qui est innocent.
Cette dérive ne surprend plus personne. Dans un régime qui modifie la Constitution à sa guise, qui ignore les décisions de sa propre Cour constitutionnelle, qui fait appel aux mercenaires pour gouverner, violer l’immunité parlementaire n’est qu’une étape de plus. Chaque jour, ce pouvoir repousse un peu plus les limites de l’acceptable.
Le député Lambert Akovourou paie aujourd’hui le prix de cette dérive. Il dort sur du béton depuis trois mois pour avoir été mentionné dans une vidéo. Pendant ce temps, les vrais responsables de l’insécurité à Djéma continuent leurs activités. Les soupçons qui pèsent sur l’implication de Wagner dans cet assassinat sont soigneusement évités par les enquêteurs. On préfère s’acharner sur un député que d’enquêter sur les mercenaires.
Cette justice sélective en dit long sur les priorités du régime. Quand il s’agit de poursuivre l’opposition ou les élus dérangeants, tous les moyens sont bons : violation de l’immunité, détention arbitraire, conditions inhumaines. Mais quand il s’agit d’enquêter sur les crimes des alliés du pouvoir, là, mystérieusement, la justice devient prudente.
Au final, l’affaire Akovourou résume tout ce qui ne va pas dans ce pays. Un député élu croupit en prison sur la base de rumeurs. La Constitution est piétinée quand elle gêne. Les droits humains sont ignorés quand ils protègent les opposants. Et tout cela se passe dans l’indifférence générale, comme si c’était devenu normal.
Trois mois que Lambert Akovourou attend qu’on lui présente des preuves de sa culpabilité. Trois mois que la justice centrafricaine démontre son mépris pour les procédures légales. Trois mois que ce régime prouve qu’il n’a de démocratique que le nom qu’il se donne.
Je suis contre Wagner, pas contre la Russie” : Martin Ziguelé précise sa position sur la coopération militaire
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/12/Fidele-Gouandjika-je-suis-wagner.jpg” data-wpel-link=”internal”>Fidèle Gouandjika ministre conseiller spécial du chef de l’État porte son T-shirt “je suis Wagner”.
L’ancien Premier ministre Martin Ziguelé distingue la coopération historique russo-centrafricaine de la présence des mercenaires qu’il dénonce fermement.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le président du MLPC Martin Ziguelé clarifie sa position nuancée sur la présence russe en Centrafrique et les controverses autour de Wagner.
Martin Ziguelé tient à rétablir quelques vérités historiques. Pour lui, il faut arrêter de présenter la coopération russo-centrafricaine comme un phénomène récent. “Les Russes sont en Centrafrique depuis 1960”, rappelle-t-il avec insistance. “C’est un mythe qu’il faut briser”.
L’ancien Premier ministre puise dans ses souvenirs personnels pour étayer son propos. À l’époque de Bokassa, la Russie avait envoyé “le plus grand contingent d’étudiants centrafricains” se former sur son territoire. Ces boursiers sont revenus au pays comme techniciens, médecins, ingénieurs. Une coopération qui a profité au développement du capital humain centrafricain.
Fort de ce constat historique, Martin Ziguelé assume sa position : “Je ne peux pas être contre la Russie”. Il reconnaît à Moscou son statut de “superpuissance qui influe sur la marche du monde” et légitime sa coopération avec la Centrafrique.
Mais l’homme politique établit une distinction nette entre cette coopération traditionnelle et la présence de Wagner. “Je suis contre la présence de Wagner, qui sont des mercenaires en Centrafrique”, déclare-t-il sans ambiguïté. “Est-ce que je suis clair ?”, ajoute-t-il pour lever tout malentendu.
Cette nuance lui permet de reconnaître certains résultats tout en maintenant ses critiques. Martin Ziguelé admet que “la situation sécuritaire s’est améliorée”, mais il précise immédiatement les conditions de cette amélioration : “Au prix de la présence de Wagner, au prix d’exactions sur le plan des droits de l’homme”.
L’ancien chef du gouvernement conteste aussi la version officielle sur la dissolution de Wagner. “Wagner existe toujours en Centrafrique”, affirme-t-il. Pour preuve, il cite des observations concrètes : “Le conseil spécial du président de la République porte des t-shirts Wagner et dit que les Wagner sont là”.
Cette contradiction entre le discours officiel et la réalité du terrain agace visiblement Martin Ziguelé. “Ce n’est pas moi qui vais dire le contraire” de ce que montrent les faits, lance-t-il avec une pointe d’ironie.
La position de l’ancien Premier ministre reflète une approche pragmatique des relations internationales. Il refuse de condamner une coopération historique bénéfique tout en dénonçant les dérives actuelles. Une nuance qui témoigne de sa connaissance approfondie des dossiers diplomatiques centrafricains.
Cette clarification intervient dans un contexte où les positions sur Wagner divisent la classe politique centrafricaine. Martin Ziguelé choisit la voie de la distinction entre partenariat étatique légitime et recours aux mercenaires, qu’il juge problématique pour la souveraineté nationale.
Wagner et l’esclavage : quand Bangui célèbre honteusement la lutte antitraite
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/arnaud-djoubaye-abazene.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le ministre centrafricain de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazene Screenshot
Alors que les autorités organisent des cérémonies contre la traite, des milliers de Centrafricains subissent l’exploitation moderne.
Le contraste est saisissant. Le 30 juillet 2025, la République centrafricaine célébrait la Journée mondiale contre la traite des personnes. À la Commission nationale des droits de l’homme de Bangui, le ministre de la Justice Arnaud Djoubaye Abazène détaillait la stratégie des « 4 P » : Prévention, Protection, Poursuite et Partenariat. L’OIM saluait l’engagement gouvernemental. Les discours fusaient sur la nécessité de combattre ce « crime grave ».
Pourtant, à 26 kilomètres de la capitale sur la route de Boali, le complexe industriel de Wagner fonctionne comme un véritable bagne moderne. Des centaines d’ouvriers centrafricains y travaillent quinze heures par jour sans contrat, sans protection sociale, sous surveillance armée. Les inspecteurs du travail n’y pénètrent jamais. Les autorités nationales admettent leur impuissance face à cette zone interdite.
Cette exploitation ne se limite pas au site de la route de Boali. Dans les mines contrôlées par les Russes, les conditions de travail rappellent l’esclavage d’autrefois. Journées de douze à quatorze heures, violences physiques, absence totale de droits syndicaux. La misère économique contraint des milliers de Centrafricains à accepter ces chaînes invisibles.
D’autres entreprises d’extraction et de travaux publics chinoises perpétuent ces pratiques. La soumission économique remplace les fers d’antan. Les agences internationales documentent ces abus, rédigent des rapports, alertent l’opinion. Sur le terrain, rien ne bouge.
Cette réalité interroge la sincérité des engagements officiels. Comment un État peut-il simultanément dénoncer la traite et tolérer l’esclavage moderne sur son territoire ? La célébration du 30 juillet ressemble à une comédie à l’ivoirienne quand des milliers de compatriotes vivent l’exploitation quotidienne à quelques kilomètres des tribunes officielles.
L’ironie est amère : pendant que Bangui organise des colloques sur les droits humains, des Centrafricains subissent des conditions de travail indignes d’un pays souverain. Entre les promesses ministérielles et la réalité du terrain, le fossé béant révèle l’impuissance d’un gouvernement face aux nouveaux maîtres du pays.
500 FCFA par personne pour applaudir les chefs d’État de la CEMAC venus à Bangui
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/les-chefs-deta-de-la-cemac-apres-leur-sommet-a-bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/les-chefs-deta-de-la-cemac-apres-leur-sommet-a-bangui-438×450.jpg” alt=”500 FCFA par personne pour applaudir les chefs d’État de la CEMAC venus à Bangui” width=”438″ height=”450″ />Les chefs d’État de la CEMAC après leur sommet à Bangui, le 9 et 10 septembre 2025
Pendant que se prépare le sommet CEMAC du 9 septembre, Bangui organise des mobilisations payantes à 500 FCFA par participant pour applaudir les chefs d’État venus dans le pays.
Dans les différents quartiers de Bangui, les téléphones sonnent depuis plusieurs semaines. Le Mouvement Cœurs Unis, parti au pouvoir, lance ses appels à mobilisation pour le sommet des chefs d’État de la CEMAC prévu le 9 septembre. Le message est simple : 500 francs CFA par personne pour venir applaudir les chefs d’État.
L’organisation suit trois phases distinctes. D’abord, la préparation avant l’arrivée des chefs d’État. Les responsables du MCU parcourent les arrondissements, dressent leurs listes, distribuent les premiers versements . Chaque sous-fédération reçoit son quota : 200 personnes ici, 300 là-bas. Les banderoles se préparent, les slogans s’apprennent.
Puis vient le jour J. De l’aéroport au Palais de la Renaissance, 6000 personnes prennent position. Le cortège présidentiel traverse le croisement du 8ème arrondissement, remonte l’avenue des Martyrs, passe devant l’Université, monte vers le centre-ville. À chaque étape, les applaudissements éclatent sur commande. Les caméras filment, les photographes mitraillent. L’image est parfaite.
Enfin, la phase de départ. Même dispositif en sens inverse. Les chefs d’État repartent sous les acclamations, les drapeaux flottent, les sourires restent figés jusqu’au dernier moment. Seulement après, les organisateurs distribuent les soldes, récupèrent le matériel, démobilisent les troupes.
Cette mécanique bien graissée ne laisse rien au hasard. Le MCU dispose de relais dans tous les quartiers. Ses responsables connaissent les familles en difficulté, les jeunes sans travail, les femmes qui peinent à joindre les deux bouts. Pour 500 à 1000 francs CFA, beaucoup acceptent de passer quelques heures à applaudir.
L’argent compte dans un pays en crise. Cette somme représente plusieurs heures de revenus pour certains ménages. Elle permet d’acheter des vivres. Face à ces nécessités, les considérations politiques passent au second plan.
Les organisateurs exploitent cette précarité avec méthode. Ils savent qui contacter, combien proposer, comment motiver. Leur carnet d’adresses s’étoffe d’événement en événement. Certains participants deviennent des habitués, d’autres découvrent ce système pour la première fois.
Le phénomène dépasse Bangui. Dans plusieurs capitales, des pratiques similaires existent. Mais elles restent généralement ponctuelles, liées à des événements exceptionnels. En République centrafricaine, le système devient plus systématique. Chaque visite officielle, chaque célébration nationale, chaque meeting politique mobilise ces réseaux payants.
Cette évolution transforme la nature même de la participation politique. Quand tout se paie, quand chaque manifestation de soutien a son tarif, la spontanéité disparaît. Les dirigeants achètent leur popularité, les citoyens vendent leur enthousiasme.
La situation économique du pays explique en partie cette dérive. Avec un PIB par habitant parmi les plus faibles au monde, avec des institutions fragilisées, la République centrafricaine offre peu d’alternatives à ses citoyens. Ces 500 à 1000 francs CFA deviennent une aubaine dans un océan de difficultés.
Cette logique s’impose progressivement comme une norme. Les événements officiels sans mobilisation payée deviennent rares. Les organisateurs budgètent désormais ces frais comme des postes ordinaires. L’État, les partis, les mouvements politiques intègrent ces coûts dans leurs calculs.
Le sommet CEMAC de Bangui révèle donc plus qu’une simple anecdote. Il montre comment un pays peut basculer vers un système où la politique se résume à des transactions financières. Où l’expression démocratique devient un marché comme un autre.
Cette évolution préoccupe certains observateurs. Ils y voient une dérive dangereuse pour la démocratie centrafricaine. D’autres y trouvent une forme de redistribution sociale déguisée. Entre ces deux visions, le débat reste ouvert.
Une chose est certaine : tant que la pauvreté frappera massivement la population, tant que les alternatives économiques resteront limitées, ces pratiques perdureront. Les 500 000 francs CFA distribués à Bangui ne constituent que la partie visible d’un phénomène plus profond qui interroge l’avenir politique du pays.