Du perchoir de l’Assemblée nationale à la mairie de Bangui : Jusqu’où s’étendra la dictature de fer de Sarandji ?

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Simplice Mathieu Sarandji « cogne » à nouveau ses troupeaux égarés

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Après avoir réussi à s’imposer comme le candidat unique incontournable au perchoir de l’Assemblée nationale et, surtout, après avoir modelé la composition de son bureau parlementaire à sa guise — évinçant totalement de l’enceinte le marabout de Carnot, Évariste Ngamana, qui tentait de lui faire de l’ombre —, le « dictateur en chef » du régime de l’Empereur-président Faustin-Archange Touadéra vient de frapper un nouveau coup. Cette fois-ci, c’est sur les candidats à la mairie centrale de Bangui que Simplice Mathieu Sarandji a imposé sa poigne de fer.

 

​L’ironie du sort veut que ce soit dans le même cadre hautement stratégique de l’Hôtel Ledger de Bangui — comme le confirme l’avis de réunion politique officielle signé de sa main le 13 juin que le Secrétaire Exécutif National du Mouvement Cœurs Unis (MCU) a sifflé la fin de la récréation.

 

 

La guerre des tranchées au sein du MCU pour la mairie de Bangui

 

​Depuis plusieurs semaines, deux candidates du parti au pouvoir se livraient une bataille virulente pour conquérir le fauteuil municipal de la capitale : Portia Deya Abazene et Prisca Roseline Mano. Face à ce désordre interne qui menaçait la cohésion de la mouvance présidentielle, Sarandji a opéré une reprise en main verticale, imposant Prisca Roseline Mano comme candidate unique du parti.

 

​Sortie de cette réunion d’éviction particulièrement nerveuse et folle de rage, Portia Deya Abazene a d’abord quitté les lieux humiliée. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Poussée par ses communicateurs qui lui conseillent de ne pas lâcher l’affaire, elle vient de briser le silence avec une déclaration de guerre fracassante : « Je tiens à rappeler aux conseillers municipaux de ne pas se détourner de leur premier choix. La décision du parti ne doit pas se refléter demain sur votre choix légitime. »

 

​En appelant ainsi ses partisans à la fronde, Portia Deya Abazene conteste non seulement la légitimité du choix imposé, mais elle se révolte ouvertement contre le patron de son propre parti, déclarant : « Je suis et reste concentrée sur mon travail, qui aboutira demain à une victoire exceptionnelle, même si cela sera contraire à la décision de notre parti, qui perd parfois le bon sens du choix pour les élections. »

 

 

​Des millions investis pour soudoyer les conseillers

 

 

Pourquoi un tel entêtement face au tout-puissant Sarandji ? En réalité, les enjeux financiers en coulisses sont colossaux. Selon des sources internes, Portia Deya Abazene a énormément dépensé de sa poche pour soudoyer et s’assurer le vote des conseillers municipaux de la capitale. Pour elle et son clan, capituler maintenant signifierait une perte sèche de millions investis dans cette entreprise de corruption à ciel ouvert.

 

​Pourtant, si l’on regarde la liste officielle des contributions déclarées au parti, c’est le couple Mano qui mène la danse avec 6 500 000 FCFA versés, contre seulement 1 600 000 FCFA pour le couple Deya Abazene. Au royaume du MCU, l’argent officiel a choisi Mano, mais l’argent de la corruption souterraine a été massivement distribué par Portia pour acheter la conscience des grands électeurs.

 

 

​Mercredi : La tempête va surgir à Bangui

 

​Ce rebondissement change radicalement la donne. Si le « dictateur en chef » Sarandji pensait avoir « cogné » et maté ses troupes en imposant son diktat à l’Hôtel Ledger, la résistance ouverte de Portia Deya Abazene transforme le scrutin municipal en un champ de bataille imprévisible.

 

​Le vote des conseillers municipaux étant prévu pour ce mercredi matin à 10h, tous les ingrédients sont réunis pour qu’une véritable tempête politique surgisse dans la capitale. Les conseillers municipaux, grassement rétribués en coulisses par le clan Portia, respecteront-ils la consigne officielle du Bureau politique, ou succomberont-ils aux billets de banque pour infliger un vote sanction historique à la direction du parti ?

 

La jurisprudence Sani Yalo : Vers un arbitrage pour la Vice-Présidence ?

 

 

​Cette prédominance de l’argent-roi sur la politique au sein du MCU commence à créer de sérieux précédents. C’est exactement sur la base de ce type de contributions financières massives que le sulfureux homme d’affaires Sani Yalo avait autrefois réclamé le poste de Premier ministre. Bien qu’il ait raté la primature, Yalo ne désarme pas et pousse désormais cette exigence financière pour obtenir le poste de vice-président de la République.

 

​Constatant l’influence démesurée que Simplice Mathieu Sarandji exerce sur l’esprit de Touadéra pour dénouer les crises et « gogner » les contestataires, plusieurs cadres du parti au pouvoir demandent déjà à voix basse que le Secrétaire Exécutif National tienne une réunion similaire pour arbitrer le poste très convoité de vice-président. Reste à savoir si la méthode forte de Sarandji suffira à contenir durablement les frustrations d’une base qui commence à comprendre que chez les Cœurs Unis, la loyauté ne paie pas autant que les millions.

 

Affaire à suivre

 

Par Gisèle MOLOMA

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