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Bangui : la situation devient de plus en plus pire à l’hôpital pédiatrique. Retour dans l’un des enfers sanitaires de la capitale

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Bangui : la situation devient de plus en plus pire à l’hôpital pédiatrique. Retour dans l’un des enfers sanitaires de la capitale

 

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Hôpital pédiatrique de Bangui. Photo CNC

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Plusieurs mois après notre dernière visite dans cet établissement hospitalier, l’hôpital pédiatrique de Bangui n’a enregistré aucune amélioration. Pourtant, la situation devient de plus en plus pire : l’équipe du CNC a constaté une aggravation notable des conditions d’accueil des malades et de leur prise en charge.

 

Sur place, rien n’a évolué depuis notre dernière visite l’année dernière, bien au contraire. La dégradation du service s’accentue même progressivement, laissant les familles les plus vulnérables dans un dénuement total. Nos observations recueillies la semaine dernière démontrent l’absence de tout dispositif d’urgence pour venir en aide aux patients issus d’une famille très pauvre.

 

C’est dans ce contexte que nous avons rencontré  dans cet hôpital une femme peule venue de Djabarona, localité située à quarante-cinq kilomètres de la capitale sur l’axe menant à Boali. Elle a débarqué en urgence au service pédiatrique avec son enfant malade sans disposer d’aucune ressource financière. L’enfant souffre d’une infection pulmonaire qui nécessite des soins immédiats et des analyses en laboratoire.

 

Les médecins ont prescrit un examen d’urine à réaliser immédiatement à l’Institut Pasteur. Mais la mère du patient ne possède même pas un francs pour payer un examen, encore moins à acheter de l’eau ou de la nourriture pour elle et son enfant. Son mari, également un Peul,  est resté à Djabarona pour s’occuper d’autres enfants, la laissant seule gérer cette urgence médicale à la pédiatrie à Bangui sans aucun appui ni solution.

 

Imaginez-vous, avoir de quoi à mettre sur ses dents le matin, c’est aussi pénible pour cette famille. C’est dans ce contexte que l’un des journaliste de notre équipe sur place a constaté les fait, et lui a remis la semaine dernière un billet de cinq cents francs pour permettre au petit malade de prendre un petit déjeuner. Cette aide spontanée n’a pas apaisé la détresse de la mère, elle ne résout en rien le problème de fond qui pourri le système.

 

Les responsables du service pédiatrique interrogés par la rédaction du CNC sur des tels cas, ont confirmé qu’aucune ligne budgétaire n’existe pour prendre en charge ce type de situations.

 

Il n’y a ni stock de médicaments d’urgence, ni fonds dédiés aux cas de dénuement complet, ni procédure prévue pour aider les personnes totalement démunies qui franchissent les portes de l’hôpital. Les annonces radiophoniques officielles évoquent régulièrement des progrès dans le secteur sanitaire, tandis que la réalité constatée sur le terrain raconte une histoire radicalement différente.

 

Ce ne sont ni les soignants ni les familles qui peuvent inverser cette dynamique par leurs seuls efforts. La responsabilité incombe aux autorités publiques, qui doivent mettre en place des mécanismes adaptés pour gérer ces urgences humaines. Chaque citoyen peut tomber malade à tout moment, et des solutions minimales doivent exister pour éviter les drames évitables que nous constatons aujourd’hui.

 

À défaut de ressources, les patients se retrouvent réduits à recevoir des soins palliatifs de base en attendant une issue fatale. Impossible de manger correctement, impossible de se soigner décemment dans ces conditions. La femme peule a finalement décidé seule de ramener son enfant à Djabarona, faute de moyens pour poursuivre les soins nécessaires à sa survie.

 

Cette décision équivaut probablement à une condamnation pour le petit malade.

 

L’État peut bien signer un accord avec l’Institut Pasteur pour gérer des tels cas d’urgence, surtout pour les familles totalement démunis, mais rien. On pilote à vue le pays comme un gère un kiosque au quartier Boy-Rabe. Vraiment, Baba Kongoboro, tu n’a pas une stratégie pour aider les pauvres centrafricains.

 

 

Par Éric Azaoumi

 

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CPS-RCA : Un témoin accable Edmond Beina dans l’affaire de Guen

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CPS-RCA : Un témoin accable Edmond Beina dans l’affaire de Guen

 

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Le juge de la Section d’assises de la Cour pénale spéciale lors d’une audience dans le procès Ndélé I. CopyrightCPS

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La Cour pénale spéciale examine les violences commises contre les musulmans de Guen lors d’une audience où un témoin protégé livre des accusations graves.

 

L’audience du 6 février 2026 s’est tenue au sein de la juridiction hybride centrafricaine, sous la direction du juge Aimé Pascal Delimo. Deux autres magistrats, Emile Ndjapou et Herizo Rado Andriamanantena, complétaient la formation de jugement, tandis que la greffière Marie Madeleine Touakouzou assurait l’enregistrement des débats.

 

Le témoin GU-5, dont l’identité demeure cachée, s’est exprimé depuis 10 heures du matin avec un dispositif qui modifiait sa voix. Originaire de Guen et membre de la communauté musulmane locale, cet homme a juré de dire la vérité selon les règles établies par l’article 123 alinéa A. Il a connu les accusés sans entretenir de relations particulières avec eux.

 

Son récit a porté sur les agressions visant les habitants musulmans de la localité. Edmond Beina apparaît comme la figure centrale des miliciens Antibalakas, responsable selon le déposant de nombreux crimes. La mosquée a été détruite, les biens pillés, et des personnes réfugiées chez le chef Ali Garba ont été tuées.

 

Le témoin affirme avoir ramassé vingt-deux corps, dont certains portaient des blessures infligées par des machettes. Il évoque ensuite l’enterrement de quarante-deux victimes dans une fosse collective. Beina aurait poussé les jeunes à commettre ces actes après avoir organisé des rassemblements où il distribuait des remèdes traditionnels censés protéger ses partisans.

 

Jean Bahara est désigné comme l’adjoint principal de Beina. Le témoin l’accuse notamment d’avoir exécuté le conseiller Bandjoukou sur instruction de son chef. Deux autres noms émergent : Parfait et Lebrun, tous deux actifs au sein du groupe armé.

 

Les événements s’inscrivent dans un contexte où les ex-Sélékas avaient commis des exactions à Gadzi avant de quitter Guen. Des rumeurs annonçant l’arrivée des Antibalakas ont précipité leur départ. Au moment où ces derniers ont pénétré dans la ville, aucun ex-Séléka ne s’y trouvait plus.

 

Parmi les accusés, seul Dieudonné Gomitoua n’appartenait pas à la milice. Autorité locale, il a dû accepter que Beina établisse une base chez lui par peur des représailles. Philémon Khaena, surnommé CB, dirigeait la jeunesse locale, mais le déposant n’a jamais assisté à des crimes commis par lui, bien que des bruits l’associent aux Antibalakas.

 

L’absence d’autorités officielles pendant cette période a permis aux miliciens de tenir des discours dépréciatifs envers les forces de défense et de sécurité. Ils reprochaient à ces dernières d’avoir abandonné la population devant les groupes armés. Certaines jeunes filles peuhles ont été enlevées de force, tandis que Jean Bahara vivait avec une jeune Malienne retenue contre son gré.

 

Le Substitut du procureur Alexandre Tindano a interrogé le témoin sur la date exacte du départ de Beina de Guen. Le déposant ne s’en souvient plus. Il a néanmoins confirmé avoir participé au ramassage des dépouilles mutilées et a rapporté qu’une personne encore vivante a été enterrée dans la fosse commune sur ordre des Antibalakas dirigés par Beina.

 

L’avocat de Beina, Me Tabangue, a questionné le témoin sur les pratiques de « vaccination ». Le déposant a expliqué que le massacre chez Ali Garba résultait de la découverte par Beina d’une photographie reliant un jeune aux ex-Séléka. Beina en a conclu que le chef cachait des membres de ce groupe et a ordonné l’attaque.

 

Me Euloge Fortuné Mockpat, défenseur de Philémon Kahena alias CB, a obtenu la confirmation que son client n’avait jamais été vu en train de tuer ou de piller. Seules des rumeurs le liaient aux Antibalakas. Concernant François Boybanda alias Balhere, l’avocat Me Yvon Fred Mapkevo a appris que le témoin ne connaissait pas cet accusé, bien qu’il ait entendu parler de lui sans jamais le voir agir.

 

Me Hotto, qui représente Mathurin Kombo, a interrogé le déposant sur son client. Le témoin a déclaré ne pas connaître personnellement Kombo, citant uniquement Jean Bahara comme Antibalaka identifié avec certitude. Il a toutefois entendu dire que Kombo aurait participé aux pillages à Guen.

 

L’avocat de Dieudonné Gomitoua, Me Albert Panda, a obtenu la reconnaissance du rôle joué par son client dans la libération de civils retenus chez le chef Ali Garba. Le témoin a aussi reconnu les efforts de Gomitoua pour ramener la paix à Gadzi. Les débats se sont achevés à 16h04 et reprendront le lundi 9 décembre à 10 heures.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Brahim Sallé

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Les jeux de hasard dont tout le monde parle à l’approche de 2026

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Image du Comparateur de casinos en ligne. Photo CNC

 

À l’aube de 2026, le paysage des jeux de hasard en ligne est bouleversé par de nouvelles tendances technologiques. Les crash games dominent les discussions, un format simple mais intense qui a attiré des millions de joueurs en quelques années. Des titres emblématiques comme le jeu crash Aviator illustrent parfaitement cet engouement. Du côté des casinos en ligne, nous assistons aussi à l’émergence des expériences immersives et des usages poussés de l’IA. En parallèle, l’usage des cryptomonnaies et la gamification continuent de remodeler l’offre.

 

Le boom des crash games en ligne

 

L’un des phénomènes les plus marquants de ces dernières années est l’essor fulgurant des jeux de crash. Le principe est simple : une course (souvent symbolisée par un avion ou une fusée) prend de l’altitude et multiplie les gains au fur et à mesure, jusqu’à ce qu’elle s’écrase au hasard. Le joueur doit cliquer sur cash out avant le crash pour conserver un gain.

 

Ce format crée une tension forte à chaque tour. La réussite d’Aviator (Spribe) en est l’illustration. Lancé en 2019, ce titre a servi de catalyseur à toute la catégorie. Lors de la pandémie Covid-19, les crash games ont décollé pour la première fois des crypto-casinos pour inonder les grandes plateformes de jeu en ligne.

 

Ainsi, en 2025 Aviator à lui seul rassemblait plus de 42 millions de joueurs actifs par mois, avec jusqu’à 350 000 paris placés par minute sur quelque 5 000 casinos en ligne l’offrant. Le succès d’Aviator tient à son gameplay rapide. C’est pourquoi les sessions de crash games sont très longues en moyenne, signe d’une grande rétention des joueurs.

 

L’immersion technologique par la VR, l’IA et les casinos en ligne

 

Parallèlement à ce succès, la technologie immersive entre dans les casinos en ligne. Déjà en 2025, certains opérateurs ont lancé des salles de jeu en réalité virtuelle (VR) offrant des expériences de casino ultra-réalistes. On peut s’y promener en avatar, glisser une carte au blackjack virtuel ou observer une table de roulette en 3D. Même si le coût du matériel VR reste élevé, ces projets attirent l’attention.

 

En outre, l’intelligence artificielle (IA) est devenue incontournable. D’ici 2025, environ 30 % des nouveaux jeux de casino intègrent des algorithmes d’IA pour personnaliser l’expérience. L’IA analyse les données de jeu en temps réel pour adapter la difficulté ou suggérer des jeux selon le profil du joueur. Cette utilisation de l’IA améliore la rétention et les performances. Les chatbots d’IA traitent aussi aujourd’hui plus de 60 % des demandes clients en ligne. Ces innovations techniques créent de nouveaux formats.

 

Par exemple, des tables de poker ou de craps animées par des croupiers virtuels pilotés par IA, ou des machines à sous dynamiques qui s’ajustent en direct. Aux États-Unis, les casinos commerciaux cumulent 64,3 milliards de dollars en 2025, grâce en partie à l’expansion des plateformes en ligne. Dans l’iGaming américain, les recettes ont atteint 8,8 milliards de dollars en 2025 (+29,4% sur un an).

 

Vers de nouveaux formats et des crypto casinos

 

La gamification des sites de casino (intégrant quêtes, niveaux et récompenses comme dans un jeu vidéo) gagne du terrain pour fidéliser les joueurs. Déjà en 2023, plus de 60 % des casinos en ligne acceptent les paiements en crypto et beaucoup utilisent la blockchain pour garantir des tirages équitable. Bien qu’elles ne soient pas une nouveauté en 2026, ces technologies renforcent la transparence et attirent un public technophile.

 

Nous observons aussi l’émergence de formats inspirés des jeux TV. Par exemple des shows live interactifs où le public joue tous ensemble (Monopoly Live, Crazy Time, etc.). Il est clair que la frontière entre jeu vidéo et jeu de casino s’estompe. des tournois en ligne, du streaming de parties de casino en direct sur Twitch/YouTube et des compétitions skill + chance deviennent monnaie courante.

 

Ces tendances participent d’une dynamique globale. Le marché mondial du jeu en ligne reste en forte expansion. Les analystes s’accordent sur une croissance de plus de 10 % par an dans les prochaines années. Aux États-Unis, la levée de certaines interdictions a permis à de nouveaux États d’ouvrir l’iGaming. En France, la libéralisation progressive attire des investissements. L’iGaming mondial vaut déjà plus de 60 milliards de dollars et pourrait plus que doubler d’ici 2030.

“La RCA fonctionne-t-elle comme une entreprise mafieuse depuis six ans ?”.  L’interview de la rédaction, L’économiste Bernard Orono qui brise le silence

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“La RCA fonctionne-t-elle comme une entreprise mafieuse depuis six ans ?”.  L’interview de la rédaction, L’économiste Bernard Orono qui brise le silence

 

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Faustin Archange Touadera, diacre de son Église Baptiste Ngoubagara lors de sa prière à Dieu

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Bientôt six ans sans comptabilité publique. La République centrafricaine navigue à l’aveugle depuis 2020. Bernard Orono, économiste centrafricain, accepte de parler sans filtre. Il dénonce un système qu’il qualifie d’organisation criminelle. Ses mots sont durs, ses constats inquiétants. Mais il assume tout. Entretien choc avec un homme qui refuse de se taire face au pillage organisé de son pays.

 

CNC : Bonjour Monsieur Orono.

 

Bernard Orono : Bonjour, merci de me recevoir.

 

CNC : Vous nous accordez cet entretien alors que la République centrafricaine continue de traverser une crise sans précédent. Depuis 2020, le pays n’a plus de comptabilité publique. Comment réagissez-vous à cette information ?

 

B.O. : Écoutez, quand j’ai appris ça, j’ai d’abord cru à une blague. Mais non, c’est la réalité. Un pays entier qui fonctionne sans tenir ses comptes depuis bientôt six ans ! Vous vous rendez compte ? C’est comme si vous teniez une boutique sans jamais noter ce qui rentre et ce qui sort. Sauf que là, on parle d’un État, pas d’un petit kiosque de quartier Malimaka.

 

CNC : Mais concrètement, qu’est-ce que ça signifie pour le citoyen ordinaire ?

 

B.O. : Ça signifie que personne ne sait où va l’argent. Absolument personne. Les taxes que vous payez sur le carburant, sur la bière, sur tout ce que vous achetez… elles disparaissent dans un trou noir. Qui les collecte vraiment ? Combien arrive au Trésor ? Combien est détourné en route ? Mystère total. Et ce n’est pas un hasard, croyez-moi.

 

CNC : Vous pensez que c’est délibéré ?

 

B.O. : Bien sûr que c’est délibéré ! Depuis le départ de l’agent comptable béninois en 2015, la situation s’est dégradée progressivement. En 2020, effondrement complet. Et qu’est-ce qu’on fait ? Rien. Personne n’est sanctionné, personne n’est inquiété. Au contraire, ceux qui devraient être en prison roulent en grosses cylindrées. Vous appelez ça comment, vous ? Moi j’appelle ça une organisation criminelle qui a pris les commandes de l’État.

 

CNC : Le terme “régime mafieux” que vous employez souvent, il ne vous semble pas excessif ?

 

B.O. : Excessif ? Vous savez comment fonctionnent les mafias ? Elles éliminent d’abord les systèmes de contrôle pour opérer tranquillement. C’est exactement ce qui se passe ici. On vide les organes de contrôle de leurs moyens, on paralyse l’Inspection d’État, on fait semblant d’auditer pendant que les vrais chiffres restent cachés. Et pendant ce temps-là, une petite clique s’enrichit scandaleusement.

 

CNC : Justement, parlons des organes de contrôle. Pourquoi sont-ils aussi impuissants ?

 

B.O. : Parce qu’on les a volontairement asphyxiés ! Comment voulez-vous qu’un inspecteur fasse son travail quand il n’a même pas de véhicule ? Quand il doit supplier celui qu’il est censé contrôler de le ramener chez lui après la mission ? C’est du théâtre, une parodie pour faire croire qu’il y a encore un État.

 

CNC : Et la création de nouvelles institutions comme la Haute Autorité de la Bonne Gouvernance ?

 

B.O. : Ah, celle-là ! On crée de nouvelles structures alors que les anciennes ne fonctionnent déjà pas. C’est juste pour caser les amis du régime, leur donner des titres ronflants et des salaires. La bonne gouvernance ? Arrêtez, vous allez me faire pleurer. C’est comme mettre un pansement sur une jambe déjà pourrie.

 

CNC : Selon vos analyses, quelles sont les véritables conséquences de cette absence de comptabilité ?

 

B.O. : Elles sont catastrophiques à tous les niveaux. D’abord, vous ne pouvez plus planifier quoi que ce soit sérieusement. Comment construire des écoles, des hôpitaux, payer correctement les fonctionnaires si vous ne savez même pas combien vous avez en caisse ?

 

Ensuite, les détournements deviennent incontrôlables. Sans registres, sans traces, l’argent public devient une auberge espagnole. Les marchés publics surfacturés, les commissions occultes, les sociétés-écrans… tout ça prospère dans l’ombre.

 

Et puis il y a la crédibilité internationale. Aucun partenaire sérieux ne veut prêter de l’argent à un pays qui ne peut même pas justifier l’utilisation des fonds précédents.

 

CNC : Vous parlez souvent de “voleurs en col blanc”. Qui sont-ils ?

 

B.O. : Ce sont ces gens que vous croisez dans les beaux quartiers de Bangui, au volant de 4×4 flambant neufs, alors que leur salaire officiel ne pourrait même pas payer l’essence d’un mois. Certains sont ministres, d’autres directeurs généraux, d’autres encore occupent des postes stratégiques dans l’administration. Ils se connaissent tous, ils se protègent mutuellement. C’est un réseau.

 

CNC : Mais pourquoi ne sont-ils jamais inquiétés par la justice ?

 

B.O. : Parce qu’ils SONT le système ! Quand le sommet de la pyramide lui-même baigne dans la corruption, qui va sanctionner qui ? C’est comme demander à un gang des criminels de s’auto-dénoncer. Ça n’arrivera jamais.

 

CNC : Les citoyens voient pourtant cet écart énorme entre le train de vie des dirigeants et leur misère quotidienne…

 

B.O. : Bien sûr qu’ils le voient ! C’est insultant, provocant même. D’un côté, vous avez des ministres qui partent avec tout le parc automobile de leur ministère quand ils quittent leurs fonctions. De l’autre, vous avez d’anciens serviteurs de l’État, des gens qui ont donné des années à leur pays, qui vivent dans le dénuement total. C’est obscène.

 

La Centrafrique n’est pas pauvre par nature. Elle est riche en ressources, en potentiel. Mais elle est systématiquement pillée par une élite sans scrupules.

 

CNC : Certains jeunes sont utilisés pour manifester contre des ministres ou pour faire pression sur des institutions. Qu’en pensez-vous ?

 

B.O. : C’est une manipulation honteuse. On instrumentalise la jeunesse pour régler des comptes politiques internes. Ces jeunes-là servent de chair à canon pour des luttes de pouvoir qui ne les concernent pas. Et après, on leur donnera quoi ? Des miettes, peut-être un petit poste sans avenir.

 

Moi, je leur dis : ouvrez les yeux. Vous êtes en train de défendre un système qui vous vole votre avenir. Ces gens-là se moquent de vous.

 

CNC : La récente modification constitutionnelle qui permet au président de briguer indéfiniment le pouvoir, comment l’analysez-vous dans ce contexte ?

 

B.O. : C’est le clou du cercueil. Quand vous combinez l’absence de comptabilité publique, la neutralisation des contre-pouvoirs, et maintenant la possibilité de rester au pouvoir à vie, qu’est-ce que vous obtenez ? Une dictature kleptocratique, ni plus ni moins.

 

Cette Constitution n’a pas été consensuelle, tout le monde le sait. Elle a été imposée pour permettre à un homme et son clan de continuer à piller tranquillement. C’est tragique pour le peuple centrafricain.

 

CNC : Où va réellement l’argent de l’État selon vous ?

 

B.O. : Dans des comptes à l’étranger, dans des investissements immobiliers hors du pays, dans des trains de vie luxueux. Regardez simplement le patrimoine de certains dirigeants avant et après leur passage au pouvoir. L’enrichissement est fulgurant. Et tout ça se fait sur le dos d’un peuple qui compte parmi les plus pauvres au monde.

 

CNC : Existe-t-il une solution pour sortir de cette impasse ?

 

B.O. : La solution technique existe, elle est même simple : rétablir immédiatement une comptabilité publique sérieuse avec des professionnels compétents, mener un audit exhaustif depuis 2020, sanctionner les coupables, redonner des moyens aux organes de contrôle.

 

Mais la vraie question, c’est la volonté politique. Comment espérer qu’un système se réforme quand il profite de son propre dysfonctionnement ? Les responsables ne vont pas se sanctionner eux-mêmes. C’est pour ça que je dis que sans pression populaire forte, sans réveil citoyen, rien ne changera.

 

CNC : Votre message aux Centrafricains ?

 

B.O. : Je leur dis : vous n’êtes pas condamnés à subir ça éternellement. La situation actuelle n’est pas une fatalité, c’est le résultat de choix politiques. Des choix faits par des gens qui vous méprisent et qui s’enrichissent sur votre misère.

 

Il faut exiger la transparence, exiger des comptes, exiger des sanctions. Et surtout, arrêtez de vous laisser diviser. Pendant que vous vous battez entre vous pour des miettes, eux, ils se partagent le gâteau en riant de vous.

 

CNC : Merci Monsieur Orono d’avoir accepté de nous parler si librement.

 

B.O. : Merci à vous. Et j’assume totalement mes propos. Que ceux qui se sentent visés viennent me répondre avec des chiffres et des documents, pas avec des menaces ou des intimidations.

 

Propos recueillis par Gisèle MOLOMA….

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Bangui : opération de tromperie au marché Ngawi, le ministre Arnaud Djoubaye Abazène s’empare du terrain des couturiers du PK5 à une valeur de 110 millions de francs CFA

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Bangui : opération de tromperie au marché Ngawi, le ministre Arnaud Djoubaye Abazène s’empare du terrain des couturiers du PK5 à une valeur de 110 millions de francs CFA

 

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Arnaud Djoubaye Abazène, ministre d’État chargé de la justice en Centrafrique

 

Bangui : opération de tromperie au marché Ngawi, le ministre Arnaud Djoubaye Abazène s’empare du terrain des couturiers du PK5 à une valeur de 110 millions de francs CFA
Le ministre centrafricain de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazene Screenshot

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le mois dernier, au marché Ngawi, dans le troisième arrondissement de Bangui, les couturiers ont été victimes d’une opération qui a bouleversé leur quotidien. Un matin, des hommes se sont présentés en se réclamant du service des impôts. Sans prévenir, ils ont apposé des cadenas sur les portes des ateliers de couture. L’activité s’est arrêtée net, et les artisans n’ont pas eu d’autre choix que d’obéir.

 

Pensant à une véritable opération fiscale, plusieurs couturiers se sont rendus à la direction générale des impôts pour trouver une solution. Là, on leur a demandé de régler des montants élevés, correspondant à plusieurs mois d’arriérés. Pourtant, certains avaient déjà payé leurs taxes. Beaucoup, pris au piège, ont accepté de payer dans l’espoir de rouvrir leurs ateliers et de retrouver leur clientèle.

 

Mais la suite a révélé une autre réalité. Quelques jours plus tard, les habitants du quartier ont vu s’élever une clôture autour de l’espace fermé. Les commerçants ont compris que ce n’était pas une intervention fiscale, mais une manœuvre pour vider le terrain. Celui-ci venait d’être acheté par le ministre de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, pour 110 millions de francs CFA.

 

Les couturiers ont été doublement lésés : contraints de verser de l’argent qu’ils ne devaient pas et expulsés de leurs lieux de travail. Certains ont dû casser leurs propres portes pour récupérer machines et tissus. Tout s’est fait sous la surveillance de militaires chargés de sécuriser le site et d’empêcher toute contestation.

 

Cette affaire met en évidence un système d’appropriation au profit des responsables de l’État. Arnaud Djoubaye Abazène, ministre de la Justice depuis janvier 2024, multiplie les acquisitions immobilières à Bangui. Terrains, immeubles et fêtes coûteuses témoignent d’une fortune difficile à concilier avec son salaire officiel de 1,5 million de francs CFA par mois.

 

Le quartier Ngawi, l’un des poumons économiques du PK5, se retrouve amputé d’un espace vital pour des dizaines de familles qui vivaient de leur travail quotidien. Les commerçants dénoncent une tromperie organisée, où l’administration sert de façade pour dépouiller les petits artisans et transférer leurs biens à des hauts responsables.

 

Le parcours du ministre renforce ce constat. Déjà, lorsqu’il était vice-procureur, il avait bâti sa réputation sur des pressions exercées contre des commerçants peuls à Bouar, dans la Nana-Mambéré. Aujourd’hui, il poursuit les mêmes pratiques, renforcé par son rang de ministre d’État. Le cas du marché Ngawi montre la continuité d’une méthode : utiliser l’autorité de l’État pour s’approprier ce qui appartient aux plus faibles.

 

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Une semaine après son retour, le clepto-mythomane Balalou attaque : le BRDC accusé d’incohérence, l’IA diabolisée, et l’unité nationale imposée par la menace

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Une semaine après son retour, le clepto-mythomane Balalou attaque : le BRDC accusé d’incohérence, l’IA diabolisée, et l’unité nationale imposée par la menace

 

 

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Maxime Balalou, porte-parole du gouvernement centrafricain

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Le mythomane Maxime Balalou a organisé ce mercredi sa deuxième conférence de presse depuis son retour. Une semaine après avoir repris du service, le clepto-mythomane passe à l’offensive en glorifiant les 77,90% du coup d’État électoral de Touadéra et en attaquant violemment l’opposition.

 

« Son Excellence, Monsieur le Président Faustin-Archange Touadéra, a été brillamment élu nouveau président de la République Centrafricaine après la proclamation des résultats définitifs des élections présidentielles du 28 décembre 2025 par le Conseil constitutionnel, proclamation qui a permis à la population de connaître le nouveau élu et aussi le taux puisque le Président était élu à un taux de 77,90% face à son principal challenger », a déclaré le clepto-mythomane Balalou avec une satisfaction débordante. Brillamment élu avec 77,90% ? Ces chiffres dignes des pires dictatures africaines deviennent une victoire démocratique dans la bouche du porte-parole.

 

Le mythomane Balalou poursuit sa célébration grotesque. « Le gouvernement se félicite de cette confiance renouvelée par le peuple centrafricain à l’endroit d’un homme d’exception dont l’empreinte indélébile marquera jamais l’histoire politique de la République Centrafricaine. » Homme d’exception qui vient de perpétrer son troisième mandat via un référendum controversé et un hold-up électoral ? L’empreinte indélébile sera effectivement celle d’un autocrate qui a confisqué le pouvoir avec l’aide des mercenaires russes.

 

Le clepto-mythomane Balalou invoque ensuite la légitimité démocratique. « Ce que je voudrais partager avec vous pour la population, c’est la consécration de la légitimité démocratique et aussi de la souveraineté du peuple. » Quelle légitimité quand les grands partis d’opposition n’obtiennent aucun siège ? Quelle souveraineté quand ce sont les mercenaires russes et les troupes rwandaises qui contrôlent le territoire et sécurisent le scrutin ?

 

Le mythomane Balalou remercie chaleureusement les gardiens du régime. « En dehors des électeurs, c’est-à-dire du peuple, aussi la reconnaissance envers les institutions qui ont conduit ce processus, aussi ceux qui ont su la sécurité de ce processus, à savoir nos fonds de fonds de sécurité, nos partenaires dans la MINUSCA, nos allées traditionnelles, les Russes et les Rwandais, tous nos partenaires, l’Union Européenne, le PNUD. » Le clepto-mythomane met donc sur le même plan la MINUSCA et les mercenaires russes comme garants de la démocratie centrafricaine.

 

Puis vient le discours sur l’unité nationale qui cache mal une menace à peine voilée. « Ce qui est marquant, il faut le reconnaître, de ce discours, c’est l’appel à l’Unité nationale et au rassemblement. Il a dit qu’il n’y a pas de gaillant ni de perdant. Il a dit que le seul gaillant c’est le peuple centrafricain », déclare le mythomane Balalou. Pas de gagnant ni de perdant ? Cette formule creuse insulte l’intelligence des Centrafricains qui ont vu leurs partis exclus du Parlement malgré des millions de votes.

 

Le clepto-mythomane Balalou développe ensuite sa vision de la fraternité obligatoire. « C’est une volonté affirmée de gouverner sans distinction, sans exclusion dans un esprit, n’est-ce pas, de fraternité. Il a réaffirmé encore, il t’en a mis à ses frères, même de l’opposition. Il a même dit qu’il est prêt à travailler avec tout le monde. Ceux qui n’ont pas voté pour lui, qu’ils sachent qu’il est leur président. » Travailler avec l’opposition à condition qu’elle accepte sa marginalisation totale et qu’elle valide le hold-up électoral.

 

Le mythomane Balalou exige ensuite un dépassement de soi. « Il a demandé, il nous a demandé à nous tous un dépassement de soi. Il va au-delà des clivages politiques. Sa nouvelle politique n’est pas la facture, non, c’est l’unité comme il l’a toujours caractérisée. » Ce dépassement consiste apparemment à renoncer à toute critique du régime et à toute contestation des résultats électoraux.

 

Puis le clepto-mythomane Balalou dévoile la nouvelle arme du régime pour museler l’opposition. « Il a mis en garde contre les discours de haine, la désinformation, les discours belliqueux et aussi il s’est présenté sur l’usage malveillant, n’est-ce pas, de l’IA, ce qu’on appelle l’Intelligence Artificielle, à travers les braconnées, l’information sur les réseaux sociaux. » Cette sortie intervient au moment précis où les témoignages de bourrages d’urnes se multiplient sur les réseaux sociaux et où des vidéos de fraudes circulent massivement.

 

La stratégie du mythomane Balalou apparaît limpide. En agitant le spectre de l’Intelligence Artificielle malveillante et des deepfakes, le clepto-mythomane prépare le terrain pour discréditer toute preuve visuelle des irrégularités. Chaque vidéo montrant des soldats bourrant des urnes pourra désormais être qualifiée de deepfake fabriqué par l’opposition.

 

Le mythomane Balalou termine sur une note d’apaisement imposé qui sonne comme une menace. « La place n’est plus au querelle, la place n’est plus à la haine, la place n’est plus aux insultes, ni à la division, la place est à l’amour, la place est à l’union, ensemble, derrière le président de la République. » Décryptage : toute critique du régime devient querelle, toute contestation devient haine, toute diffusion de preuves de fraude devient division.

 

Après avoir glorifié le hold-up électoral et menacé les dissidents, le clepto-mythomane Balalou passe à l’attaque frontale contre le BRDC. « C’est un droit de réponse à la confusion politique au sein de nos amis qui constituent le BRDC. Il ressort de ses propos un peu catholiques, il faut le dire, et un peu tendancieux », lance-t-il avec l’arrogance de celui qui vient de remporter un scrutin truqué.

 

Le mythomane Balalou enfonce le clou. « Le gouvernement, je le répète encore, ne peut pas continuer à faire les frais d’un marché de dupes au sein du BRDC. Comment comprendre un seul instant que ce groupement ayant refusé de participer au processus électoral vient en même temps s’ériger en d’un adolescent dans un processus inclusif, démocratique et transparent reconnu par la communauté internationale, comment ? » Cette question rhétorique cache mal la gêne du pouvoir face aux critiques qui s’accumulent.

 

Le clepto-mythomane Balalou exige que l’opposition reste cohérente dans son boycott. « Nos amis du BRDC ont décidé volontairement de boycotter le processus électoral, c’est vrai, mais ceux-ci doivent garder leur ligne, c’est à dire leur cohérence politique. » Lui qui transforme chaque défaite militaire en victoire ose parler de cohérence politique.

 

Puis vient l’accusation centrale du mythomane Balalou contre Martin Ziguélé et le MLPC. « Lorsqu’on écoute leur porte-parole, la personne de M. Martin Ziguélé, on a le droit de se demander finalement ce mot du peuple centrafricain, et c’est obligé de vous présenter mathématiquement dans le devant de l’opinion publique, la supercherie politique, tendant à contourner maïsieusement les engagements politiques de boycott du processus électoral à travers une stratégie trompeuille. » Le clepto-mythomane Balalou énumère alors ses preuves de cette prétendue duplicité. « Le MLPC de Martin Ziguélé a bel et bien participé au processus électoral. Deux membres du MLPC déguisés en indépendant ont été élus au premier tour. Vous avez M. D. Bernard dans la première circonscription de Ngaoundaye, vous avez M. Senor O. Bruno dans la troisième circonscription de Bokalanga. » Il poursuit : « Trois membres du MLPC déguisés en indépendant du président Ziguélé sont retenus pour le second tour encore. » Cette accusation de candidatures déguisées permet au mythomane Balalou d’éviter le vrai débat sur la légitimité du scrutin. Au lieu de répondre aux questions sur les irrégularités, le trucage des résultats, l’exclusion de larges pans de l’électorat, le clepto-mythomane préfère attaquer l’opposition sur des candidatures individuelles.

 

Le mythomane Balalou conclut son réquisitoire avec une formule assassine. « Le problème pour moi au sein du BRDC ne concerne ni le gouvernement, ni le président de la République, ni la communauté internationale. Ces incohérences politiques sont liées à une duplicité pour contourner les autres. » Le clepto-mythomane renvoie donc l’opposition à ses contradictions pendant que le régime continue de verrouiller le système politique.

 

Pour parfaire sa défense du hold-up électoral, le mythomane Balalou cite un haut fonctionnaire de l’ONU. « Il n’y a pas d’élections cinq étoiles dans le monde. Ce qui s’est passé en Centrafrique peut être évalué à 4,5 étoiles. Il faut donc saluer le génie centrafricain. » Cette caution internationale permet au clepto-mythomane de balayer toutes les critiques du coup d’État électoral.

 

Le mythomane Balalou termine son show propagandiste par un appel patriotique. « Le nouveau président de la République a donné le temps, à travers un discours, assembleur, de paix, de fraternité et d’engagement à construire la nouvelle République Centrafricaine avec tout le monde. Personne ne se l’a mis de côté. Chacun aura sa place en fonction de ses qualités et ses compétences au service du peuple centrafricain. » Quelle place pour ceux dont les partis n’ont obtenu aucun siège ?

 

Cette conférence du clepto-mythomane Balalou résume parfaitement la stratégie du régime. D’un côté, glorifier un score de 77,90% obtenu dans un hold-up électoral cautionné par les mercenaires russes. De l’autre, criminaliser toute dissidence en la qualifiant de discours de haine ou de désinformation générée par IA. Le mythomane Balalou accuse le BRDC d’incohérence pendant que son propre parti rafle tout avec un scrutin truqué. Il parle d’unité nationale tout en excluant la moitié du spectre politique. Il prêche l’amour tout en menaçant implicitement ceux qui osent contester​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA

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Centrafrique : les miliciens AAKG posent six conditions avant tout dialogue avec Bangui

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Centrafrique : les miliciens AAKG posent six conditions avant tout dialogue avec Bangui

 

 

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Les miliciens Azandé pendant leur formation par les mercenaires russes de la société Wagner

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La milice d’autodéfense AAKG  établit désormais ses exigences depuis Paris pour accepter de négocier avec le pouvoir en place à Bangui.

 

Dans un document signé le 4 février 2026 par « Le Centrafricain Mackpayen », responsable déclaré des Azande Ani Kpi Gbe, expose comment cette milice née en 2023 dans le Haut-Mbomou entend désormais peser sur l’avenir politique du pays. Ce texte de trois pages, adressé aux plus hautes instances nationales et internationales, détaille l’histoire récente d’un mouvement qui prétend combler les vides laissés par l’État dans le sud-est de la République centrafricaine.

 

Tout commence par un constat amer. Selon les AAKG, l’insécurité permanente qui frappe leur région résulte d’une triple faillite : celle de la justice sociale, celle des institutions et celle de la présence même de l’État. Dans ce contexte, explique le document, des habitants excédés auraient créé ces groupes d’autodéfense pour riposter aux exactions de braconniers, des combattants de la LRA de Joseph Kony et des éléments de l’Unité pour la Paix en Centrafrique dirigée par Ali Ndarassa Mahamat.

 

Le gouvernement centrafricain avait d’abord tendu la main. En mars 2024, Bangui décide d’incorporer deux cents combattants Azande dans les Forces Armées Centrafricaines après une formation sommaire à Obo, alors qu’environ cinq mille autres continuaient leurs activités d’autodéfense. Ces jeunes deviennent officiellement soldats le 1er mai 2024 et servent loyalement dans plusieurs localités : Paoua, Sam-Ouandja, Yalinga, Batangafo, Nana-Bakassa, Bozoum, Bouar, Bossangoua, Sido-RCA et Rafaï, ainsi que partout dans le Haut-Mbomou. Mais une ombre plane sur cet arrangement : aucune rémunération digne et régulière ne leur parvient, contrairement aux engagements pris par l’État.

 

La rupture intervient brutalement. Les mercenaires russes du groupe Wagner, que la milice AAKG accuse d’avoir pris le commandement effectif de l’armée nationale, commencent à malmener les éléments AAKG à Paoua, réclamant leur nourriture. S’ensuivent des arrestations arbitraires visant non seulement les leaders du mouvement mais aussi des civils d’ethnie Azande, des mauvais traitements infligés aux membres des AAKG, et une stigmatisation ethnique malveillante de l’ensemble de la communauté Azande attribuée à certains éléments et responsables des FACA. Ces actes brisent profondément la confiance entre les parties.

 

L’épisode décisif survient le 30 avril 2025, lorsque les mercenaires russes Wagner tentent de désarmer de force les AAKG à Zemio, déclenchant un affrontement ouvert dont la responsabilité, selon le document, incombe au gouvernement centrafricain. Quatre mille huit cents combattants restent depuis dans l’attente, tandis que la coordination des AAKG travaille dans le sens de la paix, de la stabilité et de la cohésion sociale, affirme le texte. Pourtant, les promesses gouvernementales concernant la prise en charge des combattants n’ont toujours pas été honorées.

 

C’est dans ce climat tendu que la coordination des AAKG formule ses six préalables indispensables à toute participation au dialogue. Premier point : le retrait immédiat des mercenaires russes Wagner de la région du Sud-Est, en particulier du Mbomou et du Haut-Mbomou. Deuxième exigence : l’échange des prisonniers, incluant les personnes détenues injustement dans les prisons de Bangui et les otages détenus par les AAKG. Troisième condition : la clarification officielle du gouvernement sur la disparition des soldats de 2e classe Bakoyogo Célestin Lemane et Gouengue Elie à la SRI à Bangui, avec deux options : s’ils sont vivants, qu’ils soient présentés officiellement ; s’ils sont décédés, que leurs dépouilles soient restituées à leurs familles.

 

Les trois dernières conditions portent sur des aspects financiers et juridiques. La coordination réclame la rémunération des combattants AAKG incorporés ainsi que la clarification de leur statut au sein de l’armée nationale. Elle demande également la prise en charge des combattants AAKG non encore incorporés dans les forces armées centrafricaines. Enfin, sixième et dernière exigence : la cessation immédiate des hostilités, des chasses à l’homme, des arrestations arbitraires et de toute forme de persécution visant la communauté Azande en Centrafrique.

 

Dans sa position finale, la coordination des AAKG se déclare ouverte à la négociation et au dialogue, dans l’intérêt supérieur de la paix, de la sécurité et de la cohésion nationale, à condition que les préalables indiqués soient effectivement respectés ou formellement pris en compte par le gouvernement centrafricain. Le document, signé à Paris et amplifié vers la présidence de la République, la primature, l’Assemblée nationale, le représentant des Nations Unies, le chef de base de la Minusca à Obo, le gouverneur de la région Sud-Est et les représentations diplomatiques en RCA, porte le numéro de téléphone du signataire : +33630062090.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Anselme Mbata

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Pour le politicien Mathurin Bengué Bossin, l’ingratitude de Touadéra confirmée par les cas de l’ancien Président François Bozizé et Karim Meckassoua

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Pour le politicien Mathurin Bengué Bossin, l’ingratitude de Touadéra confirmée par les cas de l’ancien Président François Bozizé et Karim Meckassoua

 

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monsieur Mouammar Bengué-Bossin , de son vrai nom Mathurin Bengué Bossin

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Mathurin Bengué Bossin décrit l’exil et les condamnations de François Bozizé par la cour criminelle de Bangui et d’Abdou Karim Meckassoua comme l’expression la plus nette de l’ingratitude du dictateur Faustin-Archange Touadera. Selon lui, ces deux hommes, qui ont contribué à l’émergence de Baba Kongoboro, ont été écartés une fois que le mathématicien de Boy-Rabe consolide son pouvoir.

 

Une trajectoire qui interroge.

 

Dans sa déclaration, Mathurin Bengué Bossin revient d’abord sur le parcours politique de Faustin-Archange Touadéra. Il rappelle que l’actuel président n’était ni militant, ni chef de parti, ni figure politique reconnue avant son entrée dans les cercles du pouvoir. Son ascension s’est faite par cooptation, dans un contexte institutionnel précis.

 

C’est dans ce cadre qu’intervient François Bozizé. Selon Bengué Bossin, l’ancien président a joué un rôle central en nommant Touadéra Premier ministre et en le maintenant à ce poste pendant cinq années, malgré l’absence de base politique propre. Cette protection aurait permis à Touadéra d’acquérir une visibilité nationale décisive.

 

Mais le retournement est spectaculaire.

 

Une fois le pouvoir consolidé, François Bozizé se retrouve contraint à l’exil, puis condamné à la réclusion à perpétuité par la cour criminelle de la capitale. Pour Bengué Bossin, cette évolution ne relève pas d’un simple conflit politique. Elle incarne une rupture morale profonde entre un mentor et son ancien protégé.

 

Pourtant, le même schéma se répète.

 

Abdou Karim Meckassoua est cité comme un autre exemple emblématique. Mathurin Bengué Bossin rappelle que Meckassoua a été à l’origine de la nomination de Touadéra comme recteur de l’Université de Bangui, étape déterminante dans sa reconnaissance institutionnelle. C’est à partir de là que Touadéra sera repéré et promu au plus haut niveau de l’État.

 

Pourtant, aujourd’hui, Meckassoua vit en exil et fait lui aussi l’objet d’une condamnation à perpétuité. Bengué Bossin y voit une logique constante : l’élimination politique de ceux qui ont contribué à l’ascension du chef de l’État, dès lors qu’ils deviennent des figures autonomes.

 

En plus, avec un mode de gouvernance assumé.

 

Selon l’auteur de la déclaration, cette ingratitude n’est pas une exception. Elle s’inscrit dans une pratique du pouvoir fondée sur la neutralisation des anciens alliés devenus encombrants. Le passé n’est plus un capital politique, mais un risque à effacer.

 

Dans ce contexte, Bengué Bossin parle d’un climat de méfiance généralisée au sommet de l’État. Il estime que cette manière de gouverner alimente l’exil politique, affaiblit les institutions et installe une peur durable dans la classe dirigeante.

 

Une lecture politique lourde de conséquences.

 

Pour Mathurin Bengué Bossin, les cas Bozizé et Meckassoua ne sont pas rares. Ils montre une conception du pouvoir où la loyauté passée ne protège plus, et où l’histoire personnelle est effacée au profit d’un contrôle absolu. Une pratique qui, selon lui, éclaire la nature du régime en place à la veille du scrutin.

 

Par Anselme Mbata

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À cause de la jalousie, un soldat FACA a failli tuer un jeune à Ouanda-Djallé

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À cause de la jalousie, un Soldat FACA a failli tuer un jeune à Ouanda-Djallé

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Trois soldats FACA détachés à Sam-Ouandja, dans la Haute-Kotto

 

 

La rage amoureuse a poussé un soldat déployé à Ouanda-Djallé à agresser sauvagement un jeune homme, le laissant gravement blessé après une expédition punitive menée avec trois complices armés.

 

Les faits remontent à mardi dernier dans cette localité située à près de 400 kilomètres de Bria. Un militaire des forces armées centrafricaines a appris qu’un jeune homme aurait tenté de séduire sa petite amie. Traumatisé par la jalousie, il a décidé de régler ce différend à sa manière.

 

Pour mener à bien son opération de représailles, le soldat a mobilisé trois de ses collègues. Tous lourdement armés, ils ont enfourché une moto en direction du chantier minier Hassan, situé à 35 kilomètres de Ouanda-Djallé sur l’axe menant vers Ouadda-Maïkaga.

 

Dès leur arrivée sur le site minier, les quatre militaires ont déclenché un feu nourri. Les détonations assourdissantes ont semé la terreur parmi les ouvriers présents. Pris de panique, tous les travailleurs se sont dispersés dans la brousse environnante pour échapper au danger.

 

Profitant du chaos qu’ils venaient de créer, les soldats ont rapidement repéré leur cible. Le jeune homme n’a eu aucune chance d’échapper à ses agresseurs en uniforme. Encerclé, il a été livré à la fureur des quatre militaires qui se sont acharnés sur lui sans aucune pitié.

 

Les coups ont plu de toutes parts sur le corps du jeune civil. Poings, crosses de fusils, pieds, tout a servi à meurtrir la victime désarmée. Après cette bastonnade en règle, le jeune homme gisait au sol, à moitié conscient et couvert de blessures.

 

Les militaires n’en avaient pourtant pas terminé avec lui. Ils ont sorti une corde et ont ligoté leur victime comme un animal. Le jeune homme ficelé a ensuite été hissé sur la moto, coincé entre les quatre soldats pour le trajet de retour vers Ouanda-Djallé.

 

Une fois arrivés en ville, les militaires ont traîné leur prisonnier jusqu’à la gendarmerie locale. Sans aucun mandat ni procédure légale, ils ont exigé que le jeune homme soit jeté en cellule. Les gendarmes ont obtempéré devant ces hommes armés, enfermant ainsi la victime devenue prisonnière.

 

C’est la mobilisation de sa famille qui a permis de le sortir de ce cauchemar. Alertés de la situation, ses proches ont multiplié les démarches auprès des autorités locales. Après plusieurs jours de détention arbitraire, conjugués à la pression des habitants, le jeune homme a finalement été relâché.

 

Son calvaire ne s’est pas arrêté aux portes de la prison. Aujourd’hui, il se trouve à l’hôpital où il reçoit des soins pour les nombreuses blessures infligées par les quatre militaires​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Moïse Banafio

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Installation solennelle du nouveau Bureau exécutif du Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique

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Installation solennelle du nouveau Bureau exécutif du Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique

 

 

Limam-Abdoulaye-Wassalegue-le-nouveau-president-du-Conseil-Superieur-Islamique-de-Centrafrique-avec-le-Coran-entre-les-mains. Photo CNC

Les nouveaux membres du Bureau exécutif national du Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique (CSISCA) ont officiellement pris leurs fonctions le samedi 7 février 2026, lors d’une cérémonie solennelle organisée dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale à Bangui.

 

L’événement a rassemblé plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre des Transports, Herbert Gontran Djono Ahaba, qui a présidé la cérémonie, et le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou. De nombreuses personnalités ainsi que des représentants des communautés musulmanes venus de toutes les régions du pays ont également pris part à cette installation.

 

Le nouveau bureau du CSISCA, désormais présidé par l’Imam Abdoulaye Ouasselegue, a été élu lors de la 5ème Assemblée générale ordinaire et élective tenue le 30 décembre 2025 à la mosquée de Yapélé à Bangui, marquant ainsi la fin du mandat du bureau provisoire.

 

Les priorités du nouveau président

 

Face aux journalistes, l’Imam Abdoulaye Ouasselegue, imam du 6ème arrondissement de Bangui, a défini les grandes lignes de son mandat. “Les tâches sont immenses mais comme vous le savez, il faut toujours prioriser les choses”, a-t-il déclaré.

 

Le nouveau président du CSISCA a identifié trois axes prioritaires pour son mandat. En premier lieu, l’unité de la communauté musulmane à travers le dialogue, l’écoute et la disponibilité. “Nous allons nous appeler d’abord à asseoir l’unité et pour cela nous allons utiliser le dialogue, l’écoute, la disponibilité à s’asseoir avec les autres pour resserrer les rangs”, a-t-il affirmé.

 

Le deuxième défi concerne la visibilité institutionnelle de l’islam en Centrafrique. “Depuis plus d’un siècle, l’islam ici n’a pas de visibilité. C’est pour cela que nous nous engageons à œuvrer, rechercher par tous les moyens et grâce à la bénédiction divine de faire en sorte qu’il y ait une visibilité, que l’islam soit reconnu en tant qu’institution religieuse visible”, a souligné l’Imam Ouasselegue, ajoutant que “l’islam est venu pour tout le monde, que vous soyez musulmans ou pas, l’islam vous sert”.

 

Le troisième axe prioritaire porte sur la jeunesse et les femmes. Concernant les jeunes, le président du CSISCA entend mettre l’accent sur l’éducation, la formation et l’espoir d’avenir. Pour les femmes musulmanes, il compte mettre en place un mécanisme de soutien pour leur permettre d’accéder aux moyens élémentaires de subsistance et bénéficier d’un accompagnement au même titre que toutes les autres filles de la République.

 

“Chez nous les musulmans, souvent on pense que la femme, sa place, c’est à la maison. C’est faux. L’islam reconnaît la valeur de la femme”, a-t-il précisé, citant l’exemple d’Aicha, l’épouse du Prophète, auprès de laquelle Dieu recommandait aux hommes d’aller chercher la connaissance.

 

Pour atteindre ces objectifs, l’Imam Ouasselegue mise sur la concertation. “Nous tous ensemble, je prends l’idée de l’autre, ça renforce mes idées à moi pour me permettre d’être excellent. Et c’est ce que l’islam nous conseille”, a-t-il expliqué.

 

Interrogé sur l’héritage de l’Imam Kobine Layama, figure emblématique de la paix en Centrafrique décédé tragiquement, le nouveau président a rendu hommage à ce pionnier du CSISCA. “Ce que lui a fait, tout le monde a apprécié. Et je pense que le moment est venu à jamais. Comme je l’ai dit, dans la concertation, nous allons voir dans quel moyen, dans quelle possibilité, faut-il immortaliser l’œuvre que lui, il avait abattue”, a-t-il promis.

 

L’appel à l’unité du ministre des Transports

 

Présidant la cérémonie au nom du gouvernement, le ministre des Transports, Herbert Gontran Djono Ahaba, s’est félicité du bon déroulement de l’installation. “Ça fait un bon moment que le bureau provisoire a eu à travailler et le mandat du bureau provisoire a pris fin. Sur l’initiative des différents organes de base, un comité a été mis en place pour préparer la mise en place du nouveau bureau”, a-t-il rappelé.

 

Dans son intervention, le ministre a prodigué des conseils aux membres du bureau exécutif national et a lancé un appel à toute la communauté islamique pour accompagner le nouveau bureau dans sa mission. Il a insisté sur l’importance de l’unité et du travail collaboratif pour la réussite du mandat.

 

Un engagement pour la paix et la cohésion nationale

 

Dans son discours d’investiture, l’Imam Abdoulaye Ouasselegue a replacé le rôle du CSISCA dans le contexte national. “La République centrafricaine a traversé de nombreuses épreuves marquées par les incompréhensions, les guerres, la division, l’injustice”, a-t-il rappelé, soulignant que “l’islam, religion de paix, a un rôle important à jouer dans la construction morale, spirituelle et sociale de notre société”.

 

Le nouveau président a affirmé que le CSISCA s’engage à être un acteur majeur de la paix, de la réconciliation nationale et du vivre-ensemble, en collaboration avec toutes les autres organisations religieuses et institutions du pays. Il a lancé un appel solennel à l’unité, à la fraternité et à la solidarité, invitant chacun à mettre de côté les divergences pour travailler ensemble dans l’intérêt supérieur de l’islam en Centrafrique et de la nation.

 

Le CSISCA, qui rassemble toutes les composantes de la communauté musulmane du pays à travers les mosquées, écoles, associations et groupements, entame ainsi un nouveau chapitre de son histoire avec la volonté affichée de contribuer activement à la construction d’une Centrafrique pacifiée et unie.

 

 

Par Brahim Sallé

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La Vakaga replonge dans le chaos sécuritaire avec des bandits armés venus du Soudan

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LaVakaga replonge dans le chaos sécuritaire avec des bandits armés venus du Soudan

 

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Les déplacés internes fuyant leurs villages pour se regrouper devant la base de la Minusca à Amdafock, 60 kilomètres de Birao, dans la Vakaga. Photo CNC

 

L’extrême nord-est de la Centrafrique connaît une nouvelle vague d’attaques venues du Soudan, réactivant un cycle de violence désormais tristement familier à chaque saison sèche.

 

La préfecture de la Vakaga, collée à la frontière soudanaise, subit depuis la semaine dernière les assauts de bandes armées qui franchissent aisément une ligne de démarcation inexistante dans les faits. Ces incursions répétées transforment le quotidien des habitants en véritable cauchemar. La porosité de cette zone frontalière favorise les mouvements de groupes des bandits criminels qui agissent en toute impunité.

 

Le village de Takadi , situé entre Birao et Amdafock, a essuyé une attaque d’envergure la semaine passée. Rappelons que la ville d’Amdafock se trouve justement à peine à cinq cents mètres ou un kilomètre de la frontière soudanaise, si proche qu’on peut apercevoir le territoire voisin depuis certains points de la localité. Takadi , elle, se situe entre Amdafock et Birao, perdue dans cette bande de terre troublée.

 

Les assaillants soudanais ont frappé durement cette localité , déclenchant une riposte des groupes d’autodéfense venus de Birao. Les forces régulières centrafricaines ne se déploient plus sur le terrain depuis un moment déjà, laissant le champ libre aux milices villageoises et aux mercenaires russes présents dans la région. Mais durant ce week-end critique, ni les contractuels russes ni les soldats des FACA n’ont bougé de leurs positions.

 

Livrés à eux-mêmes, les combattants d’autodéfense ont pris la route pour intercepter les agresseurs. L’affrontement s’est produit à Terfel, localité distante de vingt-cinq kilomètres de Birao. Les combats ont duré plusieurs heures et se sont avérés particulièrement violents. Rien que le samedi, trois miliciens autodéfense de Birao ont été blessés durant les échanges de tirs.

 

Ces hommes touchés ont été évacués vers l’hôpital de Birao pour y recevoir des soins. La structure médicale de la ville devient ainsi le baromètre de l’intensité des affrontements qui se multiplient dans cette portion oubliée du territoire.

 

Cette résurgence de l’insécurité provient directement du territoire soudanais voisin, d’où partent régulièrement ces expéditions punitives. Les populations de la Vakaga se retrouvent prises au piège d’un engrenage qu’elles ne maîtrisent pas, tributaires de décisions prises ailleurs et de la capacité – ou incapacité – des autorités à sécuriser cette région délaissée. L’histoire se répète d’une année sur l’autre, avec son cortège de victimes et de déplacements forcés.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Moïse Banafio

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Centrafrique : La COSCIPAC dénonce des violences de masse dans le Haut-Mbomou devant l’ONU

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La COSCIPAC dénonce des violences de masse dans le Haut-Mbomou devant l’ONU

 

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Les pauvres jeunes centrafricains arrêtés par les Mercenaires russes du groupe Wagner, appuyés par des gendarmes, policier et FACA

La Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en Centrafrique alerte l’ONU sur des crimes présumés commis contre les populations civiles dans l’est du pays.

 

La COSCIPAC a adressé un rapport détaillé au Secrétaire général des Nations Unies concernant la situation dans la préfecture du Haut-Mbomou. La plateforme indépendante de défense des droits humains décrit un contexte de violence généralisée qui frapperait depuis plusieurs mois les communautés locales, particulièrement celles d’ethnie zandé. Les faits rapportés par la COSCIPAC remontent à une période récente et concernent des opérations menées dans cette région frontalière, longtemps délaissée par les autorités centrales.

 

Depuis des années, cette partie du territoire national souffre d’un abandon administratif qui prive les habitants des services les plus élémentaires. Routes impraticables, absence d’électricité, structures sanitaires quasi inexistantes : les populations vivent dans un isolement que la COSCIPAC compare à des époques révolues. Un seul médecin peut se retrouver responsable de milliers de personnes, tandis que les écoles fonctionnent sans enseignants qualifiés ni matériel pédagogique. Cette marginalisation chronique a nourri depuis longtemps un profond sentiment d’injustice chez les habitants de ces zones reculées.

 

Le mécontentement s’est d’abord exprimé en 2008 dans les préfectures de la Vakaga et du Bamingui-Bangoran, selon les informations recueillies par la COSCIPAC, alors dirigées par le gouvernement de Faustin Archange Touadéra, qui occupait le poste de Premier ministre à l’époque. Ces revendications, d’abord sociales et économiques, se sont progressivement étendues à d’autres régions. Le Mbomou et le Haut-Mbomou sont devenus à leur tour des foyers de contestation, leurs populations réclamant des politiques de développement et de désenclavement qui ne sont jamais venues.

 

Devenu président, Touadéra s’est heurté à plusieurs reprises au refus électoral de ces régions. Lors des scrutins de 2016, 2020 et 2025, les électeurs du Haut-Mbomou et du Mbomou ont massivement rejeté sa candidature. Cette opposition politique répétée aurait, selon la COSCIPAC, déclenché une réponse violente du pouvoir central. Plutôt que d’engager un dialogue ou de répondre aux demandes de développement, les autorités auraient opté pour une approche sécuritaire destinée à punir ces territoires récalcitrants.

 

La Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en Centrafrique affirme avoir recueilli de nombreux témoignages faisant état de meurtres de civils non armés, commis sans distinction d’âge ni de sexe. Des enfants, des femmes enceintes, des personnes âgées auraient été tués lors d’opérations menées par des milices progouvernementales et des mercenaires étrangers. Ces homicides auraient été perpétrés sommairement, sans aucune procédure judiciaire, parfois au domicile même des victimes ou lors de déplacements forcés. Le nombre exact de morts reste difficile à établir, mais les récits convergent sur l’ampleur des violences.

 

Au-delà des tueries, la COSCIPAC documente des pratiques qu’elle qualifie d’extermination. Des villages entiers auraient été la cible d’attaques meurtrières entraînant des pertes massives parmi les habitants. Plus encore, la destruction des récoltes, des greniers et du bétail aurait été organisée de manière à affamer délibérément les populations. Cette privation de moyens de subsistance, combinée aux entraves à l’accès humanitaire, aurait plongé des communautés entières dans une famine artificielle, visant à briser leur résistance.

 

Des civils auraient également été capturés lors d’opérations militaires et contraints à des travaux forcés, rapporte la COSCIPAC. Femmes et enfants compris, certains auraient été réduits en servitude au profit de groupes armés liés au gouvernement ou de mercenaires identifiés comme appartenant au groupe Wagner. Ces pratiques s’accompagnent de formes d’exploitation économique et sexuelle exercées sous la menace des armes, dans un climat de terreur qui empêche toute forme de résistance ou de fuite.

 

Les déplacements forcés de population constituent un autre volet des accusations formulées par la COSCIPAC. Des milliers de civils auraient été chassés de leurs villages par la violence, contraints de fuir sans aucune garantie de sécurité ni perspective de retour. Ces mouvements de population, qui touchent particulièrement les enfants et les personnes âgées, sembleraient viser à modifier la composition démographique de certaines zones. En détruisant les structures sociales traditionnelles, ces déplacements permettraient d’asseoir un contrôle politique et militaire durable sur les territoires contestataires.

 

De nombreux civils zandé ont été victimes d’arrestations arbitraires et de détentions prolongées hors de tout cadre légal, selon les informations documentées par la COSCIPAC. Arrêtées sur la base de soupçons collectifs ou de leur simple appartenance ethnique, ces personnes se retrouvent détenues dans des conditions inhumaines, sans accès à un avocat ni à leurs familles. Aucune autorité judiciaire indépendante n’intervient, et les proches qui cherchent des informations s’exposent eux-mêmes à des menaces et des représailles.

 

Les violences sexuelles occupent une place centrale dans le rapport de la COSCIPAC. Des femmes, des jeunes filles, mais aussi des hommes et des mineurs auraient subi des viols collectifs ou individuels perpétrés par des éléments armés agissant pour le compte du gouvernement ou avec sa tolérance. Ces agressions auraient été commises lors d’opérations militaires, de perquisitions, de détentions arbitraires ou pendant les déplacements forcés. Le viol serait utilisé comme arme de guerre, destiné à détruire les liens familiaux et communautaires, à instiller une peur durable et à imposer une domination sociale par la terreur.

 

Certaines femmes auraient été capturées et maintenues en captivité pour subir des actes sexuels répétés, indique la COSCIPAC. Privées de toute liberté, placées sous le contrôle total de leurs geôliers, elles auraient été réduites à l’esclavage sexuel. D’autres se seraient retrouvées contraintes de se livrer à la prostitution en échange de nourriture ou de protection, dans un contexte où la survie même dépend de cette soumission. Des grossesses forcées résulteraient de ces viols répétés, infligeant aux victimes une souffrance physique et psychologique prolongée.

 

La Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en Centrafrique mentionne également des cas présumés de stérilisation forcée, conséquences de violences sexuelles particulièrement brutales ou de traitements inhumains infligés à des femmes détenues. Ces actes, lorsqu’ils sont intentionnels, portent atteinte de manière irréversible à l’intégrité physique et à la capacité reproductive des victimes. D’autres formes de violence ont été signalées par la COSCIPAC, incluant des mutilations sexuelles et des humiliations commises en public, parfois devant des enfants, créant des traumatismes psychologiques profonds dans l’ensemble de la communauté.

 

Les populations zandé seraient ciblées en raison de leur identité ethnique et de leur opposition politique présumée au président Touadéra, constate la COSCIPAC. Leur refus électoral répété aurait été interprété par le pouvoir comme un acte d’hostilité collective justifiant des représailles. Les opérations sécuritaires menées dans le Haut-Mbomou viseraient prioritairement ces communautés, perçues comme dissidentes. Arrestations arbitraires, violences physiques, destructions de biens et restrictions de circulation auraient été utilisées comme instruments de coercition politique.

 

Cette persécution revêt également une dimension culturelle, souligne la COSCIPAC. Les modes de vie, les structures sociales traditionnelles et les pratiques culturelles zandé auraient été gravement affectés par la répression. La destruction de villages, la dispersion forcée des communautés et les atteintes aux autorités coutumières contribueraient à l’effritement du tissu identitaire de ce groupe. Des actes visant à humilier ou à nier l’identité culturelle, comme la profanation de lieux symboliques ou le mépris des coutumes locales, participeraient d’une stratégie d’effacement progressif.

 

Les disparitions forcées constituent un autre aspect particulièrement inquiétant de la situation décrite par la COSCIPAC. Des hommes, des jeunes et parfois des personnes âgées de la communauté zandé auraient été interpellés lors d’opérations militaires ou à leur domicile, puis emmenés vers des lieux inconnus sans mandat judiciaire. Aucune information n’aurait été donnée à leurs familles, et aucune autorité ne reconnaîtrait officiellement leur détention. Les proches se heurtent au silence total des administrations et s’exposent à des menaces dès qu’ils tentent d’obtenir des renseignements.

 

Cette pratique plonge les familles dans une souffrance permanente, constituant en elle-même une forme de traitement inhumain, affirme la COSCIPAC. Le refus de reconnaître la privation de liberté et de fournir des informations sur le sort des disparus nierait le droit à un recours effectif. Ces personnes se retrouveraient placées dans une vulnérabilité absolue, exclues de l’ordre juridique, dans l’incapacité de faire valoir leurs droits les plus élémentaires.

 

Au-delà des crimes spécifiquement identifiés, la COSCIPAC recense d’autres actes causant d’immenses souffrances aux populations civiles. La destruction des habitations, des écoles, des centres de santé et des infrastructures communautaires aurait plongé des milliers de personnes dans la détresse. Privées d’abri, de soins, d’éducation et de moyens de subsistance, elles vivraient dans un environnement d’insécurité permanente marqué par la faim, la maladie et la peur.

 

Les restrictions imposées à la liberté de circulation et les entraves à l’accès humanitaire aggraveraient encore cette situation, observe la COSCIPAC. Les violences répétées, les déplacements forcés, les disparitions de proches et l’exposition constante à la terreur armée auraient engendré des traumatismes psychologiques profonds. Sur le plan physique, de nombreux civils souffriraient de blessures non soignées, de handicaps permanents et d’une dégradation générale de leur état de santé.

 

La COSCIPAC estime que ces faits, pris dans leur ensemble, atteignent le seuil de gravité requis pour être qualifiés de crimes contre l’humanité au sens du Statut de Rome de la Cour pénale internationale. La Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en Centrafrique considère que ces violations résultent d’une politique délibérée de répression et qu’elles engagent la responsabilité directe et indirecte du gouvernement centrafricain. Le président Touadéra, en tant que chef suprême des armées, serait au sommet de la chaîne de commandement et donc responsable de ces exactions.

 

La COSCIPAC souligne l’incapacité des autorités nationales, voire leur manque de volonté délibéré, à assurer la protection des populations placées sous leur juridiction. Les éléments recueillis par la COSCIPAC tendraient à établir l’implication directe ou indirecte des structures étatiques dans la commission, la facilitation ou la tolérance de ces crimes. Dans ces conditions, le principe de souveraineté nationale ne pourrait servir à justifier l’inaction de la communauté internationale.

 

La Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en Centrafrique appelle le Conseil de sécurité des Nations Unies à adopter en urgence une résolution contraignante autorisant des mesures exceptionnelles de protection internationale des populations civiles. Cette résolution pourrait inclure le renforcement du mandat de protection des civils, l’établissement de mécanismes internationaux indépendants d’enquête, la garantie de l’accès humanitaire et toute autre mesure nécessaire pour mettre fin aux exactions.

 

La COSCIPAC considère que toutes les conditions juridiques, morales et humanitaires sont réunies pour une intervention. Elle invoque le principe de la responsabilité de protéger, selon lequel la communauté internationale a le devoir d’agir lorsqu’un État se révèle défaillant ou complice de crimes de masse. Cette intervention ne constituerait pas une atteinte à la souveraineté mais une mesure de sauvegarde ultime de la vie humaine.

 

Le rapport de la COSCIPAC, daté du 6 février 2026, souligne l’urgence de la situation et insiste sur le fait que chaque jour d’inaction accroît le risque de pertes humaines irréparables. La Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en Centrafrique demande au Conseil de sécurité d’assumer sa responsabilité première en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales.

 

La COSCIPAC estime que la protection des populations du Haut-Mbomou et de la République Centrafricaine dans son ensemble ne peut plus attendre. Les témoignages recueillis par la COSCIPAC dessinent le tableau d’une région livrée à la violence, où les civils paient le prix le plus lourd de l’impunité et de l’indifférence. Les accusations portées par la Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en Centrafrique contre les autorités centrafricaines et leurs alliés présumés restent à vérifier par des enquêtes indépendantes, mais l’ampleur des allégations justifie, selon la COSCIPAC, une réaction urgente de la part des instances internationales.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Anselme Mbata

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Appel à l’unité ou menace déguisée ? Balalou criminalise la dissidence sous prétexte de “discours de haine”

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Appel à l’unité ou menace déguisée ? Balalou criminalise la dissidence sous prétexte de “discours de haine”

 

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Le clepto-mythomane Maxime Balalou, lors de sa conférence de presse hebdomadaire du lundi 26 janvier 2026

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Maxime Balalou a dévoilé ce mercredi la nouvelle arme du régime pour museler l’opposition. Sous couvert d’appel à l’unité nationale, le clepto-mythomane criminalise par avance toute contestation du hold-up électoral en la qualifiant de “discours de haine”.

 

« Il a mis en garde contre les discours de haine, la désinformation, les discours belliqueux et aussi il s’est présenté sur l’usage malveillant, n’est-ce pas, de l’IA, ce qu’on appelle l’Intelligence Artificielle, à travers les braconnées, l’information sur les réseaux sociaux », a déclaré le mythomane avec un sérieux qui cache mal la menace. Cette sortie intervient juste après avoir glorifié un score de 77,90% obtenu dans des conditions plus que douteuses et célébré la victoire écrasante de Cœurs Unis qui rafle cinquante sièges pendant que l’opposition n’obtient rien.

 

Le porte-parole encadre cette mise en garde dans un discours apparemment consensuel. « Ce qui est marquant, il faut le reconnaître, de ce discours, c’est l’appel à l’Unité nationale et au rassemblement. Ce pays a besoin de la paix, d’unité, de la fraternité, que nous devions tous construire cette unité ensemble. » Mais cette fraternité affichée cache une injonction claire : ralliez-vous au pouvoir ou vous serez qualifiés de semeurs de haine.

 

Balalou développe ensuite sa vision de cette unité obligatoire. « C’est une volonté affirmée de gouverner sans distinction, sans exclusion dans un esprit, n’est-ce pas, de fraternité. » Sans exclusion ? Les chiffres du premier tour démentent cette affirmation. Zéro siège pour l’URCA de Dologuélé, zéro pour le parti de Dondra, zéro pour toutes les grandes formations d’opposition. Cette fraternité sélective ne concerne visiblement que ceux qui acceptent de se soumettre au régime.

 

Le clepto-mythomane poursuit sa rhétorique de réconciliation forcée. « Il a réaffirmé encore, il t’en a mis à ses frères, même de l’opposition. Il a même dit qu’il est prêt à travailler avec tout le monde. Ceux qui n’ont pas voté pour lui, qu’ils sachent qu’il est leur président. » Travailler avec l’opposition à condition qu’elle accepte sa marginalisation totale et qu’elle valide le hold-up électoral qui vient de la priver de toute représentation parlementaire.

 

Balalou invoque ensuite l’absence de gagnants et de perdants. « Il n’y a pas de gaillant ni de perdant. Il a dit que le seul gaillant c’est le peuple centrafricain. » Cette formule creuse insulte l’intelligence de ceux qui ont vu leurs partis exclus du Parlement malgré des millions de votes. Le gagnant, c’est Touadéra avec ses 77,90% truqués. Les perdants, ce sont tous ceux qui refusent de se prosterner devant cette victoire fabriquée.

 

Le mythomane insiste sur sa nouvelle politique d’unité. « Sa nouvelle politique n’est pas la facture, non, c’est l’unité comme il l’a toujours caractérisée. Ensemble, travaillons ensemble pour remplir cette mission sacerdota, le serveur du peuple. » Travailler ensemble signifie donc accepter un coup d’État électoral, valider un score grotesque, et applaudir l’exclusion de l’opposition du jeu démocratique. Voilà la conception de l’unité selon Balalou.

 

Le porte-parole exige ensuite un dépassement de soi. « Il a demandé, il nous a demandé à nous tous un dépassement de soi. Il va au-delà des clivages politiques. » Ce dépassement consiste apparemment à renoncer à toute critique du régime et à toute contestation des résultats électoraux. Aller au-delà des clivages politiques revient à nier l’existence même de l’opposition et à transformer le pays en parti unique déguisé.

 

Balalou termine sur une note d’apaisement imposé qui sonne comme une menace à peine voilée. « La place n’est plus au querelle, la place n’est plus à la haine, la place n’est plus aux insultes, ni à la division, la place est à l’amour, la place est à l’union, ensemble, derrière le président de la République. » Décryptage : toute critique du régime devient querelle, toute contestation devient haine, toute diffusion de preuves de fraude devient division. Et ceux qui persisteront dans ces comportements s’exposent à la répression.

 

Le clepto-mythomane développe ensuite le message présidentiel d’inclusion. « Le président de la République a donné le temps, à travers un discours, assembleur, de paix, de fraternité et d’engagement à construire la nouvelle République Centrafricaine avec tout le monde. Personne ne se l’a mis de côté. » Personne n’est mis de côté, sauf les grands partis d’opposition qui n’ont obtenu aucun siège. Personne n’est exclu, sauf les millions de Centrafricains dont les votes n’ont servi à rien face au rouleau compresseur de Cœurs Unis.

 

Balalou lance ensuite un appel patriotique qui ressemble davantage à une sommation. « Cet appel patriotique doit nous pousser tous, ensemble, à dépendre de cet appel du président de la République, de bâtir une nation fraternelle, une nation unie, où nous allons mettre de côté nos égaux. Nous devons travailler tous ensemble pour un seul pays. » Mettre de côté nos égaux ou nos égos ? Cette confusion révèle peut-être le fond de la pensée du mythomane. Le régime veut que les Centrafricains mettent effectivement de côté leur dignité, leurs droits, leur liberté de contester.

 

Le porte-parole répète son mantra de pacification forcée. « Et si nous avons compris le fond de ce message du président de la République aujourd’hui, la place n’est plus au querelle, la place n’est plus à la haine, la place est à l’amour, la place est à l’union, ensemble, derrière le président de la République. » Comprendre le fond du message signifie accepter de se taire, de valider le hold-up électoral, et de renoncer à toute forme de dissidence.

 

Balalou invoque ensuite le respect des institutions pour mieux piéger l’opposition. « Nous ne pouvons pas à la fois accepter les institutions et à la fois les dévoyer non. Nous devrions respecter nos institutions, les rendre plus fortes. Cet appel au respect des décisions aussi, il a voulu dire que nous n’avons plus de temps à perdre. » Respecter les institutions signifie donc accepter le verdict du Conseil constitutionnel qui a validé les 77,90% de Touadéra. Contester ce verdict devient un acte de subversion institutionnelle passible de sanctions.

 

Le mythomane énumère ensuite les priorités gouvernementales. « C’est pour ça que dans son engagement, il a parlé de la stabilité des institutions, de la paix durable, de la cohésion nationale, du développement socio-économique. » La stabilité, la paix, la cohésion : autant de mots-codes pour désigner la soumission au régime. Toute remise en cause du hold-up électoral menace cette stabilité et justifie donc une réponse ferme du pouvoir.

 

Balalou termine sur la continuité de l’État. « La continuité de l’État et son engagement pour stabiliser non seulement les institutions, mais créer les conditions pour que ce pays reste en paix. » Créer les conditions de la paix passe donc par la criminalisation de toute dissidence sous prétexte de discours de haine. Cette paix n’est que le silence forcé d’une population muselée.

 

La stratégie du régime apparaît désormais limpide. En qualifiant toute contestation de discours de haine, toute critique de désinformation, toute diffusion de preuves de fraude d’usage malveillant de l’IA, le pouvoir se donne les moyens juridiques et rhétoriques de réprimer l’opposition. Les Centrafricains qui dénoncent les bourrages d’urnes deviennent des semeurs de haine. Ceux qui diffusent des vidéos de fraudes deviennent des manipulateurs utilisant l’Intelligence Artificielle. Ceux qui refusent de reconnaître les 77,90% de Touadéra deviennent des ennemis de la paix nationale.

 

Cette criminalisation préventive de la dissidence s’inscrit dans une logique autoritaire bien rodée. Le régime ne réprime plus des actes mais des paroles. Il ne sanctionne plus des violences mais des critiques. Il ne combat plus des ennemis armés mais des voix dissidentes sur les réseaux sociaux. Et tout cela au nom de l’unité nationale, de la fraternité, et de la lutte contre les discours de haine.

 

Les Mercenaires russes peuvent continuer à quadriller le territoire. Les FACA peuvent continuer à fuir devant l’ennemi comme à Bambouti. Cœurs Unis peut continuer à rafler tous les sièges pendant que l’opposition n’obtient rien. Touadéra peut continuer à accumuler les mandats via des référendums controversés. Tout cela devient acceptable du moment qu’on l’enrobe dans un discours d’amour et d’union nationale.

 

Balalou maîtrise parfaitement cette inversion rhétorique. Les vrais semeurs de haine sont ceux qui organisent des hold-up électoraux et privent des millions de Centrafricains de représentation. Les vrais propagateurs de désinformation sont ceux qui qualifient de démocratique un scrutin où un seul parti rafle tout. Les vrais utilisateurs malveillants de tous les outils disponibles sont ceux qui truquent les urnes, ferment les bureaux de vote dans les zones d’opposition, et font valider des scores grotesques par un Conseil constitutionnel aux ordres.

 

Mais dans la Centrafrique de Touadéra et de son porte-parole mythomane, la vérité n’a plus cours. Seule compte la version officielle, celle qui transforme chaque fraude en victoire démocratique, chaque répression en mesure de paix, chaque exclusion en fraternité inclusive. Et ceux qui osent contester cette version s’exposent désormais à être qualifiés de propagateurs de discours de haine​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA

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Touadera, regarde ton homologue sud-soudanais qui fait un très boulot : quand le Président Salva Kiir  nomme un mort pour diriger les élections au Soudan du Sud

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Touadera, regarde ton homologue sud-soudanais qui fait un très boulot : quand le Président Salva Kiir  nomme un mort pour diriger les élections au Soudan du Sud

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Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, à Guba, dans la région de Benishangul-Gumuz, en Ethiopie, le 9 septembre 2025.

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le président Salva Kiir vient de nommer à la tête de la commission électorale un homme décédé depuis cinq ans, dévoilant le chaos administratif d’un État incapable de s’organiser.

 

Steward Sorobo Budia semblait le candidat idéal. Signataire de l’accord de paix de 2018 qui a stoppé la guerre civile, membre d’un petit parti d’opposition, il connaissait par cœur les défis d’organiser un scrutin dans un pays qui n’en a jamais vécu depuis son indépendance en 2011. Le 30 janvier dernier, le décret officiel annonçant sa nomination au comité de pilotage du « dialogue sur les questions électorales » ne devait choquer personne. Sauf que M. Budia repose en paix depuis cinq ans déjà.

 

La bourde s’est propagée comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux sud-soudanais. Les médias locaux ont immédiatement diffusé l’information, transformant cette erreur administrative en humiliation nationale. Pour un pays qui prétend organiser ses premières élections présidentielles, le message envoyé à l’opinion publique est désastreux.

 

La famille du défunt n’a pas tardé à réagir. Elle a exigé des autorités des « réparations » pour ce qu’elle qualifie de « grave violation culturelle et spirituelle ». James Boboya, le fils de Steward Sorobo Budia, a exprimé sa colère au micro d’Eye Radio : « Cet homme vivait près du domicile du président, et le gouvernement a même participé aux frais de ses funérailles. Comment pouvait-il ignorer son décès ? » Cette histoire rocambolesque ressemble à une blague de mauvais goût, mais elle en dit long sur l’état du Soudan du Sud. Depuis 2011, ce pays peine à construire les bases d’un État fonctionnel. Les institutions restent fragiles, quand elles existent. Les registres administratifs sont tenus de manière approximative, voire pas du tout.

 

L’incident rappelle d’autres situations absurdes observées ailleurs en Afrique. En République centrafricaine, par exemple, l’administration a parfois continué à verser des salaires à des fonctionnaires décédés pendant des mois, faute de mise à jour des fichiers. Ces dysfonctionnements ne sont pas de simples anecdotes : ils témoignent de l’effondrement des capacités étatiques dans des régions ravagées par les conflits.

 

Au Soudan du Sud, l’accord de paix de 2018 devait permettre de tourner la page de la guerre civile qui a fait des centaines de milliers de morts entre 2013 et 2018. Mais les engagements pris sont restés lettre morte. Les élections, promises pour fin 2024, ont été repoussées de deux ans. Rien ne garantit qu’elles auront lieu un jour.

 

Le président Salva Kiir et son ancien rival, le vice-président Riek Machar, se partagent le pouvoir dans un gouvernement d’union fragile. Les tensions persistent. Les groupes armés continuent de s’affronter dans certaines régions. L’économie, dépendante du pétrole, reste au bord du gouffre.

 

Dans ce contexte, la nomination d’un mort à un poste clé du processus électoral apparaît comme un symbole supplémentaire de l’incurie gouvernementale. Elle montre que les autorités ne maîtrisent même pas les informations de base sur les acteurs politiques du pays. Comment peuvent-elles prétendre organiser un scrutin crédible dans ces conditions ?

 

Les citoyens sud-soudanais, eux, ont depuis longtemps perdu confiance. Beaucoup doutent que des élections puissent un jour se tenir. D’autres estiment que même si elles avaient lieu, elles ne changeraient rien à la réalité du pouvoir, verrouillé par les mêmes hommes depuis plus d’une décennie.

 

Cette affaire a au moins eu le mérite de faire parler. Sur les réseaux sociaux, les commentaires oscillent entre l’ironie amère et la colère. Certains internautes ont plaisanté sur le fait que les morts feraient peut-être un meilleur travail que les vivants au gouvernement. D’autres ont simplement exprimé leur découragement face à un État aussi défaillant.

 

Le Soudan du Sud accumule les records peu enviables. C’est l’un des pays les plus pauvres du monde malgré ses réserves pétrolières. L’espérance de vie y dépasse à peine les cinquante ans. Les infrastructures sont quasi inexistantes. Les écoles et les hôpitaux fonctionnent au ralenti, quand ils ne sont pas fermés.

 

La communauté internationale observe la situation avec inquiétude. Les Nations unies maintiennent une mission de maintien de la paix sur place, mais son efficacité reste limitée. Les bailleurs de fonds continuent d’exiger des réformes qui ne viennent jamais. Les sanctions ciblant certains dirigeants n’ont pas changé la donne.

 

Pour l’heure, le gouvernement sud-soudanais n’a pas officiellement réagi à la polémique concernant la nomination de Steward Sorobo Budia. Aucune excuse publique n’a été présentée. Le décret n’a pas été retiré au moment où cette information a été relayée. La machine administrative, si l’on peut l’appeler ainsi, continue de tourner à vide​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Maurice Passi

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En fuite depuis Ouanda-Djallé pour rejoindre Bangui, trois soldats FACA déserteurs capturés par Wagner ont frôlé la mort à Ouadda-Maïkaga

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En fuite depuis Ouanda-Djallé pour rejoindre Bangui, trois soldats FACA déserteurs capturés par Wagner ont frôlé la mort à Ouadda-Maïkaga

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Des-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-du-chantier-minier-de-Keye-a-10-kilometres-de-Ouanda-Djalle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Des-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-du-chantier-minier-de-Keye-a-10-kilometres-de-Ouanda-Djalle.jpg” alt=”En fuite depuis Ouanda-Djallé pour rejoindre Bangui, trois soldats FACA déserteurs capturés par Wagner ont frôlé la mort à Ouadda-Maïkaga” width=”300″ height=”135″ />
Des soldats FACA et leurs supplétifs russes noirs de retour du chantier minier de Keye, à 10 kilomètres de Ouanda-Djallé sur l’axe de Ouadda-Maïkaga

 

Trois soldats de forces armées centrafricaines ont failli perdre la vie après avoir été interceptés et torturés par les Mercenaires russes lors de leur tentative de désertion la semaine dernière.

 

Tout a commencé à Ouanda-Djallé où trois soldats des forces armées centrafricaines ont décidé d’abandonner leur poste sans autorisation de leur chef du détachement. Galérant de leur affectation dans cette localité éloignée, ils ont planifié leur fuite vers la capitale en toute discrétion. Un véhicule les attendait pour les conduire vers Bangui où ils comptaient se fondre dans l’anonymat.

 

Leur départ s’est déroulé sans encombre dans un premier temps. Les trois déserteurs ont quitté Ouanda-Djallé en pensant avoir pris suffisamment d’avance sur d’éventuelles recherches. Confiants dans leur plan, ils imaginaient déjà leur nouvelle vie loin de la discipline militaire et des conditions difficiles du terrain.

 

Mais leur parcours a pris une tournure cauchemardesque à Ouadda-Maïkaga. C’est à ce point de contrôle que le destin les a rattrapés de la pire des manières. Des mercenaires du groupe Wagner se sont positionnés justement dans le secteur ce jour-là.

 

Les Russes ont arrêté le véhicule pour un contrôle de routine. Interrogés sur leur destination, les trois soldats ont répondu qu’ils se rendaient à Bangui. Cette déclaration a immédiatement éveillé la méfiance des mercenaires qui ont exigé de voir leurs ordres de mission et leurs armes.

 

L’absence de documents officiels a rapidement trahi la véritable nature de leur voyage. Les hommes de Wagner ont alors compris qu’ils avaient affaire à des déserteurs en fuite. La réaction des mercenaires ne s’est pas fait attendre et elle a été d’une violence extrême.

 

Les trois militaires ont été sortis du véhicule sans ménagement. Privés de leurs armes qu’ils avaient laissées à leur poste d’affectation, ils se sont retrouvés complètement vulnérables. Les mercenaires russes ont alors commencé à les frapper avec une fureur déconcertante.

 

La correction administrée a été d’une rare intensité. Ces mêmes soldats qui quelques jours plus tôt n’hésitaient pas à malmener des civils désarmés sur les chantiers miniers de la zone, se sont retrouvés dans la position des enfants de 2 ans, même moins, puisque les enfants de 2 ans peuvent se défendre. Les coups pleuvaient de partout, transformant rapidement les trois hommes en femmes battues par leur mari.

 

L’un des trois soldats FACA déserteurs n’a pas supporté la violence des coups reçus. Son corps a lâché sous la douleur et il s’est effondré, victime d’un malaise de l’hernie. Voyant son état critique qui risquait de basculer vers le pire, les mercenaires ont finalement stoppé leur acharnement sur lui.

 

Les Russes ont alors pris la décision de le laisser partir vers Bangui pour qu’il reçoive des soins d’urgence. Mais pour les deux autres, le châtiment n’était pas terminé. Wagner leur a infligé une punition supplémentaire qui allait marquer durablement leur mémoire.

 

Les mercenaires leur ont ordonné de retourner à Ouanda-Djallé, mais à pied cette fois. Cette sentence équivalait à un véritable calvaire compte tenu de la distance à parcourir. Les deux soldats meurtris ont dû accepter sans dire un seul mot, encore sonnés par les coups reçus à leurs fesses.

 

Leur marche forcée a débuté dans un état physique déplorable. Le corps couvert d’ecchymoses et les membres douloureux, ils ont entamé les 170 kilomètres qui les séparaient de leur point de départ. Chaque pas était une souffrance, chaque kilomètre une épreuve supplémentaire à endurer.

 

La route sous le soleil a aggravé leur supplice. Sans eau ni nourriture, les deux hommes ont avancé péniblement sur l’axe reliant Ouadda-Maïkaga à Ouanda-Djallé. Leurs pieds ont rapidement développé des ampoules qui éclataient à chaque foulée, mais ils n’avaient d’autre choix que de continuer.

 

Après plusieurs jours de marche éprouvante, ils ont fini par atteindre le chantier Hassan. Ce site minier situé à 35 kilomètres de Ouanda-Djallé. L’endroit représentait pour eux un espoir de repos. Paradoxalement, c’était le même endroit où l’un de leurs collègues militaires avait récemment torturé un jeune travailleur.

 

Malgré les exactions commises par d’autres soldats sur ce chantier, les deux déserteurs ont sollicité l’aide des ouvriers présents. Épuisés et à bout de forces, ils ont demandé qu’on leur prête une moto pour couvrir les derniers kilomètres. Un jeune homme du chantier a accepté de les aider par compassion.

 

Ce geste de solidarité leur a permis de terminer leur périple dans des conditions moins pénibles. Ils sont finalement arrivés à Ouanda-Djallé dans la soirée du samedi 7 février​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Fin de l’histoire de ces trois femmes des Wagner à Ouanda-Djallé.

 

Par Moïse Banafio

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Festival des abeilles contre les Chinois à Ndélé : plusieurs blessés graves

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Festival des abeilles contre les Chinois à Ndélé : plusieurs blessés graves

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/12/les-5-chinois-kidnappes-dans-la-Nana-Mambere.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/12/les-5-chinois-kidnappes-dans-la-Nana-Mambere.jpg” alt=”Festival des abeilles contre les Chinois à Ndélé : plusieurs blessés graves” width=”225″ height=”300″ />
Image d’illustration des 5 chinois kidnappés dans-la Nana-Mambéré

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Ce vendredi 6 février 2026, une équipe de travailleurs chinois a été violemment attaquée par des abeilles et des guêpes à Ndélé, chef-lieu et capitale provinciale de Bamingui-Bangoran, à l’extrême nord-est de la RCA.

 

Le métis chinois Issaka Loïc, candidat aux législatives dans la première circonscription de Ndélé, avait promis à la population l’exploitation des usines minières de la zone ainsi que la réhabilitation et la construction des routes reliant Bangui à cette ville située à environ 600 kilomètres de distance. Il s’était engagé sur le bitumage et l’aménagement des voies de la préfecture.

 

Avant même la délibération du premier tour du scrutin législatif qui s’est déroulé le 25 décembre dernier, Issaka Loïc a commencé à débarquer avec de grosses machines, des camions et du matériel destiné à l’exploitation minière. L’homme avait annoncé vouloir construire la route, mais en réalité, ses équipes se préparaient maintenant à entamer l’exploitation des gisements aurifères de la région.

 

C’est ainsi que les camions ont commencé à tracer la route. Cette voie n’a pas été entretenue depuis des années et la végétation a repris ses droits avec des arbres qui couvrent entièrement le passage. Le chemin est devenu très difficile d’accès.

 

Les camions ont donc entrepris de dégager la route en coupant la végétation et en aplanissant le terrain. Ces travaux concernent notamment l’axe reliant Ndélé à Tiri, Miaméré, Miamani, Ndjoko et jusqu’à Diki Gaskaye, où le matériel avait été livré récemment.

 

À un moment donné, alors que les engins progressaient dans cette zone densément boisée, des guêpes et des abeilles ont attaqué les camions et les conducteurs chinois qui se trouvaient au volant. L’attaque a été particulièrement violente et inattendue.

 

Les insectes ont piqué les travailleurs chinois à de multiples reprises. Deux d’entre eux ont été gravement touchés par les piqûres et ont dû être transportés d’urgence à l’hôpital de Ndélé. Leur traitement sanitaire est actuellement en cours et ils demeurent hospitalisés dans cet établissement.

 

Selon les habitants de la zone contactés par la rédaction du CNC, cette attaque serait une sorte de salutation. Les abeilles auraient simplement voulu souhaiter la bienvenue aux nouveaux venus, une façon de leur dire bonjour. Mais l’accueil s’est avéré beaucoup plus violent que prévu.

 

Les détails complets de cet incident seront publiés dans nos prochains articles sur CNC​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Barthelemy Kossi

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BEAC : Le personnel dénonce des crimes sexuels et détournements de fonds.  Saisine internationale imminente

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BEAC : Le personnel dénonce des crimes sexuels et détournements de fonds.  Saisine internationale imminente

 

 

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Yvon Sana Bangui

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Dans un document de dénonciation exceptionnel, le personnel de la Banque des États de l’Afrique Centrale brise le silence et expose des faits graves.

 

Un réquisitoire de plusieurs dizaines de pages circule depuis le 1er février 2026 dans les milieux bancaires et médiatiques d’Afrique centrale. Les agents de la BEAC y accusent nommément leur Gouverneur, Sana Bangui, de tentative de viol, harcèlement sexuel et torture administrative. Cette alerte formelle adressée aux organes de gouvernance, à la presse régionale et aux organisations internationales marque une rupture totale avec l’omerta qui régnait jusqu’alors au sein de l’institution monétaire.

 

Le texte s’appuie sur le dernier rapport du Comité d’Audit qui impose explicitement la mise en place de mécanismes de lancement d’alerte. Les employés invoquent également la Convention de Merida des Nations Unies contre la corruption pour justifier leur démarche. Ils rappellent que l’Article 33 de ce texte protège explicitement les personnes qui communiquent des informations sur des actes de corruption ou d’abus de pouvoir.

 

La responsabilité du Ministre équato-guinéen Ebe Molina Ivan est particulièrement mise en cause. Président du Conseil d’Administration de la BEAC, il aurait transformé son mandat en une opération de protection mutuelle et d’impunité généralisée. Le personnel l’accuse d’avoir soutenu activement son prédécesseur Abbas Mahamat Tolli durant ce qui est décrit comme une gestion catastrophique de l’institution.

 

Cette alliance aurait permis la nomination controversée de Sana Bangui au poste de Gouverneur. Un pacte implicite se serait ainsi formé entre ces trois hommes, créant une chaîne de commandement dédiée à l’opacité et aux dérives managériales. Le Comité d’Audit, théoriquement chargé de contrôler le gouvernement de la Banque, se serait mué en simple instrument de validation automatique des décisions de la direction.

 

Les conflits d’intérêts du Gouverneur Sana Bangui sont exposés avec précision. Il revendiquerait publiquement des liens familiaux avec la Présidence centrafricaine, son oncle occupant ce poste. Il affirmerait également avoir contribué de manière déterminante à l’élection du Président gabonais actuel. Ces déclarations créeraient une confusion dangereuse entre l’institution monétaire régionale et des agendas électoraux nationaux.

 

Plus grave encore, Sana Bangui annoncerait régulièrement qu’il deviendra le prochain Président de la République centrafricaine, soit durant son mandat de Gouverneur, soit à son terme. Cette posture heurte frontalement le principe d’indépendance qui doit caractériser une banque centrale. Elle témoigne d’une vision personnelle du pouvoir totalement incompatible avec les fonctions exercées.

 

L’affaire Nguelle Obame illustre la mécanique dénoncée par le personnel. Michel Dzombala, membre du gouvernement de la BEAC, aurait agi sous la protection de Sana Bangui qui invoquait ses relations avec la Présidence gabonaise. Ensemble, ils auraient ignoré les recours de hauts responsables gabonais et violé les textes réglementaires de l’institution. Cette affaire démontrerait comment les parrainages politiques réels ou supposés servent à contourner les règles.

 

L’Article 47.7 des Statuts de la BEAC établit que le gouvernement de la Banque recrute, nomme et révoque collectivement l’ensemble du personnel. Cette disposition crée une responsabilité solidaire entre tous les membres de l’équipe dirigeante. Le silence des autres gouverneurs face aux dérives dénoncées ne peut donc être considéré comme une simple neutralité, mais constitue selon le personnel une complicité active.

 

Les accusations les plus lourdes concernent deux femmes agents d’origine équato-guinéenne. Mademoiselle Ayi Bacale Esperanza Ramona, informaticienne, aurait subi une tentative de viol de la part de Sana Bangui lorsqu’il dirigeait les systèmes d’information. Devant son refus, elle aurait été mutée de force vers Ebibeyin, zone isolée et dépourvue de plateau médical adapté.

 

Cette décision aurait été prise en connaissance parfaite de ses pathologies graves nécessitant un suivi médical constant. Son état de santé s’est dégradé au point de nécessiter une évacuation sanitaire d’urgence vers l’Afrique du Sud. Le personnel qualifie cet acte de mise en danger délibérée de la vie d’autrui, infraction pénale grave dans toutes les législations applicables.

 

Mademoiselle Susana Jones Lajay, également informaticienne, aurait connu un sort similaire. Elle aurait repoussé des avances sexuelles insistantes et des tentatives d’attouchements de Sana Bangui, alors son supérieur hiérarchique direct. Dès sa nomination comme Gouverneur, il aurait ordonné sa mutation punitive vers Malabo dans le but explicite de briser sa carrière et de la punir de son refus légitime.

 

Ces agissements violent directement plusieurs articles du Code de Déontologie de la BEAC. L’Article 16 impose neutralité et probité, l’Article 21 exige le respect de la dignité des personnes, l’Article 27 interdit le harcèlement moral et l’Article 28 prohibe le harcèlement sexuel. Le gouvernement de la Banque est d’autant plus tenu de respecter ces règles qu’elles s’appliquent prioritairement aux dirigeants.

 

Les procédures statutaires ont également été bafouées. L’Article 35 du Statut des agents impose que toute mutation d’un État à un autre soit notifiée trois mois à l’avance et fasse l’objet d’un avis du Directeur National concerné. Pour les deux femmes visées, la mutation a été notifiée le 30 août 2024 pour une prise de fonction le 1er octobre suivant, soit un délai d’un mois seulement.

 

Les infractions pénales caractérisant ces faits sont multiples. La tentative de viol est punie de dix ans d’emprisonnement dans plusieurs législations dont les législations française et américaine. Le harcèlement sexuel aggravé par abus d’autorité, la discrimination liée à l’état de santé et les violences volontaires constituent autant de qualifications applicables.

 

Au Cameroun, siège de la BEAC et lieu matériel de commission des infractions, l’Article 296 du Code Pénal sanctionne le viol et sa tentative. L’Article 302-1 punit le harcèlement sexuel commis par abus d’autorité. L’Article 228 réprime la mise en danger de la vie d’autrui. La loi N°92/007 portant Code du travail complète ce dispositif avec des dispositions spécifiques.

 

En Guinée Équatoriale, nationalité des victimes et lieu de punition administrative, la Ley 2/1990 protège contre les violences physiques et morales en milieu professionnel. Le Code Pénal équato-guinéen réprime les atteintes à l’intégrité sexuelle et l’abus d’autorité. En République centrafricaine, nationalité de l’auteur présumé, les Articles 116 et suivants sanctionnent les violences sexuelles et l’abus d’autorité.

 

Le principe de compétence personnelle active permet aux juridictions centrafricaines de poursuivre leurs ressortissants pour des crimes commis à l’étranger. En France, partenaire institutionnel de la BEAC, les Articles 222-33-2, 222-29 et 222-27-1 du Code pénal répriment la tentative de viol, le harcèlement sexuel et moral. Le Code du travail français complète ce dispositif aux Articles L1153-1 à L1153-6.

 

La responsabilité du Ministre Ebe Molina et de son compatriote Engonga Obiang, représentant la Guinée Équatoriale au gouvernement de la BEAC, est particulièrement engagée. Leur passivité alors qu’ils connaissaient ces faits constituerait une complicité par non-assistance à personne en danger. Le Code Pénal équato-guinéen sanctionne expressément l’omission du devoir de secours et l’omission du devoir d’empêcher des délits.

 

Les autres membres du gouvernement, Dzombala, Nsom, Djibrine et Lendjondjo, sont également visés. Leur participation aux représailles contre les deux femmes les rendrait complices au titre de l’Article 47.7 des Statuts qui établit leur responsabilité collective. Ils encourraient les mêmes peines que l’auteur principal des infractions.

 

L’instabilité juridique dans la zone CEMAC justifie selon le personnel la priorité donnée aux recours internationaux. L’indépendance des magistrats y serait entravée par diverses pressions, rendant illusoire toute justice impartiale. Les juridictions occidentales offrent des garanties d’impartialité et permettent de frapper les auteurs là où ils possèdent des intérêts patrimoniaux.

 

Le Procureur de la République de Paris sera saisi formellement au titre de l’Article 40 du Code de procédure pénale française. Cette disposition oblige tout fonctionnaire ayant connaissance d’un crime ou délit à en informer le procureur. Les faits dénoncés incluent tentative de viol, harcèlement sexuel aggravé, mise en danger délibérée de la vie d’autrui et complicités multiples.

 

Le Défenseur des Droits, autorité constitutionnelle indépendante française, sera également saisi pour violations des droits fondamentaux. L’Association Européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail accompagnera juridiquement les victimes. Aux États-Unis, plusieurs instances seront mobilisées compte tenu des actifs et déplacements réguliers des personnes mises en cause.

 

L’immunité diplomatique ne couvrira pas ces crimes de nature personnelle selon la jurisprudence internationale constante. Les principes généraux du droit international public établissent que les privilèges et immunités consentis aux dirigeants d’organisations internationales ne s’appliquent qu’aux actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions. Les agressions sexuelles et le harcèlement relèvent de la sphère privée.

 

Le document adressé aux organes de gouvernance rappelle que les émoluments non prévus, récents et qualifiés d’indécents, perçus par certains membres du Conseil d’Administration pourraient être analysés comme des tentatives de corruption. L’absence de réaction à cette alerte exposerait personnellement les administrateurs et les membres du Comité Ministériel à des poursuites devant les juridictions répressives internationales.

 

La compétence extraterritoriale des juridictions françaises et américaines repose sur plusieurs fondements. La présence d’actifs sur leur territoire, les déplacements réguliers des personnes mises en cause et l’existence de victimes ressortissantes d’États avec lesquels ces pays entretiennent des relations judiciaires permettent d’établir cette compétence. Les procédures seront engagées dans les prochaines semaines.

 

Les saisines annoncées ne constituent pas une posture de négociation mais une démarche procédurale concrète. Les dossiers sont en cours de constitution avec l’appui d’avocats spécialisés en droit pénal international. Des associations de défense des droits humains accompagnent la démarche. Des témoignages ont été recueillis et des preuves documentaires rassemblées.

 

Le personnel indique que cette alerte constitue un dernier rempart institutionnel destiné à restaurer l’État de droit au sein de la BEAC. La protection de l’intégrité de la monnaie commune exige que les dirigeants soient exemplaires et respectent les règles qu’ils sont censés faire appliquer. La crédibilité de l’institution dépend de sa capacité à sanctionner les manquements graves.

 

Les deux victimes ont porté plainte auprès des autorités compétentes dans leurs pays respectifs. Elles ont également saisi les instances internes de la BEAC sans obtenir de réponse satisfaisante. Leur courage à briser le silence malgré les pressions subies est salué par l’ensemble du personnel. Elles incarnent la résistance à un système qui protège les puissants au détriment des plus vulnérables.

 

La circulation de ce document dans les médias régionaux et internationaux vise à alerter l’opinion publique. Les citoyens des six pays membres de la CEMAC ont le droit de savoir comment leur institution monétaire commune est gérée. La transparence s’impose d’autant plus que la BEAC joue un rôle central dans la stabilité économique de la zone.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA

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ANE : cent millions de francs CFA, la bataille du gâteau électoral divise les commissaires électoraux

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ANE : cent millions de francs CFA, la bataille du gâteau électoral divise les commissaires électoraux

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/La-vice-presidente-de-lautorite-nationale-des-elections-en-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>ANE : cent millions de francs CFA, la bataille du gâteau électoral divise les commissaires électoraux
La vice – présidente de l’autorité nationale des élections en Centrafrique

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Un partage financier controversé au sein de l’Autorité Nationale des Élections provoque la colère du personnel administratif exclu de la répartition des reliquats budgétaires.

 

Selon des sources internes à l’ANE jointes au téléphones par la rédaction du CNC, une somme approchant la centaine de millions de francs CFA aurait été distribuée entre les onze commissaires électoraux de l’institution. Ces fonds correspondent aux reliquats du budget initialement destiné à l’organisation des élections groupées de 2025.

 

Cette répartition a engendré un ressentiment profond parmi le personnel administratif qui déplore son exclusion totale de ce partage financier. Les informations circulant au sein de l’institution indiquent d’ailleurs que le président de l’ANE aurait reçu la portion la plus conséquente de cette distribution.

 

Ce montant lui aurait notamment permis de financer un déplacement à Paris, voyage que certains agents qualifient désormais de « week-end doré ». Cette révélation amplifie le mécontentement déjà palpable dans les couloirs de l’établissement, où l’ambiance de travail s’est considérablement dégradée.

 

Nombreux sont ainsi les employés qui dénoncent des agissements qu’ils considèrent inappropriés et contraires à l’éthique attendue d’une institution chargée de superviser la régularité du processus électoral. Leur inquiétude porte également sur l’image de l’ANE, déjà fragilisée alors que le second tour des élections approche à grands pas.

 

Dans ce contexte tendu, certains observateurs pointent ce qu’ils perçoivent comme une dérive dans la gestion des deniers publics par les responsables électoraux. Selon ces voix critiques, l’équipe actuelle des commissaires privilégierait ses intérêts particuliers plutôt que la mission fondamentale qui lui incombe : garantir la tenue d’élections justes et transparentes.

 

Cette perception alimente les questionnements sur les véritables priorités de ceux qui dirigent actuellement l’institution. La direction de l’ANE n’a pour l’instant émis aucun communiqué permettant de clarifier la situation ou de répondre aux accusations qui circulent.

 

L’affaire continue de nourrir les conversations dans l’opinion publique centrafricaine. La confiance des citoyens envers cette institution, pourtant garante de l’intégrité démocratique, risque de s’éroder davantage si aucune explication n’est apportée dans les jours à venir​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Éric Azoumi

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Orogbo Marcelin, général des anti-balaka  faction Touadera, qui a été arrêté par la CPS, libéré par Touadera, puis arrêté à nouveau par la CPS avant d’être écroué à Ngaragba

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Orogbo Marcelin, général des anti-balaka  faction Touadera, qui a été arrêté par la CPS, libéré par Touadera, puis arrêté à nouveau par la CPS avant d’être écroué à Ngaragba

 

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degats dans la ville de Gboyo – commis par les miliciens Anti-Balaka

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La liberté accordée à monsieur Orogbo Marcelin , général de la milice Anti-Balaka faction Touadera de Bambari n’aura duré que quelques mois avant que la justice ne reprenne son cours habituel.

 

Orogbo Marcelin dirigeait les anti-balaka faction Touadera dans la région de Bambari quand des actes violents ont frappé le village de Gboyo. Les éléments sous ses ordres se sont rendus coupables d’exactions contre les habitants de cette localité. La CPS a fini par l’appréhender et l’a envoyé à la maison carcérale du Camp de Roux dans la capitale.

 

Durant six mois d’écrou à la prison du camp de Roux, le général Orogbo Marcelin  est resté derrière les barreaux, loin de ses bases opérationnelles dans la Ouaka. Mais à l’approche des élections présidentielle, législatives et locales du 28 décembre 2025, le président Touadera a décidé de le relâcher. Cette libération visait à lui permettre de participer aux activités de campagne électorale en cours dans sa circonscription.

 

Une fois libéré, Orogbo Marcelin a pris la route de Bambari où il devait mener campagne pour le scrutin à venir. Il a rempli cette mission auprès de ses partisans, mais au lieu de s’en tenir là, il a profité de sa présence. Le chantier Ngouli Badja, installé au kilomètre 60 sur l’axe Agoudou, a subi un braquage dont il serait l’instigateur.

 

Les riverains dépouillés ont aussitôt porté plainte auprès de la gendarmerie locale qui a ouvert une enquête. Les forces de l’ordre ont tenté de le cueillir, mais l’ancien chef de milice a pris la fuite. Il a rejoint Bangui où il pensait sans doute échapper aux poursuites judiciaires lancées contre lui.

 

L’affaire est remontée jusqu’aux oreilles des autorités judiciaires de la CPS de la capitale qui ont été informées de son retour. Vendredi 6 février dans la matinée, la CPS l’a de nouveau interpellé dans les rues de Bangui. Il a été conduit à la prison de Ngaragba où il attend la suite de la procédure. Les habitants de la zone du chantier espèrent désormais que justice sera rendue pour les préjudices subis​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Brahim Sallé

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Bangui : lynché presqu’à mort, un présumé voleur décède quelques minutes après son transfert au poste de police

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Bangui : lynché presqu’à mort, un présumé voleur décède quelques minutes après son transfert au poste de police

 

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Photo CNC

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Un homme soupçonné de vol a perdu la vie ce vendredi au poste de police du rond-point Miskine, dans le cinquième arrondissement de Bangui. Les faits remontent à quelques heures plus tôt, lorsque les habitants du quartier Miskine Banga l’ont attrapé puis passé à tabac avant de le remettre aux forces de l’ordre.

 

Arrivé au commissariat dans un état très critique, le présumé voleur tabassé n’a pas survécu aux blessures infligées lors de son arrestation musclée par la population. Son corps repose dans les locaux de la police avant d’être  transféré vers la morgue. Une équipe de la compagnie nationale de sécurité s’est déplacée sur place pour organiser cette évacuation de la dépouille.

 

Cette justice populaire intervient dans un contexte où les vols et les braquages se multiplient dans tous les quartiers de la capitale, y compris ce secteur de Miskine.

Il est à noter que les habitants du cinquième arrondissement expriment depuis plusieurs mois leur exaspération devant la recrudescence de ces actes criminels. La fréquence de ces délits pousse certains banguissois à prendre eux-mêmes en main la sécurité de leurs biens et de leurs familles.

 

Les scènes de justice populaire ne datent pas d’hier dans les quartiers de Bangui, mais leur répétition inquiète les observateurs. Chaque fois qu’un voleur présumé tombe entre les mains d’une foule en colère, le risque d’une issue fatale grandit. Les autorités peinent à restaurer la confiance des citoyens dans les institutions chargées de garantir leur sécurité.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Brahim Sallé

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Tissi : l’attaque qui embrase la frontière tchado-soudanaise avec la main mise des Wagner

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Tissi : l’attaque qui embrase la frontière tchado-soudanaise avec la main mise des Wagner

 

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des militaires tchadiens – en patrouille

 

Vendredi 6 février 2026, un groupe inconnu des hommes lourdement armés a frappé militairement le poste de Tissi, une ville frontalière tchadienne , avant de battre en retraite vers le Soudan avec trois militaires tchadiens capturés.

 

L’opération, stratégiquement mise en place par les miliciens de Poutine, vise à installer une atmosphère de chaos le long de trois frontières entre le Soudan, le Tchad et la RCA. Mais derrière cette incursion se cachent des individus appuyés par les miliciens de Touadera, acteurs discrets mais efficaces dans la manipulation des équilibres régionaux. Ce raid intervient au moment où le Soudan parvient à repousser les milices FSR, désormais acculées et cherchant de nouvelles aires d’action.

 

L’ironie de la situation saute aux yeux. Ces mêmes FSR, aujourd’hui en déroute totale, tentent de se présenter à tout le monde en affirmant qu’il sont des rebelles tchadiens. Pourtant, tout le monde sait que N’Djamena leur a procuré des armes, minutions, moyens logistiques et assistance pour combattre les forces régulières soudanaises. Maintenant que leur stratégie a capoté, ils pointent leurs canons vers le Tchad.

 

Depuis vendredi dernier, les affrontements à Tissi se poursuivent avec du matériel militaire tchadien. Le résultat d’une politique hasardeuse : alimenter un monstre qui finit par vous dévorer. Les armes livrées aux FSR pour déstabiliser Khartoum servent maintenant à inquiéter ceux qui les ont fournies. Une boucle aussi prévisible qu’amère pour les autorités de N’Djamena.

 

Dans ce maelström, les Mercenaires russes ajoutent une dimension supplémentaire au chaos. Wagner commence à installer la pression entre les trois angles du triangle : Soudan, Tchad, République centrafricaine. Leur méthode repose sur l’agitation, dresser les factions les unes contre les autres, mélanger groupes armés non identifiés, individus louches, FSR et autres combattants dans une soupe inintelligible.

 

L’objectif de Wagner apparaît clairement : impliquer tous les pays voisins dans un désordre généralisé. Jusqu’à maintenant, le Tchad restait relativement préservé de cette tourmente. Mais après une tentative vers la ville de Paoua, dans l’Ouham-Pendé au nord-ouest de la RCA, les mercenaires ont pivoté leurs efforts vers la Vakaga pour perturber N’Djamena.

 

Cette bascule géographique montre la flexibilité tactique de Wagner. Quand une porte se ferme à Paoua, ils en ouvrent une autre du côté de la Vakaga. Les mercenaires russes tissent ainsi une toile d’instabilité qui s’étend progressivement, englobant des territoires jusque-là épargnés par les violences. Chaque mouvement calculé vise à élargir la zone de turbulence et à affaiblir les États de la région​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Moïse Banafio

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Centrafrique : un policier torturé et exécuté par les Wagner, François Nelson Ndjadder accuse Touadéra

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un policier torturé et exécuté par les Wagner, François Nelson Ndjadder accuse Touadéra

 

 

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François Nelson Ndjadder

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

François Nelson Ndjadder, chef du Front Républicain pour la Démocratie, a adressé une lettre publique au président Faustin-Archange Touadéra. Le ton employé ne laisse aucune place au doute : l’opposant accuse directement le chef d’État d’être responsable de la mort de Romaric Mokoboulou, un gardien de la paix en exercice. Selon cette missive datée du 5 février 2026, le policier a été arrêté puis livré au groupe Wagner avant d’être torturé et exécuté.

 

L’affaire prend une tournure encore plus grave quand on apprend que le Directeur Général de la Police a annoncé le décès à la famille le 30 janvier dernier. Ce qui choque particulièrement l’opposition, c’est que les proches n’ont jamais pu récupérer le corps. À cela s’ajoute une proposition jugée insultante : une somme d’un million de francs CFA a été offerte à la famille, geste que Ndjadder interprète comme une tentative d’étouffer l’affaire par l’argent.

 

Le Front Républicain pour la Démocratie ne s’arrête pas à ce seul cas. La lettre mentionne également deux autres noms : Adouma Apollinaire et Gazi Emmaüs. Leur sort demeure inconnu, et François Nelson Ndjadder  le chef de l’opposition exige des explications claires sur leur situation actuelle. Pour lui, ces disparitions s’inscrivent dans un schéma plus large où les mercenaires étrangers agissent en toute liberté sur le territoire centrafricain.

 

François Nelson Ndjadder va plus loin en affirmant que l’État centrafricain ne remplit plus sa mission fondamentale de protection des citoyens. Dans sa vision, le pouvoir actuel s’est transformé en instrument de répression plutôt qu’en garant des libertés. Il formule plusieurs demandes précises : la restitution immédiate du corps de Mokoboulou, la fin de ce qu’il appelle l’impunité des forces Wagner, et surtout l’ouverture d’une enquête menée par des instances internationales indépendantes.

 

La démarche de l’opposant ne se limite pas aux frontières centrafricaines. Il interpelle nommément les Nations Unies, le Conseil de sécurité, l’Union africaine, la CEMAC et la France. Son message est clair : le silence de ces organisations équivaut selon lui à une forme de complicité. Il tente ainsi d’attirer l’attention de la scène internationale sur une situation qu’il juge intolérable.

 

Le président du FRD emploie un vocabulaire particulièrement dur dans sa lettre. Il qualifie Touadéra de « président autoproclamé » et promet que le peuple centrafricain ne restera pas indéfiniment sous ce qu’il décrit comme un régime de peur et de violence. Cette prise de parole publique s’inscrit dans un contexte où les relations entre Bangui et Moscou suscitent depuis plusieurs années des inquiétudes de la part de différents observateurs internationaux.

 

Les autorités centrafricaines n’ont pour l’instant pas réagi officiellement à ces accusations. La famille de Romaric Mokoboulou attend toujours des réponses sur les circonstances exactes de sa mort et sur la possibilité de récupérer son corps pour l’inhumer selon les traditions. Deux autres familles espèrent également obtenir des nouvelles de leurs proches disparus

 

Par Éric Azoumi

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CENTRAFRIQUE : FOCUS SUR LES VIOLENCES GRATUITES, LES ARRESTATIONS ARBITRAIRES ET LES EXÉCUTIONS EXTRA-JUDICIAIRES DANS UN PSEUDO ÉTAT DE DROIT.

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CENTRAFRIQUE : FOCUS SUR LES VIOLENCES GRATUITES, LES ARRESTATIONS ARBITRAIRES ET LES EXÉCUTIONS EXTRA-JUDICIAIRES DANS UN PSEUDO ÉTAT DE DROIT.

 

 

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Le policier centrafricain arrêté, tabassé et tué par les criminels russes du groupe Wagner à Bangui

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Depuis le retour de l’ordre constitutionnel en République centrafricaine en 2016 , le pouvoir de Bangui clamaient sur les médias nationaux et internationaux à qui veut l’entendre que notre chère patrie était un “État de droit”.

 

Juridiquement, un État de droit suppose la suprématie et l’ancrage du principe de la légalité c’est-à-dire que les autorités établies se conformeront aux règles de droit en vigueur, que la justice sera accessible, équitable pour tous et que les libertés publiques ainsi que les droits fondamentaux des centrafricains seront garantis par les institutions républicaines.

 

Force est de constater avec effroi que le pouvoir de Bangui a sous-traité l’ensemble de ses pouvoirs conférés par la constitution au groupe paramilitaire de Wagner et n’en demeure par voie de conséquence qu’une coquille vide alors qu’on ne cesse de nous rappeler que les institutions républicaines fonctionnent normalement.

 

Ainsi, outre la sécurité exclusive du Président de la République et l’exploitation outrancière des ressources minières, le groupe paramilitaire de Wagner qualifié de “terroriste” par les Nations Unies dicte sa loi et oriente les grandes décisions qui engagent la vie de la nation.

 

Cette nébuleuse est à la fois magistrat, force de défense et de sécurité, officier de police judiciaire, garde forestier, douanier, percepteur d’impôts etc…

 

L’usage abusif et excessif de ces différents attributs est la résultante de multiples exactions parmi lesquelles des meurtres, des viols collectifs, des arrestations et détentions arbitraires, des longues détentions provisoires illégales sans procès, des tortures et séditions, des disparitions, des exécutions sommaires et extra-judiciaires etc…commis sur un peuple paisible et tolérant qui n’aspire qu’au minimum de services sociaux de base.

 

Il apparaît important de souligner que toute personne ne doit subir que la correction de la loi et que nul ne peut être exécuté comme le cas de ce policier sans une condamnation par une juridiction compétente.

 

Ces différentes exactions qui sont confirmées par des rapports des organisations non gouvernementales, des Nations Unies ainsi que des organismes de défense des droits humains fragilisent et détruisent l’ensemble de l’édifice de l’État de droit.

 

Effrayé par le cadavre mutilé du policier jeté à la morgue comme un chien, le citoyen lambda s’interroge :

 

1- Quels étaient les termes de référence du contrat qui liait le pouvoir de Bangui avec les groupes paramilitaires de Wagners ?

 

2- Le mutisme, le silence inquiétant voire l’omerta du pouvoir de Bangui face aux exactions, aux atrocités commises sur le peuple équivaut-il à un consentement tacite ?

 

3- Les populations de la zone de l’AES qui coopère aussi avec les Wagners subissent-elles les mêmes sorts que les centrafricains ?

 

4- Dans la négative et en dehors de calculs appetitaires liés à la sauvegarde de son pouvoir, qu’est-ce qui peut légitimement justifier cette hégémonie prédatrice ?

 

5- A travers l’assassinat crapuleux de ce policier, la septième République envisagée promet-elle un septennat de souffrance au peuple centrafricain ?

 

6- Enfin et au regard des constats, le président de la République française Emmanuel Macron avait-il tort d’affirmer que le président centrafricain était un otage des Wagners ?

 

En tout état de cause, face aux exactions qui se multiplient et qui se banalisent devant le regard impuissant de la ligue centrafricaine des droits de l’homme qui caresse le pouvoir de Bangui dans le sens du poil, il est inutile d’évoquer la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire.

 

La capitulation sans réserve des parlementaires centrafricains devant leurs responsabilités régaliennes qui en deux décennies de gouvernance n’ont initié aucune motion de censure ni la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire, nous sollicitons de la communauté internationale et des partenaires au développement la mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante pour clarifier les différentes atteintes aux droits fondamentaux et de tirer les conséquences juridiques, politiques et diplomatiques.

 

Au regard des enlèvements, détentions, tortures et homicides dans un climat où personne n’est en sécurité, nous appelons la population centrafricaine à rester vigilante, solidaire et mobilisée pour organiser la résistance pacifique contre ce pouvoir sanguinaire conformément aux exigences des dispositions des articles 28 et 29 de la constitution du 30 mars 2016 qui nous autorise de faire obstacle à l’autorité illégitime.

 

En attendant cette septième République pour la consécration de l’illusion, de la chimère et de la satisfaction des calculs appetitaires, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signale que forcer un mandat supplémentaire illégal n’est pas la solution idoine aux maux centrafricains car il n’est qu’une aggravation des causes du problème c’est-à-dire qu’il ne fait que prolonger un pouvoir mais ne résout pas la crise qui à la longue risque de vous rattraper.

 

Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré et meurtri dans son âme qui ne parle pas…

 

Attention Monsieur le Président, la peur corollaire de l’indifférence et de l’inaction du peuple vous donne l’impression que vos errements, vos mépris envers le peuple sont légitimes et légaux.

 

Ce pays qui symbolise le sacrifice de vie et l’héritage du feu Président fondateur Barthélémy Boganda à connu de pires tyrans que vous mais qui ont fini leur mégalomanie dans la poubelle de l’histoire.

 

Un penseur disait que le pouvoir de l’État n’est pas un héritage familial où on negocie des mandats supplémentaires indéfiniment mais au contraire il s’agit d’une responsabilité limitée dans le temps alors n’attendez pas que le peuple dépositaire de la souveraineté vous chasse pour comprendre que c’est le moment de partir.

 

Attention Monsieur le tyran, nous avons le flair et l’aptitude de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.

 

Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…

 

Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent.

 

Avant de finir et outre les affaires des frères Dondra, de la famille Sayo, du Docteur Erenon et autres, nous demandons justice avec force pour tous et plus particulièrement pour ce policier lâchement assassiné et mutilé par les mercenaires du groupe Wagners et qui symbolise à ce jour la goutte d’eau qui a débordé le vase.

 

Mais attention, ne le dites à personne…

 

Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.

 

 

Limassa le 07 Février 2026

 

Bernard SELEMBY DOUDOU.

Juriste, Environnementaliste.

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Encerclée par les forces du désordre, la ville de Obo a été secoué durant 4 heures. Fouille porte par porte, arrestation et tabassage des habitants

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Encerclée par les forces du désordre, la ville de Obo a été secoué durant 4 heures. Fouille porte par porte, arrestation et tabassage des habitants

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/La-ville-de-Obo-dans-la-prefecture-du-Haut-Mbomou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Encerclée par les forces du désordre, la ville de Obo a été secoué durant 4 heures. Fouille porte par porte, arrestation et tabassage des habitants
La ville de Obo, dans la préfecture du Haut-Mbomou. CopyrightMinusca

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La ville de Obo, capitale provinciale du Haut-Mbomou, au sud-Est de la RCA, s’est réveillée dans la terreur ce vendredi 6 février 2026. Dès quatre heures du matin, gendarmes, policiers, militaires et mercenaires du groupe Wagner ont encerclé la ville. Pendant plus de trois heures, ces unités de la mort ont ratissé chaque recoin, fouillant les habitations méthodiquement. Le secteur de la mission AIM a été bouclé en premier, puis les équipes se sont déployées dans le quartier arabe, puis dans tous les quartiers.

 

Malgré cette mobilisation spectaculaire, les patrouilles n’ont découvert ni armes, ni munitions, ni matériel militaire. Les perquisitions se sont poursuivies de maison en maison sans résultat. Pourtant, dans le quartier Banguito, les forces ont arrêté un jeune homme qui tient une kiosque de pharmacie du quartier. Ce commerçant vendait des médicaments et autres produits de santé pour gagner sa vie.

Encerclée par les forces du désordre, la ville de Obo a été secoué durant 4 heures. Fouille porte par porte, arrestation et tabassage des habitants
Dans le marché central d’Obo. Photo CNC

 

Le détail de cette arrestation se retrouve dans le passé de ce jeune. Il avait effectivement reçu une formation militaire dispensée par les Russes de la milice Wagner et intégré les rangs de l’armée nationale avec deux cents autres recrues issues de la milice d’autodéfense Azandé. Ces combattants ont été désarmés sur ordre des mercenaires russes et renvoyés à la vie civile. Depuis, le jeune arrêté s’était reconverti dans le commerce pharmaceutique, loin de toute activité armée.

 

Conduit au poste de la gendarmerie, le jeune commerçant connu sous le sobriquet de KD a été roué de coups pendant des heures. Les sévices infligés l’ont laissé dans un état critique, au bord de la mort. Transporté d’urgence à l’hôpital, son pronostic vital reste engagé. Rien ne justifie une telle violence puisque la fouille n’a rien donné et que l’homme menait une existence paisible.

Le jeune victime des forces de désordre à Obo dans la journée du 6 février 2026
Le jeune victime des forces de désordre à Obo dans la journée du 6 février 2026

 

Cette opération interroge d’autant plus que la ville de Obo n’a connu aucun incident armé. Contrairement à Mboki, Djema, Zemio ou Bambouti qui ont été le cadre d’affrontements, la ville restait calme. Aucun coup de feu n’y a retenti depuis le début des troubles l’année dernière dans la région. Pourtant, le préfet Léonard Mbélé, colonel de l’armée, multiplie les appels aux forces russes pour qu’elles interviennent.

 

Ce responsable préfectoral semble attirer délibérément les problèmes vers Obo alors que la menace se situe ailleurs. Il donne des instructions pressantes aux mercenaires et aux soldats, déclenchant une série d’abus contre les habitants. La population locale ne comprend pas cette acharnement ni cette présence militaire disproportionnée dans une zone épargnée par les combats.

 

Même les propos tenus par certains responsables des forces de désordre aggravent la situation. Le commandant de compagnie de la gendarmerie a publié sur WhatsApp des messages haineux visant l’ethnie Zandé. Il a déclaré vouloir “en finir avec la race des Zandés”, des paroles ouvertement génocidaires. À leur poste de contrôle, des gendarmes ont menacé un cultivateur en affirmant qu’ils allaient exterminer tous les Zandés et incendier la ville.

 

Ces déclarations outrageuses circulent librement sans que personne n’intervienne. La Minusca, présente sur place, observe ces dérives sans réagir. La mission onusienne se contente de produire des faux rapports sur la République centrafricaine. Elle valide tacitement les exactions commises contre les civils au lieu de protéger les populations comme son mandat l’exige.

 

La distinction entre forces de l’ordre et forces du désordre devient floue en Centrafrique. Certes, quelques éléments intègres subsistent parmi les policiers, gendarmes et militaires. Mais leur nombre insignifiant les rend invisibles au milieu de la masse de ceux qui sèment le chaos. L’image collective des forces de sécurité s’en trouve totalement dégradée aux yeux des citoyens.

 

L’homme torturé à Obo est un exemple parfait de cette dérive généralisée. Ancien milicien d’autodéfense désarmé et réinséré, il avait tourné la page militaire pour devenir un simple pharmacien de quartier. Sa capture et les tortures subies montrent combien la violence d’État peut s’abattre sur n’importe qui. Le préfet Léonard Mélé porte la responsabilité directe de cette escalade en sollicitant sans cesse l’intervention des mercenaires russes dans une ville qui ne demandait rien.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Éric Nzapa

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« Nous sommes dans une phase de gangsterisme décomplexée » : Ziguélé dénonce les dérives électorales

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« Nous sommes dans une phase de gangsterisme décomplexée » : Ziguélé dénonce les dérives électorales

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/ziguele.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/ziguele.jpg” alt=”“Vous changez juste le nom des pays, c’est le même texte” : Martin Ziguelé égratigne le rapport de l’Union africaine sur les élections groupées du 28 décembre 2025 en RCA” width=”300″ height=”225″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/ziguele.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/ziguele-80×60.jpg 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/ziguele-265×198.jpg 265w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />
Le porte-parole du BRDC, le député de Bocaranga 3 Martin Ziguelé lors de la conférence de presse de l’opposition démocratique à Bangui le 25 septembre 2025. Photo CNC

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Invité sur la chaine allemande DW en version française, Martin Ziguélé a décrit un système politique où les mécanismes électoraux sont utilisés pour verrouiller le pouvoir. L’ancien Premier ministre explique que les règles censées garantir un vote libre sont modifiées en amont, ouvrant la voie à des pratiques qui détournent l’expression des électeurs.

 

Martin Ziguelé affirme que les problèmes commencent dès la rédaction des textes qui encadrent les scrutins. Les commissions les plus sensibles sont confiées à des proches du régime, les listes électorales sont ajustées selon les intérêts du pouvoir et des obstacles administratifs empêchent une partie de la population de voter. Pour lui, ces décisions orientent déjà le résultat, bien avant l’ouverture des bureaux de vote.

 

Il décrit un fonctionnement où des groupes installés au cœur de l’appareil d’État contrôlent l’accès aux institutions électorales. Cette organisation réduit l’espace pour une véritable compétition politique et place les candidats d’opposition face à un processus qu’il juge déséquilibré. Selon lui, ce modèle rappelle des pratiques observées en Amérique latine dans les années 60, lorsque certains dirigeants utilisaient l’État pour éliminer toute concurrence.

 

Ziguélé souligne que l’absence de réaction des institutions africaines comme l’Union africaine renforce cette dérive. Les dirigeants présentent les scrutins comme ouverts, alors que les résultats sont déjà orientés. Cette situation affaiblit la confiance des citoyens, qui constatent que leur vote ne change plus l’issue politique.

 

Il prévient que ces méthodes alimentent les tensions, car la population voit disparaître les garanties qui protègent normalement son choix. En parlant de « gangsterisme décomplexé », Ziguélé résume l’idée d’un système où la légalité n’est plus la référence centrale et où les réseaux au pouvoir imposent leurs décisions sans contrepoids.

 

Par Gisèle MOLOMA

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La population centrafricaine s’agrandit avec la naissance de trois nouveau-nés triplés à Gordile

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La population centrafricaine s’agrandit avec la naissance de trois nouveau-nés triplés à Gordile

 

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La maman avec ses triplés à Gordile

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

À Gordile, une localité de la sous-préfecture de Ouandja, dans la province de la Vakaga,  une mère vient de donner vie à trois bébés en même temps, un événement qui réjouit toute la communauté locale.

 

Cette naissance exceptionnelle s’inscrit parmi ces moments rares qui signe la mémoire collective. Les triplés, trois petites vies arrivées ensemble, portent en eux l’espoir et la joie pour leur famille et leur entourage. La mère, dont le courage a été salué par tous, se repose désormais entourée de l’affection des siens.

 

Dans cette région nord-Est de la République centrafricaine, chaque naissance multiple est perçue comme une bénédiction particulière. Les habitants de Gordile n’ont pas manqué d’exprimer leur bonheur et leur solidarité envers cette famille qui vient de s’agrandir d’un coup. Les voisins et proches se relaient pour apporter leur soutien à la jeune maman.

 

Les trois nouveau-nés se portent bien selon les premiers échos reçus par la rédaction du CNC. Leur arrivée dans ce monde a déjà commencé à tisser de nouveaux liens entre les familles du quartier. Les discussions vont bon train sur les prénoms à choisir et sur l’avenir de ces enfants.

 

Cette nouvelle a rapidement circulé au-delà de Gordile, atteignant d’autres villages de la sous-préfecture. Nombreux sont ceux qui voient dans cette naissance un présage favorable pour toute la région. Les félicitations affluent de partout, confirmant l’importance accordée à ces naissances multiples dans la culture musulmane.

 

La famille reçoit actuellement l’aide de la communauté pour faire face aux besoins qu’implique l’arrivée de trois bébés simultanément. Des dons de vêtements, de lait et d’autres produits essentiels commencent à arriver. L’entraide communautaire montre toute sa force dans ces moments de joie partagée.

 

Les autorités locales ont également pris acte de cet heureux événement qui enrichit le registre démographique de la zone. Cet accroissement naturel de la population locale témoigne de la vitalité de ces communautés rurales qui continuent de grandir malgré les défis quotidiens.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Barthelemy Kossi

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La Centrafrique est devenue un pays des morts : un gardien égorgé lors d’un cambriolage à Bimbo

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La Centrafrique est devenue un pays des morts : un gardien égorgé lors d’un cambriolage à Bimbo

 

La Centrafrique est devenue un pays des morts : un gardien égorgé lors d’un cambriolage à Bimbo
La victime du braquage à Bimbo dans la nuit du vendredi à samedi 7 février 2026

 

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Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La Centrafrique continue de vivre au rythme des violences quotidiennes, entre exactions des miliciens du groupe russe Wagner et criminalité urbaine galopante.

 

Dans la nuit de vendredi à samedi, aux alentours d’une heure du matin, une attaque meurtrière a eu lieu juste derrière la mairie de Bimbo, dans la périphérie sud-ouest de Bangui. Un groupe d’assaillants armés de couteaux et de machettes a pris d’assaut une papeterie locale. Le gardien qui veillait sur les lieux n’a pas eu le temps de se défendre.

 

Les agresseurs l’ont tué sur-le-champ en lui tranchant la gorge avec leurs couteaux. Une fois leur victime abattue, ils ont fouillé l’entreprise de fond en comble. Plusieurs articles et équipements ont disparu pendant que le corps du malheureux gisait au sol.

 

Les forces de l’ordre, arrivées après les faits, ont procédé aux premières constatations. La dépouille du gardien a été emmenée vers la morgue pour les formalités d’usage. Les auteurs de ce meurtre restent pour l’instant inconnus des services de sécurité.

 

Les habitants de Bimbo vivent désormais dans une angoisse permanente. Chaque nuit apporte son lot d’incertitudes et de dangers. Les vols avec violence se multiplient dans la zone sans que les patrouilles ne parviennent à endiguer le phénomène.

 

Cette attaque rappelle la fragilité de la situation sécuritaire dans les quartiers de la capitale Bangui. Les commerçants et les veilleurs de nuit paient un lourd tribut à cette insécurité rampante. Beaucoup d’entre eux se demandent combien de temps ils pourront encore exercer leur métier dans ces conditions.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Anselme Mbata

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Le festival de la dictature en Afrique centrale : Denis Sassou Nguesso se lance dans un cinquième mandat

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Le Festival de la dictature en Afrique centrale : Denis Sassou Nguesso se lance dans un cinquième mandat

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/12/denis-sassou-nguesso-et-faustin-archange-touadera-a-brazzaville-congo.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le festival de la dictature en Afrique centrale : Denis Sassou Nguesso se lance dans un cinquième mandat
denis-sassou-nguesso-et-faustin-archange-touadera-a-brazzaville-congo – Centrafrique : Denis Sassou Nguesso très remonté contre Faustin Touadera.

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Entre Paul Biya qui approche les 92 ans au Cameroun et les nouvelles dynasties qui émergent au Gabon, Denis Sassou Nguesso poursuit la tradition des présidents à vie. À 82 ans, il vise un cinquième mandat lors de la présidentielle du 15 mars 2026.

 

Denis Sassou Nguesso et son homologue centrafricain Faustin-Archange Touadéra rêvent d’assister aux funérailles du président camerounais Paul Biya. En attendant, le dirigeant congolais de 82 ans annonce sa candidature pour un cinquième mandat. Cette déclaration intervient le 5 février 2026, date anniversaire de sa première prise de pouvoir en 1979.

 

L’annonce a été faite lors de la Grande foire agricole du Congo, à Bambou-Mingali, au nord de Brazzaville, devant un parterre de responsables et d’agriculteurs. Le président a choisi ce cadre agricole pour officialiser ses ambitions, marquant ainsi son engagement dans la diversification économique du pays.

 

« Je dis que je vais accompagner ce mouvement parce qu’il va prendre de l’ampleur. Je vais accompagner ce mouvement et je vous dis aussi directement que pour cela, je vais faire acte de candidature », a-t-il déclaré devant l’assistance. Ces mots résonnent comme une confirmation de ce que beaucoup redoutaient déjà dans la région.

 

Avec 41 années cumulées à la tête du Congo-Brazzaville, entre 1979 et 1991 puis depuis 1997 jusqu’à aujourd’hui, Sassou Nguesso incarne la figure du dirigeant inamovible. Son parcours s’inscrit dans une logique dynastique qui gangrène l’Afrique centrale, où les présidents s’accrochent au pouvoir malgré leur âge avancé et l’usure du temps.

 

Paul Valentin Ngobo, ministre de l’Agriculture, a profité de l’événement pour saluer l’engagement présidentiel dans le secteur agricole. « Cette foire n’est pas une vitrine de circonstance, elle est une œuvre nationale, une décision politique au sens le plus élevé, celle de mettre la terre au centre du projet national », a-t-il affirmé. Ses propos s’inscrivaient dans la continuité du discours gouvernemental sur la nécessité de diversifier l’économie.

 

Le contexte économique actuel rend pourtant cette candidature particulièrement délicate pour le Congo-Brazzaville. Le pays, dépendant du pétrole, peine à créer des emplois pour sa jeunesse et à développer d’autres secteurs porteurs malgré ses ressources naturelles abondantes.

 

La campagne de dépôt des candidatures, ouverte depuis le 28 janvier, se clôturera le 12 février à la direction générale des affaires électorales. Chaque prétendant doit constituer un dossier complet respectant les critères définis par la législation congolaise. Le président sortant dispose donc encore de quelques jours pour finaliser formellement sa candidature.

 

L’âge du candidat Sassou Nguesso, 82 ans, soulève des interrogations légitimes sur sa capacité à gérer les défis des cinq prochaines années. Si l’on ajoute un mandat de cinq ans à son âge actuel, il atteindrait 87 ans en fin de mandat, voire 92 ans s’il envisageait un sixième mandat. Cette perspective rappelle celle de Paul Biya au Cameroun, qui règne depuis 1982 et affiche désormais 91 ans.

 

L’Afrique centrale semble prisonnière d’un système où les dirigeants refusent de céder la place aux nouvelles générations. Au Gabon, le nouveau président issu du coup d’État militaire laisse planer l’ambiguïté sur ses intentions futures, alimentant les craintes d’une énième dynastie. La République démocratique du Congo, avec ses propres défis politiques, complète ce tableau régional préoccupant.

 

Le scrutin du 15 mars prochain s’annonce comme un rendez-vous où Sassou Nguesso devra convaincre une population majoritairement jeune, confrontée au chômage et à la précarité. La diversification économique, promise depuis des années, reste un chantier inachevé malgré les ressources forestières et agricoles dont dispose le pays. Les autres candidats potentiels disposent encore de quelques jours pour finaliser leurs dossiers et rejoindre officiellement la course​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Maurice Passi

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Yves Sangami, porte-parole du candidat Dologuelé  accuse l’ANE d’avoir volé l’élection pour donner à Touadera

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Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/anicet-georges-dologuele.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/anicet-georges-dologuele.jpg” alt=”Yves Sangami, porte-parole du candidat Dologuelé  accuse l’ANE d’avoir volé l’élection pour donner à Touadera Yve” width=”300″ height=”209″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/anicet-georges-dologuele.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/anicet-georges-dologuele-100×70.jpg 100w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />
L’opposant centrafricain Anicet-Georges Dologuelé, leader de l’URCA. Photo Jeune Afrique

 

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Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le porte-parole d’Anicet-Georges Dologuélé tire à boulets rouges sur l’Autorité nationale des élections. Yves Sangami détaille, preuves à l’appui, comment les responsables des bureaux de vote ont privé les candidats de leur droit de vérifier les résultats.

 

L’équipe de campagne avait pourtant tendu la main. Yves Sangami raconte que les partisans de Dologuélé ont multiplié les rencontres avec la direction de l’ANE avant le scrutin. Ils ont écrit, ils ont été reçus par le président de l’institution en personne, accompagné de Zitongue. L’objectif était simple : aider à corriger les dysfonctionnements avant qu’il ne soit trop tard. Le pays organisait quatre scrutins en même temps pour la première fois. Chacun devait contribuer à la réussite de l’opération. Mais leurs alertes sont restées lettre morte.

 

Premier accroc majeur : les listes définitives des électeurs.

La loi impose à l’ANE de les afficher publiquement. Cela n’a jamais été fait nulle part dans le pays. L’institution s’est contentée de dire que ces listes étaient disponibles sur internet. Or, à peine sept pour cent des Centrafricains ont accès à la toile. Comment un citoyen peut-il vérifier son inscription s’il ne peut pas consulter la liste ? L’ANE a ensuite prétendu que les listes étaient disponibles dans ses bureaux locaux. À Bozoum, cela signifiait qu’un villageois devait parcourir 80 kilomètres à pied pour vérifier son nom. La loi exige un affichage par centre de vote, pas un stockage dans des bureaux administratifs lointains. Le jour du scrutin, de nombreuses personnes se sont présentées et n’ont pas trouvé leur nom. Elles ont été privées de vote.

 

Mais le scandale principal concerne les procès-verbaux de dépouillement. La loi est claire et ne laisse aucune place à l’interprétation : chaque représentant de candidat doit recevoir un exemplaire du procès-verbal immédiatement après le dépouillement. C’est obligatoire, automatique. Dans neuf bureaux de vote sur dix à travers le pays, cela n’a pas été respecté. Les présidents des bureaux ont gardé tous les exemplaires. Sans ce document, impossible de vérifier quoi que ce soit. Pas de contrôle démocratique. Les candidats ont été dépouillés de leur seul moyen de contester d’éventuelles irrégularités.

 

D’autres violations parsèment le dossier. Les forces de défense et de sécurité se sont installées à l’intérieur des centres de vote alors que la loi les cantonne à l’extérieur.

La proclamation des résultats devait suivre un ordre géographique strict, circonscription par circonscription, centre par centre, bureau par bureau. L’ANE a publié les chiffres dans un désordre complet. Un village de la Sangha-Mbaéré, puis un autre dans une préfecture à l’autre bout du pays.

 

Dans le quatrième arrondissement de Bangui, Yves Sangami a assisté à une scène qui défie l’entendement. Le président local de l’ANE à Gobongo a fait signer des procès-verbaux vierges aux mandataires des candidats. Dès leur arrivée pour le dépouillement, avant même que les enveloppes ne soient ouvertes, on leur demandait leur signature. Prétexte invoqué : matérialiser leur présence. Ensuite, le responsable conservait ces feuilles signées. Sangami a pris des photos, les a publiées sur internet. Il a appelé le commissaire électoral, maître Soleil, ainsi que le président de la commission des opérations électorales. Il leur a passé le responsable au téléphone. Ordre lui a été donné de remettre les documents. L’homme a dit oui, puis n’a rien fait. Quand le commissaire a proposé de se déplacer sur place, le responsable a fui avec son équipe.

 

Ces pratiques se sont répétées partout dans le pays. La preuve ? Le président de l’ANE lui-même a publié un communiqué le 29 décembre, 24 heures après le scrutin. Il demandait aux présidents des bureaux de vote de remettre les procès-verbaux aux mandataires. Mais comment retrouver ces responsables le lendemain ? Le mal était fait. Si les cas avaient été isolés, un simple coup de fil aurait suffi. Un communiqué national, c’est un aveu. L’institution reconnaît que le problème touche l’ensemble du territoire.

 

Yves Sangami a martelé son incompréhension face aux déclarations du rapporteur général de l’ANE.

Quand on dirige du personnel, on le forme correctement, on le déploie, on contrôle son travail sur le terrain. Les présidents des bureaux ont tous refusé de remettre les procès-verbaux. Ce n’est pas un accident, c’est une consigne. L’administration électorale a confisqué le seul outil permettant aux candidats de vérifier l’honnêteté du scrutin. L’ANE avait promis d’organiser les élections cinq ou six fois avant de trouver une date. Le code électoral a dû être modifié à plusieurs reprises pour s’adapter à son incapacité à respecter les délais.

 

Le porte-parole de l’URCA estime que l’institution a raté une occasion historique. Elle se félicite d’avoir conduit des élections réussies alors que la liste des manquements s’étire sur des pages entières. L’ANE n’a jamais voulu écouter les partenaires qui lui tendaient la main. Elle a préféré avancer seule, en violation de ses propres règles.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Anselme Mbata

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Dérapages sur la radio de Fidèle Gouandjika : José Richard Pouambi affirme n’avoir pas connaissance des propos injurieux et défend la radio Mille Collines avec des arguments ridicules

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 Le président du régulateur médiatique centrafricain, José Richard Pouambi, invité sur les antennes de la radio Ndékè-luka,  déclare prétendre découvrir aujourd’hui les dérapages verbaux répétés d’une station controversée dénommée « radio mille colline », affichant une cécité déroutante face aux accusations d’injures et d’abus d’antenne récurrents.

 

À lire aussi : Centrafrique : le préfet de Bamingui-Bangoran menacé par les mercenaires russes : « Ce qui est arrivé à Bilal va vous arriver »

Une radio du peuple qui porte le surnom d’une radio de la haine

 

Pour rappel, le ministre Fidèle Gouandjika a nommé sa station Radio Voix du Peuple. Mais dans les rues de Bangui, personne ne l’appelle ainsi. Les auditeurs la surnomment radio Mille Collines, en référence directe à la radio rwandaise qui a appelé au massacre en 1994.

À lire aussi : Souveraineté économique : la leçon de courage du Niger face à la démission des autorités centrafricaines

Dérapages sur la radio de Fidèle Gouandjika : José Richard Pouambi affirme n’avoir pas connaissance des propos injurieux et défend la radio Mille Collines avec des arguments ridicules

 

En effet, ce surnom ne sort pas de nulle part. Il vient du ton des émissions, des procès improvisés sur les ondes et des insultes qui reviennent presque chaque jours. Gouandjika, ministre conseiller à la Présidence de la République, s’improvise lui-même animateur sur sa propre station. Quand une population donne un tel surnom à la radio d’un proche collaborateur du dictateur, elle envoie un message clair à ceux qui sont censés surveiller les médias.

 

José Richard Pouambi déclare n’avoir pas pris connaissance des propos haineux diffusés sur cette radio mille colline

 

Interrogé sur la différence de traitement entre les médias critiques du pouvoir et la radio Voix du Peuple de Fidèle Gouandjika, le président du Haut Conseil de la Communication (HCC), José Richard Pouambi, a répondu en affirmant ne pas être informé des propos diffusés sur cette station.

 

José Richard Pouambi répond par l’ignorance

 

Face à cette question, José Richard Pouambi a expliqué qu’il n’était pas informé des propos litigieux diffusés sur Voix du Peuple. Il a également indiqué qu’il avait échangé avec le promoteur de la station et qu’il pouvait demander au service de monitoring du HCC d’enregistrer les émissions afin de vérifier les faits.

 

Cette réponse ne convainc pas face à la nature des accusations évoquées. Les dérapages dénoncés ne concernent pas une émission isolée apparue récemment. Ils sont présentés comme des pratiques répétées sur plusieurs années, avec des interventions en direct visant des personnes identifiées.

 

À l’antenne, des interlocuteurs sont parfois appelés directement au téléphone pour être interpellés publiquement sur des questions d’argent, de dettes ou d’engagements qui leur sont reprochés. Certains échanges prennent alors la forme de pressions et de menaces verbales. Des personnes sont mises en demeure de payer avec des avertissements sur les conséquences qu’elles pourraient subir en cas de refus.

 

Ces séquences constituent précisément le type de contenu qu’un organe de régulation peut surveiller après diffusion. L’argument consistant à dire qu’il faut d’abord disposer d’enregistrements ne répond donc pas entièrement à la question de fond : pourquoi ces émissions n’ont-elles pas fait l’objet d’un monitoring régulier alors que les mêmes pratiques sont dénoncées depuis longtemps ?

 

Une différence de traitement dénoncée

 

Le journaliste de RNL n’a pas interrogé le président du HCC sur un simple incident. Il l’a placé face à une différence de traitement dénoncée dans le paysage médiatique centrafricain.

 

Lorsque certains médias ou journalistes tiennent des propos critiques à l’égard du pouvoir, le HCC peut rapidement engager des procédures et prononcer des sanctions. Des décisions peuvent intervenir quelques jours, quelques semaines ou quelques mois après les faits.

 

La situation apparaît différente lorsqu’il s’agit de médias considérés comme proches du pouvoir. Les critiques concernant Voix du Peuple se répètent, mais aucune mesure publique comparable n’est régulièrement annoncée contre cette station pour les pratiques dénoncées.

 

Le problème soulevé par le journaliste de RNL n’est donc pas seulement de savoir si José Richard Pouambi a personnellement entendu tel ou tel propos. Il porte sur l’application uniforme des règles à l’ensemble des médias.

 

Fidèle Gouandjika au centre des critiques

 

Voix du Peuple est promue par Fidèle Gouandjika, ministre-conseiller à la présidence de la République. Il intervient lui-même régulièrement sur les antennes de la station et participe directement à la présentation et au traitement de sujets diffusés au public.

 

Cette proximité avec le pouvoir nourrit les critiques sur le fonctionnement du régulateur. José Richard Pouambi est lui-même connu pour son engagement politique au sein du Mouvement cœurs unis (MCU), le parti du président Faustin-Archange Touadéra. Sa fonction à la tête du HCC impose pourtant que les décisions de l’institution soient prises selon les mêmes règles pour les médias proches du pouvoir comme pour ceux qui lui sont critiques.

 

Le débat ne porte donc pas sur le droit de José Richard Pouambi à avoir des opinions ou des engagements politiques. Il porte sur l’exercice de sa fonction de président du régulateur des médias.

 

Des appels en direct qui ressemblent à des procès

 

Les émissions de Voix du Peuple sont particulièrement critiquées pour la manière dont certaines personnes sont interpellées en direct.

 

Des appels téléphoniques sont effectués pendant les programmes. Les personnes visées sont sommées de s’expliquer ou de régler certaines sommes qui leur sont réclamées. Lorsque l’intéressé refuse ou ne répond pas aux exigences formulées à l’antenne, des menaces de poursuites ou d’autres représailles peuvent être évoquées.

 

La radio devient alors, selon ses détracteurs, un espace de confrontation publique où des personnes sont accusées, interrogées et mises sous pression sans passer par une procédure judiciaire.

 

C’est cette pratique qui explique notamment l’expression de « procès en direct » utilisée par certains auditeurs pour qualifier les programmes de la station.

 

Le monitoring annoncé après l’interpellation

 

José Richard Pouambi a finalement annoncé avoir demandé au service de monitoring du HCC de suivre et d’enregistrer les émissions concernées. Les éléments recueillis pourraient ensuite être examinés par le collège du régulateur.

 

Cette annonce intervient après l’interpellation directe du journaliste de RNL. Elle donne l’impression que le contrôle de la station est déclenché à la suite d’une question publique plutôt que par un dispositif permanent de surveillance.

 

Le président du HCC affirme ainsi vouloir désormais disposer d’éléments concrets avant de se prononcer sur d’éventuelles sanctions.

 

Cette position contraste avec la rapidité reprochée au HCC lorsqu’il s’agit d’autres médias. Pour ses détracteurs, le régulateur ne peut pas réclamer des preuves et des enregistrements uniquement lorsqu’il s’agit d’une station proche du pouvoir, alors que des mesures rapides sont prises contre d’autres médias sur la base de propos diffusés à l’antenne.

 

La question posée sur RNL reste donc entière : si le HCC est réellement le régulateur de l’ensemble des médias centrafricains, pourquoi les mêmes règles ne produisent-elles pas les mêmes réactions face aux mêmes types de dérapages ?

 

Par Anselme Mbata

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Pourquoi l’économie numérique est plus cruciale que les ressources naturelles pour la Centrafrique

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Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/12/gourna-zacko-ministre-telecommunications.jpg” data-wpel-link=”internal”>Touadéra, vous aviez promis la fibre optique nationale, quatre data centers et mille points Wi-Fi gratuits en 2020 : cinq ans après, où sont vos réalisations ?
Gourna Zacko, ministre de télécommunications

 

Depuis son indépendance, la République centrafricaine (RCA) est souvent décrite par le paradoxe du “scandale géologique”. Ce terme désigne un pays immensément riche en sous-sol — diamants, or, uranium, bois précieux — mais dont la population demeure dans une précarité économique persistante. Cette dépendance historique aux matières premières a façonné une économie de rente, vulnérable aux chocs exogènes et aux convoitises internes. Pourtant, en ce début d’année 2026, un changement de paradigme s’opère silencieusement mais sûrement : la véritable richesse de la nation ne se trouve peut-être plus sous la terre, mais dans le “nuage” et les réseaux de fibre optique qui commencent à mailler le territoire.

 

L’idée que la stabilité à long terme de la Centrafrique repose sur l’infrastructure digitale plutôt que sur l’extraction minière gagne du terrain parmi les économistes et les décideurs politiques à Bangui. Alors que les ressources naturelles sont finies et géographiquement localisées, l’économie numérique offre une scalabilité et une résilience que les mines ne pourront jamais garantir. La transition vers une économie de services dématérialisés représente une opportunité unique de contourner les obstacles logistiques traditionnels qui ont longtemps freiné le développement du pays, offrant une voie de sortie au cycle de l’instabilité chronique.

Les limites du modèle économique basé sur l’extraction

 

Le modèle économique centrafricain a longtemps reposé sur une prémisse simple mais périlleuse : l’exportation de matières brutes financerait le développement national. Cependant, cette stratégie a montré ses limites dévastatrices. Les industries extractives, qu’il s’agisse de l’exploitation forestière ou minière, nécessitent des infrastructures physiques lourdes — routes, ponts, énergie — qui sont extrêmement coûteuses à maintenir dans un pays vaste et enclavé. De plus, la volatilité des prix sur les marchés mondiaux rend toute planification budgétaire à long terme hasardeuse, laissant l’État à la merci des fluctuations des cours du diamant ou du bois.

 

Au-delà des aspects purement financiers, l’économie de l’extraction a souvent alimenté les tensions sécuritaires. Les sites miniers, fixes et isolés, deviennent des cibles stratégiques pour les groupes armés cherchant à financer leurs opérations, créant un cercle vicieux où la richesse naturelle finance l’instabilité qui empêche son exploitation légale. Contrairement à une mine de diamants, une infrastructure numérique est décentralisée et beaucoup plus difficile à “capturer” physiquement par des acteurs malveillants, rendant l’économie digitale intrinsèquement plus résistante aux conflits localisés.

 

Enfin, l’industrie extractive génère peu d’emplois directs par rapport au capital investi et crée peu de valeur ajoutée locale, la transformation se faisant généralement à l’étranger. À l’inverse, l’économie du savoir et des services permet de valoriser le capital humain sur place. Pour une population jeune et de plus en plus connectée, le secteur minier apparaît comme un vestige du passé, tandis que le numérique offre des perspectives d’entrepreneuriat immédiates et accessibles sans nécessiter de capitaux massifs au départ.

L’essor méconnu des services mobiles et du divertissement

 

Si les grands projets d’infrastructures attirent l’attention des bailleurs de fonds, c’est au niveau du consommateur final que la révolution est la plus palpable. L’adoption du téléphone mobile en Centrafrique a permis un saut technologique majeur, le “leapfrogging”, permettant aux populations de sauter l’étape des lignes fixes pour accéder directement aux services modernes. Cette connectivité accrue a ouvert la porte à l’inclusion financière via le mobile money, permettant à des millions de citoyens non bancarisés de participer à l’économie formelle, de sécuriser leur épargne et de faciliter les transactions commerciales au quotidien.

 

Cette transformation des usages ne se limite pas aux services financiers ou administratifs ; elle touche profondément la sphère des loisirs et de la culture. L’accès à internet mobile a démocratisé le divertissement, permettant aux utilisateurs de consommer du contenu, de jouer et d’interagir en ligne sans les contraintes géographiques d’autrefois. Cette appétence pour le numérique transforme également les habitudes de consommation, une tendance analysée par des portails spécialisés qui observent comment la digitalisation redéfinit l’accès aux plateformes de jeux et de loisirs virtuels à travers le continent (source: https://casinobeats.com/fr/casino-en-ligne/).

 

L’impact social de cette connectivité mobile est immense, car elle brise l’isolement des zones rurales. Là où les routes sont impraticables pendant la saison des pluies, le signal mobile continue de passer, maintenant le lien économique et social. Les jeunes entrepreneurs de Bangui ou de Berberati n’attendent plus que l’État construise des usines ; ils utilisent leurs smartphones pour créer des services, vendre des produits en ligne et s’auto-former, prouvant que le dynamisme économique peut émerger de la base grâce aux outils numériques.

La connectivité comme vecteur de transparence et de sécurité

 

Pour le gouvernement, la digitalisation n’est pas seulement une question de modernisation, mais un impératif de souveraineté et de bonne gouvernance. La mise en place de systèmes numériques pour la collecte des impôts et la gestion des finances publiques a permis de sécuriser les recettes de l’État bien plus efficacement que ne l’ont fait des années de réformes administratives classiques. En réduisant l’intervention humaine directe dans les transactions financières, la technologie réduit les opportunités de corruption et augmente la traçabilité des fonds, un élément crucial pour rétablir la confiance avec les partenaires internationaux.

 

Les progrès sont tangibles et quantifiables, soutenus par des investissements massifs dans l’infrastructure de base. Grâce à l’interconnexion régionale et au déploiement de la fibre optique, le taux de pénétration d’Internet a bondi pour atteindre 30 % en 2025, une progression spectaculaire par rapport aux années précédentes. Cette infrastructure, qui relie désormais la RCA à ses voisins comme le Cameroun et le Congo, désenclave le pays numériquement, offrant une alternative vitale aux corridors de transport routier souvent perturbés.

 

L’impact macroéconomique de ces réformes commence à se faire sentir dans les indicateurs nationaux. Malgré un contexte mondial difficile, des rapports récents indiquent que la digitalisation des finances publiques a soutenu une croissance du PIB réel en 2024, prouvant que les services numériques peuvent agir comme un amortisseur économique. En diversifiant les sources de revenus de l’État au-delà des douanes et des mines, la RCA construit une assiette fiscale plus stable et plus juste, capable de financer les services sociaux essentiels sur le long terme.

Repenser les priorités d’investissement pour la prochaine décennie

 

Alors que nous avançons vers 2030, la priorité nationale doit résolument basculer de l’exploitation du sol à l’éducation des esprits. Le véritable défi pour la Centrafrique n’est plus de trouver de nouveaux gisements de diamants, mais de former une main-d’œuvre capable de coder, de gérer des réseaux et d’innover dans l’espace numérique. Les retards actuels en matière de compétences, notamment dans des domaines de pointe comme l’intelligence artificielle, ne sont pas une fatalité mais un appel à l’action pour réorienter les budgets de l’éducation vers les sciences et les technologies de l’information.

 

L’investissement dans les “autoroutes de l’information” doit être considéré comme aussi stratégique, sinon plus, que l’asphaltage des routes nationales. Un kilomètre de fibre optique coûte moins cher à poser et à entretenir qu’un kilomètre de route bitumée, tout en générant des retombées économiques immédiates et transversales. En favorisant l’émergence d’un écosystème de startups et en soutenant les initiatives privées dans la tech, l’État peut transformer sa démographie galopante en un atout économique majeur, plutôt qu’en une charge sociale.

 

La vision d’une Centrafrique numérique n’est pas une utopie technocratique, mais une stratégie de survie pragmatique. Dans un monde où la valeur se déplace vers l’immatériel, s’accrocher exclusivement aux matières premières est une stratégie du passé. En misant sur l’intelligence de sa jeunesse et la fluidité des réseaux, la RCA a l’opportunité de réécrire son histoire économique, passant d’un pays victime de ses ressources à une nation actrice de son innovation.

Par Éric Azzoumi

Suite à l’assassinat d’un policier de l’OCRB par les Wagner, la tension monte au sein de la police nationale.  Interview exclusive avec un gardien de la paix qui confirme que “nos institutions sont à la botte de Wagner”

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Suite à l’assassinat d’un policier de l’OCRB par les Wagner, la tension monte au sein de la police nationale.  Interview exclusive avec un gardien de la paix qui confirme que “nos institutions sont à la botte de Wagner”

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/02/les-militaires-russes-dans-un-pick-up-de-la-Gendarmerie-Nationale-IMG_7mai2018005155.jpg” data-wpel-link=”internal”>Suite à l’assassinat d’un policier de l’OCRB par les Wagner, la tension monte au sein de la police nationale.  Interview exclusive avec un gardien de la paix qui confirme que “nos institutions sont à la botte de Wagner”
Image d’illustration d’un mercenaire russe de la milice Wagner dans un véhicule de la gendarmerie à Bangui sur l’avenue Barthelemy Bogandales-militaires-russes-dans-un-pick-up-de-la-Gendarmerie-Nationale-IMG_7mai2018005155 – RCA : La manipulation, une longue tradition russe !

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 

Un policier centrafricain témoigne sous couvert d’anonymat de l’assassinat d’un collègue par les Mercenaires russes de la milice Wagner. Entre enlèvements, tortures et silence complice des autorités, il dénonce l’impunité totale dont jouissent ces rebelles russes déployés en Centrafrique. Interview exclusive du CNC à suivre.

 

CNC – Corbeau News Centrafrique : Bonjour Éric.

Éric Pia, policier : Bonjour.

 

CNC : Depuis quelques jours, on constate une tension palpable au sein de la Police nationale centrafricaine. Que s’est-il passé ?

Éric Pia : Actuellement, les policiers sont en colère, tellement en colère en ce moment à cause de l’assassinat sans raison de l’un d’entre nous par les forces russes du Groupe Wagner. Pour rappel, le 15 décembre dernier, des policiers détachés à l’Office central pour la répression du banditisme (OCRB) ont été kidnappés par les mercenaires russes. Durant un mois et quelques jours, les parents de ces policiers n’ont eu aucune nouvelle.

 

CNC : Comment les familles ont-elles été informées du sort de ces policiers ?

Éric Pia : Brusquement, le vendredi 30 janvier dernier, le directeur général de la police nationale, le général Bienvenu Zokoué a appelé la famille de l’un des policiers, c’est-à-dire le chef de poste de l’OCRB, pour venir prendre de l’argent pour aller faire la place mortuaire de ce policier. Ceci dit, le policier est mort. Mais la famille demande : s’il est mort, il faut juste ramener d’abord le corps à la famille, ramener le corps et peut-être expliquer d’où on l’a amené, pourquoi il est mort. Est-ce qu’il est malade ou pas ? Mais justement, on les appelle, on donne l’argent, un million, on dit qu’on va faire la place mortuaire. Et c’est quand ils font pour payer le transport. C’est quelle gifle, quelle gifle faite à la famille.

 

CNC : Quelle est la réaction au sein de la police face à cette situation ?

Éric Pia : Nous au sein de la police, avec ce cas du policier tué lâchement par les russes, nous sommes très très très très en colère à travers cela. Je tiens à rappeler que ça s’est passé avec les russes depuis les villes de province, : les militaires sont tabassés, tués, on ne dit rien. Et c’est arrivé maintenant dans la capitale. Ici, Dans la capitale, on prend les gens, on les amène dans un endroit réservé uniquement aux russes, on les tue. Les civils, on les tue.

 

CNC : Vous parlez de torture et d’assassinats. Pouvez-vous nous donner des exemples concrets ?

Éric Pia : Souvenez-vous, au quartier KM5, dans le 3ème arrondissement, ils ont tué presque 12 militaires. Ce sont des anciens miliciens d’autodéfense de PK5, qui ont été intégrés dans l’armée nationale. Ils ont tué presque 12. Non seulement ça, souvent, les russes viennent ici à l’OCRB, ils récupèrent les gens, ils vont là-bas dans leur coin, ils les tuent. Et ça arrive maintenant sur nous, nous les policiers.

 

CNC : Comment expliquez-vous le silence des institutions face à ces exactions ?

Éric Pia : Nos institutions sont toutes à la botte de Wagner, des Russes. C’est quoi cette histoire ? Toutes les institutions là, toutes nos institutions sont à la botte de Wagner. Aucune institution n’est indépendante dans ce pays. Aucune institution n’est indépendante. Imaginez, on enlève un policier par les russes, les familles sont parties, elles sont venues demander à la direction générale : le policier est où ? Il est où ? Il est où ? On l’a amené où ? Silence. On ne donne même pas de raison. Et la seule réponse, quelques jours plus tard, on parle de la mort. On donne l’argent pour aller faire la place mortuaire. C’est quelle gifle ?

 

CNC : Quel est le rôle du ministère de la Sécurité publique dans tout ça ?

Éric Pia : L’institution, c’est-à-dire le ministère de la Sécurité publique, est le garant de la protection des policiers. Si quelque chose ne va pas, on doit demander des informations, on doit protéger les policiers dans l’exercice de leur fonction. On n’est pas soumis dans une république bananière ici, on est dans un État de droits. Mais ici chez nous, dans la capitale, il y a des rebelles qui circulent librement, qui kidnappent les gens. Les Russes sont des rebelles. Ce ne sont pas des forces réglementaires, ce sont des rebelles Comme ce sont les autorités du pays qui les ont amenés ici, ils les autorisent à faire tout ce qu’ils veulent.

 

CNC : Que craignez-vous pour l’avenir si cette situation continue ?

Éric Pia : Non, mais ça ne va pas. Si ça continue là, si ça continue comme ça, le pays là ne va pas être bien. Franchement, Touadéra doit prendre sa responsabilité. Le président Touadéra doit prendre sa responsabilité, puisque c’est lui qui les a fait venir ici, et qu’il leur a donné toute autorisation de crime. On le dit, et c’est notre dernier mot : Touadéra doit prendre sa responsabilité. Parce que c’est lui qui a amené ce Wagner. Et ça commence à devenir insupportable.

 

CNC : Merci Éric pour ce témoignage courageux.

Éric Pia : C’est à moi de vous remercier de nous donner la parole. Il faut que les Centrafricains sachent ce qui se passe réellement dans ce pays.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Propos recueillis par Gisèle MOLOMA

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Festival des crimes des Wagner à Kpabou :  le président de la jeunesse égorgé, les habitants sommés de vider le village

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Festival des crimes des Wagner à Kpabou :  le président de la jeunesse égorgé, les habitants sommés de vider le village

 

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/06/Deux-mercenaires-russes-de-Wagner-occupant-lEtat-major-des-rebelles-en-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>Festival des crimes des Wagner à Kpabou :  le président de la jeunesse égorgé, les habitants sommés de vider le village
Deux Mercenaires russes de Wagner occupant l’Etat-major des rebelles

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le village de Kpabou, situé non loin de Mboki, dans la préfecture du Haut-Mbomou, a connu une matinée sanglante après une opération des mercenaires de la milice russe  Wagner ayant coûté la vie au président de la jeunesse, monsieur Moïnga,  et aux tabassage en règle des habitants.

 

Pour comprendre cette histoire, le village Kpabou se trouve à environ quinze kilomètres de Mboki sur la route menant à Zémio, dans une zone déjà habituée aux passages des mercenaires russes. Ce mardi 3 février 2026, peu après 9 heures du matin, le calme habituel de ce village agricole a été rompu.

 

Selon des informations recoupées par la rédaction de CNC, des mercenaires du groupe Wagner ont quitté tôt dans la matinée la ville de Mboki en direction de Zémio. En avançant sur cet axe, leur convoi s’est arrêté dans le village agricole de Kpabou.

 

À partir de cet arrêt, la situation a basculé dans la terreur. Sur place, les mercenaires ont encerclé la zone et commencé à s’en prendre aux habitants. D’ordinaire, la population se disperse dès leur arrivée, mais cette fois, l’intervention a été rapide et imprévue.

 

Pris de court, de nombreux villageois ont été rattrapés par ces criminels de Touadera et de Poutine. Des tabassages ont commencé en public, sous les regards impuissants des habitants rassemblés de force.

 

Au cours de cette scène de violence publique, le président de la jeunesse locale, monsieur Moïnga  a été égorgé publiquement devant la population. Son corps est resté exposé, pendant que les cris et la panique gagnaient le village.

 

Après cet acte, la peur s’est installée dans tout le village de Kpabou. Les mercenaires russes ont lancé un ultimatum aux habitants de vider le village dans 48 heures à partir de mardi 03 février 2026. Tout le monde  doit quitter pour rejoindre la ville de Mboki. En cas de refus, la correction sera plus grave contre les récalcitrants, lancent-ils aux habitants.

 

Pour les mercenaires russes, ce sont les habitants de Kpabou qui nourrissent les miliciens d’autodéfense Azandé. Et c’est grâce à la contribution des villageois que ces miliciens ne meurent pas de faim dans la forêt.  Pour tenter de couper court à leur ravitaillement, la seule stratégie pour ces criminels de Touadera est de vider tous les villages environnants des grandes agglomérations du Haut-Mbomou.

 

Il est à noter que le village Kpabou est le principal village agricole qui ravitaille la ville de Mboki, déjà coupée des autres localités comme Zemio et Obo, où les routes sont dans de très mauvais état.

 

Vider le village de Kpabou, revient à affamer tous les habitants de Mboki indirectement. Et ça, tout le monde le sait. D’ailleurs, dans le Haut-Mbomou, les Wagner ne veulent plus voir les gens aller aux champ. À Obo, le lundi dernier,   ces criminels de Touadera sont partis dans la forêt chercher des cultivateurs et les ont frappé un par un. Pour les Wagner, si les populations ne cultivent plus, les miliciens Azandé vont mourir de faim, et ils seront contraints de sortir de leur maquis. C’est une très mauvaise stratégie qui pourrait plonger tout une région dans la grande famine. Et ce, la communauté internationale ne fait que regarder ce crime contre l’humanité sans réagir. Bien au contraire, elle applaudit la stratégie de Wagner qui fait souffrir les centrafricains.

 

Comme dit Touadera, « Kwa àké goué ti lo goué ngo ! » La mort va frapper tout le monde ! Selon la traduction littéraire en français que les citoyens préfèrent se moquer de ce slogan criminel dans le Haut-Mbomou.

 

Par Éric Nzapa

 

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Suspendue par le ministère des Mines, l’IMC a repris déjà toutes ses activités à Gobolo après autorisation de l’état-major

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Suspendue par le ministère des Mines, l’IMC a repris déjà toutes ses activités à Gobolo après autorisation de l’état-major

 

Suspendue par le ministère des Mines, l’IMC a repris déjà toutes ses activités à Gobolo après autorisation de l’état-major
Logo de l’industrie minière de Centrafrique (IMC)

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Quelques jours après avoir bloqué les opérations minières à Gobolo, le ministère des Mines voit son autorité contournée par une décision venue soi-disant de l’état-major des forces armées centrafricaines.

 

Le retour la semaine dernière des inspecteurs du ministère des mines  à Bangui avait laissé le chantier de Gobolo dans un silence inhabituel. Les ouvriers chinois attendaient des instructions, le géologue sur place hésitait sur la marche à suivre. Personne ne savait exactement comment interpréter cette suspension ni combien de temps elle durerait. Les premiers jours se sont écoulés dans cette incertitude, chacun surveillant son téléphone.

 

Puis les communications ont commencé à circuler entre Bangui et Gobolo. Le commandant Lamtagué, directeur de la sécurité de l’IMC, a pris les choses en main depuis la capitale où il se trouvait déjà cinq jours avant l’arrivée des inspecteurs. Contrairement à ce qu’on aurait pu attendre d’un responsable de sécurité, il ne s’est pas contenté de protéger le site. Il a décidé de relancer les opérations.

 

Les appels téléphoniques se sont multipliés. Lamtagué contactait les responsables chinois restés à Gobolo, leur donnait des directives précises. Selon lui, l’état-major avait autorisé la reprise du travail. Cette version s’est propagée rapidement parmi les employés du chantier. Les Chinois ont reçu le message avec soulagement et se sont empressés de préparer les machines.

 

Le géologue présent sur le site a tenté de freiner cet empressement. Il connaissait les risques juridiques, savait que défier une décision ministérielle pouvait coûter cher à l’entreprise. Mais sa voix s’est perdue dans le brouhaha des instructions contradictoires. Les Chinois ne voulaient rien entendre, protégés par l’aval militaire qu’ils pensaient avoir reçu.

 

Face à cette confusion, les responsables du chantier ont contacté l’inspecteur du ministère des Mines basé à Aba. Celui-ci leur a proposé un compromis : nettoyer le gravier déjà extrait, trier ce qui restait en surface, mais ne pas relancer l’exploitation proprement dite. La suspension devait rester en vigueur jusqu’à régularisation complète du dossier.

 

Mais depuis Bangui, Lamtagué maintenait une version différente. Au téléphone, il répétait que l’état-major avait tranché, que les activités devaient reprendre immédiatement. Les Chinois ont choisi d’écouter celui qui commandait les soldats plutôt que celui qui détenait la compétence administrative. Les engins sont retournés à la carrière dès le lendemain.

 

Cette situation crée maintenant un vide juridique dangereux. D’un côté, un ministère technique suspend un permis d’exploitation pour non-conformité. De l’autre, le directeur de la sécurité de l’IMC ordonne la reprise du travail en invoquant une autorisation de l’état-major. Entre les deux, les exploitants chinois avancent en sachant qu’ils sont couverts par des uniformes.

 

Le commandant Lamtagué avait déjà montré son engagement envers les intérêts de l’IMC lors de l’arrivée des inspecteurs. Bien qu’absent physiquement de Gobolo, parti à Bangui cinq jours plus tôt, il coordonnait tout depuis la capitale. C’est lui qui avait autorisé le sergent-chef à mobiliser les soldats pour intimider les agents du ministère. Les armes sorties, le recul forcé des inspecteurs, tout cela s’était déroulé sous ses instructions téléphoniques.

 

Pendant que les inspecteurs vérifiaient les bâtiments, Lamtagué avait également organisé la disparition des travailleurs illégaux camerounais. Une quarantaine d’ouvriers clandestins ont été conduits vers la forêt par les soldats FACA qui obéissaient à ses ordres. Cette manœuvre a permis de cacher la réalité de la main-d’œuvre illégale, les inspecteurs n’ont trouvé qu’un seul Camerounais resté par hasard.

 

L’opération de camouflage a réussi grâce à la coordination téléphonique. Depuis Bangui, le directeur de la sécurité donnait ses instructions, ses hommes sur place exécutaient sans poser de questions. Le système fonctionnait avec une efficacité qui témoignait d’années de pratique et de complicité bien établie.

 

Maintenant installé dans son rôle de décideur parallèle, Lamtagué court-circuite ouvertement le ministère des Mines. Il appelle directement sur le chantier, donne des directives qui annulent celles des inspecteurs, crée un circuit de commandement où l’autorité minière n’a plus son mot à dire. Les Chinois savent désormais à quelle porte frapper quand ils veulent contourner la réglementation.

 

Cette affaire pousse des nombreux centrafricains à s’interroger : qui détient réellement le pouvoir d’autoriser ou d’interdire l’exploitation minière ? Le ministère technique censé réguler le secteur, ou le directeur de la sécurité de l’IMC qui invoque l’état-major pour justifier ses décisions ? La réponse change selon les jours et les intérêts en jeu.

 

À Gobolo, les travailleurs camerounais cachés dans la forêt pendant l’inspection sont progressivement revenus. Ils représentent les trois quarts de la main-d’œuvre, tous sans papiers, tous clandestins. Sans eux, le chantier ne peut fonctionner. Leur retour signifie que le système mafieux a repris ses droits, que les menaces ont porté leurs fruits, que l’argent a parlé plus fort que la loi.

 

Les inspecteurs du ministère se retrouvent impuissants. Leur mission a abouti à une suspension officielle qui n’est pas respectée sur le terrain. Ils ont documenté des infractions graves, mais leurs conclusions sont balayées par un simple coup de fil du directeur de la sécurité de l’IMC. Leur autorité s’arrête là où commence celle des kalachnikovs.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gervais Lenga depuis Bouar

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Une moto coûte plus cher qu’un être humain selon le régime criminel de Faustin Archange Touadéra

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Une moto coûte plus cher qu’un être humain selon le régime criminel de Faustin Archange Touadéra

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/La-prison-de-lOCRB-sous-controle-des-mercenaires-russes-de-la-societe-Wagner-ou-est-place-en-detention-maitre-Crepin-Mboli-Goumba-coordonnateur-du-BRDC-450×299-1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Kidnappé par les mercenaires russes du groupe Wagner depuis trois semaines, son corps vient d’être retrouvé à la morgue. Le chef de poste de l’OCRB n’est plus en vie
La principale entrée de l’OCRB du centre-ville

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Une scène odieuse dévoile le vrai visage du régime criminel centrafricain, dirigé par le dictateur Faustin-Archange Touadera et ses complice mercenaires russes de la milice  Wagner.

 

Lisez bien ceci, et c’est incroyable cette histoire. En effet, le 15 décembre dernier, trois policiers de l’OCRB ont disparu alors qu’ils étaient en fonction. Les mercenaires russes de la milice Wagner les ont tout simplement enlevés pendant leur service.  Ils les avaient accusés d’avoir aidé Monsieur Nourd Gregaza à s’échapper de la prison de l’OCRB.  Durant plus d’un mois, Personne n’a su où ces trois policiers se trouvaient.

 

Comme tout le monde le sait dans le pays, ces policiers ont certainement été détenus clandestinement dans la prison sécrète des Wagner située au sein de l’aéroport international de Bangui Mpoko. Cet endroit dépasse en horreur ce que l’on peut imaginer. C’est pire que Guantánamo. La torture y règle toutes les affaires.  Mais la surprise est qu’au bout d’un mois de captivité, , les mercenaires ont annoncé la mort du chef de poste de l’OCRB. Tout le monde savait déjà qu’il avait péri sous les tortures sauvages des russes.

 

Pendant ce temps, la famille des trois policiers ignorait totalement ce qui arrivait à leur parent. Ils sont venus frapper à toutes les portes. Du ministère de l’intérieur à la direction générale de la police,  Personne ne leur répondait.

Mais le vendredi 30 janvier, soit un mois et demi, le Directeur Général de la police, le général Bienvenu Zokoué, a convoqué les proches. Il leur a annoncé le décès du chef de poste de l’OCRB.

 

Lisez bien ceci, c’est de la pire criminalité. Le directeur général de police, après leur avoir  annoncé la mort du policier, il leur a remis un million de francs CFA pour organiser les funérailles.

 

Voilà toute la compensation à la mort de quelqu’un qu’on vient de tuer sauvagement. Pas de corps à enterrer. Pas d’explications. Juste cette somme dérisoire pour tenter de calmer la famille. Incroyable!  Les mercenaires russes ont d’ailleurs enterré le policier en catimini, sans témoin, sans famille. Peut-être que le cadavre portait trop de marques de violence.

 

En guise d’ultime humiliation, le directeur général de la police a ajouté une somme de 50 000 francs CFA pour payer le transport. C’est une gifle administrée aux parents endeuillés. Un fonctionnaire meurt dans des circonstances atroces, et l’État lui accorde la valeur d’une motocyclette. Même moins qu’une moto, en réalité. Heureusement, la famille a complètement rejeter les sommes proposées. Touadera, garde ton argent sale! Ramène seulement le corps du policier à la famille!

 

Pendant ce temps, dans le pays, les tueries continuent à grande échelle. Les organisations des droits de l’homme ferment les yeux. Elles ne documentent même pas ces horreurs alors que c’est leur mission. La justice future aura besoin de ces preuves. La communauté internationale, devenu complètement impuissante, préfère faire du ballet diplomatique. Ils viennent à Bangui pour applaudir le dictateur criminel Touadéra et danser sur les tombes des centrafricains massacrés par ce régime criminel.

 

Cette famille pleure un fils, un père, un frère. Elle n’obtient qu’un million et des tickets de bus. C’est de la sauvagerie à l’état brut. Le régime démontre ainsi combien la vie humaine compte peu à ses yeux. Un policier vaut moins qu’un véhicule à deux roues dans ce système​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Alain Nzilo

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Sur les sites miniers chinois en Centrafrique : les Centrafricains ont-ils encore le droit de travailler ?

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Sur les sites miniers chinois en Centrafrique : les Centrafricains ont-ils encore le droit de travailler ?

 

Sur les sites miniers chinois en Centrafrique : les Centrafricains ont-ils encore le droit de travailler ?
Sur le chantier minier chinois à Rondi, dans la Nana-Mambéré, avec des machines prêtes à l’emploi

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

À 245 kilomètres de Bangui, des ouvriers centrafricains viennent d’être renvoyés par les patrons chinois pour laisser place aux citoyens Camerounais. Une scène qui devient habituelle sur les sites miniers chinois en Centrafrique.

 

Sur 100% des employés de cette exploitation minière chinoise, 70% viennent du Cameroun. Les Centrafricains représentent une minorité sur leur propre territoire. Pourtant, leurs ancêtres, comme Barthélemy Boganda, Abel Ngoumba, Ange-Félix Patassé, André Kolingba, Jean-Bedel Bokassa   ont combattu pour que les richesses du pays profitent d’abord à leurs enfants. Mais cette logique semble avoir disparu depuis quelques années.

 

Vers la fin -décembre 2025, les ouvriers camerounais ont annoncé à leur chef chinois leur départ pour le Cameroun. Ils voulaient rentrer au pays pour les fêtes de fin d’année. Leur patron chinois refuse, et continue de refuser. Il a tenté de les retenir, mais les camerounais ont refusé net. Ils sont partis malgré l’opposition de leur chef chinois, laissant l’exploitation presque vide.

 

Cette absence forcée a créé un vide qu’il fallait combler rapidement. Le travail prenait du retard et les machines restaient immobiles. L’entreprise a alors contacté les quelques Centrafricains présents pour qu’ils trouvent des remplaçants. Des conducteurs d’engins et des manœuvres ont répondu à l’appel sans hésiter.

 

Ces nouveaux recrutés connaissaient parfaitement le métier. Beaucoup avaient l’expérience nécessaire pour faire tourner les bulldozers et autres machines lourdes. Ils ont travaillé depuis fin décembre jusqu’à janvier sans hésiter, contents d’avoir enfin accès à ces emplois. Leur satisfaction n’allait pourtant pas durer longtemps.

 

Mi-janvier, les Camerounais sont de retour. Surprise! Tout le monde croyait qu’ils sont partis pour tout bon. Mais non! Ils s’imposent de force. Mais à leur retour, ils ne sont pas revenus seuls, loin de là. Ils ont amené leurs frères, leurs cousins, d’autres membres de leurs familles. Le patron chinois a pris sa décision sans la moindre hésitation.

 

Tous les Centrafricains recrutés en urgence ont été renvoyés. Aucune explication n’a été donnée, aucune indemnité versée. Les Camerounais ont repris leurs postes et les nouveaux arrivants ont été embauchés immédiatement. Les travailleurs centrafricains se sont retrouvés sur le carreau du jour au lendemain.

 

Cette préférence affichée pour la main-d’œuvre camerounaise interroge profondément. Pourquoi les exploitants chinois favorisent-ils des étrangers plutôt que des centrafricains? La stratégie reste floue et personne ne semble vouloir enquêter sérieusement. Peut-être jugent-ils les Camerounais plus dociles ou moins revendicatifs.

 

Le pire reste l’absence totale de contrats de travail. Les Centrafricains bossent sans papiers, sans protection sociale, sans garanties. Tombe malade, tu te débrouilles seul. Meurs sur le chantier, ta famille ne touchera rien du tout.

 

Le code du travail centrafricain prévoit pourtant des obligations claires. Mais sur les sites miniers chinois, ces textes n’ont aucune valeur. Ils restent lettre morte et personne ne vient les faire respecter. Le ministre du Travail demeure dans ses bureaux climatisés de Bangui.

 

L’inspection générale du travail ne se déplace jamais sur le terrain. Ces autorités ignorent volontairement ce qui se passe à quelques centaines de kilomètres de la capitale. Ou alors elles savent et choisissent de fermer les yeux délibérément. Les deux hypothèses sont également accablantes pour les travailleurs abandonnés.

 

Pendant ce temps, les Camerounais travaillent sans autorisation officielle. Ils n’ont pas de permis de travail en bonne et due forme. Ils franchissent la frontière, on les embauche directement, on les paie, point final. Aucun contrôle n’est effectué par les services compétents.

 

L’ambassade de Chine à Bangui affirme que ces accusations sont mensongères. Mais ses représentants ne vont jamais vérifier sur place la réalité des faits. Le Haut conseil de la communication, lui aussi, préfère nier plutôt que d’investiguer. Quand des journalistes dénoncent ces pratiques, on les accuse de propager de fausses informations.

 

Cette situation dépasse largement le simple cas de Yaloké. Elle concerne l’ensemble des sites d’exploitation tenus par des entreprises chinoises. Partout, le même schéma se répète inlassablement. Les Centrafricains sont relégués aux tâches subalternes quand ils ne sont pas purement exclus.

 

Et quand on daigne les employer, ils touchent la moitié du salaire versé aux travailleurs venus d’ailleurs. Cette discrimination salariale s’ajoute à l’humiliation du licenciement arbitraire. Difficile de ne pas penser aux sacrifices consentis par les générations précédentes. Ceux qui ont lutté pour l’indépendance croyaient bâtir un pays différent.

 

Ils imaginaient que les ressources nationales serviraient d’abord les nationaux. Aujourd’hui, leurs petits-enfants assistent impuissants à la captation de ces richesses. Mais il faut dire la vérité. Le dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadera ne peut certes pas tout contrôler dans ses moindres détails. Ses journées sont remplies de dossiers urgents qui s’accumulent sur son bureau.

 

Mais justement, c’est pour cela qu’existent des ministres et des inspecteurs. Chacun devrait assumer ses responsabilités dans son domaine précis. Or la chaîne est brisée et les relais institutionnels ne jouent plus leur rôle. Le système fonctionne à vide pendant que les citoyens souffrent.

 

On parle de la septième république dans les couloirs du pouvoir. Mais à quoi bon prolonger un mandat qui ne garantit pas aux citoyens le droit élémentaire de travailler ? Comment justifier une telle ambition quand les mécanismes de protection les plus basiques sont défaillants ? Les travailleurs centrafricains se posent ces questions avec une amertume grandissante chaque jour.

 

À Yaloké, le site minier continue de fonctionner normalement. Les machines tournent sans interruption et l’or sort de terre. Les camions chargés prennent la route vers des destinations inconnues. Mais pour les habitants de la zone, le spectacle est celui d’une dépossession qui ne dit pas son nom.

 

Ils voient partir les richesses sans en tirer le moindre bénéfice durable. Ils regardent des étrangers occuper des postes qu’ils pourraient parfaitement tenir. Et ils constatent que leurs propres autorités ne font rien pour inverser cette logique​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Arsène Zato

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Interview exclusive avec monsieur Samuel Siada , réparateur des montres au marché Ngawi, avec 45 ans de passion horlogère au compteur, un parcours exceptionnel

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Interview exclusive avec monsieur Samuel Siada , réparateur des montres au marché Ngawi, avec 45 ans de passion horlogère au compteur, un parcours exceptionnel

 

Bangui.webp” data-wpel-link=”internal”>Monsieur SIADA Samuel, réparateur des montres depuis 1986 au marché Gawi dans le 3ème arrondissement de la ville de Bangui.
Monsieur SIADA Samuel, réparateur des montres depuis 1986 au marché Gawi dans le 3ème arrondissement de la ville de Bangui.

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Au marché Ngawi, dans le 3ème arrondissement de Bangui, se trouve un atelier discret où le temps semble avoir une autre dimension. Depuis 1986, Monsieur Samuel Siada répare inlassablement montres et horloges, témoignant d’une époque révolue et d’un savoir-faire transmis par la patience et la persévérance. À travers les bouleversements politiques et les crises qu’a connus la République Centrafricaine, cet artisan a su maintenir son activité et élever sa famille grâce à ce métier. La rédaction du Corbeau News Centrafrique a rencontré cet homme au parcours exceptionnel pour recueillir son témoignage et comprendre les secrets de sa longévité professionnelle.

 

CNC : Bonjour Monsieur Siada. Je suis venu vous voir aujourd’hui en tant que journaliste. J’étais déjà venu une fois ici pour réparer ma montre, et vous m’aviez alors dit quelque chose qui m’avait beaucoup impressionné : vous exercez ce métier depuis plus de 40 ans. Avant d’entrer dans le vif du sujet, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

 

Samuel Siada : Je m’appelle Siada Samuel. J’ai commencé à réparer les montres en 1986. C’est grâce à ce travail de réparation horlogère que je me suis marié et que j’ai élevé mes enfants. Cette activité m’a beaucoup aidé. Elle m’a permis de fonder une famille et de faire vivre tous mes enfants. Aujourd’hui encore, je continue ce travail avec la même passion.

 

CNC : Si je ne me trompe pas, vous avez donc débuté cette activité à l’époque du président André Kolingba, n’est-ce pas ?

 

Samuel Siada : Oui, effectivement. J’ai commencé à l’époque du président Kolingba, en 1986.

 

CNC : Vous avez traversé plusieurs régimes politiques : Kolingba, puis Patassé pendant dix ans, ensuite François Bozizé pendant dix ans également, et enfin la période de la Séléka. Vous êtes installé ici au quartier KM5, dans le 3ème arrondissement, qui a connu des moments très difficiles. Notamment lors des événements liés à la Séléka, vous qui êtes chrétien dans un quartier à majorité musulmane, vous êtes resté ici. Comment avez-vous réussi à maintenir votre activité et à vivre en paix pendant toutes ces années ? Quel est votre secret ?

 

Samuel Siada : Vous savez, dans ce métier, il y a un secret fondamental : il faut exercer son travail dans le respect de la déontologie et dans le respect des autres. Avec vos collaborateurs, vous ne devez jamais chercher les problèmes. Avec vos voisins, il faut toujours entretenir de bonnes relations. Il faut être bien avec tout le monde, sourire à chacun, discuter avec les gens. Quand vous agissez ainsi, même s’il arrive un problème dans le quartier, les voisins témoignent en votre faveur. Ils disent : “Cette personne n’a jamais eu de problème avec nous.” C’est ce qui fait que je suis toujours en vie parmi eux. Je vis ici au KM5 sans problème jusqu’à ce jour.

 

CNC : Dans votre activité de réparation de montres, quels sont vos revenus quotidiens lorsque les affaires marchent bien ?

 

Samuel Siada : Vous savez, le travail de montre a beaucoup évolué. À l’époque où nous avons débuté, nous installions les montres par terre. Nous travaillions avec des Sénégalais et des Maliens. Nous étalions nos montres à même le sol. À cette époque, il n’y avait que des moutons dans ce quartier. Nous venions nettoyer la place et nous installions notre marchandise. Nos clients, notamment les Peuls qui vendaient leur bœufs au marché abattoir, venaient ici pour acheter leurs montres. Même des gens qui habitaient au PK12 ou au quartier Wango venaient jusqu’ici, au marché Ngawi, pour acheter chez nous. Si Dieu le voulait et que les affaires marchaient bien, nous pouvions gagner trente à quarante mille francs CFA par jour.

 

CNC : Trente à quarante mille francs CFA par jour ? C’était une belle somme !

 

Samuel Siada : Oui, absolument. À l’époque, les montres étaient très chères. Une montre pouvait coûter vingt et quelques mille francs. Même une simple pile de montre coûtait 2 500 francs CFA. C’était vraiment cher. L’activité horlogère était très rentable. Il y avait aussi le contrôle des autorités. Si on vous surprenait avec plus de 15 montres, vous deviez payer des amendes et des droits. Au-delà de 15 montres, c’était considéré comme du commerce en gros.

 

CNC : Donc, si je comprends bien, vous avez commencé par la vente de montres avant de vous orienter vers la réparation ?

 

Samuel Siada : Exactement. Au début, je vendais des montres. Puis, au fur et à mesure, j’ai acquis de l’expérience et j’ai commencé à les réparer. C’est cette activité de réparation que j’exerce aujourd’hui.

 

CNC : Vous nous avez dit que vous avez fondé une famille grâce à ce travail, que vous avez construit une maison et élevé vos enfants. Pouvez-vous nous parler de votre famille ?

 

Samuel Siada : J’ai épousé ma première femme à l’âge de 26 ans, dans ma jeunesse. Avec elle, nous avons eu quatre enfants. Malheureusement, elle est décédée. Je me suis ensuite remarié avec une deuxième femme avec qui j’ai eu trois enfants, soit sept enfants au total. Après notre séparation, j’ai épousé ma troisième femme.

 

CNC : Tout au long de votre vie, avez-vous exercé un autre métier que celui de l’horlogerie ?

 

Samuel Siada : Non, aucun autre métier. Au départ, je vendais des montres, maintenant je les répare. C’est mon seul et unique travail. Je ne connais pas d’autre métier. C’est le travail vers lequel Dieu m’a orienté, et je le fais jusqu’à ce jour.

 

CNC : Avec toute l’expérience que vous avez accumulée dans ce domaine, quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui cherchent aujourd’hui un métier, une activité pour gagner leur vie ?

 

Samuel Siada : Vous savez, nous avons des conseils à donner aux jeunes, mais malheureusement, ils ne nous écoutent plus vraiment. Ce métier, comme tout autre travail, dépend de deux choses essentielles : la volonté et la patience. Dans tout travail, il faut avoir de la patience et la volonté de réussir. Il faut exercer son métier avec foi, en sachant que c’est ce travail qui vous nourrit et qui protège votre famille. Mais les jeunes d’aujourd’hui, quand vous leur proposez de venir apprendre un métier, quand vous essayez de leur transmettre votre savoir-faire, ils manquent de patience. Ils veulent tout obtenir rapidement, sans effort. C’est très mauvais. Le travail demande de la patience, mais les jeunes actuels veulent tout, tout de suite. C’est vraiment dommage.

 

CNC : Monsieur Siada Samuel, je vous remercie infiniment d’avoir accepté de nous recevoir et de partager avec nous votre parcours exceptionnel. Votre témoignage est précieux et inspirant pour toute une génération. Merci pour votre temps et votre disponibilité.

 

Samuel Siada : C’est moi qui vous remercie de m’avoir donné cette opportunité de témoigner. Je suis honoré que vous vous soyez intéressé à mon humble parcours.

 

Propos recueillis par Ibrahim Sallé

 

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Reportage réalisé par l’équipe du Corbeau Centrafricain (CNC)Marché Ngawi, 3ème arrondissement, Bangui

 

Baboua : le décès mystérieux d’un jeune de 18 ans à Zoukombo   enflamme le village

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Baboua : le décès mystérieux d’un jeune de 18 ans à Zoukombo   enflamme le village

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/intervention-des-forces-de-l-ordre-au-domicile-du-chef-du-village-pour-calmer-les-esprits-photo-cnc.webp” data-wpel-link=”internal”>Baboua : le décès mystérieux d’un jeune de 18 ans à Zoukombo   enflamme le village
Intervention des forces de l’ordre au domicile du chef du village pour calmer les esprits. Photo CNC

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La localité de Zoukombo, située à vingt kilomètres de Baboua sur la route de Béloko, dans la Nana-Mambéré, a connu ce mardi 3 février 2026 des mouvements de protestation violents.

 

Ces événements font suite au décès de Donô Elie, un jeune homme de dix-huit ans, durant la nuit de lundi. Les habitants du village accusent ouvertement leurs chefs d’être de connivence avec des criminels. Cette affaire a immédiatement embrasé la population qui refuse de rester silencieuse.

 

La fureur des proches et de la jeunesse locale s’est concentrée sur la résidence du chef de groupe où le corps du défunt a été déposé en signe de protestation. Ce geste fort exprime le rejet total de l’autorité villageoise par une communauté en quête de vérité et de justice.

 

Ngozo Marcel, Président de la jeunesse de Zoukombo, interrogé par la rédaction du CNC, explique les fait. Selon lui, les circonstances exactes de la mort du garçon demeurent flou et alimentent la suspicion généralisée envers les responsables du village.

 

Face à cette tension grandissante, un marabout a été convié depuis Béloko pour apaiser les esprits et établir la vérité. Celui-ci a ordonné que les parents procèdent à l’enterrement du jeune homme avant qu’il puisse danser pour dénoncer les malfaiteurs la nuit prochaine.

 

Les forces de l’ordre venues de Baboua, accompagnées d’éléments des forces armées, se sont rendues sur les lieux après instruction du procureur. Leur mission consiste à apaiser la situation et éviter toute escalade de violence qui pourrait dégénérer davantage.

 

Cette nouvelle affaire s’inscrit dans une série d’agitations qui troublent le village de Zoukombo depuis quelques semaines. Il y a peu, une femme dénommée Bernice avait été accusée comme responsable du décès d’une jeune femme, ce qui avait entraîné la destruction de son habitation par une foule en colère.

 

L’intervention rapide des gendarmes avait alors permis de protéger la personne visée et de rétablir un semblant d’ordre. Mais cette accalmie n’aura été que temporaire, comme le prouve la nouvelle explosion de colère de ce mardi.

 

La multiplication de ces incidents dans un périmètre aussi restreint interpelle sur la situation sécuritaire de cette zone rurale. Les habitants semblent de plus en plus enclins à se faire justice eux-mêmes, faute de confiance envers leurs dirigeants locaux.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Marcel Touazoum

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L’individualisme généralisé, terreau fertile des dictatures selon Jean-Pierre Mara

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L’individualisme généralisé, terreau fertile des dictatures selon Jean-Pierre Mara

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/ancien-depute-jean-pierre-mara.jpg” data-wpel-link=”internal”>Absence de cimetières, de musées et de repères symboliques : une nation sans mémoire collective, selon Jean-Pierre Mara
L’ancien député de Mala, monsieur Jean-Pierre Mara

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Le député fustige une mentalité axée sur le profit personnel au détriment de l’intérêt collectif.

 

Jean-Pierre Mara ne mâche pas ses mots. Le député centrafricain pointe du doigt ce qu’il considère comme les racines profondes de la crise politique que traverse le pays : une mentalité généralisée où l’individualisme et l’émotionnel priment sur l’intérêt collectif. Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, l’élu dresse un constat sans appel sur les maux qui rongent la société centrafricaine.

 

“La culture africaine du culte du bien-être individuel et l’émotionnel sont les deux raisons de la situation actuelle en République centrafricaine”, affirme-t-il sans détour. Pour le parlementaire, cette logique comportementale constitue un terreau fertile pour les régimes autoritaires qui prospèrent sur la division et l’absence de cohésion sociale.

 

L’analyse de Jean-Pierre Mara va plus loin. Il établit un lien direct entre la quête effrénée d’avantages personnels et la consolidation du pouvoir dictatorial. “Les dictateurs tirent leurs succès de l’acharnement de chaque individu qui se cherche un statut personnel, un pouvoir personnel, surtout un profit personnel sans tenir compte de l’intérêt général”, explique-t-il. Cette obsession du gain individuel, selon lui, transcende les clivages sociaux et touche autant les responsables politiques que les citoyens ordinaires.

 

Cette fragmentation de la société empêche, selon le député, toute mobilisation efficace pour défendre les intérêts communs. Chacun navigue selon ses propres calculs, sacrifiant la vision collective sur l’autel de ses ambitions personnelles. Cette atomisation sociale offre aux dirigeants autoritaires un environnement idéal pour exercer leur emprise sans résistance organisée.

 

Les propos du parlementaire Jean-Pierre Mara  résonnent particulièrement dans l’actualité politique centrafricaine. Alors que l’échéance présidentielle de 2025 approche, les accusations de verrouillage démocratique se multiplient. L’opposition dénonce régulièrement des manœuvres visant à restreindre l’espace politique et à limiter la compétition électorale.

 

Cette sortie de Jean-Pierre Mara s’inscrit dans un débat plus large sur les défis de la démocratie en Afrique centrale. Elle interroge sur la capacité des sociétés à transcender les intérêts particuliers pour construire un projet national partagé. Une question d’autant plus pertinente que Bangui, centre névralgique du pouvoir, concentre les enjeux politiques que les autres localités du pays, qu’elles soient proches comme Damara (76 kilomètres) ou éloignées comme Ndélé (654 kilomètres), subissent souvent les conséquences de cette centralisation excessive.

 

La réflexion du député Jean-Pierre Mara  invite à une introspection collective. Comment briser ce cercle vicieux où l’individualisme nourrit l’autoritarisme, qui à son tour encourage davantage d’individualisme ? La réponse à cette équation complexe déterminera largement l’avenir démocratique du pays et sa capacité à offrir à ses citoyens un cadre de vie digne, de Bangui jusqu’aux confins du territoire national.

 

CONTACTER CORBEAU NEWS CENTRAFRIQUE

Paoua-ce-jeudi/” data-wpel-link=”internal”>Corbeaunews Centrafrique

Tel/ WhatsApp : +236 75 72 18 21

Email: corbeaunewscentrafrique@gmail.com

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Au cœur du fiasco routier de la septième République de Touadéra après la première pluie du mois de février

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Au cœur du fiasco routier de la septième République de Touadéra après la première pluie du mois de février

 

 

Au cœur du fiasco routier de la septième République de Touadéra après la première pluie du mois de février
Une route enrobée de la 7e République de Touadera. Photo Christ CAN

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Mardi dernier, Bangui a connu sa première pluie de février 2026. Quelques heures d’averse ont transformé les routes prétendument neuves en bourbier, exposant l’ampleur du gâchis.

 

Les images qui circulent depuis ce jour-là ne laissent aucune place au doute. Le long des artères principales, là où le gouvernement vante ses infrastructures modernes, le spectacle est navrant. Des rigoles entières se sont effondrées, laissant apparaître un mélange de terre rouge et de détritus. Les motos-taxis slaloment entre les flaques tandis que les piétons tentent d’éviter de glisser.

 

Ce que les autorités appellent fièrement « enrobé » ressemble davantage à une fine couche de colorant noir posée à la va-vite. Dès les premières gouttes, cette pellicule se détache, emportée par le ruissellement. On découvre alors ce qui se cachait dessous : du sable, des gravillons, parfois rien du tout. Les trous se creusent à vue d’œil, avalant bout après bout ce semblant de revêtement routier.

Bangui-au-21e-siecle-photo-christ-can.webp” data-wpel-link=”internal”>Au cœur du fiasco routier de la septième République de Touadéra après la première pluie du mois de février
Une route enrobée de la 7e République de la ville de Bangui au 21e siècle. Photo Christ CAN

 

Les habitants du quartier ne cachent plus leur colère devant ce désastre annoncé. Beaucoup évoquent ouvertement la corruption, les appels d’offres truqués, les entreprises fantômes qui empochent des millions sans jamais livrer un travail digne de ce nom. L’argent file ailleurs, dans des poches bien garnies, pendant que la population patine dans la gadoue.

 

Ce décalage entre les discours et la réalité devient de plus en plus difficile à masquer. On annonce des kilomètres de voies réhabilitées, on organise des inaugurations avec coupure de ruban et photos de ministres souriants. Puis vient la première pluie de février, et tout s’écroule en quelques minutes à peine.

 

Les commerçants installés le long de ces routes en paient le prix fort aujourd’hui. Leurs tables sont éclaboussés, leurs marchandises souillées par la boue qui remonte depuis les fondations inexistantes.

 

Ce premier épisode pluvieux de février n’est malheureusement pas un cas unique à Bangui. D’autres quartiers de la capitale connaissent le même sort depuis mardi. Les travaux bâclés se multiplient, les malfaçons deviennent la norme plutôt que l’exception. Les entreprises chinoises et libanaises enchaînent les chantiers médiocres sans jamais être inquiétées par les autorités.

 

Le silence du maire de Bangui en dit long sur sa gestion de la situation. Aucun communiqué, aucune explication, aucune annonce de réparation depuis que l’averse a ravagé les routes. Comme si cette dégradation était normale, acceptable, voire inévitable pour une ville africaine. Les citoyens sont laissés à eux-mêmes, obligés de composer avec un réseau routier qui n’en a que le nom.

 

La saison des pluies ne fait pourtant pas encore commencer en cette première semaine de février. Si une simple averse suffit à provoquer de tels dégâts, les semaines à venir s’annoncent catastrophiques pour la circulation dans la capitale. Les rues de Bangui risquent tout simplement de disparaître sous l’eau et la terre, transformant chaque déplacement en parcours du combattant pour des milliers​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Brahim Sallé

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