MPC : entre désarmement annoncé et nominations fantômes, la confusion règne
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le MPC, un groupe en processus de désarmement, mais continue bizarrement de nommer ses cadres territoriaux.
Le Mouvement Patriotique pour la Centrafrique traverse une période d’incohérence administrative totale. Alors qu’Alkatim Mahamat a engagé le processus de désarmement de ses combattants, il continue parallèlement de signer des actes de nomination comme celui du 4 septembre 2025, désignant Hamid Youssouf Hamid Abakar comme “com-sectaire” dans la Vakaga.
Cette contradiction exprime les failles d’un système où coexistent plusieurs réalités. D’un côté, des combattants du MPC restent actifs autour des sites miniers vers Kouki et Markounda, dans la préfecture de l’Ouham, proche de la frontière avec le Tchad. De l’autre, le mouvement revendique une présence dans la Vakaga, territoire situé à plus de 1000 kilomètres de la capitale, où aucune implantation réelle n’a jamais été documentée.
Le choix de la Vakaga par le MPC n’est pas un fait Hazare. Cette zone constitue le fief historique du Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC). Déployer le MPC dans ce secteur pourrait relever d’une stratégie gouvernementale visant à opposer les groupes armés entre eux. Cette manipulation des rivalités permet de maintenir un équilibre précaire tout en évitant l’émergence d’une force dominante.
La collaboration entre le MPC et les forces Wagner complique encore davantage la situation. Cette alliance influence les décisions du mouvement et brouille les lignes de commandement. Les nominations émises par Alkatim Mahamat reflètent moins une réalité militaire qu’un jeu d’influences où plusieurs acteurs de l’ombre gouvernementale tirent les ficelles.
Le timing de ces annonces interroge. À chaque période pré-électorale, des groupes armés refont surface dans le débat public. Tantôt on parle de leur dissolution, tantôt de leur réorganisation. Cette alternance permanente entre paix et tension maintient un climat d’instabilité favorable à certains intérêts politiques.
Les populations de la Vakaga rejettent catégoriquement cette instrumentalisation. Elles refusent de voir leur territoire transformé en terrain de jeu pour des groupes armés manipulés par le pouvoir central. Cette résistance populaire témoigne de la lassitude des communautés face aux manœuvres politiques qui utilisent la guerre comme outil de gouvernance.
Pour ces habitants, la nomination d’un responsable MPC dans leur zone constitue une provocation. Ils savent que cette décision ne vise pas à apporter la paix mais à entretenir les tensions avec le FPRC. Cette stratégie du chaos contrôlé permet au gouvernement de justifier l’état d’exception permanent.
Le MPC est un exemple parfait de cette politique de l’ambiguïté. Un mouvement qui désarme tout en maintenant ses structures, qui collabore avec des forces étrangères tout en négociant avec l’État, qui nomme des responsables dans des zones qu’il ne contrôle pas. Cette confusion générale sert les intérêts de ceux qui préfèrent gouverner dans l’opacité plutôt que dans la transparence.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)