Nouveau report pour le procès du directeur du Quotidien de Bangui, monsieur Landry Ulrich Nguema-Ngokpele

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le procès de Landry Ulrich Nguema-Ngokpele, patron du Quotidien de Bangui, a été renvoyé au 19 février prochain sur demande de son conseil.
C’est le maître Roger Junior Loutomo qui a plaidé ce report devant le tribunal correctionnel de Bangui. Le journaliste devait répondre ce 22 janvier des accusations de diffamation portées par Laetitia Murielle Koko-Mica, épouse Bandoa. Mais l’audience n’a finalement pas eu lieu.
Cette affaire remonte à un article publié en décembre 2025 dans le Quotidien de Bangui. Le journal avait enquêté sur cette compatriote installée en France, liée au dossier des frères de l’ancien Premier ministre Henri Marie Dondra. Ces derniers croupissent en prison depuis mars 2025 dans une histoire de romance qui aurait mal tourné.
Le texte incriminé évoquait le passé judiciaire de Madame Bandoa en France. Il mentionnait une condamnation pour escroquerie, un passage au centre pénitentiaire parisien, des accusations de vol d’identité. L’article la qualifiait de « dévergondée » et parlait d’une grossesse de six mois lors des événements liés à l’affaire Dondra.
La plaignante réclame aujourd’hui 65 millions de francs CFA au total. Soit 7,5 millions pour préjudice matériel, 50 millions pour préjudice moral et 7,5 millions de frais divers. Ses trois avocats, dont un inscrit au barreau de Bordeaux, invoquent le Code pénal centrafricain et la loi française de 1881 sur la presse.
Plusieurs observateurs à Bangui estiment que Madame Bandoa bénéficie de protections au sommet de l’État. Des personnalités influentes la soutiendraient, lui accordant une certaine immunité dans cette bataille judiciaire. Cette configuration complique la défense du journaliste, même s’il affirme détenir des éléments pour se justifier.
Landry Ulrich Nguema-Ngokpele cumule par ailleurs d’autres démêlés avec la justice. Il répond régulièrement aux convocations du doyen des juges d’instruction dans une procédure parallèle. Le directeur du Quotidien enchaîne les comparutions depuis plusieurs mois, sans que son journal cesse de paraître.
L’homme connaît bien la maison d’arrêt de Ngaragba où il a séjourné à plusieurs reprises. Sa dernière sortie remonte à quelques semaines seulement avant la publication de l’article litigieux sur Madame Bandoa. Une libération qui n’a donc pas mis fin à ses ennuis judiciaires.
Le Quotidien de Bangui, immatriculé sous le numéro P 341305P001, a son siège à Bimbo. Ce média se présente comme un journal d’investigation spécialisé dans l’analyse des dossiers sensibles. Ses publications lui valent régulièrement des poursuites devant les tribunaux centrafricains.
D’ailleurs, le climat pour la presse d’investigation s’est considérablement durci en Centrafrique. Le gouvernement a récemment interdit la reproduction des articles de journaux d’investigation. Ceux qui reprennent ces contenus s’exposent désormais à des poursuites judiciaires.
Cette interdiction vise notamment les médias en ligne comme Corbeau News Centrafrique qui publie régulièrement des enquêtes approfondies. La loi bloque toute diffusion numérique de ces contenus au risque de sanctions pénales. Le pouvoir multiplie ainsi les barrières pour freiner le journalisme d’investigation en RCA.
Beaucoup de confrères centrafricains ont désormais peur de mener des enquêtes approfondies. Certains ont renoncé purement et simplement à ce type de journalisme. D’autres évitent soigneusement de reprendre les articles d’investigation publiés ailleurs pour ne pas avoir de problèmes.
Cette frilosité gagne du terrain dans les rédactions à Bangui et dans tout le pays. Les journalistes hésitent à creuser les dossiers politiques ou économiques sensibles. Chacun garde en mémoire les déboires judiciaires de Landry Ulrich Nguema-Ngokpele et d’autres reporters ayant payé cher leur curiosité professionnelle.
Dans ce contexte, le journalisme d’investigation est souvent perçu comme un aller simple vers la détention. Les professionnels des médias calculent désormais le rapport entre l’intérêt d’un sujet et les risques encourus. Beaucoup préfèrent s’abstenir plutôt que de finir derrière les barreaux.
Le procès reporté au 19 février dira si Landry Ulrich Nguema-Ngokpele a franchi la ligne rouge ou exercé simplement son métier. En attendant, l’huissier Jean-Paul Togo a remis la nouvelle convocation en main propre au journaliste
Par Alain Nzilo
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)