à Paoua, la mise en place du bureau des démembrements électoraux virent au fiasco dans la Lim-Pendé
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Dans la Lim-Pendé, la mise en place des bureaux du démembrement de l’autorité nationale des élections (ANE) tourne au fiasco. La Préfète de Lim-Pendé, le Président de la jeunesse de Paoua font ce qu’ils veulent, tandis qu’un Président sortant du démembrement de l’ANE, qui devrait se représenter à nouveau, distribue lui-même des mandats électoraux. Un fiasco total qui se joue à ciel ouvert.
À Paoua, chef-lieu de la préfecture de Lim-Pendé située à 487 kilomètres de Bangui, la mise en place des bureaux locaux de l’Autorité Nationale des Élections tourne à la manipulation organisée. Dans quatre communes de cette zone frontalière avec le Tchad, le processus démocratique a été détourné par les partisans du pouvoir qui fabriquent leurs propres électeurs pour garantir leur mainmise sur l’institution électorale.
L’opération commence de manière classique à Paoua centre. Les mandats sont distribués selon les règles officielles : société civile, autorités et partis politiques reçoivent chacun leurs quotas de représentants. Les organisations de droits de l’homme et l’Organisation des Femmes Centrafricaines (OFCA) présentent leurs délégués qui obtiennent la validation du responsable de l’ANE venu de Bangui. Tout semble se dérouler normalement jusqu’à l’intervention spectaculaire des partisans du pouvoir.
Le président de la jeunesse de Paoua, militant du parti présidentiel MCU, fait irruption dans la salle de réunion accompagné de la préfète de Lim-Pendé. Ensemble, ils procèdent à l’expulsion des représentants légitimes de la société civile. Ces derniers sont remplacés par des militants du pouvoir soigneusement sélectionnés pour voter dans le sens voulu. Cette substitution permet de transformer une élection pluraliste en plébiscite acquis d’avance.
Cette manipulation organisée se reproduit dans toutes les communes concernées, mais c’est dans la localité de Benamkor-Bedaya que la situation atteint des sommets d’absurdité. Ici, cinq villages devaient normalement envoyer chacun un représentant pour élire le président du bureau local de l’ANE. Le principe démocratique élémentaire voulait qu’une personne par village obtienne un mandat pour participer au scrutin.
Mais contre toute attente, l’ancien président du démembrement de l’ANE, candidat à sa propre succession, a complètement détourné cette règle. Au lieu de respecter l’équité territoriale, il a personnellement distribué les mandats selon ses intérêts électoraux. Dans son propre village de Bedaya, il a attribué quatre mandats à ses partisans. Pour le village de Benamkor, il n’a accordé qu’un seul mandat. Cette répartition truquée lui garantissait mathématiquement la victoire puisque quatre voix sur cinq lui étaient acquises dès le départ.
Le cynisme de l’opération dépasse l’entendement : le candidat fabrique lui-même son propre électorat avant de se faire plébisciter par ce dernier. Cette auto-désignation transforme l’élection en mascarade où le résultat est connu avant même le scrutin. Les populations des autres villages se retrouvent marginalisées dans un processus qui devrait pourtant respecter leur représentativité.
Cette manipulation provoque la colère des populations locales qui déposent des requêtes auprès du maire pour dénoncer ces irrégularités grave. Le maire, pensant agir dans la légalité, transmet les doléances à la préfète de Lim-Pendé. Mais au lieu d’enquêter sur ces accusations graves, la préfète insulte publiquement le maire pour avoir osé questionner un système manifestement verrouillé d’avance.
Cette réaction pathétique de la préfète démontre que la fraude bénéficie de complicités hiérarchiques. Elle couvre les agissements du candidat MCU en humiliant ceux qui s’opposent à cette dérive. Cette protection accordée aux manipulateurs encourage la reproduction du schéma frauduleux dans les autres communes de la préfecture.
À Doula, dans la commune de Bimbi, les mêmes pratiques se répètent à l’identique. À Mann, dans la sous-préfecture de Kodi, le scénario se reproduit avec la même méthodologie. Dans la commune de Bah Bessar, les partisans du pouvoir appliquent les mêmes recettes pour s’assurer le contrôle des bureaux électoraux. Partout, les représentants du MCU s’arrogent le droit de choisir leurs propres électeurs avant de se faire plébisciter par ces derniers.
Cette fiasco électoral généralisé dans la Lim-Pendé annonce la couleur pour les scrutins nationaux à venir. Si l’ANE, institution censée garantir la transparence des élections, peut être ainsi détournée au niveau local, quelle crédibilité accorder aux futures consultations présidentielles et législatives ? Les populations assistent à la mise en place d’un système électoral biaisé dès sa conception.
Le silence complice des autorités nationales face à ces dérives encourage leur généralisation dans d’autres préfectures. Pendant que Bangui proclame son attachement à la démocratie et à l’État de droit, ses représentants organisent méthodiquement la confiscation du processus électoral. Cette contradiction fondamentale mine la confiance des citoyens dans les institutions et compromet définitivement la légitimité des futurs scrutins dans un pays où la fraude devient la norme acceptée.
CONTACTER CORBEAU NEWS CENTRAFRIQUE
Tel/ WhatsApp : +236 75 72 18 21
Email: corbeaunewscentrafrique@gmail.com
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)