Africa Corps : la Centrafrique paye très cher les exigences du Kremlin
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Alors que Wagner quitte le Mali, le groupe Africa Corps se remet d’une lourde défaite contre le Front de libération de l’Azawad (FLA). Pendant ce temps, Moscou exige du président de la République centrafricaine qu’il accueille Africa Corps à la place de Wagner. Le nouveau groupe paramilitaire, présenté comme plus institutionnel, s’accompagne déjà de revers militaires, d’exactions et d’un fardeau économique qui menace la stabilité du Sahel.
De Wagner à Africa Corps : promesses officielles, premiers revers
Le 5 juin, Wagner a annoncé son retrait du Mali, prétextant l’accomplissement de sa « mission ». À peine arrivés au Mali, le groupe Africa Corps essuie une attaque d’ampleur le 13 juin, lorsque l’armée malienne, soutenue par le groupe paramilitaire, a été surprise par le Front de libération de l’Azawad (FLA) près de Kidal. Le FLA a déclaré avoir détruit une vingtaine de véhicules et infligé de lourdes pertes aux forces russes, tandis que les autorités maliennes ne pouvaient qu’affirmer que la situation était « sous contrôle ».
Le tournant de Wagner n’a pas apaisé le Sahel. Les revers subis par les mercenaires (notamment l’embuscade meurtrière de juillet 2024 au Mali qui a coûté la vie à plusieurs commandants) ont renforcé le vide sécuritaire, permettant aux groupes djihadistes de regagner du terrain. L’Africa Corps, pourtant promis comme solution, semble reproduire les mêmes lacunes: il n’a pas amélioré la lutte contre le terrorisme, et ses actions, comme celle du 13 juin, ont montré sa vulnérabilité.
L’Africa Corps est directement rattaché au ministère de la Défense russe. Créé après le sommet Russie‑Afrique de juillet 2023, il se veut une force officielle, non plus une société militaire privée au statut de « mercenaire ». Cependant, il semble suivre certaines funestes directions empruntées par son prédécesseur.
Africa Corps : un danger pour la RCA et le Sahel
En RCA, le Kremlin fait pression sur le gouvernement pour remplacer les paramilitaires de Wagner par ceux de l’Africa Corps. Selon le média Africa Intelligence, il est possible que le président Touadéra se rende prochainement en Russie à propos de cette affaire. Pour la RCA, le coût de ce basculement est astronomique. Moscou aurait demandé à Bangui de couvrir les frais de l’Africa Corps, estimés à plusieurs milliards de francs CFA. Cela présente un risque d’accentuer la dépendance économique à la Russie et de fragiliser davantage le trésor national. Réticent et sous pression budgétaire, le gouvernement négocie plutôt un financement via les ressources minières du pays (or, uranium, fer).
Outre la provocation d’un gouffre financier, les revers répétés minent la crédibilité de la « nouvelle » force russe. L’image d’une armée « officielle » est rapidement éclipsée par les échecs tactiques et les violations des droits humains. Au Mali, des militaires d’Africa Corps sont accusés par des sources locales d’exécutions extrajudiciaires et de pillages à Gossi qui ont eu lieu le 12 juillet. Des civils ont été tués et des bâtiments incendiés.
En 2024 en RCA, l’Africa Corps a été sous le coup d’une accusation de massacres dans la localité de Kouki, préfecture de l’Ouham. Une vingtaine de mineurs avaient été assassinés. En octobre 2024, pendant près de cinq jours, les mercenaires n’auraient pas hésité à tuer les mineurs et à brûler leurs habitations pour s’emparer des ressources minières.
Le remplacement de Wagner par l’Africa Corps ne constitue pas une amélioration mais une continuité d’une politique militaire russe inefficace. Entre coûts économiques écrasants pour la RCA, violations des droits humains et incapacité à contenir le terrorisme, l’Africa Corps s’avère être un poids lourd qui menace de conduire la Centrafrique vers une nouvelle spirale de violence et de ruine.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)