Touadéra restructure son ministère de l’Éducation : nouvelle réorganisation, mêmes problèmes de fond
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le président centrafricain Faustin-Archange Touadera alias Baba Kongoboro adopte un énième décret sur l’organisation du ministère de l’Éducation, espérant faire oublier par la paperasserie administrative l’effondrement du système éducatif national.
Le Conseil des ministres du 4 septembre a pondu un nouveau décret sur l’organisation du ministère de l’Éducation nationale. Cette réforme administrative, présentée comme “décisive” et “pivotale” par la communication officielle, cache mal une réalité embarrassante : dix ans après les conflits des années 2010, le système éducatif centrafricain reste dans un état catastrophique que ne sauveront ni les décrets ni les réorganisations bureaucratiques.
Faustin-Archange Touadéra, fidèle à sa méthode, préfère créer de nouveaux textes plutôt que d’appliquer ceux qui existent déjà. Ce nouveau décret vient s’ajouter à la pile des réformes annoncées depuis son arrivée au pouvoir, sans que les élèves centrafricains voient la moindre amélioration dans leurs salles de classe. Quand les écoles manquent de tables, de chaises et de craie, le gouvernement produit des décrets sur l’organisation ministérielle.
Bruno Yapandé, ministre de l’administration du territoire, a présenté ce dossier en remplacement du ministre de l’Éducation nationale. Ce changement d’interlocuteur en dit long. L’éducation devient ainsi un enjeu de communication gouvernementale avant d’être une priorité opérationnelle.
Le gouvernement se vante d’avoir “intégré 6 000 enseignants dans la fonction publique” durant l’année 2024-2025. Ces chiffres impressionnants sur le papier cachent une réalité moins reluisante. Ces nouveaux enseignants, jetés dans des classes sans formation adequate, découvrent un système qui les dépasse et des conditions de travail indignes.
La grande innovation de ce décret concerne le transfert des jardins d’enfants vers le ministère de l’Éducation nationale. Touadéra présente cette mesure comme une révolution éducative, alors qu’il s’agit simplement de déplacer des compétences d’un ministère à un autre. Cette opération de prestidigitation administrative permettra au gouvernement de revendiquer une nouvelle fois son engagement pour la petite enfance, sans créer une seule école maternelle supplémentaire.
Le président invoque la loi d’orientation scolaire de décembre 1997 pour justifier ce transfert. Curieux de voir le gouvernement centrafricain redécouvrir des textes vieux de près de trente ans quand il s’agit de justifier ses réorganisations, mais rester sourd aux mêmes textes quand il faudrait financer l’éducation publique ou construire des infrastructures scolaires.
Cette réforme arrive “à point nommé” selon la communication officielle, juste avant la rentrée scolaire et à quatre mois des élections de décembre. Le timing politique saute aux yeux : Touadéra mise sur l’éducation pour redorer son blason électoral. Plutôt que d’assumer l’échec de sa politique éducative, il préfère créer l’illusion du changement par des réorganisations administratives.
Le décret s’appuie sur les “dispositions du décret n° 21.249 du 5 octobre 2021” qui classe le ministère de l’Éducation parmi les “départements structuraux élargis”. Cette référence technique masque mal l’improvisation permanente d’un gouvernement qui change d’organisation à chaque difficulté, espérant que la nouvelle structure résoudra miraculeusement les problèmes que l’ancienne n’a pas su traiter.
Les “52 circonscriptions réparties sur les 20 inspections d’académie” mentionnées dans le décret existent surtout sur le papier. Sur le terrain, nombre de ces structures fonctionnent avec des moyens dérisoires, quand elles fonctionnent. Mais peu importe : l’important pour le gouvernement est de pouvoir aligner des chiffres impressionnants dans ses communiqués.
Cette manie des réformes administratives permet à Touadéra d’éviter les vraies questions : pourquoi les enseignants contractuels centrafricains passent-ils des mois sans salaire ? Pourquoi les écoles rurales n’ont-elles ni électricité ni eau courante ? Pourquoi les manuels scolaires restent-ils un luxe inaccessible ? Ces problèmes concrets ne se règleront pas avec des décrets sur l’organisation ministérielle.
Le Conseil des ministres a adopté ce texte “à l’unanimité”, comme tous les autres projets présidentiels depuis dix ans. Cette unanimité factice cache l’absence de débat réel sur les questions éducatives au sein du gouvernement. Quand tout le monde approuve tout, personne ne pose les vraies questions.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)