le corps décapité découvert en 2024 près de Ngaoukala n’est pas un soldat FACA, mais identifié comme un ex-rebelle 3R

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
L’homme retrouvé décapité près de Ngaoukala en août 2024 n’était pas un soldat FACA, mais Issa, un ex-combattant du mouvement 3R exécuté par les Wagner.
La macabre découverte d’un corps décapité près du village de Ngaoukala, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé, avait provoqué un vif émoi en août 2024. À l’époque, tout laissait croire qu’il s’agissait d’un soldat FACA (forces armées centrafricaines), notamment en raison de la tenue militaire et du gilet pare-balles que portait la victime. Mais une enquête approfondie menée par le service d’investigation du CNC révèle aujourd’hui qu’il s’agissait en réalité d’un ex-rebelle du mouvement 3R nommé Issa, capturé et exécuté par les mercenaires russes du groupe Wagner.

Un prisonnier de Wagner au Camp de Roux
Issa avait été capturé plusieurs mois avant sa mort lors de son déplacement vers Koui par les mercenaires russes du groupe Wagner. Après sa capture, il avait été transféré à Bangui et enfermé dans le souterrain du Camp de Roux, une prison secrète et fortement surveillée. Ce site, utilisé comme centre de détention illégal par les mercenaires russes, est composé de cellules exiguës, semblables à des cabines individuelles, où les prisonniers sont isolés et torturés. Issa y a été maintenu pendant des mois, affaibli par les interrogatoires et les mauvais traitements.
L’attaque de la colline de Ngaoukala
En juillet 2024, Wagner préparait une offensive contre une base des rebelles du mouvement 3R située sur la colline de Ngaoukala, non loin de Koui. Pour localiser précisément les positions rebelles, les mercenaires ont sorti Issa de sa cellule et lui ont fait miroiter une éventuelle libération en échange de sa coopération. Contraint, il a indiqué l’emplacement de la base ennemie et a été embarqué par les Russes pour les guider.
Un affrontement meurtrier
Lorsque le groupe Wagner est arrivé dans la zone, un violent affrontement a éclaté avec les combattants du 3R. L’opération a tourné au chaos, provoquant deux morts et des blessés parmi les mercenaires russes. Furieux d’avoir été pris en embuscade, les Russes ont aussitôt accusé Issa de les avoir mal renseignés ou même trahis.
Exécution barbare
Pour le punir, Issa a été enterré jusqu’à la taille dans un sol sablonneux, avant d’être décapité avec un couteau commando. Sa tête a été jetée à plusieurs dizaines de mètres (200 mètres ), tandis que son corps est resté partiellement enterré sur place. C’est dans cet état que des villageois de Ngaoukala l’ont découvert quelques jours plus tard alors qu’ils se rendaient aux champs. L’image du corps sans tête, vêtu d’une tenue militaire, a conduit les premiers témoins, y compris notre journaliste qui est arrivé sur le lieu, à croire qu’il s’agissait d’un soldat FACA.
Une confusion levée après un an d’enquête du CNC
Les gilets pare-balles et autres équipements militaires trouvés sur le corps avaient renforcé cette confusion, certains pensant que la victime était un soldat engagé aux côtés de Wagner. Mais après presque une année d’enquête, il est désormais confirmé qu’il s’agissait d’Issa, un ancien combattant du 3R capturé et torturé par les mercenaires russes.
Une méthode qui sème la terreur
Cette exécution rappelle les violences déjà imputées à Wagner dans plusieurs régions du pays, notamment les mutilations et exécutions sommaires visant à terroriser les populations et affaiblir les groupes rebelles. Le Camp de Roux, au cœur de Bangui, est régulièrement cité comme un lieu de détention illégale où de nombreux prisonniers disparaissent sans laisser de trace….
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)