Markounda : le désarmement des rebelles du MPC tourne au fiasco, les combattants fuient la faim
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Cantonnés sans vivres depuis deux semaines, cinq ex-rebelles du MPC ont abandonné le processus officiel du désarmement.
L’histoire commence le 1er septembre 2025 à Markounda, petite ville de l’Ouham-Pendé située à 457 kilomètres de Bangui, près de la frontière tchadienne. Ce jour-là, vingt-neuf combattants du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique arrivent dans cette localité pour entamer leur désarmement officiel. Ils portent avec eux un ordre de mission signé par leur chef Alkatim Mahamat, document qui liste chaque nom avec une précision militaire.
L’accord semblait clair : le gouvernement centrafricain prendrait en charge ces ex-rebelles pendant leur transition vers la vie civile. Les autorités leur avaient promis le gîte et le couvert le temps que les forces russes, et non la Minusca, procèdent à leur désarmement selon les termes négociés entre le MPC et Bangui.
Deux semaines plus tard, la réalité a balayé les promesses. Ces hommes armés habitués à vivre de rapines et d’extorsions se retrouvent confinés dans une ville sans ressources. Depuis leur arrivée, ils n’ont reçu que deux ou trois distributions de vivres. Le reste du temps, ils doivent puiser dans leurs propres poches pour acheter de quoi manger, boire et fumer.
La situation devient rapidement intenable. Ces combattants n’ont pas d’économies substantielles et comptaient sur l’assistance promise. Obligés de cotiser entre eux pour acheter les produits de première nécessité, ils voient leurs maigres réserves s’épuiser jour après jour. L’attente du désarmement se transforme en épreuve de survie.
La semaine dernière, cinq à six d’entre eux ont craqué. Ils ont quitté discrètement Markounda pour retourner vers les sites miniers artisanaux où ils espèrent gagner de quoi subsister. Ces départs marquent l’échec du processus officiel qui transforme le désarmement volontaire en calvaire personnel.
Les vingt-quatre combattants restants vivent désormais dans l’incertitude. Ils ne savent pas si les autorités vont finalement honorer leurs engagements ou s’ils devront, eux aussi, abandonner ce cantonnement pour reprendre leur vie d’avant. Chaque jour qui passe érode un peu plus leur confiance dans les institutions.
Cette débâcle expose les failles structurelles du processus de paix centrafricain. Le gouvernement signe des accords qu’il n’a pas les moyens de respecter. L’État promet une prise en charge qu’il ne peut pas assurer faute de budget. Les ex-combattants se retrouvent pris au piège d’un système qui les abandonne après les avoir attirés.
Le contraste est saisissant entre la bureaucratie militaire de l’ordre de mission et l’improvisation de sa mise en œuvre. Chaque combattant était soigneusement répertorié avec son grade et ses responsabilités, mais personne n’avait prévu le financement de leur alimentation quotidienne. Cette négligence compromet tous les futurs accords de désarmement et nourrit la méfiance des groupes armés envers les promesses gouvernementales.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)