Versement de la PGA : Les FACA viennent de recevoir 27 000 francs CFA après avoir touché des miettes le mois dernier, et le pouvoir ose parler de montée en puissance de l’armée, quelle ironie !
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
La réalité des chiffres contredit les déclarations triomphantes des propagandistes de Bangui concernant le traitement des soldats FACA envoyés dans les zones éloignées pour sécuriser le territoire national.
Pendant que les bras cassés du régime célèbrent la modernisation de la défense nationale, les militaires déployés à l’intérieur du pays doivent se contenter des versements dérisoires de la PGA pour subsister.
Le dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadéra et son chef d’état-major, le général d’armée Zéphirin Mamadou, viennent de valider l’envoi de la Prime Globale d’Alimentation, communément appelée PGA. Pour ce mois, les autorités ont décidé d’allouer la somme de 27 000 francs CFA par militaire. Dans les casernes, ce montant est paradoxalement perçu comme un sommet jamais atteint depuis des années. La raison de ce soulagement relatif réside dans le dénuement des mois précédents, où les troupes ont dû survivre avec un versement de 17 000 francs CFA, quand l’enveloppe ne tombait pas à 5 000 ou même 2 500 francs CFA selon les périodes.
Pourtant, cette apparente générosité de l’état-major bafoue les règles de l’institution militaire centrafricaine. Selon les textes en vigueur, chaque soldat FACA détaché en province doit percevoir au minimum 40 000 à 45 000 francs CFA par mois pour assurer ses repas. En octroyant seulement 27 000 francs CFA, le pouvoir coupe les budgets de subsistance et abandonne les hommes à la débrouille en pleine zone de sécurité. Le dimanche 14 juin, les soldats FACA basés à Paoua ont ainsi touché cette allocation réduite. L’exemple de Paoua n’est pas unique, il reflète la norme imposée à l’ensemble des villes de province.
Cette politique de l’austérité alimentaire engendre des conséquences directes sur l’efficacité des troupes et la sécurité du pays. Dans la zone de défense du Nord-Est, vers de nombreuses localités proches de Birao, le manque de nourriture pousse des militaires à abandonner leurs positions pour regagner les centres urbains. Pour ceux qui restent, la survie dépend des checkpoints installés sur les axes routiers. Les motocyclistes et les automobilistes sont soumis à une taxe de passage obligatoire, appelée formalité, qui permet aux soldats FACA de récolter l’argent nécessaire pour acheter de quoi manger. Mais ce système de survie est impossible pour les contingents basés dans des secteurs enclavés où la circulation est inexistante, condamnant ces hommes à une détresse profonde au milieu de nulle part.
Par Fortuné Bobérang
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