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À Ouadda-Maïkaga, l’État n’existe plus, et la population abandonnée dans un chaos total

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À Ouadda-Maïkaga, l’État n’existe plus, et la population abandonnée dans un chaos total

 

À Ouadda-Maïkaga, l’État n’existe plus, et la population abandonnée dans un chaos total
L’entrée de la ville de Ouadda-Maïkaga, dans la préfecture de la Haute-Kotto. CopyrightCNC

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 À 204 km de Bria, dans la sous-préfecture de Ouadda-Maïkaga, Haute-Kotto, l’État centrafricain n’est qu’un mirage, une coquille vide qui laisse une population exsangue, et surtout sa jeunesse, crever dans un chaos indescriptible.

 

Ici, à Ouadda-Maïkaga, pas de routes, pas d’hôpitaux, pas d’eau potable, pas d’écoles,  rien, sauf des soldats FACA qui rackettent et un gouvernement de menteurs qui ose prétendre contrôler 90 % du territoire. Bruno Yapandé, ministre de l’Administration du territoire, peut bien brailler ses propagandes sur la Radio Ndékè Luka, la réalité hurle plus fort : ce régime pourri a abandonné Ouadda-Maïkaga à la famine, aux groupes armés et à la désolation.

 

Dans cette ville fantôme de Ouadda-Maïkaga, , l’État se résume à une poignée de FACA déployés, mais ne vous y trompez pas : ils ne protègent rien, ni personne. Ces soi-disant soldats passent leurs journées à ériger des barrages routiers, à taxer les marchés, à extorquer 25 000 francs CFA par tête aux éleveurs qui osent encore s’approcher. Leur mission ? Remplir leurs poches, pas sécuriser la population. Le maire ? Un pauvre type sans bureau, cloîtré chez lui sous une paillote en paille, et qui griffonne des actes de naissance quand il a du papier,  autant dire jamais. Le sous-préfet ? Relégué dans un taudis, et son bureau  envahi par la forêt, c’est-à-dire que son “bâtiment” officiel n’est qu’une ruine avalée par les arbres. Gendarmerie, police ? Désertées, chaos total. Voilà l’État selon Touadéra : un décor en carton qui s’effondre sous le poids de son propre néant.

Brigade de la gendarmerie de Ouadda-Maïkaga, dans la préfecture de la Haute-Kotto
Brigade de la gendarmerie de Ouadda-Maïkaga, dans la préfecture de la Haute-Kotto. CopyrightCNC

 

La population de Ouadda-Maïkaga, elle, paie le prix fort. Pas de travail, pas d’avenir, juste la misère et la peur. Les chasseurs ne chassent plus, tétanisés par les groupes armés qui règnent dès qu’on dépasse les 5 km autour de la ville :  nord, sud, est, ouest, tout est à eux. Les éleveurs ont fui, écrasés par les taxes des FACA. Aller à Bria, Sam-Ouandja ou Ndélé pour acheter de quoi survivre ? Un pari mortel : les routes, ou ce qu’il en reste, sont des coupe-gorges, où les motos finissent broyées par des bandits armés. En saison des pluies, les herbes engloutissent tout, obligeant les véhicules à tailler des chemins dans la brousse ; en saison sèche, le sable paralyse ce qui reste. Le pont, n’en parle pas. À 10 km sur l’axe Bria ? Un pont en phase de céder, vestige inutile dans ce désert de désespoir.

 

Et les villages voisins, sur les axes de Ndélé, de Birao  et même de Bria ? C’est pire encore. 4 ou 5 villages environ sur l’axe de Bria, comme Ayaba,  Bringui, Chobo,  Yangou Tambourou,  un autre sur l’axe de Ndélé comme Boungous, et un sur l’axe de Birao comme Gbadé, ainsi qu’un autre sur l’axe de Sam-Ouandja comme Hounou. Ces villages environnants de Ouadda – Maïkaga sont tous oubliés :  sans centres de santé, sans écoles, sans eau,  rien, un vide absolu. Les jeunes grandissent dans la faim, entourés de groupes armés qui contrôlent 95 % du territoire, pendant que l’État se gargarise de “contrôler” une portion ridicule de 5 km autour de la ville. Contrôler quoi ? Des taxes illégales et des discours creux ? Yapandé et Touadéra osent parler de restauration de l’autorité, mais où est-elle ? Pas à Ouadda-Maïkaga, où la population vit dans un cauchemar permanent, où la famine guette parce que personne ne peut plus ni chasser, ni élever, ni circuler sans risquer sa peau.

Mairie de Ouadda dans la Haute-Kotto, au nord de la Centrafrique
Mairie de Ouadda-Maïkaga, actuellement laissée à l’abandon. CopyrightCNC

 

Ce régime est une insulte vivante. Pendant que Touadéra s’empiffre à Bangui et que Yapandé débite ses fables sur une armée “montée en puissance”, les jeunes de Ouadda-Maïkaga crèvent à petit feu, pris entre les FACA racketteurs et les groupes armés qui pullulent. La sécurité ? Un mot vide quand les soldats préfèrent jouer les douaniers véreux plutôt que protéger. La démocratie ? Une farce quand le maire et le sous-préfet n’ont ni moyens ni pouvoir, quand les prisons de l’OCRB s’emplissent d’opposants sans mandat, comme en ce mois d’avril avec les cadets d’Henri Dondra ou la famille d’Armel Sayo. Ce n’est pas un État, c’est une mafia qui abandonne sa population à la mort.

Centrafrique : les routes de la misère, le calvaire des transporteurs paralyse l'économie
La route entre Ouadda et Bria

 

Ouadda-Maïkaga n’est pas une exception, c’est le symbole d’un pays livré au néant par un gouvernement de charlatans. La souffrance ici est énorme, palpable, suffocante – et elle crie l’échec total de Touadéra et de ses sbires. Une crise postélectorale en 2025 ? Avec ce chaos, elle est déjà là, installée dans chaque ventre vide, chaque route barrée, chaque espoir brisé. La jeunesse de Ouadda-Maïkaga mérite mieux que ce régime minable qui la laisse pourrir….

 

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Deux mois après l’assassinat de cinq membres d’une famille peule  à Mboki, la ville sombre dans le chaos

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Deux mois après l’assassinat de cinq membres d’une famille peule  à Mboki, la ville sombre dans le chaos

 

 

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Marche pour la paix à Mboki. CopyrightCNC

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le 30 décembre dernier, à la veille de la fête des fins d’années, , cinq membres de la communauté peule ont été tués dans leur champs à Mboki. Deux mois plus tard, leurs familles cherchent encore des réponses dans un climat de terreur généralisée, provoqué par les forces du désordre.

 

Dans cette sous-préfecture du Haut-Mbomou, au sud-est de la Centrafrique, la vie quotidienne ressemble désormais à un cauchemar éveillé. Les habitants ne reconnaissent plus leur ville, autrefois paisible, aujourd’hui transformée en zone de non-droit où chacun craint pour sa survie.

 

Ce jour-là, à la veille des célébrations de fin d’année, cinq personnes d’une même famille peule sont parties cultiver leurs terres comme elles le faisaient habituellement. Parmi elles se trouvaient le père, la mère et des enfants, massacrés en plein champ sans aucune explication. Le drame a frappé une seule et même famille, laissant derrière lui un vide immense et des questions sans réponse.

 

Depuis cette tragédie, les proches des victimes tentent de comprendre ce qui a pu motiver un tel acharnement. Ils cherchent un sens à cette violence qui les a privés d’êtres chers partis simplement travailler la terre. Mais aucune explication ne vient apaiser leur douleur ni éclaircir les circonstances exactes de ce massacre.

 

Selon les informations recueillies par la rédaction de CNC, l’ambiance dans la ville est devenue pesante et irrespirable. La peur s’est installée dans chaque foyer, et les habitants vivent désormais dans l’appréhension constante d’une nouvelle attaque. Cette atmosphère délétère empoisonne les relations et paralyse toute activité normale.

 

Pour les familles endeuillées contactées par la rédaction du CNC, l’identité des auteurs ne fait aucun doute. Elles pointent directement du doigt les miliciens azandés qu’elles tiennent pour responsables de ce carnage. Les musulmans peuls affirment sans hésitation que ces combattants ont exécuté leurs proches de sang-froid.

 

Toutefois, leur colère ne s’arrête pas aux seuls miliciens. Elles reprochent également aux forces de sécurité leur inertie complète devant la multiplication des violences. Selon elles, si les groupes armés peuvent agir en toute liberté dans la région, c’est précisément parce que personne ne les en empêche.

 

Les familles accusent ouvertement les forces de l’ordre et les mercenaires russes de ne pas accomplir leur mission. Elles estiment que l’insécurité actuelle découle directement de cette absence d’action concrète sur le terrain. Pour elles, les responsables de la protection des civils ont clairement failli à leur devoir.

 

Cette défaillance a des conséquences dramatiques sur la vie économique locale. Les habitants expliquent qu’il est devenu quasiment impossible de se rendre aux champs sans mettre sa vie en péril. Chaque sortie hors de la ville représente un risque mortel que peu de gens osent encore prendre.

 

Un événement récent est venu confirmer ces craintes et aggraver le sentiment d’insécurité généralisé. Près de l’aérodrome de Mboki, dans un village situé non loin de la piste d’atterrissage, un homme de confession chrétienne a été égorgé par des mercenaires russes. Ce meurtre a glacé d’effroi toute la population.

 

La victime a été tuée sans raison apparente, simplement parce qu’elle se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Cet acte barbare montre que personne n’est à l’abri, quelle que soit son appartenance religieuse ou ethnique. La mort peut frapper n’importe qui, n’importe quand.

 

Face à cette réalité, les habitants de Mboki ont compris que leur survie dépendait de leur capacité à rester chez eux. Sortir travailler aux champs équivaut désormais à jouer sa vie à pile ou face. Les risques sont multiples : tomber sur des mercenaires russes, croiser des soldats FACA ou rencontrer des miliciens azandés.

 

Les familles des victimes ne mâchent pas leurs mots lorsqu’il s’agit de juger les forces de défense et de sécurité. Elles estiment que les gendarmes, policiers et soldats FACA touchent leur salaire sans fournir le moindre effort. Ces agents de l’État, censés protéger la population, seraient en réalité totalement improductifs.

 

D’après les témoignages recueillis, ces hommes en uniforme passent leur temps à consommer de l’alcool. Ils seraient constamment ivres, incapables d’assurer leurs missions et indifférents au sort des populations qu’ils sont supposés défendre. Leur présence devient ainsi purement symbolique et totalement inefficace.

 

Cette démission des autorités officielles laisse le champ libre aux mercenaires russes qui agissent comme bon leur semble. Ces derniers terrorisent les civils, multiplient les exactions et sèment la mort partout où ils passent. Leur comportement échappe à tout contrôle et ne répond à aucune logique compréhensible.

 

Pendant ce temps, les miliciens azandés évoluent tranquillement dans la région sans être inquiétés. Ils circulent aux abords de la ville, rôdent dans les environs et commettent leurs crimes en toute impunité. Personne ne semble vouloir ou pouvoir les arrêter dans leur entreprise meurtrière.

 

Cette situation aberrante alimente les soupçons au sein de la population locale. Plusieurs habitants contactés par CNC vont même plus loin dans leur analyse. Ils affirment que les mercenaires russes semblent protéger les miliciens azandés plutôt que de les combattre.

 

Selon ces témoignages, les hommes armés russes partent régulièrement en patrouille dans les environs. Ils rencontrent des civils innocents qu’ils tuent ou égorgent sans scrupule. Puis ils rentrent à leur base sans avoir jamais croisé le chemin des véritables groupes armés qui opèrent pourtant dans la même zone.

 

Les miliciens azandés, eux, restent tranquillement postés dans la forêt environnante. Ils ne sont jamais attaqués ni même approchés par les mercenaires russes. Cette cohabitation pacifique entre forces censées être opposées interpelle fortement les résidents de Mboki.

 

Deux mois après le drame du 30 décembre, la douleur des familles ne s’est pas atténuée. Au contraire, chaque nouveau meurtre ravive leur peine et leur incompréhension. Le récent égorgement d’un civil par les mercenaires russes a replongé toute la ville dans la stupeur.

 

La ville de Mboki vit désormais dans un état de dénuement total. Privés de leurs moyens de subsistance, abandonnés par ceux qui devraient les défendre, les habitants accumulent les morts et les traumatismes. Ils restent prisonniers d’un cycle de violence dont personne ne leur propose la moindre échappatoire​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Éric Nzapa

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Les neuf jeunes arrêtés à Zémio viennent d’être placés sous mandat de dépôt à la prison du camp de Roux

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Les neuf jeunes arrêtés à Zémio viennent d’être placés sous mandat de dépôt à la prison du camp de Roux

 

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Les pauvres jeunes centrafricains arrêtés par les mercenaires russes du groupe Wagner, appuyés par des gendarmes, policier et FACA

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Les neuf survivants parmi les dix civils raflés sur le site des déplacés de Zémio viennent d’être écroués à la prison du camp de Roux après leur comparution devant le parquet de Bangui. Sept ont comparu jeudi 22 janvier, les deux autres le lendemain.

 

Ces jeunes ont été extraits il y a quelques jours du camp de l’église catholique de Zémio où des milliers d’habitants s’étaient réfugiés pour échapper aux combats qui secouaient la ville. Les mercenaires russes accompagnés des soldats FACA et des gendarmes ont investi ce lieu de refuge pour y mener une opération d’arrestation massive.

 

Aucune arme n’a été découverte lors de cette descente dans l’enceinte religieuse. Les forces mixtes n’ont trouvé que des familles terrifiées entassées dans des abris de fortune. Malgré l’absence totale de matériel militaire, Wagner a procédé à l’interpellation d’une dizaine de jeunes hommes présents sur place.

 

Les mercenaires ont appliqué leur méthode habituelle en couvrant les têtes des captifs avec des sacs plastiques avant de les embarquer. Cette technique vise à désorienter les prisonniers et à les empêcher de voir où on les conduit. La respiration devient difficile sous le plastique qui colle au visage.

 

L’hélicoptère qui a assuré le transfert vers Bangui transportait ces dix jeunes complètement aveuglés par leurs capuches. Le voyage a duré plusieurs heures durant lesquelles ils ignoraient ce qui les attendait à l’arrivée dans la capitale.

 

À l’atterrissage au camp Mpoko, le groupe a été scindé en deux. Neuf jeunes ont pris la direction de la section de recherche et d’investigation de la gendarmerie nationale située à Bangui. Le dixième, le boucher Irogodja, a emprunté un autre chemin qui l’a mené vers la base secrète de Wagner également installée dans l’enceinte de l’aéroport.

 

Pendant qu’Irogodja subissait des tortures qui allaient lui coûter la vie, ses neuf compagnons d’infortune découvraient les locaux de la gendarmerie où ils allaient passer plusieurs jours. Les enquêteurs ont procédé à des interrogatoires dont le contenu reste inconnu du public.

 

Jeudi 22 janvier, sept d’entre eux ont été extraits de leurs cellules pour être conduits au parquet. Cette présentation au procureur constitue une étape obligatoire dans la procédure judiciaire centrafricaine. Le magistrat doit normalement examiner le dossier et décider du sort des prévenus.

 

La comparution s’est déroulée rapidement sans que les sept jeunes bénéficient d’une assistance juridique appropriée. Le procureur a écouté les charges retenues contre eux puis a prononcé leur placement sous mandat de dépôt. Cette décision les envoie directement en prison en attendant un hypothétique procès.

 

Le lendemain vendredi 23 janvier, les deux derniers jeunes ont connu le même parcours. Amenés devant le parquet, ils ont subi une procédure identique qui s’est également soldée par un mandat de dépôt. Aucune mise en liberté provisoire n’a été envisagée pour eux.

 

Les neuf sont désormais incarcérés à la prison du camp de Roux située dans le premier arrondissement de Bangui. Cet établissement pénitentiaire accueille principalement des détenus considérés comme dangereux ou liés à des affaires de sécurité nationale. Les conditions de détention y sont particulièrement difficiles.

 

Cette mécanique judiciaire fonctionne comme une courroie de transmission des volontés des mercenaires russes. Ce que Wagner décide sur le terrain devient automatiquement une vérité judiciaire à Bangui. Les magistrats se contentent d’entériner les arrestations sans exercer le moindre contrôle sur leur légalité.

 

Les neuf détenus découvrent maintenant la réalité carcérale centrafricaine dans l’enceinte surpeuplée du camp de Roux. Ils partagent leur cellule avec des dizaines d’autres prisonniers dans une promiscuité étouffante. La nourriture arrive au compte-gouttes et les conditions sanitaires sont déplorables.

 

Le dixième membre du groupe, Irogodja, repose désormais sous la terre de ses ancêtres après avoir été torturé à mort dans la base Wagner.

 

Aucune date de procès n’a été fixée pour ces jeunes qui vont croupir des mois voire des années dans l’attente d’une hypothétique audience. Le système judiciaire centrafricain est engorgé et les dossiers impliquant Wagner traînent particulièrement en longueur.

 

Par Éric Nzapa

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La COSCIPAC accuse Wagner et le régime Touadera d’exécutions sommaires de policiers

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La COSCIPAC accuse Wagner et le régime Touadera d’exécutions sommaires de policiers

 

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Delphin Kotto de la COSCIPAC

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La COSCIPAC dénonce publiquement l’implication de la compagnie militaire privée russe et du régime dans des meurtres ciblés de membres des forces de l’ordre centrafricains.

 

L’affaire débute dans la nuit du 14 au 15 décembre 2025, quand Nourd Gregaza s’échappe de l’Office Central pour la Répression du Banditisme, une prison réputée pour son niveau de sécurité maximal. Le Parquet de Bangui confirme l’évasion sans fournir la moindre explication convaincante. La COSCIPAC s’interroge sur les failles qui ont permis cette fuite, pointant du doigt d’éventuelles complicités au sein même de la direction de la Police Nationale.

 

Ce qui stupéfie davantage l’organisation, c’est l’absence totale d’information sur les commandos responsables de cette opération menée à vingt mètres du Palais de la Renaissance, en plein cœur de la capitale. Malgré les effectifs pléthoriques des services de renseignement et les budgets considérables qui leur sont versés chaque semaine, aucun élément concret n’a filtré. La COSCIPAC y voit la preuve de l’insécurité grandissante qui règne à Bangui et de la mainmise étrangère sur les rouages sécuritaires du pays.

 

Suite à cette évasion, plusieurs policiers ont été arrêtés dans des conditions obscures. Romaric Mokoboulou, Gazi Emmaüs et Apollinaire Adouma disparaissent sans qu’aucune autorité judiciaire ne soit saisie dans les délais prévus par la loi. Leurs familles ignorent où ils sont détenus, et aucune charge officielle n’est portée contre eux. Selon la COSCIPAC, ces arrestations arbitraires portent la signature des méthodes employées par Wagner sur le territoire centrafricain.

 

Le sort de Romaric Mokoboulou glace le sang. Son corps est découvert début février 2026 à la morgue de l’Hôpital général de Bangui, dans un état de décomposition avancé. Jamais il n’aura comparu devant un tribunal. Des témoignages recueillis par la COSCIPAC évoquent son enlèvement, les tortures qu’il aurait endurées, puis son exécution sommaire aux mains de mercenaires russes.

 

L’organisation rappelle que ces agissements violent les conventions internationales contre la torture auxquelles la République Centrafricaine a pourtant souscrit. Le droit international prévoit que ces crimes engagent la responsabilité pénale de leurs auteurs directs mais aussi celle des supérieurs hiérarchiques. La COSCIPAC nomme explicitement le Président Faustin Archange Touadera, chef suprême des armées, ainsi que les ministres de la Défense, de la Sécurité publique et de la Justice comme potentiels complices de ces exactions.

 

Le Statut de Rome de la Cour pénale internationale établit ce principe de responsabilité du commandement. À ce titre, le Procureur de la République et les Directeurs Généraux de la Police et de la Gendarmerie pourraient également répondre devant l’histoire d’avoir ordonné, toléré ou laissé commettre ces crimes. La COSCIPAC exige que les autorités russes soient également tenues pour responsables des agissements de leurs mercenaires déployés en Centrafrique.

 

L’organisation observe que ces pratiques frappent principalement les civils, militaires et paramilitaires perçus comme éloignés du Mouvement Cœurs Unis. La torture et les exécutions sommaires servent d’outils pour étouffer toute opposition. Selon la COSCIPAC, Wagner et le régime gouvernent par la terreur et l’arbitraire, rappelant les heures les plus sombres de l’histoire africaine.

 

Trop de victimes sont tombées dans l’indifférence générale, trop de familles pleurent sans obtenir ni vérité ni réparation. La COSCIPAC en appelle au peuple centrafricain, d’un bout à l’autre du territoire, pour qu’il ouvre enfin les yeux. Le silence n’est plus envisageable devant l’ampleur des violations commises. Chacun doit refuser l’inacceptable et défendre collectivement la dignité humaine menacée par l’alliance entre le pouvoir local et les forces étrangères.

 

Les partenaires internationaux sont également interpellés par la COSCIPAC pour qu’ils conditionnent leur aide au respect effectif des droits fondamentaux. Aucun soutien financier ou technique ne devrait alimenter la machine répressive mise en place conjointement par Touadera et Wagner. L’organisation estime qu’il est temps pour la communauté internationale de choisir son camp entre les valeurs démocratiques qu’elle prétend défendre et la realpolitik qui ferme les yeux sur les crimes.

 

La COSCIPAC réclame l’ouverture immédiate d’enquêtes internationales indépendantes, l’identification des coupables à tous les échelons et l’arrêt définitif des exécutions extrajudiciaires. L’organisation compte sur la mobilisation citoyenne et sur la pression diplomatique pour que cesse l’impunité qui s’est installée dans le pays depuis l’arrivée des mercenaires russes en 2018​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Anselme Mbata

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Comment éviter les blessures au baseball

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Prévenir les blessures au baseball sur le long terme

 

Le baseball semble calme de l’extérieur. Les corps des joueurs sont toujours sous pression. Les parties du corps qui nous aident à bouger, comme les bras, les jambes et la colonne vertébrale, continuent de travailler tout le temps pendant l’exercice ou le sport.

Certaines études sur le sport ont également constaté que beaucoup de gens qui font du sport pour s’amuser ou pour passer le temps utilisent Internet pour en savoir plus sur la façon de mieux s’exercer, parfois sur des sites Web qui ne sont pas liés au sport ou via des applications mobiles populaires, y compris des recherches comme afropari télécharger apk. Cela signifie que les athlètes utilisent maintenant Internet pour obtenir des informations, parfois dans des endroits qui ne sont pas habituels pour le sport. Nous devons adopter de bonnes pratiques qui fonctionnent en baseball pour faire de réels progrès. La prévention commence bien avant le premier coup.

Pourquoi le baseball cause des blessures spécifiques

Le baseball implique beaucoup de déplacements, contrairement aux autres sports d’équipe. Une façon de le faire est de le lancer, ce qui rend l’épaule et le coude très durs à travailler.

Les études montrent que les blessures les plus fréquentes sont:

  • le coude des lanceurs
  • Epaule lors de lancers répétés
  • ischio-legs pendant les courses rapides
  • poignets pendant les frappes puissantes
  • genoux pendant les changements de direction

Le problème vient souvent d’une surcharge progressive. Le joueur continue à jouer même s’il ressent un peu de douleur, jusqu’à ce que la blessure empire.

Le réchauffement reste la meilleure protection

Beaucoup de joueurs veulent entrer directement dans le jeu. Mauvaise idée. Un bon échauffement prépare les muscles et les articulations.

Les préparateurs physiques recommandent aujourd’hui une approche simple:

  • Mobilisation douce des épaules et des bras
  • activation de la hanche et des jambes
  • exercices de rotation légère du tronc
  • petits lancers progressifs avant pleine puissance

Vous pouvez le faire en moins de 15 minutes et cela vous rend plus sûr.

Un corps qui n’est pas chaud peut se briser facilement, et un corps qui est chaud peut mieux répondre.

L’importance de limiter la fatigue accumulée

 

Un autre facteur souvent ignoré est la fatigue. Certains jeunes joueurs ne prennent pas assez de pauses entre l’entraînement, les compétitions scolaires et les tournois locaux.

Causes de fatigue:

  • perte de précision dans les gestes
  • mauvaise posture pendant les lancers
  • réflexes de ralentissement
  • surcharge articulaire

Lorsque la technique se détériore, le risque augmente.

Les entraîneurs regardent combien de fois les joueurs tirent dans un jeu pour les garder en sécurité.

Exercices essentiels pour protéger le corps

Les recherches actuelles insistent sur le renforcement musculaire spécifique. Tous les muscles doivent soutenir les articulations utilisées.

Voici un tableau simple des zones à travailler :

Zone du corpsPourquoi la renforcer
ÉpaulesStabilise le lancer
DosProtège la colonne vertébrale
HanchesAméliore l’équilibre
JambesDonne puissance et stabilité
Avant-brasSoutient le coude

Un programme équilibré réduit fortement les blessures chroniques.

La technique compte autant que la force

Beaucoup de gens croient que le fait d’être inapte provoque des blessures, mais la raison principale est d’utiliser la mauvaise façon de bouger.

Si vous lancez quelque chose de mal, il peut nuire à l’articulation au fil du temps. – Si vous n’avez pas la bonne posture, vous ne frapperez pas bien.

Les vidéos aident les professionnels à améliorer leurs mouvements. – Les joueurs apprennent de leurs erreurs et les changent rapidement.

Une petite correction peut éviter des mois d’interruption.

Le repos fait partie de la formation

Beaucoup d’athlètes pensent que le repos signifie perdre du niveau.

Les experts recommandent:

  • un jour complet de repos par semaine
  • réduction de charge après un tournoi
  • sommeil suffisant chaque nuit
  • hydratation constante

Un joueur fatigué devient plus vulnérable. Le repos vous permet de revenir plus fort.

Nouvelles approches scientifiques

Les centres sportifs utilisent de nouveaux outils pour prédire quand les gens pourraient être blessés. La vitesse du bras, la force du lancer et les actions du joueur sont mesurées par des capteurs.

 

Certaines équipes font également des exercices qui les aident à bouger et à respirer mieux pour préparer leurs muscles plus rapidement. Ces méthodes deviennent progressivement accessibles aux amateurs. Un sport exigeant mais sûr avec de bonnes habitudes.

Le baseball est amusant, mais vous devez surveiller votre corps. Les blessures ne sont pas fatales. Les joueurs peuvent s’améliorer au jeu sans se blesser s’ils ont assez de chaleur, le font bien, prennent des pauses et s’entraînent d’une manière qui leur convient. L’entraînement sportif se concentre maintenant sur la prévention des blessures, et ceux qui le font bien peuvent jouer plus longtemps et profiter davantage du jeu.

La chose la plus importante est de rester en bonne santé pour que vous puissiez continuer à jouer.

 

 

La domination nationale du PSG et la pression croissante dans les matchs européens

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Domination nationale du PSG et pression croissante en compétitions européennes

 

Au-delà d’une décennie, le Paris Saint-Germain s’est positionné comme le leader incontesté du football en France. Le club a remporté de multiples titres, battu de nombreux records et s’est, d’une certaine manière, standardisé en tant que champion du football français. Toutefois, une autre facette de cette hégémonie s’est révélée; le club s’est retrouvé accaparé par les grandes compétitions du Vieux Continent, reléguant le reste au simple stade de préoccupation secondaire. Ainsi, chaque nouvelle saison ne se justifiait que par la présence d’un nouveau défi, comme une nouvelle évaluation au sein d’une instance universitaire.

Quand la victoire nationale devient une attente

Les supporters peuvent désormais suivre les performances des équipes via des outils numériques, parfois même via des plateformes mobiles comme MelBet online, qui proposent des mises à jour instantanées sur les stats et les tendances. Dans ce sens, les performances du PSG en championnat ne suscitent plus de surprise.

Elles sont acquises d’automatiques. Cette victoire minutée du PSG en France soulève à présent la question de la raison d’être d’un club. Gagner en France n’est plus une fin en soi, mais une condition nécessaire pour aller plus loin en Europe.

L’Europe comme véritable juge

Il est indéniable que les utilisations numériques et les interactions avec les paris sportifs, occasionnellement testées lors de l’ouverture d’un compte MelBet bonus, modifient la perception des soirées européennes. Pour chaque match du PSG, les analystes se concentrent sur la performance dans le contexte de la compétition. La Ligue des champions est devenue la seule compétition qui compte pour le PSG, car elle est l’unique à prouver la valeur du projet parisien sur la scène internationale.

Le contexte européen est très différent de celui du Championnat de France. En Ligue 1, le PSG dispose le plus souvent d’un avantage structurel, en raison de la qualité de son effectif, de la supériorité de certains contributeurs individuels et de la profondeur du banc. Dans le contexte européen, cet avantage est réduit. Les adversaires ont des niveaux d’organisation différents et une plus grande capacité à s’ajuster tactiquement, ce qui expose le PSG à des vulnérabilités moins visibles sur le plan national, notamment en matière de gestion des transitions et des phases de faiblesse.

Des adversaires mieux préparés tactiquement

En face du PSG en Europe, les adversaires proposent des scénarios de match très ciblés, des pressings coordonnés, des blocs compacts, une exploitation systématique des espaces en transition et toutes ces stratégies, afin de les paralyser sur le plan individuel. À la différence de la quasi-totalité des matches de championnat, le PSG se heurte à des équipes capables de maintenir une intensité et une discipline tactiques sur l’ensemble du match.

C’est dans ce cadre que la balance entre l’individualité et la richesse de l’ensemble se joue. La France possède une grande qualité de joueurs, mais les compétitions se déroulent en Europe, et l’individualité de l’ensemble sera la plus récompensée. C’est dans cette mesure que les Parisiens doivent tenter de raffiner cette individualité.

Les moments clés qui font basculer une campagne

Les compétitions européennes se décident souvent sur de petits détails. Certains aspects récurrents dans les analyses d’après-match sont :

  • concentration défensive après la perte du ballon
  • réaction mentale après avoir concédé un but
  • gestion du rythme dans les dernières minutes
  • discipline tactique loin du Parc des Princes
  • capacité à adapter le plan de jeu en cours de match

Ces aspects, parfois négligeables en championnat, deviennent cruciaux dans les compétitions continentales.

Comparaison entre domination nationale et exigences européennes

Avant de consulter le tableau ci-dessous, il est important de rappeler que les deux contextes s’inscrivent dans des logiques différentes.

CritèreScène nationaleScène européenne
Marge d’erreurRelativement largeTrès réduite
Approche adverseSouvent défensiveStratégiquement proactive
Intensité moyenneVariableÉlevée et constante
Pression médiatiqueModéréeExtrême
Tolérance à l’échecPrésenteInexistante

2 Domination nationale du PSG et pression croissante en compétitions européennes
2 Domination nationale du PSG et pression croissante en compétitions européennes

 

Le rôle central du leadership

Lors des compétitions européennes, le leadership est prépondérant. Quand le collectif se fragilise, ce sont les cadres qui doivent stabiliser, gérer et décider au bon moment. Cette maîtrise permet d’ouvrir et de contrôler le jeu. En son absence, l’équipe est davantage portée par les déséquilibres et les ruptures de contrôle, ce qui est souvent préjudiciable aux éliminatoires.

De plus, les meilleures équipes se distinguent par leur capacité d’adaptation. Ajuster une structure, le pressing ou les rôles sans déséquilibrer le système est fondamental. Chaque année, le PSG montre les progrès qui peuvent être faits, tout en rappelant que l’absence de cette flexibilité est, hélas, trop présente. Une fois la domination nationale acquise, la pression devient de plus en plus forte. Une victoire nationale sans concurrence mène à un succès continental comme désir collectif. Le PSG se retrouve donc avec l’exigence de cette domination, qui, avec le temps, devient à la fois un atout et une pression.

Une question de maturité collective

Le défi européen du PSG n’est plus une question de talent ni de moyens. Il s’agit désormais de maturité collective, de gestion des émotions et de constance dans les moments décisifs. Transformer la suprématie nationale en réussite continentale demande du temps, de la stabilité et une capacité à accepter la pression comme un moteur plutôt qu’un fardeau. C’est dans cette transition que se joue l’avenir européen du club parisien.

 

L’armée centrafricaine existe-t-elle encore ? Un juriste répond  à l’interview exclusive du CNC

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L’armée centrafricaine existe-t-elle encore ? Un juriste répond  à l’interview exclusive du CNC

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le colonel Martiano Édouard Yalengue , directeur général adjoint de la garde présidentielle

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Des officiers frappés devant leurs hommes, des soldats qui regardent sans intervenir, des abus sans sanction. Firmin Ngola, juriste centrafricain spécialisé en sécurité-défense, analyse la désintégration progressive d’une institution autrefois respectée et explique pourquoi tant de Centrafricains doutent désormais de son existence réelle comme structure républicaine.

 

 

Corbeau News Centrafrique (CNC) : Bonjour maître Firmin Ngola, merci d’avoir accepté cet entretien.

 

Firmin Ngola : Bonjour monsieur le journaliste, merci pour l’invitation.

 

CNC : De nombreux Centrafricains affirment que l’armée nationale n’existe plus comme institution. Pourquoi cette perception est-elle si répandue ?

 

Firmin Ngola : Parce que les faits observés depuis plusieurs années ne correspondent plus au fonctionnement d’une armée républicaine. Une armée doit protéger ses chefs, appliquer des règles claires et répondre aux attentes de la population. Lorsque des mercenaires étrangers frappent des officiers en public, et que les soldats restent immobiles, la hiérarchie s’effondre. Et quand les chefs ne réagissent pas, la confiance disparaît.

le colonel Martiano Édouard Yalengue , directeur général adjoint de la garde présidentielle
colonel_edouard_modoua – Colonel Modoua kidnappé à Bouar : Deux mois de captivité aux mains de Wagner,  silence troublant de Bangui

 

CNC : Pouvez-vous revenir sur le cas du colonel Édouard Modoua , qui a marqué beaucoup d’esprits  dans le pays ?

 

Firmin Ngola : Le colonel Édouard Modoua, commandant de la région militaire du nord-ouest,  a été arrêté à Bouar à deux reprises, ce qui montre la gravité de la situation. D’abord arrêté par des mercenaires russes du groupe Wagner, sa tête couverte de sac, battu et amené à la Section de recherches à Bangui, il a ensuite été mis à la retraite sous pression. Malgré cela, il est reparti à Bouar pour faire la passation de service au nouveau commandant. Là encore, il a été arrêté par les Russes, détenu secrètement dans leur propre durant plusieurs semaines à Bouar, puis ramené à Bangui et libéré. À aucun moment ses hommes n’ont réagi. Cela montre que la chaîne de commandement ne tient plus.

 

CNC : Ce phénomène touche-t-il d’autres officiers ?

 

Firmin Ngola : Oui, et les exemples sont nombreux. À Ndélé, le colonel Kitoko avait été arrêté par les Wagner puis transféré à Bangui. À Baboua, un commissaire de police s’est fait frappé par les Wagner à tel point qu’il a eu le bras cassé. À Béloko, un capitaine des FACA a été frappé et blessé. Dans tous ces cas, les soldats FACA présents restent immobiles. C’est un signe clair que le rapport d’autorité est brisé.

 

CNC : comme vous évoquez les cas des officiers supérieurs et sous-officiers arrêtés dans les villes de provinces, mais ici à Bangui, la situation est comment ?

 

Firmin Ngola : que ça soit à Bangui comme en province, les Wagner frappent sans distinction. Prenant le cas  du directeur général adjoint de la garde présidentielle, le colonel Yalengue. Il a été frappé, jeté au sol et humilié devant ses hommes par les mercenaires russes du groupe Wagner. Le coup est tellement violent que le colonel pleure comme un nouveau né, un bébé qui demande à manger. Mais la surprise est qu’aucun élément de la garde présidentielle n’a bougé. Après une scène pareille, un chef ne peut plus exercer normalement. Son autorité disparaît dès le moment où ses éléments l’ont vu pleurer et pleurer comme un enfant.

 

CNC : Au-delà des agressions commises par les Russes, vous mentionnez aussi les abus commis par certains soldats centrafricains eux-mêmes. Que se passe-t-il exactement ?

 

Firmin Ngola : C’est un point essentiel. Dans plusieurs régions, des soldats agressent des civils, extorquent, maltraitent ou intimident la population. Et ce qui inquiète, c’est l’absence totale de sanctions. Les officiers savent ce qui se passe, les autorités locales sont informées, les autorités nationales également, mais rien ne suit. L’impunité fait partie du système. Cela affaiblit encore plus l’armée parce qu’une institution perd sa légitimité quand elle ne se corrige pas elle-même. C’est une dégradation parallèle à celle provoquée par les mercenaires russes.

 

CNC : Revenons aux cas de résistance isolée. Pouvez-vous rappeler ce qui s’est passé à Boali ?

 

Firmin Ngola : À Boali, les mercenaires avaient l’habitude de faire transporter leurs caca, leur pourou  par un soldat. Il le faisait par contrainte. Après sa mutation, le soldat qui l’a remplacé ignorait tout de ce système. Les russes, un matin, ont appelé le nouveau soldat. L’homme est venu, et l’un des mercenaires russes lui a montré la cuvette pleine de caca qu’il devait porter pour aller le verser déhors. Mais ce mercenaire russe ne s’attendait pas à cette colère. Le soldat, énervé, commence à frapper le mercenaire, qui est tombé. Les autres Russes, voyant leur collègue tombé au sol,  sont arrivés et ont commencé à frappé le soldat. Pendant ce temps, ses collègues n’ont rien fait. Ils regardaient seulement. C’est grave.

 

CNC : Et à Ngakobo ? Il y’a également un problème pareil non ?

 

Firmin Ngola : oui. Là-bas, c’est un mercenaire russe qui voudrait sodomiser un soldat FACA de force. Mais ce dernier, en colère, a dégainé son arme et tiré, tuant un mercenaire. Les autres russes ont riposté immédiatement et ont abattu le soldat qui venait de tuer leur collègue. Pour beaucoup, il a agi comme un soldat qui ne veut pas accepter l’humiliation.

 

CNC : Un autre cas remonte à 2019 sur un site minier avec les Wagner. Qu’en est-il ?

 

Firmin Ngola : Pour cette histoire, c’est la tête contre la tête. Un adjudant des FACA recevait des ordres répétés d’un mercenaire du groupe Wagner. C’était en 2019. Un jour, il a levé la tête et lui a dit : « Toi, tu es qui pour me donner des ordres ? Tu n’es pas mon chef. » Face à cette réponse, le mercenaire a reculé et s’est calmé. Ce geste paraît simple, mais dans le contexte actuel, cela demande du courage.

 

CNC : Avec l’ensemble de ces éléments, que peut-on encore attendre de l’armée nationale ?

 

Firmin Ngola : On peut attendre une réforme profonde, mais aujourd’hui, la réalité est difficile. Une armée fonctionne grâce à la discipline interne, la cohésion, le respect de la hiérarchie et la confiance de la population. Quand les mercenaires frappent les chefs, quand les soldats restent immobiles, quand certains militaires agressent eux-mêmes la population, et quand aucune sanction n’est prononcée, l’institution perd sa force. C’est cette accumulation qui fait dire à beaucoup de Centrafricains que l’armée n’a plus sa structure d’origine.

 

CNC : Merci maître Firmin Ngola pour vos explications.

 

Firmin Ngola : C’est à moi de vous remercier, monsieur le journaliste. Merci beaucoup.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Propos recueillis par Anselme Mbata…

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La folie du pouvoir :  quand Touadéra reçoit au palais ses propres ministres déguisés en opposition, le clepto-mythomane Balalou parle d’un geste historique »

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La folie du pouvoir :  quand Touadéra reçoit au palais ses propres ministres déguisés en opposition, le clepto-mythomane Balalou parle d’un geste historique »

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Consolation mutuelle entre deux ex-ministres limoges dans la septième République, Ghislain Djorie et Aristide Briand Reboas

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le 9 février 2026, Maxime Balalou a annoncé un « acte politique fort » : Touadéra a reçu les « candidats malheureux » de la présidentielle. Selon lui, c’est un « geste historique » prouvant « l’esprit républicain » et « la volonté de consolider l’unité nationale ».

 

La réalité ? Touadéra a simplement reçu ses propres ministres et proches qu’il avait lui-même envoyés aux élections pour créer l’illusion d’une compétition démocratique.

 

Les “candidats malheureux” : tous des ministres de Touadéra

 

Serge Ghislain Djori: ex-ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Touadera . Caution payée par Touadéra.

 

Aristide-Briand Reboas  : ex-ministre de la Jeunesse et des Sports de Touadera. Caution payée par Touadéra.

 

Henri-Marie Dondra : ancien Premier ministre (2021-2022), ministre des Finances pendant 4 ans. L’un des fondateurs du parti au pouvoir, le MCU.

 

Symphorien Kparekouti : Président d’un très minuscule parti, et chef de la coalition des partis satellites du régime dénommée UFDO  : organisation fantoche créée et financée par Touadéra. Caution payée par Touadéra.

 

Voilà la vérité : Touadéra a payé les cautions de ses propres ministres pour créer l’illusion de compétition, puis les a reçus pour faire croire à un “dialogue”.

 

La vraie opposition ? Celle que Touadéra refuse de recevoir

 

Avant les élections, la vraie opposition (BRDC) exigeait :

 

  1. Un dialogue direct avec Touadéra sur la nouvelle constitution 1. La refonte de l’Autorité Nationale des Élections 1. Des garanties minimales de sécurité

 

Touadéra a refusé.

 

La constitution ? Le projet déjà invalidé dès le départ par la Cour constitutionnelle en 2022. Touadéra a limogé la présidente de la Cour d’alors, madame Danielle Darlan, et nomme son oncle, Jean-Pierre Waboué avant d’organiser un référendum bidon (95,3% de “oui”).

 

Face au refus de dialogue, l’opposition a boycotté. Seul Dologuélé a participé. Résultat : Touadéra “réélu” avec 76,15% par un coup d’État constitutionnel.

 

Et maintenant Balalou ose parler de “geste historique” parce que Touadéra reçoit ses propres ministres ?

 

Le scénario était écrit d’avance

 

  1. L’opposition exige un dialogue → Touadéra refuse 1. L’opposition boycotte → Touadéra envoie ses ministres se présenter 1. Touadéra “gagne” avec 76% → Les faux candidats reconnaissent sa victoire avant la proclamation 1. Touadéra les reçoit → Balalou crie au « geste historique »

 

C’est du théâtre de boulevard.

 

“Ils soutiennent les efforts” : évidemment, ce sont ses ministres !

 

Balalou déclare : « Les anciens candidats ont salué la démarche du Président et ont exprimé leur volonté de soutenir les efforts de reconstruction. »

 

Évidemment ! Ce sont ses ministres ! Djorie était son porte-parole. Reboas son ministre. Dondra son Premier ministre. Tous ont reconnu sa victoire avant la proclamation officielle.

 

C’est le retour à la normale : les ministres retrouvent leur patron après avoir joué leur rôle des comédiens.

 

“L’heure n’est plus à la division” : la vraie opposition est en prison

 

Balalou ose déclarer : « L’heure n’est plus à la division, l’heure est au rassemblement. Maintenant que tout est fini, qu’est-ce qu’on doit faire ? On continue à s’opposer ? »

 

Pendant que Balalou parle de “rassemblement”, voici la réalité :

 

– Docteur Dominique Désiré ERENON, Président de la MDSP, leader de l’opposition, emprisonné à la prison de Ngaragba.

 

– Les partis d’opposition interdits de tenir des rassemblements

– Les manifestations pacifiques interdites et réprimées

– Les journalistes arrêtés pour avoir critiqué le régime

– La presse muselée par une nouvelle loi liberticide

 

Voilà le vrai “rassemblement” de Touadéra : emprisonner la vraie opposition et recevoir ses ministres en prétendant dialoguer.

 

Personne n’est dupe de cette parodie

 

Maxime Balalou peut qualifier cette mise en scène de « geste historique » et d’« acte fort ». Il peut parler de « maturité démocratique » et d’« unité nationale ».

 

Nous savons tous que c’est du théâtre.

 

Touadéra n’a pas reçu l’opposition. Il a reçu ses propres ministres qu’il avait envoyés jouer aux candidats pour donner l’illusion d’élections compétitives.

 

La vraie opposition — celle qui exigeait un vrai dialogue, une vraie constitution, de vraies garanties — cette opposition-là est boycottée, ignorée, emprisonnée.

 

Ce n’est pas un “geste historique”. C’est une insulte à l’intelligence des Centrafricains.

 

Monsieur Balalou, vous pouvez continuer votre propagande. Mais sachez que personne n’est dupe. Absolument personne.

 

Par Alain Nzilo

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Wagner étend son empire économique en Centrafrique : une entreprise de forage d’eau vient s’ajouter à la liste

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Wagner étend son empire économique en Centrafrique : une entreprise de forage d’eau vient s’ajouter à la liste

Pénurie d’eau à Bangui : des bidons jaunes en attente à la fontaine
Essai du forage en présence de Touadera

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Dans un pays où l’accès à l’eau potable demeure un défi quotidien pour des millions de Centrafricains, l’arrivée de nouveaux acteurs dans le secteur hydraulique provoque toujours l’intérêt. Mais lorsque ces acteurs portent l’uniforme de mercenaires et opèrent sous la protection du palais présidentiel, les questions dépassent largement le cadre technique.

 

La République centrafricaine connaît depuis plusieurs années une mainmise progressive de forces étrangères sur ses ressources et ses infrastructures. Cette emprise s’est particulièrement intensifiée avec l’arrivée des mercenaires russes du groupe Wagner en 2018, officiellement pour sécuriser le régime du président Faustin-Archange Touadéra face aux groupes armés. Mais derrière le paravent sécuritaire, c’est toute une stratégie d’appropriation économique qui s’est mise en place.

 

Selon nos informations, le groupe Wagner a créé depuis plus d’un an une entreprise spécialisée dans le forage d’eau, opérationnelle à Bangui et dans certaines villes de province. Cette structure propose ses services aussi bien aux institutions gouvernementales qu’aux particuliers disposant des moyens financiers nécessaires. Un numéro de contact a été mis en circulation pour toute demande de puits de forage.

 

À la tête de cette entreprise, Wagner a placé un cadre centrafricain dont l’identité reste pour l’instant sous scellés, le temps de mener les vérifications nécessaires dans le cadre de notre enquête. Cette stratégie de « vitrine locale » n’est pas nouvelle : elle permet aux mercenaires russes de donner une apparence de légitimité à leurs opérations commerciales tout en gardant le contrôle réel des activités.

 

Le forage d’eau n’est que la dernière pièce d’un puzzle économique qui ne cesse de s’agrandir. Depuis leur installation en Centrafrique, les hommes de Wagner ont méthodiquement investi tous les secteurs lucratifs du pays :

 

L’exploitation forestière a été l’un des premiers domaines investis, avec des concessions obtenues dans des conditions opaques. Les mines d’or et de diamants ont suivi, offrant aux mercenaires un accès direct aux richesses du sous-sol centrafricain. Leur présence au sein même de la douane nationale leur garantit par ailleurs un contrôle sur les flux d’exportation.

 

Plus récemment, Wagner s’est lancé dans l’agro-industrie avec la création d’une entreprise de purification et de conditionnement d’eau en bouteille. Parallèlement, les mercenaires russes ont investi le marché des boissons alcoolisées avec la marque « Afrika Ti L’or », dont les publicités fleurissent dans la capitale.

 

Cette diversification tous azimuts montre une stratégie bien connue : contrôler l’ensemble de la chaîne économique, de l’extraction des ressources naturelles jusqu’à la distribution de biens de consommation courante. Wagner ne se contente plus d’être une force militaire  : le groupe construit un véritable conglomérat économique sur le territoire centrafricain.

 

Touadéra, l’homme qui ne veut pas lâcher Wagner….

 

Cette expansion économique bénéficie d’un soutien sans faille au plus haut niveau de l’État. Le président Touadéra alias Baba Kongoboro apparaît comme le principal protecteur et facilitateur de l’implantation économique de Wagner en Centrafrique. Cette complicité explique pourquoi le chef de l’État centrafricain s’oppose fermement à tout retrait des mercenaires russes du groupe Wagner.

 

La situation est d’autant plus révélatrice que Moscou a annoncé le remplacement progressif de Wagner par l’Afrikakor, la nouvelle structure officiellement contrôlée par le ministère russe de la Défense. Mais Touadéra a une vision différente : il veut que Wagner reste, tout en acceptant l’arrivée de l’Afrikakor. En clair, le président centrafricain souhaite cumuler les deux forces, multipliant ainsi la présence militaire russe sur le territoire national.

 

Selon nos sources, Wagner a fait savoir que le groupe réduirait ses effectifs militaires mais maintiendrait une présence stratégique dans certaines villes du pays, particulièrement là où subsistent des tensions sécuritaires. Cette présence sélective permettrait de poursuivre les opérations militaires tout en se concentrant davantage sur les activités économiques, notamment l’exportation de diamants.

 

Les mercenaires russes ont été clairs : l’exportation minière restera une priorité, aux côtés de la fabrication de boissons et des activités de forage. Cette déclaration confirme que Wagner n’a aucune intention de se retirer du juteux secteur minier centrafricain, qui représente des millions de dollars de revenus.

 

Plus inquiétant encore, le maintien de Wagner dans certaines zones du pays laisse présager la poursuite des exactions et des violations des droits humains documentées par de nombreuses organisations internationales. Là où Wagner opère, les témoignages de massacres, d’extorsions et de violences contre les civils s’accumulent.

 

La communauté internationale doit comprendre une réalité fondamentale : derrière Wagner, il y a Touadéra. Le président centrafricain n’est pas une victime des circonstances ou un dirigeant contraint par des forces extérieures. Il est l’architecte conscient et volontaire de l’implantation de Wagner en Centrafrique.

 

C’est bien Touadéra qui refuse le retrait de Wagner malgré les demandes de Moscou. C’est bien lui qui facilite l’expansion économique des mercenaires dans tous les secteurs. C’est bien sous sa bénédiction que Wagner a pu créer cet empire économique qui vampirise les ressources centrafricaines.

 

Cette collusion au sommet de l’État pose une question politique majeure : jusqu’où le président Touadéra est-il prêt à aller dans l’hypothèque de l’avenir économique de son pays ? La création d’une entreprise de forage d’eau par des mercenaires, dans un pays qui souffre cruellement du manque d’infrastructures hydrauliques, symbolise à elle seule l’absurdité et le cynisme d’une situation où les intérêts privés d’une milice étrangère passent avant les besoins fondamentaux de la population.

 

Pendant que Wagner fore des puits payants, des millions de Centrafricains continuent de puiser leur eau dans des sources non protégées, avec tous les risques sanitaires que cela comporte. Cette réalité résume à elle seule la tragédie d’un pays dont les richesses profitent à tout le monde, sauf à son propre peuple.

 

Par Alain Nzilo….

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À Sikikédé : une brigade des morts terrorise les femmes la nuit

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À Sikikédé : une brigade des morts terrorise les femmes la nuit

 

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Image d’illustration

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Dans la localité de Sikikédé, communément appelée Ndah, située dans la préfecture de Vakaga, les violences faites aux femmes ont atteint un niveau inquiétant. Une milice d’autodéfense s’est donné pour mission de contrôler les déplacements nocturnes des femmes.

 

Cette brigade des morts agit selon ses propres règles et patrouille chaque nuit dans les rues de Sikikédé. Dès qu’un membre de ce groupe aperçoit une femme ou une jeune fille qui circule après la tombée de la nuit, il procède immédiatement à son arrestation. La victime se voit alors bâillonner la bouche avec du scotch avant d’être emmenée vers la lisière de la forêt. Là-bas, elle subit une correction violente, car pour ces hommes, aucune femme n’a le droit de sortir la nuit.

 

Leur logique repose sur une conviction simple : toute femme dehors après le coucher du soleil est forcément partie à la recherche d’un homme. C’est sur cette base qu’ils justifient leurs actes de brutalité et maintiennent leur emprise sur la population féminine de Sikikédé. Personne ne semble pouvoir s’opposer à leurs agissements dans cette sous-préfecture de la Vakaga.

 

C’est dans ce contexte que dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 février 2026, cette bande a capturé la fille du chef de groupement du quartier Coton. Comme à leur habitude, ils l’ont emmenée près de la forêt, lui ont attaché la bouche pour étouffer ses cris, puis l’ont rouée de coups. La jeune fille a ensuite été ramenée en ville dans un état de choc profond, le visage tuméfié et l’esprit marqué par le traumatisme.

 

Les membres de la milice restent persuadés que la victime revenait d’un rendez-vous galant et qu’elle méritait donc ce châtiment corporel. À Sikikédé, l’anarchie règne en maître et chacun fait ce qui lui plaît. Il n’y a ni gendarmerie officielle, ni commissariat de police digne de ce nom, et la notion même de prison demeure totalement absente.

 

Dans cette ville, les jeunes du coin se sont autoproclamés gendarmes et exercent cette fonction selon leur bon vouloir. Lorsqu’un différend éclate, le plaignant dépose plainte auprès de cette gendarmerie fantoche, puis l’accusé est convoqué de venir à la brigade. La personne incriminée se présente, verse une somme d’argent et repart libre. La sanction n’est jamais carcérale, uniquement financière, ce qui encourage l’impunité. Les délits graves comme les crimes sont traités de la même manière.

 

Les audiences se déroulent entièrement en dialecte local, depuis les échanges jusqu’au prononcé du jugement. Tout se règle sur place, dans la langue du terroir, sans référence à un code pénal ou à une procédure légale. Même un criminel peut échapper à toute forme de détention en payant la somme exigée.

 

Lors de cette agression nocturne, la jeune fille s’est également fait dépouiller de son téléphone portable et d’une trentaine de milliers de francs CFA. Les miliciens sont repartis avec le butin sans craindre la moindre répercussion. Puisque c’est justement cette milice qui est censée combattre les violences, elle peut commettre tous les abus qu’elle souhaite. Personne ne peut la sanctionner puisqu’elle incarne elle-même la loi dans cette zone reculée de Vakaga​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Moïse Banafio

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Bambouti : un vieux papa de 65 ans, revenu du Soudan du Sud, grièvement tabassé par les soldats FACA

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Bambouti : un vieux papa de 65 ans, revenu du Soudan du Sud, grièvement tabassé par les soldats FACA

 

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La victime tabassée à Bambouti par les soldats FACA

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Après la rencontre organisée par les soldats FACA et leurs alliés de la milice Wagner avec les autorités du village Source Youbou au Soudan du Sud, un vieil homme de Bambouti, réfugié dans ce village,  est revenu dans sa ville centrafricaine pour vérifier l’accalmie et prendre ses affaires. Malheureusement pour lui, il   a été torturé gravement par les soldats FACA.

 

Pour comprendre l’histoire, il faut remonter au début. En effet, la vie à Source Youbou reste insupportable pour les déplacés de Bambouti. Ce village sud-soudanais, situé à cinq kilomètres de la frontière, n’offre aucun confort aux familles qui y ont trouvé refuge.

 

Ainsi, un papa, originaire de Bambouti, vivait aussi dans un camp des réfugiés à Source Youbou. Mais les conditions humanitaires dans ce village sud soudanais sont terribles. Sans toit digne de ce nom pour abriter sa famille, il a choisi de revenir à Bambouti chercher des bâches dans sa maison abandonnée. Ces bâches devaient lui permettre de monter une habitation de fortune à Source Youbou. C’est ce besoin urgent qui l’a poussé à tenter le retour malgré les dangers.

 

Mais sur le chemin, le vieux a croisé un groupe des soldats FACA. Les militaires centrafricains l’ont arrêté. Ils lui ont demandé ce qu’il venait faire dans la zone. L’homme a expliqué calmement qu’il venait juste pour récupérer simplement ses bâches pour construire un abri pour sa famille réfugiée. Cette réponse n’a fait qu’attiser les rages de ces forces de désordre.

 

Aussitôt, plusieurs soldats FACA se sont jetés sur lui. Ils l’ont roué de coups sans ménagement malgré son âge avancé. Pendant qu’il gisait au sol, l’un d’eux fumait tranquillement une cigarette. Il a ensuite enfoncé le mégot incandescent sur la peau du vieil homme à plusieurs reprises.

 

Ces marques de feu ont couvert son corps comme des taches de cendre. Le père de famille a enduré cette torture pendant de longues minutes. Aucun des jeunes soldats n’a eu la moindre pitié pour cet homme qui pourrait être leur propre père.

 

Après l’avoir laissé partir, le sexagénaire a regagné Source Youbou dans un état déplorable. Il a fallu l’emmener d’urgence à l’hôpital du village. Les blessures nécessitaient des soins immédiats pour éviter toute infection.

 

Cette violence fait suite à la réunion tenue trois jours plus tôt. Les soldats centrafricains accompagnés de mercenaires russes s’étaient rendus à Source Youbou. Ils avaient rencontré le chef du village et les militaires sud-soudanais stationnés sur place.

 

Durant cette réunion, ils avaient encouragé les réfugiés à regagner Bambouti. Une seule condition leur avait été donnée : les personnes portant des scarifications rituelles ne devaient pas revenir. Ceux qui tenteraient de franchir cette ligne seraient exécutés sur place.

 

Le vieil homme voulait simplement évaluer la température avant de ramener toute sa famille. Il pensait que cette réunion annonçait un retour possible à la normale. Au lieu de cela, il a servi de cobaye et payé le prix fort.

 

Les faits démontrent que cette invitation constituait un guet-apens. Les militaires attendent que les gens rentrent pour les massacrer tranquillement. Le sort réservé à ce sexagénaire en dit long sur leurs véritables intentions envers la population réfugiée.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Éric Nzapa

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Sikikédé : nouvelle attaque des bandits soudanais, 2 morts et deux blessés

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Sikikédé : nouvelle attaque des bandits soudanais, 2 morts et deux blessés

 

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Image d’illustration

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La saison sèche ramène chaque année son lot de violences sur les routes de Vakaga, où les bandits soudanais profitent des pistes praticables pour commettre du désordre et le chaos dans la région.

 

Pour la nième fois, ce dimanche 15 février, un véhicule quittait Sikikédé, aussi appelé Ndah, en direction du Tchad. À seulement 47 kilomètres du départ, les occupants tombaient dans un guet-apens tendu par des hommes armés venus du Soudan. Sans sommation ni tentative d’arrêt, les assaillants ouvraient le feu directement sur le véhicule.

 

Les tirs des assaillants ont touché mortellement deux passagers qui sont morts sur place. Deux autres passagers ont été touchés, l’un à la poitrine, l’autre au bras. Les blessés ont été ramenés à l’hôpital de Sikikédé où ils reçoivent actuellement des soins. Quant aux corps des défunts, ils ont été inhumés rapidement après les faits.

 

Cette route entre Sikikédé et le Tchad est devenue un axe particulièrement dangereux pour les usagers. Chaque année, dès que la saison sèche rend les pistes carrossables, les bandes armées soudanaises intensifient leurs opérations dans la zone. Les habitants de la préfecture connaissent bien ce cycle de violences qui se répète avec régularité.

 

Rappelons que depuis plusieurs semaines, la ville de Sikikédé vit au rythme des rumeurs d’une éventuelle attaque des bandits soudanais. Le nombre des soldats FACA déployés sur place est très réduit, poussant les habitants à s’armer illégalement  pour se défendre au cas où. Beaucoup demandent au gouvernement de renforcer la présence des militaires centrafricains dans la ville pour protéger la population.

 

Affaire à suivre….

 

Par Barthelemy Kossi

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La chasse aux jeunes se poursuit à Zemio, 2 jeunes viennent d’être arrêtés par les soldats FACA

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La chasse aux jeunes se poursuit à Zemio, 2 jeunes viennent d’être arrêtés par les soldats FACA

 

 

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Image d’illustration. Photo CNC

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Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 À Zémio, les éléments de forces armées centrafricaines poursuivent leurs arrestations criminelle , cette fois en visant deux jeunes ouvriers qui gagnaient leur vie sur la rivière Mbomou.

 

Les deux hommes s’appellent Adabaya Dieu béni, connu aussi sous le nom de James, et Ipoutou. Le premier appartient à l’ethnie Zandé, le second à l’ethnie Yakoma. Tous deux sont nés à Zémio et exercent des métiers d’extraction des sables sur la rivière Mbomou.

 

Ipoutou possède une pirogue qu’il utilise pour transporter du sable. Adabaya, lui, plonge dans l’eau pour ramasser le sable au fond de la rivière, qu’il dépose ensuite dans l’embarcation. Ce sable est revendu aux habitants qui construisent des maisons. C’est une activité répandue dans tout le pays, à Bangui comme ailleurs.

 

Vendredi dernier, en début d’après-midi, les deux hommes se sont rendus sur les berges de la Mbomou pour travailler comme à leur habitude. Sans raison apparente, des soldats les ont interpellés et emmenés en détention. Leur seul tort semblait être de posséder des téléphones portables de type Android.

 

Les forces du désordre  devaient les libérer le lendemain, mais ils demeurent encore enfermés. Personne ne comprend pourquoi ces deux travailleurs restent privés de liberté. Certains pensent que les soldats ont simplement confisqué leurs téléphones sous prétexte d’enquête, mais rien ne justifie une telle détention prolongée.

 

Ces hommes subvenaient aux besoins de leurs familles grâce à leur labeur quotidien. Ils avaient peut-être une compagne, des enfants à nourrir. En les empêchant de travailler, on les condamne à la misère. Pendant ce temps, les mercenaires du groupe Wagner et leurs femmes de l’armée nationale continuent d’agir en toute impunité.

 

La population se demande combien de temps Zémio devra encore supporter cette présence militaire oppressante. Les jeunes n’ont plus le droit de vaquer à leurs occupations sans craindre d’être arrêtés. La ville vit sous une chape de plomb, et l’avenir des habitants devient de plus en plus incertain​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Éric Nzapa

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Accident de chasse à Ouanda-Djallé : Un adolescent gravement blessé à la gorge par une flèche

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Accident de chasse à Ouanda-Djallé : Un adolescent gravement blessé à la gorge par une flèche

 

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Le jeune victime de chasse à Ouanda-Djallé, dans la Vakaga. Photo CNC

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Une sortie de chasse organisée par des jeunes de la localité de Ouanda-Djallé, préfecture de la Vakaga,  s’est terminée par un accident grave la semaine dernière.

 

Le vendredi 13 février 2026, un groupe de trois à quatre adolescents âgés de 12 à 14 ans de la sous-préfecture d’Ouanda-Djallé ont décidé de partir à la chasse. Dans cette région, pendant la saison sèche, les sorties de chasse sont courantes. Les adultes, comme les jeunes, partent régulièrement capturer du gibier pour nourrir leurs familles.

 

Ces jeunes, dont les parents sont eux-mêmes chasseurs, ont pris l’initiative d’organiser leur propre expédition, armés de flèches et d’arcs. Habitués à accompagner leurs aînés, ils pensaient maîtriser l’activité.

 

Alors qu’ils traquaient le gibier dans la brousse, un animal est soudainement sorti de son terrier. L’un des chasseurs, apercevant l’animal, a immédiatement tiré sa flèche. Mais il n’avait pas remarqué qu’un de ses camarades se trouvait dans la trajectoire, caché par les hautes herbes.

 

La flèche a atteint directement le jeune garçon de 13 ans au cou. Choqués par la gravité de la blessure, ses compagnons ont dû couper la flèche avant de le transporter d’urgence.

 

La victime a été rapidement conduite à l’hôpital d’Ouanda-Djallé où elle a été opérée en urgence. Selon les dernières informations recueillies par la rédaction du CNC, l’état du jeune blessé s’améliore progressivement. Il reste hospitalisé et sous surveillance médicale, mais les médecins notent une évolution favorable de son état.

 

Cet accident rappelle les dangers liés aux activités de chasse, particulièrement lorsqu’elles sont pratiquées par des enfants sans supervision adulte.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Serge Binguimalé

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Agressé à cause de son épouse par un soldat FACA, un homme, habitant de Mann, est devenu handicapé à vie

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Agressé à cause de son épouse par un soldat FACA, un homme, habitant de Mann, est devenu handicapé à vie

 

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Un soldat FACA basé à Paoua, dans lim-Pendé

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 À Mann, un homme a perdu l’usage de ses jambes après qu’un militaire de l’armée nationale FACA l’a agressé pour s’en prendre à son épouse.

 

Il y a quelques mois, dans la commune de Mann, située à 12 kilomètres de Bang, dans la préfecture de l’Ouham-Pendé, un drame a bouleversé la vie d’un homme et de sa famille. Cet habitant, père et époux, vivait tranquillement avec sa femme dans leur maison. Une nuit, alors qu’ils dormaient, un bruit violent a retenti. Quelqu’un cognait à leur porte avec force. Inquiet, l’homme s’est levé, a ouvert et s’est retrouvé face à un soldat des Forces armées centrafricaines (FACA), lourdement armé.

 

Le militaire, sans hésiter, a déclaré : « J’ai besoin de ta femme ». Stupéfait, l’homme a tenté de comprendre. « Ma femme ? Pour quoi faire ? », a-t-il répondu, refusant de se plier à une telle exigence. Le soldat, agacé, a insisté : « Je dois partir avec elle, je veux coucher avec elle ». Ces paroles, prononcées avec un mépris révoltant, ont mis l’homme en colère. « Hors de question », a-t-il répliqué, cherchant à refermer la porte pour protéger son foyer.

 

Mais le militaire n’a pas accepté ce refus. Dans un accès de violence, il a sorti son arme et tiré sur l’homme, visant ses jambes. La victime s’est effondrée, terrassée par la douleur, tandis que le soldat disparaissait dans la nuit. Les voisins, alertés par la détonation, se sont précipités. Face à l’état grave de l’homme, ils l’ont conduit au centre de santé de Mann, puis à Bocaranga. Les moyens sur place étant limités, Médecins Sans Frontières (MSF) a pris en charge son transfert à Bangui, où il a reçu des soins intensifs.

 

Malgré les efforts des médecins, le diagnostic est sans appel : ses deux jambes, gravement touchées, sont désormais inutilisables. De retour à Mann, cet homme, autrefois actif, est condamné à une vie de dépendance, incapable de travailler ou de subvenir aux besoins de sa famille. Son existence a été brisée par un acte de brutalité, simplement parce qu’il a voulu protéger sa femme.

 

Et qu’est devenu le soldat responsable ? Rien de sérieux. Il a été muté dans une autre base, à Bang ou ailleurs, sans véritable conséquence. Pas d’enquête approfondie, pas de jugement, pas de sanction digne de ce nom. Ce cas révèle une réalité glaçante au sein de l’armée centrafricaine. Comment une institution censée défendre les citoyens peut-elle fermer les yeux sur de tels actes ? Où est la justice pour les victimes ?

 

Ce drame n’est pas seulement celui d’un homme rendu handicapé. Il expose les failles d’un système où l’impunité est la norme. Les discours sur la discipline et les sanctions restent des mots vides. Les soldats, forts de leur autorité, intimident et détruisent des vies sans rendre de comptes. Cet habitant de Mann, puni pour avoir défendu sa femme, est une victime de plus d’une armée qui trahit sa mission.

 

Il faut se poser les questions qui dérangent. Quelle armée tolère que ses hommes s’attaquent aux civils qu’ils devraient protéger ? Quelle justice abandonne les victimes à leur sort ? La Centrafrique ne peut continuer ainsi. Ses habitants, comme cet homme de Mann, méritent respect et sécurité. Sans une réforme profonde, ces injustices continueront de marquer les mémoires et de briser des vies….

 

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Corbeaunews Centrafrique

Tel/ WhatsApp : +236 75 72 18 21

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Une habitation a pris feu  à Ouanda-Djallé, la famille traumatisée

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Une habitation a pris feu  à Ouanda-Djallé, la famille traumatisée

 

 

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Habitation incendiée à Ouanda-Djallé, dans la Préfecture de la Vakaga. Photo CNC

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Chaque année, la saison sèche ramène les mêmes inquiétudes dans l’ensemble du pays : les incendies des forêts et d’habitations en gogo.

 

Ces sinistres se multiplient dès les premiers jours de chaleur intense, lorsque l’air devient sec et que la végétation s’embrase facilement. Les constructions en paille, omniprésentes dans les zones rurales comme urbaines, deviennent particulièrement vulnérables durant cette période. Les familles redoutent ce moment où un simple geste peut transformer leur foyer en brasier.

 

Cette réalité vient une nouvelle fois de se manifester dans la préfecture de la Vakaga. Le cas de Ouanda-Djallé, survenu la semaine dernière, confirme parfaitement ce phénomène récurrent qui touche toutes les régions sans exception. C’est un exemple parmi tant d’autres de ces drames qui endeuillent les communautés chaque saison.

 

Le 12 février en fin d’après-midi, entre 16 heures et 17 heures, une maison en paille a été entièrement détruite par les flammes dans cette localité de Ouanda-Djallé. La famille qui y résidait a tout perdu : ustensiles de cuisine, lits, vêtements et autres biens essentiels. Il ne reste rien de leurs possessions, consumées en quelques instants.

 

D’après les témoignages recueillis par la rédaction du CNC auprès des victimes et du voisinage, le drame trouve son origine dans un geste d’enfant. La maisonnée compte deux épouses et plusieurs enfants. L’un des petits a saisi un balai enflammé et s’est amusé avec à l’intérieur de la demeure, alors que ses parents se trouvaient dehors. Personne ne surveillait ses mouvements à ce moment-là.

 

Le père aperçut soudain de la fumée s’échappant du toit. Les voisins accoururent aussitôt pour tenter d’étouffer l’incendie, mais la pénurie d’eau compliqua gravement leur tâche. En cette période de sécheresse, les puits s’assèchent et les points d’eau se raréfient. Le peu d’eau disponible, combiné à de la terre et du sable, ne suffit pas à maîtriser le feu.

 

Les habitants concentrèrent alors leurs efforts pour empêcher les flammes de gagner les habitations voisines. Ils parvinrent finalement à circonscrire le sinistre, évitant ainsi sa propagation. Néanmoins, la maison initiale fut entièrement anéantie, avec tout ce qu’elle contenait.

 

La famille vit désormais chez des proches, dans des conditions précaires. Ce genre d’accident se reproduit chaque année dès l’arrivée de la saison sèche, partout sur le territoire. Les gens doivent redoubler de vigilance car les services de lutte contre les incendies n’existent pratiquement nulle part dans le pays.

 

Que ce soit dans la capitale ou dans les localités de province, on ne trouve pas de caserne de pompiers. Seules quelques agglomérations abritent des équipes de la MINUSCA dotées de moyens d’intervention, et encore, cela dépend vraiment des endroits. Cette absence de dispositif de secours laisse les populations démunies lorsque le feu se déclare dans leurs habitations précaires​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Serge Binguimalé

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Centrafrique : du mirage Bitcoin à l’escroquerie $CAR, en passant par l’île fantôme et les déplacés oubliés de l’île Mbongossoua, Touadera frappe fort dans l’escroquerie

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du mirage Bitcoin à l’escroquerie $CAR, en passant par l’île fantôme et les déplacés oubliés de l’île Mbongossoua, Touadera frappe fort dans l’escroquerie

 

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Le-President-centrafricain-Faustin-Archange-Touadera-a-Bangui – Cryptomonnaie, Le Salvador reçoit 44 pays en voie de développement pour parler du futur du bitcoin, mais pas la RCA

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Depuis 2022, le dictateur centrafricain Faustin-Archange Touadéra vend des illusions digitales à une nation écrasée par la pauvreté. Bitcoin officiel, cryptomonnaies douteuses, île fantôme : ces projets fumeux et criminels enrichissent quelques privilégiés pendant que le peuple croupit dans la misère.

 

Dès le départ, l’adoption du bitcoin comme devise légale aux côtés du franc CFA déroute. Pour un territoire parmi les trois derniers les plus démunis de la planète, ce pari technologique paraît absurde. Ensuite surgit le Sango Coin, un jeton censé transformer les ressources minières et forestières en actifs numériques pour séduire des bailleurs étrangers. Résultat : quelques millions collectés, moins d’un dixième des tokens vendus, et un portail web éteint depuis avril 2025. Les sommes récoltées se sont évaporées dans l’ombre de la mafia présidentielle.

 

L’audace grimpe encore avec Crypto-Island, imaginée sur l’île Mbongossoua au milieu du fleuve Oubangui. Un paradis fiscal promis, garni de tripots, de salles de concert et d’immeubles étincelants. Sauf que les inondations de 2023 expulsent deux mille habitants, désormais réfugiés sous des bâches sur la berge opposée. L’accès à leur ancien foyer leur reste refusé, hormis pour les offices à l’église Sauvé des Eaux.

 

Ces personnes déplacées se sentent rayées de la carte par les autorités. Siopathis Mbassi, une résidente, raconte qu’on les considère comme des intrus dans leur propre pays. Le ministre conseiller à la présidence réplique en citant des dédommagement effectués en 2010 et 2017, ainsi qu’un terrain offert pour se réinstaller ailleurs. Pascal Bida Koyagbele, chargé des infrastructures majeures, explique que certains s’accrochent volontairement à ces campements de fortune pour obtenir de nouveaux dédommagements. Il évoque des versements réguliers qui les incitent à rester, comparant leur sort à celui de voisins frappés par des malheurs plus graves.

 

L’apogée de cette dérive arrive en février 2025 avec le $CAR, un memecoin dévoilé par Touadéra sur les réseaux sociaux, présenté comme une expérience ludique destinée à mobiliser les masses et à financer le développement. Lancé sur la blockchain Solana, ce token atteint presque neuf cents millions de valorisation en quelques heures, puis s’effondre de plus de quatre-vingt-dix pour cent, parfois quatre-vingt-seize, en un ou deux jours. Des milliers de spéculateurs perdent tout.

 

Des analyses de la blockchain montrent qu’un portefeuille capte une part colossale juste avant l’annonce officielle, schéma classique de manipulation. Le nom de domaine web enregistré trois jours avant le lancement, des liens piégés pour dérober des clés privées, un compte suspendu, des vidéos potentiellement falsifiées : tout indique une arnaque montée personnellement par le dictateur Faustin-Archange Touadera.

 

Des experts indépendants, notamment une organisation genevoise, y décèlent une brèche massive pour des réseaux occultes qui recyclent de l’argent sale ou contournent les législations, dans un pays où électricité et connexion internet demeurent un luxe pour la majorité. Les recettes du $CAR servent prétendument à tokeniser des parcelles foncières, mais aucune preuve ne confirme leur arrivée dans les caisses publiques.

 

Touadéra continue de défendre ces initiatives comme un saut vers la modernité, tandis que le Sango stagne et que l’île reste abandonnée, les travaux repoussés à 2026. Les expulsés attendent sous leurs abris provisoires, les investisseurs pleurent leurs économies, et des bruits courent sur des fortunes accumulées en coulisses par l’entourage présidentiel. Le pays, épaulé par des mercenaires russes et rwandais, a voté le 28 décembre  dernier lors d’un scrutin où Touadéra brigue un nouveau mandat, au milieu de ces promesses numériques qui s’effilochent. Les déplacés de Mbongossoua campent toujours sur l’autre rive, les promoteurs de cryptomonnaies disparaissent avec les fonds, et la population centrafricaine continue d’attendre des changements concrets qui ne viennent jamais​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA…

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« Le Centrafricain ne meurt pas de soif » : Fidèle Gouandjika se moque de la misère des banguissois

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« Le Centrafricain ne meurt pas de soif » : Fidèle Gouandjika se moque de la misère des banguissois

 

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Fidele Gouandjika, haut cadre de KNK reconverti en MCU apres la chute de Bozize

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Sur le plateau de l’émission de la radio Ndèkè-Luka Patara, le ministre conseiller du président déclare que les Banguissois trouvent toujours de l’eau à la fin.

 

Fidèle Gouandjika vient de regarder les reportages. Des femmes qui marchent des kilomètres dès trois heures du matin. Des enfants qui portent des bidons trop lourds. Des files qui durent jusqu’à seize heures. Des gens qui payent 500 francs pour attendre toute la journée.

 

Il prend la parole et lâche la phrase qui glace. Le Centrafricain ne meurt pas de soif, affirme-t-il. Il y a de l’eau, ajoute-t-il comme si cela réglait tout. Selon lui, chacun rentre chez soi avec un bidon d’eau à la fin de la journée.

 

Cette déclaration tombe comme un camouflet pour tous ceux qui endurent cette humiliation quotidienne. Oui, ils rentrent avec de l’eau. Après avoir perdu une journée entière. Après avoir dépensé l’argent du repas. Après avoir raté l’école ou le travail. Après avoir bu une eau parfois non potable.

 

Fidèle Gouandjika poursuit en rejetant la faute sur SODECA. C’est la société d’État qui a des problèmes pour la fourniture à grande échelle, précise-t-il. Comme si la SODECA n’était pas sous la tutelle du gouvernement qu’il représente. Comme si dix-sept ans au pouvoir ne suffisaient pas pour régler ces problèmes.

 

Il explique ensuite que tout cela est saisonnier. Pendant la saison des pluies, ces problèmes n’existent pas, rappelle-t-il. C’est la saison sèche dans le monde entier, conclut-il. Une excuse météorologique pour justifier l’absence totale d’infrastructures fonctionnelles dans la capitale.

 

Les témoignages recueillis dans les quartiers racontent pourtant une autre histoire. À Fatima, plus une goutte depuis 2004. À Damala, les fontaines sont mortes depuis plus de cinq ans. À Ngongoyen, les gens supplient le gouvernement en vain. Ce n’est pas un problème de saison mais d’abandon total.

 

Raymond Adouma de l’opposition réagit immédiatement. La population n’est pas au centre des préoccupations du régime en place, martèle-t-il. Ce régime s’en fout complètement. Vous aviez promis cinq mille châteaux d’eau, rappelle-t-il à Gouandjika. Il y en a un seul à Bimbo et même pas terminé.

 

Quentin Gbouando de la société civile abonde dans le même sens. Si l’État avait développé une politique décente, on ne serait pas là chaque année à en parler. Cette situation dure depuis trop longtemps. Le gouvernement doit prendre des mesures sérieuses au lieu de minimiser la souffrance des gens.

 

Mais Gouandjika reste campé sur sa position. Pour lui, le problème est exagéré par les médias. Il reproche même aux journalistes de rabâcher le même sujet depuis quinze ans. Vous devez être fatigués de le faire, leur lance-t-il avec mépris.

 

L’animateur Armando Yanguendji rappelle les chiffres. Le taux de pauvreté atteint 68 %. L’espérance de vie est passée de soixante ans à cinquante-trois ans depuis 2016. Les hôpitaux renvoient des enfants faute d’eau. Les écoles ferment. Les commerces s’arrêtent. Tout cela pendant que le président vient d’être réélu pour un troisième mandat de sept ans.

 

Gouandjika promet un avenir meilleur. Dans dix ou quinze ans, une centrale nucléaire réglera tous les problèmes d’électricité. L’uranium, le pétrole, le gaz vont transformer le pays. En attendant, les Banguissois peuvent continuer à se lever avant l’aube avec leurs bidons.

 

La phrase du ministre conseiller résonne comme une gifle. Le Centrafricain ne meurt pas de soif. Techniquement vrai. Mais quelle vie mène celui qui doit sacrifier une journée entière pour quelques litres d’eau. Quelle dignité reste à celui qui mendie ce que tout être humain devrait avoir sans effort.

 

Les femmes de Nzangoya continuent de marcher jusqu’à Gitangola. Les enfants de Fatima continuent de porter des jerricanes trop lourds. Les malades de Saint-Charles continuent d’être renvoyés chez eux. Au palais, on valide un troisième mandat et on parle de nucléaire pour 2040. Sur le plateau de Patara, Fidèle Gouandjika affirme que personne ne meurt de soif​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA

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Le clepto-mythomane joue la carte de la fraternité : Balalou appelle à l’amour et l’union pour faire oublier le coup d’État électoral

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Le clepto-mythomane joue la carte de la fraternité : Balalou appelle à l’amour et l’union pour faire oublier le coup d’État électoral

 

 

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Les journalistes présents lors du point de presse du clepto-mythomane Maxime Balalou, porte-parole du gouvernement, le 26 janvier 2026

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Maxime Balalou a déployé ce mercredi son arsenal rhétorique le plus hypocrite. Amour, fraternité, unité nationale : tous les mots doux pour faire avaler un hold-up électoral à 77,90% et une répression orchestrée par les mercenaires russes.

 

« Il a réaffirmé encore, il t’en a mis à ses frères, même de l’opposition. Il a même dit qu’il est prêt à travailler avec tout le monde. Ceux qui n’ont pas voté pour lui, qu’ils sachent qu’il est leur président », a déclaré le clepto-mythomane avec une conviction qui frise l’obscénité. Président de tous les Centrafricains ? Vraiment ? Même de ceux dont les partis n’ont obtenu aucun siège ? Même de ceux qui ont vu leurs bureaux de vote fermés par les milices ? Même de ceux que Wagner a empêchés de voter ?

 

Cette fraternité à géométrie variable cache mal la réalité d’un régime qui vient de perpétrer le coup d’État électoral le plus grotesque de l’histoire récente du pays. Balalou ose parler d’inclusion pendant que Cœurs Unis rafle cinquante sièges et que l’URCA de Dologuélé n’en obtient aucun. Il invoque l’unité pendant que les grands partis d’opposition se retrouvent exclus du Parlement. Il prêche l’amour pendant que les mercenaires russes quadrillent le territoire pour museler toute contestation.

 

Le mythomane poursuit sa litanie lénifiante. « Il n’y a pas de gaillant ni de perdant. Il a dit que le seul gaillant c’est le peuple centrafricain. » Pas de gagnant ni de perdant ? Cette formule creuse insulte l’intelligence des Centrafricains qui ont vécu ce hold-up de l’intérieur. Le gagnant, c’est Touadéra avec ses 77,90% truqués. Le gagnant, c’est Cœurs Unis avec ses cinquante députés élus au premier tour. Les perdants, ce sont tous les autres, relégués au rang de figurants dans une pièce de théâtre démocratique jouée pour la galerie internationale.

 

Balalou développe ensuite sa vision de la fraternité gouvernementale. « C’est une volonté affirmée de gouverner sans distinction, sans exclusion dans un esprit, n’est-ce pas, de fraternité. » Sans exclusion ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Zéro siège pour les grands partis d’opposition au premier tour. Des circonscriptions entières où le vote n’a pas pu se tenir. Des bureaux fermés dans les zones acquises à l’opposition. Des intimidations massives par les forces de sécurité. Voilà la réalité de ce gouvernement fraternel dont parle le porte-parole.

 

Le clepto-mythomane enchaîne sur l’unité nationale. « Sa nouvelle politique n’est pas la facture, non, c’est l’unité comme il l’a toujours caractérisée. Ensemble, travaillons ensemble pour remplir cette mission sacerdota, le serveur du peuple. » Travailler ensemble derrière un président qui vient de rafler 77,90% des voix dans des conditions plus que douteuses ? Cette unité ressemble davantage à une soumission forcée qu’à un rassemblement volontaire.

 

Balalou martèle son message de réconciliation obligatoire. « La place n’est plus au querelle, la place n’est plus à la haine, la place n’est plus aux insultes, ni à la division, la place est à l’amour, la place est à l’union, ensemble, derrière le président de la République. » Autrement dit : taisez-vous, acceptez le résultat truqué, cessez de contester, et ralliez-vous au pouvoir. Toute critique devient querelle, toute contestation devient haine, toute diffusion de preuves de fraude devient division.

 

Le mythomane continue de vendre son rêve d’unité. « Le président de la République a donné le temps, à travers un discours, assembleur, de paix, de fraternité et d’engagement à construire la nouvelle République Centrafricaine avec tout le monde. Personne ne se l’a mis de côté. Il a clairement affirmé. Aujourd’hui, nous allons tous, derrière le nouveau président de la République, reconstruire notre pays en partage. Chacun aura sa place en fonction de ses qualités et ses compétences au service du peuple centrafricain. » Quelle place pour Dologuélé ? Quelle place pour Dondra ? Quelle place pour les millions de Centrafricains qui ont voté pour l’opposition ? Aucune, visiblement, puisque leurs représentants n’ont obtenu aucun siège.

 

Balalou glorifie ensuite le score présidentiel. « Son Excellence, Monsieur le Président Foster-Archange Touadéra, a été brillamment élu nouveau président de la République Centrafricaine après la proclamation des résultats définitifs des élections présidentielles du 28 décembre 2025 par le Conseil constitutionnel, proclamation qui a permis à la population de connaître le nouveau élu et aussi le taux puisque le Président était élu à un taux de 77,90% face à son principal challenger. » Brillamment élu avec 77,90% ? Ces chiffres dignes des pires dictatures africaines deviennent une victoire éclatante dans la bouche du mythomane.

 

Le clepto-mythomane poursuit sa célébration. « Le gouvernement se félicite de cette confiance renouvelée par le peuple centrafricain à l’endroit d’un homme d’exception dont l’empreinte indélébile marquera jamais l’histoire politique de la République Centrafricaine. » Homme d’exception qui vient de perpétrer son troisième mandat via un référendum controversé et un hold-up électoral ? L’empreinte indélébile sera effectivement celle d’un autocrate qui a confisqué le pouvoir avec l’aide des mercenaires russes.

 

Balalou invoque la légitimité démocratique. « La consécration de la légitimité démocratique et aussi de la souveraineté du peuple. » Quelle légitimité quand les grands partis d’opposition n’obtiennent aucun siège ? Quelle souveraineté quand ce sont les mercenaires russes et les troupes rwandaises qui contrôlent le territoire ?

 

Le mythomane parle de forte participation. « Une forte participation du peuple centrafricain. » Dans les zones contrôlées par le pouvoir, peut-être. Mais dans les régions acquises à l’opposition où les bureaux sont restés fermés ? Dans le Haut-Mbomou où les affrontements ont empêché tout vote ? Cette participation était surtout forte là où Wagner et les FACA verrouillaient le scrutin.

 

Balalou termine sur un appel patriotique. « Cet appel patriotique doit nous pousser tous, ensemble, à dépendre de cet appel du président de la République, de bâtir une nation fraternelle, une nation unie, où nous allons mettre de côté nos égaux. Nous devons travailler tous ensemble pour un seul pays. » Mettre de côté nos égaux ? Sans doute une faute de langage révélatrice. Ce régime veut effectivement que les Centrafricains mettent de côté leur dignité, leur droit de vote, leur liberté de contester pour se prosterner devant un pouvoir illégitime.

 

Cette fraternité hypocrite ne trompe personne. Derrière les mots doux se cache la réalité d’un hold-up électoral cautionné par les mercenaires russes, validé par un Conseil constitutionnel aux ordres, et défendu par un mythomane qui transforme chaque fraude en victoire démocratique​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA

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Bagarre entre les soldats FAKA  au Soudan du Sud après une réunion organisée avec les autorités de Source Youbou

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Bagarre entre les soldats FAKA  au Soudan du Sud après une réunion organisée avec les autorités de Source Youbou

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Les soldats FACA en fuite au Soudan du sud dans le camp des réfugiés.

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le 11 février dernier, des mercenaires russes de la milice Wagner et des soldats FAKA se sont déplacés à Source Youbou, au Soudan du Sud, pour discuter avec les autorités locales du retour des réfugiés centrafricains.

 

Le déplacement de ces forces du désordre centrafricain vers le village de Source Youbou avait un objectif précis. Ils venaient rencontrer les chefs locaux pour évoquer la situation des Centrafricains réfugiés depuis fin décembre et début janvier. Ces populations avaient fui la ville de Bambouti après les affrontements qui ont déchiré la ville.

 

Pour comprendre cet exode, il faut revenir au dimanche 28 décembre, vers 4 heures du matin. Ce jour-là, des miliciens azandés ont lancé une attaque sur Bambouti. Les soldats FAKA ont abandonné leurs positions, laissant la ville aux mains des assaillants pendant une semaine entière. La population, traumatisée par cette nième attaque, assistait impuissante à la prise de contrôle de leur ville.

 

Le 1er janvier, la riposte est venue d’Obo, chef-lieu de la préfecture, situé  à une centaine de kilomètres. Les mercenaires russes, appuyés de quelques soldats FACA,  ont convergé vers Bambouti pour reprendre la ville, qui compte environ 3000 habitants. Les combats ont duré plusieurs heures, accompagnés de bombardements aériens qui ont terrorisé les civils. Face aux avions qui survolaient la zone et aux tirs incessants, près de la moitié des résidents ont préféré fuir vers le Soudan du Sud.

 

Depuis lors, les mercenaires russes et les soldats FAKA contrôlent Bambouti. Les déplacés campent toujours à Source Youbou, attendant des nouvelles de leur ville. C’est dans ce contexte que la délégation militaire s’est déplacée le 11 février pour annoncer les conditions d’un éventuel retour.

 

Lors de la réunion avec les autorités locales, les mercenaires russes ont fixé des règles inattendues. Tous les réfugiés peuvent rentrer, ont-ils annoncé, sauf ceux portant des traces de rasoir sur le corps. Ces marques, selon eux, désignent immédiatement leur porteur comme un milicien potentiel. Quiconque présente ces cicatrices s’exposerait à des problèmes graves en rentrant à Bambouti.

 

Après cette rencontre, les Russes ont enfourché leurs motos pour circuler dans le village. Ils ont parcouru les quartiers, s’enfonçant loin dans les zones résidentielles, comme s’ils effectuaient un repérage. Leur présence prolongée dans les rues a intrigué les habitants, qui observaient leurs déplacements sans oser dire un mot.

 

Pendant ce temps, les soldats FAKA avaient d’autres priorités. Ils se sont dirigés vers les points de vente d’alcool pour se désaltérer. La consommation a commencé et l’ambiance s’est rapidement détendue au sein du groupe militaire. Personne ne surveillait vraiment les allées et venues de chacun.

 

C’est à ce moment qu’un des soldats a commis l’imprudence de prendre la moto de son supérieur hiérarchique. Il est parti avec la moto sans demander l’autorisation, puis est revenu quelques instants plus tard. Le chef, découvrant la prise de la moto non autorisée, a immédiatement interpellé son subordonné. La question était simple : pourquoi avoir pris la moto sans permission ?

 

La réponse du soldat a été agressive. Au lieu de s’excuser ou de justifier son geste, il a montré de la colère envers son chef. Les mots ont rapidement laissé place aux gestes. Une dispute violente a éclaté entre les deux hommes, sous les yeux ébahis des villageois sud-soudanais qui commençaient à s’attrouper.

 

La bagarre a pris de l’ampleur. Les deux militaires en sont venus aux mains, sans retenue, malgré leur statut et leurs uniformes. Les habitants de Source Youbou se sont rassemblés autour de la scène, assistant à cet affrontement surréaliste entre les éléments d’une même armée. Le spectacle était d’autant plus choquant que ces hommes portaient leurs armes sur eux, même à l’intérieur du Soudan du sud.

 

Les forces de sécurité sud-soudanaises sont finalement intervenues pour séparer les combattants. Elles ont dû s’interposer physiquement pour calmer les esprits et empêcher que la situation ne dégénère davantage. Leur intervention a permis d’éviter le pire, mais le mal était fait. L’image des soldats FAKA venait d’être sérieusement écornée en territoire étranger.

 

Le plus choquant dans cette affaire reste le fait que les soldats centrafricains avaient conservé leurs armes en entrant au Soudan du Sud. Ils n’avaient laissé aucun équipement militaire à la frontière, comme l’exigerait normalement toute mission sur un territoire étranger. Cette transgression des règles élémentaires ajoute à la gravité de l’incident.

 

La scène de ce soldat se bagarrant avec son chef de détachement témoigne d’un manque total de discipline au sein de l’armée nationale. Les règles hiérarchiques semblaient complètement abolies durant cet épisode. Aucun respect des grades, aucune retenue, aucune conscience de représenter leur pays à l’étranger.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Éric Nzapa

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Budget 2026 : où sont partis les 5000 milliards du PND? Le gouvernement présente déjà le budget 2026 au conseil des ministres, mais celui – ci tourne autour de 300 milliards de francs CFA. Alors, que se passe-t-il ?

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Budget 2026 : où sont partis les 5000 milliards du PND? Le gouvernement présente déjà le budget 2026 au conseil des ministres, mais celui – ci tourne autour de 300 milliards de francs CFA. Alors, que se passe-t-il ?

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Hervé Ndoba, ministre des finances et du budget de la Centrafrique

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le projet de loi de finances 2026 présenté au dernier Conseil des ministres affiche une anomalie grave. Le gouvernement invoque le Programme national de développement 2024-2028, dont le coût complet s’établit à environ 7000 milliards de francs CFA sur cinq ans. Mais l’enveloppe budgétaire adoptée pour 2026 atteint à peine 367,34 milliards de francs CFA. Sur ce montant, 160,57 milliards proviennent de sources extérieures. Le différentiel entre les engagements du PND et la capacité budgétaire réelle dépasse 6600 milliards. Cette disproportion pose une question élémentaire de soutenabilité macroéconomique.

 

L’État prétend avoir calibré le budget 2026 sur les « cinq axes stratégiques » du PND. Aucune ventilation sectorielle n’accompagne cette affirmation. Aucun schéma de financement pluriannuel n’est proposé. Les ressources domestiques stagnent à des niveaux insuffisants, alors que le PND suppose des injections massives dans l’énergie, les infrastructures de transport, la gouvernance institutionnelle, les secteurs sociaux et la diversification productive. Le document budgétaire ne contient pas un seul instrument de mobilisation fiscale, ni une seule réforme structurelle capable de combler le fossé entre les moyens disponibles et les objectifs annoncés. On assiste à une déconnexion complète entre la planification stratégique et la programmation budgétaire.

 

La table ronde de Rabat sur le financement du PND avait généré des annonces d’engagements théoriques de l’ordre de 5000 milliards de francs CFA sur quatre ans. Ces promesses prenaient la forme d’appuis budgétaires, de subventions, de financements concessionnels et de projets sectoriels. Le budget 2026 ne fournit aucune actualisation de ces engagements. Aucun calendrier de décaissement n’est publié. Aucune convention signée n’est référencée. Les agrégats budgétaires présentés indiquent que l’État continue d’opérer dans un cadre financier annuel étroit, fortement conditionné par l’extérieur, et dépourvu de corrélation tangible avec le schéma de développement affiché.

 

Les prévisions de recettes demeurent modestes. Les dépenses totales s’élèvent à 395,26 milliards, un niveau manifestement inadéquat pour enclencher une transformation structurelle. Le solde budgétaire accuse un déficit de 27,42 milliards, soit environ –1,2 % du PIB. Le gouvernement justifie cette compression des dépenses par la nécessité de respecter le plafond de déficit convenu dans le cadre de la cinquième revue du Fonds élargi de crédit. L’arbitrage budgétaire obéit donc à la discipline imposée par le FMI, non à la logique d’un programme de développement chiffré en milliers de milliards. Cette subordination interroge la hiérarchie des priorités de l’État.

 

Le discours officiel attribue le redressement du PIB à l’amélioration de l’accès à l’électricité, à la disponibilité des produits pétroliers et au déploiement de la 4G. Ces variables, bien que pertinentes, ne constituent pas des réponses aux défis structurels identifiés dans le PND. Le document stratégique place au premier plan les infrastructures lourdes, la réforme du corridor économique, la productivité agricole, l’industrialisation, la gouvernance fiscale, l’eau et l’énergie. Aucun de ces secteurs ne bénéficie d’une allocation budgétaire visible dans le projet de loi de finances 2026. L’écart entre les narratifs macroéconomiques et les investissements sectoriels effectifs ampute le budget de toute cohérence programmatique.

 

L’absence de statistiques nationales sur la croissance compromet la fiabilité des projections budgétaires. Le gouvernement évoque une reprise « progressive » du PIB, sans publier de taux de croissance 2025 ni de prévision quantifiée pour 2026. Le budget passe sous silence la dynamique des recettes minières, l’ampleur des pertes liées à la contrebande, l’évolution de la masse salariale, le stock de dette publique et les arriérés intérieurs. Ces paramètres déterminent pourtant la marge de manœuvre budgétaire réelle et la capacité de l’État à mobiliser des ressources endogènes. L’opacité statistique empêche toute évaluation rigoureuse de la soutenabilité fiscale.

 

La moitié de l’enveloppe budgétaire étant d’origine extérieure, l’exécution dépendra de la célérité des décaissements internationaux. Le document ne comporte aucune analyse des risques de financement, aucun état des engagements fermes, aucune mention des retards potentiels. Or, le PND suppose un flux continu de ressources sur plusieurs exercices. L’absence de dispositif de sécurisation financière expose le budget à des chocs de liquidité prévisibles.

 

Le projet de loi de finances 2026 se présente comme l’expression budgétaire de la stratégie nationale de développement. Les chiffres racontent une histoire différente. Le cadre financier annuel reste extrêmement contraint. Les ambitions du PND, évaluées en milliers de milliards, ne trouvent aucune traduction dans les allocations budgétaires. Les engagements internationaux annoncés à Rabat ne sont intégrés dans aucun cadre de dépenses à moyen terme vérifiable. La dépendance extérieure conditionne l’ensemble des choix budgétaires et limite structurellement la capacité de l’État à piloter son propre développement. Ce budget n’est pas un outil de transformation économique. C’est un exercice comptable de conformité aux conditionnalités externes.

 

Par Alain Nzilo….

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Pillage à Bambouti : les soldats FACA vident massivement les biens de la population réfugiée au Soudan du Sud

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Pillage à Bambouti : les soldats FACA vident massivement les biens de la population réfugiée au Soudan du Sud

 

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/10/village-proche-de-bambouti-dans-le-haut-mbomou-en-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>Pillage à Bambouti : les soldats FACA vident massivement les biens de la population réfugiée au Soudan du Sud
Image d’illustration d’un village proche de Bambouti, dans le Haut-Mbomou. Photo CNC

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Après les combats qui ont chassé les habitants vers le Soudan du Sud, Bambouti connaît une autre épreuve : le pillage organisé par les soldats FACA censés protéger la ville.

 

Bambouti se trouve dans la sous-préfecture du Haut-Mbomou, tout au sud-est de la République centrafricaine, à cinq kilomètres seulement de la frontière soudanaise. Cette localité a basculé dans le chaos le 28 décembre dernier, lorsque des miliciens Azandé ont lancé une offensive vers quatre heures du matin. Les assaillants ont pris d’assaut les positions occupées par les forces armées centrafricaines, semant la panique parmi les soldats déployés sur place.

 

La débandade des militaires gouvernementaux fut totale ce jour-là. La plupart d’entre eux ont fui vers le Soudan du Sud pour rejoindre des camps de réfugiés, abandonnant armes et positions sans véritable résistance. Seuls trois ou quatre éléments ont trouvé refuge à la base de la MINUSCA, la mission des Nations unies implantée dans la région. Durant cette offensive éclair, les miliciens ont capturé la sous-préfète, le commandant des brigades de gendarmerie et deux agents de l’autorité nationale des élections.

 

Cette prise de la ville par les miliciens Azandé n’a toutefois pas duré longtemps. Une semaine plus tard, le 1er janvier 2026 dans la matinée, les mercenaires russes du groupe Wagner ont lancé une contre-offensive depuis Obo, accompagnés de quelques soldats centrafricains. Les échanges de tirs ont duré plusieurs heures avant que les miliciens azandé ne se replient vers la brousse. Les Wagner et leurs alliés gouvernementaux ont ainsi repris le contrôle de Bambouti, mais à quel prix pour la population civile.

 

Les miliciens Azandé n’ont pas accepté cette défaite sans réagir. Ils sont revenus une seconde fois pour tenter de reconquérir le terrain perdu, déterminés à déloger les mercenaires russes et les soldats Faca. Malgré leur acharnement et la violence des assauts, ils ont échoué devant la résistance de leurs adversaires mieux armés. Les tirs et les explosions ont résonné pendant des heures dans toute la ville, terrorisant les derniers habitants encore présents.

 

L’intensité des affrontements a finalement eu raison de la population. Les civils, pris entre deux feux et craignant pour leur vie, ont massivement fui vers le Soudan du Sud voisin. En quelques jours seulement, la quasi-totalité des habitants a déserté la ville, emportant le strict minimum dans leur fuite précipitée. On estime qu’il ne reste aujourd’hui qu’une dizaine ou une quinzaine de personnes dans toute la localité, qui comptait pourtant plusieurs milliers d’âmes avant les événements.

 

Ces départs massifs ont laissé Bambouti dans un état d’abandon total. Les maisons, les boutiques et les biens personnels sont restés sur place, les portes parfois même ouvertes dans la hâte du départ. Les habitants n’ont eu le temps d’emporter que quelques vêtements et un peu de nourriture pour le voyage vers les camps soudanais. Tout le reste de leurs possessions, accumulées parfois durant des années, gît maintenant dans des habitations vides et silencieuses.

 

C’est précisément cette situation qui a attiré la convoitise des soldats FACA. Au lieu de sécuriser la ville et de protéger les biens abandonnés, les militaires des forces armées centrafricaines se sont lancés dans un pillage en règle. Ils fouillent méthodiquement chaque maison, chaque commerce, emportant tout ce qui présente une valeur marchande. Les objets les plus variés disparaissent ainsi quotidiennement sous les yeux impassibles de leurs collègues mercenaires.

 

L’ONG internationale COOPI avait récemment distribué des kits aux habitants dans le cadre de ses programmes d’aide au développement. Ces kits comprenaient notamment des équipements pour la fabrication de savon, des animaux d’élevage comme des cochons et des chèvres, ainsi que du matériel agricole. Des brouettes, des houes, des pioches et des vélos neufs avaient été remis aux familles pour leur permettre de développer de petites activités génératrices de revenus.

 

Le projet Londo avait également apporté sa contribution au développement local. Cette initiative dédiée aux travaux manuels avait acheminé des outils spécialisés et des équipements destinés aux artisans de la ville. La MINUSCA et le gouvernement centrafricain avaient de leur côté fourni des matériaux de construction pour réhabiliter la gendarmerie locale endommagée. Tous ces biens, financés par la communauté internationale et destinés à améliorer les conditions de vie des habitants, se retrouvent maintenant entre les mains des pillards.

 

Les soldats Faca ne font aucune distinction dans leur razzia. Des bottes aux râteaux, des pelles aux semences, des vélos aux ustensiles de cuisine, tout disparaît. Chaque jour apporte son lot de nouvelles découvertes et de nouveaux butins à écouler sur les marchés voisins. Les militaires agissent en toute impunité, sans qu’aucune autorité ne vienne mettre fin à ces agissements qui déshonorent l’uniforme qu’ils portent.

 

L’écoulement de ces marchandises volées suit un circuit bien établi. Au lieu de retourner à Obo, située à une centaine de kilomètres de là par des pistes difficiles, les soldats préfèrent traverser la frontière toute proche. Ils se rendent sur les marchés du Soudan du Sud où ils vendent leur butin à des prix dérisoires pour obtenir rapidement de l’argent liquide. Cette proximité géographique facilite grandement leurs opérations de revente et leur garantit un approvisionnement régulier en devises.

 

Les allers-retours entre Bambouti et les marchés soudanais se multiplient ainsi chaque semaine. Les soldats chargent leurs motos de marchandises volées et reviennent les poches pleines d’argent frais. Ce trafic fonctionne au vu et au su de tout le monde, sans que ni les autorités centrafricaines ni les forces onusiennes n’interviennent. La frontière poreuse et l’absence de contrôles permettent à ce commerce illicite de prospérer sans obstacle majeur.

 

Cette dérive des militaires ajoute une dimension supplémentaire au drame vécu par la population. Les habitants qui ont fui la guerre se retrouvent ainsi dépouillés une seconde fois, non plus par les combattants rebelles qu’ils redoutaient, mais par ceux-là mêmes qui sont censés les protéger. Dans les camps de réfugiés soudanais, les nouvelles de ce pillage généralisé parviennent régulièrement aux oreilles des exilés​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Éric Nzapa

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Violence dans le 9e arrondissement  de Bangui: trois morts et un blessé selon le sous-préfet de Bangui rapide

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Violence dans le 9e arrondissement  de Bangui: trois morts et un blessé selon le sous-préfet de Bangui rapide

 

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Le-paturage-des-boeufs-au-village-Bouboui-situe-a-45-km-de-Bangui – Pillage et racket : Les ravages d’une bande criminelle à Ouanda-Djallé

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le 9e arrondissement de la capitale Bangui connaît des tensions meurtrières après que des jeunes de la localité, soupçonnés de vol de bœufs par des éleveurs, ont été tués lors de règlements de compte.

 

Comme vous le savez, la saison sèche accentue chaque année les difficultés liées à la transhumance dans cette partie de Bangui. Les troupeaux descendent vers le sud à la recherche de pâturages, ce qui provoque régulièrement des frictions entre éleveurs et agriculteurs dont les cultures sont parfois piétinées ou broutées par le bétail.

 

Dans cette atmosphère tendue, les éleveurs accusent régulièrement des jeunes des villages de voler leurs bœufs. De leur côté, les jeunes reprochent aux éleveurs de laisser leurs troupeaux divaguer dans les champs, détruisant les récoltes sans aucune compensation pour les dégâts causés aux cultivateurs.

 

Or, le sous-préfet de Bangui Rapide, Michel Fernand Gondou, interrogé par la radio Centrafrique, explique que tout a commencé dans la région de Madafou, près de Yasi-Fouret, non loin de la ville de Damara. Des jeunes auraient volé plusieurs bœufs appartenant à des éleveurs peuls entre Madafou et Sokombili. Les animaux auraient été dépecés sur place avant d’être vendus à Bangui.

 

Dans les explications du sous-préfet, il a affirmé que les éleveurs ont mené leurs propres recherches et ont retrouvé le lieu présumé de l’abattage. Un éleveur peul a attendu sur place le retour des suspects. Lorsque ces derniers sont arrivés, il les a d’abord salués avant de disparaître brièvement dans la brousse.

 

Il est revenu avec une arme et a ouvert le feu sur le groupe, blessant grièvement un jeune nommé Alain à la poitrine. Les deux autres jeunes n’ont pas survécu à cette attaque, portant le bilan à deux morts dans ce premier incident.

 

Alain, malgré sa blessure, a réussi à ramper jusqu’à la forêt pendant que l’éleveur s’occupait de ses compagnons. Il a ensuite trouvé une moto et s’est enfui jusqu’à la clinique MSF de Bonga-Bonga  où la balle a été retirée. L’auteur des tirs, pris de peur après son acte, s’est enfui vers Damara.

 

Selon le sous-Préfet, quelques jours plus tard, un nouvel incident a éclaté à Seine, dans la zone de Pindau, où sept bœufs ont disparu en deux jours seulement. Les éleveurs, excédés par ces vols à répétition, se sont rendus au village pour exiger qu’on leur livre les coupables.

 

Ils ont menacé de brûler les habitations en cas de refus et ont réclamé un dialogue avec les autorités locales. La situation a basculé dans le drame lorsqu’un éleveur peul sans lien avec ces affaires a été tué à Sakoussa, portant le nombre total de morts à trois.

 

Cet homme, venu de Bata 2 pour passer simplement la journée au village, a été abattu en plein jour par des habitants. Cette mort injustifiée a déclenché des menaces de représailles de la part de la famille de la victime.

 

Par crainte de vengeances, les habitants de Sakoussa ont fui massivement leur village pour se réfugier à Boko, près de l’école construite par les Russes. Ce mouvement de panique a alimenté diverses spéculations dans la capitale, certains évoquant même une attaque rebelle dans la zone.

 

Le sous-préfet affirme que les autorités politico-administratives ont réagi rapidement dès l’annonce de ces événements. Le commissaire du 9e arrondissement s’est rendu sur les lieux accompagné de la gendarmerie de l’Unité et d’autres forces de sécurité.

 

L’armée centrafricaine a patrouillé pendant deux jours dans la zone avant de se retirer, laissant la population dans l’inquiétude. Le samedi suivant, Michel Fernand Gondou s’est rendu chez le candidat à la députation et au poste de maire, Dolé Dobia, pour trouver une solution.

 

Ensemble, ils ont visité les personnes déplacées pour évaluer la situation. Dolé Dobia a contacté les autorités militaires qui ont accepté de renvoyer des éléments des FACA pour sécuriser le quartier Sakoussa et permettre aux villageois de regagner leurs habitations.

 

Le responsable administratif déplore les commentaires infondés qui circulent et qui créent une psychose collective. Il invite les Centrafricains à se méfier des informations non vérifiées​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Anselme Mbata

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À Sam-Ouandja, une altercation verbale tourne à un affrontement physique entre un soldat FACA et un commerçant, forçant les mercenaires russes à intervenir

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À Sam-Ouandja, une altercation verbale tourne à un affrontement physique entre un soldat FACA et un commerçant, forçant les mercenaires russes à intervenir

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/trois-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-haute-kotto.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/trois-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-haute-kotto.webp” alt=”À Sam-Ouandja, une altercation verbale tourne à un affrontement physique entre un soldat FACA et un commerçant, forçant les mercenaires russes à intervenir” width=”475″ height=”500″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/trois-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-haute-kotto.webp 475w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/trois-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-haute-kotto-399×420.webp 399w” sizes=”auto, (max-width: 475px) 100vw, 475px” />
Trois soldats FACA détachés à Sam-Ouandja, dans la Haute-Kotto

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Ce qui devait être un simple achat de crédit s’est transformé en rixe puis en vol organisé par des militaires dans la sous-préfecture de Sam-Ouandjia , préfecture de la Haute-Kotto.

 

Les faits remontent au jeudi 12 décembre dernier, vers 19 heures, au bord de la route au plein centre-ville de Sam-Ouandjia. Un jeune soldat des forces armées centrafricaines s’est présenté devant un kiosque de transfert de crédit et de vente de téléphones. Dès son arrivée, le militaire a interpellé le vendeur d’un ton bizarre en le saluant « bonsoir mon petit  frère », lui demandant de lui envoyer du crédit.

 

Cette appellation de petit frère a immédiatement froissé le vendeur, qui a rétorqué que c’est plutôt le soldat qui est son petit frère. Il a même ajouté que le soldat FACA n’a pas le niveau de son propre cadet. Suite à la réponse du vendeur, le ton est rapidement monté entre les deux hommes.

 

Vexé par ces propos, le soldat a insisté qu’il est militaire, et donc il n’est pas un petit. Pour faire comprendre au vendeur , il insiste  qu’il doit être respecté et considéré comme « grand ». Pour affirmer son autorité et montrer qu’on ne peut pas lui manquer de respect. Mais dans la foulée, le soldat FACA a assené une gifle au commerçant.

 

Ce dernier a simplement fait un sourire, ce qui a davantage énervé le militaire. Une seconde gifle a suivi cette première humiliation. Le commerçant a encore souri, puis il a riposté en boxant le soldat avec force, l’envoyant au sol.

 

Le jeune militaire s’est relevé et a frappé à nouveau le vendeur, cherchant à reprendre le dessus. Mais celui-ci a répliqué avec détermination et a envoyé son adversaire deux fois à terre. La scène a rapidement attiré l’attention, où les passants se sont agglutinés.

 

C’est à ce moment que sept autres soldats sont survenus pour prêter main-forte à leur camarade en difficulté. Ensemble, ils se sont jetés sur le commerçant, l’ont roué de coups et malmené sévèrement. Des habitants ont alors dû intervenir pour séparer les belligérants et ont conseillé au vendeur de se retirer pour éviter le pire.

 

Une fois le commerçant parti et la voie libre, les militaires en ont profité pour voler des téléphones dans son magasin. Ils ont également barricadé l’entrée de la boutique et semé le désordre dans tout le secteur. Leur comportement a immédiatement provoqué la colère des jeunes du quartier.

 

Furieux de ce pillage en règle, plusieurs jeunes sont allés alerter les mercenaires russes de la milice Wagner présents dans la ville. Ces derniers se sont mis en route immédiatement pour intervenir et rétablir l’ordre. Mais en apercevant leur arrivée imminente, les soldats FACA ont pris la fuite et se sont dispersés dans les quartiers avoisinants.

 

Lorsque les mercenaires russes sont arrivés sur place, ils n’ont trouvé aucun militaire centrafricain. Entre-temps, les soldats avaient déjà emporté plusieurs téléphones et pillé d’autres boutiques avant de disparaître. Les mercenaires russes ont patienté quelques instants, constaté les dégâts, puis sont repartis.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Moïse Banafio

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Affaire de sorcellerie : un agent phytosanitaire meurt mystérieusement à Birao, son voisin pointé du doigt

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Affaire de sorcellerie : un agent phytosanitaire meurt mystérieusement à Birao, son voisin pointé du doigt

 

 

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Image d’illustration

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Un drame vient de frapper la ville de Birao, située dans la préfecture de la Vakaga, tout au nord-est de la Centrafrique, près de la frontière soudanaise.

 

Soumaï Faustin, agent phytosanitaire et chargé de protocole à la préfecture de la Vakaga, avait quitté Birao il y’a quelques semaines pour se rendre à Bangui. L’homme a profité de son séjour dans la capitale pour renouveler ses papiers d’identité. Une fois cette démarche administrative accomplie, il a repris la route vers sa ville natale, Birao, apparemment en pleine forme.

 

Son retour à Birao devait marquer la reprise de ses activités habituelles. Abdallah Kamoukoussa, son voisin connu localement sous le sobriquet de Tham, a décidé de lui offrir un café en guise de bienvenue. Ce geste amical entre voisins semblait banal. Il a tout préparé le café, mais son épouse à préférer renverser les tasses. On ne sait pas si elle faisait cela intentionnellement ou par erreur, mais monsieur Abdallah a préparé de nouveau le café et l’a apportée chez Soumaï. Ce dernier, ignorant ce qui va lui arriver plus tard, prend ce café et le boit tranquillement.

 

Mais quelques instants plus tard apprès avoir bu ce café, il a ressenti des douleurs inhabituelles qui ont rapidement gagné en intensité tout son corps.

 

Son état s’est alors dégradé de manière inquiétante. Son bras a commencé à perdre toute mobilité, puis sa jambe a connu le même sort. La paralysie gagnait du terrain dans son corps. Trois jours durant, Soumaï a lutté avant d’être transporté à l’hôpital où il est décédé peu après son admission.

 

Cette fin violente a plongé tout le quartier dans la stupeur. Comment un homme parti en bonne santé, revenu en bonne santé, pouvait-il mourir aussi rapidement après avoir simplement bu le café de son voisin ? Cette question obsède désormais tous les habitants du secteur.

 

Les regards se sont aussitôt tournés vers Abdallah Kamoukoussa. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que des rumeurs circulent à son sujet dans la ville. Certains habitants l’accusent depuis longtemps de pratiquer la sorcellerie, une réputation qui remonte à plusieurs années déjà.

 

Sa propre fille, Fatou Abdallah, employée de la Minusca à Birao, est morte dans des circonstances tout aussi étranges. Elle aurait perdu la vie en quelques minutes seulement, sans explication médicale claire. Cette tragédie familiale n’a fait que renforcer les soupçons qui pèsent sur son père.

 

Une autre affaire implique également ce même voisin. Une femme, cheffe  du quartier combattant à Birao, nommée Yvette, aurait tombé dans les mêmes conditions, et c’est monsieur Abdallah qui avait été pointé du doigt. La cheffe du quartier Combattant est devenue folle, et ne peut même rien faire de sa vie. Sa famille a dû l’emmener à Bangui pour qu’elle reçoive des soins appropriés.

 

Les cas suspects s’accumulent autour de cet homme. Un dénommé Jean-Pierre, infirmier à l’hôpital de Birao, ainsi que son fils, auraient également eu des problèmes après avoir eu des contacts avec Abdallah. Les habitants du quartier accumulent les exemples et les témoignages accablants contre lui.

 

La méfiance grandit de jour en jour dans la communauté. Les familles commencent à prendre parti, les discussions deviennent houleuses et la tension monte dangereusement. Personne ne sait exactement comment cette affaire va évoluer ni quelles mesures seront prises.

 

En Centrafrique, si les gens commencent à te soupçonner de sorcellerie, tu finis un jour d’être pris à partie. Monsieur Abdala va sans doute subir le même sort s’il ne fait pas attention. Comme disent les centrafricains, en Centrafrique, les rumeurs finissent toujours par se concrétiser. Affaire à suivre….

 

Par Justin Passi

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Ça y est ! Les voyous ont pris le contrôle du pouvoir : bienvenue à la septième République de Wagner, o� ils ont terrorisé ce vendredi le quartier PK5

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Ça y est ! Les voyous ont pris le contrôle du pouvoir : bienvenue à la septième République de Wagner, o� ils ont terrorisé ce vendredi le quartier PK5

 

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Les soldats FACA, les gendarmes et les policiers, appuyés par les mercenaires de Wagner dans le marché du PK5 Mamadou Mbaïki . CopyrightCNC

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Faustin Archange Touadéra alias Baba Kongoboro, dictateur fantoche, regarde les Wagner imposer leur loi dans le quartier Mamadou Mbaïki communément appelé KM5, ou PK5 de Bangui en toute impunité ce vendredi treize février 2026.

 

Ce qui semblait improbable est devenu monnaie courante dans cette septième république des bras cassés et des criminels. Les mercenaires de la milice russe Wagner, artisans du troisième mandat de Touadéra, abandonnent peu à peu toute retenue. Leur rôle a d’abord consisté à maintenir le dictateur de Bangui au pouvoir, mais leur présence prend aujourd’hui une tournure inquiétante pour la population. Cette évolution était prévisible dès leur arrivée sur le sol centrafricain.

 

Les exactions ont débuté discrètement, avec des massacres dans les localités de province et jusque dans les rues de Bangui. Puis, entre 2023 et 2024, une première tentative de prise de contrôle des rues et avenues s’est produite sur l’avenue des Martyrs et l’avenue de France. Les mercenaires y interceptaient les automobiles, exigeaient les papiers des conducteurs, s’arrogeaient des prérogatives policières. Cette audace initiale a provoqué un premier électrochoc.

 

La réaction fut immédiate. Les banguissois protestèrent massivement sur les réseaux sociaux, et les médias internationaux comme Deutsche Welle donnèrent de l’écho à ces abus. Devant le tollé, les Wagner se retirèrent momentanément dans l’ombre. Ils continuèrent leurs opérations de nuit, notamment vers l’avenue Bartolomé-Boganda, près du kilomètre 5, où ils établirent des barrages pour fouiller les motos, les véhicules et vérifier les identités. Cette discrétion n’était qu’une stratégie temporaire.

 

Le vendredi 13 février 2026 marque un tournant. Les mercenaires russes ont déployé leurs troupes dans le quartier du PK5, zone à forte population musulmane de la capitale. Ils ont mené une vaste opération de contrôle d’identité, embarqué ceux qui n’en possédaient pas vers leur base. Mais avant tout, ceux qui disposent de carte nationale d’identité doivent payer 10 000 francs CFA. Mais ceux qui sont embarqués vers l’OCRB, ce sont avant-tout ceux qui ne disposent pas de carte nationale d’identité. La libération de chaque personne arrêtée coûte désormais 50 000 francs. Ce dispositif d’extorsion fonctionne au grand jour.

 

Cette extorsion organisée dévoile la véritable nature de leur mission. Les Wagner n’agissent plus comme de simples conseillers militaires ou gardes du corps du pouvoir. Ils exercent une autorité parallèle, rançonnent la population, instaurent un climat de terreur. Le régime de Touadéra laisse faire, transformant de facto ces étrangers en maîtres du territoire national.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Anselme Mbata

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CENTRAFRIQUE : QUAND DES MINISTRES CANDIDATS AUX ÉLECTIONS LÉGISLATIVES REFUSENT D’OBSERVER LA MISE EN DISPONIBILITÉ IMPOSÉE PAR LE CODE ÉLECTORAL.

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QUAND DES MINISTRES CANDIDATS AUX ÉLECTIONS LÉGISLATIVES REFUSENT D’OBSERVER LA MISE EN DISPONIBILITÉ IMPOSÉE PAR LE CODE ÉLECTORAL.

 

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Le Premier ministre centrafricain, Félix Moloua devant les élus de la Nation, ce 24 août 2022. CopyrightprimatureRCA

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Dans le concert des nations répertoriées au conseil de sécurité de l’ONU, tout État qui se réclame “démocratique” ou “État de droit” est régi par des textes qui organisent de façon cohérente la société, garantissent l’arbitraire et la sécurité juridique.

 

C’est ainsi que dans le cadre des élections législatives du 28 décembre 2025, certains ministres encore en fonction ont été investis candidats par leurs partis et mouvements politiques respectifs.

 

Ce cas d’espèce est très bien encadré par la loi N*24.007 du 02 juillet 2024 portant code électoral de la République centrafricaine.

 

En effet, l’article 141 alinéa 3 dispose que : “les membres du gouvernement en fonction ne peuvent faire acte de candidature qu’après leur mise en disponibilité au moins trois mois avant la date de l’élection.”

 

L’alinéa 5 du même article 141 du code électoral confirme que :” la mise en disponibilité cesse de plein droit dès la proclamation par le conseil constitutionnel du député élu de la circonscription.”

 

Par définition, la mise en disponibilité est la cessation d’activité professionnelle limitée dans le temps pour réaliser un projet personnel tout en conservant son statut initial.

 

Elle a pour effets juridiques, la suspension temporaire de la rémunération, des primes ainsi que les avantages et privilèges liés à la fonction.

 

Force est de constater avec amertume que parallèlement à cette injonction ou obligation légale non négociable, certains membres du gouvernement trouvent la parade de se soustraire aux exigences de l’article 141 du code électoral c’est-à-dire qu’ils refusent impunément de se soumettre à la prescription légale.

 

Ainsi il en ressort trois catégories de ministres contrevenants à la règle :

 

Il s’agit D’abord des membres du gouvernement qui ne se sont pas mis en disponibilité et ont conservé par voie de conséquence tous les avantages liés à la fonction c’est-à-dire l’usage des ressources publiques, des moyens logistiques de l’État comprenant les véhicules, la sécurité militaire, l’accès aux médias, l’image institutionnelle et l’influence qui ne peuvent se dissocier de la fonction.

 

Ensuite le cas des ministres qui se sont mis en disponibilité mais hors délais légaux c’est-à-dire moins de trois mois avant la date de l’élection législative.

 

Enfin, vient la catégorie de ministres contrevenants qui ont régulièrement observé la mise en disponibilité mais refusent sciemment d’attendre la fin de la disponibilité c’est-à-dire la proclamation des résultats définitifs par le conseil constitutionnel.

 

À ce stade, il apparaît important de souligner que ces trois catégories de ministres candidats contreviennent tous aux exigences de la loi électorale au même titre que ceux qui sont déclarés élus au premier tour car le conseil constitutionnel n’a pas encore vidé les contentieux électoraux.

 

Il faut noter que la situation des ministres qui contreviennent aux exigences de l’article 141 du code électoral et la reprise de fonctions avant l’échéance de la mise en disponibilité s’apparente à du travail au “noir” ou dissimulé c’est-à-dire sans base légale.

 

Cela s’appelle plus simplement de la désobéissance, de l’insubordination qui sont des attributs de la rébellion, de la résistance à l’autorité établie.

 

En conséquence, ils bénéficient indûment des salaires et des prérogatives de l’État.

 

Fort de ce qui précède et animé par la curiosité, le citoyen lambda s’interroge :

 

1- Les ministres candidats aux élections législatives sont-ils au dessus de la loi ?

 

2- Sachant qu’il y a une panoplie de lois dérogatoires au présent code électoral, existe t-il une loi muette qui exempte certains ministres candidats aux injonctions de l’article 141 du code électoral ?

 

3- Face à ce comportement belliqueux, le pouvoir de Bangui va t-il encore accuser des acteurs internationaux en brandissant sa souveraineté ?

 

En tout état de cause, les alinéas 3 et 5 de l’article 141 du code électoral ont clairement délimité le début et la fin de la mise en disponibilité.

 

Nous rappelons que ce qui est expressément interdit par la loi n’est pas autorisé.

 

Il est aussi très limpide de comprendre à travers cette présomption de connaissance que ce qui est prohibé par la loi ne peut se réaliser même à moitié.

 

Logiquement et dans une République normale où les autorités n’ont pas le temps de danser, l’inobservation de ces dispositions légales devrait entraîner l’invalidation des candidatures.

 

Convaincu que le comportement des ministres candidats est né de la faiblesse des institutions judiciaires, nous tatillons l’orgueil du conseil constitutionnel pour donner du contenu aux prescriptions de la loi et par voie de conséquence demandons l’annulation des résultats de l’ensemble des ministres candidats qui ont porté atteinte à l’equité, à la crédibilité, à l’intégrité et à la transparence du processus électoral.

 

Quant au ministre candidat qui a suspendu un agent de l’État par une note de service, nous lui signifions que la mise en disponibilité le prive de son pouvoir décisionnel et par voie de conséquence il est juridiquement incompétent à sanctionner car ses actes administratifs sont illégaux et entachés d’une nullité absolue.

 

Par ailleurs, un pouvoir qui ne peut respecter les règles établies alors qu’il est censé les garantir, confisque illégalement le pouvoir pour pérenniser le désordre corollaire du prolongement de la souffrance du peuple.

 

En attendant cette septième République des danseurs pour la consécration de l’illusion, de la chimère et de la satisfaction des calculs appetitaires, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signale que forcer un mandat supplémentaire illégal n’est pas la solution idoine aux maux centrafricains car il n’est qu’une aggravation des causes du problème c’est-à-dire qu’il ne fait que prolonger un pouvoir mais ne résout pas la crise qui à la longue risque de vous rattraper.

 

Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré et meurtri dans son âme qui ne parle pas…

 

Attention Monsieur le Président, la peur corollaire de l’indifférence et de l’inaction du peuple vous donne l’impression que vos errements, vos mépris envers le peuple sont légitimes et légaux.

 

Ce pays qui symbolise le sacrifice de vie et l’héritage du feu Président fondateur Barthélémy Boganda à connu de pires tyrans que vous mais qui ont fini leur mégalomanie dans la poubelle de l’histoire.

 

Un penseur disait que le pouvoir de l’État n’est pas un héritage familial où on negocie des mandats supplémentaires indéfiniment mais au contraire il s’agit d’une responsabilité limitée dans le temps alors n’attendez pas que le peuple dépositaire de la souveraineté vous chasse pour comprendre que c’est le moment de partir.

 

Attention Monsieur le tyran, nous avons le flair et l’aptitude de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.

 

Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…

 

Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent.

 

Avant de finir et outre les affaires des frères Dondra, de la famille Sayo, du Docteur Erenon et autres, nous demandons justice avec force pour tous et plus particulièrement pour ce policier lâchement assassiné et mutilé par les mercenaires du groupe Wagners et qui symbolise à ce jour la goutte d’eau qui a débordé le vase.

 

Mais attention, ne le dites à personne…

 

Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.

 

Limassa le 14 Février 2026

 

Bernard SELEMBY DOUDOU.

Juriste, Environnementaliste.

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Mambéré-Kadéi : nouvelle hécatombe dans les mines artisanales de Gamboula

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Mambéré-Kadéi : nouvelle hécatombe dans les mines artisanales de Gamboula

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Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Un éboulement meurtrier a coûté la vie à quatre chercheurs d’or mercredi à Gamboula, préfecture de Mambéré-Kadéi, zone frontalière avec le Cameroun.

 

L’accident s’est produit en plein jour pendant que des ouvriers fouillaient le long trou à la recherche d’or et de diamants. Le terrain a cédé sans prévenir, ensevelissant plusieurs travailleurs sous des tonnes de terre. Les secours ont extrait des blessés tandis que quatre corps sans vie ont été récupérés parmi les décombres.

 

Sur place, l’émotion reste vive parmi les familles et collègues des disparus. Ces morts relancent les inquiétudes sur les conditions d’exploitation dans ces carrières improvisées, souvent creusées sans sécurité ni encadrement technique. Malgré les dangers connus, des centaines de jeunes Centrafricains continuent d’affluer vers ces zones aurifères et diamantifères.

 

Ce qui pousse cette jeunesse vers l’extraction minière artisanale, c’est avant tout le manque d’emplois stables et de revenus. Sans autre moyen de subsistance à portée de main, ils acceptent de descendre dans ces puits instables pour tenter de gagner leur vie. L’appât du gain côtoie ainsi la nécessité de survivre au quotidien.

 

D’ailleurs, Gamboula n’est pas un cas unique dans le pays. À Sikikédé dans la Vakaga, à Tiringoulou également dans cette même préfecture, des drames similaires ont déjà endeuillé des communautés entières. Les glissements de terrain et les éboulements meurtriers se répètent d’une mine à l’autre, d’une saison à l’autre.

 

Parmi les secteurs les plus touchés, Mambéré-Kadéi compte des dizaines de sites où ces catastrophes minières se reproduisent. Les autorités locales peinent à réguler cette activité qui échappe largement à tout contrôle officiel. Les exploitants artisanaux creusent toujours plus profond, repoussant les limites de sécurité déjà fragiles pour extraire quelques grammes de métal précieux ou quelques carats de pierre​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Bruno Mballa

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Jean-Pierre Mara condamne la répression d’élèves à Sibut

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Jean-Pierre Mara condamne la répression d’élèves à Sibut

 

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L’ancien député Jean-Pierre Mara de Mala

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

L’ancien député de Mala, Jean-Pierre Mara, dénonce fermement la répression violente d’élèves survenue le 12 février 2026 à Sibut, capitale de la préfecture de la Kémo. Il appelle les organisations internationales et les autorités centrafricaines à faire toute la lumière sur cet événement tragique.

Lire l’intégralité de la lettre ci-dessous…

Condamnation

 

Alors que des élections entourées de toutes les malversations et de manipulations sans foi ni lois viennent de se terminer avec le soutien manifeste de la Communauté internationale particulièrement de la MINUSCA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique), une simple altercation entre élèves et vendeurs à la sauvette ne saurait constituer un danger réel pour les autorités.

La répression ce jeudi 12 févriér 2026 des élèves par les forces de l’ordre à Sibut capitale de la préfecture de la Kémo, est inacceptable et doit être fermement condamnée.

La protection des civils, notamment des enfants et des élèves, doit être une priorité absolue dans ce pays où l’ensemble des établissements scolaires primaires et secondaires ainsi que tout le programme d’enseignements dans ces établissements ne constitue aucune priorité pour l’éxécutif.

Les organisations internationales et les défenseurs des droits de l’homme sont informés  que la situation de l’enseignement en genéral et de l’avenir de la génération future de la  République centrafricaine en particulier est préoccupante et mérite une attention particulière.

Aussi, la population centrafricaine regrette que le contingent rwandais de la MINUSCA  implanté dans la localité de Sibut, dans son double rôle des forces onusiennes et également dans le cadre d’un accord bilatéral entre le Rwanda et la République centrafricaine ne soit pas préoccupé de  protéger la population, soutenir le processus de paix, aider à la reconstruction du pays plutôt que par des actions partisanes dans les processus électoraux comme cela fut observé lors des dernières échéances.

Nous exortons les pays membres des Nations-Unies qui contribuent au financement de la MINUSCA à observer scrupuleusement la procédure de vérification des contingents afin de s’assurer dans quelle mesure leurs actions s’inscrivent réellement dans la protection des droits de l’homme et dans la promotion du développement durable de la paix.

La population de la Kémo et celle de Sibut, par ma voix :

– Condamne le massacre d’élèves qui a eu lieu ce jeudi 12 février à Sibut.

– Appelle les organisations des droits de l’hommes, Amnesty Internationale et tous les ONG Internationales qui œuvrent dans la Kémo à aider la populations et à lui apporter l’aide nécessaire dans l’épreuve.

– Enfin, elle appelle le Président Faustin- Archange Touadera et les élites de la Kémo impliquées dans la gestion de la localité à apporter toute la lumière sur cet évènement afin de lancer des procédures judiciaires contres les responsables d’actes qui auraient causé la morts de plusieurs élèves innocents.

 

Fait a Paris le 12 février 2026

Jean-Pierre Mara

Ingénieur Diplomé des Réseaux de Télécommunication à la retraite,

ancien Député de Mala, élu de la Nation

 

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Pour Ziguélé et Akandji-Kombé,  la feuille de route de Luanda est un  échec total

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Pour Ziguélé et Akandji-Kombé,  la feuille de route de Luanda est un  échec total

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Jean-Francois-Akandji-Koumbe

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Lors d’une émission sur la chaîne gabonaise SIBIKAN MEDIA, Martin Ziguélé et Jean-François Akandji-Kombé ont critiqué sévèrement la feuille de route de Luanda, accord signé en septembre 2021 censé relancer le processus de paix en Centrafrique. Pour les deux hommes, ce document représente un échec complet.

 

Akandji-Kombé commence par un constat sans appel : “La feuille de route de Luanda n’a pas fait ses preuves. Nous avons perdu, la République Centrafricaine a perdu des années et des années». Le professeur évoque une alternative qui avait été proposée : “Je le dis sous le contrôle du président Ziguélé, qui a voté avec les autres députés une initiative parlementaire pour la paix en République Centrafricaine».

 

Cette initiative parlementaire représentait selon lui une opportunité manquée : “À l’époque, j’étais conseiller juridique du président de l’Assemblée nationale. C’était une occasion en or pour que des Centrafricains réfléchissent à une manière de se réunir tous ensemble pour construire un consensus pour conduire le pays vers le mieux».

 

Mais le président Touadéra a rejeté cette approche inclusive : “Le président Touadéra n’en a pas voulu. Il a préféré à cela qu’il y ait une paix venant de l’extérieur, proposée de l’extérieur et une paix uniquement avec des groupes armés».

 

Akandji-Kombé souligne l’absence de résultats : “Cette feuille de route de Luanda, d’ailleurs le pouvoir lui-même a du mal à présenter des résultats positifs». Le professeur pointe ensuite une contradiction majeure : “Le paradoxe des paradoxes, c’est que c’est le même pouvoir qui aujourd’hui, lorsque les citoyens centrafricains, l’opposition centrafricaine demande un dialogue inclusif, demande à ce que nous échangions entre Centrafricains pour arriver à un consensus, c’est le même pouvoir qui va nous opposer le fait qu’on demande une médiation internationale, nous disant que ça heurte notre souveraineté».

 

Cette contradiction est totale : accepter une médiation externe pour dialoguer avec les groupes armés, mais la refuser pour dialoguer avec l’opposition politique. Akandji-Kombé conclut : “On demande à étendre le dialogue au-delà des groupes armés aux citoyens centrafricains. Mais sur ce point-là, nous continuerons à nous battre».

 

Martin Ziguélé aborde les incohérences juridiques : “Au début, c’était l’APPR, c’est-à-dire l’accord pour la paix et la réconciliation, qui était fondé sur la Constitution du 30 mars 2016. Et aujourd’hui, nous ne sommes plus sous la Constitution du 30 mars 2016. Donc, tout ce qui se fait en référence à l’APPR pose des problèmes de droit».

 

L’ancien Premier ministre décrit l’accumulation d’accords : “La feuille de route de Luanda, c’était le prolongement de l’APPR, mais pour prendre en compte ceux qui ont créé la CPC, et puis il y a les accords de Ndjamena. Vous voyez, ce sont des accords en accordéon qui ont tous une caractéristique commune, c’est qu’ils sont en dehors du cadre constitutionnel».

 

Ziguélé dénonce les avantages accordés aux groupes armés : “Les bénéfices accordés aux groupes armés dans le cadre de l’APPR, de l’accord de Ndjamena, de la feuille de route de Luanda, sont en contradiction avec les dispositions de la Constitution du 23 août 2023, laquelle constitution nous combattons».

 

Il donne un exemple concret : “Cette Constitution dit par exemple que les responsables des groupes armés ne peuvent pas être nommés à des fonctions ministérielles. Regardez le gouvernement actuel, il y trône d’anciens responsables ou d’anciens acteurs importants des groupes armés».

 

L’ancien Premier ministre identifie un problème plus profond : “À la vérité, le problème que nous avons dans ce pays, c’est de savoir si la négociation de la paix, le dialogue pour la paix, font partie d’un réflexe normal, font partie de la vision de notre gouvernement. Je ne pense pas».

 

Ziguélé analyse le comportement du régime : “Ce pouvoir a toujours démontré qu’il ne discute, qu’il ne dialogue, qu’il ne négocie que lorsqu’il est contraint et forcé. Ce n’est pas une attitude spontanée du pouvoir de chercher à dialoguer, à négocier des consensus, à faire des concessions, et à avancer vers la paix».

 

L’ancien Premier ministre pointe le paradoxe le plus choquant : “Vous avez ce même gouvernement qui négocie dans le cadre de l’APPR ou la feuille de route de Luanda ou les accords de Ndjamena avec des hommes recherchés par la justice internationale comme Noureddine Adam ou Ali Darassa, et qui, en même temps, refuse de dialoguer avec des compatriotes centrafricains qui ont la faiblesse de ne pas prendre les armes».

 

Cette contradiction résume l’échec de la feuille de route de Luanda : un processus qui privilégie le dialogue avec les criminels de guerre au détriment du dialogue avec l’opposition politique pacifique.

 

Les analyses convergentes de Ziguélé et Akandji-Kombé démontrent plusieurs failles majeures de la feuille de route de Luanda. D’abord, son caractère excluant : seuls les groupes armés sont invités à la table des négociations. Les forces politiques pacifiques, la société civile, les citoyens ordinaires en sont exclus.

 

Ensuite, son incohérence juridique : conçue sous la Constitution de 2016, elle continue de s’appliquer sous la Constitution de 2023 qui contredit certaines de ses dispositions. Cette gymnastique juridique crée une insécurité totale.

 

Puis, son inefficacité concrète : après plusieurs années, même le pouvoir peine à présenter des résultats positifs. Les violences continuent, la paix n’est pas revenue, les groupes armés conservent leur influence.

 

Enfin, son paradoxe fondamental : le régime accepte une médiation externe pour dialoguer avec des criminels de guerre, mais la refuse pour dialoguer avec l’opposition démocratique au nom de la souveraineté nationale.

 

Ce processus de Luanda reflète une approche où le pouvoir ne dialogue que sous contrainte et uniquement avec ceux qui menacent sa survie par les armes. L’opposition pacifique, elle, ne mérite pas de dialogue car elle ne représente pas une menace militaire immédiate.

 

Cette logique pervertit totalement le principe démocratique. Dans une démocratie normale, le pouvoir dialogue prioritairement avec les forces politiques légales et ne négocie avec les groupes armés que pour les désarmer. En Centrafrique sous Touadéra, c’est l’inverse : on négocie avec les groupes armés et on ignore l’opposition démocratique.

 

La feuille de route de Luanda a fait perdre plusieurs années à la Centrafrique selon Akandji-Kombé. Ces années auraient pu être consacrées à un vrai dialogue national inclusif comme le proposait l’initiative parlementaire. Au lieu de cela, le pays s’est enfoncé dans un processus externe imposé qui n’a produit aucun résultat tangible.

 

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En Centrafrique, l’équipe EURECA du MSF renforce son action sanitaire d’urgence

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En Centrafrique, l’équipe EURECA du MSF renforce son action sanitaire d’urgence

 

 

Intervention de l'équipe d'EURECA du MSF enforce son action sanitaire d'urgence
Intervention de l’équipe d’EURECA du MSF enforce son action sanitaire d’urgence

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Depuis janvier 2014, une équipe mobile de MSF basée à Bangui intervient rapidement partout en Centrafrique pour répondre aux crises sanitaires.

 

Cette unité baptisée EURECA assure une veille permanente sur tout le territoire national. Son rôle consiste à détecter les menaces sanitaires, mener des investigations sur le terrain et déployer des moyens adaptés même dans les localités les plus reculées. Dans un pays où le système de santé reste fragile et où les épidémies surviennent fréquemment, cette capacité de réaction rapide s’avère indispensable pour protéger les populations vulnérables.

 

L’année 2025 a connu une activité particulièrement soutenue pour les équipes d’intervention. Dix signalements ont nécessité un suivi attentif, débouchant sur six déplacements exploratoires dans différentes régions du pays. Les équipes se sont rendues à Birao après des cas présumés de fièvre jaune et de coqueluche, tandis qu’une flambée de rougeole a mobilisé les effectifs à Gamboula.

 

Kabo a également connu deux épidémies successives touchant la rougeole puis la méningite. Les mouvements de populations à Zemio et Bozoum ont déclenché des visites de reconnaissance, alors que Bocaranga a signalé plusieurs maladies contagieuses. Ces missions ont permis d’évaluer la gravité de chaque situation et d’organiser la riposte médicale en lien étroit avec les autorités sanitaires nationales.

carte sanitaire d'URECA du MSF enforce son action sanitaire d'urgence
carte sanitaire d’URECA du MSF enforce son action sanitaire d’urgence

 

Deux interventions d’envergure ont été déployées suite aux déclarations officielles du ministère. À Gamboula, après la confirmation de l’épidémie de rougeole, les équipes ont vacciné 19 721 enfants et procédé à des travaux d’assainissement essentiels. Trois forages ont été remis en état, notamment celui desservant l’hôpital de district, garantissant ainsi un approvisionnement en eau potable.

 

La réhabilitation de la zone de gestion des déchets hospitaliers a également été réalisée. L’élimination sécurisée des déchets vaccinaux a suivi les normes sanitaires strictes. Seize patients ont été orientés vers des structures spécialisées, parmi lesquels des enfants atteints de malnutrition aiguë grave avec complications et d’autres présentant des formes sévères de rougeole nécessitant une prise en charge renforcée.

 

L’opération menée à Kabo s’est déroulée en trois phases distinctes. Une campagne de vaccination élargie a protégé 11 242 enfants contre la rougeole, 6 587 contre la méningite et 3 995 contre la fièvre jaune. Les femmes enceintes n’ont pas été oubliées puisque 1 147 d’entre elles ont reçu le vaccin antitétanique, réduisant ainsi les risques pour elles et leurs futurs nouveau-nés.

 

Parallèlement, un dépistage nutritionnel a touché 15 541 enfants de moins de cinq ans. Les infrastructures de l’hôpital ont bénéficié d’améliorations significatives concernant la gestion des déchets. Des formations ont été dispensées au personnel d’hygiène tandis que des équipements de protection individuelle leur ont été fournis. L’installation de réfrigérateurs et congélateurs solaires dans plusieurs centres de santé garantit désormais la conservation optimale des vaccins dans la durée.

 

Ces opérations ont mobilisé conjointement les équipes EURECA et les autorités locales. Les responsables des districts sanitaires ont participé activement à la préparation puis au déroulement des campagnes vaccinales. Cette collaboration a permis d’atteindre efficacement les communautés ciblées tout en renforçant les capacités locales de surveillance épidémiologique.

 

Le docteur Alexandre Monnan, coordinateur médical de MSF dans le pays, explique que cette réactivité mobile et bien coordonnée devient cruciale. La collaboration avec les équipes du ministère de la Santé a permis de protéger des milliers d’enfants contre des maladies évitables. Dans des régions où l’accès aux soins demeure extrêmement limité, le renforcement durable de la surveillance épidémiologique représente un acquis majeur pour les années à venir.

 

Les habitants de Kabo témoignent de leur soulagement après l’intervention. Princia Kotto, venue faire vacciner son enfant, raconte son inquiétude avant l’arrivée des équipes. Aujourd’hui rassurée, elle sait que sans cette campagne, de nombreux enfants seraient restés exposés aux maladies. Son fils a reçu les vaccins nécessaires et elle peut envisager l’avenir avec moins d’appréhension pour sa santé.

 

La situation humanitaire du pays ne devrait guère évoluer favorablement en 2026. Dès janvier, EURECA a déjà suivi deux alertes concernant des déplacements de population à Zemio et Ouanda Djallé. La diminution des financements consacrés à la santé et à l’aide humanitaire pousse de nombreuses organisations à réduire leur présence sur le terrain centrafricain.

 

La faible couverture vaccinale récurrente dans le pays laisse présager que les épidémies continueront d’apparaître, principalement dans les zones éloignées. MSF maintient son engagement à fournir une réponse rapide aux urgences sanitaires sur l’ensemble du territoire, y compris dans les localités les plus isolées où les difficultés d’accès compliquent toute intervention.

 

Par Brahim Sallé

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Soudan : Défection majeure des FSR,  le commandant Makki Muhammad Al-Tijani rallie l’armée soudanaise avec toute son unité

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Soudan : Défection majeure des FSR,  le commandant Makki Muhammad Al-Tijani rallie l’armée soudanaise avec toute son unité

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/05/mercenaires-russes-de-la-societe-Wagner.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/05/mercenaires-russes-de-la-societe-Wagner.jpg” alt=”Soudan : Défection majeure des FSR,  le commandant Makki Muhammad Al-Tijani rallie l’armée soudanaise avec toute son unité” width=”300″ height=”187″ />
Les rebelles soudanais de RSF à Khartoum en 2022

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Une unité paramilitaire des Forces de soutien rapide vient de capituler complètement sur l’axe méridional d’Al-Abyad au Kordofan du Nord.

 

Le commandant Makki Muhammad Al-Tijani a instrumenté ce basculement en amenant l’ensemble de ses hommes et leur matériel militaire vers les forces gouvernementales. Cette désertion en bloc affaiblit la présence paramilitaire dans un secteur jugé névralgique par les analystes militaires. L’armée récupère non seulement des combattants mais également des armements lourds qui renforceront ses capacités opérationnelles.

 

Les structures arrière des FSR connaissent actuellement une dégradation accélérée de leur cohésion interne. Les chaînes d’approvisionnement fonctionnent de manière irrégulière et ne parviennent plus à ravitailler correctement les unités déployées sur le terrain. La hiérarchie de commandement s’érode progressivement et les officiers intermédiaires peinent à maintenir l’ordre parmi leurs troupes. Des chefs locaux choisissent désormais de rompre avec l’organisation paramilitaire sans attendre d’instructions de leurs supérieurs.

 

Parallèlement, l’aviation soudanaise a intensifié ses opérations contre les dépôts et les emplacements des FSR dans le secteur de l’aéroport de Nyala ainsi qu’à l’ouest de cette ville du Darfour-Sud. Des frappes ont également été menées sur des positions à Zalingei, capitale du Darfour central. Les témoignages locaux rapportent de nombreuses pertes dans les rangs paramilitaires suite à ces bombardements répétés.

 

Dans un développement distinct mais significatif, la tribu Tarjam a lancé un assaut contre la prison de Nyala et libéré sept de ses membres. Ces hommes, tous anciens militaires ou policiers, avaient été emprisonnés pour avoir refusé de rejoindre les FSR. Cette action témoigne d’une résistance tribale croissante aux pressions exercées par les milices paramilitaires dans la région.

 

Des chefs de milices auraient reçu récemment des mises en demeure de la part de groupes tribaux locaux. Ces ultimatums leur imposent un choix binaire : rompre avec le projet émirati ou affronter une insurrection interne de leurs propres communautés. Nyala, longtemps présentée comme le bastion logistique principal des FSR, subit désormais une double pression : les frappes aériennes démantelant son infrastructure militaire et la défiance armée de certaines tribus.

 

Le général Mohamed Hamdan Daglo, connu sous le surnom Hemedti, dirige les Forces de soutien rapide depuis leur institutionnalisation officielle en 2013. Ces unités paramilitaires trouvent leurs racines dans les milices Janjawid qui opéraient au Darfour dès le début des années 2000. Leur transformation en force semi-régulière visait initialement à combattre les mouvements insurgés dans les zones périphériques du pays.

 

Il y’a lieu de rappeler que le conflit armé entre l’armée soudanaise et les FSR a éclaté le 15 avril 2023 dans la capitale Khartoum. Les tensions accumulées entre le général Abdel Fattah al-Burhan et Hemedti ont explosé après des mois de désaccords sur l’intégration des paramilitaires dans l’armée régulière. Le différend portait essentiellement sur le commandement de la force unifiée et sur le calendrier de cette fusion prévue dans le cadre du processus de transition démocratique.

 

Le refus d’Hemedti de dissoudre son organisation autonome et de la placer sous autorité militaire classique a provoqué la rupture définitive. Les FSR ont lancé des attaques surprises sur plusieurs infrastructures militaires à travers le territoire. Le conflit s’est rapidement propagé de la capitale vers d’autres régions, notamment le Darfour et l’État d’Al-Jazira où les affrontements se sont multipliés.

 

Les richesses naturelles du Soudan alimentent également les enjeux de ce conflit meurtrier. Le pays possède d’importantes réserves en or, cobalt, uranium et dispose de terres agricoles fertiles. Le contrôle de ces ressources motive les belligérants autant que les ambitions politiques de leurs dirigeants. Les mines d’or artisanales constituent la principale source de financement des FSR depuis leur prise de contrôle du site de Jebel Amer en 2017.

 

Les Émirats arabes unis sont accusés par de multiples rapports internationaux de fournir armes et soutien logistique aux FSR depuis plusieurs années. Malgré les démentis d’Abou Dhabi, des enquêtes d’organisations comme Amnesty International et des experts de l’ONU ont documenté des livraisons d’armements, notamment des drones chinois Wing Loong II et des munitions sophistiquées. Le gouvernement soudanais a d’ailleurs rompu ses relations diplomatiques avec les Émirats en 2025, les accusant d’équiper les FSR.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Alain Nzilo

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Djabarona favorisée : les troupeaux du président Touadéra dévastent les champs des agriculteurs

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Djabarona favorisée : les troupeaux du président Touadéra dévastent les champs des agriculteurs

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/troupeau-de-boeufs.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique : louvelle flambée de violence meurtrière sur l’axe Nana-Bakassa

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Les agriculteurs de Bouali dénoncent les privilèges accordés à Djabarona et les dégâts causés par les troupeaux présidentiels.

 

À 95 kilomètres de Bangui, dans la vaste circonscription de Bouali, les agriculteurs vivent une situation insoutenable. Lors d’une rencontre avec le député de leur circonscription et ancien Premier ministre Firmin Ngrebada, les habitants d’un village situé à 60 kilomètres de Bangui, ont exprimé leur colère face aux privilèges accordés à Djabarona, localité située à 45 kilomètres de Bangui sur la route de Boali, et qui est réputée pour ses éleveurs. Cette frustration, relayée dans une vidéo publiée par l’ancien Premier ministre sur les réseaux sociaux, expose des inégalités profondes qui menacent directement les moyens de subsistance des communautés rurales.

Une femme, s’exprimant au nom des habitants, a dénoncé le favoritisme dont bénéficie Djabarona. Toutes les initiatives gouvernementales – fêtes des mères, défilés officiels, installation de panneaux solaires, projets de forage d’eau – convergent vers ce village.

 

“On va chercher les gens à Djabarona pour les fêtes, les défilés, et même pour l’électricité et l’eau, tout va là-bas”, a-t-elle déploré. Elle a comparé leur situation à celle de Bimbo, mieux équipée en électricité et infrastructures, tandis que leur village reste plongé dans l’obscurité.

 

Le problème le plus grave concerne les troupeaux d’éleveurs installés également à Djabarona, identifiés par les habitants comme appartenant au président Faustin Archange Touadéra. Ces bovins paissent librement, piétinent et détruisent les champs agricoles, principale source de revenus pour les communautés locales. “Nos champs, c’est ce qui nourrit nos enfants et paie leurs études, même à Bangui”, a insisté la porte-parole.

 

Lorsqu’ils tentent d’obtenir réparation pour les dégâts, les agriculteurs se heurtent à une réponse récurrente : “Ce sont les bœufs du président, adressez-vous à lui“. Cette situation, qui perdure depuis des années, est perçue comme une injustice, les éleveurs bénéficiant d’une impunité apparente grâce à leur lien avec le président.

 

Ce problème dépasse la circonscription de Bouali. Les habitants d’autres localités signalent que des troupeaux, associés au président Touadéra, ravagent les champs aux alentours de la capitale, notamment vers Damara et sur la route de Mbaïki. Cette pratique généralisée menace l’agriculture, pilier de la survie des populations rurales.

 

“Le président a des milliards, des immeubles, des revenus, mais nous, c’est nos champs qui nous font vivre”, a déclaré un jeune de Boali interrogé par la rédaction du CNC. La population ajoute que les autorités semblent encourager les éleveurs à rester près de la capitale, aggravant ainsi les conflits avec les agriculteurs.

 

La rencontre avec le député Firmin Ngrebada, probablement organisée dans un contexte préélectoral en vue des prochaines législatives, a permis de mesurer l’ampleur de ces frustrations. Les habitants exigent des mesures concrètes pour protéger leurs champs et garantir une répartition équitable des ressources.

Cette situation expose un problème systémique : le déséquilibre entre les éleveurs, protégés par des connexions influentes, et les agriculteurs, laissés pour compte. La voix de ces communautés rurales appelle à une action urgente pour rétablir la justice et soutenir l’agriculture, essentielle à leur survie….

 

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Camp de Roux : nous avons vu la langue du diable, le cylindre de mort des mercenaires russes

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Camp de Roux : nous avons vu la langue du diable, le cylindre de mort des mercenaires russes

 

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Les mercenaires russes du groupe Wagner ici au camp de Roux à Bangui. CopyrightCNC

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Au sein de la base militaire du camp de Roux, dans la partie  gérée par les mercenaires russes du groupe Wagner, se cache au sous-sol une machine à torture jamais vue en Centrafrique. Les mercenaires russes y ont construit leur arme la plus terrifiante  qu’ils appellent  la langue du diable.

 

Une équipe d’investigation du CNC vient de voir ce qui se cache sous les bâtiments du camp militaire russe à Bangui. Les mercenaires du groupe Wagner y ont creusé une prison souterraine où la torture atteint des sommets jamais vus en Centrafrique. La vérité dépasse tout ce qu’on pouvait imaginer. Sous le bâtiment principal du camp de Roux, les mercenaires russes ont aménagé une salle de détention accessible uniquement par un escalier étroit.

 

Il faut noter qu’ici, dans cette prison sécrète du camp de Roux, les Wagner amènent avant tout leur victime dans la cellule du sous-sol qui est à peu près de bonne dimension : 2 mètres carrés avec un lit normal. Mais si le suspect résiste à l’interrogatoire simple, il est passé automatiquement dans la langue du diable. Et c’est la machine à tuer des russes.

 

De l’extérieur, on dirait un puits vertical d’environ trois mètres de profondeur, circulaire, avec un diamètre ne dépassant pas un mètre vingt. Les parois intérieures de ce cylindre portent des centaines de tiges en fer soudées perpendiculairement, espacées de dix centimètres environ.

 

Chaque tige mesure une quinzaine de centimètres de longueur et les extrémités ont été taillées en pointe, affûtées comme des lames. Elles convergent toutes vers le centre du cylindre, créant un espace praticable d’à peine cinquante centimètres de diamètre. Imaginez tenir debout dans un tube où des dizaines de couteaux vous entourent de toutes parts, à quelques centimètres de votre peau.

 

Au sommet de ce puits, un mécanisme ressemble à un treuil manuel. Une cage métallique de forme cylindrique, juste assez large pour contenir un homme debout, pend au bout d’un câble d’acier. Cette cage comporte une barre horizontale fixée en hauteur, à laquelle le prisonnier doit s’accrocher.

 

Les parois de la cage restent ouvertes, de simples barreaux verticaux qui n’offrent aucune protection contre les pointes qui hérissent le puits. Quand les mercenaires décident d’utiliser la langue du diable, ils amènent le prisonnier devant le dispositif. Ils lui expliquent le fonctionnement, lentement, pour que la peur s’installe bien.

 

On le fait entrer dans la cage suspendue et on lui ordonne de saisir la barre au-dessus de sa tête. Puis on actionne le bouton et la cage commence sa descente dans le  trou. Centimètre par centimètre, elle s’enfonce pendant que le prisonnier voit les pointes se rapprocher de son visage, de son torse, de ses jambes.

 

À mi-hauteur, les tiges en fer ne se trouvent plus qu’à quelques centimètres de son corps. S’il bouge un bras, une jambe, s’il se penche légèrement, les pointes le transpercent. Il doit rester parfaitement immobile, agrippé à la barre, dans une position verticale absolue.

 

La cage s’immobilise au fond du puits et le prisonnier se retrouve entouré de métal acéré sur trois cent soixante degrés. Au-dessus de lui, à trois mètres, l’ouverture du puits laisse passer un peu de lumière et l’air vicié de la salle souterraine. Autour, le silence épais du sous-sol pendant que devant, derrière, à gauche, à droite, partout, ces pointes attendent le moindre geste.

 

Tenir debout sans bouger pendant une heure demande déjà un effort considérable. Les muscles des jambes commencent à trembler, les bras qui maintiennent le corps en équilibre via la barre horizontale se fatiguent. La nuque se raidit pendant que le dos se crispe.

 

Après deux heures, les crampes apparaissent et les mollets se tétanisent. Les épaules brûlent pendant que le prisonnier serre les dents, contracte tous ses muscles pour ne pas s’affaisser. S’il relâche sa prise sur la barre, son corps glisse vers le bas et les pointes lui perforent les flancs.

 

S’il plie les genoux pour soulager ses jambes, il se rapproche des tiges métalliques au niveau du bassin et des cuisses. S’il tourne la tête pour chercher une position plus confortable, une pointe lui entaille la joue ou l’oreille. Au bout de quatre heures, le corps commence à lâcher malgré la volonté.

 

Les jambes flageolent pendant que les bras tremblent de façon incontrôlable. La sueur coule, rendant la prise sur la barre glissante. Certains prisonniers tentent de se caler contre les barreaux de la cage pour soulager leurs membres, mais la moindre pression latérale les projette vers les pointes.

 

Ils reculent vivement, arrachant un morceau de peau au passage. Le sang commence à couler de ces petites blessures pendant que les mercenaires en haut ne disent rien. Ils attendent simplement que le temps fasse son œuvre.

 

Passé le cap des six heures, l’esprit commence à vaciller autant que le corps. L’épuisement physique devient hallucinant pendant que les muscles ne répondent plus correctement aux ordres du cerveau. Les jambes cèdent par intermittence, provoquant de brefs affaissements que le prisonnier rattrape in extremis en se hissant sur la barre.

 

À chaque fois, les pointes griffent la peau, laissent des entailles sanglantes sur les côtes, les bras, les jambes. Le fond de la cage se couvre de gouttes de sang pendant que l’odeur de fer se mêle à celle de la sueur et de la peur. Certains tiennent dix heures tandis que d’autres s’effondrent au bout de huit.

 

Quand les mercenaires estiment que le prisonnier a atteint ses limites, ils actionnent le treuil. La cage remonte lentement pendant que le corps du détenu porte les stigmates de son séjour dans la langue du diable : des dizaines de petites plaies, des muscles tellement contractés qu’il ne peut plus se tenir debout normalement.

 

Des tremblements incontrôlables persistent pendant des jours, mais surtout, un traumatisme psychologique profond s’installe. L’expérience de rester suspendu pendant des heures dans un étau de métal tranchant détruit quelque chose dans l’âme humaine. Sachant qu’un seul moment de faiblesse peut transformer une simple blessure en mutilation grave, le prisonnier ne retrouve jamais sa vie d’avant.

 

Les mercenaires ne laissent jamais personne mourir dans la langue du diable parce que ce n’est pas le but. L’objectif consiste à maintenir le prisonnier dans un état de terreur extrême, entre la vie et des blessures potentiellement invalidantes. Assez longtemps pour qu’il accepte de parler, d’avouer, de dénoncer, de faire n’importe quoi pour échapper à cette machine infernale.

 

Ceux qui en sortent ne sont plus les mêmes. Ils marchent difficilement pendant plusieurs jours, les jambes raides comme du bois. Ils gardent les bras collés au corps, évitant tout mouvement brusque, comme si les pointes étaient encore là.

 

La conception même de ce dispositif témoigne d’une réflexion poussée sur la manière d’infliger la souffrance. Les ingénieurs ou techniciens qui ont dessiné cette structure connaissaient parfaitement l’anatomie humaine, les limites physiques du corps, les mécanismes psychologiques de la peur. Ils ont calculé l’espacement optimal des pointes pour créer un danger permanent sans rendre la survie impossible.

 

Ils ont choisi la profondeur du puits pour accentuer la sensation de confinement tout en permettant une surveillance depuis le haut. Ils ont ajusté le diamètre de l’espace central pour qu’un homme puisse y tenir debout, mais dans une immobilité totale et épuisante. La construction d’une telle installation demande du temps, des matériaux spécifiques, un savoir-faire technique.

 

On ne creuse pas un puits de trois mètres sous un bâtiment en quelques jours. On ne soude pas des centaines de tiges métalliques à la bonne hauteur et au bon angle sans plan précis. On n’installe pas un système de treuil fiable capable de supporter le poids d’une cage et d’un homme sans préparation.

 

Cela signifie que les mercenaires russes ont planifié cette prison souterraine dès leur arrivée au camp de Roux, ou peu après. Ils ont investi du temps et des ressources pour créer un outil de torture permanent. Ce n’est pas le geste d’hommes de passage mais l’installation de gens qui envisagent de rester longtemps.

 

L’équipe de journalistes du CNC a réussi à filmer l’intérieur de cette salle souterraine. Les images montrent la langue du diable sous tous ses angles. On y voit les pointes alignées avec une régularité mécanique, la cage métallique suspendue au-dessus du puits, les traces sombres sur le métal qui témoignent d’utilisations répétées.

 

Très peu d’hommes peuvent tenir indéfiniment dans ce cylindre de torture. La plupart craquent au bout de quelques heures, acceptent de répondre à toutes les questions, inventent parfois des aveux juste pour qu’on les remonte à la surface. Les mercenaires du groupe Wagner appliquent ces techniques avec un détachement professionnel.

 

Pour eux, c’est un travail comme un autre. Ils descendent les prisonniers dans le puits, remontent vérifier leur état toutes les deux heures, notent qui résiste encore et qui commence à céder. Ils fument des cigarettes en attendant que le temps fasse son œuvre pendant que certains prennent des photos avec leur téléphone.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Voilà ce que Touadera nous amène en RCA. Ce type est un véritable diable sur la terre.

 

Par AlainNzilo

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Zone interdite : à Ndachima, Wagner installe six usines d’extraction aurifère blindées protégées par des mines terrestres

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Zone interdite : à Ndachima, Wagner installe six usines d’extraction aurifère blindées protégées par des mines terrestres

 

 

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Les ouvriers miniers travaillant sur les poubelles minières des Wagner à Ndachima. Photo CNC

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Six usines blindées d’extraction aurifère ont été installées par Wagner à Ndachima. Ces forteresses sont protégées par des clôtures de fer et des mines terrestres enfouies tout autour.

 

Les six centres d’extraction se trouvent à environ 5 kilomètres du croisement de Ndachima, dans la préfecture de la Ouaka. Wagner a choisi d’implanter ces installations en pleine forêt pour garantir leur discrétion et limiter les accès. La localité minière située à 60 kilomètres de Bambari abrite désormais ces complexes qui constituent de véritables forteresses impénétrables.

 

Chaque usine est entourée de clôtures constituées de barres de fer blindées. Ces barrières métalliques forment la première ligne de défense contre toute tentative d’intrusion non autorisée. Mais la protection ne s’arrête pas à ces clôtures visibles.

 

Dans les forêts environnant les six installations, les mercenaires russes ont enfoui de nombreuses mines terrestres. Ces engins explosifs rendent toute circulation aux alentours extrêmement dangereuse pour quiconque ne connaît pas leur emplacement exact. La combinaison des clôtures blindées et des mines antipersonnel transforme la zone en territoire mortel pour les personnes non habilitées.

Les ouvriers miniers travaillant sur les poubelles minières des Wagner à Ndachima en repos
Les ouvriers miniers travaillant sur les poubelles minières des Wagner à Ndachima en repos. Photo CNC

 

Personne ne peut se hasarder à s’approcher de ces sites sans risquer sa vie. Les habitants de Ndachima savent que franchir ce périmètre de sécurité équivaut à un arrêt de mort quasi certain. Seuls les employés recrutés par Wagner peuvent pénétrer dans ces enceintes fortifiées.

 

À l’intérieur des usines, les mercenaires russes embauchent des jeunes de Ndachima. Ces ouvriers travaillent de 7 heures du matin à 19 heures du soir, soit environ 12 heures de labeur quotidien dans les installations d’extraction. Pour ces longues journées harassantes passées à extraire l’or, chaque employé reçoit la somme de 2 000 francs CFA.

 

Cette rémunération dérisoire pour 12 heures de travail épuisant ne permet même pas de subvenir décemment aux besoins d’une famille. Après avoir terminé leur service à 19 heures, les ouvriers rentrent chez eux pour revenir le lendemain matin à 7 heures reprendre le même cycle. Wagner impose un contrôle total sur l’activité économique de ses employés.

 

Les mercenaires interdisent aux travailleurs d’exercer toute autre occupation en dehors du travail dans leurs usines. Quiconque veut gagner sa vie dans la zone doit obligatoirement passer par l’emploi proposé par les Russes. Cette mainmise s’étend même aux déchets générés par l’exploitation minière.

 

Lorsque Wagner extrait l’or du sous-sol, les ouvriers retirent d’abord plusieurs couches de sable aurifère. Ces premiers résidus sont ensuite transportés et déversés dans des zones que les mercenaires appellent poubelles. Malgré leur appellation, ces tas contiennent encore parfois de minuscules pépites d’or que des jeunes aimeraient récupérer.

 

Des ouvriers de Ndachima et de localités voisines se regroupent parfois pour aller ramasser ces déchets. Ils lavent ensuite ces résidus dans l’espoir de trouver au moins une bichette d’or de la taille d’une allumette. Mais les mercenaires russes refusent catégoriquement cette pratique de récupération.

 

Quand Wagner ou les forces de l’ordre travaillant pour eux surprennent ces jeunes sur les sites de déversement, ils tirent sur eux. Certains sont assassinés sur place d’une balle dans le corps. D’autres sont grièvement blessés comme ce fut le cas mercredi dernier pour un jeune ouvrier touché à la jambe.

 

Les contrevenants capturés vivants subissent un traitement tout aussi terrible. Les Russes regroupent ces jeunes et les emprisonnent dans des conteneurs métalliques qu’ils utilisent comme prisons. À l’intérieur de ces espaces confinés et étouffants, les détenus ne reçoivent que de l’eau sans aucune nourriture pendant plusieurs jours.

 

Après cette période de détention dans des conditions inhumaines, les prisonniers sont ensuite transférés à la gendarmerie de Bambari. Pour recouvrer leur liberté, chaque détenu doit payer une amende d’au moins 100 000 francs CFA. Cette pratique transforme la simple tentative de survie en infraction passible d’emprisonnement et de sanctions financières.

 

L’accès aux six usines d’extraction reste totalement fermé à toute personne extérieure au groupe Wagner. Aucun gendarme centrafricain ne peut y pénétrer sans autorisation expresse des mercenaires. Même les ministres du gouvernement n’ont pas le droit d’entrer dans ces installations sans l’aval des Russes.

 

Pas même le président de la République ne peut franchir ces portes sur simple décision. Cette autonomie totale confère à Wagner un pouvoir absolu sur ce territoire qu’il considère comme son domaine exclusif. Les mercenaires ont transformé Ndachima en État dans l’État où seule leur loi s’applique.

 

À l’intérieur de ces complexes hermétiquement clos, les Russes transforment l’or brut extrait en lingots. Ils conditionnent le métal précieux par kilos pour faciliter son transport et son exportation. Chaque semaine, des hélicoptères appartenant à Wagner atterrissent sur les sites avec des caisses vides.

 

Les appareils repartent ensuite chargés de ces lingots d’or soigneusement emballés. La cargaison est acheminée vers Bangui où elle est transférée dans des avions. De la capitale centrafricaine, l’or prend la direction de l’extérieur du pays vers des destinations que seuls les mercenaires connaissent.

 

Cette exploitation massive trouve sa justification dans la richesse exceptionnelle du sous-sol de Ndachima. La région constitue l’une des bases les plus importantes de gisements aurifères de toute la République centrafricaine. Les réserves d’or enfouies dans cette zone sont évaluées à plusieurs milliards de dollars.

 

Wagner a obtenu le contrôle exclusif de ce site en échange de son soutien militaire au régime. Les mercenaires russes assurent la protection du président Faustin-Archange Touadéra et en retour ils exploitent librement les richesses minières. Cette transaction leur permet de faire absolument tout ce qu’ils veulent sans rendre de comptes à personne.

 

Les gendarmes centrafricains n’échappent pas à l’autorité des Russes. Wagner peut arrêter un gendarme, le gifler publiquement, le frapper violemment ou le mettre en prison sans justification. Les policiers subissent le même sort quand ils déplaisent aux mercenaires.

 

Personne dans le pays ne peut lever le petit doigt devant les agissements de Wagner. Cette impunité totale crée un climat de terreur dans toute la zone minière. Les forces de sécurité centrafricaines censées protéger la population se retrouvent elles-mêmes soumises aux ordres des étrangers.

 

Dans les quartiers de Ndachima, les habitants expriment ouvertement leur colère et leur désespoir. La population accuse directement le président Touadéra d’avoir amené ces mercenaires sur leur terre. Les résidents considèrent les Russes comme des voyous qui pillent les richesses ancestrales sans aucun respect pour les populations locales.

 

Les terres que leurs ancêtres exploitaient librement pendant des générations sont désormais confisquées. Les habitants ne peuvent même plus récupérer les poubelles minières pour tenter de survivre. Pour eux, cette situation relève de la criminalité organisée avec la complicité du pouvoir en place​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Alain Nzilo

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De la démocratie à la recolonisation : Comment Wagner a transformé la RCA en laboratoire post-démocratique Par le Professeur Jean-François Akandji-Kombe

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De la démocratie à la recolonisation : Comment Wagner a transformé la RCA en laboratoire post-démocratique Par le Professeur Jean-François Akandji-Kombe

 

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Professeur Jean-François Akandji-Kombé, Coordinateur du rassemblement unitaire

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La République centrafricaine incarne aujourd’hui ce que le Professeur Jean-François Akandji-Kombe, juriste et opposant au régime de Bangui, qualifie sans détour d’« archétype de l’État wagnerisé ». Dans un entretien accordé à Africapresse.Paris, ce professeur de droit à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et président du Conseil de Résistance et de Transition (CRT) décortique le processus de démantèlement institutionnel qui a transformé son pays en laboratoire post-démocratique.

 

Un changement constitutionnel organisé par Wagner

« Wagner est à l’origine du processus de changement de Constitution entamé en 2022 et achevé en 2023 », affirme sans ambages le Professeur Akandji-Kombe. Cette assertion s’appuie sur un témoignage qu’il juge « tout à fait édifiant » : celui de l’ex-Présidente de la Cour constitutionnelle, révoquée après avoir déclaré inconstitutionnel ce changement de Constitution.

 

Le juriste, qui avait lui-même participé en 2015 comme rapporteur de la Commission Gouvernance à l’élaboration de la Constitution de mars 2016, y voit un « coup d’État constitutionnel ». Cette nouvelle Constitution adoptée en 2023 permet au Président Faustin-Archange Touadéra de se maintenir indéfiniment au pouvoir.

 

Le hold-up électoral de 2026

La mainmise ne s’arrête pas aux textes. « Wagner est à la manœuvre pour l’organisation des dernières élections ou, pour être précis, du hold-up électoral de ce début 2026 qui installe le Président actuel pour un pouvoir à vie », dénonce Akandji-Kombe. Le groupe paramilitaire russe contrôle désormais « l’espace politique, par la violence et en instillant la peur », affirme-t-il, précisant que « tout cela est fait ostensiblement, au grand jour, avec l’assurance d’une impunité totale ».

 

Le verrouillage de l’espace civique

Le processus de verrouillage passe également par l’arsenal législatif. Selon le professeur, Wagner pilote actuellement « l’adoption d’une loi qui permettra de verrouiller totalement l’espace civique, et qui n’est rien d’autre que la transposition de la loi russe sur les agents de l’étranger ».

 

Cette stratégie de contrôle social s’accompagne d’une emprise sur tous les leviers de communication. Wagner, explique-t-il, règne « dans le domaine de la communication, des ONG, du contrôle social ».

 

Dictature décomplexée contre façade démocratique

Interrogé sur la notion de « post-démocratie », Akandji-Kombe rectifie : « Je préfère encore les bons vieux termes de dictature, d’autocratie et de tyrannie. Ils rendent mieux compte de ce qui se passe dans ce pays ». Pourquoi ? « Parce que le pouvoir de Bangui, c’est-à-dire autant le pouvoir réel que représente le groupe Wagner et le pouvoir d’apparat qu’incarnent les autorités centrafricaines, ne se soucie guère d’entretenir une quelconque façade démocratique », explique-t-il.

 

« Les deux leviers de leur pouvoir sont la force brute et le mensonge décomplexé. Leur loi est une pure loi de la jungle », assène le juriste, ajoutant que « ils sont tellement sûrs de leur force qu’ils ne s’en cachent même pas ».

 

La réécriture mensongère de l’histoire

Le professeur met en garde contre la propagande qui accompagne cette dérive autoritaire : « On entend que c’est l’échec de la démocratie qui a obligé à passer à l’après démocratie. Or, nous qui avons vécu l’histoire de ce pays, nous savons très bien que ce n’est pas vrai, que ce n’est pas la démocratie qui a échoué, mais que ce sont plutôt les promesses de démocratie qui n’ont pas été tenues, et ceci pratiquement depuis l’indépendance de la RCA ».

 

Il rappelle avec force : « Combien de Centrafricains sont-ils morts et sont encore prêts à mourir pour avoir le droit de parler librement, de circuler librement, d’avoir voix au chapitre sur les affaires de leur pays, d’être ceux qui choisissent réellement leurs dirigeants ? » L’expérience de la recolonisation Pour Akandji-Kombe, le terme de recolonisation n’est pas une hyperbole : « Les populations en Centrafrique vivent aujourd’hui l’expérience d’une recolonisation, avec ce que cela comporte de brutalités sur la population, d’humiliation des Centrafricains, de droit de vie et de mort de pouvoirs étrangers sur les citoyens ».

 

Le symbole de cette nouvelle tutelle ?

« L’immense statue d’Evgueni Prigojine (fondateur de Wagner) qui trône en plein cœur de Bangui, et le fils du même Prigojine qui a choisi de résider à Bangui où il est plus en sécurité qu’à Moscou ».

 

La résistance face au rouleau compresseur

Malgré ce tableau sombre, le professeur refuse le fatalisme. Condamné fin 2022 à deux ans ferme d’emprisonnement et cinq ans de suspension de ses droits civiques pour « incitation à la haine contre le Gouvernement » — une sentence qu’il appelle sa « médaille du mérite centrafricain » —, il a créé en 2023 le Conseil de Résistance et de Transition (CRT) en réponse au coup d’État constitutionnel.

 

En avril 2025, il a lancé le Rassemblement Unitaire pour mener ce qu’il nomme en sango « Kota Tiri », la grande bataille. « Cette lutte a un prix qu’il faut être prêt à payer », dit-il, évoquant les menaces de mort qui le visent « jusqu’à ce jour ».

 

La duplicité internationale

Le juriste n’épargne pas la communauté internationale : « Nous voyons bien que ce n’est pas le sort de la population centrafricaine qui préoccupe ces puissances. En Centrafrique, elles collaborent toutes parfaitement avec un pouvoir centrafricain totalement ‘wagnerisé’ ».

 

Il pointe du doigt « même les Nations Unies à travers la MINUSCA et l’Union européenne », dénonçant une « duplicité » qui « ne plaide pas pour la Communauté internationale, fût-elle même africaine, auprès de la population centrafricaine et, surtout, auprès de sa jeunesse ».

 

Le Professeur Jean-François Akandji-Kombe organisera un colloque international le 2 mars 2026 à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne sur le thème « Répondre aux crimes commis par le groupe Wagner : les défis de la responsabilité juridique ».

 

Par Alain Nzilo

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Affaire Nourd Gregaza : Annie, Nancy et Adyl, frères et sœurs de l’évadé,  envoyés en mandat de dépôt à Bimbo et Ngaragba

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Affaire Nourd Gregaza : Annie, Nancy et Adyl, frères et sœurs de l’évadé,  envoyés en mandat de dépôt à Bimbo et Ngaragba

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/les_wagner_a_bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/les_wagner_a_bangui.jpg” alt=”Affaire Gregaza : Annie, Nancy et Adyl, frères et sœurs de l’évadé,  envoyés en mandat de dépôt à Bimbo et Ngaragba” width=”300″ height=”221″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/les_wagner_a_bangui.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/les_wagner_a_bangui-80×60.jpg 80w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />
Pick-up militaire avec des mercenaires du groupe Wagner stationné devant l’ex mini-prix à Bangui. CopyrightCNC

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Deux mois après leur arrestation par les mercenaires russes de la milice Wagner, Annie, Nancy et Adyl, frères et sœurs de Nour Gregaza, président du PRNC, viennent d’être officiellement écroués dans les prisons de la capitale centrafricaine.

 

Dans la nuit du 14 au 15 décembre 2025, l’annonce de l’évasion du leader du PRNC  Nourd Gregaza de la prison de l’OCRB a déclenché une vague d’arrestations à Bangui. Dès le lendemain matin, les mercenaires russes de la milice Wagner ont pris en charge les opérations de rafle, écartant complètement les forces de l’ordre nationales.

 

Plusieurs membres de la famille Gregaza figurent parmi les personnes interpellées lors de cette opération. Annie, sœur cadette de Nour et policière de profession, a d’abord été conduite dans une prison secrète située à l’aéroport. Après quelques jours dans ce lieu de détention clandestin, elle a été transférée dans une cellule ordinaire avant sa présentation devant la justice.

 

Son frère Adyl, militaire servant comme garde du corps au ministère de l’Agriculture, a également été appréhendé malgré ses fonctions officielles. Nancy, demi-sœur du fugitif, complète la liste des membres de la famille détenus dans cette affaire qui prend des allures de règlement de comptes familial.

 

Les policiers en service à l’OCRB le jour des faits n’ont pas été épargnés par cette vague d’arrestations massives. L’un d’entre eux, le chef de poste de l’OCRB,  a trouvé la mort entre les mains des mercenaires russes, et son corps jeté à la morgue de l’hôpital général, plusieurs semaines après les événements.

 

Après près de deux mois de détention provisoire sans aucune procédure légale, les trois membres de la famille Nourd Gregaza ont enfin été présentés au parquet le mardi 10 février. Le juge d’instruction a ordonné leur placement en mandat de dépôt, actant ainsi leur transfert vers les prisons centrales de Bangui.

 

Annie et Nancy ont rejoint la prison pour femmes de Bimbo, située au sud-ouest de la capitale centrafricaine. Adyl, quant à lui, a été envoyé à la prison de Ngaragba où il rejoint d’autres détenus dans des conditions de détention difficiles.

 

Cette affaire interroge profondément les fondements juridiques du pays et la notion même de justice. La responsabilité pénale demeure un principe individuel dans tout système de droit moderne, un principe qui est totalement oublié depuis 8 ans en République centrafricaine sous la dictature de Faustin-Archange Touadera.

 

Aucun des frères et sœurs arrêtés ne travaillait à l’OCRB, aucun n’était présent lors de l’évasion présumée, aucun n’a participé de près ou de loin aux événements. Leur seul lien avec cette affaire reste leur parenté avec Nour Gregaza, ce qui ne constitue nullement une base juridique valable pour une arrestation.

 

Cette pratique d’arrestation collective visant l’entourage familial d’une personne recherchée marque un tournant inquiétant dans la gestion des affaires judiciaires. Les mercenaires russes agissent désormais en première ligne, releguant les autorités centrafricaines à un rôle secondaire dans leur propre pays.

 

Le contexte actuel démontre une dérive autoritaire qui dépasse les simples abus de pouvoir observés par le passé. La notion même de justice se trouve bafouée quand des citoyens répondent des actes présumés d’un tiers avec lequel ils partagent uniquement des liens familiaux.

 

L’absence de réaction des institutions judiciaires renforce le sentiment d’impunité qui entoure ces agissements arbitraires. Les familles ne savent plus à quelle autorité s’adresser, les avocats peinent à accéder à leurs clients, les procédures traînent pendant des semaines sans aucune justification.

 

Le régime actuel adopte des méthodes qui relèvent davantage de la dictature que de la gouvernance démocratique promise. Cette affaire Gregaza en devient l’exemple le plus parlant, démontrant jusqu’où peut aller l’arbitraire quand aucun contre-pouvoir n’existe plus pour le limiter.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Alain Nzilo

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Empoisonnement collectif des coopératives minières chinoises à Zoué, Donmbourou, Quand Bangui, Carrefour et Gbabé

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Empoisonnement collectif des coopératives minières chinoises à Zoué, Donmbourou, Quand Bangui, Carrefour et Gbabé

 

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Les dégats environnementaux à Carrefour, Zoué et autres. Photo CNC

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

À soixante kilomètres de Zawa, cinq localités de la préfecture de l’Ombella-Mpoko agonisent lentement sous les déchets toxiques déversés par les exploitants d’or venus de Chine.

 

La préfecture de l’Ombella-Mpoko compte parmi ses zones les plus riches en ressources minières. Zoué, Donmbourou, Quand Bangui, Carrefour et Gbabé forment un chapelet de villages installés à soixante kilomètres de Zawa. Ces localités de la deuxième circonscription de Yaloké attirent depuis plusieurs années des entreprises chinoises venues chercher l’or.

 

Les coopératives chinoises ont progressivement investi le territoire avec l’aval des autorités. Leur arrivée promettait du développement et des emplois pour les habitants. La réalité s’est vite montrée bien différente de ces belles promesses initiales.

Empoisonnement collectif des coopératives minières chinoises à Zoué, Donmbourou, Quand Bangui, Carrefour et Gbabé
Dégats environnementaux dans la deuxième circonscription de Yaloké 2, dans l’Ombella-Mpoko. Photo CNC

 

Le député de la deuxième circonscription de Yaloké 2, élu sans interruption depuis 2016 et reconduit en 2020 puis en 2025, joue un rôle central dans cette affaire. Avec dix années de mandat à son actif, il contrôle entièrement la distribution des terres aux compagnies minières. Trois coopératives chinoises travaillent directement pour son compte personnel.

 

Cet élu se présente comme l’héritier légitime de ces villages. Il affirme qu’un de ses parents a découvert ces terres, ce qui lui donnerait tous les droits sur leur exploitation. Cette logique familiale lui permet de tracer les frontières des concessions et d’attribuer les parcelles sans consulter personne.

 

Le maire de la zone partage cette vision des choses. Il se trouve que le maire n’est autre que l’oncle paternel du député. Cette parenté solidifie un système où les décisions se prennent au sein d’un cercle restreint, loin des préoccupations de la population.

Empoisonnement collectif des coopératives minières chinoises à Zoué, Donmbourou, Quand Bangui, Carrefour et Gbabé
Les camions sur le site minier de de l’IMC de Gomon, 20 kilomètres de Yaloké, dans l’Ombella-Mpoko. Photo CNC

 

Les premières victimes de l’exploitation aurifère ont été les rivières. Les mineurs chinois y ont déversé des produits chimiques pour extraire le précieux métal. L’eau potable a rapidement disparu de ces cinq villages, remplacée par un liquide contaminé impropre à toute consommation.

 

Une fois les cours d’eau épuisés, les exploitants se sont tournés vers les carrières terrestres. Ils ont commencé à creuser directement dans les champs cultivés par les villageois. Les terres agricoles ont été englouties les unes après les autres sans que quiconque puisse s’y opposer.

 

Les routes ont suivi le même chemin que les champs. Un axe praticable un jour devient le lendemain un gouffre béant rempli de déchets toxiques. Les habitants ne peuvent plus circuler normalement entre les hameaux ni rejoindre leurs cultures restantes.

 

Ces excavations creusent des fosses profondes qui jalonnent désormais le paysage. Plusieurs personnes y sont tombées et certaines n’en sont jamais ressorties vivantes. Un Pasteur a récemment failli y laisser la vie lors d’une chute accidentelle dans l’un de ces trous.

 

Des riverains ont réussi à l’extraire de justesse avant de le transporter d’urgence à l’hôpital. Cette histoire  confirme le danger quotidien auquel sont exposés les villageois dans leurs propres localités. Chaque déplacement devient une épreuve périlleuse où la mort rôde à chaque coin de chemin.

 

Les paysans qui tentent de protester essuient des refus catégoriques. Lorsqu’un habitant interpelle un responsable chinois sur la confiscation de son champ, ce dernier brandit son autorisation gouvernementale. Certains exploitants renvoient même les plaignants directement vers le député pour régler le différend.

 

Les villageois ont tenté de rencontrer leur représentant à l’Assemblée. La réponse du parlementaire a glacé tout le monde : cette affaire ne les regarde pas. Le maire, interrogé à son tour, a tenu exactement le même discours que son neveu.

 

Privés d’eau potable, les habitants ont frôlé la catastrophe sanitaire. Un commerçant arrivé il y a cinq mois dans la région a pris l’initiative de creuser des forages. Quatre puits ont été installés dans différents points des villages concernés.

 

Ces installations permettent enfin aux populations d’accéder à de l’eau non contaminée. Sans cette intervention d’un particulier, les cinq mille âmes de ces localités n’auraient eu d’autre choix que de boire l’eau empoisonnée. L’État n’a jamais levé le petit doigt pour résoudre ce problème pourtant vital.

 

Le député et les exploitants chinois ont promis la construction de ponts en échange de l’acceptation locale. Des sommes rondelettes ont changé de mains entre les autorités et les compagnies minières. Les ouvrages annoncés n’ont jamais vu le jour malgré les engagements répétés.

 

À Gaga, un pont récemment inauguré a mystérieusement pris feu quelques semaines après son ouverture. Les responsables ont d’abord parlé d’une structure en béton armé moderne et solide. Puis le discours a changé pour évoquer des matériaux en bois qui auraient alimenté l’incendie.

 

Le gouvernement délivre des permis d’exploitation sans jamais vérifier ce qui se passe ensuite sur le terrain. Les compagnies étrangères reçoivent leurs autorisations puis agissent en toute liberté. Aucun contrôle, aucune inspection, aucune mesure de protection pour les riverains n’accompagne ces concessions minières.

 

Les enfants de Zoué, Donmbourou, Quand Bangui, Carrefour et Gbabe grandissent dans un environnement saturé de poussières chimiques. Les maladies respiratoires se multiplient chez les plus jeunes comme chez les anciens. Les femmes enceintes mettent au monde des bébés fragiles dont certains ne survivent pas aux premiers mois.

 

Les autorités locales et nationales ont vendu la santé de leurs concitoyens contre quelques liasses de billets. Cette transaction mortifère se poursuit chaque jour sous les yeux d’une population impuissante. L’or part vers d’autres continents pendant que les villages se vident de leur substance​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Arsène Zato

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De la saisine constitutionnelle aux menaces de mort : Élysée Nguemale, pourchassé par des milices du pouvoir, appelle au secours la MINUSCA

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De la saisine constitutionnelle aux menaces de mort : Élysée Nguemale, pourchassé par des milices du pouvoir, appelle au secours la MINUSCA

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Conference-de-presse-Nguimale.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Conference-de-presse-Nguimale.jpg” alt=”De la saisine constitutionnelle aux menaces de mort : Élysée Nguemale, pourchassé par des milices du pouvoir, appelle au secours la MINUSCA” width=”300″ height=”140″ />
Élysée Nguemalet en pleine conférence de presse de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Un recours constitutionnel a transformé Élysée Nguemale en cible des milices progouvernementales. Il interpelle désormais la MINUSCA pour échapper aux représailles qui s’accumulent contre lui depuis plusieurs mois.

 

Le coordonnateur national de l’Observatoire pour la Gouvernance démocratique en Centrafrique a saisi le Conseil Constitutionnel pour contester l’éligibilité de Faustin Archange Touadera au scrutin du 28 décembre 2025. Nguemale invoque l’incompatibilité du dossier présidentiel avec la Constitution du 30 août 2023. Cette démarche juridique, qu’il estime légitime, a aussitôt déclenché une vague de représailles.

 

Les premières menaces ne tardent pas à se manifester. Le 12 novembre 2025, à la veille de l’audience constitutionnelle, le ministre de l’Administration du territoire Bruno Yapande lance un avertissement glaçant sur les ondes de Radio Ndeke Luka. « Élysée Nguemale sera responsable de ce qui lui arrivera », déclare-t-il publiquement.

 

L’avertissement ministériel trouve rapidement un écho auprès des partisans du régime. Doctrouvé Koï Éloge, présenté comme un proche du chef de l’État et dirigeant d’un groupe nommé « Tonton Macoute », appelle ses militants à se mobiliser via Facebook. Il écrit : « Je demande à tous les tontons macoutes de prendre position demain à 11h à la Cour de cassation pour accueillir la tête d’escargot appelée Nguemale Élysée. » Ces appels à la violence débouchent sur une agression concrète. Le 24 novembre 2025, vers 16h30, cinq hommes attaquent physiquement Nguemale dans un restaurant situé en face du magasin Quifeurou, à environ 200 mètres du croisement Marabena à Bangui. L’assaut se déroule en plein jour, dans une zone commerçante fréquentée de la capitale.

 

L’enquête menée par l’Observatoire pour la Gouvernance démocratique établit rapidement l’identité des assaillants. Selon Nguemale, les agresseurs appartiennent à la milice dirigée par Doctrouvé Koï Éloge. Lors de l’attaque, son téléphone portable disparaît entre les mains de ses assaillants.

 

Redoutant que Doctrouvé n’obtienne l’immunité parlementaire après les législatives, l’activiste dépose une nouvelle requête. Nguemale saisit le Conseil Constitutionnel pour invalider la candidature de son agresseur présumé et annuler ses suffrages éventuels. Cette initiative provoque un nouvel incident, encore plus audacieux que le précédent.

 

Le 31 janvier 2026, à l’intérieur même du Conseil Constitutionnel, Doctrouvé tente d’agresser Nguemale. Le chef milicien l’interpelle violemment en ces termes : « C’est mon régime, je vais t’écraser. » La scène se déroule au sein d’une institution censée incarner la neutralité judiciaire.

 

Le soir même, Doctrouvé publie sur sa page Facebook la vidéo de l’agression du 24 novembre. Il accompagne la diffusion de commentaires humiliants : « La tête d’escargot Nguemale Élysée se fait tabasser par des jeunes pour une affaire de cuissage et de jambage d’une femme d’autrui. Écoutez comment il pleure comme une chienne verte en chaleur. » Cette publication constitue, selon Nguemale, une preuve irréfutable de la responsabilité du chef milicien. En diffusant une vidéo filmée lors d’une agression où le téléphone de la victime a disparu, Doctrouvé confirme qu’il dispose de ce matériel. L’activiste en déduit que le responsable politique a commandité l’attaque et bénéficie de la bénédiction présidentielle.

 

Depuis son engagement contre le référendum constitutionnel de juillet 2023, Nguemale affirme ne plus jouir des droits ordinaires reconnus aux citoyens. En plus des agressions orchestrées par les proches du président, il mentionne son exclusion de l’école doctorale des Sciences juridiques et politiques de l’Université de Bangui depuis le 15 juin 2024. Cette mesure lui paraît arbitraire et liée à son activisme.

 

Aucune autorité publique n’a condamné les violences dont il est la cible. Ce silence officiel l’amène à penser que ces actes bénéficient d’un soutien gouvernemental. Nguemale déclare que l’ensemble de ses droits civiques, politiques, sociaux et économiques contenus dans les pactes internationaux du 16 décembre 1966 sont bafoués.

 

Dans sa lettre adressée à la représentante de la MINUSCA, il énumère ce qu’il appelle ses « crimes ». « Mon crime est le fait de réclamer le respect des principes démocratiques », écrit-il. Il ajoute que son crime consiste à avoir fait usage de son droit électoral en saisissant le Conseil Constitutionnel conformément aux articles 94 et 95 du code électoral.

 

L’activiste poursuit sa liste de griefs reprochés par le pouvoir. « Mon crime c’est le fait de veiller au strict respect de la Constitution, des lois et règlements de la république qui est pourtant un devoir citoyen », précise-t-il. Il mentionne également ses revendications pour la bonne gouvernance et la justice pour ses compatriotes.

 

Nguemale dénonce aussi son combat pour la gestion transparente des ressources naturelles, des dons et subventions extérieures. Il dit réclamer le respect de la dignité humaine, l’unité nationale et l’égal accès aux emplois publics sans distinction d’opinion politique, religieuse, ethnique ou philosophique. Même sa demande de fourniture régulière d’eau et d’électricité constituerait un motif de répression.

 

L’activiste évoque également des cas récents de disparitions de détenus dans le système carcéral centrafricain. Il cite Armel Sayo, disparu de sa cellule pendant plusieurs semaines avant de réapparaître dans des circonstances obscures. Un autre cas renforce ses craintes pour sa propre sécurité.

 

Le policier Romaric Judicaël Mokoboulou a disparu de sa cellule à l’Office central de répression du banditisme. Son corps sans vie a été retrouvé dans une morgue de la ville. « Aujourd’hui nous assistons à un phénomène inouï dans le système judiciaire. Celui de la disparition et d’assassinat des détenus », déplore Nguemale.

 

Le militant estime que la République centrafricaine fonctionne en violation des principes énoncés dans la Charte des Nations Unies. Il invoque notamment le respect de la dignité et la valeur de la personne humaine, le progrès social et l’instauration de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande. Ces valeurs fondamentales seraient bafouées quotidiennement.

 

Sa démarche auprès de l’ONU vise à obtenir une protection internationale. Nguemale juge que son pays ne peut plus la lui garantir car les miliciens et les collaborateurs présidentiels qu’il dénomme circulent librement. Chaque déplacement dans Bangui représente désormais un danger potentiel pour sa vie.

 

« Je vous soumets ces faits pour vous informer que ma vie est en danger et je cours le risque quotidien de rencontrer les tontons macoutes et les collaborateurs du Président qui serait fatal pour ma vie », écrit-il à la représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU. Nguemale espère que cette dénonciation retiendra l’attention de la MINUSCA et lui permettra d’obtenir une protection avant qu’il ne soit trop tard.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Anselme Mbata

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BOURSES ÉTUDIANTES : comment un RÉSEAU MAFIEUX AU TRÉSOR PUBLIC DÉTOURNE LES FONDS DESTINÉS AUX ÉTUDIANTS centrafricains À L’ÉTRANGER

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BOURSES ÉTUDIANTES : comment un RÉSEAU MAFIEUX AU TRÉSOR PUBLIC DÉTOURNE LES FONDS DESTINÉS AUX ÉTUDIANTS centrafricains À L’ÉTRANGER

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Rencontre du Président de l’assemblée nationale Simplice Mathieu Sarandji avec les étudiants centrafricains en Russie

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Pendant que des jeunes centrafricains poursuivent leurs études à l’étranger dans des conditions difficiles, notamment en Russie où certains peinent à survivre dans le froid hivernal, l’argent de leurs bourses gouvernementales sert à enrichir un réseau de fonctionnaires corrompus. Corbeau News Centrafrique a recueilli des informations sur l’existence d’un système mafieux organisé par le gestionnaire des bourses et plusieurs hauts cadres du Trésor public et du ministère des Finances.

 

Le mécanisme de cette mafia pathétique est simple. Une fois les fonds alloués au paiement des bourses déversés, le gestionnaire, avec la complicité de certains hauts cadres du Trésor et des Finances, isole cet argent et le prête à des tiers personnes avec des intérêts en retour. Les étudiants, eux, attendent des mois, voire des années, avant de percevoir ce qui leur revient de droit. Cette pratique frauduleuse explique les retards chroniques dans le paiement des bourses, un problème qui persiste depuis des années sans que le gouvernement n’exige des comptes aux fonctionnaires responsables. Au contraire, ceux qui osent revendiquer le paiement dans les délais sont accusés de manipulation.

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les arrêtés n°083 de 2021, n°096 de 2022, n°003 de 2023 et n°083 de 2024 ne sont toujours pas soldés. Pourtant, lors de rencontres avec les étudiants, le Président Faustin-Archange Touadera alias Baba Kongoboro, garantit à chaque fois qu’à chaque paiement de salaires, les pensions et les bourses sont également réglées. Mais la réalité raconte une tout autre histoire.

 

Le système installé par ces mafieux instaure une discrimination criante. Seuls les étudiants dont les familles sont proches du pouvoir ou disposent de relations influentes peuvent percevoir rapidement la totalité de leurs bourses, parfois dès la publication des arrêtés. Les autres doivent attendre que le réseau ait terminé ses opérations lucratives. Deux étudiants en Russie, dont les familles ont des connaissances haut placées, ont déjà perçu l’intégralité de leurs bourses. Il y a quelques semaines, un autre étudiant confronté à des difficultés financières pour payer son billet retour en Russie après un séjour à Bangui pour renouveler son passeport a pu obtenir une partie de sa bourse grâce à la pression exercée par ses parents sur le gestionnaire. Ce dernier lui a alors recommandé de ne pas répandre la rumeur, précisant qu’ils avaient des choses à faire avec l’argent d’abord.

 

Pour éviter toute contestation, aucune publication n’est jamais affichée au tableau d’annonces du service de perception. Normalement, une annonce devrait informer les bénéficiaires de la date de paiement. Rien de tel n’existe. Les informations circulent uniquement de bouche à oreille dans les couloirs de l’administration. Le gestionnaire en question se comporte en petit potentat. Dépourvu d’éthique professionnelle, il s’adresse aux gens avec mépris et pique des crises de nervosité lorsqu’on lui demande la date précise des paiements ou quel arrêté sera honoré. Son comportement témoigne de l’impunité dont jouissent ces fonctionnaires.

 

Le mois dernier, les étudiants de l’Université de Bangui sont entrés en grève. Craignant d’être interpellé, le gestionnaire s’est empressé de leur payer deux trimestres successifs. En revanche, il a totalement ignoré le cas des étudiants à l’étranger, sachant qu’ils ne sont pas sur le territoire et ne peuvent donc pas manifester ou exercer une pression immédiate. Cette différence de traitement souligne le cynisme du système : les bourses sont payées non pas selon le droit, mais selon la capacité de nuisance des bénéficiaires.

 

Les conséquences humaines de ce système sont lourdes. Des étudiants centrafricains à l’étranger, notamment au Maroc et en Russie, vivent dans la précarité, manquant parfois du strict nécessaire pour survivre dans des conditions climatiques rigoureuses. Pendant ce temps, l’argent qui devrait assurer leur subsistance génère des profits pour un réseau de fonctionnaires véreux et leurs partenaires commerciaux. Ce scandale s’ajoute à la longue liste des dysfonctionnements et pratiques corruptives qui minent l’administration centrafricaine. Il montre comment des fonctionnaires censés servir l’intérêt public détournent les ressources de l’État au détriment des citoyens les plus vulnérables, en l’occurrence des jeunes dont l’avenir dépend de leur réussite académique.

 

Le gouvernement centrafricain peut-il encore longtemps fermer les yeux sur ces pratiques qui sabotent l’avenir de la jeunesse du pays ?​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Anselme Mbata….

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