Accidents routiers : hécatombe quotidienne en RCA, et le directeur de la Sécurité routière avoue : « Nous n’avons ni véhicules, ni budget, ni spécialistes »… Pathétique !
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Les routes centrafricaines continuent de faire des victimes jour après jour. Les accidents se multiplient depuis plusieurs années à un rythme qui laisse tout le monde abasourdi. Des véhicules, des camions lourds, DK, taxis-motos et autres engins circulent dans le désordre total, avec excès de vitesse, surcharge, absence de documents et véhicules en mauvais état. Les hôpitaux reçoivent des blessés en permanence, les familles enterrent leurs proches régulièrement, et rien ne change vraiment sur le terrain.
Dans ce contexte, la Direction de la circulation et de la sécurité routière du Ministère des Transports a choisi de passer à la radio sur Guira FM pour expliquer son fonctionnement. Le résultat ? Un long entretien où le directeur Serge Doangaise lui-même reconnaît l’impuissance totale de son service. Il liste les trois services qui existent sur le papier : prévention et sécurité routière, permis de conduire et capacités, contrôle technique. Il parle de sensibilisation, d’éducation des conducteurs et des piétons, de vérification des véhicules avant immatriculation, de lutte contre les transformations illégales sur les bus. Tout cela sonne bien dans un studio.
Mais quand le présentateur lui demande s’il dispose des moyens pour appliquer tout ça, la réponse tombe comme un coup de massue : le ministère manque de véhicules, de mobilité pour aller sur le terrain, de budget pour collecter les données des accidents, d’internet pour coordonner avec les autres services, de formation pour avoir des spécialistes au lieu de généralistes. Le directeur avoue ouvertement qu’ils ne peuvent pas descendre identifier les points noirs, intervenir rapidement après les accidents, appuyer la police et la gendarmerie dans les contrôles, ni mener une vraie prévention auprès des taxis-motos.
Il lance un appel au gouvernement pour augmenter le budget et aux partenaires comme la MINUSCA, l’OMS ou le PNUD pour donner même des vieux véhicules afin de rouler et sensibiliser. Pendant ce temps, les DK continuent leur règne sur les routes de Bangui et de l’intérieur du pays. Les mêmes problèmes reviennent chaque semaine : conducteurs sans papiers, véhicules non contrôlés, piétons renversés, collisions en chaîne.
Cette émission montre le décalage complet. D’un côté, les morts et les blessés qui s’accumulent sans arrêt. De l’autre, une direction qui passe à l’antenne pour dire qu’elle sait ce qu’il faut faire… mais qu’elle n’a rien pour le faire. Pas de moyens depuis des années, et toujours les mêmes discours de sensibilisation et d’appels à l’aide.
La route ne tue pas toute seule. Ce sont les comportements irresponsables et le manque total d’action qui continuent le travail. Assez de cette communication vide. Il est temps que ça change pour de bon.
Par Brahim Sallé
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