Wagner étend son empire économique en Centrafrique : une entreprise de forage d’eau vient s’ajouter à la liste

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Dans un pays où l’accès à l’eau potable demeure un défi quotidien pour des millions de Centrafricains, l’arrivée de nouveaux acteurs dans le secteur hydraulique provoque toujours l’intérêt. Mais lorsque ces acteurs portent l’uniforme de mercenaires et opèrent sous la protection du palais présidentiel, les questions dépassent largement le cadre technique.
La République centrafricaine connaît depuis plusieurs années une mainmise progressive de forces étrangères sur ses ressources et ses infrastructures. Cette emprise s’est particulièrement intensifiée avec l’arrivée des mercenaires russes du groupe Wagner en 2018, officiellement pour sécuriser le régime du président Faustin-Archange Touadéra face aux groupes armés. Mais derrière le paravent sécuritaire, c’est toute une stratégie d’appropriation économique qui s’est mise en place.
Selon nos informations, le groupe Wagner a créé depuis plus d’un an une entreprise spécialisée dans le forage d’eau, opérationnelle à Bangui et dans certaines villes de province. Cette structure propose ses services aussi bien aux institutions gouvernementales qu’aux particuliers disposant des moyens financiers nécessaires. Un numéro de contact a été mis en circulation pour toute demande de puits de forage.
À la tête de cette entreprise, Wagner a placé un cadre centrafricain dont l’identité reste pour l’instant sous scellés, le temps de mener les vérifications nécessaires dans le cadre de notre enquête. Cette stratégie de « vitrine locale » n’est pas nouvelle : elle permet aux mercenaires russes de donner une apparence de légitimité à leurs opérations commerciales tout en gardant le contrôle réel des activités.
Le forage d’eau n’est que la dernière pièce d’un puzzle économique qui ne cesse de s’agrandir. Depuis leur installation en Centrafrique, les hommes de Wagner ont méthodiquement investi tous les secteurs lucratifs du pays :
L’exploitation forestière a été l’un des premiers domaines investis, avec des concessions obtenues dans des conditions opaques. Les mines d’or et de diamants ont suivi, offrant aux mercenaires un accès direct aux richesses du sous-sol centrafricain. Leur présence au sein même de la douane nationale leur garantit par ailleurs un contrôle sur les flux d’exportation.
Plus récemment, Wagner s’est lancé dans l’agro-industrie avec la création d’une entreprise de purification et de conditionnement d’eau en bouteille. Parallèlement, les mercenaires russes ont investi le marché des boissons alcoolisées avec la marque « Afrika Ti L’or », dont les publicités fleurissent dans la capitale.
Cette diversification tous azimuts montre une stratégie bien connue : contrôler l’ensemble de la chaîne économique, de l’extraction des ressources naturelles jusqu’à la distribution de biens de consommation courante. Wagner ne se contente plus d’être une force militaire : le groupe construit un véritable conglomérat économique sur le territoire centrafricain.
Touadéra, l’homme qui ne veut pas lâcher Wagner….
Cette expansion économique bénéficie d’un soutien sans faille au plus haut niveau de l’État. Le président Touadéra alias Baba Kongoboro apparaît comme le principal protecteur et facilitateur de l’implantation économique de Wagner en Centrafrique. Cette complicité explique pourquoi le chef de l’État centrafricain s’oppose fermement à tout retrait des mercenaires russes du groupe Wagner.
La situation est d’autant plus révélatrice que Moscou a annoncé le remplacement progressif de Wagner par l’Afrikakor, la nouvelle structure officiellement contrôlée par le ministère russe de la Défense. Mais Touadéra a une vision différente : il veut que Wagner reste, tout en acceptant l’arrivée de l’Afrikakor. En clair, le président centrafricain souhaite cumuler les deux forces, multipliant ainsi la présence militaire russe sur le territoire national.
Selon nos sources, Wagner a fait savoir que le groupe réduirait ses effectifs militaires mais maintiendrait une présence stratégique dans certaines villes du pays, particulièrement là où subsistent des tensions sécuritaires. Cette présence sélective permettrait de poursuivre les opérations militaires tout en se concentrant davantage sur les activités économiques, notamment l’exportation de diamants.
Les mercenaires russes ont été clairs : l’exportation minière restera une priorité, aux côtés de la fabrication de boissons et des activités de forage. Cette déclaration confirme que Wagner n’a aucune intention de se retirer du juteux secteur minier centrafricain, qui représente des millions de dollars de revenus.
Plus inquiétant encore, le maintien de Wagner dans certaines zones du pays laisse présager la poursuite des exactions et des violations des droits humains documentées par de nombreuses organisations internationales. Là où Wagner opère, les témoignages de massacres, d’extorsions et de violences contre les civils s’accumulent.
La communauté internationale doit comprendre une réalité fondamentale : derrière Wagner, il y a Touadéra. Le président centrafricain n’est pas une victime des circonstances ou un dirigeant contraint par des forces extérieures. Il est l’architecte conscient et volontaire de l’implantation de Wagner en Centrafrique.
C’est bien Touadéra qui refuse le retrait de Wagner malgré les demandes de Moscou. C’est bien lui qui facilite l’expansion économique des mercenaires dans tous les secteurs. C’est bien sous sa bénédiction que Wagner a pu créer cet empire économique qui vampirise les ressources centrafricaines.
Cette collusion au sommet de l’État pose une question politique majeure : jusqu’où le président Touadéra est-il prêt à aller dans l’hypothèque de l’avenir économique de son pays ? La création d’une entreprise de forage d’eau par des mercenaires, dans un pays qui souffre cruellement du manque d’infrastructures hydrauliques, symbolise à elle seule l’absurdité et le cynisme d’une situation où les intérêts privés d’une milice étrangère passent avant les besoins fondamentaux de la population.
Pendant que Wagner fore des puits payants, des millions de Centrafricains continuent de puiser leur eau dans des sources non protégées, avec tous les risques sanitaires que cela comporte. Cette réalité résume à elle seule la tragédie d’un pays dont les richesses profitent à tout le monde, sauf à son propre peuple.
Par Alain Nzilo….
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)