Les neuf jeunes arrêtés à Zémio viennent d’être placés sous mandat de dépôt à la prison du camp de Roux
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les neuf survivants parmi les dix civils raflés sur le site des déplacés de Zémio viennent d’être écroués à la prison du camp de Roux après leur comparution devant le parquet de Bangui. Sept ont comparu jeudi 22 janvier, les deux autres le lendemain.
Ces jeunes ont été extraits il y a quelques jours du camp de l’église catholique de Zémio où des milliers d’habitants s’étaient réfugiés pour échapper aux combats qui secouaient la ville. Les mercenaires russes accompagnés des soldats FACA et des gendarmes ont investi ce lieu de refuge pour y mener une opération d’arrestation massive.
Aucune arme n’a été découverte lors de cette descente dans l’enceinte religieuse. Les forces mixtes n’ont trouvé que des familles terrifiées entassées dans des abris de fortune. Malgré l’absence totale de matériel militaire, Wagner a procédé à l’interpellation d’une dizaine de jeunes hommes présents sur place.
Les mercenaires ont appliqué leur méthode habituelle en couvrant les têtes des captifs avec des sacs plastiques avant de les embarquer. Cette technique vise à désorienter les prisonniers et à les empêcher de voir où on les conduit. La respiration devient difficile sous le plastique qui colle au visage.
L’hélicoptère qui a assuré le transfert vers Bangui transportait ces dix jeunes complètement aveuglés par leurs capuches. Le voyage a duré plusieurs heures durant lesquelles ils ignoraient ce qui les attendait à l’arrivée dans la capitale.
À l’atterrissage au camp Mpoko, le groupe a été scindé en deux. Neuf jeunes ont pris la direction de la section de recherche et d’investigation de la gendarmerie nationale située à Bangui. Le dixième, le boucher Irogodja, a emprunté un autre chemin qui l’a mené vers la base secrète de Wagner également installée dans l’enceinte de l’aéroport.
Pendant qu’Irogodja subissait des tortures qui allaient lui coûter la vie, ses neuf compagnons d’infortune découvraient les locaux de la gendarmerie où ils allaient passer plusieurs jours. Les enquêteurs ont procédé à des interrogatoires dont le contenu reste inconnu du public.
Jeudi 22 janvier, sept d’entre eux ont été extraits de leurs cellules pour être conduits au parquet. Cette présentation au procureur constitue une étape obligatoire dans la procédure judiciaire centrafricaine. Le magistrat doit normalement examiner le dossier et décider du sort des prévenus.
La comparution s’est déroulée rapidement sans que les sept jeunes bénéficient d’une assistance juridique appropriée. Le procureur a écouté les charges retenues contre eux puis a prononcé leur placement sous mandat de dépôt. Cette décision les envoie directement en prison en attendant un hypothétique procès.
Le lendemain vendredi 23 janvier, les deux derniers jeunes ont connu le même parcours. Amenés devant le parquet, ils ont subi une procédure identique qui s’est également soldée par un mandat de dépôt. Aucune mise en liberté provisoire n’a été envisagée pour eux.
Les neuf sont désormais incarcérés à la prison du camp de Roux située dans le premier arrondissement de Bangui. Cet établissement pénitentiaire accueille principalement des détenus considérés comme dangereux ou liés à des affaires de sécurité nationale. Les conditions de détention y sont particulièrement difficiles.
Cette mécanique judiciaire fonctionne comme une courroie de transmission des volontés des mercenaires russes. Ce que Wagner décide sur le terrain devient automatiquement une vérité judiciaire à Bangui. Les magistrats se contentent d’entériner les arrestations sans exercer le moindre contrôle sur leur légalité.
Les neuf détenus découvrent maintenant la réalité carcérale centrafricaine dans l’enceinte surpeuplée du camp de Roux. Ils partagent leur cellule avec des dizaines d’autres prisonniers dans une promiscuité étouffante. La nourriture arrive au compte-gouttes et les conditions sanitaires sont déplorables.
Le dixième membre du groupe, Irogodja, repose désormais sous la terre de ses ancêtres après avoir été torturé à mort dans la base Wagner.
Aucune date de procès n’a été fixée pour ces jeunes qui vont croupir des mois voire des années dans l’attente d’une hypothétique audience. Le système judiciaire centrafricain est engorgé et les dossiers impliquant Wagner traînent particulièrement en longueur.
Par Éric Nzapa
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)