Pour Ziguélé et Akandji-Kombé, la feuille de route de Luanda est un échec total
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Lors d’une émission sur la chaîne gabonaise SIBIKAN MEDIA, Martin Ziguélé et Jean-François Akandji-Kombé ont critiqué sévèrement la feuille de route de Luanda, accord signé en septembre 2021 censé relancer le processus de paix en Centrafrique. Pour les deux hommes, ce document représente un échec complet.
Akandji-Kombé commence par un constat sans appel : “La feuille de route de Luanda n’a pas fait ses preuves. Nous avons perdu, la République Centrafricaine a perdu des années et des années». Le professeur évoque une alternative qui avait été proposée : “Je le dis sous le contrôle du président Ziguélé, qui a voté avec les autres députés une initiative parlementaire pour la paix en République Centrafricaine».
Cette initiative parlementaire représentait selon lui une opportunité manquée : “À l’époque, j’étais conseiller juridique du président de l’Assemblée nationale. C’était une occasion en or pour que des Centrafricains réfléchissent à une manière de se réunir tous ensemble pour construire un consensus pour conduire le pays vers le mieux».
Mais le président Touadéra a rejeté cette approche inclusive : “Le président Touadéra n’en a pas voulu. Il a préféré à cela qu’il y ait une paix venant de l’extérieur, proposée de l’extérieur et une paix uniquement avec des groupes armés».
Akandji-Kombé souligne l’absence de résultats : “Cette feuille de route de Luanda, d’ailleurs le pouvoir lui-même a du mal à présenter des résultats positifs». Le professeur pointe ensuite une contradiction majeure : “Le paradoxe des paradoxes, c’est que c’est le même pouvoir qui aujourd’hui, lorsque les citoyens centrafricains, l’opposition centrafricaine demande un dialogue inclusif, demande à ce que nous échangions entre Centrafricains pour arriver à un consensus, c’est le même pouvoir qui va nous opposer le fait qu’on demande une médiation internationale, nous disant que ça heurte notre souveraineté».
Cette contradiction est totale : accepter une médiation externe pour dialoguer avec les groupes armés, mais la refuser pour dialoguer avec l’opposition politique. Akandji-Kombé conclut : “On demande à étendre le dialogue au-delà des groupes armés aux citoyens centrafricains. Mais sur ce point-là, nous continuerons à nous battre».
Martin Ziguélé aborde les incohérences juridiques : “Au début, c’était l’APPR, c’est-à-dire l’accord pour la paix et la réconciliation, qui était fondé sur la Constitution du 30 mars 2016. Et aujourd’hui, nous ne sommes plus sous la Constitution du 30 mars 2016. Donc, tout ce qui se fait en référence à l’APPR pose des problèmes de droit».
L’ancien Premier ministre décrit l’accumulation d’accords : “La feuille de route de Luanda, c’était le prolongement de l’APPR, mais pour prendre en compte ceux qui ont créé la CPC, et puis il y a les accords de Ndjamena. Vous voyez, ce sont des accords en accordéon qui ont tous une caractéristique commune, c’est qu’ils sont en dehors du cadre constitutionnel».
Ziguélé dénonce les avantages accordés aux groupes armés : “Les bénéfices accordés aux groupes armés dans le cadre de l’APPR, de l’accord de Ndjamena, de la feuille de route de Luanda, sont en contradiction avec les dispositions de la Constitution du 23 août 2023, laquelle constitution nous combattons».
Il donne un exemple concret : “Cette Constitution dit par exemple que les responsables des groupes armés ne peuvent pas être nommés à des fonctions ministérielles. Regardez le gouvernement actuel, il y trône d’anciens responsables ou d’anciens acteurs importants des groupes armés».
L’ancien Premier ministre identifie un problème plus profond : “À la vérité, le problème que nous avons dans ce pays, c’est de savoir si la négociation de la paix, le dialogue pour la paix, font partie d’un réflexe normal, font partie de la vision de notre gouvernement. Je ne pense pas».
Ziguélé analyse le comportement du régime : “Ce pouvoir a toujours démontré qu’il ne discute, qu’il ne dialogue, qu’il ne négocie que lorsqu’il est contraint et forcé. Ce n’est pas une attitude spontanée du pouvoir de chercher à dialoguer, à négocier des consensus, à faire des concessions, et à avancer vers la paix».
L’ancien Premier ministre pointe le paradoxe le plus choquant : “Vous avez ce même gouvernement qui négocie dans le cadre de l’APPR ou la feuille de route de Luanda ou les accords de Ndjamena avec des hommes recherchés par la justice internationale comme Noureddine Adam ou Ali Darassa, et qui, en même temps, refuse de dialoguer avec des compatriotes centrafricains qui ont la faiblesse de ne pas prendre les armes».
Cette contradiction résume l’échec de la feuille de route de Luanda : un processus qui privilégie le dialogue avec les criminels de guerre au détriment du dialogue avec l’opposition politique pacifique.
Les analyses convergentes de Ziguélé et Akandji-Kombé démontrent plusieurs failles majeures de la feuille de route de Luanda. D’abord, son caractère excluant : seuls les groupes armés sont invités à la table des négociations. Les forces politiques pacifiques, la société civile, les citoyens ordinaires en sont exclus.
Ensuite, son incohérence juridique : conçue sous la Constitution de 2016, elle continue de s’appliquer sous la Constitution de 2023 qui contredit certaines de ses dispositions. Cette gymnastique juridique crée une insécurité totale.
Puis, son inefficacité concrète : après plusieurs années, même le pouvoir peine à présenter des résultats positifs. Les violences continuent, la paix n’est pas revenue, les groupes armés conservent leur influence.
Enfin, son paradoxe fondamental : le régime accepte une médiation externe pour dialoguer avec des criminels de guerre, mais la refuse pour dialoguer avec l’opposition démocratique au nom de la souveraineté nationale.
Ce processus de Luanda reflète une approche où le pouvoir ne dialogue que sous contrainte et uniquement avec ceux qui menacent sa survie par les armes. L’opposition pacifique, elle, ne mérite pas de dialogue car elle ne représente pas une menace militaire immédiate.
Cette logique pervertit totalement le principe démocratique. Dans une démocratie normale, le pouvoir dialogue prioritairement avec les forces politiques légales et ne négocie avec les groupes armés que pour les désarmer. En Centrafrique sous Touadéra, c’est l’inverse : on négocie avec les groupes armés et on ignore l’opposition démocratique.
La feuille de route de Luanda a fait perdre plusieurs années à la Centrafrique selon Akandji-Kombé. Ces années auraient pu être consacrées à un vrai dialogue national inclusif comme le proposait l’initiative parlementaire. Au lieu de cela, le pays s’est enfoncé dans un processus externe imposé qui n’a produit aucun résultat tangible.
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Ce qui était présenté au départ par l'ingénieur du projet, Robert Patrick Veret, comme une "disparition de documents" s'avère être, à la lumière des dernières investigations journalistiques de la rédaction du CNC, un complot mafieux de grande envergure. Au cœur de cette entreprise de spoliation se trouve un homme désormais formellement identifié : Mamadou Ramady, ancien président du conseil d'administration de l'institution, soutenu par une clique d’anciens dignitaires déchus prêts à tout pour capter une manne de 34 milliards de francs CFA promise par les pays du Golfe. 1. LA GENÈSE DU « PROJET KODOU » : LA VISION SÉQUESTRÉE DE L’IMAM KOBINE L’histoire de ce projet pharaonique commence entre 2016 et 2017. L’Imam Oumar Kobine Layama, alors émissaire de la paix et président du conseil islamique, charge une équipe technique composée de l’ingénieur Robert Patrick Veret, d’un maître d’œuvre et du ministre Kaïdjama, de concevoir un complexe scolaire moderne. Initialement chiffré à 1 228 874 970 francs CFA, le projet séduit les investisseurs d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis). Ces derniers exigent sa démultiplication à l'échelle nationale : 12 complexes scolaires, mosquées et hôpitaux répartis dans 9 préfectures de la RCA. C'est la naissance du « Projet Kodou », évalué au total à 34 milliards de francs CFA. Mais le 28 novembre 2020, le décès brutal de l’Imam Kobine gèle le processus et ouvre la porte aux vautours. 2. LES MANŒUVRES DE MAMADOU RAMADY : LE BLOCUS ET LE VOL DES SECRETS Profitant du désarroi général immédiatement après le décès du guide spirituel, Mamadou Ramady s’est empressé de visiter la veuve du défunt. En abusant de la confiance de l’épouse de l’Imam Kobine, il est parvenu à sceller et bloquer l’accès de la bibliothèque aux autres membres du Conseil islamique. Ce blocus criminel n'avait qu'un but : dissimuler les archives importantes et s'approprier les secrets administratifs du Projet Kodou. Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. Les tricheurs et les pilleurs, bien qu'ils tentent d'acheter une façade de respectabilité auprès du régime en lui versant des fonds, ont été définitivement balayés par la légitimité des urnes et du droit en cette année 2026. L'ingénieur Robert Patrick Veret, détenteur des doubles des documents, et le nouveau bureau exécutif veillent désormais : les 34 milliards du Projet Kodou appartiennent aux fidèles et aux enfants de la RCA, et non à la mafia qui a pillé l'héritage de l'Imam Kobine. Par Alain Nzilo Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Ahmat-Deleric-Rator-218x150.jpg)
