À Sikikédé : une brigade des morts terrorise les femmes la nuit
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Dans la localité de Sikikédé, communément appelée Ndah, située dans la préfecture de Vakaga, les violences faites aux femmes ont atteint un niveau inquiétant. Une milice d’autodéfense s’est donné pour mission de contrôler les déplacements nocturnes des femmes.
Cette brigade des morts agit selon ses propres règles et patrouille chaque nuit dans les rues de Sikikédé. Dès qu’un membre de ce groupe aperçoit une femme ou une jeune fille qui circule après la tombée de la nuit, il procède immédiatement à son arrestation. La victime se voit alors bâillonner la bouche avec du scotch avant d’être emmenée vers la lisière de la forêt. Là-bas, elle subit une correction violente, car pour ces hommes, aucune femme n’a le droit de sortir la nuit.
Leur logique repose sur une conviction simple : toute femme dehors après le coucher du soleil est forcément partie à la recherche d’un homme. C’est sur cette base qu’ils justifient leurs actes de brutalité et maintiennent leur emprise sur la population féminine de Sikikédé. Personne ne semble pouvoir s’opposer à leurs agissements dans cette sous-préfecture de la Vakaga.
C’est dans ce contexte que dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 février 2026, cette bande a capturé la fille du chef de groupement du quartier Coton. Comme à leur habitude, ils l’ont emmenée près de la forêt, lui ont attaché la bouche pour étouffer ses cris, puis l’ont rouée de coups. La jeune fille a ensuite été ramenée en ville dans un état de choc profond, le visage tuméfié et l’esprit marqué par le traumatisme.
Les membres de la milice restent persuadés que la victime revenait d’un rendez-vous galant et qu’elle méritait donc ce châtiment corporel. À Sikikédé, l’anarchie règne en maître et chacun fait ce qui lui plaît. Il n’y a ni gendarmerie officielle, ni commissariat de police digne de ce nom, et la notion même de prison demeure totalement absente.
Dans cette ville, les jeunes du coin se sont autoproclamés gendarmes et exercent cette fonction selon leur bon vouloir. Lorsqu’un différend éclate, le plaignant dépose plainte auprès de cette gendarmerie fantoche, puis l’accusé est convoqué de venir à la brigade. La personne incriminée se présente, verse une somme d’argent et repart libre. La sanction n’est jamais carcérale, uniquement financière, ce qui encourage l’impunité. Les délits graves comme les crimes sont traités de la même manière.
Les audiences se déroulent entièrement en dialecte local, depuis les échanges jusqu’au prononcé du jugement. Tout se règle sur place, dans la langue du terroir, sans référence à un code pénal ou à une procédure légale. Même un criminel peut échapper à toute forme de détention en payant la somme exigée.
Lors de cette agression nocturne, la jeune fille s’est également fait dépouiller de son téléphone portable et d’une trentaine de milliers de francs CFA. Les miliciens sont repartis avec le butin sans craindre la moindre répercussion. Puisque c’est justement cette milice qui est censée combattre les violences, elle peut commettre tous les abus qu’elle souhaite. Personne ne peut la sanctionner puisqu’elle incarne elle-même la loi dans cette zone reculée de Vakaga
Par Moïse Banafio
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)