Deux mois après l’assassinat de cinq membres d’une famille peule à Mboki, la ville sombre dans le chaos
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le 30 décembre dernier, à la veille de la fête des fins d’années, , cinq membres de la communauté peule ont été tués dans leur champs à Mboki. Deux mois plus tard, leurs familles cherchent encore des réponses dans un climat de terreur généralisée, provoqué par les forces du désordre.
Dans cette sous-préfecture du Haut-Mbomou, au sud-est de la Centrafrique, la vie quotidienne ressemble désormais à un cauchemar éveillé. Les habitants ne reconnaissent plus leur ville, autrefois paisible, aujourd’hui transformée en zone de non-droit où chacun craint pour sa survie.
Ce jour-là, à la veille des célébrations de fin d’année, cinq personnes d’une même famille peule sont parties cultiver leurs terres comme elles le faisaient habituellement. Parmi elles se trouvaient le père, la mère et des enfants, massacrés en plein champ sans aucune explication. Le drame a frappé une seule et même famille, laissant derrière lui un vide immense et des questions sans réponse.
Depuis cette tragédie, les proches des victimes tentent de comprendre ce qui a pu motiver un tel acharnement. Ils cherchent un sens à cette violence qui les a privés d’êtres chers partis simplement travailler la terre. Mais aucune explication ne vient apaiser leur douleur ni éclaircir les circonstances exactes de ce massacre.
Selon les informations recueillies par la rédaction de CNC, l’ambiance dans la ville est devenue pesante et irrespirable. La peur s’est installée dans chaque foyer, et les habitants vivent désormais dans l’appréhension constante d’une nouvelle attaque. Cette atmosphère délétère empoisonne les relations et paralyse toute activité normale.
Pour les familles endeuillées contactées par la rédaction du CNC, l’identité des auteurs ne fait aucun doute. Elles pointent directement du doigt les miliciens azandés qu’elles tiennent pour responsables de ce carnage. Les musulmans peuls affirment sans hésitation que ces combattants ont exécuté leurs proches de sang-froid.
Toutefois, leur colère ne s’arrête pas aux seuls miliciens. Elles reprochent également aux forces de sécurité leur inertie complète devant la multiplication des violences. Selon elles, si les groupes armés peuvent agir en toute liberté dans la région, c’est précisément parce que personne ne les en empêche.
Les familles accusent ouvertement les forces de l’ordre et les mercenaires russes de ne pas accomplir leur mission. Elles estiment que l’insécurité actuelle découle directement de cette absence d’action concrète sur le terrain. Pour elles, les responsables de la protection des civils ont clairement failli à leur devoir.
Cette défaillance a des conséquences dramatiques sur la vie économique locale. Les habitants expliquent qu’il est devenu quasiment impossible de se rendre aux champs sans mettre sa vie en péril. Chaque sortie hors de la ville représente un risque mortel que peu de gens osent encore prendre.
Un événement récent est venu confirmer ces craintes et aggraver le sentiment d’insécurité généralisé. Près de l’aérodrome de Mboki, dans un village situé non loin de la piste d’atterrissage, un homme de confession chrétienne a été égorgé par des mercenaires russes. Ce meurtre a glacé d’effroi toute la population.
La victime a été tuée sans raison apparente, simplement parce qu’elle se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Cet acte barbare montre que personne n’est à l’abri, quelle que soit son appartenance religieuse ou ethnique. La mort peut frapper n’importe qui, n’importe quand.
Face à cette réalité, les habitants de Mboki ont compris que leur survie dépendait de leur capacité à rester chez eux. Sortir travailler aux champs équivaut désormais à jouer sa vie à pile ou face. Les risques sont multiples : tomber sur des mercenaires russes, croiser des soldats FACA ou rencontrer des miliciens azandés.
Les familles des victimes ne mâchent pas leurs mots lorsqu’il s’agit de juger les forces de défense et de sécurité. Elles estiment que les gendarmes, policiers et soldats FACA touchent leur salaire sans fournir le moindre effort. Ces agents de l’État, censés protéger la population, seraient en réalité totalement improductifs.
D’après les témoignages recueillis, ces hommes en uniforme passent leur temps à consommer de l’alcool. Ils seraient constamment ivres, incapables d’assurer leurs missions et indifférents au sort des populations qu’ils sont supposés défendre. Leur présence devient ainsi purement symbolique et totalement inefficace.
Cette démission des autorités officielles laisse le champ libre aux mercenaires russes qui agissent comme bon leur semble. Ces derniers terrorisent les civils, multiplient les exactions et sèment la mort partout où ils passent. Leur comportement échappe à tout contrôle et ne répond à aucune logique compréhensible.
Pendant ce temps, les miliciens azandés évoluent tranquillement dans la région sans être inquiétés. Ils circulent aux abords de la ville, rôdent dans les environs et commettent leurs crimes en toute impunité. Personne ne semble vouloir ou pouvoir les arrêter dans leur entreprise meurtrière.
Cette situation aberrante alimente les soupçons au sein de la population locale. Plusieurs habitants contactés par CNC vont même plus loin dans leur analyse. Ils affirment que les mercenaires russes semblent protéger les miliciens azandés plutôt que de les combattre.
Selon ces témoignages, les hommes armés russes partent régulièrement en patrouille dans les environs. Ils rencontrent des civils innocents qu’ils tuent ou égorgent sans scrupule. Puis ils rentrent à leur base sans avoir jamais croisé le chemin des véritables groupes armés qui opèrent pourtant dans la même zone.
Les miliciens azandés, eux, restent tranquillement postés dans la forêt environnante. Ils ne sont jamais attaqués ni même approchés par les mercenaires russes. Cette cohabitation pacifique entre forces censées être opposées interpelle fortement les résidents de Mboki.
Deux mois après le drame du 30 décembre, la douleur des familles ne s’est pas atténuée. Au contraire, chaque nouveau meurtre ravive leur peine et leur incompréhension. Le récent égorgement d’un civil par les mercenaires russes a replongé toute la ville dans la stupeur.
La ville de Mboki vit désormais dans un état de dénuement total. Privés de leurs moyens de subsistance, abandonnés par ceux qui devraient les défendre, les habitants accumulent les morts et les traumatismes. Ils restent prisonniers d’un cycle de violence dont personne ne leur propose la moindre échappatoire
Par Éric Nzapa
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)