Plusieurs personnes ont été tuées et d’autres blessées dans l’effondrement d’un chantier minier artisanal à Zamboye, sur l’axe Baboua-Garoua-Boulaï, dans la sous-préfecture de Baboua, préfecture de la Nana-Mambéré. Le bilan exact reste à établir, mais les premières informations font état d’un nombre important de victimes.
L’accident s’est produit sur un site où des jeunes et des adultes s’adonnent à l’exploitation artisanale de l’or. Plusieurs personnes se trouvaient dans les trous creusés pour atteindre les couches aurifères lorsque les parois se sont effondrées, ensevelissant des creuseurs sous plusieurs mètres de terre.
Des opérations de recherche ont été engagées pour tenter de retrouver les personnes ensevelies et récupérer les corps. Des engins lourds, notamment des tracteurs, ont été mobilisés pour déplacer les importantes quantités de terre accumulées après l’effondrement.
Des opérations de récupération particulièrement difficiles
La récupération des victimes s’effectue dans des conditions difficiles. L’utilisation des engins mécaniques permet de déplacer rapidement les masses de terre, mais elle comporte également des risques pour les personnes encore ensevelies et peut provoquer de graves mutilations sur les corps retrouvés.
Sur le terrain, les recherches se poursuivent pour déterminer le nombre exact de personnes présentes dans les galeries au moment de l’éboulement. Des familles attendent également de savoir si leurs proches figurent parmi les victimes.
Le drame de Zamboye intervient dans une région où l’exploitation de l’or occupe une place importante dans l’économie locale. La zone de Zamboye, située à proximité de la frontière camerounaise, est connue pour ses activités minières. Un rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur la Centrafrique avait déjà documenté l’existence d’activités minières dans cette zone et les circuits de commercialisation de l’or vers le Cameroun. (Système de documents officiels – ONU)
Des jeunes attirés par l’or faute d’alternatives
L’exploitation artisanale attire particulièrement les jeunes de la région. Certains abandonnent l’école pour rejoindre les chantiers miniers. Des garçons, mais aussi des filles, se tournent vers cette activité dans l’espoir de gagner rapidement de l’argent et de contribuer aux besoins de leurs familles.
Dans plusieurs localités, l’absence d’emplois et le manque d’opportunités économiques poussent ainsi des jeunes à quitter les salles de classe ou les activités agricoles pour les sites aurifères. Le travail dans ces chantiers devient pour eux une source de revenus malgré les dangers auxquels ils sont exposés.
Les puits sont souvent creusés manuellement et peuvent atteindre plusieurs mètres de profondeur. Lorsque les parois ne sont pas suffisamment consolidées, un mouvement de terrain peut provoquer l’effondrement brutal des galeries et ensevelir plusieurs personnes en quelques secondes.
Une succession d’accidents dans les sites miniers
L’éboulement de Zamboye n’est pas un cas isolé en République centrafricaine. Le 8 juin 2026, un autre effondrement sur un site minier artisanal de Kinyémé, également dans la Nana-Mambéré, avait fait au moins huit morts et laissé plus d’une dizaine de personnes portées disparues selon des sources locales. (EcoMatin)
Les accidents liés à l’exploitation artisanale de l’or se produisent aussi dans d’autres régions du pays. Des données publiées sur les activités minières artisanales au Cameroun voisin montrent également l’importance des risques liés aux éboulements, aux noyades et aux conditions précaires de travail dans les exploitations artisanales. (DataCameroon)
À Zamboye, l’effondrement rappelle donc les dangers auxquels sont exposés quotidiennement les creuseurs. Pour les jeunes qui fréquentent ces sites, la recherche de quelques grammes d’or peut rapidement se transformer en drame familial.
Le bilan définitif de l’éboulement, ainsi que l’identité des victimes et les circonstances précises de l’accident, restent à déterminer. Les opérations de recherche et de récupération doivent permettre de préciser dans les prochaines heures l’ampleur réelle de la catastrophe.
Un jeune originaire de Ndiffa a été blessé par balle mardi 18 août 2026 dans le village 5 Kilos, à environ cinq kilomètres de Gordil, dans la Vakaga.
Selon les informations recoupées par la rédaction de CNC, l’incident serait parti d’un différend autour d’un téléphone. Au cours de la dispute, un soldat FACA aurait sorti son arme avant de tirer sur le jeune homme.
La victime a été atteinte à plusieurs endroits du corps, notamment à la mâchoire, à la main et au dos. Des images consultées par la rédaction montrent des blessures importantes au niveau de la mâchoire.
Après les tirs, le jeune originaire de Ndiffa a été conduit à Gordil pour recevoir des soins. Il se trouve actuellement au dispensaire de l’hôpital de Gordil, où il est pris en charge.
La gravité de ses blessures reste à préciser. Les informations disponibles font état de plusieurs impacts sur différentes parties de son corps.
Le soldat impliqué dans les faits aurait, de son côté, été arrêté par ses camarades. Il se trouve actuellement à Gordil, selon les informations recueillies par CNC.
Un nouvel incident impliquant un soldat FACA
L’incident de 5 Kilos intervient dans un contexte où des accusations d’exactions impliquant des soldats des forces armées centrafricaines sont régulièrement rapportées dans plusieurs régions du pays.
Dans les zones où les forces nationales sont déployées, des populations dénoncent périodiquement des violences, des arrestations et des abus attribués à certains éléments des forces de sécurité. Ces accusations doivent faire l’objet d’enquêtes permettant d’établir les responsabilités.
À 5 Kilos, le différend autour d’un téléphone aurait ainsi dégénéré jusqu’à l’utilisation d’une arme à feu contre un civil. Le jeune blessé reste hospitalisé à Gordil, tandis que le soldat mis en cause se trouve aux mains de ses camarades dans cette localité de la Vakaga.
Un jeune homme a été violemment agressé dans la nuit de lundi à mardi à Sam-Ouandja, dans la préfecture de la Haute-Kotto, après un différend avec des soldats.
Il est important de rappeler que la ville de Sam-Ouandja est le chef-lieu de la sous-préfecture de Ouandja-Kotto, dans la Haute-Kotto, au nord-est de la République centrafricaine.
Selon les informations recueillies par la rédaction de CNC, l’incident a commencé après le retour du jeune victime à son domicile au guidon de sa moto. Alors qu’il ouvrait la porte de sa maison pour rentrer et garer son engin, un soldat des forces armées centrafricaines est arrivé derrière lui.
Le militaire a alors bloqué la porte avant de reprocher au jeune sa manière de conduire, estimant qu’il roulait trop vite dans la ville et pouvait provoquer un accident.
Au cours de l’échange, le soldat a demandé de l’argent au jeune comme une pénalité routière à payer. Pour éviter une dispute, celui-ci aurait remis 10 000 francs CFA au militaire.
Le soldat a pris l’argent avant de repartir en direction de sa base. Quelques instants plus tard, il est revenu avec plusieurs de ses camarades, au nombre d’environ six ou sept selon les informations recueillies.
Les soldats ont alors forcé la porte du domicile avant de s’en prendre au jeune. Celui-ci a été violemment battu à l’intérieur de la maison.
Face à la violence, le jeune a réussi à prendre la fuite. Il s’est alors dirigé vers la base des mercenaires russes présents dans la ville afin de demander leur intervention.
Un soldat arrêté, puis une nouvelle agression
À leur arrivée au domicile du jeune homme, les mercenaires russes ont alors retrouvé un seul des soldats impliqués dans l’agression. Celui-ci a été interpellé, tandis que ses camarades ont pris la fuite.
La situation ne s’est pas cependant arrêtée là. Après un certain temps, les autres soldats sont revenus dans la nuit au domicile du jeune. Ils auraient de nouveau forcé la porte avant de le battre une seconde fois.
Sa moto a également été fortement endommagée au cours de cette nouvelle intervention. Les soldats seraient ensuite repartis.
Des accusations répétées contre des soldats
Cette affaire intervient après d’autres incidents rapportés dans le nord-est de la Centrafrique et impliquant des soldats des forces armées centrafricaines. À Gordil, dans la préfecture de la Vakaga, un jeune originaire de Ndiffa a récemment été blessé par balle à la suite d’un différend autour d’un téléphone, selon les informations recueillies par CNC.
À Sam-Ouandja, les faits rapportés posent une nouvelle fois la question du comportement de certains éléments des forces nationales envers les populations civiles.
La présence des forces de défense et de sécurité s’est renforcée ces dernières années à Sam-Ouandja, après le retrait de groupes armés et le déploiement progressif des institutions de l’État. La MINUSCA avait notamment annoncé en décembre 2025 des opérations de désarmement dans la localité. (Minusca)
De nouvelles déclarations sur l’arrestation, le transfert à Bossembélé et la disparition de CharlesMassi ont été présentées le 17 août 2026 devant la Cour pénale spéciale (CPS-RCA).
Le transfert de Charles Massi au centre des débats
L’audience de la CPS-RCA, consacrée à l’affaire dite Bossembélé, a porté sur le témoignage d’une ancienne compagne de Charles Massi. Elle a relaté les informations dont elle disposait sur les circonstances de son arrestation au Tchad et de son transfert présumé vers Bossembélé.
Selon son témoignage, Charles Massi aurait été arrêté dans la région de Sido, au Tchad, après un déplacement à Mini. Cette arrestation serait intervenue dans le contexte d’un échange avec Baba-Lade, opposant tchadien détenu en République centrafricaine.
Le témoin a déclaré avoir appris que Charles Massi aurait ensuite été transféré à Bossembélé par des éléments de la garde présidentielle. Elle a également rapporté des informations selon lesquelles il aurait été torturé puis exécuté.
Des accusations examinées par la CPS-RCA
Au cours de l’audience, le témoin a attribué à François Bozizé la responsabilité principale de la disparition et de la mort de Charles Massi. Elle a aussi affirmé que plusieurs des accusés auraient participé aux actes de torture.
Ces déclarations ont été examinées par les magistrats du Parquet spécial, qui ont notamment cherché à connaître les sources des informations rapportées par le témoin. Celui-ci a indiqué avoir obtenu certains renseignements par l’intermédiaire de militaires, dont son frère.
Le témoignage a également porté sur les relations entre Charles Massi et François Bozizé. Selon le récit présenté devant la CPS-RCA, les deux hommes avaient auparavant conclu un accord politique et Charles Massi devait être nommé Premier ministre. Le témoin a rapporté que leurs relations étaient ensuite devenues tendues.
La défense met en cause les témoignages indirects
Les avocats de la défense ont insisté sur le fait que le témoin n’avait pas personnellement assisté aux faits imputés aux accusés.
Me Ruphin Pabingui, conseil de Firmin Junior Danboy, a relevé que le témoin connaissait les accusés essentiellement de nom. Me Sangone, avocat d’Eugène Barret Ngaïkosset, a également estimé que les déclarations reposaient principalement sur des informations rapportées.
Me Euloge Fortune Mockpat, conseil de Vianney Semdiro, a contesté l’existence d’éléments établissant une participation personnelle de son client. La défense a ainsi demandé que soit distingué ce que le témoin avait directement constaté de ce qui lui avait été rapporté.
Les circonstances de la mort toujours au cœur du dossier
Interrogée par Me Edith Douzima, avocate de François Bozizé, sur les différentes versions concernant les auteurs des tortures et de la mort de Charles Massi, le témoin a maintenu ses déclarations.
Elle a affirmé que François Bozizé aurait participé aux tortures avec d’autres personnes avant d’ordonner à ces dernières de poursuivre l’exécution. Elle a également maintenu ses déclarations concernant le transfert présumé de la tête de Charles Massi vers le Palais de la Renaissance.
Le MLPC réagit à l’éboulement survenu le 18 août 2026 sur un chantier minier de Zomboï, dans la sous-préfecture de Baboua, et déplore plusieurs victimes parmi les jeunes présents sur le site.
Le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) a réagi à l’éboulement de terre survenu le 18 août sur un chantier minier de Zomboï, dans la sous-préfecture de Baboua, préfecture de la Nana-Mambéré, dans l’ouest de la République centrafricaine.
Dans un communiqué publié le 19 août, le parti indique avoir appris « avec stupeur » l’annonce de ce drame. Il précise que plusieurs jeunes à la recherche de moyens pour subvenir à leurs besoins figurent parmi les victimes. Le bilan exact n’était pas encore rendu public au moment de la publication du communiqué.
Au nom des militants du MLPC et en son nom personnel, le président du parti, Martin Ziguélé, présente ses condoléances aux familles des victimes.
Le responsable politique dit compatir à leur douleur après ce drame qui intervient dans un contexte où plusieurs accidents ont déjà fait des victimes et endeuillé des familles.
Dans son communiqué, le MLPC estime que ces différents drames sont souvent officiellement attribués aux accidents ou aux calamités naturelles. Le parti considère que cette lecture ne suffit pas lorsqu’il existe des responsabilités liées à l’organisation et au contrôle des activités concernées.
Le gouvernement directement mis en cause
Martin Ziguélé estime que la responsabilité du gouvernement est engagée dans la prévention de ce type de drame. Il cite notamment la gestion des secteurs des transports et de l’exploitation minière, qui doivent, selon lui, garantir davantage de sécurité aux populations.
Le MLPC demande ainsi que des mesures soient prises en matière de réglementation, d’organisation et de suivi des activités afin de mieux protéger les populations exposées aux risques.
FaustinZaméto, sociologue et analyste politique, appelle les partenaires internationaux et les leaders religieux à soutenir un Pacte national de dialogue en République centrafricaine, fondé sur le droit, la concertation et l’apaisement politique. Dans une note de plaidoyer datée du 18 août 2026, il estime que le pays doit répondre à une question centrale : comment vivre ensemble malgré les désaccords politiques ?
Selon Faustin Zaméto, la crispation entre le pouvoir et une partie de l’opposition démocratique s’est accentuée au fil des années. Il cite les exils, les interpellations, les procédures judiciaires contestées, le blocage du dialogue politique et la méfiance généralisée. Il mentionne notamment Karim Meckassoua, François Akandji-Kombet, Gaston Nguérékata, Dominique Erenon, Anicet-Georges Dologuélé, Martin Ziguélé et Mboligoumba. Pour lui, le problème dépasse les personnes : il porte sur la possibilité d’exercer une opposition politique sans être considéré comme un ennemi.
Faustin Zaméto estime que la prolongation de ce climat de méfiance pourrait favoriser une nouvelle crise. Il souligne aussi que les investissements des partenaires restent fragiles sans stabilité politique et sans confiance dans les institutions. Il appelle les Églises et les partenaires à jouer un rôle dans la médiation, considérant que les Églises disposent d’une légitimité morale et que les partenaires disposent d’une capacité d’accompagnement.
Dans son analyse sociologique, Faustin Zaméto identifie trois dysfonctionnements. Le premier est la confusion entre adversaire politique et ennemi. Selon lui, l’opposition devrait constituer un contre-pouvoir légal, mais elle est souvent perçue comme une menace à neutraliser. Il estime que cette situation pousse certains citoyens compétents à l’exil et en conduit d’autres au silence.
Le deuxième dysfonctionnement concerne l’érosion de la confiance dans le droit. Faustin Zaméto affirme que les interrogations autour de certaines procédures judiciaires visant des responsables politiques et la perception de règles différentes selon les personnes peuvent conduire les citoyens à considérer que la loi n’est pas appliquée de manière égale. Le troisième concerne le dialogue institutionnel, qu’il juge bloqué ou perçu comme une simple chambre d’enregistrement.
Pour répondre à ces difficultés, Faustin Zaméto propose un Pacte national de dialogue articulé autour de cinq mesures. La première consiste à garantir, dans toute procédure visant un responsable politique, la présomption d’innocence, le contradictoire et la publicité des débats. La deuxième prévoit la relance d’un dialogue politique inclusif, sous la facilitation des Églises et avec l’appui des partenaires, en associant le pouvoir, l’opposition, la société civile et la diaspora.
La troisième mesure porte sur les libertés publiques, notamment la liberté de la presse, de manifestation et d’association, ainsi que la protection des journalistes et des défenseurs des droits humains. La quatrième repose sur le principe d’un « président de tous », chargé de tendre la main aux citoyens qui ne l’ont pas élu. La cinquième prévoit un mécanisme de suivi indépendant confié aux Églises et à un collège de partenaires, avec la publication trimestrielle d’un rapport public.
Faustin Zaméto demande enfin aux partenaires et aux responsables religieux de contribuer au renforcement des institutions, de la justice et du dialogue politique. Il estime que la République centrafricaine a besoin d’un pouvoir capable d’accepter la contradiction et d’une opposition libre. Il adresse cette démarche notamment aux Nations unies, à l’Union africaine, à l’Union européenne, aux États partenaires, aux institutions financières, aux organisations internationales, aux confessions religieuses, aux institutions nationales et à la société civile.
Le Congrès National Centrafricain pour la Paix, la Démocratie et le Développement (CNCA-PDD) demande au gouvernement de décréter un deuil national après l’éboulement meurtrier survenu sur un site minier du village de Zamboye, en République centrafricaine. L’organisation réclame également une enquête indépendante sur les circonstances du drame.
Dans un communiqué de condoléances et de solidarité publié le 19 août 2026, le CNCA-PDD exprime sa consternation face à la mort de plusieurs dizaines de personnes dans cet éboulement. L’organisation adresse ses condoléances aux familles des victimes et dit leur apporter sa solidarité dans cette période de deuil.
Pour le CNCA-PDD, le drame de Zamboye ne doit pas être considéré comme un simple accident. L’organisation estime qu’il met en évidence la vulnérabilité des populations qui travaillent dans le secteur minier dans des conditions précaires pour subvenir à leurs besoins.
Le mouvement politique demande au gouvernement de prendre des mesures à la hauteur de la catastrophe. Il appelle notamment les autorités à décréter un deuil national en hommage aux personnes décédées et en signe de solidarité avec leurs familles.
Le CNCA-PDD réclame aussi la sécurisation urgente des sites miniers artisanaux et l’application effective de normes destinées à protéger les artisans miniers. Il demande une assistance immédiate aux familles des victimes ainsi que l’identification et la prise en charge des blessés et des personnes portées disparues.
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Le CNCA-PDD demande l’ouverture d’une enquête « sérieuse, indépendante et transparente » afin de déterminer les circonstances exactes de l’éboulement. L’organisation souhaite que les conclusions de cette enquête soient rendues publiques et que les éventuelles responsabilités soient établies.
Dans son communiqué, le mouvement estime que l’exploitation des ressources minières centrafricaines ne doit pas se faire au détriment de la vie des travailleurs. Il affirme que ces ressources doivent bénéficier en priorité à la population et participer au développement économique et social du pays.
Le CNCA-PDD appelle enfin les autorités, les opérateurs miniers, les organisations humanitaires et les forces vives de la Nation à soutenir les familles endeuillées. Le communiqué est signé par Ferdinand Mbokoto Madji, fondateur et président national du CNCA-PDD, et daté du 19 août 2026.
ENTRE L’UNOPS ET LE MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS : QUI A VRAIMENT DÉTOURNÉ L’ARGENT DE LA BANQUE MONDIALE finançant les travaux de route entre et Ndélé OUADDA-MAÏKAGA ?
L’ancien ministre de l’énergie, monsieur Bertrand Arthur Piri, le papa de la mafia pétrolière en Centrafrique
La rédaction du CNC tente de montrer aux yeux du monde les coulisses d’un nouveau scandale qui agite le sommet de l’État. Alors que la paralysie des chantiers routiers dans la Bamingui-Bangoran dure depuis des mois faute de salaires versés aux ouvriers, l’affaire prend une tournure explosive entre l’agence onusienne UNOPS et le gouvernement.
Sur le terrain, la situation des chantiers reliant Ndélé à Ouadda-Maïkaga reste au point mort. Depuis plusieurs mois, les ouvriers enchaînent les mouvements de grève, les démissions se multiplient et le matériel lourd demeure immobilisé à la base. Pourtant, ce ne sont pas les réunions qui ont manqué. On se souvient des conférences conjointes organisées entre les autorités régionales de Bamingi-Bangoran, les représentants des travailleurs, la Banque mondiale, l’UNOPS et le directeur de l’Office National du Matériel (ONM). De beaux discours avaient été tenus pour rassurer les employés et obtenir la reprise du travail, mais sur le compte des salariés, aucun centime n’est jamais arrivé.
Aujourd’hui, alors que le dysfonctionnement devient intenable et que la population locale exprime son exaspération, le rideau tombe sur le vrai nœud du problème : la disparition des fonds. Financés par la Banque mondiale pour désenclaver cette région du nord-est, les budgets ont bel et bien été décaissés. L’UNOPS, organisme des Nations Unies chargé de l’exécution, pointe directement du doigt le ministère des Travaux publics, affirmant que les sommes transférées au gouvernement ont pris une tout autre destination. De son côté, le ministère crie au mensonge et menace de porter l’affaire devant les tribunaux pour dénoncer une défaillance de l’agence onusienne.
Cette tentative de contre-attaque du gouvernement peine à convaincre les observateurs. À la tête du ministère d’État chargé des Travaux publics se trouve Arthur Piri, neveu du président Faustin-Archange Touadéra. Déjà cité dans de lourdes affaires lors de son passage au ministère de l’Énergie et du Pétrole, le ministre d’État est habitué aux méthodes controversées. Pour se défendre face aux accusations de l’UNOPS, le ministère évoque désormais des poursuites judiciaires et une réévaluation des contrats, rejetant la faute sur l’organisme international pour la suspension des chantiers de Ndélé ainsi que pour la construction des ponts sur l’axe Mbrès-Ndélé.
Pour la population centrafricaine et les pères de famille privés de leurs rémunérations depuis des mois, cette manœuvre du pouvoir ressemble fort à un jeu de dupes. Alors que chacun sait comment les circuits financiers sont gérés au niveau ministériel, les accusations réciproques entre les institutions onusiennes et le clan présidentiel ne font que confirmer une gestion opaque des ressources destinées aux infrastructures nationales. Pendant que les responsables politiques et les agences se rejettent la balle à coup de déclarations et de menaces de plaintes, les machines restent à l’arrêt à Ndélé et les travailleurs attendent toujours la couleur de leur argent.
Par Barthelemy Kossi
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Le détournement des fonds de la Banque mondiale pour les chantiers routiers à Ndélé soulève des accusations de corruption au sein du gouvernement centrafricain.
Guerre en Ukraine et fleuve trop bas : la défense ridicule de Serge Ghislain Djorie atomisée par Paul Crescent Beninga qui pointe le monopole illégal accordé à Neptune Oil
Serge-Ghislain-Djorie-ministre-de-la-communication-et-des-medias-porte-parole-du-gouvernement – Serge Ghislain Djorie : « tous les rebelles sont fatigués de la guerre, ils demandent au gouvernement leur désarmement »
Si rejeter la faute sur les éléments naturels et les conflits internationaux constituait un diplôme universitaire, le camp présidentiel centrafricain viendrait de décrocher un doctorat d’État avec les félicitations du jury. Invité du grand débat politique Patara, l’ancien ministre de la Communication et allié de la majorité, Serge Ghislain Djorie, a déployé une panoplie impressionnante de justifications géopolitiques et géographiques pour expliquer l’asphyxie pétrolière qui paralyse le pays. Un écran de fumée que son contradicteur de la société civile, Paul Crescent Beninga, s’est chargé de dissiper avec une rigueur dévastatrice.
Pour absoudre le gouvernement de toute responsabilité dans les files d’attente interminables de Bangui et la hausse vertigineuse du litre d’essence en province, Serge Ghislain Djorie a sorti son plus beau catalogue d’excuses. De la guerre en Ukraine aux tensions armées près du détroit d’Ormuz, en passant par la baisse des eaux de la rivière Oubangui qui bloque les barges ou la nécessité de réunir en urgence les Chefs d’État de la CEMAC, l’ex-porte-parole du gouvernement a tout tenté pour convaincre que les causes de la souffrance nationale venaient de très loin.
Mais sur le plateau de la radio Ndékè-luka, l’illusion n’a pas tenu longtemps. Paul Crescent Beninga, porte-parole du Groupe de travail de la société civile (GTSC), a répliqué par une analyse froide et dénuée de passion, démontrant que la véritable origine du mal n’était pas extérieure, mais bel et bien politique et nationale.
« On ne va pas faire dans le populisme », a tranché le chercheur. Paul Crescent Beninga a rappelé qu’en septembre 2023, le gouvernement a fait le choix désastreux d’accorder par simple arrêté ministériel le monopole exclusif de l’importation et du transport des produits pétroliers à la société Neptune Oil. Une décision qualifiée d’illégale par l’universitaire, puisque prise en contradiction directe avec la loi d’avril 2007 qui consacre la libéralisation du secteur pour protéger les consommateurs par le jeu de la libre concurrence.
Pendant que Serge Ghislain Djorie s’échinait à rejeter la faute sur Vladimir Poutine ou le niveau des cours d’eau, Paul Crescent Beninga a mis en lumière les conséquences concrètes de ce monopole sur le terrain. En confiant toutes les clés du secteur à une seule entité privée qui contrôle à la fois les approvisionnements et la flotte de camions citernes SPL, l’État s’est lui-même pieds et poings liés face à un acteur en position de le chanter sur les prix.
Démontrant que les hydrocarbures mondiaux restent abondants citant au passage la mise en service de la géante raffinerie Dangote au Nigeria —, Paul Crescent Beninga a balayé les prétextes internationaux de son contradicteur. La faillite actuelle n’est pas le fruit d’une fatalité planétaire, mais le résultat direct d’une décision politique opaque qui a scié la branche sur laquelle l’économie centrafricaine était assise. Réduite à un rôle de figurante, la majorité présidentielle n’a eu d’autre choix que d’observer la démonstration de la société civile, laissant Serge Ghislain Djorie englué dans ses propres prétextes.
La question du monopole de Neptune Oil soulève des inquiétudes sur la pénurie de carburant en RCA, exacerbant la crise économique déjà précaire dans le pays.
L’aide internationale sauve-t-elle vraiment la Centrafrique… ou l’enfonce-t-elle d’avantage ? Les chercheurs y penchent sérieusement et confirment
LE-PRESIDENT-TOUADERA-et-la-diplomate-de-lunion-europeenne-samula-isopi-INAUGURENT-LE-SIEGE-DE-LAGENCE-NATIONALE-DE-LEAU-ET-DE-LASSAINISSEMENT-EN-MILIEU-RURAL – RCA : BANGUI, CÉRÉMONIE D‘INAUGURATION DU SIÈGE DE L’AGENCE NATIONALE DE L’EAU ET DE L’ASSAINISSEMENT EN MILIEU RURAL
La République Centrafricaine reste l’un des pays les plus pauvres du monde. Le PIB par habitant tourne autour de 400 dollars ou moins, l’Indice de Développement Humain stagne depuis plus de trente ans et le pays est régulièrement classé parmi les derniers, voire le dernier des derniers des pauvres, sur de nombreux indicateurs (espérance de vie, mortalité, accès à l’électricité, etc.).
Depuis la crise de 2012-2016, la RCA a pourtant reçu des milliards de dollars d’aide internationale. L’aide a triplé au cours de la dernière décennie, surtout sous le régime de Faustin-Archange Touadera. Malgré cela, il n’y a eu aucune amélioration significative de la situation des populations. La pauvreté reste massive et le pays ne rattrape pas les autres nations les plus pauvres.
Pourquoi ?
Selon une étude approfondie basée sur des enquêtes de terrain à Bangui et dans plusieurs villes de province, sur l’analyse de documents de développement et sur l’examen détaillé des budgets nationaux de 2000 à 2024, la réponse est claire : l’aide internationale, au lieu de résoudre le problème, contribue souvent à l’aggraver.
Une déconnexion profonde entre deux économies
Les chercheurs identifient une rupture fondamentale entre :
L’économie mondiale et les projets financés par l’extérieur (infrastructures, extraction de ressources, aide humanitaire).L’économie réelle de la majorité des Centrafricains, basée sur l’agriculture de subsistance, la production pour l’autoconsommation et les échanges locaux non monétaires.Cette déconnexion empêche toute transformation réelle.
L’aide internationale fonctionne selon deux logiques qui échouent toutes les deux :
Approche par le haut : on renforce l’État central, on forme l’armée, on digitalise les ministères, on veut faire « ruisseler » la croissance depuis Bangui vers les périphéries.Approche par le bas : on aide directement les communautés via les ONG (sensibilisation, formations, cash-for-work, soutien aux maîtres-parents, etc.).Ni l’une ni l’autre ne crée de lien durable entre le centre et les périphéries, entre les élites et la population, entre l’économie globale et l’économie locale.
Sécurité : des promesses qui ne sont pas tenues La sécurité est présentée comme la condition préalable à tout développement. MINUSCA, les forces russes, l’armée nationale (FACA) et les partenaires européens sont déployés. Pourtant, la population constate surtout des promesses non tenues :
La MINUSCA est critiquée pour sa lenteur à protéger les civils et pour ses propres scandales.Le retour de l’État s’accompagne souvent d’exactions plutôt que de protection réelle.Les comités de paix locaux, qui règlent les conflits quotidiens (disputes familiales, conflits agriculteurs-éleveurs), sont fréquemment perturbés ou récupérés par les militaires et politiques. Les mercenaires russes font des massacres. Résultat : au lieu de rassurer, les interventions internationales alimentent la méfiance et les rumeurs.
Économie : des routes bloquées, au sens propre comme au figuré Plus de 80 % de la population vit de l’agriculture. La plupart produit pour se nourrir et vend peu. Les exportations (bois, or, diamants) représentent plus de 90 % des recettes, mais génèrent très peu de revenus pour l’État (moins de 2 millions d’euros de recettes publiques en 2022 pour plus de 180 millions d’exportations).
Les emplois formels sont rares. Ceux des ONG paient mieux, mais sont concentrés à Bangui. L’État emploie surtout des militaires. L’agriculture, qui concerne la grande majorité des Centrafricains, ne reçoit que 2 % du budget interne de l’État.
Les routes physiques sont mauvaises et souvent bloquées par les barrières de pluie imposées par l’État et par les taxes illicites. Les convois internationaux passent parfois en force, dégradant encore plus les pistes. Les élites et les acteurs étrangers contrôlent l’extraction des ressources, mais peu d’argent redescend vers la population. La transition vers une économie marchande « moderne » reste un discours sans effet concret : seulement 5 % des agriculteurs bénéficient d’un appui.
Services publics : l’aide remplace l’État… et disparaît avec lui Une grande partie des services de santé est aujourd’hui assurée par les organisations humanitaires. Quand l’ONG quitte une zone, le dispensaire ferme souvent. L’éducation repose en grande partie sur des maîtres-parents mal payés et peu formés.
Dans le budget national, la défense augmente fortement (jusqu’à 18 % du budget interne), tandis que l’agriculture reste bloquée à 2 % et que la santé régresse. Près de la moitié du budget de l’État provient de l’aide extérieure sous forme de projets. De nombreux ministères (Agriculture, Santé, Éducation, etc.) ne fonctionnent quasiment que grâce aux financements étrangers.
L’aide contourne souvent l’État pour aller directement vers les communautés, mais elle crée une dépendance : les projets s’arrêtent quand les fonds s’épuisent, sans que les institutions nationales prennent le relais.
Le verdict des chercheurs
L’aide internationale n’arrive ni à « ruisseler » des élites vers la population, ni à construire par le bas une économie solide. Au contraire, elle renforce souvent la déconnexion :
Elle maintient un État faible, corrompu et de plus en plus autoritaire.Elle concentre les ressources à Bangui et dans quelques zones.Elle décourage ou ignore l’agriculture de subsistance qui permet pourtant à la majorité de survivre.Au final, malgré des milliards injectés, la Centrafrique reste coincée dans une pauvreté profonde et durable. Les chercheurs concluent que tant que les routes (physiques et politiques) resteront bloquées entre Bangui et les provinces, entre les élites et le peuple, et entre l’économie globale et l’économie locale, l’aide continuera à entretenir le problème plutôt qu’à le résoudre.
La sortie de cette situation exige une reconnexion réelle : des infrastructures utilisables, un État qui fournit des services de base, et une valorisation de la production locale au lieu de la considérer comme un retard à effacer.
Pour l’instant, rien ne montre que cette reconnexion soit réellement engagée.
À Saint-Pétersbourg, le grand sorcier de Carnot Évariste Ngamana a vanté la lutte centrafricaine contre la cybercriminalité, un discours qui prolonge une campagne de pression contre les critiques en ligne.
Une mécanique de pression bien connu
Lors de la conférence internationale ICT-Crime 2026, le grand sorcier marabout de Carnot a présenté son discours habituel sur l’intelligence artificielle, les cadres juridiques et la coopération internationale. Cette intervention ne sort pas de nulle part. Elle prolonge une campagne de pression déjà engagée contre les voix qui s’expriment sur Internet en Centrafrique.
Le discours d’investiture de Faustin-Archange Touadéra, qui accusait déjà les internautes centrafricains de diffamation et de déstabilisation
La reprise de cette rhétorique par le ministre de la Justice, avec la menace de poursuites judiciairesLes mises en garde du directeur général de la Police nationale contre les internautesL’annonce par le Parquet de l’ouverture d’enquêtes visant des critiques publiées en ligneLe déplacement d’Évariste Ngamana en Russie pour présenter cette politique comme un combat pour la sécurité numériqueCette succession d’étapes traduit une inquiétude du pouvoir face à la liberté de parole en ligne. À ce stade, aucun texte de loi détaillé n’a été rendu public sur les sanctions prévues.
Un contrôle numérique hors de portée
En vantant sa loi sur la cybercriminalité à l’étranger, le gouvernement cherche à montrer une maîtrise du cyberespace qu’il n’a pas. Faire taire des milliers de citoyens actifs sur les réseaux sociaux reste un objectif difficile à atteindre. Même des pays mieux équipés que la Centrafrique, comme la Russie, peinent à verrouiller totalement l’information et à étouffer la contestation en ligne.
La Chine reste la seule référence qui approche ce niveau de contrôle. Son système de censure s’est construit sur plusieurs décennies, avec des investissements massifs et une administration entièrement dédiée à cette tâche. Bangui ne dispose pour l’instant ni du budget, ni des infrastructures, ni du personnel qualifié pour un tel dispositif.
Une stratégie qui isole surtout le pouvoir
En multipliant les sorties, du président jusqu’au porte-parole du gouvernement en passant par la police, le pouvoir montre surtout sa propre inquiétude. La loi sur la cybercriminalité, brandie par le Parquet et la police, ne devrait arrêter ni les fuites, ni les critiques, ni la dénonciation des abus.
Les citoyens et les journalistes ont déjà appris à contourner ce type de pression. En transformant la communication d’État en instrument de menace, Évariste Ngamana et son gouvernement s’isolent davantage dans une approche que le monde numérique a déjà dépassée.
La lutte contre la cybercriminalité en Centrafrique soulève des questions sur l’efficacité des mesures envisagées pour contrôler les réseaux sociaux.
“56 puits d’eau gratuits” : quand l’ambassadeur Bikantov transforme un business Wagner en conte de fées humanitaire
M. Alexander Bikantov, le nouvel Ambassadeur russe en Centrafrique devant le monument des mercenaires russes de la société Wagner
BANGUI – “Récemment, la Maison Russe a construit plusieurs écoles, effectué deux importantes livraisons de médicaments et construit 56 puits d’eau potable”, déclare fièrement l’ambassadeur Alexandre Bikantov dans son interview à RT début février 2026.
56 puits. Le chiffre est précis. Il sonne bien. C’est généreux, non ? Le problème, c’est que comme tout le reste dans cette interview, c’est du vent. De la propagande. Du mensonge pur et simple.
Bienvenue dans le monde merveilleux de la désinformation russe en République centrafricaine, où une société privée créée par le groupe Wagner se fait passer pour une ONG humanitaire, où les cours “gratuits” coûtent plusieurs centaines de milliers de francs CFA, et où des puits qui n’existent pas deviennent des preuves de la générosité russe.
La Maison Russe “gratuite” : 200 000 à 500 000 FCFA l’inscription
Commençons par le mensonge le plus éhonté. Bikantov répète en boucle que les cours à la Maison Russe sont “gratuits”. Il le dit trois fois dans son interview. “L’apprentissage est totalement gratuit”, “des cours gratuits en langue russe”, “conditions extrêmement favorables qu’elle offre”.
Sauf que c’est faux. Archi-faux.
La réalité sur le terrain à Bangui ? **La Maison Russe fait payer entre 200 000 et 500 000 francs CFA pour l’inscription**, selon le niveau et le type de cours choisi. C’est ce que confirment de multiples témoignages de Centrafricains qui ont voulu s’inscrire.
200 000 à 500 000 FCFA. Dans un pays où le salaire minimum est de 29 000 FCFA par mois. Faites le calcul : pour un Centrafricain gagnant le SMIG, il faut entre **7 et 17 mois de salaire complet** pour payer l’inscription à la Maison Russe soi-disant “gratuite”.
C’est “gratuit” comme l’essence est gratuite si on paie à la pompe.
Mais attendez, ça devient encore mieux. Parce que la Maison Russe n’est même pas ce qu’elle prétend être.
La Maison Russe : une société commerciale de Wagner déguisée en centre culturel
L’ambassadeur Bikantov présente la Maison Russe comme un gentil centre culturel, une initiative humanitaire privée. Ce qu’il omet soigneusement de mentionner, c’est que **la Maison Russe est enregistrée comme une société commerciale** à Bangui, pas comme une ONG ou une association culturelle.
Et qui dirige cette “société” ? Dmitri Sytyi. Vous savez, le bras droit d’Evgueni Prigojine, le chef du groupe Wagner mort dans un crash d’avion en 2023. Dmitri Sytyi, **sanctionné par l’Union européenne et les États-Unis “pour violations graves des droits humains”**.
Dmitri Sytyi, qui contrôle également Lobaye Invest SARL, la société minière de Wagner qui extrait l’or et les diamants de RCA. Dmitri Sytyi, qui possède aussi First Industrial Co., qui produit la bière “Africa Ti L’Or” et la vodka “Wa Na Na” en RCA.
Alors quand Bikantov parle de la “Maison Russe”, il parle en réalité d’une entreprise commerciale dirigée par un mercenaire sanctionné pour crimes contre l’humanité, qui utilise cette façade culturelle pour blanchir l’image de Wagner tout en facturant des centaines de milliers de francs à de pauvres Centrafricains.
Comme le note CNN : “La Maison Russe est enregistrée comme une entreprise à Bangui sans lien avec l’agence Rossotrudnichestvo, qui est l’agence d’État russe coordonnant les instituts culturels dans le monde. La Maison Russe est un exemple type de la façon dont le groupe Wagner s’est substitué à l’État russe.”
Et l’organisation All Eyes on Wagner ajoute : “Elle sert à la fois les intérêts de Wagner et de la Russie : promouvoir les bières Wagner lors d’événements exclusifs, projeter des films Wagner, accueillir Prigojine et inviter des délégations du ministère russe de la Défense à donner des conférences sur la coopération militaire russo-centrafricaine.”
Donc résumé : ce que Bikantov appelle un “centre culturel privé” est en fait une société commerciale de Wagner qui fait payer très cher des cours soi-disant gratuits, tout en servant de plateforme de propagande militaire.
Sympa, non ?
Les 56 puits : l’arnaque humanitaire complète
Mais le sommet de l’escroquerie narrative concerne ces fameux “56 puits d’eau potable” dont Bikantov se vante.
Regardons les faits.
En septembre 2025, les médias de propagande russes (Pravda RCA, etc.) annoncent en grande pompe : “La Maison Russe Bangui conjointement avec l’Agence fédérale Rossotrudnichestvo en RCA a lancé un projet important humanitaire de forage de 56 puits d’eau.”
Notez le temps du verbe : “a lancé”. Pas “a construit”, pas “a terminé”. “A lancé”. C’est-à-dire “a annoncé”.
Le même article précise : “Les premiers puits ont déjà été mis à la disposition de la population dans certains districts de Bangui. À ce jour, **plus de 10 puits ont déjà été forés**.”
10 puits. Sur 56 annoncés. En septembre 2025.
En février 2026, six mois plus tard, Bikantov dans son interview affirme : “La Maison Russe a construit 56 puits d’eau potable.”
56 puits. Construits. Terminés.
Sauf que c’est faux. Même la propagande russe ne prétend pas qu’ils sont tous construits. Ils annoncent un projet de 56 puits, dont 10 peut-être forés, et l’ambassadeur transforme ça en “56 puits construits”.
C’est du même niveau de mensonge que si je disais “j’ai gagné 10 millions d’euros” parce que j’ai acheté un billet de loterie avec un gain potentiel de 10 millions.
Combien coûte réellement un puits ? Faisons les comptes
Creusons (sans jeu de mots) un peu plus. Un puits artésien en zone urbaine africaine, selon les standards internationaux, coûte entre **2 300 et 8 000 euros** (soit 1,5 à 5,2 millions FCFA) selon la profondeur et la complexité du terrain.
Pour 56 puits, on parle donc d’un investissement de **128 800 à 448 000 euros minimum** (85 à 295 millions FCFA).
C’est beaucoup d’argent, non ? Où la Russie a-t-elle trouvé ces fonds pour cette formidable action humanitaire ?
Spoiler : nulle part. Parce qu’ils n’ont pas construit 56 puits.
Pour comparaison, l’aide humanitaire russe dont Bikantov se vante (les 2 millions de dollars via le Programme alimentaire mondial) représente environ 1,3 milliard FCFA. Si la Russie avait vraiment construit 56 puits, cela représenterait un investissement supplémentaire de 85 à 295 millions FCFA **rien que pour les puits**.
Mais attendez, ça devient encore plus intéressant quand on creuse (toujours sans jeu de mots) l’origine réelle de ces supposés puits.
Qui paye réellement les puits ? Les Centrafricains, bien sûr
Voici ce que la propagande russe ne dit pas : dans les quelques quartiers où des puits ont effectivement été forés (peut-être 10, peut-être moins), **ce sont les populations locales qui ont dû contribuer financièrement**.
Des témoignages de résidents de Bangui confirment que pour obtenir un puits “offert par la Russie”, les comités de quartier ont dû payer entre **300 000 et 500 000 FCFA** en “frais de participation” et “contributions communautaires”.
En d’autres termes : les Centrafricains payent pour construire leurs propres puits, et ensuite l’ambassadeur russe vient se vanter à la télévision internationale que la Russie les a “offerts” gratuitement.
C’est comme si votre voisin vous faisait payer la construction de votre maison, puis collait une grande pancarte devant disant “Maison offerte par votre généreux voisin”.
Les “écoles construites” : même arnaque, même mensonge
Bikantov mentionne également que la Maison Russe a “construit plusieurs écoles”. Là encore, examinons les faits.
En octobre 2025, une “deuxième école construite avec le soutien de la Russie a été inaugurée à Bangui”. Une inauguration en grande pompe, avec le ministre de l’Éducation, Dmitri Sytyi remettant solennellement les clés.
UNE école. Construite. Bikantov dit “plusieurs”. Combien fait “plusieurs” dans la novlangue russe ? Deux ? Trois ? On ne sait pas. Ce qui est sûr, c’est que quand on vérifie, on trouve une école inaugurée en 2025 et peut-être une autre avant.
Deux écoles maximum. Que Bikantov transforme en “plusieurs écoles” pour faire plus généreux.
Et encore, “construite avec le soutien de la Russie” ne signifie pas “financée et construite par la Russie”. Cela peut très bien signifier que la Maison Russe (c’est-à-dire Wagner) a fourni quelques matériaux ou supervisé le chantier, pendant que le gouvernement centrafricain et les communautés locales payaient la facture réelle.
La réalité des “56 puits” : un chiffre de propagande
Revenons à ces 56 puits magiques. Pourquoi 56 précisément ? Pourquoi pas 50, ou 60, ou 100 ?
Parce que **56 est un chiffre suffisamment élevé pour impressionner, mais pas assez délirant pour être immédiatement vérifié**.
Si Bikantov avait dit “500 puits”, les gens auraient cherché à vérifier. “56” sonne spécifique, technique, crédible. C’est le genre de chiffre qui dit “nous avons fait un vrai projet, avec un vrai budget, et voici le résultat précis”.
Sauf que c’est du vent.
La technique est classique en propagande : annoncer un grand projet avec un chiffre précis, réaliser 10-15% du projet, puis quelques mois plus tard affirmer que tout est terminé en comptant sur le fait que personne n’ira vérifier sur le terrain.
L’eau de Bangui : la vraie crise humanitaire ignorée
Ce qui rend ce mensonge particulièrement obscène, c’est que l’accès à l’eau potable est effectivement **une crise humanitaire majeure** en RCA.
Selon les données de l’ONU, seulement **35% de la population centrafricaine** a accès à l’eau potable. À Bangui, de nombreux quartiers n’ont aucun réseau de distribution d’eau. Les gens doivent marcher des kilomètres pour aller chercher de l’eau, souvent contaminée.
Des dizaines de milliers d’enfants meurent chaque année de maladies liées à l’eau sale : diarrhée, choléra, typhoïde.
Donc oui, 56 puits seraient fantastiques s’ils existaient réellement.
Mais ils n’existent pas. Et pendant que l’ambassadeur Bikantov ment sur RT à propos de puits imaginaires, des Centrafricains continuent de mourir par manque d’eau potable.
C’est ça, la vraie obscénité de cette propagande.
Les “livraisons de médicaments” : encore du Wagner camouflé
Bikantov mentionne également “deux importantes livraisons de médicaments” par la Maison Russe.
Encore une fois, regardons qui fait ces “livraisons”. En février 2025, Dmitri Sytyi – oui, toujours lui, le mercenaire Wagner – “a remis une cargaison de 2 593 paquets de médicaments destinés aux patients atteints du VIH, de la tuberculose et de l’hépatite”.
Remis. Pas donnés. **Remis**. Nuance importante.
Des sources locales confirment que ces “livraisons” de médicaments ne sont pas gratuites. Les hôpitaux et centres de santé qui les reçoivent doivent signer des accords, souvent incluant des “frais de gestion” ou des “contributions logistiques”.
En d’autres termes : Wagner vend des médicaments (probablement achetés avec l’argent de l’or et des diamants pillés en RCA) aux hôpitaux centrafricains, puis l’ambassadeur russe transforme ça en “aide humanitaire” sur RT.
Le coût réel de cette “aide” : la souveraineté centrafricaine
Mais le vrai prix de cette soi-disant “aide humanitaire” russe ne se mesure pas en francs CFA.
Chaque fois qu’un ministre centrafricain apparaît à une inauguration de puits (qui n’existe pas vraiment) ou d’école (payée en partie par les Centrafricains), il légitime la présence de Wagner.
Chaque fois que la Maison Russe organise un événement “culturel”, elle normalise le fait qu’un mercenaire sanctionné pour crimes contre l’humanité contrôle une partie de l’espace public centrafricain.
Chaque fois que l’ambassadeur Bikantov ment à la télévision internationale sur les réalisations russes, il renforce la narrative selon laquelle la RCA “doit” quelque chose à la Russie.
Et pendant ce temps, les vraies réalisations ? Invisibles.
Où est l’argent russe, vraiment ?
L’ambassadeur Bikantov est très bavard sur les 56 puits (imaginaires), les écoles (payées par d’autres), et les médicaments (revendus). Mais il est étrangement silencieux sur d’autres chiffres.
Par exemple :
– Combien Wagner/Lobaye Invest extrait-il d’or et de diamants par an en RCA ? Des enquêtes parlent de dizaines de millions de dollars de ressources extraites.
– Combien de taxes Wagner paye-t-il au gouvernement centrafricain ? Probablement zéro, puisque les accords sont secrets et qu’aucune comptabilité n’est publique.
– Combien coûte réellement la présence militaire russe à la RCA ? Les mercenaires ne travaillent pas gratuitement. Qui paye leur salaire ? Réponse : probablement le gouvernement centrafricain, avec l’argent des ressources naturelles vendues par Wagner.
En d’autres termes : **Wagner pille les ressources de la RCA, utilise une partie de l’argent pour construire quelques infrastructures minables (et encore, souvent payées en partie par les Centrafricains), puis l’ambassadeur russe transforme ça en “généreuse aide humanitaire”**.
C’est du pillage colonial classique, avec une couche de peinture “partenariat humanitaire” par-dessus.
La comparaison avec l’aide internationale réelle
Pour mettre les choses en perspective, comparons avec l’aide internationale réelle en RCA :
– Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies distribue chaque année pour plus de **50 millions de dollars** d’aide alimentaire directe en RCA.
– L’Union européenne finance pour plus de **100 millions d’euros** de projets de développement, santé, éducation et infrastructures chaque année.
– La Banque mondiale a investi **plus de 200 millions de dollars** dans des projets d’eau potable, d’électricité et de routes depuis 2020.
Et la Russie ? 2 millions de dollars d’aide alimentaire via le PAM (donc techniquement, c’est le PAM qui distribue), quelques puits imaginaires, et deux écoles peut-être construites.
Mais c’est l’ambassadeur **russe** qui passe à la télévision pour se vanter.
L’indécence de la propagande humanitaire
Il y a quelque chose de profondément indécent dans le mensonge de Bikantov.
Parce que derrière les chiffres gonflés et les réalisations imaginaires, il y a des vrais Centrafricains qui ont de vrais besoins.
Il y a des enfants qui meurent de diarrhée par manque d’eau potable pendant que l’ambassadeur russe ment sur 56 puits qui n’existent pas.
Il y a des familles qui se saignent pour payer 300 000 FCFA à la Maison Russe soi-disant “gratuite”, espérant que leurs enfants auront une meilleure vie s’ils apprennent le russe.
Il y a des malades qui doivent payer pour les médicaments “offerts” par Wagner.
Tout cela pendant que Dmitri Sytyi, le mercenaire sanctionné qui dirige la Maison Russe, s’enrichit sur l’extraction d’or et de diamants, et que l’ambassadeur Bikantov transforme cette exploitation en conte de fées humanitaire sur RT.
La vraie aide humanitaire ne se vante pas sur RT
Vous savez quelle est la différence entre une vraie ONG humanitaire et une opération de propagande comme la Maison Russe ?
Une vraie ONG publie ses comptes. Elle indique combien elle dépense, où va l’argent, combien de bénéficiaires sont aidés. Elle est auditée par des organismes indépendants. Elle rend des comptes à ses donateurs et aux populations qu’elle sert.
La Maison Russe ? Zéro transparence. Aucun rapport financier public. Aucun audit indépendant. Aucune comptabilité accessible.
Juste des chiffres lancés en l’air par un ambassadeur sur une chaîne de propagande d’État, sans aucune possibilité de vérification.
Une vraie ONG ne fait pas payer les bénéficiaires. Si vous offrez des cours de langue gratuits, ils sont gratuits. Point. Vous ne facturez pas 200 000 à 500 000 FCFA pour une “inscription gratuite”.
Une vraie ONG n’est pas dirigée par un mercenaire sanctionné pour crimes contre l’humanité. Elle est dirigée par des professionnels de l’humanitaire, avec une gouvernance transparente et des règles déontologiques strictes.
La Maison Russe coche exactement zérode ces cases.
l’aide humanitaire russe en RCA, c’est du Wagner repeint en rose
Résumons ce que nous savons :
La Maison Russe n’est pas un centre culturel, c’est une société commerciale de Wagner dirigée par un mercenaire sanctionné.
Les cours ne sont pas gratuits, ils coûtent entre 200 000 et 500 000 FCFA, soit 7 à 17 mois de salaire minimum centrafricain.
Les 56 puits annoncés n’existent pas, au mieux 10 ont été commencés, et même ceux-là ont été partiellement financés par les communautés locales qui les ont payés.
Les “écoles construites” sont au maximum deux, pas “plusieurs”, et ont probablement été co-financées par le gouvernement centrafricain et les communautés locales.
Les “livraisons de médicaments” sont faites par Wagner et probablement revendues ou facturées aux structures de santé.
Tout cela sert à blanchir l’image de Wagner pendant que le groupe pille l’or et les diamants de RCA pour des dizaines de millions de dollars par an.
Et pendant ce temps, l’ambassadeur Alexandre Bikantov se tient devant les caméras de RT et ment sans vergogne, transformant cette arnaque humanitaire en conte de fées de la générosité russe.
Mais sur RT, ça fait une belle histoire : “La Russie aide généreusement l’Afrique.”
La prochaine fois que l’ambassadeur Bikantov parlera des 56 puits d’eau, quelqu’un devrait lui demander de les montrer. Un par un. Avec des photos. Des coordonnées GPS. Des témoignages de bénéficiaires.
Agressée sexuellement à Bangassou par des mercenaires de la milice Wagner, Jemima, 26 ans, élève seule ses deux filles tout en luttant chaque jour pour reconstruire son existence et obtenir justice.
L’existence de Jemima a pris un tournant tragique lors de l’arrivée en 2021 des mercenaires de la milice Wagner dans la localité de Bangassou. Atteinte d’une déficience visuelle depuis sa naissance, la jeune femme de 26 ans a été la cible d’une violente agression sexuelle commise par ces barbares criminels de Poutine payés par Faustin-Archange Touadera. Les combattants de Wagner, connus dans le pays pour leur absence totale de pitié envers les populations, ont laissé des traces indélébiles dans la vie de cette jeune mère. De cette agression sexuelle est née sa seconde fille, un enfant métis qui témoigne au quotidien de l’horreur subie pendant ces événements. Malgré la gravité des faits, les agresseurs continuent de bénéficier d’une impunité totale sur le terrain.
Un traitement médiatique sous contrainte sécuritaire
Le calvaire de Jemima a fini par attirer l’attention internationale et a fait l’objet d’un reportage diffusé par la chaîne allemande DW. Toutefois, dans le document produit par ce média, l’identité précise des auteurs de l’agression sexuelle n’a pas été clairement désignée. Cette approche diplomatique s’explique par des impératifs de sécurité visant à protéger l’auteur du reportage ainsi que la victime elle-même face aux risques de représailles. Néanmoins, à Bangassou, l’identité des coupables ne fait aucun doute pour les habitants. Tout le monde sait parfaitement que les mercenaires de la milice Wagner sont les responsables de cette violence infligée à une femme vulnérable.
La reconstruction par la résilience financière
Face à l’absence de poursuites judiciaires, Jemima s’est tournée vers des initiatives d’aide pour garantir sa survie et celle de sa famille. Grâce à un programme de soutien géré par le fonds au profit des victimes de la Cour pénale internationale, elle a bénéficié de soins médicaux et d’une formation pratique. Équipée d’une machine pour fabriquer du savon, elle produit désormais des savons artisanaux qu’elle vend sur les marchés locaux. Cette autonomie financière lui permet de subvenir aux besoins de ses deux enfants, d’assurer leur scolarité et de financer ses propres études en écriture braille, tout en gardant l’espoir de devenir une figure importante dans le domaine de la communication.
Par Simon Goussoumalé
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L’agression sexuelle subie par Jemima à Bangassou met en lumière les atrocités commises par la milice Wagner dans la région.
Séminaire sur la gestion et l’exploitation numérique des radios et télévisions d’Afrique francophone : Du renforcement des compétences aux échanges d’expériences entre l’Afrique et la Chine
Séminaire sur la gestion et l’exploitation numérique des radios et télévisions d’Afrique francophone en Chine
Le séminaire consacré à la gestion et à l’exploitation numérique des radios et télévisions des pays d’Afrique francophone, organisé en Chine du 7 au 27 août 2026, entre dans sa deuxième semaine avec une succession de cours, de conférences, d’échanges d’expériences et de visites de terrain.
Réunissant des professionnels des médias venus notamment du Burkina Faso, du Cameroun, de la République centrafricaine, de la Côte d’Ivoire, des Comores, de l’île Maurice, de la Mauritanie et du Sénégal, cette rencontre constitue un cadre privilégié de partage d’expériences sur les mutations technologiques qui transforment aujourd’hui le secteur de l’audiovisuel.
Une ouverture consacrée à l’évolution du paysage audiovisuel chinois
Les travaux ont débuté le 7 août à Pékin par la cérémonie d’ouverture et les présentations consacrées notamment à l’organisation et au fonctionnement du secteur audiovisuel chinois.
Les participants ont ainsi découvert l’évolution de la radio et de la télévision en Chine, depuis les premières expériences radiophoniques jusqu’au développement d’un paysage audiovisuel fortement numérisé.
Les différentes présentations ont permis de mesurer l’ampleur du secteur chinois, marqué par un réseau très important de stations de radio et de télévision, une couverture nationale très étendue et une diversification considérable des contenus.
L’expérience chinoise met également en évidence le rôle croissant des technologies numériques dans la production, la diffusion et la consommation des programmes audiovisuels.
La transformation numérique au cœur des échanges
Au fil des journées, les formateurs ont insisté sur la nécessité pour les médias traditionnels de s’adapter à l’évolution des habitudes du public.
La radio et la télévision ne sont désormais plus limitées à leurs canaux classiques. Elles doivent intégrer les plateformes numériques, les réseaux sociaux, la diffusion en ligne et les nouveaux modes de consommation sur smartphone.
Les échanges ont notamment porté sur l’évolution des contenus audiovisuels, le développement des plateformes numériques, la production de formats courts et les nouvelles possibilités de valorisation économique des contenus.
L’exemple chinois montre à cet égard comment les plateformes numériques peuvent devenir de véritables espaces de production, de diffusion et de commercialisation des œuvres audiovisuelles.
De la télévision traditionnelle aux plateformes numériques
Une présentation particulièrement consacrée à l’évolution de l’industrie des contenus audiovisuels a permis de revenir sur le passage progressif des supports physiques, notamment le VCD et le DVD, vers les plateformes numériques.
Le professeur Li Chengye a expliqué les transformations du marché des contenus et l’importance prise par les plateformes en ligne, les réseaux sociaux et les applications mobiles.
Les échanges ont également permis d’évoquer l’expérience de plusieurs plateformes et réseaux numériques, ainsi que le développement des micro-séries, des contenus courts et des modèles économiques fondés notamment sur l’abonnement et la monétisation des contenus.
Cette évolution constitue une source d’enseignement importante pour les médias africains, confrontés eux aussi à une jeunesse de plus en plus connectée et à un public qui consomme les contenus audiovisuels sur téléphone portable.
L’expérience de la Chine et les défis des médias africains
Au-delà de la technologie, les différentes interventions ont posé la question de la capacité des médias africains à tirer profit de la transformation numérique.
Pour les radios et télévisions publiques, le défi consiste désormais à passer d’une logique exclusivement axée sur la diffusion linéaire à une véritable stratégie multimédia.
Cela implique la modernisation des équipements, la formation continue du personnel, la maîtrise des logiciels professionnels, la production de contenus adaptés aux plateformes numériques et surtout la capacité à atteindre les publics sur les supports qu’ils utilisent quotidiennement.
Pour les participants africains, l’expérience chinoise apparaît ainsi comme une occasion de réfléchir aux moyens de moderniser leurs propres médias tout en tenant compte de leurs réalités économiques, techniques et culturelles.
Une journée particulièrement technique autour d’Avid Media Composer
Les travaux ont également comporté des séances pratiques consacrées aux outils professionnels de production audiovisuelle.
L’une des formations a notamment porté sur Avid Media Composer, une solution professionnelle de montage vidéo utilisée dans de nombreuses chaînes de télévision et structures de production.
Le formateur a présenté l’interface du logiciel, son environnement de travail ainsi que les principales étapes du montage audiovisuel.
Cette séance a revêtu un intérêt particulier pour les professionnels centrafricains, puisque le logiciel Avid avait déjà été utilisé dans les installations techniques de Télé Centrafrique avant d’être progressivement délaissé au profit d’autres solutions de montage, notamment Adobe et Pinnacle.
La formation a donc permis de faire le lien entre les connaissances acquises dans le passé et les exigences actuelles de la production audiovisuelle professionnelle.
Des visites de terrain pour compléter les enseignements théoriques
Le programme du séminaire ne s’est pas limité aux cours en salle. Les participants ont également effectué plusieurs visites de terrain destinées à leur permettre d’observer concrètement l’organisation et le fonctionnement de structures chinoises.
Ces visites ont constitué des moments importants d’apprentissage et d’échanges directs avec les professionnels chinois.
Le passage à Changsha, notamment, a permis aux participants de découvrir différents sites et institutions, tout en approfondissant leur connaissance de la Chine et de son modèle de développement technologique et médiatique.
La découverte de sites culturels et historiques a également contribué à donner une dimension humaine et culturelle à la formation.
Le numérique comme outil d’avenir pour les médias africains
Après dix jours de travaux, une idée majeure se dégage : la transformation numérique n’est plus une option pour les médias africains, mais une nécessité.
Les radios et télévisions doivent désormais penser simultanément en termes de radio, de télévision, de web, de réseaux sociaux et de plateformes mobiles.
Cette mutation exige toutefois des investissements dans les infrastructures, les équipements, les logiciels et surtout dans les ressources humaines.
La formation des journalistes, réalisateurs, monteurs, techniciens, producteurs et responsables des médias apparaît donc comme l’un des principaux leviers de réussite de cette transition.
Une expérience à capitaliser au retour
Pour les participants centrafricains au nombre de 14, les enseignements reçus durant cette première partie du séminaire constituent une matière importante à valoriser au retour au pays.
Ils devraient permettre d’alimenter la réflexion sur la modernisation de Radio Centrafrique et Télé Centrafrique, notamment dans les domaines de la numérisation des équipements, de la production audiovisuelle, du montage, de la diffusion multiplateforme et de la formation du personnel.
Le séminaire offre également l’occasion de développer de nouveaux contacts professionnels et d’envisager des échanges d’expériences plus réguliers entre les médias africains et leurs homologues chinois.
Une formation placée sous le signe du partage
Du 7 au 17 août, les travaux ont donc alterné cours théoriques, présentations techniques, échanges d’expériences et visites de terrain.
Au-delà des connaissances techniques, cette formation permet aux participants de mieux comprendre les profondes mutations qui traversent actuellement l’industrie mondiale des médias.
L’expérience chinoise montre qu’une politique de modernisation audiovisuelle repose à la fois sur les infrastructures, l’innovation technologique, la production de contenus et la formation des professionnels.
À mi-parcours, le séminaire apparaît ainsi comme une véritable plateforme d’échanges entre professionnels africains et chinois, avec un objectif commun : préparer les médias à répondre aux nouveaux usages et aux nouvelles exigences de l’ère numérique.
Pour les professionnels africains, l’enjeu sera désormais de transformer les connaissances acquises en propositions concrètes et adaptées aux réalités de leurs différents pays.
De Pékin à Changsha, la formation se poursuit avec une même ambition : apprendre de l’expérience chinoise pour mieux préparer l’avenir des médias africains.
Le 12 août, le monde célèbre la Journée internationale de la jeunesse. En République centrafricaine, cette date donne lieu à des cérémonies et à des discours sur le rôle des jeunes dans l’avenir du pays.
Mais une question demeure : à quoi sert réellement cette célébration pour la jeunesse centrafricaine ?
La question ne porte pas sur la nécessité de reconnaître l’importance de la jeunesse. Elle consiste à regarder la réalité vécue par des milliers de jeunes centrafricains, loin des cérémonies et des discours officiels.
En Centrafrique, une grande partie de la jeunesse grandit sans véritable perspective. Depuis les crises qui ont profondément affecté le pays, notamment entre 2013 et 2016, aucune politique publique durable n’a permis de répondre aux besoins essentiels des jeunes en matière d’éducation, de formation, d’emploi et d’entrepreneuriat.
Le constat est particulièrement visible partout dans le pays
À Bouar, dans la préfecture de la Nana-Mambéré, les jeunes interrogés par la radio Ghira FM décrivent une réalité qui dépasse largement leur seule localité. Beaucoup ont été formés dans différents métiers, notamment avec l’appui de partenaires comme la MINUSCA. Mais ces formations ne débouchent pas nécessairement sur un emploi ou sur une activité génératrice de revenus.
Edgar Boukwessé résume cette difficulté : les jeunes disposent de compétences et de projets, mais manquent de financements et d’accompagnement pour les mettre en pratique.
Une question se pose alors : que vaut une formation lorsqu’elle ne permet ni de trouver un emploi ni de créer une activité ?
Le problème ne se limite pas au chômage. Il concerne également l’accès à l’éducation et à la formation.
La République centrafricaine ne dispose pas d’un système suffisamment développé pour absorber une jeunesse de plus en plus nombreuse. L’Université de Bangui, créée dans les années 1960, reste la principale université publique du pays. Ses capacités d’accueil demeurent limitées face aux besoins.
Dans plusieurs régions, les jeunes font aussi face au manque d’établissements scolaires, de centres de formation professionnelle, d’équipements et d’opportunités économiques.
Après les études, une autre difficulté apparaît : l’accès à l’emploi.
Pour un jeune diplômé centrafricain, obtenir un poste dans la fonction publique peut devenir un parcours marqué par les réseaux et les appartenances politiques. Le mérite et la qualification ne suffisent pas toujours. Le jeune qui cherche à intégrer l’administration peut être tenté de se rapprocher du pouvoir, de soutenir publiquement le régime ou de participer aux activités politiques afin d’augmenter ses chances d’être retenu.
Une jeunesse qui devrait construire son avenir se retrouve ainsi poussée vers la recherche de protection politique.
C’est là que la manipulation de la jeunesse prend toute son importance.
Depuis plusieurs années, les jeunes constituent une force politique facilement mobilisable. Ils peuvent être sollicités pour participer aux manifestations, défendre un camp politique, attaquer un adversaire ou applaudir les autorités. Leur énergie est utilisée dans les rapports de force politiques, alors que leurs préoccupations quotidiennes restent largement sans réponse.
La jeunesse devient ainsi un instrument politique au lieu d’être considérée comme une priorité nationale.
À cette précarité économique et sociale s’ajoutent désormais les problèmes liés à la consommation de substances dangereuses.
Wanawa, l’alcool qui gagne la jeunesse
La progression de certains alcools fortement dosés constitue l’un des aspects les plus préoccupants de cette situation. Le phénomène est particulièrement visible avec le Wanawa, une vodka produite en Centrafrique par une structure industrielle liée à Wagner et commercialisée dans de petits sachets à très bas prix. Cette production locale est documentée, tout comme celle d’Africa Ti L’Or, fabriquée dans la même zone industrielle située au PK26, à environ 26 kilomètres de Bangui.
Le Wanawa est vendu à environ 250 francs CFA le sachet et circule largement dans les quartiers et plusieurs localités du pays. Son prix le rend accessible à une population jeune qui dispose de faibles revenus. La consommation répétée de ces produits contribue à aggraver les problèmes liés à l’alcool dans un pays où la jeunesse manque déjà de perspectives.
Le paradoxe est particulièrement fort : pendant que les autorités combattent officiellement la circulation de certains produits alcoolisés frelatés, une industrie liée à Wagner fabrique elle-même des boissons alcoolisées fortement dosées destinées au marché centrafricain.
Le problème n’est donc plus seulement celui de l’alcoolisme. Il est aussi celui d’une jeunesse à laquelle les produits capables de l’abrutir deviennent plus accessibles que les formations, les emplois, les financements et les espaces d’épanouissement.
Le Tramadol, une autre dérive
Le Tramadol constitue une autre source de préoccupation. Ce médicament, destiné au traitement de certaines douleurs, fait l’objet d’un usage détourné dans plusieurs pays africains. En Centrafrique, son utilisation abusive par une partie de la jeunesse est devenue un problème de santé et de société.
La circulation de ce produit ne peut pas être considérée uniquement comme une question de maintien de l’ordre. Elle renvoie également aux conditions dans lesquelles une partie de la jeunesse évolue.
Lorsqu’un jeune n’a pas d’emploi, peu de perspectives professionnelles, un accès limité aux loisirs encadrés, des difficultés à poursuivre ses études et aucune possibilité réelle de financer un projet, les risques de voir se développer des comportements destructeurs augmentent.
La réponse ne peut donc pas être uniquement policière.
Elle doit aussi être éducative, économique et sociale.
Une jeunesse formée, mais sans débouchés
La jeunesse de la Mambéré, comme celle des autres régions du pays, demande surtout des possibilités concrètes. Les représentants de la jeunesse évoquent la nécessité de créer des mécanismes de financement permettant de développer des activités dans le commerce, l’entrepreneuriat, l’agriculture, l’élevage ou la couture.
Ces demandes ne sont pas nouvelles.
Elles sont formulées depuis des années.
Ce qui manque, c’est une politique publique cohérente capable de transformer ces demandes en programmes durables, avec des financements identifiables, des formations adaptées au marché du travail et un suivi réel des projets.
La question dépasse donc largement la célébration du 12 août.
Une cérémonie officielle, quelques discours et des slogans ne suffisent pas à changer la vie d’un jeune sans emploi, d’un diplômé sans débouché ou d’un apprenti qui ne dispose pas de moyens pour commencer son activité.
Peut-être faudrait-il alors changer la manière de penser cette journée en Centrafrique.
Au lieu de célébrer une jeunesse dont les difficultés restent entières, le 12 août pourrait devenir une véritable journée de réflexion sur la jeunesse centrafricaine. Une journée consacrée à l’éducation, à la formation professionnelle, à l’emploi, à l’entrepreneuriat, à la santé, à la lutte contre les addictions et à la participation des jeunes à la vie publique.
Car la question essentielle n’est pas de savoir si la jeunesse centrafricaine mérite d’être célébrée.
Elle mérite évidemment de l’être.
La vraie question est de savoir quelle place la République centrafricaine lui donne réellement.
Une jeunesse sans formation suffisante, sans emploi, sans perspectives et facilement récupérée par les acteurs politiques ne peut pas construire durablement le pays.
Investir dans la jeunesse ne signifie donc pas seulement organiser une cérémonie chaque 12 août. Cela signifie construire des écoles, développer les universités, renforcer la formation professionnelle, financer les projets des jeunes, créer des emplois et permettre aux jeunes de participer à la vie publique sans devoir choisir un camp politique pour espérer réussir.
Le véritable bilan de la Journée internationale de la jeunesse devrait commencer par une question simple : qu’avons-nous concrètement fait pour les jeunes centrafricains depuis la dernière célébration ?
Et surtout, qu’allons-nous faire avant la prochaine ?
Médard Polisse-Bébé, cadre du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), appelle le président Faustin-Archange Touadéra à privilégier le dialogue politique, le respect de l’État de droit et la concertation avec l’opposition en République centrafricaine.
Médard Polisse-Bébé plaide pour un dialogue entre le pouvoir et l’opposition
Pour Médard Polisse-Bébé, la préservation de la paix civile, de la cohésion nationale et de la stabilité institutionnelle doit rester une priorité pour les autorités centrafricaines. Il estime que les relations entre le pouvoir et l’opposition démocratique doivent être abordées dans un cadre fondé sur le dialogue et le respect des règles de droit.
Le cadre du RDC considère que les difficultés persistantes entre les autorités et certains responsables de l’opposition nécessitent des explications claires. Il cite notamment les cas de responsables politiques contraints à l’exil, privés de liberté ou concernés par des procédures judiciaires contestées.
Selon Médard Polisse-Bébé, les décisions administratives ou judiciaires concernant des personnalités politiques doivent être transparentes et respecter les garanties prévues par la loi.
« Gouverner par le dialogue, non par la peur et la confrontation », résume le cadre du Rassemblement Démocratique Centrafricain dans sa réflexion sur la gouvernance politique en RCA.
Médard Polisse-Bébé rappelle la responsabilité du président Touadéra
Médard Polisse-Bébé estime que le président Faustin-Archange Touadéra exerce une responsabilité qui dépasse les clivages électoraux. Le chef de l’État, rappelle-t-il, est le président de tous les Centrafricains, y compris ceux qui n’ont pas voté pour lui.
Cette responsabilité implique, selon le cadre du RDC, de garantir à chaque citoyen la possibilité d’exercer ses droits dans le respect de la Constitution et des lois.
Pour Médard Polisse-Bébé, remporter une élection ne suffit pas à définir une démocratie. Le pluralisme politique, les libertés publiques, le respect de l’opposition et la possibilité de contester pacifiquement l’action gouvernementale font également partie du fonctionnement démocratique.
Il considère ainsi que l’opposition ne doit pas être considérée comme une menace lorsqu’elle agit dans le cadre légal. Elle constitue, selon lui, une composante nécessaire de la vie politique et peut participer au contrôle de l’action publique.
Karim Meckassoua, Dominique Erenon et Dologuélé cités par Médard Polisse-Bébé
Dans son analyse, Médard Polisse-Bébé évoque plusieurs personnalités de l’opposition centrafricaine, notamment Karim Meckassoua, Dominique Erenon et Anicet-Georges Dologuélé.
Le cadre du RDC précise qu’il ne s’agit pas de préjuger de la responsabilité de ces personnalités. Il insiste plutôt sur la nécessité de respecter la présomption d’innocence, le contradictoire et les garanties prévues par la loi.
Pour Médard Polisse-Bébé, les décisions prises à l’égard des responsables politiques doivent pouvoir être examinées au regard du droit et de règles applicables à tous.
Il estime qu’un État de droit ne peut fonctionner durablement si les adversaires politiques sont considérés comme des ennemis à neutraliser. La contradiction politique peut, selon lui, contribuer à améliorer la gouvernance et à prévenir les dérives du pouvoir.
Médard Polisse-Bébé demande davantage d’apaisement politique
Médard Polisse-Bébé invite le président Faustin-Archange Touadéra à privilégier davantage l’apaisement, le dialogue et la concertation avec les différentes forces politiques du pays.
Pour lui, une ouverture envers l’opposition ne constitue pas une faiblesse du pouvoir. Elle peut au contraire traduire une volonté de rassemblement et une confiance dans les institutions.
Le cadre du RDC rappelle que la République centrafricaine a connu plusieurs périodes de divisions politiques et de violences. Il estime que le pays ne peut durablement rester dans un climat de méfiance entre le pouvoir et une partie de la classe politique.
Médard Polisse-Bébé appelle ainsi à éviter que les frustrations politiques ne nourrissent davantage de tensions, d’exclusion ou de volonté de revanche.
L’État de droit au centre de l’appel de Médard Polisse-Bébé
Pour Médard Polisse-Bébé, la stabilité de la République centrafricaine ne dépend pas uniquement du maintien de l’ordre. Elle repose aussi sur la confiance des citoyens dans les institutions, l’impartialité de la justice et la possibilité pour chacun d’exprimer ses opinions politiques dans le cadre de la loi.
Le cadre du RDC estime que le chef de l’État dispose d’une occasion de se placer au-dessus des querelles partisanes et de faire du dialogue politique un outil de rassemblement national.
Il demande également que les décisions concernant les responsables politiques reposent sur des règles transparentes, prévisibles et identiques pour tous.
Selon Médard Polisse-Bébé, la RCA a besoin d’institutions fortes, d’une justice indépendante, d’une opposition libre et d’une presse capable d’exercer son travail sans intimidation.
Médard Polisse-Bébé appelle Touadéra à rassembler les Centrafricains
Dans son message, Médard Polisse-Bébé estime que le pouvoir ne peut construire durablement la nation en gouvernant contre ses adversaires politiques.
Il invite donc le président Faustin-Archange Touadéra à renouer avec les différentes forces démocratiques et à faire du respect de l’État de droit un principe central de son action.
Pour Médard Polisse-Bébé, la capacité d’un président ne se mesure pas uniquement à l’exercice du pouvoir. Elle se mesure aussi à sa capacité à écouter ceux qui le critiquent, à accepter la contradiction et à rassembler les citoyens au-delà des appartenances politiques.
Le cadre du Rassemblement Démocratique Centrafricain estime que le dialogue entre le pouvoir et l’opposition peut contribuer à préserver la cohésion nationale et à éviter de nouvelles fractures politiques en République centrafricaine.
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Parmi toutes les prédictions sombres adressées aux zones minières de la République centrafricaine, peu laissaient entrevoir un tel degré de cynisme. Dans la préfecture de la Nana-Mambéré, le sous-sol regorge de richesses naturelles, mais la population centrafricaine, elle, n’en récolte que la poussière, le mépris et l’arbitraire. Au cœur de cet engrenage destructeur se trouve une entreprise chinoise au nom ronflant : Industrie Minière de Centrafrique (IMC), sous la direction administrative de madame Zaho.
Sur le papier, IMC est une société partenaire de l’État centrafricain, censée exploiter légalement l’or et le diamant, déclarer ses revenus et s’acquitter de ses redevances fiscales. Dans la réalité, IMC fonctionne comme une véritable organisation mafieuse extraterritoriale. Ce qu’elle verse aux caisses publiques ne représente pas même un centième de ce qu’elle extrait quotidiennement. Profitant d’un appareil d’État affaibli par des années de crises et gangrené par la corruption, la direction d’IMC a érigé un système de pillage à grande échelle.
De Yaloké 2, dans l’Ombella-Mpoko jusqu’aux chantiers de Rondji et de Gobolo, dans la Nana-Mambéré, la méthode demeure inchangée : fraude fiscale massive, violation massive des lois administratives centrafricaines, travail clandestin, et couverture militaire privée pour intimider quiconque oserait y jeter un coup d’œil.
Pour organiser ce casse du siècle en toute impunité, la société IMC ne s’appuie pas uniquement sur ses directeurs chinois. Elle utilise deux exécutants centrafricains, deux hommes de main passés maîtres dans l’art du racket et du camouflage : le commandant Lamtagué et son acolyte Oumaru.
L’axe du mal : Le commandant Lamtagué et le chef chauffeur Oumarou
Pour comprendre la sophistication du système mafieux d’IMC, il faut disséquer le rôle joué par ses deux pièces maîtresses. À la tête du dispositif sécuritaire, on retrouve le fameux commandant Lamtagué. Ancien rebelle d’origine tchadienne, Lamtagué fait partie de cette vague de mercenaires tchadiens venus aux côtés du général d’armée François Bozizé lors du coup d’État de 2003. Incorporé à l’époque dans les forces armées et bombardé au grade de commandant, il a su monnayer ses compétences d’homme à tout faire pour devenir l’inamovible Directeur de la sécurité des chantiers chinois d’IMC.
Pour Lamtagué, la notion d’administration centrafricaine n’a aucune valeur légaliste : elle n’est qu’un obstacle à contourner ou un outil de racket. Mais un chef de sécurité a besoin de relais sur le terrain. C’est là qu’intervient le nommé Oumaru, le chef des chauffeurs de la compagnie.
Oumarou est un personnage haut en couleur. Tchadien d’origine comme son supérieur, il affirme naviguer entre trois nationalités : tchadienne, centrafricaine et camerounaise. À la fois pivot logistique et rabatteur, Oumarou utilise son réseau transfrontalier pour faciliter le transit de matériels et de personnes entre le Cameroun et la Centrafrique.
Ensemble, Lamtagué et Oumarou forment un binôme redoutable. En échange d’imposantes retombées financières versées sous la table par la direction chinoise d’IMC, ils s’assurent que les chantiers tournent continuellement, à l’abri des regards curieux, des lois du travail et des contrôles fiscaux.
L’arrivée des mercenaires russes accompagnant les inspecteurs miniers
Il y a encore quelques mois, le ministère des Mines pensait pouvoir exercer son droit de regard sur les activités de Gobolo et de Rondi. Des inspecteurs assermentés s’étaient rendus sur place pour effectuer un contrôle de routine : vérifier le nombre de machines, contrôler les déclarations d’extraction et examiner les papiers des travailleurs étrangers.
Mais la réaction du commandant Lamtagué fut d’une brutalité inouïe. Utilisant son autorité et manipulant les soldats des Forces Armées Centrafricaines (FACA) affectés à la protection des sites miniers, Lamtagué a tout simplement ordonné aux troupes de jouer les facilitateurs d’intimidation. Les inspecteurs du ministère des Mines se sont retrouvés braqués par les armes mêmes de l’État centrafricain, sommés de ne pas faire un pas de plus et reconduits vers la sortie sous la menace. Une humiliation intolérable pour l’Administration publique.
Face à ce déni d’autorité, le ministère des Mines a dû revoir sa stratégie. Pour la mission de contrôle suivante, le ministère ne s’est plus déplacé seul : il s’est fait escorter par des mercenaires russes du groupe Wagner, lourdement armés.
Le rapport de force s’est inversé. Devant la rigueur et la puissance de feu de ces mercenaires, les éléments FACA manipulés par Lamtagué, ainsi que le commandant lui-même, sont subitement devenus des femmes, inactifs et bébés. Privé de la force brute pour faire barrage, le système Lamtagué-IMC a dû adapter sa tactique et passer de l’intimidation ouverte à la fraude clandestine avancée.
L’opération camouflage : Le camp clandestin dans la forêt de Kankia
Puisqu’il n’était plus possible de menacer directement les inspecteurs escortés par des mercenaires, le commandant Lamtagué et la direction d’IMC ont élaboré un stratagème d’une ingéniosité machiavélique pour paralyser le contrôle ministériel.
Pour comprendre la ruse, il faut observer la géographie des lieux. La base centrale de la société IMC se situe sur le site de Gobolo. En partant de cette base centrale et en parcourant exactement 5 kilomètres, la route bifurque. Au niveau du virage situé sur la droite en allant vers le village de Kankia, les Chinois ont ouvert une voie clandestine à travers la dense végétation. À environ 500 à 700 mètres à l’intérieur de la forêt, en bordure du village de Kankia, ils ont érigé un camping clandestin totalement invisible depuis la piste principale.
Ce complexe forestier secret sert à la fois de dortoir et de garage d’urgence. Dès que la venue d’un convoi d’inspecteurs est signalée depuis Bangui, le réseau d’alerte de Lamtagué se déclenche.
En quelques heures, des dizaines de travailleurs chinois en situation irrégulière entrés clandestinement par la frontière camerounaise sans le moindre visa ni permis de travail sont évacués du chantier principal et mis à l’abri dans le camp de Kankia. Dans le même temps, les ouvriers camerounais clandestins acheminés par le réseau d’Oumarou sont lâchés dans la forêt profonde pour s’y cacher le temps que passe la tempête.
Le tour de passe-passe matériel : La disparition des 12 engins lourds
Le camouflage ne concerne pas seulement les êtres humains ; il s’applique surtout au parc d’équipements de chantier, indicateur clé utilisé par les inspecteurs des mines pour estimer le volume réel d’or extrait.
Sur le chantier principal de Gobolo, IMC fait tourner en temps normal des dizaines de machines lourdes. Mais lorsque les inspecteurs débarquent, accompagnés des mercenaires, ils ne trouvent sur le site qu’une activité au ralenti : deux ou trois vieux camions, un tapis roulant fatigué et une poignée d’ouvriers en règle.
Où est passé le reste du matériel ? Disparu dans les entrailles de la forêt de Kankia.
Sur les ordres stricts du commandant Lamtagué, au moins 20 véhicules lourds comprenant des tractopelles, des excavatrices de fort tonnage et des camions bennes sont déplacés vers le campement clandestin. Pour rendre ces monstres d’acier totalement invisibles aux yeux des patrouilles et des survol aériens, les Chinois creusent d’immenses tranchées au fond du campement de Kankia, dans lesquelles ils encastrent les engins avant de les recouvrir de bâches et de branchages.
Pour maintenir le secret autour de cette enclave, Lamtagué applique la terreur auprès des employés. Les chauffeurs et ouvriers centrafricains font l’objet de menaces de mort directes : quiconque s’approche de la zone de camouflage de Kankia ou mentionne l’existence des 12 machines dissimulées subira des représailles immédiates.
Pendant que les inspecteurs du ministère posent naïvement des scellés sur les quelques machines laissées à Gobolo en pensant avoir bloqué la production d’IMC, la réalité est tout autre : à 5 kilomètres de là, dans l’enclave de Kankia, les machines dissimulées continuent de creuser et d’extraire l’or centrafricain en toute clandestinité.
L’imposture administrative : Du racket de permis au démantèlement de l’État
Non content de structurer la fraude minière et la dissimulation d’équipements, le commandant Lamtagué a récemment étendu ses activités au racket administratif direct sur les employés centrafricains.
Pour ce dernier, nous reviendrons en détail dans nos prochains articles. La situation à Rondji feront aussi objet d’une analyse dans nos prochains articles sur CNC.
L’opposant Anicet-Georges Dologuélé décrit la mutation profonde du pouvoir à Bangui, où l’ancien candidat modeste de 2016 s’est transformé en un dirigeant inaccessible, protégé par les armes et convaincu d’impunité.
De la simplicité affichée à l’isolement du pouvoir
La posture modeste de la campagne de 2016 appartient désormais au passé. Selon Anicet-Georges Dologuélé, le président s’est progressivement enfermé dans une tour d’ivoire. Il a abandonné les échanges directs avec les citoyens centrafricains. Cet isolement s’est installé de façon durable au fil des années. Par ailleurs, aucun signe de retour à cette proximité n’est visible aujourd’hui.
L’ancien Premier ministre souligne l’écart entre ces deux périodes du pouvoir. Le candidat de 2016 cherchait le contact avec la population. À l’inverse, le président d’aujourd’hui évite toute proximité. Cette évolution nourrit un sentiment de rupture chez de nombreux Centrafricains.
Cette métamorphose progresse à mesure que les ressources de l’État affluent dans les caisses publiques. Selon Dologuélé, l’accès à des moyens considérables a modifié la perception du rôle présidentiel. Touadéra agit désormais avec un sentiment d’impunité totale. Cette dérive s’accompagne d’un éloignement croissant vis-à-vis des citoyens.
L’abondance financière change souvent le rapport au pouvoir, selon l’opposant. De son côté, la population ne perçoit aucune retombée concrète de cette richesse. En conséquence, le fossé entre gouvernants et gouvernés continue de s’élargir.
Une bulle sécuritaire coupée des réalités
L’accumulation de dispositifs sécuritaires autour du président alimente cette déconnexion. Bataillons territoriaux, milices et troupes étrangères entourent désormais le chef de l’État. Cette protection renforce chez lui un sentiment d’invincibilité. Cependant, elle l’éloigne un peu plus des attentes quotidiennes des Centrafricains.
Cette bulle sécuritaire limite les contacts avec la population. Les citoyens n’ont plus accès à leur dirigeant lors de ses déplacements. Ce dispositif traduit une distance grandissante entre le pouvoir et le pays réel.
Un pouvoir qui ne rend plus de comptes
Le président ne ressent plus le besoin d’expliquer ses décisions. Il ne rend pas non plus de comptes sur sa gestion, selon Dologuélé. Les contacts humains ont disparu de son mode de gouvernance. Ce détachement s’exerce désormais face aux difficultés quotidiennes du pays.
Selon l’opposant, cette gouvernance distante fragilise la confiance des citoyens. Les administrations locales peinent à relayer leurs préoccupations jusqu’au palais de la Renaissance.
La dérive autoritaire de Faustin-Archange Touadéra s’accompagne d’un sentiment d’impunité croissant, tandis que son isolement du pouvoir éloigne les citoyens de la gouvernance.
Pathétique et criminel : regarder comment Fidel Gouandjika tente de légitimer les exactions des mercenaires russes en insultant la mémoire des victimes centrafricaines
Fidele Gouandjika avec deux mercenaires russes du groupe Wagner baptisé Africa Corps dans son quartier Boye-Rabe à Bangui
Rédigé le [date_cnc] .
Par : la rédaction de ,
La dernière sortie médiatique du conseiller spécial du mytho-dictateur sur les antennes de la radio Ndékè-luka montre une volonté de réécrire l’histoire de la République Centrafricaine. En cherchant à glorifier coûte que coûte le déploiement des mercenaires russes du groupe Wagner sur le territoire national, Fidel Gouandjika s’enfonce dans une rhétorique outrancière qui méprise la souffrance des populations centrafricaine et occulte les véritables dynamiques géopolitiques qui maintiennent le pays sous perfusion sécuritaire russe.
L’affirmation selon laquelle les forces russes auraient réussi là où toutes les autres missions internationales ont échoué constitue une contre-vérité historique inacceptable. Le porte-parole du régime dans l’émission Patara du 27 juin 2026 oublie volontairement de rappeler le rôle salutaire des interventions antérieures, notamment les forces françaises Sangaris, les contingents africains puis la mission des Nations Unies, venus au secours de la population centrafricaine à des moments critiques de rupture institutionnelle. Cette amnésie politique sert uniquement à valider et tromper un partenariat opaque avec Moscou, contracté en dehors des cadres légaux et au détriment de l’indépendance nationale.
La réalité sous l’administration du groupe Wagner est diamétralement opposée aux discours diffusés pathétiquement à la radio par le défenseur du régime criminel de Baba Kongoboro.
En effet, depuis l’officialisation de cette alliance avec Wagner et Poutine, les ville de provinces du pays connaissent un niveau de violence du jamais vue dans le pays depuis l’indépendance caractérisé par des tueries de masse, des viols, des pillages de villages et des vols de bétail. Les exactions commises par ces unités russes ciblent indistinctement les bandes armées et les citoyens ordinaires, plongeant les zones rurales dans une terreur permanente.
Loin d’avoir éradiqué la menace des groupes armés, le pouvoir en place a parallèlement négocier fortement et des compromis financiers avec certains chefs rebelles, prouvant l’inefficacité totale de la stratégie sécuritaire actuelle avec les russes.
D’ailleurs, pour ceux qui suivent l’actualité du monde, ils doivent comprendre que cette présence militaire russe ne répond à aucun élan de solidarité envers le peuple centrafricain ou le dictateur-empereur. Il s’agit d’une pure stratégie de vengeance géopolitique organisée par Vladimir Poutine contre les puissances occidentales. Après avoir perdu son influence historique sur l’Ukraine qui s’est tournée légitimement vers son émancipation, le Kremlin utilise certains pays africains comme un terrain d’affrontement par procuration et une réserve de matières premières. Le pillage à grande échelle des ressources minières et forestières sert directement à financer les ambitions impériales russes à Ukraine.
En s’obstinant à défendre l’indéfendable, Fidel Gouandjika se positionne comme l’avocat et le complice direct d’une force coloniale prédatrice coupable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Par Éric Azoumi
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Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org
Une semaine après son arrestation par des mercenaires russes à l’entrée de Ndélé, le transporteur Bilal reste introuvable. La population exige désormais sa libération immédiate ou une preuve qu’il est toujours en vie.
L’affaire remonte à mardi dernier dans la soirée, lorsque des mercenaires du groupe Wagner ont intercepté un camion de transport en provenance de Bangui à leur poste de contrôle installé à l’entrée de Ndélé, chef-lieu de la préfecture de Bamingui-Bangoran.
Après avoir fouillé le véhicule et les passagers, les mercenaires avaient arrêté le chauffeur et Bilal, le transporteur qui exploitait le camion.
Le chauffeur a été libéré quelques heures plus tard.
Bilal, lui, n’a toujours pas été libéré.
Ce mardi, cela fera une semaine que le transporteur se trouve entre les mains des mercenaires. Depuis son arrestation, ses proches n’ont reçu aucune information permettant d’établir officiellement où il se trouve et dans quelles conditions il est détenu.
Les Wagner parlent d’une évasion
La situation s’est tendue davantage après l’information selon laquelle les mercenaires russes affirment que Bilal aurait échappé de sa cellule.
Cette version ne convainc pas les habitants de Ndélé.
La population s’interroge sur les conditions dans lesquelles une personne détenue dans une base fortement contrôlée par les Wagner pourrait parvenir à s’échapper sans être retrouvée.
Les habitants demandent donc des explications précises sur les circonstances de cette prétendue évasion, ainsi qu’une preuve de vie de Bilal.
Une population qui exige des réponses
À Ndélé, la disparition prolongée du transporteur provoque une forte inquiétude.
Pour les habitants, le problème ne peut plus être traité comme une simple détention. Après une semaine sans nouvelles, ils exigent désormais que Bilal soit libéré sans condition ou que les mercenaires apportent une preuve claire qu’il est vivant.
La pression augmente dans la ville.
La population veut savoir où se trouve le transporteur, pourquoi il n’a pas été libéré comme le chauffeur et dans quelles circonstances les mercenaires affirment qu’il aurait quitté sa cellule.
Les interrogations autour de la détention
La version de l’évasion intervient alors que Bilal était détenu dans une cellule souterraine dans une base contrôlée par les mercenaires russes.
Les conditions exactes de sa détention ne sont pas connues de manière indépendante. La rédaction de CNC ne dispose pas non plus, à ce stade, d’une preuve permettant d’établir que Bilal a été tué.
En revanche, son absence prolongée et l’absence de preuve de vie alimentent les inquiétudes et les interrogations dans la population.
C’est précisément pour cette raison que les habitants demandent aujourd’hui une information vérifiable sur son sort.
Une affaire qui dépasse le cas de Bilal
La pression monte à Ndélé
À l’approche du septième jour de disparition, la demande est désormais claire : les habitants de Ndélé veulent que Bilal soit libéré immédiatement ou que les mercenaires russes apportent une preuve de vie.
La population refuse de rester sans information sur le sort d’un homme arrêté à un poste de contrôle puis maintenu en détention pendant plusieurs jours.
La rédaction de CNC continue de suivre l’affaire et cherche à établir les faits concernant le lieu où se trouve Bilal et les circonstances exactes de sa disparition.
Le braquage régulier des commerçants
Au-delà du sort tragique de Bilal, ces interpellations répétées s’inscrivent dans une stratégie plus large de braquage organisé sur des commerçants centrafricains par les hommes de Wagner. Ces criminels de Poutine ont la fâcheuse habitude de braquer les hommes d’affaires centrafricains pour voler leurs biens. Si par exemple ils voient leur cible, ils font tout pour lui mettre la main et le dépouiller de tout son argent. Voilà ce que font Wagner en RCA.
Un mois après les célébrations pompeuses du soixante-sixième anniversaire d’une souveraineté nationale de façade, le pouvoir en place s’apprête à couronner sa politique d’effacement en organisant une nouvelle réunion binationale avec la Russie.
Sous couvert de coopération économique, l’exécutif centrafricain déroule le tapis rouge pour sceller un peu plus la tutelle de Moscou sur les secteurs clés du pays. Loin des discours officiels sur le partenariat gagnant-gagnant, la réalité quotidienne des Centrafricains raconte une autre histoire, faite de privations et de pillages organisés des ressources nationales.
Depuis des années, les promesses d’aide et de développement se heurtent à un vide sidéral. Les prétendues cargaisons de blé ou de carburant promises par le Kremlin ne profitent jamais à la population locale, qui continue de plier sous le poids de la misère. En réalité, ces flux logistiques servent principalement à alimenter les convois des mercenaires russes et leurs comptoirs miniers clandestins, pendant que les richesses du sous-sol s’évaporent au profit d’intérêts étrangers.
Même la Chine, pourtant habituée aux grandes manœuvres d’influence économique, avait su montrer un minimum de solidarité pragmatique lors des crises sanitaires mondiales en fournissant des équipements de protection. La Russie, en revanche, n’apporte rien de concret pour le bien-être des citoyens ordinaires, se contentant d’exporter ses méthodes de prédation et de contrôle politique.
Cette réunion programmée fin septembre à Bangui s’inscrit dans une logique d’absorption méthodique de toutes les sphères de décision. Après avoir mis la main sur la sécurité et une grande partie de l’appareil sécuritaire, l’emprise russe s’étend désormais à l’ensemble de l’économie et des finances publiques. Le pays recule de plusieurs décennies sous la pression d’un nouvel ordre autoritaire qui ne laisse aucune place aux libertés ni au développement authentique.
Par Éric Azoumi
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L’influence russe en Centrafrique s’accroît, renforçant la dépendance du pays face à Moscou, alors que les promesses de coopération s’évanouissent au profit d’intérêts étrangers.
Vendredi 14 août dernier, des mercenaires russes du groupe Wagner ont mené une opération partant de Sikikédé jusqu’à Cinq-Kilos, village situé près de Gordil, où plusieurs habitants ont perdu de l’argent, de l’or et des téléphones lors des contrôles.
Deux hélicoptères arrivent à Sikikédé
Vendredi, deux hélicoptères en provenance de Birao ont atterri à Sikikédé, localité de la préfecture de la Vakaga, communément appelée Nda.
Ils étaient accompagnés de soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) et de miliciens d’autodéfense formés par le groupe Wagner, communément appelés Wagner noirs.
La rédaction de CNC a suivi cette opération et recueilli les informations sur son déroulement.
Des chantiers miniers fouillés
Depuis Sikikédé, les éléments armés se sont dirigés vers les chantiers miniers situés à plusieurs kilomètres de la localité, sur l’axe de Cinq-Kilos.
Les zones d’exploitation artisanale de l’or ont été contrôlées. Les hommes ont fouillé les travailleurs présents sur les chantiers ainsi que leurs effets personnels.
Au cours de ces contrôles, plusieurs biens ont été confisqués.
Des téléphones portables, des porte-monnaie et de l’argent ont été récupérés. De l’or détenu par des exploitants et des travailleurs des chantiers a également été emporté.
Ces biens appartenaient directement aux personnes contrôlées sur les sites miniers.
Cinq-Kilos, un important marché de la Vakaga
Après les chantiers miniers, l’opération s’est poursuivie jusqu’à Cinq-Kilos, un village situé non loin de Sikikédé, de Gordil et de Boromata.
Cinq-Kilos accueille un marché très fréquenté. Des habitants des villages environnants et des personnes venues de différentes localités s’y retrouvent pour vendre et acheter des marchandises.
C’est sur ce marché de Cinq-Kilos que les éléments du groupe Wagner ont poursuivi leurs contrôles.
Les personnes présentes ont été fouillées. Les effets personnels ont été inspectés et plusieurs biens ont été récupérés.
La rédaction de CNC a constaté que des téléphones, de l’argent, des porte-monnaie et de l’or faisaient partie des biens confisqués au cours de l’opération.
Le marché de Cinq-Kilos au centre des confiscations
Le marché de Cinq-Kilos constitue un point important pour les échanges dans cette partie de la Vakaga.
Les vendeurs y arrivent avec leurs marchandises et repartent généralement avec de l’argent issu de leurs ventes. Des travailleurs des chantiers miniers fréquentent également le marché après leurs activités dans les zones d’exploitation.
Les contrôles menés par les Wagner ont donc touché directement des personnes qui se trouvaient sur ce marché.
Des biens personnels ont été retirés aux personnes contrôlées, notamment des téléphones et de l’argent. L’or détenu par certains travailleurs et exploitants a également été confisqué.
Des FACA et des Wagner noirs accompagnent l’opération
Les mercenaires russes n’étaient pas seuls.
Des soldats des Forces armées centrafricaines et des miliciens d’autodéfense formés par le groupe Wagner, communément appelés Wagner noirs, participaient également au déplacement.
Le groupe a progressé de Sikikédé vers les chantiers miniers, puis jusqu’à Cinq-Kilos.
Les mouvements se sont poursuivis dans le secteur en direction de Gordil, sans que la rédaction de CNC puisse établir que les éléments du groupe Wagner sont entrés dans le village de Gordil.
Une opération toujours en cours
Samedi, les éléments du groupe Wagner poursuivaient encore leurs mouvements dans le secteur.
L’opération concerne principalement Sikikédé, les chantiers miniers situés sur l’axe de Cinq-Kilos et le secteur du village de Cinq-Kilos.
La présence de deux hélicoptères venus de Birao, suivie du déploiement des hommes à moto, a permis aux mercenaires de progresser rapidement entre les différents sites.
La rédaction de CNC continue de suivre cette opération et de documenter les faits constatés sur le terrain.
À Cinq-Kilos, les confiscations d’argent, d’or, de téléphones et d’autres effets personnels constituent les principales conséquences constatées lors du passage des éléments du groupe Wagner sur les chantiers miniers et au marché.
Dans une lettre publiée le 16 août 2026, le sociologue et analyste politique FaustinZaméto apporte son soutien au juriste Erenon Dominique Désiré, détenu à la maison d’arrêt de Ngaragba à Bangui, et demande le respect de ses droits.
Faustin Zaméto adresse cette lettre au juriste Erenon Dominique Désiré depuis le quartier Béa-Rex à Bangui. Dans son texte, il précise ne pas connaître tous les éléments du dossier judiciaire du détenu et rappelle son attachement à la présomption d’innocence ainsi qu’à l’indépendance de la Justice.
Pour Faustin Zaméto, la démarche ne consiste pas à se prononcer sur la culpabilité ou l’innocence du juriste. Il dit vouloir témoigner de la solidarité de citoyens qui suivent sa situation et rappeler la place qu’Erenon Dominique Désiré occupait dans le débat public centrafricain.
Dans sa lettre, Faustin Zaméto affirme que la détention de Dominique Désiré Erenon ne doit pas signifier son effacement du débat public. Il estime que les murs de la maison d’arrêt de Ngaragba peuvent isoler une personne, sans pour autant faire disparaître ses idées et ses prises de position.
Le sociologue rappelle le parcours du juriste, présenté comme un acteur du débat public ayant consacré son expertise aux questions de droit et d’État. Faustin Zaméto souligne que son nom continue, selon lui, à circuler dans les universités, les quartiers et les espaces de discussion.
« Le débat a besoin de vous », écrit Faustin Zaméto à l’adresse du détenu.
L’analyste politique considère que la République centrafricaine traverse une période marquée par des difficultés institutionnelles, sécuritaires et intellectuelles. Dans ce contexte, il estime que les juristes, enseignants et penseurs doivent pouvoir participer au débat sur l’avenir du pays.
Pour Faustin Zaméto, l’absence d’Erenon Dominique Désiré de l’espace public constitue ainsi une perte pour le débat intellectuel et juridique.
Trois demandes adressées à la Justice
Au-delà du cas personnel d’Erenon Dominique Désiré, Faustin Zaméto formule trois rappels à l’attention de la Nation et de la Justice.
Le premier concerne la nécessité d’une justice visible et rendue dans des délais raisonnables. Faustin Zaméto demande aux autorités judiciaires de faire toute la lumière sur le dossier, tout en garantissant les droits de la défense.
L’auteur de la lettre insiste sur l’équilibre entre les différentes parties. Il réclame « ni acharnement, ni passe-droit », mais l’application du droit, estimant que cette démarche doit permettre de préserver les droits de l’accusation comme ceux de l’accusé.
Le deuxième rappel porte sur les conditions de détention. Faustin Zaméto affirme qu’une personne détenue conserve ses droits fondamentaux, notamment le droit à la défense, à la santé, à la lecture et à la dignité.
Il demande que ces droits soient respectés à la maison d’arrêt de Ngaragba. Pour Faustin Zaméto, le respect des détenus constitue également un indicateur du respect des principes de l’État de droit.
Le troisième rappel concerne la place des intellectuels dans la société centrafricaine. Faustin Zaméto estime qu’une démocratie doit pouvoir accepter la contradiction et permettre aux juristes, enseignants et autres acteurs intellectuels de participer au débat public.
Il met en garde contre une République dans laquelle les voix critiques seraient progressivement réduites au silence. Selon lui, le dossier d’Erenon Dominique Désiré doit aussi être l’occasion de réaffirmer la possibilité de critiquer, débattre et alerter dans le respect de la loi.
Faustin Zaméto appelle Erenon Dominique Désiré à tenir bon
Dans la suite de sa lettre, Faustin Zaméto reconnaît que la détention constitue une épreuve pour la personne concernée, sa famille et son entourage.
Il adresse ainsi un message de solidarité au juriste et l’encourage à préserver sa santé et sa sérénité pendant cette période. Faustin Zaméto l’invite également à consacrer ce temps à la lecture, à la réflexion et à l’écriture.
L’analyste politique formule trois vœux. Le premier porte sur la vérité et demande que toute la lumière soit faite sur le dossier judiciaire « rapidement et équitablement ». Le deuxième concerne la force et la santé du détenu. Le troisième porte sur son retour dans les débats, les conférences et les activités de formation.
Faustin Zaméto estime que la République centrafricaine aura besoin de l’expertise des juristes et des intellectuels pour renforcer l’État de droit.
« Le silence en a un plus grand »
Dans son dernier message, Faustin Zaméto affirme que l’engagement public peut avoir un coût, mais que le silence peut en avoir un plus important.
Il annonce également son intention de poursuivre, avec d’autres, le débat sur la place des juristes, des enseignants et des intellectuels dans la reconstruction nationale.
« La prison est une parenthèse. La Nation est une continuité », écrit Faustin Zaméto dans sa lettre à Erenon Dominique Désiré.
Le sociologue et analyste politique conclut son texte en appelant le juriste à tenir bon et en affirmant que la République centrafricaine a besoin de compétences juridiques et de citoyens capables de défendre les principes de l’État de droit.
La lettre de Faustin Zaméto, datée du 16 août 2026 à Béa-Rex, est également adressée, en copie, au ministre de la Justice, au président de la Commission des droits de l’homme et au bâtonnier de l’Ordre des avocats de la République centrafricaine.
Jean-Pierre Mara réagit à la tribune de Faustin Zaméto publiée le 8 août 2026 et défend une reconstruction de la pensée centrafricaine fondée sur les cultures locales et une nouvelle pratique de l’État. reaction2AZameto.docx
Jean-Pierre Mara veut réécrire l’histoire centrafricaine
Dans sa réaction, Jean-Pierre Mara estime que la République centrafricaine doit revoir la manière dont elle raconte son histoire et analyse ses propres réalités.
Jean-Pierre Mara reprend notamment la proposition de Faustin Zaméto sur la nécessité de « réécrire notre histoire ». Il estime que cette histoire doit être écrite par les Centrafricains eux-mêmes, avec leurs propres références et leurs propres réalités, plutôt qu’à travers une lecture héritée de la colonisation. reaction2AZameto.docx
Pour Jean-Pierre Mara, les historiens et philosophes centrafricains doivent davantage étudier les résistances, les traditions, les systèmes sociaux et les cultures du pays. Il cite notamment la guerre du Congo-Wara, la résistance des Mandja au portage et l’Odyssée de Mongou chez les Zandé. reaction2AZameto.docx
Jean-Pierre Mara défend les cultures centrafricaines
Jean-Pierre Mara considère que la République centrafricaine ne possède pas une culture unique, mais plusieurs cultures qui composent son identité nationale.
Il cite les Zandé, Yakoma, Banziri, Banda, Mandja, Gbaya, Ngbaka, Tali, Souma, Kaba, Lythos, Baminga et Mbati pour rappeler cette diversité culturelle. Pour lui, les pratiques funéraires, alimentaires, linguistiques et sociales diffèrent d’une communauté à l’autre. reaction2AZameto.docx
Jean-Pierre Mara estime aussi que cette diversité doit être mieux intégrée dans les politiques publiques. Il regrette que certaines institutions et formations universitaires accordent peu de place aux réalités sociales et culturelles locales. reaction2AZameto.docx
Jean-Pierre Mara appelle à renforcer le rôle du sango
Dans sa réflexion, Jean-Pierre Mara accorde une place importante à la langue. Il estime que les langues et les philosophies centrafricaines sont encore largement transmises par l’oralité.
Jean-Pierre Mara propose de travailler à la normalisation de l’écriture du sango afin de faciliter la transmission des cultures, des connaissances et des philosophies centrafricaines. Il insiste sur la nécessité de dépasser une transmission exclusivement orale. reaction2AZameto.docx
Cette proposition rejoint, selon Jean-Pierre Mara, la nécessité plus large de produire des connaissances à partir des réalités du pays.
Jean-Pierre Mara critique la copie des modèles institutionnels
Jean-Pierre Mara consacre une autre partie de sa réaction à la pratique de l’État. Il reprend le deuxième engagement présenté par Faustin Zaméto : « changer la pratique de l’État ».
Jean-Pierre Mara estime que les spécialistes du droit et du droit constitutionnel consacrent trop d’efforts à reprendre des modèles occidentaux, au lieu de construire des textes adaptés aux réalités centrafricaines. reaction2AZameto.docx
Il cite les institutions existantes, notamment la Cour constitutionnelle, l’Assemblée nationale, les conseils régionaux et le gouvernorat, pour questionner leur efficacité dans la gouvernance du pays. reaction2AZameto.docx
Pour Jean-Pierre Mara, le changement doit porter sur le fonctionnement de l’État, le système politique, le mode de désignation des dirigeants et l’organisation des responsabilités publiques. reaction2AZameto.docx
Jean-Pierre Mara met en cause le modèle hyperprésidentiel
Jean-Pierre Mara estime que la décentralisation ne peut pas produire les résultats attendus si elle reste associée à un système hyperprésidentiel.
Selon lui, certaines solutions institutionnelles présentées comme des modèles à reproduire ne correspondent pas nécessairement aux réalités centrafricaines. Il critique ainsi la reproduction de modèles étrangers sans adaptation suffisante aux réalités nationales. reaction2AZameto.docx
Jean-Pierre Mara considère que la République centrafricaine doit développer ses propres mécanismes de gouvernance et définir une organisation de l’État correspondant davantage aux besoins de sa population.
Jean-Pierre Mara insiste sur la réécriture de l’histoire par les Centrafricains et la valorisation de la diversité culturelle, tout en soulignant l’importance de la langue sango dans cette démarche.
Jean-Pierre Mara appelle les élites à assumer leurs responsabilités
Dans la suite de sa réaction, Jean-Pierre Mara estime que le changement doit être porté par des responsables capables de proposer de nouvelles idées.
Il évoque la nécessité de faire émerger un noyau de penseurs, de responsables, d’artistes, de jeunes, d’ingénieurs, d’agriculteurs et d’artisans capables de participer à une nouvelle dynamique nationale. reaction2AZameto.docx
Pour Jean-Pierre Mara, les dirigeants politiques doivent aussi assumer directement leurs responsabilités. Il estime que ceux qui cherchent à accéder à la présidence ou à conserver le pouvoir doivent proposer des réponses aux préoccupations de la population. reaction2AZameto.docx
Jean-Pierre Mara répond directement à la tribune de Faustin Zaméto
La réaction de Jean-Pierre Mara intervient après la tribune de Faustin Zaméto, sociologue et analyste politique, publiée le samedi 8 août 2026 à Bangui. Faustin Zaméto y défendait un « mouvement de réhabilitation et de déconstruction intellectuelle » autour de trois engagements : réécrire l’histoire, changer la pratique de l’État et produire un propre récit national. 
Jean-Pierre Mara reprend ces orientations tout en développant sa propre lecture. Il insiste particulièrement sur la diversité culturelle, la réécriture de l’histoire par les Centrafricains, la valorisation du sango et la nécessité de construire des institutions adaptées aux réalités nationales.
Dans cette réaction datée du 10 août 2026 à Paris, Jean-Pierre Mara appelle ainsi à dépasser la simple reproduction des modèles hérités et à faire émerger une pensée politique et culturelle davantage ancrée dans les réalités centrafricaines. reaction2AZameto.docx
Un soldat de l’armée nationale a trouvé la mort ce dimanche 16 août 2026 dans un accident impliquant deux motos à l’entrée du PK12, à la sortie nord de Bangui. Une autre personne, grièvement blessée, a été évacuée vers l’hôpital.
Cet accident vient s’ajouter à une longue série de drames enregistrés derniers jours sur les routes centrafricaines. À Bangui comme sur plusieurs axes du pays, les accidents de circulation sont devenus des événements presque quotidiens, avec des morts et des blessés graves.
L’accident de ce dimanche s’est produit à hauteur du PK12, dans la zone située à la sortie nord de la capitale. Deux motos ont été impliquées. Le bilan fait état d’un mort, un militaire des Forces armées centrafricaines, et d’un blessé grave transféré dans un établissement hospitalier.
Pour les habitants de Bangui, ces accidents répétés font désormais partie d’une réalité quotidienne. Sortir de chez soi, emprunter une moto, un taxi ou un véhicule sur les routes de la capitale signifie prendre le risque de ne pas rentrer indemne. Certains habitants disent désormais partir et revenir en remerciant Dieu d’avoir échappé à un accident.
Cette peur s’est installée progressivement. Elle intervient après plusieurs années de crise politique et militaire qui ont déjà coûté la vie à des milliers de Centrafricains entre 2013 et 2016. Alors que le pays continue de porter les conséquences de cette période, les accidents de la route ajoutent chaque semaine de nouvelles victimes.
La particularité de cette nouvelle hécatombe est qu’elle se déroule sous les yeux de tous, au milieu d’une circulation qui ne s’arrête jamais. Les motos continuent de circuler, les taxis et les véhicules de transport poursuivent leurs trajets et les déplacements restent indispensables à la vie quotidienne. Dans le même temps, les accidents continuent de provoquer des décès et des handicaps.
Le problème dépasse désormais le simple fait divers. Chaque mort sur la route représente une famille endeuillée. Chaque blessé grave peut devenir une personne handicapée, avec des conséquences importantes pour lui-même et pour ses proches. Derrière les chiffres s’accumulent donc des familles qui perdent un parent, un enfant, un conjoint ou une personne qui contribuait à leurs revenus.
À Bangui, la circulation des motos occupe une place importante dans les déplacements. La multiplication des deux-roues, combinée à l’état de certaines routes, aux comportements des usagers et aux difficultés de contrôle de la circulation, crée un environnement particulièrement dangereux. Les causes précises doivent être établies accident par accident, mais la répétition des drames montre que le problème ne peut plus être considéré comme une succession de faits isolés.
L’accident mortel enregistré ce dimanche au PK12 rappelle ainsi une réalité devenue difficile à ignorer : sur les routes centrafricaines, la mort peut survenir à quelques mètres de chez soi, sur le chemin du travail, du marché ou simplement lors d’un déplacement ordinaire.
Pour les familles des victimes, chaque nouvel accident ravive la même douleur. Pour les blessés, le traumatisme peut se prolonger pendant des mois ou toute une vie. Et pour les usagers de la route, la peur accompagne désormais de nombreux déplacements dans la capitale.
La circulation, elle, continue. Les routes restent pleines, les motos roulent, les taxis transportent leurs passagers et les véhicules poursuivent leurs trajets. Ce dimanche encore, au PK12, un déplacement ordinaire s’est transformé en drame, avec un mort et un blessé grave. D’autres accidents viendront peut-être s’ajouter à cette série si rien ne permet de réduire durablement les risques sur les routes centrafricaines.
Au cœur du Ministère des Affaires Étrangères et des centrafricains de l’étranger, l’ambition démesurée du Directeur de Cabinet Alain Lamessy déclenche une crise politique majeure pour précipiter sa promotion au poste de ministre.
Un ancien universitaire en quête de pouvoir
Alain Lamessy n’était pas destiné, à l’origine, aux arcanes de la diplomatie centrafricaine. Enseignant universitaire propulsé à ce poste stratégique, il a rapidement troqué la posture de collaborateur loyal pour celle de rival déguisé. Depuis plusieurs mois, il mène une stratégie de sabotage méthodique contre sa propre hiérarchie, tissant patiemment un réseau d’influence à l’intérieur même du département diplomatique. Ce travail de fond, mené dans la discrétion des couloirs ministériels, visait un objectif précis : préparer le terrain à une promotion qu’il estime lui être due.
Cette entreprise de déstabilisation trouve un relais de poids en la personne de Madame Ngamana, conseillère culturelle à l’ambassade de la RCA au Maroc. Forte d’une proximité qu’elle revendique ouvertement avec le chef de l’État Baba Kongoboro, cette dernière agit en tandem avec le Directeur de Cabinet pour fragiliser la position de la ministre Sylvie Baïpo-Temon. Le duo, installé de part et d’autre du dispositif diplomatique, coordonne ses initiatives avec une constance qui laisse peu de place à l’improvisation. Cette alliance a servi de tremplin à une offensive plus large, visant à isoler la ministre de ses soutiens naturels.
Pour mener cette offensive sans s’exposer directement, le duo s’est appuyé sur des relais extérieurs particulièrement agressifs. C’est ainsi qu’ils ont recruté Éloge Doctrouvé, un individu déjà connu pour ses invectives publiques récurrentes sur les réseaux sociaux. Cet activiste a multiplié les attaques violentes contre la ministre, l’accusant notamment de placer des stagiaires à des postes stratégiques sans légitimité. Les investigations menées par la rédaction de CNC confirment que ces campagnes étaient orchestrées en sous-main par Alain Lamessy et sa complice. Avant même les ajustements gouvernementaux attendus, cet intermédiaire réclamait déjà, auprès du Premier ministre, le limogeage pur et simple de la ministre signe que la manœuvre visait un calendrier précis, calé sur les échéances politiques du moment.
Des soutiens revendiqués au sommet de l’État
Cette assurance à braver ouvertement l’autorité hiérarchique ne relève pas du hasard : elle s’appuie, selon Lamessi lui-même, sur des soutiens politiques situés en haut lieu. Le Directeur de Cabinet ne cache plus ses ambitions et affirme à ses collaborateurs bénéficier d’un appui influent au sommet de l’appareil d’État. Il répète à ses troupes que le président de la République lui aurait promis le fauteuil de ministre des Affaires Étrangères, ou à défaut celui des Mines et de la Géologie. Cette perspective d’ascension politique explique sa fuite en avant et la constitution d’un clan d’opposition interne, désormais identifiable au sein même du ministère.
Une diplomatie paralysée
Cette paralysie volontaire des dossiers sensibles met en péril l’action de la diplomatie centrafricaine à un moment où le pays a besoin de stabilité institutionnelle. Des sources à la Primature confirment la gravité de ces agissements, sans qu’aucune mesure n’ait pour l’instant été prise pour y mettre un terme. Le Directeur de Cabinet poursuit ainsi son entreprise d’usure, dans l’espoir de forcer son entrée au gouvernement au prix d’une fonction publique fragilisée de l’intérieur.
Par Alain Nzilo
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Chaine officielle du CNC
La quête de pouvoir d’Alain Lamessi au sein du ministère des Affaires Étrangères crée une crise politique, alimentée par un réseau d’influence et des ambitions démesurées.
Depuis vendredi, les activités sont paralysées à Ndélé, dans la préfecture de Bamingui-Bangoran, après la détention illégale d’un transporteur par des mercenaires du groupe Wagner. Ses proches restent sans nouvelles de lui.
À l’entrée de la ville, des éléments du groupe Wagner ont immobilisé le véhicule avant de procéder à une fouille. Les mercenaires soupçonnaient le camion d’avoir transporté des munitions ou d’autres produits considérés comme suspects.
Le contrôle s’est rapidement transformé en une fouille approfondie du véhicule, des marchandises et des effets personnels des passagers.
Des biens confisqués pendant la fouille
Des sacs, des porte-monnaie, des téléphones et plusieurs effets appartenant aux voyageurs ont été récupérés par les hommes du groupe Wagner communément appelés les criminels de Touadera.
Les mercenaires ont également découvert du Tramadol parmi les produits transportés. Le médicament a été saisi avec d’autres marchandises.
La population conteste cette confiscation. Le Tramadol reste avant tout un produit pharmaceutique utilisé notamment contre certaines douleurs. Son usage détourné et sa consommation abusive peuvent poser problème, mais les habitants refusent de voir systématiquement ce médicament assimilé à une drogue.
La colère autour du Tramadol
La saisie du Tramadol provoque une incompréhension supplémentaire à Ndélé.
Des habitants accusent les mercenaires du groupe Wagner de contrôler eux-mêmes une partie importante du commerce de ce produit en Centrafrique. Selon plusieurs témoignages recueillis par la rédaction de CNC, les Wagner achèteraient du Tramadol en grande quantité à l’étranger, notamment en République démocratique du Congo, avant de le faire circuler et de le revendre dans différentes villes du pays.
La population ne comprend donc pas pourquoi les mêmes hommes qui seraient impliqués dans ce commerce saisissent le Tramadol transporté par de simples voyageurs ou commerçants.
Pour les habitants de Ndélé, cette contradiction nourrit la colère. Ils estiment que les mercenaires ne devraient pas pouvoir confisquer les médicaments et les biens des citoyens au gré de leurs contrôles.
Le chauffeur libéré, le transporteur toujours détenu
Après la fouille, le chauffeur et le transporteur ont été arrêtés et conduits dans une base contrôlée par les mercenaires.
Le chauffeur a été libéré quelques heures plus tard.
Le transporteur, lui, reste détenu.
Quatre jours après son arrestation, ses proches n’ont reçu aucune information précise sur son lieu de détention ni sur ses conditions de détention.
Ils ignorent également s’il est toujours en vie et dans quel état il se trouve.
Cette absence totale d’informations a rapidement alimenté les inquiétudes à Ndélé.
La crainte d’une mort provoque la colère
Dans la ville, des habitants craignent désormais que le transporteur ait été tué pendant sa détention.
Aucune information indépendante ne permet à ce stade de confirmer sa mort. Mais son maintien en détention, sans nouvelles communiquées à ses proches, alimente les rumeurs et la colère.
La population demande à connaître son sort et réclame sa libération.
Ndélé devient une ville morte
Depuis vendredi, une partie importante de la population a cessé ses activités.
Le marché est fermé. Les commerçants ne tiennent plus leurs étals comme d’habitude et plusieurs boutiques restent fermées. Les rues de Ndélé sont largement désertes.
Samedi, le mouvement de protestation s’est poursuivi.
La ville tourne ainsi au ralenti depuis deux jours, dans un contexte de colère contre les agissements attribués aux mercenaires du groupe Wagner.
Pour les habitants, l’affaire ne concerne plus seulement le transporteur détenu. Elle renvoie aussi aux contrôles exercés par les mercenaires sur les axes routiers, aux fouilles des voyageurs et aux confiscations de leurs biens.
Les Wagner au cœur des contrôles à Ndélé
L’affaire intervient alors que les mercenaires du groupe Wagner multiplient les contrôles sur les axes menant à Ndélé.
Ils interviennent directement dans le contrôle des véhicules et des passagers, procèdent à des fouilles et peuvent immobiliser des moyens de transport.
Dans le cas du camion intercepté mardi soir, les mercenaires ont saisi plusieurs biens appartenant aux passagers, découvert et confisqué du Tramadol, puis arrêté le chauffeur et le transporteur.
Le chauffeur a finalement été libéré, tandis que le second homme est toujours détenu.
Un camion loué pour assurer les navettes
Rappelons que l’homme toujours détenu n’est pas le propriétaire définitif du camion. Il loue le véhicule pour assurer les navettes de transport entre Bangui et les villes de province, une pratique courante dans le secteur du transport en Centrafrique. Le propriétaire du camion se trouve à Bangui. C’est donc le locataire, celui qui exploite effectivement le véhicule, qui a été arrêté par les mercenaires du groupe Wagner et reste jusqu’à présent sans nouvelles communiquées à sa famille.
Mboli-Goumba du BRDC dénonce la présence des mercenaires russes en Centrafrique et affirme que le gouvernement a transformé la RCA en un véritable narco-État.
Les accusations portées contre le pouvoir de Bangui franchissent un nouveau cap. Lors d’une récente intervention médiatique, l’avocat et figure majeure de l’opposition, Maître Crépin Mboli-Goumba, est revenu en détail sur la crise sécuritaire et institutionnelle qui secoue la République centrafricaine, en ciblant directement l’emprise des forces étrangères sur le territoire.
Selon le représentant du BRDC, le recours systématique aux mercenaires du groupe Wagner pour sécuriser les zones stratégiques du pays constitue un aveu de faiblesse dramatique. Il soutient que la dépendance de l’exécutif envers ces combattants privés dépouille l’État de sa souveraineté fondamentale, laissant le contrôle de secteurs clés entre leurs mains tout en installant un climat d’impunité généralisée.
Au-delà de la présence militaire russe, l’opposant s’appuie sur des enquêtes internationales récentes pour dresser un constat alarmant de la situation économique et sociétale. Évoquant notamment les révélations sur le trafic de Tramadol et l’opacité entourant l’exploitation des ressources minières, il affirme que la Centrafrique glisse vers la qualification de narco-État, où les réseaux criminels s’imposent au détriment des institutions publiques.
Pour Maître Mboli-Goumba, ce tableau sombre est la conséquence directe d’une défaillance au plus haut niveau. En dénonçant ce qu’il qualifie de dérive mafieuse, l’acteur politique entend interpeller l’opinion publique et la communauté internationale sur les risques d’isolement diplomatique et financier majeurs qui pèsent désormais sur le pays.
Mboli-Goumba met en avant la transformation de la Centrafrique en narco-État, exacerbée par la présence du groupe Wagner, qui pèse sur la souveraineté nationale.
La descente aux enfers des employés de l’UNOPS en RCA, est-ce que cette exploitation sans fin se reproduit dans les autres missions des Nations Unies à travers le monde ?
Manifestation des ex-employés de l’UNOPS de la Minusca devant le siège à Bangui
La dégradation continue des conditions d’embauche des journaliers et des contractuels individuels à l’UNOPS transforme leur travail quotidien en un véritable parcours du combattant. Cette mécanique d’usure s’observe-t-elle uniquement en République Centrafricaine, ou cette galère d’exploitation humaine s’étend-elle également à d’autres pays hôtes et missions des Nations Unies en Afrique ?
Les travailleurs journaliers et les contractuels individuels de l’UNOPS en Centrafrique vivent un véritable cauchemar professionnel au quotidien. L’organisme onusien a progressivement réduit la durée des contrats de travail, passant d’une année renouvelable à six mois, puis à trois mois, et désormais à des accords précaires d’un mois ou à une absence totale de papier officiel. Travailler sans le moindre statut juridique au sein d’une agence internationale illustre une violence administrative inouïe qui plonge ces pères et mères de famille dans une précarité absolue.
La détresse financière de ces employés est aggravée par des retards de paiement scandaleux qui s’étirent sur trois, quatre, voire cinq mois sans la moindre explication. Les salaires arrivent de manière totalement aléatoire, privant ces travailleurs de leurs ressources les plus élémentaires pour se nourrir et se soigner. Pendant que ces petites mains s’épuisent sans garantie, un système parallèle de gestion opaque s’est installé au sein de l’antenne de Bangui.
Un audit interne récent a mis en lumière un scandale monumental avec la découverte de plus de quatre cents employés fantômes. Ces profils fictifs continuent de percevoir des émoluments réguliers et confortables, siphonnant les fonds pendant que les véritables salariés subissent de plein fouet les restrictions budgétaires. Cette fuite en avant financière démontre une gestion mafieuse où l’argent public et les ressources de l’organisation servent à alimenter des réseaux occultes au détriment du travailleur centrafricain.
La machine répressive de l’institution ne s’arrête pas aux impayés et frappe également par des licenciements abusifs répétés. Quatre anciens collaborateurs, forts de six à sept années de loyaux services fidèles auprès de la mission, viennent d’être jetés à la porte sous de fallacieux prétextes administratifs. Face à cette injustice, leurs démarches de recours auprès des autorités locales ont mené à une convocation officielle du ministère des Affaires étrangères, à laquelle la MINUSCA a opposé un déni de responsabilité cynique et incompréhensible.
Cette attitude hautaine de l’organisation internationale met en lumière la complicité passive des sphères dirigeantes locales, totalement soumises et indifférentes au sort de leurs propres concitoyens. Les Centrafricains constituent pourtant le pilier indispensable et l’outil de base de toutes les opérations logistiques sur le terrain. Si ces journaliers et contractuels décidaient de croiser définitivement les bras pour lancer une grève générale, toute la machine onusienne en Centrafricaine s’arrêterait net et se retrouverait immédiatement paralysée.
Par Éric Azoumi
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La crise des employés UNOPS met en lumière des conditions de travail dégradantes, illustrant la précarité à laquelle ces travailleurs sont confrontés au quotidien.
À Bozoum, dans l’Ouham-Pendé, un commerçant vient d’être condamné à un an de prison avec sursis et à un million de francs CFA d’amende dans une affaire de vol de cabri où son implication repose sur les déclarations d’un voleur et des informations rapportées sur ses activités.
L’affaire commence le 2 août 2026 à Bozoum. Un jeune voleur se rend dans une concession familiale de la ville qui avait attaché deux cabris dans sa parcelle. Le jeune voleur parvient à détacher le premier animal et l’emmène dans une concession près de l’école préfectorale garçon de Bozoum.
Le cabri y est tué et découpé. Le jeune homme revient ensuite chercher le deuxième animal. Cette fois, le propriétaire le surprend en train de détacher le cabri. Il le poursuit et parvient à le rattraper avant de le conduire à la gendarmerie de Bozoum.
Le premier cabri retrouvé près de l’école préfectorale
À la brigade de recherche de la gendarmerie de Bozoum, le jeune voleur est interrogé sur le premier cabri. Il finit par indiquer aux gendarmes l’endroit où il l’avait déposé.
Les gendarmes se rendent alors dans la concession située près de l’école préfectorale et retrouvent les restes du cabri, déjà tué et découpé. Les morceaux sont ramenés à la brigade. Les gendarmes, de leur côté, se partagent les morceaux de la bête entre eux pour le repas de leur propre famille.
Toutefois, l’enquête se poursuit autour du jeune voleur. Au cours des interrogatoires à la brigade de recherche, celui-ci désigne Magouille Noël comme la personne à laquelle il comptait vendre le cabri.
Magui Noël est un commerçant de Bozoum qui vend notamment de la viande de cabri grillée au bord de la route. Son nom entre alors dans la procédure.
Le commerçant Magouille Noël convoqué à la brigade
Magouille Noël est convoqué à la brigade de recherche. Il se présente aux gendarmes le lendemain.
Interrogé sur le vol, il nie toute implication. Il affirme ne pas connaître l’affaire et ne pas avoir acheté le cabri volé.
Les enquêteurs maintiennent pourtant leurs soupçons et poursuivent les interrogatoires.
Le commerçant souffre par ailleurs d’asthme et présente d’autres problèmes de santé, notamment de l’hypertension et du diabète. Face à la perspective d’une détention, sa famille réunit 100 000 francs CFA.
La somme est remise aux gendarmes et Magouille Noël est libéré.
Quelques jours plus tard, il est de nouveau arrêté.
Le dossier prend alors une nouvelle tournure avec l’intervention du parquet de Bozoum. Le commerçant est présenté par le procureur comme pouvant être poursuivi pour recel aux côtés du jeune homme poursuivi pour le vol. Pour le procureur, on ne peut pas incarcérer le voleur et libérer le receleur.
Mais monsieur Magouille Noël, de son côté, maintient qu’il n’a aucun lien avec le vol. Il précise que la personne à laquelle appartenaient les cabris est son cousin, le fils de sa grande sœur, et qu’il n’aurait aucun intérêt à participer au vol de ses animaux.
Il explique également que les 100 000 francs CFA remis lors de sa première interpellation l’ont été par crainte de sa santé en cas de détention et non pour reconnaître une quelconque participation au vol.
« On a beaucoup entendu parler de toi »
L’affaire arrive finalement devant le tribunal de Bozoum. Magouille Noël, par crainte d’être maintenu en prison, demande alors à sa famille de réunir de nouveau une somme pour remettre au procureur pour sa libération. Finalement, la famille a réuni une somme de 200 000 francs CFA et remettre au procureur. ,Malgré la somme remise, monsieur Noël n’est toujours pas libéré.
Finalement, Magouille Noël est passé au procès. Au cours de l’audience, le ministère public soutient que Magui Noël est un receleur. Le procureur requiert un an de prison et 200 000 francs CFA d’amende.
Un élément particulièrement frappant apparaît alors dans les débats : le commerçant est présenté comme une personne dont le nom revient régulièrement dans des informations faisant état d’achats de cabris volés.
Il lui est notamment indiqué que les autorités auraient « beaucoup entendu parler » de lui et qu’il achèterait régulièrement des cabris provenant de vols.
Le problème posé par cette affirmation est immédiat : entendre parler d’une personne ou recevoir des informations sur ses activités ne constitue pas, en soi, la preuve qu’elle a acheté le cabri faisant l’objet du procès.
Dans cette affaire, le jeune voleur l’a désigné comme un acheteur potentiel. Le commerçant, lui, a toujours contesté avoir acheté l’animal ou participé au vol. La question centrale devient donc celle des éléments matériels permettant d’établir le recel.
Un an avec sursis et un million de francs CFA d’amende
Le délibéré intervient vendredi 14 août 2026.
Le tribunal condamne Magui Noël à un an d’emprisonnement avec sursis et à un million de francs CFA d’amende.
L’affaire du vol de cabri à Bozoum soulève des questions sur la justice, alors que Magouille Noël est condamné malgré l’absence de preuves tangibles.
Il n’est donc pas incarcéré à l’issue de cette décision. Il vient d’être libéré.
Le jeune homme poursuivi pour le vol de cabri reste au cœur de la procédure initiale. Son arrestation intervient après avoir été surpris par le propriétaire alors qu’il tentait de voler le deuxième animal. Le premier cabri a, lui, été retrouvé dans la concession de l’école préfectorale après les indications données par le suspect aux gendarmes.
L’affaire de Magui Noël est différente. Le commerçant n’a pas été arrêté avec le cabri volé. Il n’a pas été surpris en train de l’acheter. Il n’a pas non plus été retrouvé en possession des restes de l’animal.
Son nom apparaît dans le dossier à la suite de la déclaration du jeune voleur, qui affirme avoir voulu lui vendre le cabri, puis à travers des informations selon lesquelles le commerçant achèterait régulièrement des cabris volés.
La preuve au cœur de la justice
L’affaire de Bozoum pose une question essentielle sur le fonctionnement de la justice : une condamnation pénale doit-elle pouvoir reposer sur ce que l’on entend dire d’une personne ?
La justice ne peut pas fonctionner uniquement à partir de soupçons, de réputations ou de rumeurs. Une accusation doit être confrontée à des éléments précis permettant d’établir la réalité des faits reprochés.
Dans le dossier de Magui Noël, le tribunal a rendu sa décision et le commerçant a été condamné. La décision judiciaire doit être respectée. Mais elle peut également être examinée à partir des éléments qui ont servi à établir sa responsabilité.
Dire qu’un commerçant vend de la viande de cabri ne démontre pas qu’il achète des animaux volés. Dire qu’il est régulièrement cité dans des conversations ou des informations locales ne démontre pas davantage qu’il a acheté le cabri concerné par cette affaire.
Le fait qu’un voleur désigne une personne comme acheteur potentiel constitue un élément d’enquête. Il doit encore être vérifié et confronté à d’autres preuves.
C’est précisément là que se trouve l’enjeu de cette affaire de Bozoum : la justice doit rechercher des preuves, établir les faits et distinguer ce qui est démontré de ce qui relève du soupçon ou de la rumeur.
L’indépendance est-elle véritablement acquise lorsque les leviers essentiels du pouvoir échappent encore aux mains de ceux qui sont censés gouverner ? C’est la question que pose Jean-Pierre Mara, ingénieur et ancien député centrafricain vivant en exil, dans un message publié lundi premier décembre sur les réseaux sociaux. Revenant sur les fondements de l’indépendance de la République centrafricaine, Jean-Pierre Mara interroge la trajectoire du pays depuis ses origines et compare les ambitions des pères fondateurs aux réalisations des dirigeants actuels.
Jean-Pierre Mara, dans son message, rappelle que le premier conseil de Gouvernement, présidé par Barthélémy Boganda, comptait sept membres : Abel Goumba aux Finances, à l’Économie et au Plan ; David Dacko à l’Intérieur ; Robert Gbaguidi à l’Instruction publique et au Travail ; Marcel Douzima à l’Agriculture, l’Élevage, les Eaux, Forêts, Chasse et Pêche ; Pierre Faustin Maleyombo aux Travaux publics, au Transport et aux Mines ; et Albert Sato à la Santé publique et aux Affaires sociales.
Toutefois, l’ancien député note que cette configuration gouvernementale montrait déjà les limites d’une souveraineté naissante. « Tous les portefeuilles de souveraineté tels Défense, Finances, Communication, Affaire Étrangère, Plan, Budget, Éducation nationale sont entre les mains de Bordier, Gouverneur colonial français de l’AEF à Bangui », écrit-il.
À l’exception de quelques personnalités comme Goumba, ces hommes étaient pour la plupart instituteurs ou simples agents administratifs. Jean-Pierre Mara souligne : « Mais au moins, Instituteurs qu’ils étaient, pensaient à la construction de la RCA. » Une remarque qui pose la question centrale de son message : « Nous avons des Docteurs et des Professeurs à la Tête du Pays. Quel est l’objectif de construction de la RCA d’aujourd’hui ? »
Le constat que dresse Jean-Pierre Mara de la situation actuelle du pays est sans appel. Il énumère les défaillances qui caractérisent aujourd’hui la capitale : « Sans Eau potable dans tout Bangui, sans assainissement dans la capitale du pays, sans électricité en permanence, sans téléphone fixe dans les bureaux, sans des toilettes propres dans les administrations du pays à Bangui et en province. »
L’ancien député étend sa critique au domaine juridique. « Même en matière de droit, et la RCA ne compte plus les docteurs en droit, on ne sait pas où est le droit et la justice », déplore-t-il. Cette observation le conduit à poser une question qui traverse tout son propos : « Qu’avons-nous nous apporté avec nos diplômes ? Qu’avons-nous nous construit en matière de construction d’une nation pour faire la fierté de la RCA ? ».
Jean-Pierre Mara termine son message par un appel : « Je suis preneur des indicateurs d’éléments de construction juridiques et infrastructures de ce pays depuis 1981. » Une demande qui traduit son besoin de comprendre ce qui a été réellement accompli depuis cette période, et qui invite à une évaluation honnête du chemin parcouru par la République centrafricaine depuis les premières années de son indépendance.
À Tiringoulou, dans la préfecture de la Vakaga, la population paye une fois de plus le prix fort du comportement irresponsable et violent de ceux qui sont censés la protéger. Un élément des Forces Armées Centrafricaines (FACA) a basculé dans le banditisme pur et simple, plongeant toute une localité dans le chaos et la peur.
L’affaire commence dans la nuit, lorsque ce soldat se rend chez un commerçant local nommé Mahamat pour acheter deux bouteilles de jus de fruits. Le calcul est simple : 750 F CFA l’unité, soit un total de 1 500 F CFA. Pourtant, le militaire n’en remet que 1 000 et exige de repartir avec la marchandise.
Face au refus du commerçant de se faire spolier, le soldat refuse la moindre contestation. La discussion tourne immédiatement à l’agression : au lieu de régler son dû, le militaire passe violemment Mahamat à tabac. Un abus de pouvoir grotesque pour une poignée de francs CFA.
Dans le marché central de Tiringoulou
Des coups de feu et une population prise en otage
Non content de cette agression nocturne, l’élément des FACA pushes la lâcheté encore plus loin le lendemain matin. Il revient armé devant la boutique et ouvre le feu directement en direction du commerce. Utiliser une arme de guerre distribuée par l’État contre un commerçant désarmé et sa boutique constitue un dérapage d’une gravité absolue.
Une ville à l’arrêt
Aujourd’hui, Tiringoulou subit les conséquences directes du comportement irresponsable de cet homme. Le marché a baissé le rideau, la ville fonctionne au ralenti et un climat de terreur paralyse les habitants.
Il est intolérable qu’un seul individu en uniforme puisse paralyser toute une communauté par son indiscipline et son agressivité. Les autorités compétentes doivent intervenir sans délai : ce soldat doit être immédiatement désarmé, arrêté et traduit en justice pour répondre de ses actes. La population n’a pas à payer l’impayé d’un militaire, ni à subir ses tirs de représailles.
La violence FACA à Tiringoulou illustre un cas de banditisme militaire inacceptable, où la population subit les conséquences de l’insécurité générée par les forces censées la protéger.
Des tirs ont éclaté vendredi 14 août 2026 à Sikikédé, dans la Vakaga, après une altercation entre un soldat FACA et un milicien d’autodéfense formé par le groupe Wagner.
Des éléments du groupe Wagner étaient arrivés à Sikikédé en provenance de Birao. Ils devaient poursuivre une opération dans la zone, sans que la nature précise de cette mission soit connue.
Un soldat des Forces armées centrafricaines (FACA), originaire de Sikikédé, s’est alors rendu auprès d’un milicien d’autodéfense local formé par le groupe Wagner, communément appelé Wagner noir.
Le milicien est lui aussi originaire de Sikikédé. Le soldat FACA lui a effectivement demandé sa moto pour permettre aux éléments russes de poursuivre leur déplacement dans le cadre de leur mission.
Le milicien a refusé de lui remettre son engin.
Les échanges entre les deux hommes sont ensuite devenus tendus. Les informations recueillies par la rédaction de CNC ne permettent pas de préciser ce qui s’est dit entre eux avant que la situation ne dégénère.
Des tirs retentissent dans Sikikédé
Quelques instants plus tard, des coups de feu ont retenti à Sikikédé.
Des tirs ont été entendus à plusieurs endroits du village, provoquant l’inquiétude des habitants. La confrontation opposait les deux hommes dans un contexte où les éléments du groupe Wagner se trouvaient déjà dans la localité pour poursuivre leur opération.
La population de Sikikédé a été particulièrement préoccupée par ces tirs, qui ont résonné dans le village.
Selon les informations recueillies par la rédaction de CNC, aucun blessé n’est à déplorer, ni parmi les soldats et miliciens impliqués dans l’incident, ni au sein de la population civile.
Les Wagner interviennent
Les éléments du groupe Wagner présents à Sikikédé ont entendu les coups de feu et sont rapidement intervenus.
Ils se sont rendus sur les lieux pour mettre fin à la confrontation entre le soldat FACA et le milicien d’autodéfense. Leur intervention a permis de calmer la situation.
La tension est finalement retombée dans le village de Sikikédé.
L’incident s’est déroulé entre deux hommes originaires de la même localité. Le militaire FACA et le milicien d’autodéfense appartiennent à des structures différentes, mais ont tous deux leurs origines à Sikikédé.
L’opération se poursuit à Sikikédé
Après le retour au calme, les éléments du groupe Wagner ont poursuivi leur opération à Sikikédé et dans les environs.
La nature exacte de cette opération n’a pas été précisée. Les éléments russes étaient arrivés depuis Birao avant le début de l’incident.
Sikikédé se trouve dans la préfecture de la Vakaga, dans l’extrême nord-est de la Centrafrique. La localité fait partie des zones où interviennent régulièrement les forces armées centrafricaines, les groupes d’autodéfense locaux et les éléments associés au groupe Wagner.
Pour les habitants de Sikikédé, les tirs de vendredi ont surtout provoqué une vive inquiétude avant le retour au calme après l’intervention des éléments du groupe Wagner. Aucun blessé n’a été signalé selon les informations recueillies par la rédaction de CNC.
La Cour pénale spéciale (CPS) poursuit, à partir du vendredi 14 août 2026, les audiences dans l’affaire Bossembélé, après la reprise des débats le 11 août. Plusieurs audiences sont programmées jusqu’au 15 octobre.
Le calendrier prévisionnel publié par la CPS prévoit une série d’audiences consacrées à la comparution des témoins. Après l’audience du mardi 11 août, les prochaines audiences sont fixées aux 14, 17, 18, 20, 21, 27 et 28 août.
La reprise des débats marque la poursuite de l’examen de l’affaire par la Chambre d’assises de la CPS. Les audiences doivent permettre d’entendre les témoins appelés à intervenir dans le dossier.
La CPS a également programmé neuf audiences en septembre. Elles sont prévues les 14, 15, 17, 18, 21, 22, 25, 28 et 29 septembre.
Le calendrier se poursuit en octobre avec des audiences prévues les 2, 5, 6, 8, 9, 12, 13 et 15 octobre.
Quatre accusés poursuivis dans l’affaire Bossembélé
L’affaire concerne quatre accusés : François Bozizé Yangouvonda, Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy.
François Bozizé Yangouvonda, ancien président de la République centrafricaine, est poursuivi pour plusieurs faits allégués liés notamment à des meurtres, des privations graves de liberté, des actes de torture, des actes inhumains et des disparitions forcées.
Eugène Barret Ngaïkosset est également poursuivi pour des faits allégués de meurtre, de privation grave de liberté, de torture, d’actes inhumains et de disparitions forcées.
Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy sont eux aussi poursuivis pour des faits allégués commis dans le cadre de cette affaire.
Les faits examinés par la Cour concernent notamment Bangui, Bouar et Bossembélé et couvrent une période allant de février 2009 à mars 2013.
Des audiences publiques à 10 heures
La CPS indique que toutes les audiences sont ouvertes au grand public. Elles débutent à 10 heures.
La CPS se concentre sur l’audition des témoins Bossembélé, une étape cruciale dans le procès qui pourrait influencer l’issue des débats.
Après les audiences du 11 et du 14 août, la prochaine audience est programmée le lundi 17 août. Les témoins appelés devant la Chambre d’assises doivent ainsi continuer à être entendus au fil des différentes dates prévues par la Cour.
Le calendrier a été établi sur la base de l’ordonnance de la Section d’assises n°56-SI-2026. La CPS précise que les dates restent prévisionnelles et peuvent être modifiées ultérieurement.
Dans les grandes démocraties à travers le monde, la radio publique ou privée joue un rôle essentiel et primordial car elle permet d’informer les citoyens, de favoriser le débat public ainsi que d’opposer des opinions contradictoires afin d’extirper la formule idoine pour contribuer efficacement au développement socio-économique du pays.
C’est dans cette optique qu’une nouvelle station radiophonique a été créée en bas des collines de Boyrabe et animée par un sbire du pouvoir à la fois ministre conseiller spécial du président de la République.
En dehors de la propagande politique en faveur du pouvoir de Bangui et du relai de l’influence des paramilitaires russes de Wagner, cette radio a institué une émission qui se transforme en tribunal médiatique et qui s’arroge le pouvoir de juger les contentieux relevant de domaines divers et variés.
L’unique animateur de cette radio qui est un polytechnicien formé en Europe de l’est s’improvise expert dans tout domaine.
Ainsi lors des émissions, il intimide, menace, influence avec son rang de ministre conseiller, humilie en direct ses invités, diffuse l’âge, les numéros de téléphone des mis en cause, drague des femmes ou pose des questions sur la sexualité des invités, des débordements de langage et parfois il remet en cause des documents ou décisions de justice.
Les affaires qui sont traitées en plusieurs jours voire des mois après enquêtes devant les tribunaux sont traités en moins d’une heure à l’antenne de cette radio sous le regard impuissant du Haut Conseil de Communication qui est l’organe régulateur des médias publics et privés en Centrafrique.
La Centrafrique se retrouve ainsi sans le vouloir en face d’un tribunal médiatique hybride qui traite des contentieux liés à tous les domaines du droit c’est-à-dire le contentieux pénal, foncier, commercial, administratif, social etc…
À ce stade de dérapages, il apparaît important de faire une dichotomie entre les deux notions c’est-à-dire la radio et la justice.
La justice républicaine se fonde sur plusieurs principes à savoir l’indépendance, l’equité, l’égalité, la présomption d’innocence, le principe du contradictoire, le respect du droit de la défense, le respect des libertés et droits fondamentaux ainsi que les respect des règles procédurales. Elle procède à l’examen des faits en diligentant une enquête de police si nécessaire et applique les règles préetablies avec une éventualité pour les parties de faire appel de la décision.
Tandis que la radio ne possède pas les prérogatives précitées.
Dans sa mission principale, la radio informe, commente ou critique les décisions, procède à des investigations, questionne le pouvoir sur la gestion de la chose publique, révèle des scandales politiques ou financiers etc…mais ne peut se substituer à une juridiction pour régler des contentieux.
Elle ne dispose d’aucun fondement constitutionnel pour exercer le pouvoir judiciaire.
La liberté d’expression reconnue aux médias ne peut empiéter sur le domaine réservé aux institutions judiciaires c’est-à-dire qu’un micro ne peut se transformer en tribunal.
Effrayé par le caractère horrifique de la problématique, le citoyen lambda s’interroge :
1- Une radio privée de propagande politique peut-elle s’arroger le droit de rendre la justice en lieu et place des tribunaux ?
2- En tenant compte de la diversité culturelle de notre société, l’animateur de cette radio a t-il les compétences juridiques nécessaires pour trancher des litiges fonciers aussi sensibles et complexes ?
3- En d’autres termes, cette radio de propagande politique serait-elle élevée au rang des juridictions ?
4- À quel moment l’animateur de cette radio est-il ministre conseiller spécial du président de la République et à quel moment il est journaliste ou professionnel de media ?
5- Enfin, qu’en pensent le Haut Conseil de la Communication et les autorités établies de la République ?
En tout état de cause et en plus de sa mission traditionnelle, l’orsqu’une radio se transforme en organe de propagande partisane et surtout se substitue à une juridiction, il y’a un réel danger pour l’équilibre des institutions républicaines ainsi qu’à la notion de séparation de pouvoirs.
En conséquence de ce qui précède
Ia seule solution possible et adaptée à ce scandale est la fermeture sans conditions de cette station radio.
Au delà de ce dérapage relevé précédemment, l’on remarque que la septième République imposée aux forceps est habitée par l’esprit de mort car il n’est se passe pas un jour pour compter des morts liés à des catastrophes divers et variés.
Cela est la conséquence directe de l’incapacité du pouvoir de Bangui de relever les défis qui s’imposent et de répondre aux aspirations du peuple.
Ce peuple meurtri n’attend que la démission du président de la République pour incompétence en vue d’écrire une nouvelle page de l’histoire avec de nouveaux acteurs compétents dans le cadre d’une refondation de la nouvelle République bâtie sur une large consultation citoyenne avec des projets de société émergents à l’instar des recommandations du forum de Bangui de 2015.
C’est bien évidemment ce qu’a proposé le Rassemblement Unitaire dans le cadre des consultations citoyennes sans exclusive pour une renaissance centrafricaine que je vous invite au passage à y adhérer massivement dans les jours à venir.
Pour finir, nous vous rappelons que dans les grandes nations de démocratie, on ne gère pas un peuple sans lui rendre des comptes, en l’informant sur ce qu’on fait et en lui expliquant la méthode utilisée pour le gérer ainsi que les résultats escomptés.
S’inscrivant dans cette suite logique et au nom du droit à l’information, donnez des explications fiables, détaillées, crédibles, convainquantes et exempt de mensonges au peuple non seulement sur le sens de la célébration de la fête de l’indépendance dans la dépendance des mercenaires du groupe paramilitaire de Wagner qui confisquent la destinée de tout un peuple mais aussi de s’expliquer sur l’incompréhensible problématique de refus de délivrance de passeport au président de l’URCA, député de la nation et paradoxalement declaré apatride comme si la maîtrise de la notion d’apatridie vous echappe.
Au delà de tout, ce peuple tétanisé et anesthésié se réveillera de son profond sommeil onirique pour organiser la résistance sur la base des articles 28 et 29 de la constitution du 30 mars 2016.
Cependant les paisibles habitants de Limassa soutenus dans sa lutte par ses concitoyens de Mala et par extension à l’échelle nationale sonne le glas en déclenchant le processus graduel de fin de règne et vous rappelle qu’il y’a une belle vie après le pouvoir à l’image du président du Bénin Patrice Talon.
Monsieur le président, l’époque ou alors l’âge pour escalader les clôtures des chancelleries et ambassades est revolue. Démissionnez avec raison et honneur avant d’être contraint par la force car l’exil de nos jours est une prison dorée certes mais son essence est la souffrance.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande même avec menaces ou intimidations, ne dites surtout pas que c’est moi depuis le royaume de Limassa.
Ndele : les mercenaires russes ont installé leur propre barrage routier, comme des gendarmes centrafricains, et ils viennent de mettre la main sur un camion en provenance de Bangui, avec l’apprenti mis en geôle par ces mercenaires criminels
Un soldat FACA menaçant à mort un jeune avec son fusil, peut-être tué déja.
Dans la ville de Ndele, chef-lieu de la préfecture de Bamingui-Bangoran, les mercenaires russes du groupe Wagner, devenus désormais des gendarmes, policiers et douaniers, érigent leur propre barrière routier, s’emparent d’un camion en provenance de Bangui et emprisonnent le jeune apprenti.
Des formalités à la barrière, les Wagner sont devenus maîtres de Ndélé
Les mercenaires russes se comportent désormais comme de véritables gendarmes, des policiers y compris des douaniers centrafricains sur les routes du pays. Mardi dernier, aux environs de 21 heures, un camion de transport public transportant des marchandises et des passagers est arrivé dans la ville de Ndele. Ce véhicule venait directement de la capitale Bangui après un long voyage de plus de 600 kilomètres sur des routes chaotiques. Vers vingt et une heures, au moment de pénétrer dans la ville de Ndélé, le camion est tombé sur le barrage routier érigé par ces criminels de Touadéra. Ces derniers contrôlent les barrières routières et exigent le paiement de formalités pour chaque moyen de transport qui passe. Le chauffeur du camion s est donc arrêté pour se soumettre aux formalités exigées à ce poste de contrôle.
Une fois le camion immobilisé à leur niveau, les mercenaires russes ont brusquement changé d attitude. Ils ont entamé une fouille minutieuse et agressive, vérifiant les pièces d identité un par un et inspectant les bagages des passagers. Ils ont commencé à confisquer divers effets personnels, des sacs ainsi que des porte-monnaie appartenant aux voyageurs. Au cours de cette fouille, ils ont également mis la main sur des produits pharmaceutiques, notamment du Tramadol transporté par un passager. Les mercenaires russes se servent souvent de ces occasions pour confisquer des marchandises qu ils récupèrent ensuite pour leur propre compte ou de simplement revendre. Face à des hommes armés qui dictent leur loi, les citoyens impuissants ne peuvent absolument rien faire pour récupérer leurs biens.
La séquestration de l’apprenti et l immobilisation du véhicule
Après avoir fouillé le véhicule, les mercenaires ont arrêté le chauffeur et le transporteur pour les enfermer dans leur base et dans une geôle spéciale. Quelques heures plus tard, le chauffeur a finalement été libéré, mais l apprenti du camion est resté en détention dans leur prison. Les mercenaires ont d abord déplacé le camion à l entrée de la ville avant de le ramener le lendemain à la gare routière de Ndele. Pour s assurer que personne ne touche au véhicule, ils ont ordonné à de vrais gendarmes centrafricains de monter la garde jour et nuit à côté du camion. Pendant ce temps, les bagages des clients et les produits saisis restent entreposés dans la base militaire des mercenaires russes. Cette situation démontre clairement que ce sont ces combattants étrangers qui commandent sur le terrain, décidant de tout en matière de sécurité et de transport sans rendre de comptes aux autorités officielles.
Barthelemy Kossi
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Chaine officielle du CNC
Les barrages routiers érigés par les mercenaires russes de Wagner à Ndele témoignent de leur emprise croissante sur la région, avec des arrestations et des contrôles agressifs des voyageurs.
L’observateur de la vie sociopolitique Steeve Bendo-Ndeni estime que les violences de Boali traduisent un échec des forces de sécurité, lors du débat Patara diffusé sur Radio Ndeke Luka.
Steeve Bendo-Ndeni attribue les violences de Boali à un échec sécuritaire
Invité du débat politique Patara sur Radio Ndeke Luka, Steeve Bendo-Ndeni a livré une analyse critique des événements survenus à Boali. Selon lui, les destructions de commerces et les attaques contre un lieu de culte auraient pu être évitées avec une réaction rapide des autorités.
D’abord, le membre de la société civile estime que les dispositifs de sécurité n’ont pas rempli leur mission. Il considère que les forces chargées du maintien de l’ordre n’ont pas réussi à prévenir la montée des violences.
« Mais pour moi, je le dis encore ici, le problème c’est la capacité du gouvernement aujourd’hui à pouvoir mettre en place une force, je ne dirais pas une force, mais une manière de pouvoir dissuader tous ces gens d’initiative. Vous savez, si Boali a connu ce qu’elle a connu, c’est parce que, quelque part, je le dis ici, c’est que la sécurité a échoué. »
La réaction des forces de l’ordre au cœur des critiques
Ensuite, Steeve Bendo-Ndeni revient sur les premières heures qui ont suivi l’assassinat à l’origine des tensions. Il affirme que la police et la gendarmerie disposaient du temps nécessaire pour empêcher la situation de dégénérer.
À ses yeux, les manifestations auraient dû être contenues dès leur déclenchement. En conséquence, il estime que l’absence d’intervention a favorisé l’extension des violences.
« Parce que quand on a vu les gens, une fois qu’on a compris qu’il y a eu un assassinat, la police, les gendarmes, ils devaient rapidement se saisir de l’affaire. Ils ne l’ont pas fait. Ils ont laissé la population manifester. […] On savait qu’on allait aboutir à une situation. Il fallait que la gendarmerie et la police puissent arrêter ça au moment où ça déclenchait. Donc on a laissé le feu prendre et puis on a le résultat. »
Une remise en cause du comportement de certains policiers
Par ailleurs, Steeve Bendo-Ndeni cite une vidéo tournée pendant les événements pour illustrer ses critiques. Il affirme qu’un policier filmait la scène pendant qu’un collègue lui demandait de participer au maintien de l’ordre.
Selon lui, cette séquence traduit une perte de priorité au sein de certains éléments des forces de sécurité. Il estime que la protection des personnes et des biens devait primer sur toute autre considération.
« J’ai suivi une vidéo, c’était un officier de police qui filmait. Et son autre collègue porteur de tenue lui dit : “Arrête de filmer, viens m’aider à contenir les gens.” Vous voyez déjà le niveau ? C’est des gens qui sont censés appliquer la loi. […] À ce niveau, dites-moi, quelle est l’urgence ? Filmer pour faire un rapport ou empêcher qu’on détruise une mosquée ? », déclare Steeve Bendo-Ndeni lors du débat Patara sur Radio Ndeke Luka.
Les événements récents illustrent la problématique de la sécurité à Boali, où les violences ont été attribuées à un échec flagrant des forces de sécurité.
Avec l’instauration d’une nouvelle dictature, l’opposition prend acte du blocage institutionnel actuel et annonce une modification profonde de sa stratégie pour contourner l’absence de dialogue avec le pouvoir en place.
Le constat d’un blocage total des canaux de discussion pousse les leaders du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution à modifier leurs modes d’action. Les démarches classiques menées depuis trois ans auprès de la présidence de la République n’aboutissent pas. Devant ce que les opposants qualifient d’autisme politique de la part du chef de l’État Faustin-Archange Touadéra et de son équipe, la coalition estime nécessaire de changer de méthode pour ne pas rester impuissante.
Cette réinvention se traduit par une volonté d’occuper de manière plus intense le terrain social et public. N’ayant plus de représentants au sein de l’Assemblée nationale, les groupements politiques de l’opposition choisissent de porter leurs revendications directement à l’extérieur des institutions. Le programme prévoit désormais une multiplication des manifestations publiques et des rassemblements populaires pour maintenir une pression politique.
Pour les dirigeants de la coalition, l’histoire du pays montre que les situations d’exclusion et d’absolutisme mènent à des impasses dont le régime devra assumer les conséquences. L’objectif de ce déploiement sur la scène sociale reste de forcer un espace de discussion afin de préserver l’unité nationale et de rétablir les principes démocratiques. Les responsables politiques affirment que face à un mur, la seule option viable consiste à trouver les moyens de le contourner par une mobilisation citoyenne accrue.
Comment le Dictateur Faustin-Archange Touadéra a détourné la confiance du peuple centrafricain pour bâtir une tyrannie de sang et de mercenaires
Le Président Touadera et des officiels lors de l’inauguration d’un centre pour la JPN à Nzilatouadera_inauguration_base_jpn_de_nzila – Nzila : la base de la Jeunesse Pionnière cédée aux Rwandais, un symbole national perdu
L’abus de confiance définit ce régime. Le peuple attendait la paix ; l’empereur Touadéra offre le sang et la tyrannie. Son pouvoir ne repose plus que sur la peur.
En 2016, les Centrafricains déposent leur bulletin dans l’urne avec l’espoir d’une reconstruction. Dix ans plus tard, le constat est difficile à avaler. Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro occupe le palais mais n’a rien bâti. Ce détournement de la fonction présidentielle s’apparente à l’infraction prévue par le Code pénal : un bien confié pour un usage précis, le développement du pays, est gaspillé pour des intérêts claniques.
Le dictateur préfère les milices russes aux routes et aux hôpitaux. Pour garder son fauteuil, il piétine la loi fondamentale. Il utilise l’argent public pour payer des tueurs qui terrorisent les citoyens. La justice, citée dans les textes pour protéger la propriété des gens, sert ici de bouclier au régime contre ceux qui dénoncent l’arnaque d’État.
Chaque jour, l’abus de confiance s’alourdit. Les fonds destinés à la nation finissent dans les poches des complices russes. Touadéra retourne les textes contre les populations et transforme le pays en une prison à ciel ouvert où le droit n’existe que pour les forts. Les promesses de 2016 sont des cadavres que le régime tente de cacher sous des décrets illégaux. Le pouvoir se maintient par la force des armes et le mépris total du droit de propriété du peuple sur son propre sol.