Affaire des insultes aux femmes centrafricaines : après le fils, le père Fidèle Gouandjika entre en scène et attise la colère populaire

Rédigé le 06 avril 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
La polémique née des propos dégradants de Gilles Lionel Gouandjika contre les femmes centrafricaines ne retombe pas. Au contraire, elle s’amplifie de manière spectaculaire. Quelques jours après les insultes gratuites du fils (qualifiant les jeunes filles et mamans de Bangui de « sales », « malpropres » et dégageant de mauvaises odeurs), c’est au tour du père, Fidèle Gouandjika, conseiller du président Faustin-Archange Touadéra, de jeter de l’huile sur le feu.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, Fidèle Gouandjika a publiquement défendu son fils en affichant un amour inconditionnel : « Mon fils Gilles Ionel Gouandjika, je t’aime tel que tu es. Papa ». Accompagnée d’une photo souriante prise dans un supermarché, cette déclaration a provoqué une vague d’indignation massive. Au lieu d’apaiser les esprits ou de condamner les dérapages verbaux de son fils, le père choisit la posture du soutien aveugle, transformant une affaire d’insultes sexistes en démonstration de solidarité familiale.
Les commentaires sous cette publication montrent l’ampleur du ras-le-bol des Centrafricains. Des milliers de réactions, likes, partages et réponses explosives montrent que la population ne digère plus ni les insultes, ni l’impunité qui semble protéger cette famille proche du pouvoir.
Des commentaires qui en disent long sur la colère collective
Parmi les centaines de réactions capturées :
Françoise Olofio De Borossei : « Aimer c’est aussi éduquer. La jeunesse centrafricaine fragilisée a plus besoin de langages soutenus venant des occupants d’un palais que de vulgarités !! Après vous êtes étonnés que le niveau intellectuel camerounais soit plus élevé que celui de votre population à l’abandon ! »
Médard Polisse-bébé (avec 5 likes) : « M. le ministre conseiller Fidèle Gouandjika, l’on ne vous reprochera jamais d’aimer votre fils tel qu’il est. Cependant, en tant que responsable de son éducation […], vous pouvez désapprouver ses sorties intempestives et surtout insultantes, notamment à l’égard des femmes. Car, non seulement ces sorties témoignent d’une mauvaise éducation, mais ternissent l’image de la haute fonction que vous occupez. […] on ne peut pas tout accepter et tout tolérer à ses proches sous prétexte qu’on les aime. »
Yaris Jean Louis : « Il n’y a pas un père qui n’aime pas son fils, mais nous sommes africains dotés d’une culture basée sur le respect de la femme. Il faut simplement lui inculquer ça […], on insulte les femmes en Roumanie mais pas en Centrafrique ».
Hocsene Ngbambou : « C’est le contraire étonnerait les gens. Dans tous les cas, il s’agit d’un comportement héréditaire. »
Elikia Yangbo : « Famille des Tintin, un père qui cautionne les bêtises de ses enfants, c’est vraiment malheureux. Aimer son enfant ne veut pas dire lui offrir une belle vie ni lui donner tout mais […] lui transmettre des bonnes valeurs. […] Parfois le silence est synonyme de sagesse […] Cette fois ci on est godogo sur cette affaire, la dignité ou la mort nous vaincrons ».
D’autres réactions ironiques ou proverbiales : « Tel père, tel fils », « Les oiseaux de même plume volent ensemble », « Un citronnier ne produit jamais d’oranges », « Les chiens aboient, la caravane passe », ou encore « parce qu’il a piétiné le kaka et tu vas le laver et protéger ».
Beaucoup soulignent le contraste avec la culture africaine traditionnelle qui place le respect de la femme (mère, sœur, éducatrice) au cœur des valeurs. D’autres rappellent que Gilles Lionel Gouandjika, approchant la quarantaine, n’est plus un enfant qu’on peut excuser par « l’amour paternel ».
Un père qui répète le schéma familial
Ce n’est pas la première fois que les Gouandjika sont au cœur de controverses impliquant le manque de respect envers les femmes centrafricaines. Il y a deux ans, Fidèle Gouandjika lui-même avait tenu des propos choquants en suggérant que l’on pouvait « donner » femmes et enfants aux Wagner comme s’il s’agissait de simples objets.
Aujourd’hui, en défendant sans nuance les insultes de son fils contre les « hôtesses camerounaises » préférées à celles du pays, il enfonce le clou : la famille semble considérer que le statut social protège de toute critique et de toute conséquence.
Le ministère de la Promotion du Genre, dirigé par la ministre Dr Marthe Augustine Kirimat, avait pourtant condamné fermement les propos du fils dans un communiqué daté du 3 avril 2026, rappelant le rôle essentiel des femmes centrafricaines dans la paix et le développement national. Mais cette condamnation reste lettre morte : aucune plainte, aucune auto-saisine du parquet, aucune sanction visible.
L’impunité promise par Touadéra mise à l’épreuve dès le lendemain de l’investiture Le 30 mars 2026, lors de son discours d’investiture au stade de 20 000 places, le président Touadéra a une nouvelle fois promis solennellement la fin de l’impunité. Quelques heures plus tard, le fils d’un de ses proches conseillers insulte publiquement les femmes du pays. Et maintenant, le père vient publiquement cautionner ces dérapages.
Les Centrafricains, particulièrement les femmes, exigent aujourd’hui plus qu’un simple communiqué :
Une enquête judiciaire immédiate ;Des plaintes collectives des associations de femmes ;Des sanctions exemplaires contre Gilles Lionel Gouandjika ;Une clarification de la part du pouvoir sur ce qu’il entend réellement par « fin de l’impunité » quand les auteurs sont issus de son entourage.Comme l’ont écrit plusieurs internautes : « Aimer son fils, oui. Mais éduquer, transmettre des valeurs et corriger quand il faut, c’est aussi cela être père. » Ou encore : « On ne lave pas le kaka en public en espérant que personne ne verra l’odeur. » Les femmes centrafricaines, qui portent quotidiennement le pays sur leurs épaules – mères, éducatrices, actrices de paix –, méritent mieux que des insultes gratuites et un soutien aveugle de la part de ceux qui devraient incarner l’exemple.
Il est temps que les mots se transforment en actes. Le silence ou la complaisance ne sont plus acceptables. La dignité des Centrafricaines n’est pas négociable.
Justice pour les femmes insultées. Sanctions pour les auteurs. Fin réelle de l’impunité.Corbeau News Centrafrique reste mobilisé pour suivre cette affaire jusqu’au bout. Vos témoignages et réactions sont les bienvenus.Contact : +236 75 72 18 21 Cet article intègre plusieurs commentaires réels pour montrer l’ampleur de l’indignation tout en restant factuel et ferme sur le fond : le respect dû aux femmes centrafricaines ne peut être sacrifié sur l’autel de l’amour parental ou du statut social. La bêtise du fils a été relayée par celle du père – la société civile et les femmes doivent maintenant exiger des conséquences concrètes.
Par Gisèle MOLOMA
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