Insensibles à la souffrance humaine : Dmitri Sitiy, chef du groupe Wagner en RCA ferme la porte à la libération de la sous-préfète de Bambouti et sacrifie les otages du Haut-Mbomou
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Au micro de la Radio Ndeke Luka, Dmitri Sitiy a dévoilé le visage le plus sombre et le plus inhumain de la présence des mercenaires russes en République centrafricaine : celui d’une insensibilité totale face à la tragédie des otages de Bambouti.
Interpellé sur le sort de la sous-préfète de cette localité du Haut-Mbomou, enlevée le 28 décembre dernier par la milice Azandé Ani Kpi Gbé aux côtés du commandant de brigade et de deux agents électoraux, le chef de Wagner à Bangui a opposé un refus glacial et catégorique à toute tentative de médiation. Alors que des discussions permettraient d’obtenir la libération de ces quatre hauts fonctionnaires de l’État, et que l’état de santé de la sous-préfète se dégrade de jour en jour en captivité, les hommes de Vladimir Poutine choisissent délibérément de bloquer l’issue, préférant imposer l’option de la force et de la terreur.
Cette posture d’une extrême cruauté s’est exprimée sans aucun filtre à l’antenne. En qualifiant d’emblée les ravisseurs de « terroristes » avec qui « il n’est pas possible » de négocier, Dmitri Sitiy ne fait pas qu’énoncer une doctrine sécuritaire ; il scelle volontairement le destin de compatriotes centrafricains abandonnés à leur sort. Pour ce chef de guerre, la vie d’une représentante de l’État malade et de ses compagnons d’infortune ne pèse rien face à l’agenda militaire du Kremlin.
En coupant court aux questions du journaliste par un laconique « C’est tout », Wagner s’arroge le droit de vie ou de mort sur les otages, interdisant de fait aux autorités de Bangui d’amorcer le moindre dialogue pour sauver ces fonctionnaires enlevés dans l’exercice de leurs fonctions.
Derrière cette rhétorique anti-terroriste de façade se cache pourtant une hypocrisie absolue : c’est Dmitri Sitiy lui-même qui a personnellement parrainé, autorisé et planifié la formation et le lourd armement de cette même milice Azandé. Les mercenaires de Wagner ont eux-mêmes instruit et équipé ces combattants sur le terrain pour servir leurs propres intérêts stratégiques. Aujourd’hui, par un retournement cynique, ces mêmes forces russes traquent leurs anciens alliés, arrêtent leurs chefs, torturent, kidnappent et exécutent les miliciens qu’ils ont contribué à armer. C’est précisément cette campagne de répression et ces exactions ciblées commises par Wagner qui ont provoqué la colère noire des combattants Azandé, les poussant à des actions désespérées comme le rapt des autorités locales.
En qualifiant aujourd’hui de « terroristes » les hommes qu’il a lui-même formés et lourdement armés, Dmitri Sitiy se livre à un aveu involontaire. Si la milice Azandé correspond désormais à sa propre définition d’un groupe terroriste, alors Dmitri Sitiy n’est rien d’autre que le formateur et le géniteur de ce terrorisme local. Cet engrenage infernal, déclenché de toutes pièces par le commandement russe pour diviser et régner sur les provinces, fait de lui le véritable terroriste en chef en République centrafricaine, un manipulateur pyromane qui instrumentalise la violence avant de sacrifier des fonctionnaires centrafricains pour masquer ses propres dérives.
En fermant ainsi la porte à la discussion, la nébuleuse criminelle russe démontre qu’elle cherche à tout prix la guerre et l’escalade militaire dans le Haut-Mbomou. Au lieu de privilégier une résolution pacifique qui épargnerait des vies humaines, Dmitri Sitiy exige une reddition inconditionnelle et un désarmement par la contrainte, au mépris des risques immenses que cette stratégie fait courir aux captifs. Cette indifférence révoltante face à la détresse de la sous-préfète et des agents de l’État confirme que pour ces mercenaires étrangers, la population centrafricaine et ses serviteurs ne sont que des variables d’ajustement sacrificielles dans leur entreprise de contrôle territorial et de pacification par le sang.
Par Alain Nzilo
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