Lim-Pendé : les ex-rebelles de 3R réclament la création de leurs propres barrières de contrôle sur les axes routiers

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Lim-Pendé : les ex-combattants de 3R réclament leurs propres postes de contrôle sur les axes routiers

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/les-ex-rebelles-du-3r-en-formation-militaire-a-berongo-dans-la-lobaye-avec-les-instructeurs-russes-du-groupe-wagner.jpg” data-wpel-link=”internal”>Lim-Pendé : les ex-combattants de 3R réclament leurs propres postes de contrôle sur les axes routiers
Les ex-rebelles du 3R en formation militaire à Berongo, dans la Lobaye avec les instructeurs russes du groupe Wagner

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Les anciens rebelles de 3R ont saisi les autorités préfectorales de Lim-Pendé d’une requête étonnante : ériger des postes de contrôle comme ceux tenus par l’armée régulière.

 

La demande est parvenue directement au bureau de la préfète dans cette zone du nord-ouest centrafricain. Les ex-combattants ont formulé leur requête sans détour, invoquant une logique qui peut paraître déconcertante. Ils observent que les soldats FACA, les gendarmes et les policiers tiennent déjà de nombreux checkpoints le long des axes routiers dans Lim-Pendé, où ils collectent de l’argent auprès des usagers.

 

Cette pratique des forces de désordre leur donne l’idée de réclamer le même droit de racket des citoyens. Puisque les forces soi-disant régulières prélèvent des sommes aux barrières pour compenser le  non versement de leur prime global d’alimentation (PGA), pourquoi les anciens rebelles n’obtiendraient-ils pas la même possibilité ? Leur raisonnement repose sur une forme d’égalité de traitement qu’ils jugent équitable dans leur situation actuelle.

 

Car depuis qu’ils ont déposé les armes, leur quotidien est devenu extrêmement difficile. L’accord signé avec le gouvernement prévoyait une prise en charge de leur réinsertion, mais les engagements peinent à se matérialiser. Les ex-3R se retrouvent livrés à eux-mêmes, sans ressources ni perspectives claires pour assurer leur subsistance.

 

Leurs anciens responsables ne leur versent plus rien. L’État, censé prendre le relais, ne leur fournit aucun moyen financier pour vivre décemment. Cette absence de soutien les place dans une impasse économique qui pourrait les pousser vers des solutions dangereuses s’ils n’obtiennent pas d’alternative rapidement.

 

C’est précisément ce qu’ils tentent d’éviter en passant par la voie officielle. Plutôt que de replonger dans le banditisme ou les braquages, ils préfèrent demander l’autorisation d’installer des barrières en bonne et due forme. Cette démarche administrative vise à légitimer une source de revenus qui leur permettrait de manger sans enfreindre la loi.

 

Dans la région, leur requête ne choque pas tout le monde. Certains habitants estiment que si les agents phytosanitaires, les responsables des eaux et forêts, ainsi que les militaires prélèvent des taxes aux points de passage, les ex-rebelles pourraient bénéficier du même arrangement. Cette vision pragmatique considère leur demande comme une solution à un problème social réel.

 

Les anciens combattants calculent qu’avec les sommes récoltées aux barrières, ils pourraient couvrir leurs besoins alimentaires. Ils rêvent d’obtenir l’équivalent des primes globales d’alimentation versées aux soldats réguliers, mais sous une forme adaptée à leur statut particulier. Ces revenus de checkpoint leur permettraient de tenir sans basculer dans l’illégalité ni menacer la population.

 

Le dossier attend maintenant sur le bureau des responsables préfectoraux. Ceux-ci doivent peser le pour et le contre d’une décision qui pourrait créer un précédent embarrassant. D’un côté, refuser expose à un risque de retour à la violence de la part d’hommes désespérés et armés hier encore.

 

De l’autre, accepter reviendrait à officialiser un système de taxation parallèle. Les autorités de Lim-Pendé se trouvent coincées entre la nécessité de maintenir l’ordre et celle de gérer des ex-combattants abandonnés par l’État. Le temps presse car la patience des anciens 3R s’amenuise au rythme de leurs estomacs vides.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Fortuné Bobérang

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