À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele-.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele-.jpg” alt=”À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC ” width=”300″ height=”200″ />Ibrahim Kamoun Senoussi, sultan-maire de Ndélé
Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera.
En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité.
Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village.
Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal.
Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine.
Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés.
Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation.
Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations.
Ouanda-Djallé : Après le carnage du 27 février, la délégation Bireau-Yapandé arrive dans la ville et promet justice et relèvement des FACA, mais la population exige des actes concrets
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-foule-et-la-delegation-ministerielle-venue-de-bangui-reunies-a-ouanda-djalle-photo-cnc.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-foule-et-la-delegation-ministerielle-venue-de-bangui-reunies-a-ouanda-djalle-photo-cnc.webp” alt=”Ouanda-Djallé : Après le carnage du 27 février, la délégation Bireau-Yapandé arrive dans la ville et promet justice et relèvement des FACA, mais la population exige des actes concrets” width=”400″ height=”300″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-foule-et-la-delegation-ministerielle-venue-de-bangui-reunies-a-ouanda-djalle-photo-cnc.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-foule-et-la-delegation-ministerielle-venue-de-bangui-reunies-a-ouanda-djalle-photo-cnc-80×60.webp 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-foule-et-la-delegation-ministerielle-venue-de-bangui-reunies-a-ouanda-djalle-photo-cnc-265×198.webp 265w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />La foule et la délégation ministérielle venue de Bangui réunies à Ouanda-Djallé. Photo CNC
Le 27 février 2026, une altercation au marché de Ouanda-Djallé a dégénéré en fusillade des FACA, causant trois morts – dont des élèves – et plusieurs blessés. La ville s’est figée en deuil. Une délégation ministérielle est venue apaiser les tensions.
La visite conjointe des ministres Claude Rameaux Bireau (Défense nationale et Reconstruction de l’Armée) et Bruno Yapandé (Administration du territoire, Décentralisation et Développement local) à Ouanda-Djallé marque une réponse directe du gouvernement aux événements tragiques du 27 février. Tout a commencé par une banale demande d’eau gratuite à un commerçant observant le jeûne du Ramadan. Refus poli, puis coups portés par un soldat FACA. La foule indignée s’est mobilisée vers la base militaire installée dans les locaux de la coopérative agricole OFCA, au cœur de la ville. Malgré l’interposition initiale de la MINUSCA et des autorités locales, les FACA ont ouvert le feu sur les civils, tuant trois personnes (un sur place, deux à l’hôpital) et blessant neuf autres, dont deux graves évacués à Bria par MSF.
Le lendemain, le 28 février, Ouanda-Djallé a décrété la « ville morte » : marchés fermés, rues désertes, silence assourdissant en signe de protestation collective contre des militaires perçus comme des « bandits armés » hors contrôle.
Lors de la réunion publique avec la délégation, les voix locales ont été claires et virulentes. Le sultan-maire par intérim de Ouanda-Djallé a dénoncé l’abandon de la ville : « Nous ne sommes pas des Centrafricains ? » Il a décrit les militaires comme des « lions » sur la population, accusant des exactions répétées (saisies de téléphones, taxes abusives, tirs d’intimidation, occupation de l’OFCA), l’absence totale de police et de gendarmes, l’école fermée depuis le 27, et l’isolement total (pas de communication, contrairement à Bria). Il a interpellé directement le ministre Bireau : « Comment allons-nous vivre ? » et réclamé le retour du téléphone volé par un certain Yamale.
Le sous-préfet a corroboré ces faits, détaillant la chronologie : bagarre au marché, marche pacifique, tirs malgré négociations. Il a listé les préoccupations accumulées (violations des droits, intimidation, occupation illégale) et salué la présence gouvernementale comme un signe d’attention, tout en soulignant la tristesse profonde de la communauté.
Hassan Khom, ancien ministre et candidat MCU originaire de la ville, a adopté un ton plus conciliant. Il a remercié le président Touadéra pour l’envoi rapide de la délégation, condamné l’acte criminel, présenté condoléances, et appelé la population au calme : « Considérez-les comme vos frères, discutez avec eux. » Il a insisté sur le règlement imminent du problème par les autorités.
Côté gouvernemental, Bruno Yapandé a transmis un message personnel du président Touadéra : « Mes yeux sont rivés sur vous, je pense toujours à vous. » Il a reconnu les souffrances (école, hôpital, routes, paix), comparant l’incident à « les dents et la langue qui se battent parfois », et affirmé que l’envoi de deux ministres (malgré les urgences nationales) prouve l’estime pour Ouanda-Djallé, massivement votante pour Touadéra.
Claude Rameaux Bireau, au cœur des critiques, a exprimé un « mal au cœur » profond. Il a rappelé le rôle des FACA : protéger la population, non la viser. Il a présenté condoléances et excuses au nom du président, promis une enquête rapide (avec le général de corps d’armée Isamo, inspecteur des armées, présent sur place), sanctions disciplinaires immédiates, poursuites judiciaires pour les auteurs, et surtout le relèvement total des unités actuelles à Ouanda-Djallé pour en ramener d’autres. « Un militaire ne tire pas sur sa population », a-t-il martelé, annonçant que les conclusions de l’enquête aboutiront vite à des décisions fermes.
Malgré ces engagements, la population reste sceptique. Les demandes persistent : départ des FACA de l’OFCA vers leur ancienne base, renforcement de la présence policière/gendarmerie, fin des abus quotidiens, et justice réelle au-delà des mots. La visite a ouvert un dialogue, mais la confiance se regagnera par des actes concrets, non par des promesses.
Entre Batangafo et Nana-Bakassa, les ex-rebelles du MPC et de l’UPC étranglent et paniquent des dizaines de villages sous l’œil bienveillant des mercenaires russes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/les-rebelles-du-mpc-cantonnes-a-markounda.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/les-rebelles-du-mpc-cantonnes-a-markounda.jpg” alt=”Entre Batangafo et Nana-Bakassa, les ex-rebelles du MPC et de l’UPC étranglent et paniquent des dizaines de villages sous l’œil bienveillant des mercenaires russes” width=”300″ height=”118″ />Les quelques 29 ex-combattants du MPC Cantonnés dans la ville de Markounda pour le désarmement.
Sur l’axe qui relie Batangafo à Nana-Bakassa, puis vers Kouki, les habitants ne dorment plus tranquillement depuis plusieurs semaines. Des ex-combattants du MPC, le Mouvement Patriotique pour la Centrafrique, fondé par le chef rebelle d’origine tchadienne Mahamat Al-Khatim, ont pris le contrôle de fait d’une dizaine de villages : Bodili, Bogore, Bodee, Bowara, Boro, Ngbago, Boliyo, et d’autres localités riveraines de cette route. Ni désarmés, ni intégrés dans une quelconque structure officielle, ces hommes se comportent désormais en maîtres du terrain.
Ce déploiement a une origine précise. Nugatoulom Arnaud, alias Nigas, et son complice Narbet Baggio — deux hommes que CNC a formellement identifiés, ont assassiné un ouvrier minier musulman sur sa moto, entre les chantiers de Balaka et de Zaranga. C’est ce crime qui a enclenché l’engrenage : au lieu de dépêcher des gendarmes, des policiers ou des éléments des FACA pour rétablir l’ordre, le gouvernement a préféré laisser les mercenaires russes de la milice Wagner orchestrer la suite.
Les ex-rebelles du MPC et de l’UPC ont alors été projetés par les Wagner sur la zone pour « encadrer » les deux auteurs du meurtre — qui sont par ailleurs liés aux mêmes réseaux que ces ex-combattants.
Ce qui rend la situation encore plus difficile à dénouer, c’est que ces ex-rebelles opèrent avec la bénédiction tacite des mercenaires du groupe Wagner. Les Russes ne se salissent pas les mains eux-mêmes : ils concertent, orientent, puis s’effacent. Ce sont leurs relais qui exécutent les basses œuvres. Et les dégâts qui en découlent servent précisément à justifier leur présence prolongée dans le pays — un calcul que ces mercenaires ont rodé depuis leur installation en RCA.
La présence de ces ex-rebelles a ouvert la porte à d’autres débordements. Des éleveurs peuls, sachant que des hommes armés tiennent déjà le terrain, ont laissé leurs troupeaux divaguer dans les champs cultivés, ruinant des récoltes entières. Chacun profite du désordre ambiant pour régler ses propres affaires, et les paysans de la zone se retrouvent coincés entre plusieurs fronts à la fois, sans recours possible.
Dans les faits, les populations de ces villages ne peuvent plus aller aux champs ni circuler librement. Le cas le plus documenté récemment s’est produit entre les chantiers de Balaka et de Zaranga : des ex-rebelles ont bloqué la route et dépouillé des dizaines de motos, emportant à la fois les engins et l’argent des passagers — des travailleurs qui rejoignaient leurs chantiers ou rentraient chez eux. C’est un racket à ciel ouvert, en plein jour, sur une piste que les habitants utilisent chaque semaine.
Les deux hommes identifiés par CNC, Nugatoulom Arnaud alias Nigas et Narbet Baggio, sont par ailleurs les mêmes qui avaient tué une gendarme le mois précédent sur la route de Bossangoa–Nana-Bakassa, un crime déjà documenté dans nos colonnes. Ils se déplacent entre Bodili, Bogore, Bodee et Bowara — villages à cheval entre la préfecture de l’Ouham Fafa et la sous-préfecture de Nana-Bakassa — armés de trois à quatre kalachnikovs et d’armes artisanales. Après chaque attaque, ils reposent leurs armes, reprennent une vie ordinaire parmi les habitants, saluent leurs voisins. Personne, ou presque, ne dit rien.
Cette double présence — les ex-rebelles projetés par Wagner d’un côté, Nigas et Narbet Baggio de l’autre — a verrouillé une zone entière. Fait notable : parmi les villages concernés se trouve celui du directeur de cabinet du président de la République, M. Obede Namsio, qui n’est pas épargné. Les champs sont abandonnés, les déplacements réduits au strict minimum, et les témoins des crimes récents n’ont toujours pas été entendus publiquement par les autorités compétentes.
Elysée Nguimalé : “La Constitution de 2023 a bradé nos ressources et aggravé la pauvreté dans le pays”
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Conference-de-presse-Nguimale.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Conference-de-presse-Nguimale-450×210.jpg” alt=”Elysée Nguimalé : “Le Conseil constitutionnel et l’Autorité Nationale des Élections sont totalement sous contrôle du pouvoir” width=”450″ height=”210″ />Élysée Nguimalé en pleine conférence de presse de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique
Élysée Nguemalet en pleine conférence de presse de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique
Lors de l’émission débat Patara diffusée sur la radio Ndèkè -Luka, Elysée Nguimalé de l’Observatoire pour la gouvernance démocratique a dénoncé la Constitution du 30 août 2023 comme un frein au développement économique et social de la Centrafrique. Contrairement aux promesses de progrès, ce texte aurait aggravé la pauvreté et permis le bradage des ressources nationales.
Elysée Nguimalé établit un lien direct entre les pouvoirs accordés au président et l’appauvrissement des populations : “Le pouvoir que vous avez accordé au chef de l’État dans la nouvelle constitution lui a permis de brader toutes nos ressources au détriment des citoyens centrafricains. Aujourd’hui, quand vous arrivez à Berbérati, à Carnot, Nola, Grimari, Bria, partout, il y a tellement de pauvres. Pourquoi? Parce que les ressources naturelles sont toutes bradées aux étrangers, aux Chinois qui les exploitent”.
Pour comprendre cette dégradation, Nguimalé compare avec la Constitution de 2016 : “Cette constitution-là, c’est ça le conseil du développement. Parce que pour qu’il ait le développement, il faut qu’il ait une bonne organisation de l’État. Et la constitution de 30 mars 2016, à son article 60, au deuxième alinéa, dit ceci : le gouvernement a l’obligation de recueillir préalablement l’autorisation de l’Assemblée nationale avant la signature de tout contrat relatif aux ressources naturelles, ainsi que des conventions financières. Il est tenu de publier les contrats dans les huit jours francs suivant la signature”. Cette disposition imposait transparence et contrôle parlementaire. La Constitution de 2023 l’a supprimée.
La conséquence est immédiate : “Le président Touadéra, lui seul, peut octroyer les permis d’exploitation à des agents économiques sans que le peuple centrafricain le sache”. Cette absence de garde-fous institutionnels facilite le bradage des ressources et prive le pays de revenus essentiels pour le développement.
L’impact sur les conditions de vie est dramatique. Elysée Nguimalé dénonce : “Le pouvoir qui a permis que vous avez concédé au président Touadéra dans cette constitution lui a permis de faire augmenter les prix sans pour autant accompagner avec l’augmentation de salaire.” Il précise : “Le salaire qu’il verse aujourd’hui a été fixé en 1919, et à cette époque-là, le prix des carburants coûtait 375 francs. Aujourd’hui, c’est à mille et quelques, avec le même salaire”.
Les exemples se multiplient : “Quand on a fixé ce salaire-là, un kilo de viande coûtait seulement mille francs. Aujourd’hui, c’est à 4500 francs”. Cette inflation galopante sans ajustement salarial plonge les Centrafricains dans une précarité croissante, conséquence directe du pouvoir discrétionnaire accordé au président.
Au-delà de l’appauvrissement économique, Nguimalé dénonce une paralysie sociale : “Aujourd’hui les Centrafricains sont paralysés, les Centrafricains ne peuvent même plus revendiquer leurs droits”. Cette incapacité à exiger des améliorations économiques et sociales résulte de la concentration du pouvoir qui empêche toute mobilisation pour des réformes.
Elysée Nguimalé conteste frontalement l’idée que cette Constitution favorise le développement : “Je pense que cette constitution a plutôt réduit les niveaux de vie de tous les citoyens centrafricains”. Il rejette l’argument selon lequel le nouveau texte aurait renforcé le contrôle de l’État sur le sous-sol : “C’est la constitution qui a dit précédemment que le sol et le sous-sol de l’État appartient aux étrangers. C’est dans quelle constitution? Donc ça, ce n’est pas un changement”.
Cette disposition, déjà présente dans les constitutions précédentes, n’a rien changé à la réalité de l’exploitation étrangère des ressources. Au contraire, la Constitution de 2023 aggrave la situation en permettant au président de gérer ces ressources sans contrôle.
Citant le président fondateur Barthélémy Boganda, Elysée Nguimalé rappelle : “Ce sont les lois de la République qui nous gouvernent et non pas les hommes. Et les hommes ne sont là que pour les faire appliquer. Et donc, la loi, oui, la loi peut apporter un changement dans la vie sociale. Mais il s’agit de quelle loi ici? Je pense que cette constitution-là, ça n’a pas été élaboré dans le sens d’apporter une réforme institutionnelle dans l’intérêt de la société centrafricaine”.
William Ndjapou tente de défendre la Constitution en affirmant qu’elle a permis une révision du Code minier et un “assainissement” du domaine minier. Il cite également des réformes pour les jeunes entrepreneurs comme acquis du nouveau texte.
Elysée Nguimalé rejette ces arguments. L’exploitation par des étrangers persiste, la pauvreté s’aggrave dans toutes les régions, et les revenus miniers ne profitent pas à la population. Quant aux initiatives pour les jeunes, elles relèvent des compétences ministérielles et non de la Constitution.
Pour Elysée Nguimalé et l’Observatoire pour la gouvernance démocratique, contrairement au BRDC qui se concentre sur les questions d’éligibilité, “nous de la société civile, nous disons qu’il faut balayer en bloc cette constitution-là”. Elle aggrave les conditions de vie au lieu de les améliorer.
La Constitution de 2023 apparaît ainsi comme un obstacle au développement pour plusieurs raisons : bradage des ressources par suppression des mécanismes de transparence, aggravation de la pauvreté par l’inflation sans ajustement salarial, paralysie des revendications sociales par concentration du pouvoir présidentiel, et absence de réformes institutionnelles favorables au développement.
Les promesses de progrès économique et social portées lors de la campagne référendaire sont trahies. La Constitution favorise les intérêts du président et de son entourage au détriment de la population qui s’enfonce dans la précarité pendant que les ressources nationales sont bradées aux intérêts étrangers.
Élu le 30 décembre 2025 et installé début février 2026, l’Imam Abdoulaye Ouasselegue devient le nouveau président du CSISCA dans un contexte de reconstruction nationale.
L’homme qui vient d’accéder à la tête du Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique n’est pas un inconnu dans les cercles religieux de Bangui. Imam du 6ème arrondissement de la capitale, Abdoulaye Ouasselegue a bâti sa réputation sur une approche discrète mais efficace du travail communautaire. Son élection lors de la 5ème Assemblée générale ordinaire marque l’aboutissement d’un parcours où la proximité avec les fidèles a toujours primé sur les discours grandiloquents.
Ceux qui le connaissent depuis longtemps décrivent un religieux attaché au dialogue et à l’écoute. Ces qualités, qu’il mentionne d’ailleurs comme ses principaux outils de travail, semblent avoir convaincu les délégués venus de toutes les régions du pays pour désigner le nouveau bureau. Sa mosquée du 6ème arrondissement a servi pendant des années de lieu de médiation pour les petits conflits du quartier, bien avant que la question de la présidence du CSISCA ne se pose.
L’Imam Ouasselegue arrive à ce poste avec une vision claire mais pragmatique. Il ne parle pas de révolution ou de changements brusques, mais plutôt de priorisation des urgences. L’unité de la communauté musulmane constitue pour lui la base indispensable à tout projet collectif. Sans cette cohésion interne, estime-t-il, aucune ambition ne pourra aboutir, qu’il s’agisse de reconnaissance institutionnelle ou de programmes sociaux.
La deuxième priorité qu’il défend touche à la visibilité de l’islam centrafricain. Quand il affirme que depuis plus d’un siècle, l’islam manque de reconnaissance officielle dans le pays, il exprime une frustration partagée par beaucoup de musulmans. Cette invisibilité ne concerne pas seulement les symboles ou la représentation publique, elle affecte aussi l’accès aux ressources et aux opportunités pour les structures islamiques.
Son engagement envers les jeunes et les femmes révèle une lecture attentive des difficultés que rencontre sa communauté. Les jeunes musulmans manquent souvent de perspectives d’avenir, coincés entre des écoles coraniques qui peinent à offrir des formations complètes et un système éducatif national qui ne les intègre pas toujours facilement. L’Imam compte s’attaquer à cette question par l’éducation et la formation professionnelle.
Concernant les femmes, son discours tranche avec certaines pratiques encore répandues. Il rejette l’idée que la place de la femme musulmane se limite au foyer et cite l’exemple d’Aicha, l’épouse du Prophète, comme modèle de savoir et d’autorité intellectuelle. Cette référence n’est pas anodine : elle montre qu’il entend puiser dans les textes islamiques eux-mêmes les arguments pour défendre l’émancipation féminine.
La méthode qu’il privilégie pour gouverner le CSISCA repose sur la concertation. Plutôt que d’imposer ses vues, même quand il pense avoir raison, il préfère rassembler les opinions et construire des consensus. Cette approche, inspirée selon lui de la pratique du Prophète qui consultait ses compagnons malgré la révélation divine, correspond bien au tempérament d’un homme qui a passé sa vie à écouter les préoccupations de ses fidèles.
L’héritage de l’Imam Kobine Layama pèse évidemment sur ses épaules. Le défunt leader musulman a marqué l’histoire récente de la Centrafrique par son engagement pour la paix, allant jusqu’au sacrifice de sa vie. Ouasselegue n’essaie pas de s’approprier cette mémoire, il promet simplement d’en discuter avec son bureau pour trouver la meilleure façon d’honorer ce legs.
Le nouveau président du CSISCA apparaît comme un homme de terrain davantage qu’un théoricien. Il ne cite pas abondamment les savants ou les textes complexes, il parle plutôt en termes simples de ce qu’il observe autour de lui. Les problèmes qu’il identifie – division, manque de moyens, marginalisation des femmes et des jeunes – correspondent à des réalités vécues quotidiennement par les musulmans centrafricains.
Sa formation religieuse, bien que non détaillée publiquement, transparaît dans sa manière de justifier ses choix par des références coraniques et prophétiques bien choisies. Il ne s’agit pas d’érudition ostentatoire mais d’une connaissance digérée et mise au service d’objectifs concrets. Cette capacité à relier les enseignements islamiques aux enjeux contemporains constitue probablement l’une de ses forces principales.
Les défis qui l’attendent sont nombreux et il en a parfaitement conscience. Unifier une communauté musulmane dispersée à travers tout le territoire national, avec ses différentes sensibilités et traditions, demande bien plus que de bonnes intentions. Il faudra négocier, apaiser les tensions, créer des espaces de rencontre et de décision qui satisfont toutes les composantes.
La question de l’institutionnalisation de l’islam en Centrafrique implique des négociations avec l’État, la recherche de financements, la mise en place de structures pérennes. Ouasselegue devra convaincre les autorités politiques de l’utilité de reconnaître officiellement le CSISCA comme interlocuteur légitime. Ce travail diplomatique nécessitera patience et persévérance.
Pour les programmes destinés à la jeunesse et aux femmes, il faudra trouver des partenaires, mobiliser des ressources, former des cadres capables de mettre en œuvre les initiatives. L’Imam semble conscient que les promesses ne suffisent pas et qu’il faudra produire des résultats tangibles pour maintenir la confiance de ceux qui l’ont élu.
L’homme qui a pris ses fonctions dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale le 7 février 2026 incarne une forme de leadership religieux ancrée dans la réalité sociale centrafricaine. Ni trop radical ni trop accommodant, il cherche une voie médiane qui permette à l’islam du pays de s’affirmer tout en participant activement à la construction nationale. Les prochaines années diront si cette approche réussira à transformer les ambitions en réalisations concrètes
FLASH INFO : François Zampareni, cadre de MSF arrêté à Zémio par les mercenaires russes , vient d’être libéré et sera reconduit sur place pour reprendre sa mission humanitaire.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/francois-zampareni-cadre-de-msf-rdc.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/francois-zampareni-cadre-de-msf-rdc.webp” alt=”Moins de trois semaines après la visite avortée de Marcelo Rebelo de Sousa à Bangui, c’est au tour de Macron d’envoyer son ministre des Affaires étrangères en RCA pour discuter avec Touadera le problème d’un autre français arrêté par les Wagner” width=”400″ height=”888″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/francois-zampareni-cadre-de-msf-rdc.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/francois-zampareni-cadre-de-msf-rdc-189×420.webp 189w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />François Zampareni, cadre de MSF-RDC
François Zampareni, ressortissant français et cadre de MSF-Suisse, retenu depuis plusieurs jours à Bangui après une arrestation montée de toutes pièces par les mercenaires russes du groupe Wagner à Zémio, a été libéré ce jour. Son accompagnateur centrafricain, Zandé, a également recouvré la liberté. Les deux hommes avaient été piégés lors d’une visite officielle organisée par le sous-préfet lui-même, avant d’être interpellés pour non-respect des formalités frontalières — les mêmes que les autorités locales leur avaient dit d’ignorer.
Selon les informations parvenues à la rédaction de CNC, Zampareni doit être reconduit à Zémio dans les prochaines heures pour reprendre sa mission : sécuriser un corridor logistique aérien permettant à MSF d’acheminer des médicaments vers les milliers de déplacés centrafricains réfugiés à Nzapay, côté congolais. C’est précisément cette mission humanitaire qui avait mis Wagner en alerte, le groupe cherchant à contrôler tout mouvement étranger dans cette zone frontalière sensible.
Cette libération intervient après une pression soutenue des équipes juridiques de MSF-RDC, dépêchées à Bangui pour négocier directement. Le sous-préfet du Haut-Mbomou, lui, avait soigneusement évité de prendre position, renvoyant toute décision vers la capitale — manière à peine voilée de signifier que c’est Wagner, et non les institutions centrafricaines, qui tient les rênes dans cette partie du pays.
Les détails complets de cette affaire, du piège tendu à l’arrestation jusqu’aux pressions exercées sur les autorités locales, seront publiés dans un prochain article de Corbeau News Centrafrique.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/comment-prolonger-la-duree-de-vie-de-votre-vehicule-electrique-conseils-d-entretien-intelligents-qui-comptent.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/comment-prolonger-la-duree-de-vie-de-votre-vehicule-electrique-conseils-d-entretien-intelligents-qui-comptent.webp” alt=”Comment prolonger la durée de vie de votre véhicule électrique , conseils d’entretien intelligents qui comptent” width=”400″ height=”260″ />
Les voitures électriques sont devenues plus populaires que jamais, et pour de bonnes raisons.
Comparées aux voitures traditionnelles, les voitures électriques sont silencieuses, agréables à conduire et respectueuses de l’environnement. Cependant, comme tout autre véhicule, les voitures électriques nécessitent un entretien régulier pour rester en bon état. La bonne nouvelle, c’est qu’il est tout à fait possible d’entretenir une voiture électrique, car cela est plus simple que d’entretenir une voiture diesel ou essence.
Cela dit, si vous souhaitez que votre voiture électrique dure plus longtemps et fonctionne au mieux, les conseils suivants peuvent vous aider.
Prenez soin de la batterie
Il est indéniable que la batterie de votre voiture électrique en est le cœur. Cela dit, garder la batterie de votre voiture en bon état doit être votre priorité absolue. L’une des meilleures pratiques pour prendre soin de votre batterie consiste à éviter de la laisser se décharger trop souvent. Il est préférable de la recharger avant qu’elle ne soit complètement déchargée.
Plus important encore, évitez de recharger la batterie de votre voiture à 100 % tous les jours, sauf si vous avez vraiment besoin d’une autonomie maximale. De nombreux experts automobiles conseillent de maintenir la batterie entre 20 % et 80 % pour une utilisation quotidienne. Contrairement aux voitures à boite à vitesse automatique, les voitures électriques ont moins de pièces mobiles, ce qui est en fait un gros avantage.
Adoptez une conduite douce
Sachez que votre façon de conduire peut avoir une incidence sur la longévité de votre voiture. Vous devez éviter les démarrages rapides et les freinages brusques, car ces habitudes peuvent user les pièces plus rapidement. Essayez de freiner doucement et d’accélérer lentement. Une conduite douce protège non seulement votre voiture, mais garantit également une plus longue durée de vie de la batterie.
Sachez que les voitures électriques sont conçues pour offrir une expérience de conduite facile et calme. Cela dit, évitez de conduire de manière agressive afin de réduire la pression sur les pneus, les freins et le moteur. En d’autres termes, vous devez traiter votre voiture électrique avec douceur.
Entretenez les pneus de votre voiture
Bien sûr, les pneus jouent un rôle important dans la longévité de votre voiture. Les voitures électriques sont plus lourdes que les voitures traditionnelles en raison de leur batterie. De ce fait, les pneus peuvent s’user plus rapidement. En ce qui concerne les pneus, veillez à vérifier régulièrement leur pression, au moins une fois par mois.
Lorsque les pneus de votre voiture sont correctement gonflés, votre voiture électrique roule en douceur et consomme moins d’énergie. Cela signifie que vous pouvez parcourir de plus longues distances avec une seule charge. Nous vous recommandons également de permuter vos pneus conformément aux recommandations du manuel de votre voiture.
Cela permet de garantir une usure uniforme des pneus et de prolonger leur durée de vie. Des pneus bien entretenus sont également bons pour le climat, car ils consomment moins d’énergie.
Faites attention aux mises à jour logicielles
Les voitures électriques sont similaires à des ordinateurs sur roues. De nombreuses voitures électriques reçoivent des mises à jour qui garantissent des améliorations en termes de performances, de sécurité et d’autonomie de la batterie. Cela dit, lorsque vous recevez une notification de mise à jour logicielle, vous ne devez jamais l’ignorer. Pourquoi, vous demandez-vous peut-être ? La raison sous-jacente est que ces mises à jour peuvent corriger de petits problèmes et améliorer le fonctionnement de votre voiture.
Certaines mises à jour peuvent même augmenter l’autonomie et améliorer la vitesse de recharge.
FLASH INFO : Un poste de la Garde présidentielle pris pour cible par des hommes armés dans la nuit à Bogoula, près de Boali
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/02/un-element-faca-du-BIT6-a-Boali.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/02/un-element-faca-du-BIT6-a-Boali.jpg” alt=”FLASH INFO : Un poste de la Garde présidentielle pris pour cible par des hommes armés dans la nuit à Bogoula, près de Boali” width=”300″ height=”200″ />Un soldat du sixième bataillon d’infanterie territoriale vers Boali
Des hommes lourdement armés ont ouvert le feu cette nuit sur un détachement militaire du Groupement Spécial chargé de la Protection Républicaine, communément appelé garde présidentielle, à une soixantaine de kilomètres de Bangui sur la route de Boali.
C’est aux premières heures de ce mercredi, vers 3h du matin, que le village de Bogoula, situé sur l’axe Boali, a été secoué par une violente attaque contre un poste avancé du Groupement Spécial chargé de la Protection Républicaine. Des individus dont l’identité et l’affiliation restent à établir ont ouvert le feu sur les éléments en faction, blessant deux d’entre eux au cours de l’accrochage.
Les deux éléments du GSPR touchés lors de l’assaut ont été pris en charge, mais l’état exact de leur santé n’a pas encore été rendu public à l’heure où ces lignes sont écrites. Les circonstances précises de l’embuscade, notamment le nombre d’assaillants et leurs moyens, demeurent pour l’heure inconnus.
L’axe Boali, qui relie la capitale à plusieurs localités du centre-ouest du pays, est une voie stratégique régulièrement empruntée par des convois civils et militaires. Une attaque à cet endroit, dans la nuit la plus noire, contre une unité d’élite chargée de la protection de la présidence, donne la mesure de l’audace des auteurs.
Les autorités n’ont pas encore réagi officiellement à cet incident. Des investigations sont en cours pour identifier les responsables.
La RCA n’est plus un pays : c’est un territoire d’outre-mer de Wagner, là où la milice russe décide de tout. Regardez comment les Wagner arrêtent un français du MSF, et sa bande de soi-disant du ministère de la défense reprend textuellement sa propagande dans son communiqué
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/02/Faustin-Archange-Touadera-sous-la-protection-des-mercenaires-du-groupe-Wagner-en-Russie.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/02/Faustin-Archange-Touadera-sous-la-protection-des-mercenaires-du-groupe-Wagner-en-Russie.jpg” alt=”La RCA n’est plus un pays : c’est un territoire d’outre-mer de Wagner, là où la milice russe décide de tout. Regardez comment les Wagner arrêtent un français du MSF, et sa bande de soi-disant du ministère de la défense reprend textuellement sa propagande dans son communiqué” width=”300″ height=”200″ />Faustin Archange-Touadera sous la protection des mercenaires du groupeWagner en Russie
La République centrafricaine a cessé d’être un État au sens propre du terme. Ce qui s’y passe aujourd’hui dépasse ce que n’importe quel observateur du monde peut imaginer.
Pour tous ceux qui ne le savent pas encore, au pays de Boganda, tout ce que Wagner ordonne est exécuté sans la moindre résistance. Aucune autorité, aucune institution, aucune voix ne dit le contraire. Ce qui se fait, se fait parce que Wagner l’a voulu. Ce qui ne se fait pas, ne se fait pas parce que Wagner l’a interdit. C’est dans ce contexte que François Zampareni, cadre français de MSF-Suisse basé en RDC, a été arrêté à Zémio la semaine dernière.
Monsieur François Zampareni s’était rendu à Zémio pour une mission précise : négocier l’usage de l’aérodrome de Zemio afin d’acheminer des médicaments vers des milliers de déplacés centrafricains réfugiés côté congolais à Nzapay, car la route de 152 kilomètres entre Nzapay et ANGO en RDC étant dans un état de dégradation extrême, l’aérodrome de Zémio en RCA était la seule voie viable pour atteindre ces populations.
C’est le sous-préfet de Zémio lui-même qui l’a rappelé par téléphone pour une réunion urgente sur les modalités d’atterrissage. En arrivant à la frontière, Zampareni a constaté que le poste était désert, sans un seul soldat pour enregistrer son passage. Le sous-préfet, toujours au téléphone, lui a dit de ne pas s’attarder et d’avancer. Les militaires congolais présents l’ont même aidé à monter dans une pirogue avec son accompagnateur.
La réunion s’est tenue normalement. Peu après, au moment de sa visite à l’hôpital local, des éléments Wagner ont surgi et l’ont arrêté, lui et son accompagnateur centrafricain Zandé, au motif précis d’avoir franchi la frontière sans accomplir les formalités qu’on leur avait dit d’ignorer quelques heures plus tôt. Le montage était ficelé d’avance : une invitation officielle pour faire venir l’homme, un poste frontière volontairement vide, puis une arrestation fondée sur le manquement à des règles délibérément rendues inaccessibles.
Cette stratégie des Wagner n’est pas nouveau. En mai 2024, le consultant belgo-portugais Martin Joseph Figueira avait été pris dans la même nasse à Zémio : arrestation par Wagner, transfert à la gendarmerie, puis condamnation à dix ans de prison pour espionnage, au terme d’une procédure entièrement fabriquée. Zampareni et Zandé sont aujourd’hui sur le même rail, déjà transférés vers Bangui.
Pour habiller cette arrestation d’un vernis de légitimité, Wagner a inondé les réseaux sociaux de textes générés par intelligence artificielle, dépeignant Zampareni comme un agent de Paris chargé de déstabiliser le régime de Touadéra. Les formulations sont copiées mot pour mot sur celles utilisées contre Figueira en 2024. Wagner ne cherche même plus à changer de méthode.
Ce qui est encore plus accablant, c’est ce qui s’est passé ensuite. Le ministère de la Défense centrafricain, pardon, la bande des marionnettes des Wagner, a publié un communiqué soi-disant officiel reprenant mot pour mot le même récit fabriqué par Wagner, avec simplement l’armoirie de la RCA collée en haut de page. Ce n’est pas un ministère qui parle : c’est une cellule de propagande de Wagner qui se déguise en institution d’État. Un vrai ministère de la Défense ne recopie pas les accusations d’une milice étrangère pour les signer de son propre sceau. Il instruit, il enquête, il laisse la justice faire son travail. Ici, c’est le contraire : le communiqué officiel arrive avant l’enquête, et son contenu est celui de Wagner.
Pendant ce temps, les avocats du MSF RDC ont quitté Kinshasa pour Bangui. Mais les personnes qui connaissent ce pays savent déjà que les avocats n’ont aucune prise sur ce qui va suivre. Le préfet du Haut-Mbomou, invité à venir à Zemio constater les fait, a simplement répondu que la décision de libération serait prise à Bangui. Une façon de dire, sans le dire, que la décision appartient à Wagner et non à une autorité centrafricaine quelconque.
Le MCU, usine à faux diplômes : comment le parti au pouvoir fabrique ses députés avec des faux documents
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/merveille-la-depute-sans-bac-de-kabo-illetree.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/merveille-la-depute-sans-bac-de-kabo-illetree.webp” alt=”la députée sortante, Madame TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE, dont le niveau scolaire réel ne dépasserait pas le CP2Merveille, La député sans bac de Kabo, illétrée” width=”400″ height=”888″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/merveille-la-depute-sans-bac-de-kabo-illetree.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/merveille-la-depute-sans-bac-de-kabo-illetree-189×420.webp 189w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />Madame TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE, La député sans bac de Kabo, illétrée
Dans un pays où la moitié des élus ne sait ni lire ni écrire, le parti au pouvoir a transformé la fraude documentaire en méthode de gouvernance ordinaire.
En effet, la nouvelle constitution de 2023, adoptée illégalement dans le cadre du troisième mandat de Touadéra, a introduit une exigence inédite : tout candidat aux législatives doit détenir au minimum le baccalauréat. Une règle qui semblait vouloir élever le niveau de l’Assemblée nationale, là où la sixième législature comptait déjà 45 % d’élus analphabètes, et la septième près de 52 %.
Mais cette règle, le MCU lui-même n’a pas su, ou voulu, la respecter.
Car la quasi-totalité des candidats investis par le Mouvement des Cœurs Unis ne possède tout simplement pas le diplôme requis. Certains n’ont jamais obtenu le certificat d’études primaires.
Plutôt que d’écarter ces profils, le parti a choisi une autre voie : produire, en volume, de faux documents scolaires. C’est ainsi qu’une véritable chaîne de fabrication s’est mise en place, entre complaisances aux examens officiels et faussaires opérant dans les quartiers de Bangui.
Parmi les noms qui reviennent dans ce circuit, celui de Daniel Nzéwé, recteur de l’université de Miskine, un centre de production en masse de faux diplômes. Lui-même candidat aux législatives, Nzéwé disposerait d’un vrai baccalauréat, mais son parcours judiciaire et moral reste, selon plusieurs sources, particulièrement chargé.
Mais ce qui dépasse tout, c’est la ville de Kabo, dans la préfecture de l’Ouham-Fafa. Dans cette ville , son cas illustre à elle seule l’ampleur du phénomène. Sur les huit candidats aux législatives en lice dans cette circonscription, 7 sont du partis au pouvoir, dont cinq sont titulaires de diplômes falsifiés. Parmi eux, la députée sortante, Madame TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE, dont le niveau scolaire réel ne dépasserait pas le CP2, la deuxième année du cours préparatoire. Elle a néanmoins présenté un faux document attestant sa « capacité en droit » comme équivalent du baccalauréat, un document que le tribunal administratif s’est précipité pour valider, malgré les recours déposés par des candidats adverses.
Même le Conseil constitutionnel a botté ses recours en touche, estimant que la question des diplômes relevait déjà du tribunal administratif. L’élection de Kabo a finalement été annulée, et une nouvelle élection législative partielle devra être organisée dans cette circonscription. Pendant ce temps, les recours s’accumulent dans une cinquantaine, voire une soixantaine d’autres circonscriptions à travers le pays.
TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE député sortant de kabo. Sans bac, elle échappe au Tribunal Administratif par corruption, le Conseil Constitutionnel se déclare incompétent de juger cette forfaiture. A quoi sert leur constitution bidon ?
Ce que cette situation dit aux enfants centrafricains qui fréquentent encore les bancs de l’école est peut-être le plus grave : que le diplôme n’ouvre aucune porte que l’argent ou la complicité politique ne peut pas ouvrir plus vite. Si les analphabètes siègent au Parlement et les faussaires à l’université, à quoi bon apprendre ?
À ce rythme, la prochaine législature pourrait compter jusqu’à 60 % de députés sans formation réelle, en dépit — et à cause — de la règle du baccalauréat que le MCU a lui-même contribué à vider de tout sens.
En Centrafrique, la Plateforme des Pentecôtistes vit des heures difficile depuis que son propre président, Richard Mandazou a été mis sous sanction pour des raisons qui éclaboussent toute l’Église évangélique.
D’abord, tout commence bien avant le scandale lui-même. La structure qu’on appelle aujourd’hui Plateforme des Pentecôtistes de Centrafrique (PPC) s’appelait il y’a quelques années Union des Pentecôtistes de Centrafrique, l’UPC. Mais pour ne plus prêter à confusion avec l’Unité pour la Paix en Centrafrique, le groupe armé d’Ali Darassa, l’organisation religieuse a décidé de changer d’identité et de se rebaptiser sous son nom actuel.
C’est dans ce cadre rénové que Richard Mandazou, qui occupait jusqu’alors le poste de vice-président, a gravi les échelons pour prendre la tête de la plateforme. Pendant des années, cet apôtre a joui d’une réputation solide, reçu par des personnalités du pays, respecté dans les cercles religieux et civils à la fois.
Mais c’est là que l’histoire bascule. Sans procédure reconnue par son Église, Richard Mandazou a mis de côté sa propre épouse légitime pour entamer une vie commune avec une autre femme, issue de sa propre congrégation qu’il a d’ailleurs entretenu des relations discrètes durant des années. Ce choix personnel, fait dans l’ombre, n’est pas resté secret bien longtemps.
L’épouse abandonnée a porté son témoignage devant les figures d’autorité de la plateforme. Une enquête interne a été ouverte, des auditions ont eu lieu, et le verdict est tombé : Richard Mandazou avait agi seul, de manière unilatérale, en contradiction totale avec les valeurs qu’il était censé incarner devant ses fidèles.
Ce qui a particulièrement choqué les membres de l’Église, c’est moins la décision en elle-même que ce qu’elle dit du personnage. Un homme d’Église est regardé comme un exemple de vie. Lorsqu’il agit comme il l’a fait, les fidèles se retrouvent sans boussole, sans repère moral, et la question que tout le monde se pose devient difficile à esquiver : que dire aux croyants qui nous regardent ?
La plateforme n’a pas tardé à réagir. Les instances supérieures, celles qui chapeautent les apôtres et veillent à la bonne tenue de l’ensemble des communautés affiliées, ont convoqué Richard Mandazo et l’ont entendu. Le ministère de l’Administration du territoire a même été informé de la situation, signe que l’affaire a largement débordé le cadre purement religieux.
Au terme de ces démarches, Richard Mandazo a été placé sous sanction. La chute est vertigineuse pour un homme qui était, il y a peu, l’un des visages les plus respectés du paysage évangélique centrafricain.
C’est dans ce contexte précis que Michel Gbegbé, Premier Apôtre Centrafricain et Président de la Plateforme des Patriarches Centrafricains, a pris la parole publiquement. Sa déclaration, publiée sur les réseaux sociaux et largement relayée, ne cite personne par son nom, mais chaque mot semble avoir été pesé à la lumière de ce que vivait l’Église au moment où il écrivait.
Dans ce texte, Michel Gbegbé dresse un tableau sombre mais lucide de la crise qui ronge l’Église évangélique centrafricaine. Il parle de faux leaders qui ont transformé les lieux de prière en espaces de commerce, de responsables religieux qui s’agenouillent devant les puissants pour gagner en visibilité, au lieu de servir humblement leurs communautés.
L’exploitation financière des fidèles occupe une place centrale dans ses griefs. Michel Gbegbé dénonce la vente d’objets prétendument sacrés, le commerce des prophéties monnayées et les promesses de miracles échangées contre de l’argent. Ces pratiques, dit-il, prospèrent sur la fragilité des croyants et les maintiennent sous une emprise qui n’a rien de spirituel.
Mais ce qui l’indigne peut-être davantage, c’est la manière dont certains de ces responsables gèrent leur vie privée. Scandales amoureux, divorces précipités, doubles vies soigneusement dissimulées, refus de toute remise en question : le Premier Apôtre Centrafricain observe que ces comportements sont devenus presque banals dans certaines sphères religieuses, et que personne ne semble vouloir en répondre.
L’autoproclamation de titres religieux pompeux est un autre point que Michel Gbegbé ne peut pas laisser passer. Des hommes se déclarent apôtres, prophètes ou évangélistes sans formation sérieuse, sans appel reconnu, sans légitimité ecclésiale d’aucune sorte. Cette anarchie, selon lui, ouvre la porte à toutes les dérives et brouille les repères de milliers de croyants sincères.
À la racine de tout cela, Michel Gbegbé identifie une chose : la perte de la crainte de Dieu. Quand des responsables religieux enseignent une grâce déformée qui leur permet de justifier leurs propres excès, quand le péché est banalisé et la repentance jugée inutile, alors l’Église perd son âme et sa raison d’être au sein de la société.
Sa déclaration se veut pourtant un appel à la restauration, pas un réquisitoire. Michel Gbegbé s’adresse à l’ensemble des responsables religieux du pays, des apôtres aux aumôniers, en leur demandant de s’interroger honnêtement sur la sincérité de leur engagement. Il réclame un retour à la discipline biblique, à la transparence et à cette éthique de vie sans laquelle aucun ministère ne peut tenir debout longtemps.
Car selon lui, le jugement commence toujours par la maison de Dieu. Et tant que ceux qui sont censés montrer le chemin refusent eux-mêmes de le marcher, l’Église centrafricaine continuera de perdre, jour après jour, la crédibilité qu’elle a mis des décennies à construire.
Le décret présidentiel a donné naissance à la police de l’environnement, mais aujourd’hui c’est le marchandage des galons par le directeur des ressources du ministère de l’environnement, monsieur Louis-Marie Nzalet qui divise les éléments de l’unité.
Au cœur du ministère centrafricain de l’Environnement, une unité spéciale voit le jour pour traquer les infractions liées aux plastiques non biodégradables, grâce à un décret présidentiel qui en fixe les contours et les missions précises.
Cette police de l’environnement réunit des agents issus des eaux et forêts ainsi que des civils recrutés au ministère, tous passés par une formation militaire dispensée à l’école nationale de police.
Une fois cette étape achevée, ils doivent recevoir leurs galons et prêter serment pour exercer pleinement leurs fonctions sur le terrain.
Pourtant, depuis quelques semaines, des tensions sérieuses opposent le directeur des ressources, Louis-Marie Nzalet, au colonel Sokpomo, qui commande cette unité.
Le différend porte sur une pratique qui consiste à réclamer de l’argent à certains éléments pour leur attribuer des grades élevés, comme capitaine ou commandant, contre des sommes avoisinant les 100 000 francs CFA.
Cette façon de procéder crée un malaise profond parmi les membres de l’unité, surtout chez les forestiers incorporés qui possèdent déjà une ancienneté et une formation solide dans le domaine, dispensée au camp Kassaï militaire l’année dernière.
Ces derniers estiment injuste de voir des civils nouvellement intégrés obtenir des rangs supérieurs aux leurs, alors qu’ils ont servi pendant des années avec leurs grades initiaux de lieutenant ou équivalents.
Une note adressée au ministre des eaux et forêt, monsieur Gervais Mbata, dénonce ouvertement ce marchandage des galons par le directeur des ressources du ministère de l’environnement.
Les forestiers incorporés expriment leur frustration face à cette inégalité qui bouleverse la hiérarchie normale et sape le moral des troupes.
Pour l’instant, ni le ministre de l’Environnement, monsieur Kamach, ni celui des Eaux et Forêts, monsieur Mbata, n’a formulé de réponse publique à cette affaire qui divise les éléments chargés de protéger l’environnement.
Carnets de vaccination bidons, taxes imaginaires sur les bagages : l’aéroport international de Bangui M’Poko devenu guichet d’arnaque à ciel ouvert
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/10/Les-employes-de-la-societe-Aviation-Handline-Service-et-leur-directeur-general-en-train-de-travailler-sur-le-tarmac-de-laeroport-de-Bangui-Mpoko1.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/10/Les-employes-de-la-societe-Aviation-Handline-Service-et-leur-directeur-general-en-train-de-travailler-sur-le-tarmac-de-laeroport-de-Bangui-Mpoko1.jpg” alt=”Carnets de vaccination bidons, taxes imaginaires sur les bagages : l’aéroport international de Bangui M’Poko devenu guichet d’arnaque à ciel ouvert” width=”300″ height=”175″ />Les employés de la societé Aviation-Handline-Service en train de travailler sur le tarmac de l’aeroport de Bangui Mpoko
Franchir les portes de l’aéroport international de Bangui M’Poko coûte désormais bien plus cher que prévu. Les voyageurs subissent un racket organisé sous couvert de réglementations fantaisistes.
Dès l’arrivée des voyageurs dans le hall de départ, les passagers font face à une première embuscade. Les agents réclament un carnet de vaccination, document qu’aucun autre pays au monde n’exige à l’entrée de son territoire. Cette particularité centrafricaine cache en réalité un stratagème bien connue.
Tout passager dépourvu de ce fameux carnet doit débourser entre 12 000 et 15 000 francs CFA sur-le-champ. L’absurdité de la manœuvre saute aux yeux quand on constate que les mêmes agents délivrent immédiatement de fausses cartes de vaccination contre espèces sonnantes et trébuchantes.
Le voyageur paie donc pour obtenir à la hâte un document bidon censé attester d’une protection sanitaire inexistante. La logique sanitaire cède entièrement la place au profit rapide sans que personne n’y trouve à redire.
Les agents phytosanitaires ont poussé l’arnaque encore plus loin avec une technique qui défie toute logique administrative. Leur méthode consiste à taxer des produits qu’ils ne prennent même pas la peine d’examiner.
Un agent posté à l’entrée repère deux valises d’un passager et crie à son collègue posté à distance devant le comptoir le nombre de bagages suspects : deux valises divers! . Son collègue posté au comptoir rédige alors un papier officiel réclamant 20 000, 30 000 ou 40 000 francs selon son humeur du moment.
Les viandes boucanées, poissons séchés, feuilles de manioc et autres denrées qui sont dans le viseur de ces malfaiteurs. D’ailleurs sans même ouvrir les valises en questions, sans même savoir si la valise contient des viandes ou poisson, ils taxent indistinctement toutes les valises. Les agents justifient ces prélèvements en brandissant un document qu’ils prétendent reconnu mondialement dans tous les aéroports : les documents que nous délivrons sont reconnus partout dans le monde, même en Russie, aux États-Unis, au Canada, En France ou ailleurs, ce document va vous permettre de passer aisément avec tous vos colis.
Écoutez bien ce qu’ils racontent : ce officiel délivré ici à l’aéroport de Bangui garantirait le passage sans encombre de la viande de brousse grillée en Russie, en France ou au Canada. Eh! Mes frères, arrêtez un peu vos bêtises. Malgré tout, les voyageurs naïfs tombent dans le panneau et paient rubis sur l’ongle pour obtenir cette soi-disant sécurisation de leurs bagages.
Mais ces naïfs connaitrons bientôt la réalité dès qu’ils arrivent à la destination sur le sol européen ou américain. En France, ces produits sont purement et simplement incinérés dès leur découverte par les services douaniers.
Au Canada, les autorités infligent des amendes salées de plusieurs milliers de dollars à quiconque tente d’introduire ces marchandises. Le précieux document centrafricain délivré à Bangui n’a strictement aucune valeur légale nulle part ailleurs dans le monde.
Même les vols avec escale technique ajoutent une couche supplémentaire de tracas pour les malheureux voyageurs. Quand Air France fait étape au Cameroun avant de poursuivre vers l’Europe, parfois, les agents camerounais procèdent à un nouveau contrôle minutieux.
Ils ouvrent chaque valise et confisquent tout produit agricole ou viande trouvés à l’intérieur. Les passagers se retrouvent ainsi dépouillés de leurs marchandises après avoir déjà payé leurs taxes fantaisistes à Bangui pour des papiers inutiles.
À cela s’ajoute le ballet incessant des bambés , appelés également des porteurs qui se jettent sur les bagages des partants. Ces individus s’emparent des chariots et des valises sans demander l’avis des voyageurs puis réclament des sommes astronomiques pour un service non sollicité.
Le voyageur pressé de ne pas rater son vol se retrouve coincé entre le refus de payer et la menace de voir ses bagages retenus. Ces porteurs improvisés inventent des tarifs au gré de leur fantaisie sans aucun barème officiel affiché quelque part.
L’anarchie règne en maître absolu dans cet aéroport où chaque service applique ses propres règles. Le ministère de la Sécurité publique, celui de l’Élevage et celui du Tourisme se partagent ce terrain de chasse lucratif sans coordination aucune.
Ce qui a débuté comme de petites entorses aux règlements s’est amplifié au fil du temps. Devant l’absence totale de sanctions, les pratiques malhonnêtes se sont multipliées et banalisées jusqu’à devenir la norme quotidienne.
La chaîne de commandement semble avoir complètement disparu des radars des autorités compétentes. Le président de la République n’exerce aucune surveillance sur ces pratiques qui ternissent pourtant l’image du pays.
Les ministres concernés ferment les yeux sur ces dérives quand ils ne profitent pas eux-mêmes du système. Le directeur général de l’aviation civile trouve manifestement son compte dans cette pagaille généralisée qui enrichit tout le monde sauf les caisses de l’État.
L’opposant Anicet-Georges Dologuelé avait formulé dans l’une de ses déclarations une observation claire sur cet état de fait généralisé. Selon lui, le pays navigue sans capitaine à la barre pendant que chacun tire la couverture de son côté. Ceci dit, le pays n’est plus gouverné, tout est livré à l’anarchie totale.
Les habitants du Km5 lancent une alerte contre Blaise Mandazou, un maçon escroc
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-macon-blaise.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-macon-blaise.webp” alt=”Les habitants du Km5 lancent une alerte contre Blaise Mandazou, un maçon escroc…. ” width=”400″ height=”400″ />Monsieur Blaise Mandazou, le maçon
Les arnaques dans le secteur du bâtiment ne sont pas nouvelles à Bangui, mais certaines affaires finissent par déborder du cercle privé pour atterrir sur la place publique.
À Bangui, un maçon de profession laisse derrière lui des victimes et des chantiers abandonnés, après avoir empoché l’argent de ses clients sans jamais exécuter les travaux promis.
En effet, tout a commencé par une transaction simple, amicale qui devient par la suite une gigantesque arnaque à ciel ouvert. Pour comprendre l’histoire, il faut remonter au début. L’année dernière, un commerçant du quartier Km5 a confié à un maçon répondant au nom de Blaise Mandazou la rénovation de sa maison. Un devis avait été établi, les matériaux listés, et une somme de quatre millions de francs CFA remise à l’artisan pour démarrer les achats et les travaux. L’homme avait été recommandé comme quelqu’un de fiable, ayant déjà travaillé sur d’autres chantiers sans incident.
Mais à l’approche des fêtes de fin d’année 2025, Blaise Mandazou a cessé de répondre aux appels. Le commerçant a tenté de le joindre à plusieurs reprises, recevant à chaque fois les mêmes promesses d’un retour imminent qui ne venait jamais. L’argent, lui, avait déjà été dépensé : le maçon aurait utilisé la somme pour financer le réveillon de Noël de ses trois femmes et de ses nombreux enfants.
Ce qui a davantage pesé sur la victime, c’est la suite. Un parent gendarme de Blaise Mandazou aurait contacté le commerçant pour l’avertir qu’il risquait lui-même des ennuis judiciaires s’il osait réclamer son argent. Une forme de pression destinée à étouffer l’affaire avant qu’elle ne prenne de l’ampleur.
L’ironie de cette histoire, rapportée par un témoin proche du dossier, tient dans les calculs initiaux du maçon. Celui-ci croyait s’en prendre à un expatrié européen travaillant avec le commerçant, pensant que l’argent remis appartenait à ce dernier. En réalité, la somme volée venait entièrement de la poche du commerçant centrafricain, un homme du quartier qui avait mis de côté pour améliorer son logement.
Le commerçant envisage désormais de porter plainte pour tenter de récupérer sa mise. Blaise Mandazou, lui, est décrit par ceux qui le connaissent comme quelqu’un qui a longtemps donné l’image d’un artisan consciencieux avant ce coup d’éclat.
Suite à cette affaire, les bruits commencent à passer de quartier au quartier, de bouche à bouche. Les rumeurs commencent, puis finis par atteindre les réseaux sociaux. Depuis, des nombreuses alertes sont publiées en ligne, mettant en garde les autres citoyens contre ce monsieur que les victimes décrivent comme un véritable vipère.
CNC, de son côté, a tenté à plusieurs reprises de le joindre, mais en vain.
Le directeur général de l’office national pour le sport (ONASPORT) vient de perdre ses fonctions, au terme d’une enquête qui a mis au jour des actes d’une gravité certaine.
Par arrêté n° 006/MPJSEC/DIR-CAB.26 du 9 mars 2026, le ministre Rodolphe Héritier Bonheur Doneng Wanzoumon a prononcé la suspension immédiate de M. Hervé Sévérin Lidamon de son poste de directeur général de l’ONASPORTS. Cette décision, signée en bonne et due forme, n’est pas tombée du ciel : elle fait suite à une enquête qui a établi des faits précis et documentés.
Les griefs retenus contre lui sont de trois ordres. D’abord, l’occupation illégale du stade Barthélemy Boganda, un patrimoine public censé appartenir à tout un peuple. Ensuite, des dégradations constatées sur les lieux, ainsi qu’un usage personnel d’une infrastructure nationale. À cela s’ajoute un comportement d’insubordination à l’égard de sa hiérarchie, ce qui a fini par faire déborder le vase.
Lidamon est désormais convoqué devant un conseil de discipline, instance chargée de statuer sur son sort. Ce n’est donc pas une simple mise à l’écart administrative, mais le début d’une procédure qui pourrait déboucher sur des conséquences bien plus lourdes pour sa carrière.
Ce dossier, à en croire certaines sources proches du milieu sportif, ne serait que la partie visible d’un ensemble de pratiques qui auraient prospéré dans l’ombre depuis un certain temps au sein de l’ONASPORTS. Des zones d’ombre qui, selon plusieurs observateurs, restent encore à défricher.
Nous allons publier dans nos prochains articles les détails sur les motifs réels qui ont poussé son ministre de tutelle à prendre cette décision lourde.
À Obo, la fête du 8 mars s’achève sur une échauffourée et un blessé
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/journee-du-8-mars-2026-a-obo.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/journee-du-8-mars-2026-a-obo.webp” alt=”À Obo, la fête du 8 mars s’achève sur une échauffourée et un blessé” width=”400″ height=”218″ />Journée du 8 mars 2026 à Obo
La ville d’Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, au sud-est de la République centrafricaine, a célébré la Journée internationale des droits des femmes dans une ambiance qui a vite changé de couleur.
Comme dans plusieurs localités du pays, des habitants se sont réunis pour marquer la date. Un concert avait été organisé au quartier AIM, situé à l’entrée de la ville, situé à 4 kilomètres du centre Obo, , et la soirée attirait du monde, jeunes et adultes mêlés, venus profiter de l’ambiance.
Un soldat des Forces armées centrafricaines s’était lui aussi rendu sur les lieux avec ses camarades. À l’entrée, voulant sécuriser son arme avant de pénétrer dans l’enceinte, il a retiré le chargeur, ignorant qu’une munition était encore engagée dans la chambre. L’arme a craché un coup unique, tiré en l’air.
Le mouvement de panique qui a suivi a dispersé une partie de la foule, mais les présents ont rapidement compris qu’il s’agissait d’une maladresse, et la fête a repris son cours sans autre perturbation de ce côté.
Ce n’est qu’en toute fin de soirée qu’un second incident a éclaté, d’une nature plus grave. Une querelle a dégénéré entre deux jeunes, le premier est habitant du quartier AIM, le deuxième est un déplacé de Mboki venu à Obo avec sa famille. Lord d’altercation, le jeune du quartier AIM a sorti un couteau pour poignarder l’autre au dos.
La victime a été conduite à l’hôpital d’Obo où elle recevait des soins.
La COSCIPAC interpelle le peuple centrafricain sur les maux qui freinent le pays
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Petit-Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Petit-Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC.jpg” alt=”La COSCIPAC interpelle le peuple centrafricain sur les maux qui freinent le pays” width=”300″ height=”224″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Petit-Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Petit-Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC-80×60.jpg 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Petit-Delphin-Kotto-de-la-COSCIPAC-265×198.jpg 265w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Petit-Delphin Kotto de la COSCIPAC
La Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en République Centrafricaine interpelle son peuple avec des mots qui pèsent.
Dans un texte daté du 03 mars 2026 à Bangui, la Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en République Centrafricaine (COSCIPAC) a adressé une lettre ouverte au peuple centrafricain. L’organisation y dresse un état des lieux lucide d’un pays qui possède tout pour avancer, mais qui tarde à le faire. Terres fertiles, sous-sol riche, jeunesse vive : la République centrafricaine n’est pas démunie. Pourtant, cette abondance ne se traduit pas dans le quotidien des populations.
La COSCIPAC pointe du doigt un écart persistant entre les ressources disponibles et les résultats obtenus sur le terrain. Pour l’organisation, cet écart prend sa source dans un mode de gouvernance où la fidélité politique prend souvent le dessus sur la valeur professionnelle. Quand un État nomme ses responsables non pas selon leurs aptitudes, mais selon leurs accointances, écrit la COSCIPAC, il s’expose à une administration qui improvise au lieu d’anticiper.
L’éducation, l’agriculture et la diplomatie sont les trois secteurs que la COSCIPAC cite en exemple pour illustrer ces carences de planification. Le système scolaire peine à se renouveler, privant la jeunesse des outils dont elle aurait besoin pour s’imposer dans un monde en mutation rapide. L’agriculture, elle, reste en retrait faute de politiques publiques cohérentes, alors qu’elle pourrait nourrir le pays et alimenter une croissance durable. Quant à la diplomatie, la COSCIPAC rappelle qu’elle requiert une maîtrise pointue pour que la RCA puisse défendre ses intérêts avec efficacité sur la scène internationale.
Ce que défend la COSCIPAC, c’est une conception exigeante de la paix. L’organisation refuse de réduire la paix à la seule absence de fusils. Une nation peut voir ses armes se taire et ses institutions continuer à fléchir sous le poids de la mauvaise gestion. La stabilité durable, insiste la COSCIPAC, ne peut germer que dans des institutions qui inspirent confiance, qui rendent des comptes et qui produisent des résultats visibles : des routes praticables, des écoles qui fonctionnent, de l’eau au robinet, de l’électricité et du travail.
Pour sortir de cette impasse, la Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en République Centrafricaine formule trois exigences fondamentales. La méritocratie d’abord : chaque poste stratégique doit revenir à la personne la plus compétente pour l’occuper. La planification ensuite : les politiques publiques doivent s’inscrire dans une vision à long terme, et non dans la réponse aux urgences du moment. La rigueur financière enfin : les deniers publics doivent être gérés selon des règles de transparence que nul ne peut contourner.
La COSCIPAC ne se contente pas de diagnostiquer, elle interpelle. Aux autorités, elle demande de placer la compétence et l’intégrité au cœur de chaque nomination. Aux élites du pays, elle rappelle que gouverner est un acte de redevabilité, pas un privilège. À la jeunesse centrafricaine, l’organisation adresse un encouragement ferme : ne pas accepter la médiocrité comme une norme, et tenir bon dans la conviction que le mérite vaut plus que la faveur. Aux simples citoyens, elle demande une vigilance active, une participation aux débats qui engagent l’avenir commun.
La COSCIPAC conclut sa lettre en appelant à un changement de culture politique profond. L’organisation demande que la flatterie, la manipulation et le mensonge cèdent la place à la franchise et à l’engagement civique. Elle rejette ce qu’elle nomme un « No man’s land institutionnel », cet espace sans règles ni repères où chacun fait ce qu’il veut au détriment de tous. Ce que la Coordination des Organisations de la Société Civile pour la Paix en République Centrafricaine appelle de ses vœux, c’est un État fort dans ses structures, juste dans ses actes et lisible dans ses ambitions.
Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa vient de comprendre ce que le Président Emmanuel Macron répète depuis longtemps : Touadéra est otage de Wagner. Il ne peut rien faire dans l’affaire pour Joseph Figueira Martin sans la décision des Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/l-expert-humanitaire-belgo-portugais-joseph-figueira-martin-avec-son-avocat-nicolas-tiangaye-lors-de-son-proces-a-la-cour-d-appel-de-bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/l-expert-humanitaire-belgo-portugais-joseph-figueira-martin-avec-son-avocat-nicolas-tiangaye-lors-de-son-proces-a-la-cour-d-appel-de-bangui.jpg” alt=”Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa vient de comprendre ce que le Président Emmanuel Macron répète depuis longtemps : Touadéra est otage de Wagner. Il ne peut rien faire dans l’affaire pour Joseph Figueira Martin sans la décision des Wagner” width=”268″ height=”300″ />L’expert humanitaire belgo-portugais Joseph Figueira Martin avec son avocat Nicolas Tiangaye lors de son procès à la cour d’appel de Bangui
Certains refusaient de croire ce que le Président français Emmanuel Macron dit souvent. Pourtant, le président portugais vient de faire le voyage à Bangui, et il en est revenu avec la même certitude amère : Touadera est un otage dans son propre pays.
Wagner ne gouverne plus dans l’ombre. Il agit au grand jour, arrête, frappe, incarcère et fabrique des dossiers judiciaires sur mesure. Et pendant ce temps, Touadéra regarde, reçoit des chefs d’État, fait des promesses qu’il ne tient pas, parce qu’il ne peut tout simplement pas les tenir.
C’est exactement ce qu’a vécu le président portugais sortant, Marcelo Rebelo de Sousa, lors de son déplacement à Bangui le 24 février dernier. Il croyait avoir obtenu de Touadéra l’accord pour libérer Joseph Figueira Martin, chercheur belgo-portugais arrêté par Wagner en mai 2024 à Zémio, alors qu’il travaillait pour l’ONG américaine FHI360.
Lisbonne avait même affrété un avion pour le rapatrier. À l’arrivée, rien. Touadéra n’a rien livré, parce que Touadéra ne pouvait rien livrer. Ce n’est pas lui qui tranche.
Condamné en novembre 2025 à dix ans de travaux forcés pour complicité d’association de malfaiteurs et atteinte à la sécurité de l’État, Figueira Martin croupit à la prison du camp de Roux à Bangui. La peine a été construite par Wagner. Le verdict aussi.
Devant ce mur, Marcelo Rebelo de Sousa a perdu patience. Il a menacé de retirer ses soldats de la MINUSCA, de couper la coopération bilatérale et de peser de tout son poids à l’Union européenne pour déclencher des sanctions ciblées contre Bangui. Il est reparti sans même s’asseoir au dîner officiel prévu en son honneur.
Ce n’est pas le seul cas d’ailleurs. Le même engrenage est en train de broyer un autre humanitaire. Le mercredi 4 mars, Corbeau News Centrafrique lançait une alerte sur l’arrestation de François Zampareni, cadre français de MSF-RDC, interpellé à Zémio par des éléments Wagner dans des circonstances qui ne laissent aucun doute sur la méthode.
Ce que l’enquête de CNC a permis d’établir est accablant. François Zampareni n’était pas venu à Zémio de sa propre initiative. C’est le sous-préfet lui-même qui l’avait convié à une réunion officielle. Il avait quitté Nzapay en République démocratique du Congo, franchi la rivière Mbomou, et rejoint Zémio en réponse à cette invitation des autorités locales.
C’est en pleine réunion, alors que les échanges se déroulaient normalement, que des éléments Wagner ont fait irruption dans la salle. Ils se sont saisis de lui sans le moindre avertissement, l’ont emmené de force dans leur base avant d’être déposé dans les geôles de la gendarmerie de Zémio.
Un transfert vers Bangui est déjà en cours pour l’acheminer à l’Office Central pour la Répression du Banditisme. C’est le même rail sur lequel Figueira Martin avait été placé en 2024. Arrestation musclée, passage par la base Wagner, remise à la gendarmerie, fabrication d’un dossier à Bangui. Figueira avait fini avec dix ans de prison ferme.
Pourtant, la mission de MSF-RDC dans cette zone n’avait rien d’opaque. L’organisation cherchait à ouvrir un couloir logistique depuis Bangui vers Zémio pour ravitailler les milliers de déplacés centrafricains réfugiés à Nzapay, et envisageait de reprendre en partie la gestion de l’hôpital de Zémio. C’était sa troisième mission dans la ville.
Pendant ce temps, la MINUSCA continue d’expédier aux Nations Unies des faux rapports qui décrivent une situation calme et maîtrisée. La Minusca doit comprendre, Wagner n’est pas une force armée d’État. C’est une milice privée de voyous, sans ancrage légal reconnu, dont les actes à Zémio s’accumulent depuis des mois. L’absence de combats entre factions ne protège ni les populations ni les humanitaires qui opèrent sur le terrain.
Ceux qui viennent soigner et aider sont arrêtés, battus, jetés en prison. Ceux qui tuent et pillent voient leur bilan maquillé en progrès sécuritaire dans les rapports onusiens.
Fari Tahéruka Shabazz : « Tout ce que Touadéra touche devient un échec. CEMAC en faillite, BEAC pillée, routes fantômes » Rédigé le .
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/fari-taheruka-shabazz.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/fari-taheruka-shabazz.jpg” alt=”Fari Tahéruka Shabazz : « Tout ce que Touadéra touche devient un échec. CEMAC en faillite, BEAC pillée, routes fantômes » Rédigé le .” width=”300″ height=”297″ />Monsieur Fari Tahéruka Shabazz
Dix années au pouvoir, et chaque initiative se transforme en désastre. Fari Tahéruka Shabazz dresse un bilan sans appel du règne de Faustin-Archange Touadéra.
L’analyste politique centrafricain ne se contente pas d’opinions. Il compile des faits vérifiables, des chiffres publics, des annonces officielles suivies de résultats catastrophiques. Son constat tient en une phrase : tout ce que ce régime entreprend finit par s’effondrer. Pas des demi-ratés ou des retards conjoncturels, mais des naufrages complets.
Prenons l’opération « Kwa ti kodro», ce grand projet d’assainissement de Bangui lancé en grande pompe. Le président lui-même saisit la pelle et la brouette devant les caméras. Les communiqués se succèdent quotidiennement pour vanter les progrès accomplis. Et pourtant, en pleine saison sèche, l’Institut Pasteur annonce une invasion de moustiques jamais observée auparavant dans le pays.
L’accumulation d’ordures et d’eau stagnante crée un risque explosif de paludisme. La capitale n’a jamais été aussi sale qu’aujourd’hui, affirme Fari Tahéruka Shabazz. L’opération censée nettoyer la ville produit exactement l’inverse de son objectif affiché. C’est Sisyphe qui pousse son rocher : l’effort quotidien ne mène qu’à un retour au point de départ, voire pire.
La liste des projets phares avortés s’allonge comme un inventaire de promesses brisées. Sangocoin, la cryptomonnaie nationale qui devait révolutionner l’économie, n’existe que sur le papier. Memecoin suit la même trajectoire fantôme. Torgobank, Yacabank, Wallibank : des établissements bancaires annoncés comme des leviers de développement financier, introuvables dans la réalité économique du pays.
Le Château d’eau, infrastructure majeure destinée à résoudre la pénurie d’eau potable, laisse des quartiers entiers de Bangui assoiffés des années après son lancement. La Table Ronde de Bruxelles rassemble les bailleurs internationaux, génère des promesses de financement massif, et le terrain reste désespérément vide de réalisations concrètes. Chaque annonce grandiose débouche sur le néant.
Fari Tahéruka Shabazz enfonce le clou sur le dossier régional. Touadéra préside la CEMAC pendant deux ans, de 2024 à 2026. Cette communauté économique et monétaire regroupe six pays d’Afrique centrale, des dizaines de millions d’habitants, des richesses naturelles considérables. Le 5 février 2026, le président de la Commission annonce officiellement la faillite financière de l’institution.
Deux années de présidence centrafricaine suffisent à ruiner une organisation régionale entière. Fari Tahéruka Shabazz parle d’un cadeau empoisonné laissé au successeur. L’institution ne sort pas renforcée ou modernisée de cette période, elle en sort exsangue, incapable d’honorer ses engagements financiers les plus basiques.
La nomination d’Yvon SANA BANGUI à la tête de la BEAC produit des conséquences encore plus graves. Cette banque centrale gère la politique monétaire de toute la zone CEMAC, les réserves de devises, la stabilité du franc CFA en Afrique centrale. En février 2026, les réserves de devises couvrent à peine 1,5 mois d’importations, alors que le seuil de sécurité minimal s’établit à 3 mois.
Cette situation plonge la Centrafrique dans l’incapacité d’importer médicaments, équipements, carburant, denrées de base. Et comme si l’effondrement financier ne suffisait pas, le gouverneur se retrouve accusé de harcèlement sexuel et de viol par le personnel féminin de la banque. La débâcle institutionnelle se double d’un scandale moral retentissant.
Le porte-parole du régime, Maxime Balalou, finit par reconnaître publiquement le « manque d’investissement dans les infrastructures ». Cet aveu intervient après des années de financements colossaux : la BAD, le FMI, la Banque mondiale, la France, les émissions de titres à la BVMAC, tous ces flux d’argent convergent vers la Centrafrique. Et le résultat visible sur le terrain reste obstinément nul.
Des routes annoncées et budgétées n’existent que dans les discours. Des quartiers de la capitale manquent d’eau et d’électricité. Le réseau existant vieillit et se dégrade sans qu’aucune rénovation sérieuse ne vienne compenser l’usure. Les milliards affluent, les infrastructures disparaissent. Fari Tahéruka Shabazz pose la question évidente : où va cet argent ?
L’image la plus dévastatrice reste celle des opérations chirurgicales menées à l’hôpital universitaire de Bangui. Les chirurgiens opèrent à la lumière des torches de téléphone portable. Il n’y a plus d’électricité, plus de groupes électrogènes fonctionnels dans l’établissement de santé le plus important du pays. Des vies humaines dépendent de la batterie d’un smartphone.
Cette scène résume à elle seule l’écroulement des fonctions les plus élémentaires de l’État. Un pays qui ne peut garantir l’éclairage dans son hôpital universitaire a cessé d’assurer les services minimaux attendus d’une autorité publique. Le simulacre institutionnel remplace progressivement toute réalité administrative tangible.
Fari Tahéruka Shabazz observe ce phénomène répétitif avec une stupéfaction qui vire à la sidération. Chaque matin, le régime annonce une nouvelle initiative, un nouveau chantier, une nouvelle réforme. Chaque soir, le rocher retombe. Kwa ti kodro produit une invasion de moustiques. Les cryptomonnaies s’évaporent avant même d’exister. La CEMAC sombre. La BEAC s’assèche. Les routes restent des fantômes budgétaires.
Et le lendemain, le cycle recommence. Nouvelle annonce, nouvelle promesse, même résultat. Zéro. L’analyste ne formule même plus de prédictions. Il se contente de documenter la répétition mécanique de l’échec, comme un horloger qui note l’heure à laquelle l’aiguille revient toujours au même point. Dix ans de cette danse absurde, dix ans de ce retour perpétuel au vide initial.
Les Centrafricains qui vivent cette réalité quotidienne n’ont plus besoin d’analyses sophistiquées pour comprendre. Ils voient leurs rues envahies d’ordures malgré les opérations d’assainissement. Ils subissent les coupures d’électricité dans les hôpitaux. Ils constatent l’absence de routes là où les budgets ont été votés. Ils mesurent l’écart vertigineux entre les discours officiels et leur existence concrète.
Fari Tahéruka Shabazz ne fait qu’articuler ce que tout le monde observe déjà. Sa contribution réside dans la mise en ordre de ces observations éparses, dans l’établissement d’un fil conducteur qui relie tous ces désastres. Ce fil, c’est l’incapacité structurelle du régime à transformer l’intention en réalisation, l’annonce en construction, le budget en infrastructure. Tout ce qu’il touche devient du chaos, affirme l’analyste. Les faits lui donnent raison, jour après jour, projet après projet, milliard après milliard englouti dans le néant
Nour Grégaza : Touadéra envoie discrètement son ministre Guismala Hamza au Tchad pour ramener un fantôme
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/02/Nourd-Gregaza.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/02/Nourd-Gregaza.jpg” alt=”Nour Grégaza : Touadéra envoie discrètement son ministre Guismala Hamza au Tchad pour ramener un fantôme” width=”300″ height=”128″ />Nourd Gregaza, Président du PRNC
L’affaire Nour Grégaza dépasse désormais les frontières centrafricaines : Bangui a mandaté en secret son ministre de l’Agriculture Guismala Hamza pour tenter de localiser Nourd Gregaza à N’Djamena.
Le dictateur de Bangui Faustin Archange Touadéra a dépêché discrètement son ministre de l’Agriculture, Guismala Hamza, au Tchad avec une mission officieuse : retrouver la trace de Nour Grégaza. Officiellement, le ministre était en déplacement pour trois jours dans la capitale tchadienne. En réalité, l’objectif était tout autre, et il rentre ce lundi 9 mars 2026 à Bangui les mains vides.
Tout remonte à la nuit du 14 au 15 décembre 2025, quand les autorités centrafricaines ont annoncé l’évasion de Nour Grégaza de l’OCRB (office central pour la répression du banditisme), cette prison où il était détenu depuis le 7 juillet 2025 après un bref passage à la prison du camp de Roux. Pourtant, s’échapper d’un lieu aussi étroitement gardé par les forces de l’ordre lourdement armés relève de l’exploit. Personne à Bangui ne sait véritablement où il se trouve, et cette incertitude nourrit toutes les spéculations.
Ce qui est certain, en revanche, c’est la vague d’arrestations qui a suivi. Les frères et sœurs de Grégaza ont été cueillis un à un par les mercenaires russes du groupe Wagner, dont son propre frère, garde du corps du ministre Guismala Hamza lui-même. Cette coïncidence n’a échappé à personne : le ministre chargé de retrouver Grégaza au Tchad est celui là même qui recrute dans sa sécurité rapprochée le frère du soi-disant fugitif.
Le réseau de parenté autour de cette affaire va encore plus loin. Guismala Hamza est lui-même un parent de Nour Grégaza. Le ministre de la Justice Arnaud Djoubaye Abazène l’est également. Et le ministre des Transports, Gautron Djono-Ahaba, partage lui aussi des liens familiaux avec l’homme recherché. Touadéra est donc en train de retourner une famille entière contre l’un des siens, divisant par la pression et la peur ceux qui partagent le même sang.
En outre, les 3 policiers, en garde cette nuit de la disparition de Nourd Gregaza, ont également été arrêtés par les mercenaires russes en mi-décembre dernier. Mais à la grande surprise de tout le monde, les mercenaires russes ont annoncé, plus d’un mois après l’arrestation de ces trois policiers, la mort de l’un d’eux. Les Wagner ont tout simplement assassiné l’un des policiers, l’accusant d’avoir ouvert la porte de la cellule à monsieur Nourd Gregaza. Après l’assassinat du policier, les Wagner ont tout simplement empêché sa famille de récupérer le corps durant plusieurs jours.
Toutefois, , la question est de savoir si Nourd Gregaza se trouve effectivement au Tchad, et si Guismala Hamza l’a identifié, est-ce que le Tchad va-t-il accepter de le livrer aux mercenaires russes encore ? Il faut le rappeler, le Tchad n’a aucune raison d’extrader qui que ce soit vers la RCA, d’autant que les précédents parlent d’eux-mêmes. Charles Massi, extradé à l’époque du président Idriss Déby père, a disparu depuis lors dans les geôles centrafricaines. Armel Sayo, lui, a été livré par N’Djamena en mars 2025 et se retrouve aujourd’hui dans une prison privée de Wagner, torturé à vie par ces criminels de Poutine.
Le 2 mars 2026, dans l’amphithéâtre historique Gaston Bachelard de la Sorbonne à Paris, un événement majeur s’est produit : le premier colloque international entièrement consacré à la responsabilité juridique des crimes commis par le groupe Wagner et ses structures affiliées. Organisé par l’Institut de recherche en droit international et européen de la Sorbonne (IREDIES) en partenariat avec le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies, la FIDH, TRIAL International, Truth Hounds, le projet All Eyes on Wagner, la Geneva School of Diplomacy et la Coalition africaine pour la justice et contre l’impunité, ce rassemblement marque un tournant décisif.
Pour la première fois, des experts du monde entier, des universitaires, des avocats internationaux, des enquêteurs de terrain et des représentants d’ONG se sont réunis publiquement pour démonter, pièce par pièce, le voile juridique derrière lequel Wagner opérait depuis des années en toute impunité. Le message est clair : le groupe paramilitaire russe ne pourra plus se cacher derrière le flou de son statut, ses contrats opaques ou ses changements de nom successifs.
Dans son discours d’ouverture, le coordinateur scientifique du colloque a rappelé avec force la réalité humaine derrière les débats juridiques :
« En amont des questions de responsabilité qui vont nous occuper, il y a des violations graves du droit et des victimes de ces violations, des victimes qui souffrent dans leur chair et qui appellent, qui espèrent et qui ont foi dans la protection juridique, en République Centrafricaine, au Mali, au Burkina Faso, en Syrie, en Ukraine et j’en passe. »
Ces mots résonnent particulièrement en Centrafrique, où les populations de plusieurs régions ont payé un lourd tribut aux exactions attribuées à Wagner : exécutions sommaires, viols, pillages, déplacements forcés, tortures. Pendant trop longtemps, les victimes centrafricaines ont eu l’impression que leurs cris n’étaient pas entendus au-delà de leurs frontières. Aujourd’hui, ce sentiment commence à changer.
Le colloque n’a pas été qu’une discussion théorique. Il a posé les bases concrètes d’un arsenal juridique mondial pour poursuivre les responsables :
– Clarification du statut de Wagner comme entreprise militaire privée ou comme bras armé de l’État russe
– Identification des mécanismes de responsabilité pénale individuelle (commandement, complicité, co-action)
– Voies possibles devant les juridictions nationales (exercice de la compétence universelle), la CPI, ou des tribunaux hybrides
– Utilisation accrue des enquêtes ouvertes par des États tiers et des preuves collectées par des ONG
Les participants, dont certains ont bravé des menaces réelles pour être présents ou pour témoigner, ont confirmé que le processus est lancé : le voile d’impunité se déchire, lentement mais sûrement.
Pour les Centrafricains qui ont vu leurs villages brûlés, leurs proches disparus, leurs droits bafoués, cette mobilisation internationale est un premier signe fort : vous n’êtes plus invisibles. La justice, même si elle avance à son rythme, n’est plus un mirage lointain. Des enquêtes sérieuses se structurent, des dossiers se construisent, des États et des organisations internationales se coordonnent.
Le monde a commencé à répondre à l’appel des victimes. Et ce n’est qu’un début.
Nations-Unies : Un diplomate centrafricain plaide pour Macky Sall à la tête de l’ONU
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/macky-sall-ancien-president-senegalais.webp” data-wpel-link=”internal”>Macky Sall, ancien Président sénégalais
Dans une déclaration signée depuis Paris, Son Excellence Chancel SEKODE NDEUGBAYI, ancien ministre délégué aux Affaires étrangères de la République Centrafricaine, apporte son soutien public à la candidature de Macky Sall au poste suprême des Nations unies.
SEKODE NDEUGBAYI a rendu public ce texte le 9 mars 2026. Dans ce document, l’ancien ministre appelle à une mobilisation africaine autour de la candidature de Macky Sall, ancien président du Sénégal de 2012 à 2024, au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, en remplacement du Portugais António Guterres.
Pour asseoir ce soutien, SEKODE NDEUGBAYI rappelle d’abord ce que Macky Sall a accompli à la tête du Sénégal. Sous la conduite de Macky Sall, le pays a connu une modernisation notable avec des investissements dans les routes, l’électricité, les transports et les infrastructures urbaines, dans le but d’améliorer les conditions de vie des populations et de consolider la place du Sénégal en Afrique de l’Ouest.
Déclaration du soutien à l’ancien Président sénégalaisDéclaration de l’ancien ministre des affaires étrangères centrafricaines soutenant l’ancien Président sénégalais Macky Sall
Au-delà de cette action intérieure, SEKODE NDEUGBAYI met en avant l’envergure internationale de Macky Sall. L’ancien président sénégalais a défendu les intérêts du continent africain dans les grands débats mondiaux sur la dette, le financement du développement et la transition énergétique, et a continué, après la présidence, à porter la voix de l’Afrique dans de nombreux forums internationaux.
C’est toutefois dans la partie la plus personnelle du document que SEKODE NDEUGBAYI livre ce qui fonde réellement son appel. L’ancien ministre centrafricain indique avoir côtoyé Macky Sall lors de plusieurs sommets internationaux, en présence de MANKEUR Ndiaye, ancien représentant du Secrétaire général des Nations unies en Centrafrique entre 2018 et 2020, et avoir pu mesurer de près la rigueur de l’analyse de Macky Sall et la profondeur de sa réflexion sur les enjeux du monde.
SEKODE NDEUGBAYI décrit Macky Sall comme un homme qui écoute avant de décider, qui cherche le consensus plutôt que l’affrontement, et qui place l’intérêt collectif au-dessus des calculs partisans. Ces qualités, selon SEKODE NDEUGBAYI, font de Macky Sall non pas simplement un candidat africain, mais un homme d’État à la hauteur d’une fonction qui exige vision, équilibre et capacité à rassembler des nations aux intérêts souvent divergents.
SEKODE NDEUGBAYI inscrit par ailleurs la candidature de Macky Sall dans un mouvement plus vaste visant à corriger un déséquilibre ancien dans la représentation du continent africain au sein des grandes institutions mondiales. Porter la voix du Sud global depuis le siège de l’ONU n’est pas, aux yeux de SEKODE NDEUGBAYI, une ambition ordinaire, mais une nécessité au regard des défis — conflits, inégalités, changement climatique — qui pèsent aujourd’hui sur les nations les plus vulnérables.
Dans les établissements publics de la capitale Bangui, la pratique des enseignants qui monnayent leurs cours est devenue une réalité que personne ne semble vouloir enrayer. Avec la complicité du sommet de l’État, les choses deviennent de plus en plus pires.
Le lycée de Miskine, situé dans le cinquième arrondissement de Bangui, n’échappe pas à cette dérive pathétique. Depuis plusieurs années, des actes dignes de la mafia italienne y ont été relevées par une équipe de la rédaction de Corbeau News Centrafrique dépêchée sur place.
Ce que nos journalistes ont constaté sur place dans ce lycée dépasse ce que l’on pouvait imaginer : l’argent y conditionne tout, des évaluations aux simples autorisations de composer.
Dans la classe de 3ème 2 lycée de Miskine de Bangui. Photo CNC
En effet, la semaine dernière, vendredi 6 mars dernier, la situation a atteint un degré rarement vu. En classe de troisième 2, un professeur de mathématiques, monsieur AGOUBEYE christ , arrive avec un devoir, distribue les questions, puis attend.
Les élèves, estimant les sujets délibérément incompréhensibles, refusent de composer et commencent à manifester bruyamment dans la salle. C’est à ce moment que l’enseignant sort sa propre solution : réclamer de l’argent aux élèves.
Sans se presser, le professeur se lève et commence à faire le tour des tables, une par une, tendant la main. Les élèves cotisent, certains à contrecœur, d’autres sans doute par peur de vengeance sur leurs notes. La scène, observée par notre équipe via les fenêtres de la classe ce jour-là, ressemble moins à un cours qu’à une levée de fonds organisée en bonne et due forme.
La question que certains centrafricains se demandent est de savoir : où ces enfants sont-ils censés trouver cet argent ? Ils ne travaillent pas, ils n’ont pas de revenus, pas de bourses d’études. Certains observateurs estiment que cette pression permanente pousse les élèves à aller voler l’argent de leurs parents, ou à mendier, pour ne pas se retrouver exclus d’un devoir auquel ils ont pourtant droit.
Ce type de comportement n’est pas uniquement réservé au lycée de Miskine. C’est un fait observé partout dans la capitale, des établissements publics à ceux du privé également. Il reflète une gangrène, pardon, une pourriture, qui s’est installée dans plusieurs établissements de la capitale, au vu et au su de tout le monde. Le ministère de l’Éducation nationale, interpellé de fait par ces pratiques répétées, n’a jusqu’ici produit aucune sanction visible contre les contrevenants.
Pourtant, des voix s’élèvent de plus en plus dans le pays pour pointer la responsabilité du sommet de l’État.
Si on se souvient bien de ce que l’opposant Anicet-Georges Dologuelé, dit AGD, avait lui-même affirmé : le pays n’est plus gouverné, il est livré à l’anarchie. Et c’est vrai, tout est pourri depuis le sommet de l’État jusqu’à la base.
À Abba-Bogani, Nana-Mambéré, un cultivateur grièvement blessé par des éleveurs
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Un-cultivateur-centrafricain-qui-se-plaint-darrivee-massive-des-peuls-dans-son-village.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Un-cultivateur-centrafricain-qui-se-plaint-darrivee-massive-des-peuls-dans-son-village.jpg” alt=”À Abba-Bogani, Nana-Mambéré, un cultivateur grièvement blessé par des éleveurs ” width=”300″ height=”214″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Un-cultivateur-centrafricain-qui-se-plaint-darrivee-massive-des-peuls-dans-son-village.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/03/Un-cultivateur-centrafricain-qui-se-plaint-darrivee-massive-des-peuls-dans-son-village-100×70.jpg 100w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Un cultivateur centrafricain qui se plaint d’arrivée massive des peuls dans son village, et potentiellement pour détruire les champs agricoles
En République centrafricaine, les zones rurales de l’ouest du pays vivent depuis des années sous la pression de conflits qui opposent ceux qui cultivent la terre à ceux qui y font paître leurs bêtes.
C’est dans ce climat tendu que le village d’Abba-Bogani, dans la sous-préfecture d’Abba, non loin de Bouar, a été le cadre d’une nouvelle agression samedi 7 mars 2026. Des éleveurs avaient conduit leur troupeau dans les parcelles d’un cultivateur, piétinant et ravageant ce qu’il avait semé. Quand l’homme a voulu demander des comptes, les éleveurs l’ont accueilli au couteau, le laissant grièvement blessé.
Ce type de confrontation n’est pas propre à Abba-Bogani. Vers Batangafo et Sido, un éleveur peul avait lui-même perdu la vie dans des circonstances similaires, signe que la violence va dans les deux sens et épargne personne. La saison sèche ramène chaque année des milliers de têtes de bétail poussées depuis le Cameroun, le Niger, le Nigeria, le Tchad ou le Soudan vers les pâturages centrafricains, et avec elles, des étincelles qui tardent rarement à s’enflammer.
Ce qui aggrave la situation, c’est le discours que tiennent certains de ces éleveurs étrangers. Ils se vantent ouvertement de ne plus avoir à se plier à aucune règle, convaincus que les 3R, ex-groupe armé ayant signé l’accord de paix de Ndjamena , ont désormais pris le contrôle du pays. Cette lecture erronée du paysage politique centrafricain leur sert de justification pour ignorer les couloirs de transhumance pourtant balisés.
Même les éleveurs centrafricains, qui connaissent ces couloirs, ne les empruntent pas toujours. Avec le retour de la saison sèche, les troupeaux affluent en masse, et la pression sur les terres agricoles monte d’un cran.
Alors, les éleveurs disent qu’ils vont attaquer maintenant tout le monde, car ils sont déjà au pouvoir. Mais quel pouvoir ? Parlent-ils de Touadera que son père est peul ou de quoi ?
Chaque année, le monde entier s’arrête un instant pour regarder la place qu’il offre à ses femmes. En République centrafricaine, cet arrêt a pris, ce dimanche 8 mars 2026, des allures de bilan à ciel ouvert.
C’est dans cette atmosphère que la ministre Marthe Kirimat, en charge de la promotion du genre, a ouvert les festivités officielles à Bangui. Devant un parterre d’autorités, elle a dressé un état des lieux sans détour : des progrès réels ont été accomplis, mais les femmes centrafricaines restent encore loin du compte dans les postes de décision. Certains départements ministériels, a-t-elle déploré, ignorent le quota de représentation féminine pourtant inscrit dans les textes en vigueur.
Photo de famille à la fin de la cérémonie. Photo CNC
À ses côtés, le Premier ministre Félix Moloua, venu représenter le chef de l’État Faustin-Archange Touadéra, a choisi d’apporter une réponse nuancée à cette critique. Pour lui, la question ne se résoudra pas d’un claquement de doigts. Le choix des personnes nommées aux postes de responsabilité, a-t-il soutenu, repose d’abord sur les compétences, et non sur le genre.
Ce positionnement n’a pas manqué de nourrir un débat dans les coulisses de la cérémonie. Car si la compétence est effectivement un critère légitime, encore faut-il que les femmes aient eu, dès le départ, les mêmes chances d’acquérir ce capital humain. C’est précisément là que le Premier ministre a reconnu un chantier majeur : créer les conditions d’un accès équitable à l’éducation et à la formation.
Le Premier ministre et la ministre de la promotion du genre, de la protection de la femme, de la famille et de l’enfant visitent les stands de l’exposition dans l’enceinte de la clôture de l”ONASPORT.Photo CNC
Sur ce point, il a cité l’initiative du chef de l’État d’accorder des bourses aux filles, présentée comme un signal fort envoyé aux familles centrafricaines. Les femmes présentes dans la salle ont aussi offert, à travers une course et des sketches, une démonstration de leur capacité à prendre la parole, à revendiquer et à entreprendre. Le Premier ministre y a vu la preuve que le dialogue entre hommes et femmes avait progressé.
La note conceptuelle de l’UNFPA, publiée à l’occasion de cette journée, donne pourtant une autre mesure de la réalité. L’organisation onusienne rappelle que les femmes et les filles centrafricaines restent exposées aux mariages précoces, aux violences de genre et à un accès limité aux soins de santé reproductive. Le thème retenu pour 2026, « Droits. Justice. Action pour TOUTES les femmes et les filles », n’est pas un slogan de circonstance.
Le thème national choisi par le gouvernement centrafricain, « De la reconnaissance des droits à l’action concrète », va dans le même sens. Il reconnaît implicitement que les lois existent, que les engagements ont été pris, mais que leur traduction dans la vie quotidienne des femmes du pays reste un travail inachevé.
Félix Moloua a conclu ses propos en appelant le secteur privé à s’associer à cet effort, pour que les femmes puissent créer de la richesse et accéder à l’entrepreneuriat. Un appel qui sonne comme un aveu : l’État seul ne peut pas porter ce chantier.
Action Solidaire appelle les femmes centrafricaines à oser prendre leur place dans la construction du pays
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Madame-Nadine-KOSSI-Presidente-de-lassociation-Action-Solidaire.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Madame-Nadine-KOSSI-Presidente-de-lassociation-Action-Solidaire.jpg” alt=”Action Solidaire appelle les femmes centrafricaines à oser prendre leur place dans la construction du pays” width=”300″ height=”200″ />Madame Nadine KOSSI, Présidente de l’association Action Solidaire
Les femmes portent des nations entières sur leurs épaules, souvent sans que personne ne le remarque ni ne le reconnaisse à sa juste valeur.
C’est depuis cette conviction profonde que Nadine Kossi, présidente de l’Association Action Solidaire, a adressé un message aux femmes de Centrafrique à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, ce 8 mars. Dans ses mots, elle rend hommage à des femmes qui, malgré les pesanteurs du quotidien, continuent de tenir debout leurs familles et leurs communautés. Elle parle de résilience, non pas comme d’un mot vide, mais comme d’une réalité que vivent des millions de Centrafricaines chaque jour.
À partir de là, Nadine Kossi articule son message autour de trois points qu’elle juge non négociables. Le premier est l’autonomisation des femmes : pour elle, aucun pays ne peut avancer durablement si la moitié de ses habitants reste économiquement à la remorque de l’autre moitié. Elle demande un accès concret à l’éducation, à la formation et au financement, car une femme qui dispose de ses propres moyens, dit-elle, c’est toute une famille qui gagne en solidité.
Le deuxième point touche à la participation des femmes aux postes de décision. La présidente d’Action Solidaire affirme sans détour que les femmes centrafricaines ont les aptitudes et la lucidité nécessaires pour siéger là où se décide l’avenir du pays, que ce soit dans l’administration, la politique ou l’économie. Elle appelle à en finir avec ces obstacles invisibles qui bloquent leur montée en responsabilité depuis trop longtemps.
Le troisième engagement est la tolérance zéro envers les violences fondées sur le genre. Nadine Kossi le dit avec une netteté qui ne laisse place à aucune ambiguïté : aucune tradition, aucune pression sociale ne peut légitimer qu’une femme soit maltraitée ou réduite au silence. Protéger les femmes, insiste-t-elle, c’est défendre la dignité humaine dans ce qu’elle a de plus fondamental.
Elle conclut en lançant un appel direct aux femmes : qu’elles se forment, qu’elles entreprennent, qu’elles dirigent et qu’elles fassent entendre leur voix. L’Association Action Solidaire, dit-elle, demeure à leurs côtés pour soutenir leurs initiatives et
Pour la Journée Internationale des Droits des Femmes en Centrafrique, les Élèves et étudiantes sont mobilisés
Les deux jeunes femmes rescapées photographiées à Samuandia après leur fuite des mains de la LRA. Elles avaient été enlevées en 2014 à Bria alors qu’elles n’avaient que 11 ans.
À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, la radio Ghira FM, voix emblématique de la Minusca, a initié une action éducative marquante. Le 6 mars 2025, au lycée Marie-Jeanne Caron de Bangui, une émission spéciale en direct a réuni élèves et intervenantes pour échanger sur l’émancipation féminine.
Animée par Liliane Nyatia, responsable des programmes à Ghira FM, aux côtés d’autres journalistes, cette session visait à motiver les jeunes filles. Les participantes ont partagé leurs histoires personnelles, démontrant que la persévérance ouvre des portes, même dans un environnement complexe. “Nous avons voulu montrer que l’avenir reste accessible, et que les défis ne doivent pas décourager les ambitions”, explique Liliane Nyatia. Les témoignages ont mis en avant des femmes qui ont surmonté des obstacles pour réaliser leurs objectifs professionnels.
L’événement, ouvert au public, encourageait les auditrices à prendre en charge leur destin. Parmi les moments forts, des récits de femmes accomplies ont captivé l’auditoire. Elles ont décrit comment elles ont maintenu leur engagement envers leurs études et carrières, malgré les pressions extérieures. Une élève présente a confié : “Ces exemples m’ont poussée à décider de mon propre chemin. Peu importent les barrières, je reste déterminée pour mes études. Mon rêve est de devenir gestionnaire.”
Cette initiative s’inscrit dans les efforts plus larges de promotion de l’égalité entre les genres, un pilier du mandat des Nations Unies. Elle combat les inégalités en encourageant l’autonomisation. Les jeunes filles ont évoqué les défis quotidiens, comme les remarques dévalorisantes de certains garçons qui estiment que les filles sont destinées uniquement au foyer. “Il faut ignorer ces voix et se concentrer sur ses buts”, a insisté une intervenante.
Pour l’édition 2025, la Journée internationale des droits des femmes adopte le thème « Pour toutes les femmes et les filles, droit, égalité et autonomisation ». Ghira FM, par cette émission, contribue à cet appel en inspirant la nouvelle génération. Des actions similaires pourraient multiplier les impacts positifs, favorisant une société plus inclusive en Centrafrique.
Cet événement rappelle l’importance de telles plateformes pour amplifier les voix féminines et bâtir un avenir équitable.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/image-d-illustration-de-casino-en-lien.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/image-d-illustration-de-casino-en-lien.webp” alt=”Image d’illustration de casino en lien” width=”400″ height=”218″ />
La popularité des casinos en ligne s’envole dans l’ensemble des pays francophones d’Afrique. Toutefois, tous les États ne possèdent pas les mêmes législations. En Côte d’Ivoire et au Congo, ils sont légaux et réglementés par leur ministère des Finances.
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Wagner retourne l’arrestation de François Zampareni contre MSF et contre la France, en inondant les réseaux avec une propagande générée par intelligence artificielle
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-mercenaires-russes-et-les-soldats-faca-en-patrouille-a-zemio.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-mercenaires-russes-et-les-soldats-faca-en-patrouille-a-zemio.webp” alt=”Wagner retourne l’arrestation de François Zampareni contre MSF et contre la France, en inondant les réseaux avec une propagande générée par intelligence artificielle” width=”500″ height=”286″ />Les mercenaires russes et les soldats FACA en patrouille à Zemio
La propagande ne s’improvise pas. Elle se fabrique, se calibre, puis se déverse. C’est exactement ce que Wagner vient de faire après l’arrestation du cadre français de MSF-RDC, François Zampareni, à Zémio.
CNC avait lancé l’alerte dès le mercredi 4 mars. Notre enquête avait établi les faits : Zampareni n’était pas arrivé clandestinement à Zémio. C’est le sous-préfet lui-même qui l’avait convoqué pour une réunion officielle. Il avait quitté Nzapay, traversé la rivière Mbomou, et rejoint la ville en réponse à une invitation des autorités locales.
C’est en pleine réunion que des éléments Wagner ont fait irruption et se sont emparés de lui. Ils l’ont conduit de force dans leur base, avant d’être remis à la brigade de gendarmerie de Zémio. Un transfert vers Bangui est déjà enclenché, avec pour destination l’OCRB.
Ce déroulement, personne ne devrait le découvrir pour la première fois. C’est mot pour mot le même procédé qui avait broyé le consultant belgo-portugais Martin Joseph Figueira en mai 2024 : arrestation musclée, passage par la base Wagner, remise à la gendarmerie, puis fabrication d’un dossier pénal à Bangui. Figueira avait écopé de dix ans de prison pour espionnage. Zampareni est aujourd’hui sur ce même parcours.
La mission de MSF-RDC dans cette zone n’avait pourtant rien d’ambigu. L’organisation cherchait à ouvrir un couloir logistique depuis Bangui vers Zémio pour ravitailler les milliers de déplacés centrafricains réfugiés à Nzapay, et envisageait de reprendre en partie la gestion de l’hôpital de Zémio pour y accueillir les cas médicaux graves évacués depuis le camp. C’était sa troisième mission dans la ville.
Plutôt que de répondre de ses actes, Wagner a choisi l’offensive informationnelle. Des textes générés par intelligence artificielle circulent depuis peu sur les réseaux sociaux, présentant Zampareni comme un mercenaire français mandaté par Paris pour déstabiliser le régime de Bangui à la veille de l’investiture de Touadéra. Le vocabulaire est calibré, les accusations construites, la narration bien connue.
Ce n’est pas la première fois que cette mécanique est mise en branle. Les mêmes accusations, les mêmes formulations, le même cadrage avaient été utilisés contre Figueira en 2024. Wagner réutilise un patron éprouvé, cette fois avec l’appui de l’IA pour amplifier la diffusion et donner une apparence de diversité aux sources.
Pendant ce temps, la MINUSCA continue d’adresser aux Nations Unies des faux rapports qui décrivent une situation stable et maîtrisée dans le Sud-est. L’organisation feint d’ignorer que Wagner n’est pas une composante des forces armées centrafricaines. C’est une milice privée, sans statut légal reconnu, dont les agissements à Zémio s’accumulent depuis des mois sans que personne ne soit comptable de quoi que ce soit.
Maître Nicolas Tiangaye : « On ne peut pas faire de justice à deux vitesses entre Bozizé et Hassan Bouba »
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/tiangaye.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/tiangaye.jpg” alt=”Maître Nicolas Tiangaye : « On ne peut pas faire de justice à deux vitesses entre Bozizé et Hassan Bouba »” width=”300″ height=”224″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/tiangaye.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/tiangaye-80×60.jpg 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/tiangaye-265×198.jpg 265w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Maître Nicolas Tiangaye, Président de la Convention Républicaine pour le progrès social (CRPS)
Dans une intervention tranchante lors de l’émission « Actualité et nous » sur Radio Fréquence RJDH 100.5 FM, Maître Nicolas Tiangaye, ancien Premier ministre et président de la Convention Républicaine pour le Progrès Social (CRPS), a violemment dénoncé ce qu’il qualifie de « justice à géométrie variable » en République centrafricaine, en pointant du doigt le traitement différencié réservé à l’ancien président François Bozizé et au ministre Hassan Bouba, sans oublier d’autres membres du gouvernement.
À la suite de l’émission du mandat d’arrêt de la Cour pénale spéciale (CPS) contre François Bozizé le 26 janvier, Maître Tiangaye refuse de se limiter à une lecture purement juridique du dossier :
« La question n’est pas seulement juridique. Si c’était juridique, on aurait réglé beaucoup de choses, beaucoup de problèmes. […] Les démocrates que je suis, les militants des droits de l’homme que je fus et que je suis encore, pensent que la justice doit examiner les dossiers dans lesquels il y a des victimes ou des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité ont été commis. »
Mais le juriste et opposant va beaucoup plus loin en accusant directement le régime de pratiquer un deux poids, deux mesures intolérable :
« Que fait Hassan Bouba dans le gouvernement centrafricain ? […]Pourquoi deux poids, deux mesures ? Pourquoi vous le liez automatiquement ? […] Pourquoi Hassan Bouba qui a massacré des Centrafricains à l’Hindaho ? Plus d’une centaine de Centrafricains ont été massacrés par lui quand il était le coordinateur militaire de son mouvement. »
Maître Tiangaye rappelle les faits : Hassan Bouba a été arrêté par la CPS pour son rôle présumé dans le massacre de plus d’une centaine de civils, dont deux prêtres catholiques, à Alindao. Pourtant, il a été libéré dans des conditions troubles, sans qu’une décision judiciaire claire ne l’explique, et il continue d’occuper un poste ministériel :
« Il a été arrêté, mais vous savez comment il est sorti de prison. […] La présomption d’innocence ne signifie pas impunité. […] On ne fait pas de bruit là-dessus et on veut parler de Bozizé. Moi je trouve qu’on ne peut pas dans un pays avoir une justice à géométrie variable. Mettez d’abord Hassan Bouba en prison, ramenez-le en prison et on parlera de Bozizé après. »
Avec cette formule choc – « On ne peut pas faire de justice à deux vitesses entre Bozizé et Hassan Bouba » –, Maître Nicolas Tiangaye accuse le pouvoir en place d’instrumentaliser la justice pour protéger ses alliés tout en pourchassant ses adversaires. Il dénonce une instrumentalisation politique flagrante qui sape la crédibilité de la Cour pénale spéciale et renforce l’impunité pour les crimes commis par ceux qui sont proches du régime.
Ces déclarations constituent une charge lourde contre le système judiciaire centrafricain sous la présidence Touadéra, accusé de privilégier la loyauté politique au détriment de la vérité et de l’égalité devant la loi. Pour Maître Tiangaye, tant que des figures comme Hassan Bouba resteront impunies et au gouvernement, toute poursuite contre Bozizé ne pourra être perçue que comme une justice sélective et partisane.
Baboua 2 : Ninga Luc, ancien député MLPC passé au MCU, déclaré vainqueur dès le premier tour par le Conseil constitutionnel malgré deux faux baccalauréats 2012 et 2025 et bourrage d’urnes massif
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-depute-sans-bac-de-baboua-monsieur-ninga-luc.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-depute-sans-bac-de-baboua-monsieur-ninga-luc.webp” alt=”Le député sans bac de Baboua, monsieur Ninga Luc” width=”400″ height=”401″ />Le député sans bac de Baboua, monsieur Ninga Luc
Ninga Luc, ancien chauffeur devenu député MCU de Baboua 2, s’appuie sur deux attestations baccalauréat falsifiées de 2012 – 2025 pour déposer à nouveau sa candidature pour sa propre succession. Avec une grande surprise digne de la mafia italienne, le Conseil constitutionnel déclare sa victoire dès le premier tour, malgré des bourrages massifs et preuves claires des faux documents produits. Retour sur les faits.
Depuis la reforme de la nouvelle constitution illégale imposée par le groupe Wagner sous la bénédiction du Président russe Vladimir Poutine et sa poupée centrafricaineTouadéra, les élections législatives exigent désormais un baccalauréat minimum pour les candidats.
Cette règle, selon ces initiateurs, elle vise à assurer un niveau d’éducation chez les députés. Pourtant, le MCU, parti au pouvoir, qui a soutenu fermement cette loi, contourne ces obligations par des moyens criminel.
Le cas du député Ninga Luc à Baboua 2 est un exemple parfait de cette dérive.
Pour mieux comprendre cette histoire, il faut se pencher réellement sur les documents fournis par ce député sans bac. Lors du dépôt de candidature, monsieur Ninga Luc a présenter deux documents qui lui attribuent un baccalauréat. D’abord le premier qu’il a présenté date de juin 2012, série A4, mention Passable. Le numéro d’admission est 28142/2012. Le centre d’examen est le Lycée Barthélémy Boganda, centre n°1.
Puis, vient le tour du deuxième document. Ce nouveau bac, soi-disant obtenu en 2025, reprend les mêmes détails personnels du premier baccalauréat. Il date de juin 2025, mention Assez bien. Le numéro devient 28142/2025. Le centre passe à n°2, toujours au même lycée. Le numéro principal 28142 reste identique à celui de 2012, malgré 13 ans passés entre les deux documents.
Rien que pour les deux numéros identique, Cette répétition rend les deux attestations du baccalauréat hautement suspects. La signature de Rufin Modeste Bissaholo apparaît sur les deux : celui de 2012, et celui de 2025.
Les photos varient : plus jeune en 2012, plus âgé avec lunettes en 2025. Mais ce n’est pas grave de ce côté. Mais plus grave, le document de 2025 montre une faute : “SESSION DE DE JUIN 2025”. Une administration d’examen peut-elle faire une telle erreur grossière ?
Ninga Luc, né en 1968, obtient son premier baccalauréat en 2012, c’est à dire à 44. Puis en 2025, il obtient le deuxième en 57 ans. Aucun antécédent scolaire n’explique ces réussites tardives.
Pourtant, selon notre investigation, Ninga Luc commence comme chauffeur des missionnaires à Baboua. Il passe ensuite au commerce d’alcools et autres produits.
Son entrée en politique change tout. Élu député en 2020 sous l’étiquette du MLPC de Martin Ziguélé. Il bascule ensuite vers le MCU du président Touadéra.
Mais en 2023, tout a basculé. Touadera veut modifier la constitution pour s’offrir un troisième mandat, pour ne pas dire une présidence à vie, il a modifier la constitution, et instaurer une nouvelle loi fondamentale imposée par les russes. Mais dans cette nouvelle loi, une disposition impose le baccalauréat pour l’éligibilité.
Ainsi, monsieur Ninga Luc est parti au quartier Miskine, dans le cinquième arrondissement, au royaume des faux documents, produire des faux baccalauréat. Ces attestations qu’il a produit dans le quartier lui servirait à combler ce manque.
Et ce n’est pas tout! Ninga Luc a encore frappé. Lors des élections groupées à Baboua 2, les électeurs ont assisté à un Festival des fraudes massives : des urnes bourrées, cachées chez lui, puis transportées illégalement pour remettre à l’autorité nationale des élections.
Heureusement, tout ce qu’il a fait, il croyait faire intelligemment pour tromper les électeurs. Bien au contraire. Ils le suivent de bout en bout. Ils prennent des Photos et recueillis des témoignages concernant ces fraudes massives.
Alors, pour tenter de stopper Ninga Luc dans son délire, ses adversaires croyaient encore que le conseil constitutionnel vaut quelques chose. Or non! C’est tout pourri. Eh bien, ils sont allés au conseil constitutionnel et déposent des recours. Ils dénoncent les faux diplômes de Ninga Luc et produit les images de la fraude et des urnes cachées à son domicile.
Pourtant, le Conseil bouche ses oreilles et ferme ses yeux pour valider d’une manière stupide et criminelle la victoire de Ninga Luc dès le premier tour. Incroyable! Oui, on est en Centrafrique.
Mais pourquoi cette tolérance envers Ninga Luc malgré tout ce désordre ? Et bien il ne faut pas chercher loin. Son appartenance désormais au MCU explique cette décision rapide sans vérification du conseil constitutionnel.
Il bien le rappeler, Ninga Luc est aussi un brigand. Il n’hésite pas à frapper physiquement les chefs des villages, des chefs des quartiers à Baboua. Il a d’ailleurs menacé les électeurs avant les élections que si on ne vote pas pour lui, il va se jeter sur eux, et ils vont regretter de leur vie. Regarde un brigand qui se dit député de la République. Incroyable!
En plus, la MINUSCA, qui finance et accompagne ces désordre électoral ne dit aucun mot sur ce problème. D’ailleurs, la rwandaise, cheffe de la Minusca, a clairement dit que tout ce que les observateurs et les électeurs vigilants ont dénoncé ne sont que de mensonge. Des rumeurs. Vous comprenez déjà non? Oui, la rwandaise est l’épouse de l’ami direct de dictateur de Bangui, Faustin-Archange Touadera..
D’ailleurs, les rapports de la Minusca aux Nations unies sont souvent truffés des contre vérité, des mensonges. Ils font des faux rapports pour habiller le dictateur, et tout le monde le sait.
Il faut comprendre que ce cas dépasse Baboua 2 et touche tout le pays. De nombreux candidats produisent des diplômes douteux. Les fraudes se répètent dans plusieurs circonscriptions.
Budget agricole 2025 : Touadéra peut-il expliquer la disparition de 21 milliards de FCFA ? Où est passée cette somme? Wagner, campagne électorale ou corruption ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Herve-Ndoba-ministre-centrafricain-des-finances-et-du-budget.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Herve-Ndoba-ministre-centrafricain-des-finances-et-du-budget-450×345.jpg” alt=”Budget agricole 2025 : Touadéra peut-il expliquer la disparition de 21 milliards de FCFA ? Où est passée cette somme? Wagner, campagne électorale ou corruption ?” width=”450″ height=”345″ />Hervé Ndoba, ministre des finances et du budget de la Centrafrique
Le rapport d’exécution budgétaire du deuxième trimestre 2025 vient de dévoiler un scandale d’une ampleur stupéfiante. Sur les 21,4 milliards de francs CFA budgétisés pour le secteur agricole en 2025, seulement 26 millions ont été effectivement payés au 30 juin. Un taux d’exécution catastrophique de 0,12%. Pas 12%, pas 1,2%, mais zéro virgule douze pour cent.
Dans un pays où plus de 70% de la population vit de l’agriculture, où la sécurité alimentaire reste précaire, où le développement rural constitue théoriquement une priorité nationale, cette non-exécution du budget agricole équivaut à une condamnation à mort économique pour des millions de Centrafricains.
La question s’impose : où sont passés les 21,37 milliards de francs CFA qui n’ont pas été dépensés ? Cette somme colossale a-t-elle été réaffectée discrètement ? A-t-elle servi à financer d’autres postes budgétaires non prévus ? A-t-elle été détournée ? Le rapport budgétaire reste muet sur le devenir de cet argent fantôme.
Le secteur agricole n’est malheureusement pas une exception dans ce désastre budgétaire. L’analyse complète du rapport montre une catastrophe touchant tous les secteurs productifs de l’économie centrafricaine. Les combustibles et l’énergie affichent un taux d’exécution dérisoire de 2,93% avec seulement 93 millions payés sur 3,2 milliards prévus. Les industries extractives ne font guère mieux avec 2,43% d’exécution – 130 millions payés sur 5,3 milliards budgétisés.
Le secteur du logement et des équipements collectifs atteint des sommets dans l’absurde. Sur les 206 millions prévus pour le logement, seulement 2,5 millions ont été dépensés, soit 1,22% d’exécution. Quant à la recherche et développement dans le logement, c’est encore plus caricatural : 500 000 francs prévus, zéro franc dépensé. Une exécution de 0%.
Cette catastrophe touche l’ensemble de la catégorie “Affaires économiques” qui regroupe tous les secteurs productifs. Sur 30,6 milliards prévus, seulement 1,28 milliard a été effectivement payé, soit un taux d’exécution de 4,18%. Les quatre cinquièmes de l’argent destiné au développement économique du pays n’ont tout simplement pas été dépensés.
Pendant que les secteurs productifs agonisent faute de financement, d’autres postes budgétaires se portent remarquablement bien. La défense affiche un taux d’engagement de 60,85%. Les services généraux de l’administration tournent normalement. La santé et l’éducation maintiennent des taux d’exécution acceptables autour de 40-50%.
Cette disparité démolit l’argument officiel du “manque généralisé de moyens”. Si le gouvernement peut exécuter correctement le budget de la défense et de l’administration, pourquoi ne peut-il pas faire de même pour l’agriculture et les secteurs productifs ? Cette question embarrassante mérite une réponse claire que le rapport budgétaire n’apporte pas.
Le rapport lui-même avance trois explications officielles pour justifier cette débâcle. Premièrement, les “retards dans la mise en œuvre des projets financés sur fonds internes, souvent liés à des procédures d’engagement et de passation de marchés”. Cette excuse bureaucratique ne tient pas la route. Comment expliquer que ces mêmes procédures fonctionnent correctement pour la défense mais paralysent complètement l’agriculture ?
Deuxièmement, le “contingentement de certaines dépenses en vue de respecter les critères quantitatifs des revues combinées du programme FEC du FMI”. Cette explication est probablement la plus proche de la vérité, mais elle est politiquement explosive. Elle signifie que le gouvernement centrafricain sacrifie délibérément les investissements productifs pour satisfaire les exigences du Fonds Monétaire International.
Troisièmement, la “faible mobilisation des ressources extérieures”. Sur 136,4 milliards d’appuis projets prévus, seulement 23,4 milliards ont été mobilisés, soit 17,19%. Cette défaillance dans la mobilisation des financements extérieurs témoigne soit d’une incompétence diplomatique, soit d’une perte de confiance des bailleurs de fonds, soit des deux.
Le rapport évoque également des “difficultés à collecter les données relatives à l’exécution des dépenses financées sur ressources extérieures dues à un manque de synergies entre les Unités de Gestion de Projets et la chaîne d’exécution budgétaire”. Traduction : les différentes structures censées gérer l’argent ne se parlent pas, ne se coordonnent pas, et personne ne sait vraiment où va l’argent.
Cette désorganisation institutionnelle ouvre la porte à toutes les dérives. Quand les circuits de financement sont opaques, quand les UGP fonctionnent en silos isolés, quand la traçabilité des fonds est impossible, la corruption prospère nécessairement.
Une question se pose : ces 21 milliards non dépensés dans l’agriculture ont-ils servi à financer d’autres priorités du régime ? Les mercenaires de Wagner coûtent cher. Les campagnes électorales truquées nécessitent des moyens considérables. Le maintien du réseau clientéliste du MCU exige des financements importants. L’argent destiné aux paysans centrafricains a-t-il été réaffecté discrètement à ces postes non budgétisés ?
Le rapport budgétaire ne répond évidemment pas à cette question. Mais l’opacité même qui entoure le devenir de ces milliards non dépensés alimente les soupçons. Dans un pays où la corruption gangrène toutes les institutions, où les détournements de fonds publics sont monnaie courante, où l’impunité règne pour les voleurs en col blanc, ces soupçons ne relèvent pas de la paranoïa mais du simple bon sens.
Les conséquences de cette non-exécution budgétaire sont dramatiques pour les populations rurales. Les programmes de développement agricole promis ne se matérialisent pas. Les semences améliorées n’arrivent pas. Les intrants agricoles restent inaccessibles. Les infrastructures rurales ne se construisent pas. Les paysans centrafricains continuent de cultiver avec des méthodes ancestrales faute d’appui technique et financier.
Cette situation compromet la sécurité alimentaire du pays pour les années à venir. Sans investissements agricoles, pas de modernisation. Sans modernisation, pas d’augmentation de la productivité. Sans productivité accrue, le pays reste dépendant des importations alimentaires et de l’aide humanitaire.
Le tableau est encore plus sombre pour le ministère du Développement Rural dans son ensemble. Sur un budget total de 29,4 milliards, seulement 3 milliards ont été exécutés, soit 10,47%. Les investissements agricoles spécifiquement prévus à hauteur de 27,2 milliards n’ont été exécutés qu’à 6,61% avec seulement 1,8 milliard dépensé.
Cette catastrophe budgétaire se répète année après année. Le rapport indique explicitement que ces problèmes sont “récurrents”. Ce n’est donc pas un accident ponctuel mais une politique délibérée ou une incompétence chronique, ce qui revient au même pour les victimes.
Le régime MCU a fait un choix clair, même s’il ne l’avoue pas publiquement : privilégier les dépenses de fonctionnement, de sécurité et de maintien du pouvoir au détriment des investissements productifs qui bénéficieraient réellement aux populations. Cette orientation budgétaire condamne le pays à rester un État rentier vivant de l’aide internationale plutôt qu’un pays productif capable de nourrir sa population.
Les contraintes du programme FMI, invoquées dans le rapport, posent également question. Si le respect des critères du FMI oblige le gouvernement à geler les investissements agricoles, alors ce programme sert-il vraiment l’intérêt du pays ? Un programme économique qui sacrifie le développement rural au profit de ratios budgétaires abstraits ne mérite-t-il pas d’être renégocié ?
Le gouvernement centrafricain porte l’entière responsabilité de cette catastrophe. C’est lui qui a accepté les conditionnalités du FMI. C’est lui qui a choisi de contingenter les dépenses agricoles. C’est lui qui a échoué à mobiliser les financements extérieurs promis. C’est lui qui maintient des structures bureaucratiques dysfonctionnelles qui paralysent l’exécution budgétaire.
Au final, ce rapport budgétaire du deuxième trimestre 2025 constitue un acte d’accusation accablant contre la gestion économique du régime Touadéra. Il démontre chiffres à l’appui que le développement rural n’est qu’un slogan creux, que les promesses de soutien à l’agriculture restent lettre morte, et que l’argent budgétisé pour les secteurs productifs disparaît mystérieusement sans que personne ne puisse expliquer où il est passé.
Les 21 milliards fantômes de l’agriculture centrafricaine symbolisent parfaitement ce régime : des budgets impressionnants sur le papier, une exécution catastrophique sur le terrain, une opacité totale sur le devenir des fonds, et au final, des populations abandonnées à leur sort pendant que l’argent public se volatilise dans les méandres d’une administration corrompue et incompétente.
Ouanda-Djallé : par peur de mourir, le chef du détachement militaire interdit à ses hommes de sortir de la ville à cause de l’insécurité
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-soldats-faca-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-soldats-faca-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto.webp” alt=”Ouanda-Djallé : par peur de mourir, le chef du détachement militaire interdit à ses hommes de sortir de la ville à cause de l’insécurité” width=”400″ height=”624″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-soldats-faca-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-soldats-faca-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto-269×420.webp 269w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />Les soldats FACA à Sam-Ouandja, dans la préfecture de la Haute-Kotto
Une armée qui fuit le danger qu’elle est censée combattre, cela peut paraître impossible. Pourtant, en République Centrafricaine, c’est une réalité que vivent les populations au quotidien, et la ville de Ouanda-Djallé, dans la préfecture de la Vakaga, en est l’’exemple parfait.
Hervé Ndoba, ministre des finances et du budget de la Centrafrique
Si dans tous les pays du monde l’armée est là pour protéger la population et combattre l’insécurité, en Centrafrique, les FACA sont perçus davantage comme des racketteurs que comme des protecteurs.
Rappelons qu’à Ouanda-Djallé, le lieutenant Denis commande le détachement des Forces Armées Centrafricaines. Mais ce qui s’est passé il y’a quelques semaines laisse les habitants sans vois.
Ce jour, un exploitant minier venu de Tiringoulou, une ville centrafricaine dans la Vakaga, a fait une halte dans cette ville avant de poursuivre sa route vers Sam-Ouandja. Conscient des dangers qui guettent les voyageurs sur cet axe, il a sollicité une escorte militaire auprès du lieutenant.
La réponse qu’il a reçue a de quoi laisser sans voix. Le lieutenant Denis lui a expliqué que la route était trop dangereuse et qu’il ne pouvait pas exposer ses hommes à un tel risque. Un chef militaire qui reconnaît lui-même que son unité ne peut pas opérer là où l’insécurité règne, c’est-à-dire là où elle devrait justement intervenir, est incroyable.
Devant ce refus, l’exploitant n’a pas baissé les bras. Il a contacté la commune d’Ouandja par téléphone pour demander du renfort. Six soldats des Forces Armées Centrafricaines, dont un sous-officier au grade d’adjudant-chef, ont alors fait le déplacement jusqu’à Ouanda-Djallé pour le rejoindre et l’accompagner jusqu’à Sam-Ouandja.
Ce qui interpelle ici, c’est l’absurdité de la situation. Des soldats déployés à Ouanda-Djallé précisément pour lutter contre l’insécurité, et qui déclarent ne pas pouvoir bouger à cause de cette même insécurité. Pendant ce temps, six militaires venus d’une autre commune ont dû parcourir des kilomètres pour accomplir le travail que ceux sur place ont refusé de faire.
Et pendant ce temps, sur la route entre Ouanda-Djallé et Sam-Ouandja, les bandits, eux, n’ont aucune raison de rester immobiles.
Et ça continue. Au lycée Providence de Bangui, des plantes des sorciers frappent une deuxième classe en moins d’une semaine
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/eleves-dans-la-salle-de-classe-ecole-de-belou-dans-la-commune-de-mbata.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/eleves-dans-la-salle-de-classe-ecole-de-belou-dans-la-commune-de-mbata.jpg” alt=”Et ça continue. Au lycée Providence de Bangui, des plantes des sorciers frappent une deuxième classe en moins d’une semaine” width=”300″ height=”169″ />Les élèves de la classe de CM2 entrain de faire cours de français dans l’arrondissement de Belou dans la commune de Mbata. Photo CNC
Une école du neuvième arrondissement de Bangui vit des jours agités depuis que des plantes irritantes, utilisées souvent par des sorciers, ont commencé à circuler entre ses murs, touchant élève après élève.
Les premiers faits avaient débuté le vendredi 27 février 2026, quand la salle de la sixième A avait été contaminée par des végétaux sauvages connus sous le nom de kotto mo langö, capables de provoquer de vives irritations sur la peau. Six élèves avaient été atteints ce jour-là, l’un d’eux avait même perdu connaissance, et les cours avaient dû s’arrêter net. La piste d’un élève délégué de la sixième B, qui aurait agi par vengeance après une querelle de table-bancs, avait rapidement été retenue.
À peine une semaine après ce premier épisode, le mercredi 4 mars 2026, c’est la classe de seconde qui s’est retrouvée à son tour dans la même détresse. Des plantes du même type ont de nouveau été répandues dans une salle, provoquant des démangeaisons chez plusieurs élèves. Ce deuxième épisode, si proche du premier, indique que la situation à l’école Providence est loin d’être réglée.
Les familles, déjà éprouvées par les événements de la semaine passée, voient leur inquiétude grandir à mesure que les jours passent. L’enchaînement rapide des deux incidents laisse penser que personne, ni parmi les élèves ni parmi les adultes présents dans l’établissement, n’a encore trouvé le moyen d’enrayer ce phénomène.
Des voix commencent à s’élever pour réclamer l’implication des responsables de l’éducation, des forces de sécurité intérieure ainsi que des services de renseignement, afin que la lumière soit faite sur l’origine de ces actes et que des mesures concrètes soient prises. Pour l’heure, les élèves de l’école Providence continuent d’aller en classe sans savoir ce que leur réserve la prochaine journée.
Gouverner, c’est faire des choix” : Martin Ziguelé plaide pour une diplomatie équilibrée en Centrafrique
L’ancien premier ministre martin Ziguelé, député de Bocaranga 3, et Président du MLPC
L’ancien Premier ministre Martin Ziguelé critique l’alignement exclusif et prône une gestion pragmatique des relations internationales centrée sur l’intérêt national.
Le président du MLPC développe sa vision d’une diplomatie centrafricaine plus nuancée et stratégique.
Martin Ziguelé pose d’emblée le principe fondamental : “Gouverner, c’est faire des choix.” Mais pour lui, ces choix ne doivent jamais être exclusifs en matière de relations internationales. L’ancien Premier ministre Martin Ziguelé questionne la stratégie actuelle : “Est-ce qu’on est obligé de faire un choix unique en matière de relations internationales ?”.
Sa réponse s’appuie sur l’observation des pratiques diplomatiques mondiales. “Qu’est-ce que font les dirigeants de tous les pays ? Ils recherchent l’intérêt de leur pays. Ils cherchent à équilibrer leurs relations”, explique-t-il. Cette approche pragmatique consiste à “préserver des acquis” tout en “améliorant les marges de manœuvre”.
Pour Martin Ziguelé, la règle d’or reste simple : “On ne prend pas la décision de rééquilibrer les relations en sacrifiant les acquis”. Une leçon que la réalité semble avoir imposée au gouvernement actuel, à travers cette “feuille de route avec la France” qui témoigne d’un retour progressif vers plus d’équilibre.
L’homme politique rejette catégoriquement les accusations de parti pris. “Ce n’est pas une question de France”, insiste-t-il. “Je ne suis pas français. Je n’ai pas la nationalité française. Je n’ai jamais étudié un jour en France”. Cette précision personnelle vise à couper court à toute “manipulation politique” qui voudrait le présenter comme “pro-français”.
Son parcours parle pour lui : “Je suis centrafricain et je n’ai que la nationalité centrafricaine. J’ai fait toutes mes études en Centrafrique, puis au Cameroun”. Une biographie qui, selon lui, le met à l’abri de tout soupçon d’influence extérieure.
Martin Ziguelé recourt ensuite à une métaphore familière pour expliquer sa vision de la gouvernance. “Lorsque vous êtes un chef de famille, votre épouse doit nourrir la famille avec ce que vous lui remettez”, commence-t-il. Si les ressources ne suffisent pas, “vous vous battez ensemble pour améliorer”, mais “vous ne dites pas que je vais démissionner du travail qui me permet de lui donner 1000 francs par mois pour faire le tour de la ville en espérant gagner 5000 par jour”.
Cette comparaison domestique révèle sa philosophie politique : “La gestion d’un État, c’est la gestion d’un bon père de famille. C’est une question de bon sens”. Une approche qui privilégie la prudence et la continuité sur les paris risqués.
L’ancien Premier ministre mobilise aussi son expérience professionnelle. “Je rappelle que je suis assureur de métier”, précise-t-il. Cette formation lui a appris que “le monde n’a pas commencé avec nous” et qu’il repose sur “des rapports de force”. Dans ce contexte, chaque dirigeant doit veiller à ce que “son pays soit le moins empêtré dans des problèmes inextricables”.
La conclusion de Martin Ziguelé dessine une voie claire : “Vous ne créez pas les problèmes vous-même. Vous utilisez la géopolitique, vous utilisez les relations internationales pour résoudre les problèmes qui vous semblent prioritaires pour votre pays”.
Cette vision pragmatique tranche avec les choix diplomatiques actuels. L’ancien chef du gouvernement appelle à une diplomatie plus mature, qui sache tirer parti de tous les partenariats sans tomber dans la dépendance exclusive. Une leçon de realpolitik que sa longue expérience des affaires publiques lui permet de formuler avec autorité.
Évacués en urgence par MSF, deux des 9 victimes des balles des soldats FACA à Ouanda-Djallé sont désormais à l’hôpital de Bria
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/lors-de-leur-evacuation-vers-bria-par-msf.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/lors-de-leur-evacuation-vers-bria-par-msf.webp” alt=”Évacués en urgence par MSF, deux des 9 victimes des balles des soldats FACA à Ouanda-Djallé sont désormais à l’hôpital de Bria ” width=”400″ height=”400″ />Lors de leur évacuation vers Bria par MSF. Photo CNC
Cinq jours après les coups de feu des soldats FACA qui ont coûté la vie à trois personnes et fait neuf blessés à Ouanda-Djallé, deux jeunes victimes viennent d’être transférés d’urgence par avion vers Bria, où l’ONG internationale Médecins Sans Frontières dispose de capacités médicales adaptées à leurs blessures.
Les deux cas sont graves. L’un des jeunes a les jambes broyées par les balles, des lésions qui dépassent de loin ce que les maigres structures sanitaires locales peuvent prendre en charge. C’est MSF, présente à Ouanda-Djallé depuis quelques jours déjà, qui a évalué l’état des blessés et pris en charge le transfert par voie aérienne, la seule option réaliste dans cette région enclavée.
Bria se trouve à environ 330 kilomètres de Ouanda-Djallé, en comptant les 204 kilomètres jusqu’à Wadamaikaga, puis les 125 kilomètres restants jusqu’à Bria. Par route, cette distance est difficilement praticable dans des délais raisonnables pour des blessés dans un état aussi critique, d’où le recours à l’avion.
Ce sont encore les organisations humanitaires internationales qui pallient l’absence totale de réponse de l’État. Si MSF n’était pas là, ces deux jeunes auraient très probablement perdu la vie, faute de soins accessibles dans les délais nécessaires. L’État centrafricain, lui, reste muet, absent, sans le moindre geste en direction des victimes de ses propres soldats.
Atelier national de plaidoyer à Bangui, les 4 et 5 mars 2026 : la République centrafricaine appelle à des réparations durables pour les femmes meurtries par les conflits
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/photo-de-famille-lors-de-la-cloture-de-l-atelier.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/photo-de-famille-lors-de-la-cloture-de-l-atelier.webp” alt=”Atelier national de plaidoyer à Bangui, les 4 et 5 mars 2026 : la République centrafricaine appelle à des réparations durables pour les femmes meurtries par les conflits” width=”400″ height=”224″ />Photo de famille lors de la clôture de l’atelier. Photo CNC
Les 4 et 5 mars 2026, dans la salle de conférence de l’hôtel Ledger Plaza de Bangui, le Global Survivors Fund a réuni des survivantes de violences sexuelles liées aux conflits, des membres du gouvernement et des représentants d’organisations internationales pour un atelier national de plaidoyer autour d’une question centrale : comment transformer une expérience pilote en un programme national de réparation pérenne en République centrafricaine.
Tout est parti d’un projet lancé en février 2023 à Dékoa, une ville de la préfecture de Kémo, marquée par les blessures du conflit. Ce projet de mesures réparatrices intérimaires, mis en œuvre avec plusieurs organisations dont la Fondation Dr Denis Mukwege et Women Act for Living Together, a accompagné 277 survivant.es, dont 17 hommes, à travers des soins médicaux, un suivi psychosocial, un appui pour l’obtention de papiers d’identité, et un programme de réinsertion économique.
Mme Josiane-Lina BEMAKA-SOUI, ministre de l’Action Humanitaire, de la Réconciliation et de la Solidarité Nationale lors de son interview
C’est cette expérience de terrain que la ministre de l’Action Humanitaire, de la Réconciliation et de la Solidarité Nationale, Mme Josiane-Lina Bemaka-Soui, a tenu à saluer lors de son discours d’ouverture. Elle a rappelé que le retrait du financement du Global Survivors Fund ne marquait pas la fin d’un engagement, mais ouvrait plutôt une responsabilité historique pour l’État centrafricain : celle de reprendre le flambeau et de bâtir un mécanisme national structuré, ancré dans la souveraineté du pays.
La ministre a notamment insisté sur les enseignements tirés du projet de Dékoa, qu’elle avait personnellement visité quelques jours plus tôt pour la cérémonie de clôture. Elle a énuméré ce que cette expérience avait révélé d’indispensable : une approche qui place les survivantes au cœur de chaque décision, une coordination solide entre institutions, et une reconnaissance officielle des préjudices subis comme acte à la fois symbolique et réparateur.
Lors de son interview en marge de l’atelier, la ministre a tenu à préciser que l’objectif n’était pas de maintenir des aides ponctuelles, mais de pérenniser et répliquer le modèle dans d’autres régions touchées, comme Berberati, Bambari et d’autres villes centrafricaines. Elle a aussi rappelé qu’elle est le point focal du comité stratégique de lutte contre les violences sexuelles en période de conflit armé, mis en place par la présidence.
De son côté, Maya Shah, Directrice des Opérations du Global Survivors Fund, a mis en avant la méthode qui a fait la particularité de ce projet : la co-création avec les survivantes elles-mêmes. Selon elle, c’est précisément cette manière de travailler, en plaçant les survivant.es au centre de toutes les décisions et stratégies, qui a produit des changements profonds et durables dans leur vie. Elle a exprimé l’espoir que ces acquis méthodologiques puissent désormais être portés à l’échelle nationale par le gouvernement centrafricain.
Les débats de l’atelier ont également abordé la question des réparations dites transformatrices, celles qui ne se contentent pas de réparer un tort individuel, mais qui cherchent à corriger les déséquilibres structurels qui ont rendu possibles ces violences. La cohésion sociale, la prévention des conflits et la mémoire collective sont apparues comme des piliers incontournables de cette réflexion.
La question du financement durable est pourtant restée en suspens tout au long des échanges, comme un nœud difficile à dénouer. Construire un mécanisme national de réparation crédible suppose de trouver des ressources prévisibles à court, moyen et long terme, sans dépendre de la seule générosité des bailleurs extérieurs. Un appel a donc été lancé aux partenaires financiers pour qu’ils s’engagent dans la continuité de ce qui a été amorcé à Dékoa, afin que les femmes des autres préfectures du pays ne restent pas sans réponse.
LA SÉCURISATION DU PAYS PAR LE DROIT, UN REMPART INSTITUTIONNEL CONTRE TOUTE PRISE D’OTAGE DE L’ÉTAT PAR LES MERCENAIRES DE WAGNER….
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-mercenaires-russes-de-la-milice-wagner-en-operation-a-mboki-dans-le-haut-mbomou.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-mercenaires-russes-de-la-milice-wagner-en-operation-a-mboki-dans-le-haut-mbomou.webp” alt=”CENTRAFRIQUE : LA SÉCURISATION DU PAYS PAR LE DROIT, UN REMPART INSTITUTIONNEL CONTRE TOUTE PRISE D’OTAGE DE L’ÉTAT PAR LES MERCENAIRES DE WAGNER….” width=”400″ height=”228″ />Les mercenaires russes de la milice Wagner en opération à Mboki, dans le Haut-Mbomou
Au lendemain des indépendances massives des États africains dans les années avoisinant 1960, la République centrafricaine à l’instar des autres nations aspire à savourer et à jouir pleinement de ses attributs de souveraineté.
Ainsi dans le cadre de cette analyse, la notion de souveraineté d’un État qui est le fondement de toute démocratie s’entend par l’autogouvernance, l’autonomie, la liberté d’organisation interne et le strict respect du principe de “non-ingérence”.
Cela sous-entend que l’État souverain élabore librement son architecture juridique et gère à sa guise leur affaire intérieure en adaptant les décisions aux réalités socio-économiques et aux attentes de la population.
En droit international, la souveraineté est un droit indivisible c’est-à-dire qui ne peut être délégué ou partagé par un quelconque État.
Mais la crise politico-militaire de de 2013 a laissé de stigmates et depuis le retour à l’ordre constitutionnel, les nouvelles autorités établies ont de la peine à restaurer le volet sécuritaire.
En conséquence de ce qui précède et en plus des forces onusiennes, des partenariats militaires se multiplient dont celui des mercenaires du groupe Wagner conclu dans des conditions opaques sans l’aval des institutions républicaines prescrites par la loi fondamentale.
Il est évident que face aux défis sécuritaires d’antan, le recours aux partenaires étrangers peut paraître légitime mais sollicité le service des mercenaires alors que la convention des nations unies du 04 décembre 1989 interdit leur recrutement pose problème.
Ainsi progressivement, cette nébuleuse des Wagners a absorbé la machine étatique centrafricaine.
La dépendance et la captation est ainsi complète au point de changer la constitution au gré de leurs orientations, d’imposer des lois de la cryptomonnaie, de la tokenisation et de faire de La République centrafricaine le meilleur laboratoire d’expérience hégémonique des Wagners en Afrique avec une cargaison de meurtres, viols, des exactions de tout genre même du droit de vie ou de mort.
La dernière sortie médiatique du conseiller russe à la présidence en matière de sécurité qui dicte les grandes orientations politiques pour le nouveau septennat en est une belle illustration.
Face à la sous-traitance totale de ses pouvoirs régaliens aux Wagners, la République centrafricaine est devenue un État failli car les éléments constitutifs d’un État ne sont plus réunis.
Partant de ce constat, le pouvoir de Bangui est bien passible de crime de haute trahison pour avoir trahi la confiance du peuple qui s’est exprimé par le suffrage universel car ils ont facilité leur implantation…la prédation à grande échelle.
Pire à comprendre est la complicité de la mission onusienne en Centrafrique qui coopère avec les mercenaires du groupe Wagners sur le terrain alors que non seulement leur recrutement est interdit par les conventions internationales mais classé “groupe terroriste” par les Nations Unies.
C’est ainsi que la problématique des Wagners a été au cœur d’une réflexion scientifique lors d’un colloque international inédit organisé à l’université de Paris 1 Pantheon la sorbonne sous la direction du professeur Jean François AKANDJI-KOMBÉ et coordonnateur général du Rassemblement Unitaire.
Ce colloque a enregistré un panel d’experts et praticiens de droit dont l’avocat Philippe LAROCHELLE qui ont ergoté sur la responsabilité des Wagners et de la possibilité de rendre justice aux victimes.
Ce colloque a également conclu que la préoccupation essentielle n’est plus exclusivement sécuritaire mais juridique et institutionnelle c’est-à-dire qu’on ne peut pas seulement sécuriser un pays par des partenariats militaires mais la consolidation de l’État peut passer par le respect des lois de la République, la séparation des pouvoirs pour garantir la souveraineté.
Fort de ce bradage de souveraineté unique en Afrique, le citoyen lambda s’interroge :
1- La sécurisation du pays par le droit peut-elle se révéler efficace pour garantir la souveraineté ?
2- La promotion du droit peut-elle empêcher l’accaparement du pouvoir par les mercenaires du groupe Wagner ?
3- Au regard de l’ancrage des Wagners en Centrafrique, peut-on restaurer la souveraineté par des procédés juridiques ?
En tout état de cause, il apparaît important de souligner qu’un État peut-être militairement ultra sécurisé mais politiquement instable car les standards de la démocratie ne sont respectés.
En attendant cette septième République des danseurs pour la consécration de l’illusion, de la chimère et de la satisfaction des calculs appetitaires, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signale que forcer un mandat supplémentaire illégal n’est pas la solution idoine aux maux centrafricains car il n’est qu’une aggravation des causes du problème c’est-à-dire qu’il ne fait que prolonger un pouvoir mais ne résout pas la crise qui à la longue risque de vous éclabousser.
Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré et meurtri dans son âme qui ne parle pas…
Attention Monsieur le Président, la peur corollaire de l’indifférence et de l’inaction du peuple vous donne l’impression que vos errements, vos mépris envers le peuple sont légitimes et légaux.
N’oubliez jamais à partir de ce jour Monsieur le Président qu’à l’instar des opérations “aux cailloux” de janvier et avril 1979 organisées par les élèves et étudiants, les centrafricains d’aujourd’hui sont classés dans la catégorie d’un peuple latent qui a le sacré devoir de parcourir les quatre étapes de l’allégorie de la caverne développée par le celebre philosophe grec Platon dans son livre “La République” rédigé au quatrième siècle.
Ainsi selon Platon, dans la première étape les centrafricains sont d’abord dans la caverne noire avec une représentation symbolique et métaphorique d’inconscience, de l’illusion, de la naïveté, de la souffrance, de la prison où ils se sentent bien…
La seconde étape de l’allégorie de la caverne de Platon est réservée au bouleversement des croyances antérieures en créant le doute né de la peur de l’inconnu caché derrière nouveau monde c’est-à-dire que les centrafricains peuvent concevoir les choses autrement que de rester dans leur état de souffrance d’où la nécessité de s’en sortir.
À la troisième étape, les centrafricains vont se rendre compte qu’ils sont enchaînés et qu’il faut développer les stratégies de lutte pacifique pour se libérer.
Enfin, viendra le moment de la libération où les souffrances des centrafricains prendront fin et que la justice sociale ainsi que les droits fondamentaux triompheront.
La métaphore de l’allégorie de la caverne de Platon montre l’ascension des centrafricains à la liberté sous le joug du pouvoir de Bangui et de ses alliés.
Quand les centrafricains vont se lever, aucune armée au monde ni même vos prédateurs du groupe Wagner ne pourront vous aider…
Ce sera l’apocalypse qui tournera une page sombre qualifiée de calamité politique de notre chère patrie.
Ce pays qui symbolise le sacrifice de vie et l’héritage du feu Président fondateur Barthélémy Boganda à connu de pires tyrans que vous mais qui ont fini leur mégalomanie dans la poubelle de l’histoire.
Au delà de votre insatiable soif de pouvoir, le sage du village disait que ce dernier n’était pas un patrimoine dynastique où on pouvait négocier par des manœuvres dolosives des mandats supplémentaires indéfiniment mais au contraire il s’agissait d’une responsabilité limitée dans le temps et qui pouvait être assumée en conformité au principe de continuité du service public par un autre centrafricain…
Alors n’attendez pas que le peuple dépositaire de la souveraineté se révolte pour comprendre que c’est le moment de partir.
Attention Monsieur le tyran, nous ne cessons de vous rappeler que nous avons le flair et l’aptitude de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande même avec insistance ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Affaire Sayo : pourquoi l’ex-détenu Maxime Balalou tente de couvrir l’enlèvement de l’ancien ministre Armel Sayo par Wagner ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/le-clepto-mythomane-maxime-balalou-lors-de-sa-conference-de-presse-hebdomadaire-du-lundi-26-janvier-2026.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/le-clepto-mythomane-maxime-balalou-lors-de-sa-conference-de-presse-hebdomadaire-du-lundi-26-janvier-2026.webp” alt=”Maxime Balalou vs Podolski : quand le gouvernement se contredit sur les « alliés » russes” width=”500″ height=”281″ />Le clepto-mythomane Maxime Balalou, lors de sa conférence de presse hebdomadaire du lundi 26 janvier 2026
En tentant de justifier l’extraction illégale d’Armel Sayo de la prison du camp de Roux, le ministre Maxime Balalou s’enfonce dans des contradictions qui confirment une manipulation organisée du système judiciaire par les mercenaires russes d’Afrika Corps. Pendant ce temps, l’ancien ministre reste aux mains de ces mêmes mercenaires, sans que la justice centrafricaine ne lève le petit doigt.
Le 4 août 2025, lors de sa conférence de presse hebdomadaire à Bangui, Balalou a affirmé qu’Armel Sayo, extradé du Cameroun et détenu au camp de Roux, aurait fomenté un vaste complot depuis sa cellule. Cette déclaration, présentée comme une réponse aux questions sur la disparition de plusieurs semaines de l’ancien ministre, n’a convaincu ni les journalistes présents ni les observateurs. Elle a au contraire relancé les accusations d’enlèvement organisé par les plus hautes autorités, dans le seul objectif de remettre l’ancien ministre aux mercenaires russes.
À aucun moment Balalou ne présente une preuve tangible. Il se contente de termes vagues : « documents saisis », « vaste complot », « action combinée », pour tenter de justifier une opération d’extraction nocturne menée par des paramilitaires russes avec le soutien du conseiller spécial du président, Cédric Gbaka. Or, cette opération n’avait rien de légal : l’extraction de Sayo avait été précédée d’un ordre improvisé, rédigé à la hâte par un substitut du procureur sous pression directe du ministre conseiller de Touadéra, probablement du Président de la République lui-même.
Cette affaire prend un tour encore plus grave lorsque l’on sait que la fouille de la cellule avait été menée par le ministre conseiller en personne, accompagné de paramilitaires russes, en violation de toutes les procédures carcérales. Le juge d’instruction en charge du dossier n’avait pas ordonné cette perquisition. Aucun procès-verbal n’a été rendu public. Et surtout, aucune commission judiciaire n’a été saisie pour enquêter sur cette prétendue tentative de coup d’État.
Pendant que le gouvernement évoquait des « plans d’attaque de la capitale Bangui », les témoins parlaient d’un scénario monté de toutes pièces pour livrer Sayo à Wagner. Dans la nuit du 7 au 8 juillet 2025, il avait été enlevé au sein même de l’OCRB par un groupe de mercenaires, avant d’être mystérieusement ramené plusieurs semaines plus tard sous la pression diplomatique de Yaoundé, de l’ambassade de France, du CICR et d’autres partenaires internationaux. Ces acteurs avaient exigé des preuves de vie et dénoncé l’exfiltration extrajudiciaire. Ce retour avait alors été présenté par le gouvernement comme un retour à la normale. C’était un mensonge.
Car fin juillet, Sayo n’a été présenté qu’une seule fois, brièvement, devant un juge. Depuis lors, plus rien. L’ancien ministre est toujours aux mains des mercenaires russes, retenu dans une structure carcérale privée qui échappe à tout contrôle judiciaire centrafricain, sans accès à un avocat, sans visite consulaire, sans la moindre procédure transparente. Ce que Balalou appelle la justice, c’est une mise en scène ponctuée de faux-semblants, organisée pour calmer les partenaires étrangers le temps que la pression retombe.
Pour habiller cette séquestration prolongée, Wagner a désormais recours à l’intelligence artificielle. Leurs équipes ont fabriqué une vidéo dans laquelle la voix d’Armel Sayo est clonée pour lui faire prononcer des déclarations qu’il n’a jamais tenues. Le texte, rédigé par IA, lui fait affirmer que la France et l’opposition politique seraient derrière lui. Le résultat est diffusé comme s’il s’agissait d’un véritable témoignage de l’ancien ministre. C’est une falsification grossière, une technique de guerre de l’information que Wagner a déjà rodée au Mali et au Burkina Faso, et qu’ils importent maintenant en Centrafrique pour tromper les Centrafricains.
Balalou ne dit mot sur cette vidéo fabriquée. Lui qui parle de démocratie et d’État de droit ne demande aucune enquête, n’exige aucune vérification, ne condamne pas la manipulation. C’est que ce silence lui convient. L’ancien détenu, devenu porte-parole d’un régime sous tutelle étrangère, sait exactement ce qu’il couvre. Accuser Me Nicolas Tiangaye d’être « aux antipodes de la démocratie » pour avoir posé des questions, qualifier les journalistes de « manipulateurs », c’est la posture d’un homme qui n’a pas de faits à opposer et qui le sait.
L’argument selon lequel Sayo serait coupable parce qu’il aurait reconnu ses fautes est tout aussi creux. Balalou déclarait : « Il reconnaît le tort qu’il a commis à notre pays. » Mais dans quelles conditions ces aveux ont-ils été obtenus ? Après un enlèvement illégal, des semaines de disparition entre les mains de mercenaires, et désormais une fabrication vocale par intelligence artificielle, quelle valeur juridique et morale accorder à de tels propos ?
Plutôt que de faire preuve de transparence, le porte-parole multiplie les contradictions. Il parle de justice indépendante tout en admettant que l’enquête est pilotée par le gouvernement. Il invoque la présomption d’innocence tout en traitant Sayo de criminel. Il se dit attaché aux droits humains tout en justifiant une opération conduite de nuit par des hommes armés sans cadre légal, et en couvrant la détention clandestine prolongée qui s’ensuit.
Dans un pays qui serait réellement un État de droit, aucune extraction n’aurait eu lieu sans décision judiciaire. Aucun détenu ne disparaîtrait entre les mains d’une milice étrangère pendant des semaines, pour n’être présenté à la justice qu’une seule fois, le temps d’une apparition, avant de replonger dans le néant carcéral de Wagner. Et aucune vidéo fabriquée par intelligence artificielle ne circulerait librement pour faire dire à un prisonnier ce que ses geôliers veulent lui faire dire. Balalou le sait. Il préfère parler d’État de droit plutôt que d’expliquer pourquoi une milice étrangère détient un Centrafricain dans sa propre prison privée, sur le sol national, avec la bénédiction muette de Bangui. Ce n’est pas de la gouvernance. C’est de la colonisation.
Axe Bangui-Mbaïki : deux braqueurs tués par la foule après une attaque armée à Gbokila
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/en-operation-un-policier-centrafricain-photo-cnc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/en-operation-un-policier-centrafricain-photo-cnc.jpg” alt=”Axe Bangui-Mbaïki : deux braqueurs tués par la foule après une attaque armée à Gbokila” width=”300″ height=”219″ />Image d’illustration
Dans la nuit du 4 au 5 mars 2026, le secteur ADECAF du quartier Gbokila, sur l’axe Bangui-Mbaïki, traverse à nouveau un problème sécuritaire. Une tentative de braquage qui a mal tourné pour ses auteurs.
En effet, trois individus mal intentionnés, munis d’arme de guerre AK47, sont venus discrètement pour voler des cabris des villageois sous le voile de la nuit. Malheureusement pour eux, les propriétaires de ces cabris les ont surpris et crient au voleur. Les voisins, loin de céder à la peur, ont réagi avec une vigueur inattendue et réussi à ceinturer deux des trois agresseurs sur place.
Le troisième complice, lui, portait une kalachnikov. Coincé par la réaction des habitants, il a tiré des coups de feu pour ouvrir son propre chemin vers la sortie, disparaissant dans l’obscurité sans laisser de trace immédiate.
Les deux malfrats capturés, eux, n’ont pas eu cette chance. La foule, animée d’une colère longtemps contenue contre l’insécurité persistante dans le village, les a roués de coups. Tous deux ont rendu l’âme sur les lieux mêmes de leur forfait.
Le fugitif armé court toujours. Les autorités locales n’ont pas encore communiqué sur d’éventuelles opérations de recherche engagées dans le secteur…