À l’UFEB Bataillon 2, tout passe par la famille Faki, même le groupe WhatsApp de l’église
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Une communauté chrétienne appartient à ses fidèles, pas à son pasteur. À l’UFEB Bataillon 2, cette règle simple semble avoir été oubliée depuis longtemps.
Depuis l’arrivée du pasteur Issene Faki à la tête de l’église baptiste UFEB Bataillon 2, ce dernier a installé les membres de sa famille aux postes clés de l’église. Son épouse, ses fils et ses filles occupent chacun une position qui leur permet de voir ce qui se passe, d’entendre ce qui se dit, et de rapporter au pasteur tout ce qui mérite son attention. Ce qui ressemble à une organisation familiale est en réalité un réseau de surveillance discret, tendu sur toute la communauté.
L’exemple le plus parlant de cette mainmise est le groupe WhatsApp créé par l’église pour communiquer avec ses fidèles. Ce groupe, qui devrait être un outil collectif au service de toute la communauté, est administré par le fils du Pasteur Faki. Un fils qui ne réside même pas à Bangui, puisqu’il a été envoyé étudier en Tunisie par son père.
De Tunis, ce jeune homme est le seul administrateur de ce groupe WhatsApp à pouvoir publier dans le groupe. Aucun membre, aucun responsable, aucun diacre ou diaconesse de l’église n’a cette possibilité. Les paramètres du groupe ont été configurés de telle sorte que tout message envoyé par un membre arrive uniquement en privé chez l’administrateur, sans jamais apparaître dans le groupe. Concrètement, quand le Pasteur Faki veut diffuser une information, il l’envoie d’abord à son fils en Tunisie, qui la reçoit, la retravaille et la publie ensuite dans le groupe depuis là-bas.
Cette configuration n’est pas un accident. C’est un choix délibéré qui prive toute la communauté de la parole dans son propre espace de communication. Et pourtant, l’église compte en son sein des professeurs d’université, des intellectuels, des hommes et des femmes parfaitement capables de gérer un groupe de cette nature.
Romains 12 verset 4 et 5 rappelle que « comme nous avons plusieurs membres dans un seul corps, et que tous les membres n’ont pas la même fonction, ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ. »
La gestion saine d’un groupe communautaire repose sur plusieurs administrateurs, pas sur un seul. Si l’un est absent, un autre prend le relais. Si l’un disparaît, le groupe continue de fonctionner. Confier l’administration unique d’un outil collectif à un seul individu, qui plus est à des milliers de kilomètres, c’est exposer toute la communauté à une paralysie totale au moindre imprévu.
Le livre des Proverbes au chapitre 11 verset 14 dit clairement : « Quand il n’y a point de sage direction, le peuple tombe. » Ce que le Pasteur Faki a mis en place à l’UFEB Bataillon 2 dépasse la simple question de la gestion d’un groupe WhatsApp. C’est toute une logique de contrôle qui transparaît, où chaque poste, chaque outil, chaque canal d’information finit par passer entre les mains d’un membre de sa famille.
Le théologien Jacques Ellul écrivait que le pouvoir non partagé dans une église finit toujours par se retourner contre la communauté qu’il prétend servir.
Des fidèles de cette église, qui ont requis l’anonymat, confient à CNC qu’ils se sentent étrangers dans leur propre communauté. Certains envisagent de quitter le groupe WhatsApp et d’en créer un autre, indépendant, où chacun pourrait s’exprimer librement sans passer par le fils du pasteur installé en Tunisie.
Par Gisèle MOLOMA
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