En une seule séance du conseil des ministres, Touadéra distribue l’uranium de Bakouma, le fer de Bambari et l’or du pays à des groupes étrangers. Le grand pillage continue

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En une seule conseil des ministres, Touadéra distribue l’uranium de Bakouma, le fer de Bambari et l’or du pays à des groupes étrangers. Le grand pillage continue

 

 

En une seule conseil des ministres, Touadéra distribue l’uranium de Bakouma, le fer de Bambari et l’or du pays à des groupes étrangers. Le grand pillage continue
Touadera et son gouvernement réunis autour de diamant découvert par le collecteur de boubou blanc au Bec d’or à Bangui

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 

Pendant que les Centrafricains peinent à trouver de quoi manger, que les routes restent des pistes impraticables et que les hôpitaux manquent de tout, le Conseil des ministres extraordinaire, présidé par le Professeur Faustin-Archange Touadéra, a validé en moins de deux heures une quinzaine de projets de décrets qui livrent littéralement le sous-sol du pays à des sociétés étrangères.

 

Le ministre des Mines et de la Géologie a soumis 10 dossiers miniers. Parmi eux :

 

Quatre permis de recherche pour le minerai de fer dans les régions de Bambari, Yaloké, Bozoum et Baboua à la société Poxine International Company.

 

Un permis de recherche pour l’uranium dans la région de Bakouma au profit de Safir Energy.Quatre permis de recherche pour le cuivre, l’or, le diamant et le minerai de fer dans les zones de Ngandé, Alindao, Karno et Bouka à la Société Générale des Mines (Sogé Mine).

 

Plusieurs permis d’exploitation industrielle de petites mines à Amto Mining Company, Anxine et Abeka Mining.L’agrément d’une raffinerie d’or à la société Fortifive de Saoudima.Le Conseil a tout validé sans sourciller. Ces sociétés ont « satisfait aux conditions » et payé les frais exigés par la loi n°24.008 du 21 août 2024 portant code minier. Point final. Aucune garantie réelle de transformation locale, d’emplois massifs pour les jeunes Centrafricains, ni de réinvestissement visible dans les régions concernées.

 

Le gouvernement justifie ces attributions par « l’insuffisance des travaux antérieurs » et la nécessité de « méthodes modernes ». Pourtant, depuis l’arrivée de Touadéra au pouvoir en 2016, les Conseils des ministres se suivent et se ressemblent : une pluie régulière de permis de recherche et d’exploitation accordés à des acteurs étrangers, souvent opaques. Résultat ? Le secteur minier reste dominé par l’artisanat sauvage, la contrebande et la fraude, au point que le même gouvernement avoue la « persistance de la fraude » et crée… une direction générale de la police des mines pour tenter de la juguler.

 

Ironie suprême : on renforce la répression bureaucratique tout en distribuant de nouveaux permis. On crée aussi un Secrétariat Permanent de Certification des Substances Minérales pour l’or, qui est devenu « la première source des recettes d’exportation ». Mais où vont ces recettes ? Pas dans la construction d’hôpitaux dignes, ni dans des routes bitumées reliant Bangui aux provinces, ni dans des écoles équipées.

 

Le compte rendu mentionne encore la démolition d’un ancien bâtiment du ministère des Mines (jadis affecté à l’Union nationale des coopératives minières) pour construire un « nouvel édifice » destiné au personnel et aux nouvelles structures (Sonaderme, Géminca, Fonds minier…). Symbole parfait : on rase le passé pour bâtir plus de bureaucratie, pendant que le peuple attend toujours les fruits du sous-sol.

 

Pendant ce temps, la pauvreté explose

 

La RCA reste l’un des pays les plus pauvres du monde. Plus de 65 % de la population vit sous le seuil de pauvreté extrême. L’accès à l’eau potable, à l’électricité et aux soins reste dramatiquement faible. Les infrastructures de base (routes, hôpitaux, écoles) sont dans un état lamentable. Les régions minières comme Bambari, Bakouma ou Bria, riches en fer, uranium ou or, sont souvent des zones de tensions sécuritaires où les populations locales tirent peu ou pas profit des richesses extraites.

 

Au lieu de transformer ces ressources en levier de développement souverain, le régime préfère multiplier les décrets d’attribution. Depuis 2016, le schéma est identique : on signe, on communique sur « l’attractivité » du pays, et on passe au Conseil suivant. L’or et le diamant rapportent, certes, mais ces revenus servent davantage à entretenir le système qu’à bâtir un avenir pour les Centrafricains.

 

Un dépeçage qui s’accélère avant l’investiture Ce Conseil du 24 mars intervient juste avant la cérémonie d’investiture du 30 mars 2026, marquant le début du nouveau septennat de la VIIe République. Hommage à Boganda, gerbes de fleurs, drapeaux en berne, opération « Coati-Codro » de nettoyage… Le spectacle est rodé. Mais derrière les symboles républicains, la réalité est cruelle : le sous-sol continue d’être bradé pendant que les promesses de développement restent lettre morte.

 

Le message est clair : les multinationales (Poxine, Safir Energy, Sogé Mine, Fortifive, etc.) peuvent venir explorer et exploiter l’uranium de Bakouma, le fer de Bambari et l’or du pays. Les Centrafricains, eux, continueront à ramasser les miettes – ou à subir les conséquences environnementales, sociales et sécuritaires de ces activités.

 

Le grand dépeçage ne s’arrête pas. Il s’accélère.

 

Par Alain Nzilo

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