Centrafrique : deux soldats FACA périssent dans le naufrage d’une pirogue à Bozoum
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/10/un-homme-dans-sa-pirogue-sur-la-rivière-koto-très-bonne-dimension-pour-extérieur-et-intérieur-de-larticle-avec-moise-banafio-le-12-octobre-2019-cnc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/10/un-homme-dans-sa-pirogue-sur-la-rivière-koto-très-bonne-dimension-pour-extérieur-et-intérieur-de-larticle-avec-moise-banafio-le-12-octobre-2019-cnc.jpg” alt=”La chasse aux jeunes se poursuit à Zemio, 2 jeunes viennent d’être arrêtés par les soldats FACA” width=”300″ height=”270″ />Image d’illustration. Photo CNC
Mercredi 18 mars 2026 dans la matinée, la ville de Bozoum, capitale provinciale de l’Ouaham-Pendé, a été endeuillée par un drame qui a coûté la vie à deux soldats de forces armées centrafricaines.
Selon des informations recueillies par la rédaction du CNC, les deux militaires, un sergent-chef et un caporal, avaient été désignés pour tenir un poste avancé de l’armée nationale. Mais pour y accéder, il faut impérativement traverser une rivière. C’est dans ce cadre qu’ils ont emprunté une pirogue avec un troisième camarade, seul moyen disponible pour rejoindre leur position ce matin-là.
C’est en cours de la traversée que la pirogue a chaviré. Les trois hommes ont été précipités dans l’eau. Le sergent-chef et le caporal n’ont pas pu résister au courant et ont péri noyés, tandis que le troisième militaire a réussi à s’en sortir vivant.
Les dépouilles des deux soldats FACA noyés ont été récupérées par la population locale qui était arrivée au secours. Ils sont actuellement acheminées vers Bangui, où leurs familles les attendent.
Vous savez pourquoi les centrafricains disent que les soldats FACA sont des voyous? Voici la preuve
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Les-soldats-FACA-en-detachement-a-Kabo-une-sous-prefecture-de-lOuham-Fafa.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Les-soldats-FACA-en-detachement-a-Kabo-une-sous-prefecture-de-lOuham-Fafa.jpg” alt=”Vous savez pourquoi les centrafricains disent que les soldats FACA sont des voyous? Voici la preuve” width=”300″ height=”230″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Les-soldats-FACA-en-detachement-a-Kabo-une-sous-prefecture-de-lOuham-Fafa.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Les-soldats-FACA-en-detachement-a-Kabo-une-sous-prefecture-de-lOuham-Fafa-80×60.jpg 80w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Les soldats FACA en détachement à Kabo une sous-préfecture de l’Ouham – Fafa
Le lundi 16 mars 2026, au village Mainodjo, 75 kilomètres de Markounda sur l’axe de Maitikoulou, un simple prisonnier s’évade. Au lieu de le poursuivre, les éléments des FACA tirent intensivement en l’air. Les habitants, terrorisés, fuient dans la brousse. Le lendemain, dans le village, le calme est revenu, mais la honte reste.
C’est exactement ce genre de comportement qui fait dire partout que nos soldats sont des idiots, des voyous et des incompétents. Un détenu s’est déjà enfui, il n’y a plus rien à faire. Pourtant ils sortent les armes et vident les chargeurs vers le ciel pour terroriser les citoyens.
Ces tirs inutiles ne servent à rien, sauf à semer la panique chez les civils et à gaspiller l’argent de l’État. Chaque balle tirée en l’air est payée par le contribuable centrafricain. Des munitions précieuses qui manquent cruellement quand il faut vraiment combattre.
Ils ont visiblement pris les pires habitudes de leurs formateurs russes de la milice Wagner: tirer sans réfléchir, impressionner par le bruit, et après on verra. Résultat ? La population se cache dans la brousse comme en temps de guerre, pendant que les soldats se sentent « contents » d’avoir fait du bruit.
Ce n’est pas de la défense nationale, c’est du voyoucratie en uniforme. Des soldats drogués au pouvoir de l’arme qui ne savent gérer qu’en créant la peur.
Tant que ce genre d’attitude continuera, personne ne respectera ces FACA. Ils deviennent leur propre ennemi et celui du peuple qu’ils sont censés protéger.
Violation de frontières, kidnapping des agriculteurs : les mercenaires russes de la milice Wagner frappent encore entre le Soudan du Sud et la RCA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/09/Un-helicoptere-de-la-societe-Wagner-qui-survole-la-sous-prefecture-de-Gamboula.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/09/Un-helicoptere-de-la-societe-Wagner-qui-survole-la-sous-prefecture-de-Gamboula.png” alt=”Violation de frontières, kidnapping des agriculteurs : les mercenaires russes de la milice Wagner frappent encore entre le Soudan du Sud et la RCA” width=”300″ height=”161″ />Un-helicoptere-de-la-societe-Wagner-qui-survole-la-sous-prefecture-de-Gamboula
Les mercenaires russes de la milice Wagner, appuyés des éléments de forces armées centrafricainesont quitté Bambouti aux premières heures du mardi 17 mars 2026 pour mener une opération de rapt à cheval sur deux frontières internationales.
Ce mardi 17 mars 2026, l’hélicoptère des Wagner a décollé sur le territoire centrafricain, notamment depuis Bambouti, peu avant six heures du matin.
Rappelons que la ville de Bambouti et le Soudan du Sud ne sont séparés que par cinq kilomètres à vol d’oiseau, une distance franchie en quelques minutes. Une fois arrivée dans le village Sud-Soudanais de Source Youbou, Les Wagner, dans leur hélicoptère, ont mis le cap à droite après le passage de la frontière, en direction du village sud-Soudanais d’Ezo, une localité dont une simple route qui divise la frontière entre les deux pays : la RCA et le Soudan du sud.
Une fois arrivée à Ezo, les mercenaires russes et les soldats FACA qui les accompagnaient ont pénétré à pied en territoire centrafricain. Douze kilomètres à travers la forêt les ont conduits jusqu’aux berges du Mbomou, cette rivière qui marque ici, dans sa portion la plus amont, la frontière entre la RCA et la République démocratique du Congo.
C’est là, dans les champs proches de la rive, qu’ils ont mis la main sur des cultivateurs. Des Soudanais du Sud et des centrafricains, qui travaillaient leurs champ en terre centrafricaine, comme c’est l’usage dans cette zone de frontière poreuse. Six personnes ont été emmenées de force.
Pour l’heure, 48 heures après le kidnapping, les Wagner ont fait aucune revendication. D’ailleurs ils n’ont expliqué Aucun motif de leur geste.
Les familles des otages ignorent encore où leurs proches hommes ont été conduits après leur embarquement dans l’hélicoptère des Wagner. Le détachement FACA présent dans l’appareil confirme, une fois de plus, la nature des opérations conjointes menées dans cette partie reculée du pays.
Une fois de plus, les Wagner sont prêtes à créer des conflits partout où ils n’en ont pas. Des pires criminels de Poutine envoyés pour tuer les centrafricains.
Florent Kema, chef d’État-major de CMSPR alerte sur une possible guerre ethnique dans l’Ouham : Gbaya contre Peuls et musulmans, avec Touadéra et Wagner en cause
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Les-elements-du-chef-rebelle-Armel-Sayo.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Les-elements-du-chef-rebelle-Armel-Sayo.jpg” alt=”Florent Kema, chef d’État-major de CMSPR alerte sur une possible guerre ethnique dans l’Ouham : Gbaya contre Peuls et musulmans, avec Touadéra et Wagner en cause” width=”263″ height=”300″ />Les éléments de la CMSPR du chef rebelle Florent Kema
Le général Florent Kema, qui dirige l’état-major de la CMSPR, a partagé un long message audio ce 14 mars 2026 sur les réseaux sociaux. Il s’adresse directement aux Centrafricains de tous horizons : ceux qui vivent au pays, la diaspora dispersée en Europe, aux États-Unis, en Russie, en Chine ou ailleurs, et les réfugiés installés au Cameroun, au Congo-Brazzaville, en RDC et dans d’autres pays limitrophes.
Son intervention vise à informer les citoyens ordinaires, les acteurs des droits humains, les institutions judiciaires centrafricaines et internationales ainsi que la communauté internationale sur la situation qui se développe dans la préfecture de l’Ouham, surtout aux alentours de Bossangoa et dans les villages majoritairement Gbaya.
D’après ses dires, une stratégie de division ethnique est en cours, impliquant le président Faustin-Archange Touadéra et les mercenaires russes du groupe Wagner. Il décrit ces derniers comme exerçant une influence dominante sur le pouvoir actuel. L’objectif serait de semer la discorde entre les Gbaya d’une part, et les Peuls ainsi que les communautés musulmanes d’autre part, en provoquant des affrontements intercommunautaires.
Il rapporte des événements concrets pour appuyer ses propos. Récemment, des ex-combattants de l’UPC (sous Ali Darassa) et du MPC (sous Mahamat Al-Khatim) ont été rassemblés par les autorités et les Wagner. Ces ex-rebelles ont reçu des instructions pour progresser village par village dans les zones Gbaya proches de Bossangoa. Les motifs invoqués : la présence présumée de combattants liés à Kema et d’anciens soldats FACA de l’ère Bozizé dans ces endroits.
Dès le 4 mars 2026, cinq villages ont été visés, dont Baudili, Baudé, Boro et Boala. Les populations ont été expulsées, les habitations mises à feu, quatre habitants tués et huit blessés. Aujourd’hui, ces localités restent désertes et occupées par les ex-UPC et MPC, avec des éléments Peuls et Arabes parmi eux.
Le 11 mars suivant, les opérations se sont poursuivies. Une position de la CMSPR a été attaquée, menant à un combat intense dès l’aube jusqu’à 6 heures. Les forces de Kema ont reculé sur plus de 30 km vers Bowei. Les Wagner, arrivés massivement en soutien depuis Bossangoa, Nana-Bakassa et Batangafo, ont investi le village. Quinze jeunes ont été capturés, ligotés aux arbres, soumis à des sévices graves incluant mutilations génitales. Trois femmes ont subi des blessures, un centre de santé a été pillé et vandalisé, deux maisons incendiées, un aîné exécuté, et de nombreux biens emportés.
Florent Kema prévient que ces actions ne s’arrêteront pas à Bowei et visent l’ensemble des villages Gbaya de l’Ouham. Il reproche à Touadéra de bloquer tout dialogue national inclusif, malgré la suspension des opérations militaires par la CMSPR depuis février 2026. Au lieu de cela, le pouvoir privilégie des arrangements avec Ali Darassa (UPC), Bobo Sambé (3R) et Mahamat Al-Khatim (MPC), soutenus par les mercenaires russes, pour mener ces opérations qui touchent les civils.
Il adresse un message ferme aux musulmans centrafricains et à tous les civils de cette communauté : ils ne sont pas impliqués dans ce différend et personne ne doit lever la main sur eux. Il exhorte pareillement les Centrafricains de toutes régions (Nord, Sud, Est, Ouest) à rejeter toute attaque contre des civils musulmans ou d’autres groupes ethniques. Il souligne que les Gbaya et les musulmans ont toujours entretenu des liens pacifiques, et que ces divisions sont artificiellement encouragées.
En conclusion, il exprime sa gratitude envers les alliés qui ont fourni des renforts et lance un appel à l’union entre les Centrafricains et les différents groupes pour contrer cette dynamique. Il insiste sur la nécessité d’un vrai dialogue pour la paix, plutôt que sur cette voie de confrontation avec des forces étrangères.
Ce témoignage cherche à porter ces faits à la connaissance du plus grand nombre pour éviter que les tensions ethniques ne dégénèrent davantage dans l’Ouham.
Éric Sorongopé Zoumandi lance une bataille perdue d’avance contre la prolifération des lieux de culte à Bangui
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/10/eric-sorongope.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/10/eric-sorongope.jpg” alt=”Éric Sorongopé Zoumandi lance une bataille perdue d’avance contre la prolifération des lieux de culte à Bangui” width=”300″ height=”280″ />Eric Sorongopé, gouverneur de Bangui
Le gouverneur de Bangui vient de déclarer la guerre aux lieux de culte non agréés dans la capitale centrafricaine, une guerre que ses prédécesseurs ont tous perdue avant lui.
Des veillées nocturnes, des séances de délivrance tonitruantes, des jeûnes organisés comme un négoce : dans les quartiers de Bangui, Bimbo et Bégoua, ces cellules religieuses improvisées ont pris racine dans des maisons ordinaires, souvent portées par la pauvreté ambiante. Certains de ces pasteurs vont jusqu’à dissuader leurs fidèles de consulter un médecin, avec parfois des conséquences fatales. Des messages de haine et de division circulent depuis ces mêmes lieux, aggravant un climat déjà tendu.
Face à ce tableau, Éric Sorongopé Zoumandi a promis de vérifier les autorisations d’ouverture de ces lieux de culte et d’y remettre de l’ordre. Il rappelle que la RCA est un État laïque, et que prier ne donne à personne le droit de troubler la quiétude du voisinage ni de mettre en danger la vie d’un cardiaque réveillé en sursaut à minuit. Des mots fermes, un discours bien construit, mais qui sonnent étrangement familiers.
Car ce n’est pas la première sortie du gouverneur sur les dérives de la capitale. Il y a quelques mois, Sorongopé Zoumandi avait déjà pris le micro pour dénoncer la hécatombe causée par les taxis-motos dans les rues de Bangui. Grand bruit, annonces solennelles, puis silence radio. Les taxis-motos continuent de circuler, les accidents aussi.
Bien avant lui, c’est le pasteur Malonga , ministre de l’Administration du territoire sous le président François Bozizé, qui avait mené campagne contre cette même prolifération. Des églises fermées, des autorisations conditionnées, des discours sévères. Puis tout est revenu, intact, comme si rien n’avait bougé. Cela fait plus de dix ans que chaque gouvernement successif en RCA brandit l’interdiction sans jamais aller au bout.
À l’échelle du continent, le combat n’est guère plus encourageant. En RDC, au Rwanda, dans plusieurs capitales africaines, les autorités ont engagé des offensives similaires contre ces lieux de culte incontrôlés. Le bilan est partout le même : les Églises résistent, s’adaptent, se multiplient. Le phénomène est enraciné dans une pauvreté que les décrets administratifs ne peuvent pas effacer.
La question qui se pose alors est simple : de quels moyens dispose réellement un gouverneur de Bangui pour mener ce combat jusqu’au bout ? Il n’est pas ministre, il ne dispose ni d’un budget dédié ni d’une force de frappe institutionnelle capable de tenir dans la durée face à des centaines de cellules dispersées dans chaque
Louis Marie Kogrengbo, Secrétaire Général Exécutif de l’ODSTC, interpelle le ministre de l’Élevage sur la flambée du prix de la viande de bœuf à Bangui
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/capture-d-ecran-de-la-video-de-paturage-des-boeufs-en-rca.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/capture-d-ecran-de-la-video-de-paturage-des-boeufs-en-rca.webp” alt=”Louis Marie Kogrengbo, Secrétaire Général Exécutif de l’ODSTC, interpelle le ministre de l’Élevage sur la flambée du prix de la viande de bœuf à Bangui” width=”400″ height=”235″ />Capture d’écran de la vidéo de paturage des boeufs en RCA
À Bangui, le prix de la viande de bœuf échappe depuis plusieurs années au portemonnaie ordinaire des ménages, et un responsable syndical réclame une intervention ferme de l’État.
C’est par lettre ouverte adressée au ministre de l’Élevage et de la Santé Animale que Louis Marie Kogrengbo, Secrétaire Général Exécutif de l’Organisation pour le Développement Social des Travailleurs de Centrafrique (ODSTC), a décidé de porter publiquement ce constat. Dans ce courrier, il décrit avec précision les mécanismes qui entraînent la hausse : une chaîne de revente à plusieurs maillons, des frais de transport élevés du bétail, et des taxes officieuses perçues le long du parcours d’acheminement vers la capitale. Résultat, selon Kogrengbo : le prix final supporté par le consommateur ne reflète plus aucune réalité productive.
Pour l’auteur, cette spirale n’a rien d’inévitable. Louis Marie Kogrengbo rappelle que l’État centrafricain a déjà su, dans un passé récent, reprendre la main sur des marchés en déroute. Il cite notamment l’exemple du manioc, lorsque les autorités avaient mobilisé le Trésor public et la logistique de l’armée pour convoyer directement les sacs depuis les zones de production vers les grands marchés de Bangui — cassant net la spéculation. Des opérations similaires avaient concerné les feuilles de manioc et les feuilles de coco, avec des résultats tangibles pour les ménages.
Fort de ces précédents, Kogrengbo formule des recommandations au Gouvernement. Il plaide pour une rationalisation du circuit de convoyage du bétail, la mise en place d’un approvisionnement direct sous supervision publique, et l’instauration d’un contrôle effectif des prix. Il appelle également à un partenariat structuré entre l’État, les éleveurs, les transporteurs et les commerçants pour garantir un flux régulier de bétail vers Bangui.
Le Secrétaire Général Exécutif de l’ODSTC conclut en rappelant que réguler les marchés des produits essentiels n’est pas une option parmi d’autres pour un État, mais une obligation sociale envers les citoyens, dans un environnement où les revenus des travailleurs ne laissent guère de marge à l’imprévu.
Affaire Nourd Gregaza : le directeur de l’OCRB, Armel Paraba, est sous sanction sur ordre de Touadéra
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/Le-general-de-la-police-centrafricaine-Bienvenu-Zokoue-DG-de-la-police-nationale.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/05/Le-general-de-la-police-centrafricaine-Bienvenu-Zokoue-DG-de-la-police-nationale.jpg” alt=”Affaire Nourd Gregaza : le directeur de l’OCRB, Armel Paraba, est sous sanction sur ordre de Touadéra” width=”300″ height=”300″ />Le général de la police, Bienvenu Zokoué, directeur général de la police nationale ol
Une évasion inexpliquée, un policier tué en détention par des Russes, et un directeur mis à pied : l’affaire Nourd Gregaza continue de chauffer au sein de la police nationale.
Tout remonte à la mi-décembre, quand les autorités ont annoncé l’évasion de Nourd Gregaza, présenté comme président du PRNC, un groupe armé centrafricain du nord, alors qu’il était gardé depuis plusieurs mois dans les locaux de l’Office Central pour la Répression du Banditisme, l’OCRB. Les circonstances de cette fuite n’ont jamais été élucidées. Aucune explication officielle n’a été fournie au public.
Après soi-disant l’évasion de Nourd Gregaza vers 4 heures du matin, des mercenaires russes de la milice Wagner ont interpellé plusieurs membres de la famille Nourd Gregaza, ainsi que des policiers qui assuraient la garde ce jour-là à l’office central pour la répression du banditisme.
Mais à la grande surprise des centrafricains, un mois après l’arrestation des policiers de l’OCRB, les autorités ont annoncé le décès de l’un d’eux en détention, tué par ceux-là mêmes qui l’avaient arrêté, c’est-à-dire les Wagner. Cette mort a provoqué une onde de choc dans les rangs de la police nationale.
Face à ce bilan, le chef de l’État Faustin-Archange Touadéra a exigé que des sanctions soient prononcées contre le directeur de l’OCRB, estimant que l’évasion de Gregaza ne pouvait résulter que d’une défaillance délibérée ou d’une négligence grave. L’ordre est donc descendu directement de la présidence vers le directeur général de la police.
Là est apparu un problème d’un autre ordre. Le directeur général de la police, le général Bienvenu Zokoué, et le directeur de l’OCRB, le général Armel Paraba, entretiennent des liens personnels étroits, ce qui a rendu l’exécution de la sanction particulièrement inconfortable pour le DG de la police. Mais l’injonction venait du sommet, et il n’était pas question de l’ignorer.
Le directeur de l’OCRB a finalement écopé d’une mise à pied. Concrètement, il reste en poste mais se trouve dépouillé de ses attributions : il n’assiste plus aux réunions des officiers généraux sur la sécurité nationale, ne signe plus aucun document officiel engageant l’OCRB et n’exerce aucun pouvoir de décision jusqu’à l’expiration de la durée fixée par la hiérarchie.
Quant à la mort du policier tué lors de sa détention par les Russes, elle n’a donné lieu à aucune mise en cause de leur côté. Pour Touadéra, dont les liens avec Wagner sont notoires, cette affaire semble relever d’une logique dans laquelle la vie d’un agent centrafricain ne pèse pas lourd face aux intérêts de ses partenaires.
Fari Tahéruka Shabazz : ce que Dmitri Podolski a dit sur la Zatistka annonce le pire pour les Zandé du sud-est centrafricain
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/dmitri-podolsky-conseiller-russe-du-president-touadera-sur-la-television-de-propagande-russe-rt.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/dmitri-podolsky-conseiller-russe-du-president-touadera-sur-la-television-de-propagande-russe-rt.webp” alt=”Fari Tahéruka Shabazz : ce que Dmitri Podolski a dit sur la Zatistka annonce le pire pour les Zandé du sud-est centrafricain” width=”400″ height=”225″ />Dmitri Podolsky, conseiller russe du président Touadéra, sur la télévision de propagande russe RT
Dans une déclaration vocale du 24 février 2026, Fari Tahéruka Shabazz alerte sur une doctrine russe de vidange démographique activement déployée contre les populations zandé, nzakara et yakoma du sud-est de la RCA.
Ce qui a retenu l’attention de Fari Tahéruka Shabazz dans la déclaration de ce chef robot de la milice Wagner, c’est une phrase prononcée par ce criminel de Poutine, monsieur Dmitri Podolski lui-même dans son interview à Russia Today du 7 février 2026 : « En vérité la stratégie que nous mettons en place, c’est la même stratégie que nous avons appliquée en 1990». Pour Fari Tahéruka Shabazz, cette phrase n’est pas un glissement de langue. C’est une déclaration d’intention assumée, publique, et adressée à ceux qui savent lire entre les lignes.
Cette stratégie des années 1990, Fari Tahéruka Shabazz la connaît et la nomme : la Zatistka. C’est la doctrine du ratissage, du nettoyage, de l’incendie délibéré des villages, du déplacement forcé des civils. Elle a été appliquée à Grozny en 1999, où la capitale tchétchène a été rasée jusqu’aux fondations, habitants compris. Fari Tahéruka Shabazz rappelle que Wagner ne fait pas autre chose aujourd’hui dans le Haut-Mbomou, la Haute-Kotto et la Vakaga.
L’objectif de la Zatistka, selon l’analyse de Fari Tahéruka Shabazz, n’est pas de pacifier un territoire. C’est de le vider. Vider la zone de ses habitants pour qu’il n’y ait plus de témoins, plus d’obstacles humains entre Wagner et les gisements d’or et de diamants. Les populations zandé, nzakara et yakoma ont deux options dans ce calcul russe : fuir vers le Soudan du Sud ou la RDC, ou mourir sur place.
Fari Tahéruka Shabazz insiste sur un point que beaucoup refusent encore d’admettre : Wagner n’a aucune retenue particulière envers les civils centrafricains. Il le dit sans détour dans sa déclaration — « Ils ont massacré leur propre population dans le Caucase, ils n’auront aucune difficulté à massacrer des nègres. Ce n’est pas leur problème. » Cette lucidité amère, Fari Tahéruka Shabazz la juge indispensable pour comprendre ce qui se prépare réellement à l’est.
Ce que Fari Tahéruka Shabazz relève également, c’est que même la présence d’otages centrafricains aux mains des Azandé Ani Kpi Gbe n’a pas freiné les bombardements ni les frappes d’hélicoptères Wagner dans la zone. La vie humaine ne constitue pas une variable dans l’équation russe. La Zatistka, telle que Podolski l’applique, ne distingue pas le combattant du paysan, l’adulte de l’enfant.
Fari Tahéruka Shabazz ancre tout cela dans une généalogie intellectuelle précise : cette doctrine du chaos contrôlé et de la violence maximale vient de ce que des idéologues russes comme Alexandre Douguine ou Nathalie Narochnitskaya ont théorisé pendant la décennie noire post-soviétique entre 1991 et 2001. Transnistrie, Abkhazie, Ossétie du Sud, Tadjikistan — partout la même méthode, partout le même résultat : des zones grises sans droit, sans présence internationale, et sous contrôle russe exclusif.
Ce que Podolski a dit à Russia Today depuis Bria, Fari Tahéruka Shabazz l’a entendu comme un avertissement que le monde n’a pas encore capté. La Zatistka n’est pas une opération militaire classique avec un début et une fin négociable. C’est un processus de transformation du territoire par l’élimination de ceux qui l’habitent, et Podolski a confirmé ouvertement que ce processus est en marche dans le sud-est centrafricain.
Le Gouverneur Victor Bissekoin pris en flagrant délit de mensonge : les Azandé Ani Kpi Gbé ne font PAS la guerre à l’État, ils exigent le départ des Russes de Wagner du Haut-Mbomou !
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-pauvres-jeunes-centrafricains-arretes-par-les-mercenaires-russes-du-groupe-wagner-appuyes-par-des-gendarmes-policier-et-faca.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-pauvres-jeunes-centrafricains-arretes-par-les-mercenaires-russes-du-groupe-wagner-appuyes-par-des-gendarmes-policier-et-faca.webp” alt=”Dans le Haut-Mbomou, les Zandé décident de porter Wagner devant la CPI” width=”500″ height=”225″ />Les pauvres jeunes centrafricains arrêtés par les mercenaires russes du groupe Wagner, appuyés par des gendarmes, policier et FACA
Dans sa dernière interview accordée à la radio Ndékè-luka, le gouverneur du Haut-Oubangui, Victor Bissekoin, a tenté de présenter le conflit dans le Haut-Mbomou comme une rébellion ouverte des miliciens Azandé Ani Kpi Gbé (AAKG)contre les Forces Armées Centrafricaines (FACA) et l’État centrafricain. Selon lui, ces « enfants du pays » se seraient retournés contre la nation après avoir été formés et armés pour défendre leur terre contre l’UPC.
Mensonge grossier et propagande recyclée.
Les faits, documentés par des rapports internationaux fiables (International Crisis Group, rapports ONU/MINUSCA 2025-2026, ACLED, Africa Intelligence), démontrent le contraire : l’AAKG n’est pasen guerre contre l’État ou les FACA en tant que telles. Le cœur du conflit, depuis mai 2025 et surtout fin 2025-début 2026, oppose directement les miliciens zandé aux mercenaires russes(Wagner / Africa Corps) qui opèrent sous commandement mixte avec certaines unités FACA.
Chronologie qui démasque le narratif officiel
– 2023: Création de l’AAKG comme milice d’autodéfense zandé face aux exactions de l’UPC (Unité pour la Paix en Centrafrique).
– Mars-Mai 2024: Le gouvernement et Wagner forment et intègrent environ 200 combattants AAKG dans l’armée, sous commandement russe. Ils combattent côte à côte contre l’UPC à Zémio, Mboki, etc.
– Mai 2025: Premiers affrontements directs AAKG vs forces russes (soutenues par FACA) autour de Zémio, suite à des violences, arrestations arbitraires et pillages par les Russes.
– Fin 2025 – 2026: Escalade majeure. Les ex-éléments AAKG (désormais appelés parfois « Wagner Ti Azandé » par dérision ou scission) mutinent contre les Russes. Attaques ciblées sur positions russes/FACA mixtes, enlèvements de leaders zandé par Wagner, désertions massives.
– Janvier-Février 2026: Clashes intenses à Zémio, Bambouti, Mboki. L’AAKG exige le départ immédiat des mercenaires russesdu Haut-Mbomou, la libération de leurs détenus et la fin de l’occupation perçue comme humiliante et prédatrice (contrôle des ressources, abus sur civils zandé).
– Rapports ONU et Crisis Group (2025-2026): Les violences sont qualifiées de « clashes entre AAKG et forces russes soutenues par l’armée ». La milice conditionne même tout dialogue futur au retrait russe de la zone.
Le gouverneur Bissekoin inverse sciemment la réalité : il accuse les Zandé de « se tourner contre le pays » alors que ce sont les Russesqui, après les avoir armés, les ont trahis, humiliés et poussés à la révolte. L’AAKG ne vise pas Bangui ni le président Touadéra directement ; elle veut chasser l’occupant étranger(Wagner/Africa Corps) qui pille leur région, rackette, lynche et disparaît des leurs.
Conséquences pour les civils : le vrai prix du mensonge
Les populations zandé paient le plus lourd tribut : déplacements massifs vers la brousse ou la RDC, absence d’école et de soins, famine imminente due aux cultures non plantées. En accusant les miliciens d’être anti-État, le gouverneur légitime la répression brutale (arrestations, bombardements) sans admettre que le vrai déclencheur est l’échec total de l’intégration sous contrôle russe.
Les centrafricains appellent à la transparence : que le gouvernement cesse de copier-coller la propagande wagnérienne et reconnaisse que le conflit du Haut-Mbomou est avant tout une révolte contre l’occupation mercenaire russe, pas une guerre civile contre l’État. Les Zandé ne sont pas des rebelles anti-patrie ; ils sont des Centrafricains qui refusent d’être traités comme des sujets d’une puissance étrangère sur leur propre sol.
La paix passera par le retrait des Russes du Haut-Mbomou, des négociations inclusives et la fin de l’impunité – pas par des mensonges d’État qui ne font qu’attiser la crise.
Investiture de Touadéra : un agent d’entretien propulsé DG de l’ONASPORTS suspend tout le sport sur l’ensemble du territoire national
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/heritier-doneng.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/heritier-doneng.jpg” alt=”Investiture de Touadéra : un agent d’entretien propulsé DG de l’ONASPORTS suspend tout le sport sur l’ensemble du territoire national” width=”300″ height=”200″ />Le ministre de la jeunesse et des sports lors du lancement du Festival Kota Nguia Ti Ndara au centre crulturel Missy Momo à Bangui
Pour préparer l’investiture du dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadéra prévue le 30 mars prochain, l’ONASPORTS vient de suspendre toutes les activités sportives sur l’ensemble du territoire centrafricain, sur ordre d’un directeur général très incompétent, nommé par favoritisme par le ministre du tutelle.
La note circulaire N°110/ONASPORTS/DG/DAF/SRH.26, datée du 17 mars 2026 et signée par Christian Francial Malessandji, Directeur Général par intérim de l’Office National de Promotion et de Gestion des Infrastructures Sportives Publiques, ordonne la suspension immédiate de toutes les activités sportives jusqu’à nouvel ordre. Le motif invoqué : les préparatifs de la cérémonie d’investiture du chef de l’État.
Le problème est que seul le stade 20 000 places de Bangui, où se tiendra la cérémonie du 30 mars, est directement concerné par ces préparatifs. Toutes les autres infrastructures sportives du pays, terrains, gymnases, stades de province, n’ont aucun lien avec l’événement. Christian Francial Malessandji a néanmoins choisi de tout fermer, sans délai précis, privant sportifs, étudiants et clubs de leurs espaces d’entraînement et de compétition sur l’ensemble du territoire.
Cette décision d’une portée aussi large prend un relief particulier quand on sait dans quelles conditions Christian Francial Malessandji a accédé à ce poste. Séverin Lidamon, le directeur général titulaire, a été sanctionné et écarté par le ministre de la Jeunesse et des Sports Héritier Doneng il y a quelques jours pour faute lourde à peine. Pour le remplacer, Eritier Doneng n’a pas cherché loin : Christian Francial Malessandji était agent d’entretien au sein de la même structure, chargé du nettoyage des bureaux.
Ce qui a motivé cette promotion hors norme n’est pas un dossier de compétences ni un parcours dans le monde du sport. Christian Francial Malessandji et Héritier Doneng se connaissent depuis le quartier Sara, où ils jouent au football ensemble depuis l’enfance. C’est cette proximité personnelle qui a conduit le ministre à lui confier la direction de l’une des principales institutions sportives du pays, au mépris de tout critère professionnel.
La note qu’il a signée ce 17 mars, d’ailleurs bourrée des fautes, confirme le résultat palpable de ces nominations fondées sur la loyauté plutôt que sur l’expertise. En frappant toutes les infrastructures nationales au lieu de cibler uniquement le stade de 20 000 places, Christian Francial Malessandji a pris une décision dont les conséquences dépassent largement le cadre de l’investiture, et dont aucun sportif centrafricain ne comprend la logique.
Centrafrique : les Wagner tuent leur interprète par jalousie à Kadjéma, la panique gagne les rangs des autres interprètes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-mercenaires-russes-de-la-milice-wagner-en-operation-a-mboki-dans-le-haut-mbomou.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-mercenaires-russes-de-la-milice-wagner-en-operation-a-mboki-dans-le-haut-mbomou.webp” alt=”Centrafrique : les Wagner tuent leur interprète par jalousie à Kadjéma, la panique gagne les rangs des autres interprètes ” width=”400″ height=”228″ />Les mercenaires russes de la milice Wagner en opération à Mboki, dans le Haut-Mbomou
Dans la province du Haut-Mbomou, au sud-Est de la RCA, Wagner vient d’abattre l’un de ses propres interprètes. Derrière les coups de feu entendus à Kadjéma, une jalousie amoureuse a suffi à sceller un destin de l’un de leurs interprètes.
En effet, ce mardi 10 mars 2026, la localité de Kadjéma, située à 40 kilomètres de Mboki sur l’axe Obo, a été frappée de détonations pendant de longues heures. Les mercenaires russes ont ensuite annoncé la mort de leur interprète, un Centrafricain originaire de Batangafo, présentant les faits comme une attaque de miliciens Azandés. Mais les habitants de Kadjéma, eux, savent ce qu’ils ont entendu : les tirs venaient d’une seule direction.
Selon des informations recoupées par la rédaction du CNC, tout a commencé à Mboki. En effet, tout est parti d’une jeune femme peule que l’un des mercenaires russes avait remarquée et veut la draguer. Mais parler directement avec la jeune fille est difficile à cause de la barrière de langue. C’est ainsi qu’il a mandaté l’un de leurs interprètes pour aller faire le boulot à sa place pour lui faire venir la jeune fille. Malheureusement pour lui, l’interprète, voyant la beauté de la jeune fille, a préféré s’engager pour lui-même et non pour le russe.
Musulman, originaire de Batangafo, l’homme a préféré jouer sa propre carte et s’est mis à courtiser la jeune femme pour son propre compte. Les Russes ont vite compris ce qui se passait, et la jalousie a pris le dessus. Et donc il faut à tout prix le faire disparaitre.
Pour l’éliminer sans laisser de traces, ils ont attiré l’interprète à une quarantaine de kilomètres, en brousse, près de l’eau. Là, ils ont ouvert le feu en criant à l’attaque ennemie, et dans la confusion voulue, l’interprète a été abattu. Le corps a été rapatrié vers Bangui dans la journée même, avec une précipitation que les populations locales n’ont pas manqué de noter.
Un deuxième interprète, présent lors des faits, a compris que la mise en scène était cousue de fil blanc. Pris de peur, il a multiplié les appels au sous-préfet, suppliant qu’on le mette à l’abri, convaincu d’être le prochain sur la liste. Sa panique n’est pas une exception: à Obo, à Zémio, et jusque dans le nord-ouest du pays, des interprètes commencent à chercher une sortie du groupe.
Ce n’est pourtant pas la première fois que Wagner liquide ses propres interprètes. À Zémio, deux interprètes avaient déjà été tués en 2025 dans des circonstances tout aussi nébuleuses. À Bouar, un autre avait connu le même sort l’année précédente. Ces hommes parlent les langues du terroir, ils entendent ce que les mercenaires russes ne peuvent pas saisir directement — et c’est précisément ce qu’ils savent qui les condamne.
Aujourd’hui, la rumeur court parmi les interprètes encore en poste : Wagner les remplace au fur et à mesure, recrute de nouveaux venus qui ignorent encore ce qu’ils ont vu, et recommence. Mais depuis l’affaire de Kadjéma, quelque chose a changé dans les esprits.
Après la débandade générale, la ville de Djema totalement vidée par les mercenaires russes de la milice Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-ville-de-djema-dans-le-haut-mbomou.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-ville-de-djema-dans-le-haut-mbomou.webp” alt=”Flash info : débandade générale à Djema, les mercenaires russes de la milice Wagner sèment la panique” width=”400″ height=”533″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-ville-de-djema-dans-le-haut-mbomou.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-ville-de-djema-dans-le-haut-mbomou-315×420.webp 315w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />La ville de Djema, dans le Haut-Mbomou
Les mercenaires de la milice Wagner, déployés depuis 2018 en République centrafricaine, ont encerclé et pillé maison par maison après avoir vidé la ville de Djema, dans le Haut-Mbomou.
En effet, ce mardi 17 mars 2026, la ville de Djemah, située au sud-est de la République centrafricaine, dans la préfecture du Haut-Mbomou, a subi une incursion rapide des mercenaires russes de la milice Wagner, surnommés localement sous le sobriquet de brique cuite.
Après leur soudaine incursion dans la matinée, ces voyous de Poutine ont pris au dépourvu la population, créant au passage une panique générale. La quasi-totalité des habitants se sont enfuies massivement en direction de la brousse. Seules les personnes âgées et les personnes handicapées, incapables de fuir rapidement, sont restées sur place.
Selon les témoignages recueillis par la rédaction du CNC, les mercenaires russes ont procédé maison par maison. Ils ont arrêté les habitants vulnérables qui n’avaient pas pu partir, les ont tabassés violemment, puis ont pillé les habitations de façon massive.
Même le domicile de la nouvelle chef du centre de santé locale, une dame récemment arrivée dans la ville après le remplacement de son prédécesseur, a également été entièrement pillé. Les mercenaires ont saccagé les lieux et emporté de nombreux biens chez les particuliers comme au centre de santé.
Les opérations de pillage ont duré plusieurs heures. Vers 14h-15h, les mercenaires russes ont finalement quitté la ville pour regagner leur point de départ, dont l’origine reste inconnue des habitants. Mais selon les quelques habitants contactés par CNC, les voyous de Touadéra ont pris la direction de Zemio.
Durant toute la journée du mardi 17 mars 2026, Djemah reste quasiment vide. La grande majorité de la population se trouve encore dispersée dans la brousse, dans un état de grande agitation et de peur.
Cette incursion intervient dans un contexte de tensions entre les miliciens Azandé et les forces liées à Wagner dans la région du Haut-Mbomou.
Corbeau News Centrafrique continue de suivre la situation de près. Des détails supplémentaires pourraient être apportés dans nos prochaines publications dès que de nouvelles informations fiables nous parviendront.
L’UFDO, mouvement satellitaire de Touadéra, rejoue la comédie en reconduisant son Président toto, monsieur Kparékouti
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Photo-de-famille-des-leaders-de-la-plateforme-UFDO-apres-la-reunion-de-reintegration-de-MLPC-CO-Koyambonou-et-MLPC-Fondateur-de-Mazette-en-casquette-noire-et-complet-chemise-pagne-scaled.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Photo-de-famille-des-leaders-de-la-plateforme-UFDO-apres-la-reunion-de-reintegration-de-MLPC-CO-Koyambonou-et-MLPC-Fondateur-de-Mazette-en-casquette-noire-et-complet-chemise-pagne-scaled.jpg” alt=”L’UFDO, mouvement satellitaire de Touadéra, rejoue la comédie en reconduisant son Président toto, monsieur Kparékouti” width=”2560″ height=”1920″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Photo-de-famille-des-leaders-de-la-plateforme-UFDO-apres-la-reunion-de-reintegration-de-MLPC-CO-Koyambonou-et-MLPC-Fondateur-de-Mazette-en-casquette-noire-et-complet-chemise-pagne-scaled.jpg 2560w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Photo-de-famille-des-leaders-de-la-plateforme-UFDO-apres-la-reunion-de-reintegration-de-MLPC-CO-Koyambonou-et-MLPC-Fondateur-de-Mazette-en-casquette-noire-et-complet-chemise-pagne-768×576.jpg 768w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Photo-de-famille-des-leaders-de-la-plateforme-UFDO-apres-la-reunion-de-reintegration-de-MLPC-CO-Koyambonou-et-MLPC-Fondateur-de-Mazette-en-casquette-noire-et-complet-chemise-pagne-1536×1152.jpg 1536w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Photo-de-famille-des-leaders-de-la-plateforme-UFDO-apres-la-reunion-de-reintegration-de-MLPC-CO-Koyambonou-et-MLPC-Fondateur-de-Mazette-en-casquette-noire-et-complet-chemise-pagne-2048×1536.jpg 2048w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Photo-de-famille-des-leaders-de-la-plateforme-UFDO-apres-la-reunion-de-reintegration-de-MLPC-CO-Koyambonou-et-MLPC-Fondateur-de-Mazette-en-casquette-noire-et-complet-chemise-pagne-560×420.jpg 560w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Photo-de-famille-des-leaders-de-la-plateforme-UFDO-apres-la-reunion-de-reintegration-de-MLPC-CO-Koyambonou-et-MLPC-Fondateur-de-Mazette-en-casquette-noire-et-complet-chemise-pagne-80×60.jpg 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Photo-de-famille-des-leaders-de-la-plateforme-UFDO-apres-la-reunion-de-reintegration-de-MLPC-CO-Koyambonou-et-MLPC-Fondateur-de-Mazette-en-casquette-noire-et-complet-chemise-pagne-696×522.jpg 696w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Photo-de-famille-des-leaders-de-la-plateforme-UFDO-apres-la-reunion-de-reintegration-de-MLPC-CO-Koyambonou-et-MLPC-Fondateur-de-Mazette-en-casquette-noire-et-complet-chemise-pagne-1068×801.jpg 1068w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Photo-de-famille-des-leaders-de-la-plateforme-UFDO-apres-la-reunion-de-reintegration-de-MLPC-CO-Koyambonou-et-MLPC-Fondateur-de-Mazette-en-casquette-noire-et-complet-chemise-pagne-1920×1440.jpg 1920w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Photo-de-famille-des-leaders-de-la-plateforme-UFDO-apres-la-reunion-de-reintegration-de-MLPC-CO-Koyambonou-et-MLPC-Fondateur-de-Mazette-en-casquette-noire-et-complet-chemise-pagne-265×198.jpg 265w” sizes=”auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px” />Photo de famille des leaders de la plateforme UFDO après la réunion de réintégration de MLPC-CO Koyambonou et MLPC Fondateur de Mazette en casquette noire et complet chemise pagne
Le mouvement satellite, Union des Forces Démocratiques de l’Opposition (UFDO) a rassemblé ses membres le mercredi 11 mars 2026 au siège du Parti de l’Unité pour la Reconstruction (PUR) à Bangui. Eddy Symphorien Kparékouti, un illettré notoire, y a été reconduit à la tête de cette plateforme que ses propres publications suffisent à définir : un appendice politique du régime Touadéra déguisé en opposition.
Kparékouti reconduit, le bureau compte cinq autres membres aux étiquettes pour le moins douteuses. Romain Ouandakouzou du CRDC prend la vice-présidence, Jean Nestor Lebeau de l’ORP le poste de porte-parole, Martin Panou du MU celui de deuxième conseiller. Le CRDC, l’ORP, le MU — autant de micropartis fictifs, inconnus du grand public, dont on ignore jusqu’à la légalité.
Le cas le plus parlant reste celui de Gabriel Jean Édouard Koyambonou. Ancien Premier ministre, ancien inspecteur des douanes, éjecté du MLPC — Mouvement de Libération des Peuples Centrafricains — par ses propres camarades, il cumule désormais les fonctions de vice-porte-parole et de premier conseiller de l’UFDO tout en siégeant comme ministre d’État à la présidence de Touadéra. Un homme de cette stature qui se raccroche à une plateforme pareille : c’est la honte, comme on dit à Bangui.
Le communiqué final achève de lever le doute : la plateforme appelle à voter aux élections partielles du 26 avril et revendique son soutien à « la vision politique » du président Touadéra. Des partis inconnus, des mouvements sans base, rassemblés sous un sigle pour tromper la communauté internationale — l’UFDO est une fabrication, pas une opposition.
Ludovic LEDO avertit : Rejoindre la 7e République, c’est assumer les échecs de TOUADERA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/05/touaderateur-Ludovic-LEDO-ù.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2019/05/touaderateur-Ludovic-LEDO-ù.png” alt=”Ludovic LEDO avertit : Rejoindre la 7e République, c’est assumer les échecs de TOUADERA” width=”300″ height=”300″ />Ludovic Ledo, Coordinateur du G16
Le coordonnateur du G-16 Ludovic LEDO vient de lancer un avertissement ferme à tous ceux qui envisagent de s’associer au projet de 7e République. Dans une déclaration tranchante, il lie directement ce ralliement à l’acceptation des bilans négatifs accumulés durant les deux mandats du président TOUADERA.
Cette prise de position intervient alors que le débat autour de la Constitution de 2016 refait surface avec virulence en Centrafrique. Le G-16, structure de la société civile née en 2023, trouve dans cette séquence politique une occasion de réaffirmer sa raison d’être et son opposition farouche à toute modification constitutionnelle.
Dans cette optique, Ludovic LEDO ne mâche pas ses mots et reconnaît d’emblée que chaque citoyen garde la liberté de ses choix politiques. Il admet que certains peuvent décider d’accompagner cette transition constitutionnelle annoncée par le chef de l’État, mais cette liberté n’est pas sans conséquence selon lui.
C’est précisément sur ce point que le coordonnateur du G-16 insiste le plus lourdement. “Tous ceux-là qui, par opportunisme, s’inviteront à la table de cette 7e République en se laissant bercer par cet extrait du discours trompeur du Président TOUADERA, doivent savoir qu’ils seront comptables, par ricochet, de TOUS LES ÉCHECS ET ACTES MANQUÉS enregistrés par ce régime lors de son premier et second mandat à la tête de notre pays”, affirme-t-il avec force.
Cette sortie marque donc une escalade dans le ton adopté par les opposants à la modification constitutionnelle. LEDO va plus loin en associant directement ceux qui participent au projet aux bilans qu’il juge désastreux des deux mandats précédents de TOUADERA, une manière de dire que rallier cette 7e République équivaut à endosser l’héritage complet du régime actuel.
Pour appuyer cette logique de responsabilité collective, le leader du G-16 annonce que personne n’échappera au jugement de l’histoire. “Que ces personnes qui ont rejoint ou seraient tentées de rejoindre la 7e République, soient rassurées qu’elles répondront toutes de leurs actes, comme le Président TOUADERA lui-même, devant le tribunal de l’histoire”, écrit-il dans sa déclaration.
Cette formule du “tribunal de l’histoire” revient comme un leitmotiv dans son message, portant une menace à peine voilée. LEDO assure que les comptes seront rendus, tôt ou tard, et que le temps ne changera rien à cette réalité. “Inéluctablement, tous rendront des comptes, et si ce n’est pas un matin, ce sera un soir”, insiste-t-il.
Pour renforcer son propos, le coordonnateur du G-16 convoque la sagesse antique en citant Démocrite. “Mieux vaut réfléchir avant d’agir que regretter après avoir agi”, rappelle-t-il, cette référence philosophique visant manifestement à interpeller ceux qui pourraient céder aux sirènes du pouvoir sans mesurer les conséquences futures.
Derrière cette déclaration, on perçoit une stratégie politique claire de la part du G-16. En brandissant la menace d’une responsabilité collective, LEDO tente de freiner l’élan de ceux qui pourraient voir dans cette 7e République une opportunité de repositionnement politique, qu’ils soient cadres politiques ou citoyens ordinaires tentés de croire aux promesses gouvernementales.
La référence au “discours trompeur” du président TOUADERA traduit aussi une volonté de dénoncer ce que LEDO considère comme une manipulation. Pour le G-16, cette 7e République ne serait qu’un artifice destiné à redorer le blason d’un régime usé par deux mandats marqués, selon eux, par les échecs répétés et les manquements à répétition.
En qualifiant les partisans de cette transition d’“opportunistes”, LEDO cherche à délégitimer leur démarche. Il la réduit à une quête d’avantages personnels plutôt qu’à un engagement sincère pour l’avenir du pays, une accusation qui vise à discréditer par avance toute adhésion au projet présidentiel.
Ce groupe de la société civile centrafricaine, né dans la foulée des contestations de 2023, devait trouver un nouveau souffle après la mort de son fondateur Blagué. La prise de parole de LEDO montre que le G-16 entend rester actif dans le débat public et continuer à incarner une opposition aux velléités de changement constitutionnel qu’il combat depuis sa création.
En terminant son message par la formule “La lutte pour la libération de notre pays continue”, LEDO inscrit son combat dans la durée. Il refuse de baisser les armes face à ce qu’il perçoit comme une tentative de confiscation du pouvoir par la voie constitutionnelle, montrant ainsi que le G-16 ne compte pas abandonner le terrain malgré les annonces présidentielles.
Cette déclaration du coordonnateur vient rappeler que malgré les discours du pouvoir, une partie de la population centrafricaine reste fermement opposée à toute modification de la loi fondamentale de 2016. Le bras de fer entre le régime et ses opposants semble donc loin de s’apaiser, et chaque camp continue de mobiliser ses arguments pour convaincre une opinion publique partagée entre espoir de changement et méfiance envers les promesses
TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE à Kabo : le mensonge de trop pour une députée au diplôme douteux
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/merveille-la-depute-sans-bac-de-kabo-illetree.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/merveille-la-depute-sans-bac-de-kabo-illetree.webp” alt=”TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE à Kabo : le mensonge de trop pour une députée au diplôme douteux Rédigé le . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC La députée sortante de Kabo, TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE, cumule les casseroles : faux diplôme de droit et mensonges publics devant la population lors de la journée du 8 mars. En effet, le 8 mars dernier, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, le gouvernement a acheminé des kits alimentaires fournis par des organisations humanitaires à la population de Kabo, une localité de la préfecture de l’Ouham-Fafa, au nord de la Centrafrique. Mais madame TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE, députée sortante de cette circonscription, a accompagné la livraison. Jusque-là, rien d’inhabituel. C’est ce qui s’est passé ensuite qui a retenu l’attention. Devant les habitants rassemblés, l’élue a pris la parole pour affirmer que c’est elle qui avait financé et organisé la distribution pour les femmes de Kabo. Elle s’est présentée comme la généreuse pourvoyeuse de ces vivres, comme si le gouvernement qui est l’auteur de ces kits n’existait pas. Seulement, des membres de sa propre délégation ont pris la parole aussitôt pour rectifier les faits, rappelant publiquement que ces kits venaient de l’État. Toutefois, l’incident aurait pu s’arrêter là. Mais cette histoire remet en mémoire un autre dossier qui colle à TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE depuis quelques mois : celui de son diplôme de capacité en droit, déclaré lors de sa candidature et contesté par plusieurs sources, qui le qualifient de document fabriqué dans les quartiers à Miskine, à l’université de Daniel Nzéwé. Dans un pays où 35 députés sortants ont été ajoutés aux listes du baccalauréat 2025 sans avoir passé le moindre examen, la question du diplôme de l’élue de Kabo s’inscrit dans un tableau plus large. Ce qui interpelle davantage, c’est l’arithmétique simple que la population de Kabo est en droit de faire. Pendant cinq ans, TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE a perçu une indemnité mensuelle de trois millions de francs CFA, soit bien au-delà du salaire ordinaire d’un fonctionnaire centrafricain. Au bout du compte, aucun bilan tangible, aucune réalisation visible. Et c’est précisément à l’approche du nouveau scrutin, après l’invalidation des législatives du 28 décembre par le Conseil constitutionnel, qu’elle choisit de se montrer à Kabo, les mains chargées de vivres qui ne lui appartiennent pas. Par Crépin Zarami Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC” width=”400″ height=”888″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/merveille-la-depute-sans-bac-de-kabo-illetree.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/merveille-la-depute-sans-bac-de-kabo-illetree-189×420.webp 189w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />Madame TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE, La député sans bac de Kabo, illétrée
La députée sortante de Kabo, TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE, cumule les casseroles : faux diplôme de droit et mensonges publics devant la population lors de la journée du 8 mars.
En effet, le 8 mars dernier, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, le gouvernement a acheminé des kits alimentaires fournis par des organisations humanitaires à la population de Kabo, une localité de la préfecture de l’Ouham-Fafa, au nord de la Centrafrique. Mais madame TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE, députée sortante de cette circonscription, a accompagné la livraison. Jusque-là, rien d’inhabituel. C’est ce qui s’est passé ensuite qui a retenu l’attention.
Devant les habitants rassemblés, l’élue a pris la parole pour affirmer que c’est elle qui avait financé et organisé la distribution pour les femmes de Kabo. Elle s’est présentée comme la généreuse pourvoyeuse de ces vivres, comme si le gouvernement qui est l’auteur de ces kits n’existait pas.
Seulement, des membres de sa propre délégation ont pris la parole aussitôt pour rectifier les faits, rappelant publiquement que ces kits venaient de l’État.
Toutefois, l’incident aurait pu s’arrêter là. Mais cette histoire remet en mémoire un autre dossier qui colle à TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE depuis quelques mois : celui de son diplôme de capacité en droit, déclaré lors de sa candidature et contesté par plusieurs sources, qui le qualifient de document fabriqué dans les quartiers à Miskine, à l’université de Daniel Nzéwé.
Dans un pays où 35 députés sortants ont été ajoutés aux listes du baccalauréat 2025 sans avoir passé le moindre examen, la question du diplôme de l’élue de Kabo s’inscrit dans un tableau plus large.
Ce qui interpelle davantage, c’est l’arithmétique simple que la population de Kabo est en droit de faire. Pendant cinq ans, TOHOMAN CHANTAL MERVEILLE a perçu une indemnité mensuelle de trois millions de francs CFA, soit bien au-delà du salaire ordinaire d’un fonctionnaire centrafricain. Au bout du compte, aucun bilan tangible, aucune réalisation visible. Et c’est précisément à l’approche du nouveau scrutin, après l’invalidation des législatives du 28 décembre par le Conseil constitutionnel, qu’elle choisit de se montrer à Kabo, les mains chargées de vivres qui ne lui appartiennent pas.
Un post de Firmin Ngrebada, publié ce jour même par l’intéressé depuis Bangui sur la plateforme du réseau social Facebook, ne peut se lire à la légère. Il s’agit d’un texte hautement politique, habilement camouflé derrière le voile d’une fable africaine.
Rappelons les faits. Firmin Ngrebada a été l’un des hommes les plus puissants de Centrafrique. Premier ministre de la République centrafricaine de 2019 à 2021, il était considéré comme l’homme de confiance du président Touadéra, architecte des accords de paix de Khartoum. Puis vint la disgrâce. Écarté du gouvernement, il s’est reconverti en député, dernière planche de salut institutionnelle, avant d’en être également évincé. Le voilà aujourd’hui sans mandat, sans titre, sans fonction. Un homme politique nu.
La rhétorique de la fable : le classique des vaincus
Le recours à la fable est un choix rhétorique révélateur. Dans l’histoire politique africaine et mondiale, c’est souvent le propre des dirigeants tombés en disgrâce que de se réfugier dans la sagesse populaire, les proverbes, les paraboles. C’est une façon de parler sans paraître parler, de dénoncer sans paraître dénoncer, d’envoyer des messages ciblés tout en maintenant une apparence de neutralité bienveillante.
Ngrebada ne raconte pas une fable pour amuser ses abonnés un vendredi matin. Il règle des comptes avec une élégance calculée.
Décryptage du texte : qui est le lion, qui est le rat ?
La clé de lecture est ici fondamentale. Dans la fable classique d’Ésope, reprise par La Fontaine, la morale est universelle. Mais dans la bouche d’un ancien premier ministre centrafricain fraîchement éjecté du pouvoir, chaque personnage prend une dimension très concrète.
Le lion, puissant, orgueilleux, qui “éclate de rire” face à plus petit que lui, renvoie très probablement au système qui l’a écarté, à ses anciens alliés devenus adversaires, peut-être au cercle présidentiel lui-même. Le lion est celui qui, au sommet, méprise et oublie.
Le rat, humble, méprisé, mais finalement sauveur, c’est Ngrebada lui-même qui se met en scène. Celui qu’on a chassé, sous-estimé, jugé “trop petit” pour compter désormais. Mais qui prévient : je reviendrai, et vous aurez besoin de moi.
Les filets du chasseur représentent les difficultés à venir pour ceux qui l’ont écarté. C’est une prophétie politique douce-amère : vous tomberez, et vous regretterez de m’avoir méprisé.
La phrase la plus chargée
“Ne maltraitez jamais le stagiaire, l’assistant, le subalterne.”
En apparence, c’est du management bienveillant. En réalité, c’est une déclaration d’orgueil blessé. Un ancien premier ministre ne s’identifie pas spontanément au “stagiaire” par humilité sincère — il le fait pour retourner l’humiliation contre ceux qui l’ont infligée. C’est une façon de dire : vous m’avez traité comme un subalterne, mais vous verrez.
La signature : un détail qui dit tout
Il signe “Hon. Firmin Ngrebada”, Honorable. Il n’est plus rien institutionnellement, mais il maintient le titre honorifique. C’est un signal fort : je ne renonce pas à mon identité politique. Je suis toujours dans l’arène, même hors des murs du pouvoir.
la philosophie comme arme des vaincus
Ce post confirme ce que les politologues appellent la “reconversion narrative” des hommes politiques déchus. Faute de tribune institutionnelle, ils investissent les réseaux sociaux. Faute de pouvoir agir, ils philosophent. Faute de gouverner, ils enseignent.
Mais derrière la sagesse affichée, le message est clair et sans ambiguïté : Firmin Ngrebada n’a pas dit son dernier mot. Il se repositionne, reconstruit une image, entretient une base, et surtout — il avertit ceux qui l’ont écarté que l’histoire n’est pas terminée.
Comme disent effectivement de nombreux observateurs politiques africains : le pouvoir est un habit qu’on emprunte. Quand on vous le retire, c’est la nudité qui révèle qui vous êtes vraiment. Ngrebada, lui, choisit de se rhabiller avec des fables. C’est peut-être, finalement, la forme de dignité qui lui reste.
Wagner en déroute : quand les mercenaires russes envoient leurs griots à la radio après avoir perdu la bataille face à MSF
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/dmitri-podolsky-conseiller-russe-du-president-touadera-sur-la-television-de-propagande-russe-rt.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/dmitri-podolsky-conseiller-russe-du-president-touadera-sur-la-television-de-propagande-russe-rt.webp” alt=”Fari Tahéruka Shabazz : ce que Dmitri Podolski a dit sur la Zatistka annonce le pire pour les Zandé du sud-est centrafricain” width=”400″ height=”225″ />Dmitri Podolsky, conseiller russe du président Touadéra, sur la télévision de propagande russe RT
Libéré, rapatrié, rentré en France. François Antoine Zamparini Roux a quitté le sol centrafricain, et Wagner n’a rien pu faire pour retenir cet humanitaire que ses mercenaires avaient arrêté à Zémio le 6 mars 2026, en pleine réunion officielle convoquée par le sous-préfet lui-même.
C’est un camouflet d’une ampleur rare pour une organisation habituée à dicter sa loi sans que personne ne bronche. Le poids du MSF, sa réputation mondiale, ses réseaux diplomatiques et sa capacité à mobiliser l’opinion internationale ont mis Wagner en échec total. Les ministères de la Communication et de la Défense centrafricains avaient pourtant déversé leur propagande habituelle. Rien n’a fonctionné.
Alors Wagner a sorti son dernier outil : Radio Lengo Songo et ses griots en costume civil.
En effet, le 12 mars 2026, un certain Pott Madéndama-Enzia, présenté comme coordonnateur de la plateforme « Azimut Vivre Ensemble en Paix », a pris le micro pour s’indigner de la libération de Zamparini Roux, qu’il appelle sans gêne un « présumé espion » au dossier « lourd ». Personne ne lui a demandé d’où venait ce dossier, ni qui l’avait constitué.
Ce type de personnage n’est pas nouveau dans le paysage centrafricain. Ce sont des voix vulgaire en location, dépêchées par les criminels de Wagner pour habiller en indignation citoyenne ce qui n’est en réalité que la frustration d’une milice privée humiliée. Leurs « plateformes » n’ont ni membres visibles, ni actions documentées, ni existence réelle en dehors des micros de la radio Wagner.
L’argument central de Madéndama-Enzia repose sur une affirmation publiée dans une presse non identifiée : Zamparini Roux aurait été arrêté en RCA en 2016 et aurait soutenu le mouvement d’Armel Mingatoloum Sayo. Aucun document. Aucune source. Aucune pièce de justice. Juste une rumeur répétée avec assurance pour donner l’apparence d’un dossier là où il n’y a que du vide.
Ce que CNC a établi depuis le début est tout autre chose. Zamparini Roux était en mission officielle pour MSF-RDC. Il cherchait à ouvrir un couloir logistique vers Zémio pour ravitailler des milliers de déplacés centrafricains réfugiés à Nzapay, et à reprendre en partie la gestion de l’hôpital local. C’était sa troisième mission dans la ville. Il avait traversé la rivière Mbomou sur invitation du sous-préfet lui-même.
Wagner a beau agiter le mot « souveraineté » par la bouche de ses relais, ce mot sonne creux quand il sert à justifier l’arrestation d’un humanitaire venu soigner des populations abandonnées. La vraie souveraineté ne se défend pas en faisant irruption les armes à la main dans une réunion officielle pour kidnapper un travailleur médical étranger en mission.
L’échec de Wagner dans cette affaire est d’autant plus cinglant que l’organisation avait tout misé sur sa capacité à fabriquer un dossier judiciaire solide, comme elle l’avait fait avec Joseph Figueira Martin condamné à dix ans de travaux forcés en novembre 2025. Cette fois, la machine n’a pas eu le temps de tourner. MSF a pesé trop vite et trop fort.
Ce que Madéndama-Enzia et ses commanditaires n’ont pas compris, c’est que chaque sortie de ce genre documente un peu plus leur propre débâcle. Réclamer que la justice centrafricaine entende un homme déjà libéré et rentré en France, c’est admettre publiquement qu’on a perdu la main, qu’on n’a pas eu le temps de fabriquer les preuves, et que la pression internationale a été plus rapide que la mécanique judiciaire de Wagner.
Le Front Populaire Zokwezo reconnaît la victoire de Touadera comme un moindre mal face aux candidats jugés plus proches de Paris
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/08/Le-president-Touadera-en-campagne-electorale-en-2020.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/08/Le-president-Touadera-en-campagne-electorale-en-2020.jpg” alt=”Le Front Populaire Zokwezo reconnaît la victoire de Touadera comme un moindre mal face aux candidats jugés plus proches de Paris” width=”300″ height=”169″ />Le Président putschiste Touadera en campagne électorale en 2020
La réélection de Touadera ne clôt pas le débat politique en Centrafrique. Le Front Populaire Zokwezo, après quatorze mois de campagne sur les réseaux sociaux, franchit une nouvelle étape. Sa déclaration du 7 janvier pose une condition claire : seul un gouvernement d’union nationale permettra les transformations indispensables.
Pendant quatorze mois, ce mouvement a déployé une campagne hebdomadaire sur les plateformes numériques. Leur message ciblait principalement la dépendance qu’ils jugent persistante envers l’ancienne puissance coloniale. Cette mobilisation aurait atteint, selon leurs dires, des millions de personnes à travers plusieurs continents. Le groupe affirme que seule sa présence au gouvernement, combinée avec un appui militaire russe, permettrait de renégocier les termes de la souveraineté nationale face à Paris.
Au-delà de cette campagne numérique, leurs critiques visent particulièrement certains responsables politiques passés. Ils dénoncent des erreurs stratégiques commises entre 2012 et 2013, période durant laquelle l’invasion de groupes rebelles aurait stoppé l’exploitation pétrolière à Boromata par des entreprises chinoises. Ces travaux auraient pu générer vingt milliards de dollars annuels selon leurs estimations. Le Front accuse ces dirigeants d’avoir servi des intérêts étrangers au détriment du développement national, entraînant l’arrêt de projets industriels majeurs comme la construction d’une cimenterie.
Parmi ces responsables critiqués, le candidat Dologuele, ancien Premier ministre, reçoit des reproches acerbes. Ses dix-huit mois d’arriérés salariaux durant son mandat sont présentés comme une insulte au peuple. Son score de douze pour cent aux élections témoignerait du rejet populaire de cette gestion. Le Front considère ce résultat comme une victoire partielle de sa campagne d’information.
S’agissant du président réélu Touadera, qui a obtenu soixante-seize pour cent des votes, le jugement reste nuancé. Si sa politique sécuritaire et géopolitique apparaît acceptable comparée au chaos antérieur, selon l’auteur du document, son bilan économique déçoit profondément. Le produit intérieur brut stagne à deux virgule cinq milliards de dollars, le plus faible de la zone franc. Le revenu par habitant plafonne à quatre cents dollars quand le Gabon atteint huit mille cinq cents. Avec une croissance de seulement un virgule quatre pour cent annuel face à une démographie galopante de trois virgule un pour cent, la pauvreté augmenterait mécaniquement.
Cette stagnation économique proviendrait notamment de l’impossibilité d’autoriser la Chine à reprendre l’exploitation pétrolière. Le chômage frappe entre quatre-vingt-deux et quatre-vingt-douze pour cent de la population active. Pour le Front, ces chiffres attestent d’une résoumission néocoloniale depuis 2023, malgré la présence militaire russe dans le pays.
En réponse à cette situation, le mouvement propose un dialogue politique incluant tous les acteurs, accompagné de mesures de grâce pour les exilés et détenus politiques. Ils préconisent un gouvernement d’union nationale de transition, non une simple ouverture symbolique. Cette transition devrait conduire à trois transformations majeures : obtenir une indépendance complète permettant une coopération équilibrée avec la France de gauche, remplacer le régime présidentiel par un système parlementaire, abandonner l’ultralibéralisme pour un socialisme inspiré du modèle chinois des années quatre-vingt.
Pour concrétiser cette vision, leur programme économique prévoit huit cent trente-cinq milliards de dollars d’investissements sur vingt ans, répartis en quatre plans quinquennaux. Seule cette approche massive et simultanée dans tous les secteurs pourrait, selon eux, sortir rapidement le pays de la misère chronique. Ils citent l’exemple de la Guinée équatoriale qui, grâce à son pétrole, a décollé entre 1996 et 2014 avec des taux de croissance à deux ou trois chiffres.
Malgré ses critiques, le Front reconnaît néanmoins la victoire de Touadera comme un moindre mal face aux candidats jugés plus proches de Paris. Ils rappellent aux opposants battus qu’ayant accepté de participer malgré les conditions contestables du scrutin, ils doivent assumer leur défaite. Le message final interpelle directement le président réélu sur sa capacité et sa volonté de lancer cette concertation nationale, d’autoriser l’exploitation pétrolière et d’engager les réformes structurelles promises
Dix ans pour faire de la RCA un goulag russe : le réquisitoire documenté de Jean Serge Wafio contre le régime Touadéra
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/10/monsieur-jean-serge-wafio.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/10/monsieur-jean-serge-wafio.jpg” alt=”Dix ans pour faire de la RCA un goulag russe : le réquisitoire documenté de Jean Serge Wafio contre le régime Touadéra” width=”300″ height=”295″ />monsieur-jean-serge-wafio – EN POLITIQUE, IL Y A TOUJOURS UN DÉBUT ET UNE FIN…
Un document détaillé signé Jean Serge Wafio retrace, chiffres et images à l’appui, comment le régime Touadéra a méthodiquement détruit la Centrafrique entre 2016 et 2025.
Tout part d’un discours. Le mardi 9 décembre 2025, dans l’hémicycle du Palais de l’Assemblée Nationale, devant à peine 300 personnes dont les corps constitués et le Corps Diplomatique, le président Touadéra a lu ce que Wafio qualifie de texte « cousu de tissu de mensonges, de manipulations, de promesses sans lendemain », totalement coupé des souffrances réelles du peuple centrafricain. C’est en réponse directe à ce discours que le Président Fondateur du PDCA a entrepris de produire ce qu’il appelle un « devoir de mémoire » : un travail citoyen bâti sur des données factuelles et des images virales non floutées.
Les chiffres qu’il aligne sont d’une netteté implacable. Entre 2014-2015 et 2024-2025, la part des Centrafricains vivant avec moins de 2,15 dollars par jour est passée de 53 % à 67 %, le PIB par habitant a chuté de 768 à 510 dollars, le taux brut de scolarisation s’est effondré de 67 % à 9,1 %, et le ratio enseignants-élèves est passé de 1 pour 89 à 1 pour 200. Ces données, tirées de l’ICASEES, de la Banque Mondiale, de l’UNICEF et de l’OMS, dessinent la radiographie d’un État qui s’est volontairement vidé de ses obligations envers sa population.
Ce vidage n’est pas accidentel, selon Wafio : il a une destination précise. De janvier 2018 à fin octobre 2025, le Trésor Public centrafricain a versé aux mercenaires russes une prise en charge hebdomadaire d’abord fixée à 1 milliard de francs CFA, puis ramenée à 400 millions à partir de 2023, pour un cumul de 297,4 milliards de francs CFA. À cela s’ajoutent les versements mensuels à la société Wagner, portés à 15 milliards de francs CFA par mois depuis octobre 2025 avec la création d’Africa Corps, pour un total de 547 milliards de francs CFA entre 2018 et 2025, selon les données du Trésor Public.
Pendant ce temps, écrit Wafio, aucune salle de classe, aucune maternité, aucun hôpital régional, aucun logement social n’a été construit sur les recettes propres de l’État. À Bozoum, faute de tables-bancs, les élèves s’assoient sur des briques en terre. Seuls 5 % des Centrafricains ont accès à l’électricité, 3 % à l’eau courante, et uniquement à Bangui. Les médicaments sont introuvables dans les structures publiques, poussant la population vers la pharmacopée traditionnelle ou les produits de rue. En 2025, selon le rapport OCHA, un Centrafricain sur cinq est déplacé, et 2,4 millions de personnes souffrent de faim aiguë.
L’insalubrité publique, que Wafio nomme « mysticisme politique de Touadéra », est documentée par des images de la Place des Nations Unies, de la concession de Radio Centrafrique, du marché central de Bangui et du marché de Miskine — situé à 200 mètres du siège du MCU, le parti au pouvoir. Les routes dites nationales, les ornières béantes, les inondations annuelles faute de canaux de drainage, et les jeunes non scolarisés abandonnés à eux-mêmes complètent ce tableau d’une ville et d’un pays laissés à leur propre décomposition.
Mais c’est dans la rubrique des crimes d’État que le document de Wafio atteint sa charge la plus lourde. Il recense des tueries-calcinations de masse, des assassinats politiques, des exactions commises par les mercenaires russes et les milices d’État, des incendies de villages entiers — dont le site des déplacés d’Alindao en Basse-Kotto —, des mines posées sur des routes, des fouilles maison par maison, des éleveurs Mbororo abattus, des assassinats crapuleux pour trafics d’organes humains recensés de 2019 à 2024, et la liquidation de NDARASSA et de son lieutenant BOUBA HASSAN, ce dernier nommé ministre par Touadéra en guise de récompense.
Wafio note également que le gisement de Ndassima, dans la sous-préfecture de Bambari, a fait l’objet d’exportations illégales d’or et de diamant entre 2018 et 2022 pour une valeur de 5 000 milliards de francs CFA, dont la taxe à l’exportation de 5 % — soit 250 milliards de francs CFA — n’a jamais été perçue par le Trésor Public. L’Initiative Mondiale contre la Criminalité Organisée Transnationale, dans son rapport de novembre 2025, évalue à 17 milliards de francs CFA les pertes fiscales liées aux seuls systèmes opaques de distribution des carburants, au profit des dignitaires du régime.
Pour Wafio, l’année 2026 ouvre ce qu’il appelle « le tunnel de la Transition Politique », après l’officialisation par le Conseil Constitutionnel de Ouaboé Jean Pierre, le 19 janvier 2026, des résultats du quadruple scrutin frauduleux du 28 décembre 2025. Il appelle à une réconciliation intra-centrafricaine sincère, à des « préalables consensus » sur les responsabilités individuelles et collectives, et à l’établissement de mécanismes engageant les auteurs, commanditaires et complices des différents régimes, y compris après leur mort. Ce travail, précise-t-il, est indicatif et partiel, réalisé sur la base de données en sa possession, et il invite les historiens politiques centrafricains à l’étoffer pour que les générations futures puissent comprendre
Ulrich Grawah est le fondateur de Light Africa, une initiative née à Bangui avec l’ambition de transformer la manière dont les jeunes centrafricains envisagent leur avenir. Rencontré à Cantonnier, il a accepté de répondre aux questions de CNC sur sa démarche, sa vision et le message qu’il entend porter à une génération qu’il estime trop longtemps maintenue dans l’attente. Light Africa propose aujourd’hui des formations en marketing de réseau, couture, informatique et vannerie, avec pour objectif à court terme d’ouvrir un centre professionnel intégrant également la mécanique et la menuiserie.
Ulrich Grawah : Je suis Ulrich Grawah, responsable de Light Africa.
CNC : Qu’est-ce que Light Africa, précisément ?
Ulrich Grawah : Light Africa, c’est littéralement « la lumière de l’Afrique ». L’idée, c’est d’apporter quelque chose de plus pour éclairer ce continent, en commençant concrètement par la République centrafricaine.
CNC : Quelle est la vision que vous portez à travers cette initiative ?
Ulrich Grawah : Notre vision, c’est de former davantage de créateurs d’emplois. Nous voulons produire des employeurs, pas seulement des employés. C’est une rupture dans la façon de penser la formation.
CNC : Quelles sont vos attentes à l’égard des jeunes filles et garçons que vous rencontrez ici à Cantonnier ?
Ulrich Grawah : Ce que j’attends d’eux, c’est qu’ils se lèvent. Qu’ils rompent avec l’ancien paradigme qui consiste à rester sur place, à attendre que les choses viennent à eux. Je leur dis de se lancer dans l’entrepreneuriat, de chercher à être autonomes, de prendre leur destin en main.
CNC : Vous évoquez un « ancien paradigme ». Quelles sont, selon vous, les habitudes qui freinent les jeunes Centrafricains ?
Ulrich Grawah : L’habitude qui nous tue, c’est de remettre notre vie entre les mains des autres : le gouvernement, les parents, les organisations internationales. On attend que tout vienne d’ailleurs. La question qu’on devrait se poser n’est pas « qu’est-ce que mon pays peut faire pour moi ? », mais bien « qu’est-ce que moi, je propose à mon pays ? » C’est ce changement de mentalité que je cherche à provoquer.
CNC : Dans les médias, on entend souvent des appels au gouvernement pour former les jeunes, financer des programmes, réhabiliter des infrastructures. Est-ce que c’est cela, selon vous, l’ancienne habitude ?
Ulrich Grawah : Exactement. Cette logique de croiser les bras en attendant que tout vienne du gouvernement ou des ONG, c’est ce qui nous paralyse. Dieu n’a pas donné des richesses uniquement aux uns. Il nous a tous dotés d’un cerveau. Et ce cerveau, si on apprend à l’utiliser, à innover, à créer, il vaut bien plus que tout le pétrole ou le diamant du sous-sol. Le problème, c’est qu’on a oublié cette richesse-là. Il faut la réveiller.
CNC : Étant vous-même jeune, quels sont vos objectifs personnels pour les années à venir ?
Ulrich Grawah : Mon objectif, c’est d’impacter ma localité, puis mon pays. Dans les années à venir, je veux pouvoir m’asseoir avec des membres du gouvernement et leur montrer ce que j’apporte concrètement à la République centrafricaine. Pas des discours : des résultats. Des jeunes formés, devenus eux-mêmes créateurs d’emplois.
CNC : Votre initiative est-elle soutenue ou subventionnée par des ONG ou des bailleurs de fonds ?
Ulrich Grawah : Pour l’instant, non. Et ce n’est pas le point de départ que nous avons choisi. L’idée, c’est de se battre d’abord, de construire quelque chose de solide par nos propres moyens, et d’atteindre un niveau qui donne envie d’accompagner l’initiative. Nous ne refusons pas l’aide si elle vient, mais nous ne la posons pas comme condition.
CNC : Quel message souhaitez-vous adresser à la jeunesse africaine, et plus particulièrement à celle de Cantonnier ?
Ulrich Grawah : Mon message est simple : regardez ce qui se passe ailleurs dans le monde. Les jeunes innovent, créent, bougent. Ils ne se reposent pas sur les autres. C’est ce que nous devons faire ici aussi. Arrêtons d’accuser le gouvernement, les parents, les étrangers. Reprenons notre avenir en main. Décidons. Créons. C’est maintenant.
Alerte dans le Haut-Mbomou : nouveau déploiement massif des mercenaires russes de la milice Wagner à Zémio, un possible massacre à redouter
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/fuite-des-habitants-de-zemio.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/fuite-des-habitants-de-zemio.jpg” alt=”Alerte dans le Haut-Mbomou : nouveau déploiement massif des mercenaires russes de la milice Wagner à Zémio, un possible massacre à redouter” width=”300″ height=”135″ />Fuite des habitants de Zemio vers la RDC
Alors qu’une mission conjointe du gouvernement s’apprête à descendre dans le Haut-Mbomou dans les prochains jours, les mercenaires de la milice russe Wagner, eux, ont leur propre agenda derrière la tête. Ils ont débarqué en masse à Zémio dimanche avec des véhicules blindés.
La délégation gouvernementale, appelée mission de la paix, devait recueillir les exigences des miliciens Azandés pour ouvrir une voie de discussion avec le gouvernement. L’objectif était clair : obtenir la libération de la sous-préfète de Bambouti, du commandant de brigade, ainsi que de deux agents électoraux capturés le 28 décembre 2025 à Bambouti. Mais Wagner n’a pas attendu.
Mais à la surprise de tous, le dimanche 15 mars vers 17 heures, trois véhicules dont un char blindé sont arrivés à Zémio. À leur bord, les mercenaires de la milice Wagner et leurs alliés de l’UPC, armés jusqu’aux dents, venus en nombre, ont pénétré dans la localité.
Mais avant d’atteindre Zémio, ce même convoi a fait halte au village de Kinikoumba, sur l’axe de Rafaï, à 70 kilomètres de Zémio. Les mercenaires ont encerclé le village, rassemblé de force les habitants, puis déshabillé les hommes un par un pour inspecter leurs corps. Le critère était simple et brutal : les traces de lame rasoir sur la peau. Deux jeunes hommes ont immédiatement été saisis — monsieur Kindossa Franklin et monsieur Guinessa. Menottés les mains dans le dos, ils ont été embarqués jusqu’à Zémio et jetés en cellule à la gendarmerie. Aucune infraction, aucune arme. Juste des marques sur le corps, que Wagner a décrétées preuve d’appartenance à la milice Azandé. Voilà ce que font les Wagner et leurs alliés ex-rebelles de l’UPC sur des civils dans la préfecture du Haut-Mbomou.
D’ailleurs, dans le Haut-Mbomou, la population le sait depuis longtemps : quand Wagner arrive, ce n’est pas pour discuter. Les habitants des localités voisines, Bambouti, Mboki, Obo — observent ce qui se passe à Zémio et beaucoup commencent déjà à s’inquiéter de ce qui pourrait arriver dans cette ville du sud-est du pays.
Ce déploiement intervient dans une préfecture déjà épuisée par des mois de tension, où chaque mouvement de véhicules blindés suffit à vider un quartier en quelques minutes. La question qui court dans le Haut-Mbomou ce lundi matin est simple : la mission de dialogue pourra-t-elle encore se tenir, ou Wagner vient-il de refermer cette porte ?
À Ouanda-Djallé, des soldats FACA suspendus inventent une nouvelle barrière à 45 kilomètres de chez eux
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Des-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-du-chantier-minier-de-Keye-a-10-kilometres-de-Ouanda-Djalle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Des-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-du-chantier-minier-de-Keye-a-10-kilometres-de-Ouanda-Djalle.jpg” alt=”À Ouanda-Djallé, des soldats FACA suspendus inventent une nouvelle barrière à 45 kilomètres de chez eux” width=”300″ height=”135″ />Des soldats FACA et leurs supplétifs russes noirs de retour du chantier minier de Keye, à 10 kilomètres de Ouanda-Djallé sur l’axe de Ouadda-Maïkaga
Dans la sous-préfecture de Ouanda-Djallé, des soldats FACA suspendus pour exactions ont trouvé le moyen de poursuivre leur racket, mais depuis une autre ville, à 45 kilomètres.
Tout a commencé par une exaction des soldats FACA au marché central ayant occasionné la mort de 3 enfants et causé des blessures sur 9 autres actuellement à l’hôpital. Le ministre de la défense, celui de l’administration du territoire ont fait un déplacement dans la ville. Une réunion avait été organisé avec les autorités locales et à la population sur la crise. À l’issue de cette mission gouvernementale, certaines activités des soldats FACA ont été suspendus : interdits de tenir les barrières, interdits de contrôler les passages. Leur relève devait arriver dans les jours suivants.
Mais cette décision n’a pas rendu ces soldats inactifs. Notons qu’avant la suspension, leur activité aux barrières d’entrée et de sortie de Ouanda-Djallé était connue de tous : motos, véhicules, camions, personne ne passait sans payer ce qu’ils appelaient eux-mêmes des « formalités ». Cette habitude, solidement ancrée, n’allait pas disparaître avec une simple mesure administrative.
C’est là qu’intervient l’histoire d’un commerçant natif de Ouanda-Djallé. Cet homme effectuait régulièrement le trajet entre Sikikédé et Ouanda-Djallé avec son camion. Mais la semaine dernière, il quitte Sikikédé normalement pour rentrer à Ouanda-Djallé. Il emprunte la route habituelle, et arrive à Ouandja, dans la commune du même nom, à 45 kilomètres de Ouanda-Djallé.
À Ouandja, les soldats FACA détachés dans ce village l’arrêtent pour les « formalités » d’usage. Le commerçant s’exécute et règle ce qui lui est réclamé. Mais au moment de repartir, on lui annonce qu’il doit également s’acquitter des formalités au nom des soldats de Ouanda-Djallé, ceux-là mêmes qui sont suspendus et qui ne perçoivent plus rien à leurs propres barrières.
Le commerçant refuse net. Il dit qu’il ne peut pas payer pour une barrière qui se trouve dans une autre ville, relevant d’une autre sous-préfecture. Ouandja a ses propres autorités, Ouanda-Djallé aussi. Rien ne justifie qu’on lui réclame, à 45 kilomètres de distance, une somme destinée à des soldats qui ne sont même plus en service. Il choisit d’attendre sur place plutôt que de céder.
Deux jours passent. Le commerçant campe sur sa position. Finalement, les soldats lâchent prise et le laissent partir. Il reprend la route et arrive à Ouanda-Djallé, mais avec deux jours de retard et une mésaventure qui dit long sur ce que le racket aux barrières est en train de devenir dans cette partie du pays.
Danse des vampires ou protection réelle ? Le ministre du Commerce parle de labo et de normes pendant que les jeunes tombent sur les routes avec les sachets d’alcool frelaté
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Thierry-Patrick-Akoloza-en-Pleine-Emission-a-la-Radio-Ndeke-Luka.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Thierry-Patrick-Akoloza-en-Pleine-Emission-a-la-Radio-Ndeke-Luka.jpg” alt=”Danse des vampires ou protection réelle ? Le ministre du Commerce parle de labo et de normes pendant que les jeunes tombent sur les routes avec les sachets d’alcool frelaté*Rédigé le . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Pendant que le monde entier marque la Journée mondiale des droits des consommateurs ce 15 mars sous le thème « Des produits sûrs, des consommateurs confiants », la Centrafrique a vécu une célébration presque invisible. Aucune activité officielle n’a été organisée sur le terrain. Seul le ministre du Commerce et de l’Industrie, Maître Thierry Patrick Akoloza, a sorti un discours pour rappeler que l’État veut protéger les citoyens contre les produits de mauvaise qualité. Le ministre a listé une série de bonnes intentions : renforcer les textes de loi, améliorer le contrôle des marchandises qui arrivent sur le marché, trouver de l’argent pour construire enfin un laboratoire de référence, créer le Bureau centrafricain de normes, lutter contre les pratiques commerciales déloyales, promouvoir la métrologie légale pour que les balances et les mesures soient justes, et garder le contact avec les associations de consommateurs. Il a aussi demandé aux Centrafricains de rester vigilants, de connaître leurs droits et de porter plainte quand quelque chose ne va pas. Jusque-là, on pourrait applaudir. Sauf que sur le terrain, le quotidien raconte une autre histoire. Chez nous, on produit très peu de choses transformées. La plupart des biens de consommation courante viennent de l’extérieur, et personne ne peut vraiment vérifier leur qualité. Pas de laboratoire fiable, pas de contrôles systématiques aux frontières, pas de résultats publics. On nous parle de « normes » et de « réglementation », mais les étals et les boutiques regorgent de produits dont on ignore tout : date de péremption douteuse, composition cachée, emballages abîmés. Et le cas le plus criant reste celui de l’alcool frelaté produit sur place par Wagner. Au PK 26, sur la route de Boali, une usine tourne à plein régime. Elle appartient au groupe Wagner et fabrique localement la marque Africa Ti L’Or. Officiellement présentée comme une bière, cette boisson est en réalité un mélange de vodka, d’eau et de citron, souvent coupé avec des substances douteuses. La même structure produit aussi des petits sachets d’alcool frelaté, vendus à 100, 150 ou 200 francs CFA – avec des degrés qui montent parfois à 40, 80, voire 120 %. Ces pochettes plastiques inondent les rues, les marchés et les bars de Bangui et de l’intérieur du pays. Le gouvernement a pourtant pris un arrêté qui interdit formellement la production, l’importation et la vente de ces alcools en sachet, jugés dangereux pour la santé. Mais dans les faits, les services de l’État préfèrent s’attaquer aux cargaisons venues du Cameroun ou du Nigeria, pendant que la production locale de Wagner continue sans aucun contrôle indépendant. Personne ne peut entrer dans cette usine pour vérifier la qualité, les ingrédients ou le degré réel d’alcool. Résultat : les jeunes consomment massivement ces mixtures, les accidents de la route se multiplient, les cas d’empoisonnement et de dépendance explosent, et les autorités ferment les yeux. Ce n’est pas tout. Dans les magasins tenus par certains commerçants libanais, on trouve régulièrement du poisson avarié, de la viande pourrie ou du poulet impropre à la consommation. Ces produits sont récupérés, reconditionnés et remis en vente. Les agents censés faire les contrôles passent souvent leur chemin : les bakchichs font leur effet. L’État dit manquer de moyens pour vérifier quoi que ce soit, mais il semble en trouver quand il s’agit de protéger certains intérêts. Les consommateurs centrafricains ne demandent pas des promesses supplémentaires. Ils veulent du concret : des contrôles réels aux points d’entrée et dans les usines installées sur le territoire, un laboratoire qui fonctionne vraiment, des sanctions contre ceux qui inondent le pays avec des produits dangereux, et surtout la fin de cette tolérance à sens unique sur les sachets d’alcool frelaté produits localement. Tant que ces petites pochettes continueront à circuler librement, que les étals resteront remplis de marchandises pourries ou non vérifiées, et que certaines usines resteront intouchables, les beaux discours du 15 mars ressembleront plus à une danse rituelle qu’à une vraie volonté de protéger le sang des Centrafricains. Le gouvernement doit passer des mots aux gestes. Sinon, cette « protection des consommateurs » restera une belle déclaration que personne ne sent dans sa vie quotidienne. Les jeunes qui tombent sur les routes après avoir bu ces mixtures, les familles qui achètent des produits douteux sans pouvoir les contrôler, méritent mieux que des listes d’intentions. Ils méritent des actes. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC ” width=”300″ height=”251″ />Thierry Patrick Akoloza
Pendant que le monde entier marque la Journée mondiale des droits des consommateurs ce 15 mars sous le thème « Des produits sûrs, des consommateurs confiants », la Centrafrique a vécu une célébration presque invisible. Aucune activité officielle n’a été organisée sur le terrain. Seul le ministre du Commerce et de l’Industrie, Maître Thierry Patrick Akoloza, a sorti un discours pour rappeler que l’État veut protéger les citoyens contre les produits de mauvaise qualité.
Le ministre a listé une série de bonnes intentions : renforcer les textes de loi, améliorer le contrôle des marchandises qui arrivent sur le marché, trouver de l’argent pour construire enfin un laboratoire de référence, créer le Bureau centrafricain de normes, lutter contre les pratiques commerciales déloyales, promouvoir la métrologie légale pour que les balances et les mesures soient justes, et garder le contact avec les associations de consommateurs. Il a aussi demandé aux Centrafricains de rester vigilants, de connaître leurs droits et de porter plainte quand quelque chose ne va pas.
Jusque-là, on pourrait applaudir. Sauf que sur le terrain, le quotidien raconte une autre histoire.
Chez nous, on produit très peu de choses transformées. La plupart des biens de consommation courante viennent de l’extérieur, et personne ne peut vraiment vérifier leur qualité. Pas de laboratoire fiable, pas de contrôles systématiques aux frontières, pas de résultats publics. On nous parle de « normes » et de « réglementation », mais les étals et les boutiques regorgent de produits dont on ignore tout : date de péremption douteuse, composition cachée, emballages abîmés.
Et le cas le plus criant reste celui de l’alcool frelaté produit sur place par Wagner.
Au PK 26, sur la route de Boali, une usine tourne à plein régime. Elle appartient au groupe Wagner et fabrique localement la marque Africa Ti L’Or. Officiellement présentée comme une bière, cette boisson est en réalité un mélange de vodka, d’eau et de citron, souvent coupé avec des substances douteuses. La même structure produit aussi des petits sachets d’alcool frelaté, vendus à 100, 150 ou 200 francs CFA – avec des degrés qui montent parfois à 40, 80, voire 120 %. Ces pochettes plastiques inondent les rues, les marchés et les bars de Bangui et de l’intérieur du pays.
Le gouvernement a pourtant pris un arrêté qui interdit formellement la production, l’importation et la vente de ces alcools en sachet, jugés dangereux pour la santé. Mais dans les faits, les services de l’État préfèrent s’attaquer aux cargaisons venues du Cameroun ou du Nigeria, pendant que la production locale de Wagner continue sans aucun contrôle indépendant. Personne ne peut entrer dans cette usine pour vérifier la qualité, les ingrédients ou le degré réel d’alcool. Résultat : les jeunes consomment massivement ces mixtures, les accidents de la route se multiplient, les cas d’empoisonnement et de dépendance explosent, et les autorités ferment les yeux.
Ce n’est pas tout. Dans les magasins tenus par certains commerçants libanais, on trouve régulièrement du poisson avarié, de la viande pourrie ou du poulet impropre à la consommation. Ces produits sont récupérés, reconditionnés et remis en vente. Les agents censés faire les contrôles passent souvent leur chemin : les bakchichs font leur effet. L’État dit manquer de moyens pour vérifier quoi que ce soit, mais il semble en trouver quand il s’agit de protéger certains intérêts.
Les consommateurs centrafricains ne demandent pas des promesses supplémentaires. Ils veulent du concret : des contrôles réels aux points d’entrée et dans les usines installées sur le territoire, un laboratoire qui fonctionne vraiment, des sanctions contre ceux qui inondent le pays avec des produits dangereux, et surtout la fin de cette tolérance à sens unique sur les sachets d’alcool frelaté produits localement. Tant que ces petites pochettes continueront à circuler librement, que les étals resteront remplis de marchandises pourries ou non vérifiées, et que certaines usines resteront intouchables, les beaux discours du 15 mars ressembleront plus à une danse rituelle qu’à une vraie volonté de protéger le sang des Centrafricains.
Le gouvernement doit passer des mots aux gestes. Sinon, cette « protection des consommateurs » restera une belle déclaration que personne ne sent dans sa vie quotidienne. Les jeunes qui tombent sur les routes après avoir bu ces mixtures, les familles qui achètent des produits douteux sans pouvoir les contrôler, méritent mieux que des listes d’intentions. Ils méritent des actes.
À Sam-Ouandja, sous-préfecture de la Haute-Kotto, la situation scolaire atteint un point de rupture. Pendant que le président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro inaugurait la rentrée 2024-2025 à Paoua en vantant l’éducation comme socle du pays, cette localité confirme l’effondrement complet du système éducatif centrafricain.
Quinze années au pouvoir séparent le discours de la réalité. Cinq ans comme Premier ministre sous François Bozizé, dix ans à la tête de l’État : le bilan éducatif de Baba Kongoboro reste totalement néant. Les milliards qui manquent aux salles de classe filent chaque mois vers les mercenaires russes, dix milliards mensuels engloutis pendant que ces mêmes forces étrangères repartent avec l’or, le bois et les ressources du pays. L’argent existe, il prend juste une autre direction, celle de Moscou.
Pour comprendre la réalité, il faut expliquer une chose. Sam-Ouandja compte deux écoles. Sur la rive nord se trouve l’école Zaïre, appelée ainsi car elle fait face au Congo comme Bangui fait face à Zongo. Sur la rive sud, l’école Bangui porte ce nom pour la même raison géographique. Cette disposition rappelle la capitale et son vis-à-vis congolais de l’autre côté de l’Oubangui. Dans ces deux établissements se joue quotidiennement l’avenir de près de trois mille enfants.
À l’école Zaïre, un seul maître-parent enseigne à plus de mille élèves. Cette réalité mérite qu’on s’y attarde : un maître parent, trois salles, six niveaux différents. Le dispositif adopté regroupe les classes par paires. CP1 et CP2 partagent la même salle, CM1 et CM2 une autre, CE1 et CE2 la troisième. L’enseignant court d’une pièce à l’autre dans une rotation permanente. Il dispense quelques minutes de cours ici, pose un exercice là-bas, revient vérifier les copies ailleurs. Cette navette incessante entre les trois espaces ne laisse aucune place à la pédagogie véritable.
Comment un enfant peut-il apprendre dans ces conditions ? La question trouve sa réponse dans les faits. Quand le maître s’absente pour rejoindre une autre salle, les élèves restent livrés à eux-mêmes. Les CP1 entendent les leçons des CP2, les CE1 celles des CE2. La confusion règne, la concentration devient impossible. Chaque retour de l’enseignant apporte son lot de désordre à gérer avant de reprendre tant bien que mal le fil du programme.
L’école Bangui bénéficie de trois maîtres-parents. Chacun gère un binôme de classes selon le même principe : CP1-CP2 pour l’un, CM1-CM2 pour l’autre, CE1-CE2 pour le troisième. Le ratio s’améliore légèrement sans devenir pour autant acceptable. Au total, quatre adultes encadrent l’ensemble des enfants scolarisés dans cette sous-préfecture. Ces chiffres ne relèvent ni de l’erreur ni de l’exagération, ils constituent le quotidien observable à Sam-Ouandja.
Les maîtres-parents assurent désormais l’enseignement dans tout le pays. Bangui n’échappe pas à cette règle, les villes de province encore moins. Ces volontaires non formés remplacent les enseignants titulaires absents, avec les moyens du bord et un dévouement qui ne suffit pas à compenser le vide institutionnel. Leur présence atteste d’une défaillance que personne ne cherche vraiment à réparer. L’État s’est retiré, laissant les communautés se débrouiller.
Cette situation n’a rien de récent. Elle s’installe dans la durée, s’aggrave année après année sans que les autorités y apportent de réponse concrète. Les infrastructures manquent, les enseignants titulaires disparaissent, les salaires des maîtres parents ne sont pas versés. Le système ne dysfonctionne plus, il a cessé de fonctionner. À Sam-Ouandja comme ailleurs, l’école publique survit grâce à des initiatives privées qui ne peuvent remplacer l’action d’un État démissionnaire.
Les enfants passent leurs journées dans des salles surchargées, encadrés par des maîtres parents dépassés qui font ce qu’ils peuvent avec rien. Ils grandissent sans acquérir les bases de la lecture et du calcul. L’analphabétisme se propage mécaniquement, inévitablement. Une génération entière se construit sur du sable, privée des outils qui permettraient de bâtir un avenir différent. Les discours présidentiels sur l’importance de l’éducation résonnent creux face aux classes bondées de Sam-Ouandja. Pendant que Touadéra parle d’avenir, les jeunes Centrafricains grandissent dans un abandon qui hypothèque toute perspective d’amélioration. L’argent qui pourrait construire des écoles, former des enseignants et payer des salaires décents file vers d’autres priorités, laissant le pays se vider de sa substance éducative
Flash info : débandade générale à Djema, les mercenaires russes de la milice Wagner sèment la panique
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-ville-de-djema-dans-le-haut-mbomou.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-ville-de-djema-dans-le-haut-mbomou.webp” alt=”Flash info : débandade générale à Djema, les mercenaires russes de la milice Wagner sèment la panique” width=”400″ height=”533″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-ville-de-djema-dans-le-haut-mbomou.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-ville-de-djema-dans-le-haut-mbomou-315×420.webp 315w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />La ville de Djema, dans le Haut-Mbomou
Ce mardi 17 mars 2026, dans la matinée, la ville de Djemah, située au sud-est de la République centrafricaine dans la préfecture du Haut-Mbomou, bascule dans le chaos. Des éléments de Merteneurus, identifiés comme des mercenaires russes de la milice Wagner, ont fait une entrée soudaine et surprise dans la localité.
La population, prise au dépourvu, a immédiatement pris la fuite en direction de la brousse. Aussitôt, les mercenaires russes de la milice Wagner ont commencé à casser les portes des maisons les unes après les autres, provoquant un mouvement de panique générale.
Djemah, petite commune du Haut-Mbomou habituellement paisible, se retrouve aujourd’hui quasiment vide. Les habitants ont tous quitté les lieux en urgence et se trouvent dispersés dans la brousse, où règne une grande agitation. Les informations sur les raisons exactes de cette incursion restent encore limitées, mais ces événements interviennent dans un contexte où les miliciens Azandé et les Wagner mènent depuis un an des combats acharnés.
«Si ça te choque, rentre et change le pays » : Touadéra attaque la diaspora centrafricaine depuis la Russie
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/touadera-en-reunion-avec-la-diaspora-centrafricaine-en-russie.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/touadera-en-reunion-avec-la-diaspora-centrafricaine-en-russie.webp” alt=”«Si ça te choque, rentre et change le pays » : Touadéra attaque la diaspora centrafricaine depuis la Russie ” width=”400″ height=”401″ />Touadera en réunion avec la diaspora centrafricaine en Russie
Un chef d’État qui admet le sous-peuplement, la fuite des cerveaux, l’absence d’infrastructures et invite les exilés à revenir braver la réalité quotidienne sans proposer de solutions concrètes. Un appel au patriotisme qui sonne comme une capitulation personnelle.
Lors de sa visite à Moscou début mars 2026, Faustin-Archange Touadéra a rencontré la diaspora centrafricaine. La version lissée du discours, sans les bégaiements ni les répétitions folles de l’oral, circule désormais. Mais même nettoyée, elle reste accablante. Elle montre un président qui décrit un pays en ruine, accuse les absents et demande aux autres de réparer ce qu’il n’a pas su gérer.
Il commence par : « C’est à nous, les Centrafricains, de prendre en main notre pays. Il faut être vaillant. Il faut être fort. »
Des mots qui sonnent comme un appel au secours plutôt qu’une affirmation de maîtrise. Le passage sur les centrafricains exilés qui s’installent ailleurs est direct : « Quand on n’est pas patriote, on travaille à l’étranger, on vieillit là-bas, on s’y installe, on y fonde une famille. Les enfants grandissent dans ce pays d’accueil. Ils ne connaissent plus le pays d’origine. Ils n’en parlent plus la langue ».
Il accuse les départs de trahison générationnelle. Chacun est « libre de choisir sa vie », dit-il ensuite, mais le ton trahit le reproche. Puis il répète : « Nous, nous voulons voir notre pays se développer. Nous, les patriotes, nous voulons que la Centrafrique avance. » Un refrain vide quand on sait que le développement patine depuis des années sous sa direction.
L’argument démographique frappe fort : « Nous ne sommes pas nombreux. Si vous avez des enfants à l’étranger, il faut que ces enfants reviennent au pays et qu’ils travaillent pour son développement. Nous avons besoin de population. Pour 623 000 kilomètres carrés, nous ne comptons que six millions d’habitants. Nous sommes sous-peuplés. Et ce sous-peuplement est lui-même un facteur de sous-développement. »
Un président qui, après une décennie au pouvoir, pointe le manque d’habitants comme cause principale du sous-développement ? C’est admettre que rien n’a été fait pour inverser l’exode, créer des conditions attractives ou stopper les départs massifs. Au lieu de plans concrets, il balance un constat géographique comme excuse.
Il oppose ensuite les « cerveaux » partis aux « intellectuels » restés : « Beaucoup de cerveaux ont déjà fui le pays. Ils sont aux États-Unis, ils sont ailleurs dans le monde. Ceux qui sont restés, le peu d’intellectuels qui ont fait le choix de demeurer au pays, travaillent dur. Et pendant ce temps, ceux qui sont partis s’emploient à les critiquer depuis l’étranger : il n’y a pas de routes, il n’y a pas d’électricité, il n’y a pas d’eau. Ils racontent n’importe quoi. »
Les critiques deviennent du « n’importe quoi ». Les plaintes sur l’absence de routes, d’électricité, d’eau potable ? Balayées d’un revers. La réalité quotidienne est niée ou minimisée.
La réponse aux indignés : « Mais si ces réalités vous font mal, si elles vous indignent sincèrement, alors rentrez au pays. Venez travailler à les changer. Ce n’est pas en restant sur Internet à accuser les autres que vous ferez avancer les choses. » Traduction : taisez-vous ou venez réparer vous-mêmes. Comme si un retour individuel pouvait compenser l’absence d’État efficace, de budget alloué, de lutte anticorruption réelle. Il ajoute : « Ceux qui sont au pays font des efforts. Si vous avez les compétences et la volonté, venez les mettre au service du pays. Descendez sur le terrain, travaillez, montrez l’exemple. » Montrer l’exemple à qui ? À un gouvernement qui, selon ses propres mots, gère un pays sous-peuplé et sous-développé ?
Il reconnaît les doutes : « Certains se demandent où dormir, comment s’organiser. C’est la réalité. C’est la réalité de votre pays. On ne renie pas son pays. Il faut rentrer. Il faut changer le pays. C’est cela l’enjeu. »
Il nomme ainsi la précarité – où dormir ? comment s’organiser ? – et conclut par un appel à ne pas « renier » le pays. Un président qui invite au retour en listant précisément les galères quotidiennes, sans promettre le moindre progrès immédiat. C’est l’aveu suprême : il sait que la vie au pays reste un combat, mais il renverse la charge sur les exilés plutôt que d’assumer les échecs collectifs.
Ce discours, même dans sa version « propre », ne rassure personne. Il expose un dirigeant qui décrit un pays vidé, appauvri, critiqué de l’extérieur, et qui répond par des appels patriotiques abstraits au lieu d’un bilan honnête et d’un plan clair. La diaspora repart avec la même impression : Bangui reste un lieu de promesses non tenues.
Maître Nicolas Tiangaye affirme que la nouvelle Constitution de 2023 est une copie intégrale russe imposée à la RCA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/tiangaye.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/tiangaye.jpg” alt=”Maître Nicolas Tiangaye affirme que la nouvelle Constitution de 2023 est une copie intégrale russe imposée à la RCA” width=”300″ height=”224″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/tiangaye.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/tiangaye-80×60.jpg 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/tiangaye-265×198.jpg 265w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Maître Nicolas Tiangaye, Président de la Convention Républicaine pour le progrès social (CRPS)
Dans une interview exclusive accordée à l’émission « Actualité et nous » sur la Radio Fréquence RJDH, Maître Nicolas Tiangaye, ancien Premier ministre, ancien président du Conseil National de Transition et président de la Convention Républicaine pour le Progrès Social (CRPS), a tenu des propos sans concession sur la Constitution révisée de 2023 en République centrafricaine.
Selon lui, ce texte fondamental n’est pas l’expression de la volonté du peuple centrafricain, mais une copie inspirée et imposée par des intérêts russes pour consolider le pouvoir de Faustin-Archange Touadéra.
« La constitution de 2023, tout au moins l’absodo constitution de 2023, a été inspirée par les russes. […] Madame Darlan est encore vivante, vous pouvez l’appeler ici. Elle a reçu la visite des mercenaires Wagner qui lui ont demandé comment faire pour changer la constitution de 2016. Cela indique que ça ne peut pas se faire. Sur le plan strictement technique, sur le plan strictement juridique, ça n’était pas faisable. Et on l’a chassé pour ça. »
Maître Tiangaye explique que cette révision constitutionnelle vise explicitement à placer à la tête du pays « leur homme de lige », permettant ainsi à la Russie de poursuivre l’exploitation des richesses naturelles centrafricaines au détriment des populations.
« Ce qui leur permettrait de continuer à exploiter les richesses naturelles de notre pays au détriment du peuple, du peuple centrafricain. »
Il oppose radicalement ce texte à la Constitution de 2016, qu’il considère comme légitime car issue d’un large processus inclusif : consultations populaires à la base, forum national, examen par des experts et juristes, débat au Conseil National de Transition et adoption par le peuple.
« La constitution de 2016 a été précédée d’un forum, il y a des consultations de nos populations à la base, dans les villes, dans les villages. Il y a eu un forum national, le texte a été examiné avec le concours des experts, des juristes, des experts, des constitutionnalistes. Ça a été débattu au conseil national de transition et cette constitution, le projet a été adopté par le peuple africain. Et à partir de ce moment-là, nous estimions pour nous que cette constitution est le reflet de la volonté populaire. »
Pour Maître Nicolas Tiangaye, la CRPS et la plateforme BRDC (Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution) ne reconnaissent pas cette Constitution de 2023, qu’il qualifie de non nationale et d’illégitime.
« Nous ne reconnaissons pas la constitution actuellement parce qu’elle n’est pas la constitution des centrafricains. »
Il insiste sur le fait que ce changement de Constitution a permis à Faustin-Archange Touadéra de s’installer durablement au pouvoir, transformant la République centrafricaine en une forme de monarchie où l’alternance démocratique devient impossible.
Le leader politique réaffirme que le combat du BRDC reste d’obtenir une Constitution véritablement issue du peuple centrafricain, permettant à celui-ci de choisir librement ses dirigeants et d’exploiter ses richesses au bénéfice exclusif de ses populations.
Ces déclarations de Maître Nicolas Tiangaye constituent une charge directe et argumentée contre la légitimité de la révision constitutionnelle de 2023, accusée d’être un outil d’ingérence étrangère russe au service d’un pouvoir personnel.
Dans une interview exclusive publiée ce 12 mars 2026 sur Centrafrica.com, le député sortant Sylvain Patassé, fils de l’ancien président Ange-Félix Patassé et candidat de son parti, le Parti Centrafrique Nouvel Élan (CANE), allié pourtant de la majorité présidentielle, sort de son silence pour parler de sa victoire volée par des juges constitutionnels.
Réélu dès le premier tour le 28 décembre 2025 dans la 2e circonscription de Nana-Bakassa avec 54 % des voix selon les résultats de l’Autorité Nationale des Élections, il voit son succès balayé d’un revers de plume par le Conseil constitutionnel de Jean Pierre Waboué et consorts le 27 février 2026. Motif invoqué : Une accusation portée par son principal challenger, candidat et membre du parti au pouvoir le Mouvement Cœurs Unis. D’après ce farfelu motif, Patassé Sylvain aurait financé à hauteur de 20 millions un groupe armé rebelle pour lui empêcher de battre campagne.
L’annulation du scrutin est donc motivée par des faits d’une « extrême gravité », comme l’admet lui-même Patassé dans l’interview : « On m’accuse d’avoir financé un groupe rebelle, ce qui est une affirmation extrêmement sérieuse, mais à ce jour aucune preuve concrète n’a été rendue publique pour étayer ces allégations ».
Le Conseil constitutionnel, juge unique des contentieux électoraux dans le pays, a donc tranché sur la base d’une simple requête électorale, d’une parole, sans que les éléments de preuve ne soient soumis à une instruction contradictoire.
C’est là que le bât blesse, et Sylvain Patassé le pointe du doigt avec une lucidité rare bien qu’il n’a que le niveau baccalauréat littéraire : « Dans un cas aussi grave, la démarche normale aurait été que le Ministère public s’autosaisisse afin de faire toute la lumière sur de tels faits, plutôt que de se limiter à une annulation du scrutin. »
Pourquoi le parquet n’a-t-il pas été saisi ? Pourquoi aucune enquête pénale n’a-t-elle été ouverte sur un délit qui relève du Code pénal, soutien à un groupe armé, potentiellement qualifiable de financement du terrorisme ou de rébellion ?Par ce que cette accusation ne vient pas de Wagner?
Le challenger de Patassé n’a déposé qu’une requête en annulation électorale ; aucun dépôt de plainte pénale n’a été rendu public. Le procureur général, pourtant habilité à l’auto-saisine en matière de crimes graves touchant à la sécurité de l’État, est resté muet comme une carpe dans l’eau dans une bassine de Baba Kongoboro. Conséquence : les juges constitutionnels décident et rendent une décision constitutionnelle qui fait office de verdict pénal sans jamais avoir franchi la porte d’un juge d’instruction.
Ce vide judiciaire n’est pas une anodin. En Centrafrique, où les groupes armés ont longtemps fragmenté le territoire, une telle accusation devrait déclencher une cascade pénale immédiate : perquisitions, auditions, saisie des avoirs comme à l’accoutumée . Rien de tout cela. On reste dans le registre électoral, circonscrit à Nana-Bakassa.
Patassé, lucide malgré son état dépressif, menace et annonce de défoncer : « Si les autorités judiciaires ne se saisissent pas de cette affaire, je me réserve le droit de les saisir moi-même afin qu’une procédure permette d’établir la vérité. » Il respecte la décision du Conseil mais refuse le déshonneur sans preuves.
Le contexte politique rend le silence du parquet encore plus suspect. Le challenger de Patassé appartient au MCU, parti du pouvoir. Patassé, via son parti le CANE, est un allié de la majorité mais incarne une figure historique (fils d’un ex-président) et un enracinement local fort. L’annulation permet une reprise du scrutin où le candidat du MCU pourrait, cette fois, l’emporter grâce aux actions de Ngamana. Une rivalité intra-majorité qui se règle par le Conseil constitutionnel plutôt que par les urnes ou les tribunaux ordinaires ? Le soupçon de manipulation plane.
Cette affaire s’inscrit en réalité dans une guéguerre plus large au sein du MCU et de la majorité présidentielle, centrée sur la course au perchoir de l’Assemblée nationale.
Simplice Mathieu Sarandji, président sortant de l’Assemblée et proche historique du président Touadéra, fait face à l’ambition dévorante d’Évariste Ngamana, premier vice-président de l’Assemblée, porte-parole du MCU et député Anti-Balaka de Carnot. Ngamana, ancien chef milicien Anti-Balaka à Carnot, nourrit depuis des années l’objectif de s’emparer du fauteuil de président de l’Assemblée. Selon nos informations concordantes issues de la scène politique Bangui et relayées dans les coulisses du pouvoir que la Rédaction du CNC a pu obtenir, Sylvain Patassé est perçu par le clan Ngamana comme un proche ou un pro-Sarandji. L’annulation de son élection via le Conseil constitutionnel, sur requête de son challenger MCU, viserait ainsi à affaiblir l’influence sarandjiste en installant un député loyal à Ngamana, ce dernier ayant juré allégeance à ce dernier et promis son vote pour lui comme futur président de l’Assemblée.
Ironie du sort : Évariste Ngamana lui-même est un ancien chef de milice Anti-Balaka à Carnot, un passé trouble souvent évoqué dans la presse centrafricaine, sans que le Conseil constitutionnel n’ait jamais invalidé son élection ou ouvert d’enquête approfondie sur d’éventuels liens armés. Le même Conseil qui a annulé le scrutin de Patassé pour une accusation similaire ferme les yeux sur le cas Ngamana, illustrant un deux poids, deux mesures flagrant au sein de la majorité. Cette sélectivité renforce le soupçon d’instrumentalisation institutionnelle dans la lutte pour le contrôle de l’Assemblée, où Sarandji et Ngamana se disputent âprement le leadership, avec des alliances et des règlements de comptes qui passent par les urnes, les contentieux électoraux et les tractations internes au MCU.
Et la question du titre n’est pas gratuite.
Armel Sayo, neveu de l’ancien président Ange-Félix Patassé, ancien chef du mouvement rebelle Révolution et Justice (RJ) et ex-ministre, croupit depuis son extradition du Cameroun en janvier 2025 à la prison militaire du camp Roux, poursuivi pour crimes de guerre présumés. Deux figures de la famille Patassé, deux accusations liées aux groupes armés, deux trajectoires qui pourraient converger vers les mêmes geôles. Sylvain Patassé risque-t-il le même sort ?
Pour l’heure, rien ne le prouve : aucune poursuite pénale n’est engagée contre lui, et le groupe armé visé n’est même pas nommé dans la décision. Mais le précédent Sayo montre que, en Centrafrique, une accusation de lien avec les rebelles peut suffire à briser une carrière politique sans que la justice ordinaire ait toujours le dernier mot.
Sylvain Patassé se dit serein pour le scrutin de reprise : « Mon engagement auprès des populations de ma circonscription est ancien, constant et connu de tous. » Il n’a pas tort de miser sur son ancrage. Mais le vrai test pour la démocratie centrafricaine n’est pas là. Il est dans cette question restée sans réponse : pourquoi le parquet reste-t-il aux abonnés absents face à une accusation de financement d’un groupe armé ? Tant que cette faille persistera, et tant que des figures comme Ngamana bénéficieront d’une impunité sélective, l’annulation électorale ressemblera moins à une victoire de l’État de droit qu’à un coup de force institutionnel habillé de légalité, au service des ambitions personnelles au sein du pouvoir. Et Patassé, comme Sayo avant lui, pourrait bien découvrir que, en Centrafrique, la présomption d’innocence s’arrête aux portes du Conseil constitutionnel de Waboué.
Il est fortement conseiller de rappeler que ce n’est pas aujourd’hui que la Cour constitutionnelle et les tribunaux du régime se comportent de cette manière. Si le régime veut faire chuter un candidat, il fabrique des raisons bidon, souvent sans preuves tangibles ni instruction contradictoire. Cela ne concerne pas seulement Sylvain Patassé. Dans la localité de Boire, un ex-chef rebelle devenu candidat du parti au pouvoir a déposé un recours devant le tribunal administratif qui a miraculeusement invalidé son concurrent ; le Conseil constitutionnel a ensuite validé cette décision sans sourciller. C’est incroyable, mais cela se passe bel et bien ainsi.
Les faits graves devraient normalement pousser le tribunal de grande instance à se saisir du dossier pour enquêter sérieusement. Or, même en l’absence totale de preuves solides, on avance sans poursuites contre l’accusateur ni contre l’accusé. L’un devrait produire des éléments concrets pour étayer ses dires, l’autre devrait pouvoir se défendre devant une juridiction pénale ordinaire. Au lieu de cela, silence radio, invalidation rapide, et on passe à autre chose. Quelle est cette histoire ? Vraiment, ces pratiques répétées montrent que les institutions judiciaires servent trop souvent des intérêts politiques plutôt que la justice elle-même.
Centrafrique : Les mercenaires russes sèment la terreur et la panique à Obo
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-mercenaires-russes-de-la-milice-wagner-en-operation-a-mboki-dans-le-haut-mbomou.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-mercenaires-russes-de-la-milice-wagner-en-operation-a-mboki-dans-le-haut-mbomou.webp” alt=”Centrafrique : Les mercenaires russes sèment la terreur et la panique à Obo” width=”400″ height=”228″ />Les mercenaires russes de la milice Wagner en opération à Mboki, dans le Haut-Mbomou
À Obo, capitale provinciale du Haut-Mbomou, un dimanche ordinaire a viré au cauchemar quand les mercenaires de la milice russe Wagner ont ouvert le feu avec des armes lourdes sur la ville.
Ce 15 mars 2026, la population d’Obo vivait son dimanche comme à l’accoutumée. Les uns se rendaient à l’église, les autres au marché ou dans leurs champs, chacun à ses occupations du matin, sans rien pressentir de ce qui allait survenir.
Aux environs de 10h15, sans avertissement ni signal d’aucune sorte, les mercenaires de la milice russe Wagner ont déclenché depuis leur base des tirs nourris d’armes lourdes en pleine ville. Pendant près d’une heure, de 10h15 jusqu’à 11h24, les détonations se sont enchaînées sans interruption, assourdissantes, affolantes.
L’effet a été immédiat. Les fidèles ont déserté l’église en courant, le marché s’est vidé en quelques minutes, et les habitants ont regagné leurs maisons en hâte, terrés chez eux, attendant de comprendre ce qui se passait. Ce n’est que vers midi qu’il est devenu clair que ces tirs venaient bien des mercenaires de la milice russe Wagner qui sont basés dans l’ancienne base des militaires américains à Obo.
Ces armes ne sont pas tombées du ciel. Elles proviennent des stocks laissés sur place dans cette base par les militaires américains à leur départ en 2017, quand Washington avait rappelé ses troupes après des années d’opérations dans le Haut-Mbomou aux côtés des soldats ougandais, dans la traque infructueuse du chef rebelle Ougandais Joseph Kony.
En partant, les Américains avaient cadenassé leurs containers remplis d’équipements militaires, munitions comprises, sans les emporter. Ce sont ces mêmes stocks que les mercenaires de la milice russe Wagner ont depuis mis la main dessus et qu’ils puisent à leur guise.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois. Quelques semaines plus tôt, un missile tiré par ces mêmes Wagner depuis Obo était allé s’écraser en République démocratique du Congo, à cinq kilomètres du village de Nzapay, semant l’effroi parmi les populations congolaises de l’autre côté de la frontière. Les débris avaient été récupérés par les militaires congolais et acheminés à Kinshasa pour identification, mais aucune réponse officielle n’a filtré depuis.
Ce dimanche, les tirs ont été dirigés en direction de Djema. Personne ne sait où les projectiles sont retombés, si c’est dans la forêt, sur un champ, ou près d’un village. Les cultivateurs, les chasseurs, tous ceux qui se trouvaient dans ces zones ce matin-là
FACA, reconnaissez-vous le dernier officier de l’armée nationale centrafricaine ? Il s’appelle Denis, chef du détachement militaire à Ouanda-Djallé
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/des-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/des-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto.webp” alt=”FAKA, reconnaissez-vous le dernier officier de l’armée nationale centrafricaine ? Il s’appelle Denis, chef du détachement militaire à Ouanda-Djallé” width=”500″ height=”457″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/des-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto.webp 500w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/des-soldats-faca-detaches-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto-460×420.webp 460w” sizes=”auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px” />Des soldats FACA détachés à Sam-Ouandja, dans la préfecture de la Haute-Kotto
Dans l’armée nationale centrafricaine, on trouve de tout : des militaires compétents et valeureux, mais aussi des médiocres, y compris les plus têtus. Et au fond de ce lot de ces médiocres, se trouve un certain lieutenant nommé Denis, chef du détachement de Ouanda-Djallé.
En effet, l’armée nationale centrafricaine rassemble toutes sortes d’hommes en uniforme. Parmi eux, certains font honte au rang qu’ils occupent, et Denis en est l’exemple le plus criant.
Pour comprendre sa cupidité, il faut remonter au jeudi 26 février 2026. Ce jour là, un camion appartenant à des commerçants tchadiens a quitté Sam-Ouandja en direction de Ouanda-Djallé. À plus de soixante kilomètres de la ville, le véhicule est tombé en panne en pleine brousse. Après de longues heures d’efforts acharnés, le propriétaire et les chauffeurs ont réussi à remettre le camion en marche et à atteindre la barrière d’entrée de Ouanda-Djallé.
C’est là qu’a commencé une tout autre épreuve. Le lieutenant Denis, chef du détachement militaire du poste, a interpellé l’équipage et accusé sans explication le propriétaire et ses chauffeurs d’être complices de coupeurs de route soudanais.
Pourqoi il a di ceci? Au fait, il y’a une semaine, des braqueurs soudanais avaient attaqué des voyageurs au même endroit où ce camion était tombé en panne. Pour lui, cette coïncidence suffisait à établir la culpabilité de tout l’équipage.
Sur cette base, il a exigé le paiement de cinq cent mille francs CFA avant de laisser repartir le véhicule. Le propriétaire a tenté de lui expliquer qu’il était lui-même victime régulière de ces mêmes coupeurs de route, que ses biens avaient été emportés plus d’une fois sur ce même axe. Rien n’y a fait, le lieutenant a maintenu sa position avec entêtement.
Ce qui a le plus frappé les témoins, c’est que les propres soldats de Denis ont jugé son raisonnement sans aucun fondement. Ils ont d’abord laissé partir le camion, estimant que les accusations ne reposaient sur rien de concret. Mais leur chef les a rappelés à l’ordre et a fait revenir de force le véhicule à la barrière, en maintenant l’exigence des cinq cent mille francs.
Les habitants de Ouanda-Djallé qui ont suivi l’affaire parlent d’un homme en uniforme qui n’a aucune prise réelle sur ses propres éléments, qui passerait ses journées dans l’alcool et qui chercherait à soutirer de l’argent aux commerçants sous n’importe quel prétexte fabriqué. Certains vont jusqu’à dire que sa présence dans cette localité ressemble davantage à une punition venue de l’état-major qu’à une véritable mission de commandement.
Jean-Pierre Mara : “La relation RCA-France reste indivisible, quoi qu’on fasse à Moscou”
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/l-ancien-depute-jean-pierre-mara-a-bangui-au-sein-de-l-assemblee-nationale-centrafricaine.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/l-ancien-depute-jean-pierre-mara-a-bangui-au-sein-de-l-assemblee-nationale-centrafricaine.jpg” alt=”Jean-Pierre Mara : “La relation RCA-France reste indivisible, quoi qu’on fasse à Moscou”” width=”300″ height=”265″ />L’ancien député Jean-Pierre Mara, à Bangui, au sein de l’assemblée nationale centrafricaine
Dans une déclaration signée à Paris le 15 mars 2026, l’ancien député centrafricain Jean-Pierre Mara livre son regard sur la visite du ministre français des affaires étrangères Barrot à Bangui.
Jean-Noël Barrot, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, a posé les pieds à Bangui les 12 et 13 mars 2026 avec un mandat précis : renouer des fils diplomatiques que plusieurs années de présence Wagner avaient méthodiquement défaits. Jean-Pierre Mara, ancien député de la circonscription de Mala pour la législature 2016-2021, a suivi ce déplacement depuis Paris avec attention. Il note que la visite avait un programme dense : mesurer l’état réel des relations bilatérales, avancer sur la feuille de route signée en avril 2024, et examiner des projets de développement portés par l’Agence française de développement.
Mais Mara ne s’arrête pas aux points cochés sur l’agenda officiel. Il relève avec netteté ce que personne n’a mis sur la table : le sort des binationaux franco-centrafricains. Il cite nommément Akandji-Kombet, Nguerekata Mandata, Erenon, Dologuélé, Nguendet, Yandoka, et derrière eux, des milliers d’exilés et de voix dissidentes sur les réseaux sociaux que le pouvoir de Bangui traite en ennemis. Pour l’ancien député, passer sous silence ces noms dans une visite diplomatique de cette envergure n’est pas un oubli, c’est un choix.
Il y a pourtant un point sur lequel Mara ne retient pas sa satisfaction : la libération des deux humanitaires français arrêtés en RCA. Il rappelle que le ministre Maxime Balalou , porte-parole du gouvernement centrafricain, avait ouvertement cherché à criminaliser ces travailleurs humanitaires. Mara juge cette posture d’autant plus inacceptable que la République centrafricaine ne peut pas, seule, garantir l’accès aux populations les plus vulnérables de son propre territoire. Leur libération, dit-il, méritait d’être saluée sans ambiguïté.
L’ancien député réserve aussi une mention explicite à l’ambassadeur français Bruno Daniel Jean-Michel Foucher. Il le décrit comme un homme de ténacité, nommé à un moment où les relations franco-centrafricaines touchaient un plancher. C’est en grande partie grâce à sa pugnacité, estime Mara, que ce réchauffement progressif a pu prendre corps, dans un environnement où l’influence russe travaillait activement à marginaliser la France.
Jean-Pierre Mara pose enfin la question qui dépasse la visite elle-même. Il observe que Moscou exerce des pressions croissantes sur Bangui : sortir de la CEMAC, trancher la question Wagner/Afrika Corps, et rompre avec les liens historiques qui unissent la RCA à la France depuis l’indépendance. Dans ce contexte, il dit espérer que le président Touadéra a su tenir un langage clair devant ses interlocuteurs. Et il le rappelle avec une ironie tranquille : beaucoup de ceux qui exercent le pouvoir à Bangui aujourd’hui sont eux-mêmes binationaux, nés avant décembre 1960, et ne peuvent pas effacer cette réalité par décret.
Ci-dessous, l’intégralité de son texte :
Déclaration de l’ancien député de Centrafrique, Jean-Pierre MARA, ancien député de Mala, législature 2016-2021
A l’occasion de la visite officielle en République centrafricaine, du Ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, du jeudi 12 au vendredi 13 mars 2026.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, était en visite à Bangui pour relancer les relations bilatérales entre la France et le Centrafrique, relations dégradées ces dernières années en raison du renforcement de l’influence du mercenariat Russe du groupe Wagner. Ce groupe fut un Temps soit peu soutenu mais depuis la mort de son chef Pregojin, une figure occultée par le gouvernement Russe, reste vénérée par l’actuel gouvernement centrafricain particulièrement les MCU.
Ce séjour avait permis de :
– Évaluer l’état des relations entre les deux pays
– Examiner les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la feuille de route bilatérale adoptée en avril 2024
– Discuter de projets de développement soutenus par l’Agence française de développement
– Renforcer la coopération au développement et l’accompagnement de projets structurants dans le pays
Toute fois cette visite n’avais pas permis d’evoquer la questions des binationaux Franco—Centrafricains, le sort des Akandji- Kombet, Nguerekata Mandata, Erenon, Dologuélé, Nguendet, Yandoka, et milles autres exilés et Liveurs des réseaux sociaux farouchement opposés à la politique actuellement en vigueur en RCA.
Toute fois, je note que cette visite marque une étape importante dans le réchauffement progressif des relations bilatérales entre la France et le Centrafrique, après plusieurs années de tensions diplomatiques, grâce à la pugnacité et aux ardeurs de son excellence monsieur Bruno Daniel Jean-Michel FOUCHER, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française en République centrafricaine, un ambassadeur nommé à une période très difficile des relations entre les deux pays
Nous ne pouvons pas laisser passer sous silence le poids de l’enlèvement de deux humanitaires français que monsieur Maxime Balzlou en sa qualité de ministre Chargé de la Communication et des Médias Porte-parole du Gouvernement avait sciemment voulu criminalisé alors que la RCA ne peut pas s’en sortir sans contribution de l’action humanitaire en Centrafrique.
Ancien député d’une circonscription de l’arrière-pays, je suis attaché à la vie des citoyens particulièrement ceux en dehors du fonctionnariat, et à ce titre, je salue la libération des acteurs qui avaient éte incriminé alors qu’ils ont voulu contribué par la voie de l’humanitaire à travailler pour amélioration de la sécurité et l’accès aux population vunerable.
Cette visite permettra sûrement au Président Touadera de reformuler, ou de trouver si besoin était, les réponses appropriées aux exigences formulées par la Russie à savoir sortir de la CEMAC, trouver une issue Wagner/Africa Corp et envisager ou pas la fin des relations France-Centrafrique datant de l’indépendance.
J’espère que le président Touadera a su dire exactement à qui de droit que la relation RCA-France RESTE une et indivisible. Beaucoup d’entre nous, même ceux actuellement au pouvoir, resteront binationaux toute leur vie, car nés avant décembre 1960.
Elysée Nguimalé : “La Constitution de 2023 blanchit les auteurs de crimes économiques”….
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Conference-de-presse-Nguimale.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/01/Conference-de-presse-Nguimale.jpg” alt=”De la saisine constitutionnelle aux menaces de mort : Élysée Nguemale, pourchassé par des milices du pouvoir, appelle au secours la MINUSCA” width=”300″ height=”140″ />Élysée Nguemalet en pleine conférence de presse de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique
Lors de l’émission débat Patara diffusée sur la radio Ndèkè -Luka, Elysée Nguimalé de l’Observatoire pour la gouvernance démocratique a livré une analyse accablante de la Constitution centrafricaine du 30 août 2023. Selon lui, ce texte n’est pas une réforme institutionnelle au service du peuple, mais “un instrument d’enrichissement du président Touadéra et son clan” et surtout “un instrument qui vise à blanchir les auteurs des crimes économiques”….
Elysée Nguimalé commence par rappeler une disposition capitale de la Constitution de 2016 : “L’article 60, au deuxième alinéa, dit ceci : le gouvernement a l’obligation de recueillir préalablement l’autorisation de l’Assemblée nationale avant la signature de tout contrat relatif aux ressources naturelles, ainsi que des conventions financières. Il est tenu de publier les contrats dans les huit jours francs suivant la signature”. Cette disposition imposait transparence et contrôle parlementaire sur l’exploitation des ressources naturelles. La Constitution de 2023 l’a purement et simplement supprimée….
Les conséquences sont immédiates selon Elysée Nguimalé : “Le président Touadéra, lui seul, peut octroyer les permis d’exploitation à des agents économiques sans que le peuple centrafricain le sache. Et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui, on exploite nos ressources comme si c’était le bien personnel du président Touadéra”. Cette suppression transforme la gestion des ressources nationales en affaire privée présidentielle. Sans autorisation parlementaire, sans publication obligatoire des contrats, le président peut distribuer les richesses du pays à qui bon lui semble, sans rendre de comptes….
Mais la manipulation la plus grave concerne les clauses d’inéligibilité. Elysée Nguimalé rappelle que le Code électoral de 2019 stipulait clairement : “Sont inéligibles aux fonctions de députés les personnes condamnées à une peine d’emprisonnement pour vol, escroquerie, abus de confiance, détournements de deniers publics, faux et usage de faux”. Sur cette base, plusieurs candidats avaient été disqualifiés aux élections de 2020….
Elysée Nguimalé lâche alors une bombe : “Ces disqualifiés-là, ils font partie des rédacteurs de la Constitution du 30 août 2023, et ils ont supprimé cette disposition. Ça n’existe plus dans la nouvelle constitution, ça n’existe plus dans le nouveau Code électoral”. Cette accusation est d’une gravité extrême. Des personnes disqualifiées pour crimes économiques auraient participé à la rédaction d’une Constitution qui supprime justement les clauses qui les empêchaient de se présenter aux élections. Un blanchiment constitutionnel en bonne et due forme….
Elysée Nguimalé oppose ensuite cette Constitution à la volonté populaire exprimée lors des forums de Bangui : “Le peuple centrafricain ne veut pas que ceux qui volent l’argent du pays puissent accéder à la haute fonction de la République. Mais vous avez fait le contraire”. Il rappelle les aspirations populaires : “Impunité zéro. Plus jamais ceux qui ont pris les armes ou volé l’argent d’accéder aux hautes fonctions publiques. Tout ça était mentionné, mais ce n’est pas ce qui s’applique aujourd’hui.” Les forums populaires avaient clairement exprimé le rejet de l’impunité. La Constitution de 2023 fait exactement l’inverse : elle protège les criminels économiques en supprimant les mécanismes qui les empêchaient d’accéder au pouvoir….
Cette architecture constitutionnelle favorisant l’impunité produit des résultats concrets. Elysée Nguimalé décrit : “Le pouvoir que vous avez accordé au chef de l’État dans la nouvelle constitution lui a permis de brader toutes nos ressources au détriment des citoyens centrafricains. Aujourd’hui, quand vous arrivez à Berbérati, à Carnot, Nola, Grimari, Bria, partout, il y a tellement de pauvres. Pourquoi? Parce que les ressources naturelles sont toutes bradées aux étrangers, aux Chinois qui les exploitent”. L’absence de contrôle parlementaire, combinée à la réhabilitation des criminels économiques, crée les conditions parfaites pour une exploitation sauvage des richesses nationales. Les populations s’appauvrissent pendant qu’une élite protégée par la Constitution s’enrichit….
La Constitution de 2023 apparaît ainsi comme un montage juridique sophistiqué destiné à servir des intérêts particuliers. Elle supprime le contrôle parlementaire sur les contrats de ressources naturelles, élimine les clauses d’inéligibilité pour crimes économiques, permet aux condamnés pour détournement de fonds de revenir en politique, et concentre le pouvoir entre les mains du président sans mécanismes de contrôle. Cette combinaison crée un système d’impunité institutionnalisée où les crimes économiques ne sont plus sanctionnés mais protégés par le texte fondamental du pays….
Dans ce débat, William Ndjapou défendait la Constitution. Mais selon la transcription, il ne répond pas aux accusations précises de Nguimalé sur la suppression des garde-fous anti-corruption et la réhabilitation des criminels économiques. Il se concentre sur d’autres aspects – décentralisation, révision du code minier – sans jamais justifier pourquoi ces dispositions protectrices ont été supprimées. Ce silence est révélateur. Comment défendre une Constitution qui supprime l’obligation de transparence sur les contrats de ressources naturelles? Comment justifier la réhabilitation de personnes condamnées pour détournement de fonds publics…?
Au-delà des vices juridiques, cette Constitution souffre d’un défaut de légitimité démocratique. Elle a été adoptée lors d’un référendum boycotté par l’opposition et marqué par des irrégularités massives. Un texte censé protéger les criminels économiques ne pouvait être adopté que dans ces conditions….
L’analyse de Elysée Nguimalé montre clairement une vérité dérangeante : la République centrafricaine fonctionne désormais avec une Constitution conçue par et pour des criminels économiques. Les mécanismes de contrôle ont été démantelés, les sanctions supprimées, l’impunité garantie au plus haut niveau juridique….
Cette situation pose une question fondamentale : peut-on construire un État de droit sur une Constitution qui protège institutionnellement les voleurs de deniers publics? La réponse semble évidente. Tant que ce texte restera en vigueur, la République centrafricaine ne pourra prétendre lutter contre la corruption et les crimes économiques….
La Constitution de 2023 n’est pas seulement un mauvais texte juridique. C’est un acte de trahison envers le peuple centrafricain qui aspire à voir les criminels sanctionnés et non protégés par la loi fondamentale de leur pays….
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L’Université de Bangui manque cruellement des tables-bancs et contrainte de récupérer les chaises du restaurant pour équiper ses salles de classe
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/dans-une-salle-de-classe-de-l-universite-de-bangui-avec-des-chaises-du-restaurant-universitaire.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/dans-une-salle-de-classe-de-l-universite-de-bangui-avec-des-chaises-du-restaurant-universitaire.jpg” alt=”Dans une salle de classe de l’université de Bangui avec des chaises du restaurant universitaire” width=”300″ height=”225″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/dans-une-salle-de-classe-de-l-universite-de-bangui-avec-des-chaises-du-restaurant-universitaire.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/dans-une-salle-de-classe-de-l-universite-de-bangui-avec-des-chaises-du-restaurant-universitaire-80×60.jpg 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/dans-une-salle-de-classe-de-l-universite-de-bangui-avec-des-chaises-du-restaurant-universitaire-265×198.jpg 265w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Dans une salle de classe de l’université de Bangui avec des chaises du restaurant universitaire
Depuis sa création en 1969, l’Université de Bangui constitue le principal établissement d’enseignement supérieur du pays. Plus d’un demi-siècle après son ouverture, cette institution qui a formé plusieurs générations de cadres centrafricains traverse aujourd’hui une crise matérielle du jamais vue de son histoire.
La situation devient particulièrement inquiétante lorsqu’on observe les conditions dans lesquelles les étudiants suivent leurs cours. Dans les amphithéâtres comme dans les salles de classe ordinaires, les tables-bancs manquent cruellement. Face à cette pénurie, les étudiants et l’administration universitaire n’ont trouvé d’autre solution que de récupérer les chaises du restaurant universitaire pour permettre aux étudiants de s’asseoir pendant les cours. Ces chaises, normalement destinées à la restauration, se retrouvent ainsi transportées d’un bâtiment à l’autre au gré des besoins pédagogiques.
Cette réalité contraste fortement avec le parcours du président Faustin Archange Touadéra, lui-même enseignant de mathématiques et ancien recteur de cette même université. Avant d’accéder à la magistrature suprême, il a occupé le poste de recteur puis celui de Premier ministre. Depuis plus de quinze ans, il participe à la direction du pays, d’abord comme chef du gouvernement, puis comme président de la République depuis 2016.
Le délabrement de l’université de Bangui ne se limite pas aux simples chaises. Les tables-bancs font également défaut, tout comme les tableaux dans certaines salles. Cette situation affecte non seulement l’enseignement supérieur mais également les lycées et les écoles primaires à travers le territoire, où les élèves peinent à trouver des conditions minimales d’apprentissage.
Le paradoxe devient encore plus frappant quand on considère les ressources forestières du pays. La Centrafrique dispose de vastes réserves de bois massif de qualité. Ces essences précieuses font l’objet d’une exploitation intensive, principalement tournée vers l’exportation par les sociétés liées au groupe Wagner. Pendant ce temps, le système éducatif national ne parvient même pas à se procurer les tables-bancs nécessaires à la scolarisation des enfants centrafricains.
Les finances publiques semblent pourtant permettre d’autres dépenses. Le gouvernement verse régulièrement des sommes considérables à ses partenaires russes, des montants qui se chiffrent en milliards de francs CFA mensuellement. Ces versements destinés aux forces de sécurité privées et aux conseillers militaires russes contrastent avec l’absence totale d’investissement dans les infrastructures éducatives de base.
L’université qui a formé celui qui dirige aujourd’hui le pays se trouve ainsi abandonnée à son sort. Les étudiants centrafricains du supérieur, censés représenter l’élite intellectuelle de demain, suivent leurs cours assis sur des chaises de cantine, dans des bâtiments où le matériel pédagogique élémentaire fait défaut.
Le choléra, la mpox et la rougeole explosent — et personne ne semble s’en soucier
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/10/Ambulance-sur-lavenue-des-martyrs-a-Bangui.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/10/Ambulance-sur-lavenue-des-martyrs-a-Bangui.png” alt=”Bangui : drame au KM5, un supporteur a été poignardé à mort par un autre” width=”300″ height=”169″ />Ambulance sur l’avenue des martyrs à Bangui
Depuis près de dix ans, les épidémies s’enchaînent au pays de Barthelemy Boganda, pays de Zo Kwé Zo,. Les discours changent, les promesses aussi, mais rien ne bouge vraiment sur le terrain.
En Centrafrique , les épidémies reviennent comme un mauvais rêve, et chaque année, c’est la même répétition. Le choléra menace aux portes du pays, la mpox s’étend dans près de la moitié des districts sanitaires, et la rougeole refait surface avec une violence qui rappelle les pires années. Pourtant, quand le ministre de la Santé Pierre Somsé prend la parole pour annoncer ces chiffres, on a l’impression d’écouter un disque rayé. Les mots sont là, les alertes aussi, mais l’action, elle, reste introuvable.
Le choléra, d’abord, est un danger qui plane sur toute la région. Les pays voisins sont déjà touchés, avec des milliers de morts, et la RCA, miraculeusement épargnée pour l’instant, se prépare… ou du moins, c’est ce qu’on nous dit. Des kits d’urgence ont été placés ici et là, un plan a été élaboré, des réunions ont eu lieu. Mais quand on sait que l’eau potable est une denrée rare, que les systèmes d’assainissement sont quasi inexistants et que les hôpitaux manquent de tout, on se demande bien comment ces préparatifs pourraient suffire. La question n’est pas de savoir si le choléra frappera, mais quand — et combien de vies il emportera avant qu’on ne se décide enfin à agir.
Pendant ce temps, la mpox continue sa progression silencieuse. Les chiffres officiels parlent de 116 cas confirmés et de quatre morts, mais tout le monde sait que la réalité est bien plus lourde. Dans des districts comme Mbaïki ou Nola, les cas s’accumulent, les contacts se multiplient, et les moyens de lutte restent dérisoires. On parle de sensibilisation, de suivi des malades, mais où sont les vaccins en quantité suffisante ? Où sont les campagnes massives qui pourraient endiguer l’épidémie ? Les réponses sont toujours les mêmes : les ressources manquent, les partenariats internationaux traînent, et les populations, elles, attendent.
La rougeole, elle, est un scandale à elle seule. Près de 2 000 cas suspects, 139 confirmés, et un mort officiellement recensé. Un seul, vraiment ? Dans un pays où les registres de santé sont souvent tenus à la va-vite, où les zones rurales sont abandonnées à leur sort, et où les campagnes de vaccination ressemblent à des opérations bricolées, il est difficile de croire que ce bilan reflète la vérité. Les enfants, les premiers touchés, paient le prix fort d’un système qui les oublie. On parle d’intensifier les efforts, mais comment vacciner quand les routes sont impraticables, quand les frigos pour conserver les doses sont à l’arrêt à cause de l’électricité, et quand les équipes médicales sont débordées, sous-payées, voire inexistantes ?
Le gouvernement, lui, se réfugie derrière des annonces creuses. On nous parle de coordination renforcée, de mobilisation des partenaires, de plans d’urgence. Mais dans les faits, rien ne change. Les hôpitaux restent des coquilles vides, les médicaments arrivent au compte-gouttes, et les soignants, quand ils sont là, travaillent dans des conditions indignes. Les promesses des bailleurs de fonds s’évaporent dans les méandres de l’administration, et les populations, elles, continuent de mourir de maladies qu’on sait pourtant prévenir et soigner.
La République centrafricaine n’est pas seule dans cette situation. En République démocratique du Congo, les mêmes épidémies font rage, avec les mêmes difficultés à vacciner, à soigner, à protéger. Les mêmes discours aussi, les mêmes appels à l’aide, les mêmes constats d’échec. Mais au lieu de tirer les leçons de ces crises répétées, on recommence les mêmes erreurs, année après année. Les dirigeants parlent, les experts analysent, les ONG interviennent ponctuellement, et puis tout rentre dans l’ordre… jusqu’à la prochaine épidémie.
Alors, que faire ? Attendre encore, espérer que les choses s’arrangent toutes seules ? Ou enfin exiger des comptes, réclamer des actes concrets, refuser que des vies soient sacrifiées sur l’autel de l’incompétence et de l’indifférence ? La santé n’est pas une question de chance, mais de volonté. Et pour l’instant, cette volonté, personne ne semble l’avoir. Les épidémies, elles, ne font pas de pause. Elles progressent, tuent, et laissent derrière elles des familles brisées et des communautés exsangues.
Le pire, dans cette histoire, c’est que tout le monde sait ce qu’il faudrait faire. Il faudrait des hôpitaux équipés, des routes praticables, des vaccins en quantité, des soignants formés et motivés. Il faudrait une vraie politique de santé publique, pas des rustines et des effets d’annonce. Mais pour ça, il faudrait que ceux qui dirigent ce pays — et ceux qui les soutiennent — décident enfin que la vie de leurs concitoyens vaut plus que des discours et des promesses en l’air.
En attendant, les épidémies, elles, ne font pas de pause. Et les morts, non plus.
Fari Tahéruka n’a pas fait une simple causerie du mercredi. Il a livré une autopsie en direct du régime Touadéra, avec scalpel, IRM et chronomètre. C’est du lourd. Du très lourd. Du genre qui reste collé aux doigts et qui explose quand on l’allume.
On ne va pas édulcorer. On va transformer chaque cartouche qu’il a tirée en munitions prêtes à l’emploi pour tous ceux qui veulent comprendre pourquoi le château de cartes est déjà en train de pencher dangereusement, et pourquoi les quatre à six prochains mois (février-juillet 2026) risquent d’être les plus chauds de l’histoire récente de la Centrafrique.
Le boycott n’était pas de la lâcheté : c’était l’arme nucléaire qu’on a sabotée
De Gaulle a fait la chaise vide à l’OTAN pendant des décennies. Cyril Ramaphosa snobe Trump et le G20 américain pour ne pas se faire humilier. La chaise vide, quand le jeu est truqué dès le départ, c’est de la haute stratégie, pas de la peur.
Selon l’analyste Shabazz, Dologuélé et ses 15 % ont saboté la seule stratégie qui pouvait tuer le régime dans l’œuf : 51 % d’abstention + 15 % boycott = 66 % de rejet massif. Avec 66 % d’abstention, plus personne n’aurait pu parler de « scrutin calme » ou de « normalisation ». Touadéra aurait été nu devant les bailleurs, les think tanks suédois, les investisseurs. Dologuélé a offert 15 % de vernis de légitimité au régime. C’est un sabotage objectif.
Le triangle du pouvoir est en train de se briser en direct
– Vitrine : MCU (fanatiques Balalou-Piri-Birro-Baipo qui mentent même à eux-mêmes, réalistes qui avouent l’échec, silencieux qui préparent déjà leur parachute).
– Moteur : MINUSCA (en train de s’effondrer sous la faillite ONU – déficit 1,6 milliard 2025, 2,2 milliards 2026, menace bankruptcy juillet 2026, retraits de bases stratégiques déjà actés : Awaka, Ouham, Dilapoco).
– Baïonnettes : Wagner (devenus plus intéressés par les mines que par la défense du régime) + Rwandais (financements US/ONU/UK en train de s’évaporer sous Trump, Kagame en mode sortie de piste).
Personne ne remplace la MINUSCA. Personne. Ni FACA, ni UA, ni bilatéraux, ni Chinois. Vide sécuritaire + vide humanitaire + vide budgétaire = effondrement structurel.
Tout ce que Touadéra touche se transforme en kaka
CEMAC en faillite officielle (février 2026).
BEAC vidée de ses réserves (1,5 mois d’importation restante).
Yvon Sana Bangui accusé de harcèlement et viol au sein même de la banque.
Bangui sans eau ni électricité dans des quartiers entiers (aveu Albayar).
Invasion de moustiques en pleine saison sèche malgré « Kwa ti kodro» et pelle à la main du président.
Opérations chirurgicales à la torche de téléphone à l’hôpital universitaire.
Épidémies (fièvre hémorragique Mbaiki, rougeole, coma collectif lycées).
Pénurie de viande bovine historique.
50+ évadés de Ngaragba (trois filets de sécurité sautés : gardiens, FACA, MINUSCA).
Dix ans de Sisyphus : il pousse, ça retombe, il recommence. Zéro résultat. Absurde total.
4. Les porteurs de tenue sont passés de la loyauté à la rage explosive
Les Officier de police judiciaire (Corbeau News, 6 février) :
« Nous sommes très très très très en colère. » (quatre fois).
Wagner tue des policiers devant l’OCRB, jette les corps comme des ordures, les embarque dans leur « coin » Serbais pour exécution sommaire.
Même traitement sur militaires en province, civils PK-5 (12 tués), maintenant policiers dans leurs propres locaux.
« Toutes les institutions sont sous la botte de Wagner. Aucune n’est indépendante. »
Les FACA, gendarmes, policiers – socle dur du toadérisme – sont prêts à basculer. C’est le signal le plus dangereux pour le régime.
Calendrier de la fin : février → juillet 2026
– 30 mars : investiture (rien ne se passe avant).
– Mi-avril : nouveau gouvernement (Touadéra met 10-15 jours pour nommer).
– Mai-juin : nouveau gouvernement essaie de prendre ses marques.
– Juillet : faillite ONU / MINUSCA shutdown probable.
→ Quatre à six mois pour tout faire basculer.
Touadéra n’a plus de marge de manœuvre. Il choisira la sécurité du régime (Wagner/Rwandais) plutôt que la population → frustration sociale + colère des porteurs de tenue = bombe à retardement.
munitions prêtes
Shabazz n’a pas raconté d’histoires. Il a décrit la tectonique des plaques en temps réel.
Le régime n’est plus soutenu par un pilier qui faiblit : il est en train de perdre les trois piliers en même temps.
Et personne ne vient les remplacer.
Pour l’opposition et la société civile :
– Lobbying dur pour bloquer tout parachute de dernière minute (FMI, Banque mondiale, France).
– Travail de sape auprès des think tanks et investisseurs pour isoler totalement Bangui.
– Surveillance des basculements internes (porteurs de tenue, silencieux du MCU).
David Gbeti dénonce Emile Gros-Rémond Nacombo : “Il vend le patrimoine municipal en cachette”
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/03/Reception-du-paquet-de-gants-par-le-President-de-la-delegation-de-la-ville-de-Bangui-Emile-Gros-Nakombo.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/03/Reception-du-paquet-de-gants-par-le-President-de-la-delegation-de-la-ville-de-Bangui-Emile-Gros-Nakombo.jpg” alt=”David Gbeti dénonce Emile Gros-Rémond Nacombo : “Il vend le patrimoine municipal en cachette”” width=”300″ height=”225″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/03/Reception-du-paquet-de-gants-par-le-President-de-la-delegation-de-la-ville-de-Bangui-Emile-Gros-Nakombo.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/03/Reception-du-paquet-de-gants-par-le-President-de-la-delegation-de-la-ville-de-Bangui-Emile-Gros-Nakombo-80×60.jpg 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/03/Reception-du-paquet-de-gants-par-le-President-de-la-delegation-de-la-ville-de-Bangui-Emile-Gros-Nakombo-265×198.jpg 265w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Reception-du-paquet-de-gants-par-le-President-de-la-delegation-de-la-ville-de-Bangui-Emile-Gros-Nakombo – RCA : quand un don d’un Libanais de Skaïky à la mairie de Bangui fait rire les réseaux sociaux
Le secrétaire général de la mairie de Bangui, David Gbeti , dans une interview sur les antennes de la radio Ndèkè-Luka, accuse le président de la délégation de brader les biens publics sans autorisation.
David Gbeti a sorti les dossiers les plus sensibles. Derrière les murs de la mairie, le secrétaire général accumule depuis des mois les plaintes de citoyens dépossédés. Emile Gros-Rémond Nacombo, premier responsable de la commune, signerait des contrats de vente sans passer par les instances légales. Les terrains municipaux changent de mains dans l’opacité la plus totale.
La place des contenaires et l’unité au Rwandais ont été vendues. Personne au conseil municipal n’a été informé de ces transactions. Gbeti affirme recevoir régulièrement des réclamations de particuliers qui découvrent ces opérations après coup. Certaines personnes morales se manifestent également, mais leurs protestations restent sans réponse.
L’affaire du garage de l’Akuanga a particulièrement enflammé les esprits. Les jeunes du quartier sont descendus dans les rues pour exprimer leur colère. Ce bien public aurait été cédé dans les mêmes conditions troubles. Le conseil municipal, pourtant seul organe habilité à délibérer sur ces questions, n’a jamais été convoqué pour valider cette vente.
Les contrats signés sur l’axe Ucatex suivent le même schéma. Nacombo appose sa signature sur des documents engageant la commune sans consulter quiconque. Le département de tutelle ignore ces transactions. Le ministère des Finances lui-même n’est pas au courant. Gbeti, en tant que patron de l’administration, cherche en vain les traces de ces accords dans les archives officielles.
Cette absence de contrôle démocratique ne date pas d’hier. Depuis plus de trois ans, le conseil municipal ne se réunit plus. Les élus qui devraient valider les grandes décisions sont tenus à l’écart. La mairie fonctionne sans budget voté, ce qui permet à Nacombo d’agir à sa guise.
Les biens mobiliers disparaissent également. Lors du passage des inspecteurs centraux de l’Administration du territoire, Gbeti a découvert un entrepôt rempli de dons coréens. Ces équipements dorment là depuis cinq années entières. À l’intérieur, des panneaux de signalisation routière s’empilent avec des feux tricolores jamais installés.
Des râteaux destinés au nettoyage des rues rouillent aux côtés de tenues de travail et de bottes encore emballées. Tout ce matériel, offert gracieusement pour améliorer l’assainissement de Bangui, subit une dégradation avancée. Personne ne peut expliquer pourquoi ces équipements n’ont jamais été distribués aux services municipaux qui en ont pourtant cruellement besoin.
Onze bennes à ordures ont également disparu. Ces véhicules, donnés par des partenaires techniques et financiers, ne figurent plus nulle part dans l’inventaire de la mairie. Gbeti parle ouvertement de leur disparition sans pouvoir localiser leur destination finale. Les services d’assainissement continuent de manquer de moyens pendant que ces engins s’évaporent.
L’Union européenne avait offert des tracteurs à la commune. La Corée, la Chine et plusieurs ambassades ont également fait des dons de camions et d’engins. Aucun de ces véhicules ne se trouve actuellement dans le parc automobile municipal. Gbeti constate que ce parc est désormais inexistant malgré la générosité des donateurs.
Les partenaires internationaux qui ont financé ces équipements ignorent probablement leur sort. Certains dons comprenaient du matériel spécialisé pour la gestion des déchets urbains. D’autres concernaient l’entretien des routes et des espaces publics. Tous ont disparu dans la nature sans laisser de traces exploitables.
Le secrétaire général pointe la responsabilité directe de Nacombo dans cette hémorragie. En l’absence de tout contrôle, le président de la délégation dispose d’une liberté totale. Les organes de surveillance qui ont inspecté la mairie ont tous produit des rapports accablants sur cette gestion opaque.
Les citoyens qui se plaignent auprès de Gbeti repartent souvent les mains vides. Le secrétaire général ne peut rien faire sans l’accord du premier responsable. Or celui-ci refuse toute transparence sur ses agissements. Les contrats se multiplient, les biens s’envolent, et personne n’a accès aux documents justifiant ces mouvements.
La population réclame des comptes. Le ministre conseiller spécial du chef de l’État a même demandé publiquement le départ de Nacombo. Mais tant que le conseil municipal reste paralysé, rien ne peut changer. Les décisions continuent de se prendre dans le cabinet du maire, loin des regards et des procédures légales
Un soldat FACA blessé, un autre tué : c’est le bilan d’une tentative de braquage des éleveurs près de Miamani
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/troupeau-de-boeufs.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/troupeau-de-boeufs.jpg” alt=”Un soldat FACA blessé, un autre tué : c’est le bilan d’une tentative de braquage des éleveurs près de Miamani” width=”294″ height=”300″ />Un troupeau de bœuf en pâturage à Baoro en Centrafrique. CopyrightCNC
Des soldats des Forces armées centrafricaines basés dans la localité de à Miamani, à 120 kilomètres de Ndélé, ont tenté de braquer des éleveurs peuls dans la zone de Gaské, situé à une quarantaine de kilomètres de Miamani, jeudi 12 mars 2026, et la mésaventure a coûté la vie à l’un d’eux.
Ce jour-là, les militaires braqueurs ont quitté leur base pour aller braqué des éleveurs dans les alentours de Gaské. Les bergers, loin de se laisser faire, ont repoussé l’agression et abattu l’un des soldats, en blessant un autre. Avant de se disperser dans la brousse, ils ont récupéré l’arme du militaire tué et sont repartis avec.
Le soldat blessé est rentré seul à Miamani pour donner l’alerte. Ses camarades ont alors rebroussé chemin vers Gaské afin de ramener le corps de leur collègue tombé. La dépouille a finalement été acheminée à Ndélé le vendredi, avant d’être expédiée à Bangui avec le blessé.
Ce n’est pourtant pas la première entorse de ce genre dans cette zone. Il y a quelques semaines déjà, des militaires avaient intercepté des éleveurs à Ndélé et leur avaient extorqué quatre millions de francs CFA. Ces épisodes répétés ont fini par pousser les bergers à s’éloigner de plus en plus de la ville, en s’enfonçant vers les confins de la frontière soudanaise.
Conséquence directe de cet éloignement, la viande se fait rare dans la capitale provinciale. Ndélé, une ville où les bouchers abattaient couramment quatre à cinq bœufs par jour, peine désormais à en trouver un seul. Sur le marché, la pesée au kilogramme a disparu : les bouchers découpent en petits morceaux qu’ils disposent en tas, et les clients achètent ce qu’ils peuvent.
La saison sèche aggrave encore la situation, car le poisson est lui aussi difficile à trouver en cette période. Les habitants se rabattent sur ce qu’ils trouvent, feuilles de manioc ou autres denrées de fortune. Et pendant ce temps, certains soldats ont quand même choisi d’aller chercher les éleveurs jusque dans leurs campements reculés.
Des fous, considérés par les centrafricains comme des soldats des forces armées centrafricaines, ont, dans leur folie, tabassé un homme fou comme eux près de Boali, filmé la scène et diffusé la vidéo en ligne, se félicitant d’avoir neutralisé un rebelle.
Les faits se sont produits la semaine dernière sur la route de Boali, à 45 kilomètres de Bangui, précisément dans la ferme privée du chef d’état-major Zéphirin Mamadou. Une ferme privée où ces soldats du désordre sont déployés, non pas pour des missions militaires, mais pour effectuer des travaux agricoles au profit de leur chef d’État-major, qui utilise l’armée nationale comme sa propre entreprise personnelle.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/l-homme-fou-arrete-par-les-forces-armees-centrafricaines-et-presente-comme-un-rebelle.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/l-homme-fou-arrete-par-les-forces-armees-centrafricaines-et-presente-comme-un-rebelle.webp” alt=”L’homme fou arrêté par les forces armées centrafricaines et présenté comme un rebelle.” width=”400″ height=”557″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/l-homme-fou-arrete-par-les-forces-armees-centrafricaines-et-presente-comme-un-rebelle.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/l-homme-fou-arrete-par-les-forces-armees-centrafricaines-et-presente-comme-un-rebelle-302×420.webp 302w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />L’homme fou arrêté par les forces armées centrafricaines et présenté comme un rebelle.
C’est dans ce cadre que ces soldats du désordre ont mis la main sur un homme visiblement dérangé mentalement, avec des vêtements sales, baladant sans but précis dans les parages. Sans chercher à vérifier quoi que ce soit, ces fous de Touadera se sont acharnés sur lui à coups de poings et de pieds, devant les habitants du village médusés, qui observaient la scène sans comprendre ce que cet homme aurait bien pu faire de répréhensible.
Pourtant, rien sur lui ne permettait d’accréditer la thèse d’un combattant rebelle : des vêtements souillés, des chaussures en lambeaux, une allure de quelqu’un abandonné à lui-même depuis longtemps. Mais les fous de Touadera ont maintenu leur version, affirmant avoir capturé un rebelle de la CPC qui voulait, selon leurs propres mots, faire courir de nouveau la population. L’un d’eux a même déclaré dans la même vidéo publiée en ligne qu’ils avaient assez couru, et que désormais, c’était terminé.
Les effets de guerre( marmite, vieux habits, sachets, bidons), de l’homme fou arrêté
La vidéo a circulé rapidement sur les réseaux sociaux, présentée comme la preuve d’un exploit militaire. Ces hommes en uniforme attendaient visiblement une récompense, peut-être même une promotion en grade, pour avoir maîtrisé un fou sans défense.
D’ailleurs ce n’est pas la première fois qu’un fou devient la cible de violences de la part de porteurs d’armes en Centrafrique : à Zémio, des mercenaires russes avaient tué un fou, convaincu qu’il s’agissait d’un milicien azandé déguisé.
Touadéra, Président pilleur, mais très radin. Les jeunes de Miskine se souviennent
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/11/Touadera-a-la-mosquee-Ali-Babolo-KM5.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/11/Touadera-a-la-mosquee-Ali-Babolo-KM5.jpg” alt=”Touadéra, Président pilleur, mais très radin. Les jeunes de Miskine se souviennent” width=”225″ height=”300″ />Touadera-a-la-mosquee-Ali-Babolo-KM5 – Touadera, souvenez-vous de votre promesse dans la mosquée centrale de Bangui en 2016?
À Bangui, une scène vécue lors du Ramadan 2023 reste gravée dans les mémoires : un geste présidentiel de Touadera, jugé humiliant par les habitants du quartier Miskine.
En avril 2023, jour de la fête de l’Aïd el-Fitr, le président Faustin-Archange Touadéra s’est rendu à la mosquée centrale du PK5, dans le troisième arrondissement de Bangui, située sur l’avenue Koudoukou. Comme le veut la tradition, plusieurs membres du gouvernement, hauts responsables et fidèles musulmans s’étaient réunis pour marquer l’événement.
À la fin de la cérémonie, le cortège présidentiel a repris la route du retour en empruntant l’avenue Koudoukou. En passant devant le marché Miskine, dans le cinquième arrondissement, quelques mètres plus loin, un homme de religion chrétienne vêtu d’un grand boubou, habillé comme les fidèles musulmans, se tenait au bord de la route. Lorsque le cortège est arrivé à sa hauteur, il a salué respectueusement le président. Le convoi s’est alors arrêté, et l’homme s’est approché du véhicule présidentiel. Le président lui parle et demande sa santé, puis lui remet une enveloppe, sous le regard de ses gardes et de nombreux témoins. Puis le Président démarre son véhicule et quitte le lieu.
L’instant, d’abord vécu comme un honneur, a vite tourné en désillusion. Près de cents jeunes du quartier, rassemblés autour de l’homme, l’ont contraint à ouvrir l’enveloppe sur place. Tous s’attendaient à découvrir une somme importante, comme c’est souvent le cas lors de gestes présidentiels en public. Mais à l’intérieur, il n’y avait que deux billets de 10 000 francs CFA.
La réaction fut immédiate. Les jeunes, furieux, ont récupéré l’enveloppe, gardé une partie de l’argent pour eux et laissé seulement 10 000 francs CFA au vieil homme. Ils ont ensuite affirmé vouloir utiliser leur part pour boire du vin de palme. Très vite, les insultes ont fusé contre le président, accusé de manquer de considération et de se montrer « radin » malgré les immenses ressources qu’il détournerait du pays.
Depuis, cet épisode est resté dans la mémoire collective des habitants du quartier Miskine. Pour beaucoup, il incarne le contraste entre l’image d’un chef d’État accusé de piller les richesses nationales et la réalité d’un homme qui, face à un citoyen ordinaire, se montre incapable d’un véritable geste de générosité.
Septième République ou septième arnaque ? Quand NDOKOULA Clarisse, professeure d’histoire au lycée de Miskine, frappe dur pour arnaquer ses élèves : 5 000 francs ou 0 sur 20
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-lycee-de-miskine-de-bangui-photo-cnc.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-lycee-de-miskine-de-bangui-photo-cnc.webp” alt=”Septième République ou septième arnaque ? Quand NDOKOULA Clarisse, professeure d’histoire au lycée de Miskine, frappe dur pour arnaquer ses élèves : 5 000 francs ou 0 sur 20″ width=”400″ height=”385″ />Le lycée de Miskine de Bangui. Photo CNC
Au lycée de Miskine, dans le cinquième arrondissement de Bangui, NDOKOULA Clarisse, professeure d’histoire-géographie, a trouvé sa propre définition de la septième République : payer 5 000 francs CFA ou recevoir zéro sur vingt au devoir.
Pour comprendre ce phénomène, l’essentiel est de savoir que dans les établissements scolaires de Bangui et de certaines villes de province, l’école publique n’a plus rien de gratuit. Depuis plusieurs années, une logique commerciale, une mafia digne des parrains colombiens s’est glissée dans les salles de classe, dans les bureaux des proviseurs, jusque dans les couloirs des administrations scolaires. Tout se paie, tout se monnaye, et personne ne semble s’en gêner.
Rappelons que ce mouvement a pris racine il y a une vingtaine d’années, mais c’est aujourd’hui, depuis 2018 qu’il atteint un degré que l’on n’aurait pas imaginé.
Dans les lycées de la capitale, les enseignants font payer les cours, l’administration fait payer les examens, et les proviseurs gonflent les frais de scolarité à leur guise. Un professeur imprime un quart de feuille A4, y inscrit ses questions, et réclame 100 francs CFA par élève pour ce bout de papier. Sur une seule feuille complète découpée en six morceaux, il encaisse 600 francs pour une dépense de 50 francs..
Mais au lycée de Miskine, situé sur l’avenue des Martyrs en direction de l’aéroport, la situation a dépassé ce que vivent les autres établissements de la capitale. Ici, c’est le chaos dans toute sa forme.
C’est dans ce contexte déjà pesant que le cas de NDOKOULA Clarisse s’impose comme l’exemple le plus parlant de cette dérive. Professeure d’histoire-géographie au lycée de Miskine, cette enseignante a instauré dans ses classes un système de paiement obligatoire pour tout. Composer un examen coûte de l’argent. Faire un exposé coûte encore plus.
Pour les exposés de groupe, NDOKOULA Clarisse a fixé un tarif précis : 5 000 francs CFA minimum par groupe, à remettre en enveloppe avant de prendre la parole. Peu importe le nombre d’élèves dans le groupe, peu importe la situation des familles. Le montant est non négociable, et quiconque ne s’y plie pas en subit les conséquences directement sur sa note.
C’est dans ce contexte là que la semaine dernière, un groupe, le sixième groupe pour être précis, a glissé dans l’enveloppe un billet de 2 000 francs CFA. Quand l’enseignante a ouvert l’enveloppe et constaté le montant, elle a immédiatement stoppé l’exposé. Devant toute la classe, elle a prononcé des mots qui ne laissent aucune place au doute : si ce n’est pas 5 000 francs, le groupe repart avec un double zéro, sans discussion.
Ce qui frappe davantage, c’est la manière dont elle a justifié cette exigence. NDOKOULA Clarisse a déclaré ouvertement, devant ses élèves : « Nous sommes à la septième République. Pas de pitié, pas de pardon, tout est payant. » Elle s’est approprié le discours officiel du président Touadéra pour en faire le bouclier de ses propres pratiques.
Cette référence à la septième République ne vient pas de nulle part. Lorsque le président Touadéra a modifié la constitution et instauré cette nouvelle ère, il avait promis développement, lutte contre la corruption et prospérité pour tous. Aujourd’hui, dans les classes du lycée de Miskine, ces mots servent à légitimer le racket des élèves et des familles déjà à bout de souffle.
Le lycée de Miskine n’est pourtant pas un cas unique dans ce tableau. Il y a quelques mois, au lycée de Gbaloko, vers PK15 à la sortie nord de Bangui, les élèves ont déclenché une grève après que le proviseur avait doublé les frais d’examen.
Les élèves en colère étaient descendus dans la rue, et les forces de l’ordre avaient dû intervenir pour disperser le mouvement. Malgré cet épisode, rien n’a changé dans les pratiques. Dans d’autres établissements, le même système continue de s’étendre, tranquillement, comme si la grève de Baloko n’avait jamais eu lieu.
Pendant ce temps, le président de la République, lui-même ancien enseignant, continue de tenir des discours sur la grandeur de l’éducation centrafricaine et sur les progrès accomplis sous sa gouvernance. À Miskine, les élèves qui n’ont pas 5 000 francs dans leur poche rentrent chez eux avec un double zéro, et Touadéra trouve cela normal.