À Libreville, Touadéra négocie l’extradition de Bozizé: l’ingratitude d’un homme qui veut détruire celui qui l’a tout donné

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le Président Touadéra vient de franchir une nouvelle ligne. Le média Africa Intelligence a révélé que le président centrafricain s’est rendu au Gabon le 16 octobre 2025 pour une rencontre trilatérale avec le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema et le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló. L’objectif : négocier l’extradition de l’ancien président François Bozizé, actuellement en exil en Guinée-Bissau.
Cette démarche n’a rien de légal ou de diplomatique normal. C’est une chasse à l’homme. Le Président Touadéra veut faire à Bozizé exactement ce qu’il a fait à l’ancien ministre Armel Sayo : le faire extrader, le ramener à Bangui, le jeter en prison, puis le livrer à Wagner pour qu’il soit torturé et enfermé dans un cachot.
Rappelons ce qui s’est passé avec Armel Sayo. Le Président Touadéra a négocié avec le Cameroun. Il a fait du jeu doux. Il a probablement versé de l’argent aux commissaires camerounais qui, comme beaucoup dans la région, aiment l’argent. Et le Cameroun a expulsé Armel Sayo vers Bangui.
Une fois à Bangui, Armel Sayo a été jeté à la prison de Ngaragba. Mais le 7 juillet 2025 vers 9 heures du matin, il a été enlevé de sa cellule. Les mercenaires russes sont venus vers 23 heures et l’ont capturé. Depuis ce jour, Armel Sayo n’est plus revenu au camp de Roux. Il a été présenté brièvement par deux fois au juge d’instruction, puis ramené quelque part dans un cachot du sous-sol camp de Roux géré par les mercenaires russes comme leur propre prison privée.
C’est exactement ce sort que le Président Touadéra alias Baba Kongoboro réserve à Bozizé. Si l’extradition réussit, on amènera Bozizé quelque part, on le torturera sauvagement. Comme il est âgé, il mourra probablement rapidement. Et c’est ce que Touadéra veut.
Ce qui rend cette affaire encore plus scandaleuse, c’est que Bozizé est celui qui a tout fait pour le Président Touadéra. Qui était Touadéra avant Bozizé ? Personne. Un simple professeur de mathématiques à l’université de Bangui. Un homme pauvre qui roulait avec une vieille Renault 12 grise. Un enseignant ordinaire parmi tant d’autres.
C’est Bozizé qui l’a fait recteur de l’université de Bangui. C’est Bozizé qui lui a donné le grade de professeur. C’est Bozizé qui l’a nommé Premier ministre. Et grâce à ce poste de Premier ministre, la France et les militants anti-Balakas l’ont aidé à devenir président en 2016.
Le Président Touadéra doit tout à Bozizé. Sans lui, il serait resté un professeur inconnu dans une université délabrée. Mais aujourd’hui, Touadéra veut capturer celui qui l’a tout donné. Il veut le faire extrader. Il veut le torturer. Il veut le tuer.
Ce n’est pas seulement de l’ingratitude. C’est de la malhonnêteté profonde. Quelqu’un te donne à manger. Quelqu’un te forme. Quelqu’un te fait monter. Et toi, une fois au pouvoir, tu te retournes contre lui. Tu le chasses. Tu le pourchasses. Tu veux le capturer et le tuer.
Bozizé n’est d’ailleurs pas le seul que Touadéra pourchasse. Tous ceux qui l’ont aidé à devenir président sont maintenant chassés. La France qui l’a aidé à prendre le pouvoir n’a plus aucune influence en Centrafrique. Touadéra l’a chassée au profit des Russes. Au deuxième tour de 2016, c’est Obiang Nguema de la Guinée Équatoriale qui lui a donné de l’argent et un avion pour l’aider. Mais aujourd’hui, qu’est-ce que le Président guinéen a reçu en retour ? Rien. Touadéra lui retourne son mépris.
La rencontre du 16 octobre au Gabon a été organisée à la dernière minute. Brice Clotaire Oligui Nguema, qui essaie de jouer le rôle de médiateur que jouait jadis Omar Bongo dans les crises centrafricaines, a réuni les trois présidents dans le salon présidentiel de l’aéroport Léon-Mba de Libreville.
Touadéra a demandé directement à Umaro Sissoco Embaló l’extradition de Bozizé. Il a invoqué le mandat d’arrêt international émis par la justice centrafricaine contre l’ancien président. Il veut mettre la pression sur Bozizé à l’approche de l’élection présidentielle de décembre 2025.
Mais Embaló ne semble pas prêt à céder aux demandes de Touadéra. Africa Intelligence note que “la réponse du président Embaló était dans son regard”. Bozizé vit à Bissau conformément aux recommandations de la feuille de route de Luanda signée fin 2021 entre le gouvernement de Bangui et les groupes armés, sous le parrainage de l’Angola. Cette feuille de route demandait que les chefs de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC) ne s’exilent pas dans des pays frontaliers de la Centrafrique.
C’est d’ailleurs sous l’insistance américaine que Bozizé a été transféré de N’Djamena à Bissau en 2023. Les États-Unis ne voulaient pas que Bozizé reste au Tchad où il aurait pu facilement organiser une rébellion contre Touadéra. Ils l’ont donc fait transférer en Guinée-Bissau, un pays éloigné de la Centrafrique.
Bozizé tente depuis plusieurs mois de négocier son retour en Centrafrique après l’élection présidentielle de 2025. Il a parlé au téléphone au moins une fois avec Touadéra depuis le début de l’année. Son entourage, dont son fils Jean-Francis Bozizé en exil à N’Djamena, a ouvert des canaux de communication discrets pour préparer un retour en échange d’une amnistie.
Mais visiblement, le Président Touadéra ne veut pas d’amnistie. Il veut l’extradition. Il veut capturer Bozizé. Il veut le ramener à Bangui pour le livrer à Wagner. Il veut l’éliminer physiquement.
Cette obsession du Président Touadéra pour Bozizé s’explique par plusieurs raisons.
Il y a peu de chances qu’Embaló accède à la demande de Touadéra. D’abord parce que cela violerait les accords de Luanda. Ensuite parce que les États-Unis, qui ont organisé le transfert de Bozizé à Bissau, ne veulent pas qu’il soit livré à Touadéra. Enfin parce qu’Embaló lui-même a ses propres problèmes politiques en Guinée-Bissau et n’a pas besoin de complications internationales.
Mais le simple fait que Touadéra ait fait cette démarche montre son état d’esprit. Il est prêt à tout pour éliminer ses adversaires. Il est prêt à traquer un vieil homme qui l’a tout donné. Il est prêt à violer tous les principes de gratitude et d’honneur pour maintenir son pouvoir.
Cette affaire Bozizé s’ajoute à la longue liste des persécutions instrumentées par Touadéra. Armel Sayo torturé dans un cachot secret. Dologuélé déclaré apatride. Les opposants harcelés. Les journalistes menacés. Les défenseurs des droits humains arrêtés. Touadéra transforme la Centrafrique en État policier où personne n’est en sécurité.
L’histoire retiendra cette ingratitude. Un homme qui doit tout à un autre, et qui ensuite essaie de le détruire. Un président qui pourchasse celui qui l’a formé, qui l’a nommé, qui lui a donné sa chance. Cette trahison dit tout sur le caractère de Touadéra et sur la nature de son régime.
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Ce qui était présenté au départ par l'ingénieur du projet, Robert Patrick Veret, comme une "disparition de documents" s'avère être, à la lumière des dernières investigations journalistiques de la rédaction du CNC, un complot mafieux de grande envergure. Au cœur de cette entreprise de spoliation se trouve un homme désormais formellement identifié : Mamadou Ramady, ancien président du conseil d'administration de l'institution, soutenu par une clique d’anciens dignitaires déchus prêts à tout pour capter une manne de 34 milliards de francs CFA promise par les pays du Golfe. 1. LA GENÈSE DU « PROJET KODOU » : LA VISION SÉQUESTRÉE DE L’IMAM KOBINE L’histoire de ce projet pharaonique commence entre 2016 et 2017. L’Imam Oumar Kobine Layama, alors émissaire de la paix et président du conseil islamique, charge une équipe technique composée de l’ingénieur Robert Patrick Veret, d’un maître d’œuvre et du ministre Kaïdjama, de concevoir un complexe scolaire moderne. Initialement chiffré à 1 228 874 970 francs CFA, le projet séduit les investisseurs d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis). Ces derniers exigent sa démultiplication à l'échelle nationale : 12 complexes scolaires, mosquées et hôpitaux répartis dans 9 préfectures de la RCA. C'est la naissance du « Projet Kodou », évalué au total à 34 milliards de francs CFA. Mais le 28 novembre 2020, le décès brutal de l’Imam Kobine gèle le processus et ouvre la porte aux vautours. 2. LES MANŒUVRES DE MAMADOU RAMADY : LE BLOCUS ET LE VOL DES SECRETS Profitant du désarroi général immédiatement après le décès du guide spirituel, Mamadou Ramady s’est empressé de visiter la veuve du défunt. En abusant de la confiance de l’épouse de l’Imam Kobine, il est parvenu à sceller et bloquer l’accès de la bibliothèque aux autres membres du Conseil islamique. Ce blocus criminel n'avait qu'un but : dissimuler les archives importantes et s'approprier les secrets administratifs du Projet Kodou. Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. Les tricheurs et les pilleurs, bien qu'ils tentent d'acheter une façade de respectabilité auprès du régime en lui versant des fonds, ont été définitivement balayés par la légitimité des urnes et du droit en cette année 2026. L'ingénieur Robert Patrick Veret, détenteur des doubles des documents, et le nouveau bureau exécutif veillent désormais : les 34 milliards du Projet Kodou appartiennent aux fidèles et aux enfants de la RCA, et non à la mafia qui a pillé l'héritage de l'Imam Kobine. Par Alain Nzilo Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Ahmat-Deleric-Rator-218x150.jpg)
