quand les ministres créent leurs radios mille collines en violation de la loi sur la fonction publique
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/ministre-piri-dans-le-studio-de-sa-radio.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le ministre Bertrand Arthur Piri dans le studio de sa radio privée
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Après la Radio privée du ministre conseiller présidentiel Fidèle Gouandjika, le ministre de l’énergie Arthur Piri lance Liton FM dans sa propriété, défiant ouvertement la réglementation sur la fonction publique.
Le paysage médiatique centrafricain connaît une dérive inquiétante avec la multiplication des stations de radio du type radio mille colline, créées par des responsables gouvernementaux en exercice. Après Radio Gouandjika lancée par le conseiller présidentiel Fidèle Gouandjika, c’est au tour du ministre Arthur Piri de créer sa propre station, Liton FM, dans sa propriété d’Ombella Palace au PK 22 sur la route de Damara.
Cette nouvelle radio, installée dans le domaine personnel du ministre, interroge sur le respect de la déontologie et des textes régissant la fonction publique centrafricaine. Arthur Piri, candidat aux Élections législatives dans sa localité de Bégoua, semble vouloir utiliser ce média comme instrument de campagne électorale.
Selon les informations disponibles, cette station permettrait au ministre de “battre le compagnon pour appeler la population à voter”. Cette formulation confirme une utilisation partisane du média, transformant une station de radio en outil de propagande Politique au service d’intérêts personnels.
En outre, le Statut général de la Fonction publique centrafricaine est pourtant clair sur ce point : les fonctionnaires en exercice ne peuvent exercer d’activités privées incompatibles avec leurs fonctions publiques. La création et l’exploitation d’une station de radio privée entrent manifestement dans cette catégorie d’activités interdites.
Cette violation de la réglementation pousse les centrafricains à s’interroger sur l’impunité dont jouissent certains responsables gouvernementaux. Comment un ministre peut-il ouvertement défier les textes qu’il est censé respecter et faire respecter sans que cela n’entraîne de sanctions ?
L’exemple de la Radio Gouandjika avait déjà créé un précédent problématique. Cette station, créée par le conseiller présidentiel Fidèle Gouandjika, s’était rapidement transformée en tribune d’attaques personnelles et d’appels à la haine. Le ton employé sur cette antenne avait choqué par sa violence et sa vulgarité.
Avec Liton FM, c’est un deuxième membre du gouvernement qui suit cette voie dangereuse. Cette multiplication des radios gouvernementales privées témoigne d’une stratégie concertée de contrôle de l’information et de manipulation de l’opinion publique.
Ces créations de radios par des responsables en exercice posent aussi des questions sur l’équité du processus électoral. Comment garantir une campagne équitable quand certains candidats disposent de leurs propres stations de radio pour promouvoir leur candidature ?
L’installation de Liton FM dans la propriété personnelle du ministre Arthur Piri au PK 22 est un exemple parfait de cette appropriation privée des moyens de communication par les détenteurs du pouvoir. Cette privatisation de l’espace médiatique par les gouvernants transforme l’information en instrument de domination politique.
Cette dérive autoritaire s’inscrit dans un contexte plus large de dégradation de l’état de droit en République centrafricaine. Les responsables gouvernementaux semblent considérer que les lois ne s’appliquent pas à eux, créant un précédent dangereux pour l’ensemble de la société.
La localisation de ces radios dans les propriétés privées des ministres pose également des questions techniques et juridiques. Ces installations respectent-elles les normes de diffusion ? Ont-elles obtenu les autorisations nécessaires auprès des autorités compétentes ? Ces questions restent sans réponse claire.
L’utilisation de ces médias privés par des responsables publics crée aussi un conflit d’intérêts manifeste. Comment ces personnalités peuvent-elles prétendre servir l’intérêt général tout en utilisant leur position pour promouvoir leurs intérêts personnels et politiques ?
Cette multiplication des radios ministérielles risque de créer une fragmentation de l’espace médiatique où chaque responsable dispose de sa propre tribune, transformant le débat public en cacophonie de propagandes personnelles.
Zémio : quand l’armée centrafricaine se transforme en gang de racketteurs aux portes de la RDC
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/commandant-michael-banafio-de-zemio.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le commandant Michael Banafio, chef du détachement militaire à Zemio, dans le Haut-Mbomou
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Au bord de la rivière Mbomou, là où le territoire centrafricain touche la République Démocratique du Congo, les soldats des Forces Armées Centrafricaines ont installé leur propre péage. Pas un poste de contrôle sécuritaire. Pas un dispositif de surveillance frontalière. Non. Une simple machine à extorquer de l’argent aux pauvres gens qui tentent de survivre en traversant la frontière pour commercer.
Bienvenue à Zémio, préfecture du Haut-Mbomou, où l’uniforme militaire est devenu le costume préféré des bandits de grand chemin.
Chaque jour, des dizaines d’habitants de Zémio descendent vers les berges de la Mbomou. Certains vont acheter du sel, du sucre ou de l’huile en RDC pour les revendre de l’autre côté. D’autres attendent les commerçants congolais qui traversent avec leurs marchandises. C’est un ballet commercial vieux comme le fleuve lui-même, un mouvement naturel de survie économique dans une région où l’État n’a jamais rien construit, jamais rien apporté.
Mais voilà que les FACA ont flairé l’opportunité. Elles ont planté leur drapeau au bord de l’eau et décrété que désormais, chaque passage se paierait. Cash. Immédiatement. Sans reçu, évidemment.
Les montants ? Entre 10 000 et 50 000 francs CFA selon l’humeur du soldat, la tête du passager, ou le poids supposé de sa poche. Peu importe que tu sois un commerçant qui traverse trois fois par semaine, un réfugié qui rentre chez lui après des mois d’exil, ou une mère de famille qui va chercher de quoi nourrir ses enfants. Tu paies. Sinon, tu restes bloqué.
Imaginez la scène. Vous avez fui Zémio il y a six mois parce que les Mercenaires russes terrorisaient votre quartier. Vous avez vécu dans un camp de réfugiés en RDC, dans des conditions misérables, en attendant que la situation se calme. Vous apprenez que c’est plus tranquille maintenant. Vous décidez de rentrer. Vous traversez le fleuve avec vos maigres possessions. Et là, sur la berge centrafricaine, votre propre armée vous barre la route et vous réclame 10 000 francs pour fouler à nouveau le sol de votre pays.
Dix mille francs que vous n’avez pas. Que vous n’avez jamais eus. Alors vous faites demi-tour. Vous retournez en RDC. Vous restez réfugié. Parce que votre armée nationale vous a transformé en étranger sur votre propre terre.
Pour les commerçants, c’est l’asphyxie économique installée. Madame Françoise traverse chaque semaine vers Mboki, en RDC, pour acheter du savon qu’elle revend à Zémio. Son bénéfice normal : 5 000 francs par voyage. Mais maintenant, les FACA lui réclament 7500 francs à l’aller et autant au retour. Comment voulez-vous qu’elle continue ? Elle a arrêté. Comme des dizaines d’autres petits commerçants qui faisaient vivre leurs familles de ce trafic transfrontalier.
L’économie locale, déjà exsangue, vient de recevoir le coup de grâce. Mais les soldats FACA, eux, s’enrichissent. Ils ont trouvé leur mine d’or : les pauvres gens qui n’ont pas le choix.
Si le racket au bord du fleuve était le seul problème, ce serait déjà scandaleux. Mais les FACA de Zémio ont inventé un deuxième système, encore plus pervers, pour remplir leurs poches.
Elles arrêtent les jeunes. N’importe quel jeune. Sur n’importe quel prétexte. Le prétexte préféré ? Les cicatrices.
Vous avez une marque sur le bras ? Une cicatrice sur le torse ? Des traces de scarifications traditionnelles pratiquées dans votre ethnie depuis des générations ? Alors vous êtes suspect. Suspect de quoi ? D’être un milicien Azandé, évidemment.
La logique des FACA est imparable dans sa stupidité : les miliciens Azandé se cachent dans la brousse et viennent parfois en ville pour boire, s’amuser ou acheter des provisions. Ces miliciens ont souvent des cicatrices rituelles sur le corps. Donc, si tu as des cicatrices, tu es forcément un milicien qui se planque en ville.
Sur cette base “juridique” solide comme du sable, les FACA interpellent, embarquent, emprisonnent. Et ensuite ? Elles envoient un émissaire à la famille avec un message simple : “Ton fils est au cachot. Il est accusé d’être un milicien Azandé. Si tu veux le revoir, apporte 200 000 francs.”
Pas de procès. Pas d’enquête. Pas de preuve. Juste une accusation inventée et une demande de rançon. C’est du kidnapping légalisé par l’uniforme.
Jean-Pierre a 24 ans. Il vend des arachides au marché de Zémio. Il a sur le bras gauche trois scarifications en forme de lignes parallèles, un signe identitaire de son clan. Un matin, en allant au marché, il croise une patrouille FACA. Un soldat remarque les cicatrices. “C’est quoi ça sur ton bras ?”. Jean-Pierre explique. Le soldat sourit . “Milicien. Tu viens avec nous”.
Jean-Pierre passe trois semaines au cachot. Sa mère vend sa récolte de manioc. Son père emprunte auprès d’un voisin à 50% d’intérêt. Ses sœurs abandonnent l’école pour travailler aux champs. La famille réunit péniblement 180 000 francs. Les FACA acceptent, exceptionnellement, vu les circonstances. Jean-Pierre sort. Il n’a jamais touché une arme de sa vie. Il n’a jamais fréquenté aucun groupe armé. Mais sa famille est ruinée pour des années.
Cette histoire n’est pas unique. Elle se répète chaque semaine à Zémio. N’importe quel jeune peut être arrêté à tout moment. Il suffit que les FACA décident qu’il a “une tête de milicien” ou “des marques suspectes”. Et hop, direction le cachot. Et la famille doit se débrouiller pour trouver la rançon.
Les jeunes de Zémio vivent désormais dans la terreur. Ils évitent de croiser les patrouilles FACA. Ils portent des manches longues pour cacher leurs cicatrices. Certains ne circulent plus. La ville est devenue une prison à ciel ouvert où les geôliers portent l’uniforme national.
Les FACA ont transformé Zémio en zone de chasse. Elles chassent les civils. Elles les traquent, les capturent, les mettent en cage, et demandent une rançon pour les relâcher. Ce n’est plus une armée. C’est une organisation criminelle qui opère sous couvert de lutte contre les groupes armés.
Le plus révoltant dans cette histoire ? Les vrais miliciens Azandé, eux, ne sont jamais inquiétés. Ils sont dans la brousse, armés jusqu’aux dents, et les FACA ne les cherchent même pas. C’est tellement plus facile et plus rentable d’arrêter des jeunes désarmés au marché et de rançonner leurs familles.
Cette situation à Zémio n’est pas un fait exceptionnel. Ce n’est pas le résultat de quelques soldats indisciplinés qui auraient dérapé. Non. C’est un système. Un système organisé, toléré, encouragé par la hiérarchie militaire.
Les FACA déployées à Zémio ne reçoivent souvent pas leurs primes globales d’alimentation (PGA). Parfois pendant des années. Alors le commandement leur donne un message implicite : débrouillez-vous. Vivez sur la population. Prélevez votre dû directement sur les civils. Le racket devient le mode de rémunération officieux de l’armée.
Et ce système ne concerne pas que Zémio. Partout en Centrafrique, les FACA installent des barrières, créent des “taxes”, arrêtent arbitrairement des civils et demandent de l’argent. À Bossangoa, à Bambari, à Bria, à Ndassima, le scénario est identique. L’armée nationale est devenue une armée d’occupation qui pille son propre peuple.
Comment en est-on arrivé là ? La réponse tient en un mot : Wagner.
Depuis que les mercenaires russes du groupe Wagner ont pris le contrôle des FACA, ils leur ont enseigné leurs méthodes. Les instructeurs russes ne forment pas des soldats professionnels qui protègent les civils. Ils forment des prédateurs qui terrorisent la population.
Les mercenaires de Wagner eux-mêmes pratiquent le pillage partout où ils opèrent. À Ndassima, ils tuent les ouvriers miniers. À Bossangoa, ils pillent les petits villages voisins. À Bowaye, ils confisquent les vivres distribués par la Croix-Rouge. Les FACA, formées par Wagner, ont simplement copié le modèle.
La plainte déposée le 8 octobre 2025 à la Cour Pénale Internationale documente en détail comment les FACA sont passées sous contrôle de facto des mercenaires russes. Dans un rapport couvrant la période juillet 2020 à juin 2021, les Nations Unies ont recensé 526 violations des droits humains en RCA. Près de 46% de ces violations étaient attribuables aux FACA et aux instructeurs russes.
Les FACA ne sont plus l’armée nationale centrafricaine. Elles sont devenues les supplétifs de Wagner, une milice au service de Touadéra et des intérêts russes. À Zémio comme ailleurs, elles appliquent la doctrine Wagner : terroriser, racketter, piller.
Et le commandement ? Il ferme les yeux. Le ministre de la Défense Claude Rameaux Bireau laisse faire. Le Chef d’État-Major Zéphirin Mamadou ne sanctionne personne. Touadéra décore les mercenaires de Wagner pendant que les FACA formées par ces mêmes mercenaires rackettent la population.
Il y a quelques mois, lors d’une opération militaire dans la région de Zémio, un soldat FACA avait déclaré dans une vidéo devenue virale : “Nous sommes formés pour tuer et non pour rire”.
Cette phrase résume tout. Les FACA ne se cachent même plus. Elles assument leur brutalité. Elles se vantent d’être des machines à tuer. Et maintenant, elles ajoutent une fonction : machines à racketter.
À Zémio, cette doctrine s’applique quotidiennement. Les soldats ne rient pas quand ils réclament 10 000 francs à un réfugié qui rentre chez lui. Ils ne rient pas quand ils arrêtent un jeune innocent et demandent une rançon à sa famille. Ils font leur travail. Le travail pour lequel Wagner les a formés.
Les habitants de Zémio sont pris au piège. D’un côté, les miliciens Azandé qui attaquent les positions des forces de l’ordre. De l’autre, les FACA qui les rackettent et les emprisonnent. Ils n’ont nulle part où se tourner. Leur propre armée est devenue leur ennemie.
UNOPS : Arnaque de 16.250 FCFA par jour pendant 6 ans, Olga Lubazandio accuse New York d’une erreur incroyable
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/manifestation-devant-la-Minusca–Bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Manifestation des ex-employés de la Minusca devant le siège à Bangui. Photo CNC
Madame Olga Lubazandio, représentante de l’UNOPS, a rencontré le bureau sortant des contractuels individuels pour leur annoncer que le montant de 36.250 FCFA figurant sur leurs bulletins de paie durant plus de six ans constituait une erreur provenant du siège de New York. L’organisation maintient donc le paiement journalier à 20.000 FCFA, soit une différence de 16.250 FCFA par jour.
Cette rencontre fait suite à la controverse déclenchée par la découverte d’un écart significatif entre le montant inscrit sur les fiches de paie et celui effectivement versé aux travailleurs. Pendant plus de six ans, les 6.000 contractuels individuels répartis dans les 20 préfectures de Centrafrique ont reçu manuellement 20.000 FCFA alors que leurs bulletins mentionnaient 36.250 FCFA.
Face à cette annonce, le bureau sortant a demandé à Madame Lubazandio d’être présente le 24 octobre lors de l’assemblée générale pour expliquer directement aux contractuels individuels la position de l’UNOPS. La responsable a décliné cette invitation, indiquant qu’elle serait absente de Bangui à cette date.
Cette absence programmée provoque des interrogations parmi les travailleurs qui y voient une volonté d’éviter la confrontation directe avec les principaux concernés. Les contractuels individuels estiment que l’explication mérite d’être donnée en personne devant l’ensemble des travailleurs.
L’argument d’une erreur administrative provenant de New York pousse les contractuels à se poser des questions juridiques. En droit, le principe veut que l’erreur de l’administration profite aux usagers et non l’inverse. Lorsqu’une organisation verse des salaires sur la base de documents officiels pendant plusieurs années, elle ne peut subitement invoquer une erreur pour réduire les montants dus.
Le fait que ces bulletins aient été produits pendant plus de six ans sans correction pose également problème. Ces documents ont été élaborés localement à Bangui et non à New York, ce qui fragilise l’argument d’une erreur provenant du siège international. Comment l’ONU, une institution de cette envergure, peut-elle commettre une telle erreur pendant des années sur des fiches de paie sans s’en apercevoir ?
Les 6.000 contractuels individuels menacent désormais d’entrer en grève. Sur leur forum de discussion, les témoignages se multiplient et la tension monte. Ces travailleurs, qui ne bénéficient d’aucune couverture sociale ni garantie de retraite, considèrent que l’UNOPS cherche à les priver de montants qui leur sont légitimement dus.
La situation reste tendue à l’approche de l’assemblée générale du 24 octobre, où les contractuels comptent exiger des réponses claires sur leurs revendications salariales. L’absence annoncée de la représentante de l’UNOPS risque d’aggraver le climat social déjà fragile.
Insécurité à Amdafock : deux personnes grièvement blessées par des bandits soudanais armés
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/le-blesse-de-amdafock-dans-la-prefecture-de-la-vakaga.jpg” data-wpel-link=”internal”>L’un des deux blessés d’attaque des bandits soudanais à 15 kilomètres d’Amdafock, dans la préfecture de la Vakaga, au nord de la RCA
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Deux personnes ont été attaquées ce mardi 14 octobre 2025 dans l’après-midi lors d’une attaque de bandits armés soudanais dans le village de Dan-Ngoré, situé à 15 kilomètres de la ville d’Amdafock, dans le nord-est de la République centrafricaine.
En effet, selon des informations recueillies par la rédaction du CNC, les deux victimes se rendaient au village de Dan-Ngoré pour récolter des fruits champêtres lorsqu’elles ont été prises pour cible par des bandits armés soudanais, vers 15 heures. Les assaillants ont ouvert le feu à balles réelles sur les deux personnes, qui ont été transportées d’urgence à l’hôpital d’Amdafock où elles reçoivent des soins. Mais quelques heures plus tard, l’une des deux victimes est morte suite de ses blessures.
Rappelons que la sous-préfecture d’Amdafock reste sous tension, avec une population qui fait face aux exactions de groupes armés soudanais. Ces incidents violents se multiplient à l’approche des Élections groupées et du recensement général de la population prévus dans le pays.
Maître Misaël Wouya, ressortissant d’Amdafock, contacté par CNC, a lancé un appel pressant au gouvernement centrafricain. “Nous demandons au gouvernement de tourner la face sur cette communauté située aux frontières stratégiques de la République Centrafricaine pour renforcer la sécurité, défendre la cause et le bien-être de cette population en péril”, a-t-il déclaré.
La population d’Amdafock réclame un renforcement urgent des dispositifs de sécurité dans cette zone frontalière stratégique. La préfecture de la Vakaga, à la frontière avec le Soudan, demeure l’une des régions les plus vulnérables du pays face aux incursions de groupes armés soudanais. Ces cas d’insécurité se produisent de façon récurrente, mettant en péril la vie quotidienne des habitants de cette communauté frontalière.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/guy-alain.jpg” data-wpel-link=”internal”>Guy Aimé Nzawagbossa, président fondateur du parti politique Ngoï Ti Changement (NTC).
Entre promesses creuses et bilan catastrophique, la classe politique centrafricaine trouve-t-elle enfin sa voix ou s’enlise-t-elle dans l’illusion ?
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Guy Aimé Nzawagbossa débarque sur la scène politique centrafricaine avec la fougue du débutant et l’assurance de celui qui n’a jamais gouverné. Face à lui, Faustin-Archange Touadéra, l’homme qui après dix années au pouvoir, livre un pays sous tutelle étrangère où les mercenaires russes du groupe Wagner font la loi. Mais entre ces deux hommes, qui dit vraiment la vérité au peuple centrafricain ?
Cette confrontation entre le novice et le fossoyeur montre clairement tout le drame centrafricain. Quand Guy Aimé Nzawagbossa critique “l’absence de vision stratégique” de Touadéra, il enfonce une porte ouverte. Dix ans de règne pour aboutir à quoi ? Un pays où les forces russes contrôlent les mines, tuent, pillent, où les populations civiles sont prises en étau entre groupes armés et mercenaires, où l’État centrafricain n’existe que sur le papier. Le président fondateur du NTC Guy Aimé Nzawagbossa a-t-il tort de dresser un tableau apocalyptique ? Les faits parlent d’eux-mêmes : électricité fantôme, jeunes diplômés au chômage, coût de la vie explosé, souveraineté bradée. Touadéra avait dix ans pour redresser le pays. Le résultat ? Un chaos organisé sous surveillance des Wagner.
Mais au-delà des critiques, c’est la dimension régionale qui interpelle. Guy Aimé Nzawagbossa cite le Burkina Faso d’Ibrahim Traoré comme modèle. Provocateur ? Peut-être. Mais quand on voit un pays qui, malgré ses défis, refuse la tutelle étrangère et tente de reprendre son destin en main, la comparaison avec une Centrafrique sous perfusion russe fait mal. Le Bénin de Talon ? Le Rwanda de Kagame ? Ces dirigeants, malgré leurs méthodes contestables, ont au moins développé leurs pays. Touadéra, lui, a-t-il autre chose à montrer que des accords miniers signés avec Moscou et une population toujours plus appauvrie ? Ces comparaisons démontrent surtout l’ampleur du désastre centrafricain après une décennie de gouvernance Touadéra.
Cependant, entre les promesses et la réalité du pouvoir, le fossé reste béant. “Rétablissement obligatoire de l’électricité”, “inspecteurs du travail”, “projets communautaires”… Les solutions de Nzawagbossa sonnent effectivement comme un catalogue de bonnes intentions. Mais face à quoi ? Face à un pouvoir qui en dix ans n’a même pas réussi à électrifier Bangui correctement ! Certes, gouverner c’est prévoir, financer, négocier. Mais Guy Aimé Nzawagbossa peut-il vraiment faire mieux que Touadéra ? Un président qui a hypothéqué l’avenir du pays aux intérêts russes, qui a laissé les mercenaires Wagner s’installer durablement en massacrant la population civile, qui assiste impuissant à la paupérisation de son peuple ?
D’ailleurs, sur la question de l’autonomie politique, les positions divergent radicalement. “Nous ne sommes pas dans la logique des alliances opportunistes”, clame le leader du NTC Guy Aimé Nzawagbossa. Face à un Touadéra qui a fait de l’opportunisme avec Moscou sa ligne de conduite, cette déclaration résonne comme un espoir. L’indépendance de Guy Aimé Nzawagbossa n’est peut-être que de l’isolement, mais au moins ce n’est pas de la soumission. Quand on voit où ont mené les “alliances stratégiques” de Touadéra avec la Russie, l’isolement diplomatique semble presque préférable à la vassalité.
Pourtant, une interrogation fondamentale demeure sur la légitimité même du président sortant. Dix ans au pouvoir pour en arriver là ? Des mercenaires russes qui contrôlent les ressources, des populations terrorisées, une économie exsangue, une jeunesse sans espoir… Touadéra n’a pas hérité d’une mission impossible, il a créé une catastrophe durable. Les 20 000 jeunes recrutés dans l’armée ? Pour servir d’auxiliaires aux forces russes. Les infrastructures construites ? Lesquelles exactement ? La paix retrouvée ? Quelle paix quand Wagner quadrille le territoire et impose sa loi ?
Finalement, l’équation politique se résume à un choix terrible mais éclairant. Le nouveau candidat manque d’expérience, c’est certain. Il promet sans garanties, propose sans moyens détaillés. Mais face à Touadéra qui a eu dix ans pour prouver son incompétence totale, l’inexpérience de Guy Aimé Nzawagbossa ressemble presque à un atout. Au moins, lui n’a pas encore bradé la souveraineté nationale, n’a pas encore livré les ressources du pays aux appétits étrangers, n’a pas encore transformé l’armée nationale en supplétifs de mercenaires.
L’échéance de décembre 2025 s’annonce donc comme un moment de vérité historique. Entre l’incompétence avérée de Touadéra et les promesses incertaines de Guy Aimé Nzawagbossa , le choix semble cruel pour les Centrafricains. Mais ont-ils vraiment le choix de reconduire un homme qui a dilapidé dix années et hypothéqué l’avenir du pays ? Décembre 2025 dira si les électeurs préfèrent continuer la descente aux enfers ou tenter l’aventure du changement. Car au final, après dix ans de Touadéra, même l’incertitude de Nzawagbossa pourrait ressembler à un espoir. Reste à savoir si ce dernier saura être à la hauteur des attentes ou s’il ne sera qu’un énième déçu de plus dans l’histoire politique centrafricaine. Une chose est sûre : il ne peut pas faire pire que son prédécesseur.
Ouadda-Maïkaga : deux soldats FACA désertent, affamés par le non paiement de leur PGA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Des-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-du-chantier-minier-de-Keye-a-10-kilometres-de-Ouanda-Djalle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Des soldats FACA et leurs supplétifs russes noirs de retour du chantier minier de Keye, à 10 kilomètres de Ouanda-Djallé sur l’axe de Ouadda-Maïkaga
À Ouadda-Maïkaga, sous-préfecture de la Haute-Kotto au nord de la République Centrafricaine, deux soldats des Forces Armées Centrafricaines ont déserté la semaine dernière. Un caporal-chef et un soldat ont quitté leur poste pour rejoindre Bria, avec l’espoir de rentrer ensuite à Bangui. Leur motivation ? La faim. L’abandon total. L’impossibilité de survivre dans les conditions dans lesquelles l’État-Major les a plongés.
Ces deux soldats ne sont pas des lâches. Ce ne sont pas des déserteurs par conviction. Ce sont des hommes poussés au désespoir par un système qui les envoie mourir de faim dans des zones reculées pendant que leurs supérieurs s’enrichissent sur leur dos.
La cause de cette désertion ? L’arrêt depuis plus de 6 ans du paiement de la Prime Globale d’Alimentation (PGA) pour les soldats déployés en province. Cette prime est censée permettre aux soldats de se nourrir lorsqu’ils sont déployés loin de Bangui, dans des zones où l’armée ne fournit ni nourriture ni logistique. Mais depuis plusieurs années, cette prime n’est plus payée.
Les soldats FACA déployés à Ouadda-Maïkaga et dans d’autres villes de province se retrouvent donc sans ressources pour se nourrir. L’État-Major ne leur envoie ni vivres, ni argent. Ils sont abandonnés à leur triste sort, livrés à eux-mêmes dans des villes isolées où ils doivent trouver de quoi manger par leurs propres moyens.
Et comment des soldats affamés, sans salaire payés sur place, sans prime d’alimentation, peuvent-ils survivre ? En se payant sur la population. En érigeant des barrages routiers. En rackettant les passagers, les motocyclistes, les véhicules. En taxant les commerçants sur les marchés. En transformant leur uniforme militaire en licence pour voler.
C’est exactement ce qui se passe à Ouadda-Maïkaga. Les soldats FACA y ont installé des checkpoints où ils extorquent de l’argent à tous ceux qui passent. Sur le marché, ils “taxent” les commerçants.
Mais le plus scandaleux dans cette histoire, c’est que le capitaine commandant le détachement militaire d’Ouadda-Maïkaga a institutionnalisé ce racket. Il a instauré une taxe officielle sur le marché : chaque semaine, le marché doit lui verser au minimum 200 000 francs CFA. Ce qui fait 800 000 francs par mois.
Le capitaine justifie cette taxe en expliquant que c’est “pour nourrir l’armée nationale”. Selon lui, puisque l’État-Major ne paie plus la Prime Globale d’Alimentation, la population locale doit payer à la place pour que les soldats puissent manger. C’est sa manière de “compenser” le non-paiement de la PGA par l’État-Major.
Sauf que les soldats sous ses ordres ne voient jamais la couleur de cet argent. Les 800 000 francs mensuels collectés auprès de la population ne servent pas à nourrir les soldats. Ils servent à enrichir le capitaine. C’est pour lui. Pour son compte personnel. Pour qu’il devienne riche sur le dos de ses hommes et de la population.
Pendant que le capitaine empoche 800 000 francs par mois extorqués à la population sous prétexte de “nourrir l’armée”, ses soldats crèvent de faim. Ils n’ont rien à manger. Ils ne reçoivent ni la PGA, ni l’argent collecté par leur capitaine. Ils sont doublement volés : par l’État-Major qui ne les paie pas, et par leur propre commandant qui empoche l’argent collecté pour eux.
C’est cette situation intenable qui a poussé le caporal-chef et le soldat à déserter. Ils en ont eu assez. Assez d’avoir faim. Assez d’être abandonnés. Assez de voir leur capitaine s’enrichir pendant qu’eux survivent à peine. Ils ont pris leurs affaires et sont partis vers Bria, espérant pouvoir rentrer à Bangui et échapper à cet enfer.
Cette désertion n’est pas une exception. Ce n’est pas la première fois que Corbeau News documente des désertions de soldats FACA affamés et abandonnés en province. Cela se répète régulièrement partout dans le pays. Des soldats quittent leurs postes parce qu’ils ne peuvent plus survivre dans les conditions où l’État-Major les a plongés.
Et on ne peut pas leur en vouloir. Comment peut-on exiger d’un soldat qu’il reste à son poste quand il n’a rien à manger ? Quand il ne reçoit ni salaire, ni prime d’alimentation ? Quand son propre commandant vole l’argent collecté pour le nourrir ? Quand il est obligé de voler la population pour survivre ?
Ces soldats sont victimes d’un système totalement dysfonctionnel. L’État-Major des FACA n’a plus la capacité de diriger une armée nationale de cette taille. Il ne peut plus verser les primes d’alimentation. Il ne peut plus fournir la logistique nécessaire. Il a jeté l’éponge.
Le Chef d’État-Major Zéphirin Mamadou a abandonné ses soldats. Il les envoie en province sans leur donner les moyens de survivre. Il sait parfaitement que ses hommes n’ont pas de quoi manger. Il sait qu’ils sont obligés de racketter la population pour ne pas mourir de faim. Mais il ne fait rien. Il laisse pourrir la situation.
Pendant que les soldats FACA crèvent de faim à Ouadda-Maïkaga, l’État-Major à Bangui continue de fonctionner normalement. Les officiers supérieurs reçoivent leurs salaires. Ils roulent dans des 4×4. Ils vivent confortablement. Mais leurs hommes déployés en province sont abandonnés comme des chiens.
Cette situation crée un cercle vicieux mortel. Les soldats affamés et non payés deviennent des prédateurs qui terrorisent la population. Ils installent des barrières, ils rackettent, ils volent, ils brutalisent. La population finit par détester ces soldats qui la terrorisent. Et les soldats, conscients d’être détestés et incapables de continuer à vivre ainsi, désertent.
Le système s’effondre. L’armée se délite. Les soldats désertent. Ceux qui restent se transforment en bandits pour survivre. Les officiers corrompus profitent du chaos pour s’enrichir en volant l’argent destiné à leurs hommes. Et au final, c’est la population civile qui paie : elle est terrorisée par des soldats affamés transformés en criminels.
À Ouadda-Maïkaga, le capitaine qui empoche 800 000 francs par mois devrait être traduit devant un tribunal militaire. Il vole ses propres soldats. Il extorque la population sous un faux prétexte. Il enrichit personnellement pendant que ses hommes ont faim. C’est une trahison de son devoir de commandement.
Mais il ne sera jamais jugé. Parce que tous les officiers supérieurs font la même chose. Parce que le système entier est basé sur la corruption et le vol. Parce que l’État-Major lui-même a renoncé à payer et à nourrir correctement les soldats.
Les deux soldats qui ont déserté à Ouadda-Maïkaga devraient normalement être arrêtés et jugés pour désertion. C’est ce que prévoit le code de justice militaire. Mais comment peut-on condamner des hommes qui sont partis simplement parce qu’ils avaient trop faim pour rester ?
Ces soldats n’ont pas déserté par lâcheté. Ils n’ont pas fui le combat. Ils ont simplement refusé de continuer à mourir de faim pendant que leur capitaine s’enrichit et que l’État-Major les abandonne. Ils ont choisi la survie.
Cette situation à Ouadda-Maïkaga est la preuve que l’armée centrafricaine est en décomposition avancée. Une armée où les soldats désertent parce qu’ils ont faim n’est plus une armée. C’est une fiction. C’est une coquille vide qui continue d’exister sur le papier mais qui n’a plus aucune capacité opérationnelle réelle.
Et pendant que l’armée nationale s’effondre, qui contrôle réellement le terrain en Centrafrique ? Wagner. Les Mercenaires russes sont les seuls qui reçoivent leurs 10 milliards par mois régulièrement. Eux ne désertent pas. Eux ont de quoi manger. Eux ont du matériel. Eux sont payés.
Touadéra a fait un choix : payer Wagner plutôt que payer son armée nationale. Dix milliards par mois pour les mercenaires russes, zéro franc de Prime Globale d’Alimentation pour les soldats centrafricains. Le message est clair : Wagner est prioritaire, les FACA sont sacrifiées.
Le résultat est sous nos yeux : des soldats FACA qui désertent parce qu’ils ont faim, pendant que Wagner contrôle le pays. Une armée nationale qui se transforme en gang de racketteurs pour survivre, pendant que les mercenaires russes reçoivent leurs milliards.
Mais tant que Touadéra restera au pouvoir, rien ne changera. L’État-Major continuera d’abandonner ses soldats. Les officiers corrompus continueront de voler. Les soldats affamés continueront de racketter la population ou de déserter. Et Wagner continuera de recevoir ses 10 milliards mensuels pendant que l’armée nationale s’effondre.
Le Président Touadéra pris en flagrant délit de faux et usage de faux : des lois promulguées alors qu’il était à l’étranger
Le président du Conseil constitutionnel, M. Jean-Pierre WABOUE accueillant le président de la République M. Faustin-Archange Touadera de son retour de New York au États-Unis. Photo la Renaissance
Le président Touadéra vient d’être pris en flagrant délit de faux et usage de faux. Deux lois dérogeant au code électoral et à la loi sur l’ANE portent la date du 26 septembre 2025, jour où le président se trouvait encore à l’étranger.
Les documents officiels publiés montrent que la loi n°25.011 portant dérogation au code électoral et la loi n°25.012 portant dérogation à la loi sur l’ANE ont été promulguées le 26 septembre 2025 à Bangui. Ces deux textes portent la signature du Président Touadéra et la mention “Fait à Bangui, le 26 septembre 2025”.
Le problème est simple : le Président Touadéra n’était pas à Bangui le 26 septembre 2025. Le président avait quitté le pays depuis plus de trois semaines pour une tournée internationale qui l’avait conduit à Dubaï, au Maroc, en Angleterre, puis aux États-Unis pour participer aux travaux du Conseil de sécurité des Nations Unies. Il n’est rentré à Bangui que plusieurs jours après cette date.
Cette anti-datation constitue un faux en écriture publique. Un président ne peut pas légalement promulguer une loi depuis l’étranger en la datant d’un jour où il se trouvait physiquement dans le pays. La promulgation d’une loi est un acte juridique solennel qui nécessite la présence physique du chef de l’État sur le territoire national.
Cette manipulation des dates répond à une logique précise. Le Président Touadéra a convoqué le corps électoral le 29 septembre par décret. Mais cette convocation posait un problème juridique : elle intervenait avant la promulgation des lois dérogatoires au code électoral qui modifiaient les règles du scrutin.
En anti-datant ces lois au 26 septembre, soit trois jours avant la convocation du corps électoral, le régime tente de donner une apparence de légalité à un processus fondamentalement irrégulier. Cette manipulation vise à faire croire que tout a été fait dans l’ordre : d’abord les lois dérogatoires, ensuite la convocation électorale.
Ces deux lois modifient substantiellement les règles électorales. La loi n°25.011 change plusieurs dispositions du code électoral : augmentation du nombre d’assesseurs dans les bureaux de vote, réduction du nombre d’électeurs par isoloir, prolongation de la durée du scrutin jusqu’à 18 heures, modification des délais de publication des résultats.
La loi n°25.012 permet à l’ANE de recevoir l’aide d’“experts indépendants” mis à disposition par des entités extérieures. Cette disposition ouvre la porte à l’infiltration de l’ANE par des personnes désignées par le pouvoir sous couvert d’expertise technique.
Ces modifications interviennent à trois mois du scrutin, en violation du principe de stabilité des règles électorales. Mais le plus grave reste cette anti-datation qui transforme le président Touadera en faussaire.
Cette affaire témoigne du niveau d’anarchie institutionnelle atteint par le régime. Les lois sont promulguées à des dates fictives, les décrets violent la Constitution, les institutions fonctionnent hors de tout cadre légal. Nous ne sommes plus dans un État de droit mais dans un système où le président fabrique la réalité juridique selon ses besoins.
La question se pose maintenant : ces lois anti-datées sont-elles juridiquement valables ? Un texte promulgué fictivement un jour où le chef de l’État se trouvait à l’étranger peut-il avoir force de loi ? La réponse juridique devrait être négative. Mais en République centrafricaine de 2025, le droit ne compte plus.
Cette manipulation grossière des dates confirme que le régime du Président Touadéra fonctionne désormais en dehors de toute légalité. Le président Touadera signe des lois à des dates où il n’était pas dans le pays, convoque le corps électoral avant d’avoir promulgué les textes nécessaires, puis anti-date ces textes pour tenter de régulariser rétroactivement ses violations.
Ce faux et usage de faux constituerait normalement un crime passible de poursuites pénales. Mais qui poursuivra le président Touadera pour avoir falsifié des documents officiels ? Le procureur qui reçoit ses ordres ? Les juges qu’il nomme ? Le Conseil constitutionnel qu’il contrôle ?
Les Élections de décembre 2025 se dérouleront donc sur la base de lois anti-datées, promulguées fictivement par un président Touadera qui se trouvait à l’étranger au moment de leur signature. Cette farce juridique résume parfaitement ce que sera ce scrutin : une manipulation généralisée où même les dates sur les documents officiels sont fausses.
Centrafrique : à Ouadda-Maïkaga, le sous-préfet, laissant de côté son travail administratif, se lance dans le trafic des charmoute, écrasant au passage les commerçants
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/04/Brigade-de-la-gendarmerie-de-Ouadda.jpg” data-wpel-link=”internal”>Brigade de la gendarmerie de Ouadda-Maïkaga, dans la préfecture de la Haute-Kotto. CopyrightCNC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À Ouadda-Maïkaga , petite localité de la préfecture de la Haute-Kotto, nord de la République centrafricaine, une affaire alimente la colère des habitants. Le commerce de la charmoute, c’est-à-dire viande de bœuf séchée au soleil, très prisée dans tout le nord du pays , est désormais monopolisé par: le sous-préfet de Ouadda-Maïkaga et les agents du projet DCA.
Traditionnellement, la charmoute (aussi appelée kourou-Mbororo est produite et vendue par les riverains, qui paient leurs patentes et vivent de ce commerce artisanal. Mais selon de nombreux témoignages recueillis par la rédaction du CNC auprès de la population dans la région, des agents du DCA, se sont massivement lancés dans l’achat et la revente de charmoute.
Ces agents, pour la plupart étrangers, achètent directement auprès des producteurs locaux, revendent ensuite sur les marchés, et réalisent des bénéfices considérables. Le problème est double : non seulement ils sortent du cadre de leur mission initiale, mais surtout, ils concurrencent illégalement les commerçants locaux qui payent des patentes.
« Nous, les habitants, on paye les taxes. Mais eux, ils font le commerce de la charmoute sans autorisation et personne ne les inquiète », dénonce un commerçant du marché central.
Mais le plus spectaculaire est le sous-préfet qui est devenu commerçant de charmoute à ciel ouvert. Incroyable! Il faut noter que la situation est aggravée par l’implication directe de ce sous-préfet de Ouadda-Maïkaga. Celui qui devrait veiller à l’application de la loi et à l’ordre public, abandonne désormais son bureau pour parcourir les villages environnants à moto, acheter des sacs de charmoute et les revendre avec ses proches.
« C’est devenu son business personnel. Il se déplace jusqu’à 10 ou 15 km pour aller acheter la charmoute. Au lieu de s’occuper des dossiers de l’État, il fait le commerce comme un trafiquant », explique un notable local.
Pire encore, ce représentant de l’autorité publique ne cesse d’humilier les chefs de quartier en public, multipliant les crises de colère, alors qu’il se livre lui-même à des activités commerciales indignes de sa fonction : être boucher.
La colère des habitants est d’autant plus forte qu’ils subissent une double injustice. Lorsqu’un commerçant local transporte de la charmoute pour l’acheminer à Bangui ou vers d’autres villes, il est automatiquement arrêté aux barrages routiers, contraint de payer des taxes et des frais multiples.
Mais pour les agents du DCA et pour le sous-préfet, aucune barrière : leurs activités sont tolérées, leurs cargaisons passent sans difficulté. Ce traitement inégal nourrit un sentiment de frustration et de révolte dans la population.
« Quand nous, on transporte 10 kilos de charmoute, on nous rackette sur la route. Mais eux, ils transportent des sacs entiers sans aucun problème », explique un commerçant local.
La charmoute est l’un des produits les plus consommés dans le nord du pays. Sa viande séchée, résistante à la chaleur et facile à conserver, se vend cher sur les marchés. Pour les familles, c’est une activité économique vitale.
Le détournement de cette ressource par des autorités locales transforme une activité traditionnelle en trafic organisé. Le sous-préfet, censé représenter l’État, et les agents du DCA, censés développer les projet de leur organisation, se retrouvent en première ligne de ce commerce lucratif.
Les habitants parlent d’un « business parallèle » qui détruit leurs moyens de subsistance et alimente la corruption.
Les services des eaux et forêts, présents dans la ville, sont accusés de fermer les yeux sur ce trafic. Aucun contrôle, aucune sanction, aucune régulation. « Ils laissent faire, comme si de rien n’était », témoigne un producteur.
Ce silence est interprété comme une complicité tacite. En échange de quelques avantages, certains agents tolèreraient un commerce qui affaiblit les producteurs locaux.
Procès Mahamat Saïd à la CPI : les plaidoiries finales programmées du 25 au 27 novembre 2025
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/01/mahamat-Said-Abdel-Kani-devant-la-cpi.jpg” data-wpel-link=”internal”>mahamat-Said-Abdel-Kani-devant-la-cpi – RCA : première comparution de Monsieur Mahamat Saïd devant la CPI
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La Cour Pénale Internationale (CPI) a annoncé que les déclarations de clôture dans l’affaire Le Procureur contre Mahamat Saïd Abdel Kani auront lieu du 25 au 27 novembre 2025 au siège de la Cour à La Haye, Pays-Bas, à partir de 9h30 (heure de La Haye) dans la salle d’audience 1.
En tant qu’ancien commandant présumé de la Séléka, Mahamat Saïd est accusé de crimes contre l’humanité (emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique, torture, persécution, et autres actes inhumains), et de crimes de guerre (torture, traitements cruels et atteintes à la dignité de la personne) qui auraient été commis à l’Office Central de Répression du Banditisme (OCRB) à Bangui en 2013.
Des conclusions orales seront présentées par le Bureau du Procureur, les Représentants légaux des victimes et la Défense. Ces conclusions peuvent être suivies de questions de la Chambre. À la suite de ces conclusions, les juges commenceront leurs délibérations et le jugement sera prononcé en temps voulu.
La Chambre de première instance VI est composée de Mme la juge Miatta Maria Samba (juge présidente), Mme la juge Socorro Flores Liera, M. le juge Sergio Gerardo Ugalde Godínez, et M. le juge Keebong Paek (juge suppléant).
Le procès dans cette affaire s’est ouvert le 26 septembre 2022, il y a donc plus de trois ans. L’Accusation a terminé la présentation de ses preuves le 15 novembre 2024, la Chambre ayant entendu la déposition de 58 témoins de l’Accusation. Le 17 mars 2025, la Défense a appelé son premier témoin et a conclu sa présentation des preuves le 2 septembre 2025. Le 25 septembre 2025, l’Accusation et le Représentant légal des victimes ont soumis leurs mémoires en clôture, et celui de la Défense devrait être déposé prochainement.
Ce procès est important pour la Centrafrique car il concerne des crimes commis pendant la période sombre de 2013, lorsque la coalition Séléka avait pris le pouvoir et terrorisé la population de Bangui. L’OCRB, sous contrôle de la Séléka, était devenu un lieu de torture et de détention arbitraire où des centaines de Centrafricains ont été emprisonnés, torturés et tués.
Mahamat Saïd Abdel Kani, en tant que commandant présumé de la Séléka, est accusé d’avoir organisé ou permis ces crimes contre l’humanité et ces crimes de guerre. Son procès à La Haye représente une des rares occasions pour les victimes centrafricaines d’obtenir justice pour les atrocités commises pendant cette période.
Les plaidoiries finales qui auront lieu du 25 au 27 novembre 2025 marqueront la fin de la phase des débats. Après ces plaidoiries, les juges se retireront pour délibérer. Le jugement ne sera prononcé qu’après ces délibérations, dont la durée peut varier de quelques mois à plus d’un an selon la complexité du dossier.
Pour les victimes centrafricaines qui ont témoigné dans ce procès, pour les familles de ceux qui ont été torturés et tués à l’OCRB, ces plaidoiries finales représentent un moment crucial. C’est la dernière occasion pour l’accusation et les représentants des victimes de convaincre les juges de la culpabilité de Mahamat Saïd. C’est aussi la dernière occasion pour la défense de plaider l’innocence de l’accusé.
Des informations pratiques, notamment sur les modalités pour assister aux déclarations de clôture ou comment les visionner, seront communiquées à l’approche de la date de l’audience. Les Centrafricains qui souhaitent suivre ces plaidoiries pourront le faire en ligne, la CPI diffusant généralement les audiences publiques sur son site internet.
Ce procès rappelle que malgré l’impunité qui règne en Centrafrique, malgré le fait que la plupart des criminels de guerre centrafricains ne sont jamais jugés, la justice internationale existe et peut, dans certains cas, poursuivre les responsables des pires crimes.
Pendant que Mahamat Saïd est jugé à La Haye pour des crimes commis en 2013, d’autres criminels continuent de terroriser la population centrafricaine en toute impunité. Les mercenaires de Wagner commettent des massacres, des viols, des pillages sans jamais être inquiétés. Des leaders de groupes armés siègent au gouvernement. Des responsables d’exactions occupent des postes de responsabilité.
Le procès de Mahamat Saïd montre ce qui devrait se passer : les criminels de guerre jugés, les victimes entendues, la justice rendue. Mais il montre aussi, par contraste, l’échec total du système judiciaire centrafricain incapable de poursuivre les auteurs de crimes graves commis sur son territoire.
Romaric Sangou Zirani, démis de ses fonctions à la demande de Wagner, est tombé dans un piège tendu par les mercenaires russes qui l’ont capturé à son domicile à Bangui ce mardi 14 octobre 2025.
Un coup de filet spectaculaire mené par les mercenaires russes de Wagner vient d’agiter la capitale centrafricaine ce mardi soir. Romaric Sangou Zirani, ancien sous-préfet de Zémio, a été arrêté à son domicile à Bangui dans l’après-midi de ce mardi 14 octobre 2025. Son domicile a été entièrement saccagé lors de l’opération menée par les forces paramilitaires russes.
Cette arrestation confirme un stratagème minutieusement préparé par les mercenaires russes. Démis de ses fonctions il y a quelques mois à la demande expresse du chef des mercenaires russes, l’ancien sous-préfet vivait caché à Bangui, craignant pour sa vie. Mais c’est son investiture comme candidat du MCU (Mouvement Cœurs Unis) aux Élections législatives à Zémio qui lui a été fatale. Croyant pouvoir sortir de sa cachette pour mener ses activités politiques, Romaric Sangou Zirani est tombé dans un guet-apens soigneusement élaboré. Les mercenaires russes, en complicité avec le gouvernement, avaient délibérément attendu qu’il sorte au grand jour pour refermer le piège sur lui.
Le paradoxe de cette affaire réside dans le fait que Romaric Sangou Zirani entretenait initialement des liens étroits avec les mercenaires russes. Lors de l’arrivée des forces Wagner à Zémio le 24 mai 2024, il se trouvait aux côtés du chef des mercenaires, un certain Monsieur Dimitri Siti, et collaborait étroitement avec eux. Mais la situation s’est rapidement détériorée. Les raisons de cette rupture brutale restent floues, mais les mercenaires russes ont décidé de “l’attraper”. Alerté du danger, Sangou Zirani avait pris la fuite vers Bangui où il s’était terré, espérant échapper à ses anciens alliés devenus ses chasseurs.
Cette arrestation s’inscrit dans une campagne plus large menée par Wagner sur le territoire centrafricain. Selon nos sources, “les Russes ont décidé de tout nettoyer”, éliminant systématiquement toute personne perçue comme une menace ou un obstacle à leurs opérations dans le pays. Le sort réservé à Sangou Zirani soulève de vives inquiétudes. Actuellement détenu par les mercenaires russes, son état et ses conditions de détention demeurent inconnus. Son domicile ayant été “totalement saccagé” lors de son arrestation, les craintes pour sa sécurité sont légitimes.
Cette affaire confirme l’emprise croissante des forces paramilitaires russes sur l’appareil d’État centrafricain. Le fait que Wagner puisse obtenir la destitution d’un sous-préfet, puis mener son arrestation en coordination avec le gouvernement, montre le degré d’influence atteint par ces mercenaires dans le pays. L’utilisation de l’investiture politique comme appât pour capturer un homme en fuite soulève également des questions troublantes sur l’intégrité du processus électoral en cours et sur les véritables maîtres du jeu politique en République centrafricaine.
Alors que les Élections du 28 décembre approchent dans un climat déjà tendu, cette arrestation ne fera qu’alimenter les accusations de l’opposition concernant la militarisation de la vie politique et le climat d’intimidation qui règne dans le pays. Le cas de Romaric Sangou Zirani pourrait n’être que la partie émergée d’un iceberg bien plus imposant.
Madagascar chasse son président pour des coupures d’eau et d’électricité, et les Centrafricains, eux, acceptent tout et le Président, gonflé par Wagner, veut briguer un troisième mandat
Des résidents et des manifestants applaudissent et brandissent des banderoles alors qu’ils se rassemblent pour un rassemblement de la société civile devant l’hôtel de ville d’Antananarivo, le 13 octobre 2025.
Madagascar vient de connaître sa cinquième crise politique depuis l’indépendance en 1960. Le président Andry Rajoelina, réélu en 2023 après avoir muselé toute opposition, a quitté le pouvoir dans les mêmes conditions que son prédécesseur : à bord d’un avion français. La cause ? Des coupures d’eau et d’électricité, ainsi que la corruption systémique au sein des institutions.
Tout a commencé le 26 septembre 2024, lorsque des milliers de jeunes Malgaches sont descendus dans les rues d’Antananarivo pour agiter leurs portables comme des torches, afin de protester contre les coupures d’eau et d’électricité, ainsi que pour dénoncer la corruption systémique au sein des institutions et la pauvreté extrême qui touche une grande partie de la population.
La situation a basculé le weekend dernier. Andry Rajoelina a dénoncé samedi “une tentative de prise du pouvoir illégale actuellement en cours”, tandis que l’unité militaire Capsat, qui avait joué un rôle clé lors de sa première accession au pouvoir, s’est retournée contre lui. Sous la pression de “Gen Z Madagascar”, un collectif lancé mi-septembre sur les réseaux sociaux, le président a finalement été contraint de fuir.
Cette histoire malgache devrait interpeller profondément les Centrafricains. Parce que si on compare la situation à Madagascar avec ce qui se passe en Centrafrique, les Malgaches ont chassé leur président pour des problèmes que les Centrafricains vivent quotidiennement depuis des années sans jamais réagir.
Des coupures d’eau et d’électricité ? À Madagascar, cela a suffi pour déclencher des manifestations massives qui ont renversé un président. Mais en Centrafrique, l’électricité n’existe pratiquement pas. L’eau courante est un luxe que seule une minorité de Bangui peut s’offrir. Et pourtant, personne ne manifeste. Personne ne descend dans les rues. Les Centrafricains acceptent cette situation comme une fatalité.
Pendant dix ans, le régime Touadéra a fait des promesses sur l’électricité : “On va rétablir”, “On va arranger”, “Ça va marcher bientôt”. Dix ans de promesses vides. Dix ans d’attente. Et la situation ne fait qu’empirer de jour en jour. Les quelques heures d’électricité que Bangui recevait auparavant à l’époque de la transition ont diminué. Les coupures sont devenues la norme. Et les Centrafricains continuent à attendre patiemment.
Si on parle de corruption à Madagascar, qu’est-ce qu’on dira de la Centrafrique ? Chez nous, c’est le palais des corrupteurs. C’est le royaume de la corruption en Afrique. La Centrafrique est classée parmi les pays les plus corrompus au monde. Les dirigeants volent, détournent, commettent des crimes économiques en toute impunité. Et que font les Centrafricains ? Ils disent “tant pis, on vit avec”.
Les gens volent ? Tant pis, on vit avec. Les gens détournent ? Tant pis, on vit avec. Les gens commettent des crimes ? Tant pis, on vit avec. Il n’y a personne pour lever le doigt. Personne pour dire non. Personne pour exiger des comptes. Les Centrafricains ont accepté de vivre dans la corruption, la misère, l’insécurité, sans jamais se révolter.
Pourquoi cette différence entre les Malgaches et les Centrafricains ? Pourquoi les Malgaches descendent dans les rues pour des coupures d’eau et d’électricité, alors que les Centrafricains acceptent de vivre sans eau, sans électricité, sans services publics, sans rien ?
La réponse tient en un mot : Wagner. Les Centrafricains ont peur de Wagner. Ils disent que Wagner va prendre les gens, les torturer, les tuer. Cette peur paralyse toute velléité de protestation. Le régime Touadéra, protégé par les Mercenaires russes, a instauré un climat de terreur qui empêche les Centrafricains de revendiquer leurs droits.
Mais cette peur n’explique pas tout. Il y a aussi une absence de conscience collective, une résignation face à l’injustice, un manque de solidarité qui font que chaque Centrafricain souffre individuellement sans jamais se joindre aux autres pour exiger le changement.
Au Kenya, s’il y a une coupure d’électricité de deux heures, les manifestations éclatent immédiatement. Les gens descendent dans les rues, protestent, et très rapidement le gouvernement règle la situation. Au Sénégal, pareil. Au Madagascar, pareil. Partout en Afrique, les populations se mobilisent quand leurs conditions de vie se détériorent.
Mais en Centrafrique, quand le gouvernement fait n’importe quoi, les gens disent “pardon”. Imaginez : au marché Combattant, dans le huitième arrondissement, le gouvernement est arrivé sans préavis, a déguerpir les commerçants, a cassé leurs boutiques, a frappé les gens, et personne n’a levé le petit doigt pour dire “non, ce n’est pas normal”. Les gens ont tout accepté sans broncher.
C’est incroyable. Le gouvernement, protégé par Wagner, se croit tout-puissant. Il terrorise le peuple centrafricain. Les Centrafricains sont terrorisés et n’osent plus revendiquer leurs droits, n’osent plus exiger que leurs dirigeants rendent des comptes.
Mais il faut comprendre que tout a sa limite, sa fin. Toute dictature a sa fin, tôt ou tard. Si ce n’est pas demain, c’est après-demain. Ça va finir. Et la fin sera probablement violente pour Touadéra et son clan.
Ce qui se passe à Madagascar devrait servir de leçon. Andry Rajoelina croyait qu’il pouvait tout faire. Il avait muselé l’opposition, truqué les Élections, installé son pouvoir. Mais quand le peuple en a eu assez, quand la jeunesse malgache s’est mobilisée, tout s’est effondré en quelques jours. Rajoelina a dû fuir comme son prédécesseur.
Touadéra devrait méditer cet exemple. Lui aussi croit qu’il peut tout faire grâce à Wagner. Lui aussi truque les Élections, musèle l’opposition, terrorise le peuple. Mais un jour, quand les Centrafricains en auront vraiment assez, quand la coupe sera pleine, quand la jeunesse centrafricaine se réveillera comme la “Gen Z Madagascar”, tout peut basculer très rapidement.
Et ce jour-là, Touadéra fuira probablement comme Rajoelina. Peut-être aussi à bord d’un avion des Wagner, peut-être vers un autre pays. Mais il fuira. Et ses deux épouses officielles qu’il brandit à tout moment, au lieu de lui donner de bons conseils, ne lui disent rien. Elles pensent que demain elles seront libres, qu’elles ne seront pas tenues responsables. Mais elles se trompent.
Demain, elles aussi seront considérées comme complices de la situation. Hormis les nombreuses maîtresses, les deux épouses officielles de Touadéra seront inculpées pour complicité avec ce régime criminel. Parce qu’elles ont profité de la situation, elles ont vécu dans le luxe pendant que le peuple souffrait, elles ont fermé les yeux sur les crimes commis par le régime.
La leçon de Madagascar est claire : un peuple peut renverser un président, même un président qui contrôle l’armée, même un président qui a truqué les Élections. Quand le peuple en a assez, quand il se mobilise massivement, aucun régime ne peut résister.
Wagner ne peut pas terroriser éternellement 5 millions de Centrafricains. Si les Centrafricains se mobilisent massivement comme les Malgaches, Wagner ne pourra rien faire. Les mercenaires russes ne peuvent pas tirer sur des foules de centaines de milliers de personnes dans les rues. Et si jamais ils le faisaient, la communauté internationale devrait réagir.
La société civile centrafricaine doit s’activer comme on l’a vu au Sénégal, comme on le voit à Madagascar. Les jeunes Centrafricains doivent s’organiser comme la “Gen Z Madagascar”. Ils doivent utiliser les réseaux sociaux pour mobiliser, pour coordonner, pour créer un mouvement de masse qui exigera le départ de Touadéra et la fin de l’occupation russe.
Madagascar vient de montrer la voie. Un peuple peut se soulever et chasser un dictateur. Les Centrafricains doivent s’inspirer de cet exemple. Leur tour viendra. Tôt ou tard, ils se réveilleront. Et ce jour-là, Touadéra et son clan devront rendre des comptes.
ACFPE en chute libre : La sœur de Mouanga, formatrice fantôme, empoche des millions pour des “changements de mentalité” illusoires !
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Michelle-Mouanga-ministre-du-travail-et-de-la-formation-professionnelle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Annie Michelle Mouanga , ministre du travail et de la formation professionnelle
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’Agence Centrafricaine pour la Formation Professionnelle et l’Emploi s’enfonce dans un système de détournement familial organisé.
L’Agence Centrafricaine pour la Formation Professionnelle et l’Emploi (ACFPE) traverse une crise du jamais vue de son histoire, minée par un népotisme qui détourne ses fonds vitaux vers des “formations” factices. Au centre de ce scandale se trouve la sœur de la ministre du Travail, Annie Michelle Mouanga, promue consultante pour des ateliers en “changement de mentalité” sans substance, facturés des millions de francs CFA. Tandis que l’institution, financée par des contributions privées pour lutter contre le chômage des jeunes, s’effondre sous le poids de ces gaspillages familiaux, employés et bénéficiaires paient le prix d’une corruption qui trahit sa mission première.
Annie Michelle Mouanga, reconduite ministre en janvier 2024 malgré un passé controversé, a transformé l’ACFPE en terrain de jeu familial. Sa sœur cadette, Ledo, commerçante ordinaire basée en France qui vend des produits dans des boutiques parisiennes avec une formation sommaire en marketing, est devenue la vedette de ces arnaques éducatives. Tous les deux mois, Ledot débarque à Bangui pour une semaine de sessions prétendument formatrices sur le “changement de mentalité”, dispensées à des inspecteurs de la fonction publique intégrés à l’agence.
La facture atteint 7 millions de francs CFA pour cinq jours, soit 250 000 francs CFA par jour. Cette somme exorbitante dépasse largement les tarifs des experts français de l’ère de l’ancien directeur général Zuma, qui percevaient 70 000 francs CFA journaliers, hébergement inclus. Ces ateliers, payés comptant par les fonds de l’ACFPE, constituent un non-sens administratif : l’agence, établissement parapublic sans subvention étatique, n’a aucune obligation de former des agents d’État avec ses ressources privées issues des contributions d’ONG et d’entreprises.
Ces “formations” ne sont qu’une façade pour un pillage organisé. Ledot, dépourvue d’expertise en ressources humaines ou en développement personnel, recycle des contenus vides pour justifier ses voyages lucratifs. Ces sessions sont organisées par la ministre elle-même qui “crée” des formations sur mesure à chaque retour de France de sa sœur. “C’est du vol organisé : une vendeuse de boutique qui ‘change les mentalités’ de compatriotes à prix d’or, pendant que les vrais formateurs étaient sous-payés”, témoigne une source interne de l’ACFPE sous couvert d’anonymat interrogée par la rédaction du CNC.
Les millions empochés par madame Ledot, plus de 12 000 euros pour une semaine de présence, s’évaporent vers la “Diaspora” familiale, laissant l’agence exsangue. Les contributions patronales, destinées à l’insertion professionnelle des jeunes chômeurs, servent de vache à lait à ce népotisme vorace, aggravant la chute libre de l’institution autrefois référence en recrutement et formation professionnelle.
Cette gabegie ne constitue pas un cas isolé dans le règne des sœurs Mouanga. Ledo n’est qu’un pion dans un réseau plus large de consultants “Diaspora” autoproclamés, parachutés sans appel d’offres pour des missions fantômes. Tandis que Mouanga présidait le 8 septembre un atelier sur le “renouvellement du pacte social” à l’ACFPE, vantant l’intégration des stagiaires, les véritables bénéficiaires que constitue la jeunesse centrafricaine sont sacrifiés sur l’autel de ces prétendus “changements de mentalité”.
L’agence, qui devrait promouvoir l’emploi et la formation professionnelle, accumule dettes et scandales. Son personnel vit dans la terreur et ses missions se diluent dans le népotisme ambiant. Les fonds qui devraient servir à équiper des centres de formation, à rémunérer des formateurs qualifiés et à offrir des opportunités réelles aux jeunes chômeurs sont détournés vers des prestations familiales sans valeur ajoutée.
Cette dérive a des conséquences dramatiques sur le terrain. Les vrais formateurs, compétents et expérimentés, voient leurs contrats résiliés ou leurs conditions dégradées, tandis que les membres de la famille ministerielle s’enrichissent sans apporter la moindre expertise. Les jeunes centrafricains en quête de formation professionnelle se retrouvent face à des programmes vidés de leur substance, leurs espoirs d’insertion sacrifiés pour des profits particuliers.
L’impact sur la réputation de l’ACFPE est désastreux. Les partenaires internationaux commencent à s’interroger sur l’utilisation de leurs fonds, les entreprises privées hésitent à renouveler leurs contributions, et la crédibilité de l’institution s’effrite chaque jour davantage. Cette hémorragie de confiance menace l’existence même de l’agence et, par extension, les perspectives d’emploi de milliers de jeunes centrafricains.
Les témoignages des agents convergent vers le même constat accablant : l’ACFPE traverse la pire crise de son histoire. Les employés assistent impuissants à la destruction méthodique d’une institution qu’ils ont servie avec dévouement. Beaucoup évoquent leur démoralisation face à cette transformation de leur lieu de travail en entreprise familiale privée.
Le contraste est saisissant entre les discours officiels sur l’emploi des jeunes et la réalité du détournement des fonds destinés à cette noble cause. Pendant que Ledo empoche ses millions pour des prestations inexistantes, des milliers de jeunes centrafricains restent sans formation ni perspective d’emploi, privés des ressources qui leur étaient destinées.
Loïc Ouangapou et l’affaire du détournement des bourses russes aux étudiants centrafricains
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/le-faux-loic.jpg” data-wpel-link=”internal”>C’est Mr Loïc Ouangapou Fortuné, conseiller consulaire et social au sein de l’ambassade de la RCA en Russie
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’ancien conseiller consulaire Loïc Ouangapou organise une fausse sélection des étudiants centrafricains pour racketter les familles avec l’appui du ministre de l’Enseignement supérieur.
À Moscou, le dossier des bourses universitaires attribuées par la Russie tourne au scandale total. Au centre de l’affaire : Loïc Ouangapou, l’ancien étudiant devenu conseiller consulaire déchu, déjà éclaboussé par des accusations de détournement de fonds. Son nouveau terrain de chasse : les bourses destinées à la jeunesse centrafricaine.
Loïc Ouangapou profite d’une information sur un quota de places réservées par une université russe. Il s’improvise intermédiaire officiel, descend à Bangui et se présente comme le contact privilégié du gouvernement russe. À ses côtés, le ministre de l’Enseignement supérieur, Maghalé, devient un complice silencieux de cette manipulation organisée.
L’arnaque est simple mais efficace. Ouangapou prétend que les admissions peuvent se négocier en dehors du portail officiel de la Fédération de Russie. Il organise une fausse sélection dans des hôtels de Bangui, loin des bureaux du ministère et de l’ambassade. Il reçoit des candidats, promet des bourses contre de l’argent. Les familles, souvent modestes, cèdent à la pression et paient pour que leurs enfants accèdent à des études supérieures en Russie.
Mais cette sélection bidon n’a aucune valeur. Le seul mécanisme officiel reste le portail numérique russe, totalement inaccessible aux magouilles de Loïc Ouangapou. Les familles qui paient ne savent pas qu’elles financent une escroquerie pure et simple.
L’ambassadeur de RCA à Moscou dénonce publiquement ces manigances. Dans une conversation, il décrit l’anarchie instaurée par son ex-conseiller consulaire et un ministre centrafricain. Il accuse Loïc Ouangapou d’avoir trahi sa mission et mis en danger des dizaines d’étudiants qui risquent de perdre une année universitaire entière. Le diplomate ne mâche pas ses mots : pour lui, c’est une véritable escroquerie. L’État est pris en otage par un imposteur qui manipule le système des bourses pour s’enrichir.
Les étudiants floués vivent un cauchemar. Certains avaient déjà préparé leur départ, convaincus que leur dossier était validé. D’autres avaient emprunté de l’argent pour payer les frais exigés par Loïc Ouangapou . Tous découvrent trop tard que leurs sacrifices financiers n’étaient que du carburant pour une fraude grossière.
Les plus chanceux ont pu réintégrer le processus officiel grâce à l’intervention de l’ambassade. Mais beaucoup restent exclus, prisonniers de la tromperie. Ils ont perdu leur argent et leur chance d’étudier en Russie cette année.
La complicité du ministre Maghalé éclabousse encore davantage le scandale. Selon plusieurs témoignages, il a laissé faire, couvert et même facilité les démarches frauduleuses de Loïc Ouangapou. Son silence, alors que les preuves circulaient déjà, équivaut à une validation tacite.
Cette passivité alimente la colère des étudiants et jette une ombre sur la gestion entière du système de bourses en Centrafrique. Comment un ministre de l’Enseignement supérieur peut-il fermer les yeux sur une fraude aussi évidente, menée par un conseiller consulaire déjà contesté ? La réponse semble évidente : Maghalé avait intérêt à laisser faire.
À Moscou, le nom de Loïc Ouangapou est désormais synonyme de trahison. Pour beaucoup, il incarne une génération de prédateurs qui utilisent les institutions comme tremplin pour s’enrichir sur le dos des plus faibles. Les bourses russes, censées être une chance pour des jeunes talents, se sont transformées en monnaie de chantage.
Derrière chaque étudiant spolié, il y a une famille ruinée, un avenir compromis, un espoir brisé. Des parents ont vendu leurs biens pour payer les frais demandés par Ouangapou. Des jeunes ont abandonné leurs études locales en pensant partir en Russie. Tous ont été victimes d’un système de fraude organisée.
Drame minier à Sikikédé : un jeune décède dans l’effondrement d’une mine d’or
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/sur-le-chantier-minier-de-gordile.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les ouvriers miniers sur un chantier minier en République centrafricaine. CopyrightCNC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un nouveau drame endeuille le secteur minier artisanal dans le nord-est de la République centrafricaine. Un jeune homme a perdu la vie avant-hier suite à l’effondrement d’une galerie sur un site d’orpaillage situé à environ 15 kilomètres de Sikikédé, dans la préfecture de la Vakaga.
En effet, l’incident s’est produit sur un site minier artisanal où plusieurs orpailleurs exercent leurs activités. Selon les premières informations recueillies par la rédaction du CNC, la victime aurait été ensevelie par un éboulement de terre alors qu’elle était en train de travailler dans la mine au fond du trou.
Les détails sur l’identité de la victime et les circonstances exactes de l’accident n’ont pas encore été communiqués officiellement. On ignore également si d’autres personnes ont été blessées lors de cet effondrement.
Un secteur à risques, mais totalement ignoré à cause du chômage. Rappelons que cet accident tragique souligne une fois de plus les dangers auxquels font face les orpailleurs dans les mines artisanales du pays, pas seulement à Sikikédé. Il y’a lieu de souligner également que la préfecture de la Vakaga, située dans le nord-est du pays, compte plusieurs sites d’exploitation minière où les conditions de sécurité restent souvent précaires.
Les effondrements de galeries constituent l’un des risques majeurs de l’orpaillage artisanal, particulièrement durant la saison des pluies ou dans des zones où les techniques d’extraction restent rudimentaires et les normes de sécurité difficiles à faire respecter.
Sam-Ouandja : les FACA adoptent les méthodes de Wagner, gifles et menaces de mort pour 100 francs de thé
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Les-soldats-FACA-en-detachement-a-Kabo-une-sous-prefecture-de-lOuham-Fafa.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les soldats FACA en détachement à Kabo une sous-préfecture de l’Ouham – Fafa
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À Sam-Ouandja, dans la préfecture de la Vakaga, au nord-est de la République centrafricaine, les soldats des Forces Armées Centrafricaines sèment le chaos et la terreur parmi les commerçants. Ils ont adopté exactement les mêmes comportements que leurs maîtres russes de Wagner : consommer sans payer, gifler ceux qui réclament leur argent, menacer de mort pour quelques francs.
En effet, comme tout le monde le sait, les Mercenaires russes du groupe Wagner ont imposé leur méthode partout où ils passent dans le pays dès 2021. Quand ils arrivent par exemple devant un vendeur de michouis (viande grillée), ils demandent un morceau. Le vendeur annonce le prix : 15 000 ou 20 000 francs. Les mercenaires disent “OK”, le vendeur coupe la viande, la prépare, met les aromates et le piment. Et quand il tend la viande aux mercenaires, ceux-ci récupèrent et tournent le dos immédiatement et partent sans payer.
Le commerçant proteste : “Attendez, les 20 000 francs, vous ne payez pas encore ?” Les mercenaires russes répondent invariablement : “Allez voir le président Touadéra, allez demander au président Touadéra, il va payer ça pour toi”.
Cette phrase est devenue leur signature. Ils prennent des cigarettes, de la nourriture, de l’alcool, n’importe quoi. Quand les vendeurs réclament l’argent, les mercenaires leur disent d’aller demander à Touadéra. C’est leur manière de dire : “Nous sommes au-dessus des lois. Votre président nous appartient. Allez vous plaindre à lui si vous osez”.
Cette méthode criminelle, les FACA l’ont copiée intégralement. Formées par Wagner, commandées de facto par Wagner, les FACA sont devenues des mini-Wagner. Elles appliquent les mêmes techniques de racket et de terreur que leurs instructeurs russes.
Justement, à Sam-Ouandja, les soldats FACA achètent quelque chose qui coûte 1000 francs, donnent 200 ou 300 francs, et tournent le dos. Quand le commerçant ose parler, c’est la gifle. C’est la provocation. C’est la menace. C’est exactement ce qui s’est passé la semaine dernière dans cette ville abandonnée du nord-est.
Premier incident : l’affaire du thé à 100 francs. À Sam-Ouandja, comme dans tout le pays, des vendeurs ambulants proposent du thé chaud. Ce sont souvent des musulmans qui transportent un petit fourneau au charbon attaché à une structure mobile. Quand un client veut du thé, ils le chauffent et le servent dans un verre. Le prix : 100 francs CFA le verre.
La semaine dernière, un soldat FACA s’approche d’un vendeur de thé. Il demande un verre de thé. Le vendeur le sert. Le soldat boit tranquillement. Il finit son verre. Il en demande un deuxième. Le vendeur le sert à nouveau. Le soldat boit le deuxième verre, le finit.
Puis il sort 100 francs de sa poche et les tend au vendeur.
Le vendeur, surpris, dit : “Non, mais tu as pris deux verres, c’est 200 francs”.
Le soldat répond : “Non, c’est ce que j’ai, tu dois prendre”.
Le vendeur insiste : “Mais comment ? Tu as bu deux verres à 100 francs chacun, tu dois payer 200 francs”.
Le soldat, sans aucune gêne, déclare : “C’est mon argent, je fais le calcul sur mon argent”.
Le vendeur, incrédule, explique : “Quand tu fais le calcul sur ton argent, tu dois savoir avant de consommer. Si tu n’as que 100 francs, tu consommes un seul verre. Mais tu consommes deux verres et après tu dis que c’est ton calcul ? Même tes collègues soldats, ils viennent ici, ils consomment en fonction de leurs moyens. Nous, on achète le sucre à 2000 francs le kilo, on achète le thé, tout ça coûte. Si tout le monde paie comme toi, on va faire faillite, on ne gagne rien”.
Le soldat ne répond pas par des mots. Il répond par deux gifles. Deux gifles violentes au visage du vendeur.
Le vendeur, choqué, ne réagit pas. Il reste bloqué, figé par la violence de l’agression.
Alors le soldat prend son arme. Il la pointe sur le vendeur. Il simule un tir. Il dit : “Je vais te tirer dessus.”
C’est à ce moment que les gens autour crient au vendeur : “Cours ! Pars ! Il va te tuer !”
Le vendeur s’éclipse dans la foule. Des gens prennent son matériel, son fourneau, son thé, et les mettent en sécurité. Le soldat FACA repart tranquillement à sa base.
Bilan de l’opération : le soldat a consommé deux verres de thé valant 200 francs, n’en a payé que 100, a giflé le vendeur deux fois, l’a menacé de mort avec son arme, et est reparti sans être inquiété.
Deuxième incident : l’affaire des chaussures. La même semaine, un autre soldat FACA se rend au marché de Sam-Ouandja pour acheter des chaussures en plastique, ces sandales en caoutchouc que tout le monde porte. Le vendeur a deux tailles en stock : pointure 40, 42 et pointure 43
Quand le vendeur voit le pied du militaire, il lui conseille : “Il faut prendre la pointure 42. Si tu prends la 40, ça ne va pas te tenir, c’est trop petit pour toi”.
Le militaire refuse : “Non, la 40 c’est largement suffisant pour moi, je vais prendre la 40”.
Le vendeur insiste : “Mais regarde ton pied, la 40 sera trop serrée”.
Le militaire : “Tu connais mon pied mieux que moi ? Je prends la 40”.
Le vendeur abandonne : “Comme tu veux, tu connais ton pied”.
Le militaire paie normalement, prend la pointure 40, et repart à sa base. Il essaie de porter les chaussures. Évidemment, elles sont trop petites. Il force, force, force. Comme c’est du plastique élastique, les chaussures se déforment, s’étirent, se déchirent.
Le militaire revient au marché avec les chaussures déformées. Il les tend au vendeur : “Non, les chaussures sont trop petites. Je vais changer, prendre la plus grande taille que tu m’as proposée”.
Le vendeur regarde les chaussures abîmées : “Non, mais tu as déjà pris les chaussures et elles sont déchirées, déformées. Je ne peux pas te les reprendre. Soit tu paies pour une nouvelle paire, soit tu gardes celles-là. Je ne peux pas te les reprendre”.
Le militaire ne dit rien. Il repart à sa base. Une heure plus tard, il revient avec plusieurs de ses compagnons soldats. Ils se jettent sur le vendeur. Ils le tabassent, le frappent, le rouent de coups. Ils prennent la nouvelle paire de chaussures sans payer. Et ils repartent en laissant le vendeur ensanglanté sur le sol du marché.
Bilan : le militaire a acheté des chaussures, n’a pas suivi les conseils du vendeur, a abîmé les chaussures par sa faute, est revenu se plaindre, a refusé de payer pour une nouvelle paire, est revenu avec ses collègues, a tabassé le vendeur, a volé une nouvelle paire de chaussures, et est reparti sans être inquiété.
Ces deux incidents à Sam-Ouandja ne sont que des exemples parmi des dizaines d’autres qui se produisent chaque semaine dans cette ville. Les soldats FACA déployés là-bas se comportent exactement comme les mercenaires russes du groupe Wagner : ils consomment sans payer, ils volent, ils frappent ceux qui protestent, ils menacent de mort pour quelques francs.
Les commerçants de Sam-Ouandja vivent dans la terreur. Quand ils voient un soldat FACA approcher de leur étal, ils savent déjà qu’ils vont perdre de l’argent. Soit le soldat ne paiera pas, soit il paiera une fraction du prix, soit il prendra la marchandise de force. Et s’ils osent protester, ils recevront des gifles, des coups, ou des menaces de mort.
Cette situation démontre que Touadéra n’a pas formé des soldats. Il a formé des bandits. Les FACA ne sont plus une armée nationale au service du peuple. Elles sont devenues une milice criminelle qui terrorise, vole et frappe la population qu’elle est censée protéger.
Les soldats FACA de Sam-Ouandja ont appris de leurs maîtres russes. Wagner leur a enseigné que l’uniforme donne tous les droits : le droit de voler, le droit de frapper, le droit de menacer, le droit de tuer. Et les FACA appliquent ces leçons avec zèle.
Le commandement des FACA est parfaitement au courant de ce qui se passe à Sam-Ouandja. Les officiers supérieurs savent que leurs soldats terrorisent les commerçants. Mais ils ne font rien. Parce que ces comportements sont encouragés. Parce que les soldats ne reçoivent pas leurs primes globales d’alimentation et doivent “se débrouiller” en volant la population.
Les autorités locales de Sam-Ouandja sont impuissantes. Elles ne peuvent rien faire contre les soldats FACA qui ont les armes et l’impunité. Les commerçants n’osent pas porter plainte parce qu’ils savent que les soldats reviendront les tabasser encore plus violemment.
Sam-Ouandja, comme Zémio, comme Ndassima, comme Bossangoa, comme des dizaines d’autres villes centrafricaines, est devenue une zone d’occupation militaire où les FACA se comportent en forces d’occupation étrangères qui pillent et terrorisent la population locale.
Les habitants de Sam-Ouandja se demandent : à quoi sert d’avoir chassé les groupes armés si c’est pour être terrorisés par notre propre armée ? Les rebelles volaient et frappaient. Les FACA volent et frappent. Quelle est la différence ?
La différence, c’est que les FACA portent l’uniforme national et sont payées par l’État centrafricain. Elles sont censées protéger la population. Au lieu de cela, elles la terrorisent. C’est une trahison totale de leur mission.
Touadéra a transformé l’armée centrafricaine en gang de criminels. Formées par Wagner, les FACA ont adopté les méthodes criminelles de leurs instructeurs russes. À Sam-Ouandja comme partout ailleurs, elles appliquent la doctrine Wagner : terroriser, voler, frapper, menacer.
Mais tant que Touadéra restera au pouvoir, protégé par Wagner, rien ne changera. Les FACA continueront à terroriser les commerçants de Sam-Ouandja. Et le peuple centrafricain continuera de souffrir sous les bottes de soldats devenus bandits.
Birao : les jeunes refusent l’installation d’un bureau de l’association “100% Touadéra” par Hassan Bouba, “un tchadien qui n’a rien à faire ici”
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/hassan_bouba_avec_les_wagner_a_bria.jpg” data-wpel-link=”internal”>Hassan Bouba, inculpé par la CPS pour crime de guerre et crime contre l’humanité, parade avec les Mercenaires russes du groupe Wagner à Bria
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Une tension extrêmement palpable règne à Birao, chef-lieu de la préfecture de la Vakaga, depuis que Hassan Bouba a annoncé son intention d’y installer un bureau de son association “100% Touadéra”. Les jeunes de Birao ont catégoriquement refusé cette initiative et ont clairement fait savoir au ministre qu’il n’était pas le bienvenu.
Hassan Bouba, rappelons-le, est le ministre de l’Élevage et de la Santé Animale dans le gouvernement Touadéra. Mais avant d’être ministre, Bouba était chef rebelle de l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC) aux côtés d’Ali Darassa. Il a participé aux massacres de Seko en mars 2018 (17 civils exécutés dont des femmes et des enfants) et d’Alindao en novembre 2018 (au moins 112 morts).
Hassan Bouba fait actuellement l’objet d’un mandat d’arrêt émis par la Cour Pénale Spéciale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. 261 plaintes de victimes ont été enregistrées contre lui. Mais après avoir été arrêté le 19 novembre 2021, il a été exfiltré six jours plus tard par des mercenaires russes du groupe Wagner et des éléments de la Garde Présidentielle. Touadéra l’a ensuite décoré de l’Ordre du mérite et il a repris ses fonctions ministérielles.
Ce criminel de guerre recherché par la justice centrafricaine a créé une association politique appelée “100% Touadéra”. Le nom est explicite : il s’agit d’une association de soutien total et inconditionnel au président Touadéra.Hassan Bouba veut installer des bureaux de cette association à travers le pays pour mobiliser les populations en faveur de Touadéra.
Mais il y’a quelques jours, Bouba a appelé les jeunes de Birao pour leur annoncer qu’il allait venir installer un bureau de son association “100% Touadéra” dans leur ville. Il leur a demandé de s’organiser pour l’accueillir et faciliter l’installation de ce bureau.
La réponse des jeunes de Birao a été sans ambiguïté : “Ce n’est pas possible. Vous n’installerez aucun bureau ici”.
Les jeunes de la Vakaga ont donné une raison claire et imparable à leur refus : Hassan Bouba n’est pas centrafricain. C’est un Tchadien.
“Il n’est pas centrafricain. C’est un sujet tchadien”, ont déclaré les jeunes de Birao. Cette affirmation, qui circule largement en Centrafrique depuis des années, n’a jamais été démentie de manière crédible par Hassan Bouba lui-même, du moment où il ne parle pas aussi la langue nationale.
Hassan Bouba est originaire du Tchad. Il est venu en Centrafrique dans le cadre de la rébellion menée par l’UPC. Avec Ali Darassa, également soupçonné d’être d’origine tchado-nigérienne, Hassan Bouba a mené des opérations militaires sanglantes contre la population civile centrafricaine.
Puis, grâce à son alliance avec Touadéra et Wagner, Hassan Bouba a été coopté au sein du gouvernement. Il est devenu ministre. Il a obtenu des documents centrafricains. Il joue maintenant le rôle d’interface entre Touadéra et les dirigeants de Wagner.
Mais aux yeux de nombreux Centrafricains, y compris dans les régions qui ont souffert de la violence de l’UPC, Hassan Bouba reste un étranger. Un Tchadien qui est venu semer la terreur en Centrafrique et qui s’est ensuite fait blanchir par Touadéra.
Les jeunes de Birao disent donc : “Il n’est pas centrafricain d’origine, donc il n’a pas d’intérêt à venir installer un bureau ici pour traumatiser les jeunes pour rien”.
Cette formulation est importante. Les jeunes de Birao ne rejettent pas seulement l’association “100% Touadéra”. Ils rejettent Hassan Bouba lui-même en tant qu’étranger qui n’a rien à faire en Centrafrique et encore moins à vouloir mobiliser les jeunes centrafricains pour soutenir Touadéra.
“Il est venu en RCA commettre des crimes. Et maintenant il veut nous organiser politiquement ? Jamais”, disent en substance les jeunes de Birao.
Cette position est courageuse. Hassan Bouba n’est pas n’importe qui. C’est un ministre en exercice. C’est un proche de Touadéra. C’est un allié de Wagner. C’est quelqu’un qui dispose de moyens financiers importants et qui peut mobiliser des miliciens armés.
Cette résistance des jeunes de Birao montre un rejet profond de Bouba et de ce qu’il représente. Bouba incarne tout ce que les Centrafricains détestent dans le régime Touadéra :
– C’est un criminel de guerre qui a massacré des civils
– C’est un rebelle recyclé en ministre
– C’est probablement un étranger qui se fait passer pour centrafricain
– C’est un complice de Wagner
– C’est quelqu’un qui a été arrêté par la justice et libéré illégalement par le pouvoir
– C’est un homme qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt mais qui se promène librement et occupe des fonctions ministérielles
Et maintenant, cet homme veut créer une association politique pour mobiliser les jeunes centrafricains en faveur de Touadéra ? Les jeunes de Birao disent : jamais.
Pour le moment, Bouba n’a pas réagi publiquement au refus des jeunes de Birao. Mais plusieurs scénarios sont possibles :
Scénario 1 : Bouba renonce à installer son bureau à Birao face à l’hostilité manifeste de la population. Ce serait la solution sage, mais peu probable compte tenu de l’arrogance habituelle de Bouba.
Scénario 2 : Bouba décide de s’imposer par la force. Il débarque à Birao avec des éléments armés (mercenaires de Wagner, FACA, miliciens) et installe son bureau malgré l’opposition de la population. Ce scénario pourrait conduire à des affrontements violents.
Scénario 3 : Bouba utilise son réseau et ses moyens financiers pour diviser la population. Il achète certains jeunes, il corrompt des autorités locales, et il parvient à installer son bureau avec le soutien d’une fraction de la population contre l’autre.
Le scénario 2 ou 3 est malheureusement le plus probable. Hassan Bouba ne renoncera pas facilement à son projet. Il a besoin d’installer des bureaux de son association “100% Touadéra” dans tout le pays pour créer une structure de mobilisation politique en faveur de Touadéra.
La Vakaga est une préfecture stratégique. C’est la région la plus au nord du pays, frontalière avec le Tchad et le Soudan. C’est aussi une zone où l’influence de Touadéra est contestée. Installer un bureau “100% Touadéra” à Birao serait pour Hassan Bouba une manière de montrer que le régime contrôle même les régions les plus éloignées.
Mais les jeunes de Birao ne l’entendent pas ainsi. Ils disent : “Cette région ne vous appartient pas. Vous ne viendrez pas ici nous imposer votre association de soutien à Touadéra”.
Cette résistance est d’autant plus remarquable qu’elle se manifeste dans une ville où l’État est quasi-absent, où les services publics ne fonctionnent pas, où la population est abandonnée. Dans ce contexte, résister à un ministre puissant comme Bouba demande un courage immense.
Elie Ouéifio investi à la tête du parti Kwa Na Kwa de l’ancien Président François Bozizé
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/knk-elie-ouefio_500.jpg” data-wpel-link=”internal”>L’ancien ministre et écrivain Elie Ouéfio, Président par intérim du parti KNK
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Elie Oueifio a été investi président intérimaire du parti politique centrafricain Kwa Na Kwa lors d’une cérémonie qui s’est tenue vendredi à Bangui, marquant un tournant dans l’histoire de cette formation politique.
Dans son discours d’investiture prononcé devant les membres du Bureau politique et les militants du parti, le nouveau dirigeant du KNK a d’emblée rendu hommage aux Centrafricains décédés, invitant l’assistance à observer une minute de silence en leur mémoire.
Elie Ouéifio a insisté sur la nécessité de redynamiser le parti, qu’il décrit comme une force politique d’envergure nationale.“Nous ne sommes pas réunis pour rechanter le passé glorieux ou sombre de notre Parti”, a-t-il déclaré, appelant plutôt à célébrer un élan de solidarité retrouvée, une dignité retrouvée, une vision retrouvée”.
Le président intérimaire a mis l’accent sur l’importance de restructurer les bases du parti à travers tout le territoire centrafricain, citant nommément plusieurs préfectures où le Kwa Na Kwa maintient une présence, de Béloko à Bambouti, en passant par la Lobaye, la Vakaga, l’Ouham et la capitale Bangui.
Le discours du Président Élie Ouéifio intervient dans un contexte de fièvre électorale” en République centrafricaine. Oueifio a évoqué les ennemis qui veulent anéantir le KNK” et mis en garde contre la haine et la division”, appelant les militants à s’unir autour des valeurs du parti inscrites dans ses statuts.
Le Kwa Na Kwa, dont la devise est Travail – Justice – Progrès” et dont la couleur emblématique est l’orange, se positionne comme un parti national majeur. Le nouveau président intérimaire a promis de ne jamais décevoir ni abandonner les militants, affirmant que le Kwa Na Kwa constitue l’âme de la République”.
Elie Oueifio a été choisi par le Bureau politique du parti pour diriger la formation à titre intérimaire, dans une période décrite comme cruciale pour l’avenir politique du pays.
Prenez votre mal en patience” : la réponse insolente du député Komian-Sambia aux victimes des inondations de Ndjoukou
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/depute-de-ndjoukou_500.jpg” data-wpel-link=”internal”>Jean-Claude Komian-Sambia, député de Ndjoukou dans la préfecture de Kémo. Photo : RNL/Marcel Mbakoula, octobre 2025.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Depuis les inondations survenues à Ndjoukou, dans la préfecture de la Kémo, les habitants dorment à la belle étoile. Une centaine de maisons se sont effondrées dans la commune de Galafondo et plusieurs villages environnants, notamment Bessontoise, Mangiaoto et Ngbemanguli. Des familles entières ont tout perdu. Elles n’ont plus de toit, plus de biens, plus rien.
Et que leur dit leur député, Jean-Claude Komian-Sambia, élu pour les représenter et défendre leurs intérêts ? “Prenez votre mal en patience.”
Prenez votre mal en patience. Voilà le message que cet élu de la République adresse à des sinistrés qui dorment dehors depuis le 2 octobre, exposés aux intempéries, sans abri, sans nourriture, sans assistance.
Prenez votre mal en patience. Comme si la patience pouvait reconstruire une maison. Comme si la patience pouvait nourrir des enfants affamés. Comme si la patience pouvait protéger des familles exposées à la pluie et au froid.
Cette phrase résume à elle seule l’état de la représentation Politique en Centrafrique. Des députés élus, payés par l’argent public, qui face à la détresse de leurs électeurs, n’ont rien d’autre à offrir qu’un conseil de patience.
La pluie diluvienne est tombée du mercredi au petit matin du jeudi, provoquant l’effondrement d’une centaine de maisons. Sur le terrain, les habitants affirment avoir perdu leurs abris, sans secours ni abris d’urgence. “La population est restée sans toit et a passé la nuit dehors”, reconnaît le député lui-même.
Une centaine de maisons effondrées. Des centaines de personnes à la rue. Des familles entières qui ont tout perdu. Et depuis le 2 octobre, date des inondations, aucune aide n’a été apportée. Aucune.
Ni le gouvernement, ni les organisations humanitaires, ni la Croix-Rouge, ni les ONG n’ont bougé. Les sinistrés de Ndjoukou ont été complètement abandonnés. Ils survivent comme ils peuvent, récupérant ce qui reste de leurs biens dans les décombres, dormant dehors, mendiant de la nourriture auprès de voisins qui n’ont eux-mêmes presque rien.
“Depuis le 2 octobre, aucune aide n’a encore été reçue”, déplore le député Komian-Sambia, précisant que “toutes les attentes sont désormais tournées vers le ministère de l’Action humanitaire, la Croix-Rouge et les ONG”.
Mais qu’a fait le député lui-même pour ses électeurs ? Interrogé sur les premières mesures prises, il admet que son unique action a été de “lancer un appel aux autorités”.
“Première action, c’est ce que je suis en train de faire : lancer un appel à l’endroit des autorités”, dit-il.
Un appel. C’est tout. Voilà la contribution du député Komian-Sambia face à la catastrophe qui frappe sa circonscription. Il a lancé un appel. Et maintenant, il attend. En demandant à ses électeurs de “prendre leur mal en patience”.
Cet aveu d’impuissance est sidérant. Un député qui reconnaît ouvertement que la seule chose qu’il peut faire face à une catastrophe humanitaire dans sa circonscription, c’est “lancer un appel aux autorités” et demander ensuite à ses électeurs de patienter.
Mais à quoi sert un député si tout ce qu’il peut faire, c’est lancer des appels ? À quoi sert un élu si face à l’urgence, il se contente de dire “je ne peux rien faire, attendez que les autorités centrales bougent” ?
Un député dispose normalement de moyens d’action. Il peut mobiliser son indemnité parlementaire pour acheter des bâches, des vivres, des médicaments d’urgence. Il peut organiser une collecte de fonds. Il peut faire pression sur le gouvernement en interpellant publiquement les ministres concernés. Il peut saisir les médias internationaux pour alerter sur la situation. Il peut se rendre sur place pour constater les dégâts et apporter un soutien moral aux sinistrés.
Mais le député Komian-Sambia n’a rien fait de tout cela. Il a “lancé un appel”. Et il demande maintenant à ses électeurs de “prendre leur mal en patience”.
Cette phrase, “prenez votre mal en patience”, est d’un cynisme révoltant. Elle traduit la dépendance totale des élus locaux face à l’administration centrale, même en cas d’urgence humanitaire. Elle révèle aussi la résignation institutionnelle face aux crises récurrentes qui frappent les localités rurales.
Les députés centrafricains sont censés représenter leurs circonscriptions. Ils touchent des indemnités parlementaires confortables. Ils disposent de moyens matériels. Ils ont accès aux ministres et aux décideurs. Ils peuvent interpeller le gouvernement à l’Assemblée nationale.
Mais face à une catastrophe qui frappe leurs électeurs, ils se contentent de “lancer des appels” et de demander aux victimes de “prendre leur mal en patience”.
Le député Komian-Sambia reconnaît d’ailleurs l’une des causes structurelles de cette catastrophe : l’absence totale de plan d’aménagement urbain. “Nos villages poussent comme des champignons, sans aucun plan d’urbanisation”, souligne-t-il, appelant le ministère de l’Urbanisme à concevoir un plan pour éviter de nouveaux drames.
Selon lui, le manque de canalisations favorise l’accumulation des eaux et la destruction des habitations. “Si l’eau avait trouvé une direction pour couler, les maisons ne se seraient pas écroulées”, explique-t-il.
Ce constat est juste. Les villages centrafricains, y compris des chefs-lieux de préfecture comme Sibut, n’ont aucun plan d’urbanisme. Les habitations sont construites n’importe où, n’importe comment. Il n’y a pas de canalisations pour évacuer les eaux de pluie. Il n’y a pas de normes de construction pour résister aux intempéries. Il n’y a pas de zonage pour éviter de construire dans des zones inondables.
Résultat : à chaque saison des pluies, des maisons s’effondrent, des familles se retrouvent à la rue, et les autorités découvrent, stupéfaites, qu’il faudrait peut-être faire quelque chose.
Mais ce constat du député Komian-Sambia soulève une question : qu’a-t-il fait, lui, député de cette circonscription, pour exiger du ministère de l’Urbanisme qu’il élabore un plan d’aménagement pour Ndjoukou ? A-t-il déposé une proposition de loi ? A-t-il interpellé le ministre ? A-t-il organisé des consultations avec la population locale ?
Apparemment non. Il constate le problème, comme tout le monde. Mais il ne fait rien pour le résoudre. Et quand la catastrophe arrive, il demande aux victimes de “prendre leur mal en patience”.
À Ndjoukou, la catastrophe met une fois de plus en lumière les failles structurelles de la gouvernance locale : insuffisance de prévention, absence de secours d’urgence, et improvisation permanente face aux désastres.
Ces “failles” ne sont pas accidentelles. Elles sont le résultat de décennies d’incurie, de corruption, d’incompétence et de mépris total des autorités pour les populations rurales.
L’ancien Premier ministre Firmin Ngrebada a réagi à la convocation du corps électoral par le président Touadéra pour les Élections du 28 décembre 2025. Dans une interview, il a félicité cette convocation avant de dénoncer des anomalies dans le découpage des circonscriptions électorales qui affectent directement sa région de Boali.
Ngrebada commence par saluer le respect du calendrier constitutionnel : “Je voudrais féliciter le gouvernement pour le décret qui convoque le corps électoral. Le terme des Élections est une période définie par la loi, par la constitution. Être en conformité avec les dispositions de la constitution est une bonne chose”.
Cette entrée en matière diplomatique précède la critique. L’ancien Premier ministre identifie un problème juridique dans le décret 25-33-74 du 26 septembre 2025 qui fixe le découpage électoral des circonscriptions pour les Élections législatives.
Selon Ngrebada, ce décret rattache quatre localités de Boali, Bouboui-1, Bouboui-2, Gomoko et Boutili à la deuxième circonscription de Bégoua. Cette décision contredit la loi du 28 janvier 2023 sur le découpage des circonscriptions administratives qui place clairement ces localités dans la sous-préfecture de Boali.
L’ancien Premier ministre rappelle un principe juridique fondamental : “Un décret ne peut pas modifier les dispositions d’une loi”. Pour changer l’appartenance administrative de ces localités, il faudrait d’abord modifier la loi de 2023, puis adapter le décret en conséquence. Or, le régime a fait l’inverse, utilisant un simple décret pour contredire une loi.
Cette anomalie juridique crée des problèmes pratiques immédiats. Ngrebada explique : “Les populations de ces circonscriptions se sont fait enrôler à Boali. Si aujourd’hui ils devaient voter à Bégoua2, je ne sais pas matériellement comment on va procéder. Ils se sont inscrits auprès des centres de vote de Boali”.
Les habitants concernés se retrouvent dans une situation absurde. Ils se sont inscrits sur les listes électorales de Boali, mais le décret les rattache maintenant à Bégoua. Voteront-ils à Boali où ils sont inscrits, ou à Bégoua comme le prévoit le nouveau décret ? Cette confusion administrative risque de priver des citoyens de leur droit de vote.
Ngrebada rapporte avoir reçu de nombreux appels depuis la publication du décret : “Hier soir, j’ai reçu des appels de Boali – des chefs de village, le maire central. Ce matin, j’ai eu le gouverneur qui ont exprimé leur étonnement par rapport à cette nouvelle situation juridique”.
L’ancien Premier ministre ajoute un argument historique et émotionnel : “Historiquement, ces localités ont toujours fait partie de Boali. Il y a des gens qui sont nés dans Boali, dans leur esprit ils sont natifs de Boali. Ça a toujours été comme ça depuis les indépendances. On ne peut pas brusquement les détacher de Boali vis-à-vis de laquelle ils ont des liens de sang, des liens historiques”.
Cette manipulation du découpage électoral pose des questions sur les motivations du régime. Pourquoi détacher ces quatre localités de Boali pour les rattacher à Bégoua? Cette modification favorise-t-elle un candidat particulier ? S’agit-il de réduire le poids électoral de Boali ou d’augmenter celui de Bégoua?
Ngrebada reste diplomatique sur ces questions mais promet d’intervenir : “Je les ai rassurés en leur disant qu’il s’agit d’une anomalie que je porterai à l’attention des autorités compétentes pour qu’une correction soit apportée au décret”.
Interrogé sur la question des listes électorales non affichées, l’ancien Premier ministre adopte une position prudente : “J’ai écouté ces observations, ces contestations comme tout le monde. J’espère que l’Autorité Nationale des Élections a pris bonne note de ces préoccupations et qu’elle trouvera la meilleure manière de les satisfaire”.
Cette réponse évasive contraste avec la précision de sa critique sur le découpage électoral. Ngrebada semble plus à l’aise pour dénoncer une anomalie technique qui affecte directement sa circonscription que pour critiquer frontalement les dysfonctionnements généraux du processus électoral.
Sur la question sensible de sa candidature aux législatives, l’ancien Premier ministre refuse de répondre. David Bongiza a été désigné candidat du MCU à Boali, apparemment à la place de Ngrebada. Interrogé sur la bannière sous laquelle il se présentera, il répète : “Je ne réponds pas à cette question parce que personnellement je n’ai pas été candidat à des Élections primaires à Boali”.
Cette réponse laisse planer le doute. Ngrebada se présentera-t-il malgré tout ? Sous quelle étiquette ? Ou renoncera-t-il à la candidature ? Son refus de répondre confirme probablement qu’il n’a pas encore pris sa décision finale ou qu’il préfère garder ses options ouvertes.
Concernant les critiques du BRDC sur la crédibilité des élections, l’ancien Premier ministre adopte une position de retrait : “Nous sommes en démocratie. Le BRDC a la liberté de porter ses remarques. Il est désirable que ces questions soient traitées à l’intérieur des structures de suivi du processus électoral”.
Cette réponse renvoie l’opposition vers les mécanismes officiels sans prendre position sur le fond de leurs revendications. Ngrebada évite soigneusement de critiquer l’ANE ou le Conseil constitutionnel, deux institutions au cœur des contestations de l’opposition.
L’ancien Premier ministre conclut par un appel au vote : “Il faudrait que tout le monde aille voter parce que le vote est le moment propice pour les citoyens de choisir leurs dirigeants. C’est un devoir civique”.
Cette interview de Firmin Ngrebada dessine le portrait d’un homme politique coincé entre plusieurs contraintes. Il veut défendre les intérêts de sa circonscription et dénoncer les anomalies juridiques qui l’affectent directement. Mais il évite soigneusement de critiquer frontalement le régime ou de rejoindre l’opposition dans ses contestations plus larges.
Cette posture reflète probablement sa situation personnelle. Ancien Premier ministre de Touadéra, membre du MCU, il ne peut pas se permettre une critique radicale du processus électoral sans rompre avec le régime. Mais les anomalies affectant sa circonscription le contraignent à réagir publiquement.
L’anomalie juridique qu’il dénonce à Boali pose aussi des questions plus larges. Si le régime manipule le découpage électoral par simple décret sans respecter la hiérarchie des normes, combien d’autres circonscriptions ont été modifiées de la même manière ? Ces changements obéissent-ils à une logique électorale visant à favoriser certains candidats ?
Au final, cette interview montre que même au sein du camp présidentiel, les dysfonctionnements du processus électoral créent des tensions et obligent certains responsables à exprimer publiquement leurs réserves.
Assemblée nationale : la Commission d’Attribution des Marchés sanctionne cinq agents pour malversations, laissant de côté les grands voleurs comme Évariste Ngamana
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/le-depute-mafieux-evariste-ngamana.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le député mafieux Évariste Ngamana, premier vice-Président de l’assemblée nationale centrafricaine
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
La Commission d’Attribution des Marchés de l’Assemblée nationale vient de mettre fin aux fonctions de cinq agents pour diverses fautes graves allant de la négligence à l’intelligence avec autrui en vue du détournement de deniers publics.
Selon une note signée par la vice-présidente de la Commission, Marie-Christine Patassé, quatre agents ont été révoqués pour “mauvaise manière de servir, non-observation des directives et consignes de la Commission, négligence des missions et des termes du mandat”. Il s’agit de Bandio Meboumbo Winnie Jesmine, Fanamby Kevin, Boutouly Armand et Ngakoundou Simplice.
Un cinquième agent, Bissa Grothe Idriss, Chef de Service de la Comptabilité, fait l’objet de sanctions plus graves pour “intelligence avec autrui en vue du détournement de deniers publics”.
La Commission demande au président de l’Assemblée nationale de diligenter immédiatement une mission d’audit interne et externe afin d’évaluer la gestion de la Trésorerie depuis la nomination de Bissa Grothe Idriss. Elle réclame également un audit de la Cour des Comptes pour établir la responsabilité des membres de la Commission d’Attribution des Marchés (députés et personnel administratif) et des Commissions permanentes impliqués dans des tentatives de trafic d’influence, de corruption et de détournement de deniers publics.
La Commission exige enfin la publication des rapports antérieurs de la Cour des Comptes sur les comptes de l’Assemblée nationale et la mise en application de leurs recommandations.
Mais où sont les vrais responsables ? Cette opération “mains propres” à l’Assemblée nationale interroge qu’elle n’apporte de réponses. Pourquoi sanctionner uniquement des petits agents alors que les véritables malversations se situent au sommet de l’institution ?
Les rapports de la Commission spéciale sur la gestion des fonds parlementaires ont révélé des détournements massifs par des députés eux-mêmes. Certains prétendent partir se soigner à l’étranger et empochent des millions sans jamais voyager.
Le cas le plus emblématique reste celui du premier vice-président de l’Assemblée nationale Évariste Ngamana , copain de la député Patassé, celle qui a même signé ce document de sanction. Rappelons que pour un simple problème de dent pourrie, Évariste Ngamana avait reçu 17 millions de francs CFA. Son visa pour la France a été refusé, il est resté à Bangui, mais n’a jamais remboursé cet argent. Dix-sept millions détournés en toute impunité par l’un des plus hauts responsables du Parlement.
Et ce n’est pas tout! Le président de la Commission de la Défense, député de Berbérati, a fait voyager son épouse en Tunisie pour se soigner sur les fonds de l’Assemblée nationale. L’affaire remonte à 2023. L’épouse est décédée il y’a quelques semaines suite à un accident de circulation, mais cela n’efface pas le détournement de fonds publics commis.
Ces exemples montrent que l’Assemblée nationale est devenue une pépinière de mafieux qui détournent des millions en toute impunité. Les députés votent des budgets colossaux pour leurs “frais de mission” et leurs “soins médicaux” à l’étranger, tandis que les hôpitaux centrafricains manquent de tout.
Vraiment, c’est une institution totalement discréditée sous le régime de Touadera. L’Assemblée nationale, censée représenter le peuple et contrôler l’action du gouvernement, s’est transformée en entreprise de pillage des deniers publics. Les députés se servent d’abord, votent ensuite.
Sanctionner cinq petits agents pour “mauvaise manière de servir” alors que les députés détournent des dizaines de millions relève de la farce. C’est comme arrêter le vendeur de Tramadol à la sauvette pendant que les barons du trafic se promènent librement dans la garde présidentielle, parlant bien sur du commandant Yarkokpa.
La demande d’audit de la Cour des Comptes est louable, mais qu’en sera-t-il des conclusions ? Les rapports précédents de la Cour des Comptes dorment dans les tiroirs. Leurs recommandations n’ont jamais été appliquées. Les députés impliqués dans les malversations n’ont jamais été inquiétés.
L’Assemblée nationale ne peut pas se contenter de sacrifier quelques lampistes pour donner l’illusion qu’elle fait le ménage. Si elle veut retrouver un minimum de crédibilité, elle doit s’attaquer aux vrais responsables : les députés qui transforment l’institution en distributeur automatique de billets.
Les 17 millions du vice-président, les frais de voyage fantaisistes, les faux soins à l’étranger – voilà ce que la Commission d’Attribution des Marchés devrait auditer. Voilà les responsables qu’elle devrait sanctionner.
Mais tant que les députés se protègent mutuellement, tant qu’ils préfèrent sanctionner des subalternes plutôt que de s’attaquer à la corruption systémique qui gangrène leur institution, l’Assemblée nationale restera ce qu’elle est devenue : une mafia en costume-cravate qui pille les caisses de l’État au nom du peuple centrafricain.
Touadéra à genoux devant des charlatans pour échapper à la CPI : quand le président prie contre la justice internationale au lieu d’arrêter les massacres de Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/touadera-avec-les-prophetes.jpg” data-wpel-link=”internal”>Touadera reçoit les bénédictions des faux prophètes, des démons de division en Centrafrique
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’image qui circule massivement sur les réseaux sociaux depuis ce week-end est d’une violence symbolique insoutenable. On y voit le président Faustin-Archange Touadéra alias Baba Kongoboro agenouillé, tête baissée, les mains jointes en prière, entouré d’hommes en costume qui tendent les bras vers lui dans un geste de “bénédiction”. Un vieil homme en veste turquoise se tient debout au centre, dominant le président prostré. D’autres “prophètes” autoproclamés l’entourent, certains tenant des micros, d’autres murmurant des prières, tous participant à ce rituel pathétique.
Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, cette cérémonie n’était pas une simple séance de prière de routine. Touadéra s’est agenouillé devant ces charlatans pour leur demander de le protéger contre la Cour Pénale Internationale (CPI). Le président centrafricain, qui fait l’objet de communications déposées devant la CPI pour sa complicité dans les crimes commis par les Mercenaires russes de Wagner, demande maintenant à des “prophètes” bidons de le protéger contre un éventuel mandat d’arrêt international.
L’ironie de la situation est cruelle. Pendant des années, Touadéra a laissé Wagner massacrer des civils centrafricains. Il a fermé les yeux sur les viols, les pillages, les exécutions sommaires, les tortures. Il a protégé ces mercenaires russes contre toute poursuite judiciaire en Centrafrique. Il a fait exfiltrer Hassan Bouba, criminel de guerre recherché par la Cour Pénale Spéciale, pour le nommer ministre. Il a organisé l’impunité systématique pour tous ceux qui commettent des crimes en son nom.
Mais maintenant que la justice internationale le rattrape, maintenant que des communications ont été déposées devant la CPI contre lui personnellement pour complicité de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, Touadéra a peur. Il ne prie pas pour demander pardon à Dieu d’avoir laissé massacrer son peuple. Il ne prie pas pour implorer le pardon des victimes de Wagner. Il prie pour que Dieu le protège contre la CPI. Il demande à des charlatans de l’aider à échapper à la justice internationale.
Cette scène, captée dans ce qui semble être une salle officielle avec des chaises disposées en rangées comme pour une cérémonie, choque profondément. Un président de la République, censé incarner la dignité de l’État et l’autorité de la nation, s’agenouille devant des charlatans qui se prétendent investis de pouvoirs mystiques pour échapper à la justice.
Touadéra n’a jamais pensé à arrêter Wagner avant. Il n’a jamais pensé à protéger son peuple contre les massacres. Il n’a jamais pensé à sanctionner les mercenaires russes qui violent, pillent et tuent des Centrafricains. Tout cela ne le dérangeait pas. Les crimes commis par Wagner ne posaient aucun problème à sa conscience.
Mais maintenant qu’il risque personnellement d’être poursuivi par la CPI, maintenant qu’un mandat d’arrêt international pourrait être émis contre lui, maintenant que sa propre liberté est menacée, soudainement Touadéra se tourne vers Dieu. Il s’agenouille devant des “prophètes” pour leur demander de le protéger contre la justice internationale.
Cette attitude est révélatrice de la mentalité de Touadéra. Il ne se soucie pas des souffrances de son peuple. Il ne se préoccupe que de sa propre sécurité, de son propre pouvoir, de sa propre impunité. Quand Wagner massacre des civils, Touadéra ne prie pas. Quand les fonctionnaires ne sont pas payés, Touadéra ne prie pas. Quand les sinistrés de Ndjoukou dorment dehors, Touadéra ne prie pas. Mais quand la CPI le menace personnellement, là il s’agenouille et prie.
Les hommes présents autour du président sur cette photo ne sont pas identifiés. Aucun nom officiel n’a été communiqué, aucun communiqué présidentiel n’a évoqué cette cérémonie. Tout porte à croire qu’il s’agit de figures religieuses auto-instituées, de ces “prophètes” de pacotille qui se multiplient dans les Églises de réveil, qui promettent des miracles et des protections mystiques, qui exploitent la crédulité et la superstition pour s’enrichir.
Ces charlatans ont compris que le président a peur de la CPI. Ils exploitent cette peur. Ils lui promettent des protections mystiques contre le mandat d’arrêt international. Ils lui disent que Dieu va le protéger, que les forces spirituelles vont bloquer la CPI, que ses ennemis vont échouer. Et en échange de ces promesses vides, ils reçoivent de l’argent, des privilèges, de l’accès au pouvoir.
Sur la photo, on voit clairement la soumission du président. Sa tête est baissée. Ses mains sont jointes. Il est prostré devant le vieil homme en veste turquoise qui se tient au-dessus de lui. D’autres mains se tendent vers lui, comme pour le “bénir” ou le “protéger” contre la justice internationale. C’est une scène pathétique, digne d’un rituel de maraboutage, pas d’une cérémonie présidentielle.
Pendant que Touadéra s’agenouille devant ces imposteurs pour échapper à la CPI, les Centrafricains souffrent. Les fonctionnaires de certaines institutions du pays ne sont pas payés depuis des mois. Les agents de santé de Bria ont vu leur salaire coupé de 50% et font grève. Les sinistrés de Ndjoukou dorment dehors depuis les inondations du 2 octobre sans avoir reçu la moindre aide. Les hôpitaux manquent de médicaments. Les écoles ferment. Les routes sont impraticables. Wagner continue de massacrer des civils. La pauvreté s’aggrave chaque jour.
Et pendant ce temps, que fait le chef de l’État ? Il s’agenouille devant des “prophètes” bidons pour leur demander de le protéger contre la CPI. Au lieu de gouverner, au lieu d’arrêter Wagner, au lieu de mettre fin aux massacres, au lieu de payer les salaires et d’aider les sinistrés, Touadéra prie à genoux devant des charlatans pour échapper à la justice internationale.
L’ironie est cruelle : si Touadéra voulait vraiment échapper à la CPI, la solution est simple. Il suffirait d’arrêter les massacres. Il suffirait de mettre fin au contrat avec Wagner. Il suffirait de poursuivre les criminels qui commettent des atrocités en Centrafrique. Il suffirait de coopérer avec la justice internationale pour poursuivre les auteurs de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Mais Touadéra ne fera jamais cela. Parce qu’arrêter Wagner signifierait perdre sa principale force de répression. Parce que poursuivre les criminels signifierait s’attaquer à ses propres alliés comme Hassan Bouba. Parce que coopérer avec la CPI signifierait reconnaître que des crimes ont été commis sous son autorité.
Alors au lieu de faire ce qui est juste, au lieu de protéger son peuple et de rendre justice aux victimes, Touadéra s’agenouille devant des charlatans pour leur demander des protections mystiques contre la CPI. Il préfère croire aux promesses vides de “prophètes” bidons plutôt que de changer sa politique criminelle.
Cette attitude montre que Touadéra sait parfaitement qu’il est coupable. Il sait qu’il est complice des crimes de Wagner. Il sait que la CPI a des preuves contre lui. Il sait qu’il risque d’être poursuivi. C’est pour cela qu’il a peur. C’est pour cela qu’il cherche des protections mystiques.
Un président innocent n’aurait pas peur de la CPI comme on a vu au Kenya. Un président qui n’a rien à se reprocher n’aurait pas besoin de s’agenouiller devant des “prophètes” pour demander des protections contre la justice internationale. Mais Touadéra sait qu’il est coupable. Et au lieu d’assumer sa responsabilité, au lieu de mettre fin aux crimes, il cherche à échapper à la justice par des moyens mystiques.
Dans les milieux politiques de Bangui, cette photo alimente déjà les commentaires. Tout le monde comprend maintenant pourquoi Touadéra s’est agenouillé devant ces charlatans. Ce n’était pas une simple cérémonie religieuse. C’était une tentative désespérée d’obtenir des protections mystiques contre un éventuel mandat d’arrêt de la CPI.
Cette démarche montre aussi le niveau de paranoïa du président. Il croit vraiment que des “prophètes” peuvent le protéger contre la justice internationale. Il croit vraiment que Dieu va bloquer la CPI pour le protéger. Il croit vraiment que des prières mystiques peuvent annuler les preuves de ses crimes.
Cette croyance est caractéristique de nombreux dirigeants africains qui ont commis des crimes et qui cherchent ensuite des protections mystiques plutôt que de rendre justice. Ils consultent des marabouts, ils s’entourent de “prophètes”, ils organisent des rituels, ils croient aux gris-gris et aux protections surnaturelles. Tout plutôt que d’assumer leurs responsabilités et de répondre de leurs actes devant la justice.
Mais la CPI ne se laisse pas impressionner par les “prophètes” et les marabouts. La justice internationale travaille avec des preuves, des témoignages, des enquêtes sérieuses. Les protections mystiques ne peuvent rien contre des procureurs déterminés et des juges intègres.
Charles Taylor, ancien président du Libéria, s’entourait aussi de “prophètes” et de marabouts qui lui promettaient des protections mystiques contre la justice internationale. Cela ne l’a pas empêché d’être arrêté, jugé et condamné à 50 ans de prison par le Tribunal Spécial pour la Sierra Leone. Omar el-Béchir, ancien président du Soudan, croyait aussi que Dieu le protégerait contre la CPI. Cela ne l’a pas empêché d’être renversé et mort dans une circonstance digne des malfaiteurs.
Touadéra suivra probablement le même chemin. Les “prophètes” devant lesquels il s’agenouille ne pourront rien faire quand la CPI émettra un mandat d’arrêt contre lui. Leurs prières mystiques ne pourront pas effacer les preuves des massacres commis par Wagner. Leurs bénédictions ne pourront pas protéger Touadéra contre la justice internationale.
Le président d’un pays ne devrait s’agenouiller devant personne, sauf peut-être devant son peuple en signe d’humilité et de service. Mais Touadéra ne s’agenouille jamais devant le peuple centrafricain. Il ne s’agenouille pas devant les victimes de Wagner pour leur demander pardon. Il ne s’agenouille pas devant les familles des massacrés pour reconnaître sa responsabilité. Il ne s’agenouille pas devant les fonctionnaires impayés, les sinistrés abandonnés, les malades sans soins.
Association des femmes sucrées de Touadéra » : le silence complice des femmes leaders face à l’insulte institutionnalisée
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/associations-des-filles-succretes-de-touadera_500.jpg” data-wpel-link=”internal”>Association des Filles Sucrettes de la Jeunesse du parti MCU de Touadera
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À Bangui, un nom circule avec un mélange d’amusement et d’indignation : “Association des femmes sucrées de Touadéra”, ou encore Association des Filles Sucrettes de Touadera. Oui, c’est bien le nom choisi par des proches du pouvoir pour désigner un regroupement prétendument féminin. Mais au-delà du ridicule, une question sérieuse s’impose : où sont les femmes leaders, les juristes, les associations de défense des droits des femmes ? Pourquoi aucun recours n’est-il engagé pour faire retirer une appellation aussi dégradante ?
Ce titre, d’apparence légère, réduit la femme centrafricaine à une caricature : un objet décoratif, entretenu et dépendant. Le mot “sucrée”, dans le langage courant, évoque une relation intéressée, une femme entretenue par un homme riche ou puissant. L’utiliser dans une appellation officielle revient à institutionnaliser la banalisation du sexisme. Et tout cela, sous le regard silencieux de celles qui se disent défenseures de la dignité féminine.
Certes, tout Bangui sait que le président Touadéra traîne une sale réputation de séducteur invétéré des jeunes filles. Les rumeurs de maîtresses, de jeunes femmes courtisées dans les administrations ou recrutées par proximité personnelle ne datent pas d’hier. Mais même dans un régime où la confusion entre vie privée et affaires publiques est devenue une habitude, transformer cette image en nom d’association franchit une ligne rouge. C’est une insulte collective faite à toutes les femmes du pays, des étudiantes aux fonctionnaires, des commerçantes aux mères de famille.
Qu’une poignée de militantes du régime accepte de se présenter comme “sucrées” relève d’un choix personnel douteux. Mais que l’administration laisse enregistrer une telle dénomination, sans réaction du ministère du Genre ni de l’Administration du territoire, pose un grave problème moral et institutionnel. L’État cautionne-t-il désormais la dérision des femmes au nom du loyalisme politique ? Apparemment oui.
Cette appellation n’est pas seulement ridicule. Elle est profondément humiliante pour toutes les femmes centrafricaines. Elle dit aux jeunes filles que leur avenir passe par la séduction d’hommes puissants plutôt que par le travail et le mérite. Elle dit aux femmes professionnelles que leur compétence compte moins que leur capacité à plaire. Elle dit aux mères de famille que leur dignité peut être bradée sur l’autel du clientélisme politique.
En acceptant ce nom, ces femmes acceptent de réduire toutes les Centrafricaines à des objets de transaction. Elles valident l’idée que la relation entre une femme et le pouvoir passe nécessairement par la soumission sexuelle ou sentimentale. Elles enterrent des décennies de combat pour l’émancipation féminine.
Et où sont les voix qui devraient s’élever ? Le ministère du Genre, censé défendre les droits des femmes, reste muet. Les associations féministes qui organisent des ateliers sur l’autonomisation des femmes ne disent rien. Les femmes députées qui siègent à l’Assemblée nationale n’ont pas soufflé mot. Les juristes spécialisées dans les droits des femmes n’ont engagé aucun recours.
Ce silence est assourdissant. Il montre que sous Touadéra, même la dignité des femmes peut être sacrifiée si cela sert les intérêts du régime. Les femmes leaders centrafricaines préfèrent fermer les yeux sur cette insulte plutôt que de risquer de déplaire au pouvoir.
Certaines diront peut-être que c’est une question de liberté d’association, que ces femmes ont le droit de s’appeler comme elles veulent. Mais la liberté d’association ne peut pas servir à légitimer l’humiliation collective d’un genre. Quand un nom d’association insulte toutes les femmes d’un pays, ce n’est plus une question de liberté individuelle mais de dignité collective.
D’autres diront que ce n’est qu’un nom, que ce n’est pas si grave. Mais les mots ont un sens. Les symboles ont un poids. Quand l’État accepte d’enregistrer officiellement une “Association des femmes sucrées”, il valide l’idée que les femmes sont des objets à “sucrer”, c’est-à-dire à entretenir en échange de faveurs.
Cette banalisation du sexisme institutionnel s’inscrit dans un contexte plus large de régression des droits des femmes sous Touadéra. Pendant que des femmes acceptent de s’appeler “sucrées” du président, d’autres femmes centrafricaines sont violées par les mercenaires de Wagner sans que justice ne soit rendue. Pendant que certaines parade
nt avec ce titre dégradant, d’autres meurent en couches faute d’hôpitaux fonctionnels. Pendant que quelques privilégiées se “sucrent” auprès du pouvoir, la majorité des Centrafricaines s’enfoncent dans la pauvreté.
L’existence même de cette association montre jusqu’où peut aller la corruption morale d’un régime. Touadéra a réussi à convaincre des femmes d’accepter publiquement d’être réduites à des “sucrées”. Il a transformé l’humiliation en badge d’honneur, la soumission en titre de gloire.
Les femmes leaders, les collectifs féministes et les associations indépendantes doivent répondre. Le silence équivaut à une complicité tacite. Acceptera-t-on que la femme centrafricaine soit réduite à une “sucrée” présidentielle ? Acceptera-t-on que l’État enregistre officiellement une association dont le nom insulte toutes les femmes du pays ?
Si les défenseures des droits des femmes ne réagissent pas face à cette insulte institutionnalisée, elles perdent toute crédibilité. On ne peut pas organiser des ateliers sur l’autonomisation des femmes tout en fermant les yeux quand des femmes acceptent de s’appeler “sucrées” d’un président.
On ne peut pas dénoncer le sexisme ordinaire tout en laissant passer le sexisme officiel. On ne peut pas se dire féministe tout en refusant de condamner une appellation qui réduit les femmes à des objets entretenus.
Les femmes centrafricaines méritent mieux que d’être associées à cette caricature dégradante. Elles méritent des associations qui portent leur dignité, qui défendent leurs droits, qui célèbrent leurs accomplissements. Pas une “Association des femmes sucrées” qui les rabaisse au rang de maîtresses présidentielles.
Le combat pour les droits des femmes en Centrafrique ne peut pas se limiter à des discours le 8 mars. Il doit se traduire par des actions concrètes, y compris le refus catégorique de toute appellation qui insulte la dignité féminine.
Si aucune femme leader ne se lève pour dénoncer cette honte, si aucune association ne dépose de recours pour faire interdire ce nom, si aucune juriste ne saisit les instances compétentes, alors il faudra admettre que le féminisme centrafricain est mort sous Touadéra, étouffé par la peur, la complaisance et les petits arrangements avec le pouvoir.
Simplice Mathieu Sarandji décide de lâcher le perchoir à la fin de son mandat : la guerre des héritiers commence
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/03/Des-casquettes-et-echarpes-a-leffigie-de-Touadera-portees-par-le-meme-linterdicteur-Simplice-Mathieu-Sarandji.jpg” data-wpel-link=”internal”>Des casquettes et écharpes a l’effigie de Touadera portées par le même l’interdicteur Simplice Mathieu Sarandji
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le président de l’Assemblée nationale Simplice Mathieu Sarandji accepte enfin de partir à la fin de son mandat. Les prétendants se bousculent désormais.
Simplice Mathieu Sarandji a tranché. Après des mois d’hésitation, le président de l’Assemblée nationale accepte de quitter son fauteuil l’année prochaine. Cette décision ouvre une bataille sans merci au sommet du pouvoir législatif, à quelques mois des Élections de décembre 2025.
Le député de Baoro, cette ville de la Nana-Mambéré située à 392 kilomètres de Bangui, mise sur un transfert vers la vice-présidence de la République. Un pari audacieux qui libère mécaniquement la présidence du Parlement, l’un des postes les plus convoités du pays.
Au sein du Mouvement Cœurs Unis, les candidatures se multiplient en toute discrétion. Chaque camp fourbit ses armes, mobilise ses réseaux, courtise les probables prochains députés. Les discussions vont bon train dans les bureaux de l’hémicycle. Mais bon nombre des députés, issus des candidatures indépendantes en 2020, attendent pour voir s’ils seront réélus pour la huitième législative en attendant de se prononcer ouvertement sur cette bataille interne.
Simplice Mathieu Sarandji organise sa sortie avec méthode. Pour sa circonscription de Baoro, il a choisi sa propre épouse à la maison comme sa dauphine. Une passation familiale qui respecte les codes politiques d’une dictature, où les mandats se transmettent souvent en héritage. Madame Simplice Mathieu Sarandji devra convaincre les électeurs de lui accorder leur confiance lors du scrutin législatif.
Cette double transition bouleverse l’échiquier politique national. D’un côté, la course au perchoir mobilise les plus hautes ambitions du parti présidentiel. De l’autre, la transmission du mandat de Baoro témoigne d’une stratégie digne d’une dictature du monde.
Les mois qui viennent s’annoncent déterminantes. Les alliances se forment, les promesses s’échangent, les calculs s’affinent. Celui ou celle qui succèdera à Simplice Mathieu Sarandji héritera d’un poste stratégique dans l’architecture institutionnelle centrafricaine.
Cette bataille de succession dépasse les seules questions de personnes. Elle dessine les contours du futur paysage politique et influence d’ores et déjà les équilibres de la prochaine mandature.
Le Général Sembé Bobbo, chef des 3R, dénonce depuis N’Djamena la “mauvaise gestion” du désarmement
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/04/le-general-Bobo-de-3R-le-17-avril-2021-a-Bessan.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le général Sembé Bobbo, chef des 3R, le 17 avril 2025
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le Général Sembé Bobbo, président du mouvement politico-militaire 3R (Retour-Réclamation-Réhabilitation), a adressé le 12 octobre 2025 une lettre de dénonciation au ministre d’État en charge du DDRR (Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement), Jean Willibiro Sako. Cette lettre, écrite depuis N’Djamena au Tchad, accuse la coordination générale du DDRR de “mauvaise gestion” du processus de désarmement et exige que toute désignation de représentants des 3R aux instances décisionnelles soit certifiée personnellement par le chef du mouvement rebelle.
Dans sa missive, Sembé Bobbo se plaint que des invitations pour la onzième session ordinaire du comité stratégique du DDRR ont été attribuées à des responsables représentant les 3R sans sa concertation en tant que président du mouvement. Cette décision aurait, selon lui, “suscité plusieurs interrogations auprès des officiers et cadres des 3R”.
Le chef rebelle déplore cette “non-concertation de son leadership Politique pour la désignation de ses représentants à cette réunion de grande envergure”. Il prévient que “la coordination générale du DDRR sera responsable en cas de complications pendant le désarmement” et affirme que “les points de blocages notés par l’ensemble des officiers et cadres des 3R n’ont pas été évoqués”.
Sembé Bobbo conclut sa lettre en exigeant que “dorénavant le Mouvement 3R demande à ce que la désignation de ses représentants aux grandes instances décisionnelles soit certifiée par le Président du Mouvement 3R”. En d’autres termes, aucun représentant des 3R ne peut participer à une réunion importante sur le désarmement sans l’autorisation personnelle du Général Sembé Bobbo.
Cette lettre pousse des nombreux centrafricains à s’interroger sur l’état du processus de désarmement en Centrafrique et sur la nature des relations entre le régime Touadéra et les groupes armés.
Arrestation de l’homme d’affaire Babanani : le ministre Hassan Bouba au cœur d’un piège monté avec Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/09/monsieur-baba-nani.jpg” data-wpel-link=”internal”>Monsieur Babanani est en détention à l’ocrb depuis presque 2 semaines. Photo de courtoisie
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Après deux semaines d’investigation, la rédaction de Corbo News Centrafrique peut maintenant reconstituer le piège sophistiqué qui a conduit à l’arrestation de l’homme d’affaires Mahamat Djamil Babanani, actuellement détenu à l’OCRB. Cette opération implique le général Bienvenu Zokoué (directeur général de la Police), le général Armel Baraba (directeur de l’OCRB), le ministre Hassan Bouba (Élevage et Santé animale), et les Mercenaires russes du groupe Wagner.
Rappelons les faits : le 27 octobre 2023, Babanani avait subi un braquage à son domicile du Km5. Les hommes de l’OCRB, accompagnés de mercenaires russes, avaient emporté près de 6 millions de francs CFA, ses documents d’identité, ses équipements informatiques et ses objets de valeur.
L’homme d’affaires avait déposé plainte par l’intermédiaire de son avocat Maître Albert Panda Gbianimbi. Cette plainte circonstanciée, accompagnée d’un procès-verbal d’huissier, a mystérieusement disparu des archives judiciaires. Les mercenaires russes ont conservé tout ce qu’ils avaient pris.
Face aux menaces persistantes et soupçonné d’être proche de l’ancien président de l’Assemblée nationale Abdoul Karim Meckassoua, devenu ennemi du régime, Babanani s’était réfugié au Cameroun où il possède également des activités commerciales.
C’est pendant son exil camerounais que le piège a commencé à se mettre en place. Selon nos sources, le ministre de l’Élevage Hassan Bouba a contacté Babanani à plusieurs reprises pour lui proposer des commandes officielles de l’État centrafricain.
“Tu peux rentrer sans problème. L’État a des commandes importantes à te confier”, aurait répété le ministre à l’homme d’affaires exilé. Ces sollicitations répétées ont fini par convaincre Babanani que sa situation s’était normalisée et que le gouvernement souhaitait faire appel à ses services.
Suite à ses nombreux échanges avec l’homosexuel Hassan Bouba, Babanani est rentré finalement au pays. À son retour à Bangui, le ministre Hassan Bouba, auteur du piège, a immédiatement installé Babanani dans un bureau au sein du ministère de l’Élevage. Un espace de travail équipé, avec ordinateurs et matériel professionnel. L’homme d’affaires pensait avoir réintégré le circuit officiel et récupéré la confiance des autorités.
Nos investigations montrent que pendant cette période, des documents ont été préparés et remis à Babanani : bons de commande, cahiers des charges, autorisations diverses. L’homme d’affaires les a reçus comme des documents officiels authentiques et s’est mis au travail pour préparer l’approvisionnement demandé.
Muni de ces documents, Babanani s’est présenté à l’aéroport de Bangui pour se rendre au Cameroun effectuer les achats. C’est à ce moment précis que l’opération planifiée s’est déclenchée.
L’homme d’affaires a été arrêté avant d’embarquer. Les sommes d’argent qu’il transportait ont été saisies. Il a été immédiatement transféré à l’OCRB où il est détenu depuis plusieurs semaines.
Les généraux Zokoué et Baraba ont fait bloquer tous les fonds saisis. Babanani se trouve maintenant dans les cellules de l’OCRB sans perspective de libération rapide et sans que les motifs précis de son arrestation aient été communiqués publiquement.
Cette arrestation s’inscrit dans la continuité du braquage de 2023. Babanani avait osé porter plainte contre les mercenaires russes. Cette résistance légale lui coûte aujourd’hui sa liberté et probablement les fonds qu’il avait réussi à reconstituer pendant son exil camerounais.
Le rôle central du ministre Hassan Bouba dans cette affaire interroge plus d’un sur l’utilisation des fonctions ministérielles à des fins qui dépassent largement le cadre institutionnel normal.
Cette affaire s’ajoute à une longue liste de cas similaires : l’entrepreneur malien Traoré, l’homme d’affaires Abdel Karim Dobo, et d’autres encore qui croupissent dans les geôles de l’OCRB après avoir vu leurs biens confisqués et leurs activités détruites.
Le mode opératoire se répète : identification d’entrepreneurs prospères, premier braquage, plainte qui disparaît, puis arrestation avec confiscation des fonds restants. Un système de prédation institutionnalisé qui détruit méthodiquement le tissu économique centrafricain.
L’enrichissement rapide des généraux Zokoué et Baraba, constructions immobilières multiples, train de vie dépassant largement leurs salaires officiels, témoigne des bénéfices tirés de ces opérations.
Le président Touadéra reste silencieux face à ces pratiques qui chassent les investisseurs et détruisent la confiance dans les institutions. Cette passivité présidentielle transforme le pays en zone de non-droit où les forces de sécurité opèrent comme des entreprises criminelles protégées au plus haut niveau.
Tant que Babanani restera détenu à l’OCRB, tant que ses fonds resteront confisqués par les généraux Zokoué et Baraba, tant que le ministre Hassan Bouba continuera d’exercer ses fonctions après avoir servi d’appât dans ce piège, la République centrafricaine restera un État où les uniformes cachent des prédateurs et où les ministres participent à des opérations qui ruinent les hommes d’affaires légaux.
Un nouveau meurtre vient s’ajouter à la longue liste des crimes qui ensanglantent la région de Yaloké. Ce dimanche 12 octobre, Anatole, surnommé “Tola”, jeune conducteur de taxi-moto, a été abattu par des hommes armés non identifiés entre les villages de Mayaka et Gbom, dans la commune de Mbali.
Le dimanche de son meurtre, Anatole avait été appelé pour aller prendre de la viande vers les environs du village Mayaka. Il a pris sa moto et est parti effectuer cette course comme il l’avait fait des centaines de fois auparavant. Mais au niveau de la commune de Mbali, sur la route entre Mayaka et Gbom, des hommes armés sont sortis de nulle part et ont ouvert le feu sur lui immédiatement. Anatole est mort sur le champ.
Les conducteurs de taxi-moto de la localité de Zawa ont récupéré le corps de leur collègue et tentent de l’acheminer vers Yaloké. La distance entre Zawa et Yaloké est d’environ 20 kilomètres. D’autres personnes affirment qu’Anatole est originaire d’un autre village, ce qui complique la situation. Les conducteurs de taxi-moto essaient de déterminer comment remettre le corps à la famille du défunt.
Ce meurtre n’est pas un incident rare. C’est un énième crime dans une région où la violence est devenue quasi quotidienne, presque par heure selon les témoignages des habitants. Beaucoup de conducteurs de taxi-moto dénoncent la situation insupportable dans la localité. À Yaloké, Yaloké 2, Gadzi, Karnot, Bossemptélé, et dans tous les villages environnants, les groupes armés sévissent en toute impunité. Ils braquent les gens, ils les arnaquent, ils les tuent.
On se souvient des conducteurs de taxi-moto et de fois une passagère qui ont été tués sur l’axe Bossemptélé–Bozoum. Ils avaient quitté Bossemptélé pour aller à Bozoum et ont été assassinés en route. On se souvient aussi de cette femme commerçante qui a été tuée sur le même axe Bossemptélé-Bozoum alors qu’elle voyageait avec un conducteur de taxi-moto.
Et maintenant, ce dimanche, c’est Anatole “Tola” qui a été abattu entre Mayaka et Gbom. Encore un jeune homme qui gagnait honnêtement sa vie en transportant des passagers et des marchandises, encore une famille qui pleure un fils assassiné, encore un crime qui restera impuni.
Beaucoup de gens demandent que cette information soit partagée largement pour que les autorités regardent enfin ce qui se passe dans cette région. Parce qu’on nous dit qu’on a désarmé les groupes armés. On nous dit qu’il y a la paix en Centrafrique. Mais quelle paix ?
La paix, c’est pour le palais présidentiel. La paix, c’est pour le gouvernement qui vit protégé par Wagner et la Garde Présidentielle à Bangui. Mais la paix, ce n’est pas pour les Centrafricains ordinaires qui vivent dans les provinces. Pour eux, c’est la violence quotidienne, les braquages, les meurtres, la terreur.
Dans la région de Yaloké, les groupes armés circulent librement. Ils contrôlent les routes. Ils imposent leur loi. Ils tuent qui ils veulent, quand ils veulent. Et les autorités ne font rien. Les FACA s’intéressent uniquement à leur racket sur des barrières. Wagner ne protège que les intérêts économiques russes et le régime Touadéra. Les forces de l’ordre sont absentes ou complices.
Les conducteurs de taxi-moto sont particulièrement vulnérables. Leur travail les oblige à circuler sur ces routes dangereuses, à transporter des passagers et des marchandises d’un village à l’autre. Ils sont des cibles faciles pour les groupes armés qui les braquent, les dépouillent, et parfois les tuent comme ce fut le cas pour Anatole.
Ces jeunes hommes gagnent modestement leur vie. Ils travaillent dur pour nourrir leurs familles. Ils rendent un service essentiel dans les zones rurales où les transports en commun sont quasi inexistants. Et pour toute récompense, ils risquent leur vie chaque jour sur des routes où règne l’insécurité totale.
Le régime Touadéra prétend avoir désarmé les groupes armés. Il prétend avoir ramené la paix. Il organise des cérémonies de reddition où quelques combattants remettent leurs armes devant les caméras. Mais sur le terrain, rien ne change. Les groupes armés continuent de sévir. Les civils continuent d’être braqués et tués. La violence continue d’être quotidienne.
Yaloké et sa région sont particulièrement touchées. Cette zone située à 225 kilomètres de Bangui échappe complètement au contrôle de l’État. Les groupes armés y font la loi. Les routes sont contrôlées par des bandits qui rançonnent, braquent et tuent. Les habitants vivent dans la terreur permanente.
Et pendant ce temps, le gouvernement reste silencieux. Aucune opération sécuritaire n’est lancée pour nettoyer ces axes routiers. Aucun renforcement des forces de l’ordre n’est déployé dans la région. Aucune mesure concrète n’est prise pour protéger les populations.
Touadéra est occupé à s’agenouiller devant des “prophètes” charlatans pour demander des protections mystiques contre la CPI. Il est occupé à truquer les Élections pour se maintenir au pouvoir. Il est occupé à piller les caisses publiques avec son clan. Il n’a pas de temps pour s’occuper de la sécurité des Centrafricains qui meurent chaque jour dans les provinces.
Le meurtre d’Anatole “Tola” ce dimanche entre Mayaka et Gbom est un nouveau rappel que la soi-disant “paix” vantée par le régime est une illusion. Pour les Centrafricains ordinaires qui vivent loin de Bangui, loin du palais présidentiel protégé par Wagner, il n’y a pas de paix. Il y a la violence, l’insécurité, la terreur, et la mort qui peut frapper à tout moment.
Le comité islamique de Centrafrique offre 30 millions à Touadéra pour son troisième mandat : le chantage déguisé en don et l’instrumentalisation honteuse de la religion
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/don-du-comite-islamique-de-Centrafrique-a-touadera_500.jpg” data-wpel-link=”internal”>Comité islamique de Centrafrique à Touadera pour le financement de sa campagne électorale don-du-comite-islamique-de-centrafrique-a-touadera_500″ width=”450″ height=”288″ />Don du comité islamique de Centrafrique à Touadera pour le financement de sa campagne électorale don-du-comite-islamique-de-centrafrique-a-touadera_500
Le 11 octobre 2025, le comité islamique de Centrafrique a remis publiquement un chèque de 30 millions de francs CFA au président sortant Faustin-Archange Touadéra pour sa campagne électorale. L’image de cette remise, organisée devant le domicile du PPrésident du comité islamique de Centrafrique au quartier PK5, a circulé largement sur les réseaux sociaux et a provoqué des réactions contrastées. Mais derrière ce “don” présenté comme un “acte de solidarité”, se cache une réalité beaucoup plus sombre : un racket organisé auprès des commerçants musulmans, une instrumentalisation politique de la religion, et une violation flagrante du code électoral.
Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, la somme de 30 millions affichée publiquement ne représente qu’une partie des contributions réellement collectées. Des sources concordantes évoquent une collecte totale dépassant 100 millions de francs CFA, levée auprès de commerçants et anciens collecteurs de diamants musulmans.
Ces commerçants du marché PK5 et de plusieurs localités minières affirment avoir été “sollicités pour participer à l’effort de soutien” au chef de l’État. Mais le mot “sollicité” est un euphémisme. Plusieurs témoignages parlent de pressions indirectes exercées par des responsables du comité islamique.
Traduisons : des commerçants musulmans ont été contraints de donner de l’argent pour la campagne de Touadéra. Ils n’avaient pas vraiment le choix. Refuser aurait signifié s’exposer à des représailles : harcèlement administratif, problèmes avec les autorités, perte de protections officieuses dont ils bénéficient.
Cette “collecte” n’est donc pas un don volontaire. C’est un racket déguisé en solidarité communautaire. Les commerçants musulmans paient une taxe politique pour continuer à exercer leurs activités sans être harcelés par le régime.
Pour comprendre pourquoi les commerçants musulmans acceptent de payer, il faut revenir à la révision du code minier. Depuis cette révision, le statut de “collecteur de diamants” a disparu. Une grande partie des opérateurs économiques musulmans, qui dominaient traditionnellement le commerce du diamant en Centrafrique, s’est retrouvée marginalisée.
Beaucoup d’anciens collecteurs ont perdu leur activité au profit d’entreprises étrangères, notamment chinoises, russes et rwandaises. Le régime Touadéra a délibérément restructuré le secteur diamantifère pour favoriser des opérateurs étrangers au détriment des commerçants musulmans centrafricains.
Cette marginalisation a créé une situation de dépendance. Les anciens collecteurs qui veulent continuer à opérer dans le secteur, même de manière réduite, ont besoin de la bienveillance du régime. Ils ont besoin de protections, d’autorisations officieuses, de fermeture des yeux sur certaines activités.
Et pour obtenir cette bienveillance, ils doivent payer. Verser des contributions pour soutenir le régime. Financer la campagne de Touadéra. Montrer publiquement leur allégeance.
C’est du chantage économique pur et simple. Le régime a d’abord marginalisé les commerçants musulmans en changeant le code minier. Puis il leur fait payer pour conserver un minimum de protection économique. Et il présente ce racket comme un “don volontaire” de la communauté musulmane.
Sur le plan juridique, cette “donation” de 30 millions (ou 100 millions selon les sources réelles) pose de multiples problèmes.
Le code électoral centrafricain impose la transparence sur les sources de financement des campagnes. Il interdit les dons provenant d’organismes publics, étrangers ou religieux. Il exige que toutes les contributions soient déclarées à l’Autorité Nationale des Élections (ANE).
Le don du comité islamique viole clairement ces dispositions. Une communauté religieuse n’a pas le droit de financer un candidat politique. Les organisations religieuses doivent rester neutres dans les compétitions électorales.
De plus, aucune mention officielle n’a été faite de cette somme dans les comptes de campagne du candidat Touadéra. Cet argent n’apparaît nulle part dans les déclarations à l’ANE. C’est donc un financement occulte, non déclaré, illégal.
Mais personne ne sera poursuivi. Parce que l’ANE est aux ordres de Touadéra. Parce que le Conseil Constitutionnel est dirigé par le cousin de Touadéra. Parce que la justice centrafricaine ne sanctionne jamais les violations commises par le régime.
Le code électoral n’existe que pour empêcher l’opposition de mener campagne. Quand c’est Touadéra qui viole la loi, personne ne dit rien.
L’aspect moral de cette affaire est encore plus troublant que l’aspect juridique. En remettant publiquement de l’argent à Touadéra, la direction du comité islamique instrumentalise la religion à des fins politiques.
Elle donne l’impression que la communauté musulmane dans son ensemble soutient Touadéra. Que les musulmans centrafricains ont choisi leur camp et financent le président sortant.
Cette instrumentalisation expose la communauté musulmane à plusieurs dangers :
Les divisions internes : Plusieurs fidèles interrogés à Bangui disent ne pas se reconnaître dans cette initiative. Ils n’ont pas été consultés. Ils ne veulent pas que leur religion soit utilisée pour soutenir un régime autoritaire. Mais la direction du comité a agi en leur nom, créant des tensions au sein de la communauté.
La récupération politique : Touadéra va utiliser ce “don” pour prétendre qu’il a le soutien de la communauté musulmane. Il va brandir cette image de la remise du chèque pour montrer qu’il est soutenu par toutes les composantes de la société centrafricaine, y compris les musulmans.
Les risques de stigmatisation : En associant publiquement la communauté musulmane au régime Touadéra, la direction du comité expose les musulmans centrafricains à être perçus comme complices d’un régime autoritaire. Quand ce régime tombera, les musulmans risquent d’être stigmatisés pour avoir financé Touadéra.
Beaucoup de musulmans centrafricains craignent que leur foi soit instrumentalisée à des fins électoralistes. Ils ont raison. C’est exactement ce qui se passe. La direction du comité utilise la religion comme couverture pour une opération politique de soutien à Touadéra.
Bangui : deux conducteurs de moto “Jaguar” gravement blessés dans un accident sur l’avenue des Martyrs
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2018/03/accident-moto-PK11-3-corbeaunews-IMG_10mars2018184826.jpg” data-wpel-link=”internal”>Image d’illustration d’un accident des motos sur l’avenue du 15 mars au niveau du PK 11. Photo CNC
Un terrible accident entre deux motos a fait deux blessés très graves dans la nuit du dimanche 12 octobre au lundi 13 octobre vers 21 heures sur l’avenue des Martyrs à Bangui. L’accident s’est produit au niveau de Mirandela, environ 300 à 400 mètres après le lycée de Miskine, en direction du croisement du huitième arrondissement.
Les deux conducteurs roulaient sur des motos communément appelées “Jaguar”, des engins puissants connus pour leur vitesse. Selon les témoins interrogés par la rédaction du CNC, les deux motocyclistes roulaient à vive allure, comme s’ils faisaient une course. Ils filaient, ils planaient sur la route, roulant probablement à plus de 100 kilomètres à l’heure dans les rues de Bangui.
On ne sait pas exactement ce qui s’est passé, mais les deux motos se sont percutées frontalement. Le choc a été d’une violence terrible. Les deux conducteurs ont été projetés au sol dans un état catastrophique. Vu la vitesse à laquelle ils roulaient au moment de l’impact, le pronostic vital des deux blessés est totalement engagé. Ils ont été transportés à l’hôpital dans un état critique qui laisse craindre le pire.
Mais ce qui est le plus révélateur dans cet accident, c’est ce que les gens qui sont arrivés sur les lieux pour porter secours aux blessés ont trouvé. Dans les poches des deux conducteurs et au sol autour d’eux, il y avait des sachets plastiques de “whisky” Wanawa. Ce n’est pas du vrai whisky, ce sont des alcools frelatés de 45, dangereux, qui sont vendus par Wagner en Centrafrique.
Généralement, les Centrafricains importaient ces alcools bon marché du Cameroun. Mais Wagner a fait pression sur le régime Touadéra pour bloquer ces importations. Maintenant, ces alcools frelatés ne peuvent être vendus que par Wagner ou avec l’autorisation de Wagner. C’est un monopole que les Mercenaires russes ont imposé sur le commerce des alcools bon marché en Centrafrique.
Le Wanawa est un alcool frelaté particulièrement dangereux. Il “tourne la tête” selon l’expression des consommateurs. Il provoque une ivresse rapide et violente. Les gens qui en consomment perdent le contrôle de leurs facultés, deviennent agressifs, prennent des risques inconsidérés.
C’est exactement ce qui s’est passé cette nuit-là sur l’avenue des Martyrs. Les deux conducteurs de moto Jaguar avaient consommé du Wanawa, l’alcool frelaté de Wagner. Sous l’emprise de cet alcool dangereux, ils ont enfourché leurs motos puissantes et ont roulé à plus de 100 kilomètres à l’heure dans les rues de Bangui, comme s’ils faisaient une course. Ils ont perdu le contrôle, se sont percutés frontalement, et sont maintenant entre la vie et la mort à l’hôpital.
Wagner empoisonne physiquement et moralement la jeunesse centrafricaine. Les alcools frelatés détruisent leur santé. La culture de la vitesse et de la prise de risque encouragée par l’ivresse les tue dans des accidents. Et pendant ce temps, Wagner s’enrichit en vendant ses poisons.
Les deux conducteurs qui se sont percutés dimanche soir sur l’avenue des Martyrs sont des victimes. Victimes de leur propre imprudence, certes, mais aussi victimes d’un système qui les pousse à la destruction. Wagner leur vend des alcools frelatés qui leur tournent la tête. Le régime Touadéra ne fait rien pour protéger les jeunes contre ces poisons. La police ne contrôle pas la vitesse sur les routes. Personne ne dit à ces jeunes qu’ils sont en train de détruire leur vie.
Et maintenant, deux familles pleurent. Deux mères attendent aux urgences de l’hôpital en priant pour que leurs fils survivent. Deux jeunes hommes luttent entre la vie et la mort à cause d’une course stupide sur des motos Jaguar après avoir bu le Wanawa de Wagner.
Cet accident aurait pu être évité. Si le gouvernement interdisait les alcools frelatés. Si Wagner ne contrôlait pas le commerce des alcools en Centrafrique. Si la police contrôlait la vitesse et l’état des conducteurs. Si on sensibilisait les jeunes aux dangers de l’alcool au volant. Si on leur offrait des alternatives, des activités saines, des opportunités d’emploi et d’éducation.
Mais rien de tout cela n’existe. Le régime Touadéra a abandonné la jeunesse centrafricaine. Il l’a livrée à Wagner qui la détruit méthodiquement avec ses alcools frelatés et son exploitation économique généralisée.
Lors du débat Patara sur la radio Ndèkè -Luka, l’ANE s’est fait démolir par des personnalités qui dénoncent l’inaccessibilité des listes électorales pour la quasi-totalité des Centrafricains.
Le débat Patara animé par Armando Yanguendji sur la radioNdèkè -Luka le 27 septembre 2025 restera comme un moment d’anthologie dans l’histoire électorale centrafricaine. Face à Gypsiane Aguené, secrétaire permanente de l’ANE, des personnalités de premier plan ont livré un réquisitoire accablant contre la gestion catastrophique du fichier électoral par cette institution censée garantir la transparence des Élections du 28 décembre.
L’ex-procureur de la République Joseph Bindoumi, président du réseau Arc-en-ciel, n’a pas mâché ses mots face aux justifications bancales de la représentante de l’ANE. Quand Gypsiane Aguené a tenté d’expliquer que les listes électorales définitives étaient disponibles sur le site internet de l’ANE et au centre de traitement des données à Bangui, elle a déclenché une salve de critiques dévastatrices.
“L’ANE se détache du code électoral”, a fustigé Bindoumi en rappelant avec véhémence l’article 11, alinéa 3 du code électoral. Ce texte exige pourtant clairement un affichage public des listes dans chaque unité administrative pour permettre aux électeurs de vérifier leur inscription. Cette obligation légale fondamentale est tout simplement ignorée par l’ANE qui préfère se réfugier derrière une pseudo-modernité numérique.
Bernadette Gomina-Pampali, députée de Bayanga, a enfoncé le clou avec une ironie mordante qui a dû faire mal à la représentante de l’ANE. “On est champions en adoption des lois, mais aussi en violation des lois”, a-t-elle déclaré, pointant l’arrogance d’une institution qui agit comme si tous les Centrafricains avaient accès à Internet dans leurs villages reculés.
La députée a qualifié la situation de “désolante” en expliquant concrètement l’impossibilité pour ses électeurs de Bayanga d’accéder à ces fameuses listes en ligne. Cette population rurale, souvent analphabète, se trouve ainsi exclue du processus électoral par une ANE qui vit manifestement dans une bulle technologique déconnectée des réalités du terrain.
Chantal Touabéna, présidente des femmes leader Aouline, a apporté des chiffres dévastateurs pour l’argumentaire de l’ANE. Selon elle, seulement 5% de la population centrafricaine a accès à Internet et 26% sont analphabètes. Ces statistiques transforment la stratégie numérique de l’ANE en véritable farce démocratique.
“C’est un fiasco”, a tranché Chantal Touabéna, résumant en deux mots l’opinion générale sur cette gestion calamiteuse. Comment peut-on prétendre organiser des Élections transparentes quand plus de trois quarts de la population ne peuvent pas vérifier leur inscription sur les listes électorales ?
Cette dépendance aveugle à une plateforme numérique inaccessible à la majorité des Centrafricains ressemble davantage à une stratégie délibérée d’exclusion qu’à une modernisation du processus électoral. L’ANE semble avoir délibérément choisi la voie la plus compliquée pour empêcher les citoyens d’exercer leur droit de contrôle sur les listes électorales.
L’absence d’affichage physique des listes dans les unités administratives constitue une violation caractérisée du code électoral. Cette violation n’est pas accidentelle mais un signe d’une volonté délibérée de limiter l’accès à l’information électorale. Dans quel but ? La question mérite d’être posée.
Les critiques acerbes exprimées lors de ce débat montre un malaise profond face aux méthodes de l’ANE. Ces personnalités respectées de la société civile et du monde politique ne contestent pas pour le plaisir de critiquer, mais parce qu’elles constatent une dérive dangereuse qui compromet la crédibilité du scrutin à venir.
La stratégie de l’ANE pose des questions sur ses véritables intentions. Veut-elle vraiment organiser des Élections transparentes et inclusives, ou cherche-t-elle à limiter la participation citoyenne en complexifiant l’accès à l’information ? Le débat de la radioNdèkè -Luka a apporté des éléments de réponse troublants.
Cette polémique sur l’inaccessibilité des listes électorales s’ajoute aux autres dysfonctionnements déjà constatés dans la gestion de l’ANE. Entre les mensonges sur la publication des listes et cette nouvelle stratégie d’exclusion numérique, l’institution accumule les signaux négatifs.
Au final, ce débat sur la radioNdèkè -Luka aura eu le mérite de mettre à nu les contradictions et les insuffisances de l’ANE. Face aux critiques argumentées de Joseph Bindoumi, Bernadette Gomina-Pampali et Chantal Touabéna, les justifications de Gypsiane Aguené ont sonné comme des excuses de mauvaise foi.
Comment les Centrafricains peuvent-ils encore faire confiance à une institution qui viole ouvertement la loi électorale tout en prétendant organiser des scrutins démocratiques ? Cette question, soulevée implicitement lors du débat, plane désormais comme une épée de Damoclès sur la crédibilité des Élections de décembre.
Eddy Symphorien Kparekouti, candidat du PUR à la présidentielle ? Un véritable Toto qui danse sur la scène politique centrafricaine
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/02/Photo-de-famille-des-leaders-de-la-plateforme-UFDO-apres-la-reunion-de-reintegration-de-MLPC-CO-Koyambonou-et-MLPC-Fondateur-de-Mazette-en-casquette-noire-et-complet-chemise-pagne-scaled.jpg” data-wpel-link=”internal”>Photo de famille des leaders de la plateforme UFDO après la réunion de réintégration de MLPC-CO Koyambonou et MLPC Fondateur de Mazette en casquette noire et complet chemise pagne
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un président du parti, un “Toto” resté ? Quand Eddy Symphorien Kparekouti, fraîchement investi candidat du PUR pour la présidentielle 2025, déclare avec emphase que c’est « une fierté nationale » de porter le drapeau de son parti, on ne peut s’empêcher de sourire. Une fierté, vraiment ? Ou plutôt une comédie, où les rôles sont distribués à l’avance : le président, les militants, et surtout… le “Toto” qui fait le spectacle.
Car enfin, qui sont ces « militants et militantes sympathisants » qui l’ont « élu » ? Cinq personnes dans une pièce close, choisies pour donner l’illusion d’un processus démocratique ? Le PUR, ce parti qui se veut « unité » et « reconstruction », ressemble étrangement à une cour de récréation où l’on désigne le chef à pile ou face. Et Kparekouti, le « président et candidat » en même temps, joue les premiers rôles dans cette pièce de théâtre politique.
L’opposition factice, ou l’art de se tirer une balle dans le pied Le plus drôle, c’est qu’il parle de « porter le drapeau de la République centrafricaine ». Mais quel drapeau ? Celui d’une opposition bidon avec son UFDO? Cette coalition fictive de l’opposition de Touadera, Créée de toutes pièces pour discréditer les vrais opposants ? Celui d’un système où l’on fait croire à la démocratie en désignant des candidats aussi crédibles que des marionnettes ?
Kparekouti n’est pas un candidat, c’est un leurre. Un « Toto » envoyé en première ligne pour diviser, affaiblir, et surtout, détourner l’attention. « C’est une fierté », dit-il. Une fierté de servir de paravent ? Une fierté de jouer les utiles idiots dans un jeu où les dés sont pipés depuis le début ?
La maladie du « je suis élu ». L’homme n’a pas honte. Cette « maladie » qu’il évoque chez les autres, n’est-ce pas la sienne ? Cette obsession de se dire « élu », « choisi », « porte-drapeau », alors que tout le monde voit bien qu’il n’est qu’un pion sur l’échiquier. Un pion qui s’agite, qui crie « fierté nationale », mais qui, au fond, n’est qu’un exemple d’un système politique malade. Un système où l’on fabrique des candidats comme on fabrique des illusions.
Alors oui, Kparekouti a raison sur un point : c’est bien une « fierté ». La fierté de voir à quel point la politique centrafricaine sait se moquer d’elle-même. La fierté de constater que, même en 2025, on peut encore faire croire à une élection avec des candidats sortis d’un chapeau. La fierté, enfin, de réaliser que le vrai « Toto », ce n’est pas celui qu’on désigne du doigt… c’est celui qui croit encore à son propre rôle.
En attendant, la République centrafricaine, elle, continue d’attendre. Pas un « porte-drapeau », mais des dirigeants. Pas des « fiertés » en carton-pâte, mais des actes. Et surtout, pas des « Totos », mais des hommes et des femmes capables de la sortir de cette comédie permanente.
Et vous, chers lecteurs, vous y croyez encore, à cette « fierté nationale » ?
Germain Nadjibe, candidat proclamé à la prochaine présidentielle : Pourquoi tant de certitudes de victoire dans un scrutin présidentiel déjà cousu ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/12/un-bureau-de-vote-dans-la-foret-vers-Paoua-en-Centrafrique-le-27-decembre-2020-par-CNC.jpg” data-wpel-link=”internal”>Un bureau de vote installé dans la forêt par les agents électoraux le 27 décembre 2020 dans la commune de Bimbi, vers Paoua, en République centrafricaine. Photo CNC
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Germain Nadjibe, Président de la « Conquête inclusive du bonheur » affirme lors de son interview à la Radio Ndèkè -Luka qu’il va gagner la présidentielle. Point final. Pas de plan B, pas de doute. Cette assurance interroge quand on connaît la réalité politique centrafricaine actuelle.
Or, cette victoire annoncée intervient dans un contexte où chacun voit bien que les conditions d’un scrutin équitable ne sont pas réunies. Le président sortant Baba Kongoboro a pris soin de contrôler chaque étape du processus électoral. La constitution a été modifiée sur mesure, la Cour constitutionnelle purgée de ses membres gênants comme Danièle Darlan, remplacés par des individus crapuleux et plus dociles. Les résultats du référendum ont affiché des taux pour le moins surprenants. Comment peut-on être si sûr de gagner quand l’opposition véritable refuse de participer ou exige au minimum des conditions décentes pour organiser le scrutin ? Cette confiance aveugle détonne.
D’ailleurs, pendant que les partis d’opposition dénoncent les irrégularités et demandent des garanties minimales, Nadjibe débarque avec ses certitudes de victoire. Il n’évoque jamais les problèmes du processus électoral, ne critique rien, ne revendique aucune réforme. Cette posture arrange bien le pouvoir en place.
Cette attitude fait penser à autre chose qu’une vraie ambition présidentielle. Nadjibe ne viserait-il pas plutôt un poste dans le futur gouvernement ? L’histoire centrafricaine connaît bien ce scénario : créer un parti, faire campagne pour la forme, puis rallier le président réélu contre un maroquin. La recette fonctionne depuis des décennies.
Plusieurs questions méritent d’être posées. Pourquoi Nadjibe ne dit-il rien sur les conditions actuelles du scrutin ? A-t-il déjà négocié sa place dans l’après-élection ? Sa candidature fait-elle partie d’une stratégie plus large pour donner une apparence de pluralisme à un processus déjà bouclé ? Son silence sur les dérives actuelles contraste avec ses proclamations de victoire. Quand l’opposition authentique boycotte ou pose des conditions, lui fonce tête baissée. Cette différence d’approche pose question.
Il faut reconnaître que Nadjibe émerge au bon moment pour le pouvoir. Sa candidature permet d’afficher une diversité de candidats face à un président sortant. Elle donne l’impression d’une vraie compétition électorale. Pratique pour légitimer un scrutin contesté par ailleurs. Les électeurs centrafricains connaissent cette musique. Ils ont déjà vu des candidats surgir avant les Élections, tenir des discours généreux, puis disparaître après avoir obtenu ce qu’ils cherchaient vraiment.
Au final, la confiance de Nadjibe cache peut-être une tout autre réalité que celle qu’il présente. Entre ambition présidentielle sincère et stratégie personnelle bien calculée, les Centrafricains ont le droit de savoir. D’autant que son mutisme sur les vrais problèmes du processus électoral en dit long sur ses priorités réelles. Cette élection s’annonce déjà particulière. Les candidatures comme celle de Nadjibe ne font que confirmer cette impression.
Çay y est! La plainte officielle est déposée devant la CPI contre Touadera pour crime de guerre et crime contre l’humanité. Le Procureur commence son boulot discrètement
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/02/Faustin-Archange-Touadera-sous-la-protection-des-mercenaires-du-groupe-Wagner-en-Russie.jpg” data-wpel-link=”internal”>Faustin Archange-Touadera sous la protection des mercenaires du groupeWagner en Russie
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le 8 octobre 2025, une plainte historique a été officiellement déposée auprès du Bureau du Procureur de la Cour Pénale Internationale contre le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, des membres de son gouvernement et des dirigeants du groupe paramilitaire russe Wagner pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis en République Centrafricaine depuis mars 2018.
Cette communication en vertu de l’Article 15 du Statut de Rome de la CPI, préparée par le cabinet Larochelle Avocats dirigé par l’avocat international canadien Philippe Larochelle, documente sur 182 pages des années d’atrocités massives et systématiques commises contre la population civile centrafricaine. La plainte a été initiée par des citoyens centrafricains opérant au sein de l’association des “12 Apôtres”, un collectif de la diaspora centrafricaine déterminé à faire cesser l’impunité qui règne en Centrafrique.
Le document juridique déposé à La Haye constitue la communication la plus complète jamais soumise à la CPI sur la situation centrafricaine depuis 2018. Il s’appuie sur les témoignages de plus de trente témoins entendus par le cabinet Larochelle Avocats, dont des membres des Forces Armées Centrafricaines (FACA), de la gendarmerie, des anciens miliciens, de hautes personnalités centrafricaines ainsi que des victimes et proches de victimes. Ces témoignages ont été compilés dans un tableau détaillé listant les crimes respectifs commis par les auteurs des incidents.
La plainte s’appuie également sur des preuves de violations massives des droits humains en RCA détaillées dans des sources publiques, telles que des rapports de l’Organisation des Nations Unies, d’Organisations Non-Gouvernementales et des articles de presse. Le document intègre aussi des données chiffrées relatives aux incidents liés à la sécurité en RCA en provenance de la base de données de l’Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED), une organisation américaine à but non lucratif qui collecte, analyse et cartographie des informations sur les conflits armés. ACLED approuve et soutient pleinement cette communication.
Les crimes documentés dans la plainte sont d’une gravité exceptionnelle. Depuis 2018, le régime Touadéra et ses alliés russes du groupe Wagner sont accusés d’avoir commis des crimes contre l’humanité au sens de l’Article 7 du Statut de la CPI, à savoir : meurtre, emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamentales du droit international, torture, viol, persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d’ordre politique et ethnique, et disparitions forcées de personnes.
Dans le cadre du conflit armé non-international en cours en RCA, la plainte documente également des crimes de guerre au sens de l’Article 8 du Statut de la CPI : les atteintes à la vie et à l’intégrité corporelle notamment le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels et la torture, les atteintes à la dignité de la personne notamment les traitements humiliants et dégradants, le fait de diriger intentionnellement des attaques contre la population civile en tant que telle ou contre des personnes civiles qui ne participent pas directement aux hostilités, le fait de diriger intentionnellement des attaques contre des bâtiments consacrés à la religion, à l’enseignement, à l’art, à la science ou à l’action caritative, des monuments historiques, des hôpitaux et des lieux où des malades et des blessés sont rassemblés, le pillage d’une ville ou d’une localité, et le viol.
La plainte montre aussi que Touadéra et le groupe Wagner ont mis en place une “machine à tuer et à piller” qui sert les intérêts de Touadéra aux fins de se maintenir au pouvoir et ceux du groupe Wagner par le biais de l’exploitation des richesses minières du pays. Selon l’ONG The Sentry citée dans le document, les civils sont chassés “comme des animaux” en RCA et le modèle de pillage mis en place en RCA a apporté la mort et la dévastation tout en sapant la paix et la sécurité globales tant en RCA que dans l’Afrique centrale dans son ensemble.
Le document établit que depuis mars 2018, Touadéra a orchestré une politique d’État visant à maintenir, par tous les moyens, son régime au pouvoir. En contrepartie, il a accordé au groupe Wagner une mainmise totale sur l’exploitation des gisements miniers de la RCA. Cette alliance criminelle a transformé la Centrafrique en zone de non-droit où les mercenaires russes et les forces centrafricaines commettent des atrocités en toute impunité.
La plainte documente notamment le massacre de Seko le 21 mars 2018, où 17 civils dont des femmes et des enfants ont été exécutés par des éléments de l’UPC opérant en tant que “Wagner noirs”. Elle relate le massacre d’Alindao le 15 novembre 2018, au cours duquel au moins 112 personnes ont été tuées, dont 19 enfants, 44 femmes et 49 hommes, la plupart étant des civils réfugiés dans un camp de personnes déplacées. Le massacre de Bongboto le 21 juillet 2021 est également documenté, où au moins 14 marchands ambulants ont été pris en embuscade par des mercenaires de Wagner et exécutés sommairement.
Les statistiques présentées dans la plainte sont accablantes. Entre décembre 2020 et juillet 2022, les éléments du groupe Wagner ont pris pour cible des civils durant au moins 180 événements, correspondant à 52% du total des faits de violence politique ayant eu lieu en RCA durant cette période. Sur la période comprise entre décembre 2020 et mai 2023, près de 40% des violences politiques ont impliqué le groupe Wagner dans la plupart des préfectures de la RCA.
Dans un rapport couvrant la période juillet 2020 à juin 2021, la Division des Droits de l’Homme de la Minusca et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme ont recensé 526 violations des droits humains et du droit international humanitaire à travers la RCA, faisant au moins 1221 victimes, dont 144 civils. Selon ce rapport, près de 46% de ces incidents confirmés étaient en partie attribuables aux FACA, aux forces de sécurité intérieure et aux instructeurs militaires russes opérant pour le groupe Wagner.
La plainte montre également l’existence d’un système organisé de détentions arbitraires et de torture. Des civils accusés à tort de collusion avec la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), des opposants présumés au régime Touadéra, des membres des communautés gbaya, peuhl et musulmanes ont été systématiquement arrêtés, torturés et détenus sans procès dans des établissements pénitentiaires comme le Camp de Roux, l’Office Central de Répression du Banditisme (OCRB) et la Maison d’Arrêt Centrale de Ngaragba.
Pour l’année 2023, les Nations Unies ont documenté 431 arrestations et détentions arbitraires commises par les FACA, les forces de sécurité intérieure et les différentes brigades spécialisées de l’OCRB et de la Section de Recherches et d’Investigations, affectant un total d’au moins 1521 victimes. Cent vingt-cinq cas de torture ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants ont été recensés en détention sur l’année 2023, certains ayant causé des décès.
Le document déposé à la CPI nomme explicitement les responsables de ces crimes. Outre Touadéra, sont cités : Hassan Bouba, ministre et ancien chef rebelle de l’UPC devenu commandant des “Wagner noirs”, Jules Wananga et Gervais Yarkokpa, membres de la Garde Présidentielle et parents de Touadéra qui dirigent la milice des “Requins”, Claude Rameaux Bireau, ministre de la Défense, Zéphirin Mamadou, Chef d’État-Major des FACA, Bienvenu Zokoué, Directeur Général de la Police, et Landry Ulrich Dépôt, Directeur Général de la Gendarmerie.
Côté russe, la plainte vise les trois dirigeants-clés du groupe Wagner en RCA : Valery Zakharov, ancien agent de renseignement russe et conseiller spécial de Touadéra en sécurité, Dimitri Sytyi, considéré comme le nouveau patron officieux du groupe Wagner en RCA et en Afrique, et Vitali Perfilev, responsable des opérations militaires du groupe Wagner en RCA jusqu’à son départ en juillet 2023.
La communication démontre l’existence d’une chaîne de commandement centralisée dirigée depuis la Présidence de la République. Touadéra, en tant que chef de l’État et chef suprême des armées, détient un pouvoir effectif sur l’ensemble de la chaîne de commandement militaire et sécuritaire. Les ordres sont transmis par des proches collaborateurs faisant partie d’un “cercle restreint” et les dirigeants de Wagner, qui entretiennent des relations étroites avec Touadéra.
L’autorité militaire et sécuritaire est centralisée autour de Touadéra, de son cercle restreint et des dirigeants de Wagner par l’exercice d’une chaîne de commandement structurée et contrôlée depuis le sommet de l’État qui a pour plan commun de préserver le régime Touadéra. Chaque ordre est attribué à la Présidence et aucun ordre donné par le cercle restreint de Touadéra ou un dirigeant de Wagner ne peut être contesté par les subordonnés.
La plainte établit que Touadéra et son cercle restreint n’ont mis en place aucune action punitive ou préventive vis-à-vis des exactions commises par leurs subordonnés en RCA. Une autorité politique proche de Touadéra a confirmé aux enquêteurs que les exactions sont faites pour protéger le pouvoir de Touadéra et que toute personne disposée à dénoncer les exactions reçoit pour ordre de se taire de la part de la Présidence.
Le document juridique démontre également que le groupe Wagner a bénéficié d’un soutien financier massif de la part du régime Touadéra. Depuis 2018, Touadéra paie 10 milliards de francs CFA par mois aux mercenaires russes. En contrepartie, Wagner a obtenu le contrôle de gisements miniers stratégiques en RCA, notamment à travers des sociétés minières affiliées au groupe comme Lobaye Invest, Midas Resources et Diamville.
La plainte révèle que le contrôle des ressources minières a permis à l’engagement du groupe Wagner en RCA de prendre une tournure plus publique, avec la conclusion de contrats octroyant le contrôle des mines d’or et diamants aux sociétés liées au groupe Wagner. Le groupe Wagner a acquis un contrôle substantiel des gisements miniers et n’est soumis à aucune taxe sur l’exploitation des gisements.
Les avocats des 12 Apôtres soutiennent que la justice centrafricaine, y compris la Cour Pénale Spéciale, n’est pas indépendante et subit une influence significative de la part de Touadéra et de ses alliés politiques. En vertu de la Constitution centrafricaine, Touadéra exerce sur le pouvoir judiciaire un contrôle de jure en tant que Président du Conseil Supérieur de la Magistrature. Ce positionnement permet une ingérence constante du Président de la République dans les affaires judiciaires.
Le document cite l’affaire Hassan Bouba comme exemple criant de cette instrumentalisation de la justice. Bouba fait actuellement l’objet d’un mandat d’arrêt émis par la Cour Pénale Spéciale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Après avoir été arrêté par la CPS le 19 novembre 2021 et détenu au Camp de Roux, Bouba a été exfiltré par des mercenaires de Wagner, des éléments de la Garde Présidentielle et des gendarmes centrafricains le 26 novembre 2021. Bouba se verra ensuite décerner l’Ordre du mérite par Touadéra et reprendra la tête de son Ministère, alors que 261 plaintes de victimes avaient été enregistrées à la CPS contre lui.
Les avocats soulignent également que Touadéra a déjà utilisé son contrôle direct sur le pouvoir judiciaire pour nuire à son indépendance à des fins politiques. En 2022, lorsque la Cour constitutionnelle a déclaré inconstitutionnel le comité chargé de rédiger des amendements visant à abolir la limitation du nombre de mandats présidentiels, Touadéra a révoqué par décret présidentiel la juge Danièle Darlan, présidente de la Cour constitutionnelle, en guise de représailles.
La plainte demande au Procureur de la CPI d’ouvrir une nouvelle enquête dans ce qui serait la situation “République Centrafricaine III”. Les enquêtes de la CPI dans la situation dite “République Centrafricaine II” ont été clôturées en décembre 2022 par le Procureur Karim Khan, citant le passage de relais aux juridictions nationales. Néanmoins, conformément au Statut de la CPI, le Procureur peut décider d’ouvrir une investigation dès lors que de nouveaux crimes seraient portés à sa connaissance.
Pour décider d’ouvrir ou non une enquête, l’article 53(1) du Statut de Rome oblige le Procureur à prendre en compte trois facteurs distincts : s’il existe une base raisonnable de croire qu’un crime relevant de la compétence de la Cour a été ou est en train d’être commis, si l’affaire est ou serait recevable, et si, compte tenu de la gravité du crime et des intérêts des victimes, il existe néanmoins des raisons sérieuses de croire qu’une enquête ne servirait pas les intérêts de la justice.
Le document démontre que chacun de ces critères est rempli. La gravité des actes criminels présentés dans cette communication satisfait aux exigences de l’article 17(1)(d) du Statut de la CPI. Les crimes allégués ont été commis avec une brutalité évidente, par des moyens oppressifs et une cruauté évidente, et dans le cadre d’un programme systémique mis en œuvre par les autorités gouvernementales contre leur population civile, le tout pour des motifs discriminatoires.
Les avocats soulignent qu’à la connaissance des parties déposantes, il n’y a aucune raison de croire qu’une enquête sur les exactions décrites dans cette communication ne servirait pas les intérêts de la justice. Au contraire, il y a toutes les raisons de croire que l’impact de la conduite du régime Touadéra a des ramifications graves et durables sur la vie des victimes individuelles ainsi que sur les groupes et les communautés résidant en RCA.
La pertinence d’une réouverture des enquêtes du Procureur s’inscrit également dans la continuité des enquêtes actuellement menées par le Bureau sur le conflit armé en Ukraine. Il est aujourd’hui établi que le groupe Wagner ait agi dans ce contexte comme un prolongement des intérêts stratégiques de la Fédération de Russie, bénéficiant d’un appui logistique, opérationnel et financier de la part de l’État russe.
Le groupe Wagner a été placé sous sanction en 2023 par le département du Trésor américain pour la menace transcontinentale qu’il exerce par le biais de son soutien à la Russie dans le cadre du conflit en Ukraine et des violations graves des droits de l’homme commises en RCA et au Mali. De nombreux rapports d’experts ont fait état du fait que la présence persistante et croissante du groupe Wagner entre 2018 et 2024 dans plusieurs pays d’Afrique centrale et de l’ouest, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Darfour, constituait un risque majeur de répétition de crimes similaires à ceux commis en RCA.
L’examen des crimes commis en RCA permettrait de mieux établir les liens structurels entre les crimes commis par le groupe Wagner en Afrique et ceux commis en Ukraine, et contribuer ainsi à la démonstration d’un schéma de criminalité transnationale coordonnée. Dans ce contexte, la réouverture d’une enquête dans une nouvelle situation centrafricaine pour poursuivre les auteurs des crimes décrits dans cette communication revêt une importance cruciale, tant pour rendre justice aux victimes en RCA que pour renforcer la cohérence des actions de la CPI face à des dynamiques de violence qui ne connaissent pas de frontières.
Une telle enquête de la CPI enverrait un message fort de prévention et de lutte contre l’impunité dans une région de plus en plus marquée par l’ingérence d’acteurs armés privés agissant en dehors de tout cadre légal. À la lumière des informations recueillies et présentées dans cette communication, les parties déposantes demandent respectueusement au Bureau du Procureur de la CPI de procéder d’urgence à l’enquête et aux poursuites contre les responsables des crimes graves relevant de la compétence de la CPI commis en RCA depuis 2018.
Cette plainte historique marque un tournant dans la lutte contre l’impunité en Centrafrique. Pour la première fois, un document juridique aussi complet et documenté vise directement Touadéra et les plus hauts responsables de son régime pour des crimes commis depuis 2018. Les 12 Apôtres et leurs avocats ont réussi à rassembler des preuves accablantes, des témoignages détaillés et des données statistiques irréfutables démontrant l’existence d’un système organisé de terreur contre la population civile.
Le peuple centrafricain, qui subit depuis sept ans les exactions du régime Touadéra et de ses alliés russes, attend désormais la décision du Procureur de la CPI. Cette plainte représente peut-être la dernière chance de voir la justice internationale intervenir pour mettre fin au cycle infernal de violence et d’impunité qui règne en Centrafrique.
Interrogé par les officiers de police judiciaires sur ordre du Procureur , Docteur Dominique Désiré Erenon est sur le point d’être accusé officiellement pour « atteinte à la sûreté de l’État” et “insulte au Président de la République”. La folie répressive du régime Touadéra prend forme
Dr Dominique Désiré ERENON, Président du parti MDSP. Photo de courrtoisie
Le Docteur Dominique Désiré Erenon, président du parti Marche pour la Démocratie et le Salut du Peuple (MDSP), arrêté à son arrivée à l’aéroport de Bangui Mpoko le vendredi 3 octobre 2025, a été interrogé la semaine dernière pour “atteinte à la sûreté de l’État” et “insulte au Président de la République”. Cette révélation plonge dans la stupéfaction tous ceux qui connaissent ce brillant universitaire rentré de France pour servir son pays.
Atteinte à la sûreté de l’État. Ces mots résonnent comme une accusation gravissime. Ils évoquent la trahison, le complot, la tentative de renversement du pouvoir par la force. Ils affirment qu’un individu représente un danger mortel pour l’existence même de l’État.
Mais quelle “atteinte à la sûreté de l’État” que le Docteur Erenon aurait-il commise ? A-t-il pris les armes ? Non. A-t-il levé une milice ? Non. A-t-il comploté un coup d’État ? Non. A-t-il appelé à la violence ? Non. A-t-il même organisé une manifestation ? Non.
Le Docteur Dominique Désiré Erenon est un constitutionnaliste. Un enseignant de l’Université de Bangui qui a poursuivi ses études en France jusqu’à obtenir son doctorat à l’Université Paris-Panthéon-Assas, l’une des plus prestigieuses universités de droit d’Europe. Un intellectuel qui a passé des années à étudier le droit constitutionnel, les institutions démocratiques, l’État de droit.
Cet homme, formé dans les meilleures universités, aurait pu rester confortablement installé en France. Il aurait pu y enseigner, y faire carrière, y vivre une vie tranquille et prospère. Mais il a fait un autre choix. Il a décidé de rentrer en Centrafrique, son pays natal.
Pourquoi ? Pour servir son pays. Pour transmettre ses connaissances aux étudiants centrafricains. Pour reprendre ses enseignements à l’Université de Bangui. Pour partager avec la jeunesse centrafricaine le savoir qu’il a acquis pendant ses années d’études en France.
Il est aussi rentré pour participer à la vie politique de son pays. En tant que président du parti MDSP, il voulait contribuer au débat démocratique, présenter un projet politique alternatif, participer aux Élections. C’est son droit le plus strict en tant que citoyen centrafricain.
Mais le régime Touadéra ne voit pas les choses ainsi. Pour ce régime paranoïaque et répressif, un intellectuel formé à l’étranger qui rentre au pays avec des idées démocratiques est une menace. Un opposant politique qui veut participer aux Élections est un danger. Un universitaire qui enseigne le droit constitutionnel à la jeunesse est un ennemi.
Alors le régime l’arrête dès sa descente d’avion. Avant même qu’il n’ait pu poser ses valises chez lui. Avant même qu’il n’ait pu embrasser sa famille. On le cueille à l’aéroport comme un criminel dangereux.
Et on l’interroge pour “atteinte à la sûreté de l’État”. Pour avoir fait quoi exactement ? Pour avoir critiqué Touadéra ? Pour avoir dit que le régime est autoritaire ? Pour avoir dénoncé les violations des droits humains ? Pour avoir appelé à des Élections libres et transparentes ?
Si critiquer le président constitue une “atteinte à la sûreté de l’État”, alors tous les opposants sont des criminels. Si dénoncer les dérives du régime est un crime, alors la démocratie est morte. Si exprimer des opinions politiques différentes de celles du pouvoir vous conduit en prison, alors la Centrafrique est devenue une dictature totale.
L’accusation d’“insulte au Président de la République” est tout aussi absurde. Qu’a dit le Docteur Erenon qui constituerait une “insulte” ? A-t-il traité Touadéra de noms vulgaires ? A-t-il proféré des injures grossières ? Ou a-t-il simplement critiqué sa politique, dénoncé son autoritarisme, contesté sa légitimité ?
Dans une démocratie normale, critiquer le président n’est pas une insulte. C’est un droit. Un droit fondamental protégé par la liberté d’expression. Les opposants politiques critiquent le pouvoir en place, c’est leur rôle. Les intellectuels analysent et contestent les politiques gouvernementales, c’est leur fonction.
Mais dans la Centrafrique de Touadéra, critiquer le président est devenu un crime. On ne peut plus rien dire. On doit fermer sa gueule, baisser la tête, dire “pardon Président, pardon Président” comme un enfant puni. On doit se prosterner devant le pouvoir et accepter tout ce qu’il fait sans jamais oser une parole de contestation.
C’est ça la vie que Touadéra veut imposer aux Centrafricains ? Une vie de silence et de soumission ? Une vie où on ne peut même plus exprimer une opinion différente sans risquer la prison pour “atteinte à la sûreté de l’État” ?
Le comble de l’hypocrisie, c’est que Touadéra lui-même n’arrête pas d’appeler la diaspora à rentrer. Dans tous ses discours, il répète : “Rentrez au pays, la Centrafrique a besoin de vous, venez participer au développement du pays”. Il fait des promesses, il tend la main, il joue les présidents accueillants.
Mais quand un membre de la diaspora rentre effectivement, formé, diplômé, compétent, prêt à servir son pays, qu’est-ce qu’il reçoit ? Une arrestation à l’aéroport. Un interrogatoire pour “atteinte à la sûreté de l’État”. Une détention arbitraire.
Quel message cela envoie-t-il aux autres membres de la diaspora ? Le message est clair : ne rentrez pas. Si vous rentrez, vous serez arrêtés. Si vous avez des compétences, si vous avez des idées, si vous avez une vision pour le pays, vous êtes dangereux. Restez en France, restez en Europe, restez en Amérique. En Centrafrique, on n’a pas besoin d’intellectuels, on n’a pas besoin de gens formés, on n’a pas besoin de citoyens qui réfléchissent.
On n’a besoin que de gens soumis qui disent “oui Président” à tout ce que fait Touadéra.
Cette arrestation du Docteur Erenon montre la panique qui s’empare du régime. Touadéra a peur. Il a peur des intellectuels. Il a peur des jeunes formés qui rentrent avec des idées nouvelles. Il a peur de la diaspora qui pourrait apporter un souffle nouveau au pays. Il a peur des opposants qui pourraient mobiliser la population.
Cette peur le pousse à la folie répressive. Plutôt que d’accepter le débat démocratique, il arrête les opposants. Plutôt que de répondre aux critiques par des arguments, il répond par la prison. Plutôt que de laisser les intellectuels contribuer au développement du pays, il les accuse d’“atteinte à la sûreté de l’État”.
Cette folie répressive ne fait que révéler la faiblesse du régime. Un régime fort, légitime, populaire n’a pas besoin d’arrêter les intellectuels. Un régime démocratique n’a pas peur des opposants. Seul un régime faible, illégitime, impopulaire a besoin de réprimer toute voix dissidente pour se maintenir au pouvoir.
Le Docteur Dominique Désiré Erenon n’est pas un danger pour la Centrafrique. Il est un atout. Un citoyen formé dans les meilleures universités, qui aurait pu faire carrière à l’étranger, mais qui a choisi de rentrer servir son pays. Un intellectuel qui peut former la jeunesse centrafricaine au droit constitutionnel, aux principes démocratiques, à l’État de droit. Un opposant politique qui propose un projet alternatif pour le pays.
Le vrai danger pour la Centrafrique, c’est Touadéra et son régime. Un régime qui arrête les intellectuels. Qui emprisonne les opposants. Qui fabrique des accusations absurdes d’“atteinte à la sûreté de l’État” contre des citoyens pacifiques. Qui transforme la critique politique en crime. Qui étouffe toute parole libre.
Pour le moment, le Docteur Erenon n’est pas officiellement accusé. Il a seulement été “interrogé” sur ces accusations d’“atteinte à la sûreté de l’État” et d’“insulte au Président”. Mais cette distinction est purement formelle. Dans la pratique, une fois qu’on est arrêté et interrogé pour ces motifs en Centrafrique, l’accusation officielle suit généralement.
Le régime est en train de fabriquer un dossier contre le Docteur Erenon. Il cherche des “preuves” pour justifier son arrestation. Il tord des déclarations politiques normales pour en faire des “atteintes à la sûreté de l’État”. Il transforme des critiques légitimes en “insultes au Président”.
Cette fabrication d’accusations est une technique classique des régimes autoritaires. On arrête d’abord, on invente les motifs après. On emprisonne d’abord, on construit le dossier ensuite. L’objectif n’est pas la justice, c’est l’élimination politique de l’opposant.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : éliminer le Docteur Erenon de la scène politique. L’empêcher de participer aux Élections de décembre. L’empêcher de mobiliser son parti. L’empêcher d’enseigner à l’université. L’empêcher de partager ses idées avec la jeunesse centrafricaine. Le neutraliser complètement.
Le régime veut envoyer un message à tous les autres opposants potentiels : voilà ce qui vous attend si vous osez rentrer au pays et faire de la politique. Voilà ce qui arrive à ceux qui critiquent Touadéra. Restez silencieux ou partez en exil.
Mais ce message de terreur ne fera que renforcer la détermination des vrais opposants. Le Docteur Erenon devient un symbole. Un symbole de la résistance intellectuelle face à un régime obscurantiste. Un symbole du courage de ceux qui refusent l’exil et choisissent de se battre au pays malgré les risques.
Son arrestation arbitraire, ses accusations absurdes, sa détention injuste ne feront que discréditer davantage le régime Touadéra aux yeux des Centrafricains et de la communauté internationale.
Le régime Touadéra doit comprendre qu’il ne peut pas continuer à arrêter impunément tous ceux qui osent penser différemment. Qu’il ne peut pas fabriquer des accusations d’“atteinte à la sûreté de l’État” contre des opposants pacifiques. Qu’il ne peut pas transformer la Centrafrique en prison géante où toute parole libre est un crime.
Centrafrique : formation au Maroc suspendue pour les 40 ex-combattants de l’UPC et du mouvement 3R
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/07/bobo-3r.jpg” data-wpel-link=”internal”>Sembé Bobo, Chef rebelle 3R lors de son désarmement devant Touadera à Bangui
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Une quarantaine de places de formation militaire offertes par le Royaume du Maroc aux ex-rebelles de l’UPC et du 3R restent inoccupées. Le départ des combattants de l’UPC et du 3R est bloqué depuis un mois.
L’accord de N’Djamena du 19 avril dernier avait ouvert une voie prometteuse pour la réintégration des ex-combattants. Le Maroc proposait d’accueillir quarante hommes issus de l’UPC d’Ali Darassa et du mouvement 3R pour une formation militaire complète. Quatre mois plus tard, pas un seul candidat n’a pris l’avion pour Rabat.
Le processus a commencé normalement en juin. L’UPC et le 3R ont chacun sélectionné vingt candidats parmi leurs effectifs. Ces jeunes combattants maîtrisaient déjà le maniement des armes mais n’occupaient pas de postes élevés dans la hiérarchie militaire des deux mouvements. Ils correspondaient exactement au profil attendu pour bénéficier d’une formation approfondie au Maroc.
Face à cette exigence, les deux mouvements ont revu leur stratégie. Le 3R a désigné son chef d’état-major adjoint et son chef des opérations militaires, accompagnés de plusieurs colonels de haut rang. L’UPC a fait de même en envoyant ses cadres les plus expérimentés. Ces hommes ont quitté leurs bases en brousse et se trouvent désormais à Bangui.
Mais depuis leur arrivée dans la capitale, le voyage vers le Maroc reste bloqué. Ces officiers supérieurs attendent dans la capitale sans date de départ confirmée. Le programme de formation se trouve paralysé malgré la présence des candidats réclamés par le gouvernement.
Cette volte-face a paralysé tout le processus. Depuis un mois, les nouveaux candidats proposés par l’UPC et le 3R restent sur les bureaux de l’administration. Les quarante places offertes par Rabat demeurent vides.
L’exigence gouvernementale interroge sur plusieurs points. D’abord, elle contredit la logique même d’une formation. Si ces cadres militaires possèdent déjà l’expérience requise, pourquoi auraient-ils besoin d’une formation supplémentaire au Maroc ? Ensuite, elle prive de jeunes combattants d’une opportunité de reconversion professionnelle dans l’armée régulière.
Plusieurs observateurs y voient une stratégie délibérée d’affaiblissement rapide des groupes armés. En exigeant le départ des cadres expérimentés, le gouvernement chercherait à priver l’UPC et le 3R de leurs meilleurs éléments sur le terrain. Cette interprétation transforme une opération de formation en manœuvre politique.
Le gouvernement affirme au contraire que seuls des officiers expérimentés, une fois formés, pourront assurer efficacement la sécurisation des zones frontalières et des régions encore instables. Mais cette position est contestée : selon plusieurs analystes, une formation militaire devrait justement permettre à des combattants moins expérimentés d’acquérir les compétences nécessaires.
La formation militaire vise normalement à élever le niveau de combattants moins expérimentés. Elle leur permet d’acquérir les connaissances techniques et tactiques nécessaires à leur intégration dans l’armée nationale. En refusant les jeunes candidats, le gouvernement détourne cet objectif initial.
Le 9 octobre 2025, le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) a pris une initiative juridique préventive pour empêcher le régime Touadéra de manipuler les Élections du 28 décembre 2025. Par l’intermédiaire du Cabinet Manguereka, le MLPC a officiellement notifié à l’Autorité Nationale des Élections (ANE) et au Conseil Constitutionnel qu’il ne présentera aucun candidat pour ces Élections.
Cette démarche n’est pas un simple boycott. C’est une stratégie juridique pour bloquer par avance toute tentative du régime de fabriquer de faux candidats MLPC.
Dans la lettre signée par Maître André Olivier Manguereka et adressée au Président de l’ANE, le MLPC, représenté par son -président Martin Ziguélé, déclare clairement : “Le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) n’investira aucun candidat pour les Élections groupées du 28 décembre 2025».
Mais la lettre ne s’arrête pas là. Elle tire immédiatement la conséquence juridique de cette décision : “Par conséquent, toutes les candidatures déposées au nom de ce parti doivent être purement et simplement rejetées car non investies par le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC)».
Cette formulation est importante. Le MLPC ne dit pas seulement “nous boycottons”. Il dit : “nous ne présentons aucun candidat, DONC toute personne qui se présentera en notre nom doit être rejetée par l’ANE car elle n’aura pas notre investiture».
Pourquoi cette précaution juridique ? Parce que le MLPC connaît le régime Touadéra. Il sait que face au boycott des vrais partis d’opposition, le régime est capable de fabriquer de faux candidats qui utiliseront frauduleusement le nom du MLPC pour créer l’illusion du pluralisme.
Le MLPC a donc décidé de bloquer cette route par avance. En notifiant officiellement à l’ANE et au Conseil Constitutionnel qu’aucun candidat ne sera investi par le parti, le MLPC établit juridiquement que toute candidature déposée au nom du MLPC sera frauduleuse.
Cette stratégie est intelligente. Elle place l’ANE et le Conseil Constitutionnel face à leurs responsabilités. Maintenant que ces institutions ont reçu officiellement la notification du MLPC, elles ne pourront pas prétendre ignorer que les candidatures déposées au nom du MLPC sont frauduleuses.
Si l’ANE valide quand même des candidatures au nom du MLPC, elle se rendra complice d’une fraude documentée. Si le Conseil Constitutionnel avalise ces candidatures frauduleuses, il violera ouvertement la loi. Le MLPC leur aura tendu un piège juridique.
La lettre a été officiellement reçue par l’ANE le 9 octobre 2025, comme l’atteste le cachet de réception visible sur le document, dont CNC a pu lire. Une copie a été adressée au Conseil Constitutionnel. Tout est donc tracé, daté, enregistré. Le MLPC a créé une preuve juridique irréfutable de sa non-participation.
Cette démarche montre la méfiance profonde du MLPC envers le régime. Si le MLPC prend la précaution de notifier officiellement qu’il ne présente aucun candidat, c’est parce qu’il considère que le régime est parfaitement capable de fabriquer de faux candidats MLPC.
Et cette méfiance est légitime. Le comportement du régime Touadéra depuis des années montre qu’il est prêt à toutes les manipulations pour se maintenir au pouvoir. Modification inconstitutionnelle de la Constitution, révocation de juges récalcitrants, arrestations arbitraires d’opposants, trucage électoral systématique : le régime a déjà prouvé qu’il ne respecte aucune règle démocratique.
Fabriquer de faux candidats d’opposition pour créer l’illusion du pluralisme serait tout à fait cohérent avec ces pratiques. Le régime a besoin de montrer à la communauté internationale que les Élections sont “pluralistes”, que “l’opposition participe”. Si les vrais partis d’opposition boycottent, le régime fabriquera de faux partis d’opposition.
C’est exactement ce scénario que le MLPC veut empêcher en notifiant officiellement sa non-participation. Le parti dit au régime : “Nous savons ce que vous allez essayer de faire. Nous avons bloqué cette route juridiquement. Si vous fabriquez quand même des candidats MLPC, ce sera une fraude documentée».
Maintenant, la question est : comment le régime va-t-il réagir ?
Scénario 1 : L’ANE et le Conseil Constitutionnel respectent la notification du MLPC et rejettent toutes les candidatures déposées au nom du MLPC. Dans ce cas, le MLPC aura réussi à bloquer la fabrication de faux candidats.
Scénario 2 : L’ANE et le Conseil Constitutionnel ignorent la notification du MLPC et valident quand même des candidatures au nom du MLPC. Dans ce cas, le régime assumera ouvertement la fraude, en violation d’une notification juridique officielle.
Le scénario 2 est malheureusement le plus probable. L’ANE n’est pas indépendante, elle est contrôlée par le régime. Le Conseil Constitutionnel également. Ils valideront probablement les candidatures frauduleuses parce que le régime a besoin de ces faux candidats pour créer l’illusion du pluralisme.
Mais même dans ce cas, le MLPC aura gagné quelque chose : la preuve juridique irréfutable que les élections sont truquées. Quand des candidats se présenteront au nom du MLPC le 28 décembre, le MLPC pourra montrer la lettre officielle du 9 octobre et dire : “Voilà la preuve que ces candidats sont des imposteurs, nous avions prévenu l’ANE et le Conseil Constitutionnel».
Cette preuve sera utile pour contester les résultats des élections devant les instances internationales. Elle sera utile pour documenter la fraude électorale. Elle sera utile pour l’Histoire, pour établir que ces élections étaient une parodie.
La démarche du MLPC est aussi un message politique fort. Elle dit aux Centrafricains : “Nous ne cautionnons pas cette parodie électorale. Nous boycottons. Et nous prenons les précautions juridiques nécessaires pour que le régime ne puisse pas fabriquer de faux candidats MLPC».
Ce message de fermeté est important. Il montre que le MLPC ne se laissera pas manipuler. Que le parti préfère le boycott et la contestation juridique à la participation à des élections truquées. Que Martin Ziguélé et le MLPC choisissent la dignité plutôt que la compromission.
Cette position du MLPC pourrait encourager d’autres partis d’opposition comme le RDC à faire la même chose : notifier officiellement leur non-participation et bloquer juridiquement toute tentative de fabrication de faux candidats en leur nom.
Si plusieurs grands partis d’opposition adoptent cette stratégie, le régime se retrouvera dans une situation difficile. Il pourra toujours fabriquer de faux candidats, mais la fraude sera tellement documentée qu’elle ne trompera plus personne.
La lettre du MLPC pose aussi une question importante : pourquoi un parti politique doit-il prendre des précautions juridiques pour empêcher qu’on fabrique de faux candidats en son nom ? Pourquoi le MLPC doit-il notifier officiellement qu’il ne présente pas de candidats, alors que cela devrait être évident ?
Parce que la Centrafrique de Touadéra est devenue un pays où tout est possible. Où les règles démocratiques les plus élémentaires sont violées. Où le régime peut fabriquer de faux candidats d’opposition sans que personne ne s’y oppose. Où les institutions électorales et judiciaires sont aux ordres du pouvoir.
Dans un pays normal, la notification du MLPC serait inutile. Si le parti ne dépose pas de candidats, aucun candidat MLPC n’apparaîtrait sur les bulletins. Mais en Centrafrique, le MLPC doit prendre des précautions juridiques parce qu’il sait que le régime peut fabriquer des candidats fantômes.
Cette situation est la démonstration parfaite que les élections du 28 décembre 2025 ne seront pas des élections. Ce sera un spectacle monté par le régime, avec des acteurs choisis par le pouvoir, pour donner l’illusion de la démocratie.
Le MLPC refuse de participer à ce spectacle. Et il a eu l’intelligence de bloquer juridiquement par avance toute tentative de le faire participer malgré lui en fabriquant de faux candidats MLPC.
Maintenant, observons comment le régime va réagir. Va-t-il respecter la notification du MLPC ? Ou va-t-il assumer ouvertement la fraude en validant quand même des candidatures MLPC frauduleuses ?
La réponse nous dira si le régime Touadéra a encore un minimum de respect pour les apparences juridiques, ou s’il est prêt à violer ouvertement la loi pour organiser son élection truquée.
Lobaye : un civil tué et 3 autres blessés par les Eaux et Forêts venues protéger les intérêts de Centra Bois à Maka
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/04/Vehicule-tout-terrain-du-ministere-des-eaux-et-foret.jpg” data-wpel-link=”internal”>Paoua : Complicité du Chef des Eaux et Forêts” width=”450″ height=”338″ />Vehicule tout terrain du ministere des eaux et-
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le 10 octobre 2025, une mission des Eaux et Forêts a tourné au drame dans le village de Makas, situé dans la préfecture de la Lobaye, au sud-ouest de la République centrafricaine. Un affrontement a opposé les agents forestiers à des habitants hostiles, faisant un mort et trois blessés, dont un lieutenant des Eaux et Forêts.
Un homme de 45 ans a été tué. Trois autres villageois ont été blessés. Un lieutenant des Eaux et Forêts a reçu une blessure au bras gauche. Voilà le bilan d’une mission censée “contrôler l’exploitation illégale du bois” mais qui ressemble surtout à une opération de protection des intérêts d’une société privée, Centra Bois.
Selon un rapport interne consulté par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, l’équipe conduite par le commandant Olona Nervo comptait douze agents. Elle avait reçu une “réquisition d’appui à la société Centra Bois”, chargée d’opérations de contrôle et de traçabilité du bois dans la zone.
Cette formulation est révélatrice. Les Eaux et Forêts n’étaient pas en mission pour protéger la forêt centrafricaine, patrimoine national. Elles étaient en “mission d’appui” à une société privée. En d’autres termes : elles étaient là pour protéger les intérêts commerciaux de Centra Bois contre les habitants locaux.
L’objectif officiel de cette mission était de “repérer et neutraliser les coupeurs de bois illégaux qui exploitent les forêts de la Lobaye sans autorisation, souvent au détriment des concessions forestières agréées par l’État”.
Traduisons ce langage bureaucratique : les habitants de Makas coupent du bois dans leur propre forêt pour survivre, pour construire leurs maisons, pour faire du charbon de bois qu’ils vendent pour nourrir leurs familles. Mais ce bois, l’État l’a concédé à Centra Bois. Donc les habitants qui exploitent leur propre forêt sont considérés comme des “coupeurs illégaux” qui nuisent aux “concessions forestières agréées”.
Le problème fondamental est là : l’État centrafricain concède des forêts entières à des sociétés privées sans consulter les populations locales qui vivent de ces forêts depuis des générations. Ces populations se retrouvent du jour au lendemain expropriées de leurs ressources naturelles, criminalisées quand elles continuent à exploiter la forêt comme elles l’ont toujours fait.
Dès leur arrivée à Makas, les agents des Eaux et Forêts ont rencontré une résistance inattendue. Les habitants, méfiants face à cette présence armée, ont accusé les Eaux et Forêts de venir protéger les intérêts de Centra Bois plutôt que ceux de la population locale.
Cette accusation n’est pas infondée. C’est exactement ce que les Eaux et Forêts faisaient : protéger les intérêts de Centra Bois. Le rapport officiel lui-même parle d’une “mission d’appui” à cette société. Les agents forestiers sont devenus la force de sécurité privée de Centra Bois, financée par l’argent public.
Des tensions se sont rapidement formées autour du lieu d’opération. Des échanges vifs ont opposé les villageois et les agents, avant qu’une altercation armée ne se déclenche. Au cours de l’incident, le lieutenant Langdsen Gué Didier a été blessé au bras gauche par un villageois. L’affrontement a également causé la mort d’un homme de 45 ans et fait trois blessés supplémentaires.
Le rapport officiel ne donne aucun détail sur les circonstances exactes de la mort du civil. Qui a tiré en premier ? Les agents des Eaux et Forêts étaient-ils armés ? Ont-ils ouvert le feu sur les villageois ? Le civil tué était-il armé ou non ? Toutes ces questions restent sans réponse.
Ce que nous savons, c’est qu’un homme de 45 ans est mort. Probablement un père de famille. Probablement quelqu’un qui exploitait la forêt pour nourrir ses enfants. Et il est mort parce que des agents de l’État sont venus protéger les intérêts d’une société privée qui s’est accaparée sa forêt.
Le corps du défunt a été transféré à la morgue. Les trois blessés ont été transportés à l’hôpital. Le rapport officiel précise que “la situation est désormais sous contrôle, les agents s’étant repliés après la stabilisation de la zone».
“Stabilisation de la zone». Un euphémisme bureaucratique pour dire : nous avons tiré sur les villageois, nous avons tué un homme, nous avons blessé trois autres personnes, et maintenant les habitants ont trop peur pour continuer à résister.
La préfecture de la Lobaye est depuis plusieurs années un point sensible de l’exploitation forestière centrafricaine. Plusieurs sociétés y exercent, souvent dans un climat de méfiance entre populations autochtones, exploitants et autorités.
Cette “méfiance” n’est pas mystérieuse. Elle résulte d’un système d’exploitation forestière profondément injuste. L’État concède des forêts entières à des sociétés privées. Ces sociétés exploitent le bois, font des profits énormes, exportent vers l’Europe et l’Asie. Et les populations locales qui vivaient de ces forêts se retrouvent sans ressources, criminalisées, réprimées.
Des habitants accusent les sociétés forestières de confisquer les richesses locales sans compensation équitable, tandis que les agents des Eaux et Forêts sont régulièrement accusés d’abus de pouvoir ou de collusion avec certains opérateurs privés.
Ces accusations sont fondées. Le cas de Makas le prouve : les Eaux et Forêts agissent en “appui” aux sociétés privées. Elles ne protègent pas la forêt, elles ne protègent pas les populations locales, elles protègent les intérêts commerciaux des exploitants forestiers.
Cette collusion entre l’administration forestière et les sociétés privées transforme les Eaux et Forêts en milice au service des exploitants. Les agents forestiers ne sont plus des fonctionnaires chargés de protéger le patrimoine forestier national. Ils sont devenus des mercenaires qui répriment les populations locales pour le compte des sociétés d’exploitation.
À Ndassima, après la grève des habitants, les soldats FACA sont appelés au renfort. Pas pour mettre de la sécurité, mais pour racketter
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Les-soldats-FACA-et-leurs-suppletifs-russes-noirs-de-retour-dune-intervention-sur-un-chantier-minier-vers-Ouanda-Djalle.jpg” data-wpel-link=”internal”>Les soldats FACA et leurs supplétifs russes noirs de retour d’une intervention sur le chantier minier de Keye vers Ouanda-Djallé le 30 avril 2025
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Après la manifestation des artisans miniers et des habitants de Ndassima contre les traitements infligés par les éléments du groupe Wagner, une équipe des FACA a été déployée en urgence dans la localité. Ces éléments des FACA, dès leur arrivée, ont commencer à ériger une barrière à l’entrée de Ndassima comme d’habitude dans leur comportement afin de filtrer les entrées et les sorties.
Sur cette barrière installée et contrôlée par les soldats FACA, des cas de racket sont signalés massivement contre les personnes entrant dans la localité en moto. Les soldats FACA, censées protéger la population, se sont transformées en complices de Wagner et rackettent les habitants qui ont osé manifester contre les exactions des Mercenaires russes.
Cette situation vient confirmer parfaitement comment les Forces Armées Centrafricaines sont devenues des supplétifs de Wagner. Au lieu de défendre les citoyens centrafricains contre les abus des mercenaires russes, les FACA sont déployées pour réprimer toute contestation et extorquer de l’argent à la population.
Les artisans miniers et habitants de Ndassima avaient manifesté pour dénoncer les traitements inhumains que leur font subir les mercenaires de Wagner qui contrôlent le principal gisement minier de la RCA. Plutôt que de sanctionner Wagner, le régime Touadéra envoie les FACA pour punir ceux qui ont manifesté.
Ce racket organisé aux barrières de Ndassima montre que les FACA ne servent plus l’État centrafricain ni le peuple centrafricain. Elles servent Wagner et Touadéra. Elles sont devenues une force d’occupation qui rackette, terrorise et réprime la population pour le compte des mercenaires russes.
La plainte déposée le 8 octobre 2025 à la CPI documente précisément comment Wagner a transformé les FACA en force auxiliaire sous son commandement. Les mercenaires russes peuvent sélectionner des éléments des FACA pour les accompagner dans leurs opérations. Les FACA reçoivent des ordres directement des dirigeants de Wagner et ne peuvent s’y opposer.
Le cas de Ndassima confirme ce qui est dénoncé dans la plainte à la CPI : les FACA sont devenues des Wagner noirs, des supplétifs qui exécutent les ordres des Russes et participent aux exactions contre la population civile.
Corbeau News Centrafrique continuera de suivre cette situation à Ndassima et de documenter les abus commis par les FACA devenues complices de Wagner.
Le président du Conseil constitutionnel, Jean-Pierre Waboué, s’incline à nouveau devant Touadéra, dans une posture qui choque les réseaux sociaux à l’approche des Élections
Le président du Conseil constitutionnel, M. Jean-Pierre WABOUE accueillant le président de la République M. Faustin-Archange Touadera de son retour de New York au États-Unis. Photo la Renaissance
La photo diffusée dimanche par la présidence, montrant le président du Conseil constitutionnel Jean-Pierre Waboué se courbant devant Faustin-Archange Touadéra à l’aéroport de Bangui, a provoqué une vague de critiques et de soupçons sur la neutralité de l’institution à deux mois du scrutin.
La scène s’est déroulée lors du retour du chef de l’État Baba Kongoboro de New York, où il avait participé aux travaux du Conseil de sécurité des Nations unies. Accueilli à l’aéroport par plusieurs personnalités, le président Touadéra a reçu une poignée de main appuyée du président du Conseil constitutionnel Jean-Pierre Waboué, qui s’est incliné et a joint ses deux mains dans un geste inhabituel de déférence. En publiant cette image sur sa page officielle, la présidence a choisi de mettre en avant ce moment précis, ce qui a amplifié l’onde de choc et ouvert la voie à une lecture politique de ce salut protocolaire digne d’un royaume.
Rappelons que le Conseil constitutionnel est chargé de valider les candidatures, de garantir la régularité des Élections et de proclamer les résultats définitifs. À ce titre, il doit incarner l’impartialité et l’indépendance. Voir son président Jean-Pierre Waboué s’incliner publiquement devant le président-candidat a immédiatement soulevé des interrogations sur la neutralité de l’organe chargé d’arbitrer le processus électoral. Cette controverse est d’autant plus sensible que Jean-Pierre Waboué est un proche parent du chef de l’État Baba Kongoboro, ce qui alimente la suspicion d’une collusion déjà existante entre l’exécutif et le Conseil constitutionnel.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Sur les réseaux sociaux, les commentaires ont été virulents dès la diffusion de la photo. Beaucoup accusent le président du Conseil constitutionnel Jean-Pierre Waboué de se soumettre et de trahir son serment d’indépendance. Plusieurs internautes dénoncent une mise en scène destinée à préparer l’opinion publique à une validation automatique de la réélection de Faustin-Archange Touadéra. “C’est une honte pour la République, l’arbitre s’incline devant le joueur”, écrit un utilisateur. Un autre ironise en déclarant : “À ce stade, pourquoi ne pas proclamer directement Touadéra vainqueur avant le vote ?”.
À deux mois des Élections, cette photographie concentre toutes les inquiétudes sur la transparence et la crédibilité du scrutin. L’institution censée garantir l’équité apparaît fragilisée par l’attitude de son président, et l’opinion publique y voit un signe clair de soumission. Le fait que la présidence ait choisi de rendre publique cette scène sur ses canaux officiels renforce l’impression que le sort des Élections est déjà scellé, comme si la victoire du président-candidat était annoncée avant même l’ouverture des urnes.
à Dimbi, un travailleur centrafricain de la mine chinoise se noie en tentant de sauver des Chinois, son corps retrouvé trois jours plus tard
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/10/cadavre-emploe-chinois-dimbi.jpg” data-wpel-link=”internal”>Le cadavre d’un employés des mines chinoises à Dimbi, dans la préfecture de la Basse-Kotto
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un drame s’est produit lundi 6 octobre 2025 sur le site minier chinois de Dimbi. Un conducteur de charrette centrafricain travaillant pour des exploitants chinois a perdu la vie en tentant de sauver ses employeurs tombés dans la rivière Coteau.
À Dimbi, depuis des années, les exploitants chinois utilisent des charrettes pour transporter le matériel d’exploitation aurifère et font leurs activités minières sur la rivière Coteau. Mais le Lundi dernier, la charrette conduite par le travailleur centrafricain a chaviré et plongé dans l’eau. Les Chinois qui se trouvaient à bord sont tombés dans la rivière.
Le conducteur centrafricain s’est immédiatement jeté à l’eau pour tenter de sauver les Chinois. Il a réussi à en sauver certains, mais mystérieusement, lui-même a été porté disparu. Depuis lundi, on ne voyait plus son corps. Les villageois sont plongés dans l’eau pour le rechercher.
Trois jours plus tard, jeudi 9 octobre, le corps du travailleur a finalement été retrouvé dans un état avancé de décomposition. Il a été enterré par sa famille.
Ce drame pousse à s’interroger une fois de plus sur les conditions de sécurité sur les sites miniers exploités par des Chinois en Centrafrique. Aucun équipement de sécurité n’est fourni aux travailleurs centrafricains : pas de gilets de sauvetage, pas de dispositifs de sécurité sur les charrettes, aucune formation aux gestes de premiers secours.
Les exploitants chinois utilisent la main-d’œuvre centrafricaine pour des travaux dangereux sans aucune mesure de protection. Quand un accident survient, c’est le travailleur centrafricain qui meurt pendant que les Chinois sont sauvés.
Ce n’est pas la première fois qu’un tel drame se produit. Il y a quatre ou cinq ans, à Sosso Nakombo, des travailleurs centrafricains employés par des Chinois avaient également perdu la vie dans des circonstances similaires. Ces accidents se répètent régulièrement dans le pays, mais rien n’est fait pour améliorer la sécurité des travailleurs.
Le gouvernement centrafricain laisse les exploitants chinois opérer sans aucun contrôle, sans aucune exigence en matière de sécurité des travailleurs. Les Chinois exploitent l’or centrafricain avec une main-d’œuvre centrafricaine qu’ils traitent comme de la chair à canon.
Ce travailleur est mort en héros, en tentant de sauver ses employeurs chinois. Mais sa mort était évitable. Si les exploitants chinois avaient fourni des gilets de sauvetage, si les charrettes avaient été équipées de dispositifs de sécurité, si les travailleurs avaient reçu une formation, ce drame ne serait pas arrivé.
La famille du défunt doit obligatoirement avoir des réponses claires de la part des chinois, mais aussi des autorités centrafricaines. Les autorités centrafricaines, de leur côté, doivent enquêter sur cet accident. Les exploitants chinois doivent être tenus responsables de ne pas avoir fourni les équipements de sécurité nécessaires. Et le gouvernement doit enfin imposer des normes de sécurité strictes sur tous les sites miniers exploités par des étrangers.
Corbeau News Centrafrique présente ses condoléances à la famille du travailleur décédé et appelle les autorités à agir pour que de tels drames ne se reproduisent plus.
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Depuis jeudi 8 octobre 2025, les agents de santé de l’hôpital de Bria, chef-lieu de la préfecture de la Haute-Kotto, sont en grève pour exiger le remplacement de leur médecin-chef dont le comportement dérange profondément le personnel soignant et met en danger les malades.
La grève, qui dure depuis plusieurs jours, paralyse complètement l’hôpital. Les malades sont abandonnés dans les salles sans soins. Un patient contacté par la rédaction du CNC a témoigné : “Depuis que je suis malade et admis à l’hôpital, personne n’est venu me voir. Les malades sont dans le noir. Il n’y a aucun agent de l’hôpital qui est venu me voir. Pour moi, le cas est grave. Mais pour les autres, vraiment, le cas est indispensable pour que les gens viennent quand même les aider”.
Ce témoignage montre la gravité de la situation : des malades hospitalisés, certains dans un état grave, sont abandonnés sans soins depuis plusieurs jours parce que les agents de santé refusent de travailler sous les ordres du médecin-chef actuel.
Que reprochent exactement les agents de santé à leur médecin-chef ? Selon leurs propres termes, c’est un “médecin fou” dont le comportement est “incroyable”.
Selon les agents, dès son arrivée à Bria, le médecin-chef a pris une décision incompréhensible : couper le salaire de chaque employé de l’hôpital de 50%.
Celui qui gagne 150 000 francs se retrouve avec 75 000 francs. Celui qui gagne 100 000 francs tombe à 50 000 francs. Celui qui gagne 50 000 francs se retrouve avec 25 000 francs. Celui qui gagne 25 000 francs tombe à 12 500 francs.
De quel droit ce médecin-chef décide-t-il de couper les salaires de son personnel de moitié ? Sur quelle base légale ? Avec quelle autorisation du ministère de la Santé ? Ces questions restent sans réponse.
Les agents de santé de Bria sont déjà très mal payés. Leurs salaires misérables suffisent à peine à nourrir leurs familles. Et voilà qu’un médecin-chef débarque et décide unilatéralement de diviser ces salaires par deux.
Comment un agent qui gagne 50 000 francs par mois peut-il survivre avec 25 000 francs ? Comment celui qui gagne 25 000 francs peut-il nourrir sa famille avec 12 500 francs ? C’est impossible. Cette mesure condamne les agents de santé et leurs familles à la misère.
Mais la coupe des salaires n’est pas le seul problème avec ce médecin-chef. Selon les agents de santé, il tient des propos complètement déplacés qui prouvent soit un profond déséquilibre mental, soit une arrogance démesurée.
Il aurait déclaré : “J’ai appris qu’ici, les gens sont des rebelles. Mais moi aussi, je suis rebelle”.
Il aurait ajouté : “On dit qu’ils sont des sorciers. Mais moi aussi, je suis sorcier”.
Il aurait encore dit : “Ici à Bria, les gens aiment beaucoup la médecine traditionnelle, les marabouts. Mais moi aussi, je suis marabout.”
La conclusion du médecin-chef selon les témoignages : “Je suis tout ce que vous voulez. Je suis rebelle, sorcier, marabout. Donc vous ne pouvez rien me faire”.
Ces propos, s’ils sont avérés, confirme soit un profond mépris pour le personnel et la population de Bria, soit des troubles psychologiques qui devraient disqualifier cette personne de toute fonction de responsabilité dans un hôpital.
Comment un médecin-chef peut-il se vanter d’être “rebelle” dans une région qui a souffert des années de présence de groupes armés ? Comment peut-il se dire “sorcier” alors qu’il est censé représenter la médecine moderne ? Comment peut-il se proclamer “marabout” alors qu’il dirige un établissement de santé publique ?
Ces déclarations sont soit de la pure provocation, soit le signe d’un déséquilibre qui rend cette personne inapte à diriger un hôpital.
Les agents de santé de Bria posent une question: “Pourquoi à chaque fois qu’on nous envoie un médecin, ce sont des médecins fous ?”.
Cette question confirme que le problème n’est pas nouveau. Ce n’est pas la première fois que Bria se retrouve avec un médecin-chef au comportement problématique. À chaque fois que les agents demandent un remplacement, le ministère de la Santé leur envoie quelqu’un d’encore pire.
Pourquoi ? Est-ce que Bria est devenue le lieu d’affectation punitive pour les médecins indésirables ? Est-ce que le ministère de la Santé se débarrasse de ses éléments problématiques en les envoyant dans des villes éloignées comme Bria ?
Ou bien est-ce que les médecins compétents refusent d’aller à Bria à cause des conditions difficiles, et seuls les médecins marginaux ou déséquilibrés acceptent ces postes ?
Quelle que soit la raison, le résultat est le même : la population de Bria se retrouve avec des médecins-chefs incompétents ou déséquilibrés qui rendent impossible le fonctionnement normal de l’hôpital.
Corbeau News Centrafrique a tenté de contacter le médecin-chef pour recueillir sa version des faits. Il a répondu qu’il n’était “pas disponible pour répondre aux interrogations”.