Ah, le Pasteur Issene Faki ! Toujours fidèle à lui-même, il ne rate jamais une occasion de transformer une querelle en tube. Sa dernière chanson, fraîchement lâchée, est une petite bombe mélodique qui claque bien fort dans les oreilles.
Franchement, on doit lui accorder ça : la qualité est au rendez-vous. La voix porte, chaude et maîtrisée, la mélodie accroche dès les premières notes, et l’arrangement respire l’expérience. On sent l’ancien choriste de l’église Ngoubagara du quartier Fouh qui sait ce qu’il fait, qui a passé des années à faire vibrer les bancs d’église. C’est propre, c’est soigné, c’est même carrément plaisant à écouter en boucle… si on ferme les yeux sur les paroles.
Parce que, soyons honnêtes, le but n’est pas de faire danser les anges. Non, là, c’est une contre-attaque en règle contre CNC, un uppercut musical bien envoyé à tous ceux qui osent le critiquer. Dans le texte, il balance sans filtre : « Ils ne veulent pas de moi, ils veulent me tuer, ils m’insultent, ils m’attaquent tout le temps. »
Direct, cash, zéro détour. Pas de poésie alambiquée ni de sous-entendus polis. Il nomme, il accuse, il cogne..
C’est du Issene Faki pur Kpakpato. Depuis des décennies, ce fils de l’enfer sort les griffes dès que ça chauffe. Problèmes à gauche, à droite, au milieu, partout où il pose le pied, ça grince. Et lui, imperturbable, il répond toujours de la même façon : un sermon, un clash, ou, nouveauté mode 2026, une chanson qui tape sur ses fidèles détracteurs. Dans ce morceau, il rappelle qu’il a eu ses moments de faiblesse morale (il le dit lui-même, chapeau pour la franchise), mais hop, il se rattrape illico : c’est Jésus-Christ qui le tient, c’est Dieu qui le protège, point barre. Pratique, cette armure divine : elle permet de distribuer les uppercuts tout en gardant les mains propres. Ou presque.
Bref, la mélodie est belle, la voix est magnifique, la production tient la route. Dommage que le message serve surtout à régler des comptes personnels. On applaudit le talent du chanteur, on hausse un sourcil devant le combattant. Issene Faki, pasteur gospel ou roi du clash lyrique ? Les deux, mon général. Et tant qu’il continue à produire des sons de cette qualité pour régler ses différends, on se dit qu’au moins, les détracteurs auront droit à une bande-son de premier choix quand ils se feront dézinguer.
Écoutez, dansez… et prenez garde si vous êtes sur sa liste noire. Pour couronner le tout, c’est sa fille Habiba qui est chargée de véhiculer le morceau musical sur les plateformes de réseaux sociaux. Affaire de famille!
Nous avons le malheur d’être l’un des partis les plus anciens” : Martin Ziguelé évoque le poids de l’histoire du MLPC
Le président du MLPC Martin Ziguelé rappelle l’ancienneté et l’influence de sa formation politique dans l’histoire de la République centrafricaine.
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Par : la rédaction de Centrafrique” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’ancien Premier ministre Martin Ziguelé évoque avec une lucidité teintée d’amertume le parcours historique exceptionnel de son parti politique.
Martin Ziguelé n’hésite pas à rappeler les faits. Le MLPC peut se targuer d’une longévité rare dans le paysage politique centrafricain. “Nous portons le poids de l’histoire”, confie l’ancien Premier ministre avec une certaine fierté mêlée de lucidité.
Le constat est sans appel pour le député de Bocaranga 3 : son parti figure parmi les formations les plus anciennes du pays, peut-être même la plus ancienne encore en activité sur l’ensemble du territoire national. Une réalité qui confère au MLPC une légitimité particulière dans le débat politique centrafricain.
Cette ancienneté ne reste pas que symbolique. Martin Ziguelé tient à rappeler les preuves concrètes de l’efficacité politique de sa formation. Le MLPC a notamment joué un rôle déterminant lors des élections présidentielles de 2016, en apportant son soutien au candidat Faustin-Archange Touadéra au second tour.
“Nous avons démontré notre capacité à peser sur les grands rendez-vous électoraux”, précise le président du MLPC. Ce soutien s’était avéré décisif pour la victoire du candidat qui allait devenir président de la République.
L’évocation de cet épisode électoral prend une dimension particulière aujourd’hui, alors que les relations entre le MLPC et le pouvoir actuel se sont considérablement dégradées. Martin Ziguelé rappelle ainsi que son parti a su faire preuve de responsabilité politique en 2016, privilégiant l’intérêt national aux calculs partisans.
Cette référence au passé sonne aussi comme un rappel au président Touadéra : le MLPC reste un acteur incontournable de la vie politique centrafricaine, fort de son expérience et de son implantation territoriale. Une manière pour l’ancien Premier ministre de rappeler que son parti mérite le respect, même dans l’opposition.
Le message de Martin Ziguelé dépasse la simple évocation nostalgique. Il affirme la continuité historique du MLPC et sa légitimité à participer pleinement au débat démocratique centrafricain, quelle que soit sa position vis-à-vis du pouvoir en place.
Titre : « Selon André-Franck Amaïzou, magie, fétiches et pouvoir constituent l’avertissement biblique adressé aux rois idolâtres »
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Par : la rédaction de Centrafrique” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Dans son livre le Bon Berger, André-Franck Amaïzou reprend une référence christique qui sert de base au jugement politique : « Le bon berger donne sa vie pour ses brebis » . L’autorité ne peut donc se construire sur le secret, la crainte ou les pratiques occultes. Elle se mesure à la capacité d’assumer des responsabilités visibles, au service d’un peuple qui observe.
L’ouvrage oppose clairement le dirigeant qui écoute son peuple et celui qui s’appuie sur la diversion ou sur l’illusion. Le texte évoque « le leader hypocrite et vicieux qui manipule la rhétorique » pour maintenir son contrôle sans s’intéresser à la justice . Ce type de chef ne sécurise pas sa fonction par l’action, mais par la mise en scène et les mythes qui entourent son autorité.
Dans la logique développée par Amaïzou, le recours aux fétiches n’est pas un signe de force : c’est une démission. La fonction publique exige une gouvernance rationnelle, « un État cohérent, ordonné, concentré, capable de choisir et d’appliquer impartialement les mesures commandées pour le salut public » selon la citation de Charles de Gaulle intégrée dans le texte . Quand le pouvoir se déplace vers des objets de protection mystique, il abandonne la décision administrative et s’installe dans la peur.
La comparaison devient lisible dans la situation actuelle de Bangui. Faustin-Archange Touadéra entretient l’image d’un chef pieux, citant souvent les écritures, priant en public et revendiquant une proximité spirituelle. Pourtant, l’environnement sécuritaire qui l’entoure est structuré par des réseaux des mercenaires, des conseillers issus de groupes armés russe et un cercle politique où la croyance aux protections occultes remplace parfois l’application des lois. Le contraste est visible : l’exercice religieux public ne débouche pas sur l’écoute des citoyens, alors que le texte fixe la gouvernance sur l’attention portée « aux besoins des plus vulnérables » .
Dans la grille du Bon Berger, la magie est l’opposé du service. Barthélemy Boganda avait résumé la mission d’État en cinq verbes simples : « Loger, Soigner, Instruire, Nourrir et Vêtir » . Ce sont des critères concrets : construction d’écoles, accès aux soins, soutien aux familles, approvisionnement alimentaire et sécurité quotidienne. Rien, dans cette liste, ne relève du mystique. Ce sont des actions assignables, vérifiables, mesurables.
Or le pouvoir actuel, en revendiquant la force par l’allégeance symbolique à des protecteurs extérieurs ou à des figures ésotériques, s’éloigne de ces obligations. La présidence joue sur le prestige, la communication et les cérémonies, pendant que les réseaux armés imposent leur propre hiérarchie dans plusieurs villes. La croyance dans l’invincibilité ne remplace ni l’eau potable ni l’encadrement administratif.
Amaïzou ne parle pas d’un individu particulier : il décrit un mécanisme politique. Là où le dirigeant évite la loi et préfère les symboles, l’État se fragmente. Là où la magie s’installe, la responsabilité disparaît. Le résultat est déjà visible : une gouvernance religieuse dans le discours, et une dépendance occulte dans la pratique.
Les commissions d’enquête parlementaires, vantées comme des piliers de la démocratie centrafricaine, peinent à produire des résultats réels, laissant planer le doute sur leur efficacité.
En République centrafricaine, où la transparence et la reddition des comptes demeurent des défis, les commissions d’enquête parlementaires sont souvent brandies comme un symbole de contrôle démocratique. Censées faire la lumière sur des affaires graves et garantir la responsabilité des acteurs publics ou privés, elles représentent, en principe, un levier pour l’Assemblée nationale afin de superviser l’exécutif et de défendre les intérêts des citoyens. Pourtant, leur efficacité réelle est mise en doute. Lors de l’émission parlement sur la radio Ndéké-Luka, Pasteur Augustin Agou, ancien député du premier arrondissement de Bangui, a décrit le fonctionnement de ces commissions, citant l’enquête sur l’exploitation illégale de l’or par des entreprises chinoises à Bozoum. Mais ses explications, loin de dissiper les inquiétudes, soulignent une réalité inquiétante : ces commissions, malgré leur mandat légal, semblent davantage jouer un rôle de façade que d’outil véritablement efficace pour répondre aux scandales.
Agou détaille un processus structuré : lorsqu’une affaire sérieuse émerge, comme celle de Bozoum, les députés se réunissent en plénière pour décider de la création d’une commission d’enquête. Cette décision, entérinée par le président de l’Assemblée nationale, donne naissance à un groupe composé de plusieurs parlementaires, issus de divers groupes politiques pour assurer une forme de pluralité. Ces commissions disposent de prérogatives importantes : elles peuvent convoquer des témoins, réaliser des visites sur le terrain et rédiger un rapport exhaustif. Ce document, partagé avec tous les députés, est ensuite débattu en plénière pour aboutir à des mesures concrètes. À Bozoum, où l’exploitation aurifère par des compagnies chinoises a provoqué des ravages environnementaux et sociaux, une commission a été formée pour enquêter sur les responsabilités et les conséquences.
Sur le papier, ce dispositif paraît solide. Mais dans les faits, les résultats concrets brillent par leur absence. Agou, en évoquant Bozoum, reste vague sur les retombées de l’enquête. Aucune précision sur d’éventuelles sanctions contre les entreprises fautives, sur des indemnisations pour les communautés touchées ou sur des actions pour prévenir de nouvelles dérives. Cette opacité reflète un problème récurrent : les commissions, bien qu’investies d’un mandat clair, semblent se perdre dans des rapports sans impact tangible. Les habitants de Bozoum, confrontés à des rivières polluées et à des terres abîmées, n’ont constaté aucun changement notable après l’enquête. Cette absence de suivi renforce l’idée que ces commissions servent souvent à calmer les tensions publiques plutôt qu’à résoudre les problèmes de fond.
Les obstacles à leur efficacité sont multiples. Agou note que la composition des commissions, bien que diversifiée, repose sur les équilibres politiques au sein de l’Assemblée. Dans un pays où les jeux d’alliances et les pressions externes pèsent lourd, cette politisation peut compromettre l’objectivité des enquêtes. Les parlementaires, parfois influencés par des intérêts divergents, hésitent à pousser leurs investigations jusqu’à leurs ultimes conséquences. De plus, les ressources – financières, logistiques, humaines – font cruellement défaut. Se rendre à Bozoum, une ville isolée, exige des moyens que l’Assemblée, dans un contexte de contraintes budgétaires, peine à mobiliser. Sans véhicules, carburant ou personnel dédié, les commissions se retrouvent limitées, incapables de recueillir des preuves solides ou de mettre les responsables face à leurs actes….
L’imposteur du quartier Gobongo : l’histoire incroyable du faux ressuscité qui a berné tout un quartier de la sortie nord de Bangui. Son vrai père vient d’être retrouvé par la police, et un véritable retournement se produit au commissariat
Après avoir simulé incroyablement son retour d’entre les morts, un voleur drogueur en cavale depuis Mobaye a plongé les habitants de Gobongo dans un trouble profond avant son interpellation par la police.
La semaine dernière, une nouvelle folle se répand rapidement dans le quartier Gobongo, situé à la sortie nord de Bangui. Un jeune homme, connu pour sa consommation de tramadol et de chanvre indien, se présente au sein d’une famille dudit quartier. Il affirme être leur fils, décédé et enterré quelques années plus tôt. Devant la foule rassemblée et les médias alertés par cette situation bizarre, l’individu livre un récit incroyable. Il soutient que lors de son prétendu accident mortel, des sorciers ont changé son corps par celui d’un chien. Selon lui, les proches en larmes ont enterré l’animal sans le savoir, tandis que lui a été emmené de force pour travailler dans des champs vers le centre du pays et provoquer des accidents de route mystiques. Il ajoute qu’il a réussi à fuir à pied depuis la Basse-Kotto pour retrouver les siens à Bangui.
Les déclarations du jeune homme provoquent d’abord la joie et beaucoup d’émotion chez la famille endeuillée. Pourtant, le père de famille a des doutes dès le début, car il se rappelle parfaitement avoir veillé le corps de son véritable enfant à l’église.
Il est vrai, si les détails qu’il explique sur de telle situation mystique est vraie dans le pays, mais son histoire s’effondre totalement lorsqu’il s’agit d’expliquer son retour à la vie réelle. S’échapper à pied de l’emprise de sorciers sans qu’ils ne s’en aperçoivent est impossible, ce qui pousse avant tout les journalistes du CNC, appelés en premier par les voisins, et en suite par les habitants à demander des vérifications. Mais d’autres médias ont été appelés, et ils diffusent l’information. Ce qui a provoqué des réactions massives sur les réseaux sociaux et dans les quartiers.
Mais le lendemain de sa déclaration dans des médias, la vérité éclate grâce aux déclarations d’un témoin depuis Mobaye, chef-lieu de la préfecture de la Basse-Kotto. Un père de famille informe les centrafricains que ce garçon n’est pas le fils décédé, mais le fils d’un chargeur habitant au quartier PK12, dans la commune de Bégoua. Le jeune homme était en réalité un ouvrier maçon à Mobaye, où il a commis un vol. Poursuivi par la population, il a fui pour revenir se cacher à Bangui.
Informés de la situation, les policiers de la force d’intervention du corps urbain (FICU) se rendent sur place pour interpeller le suspect. Déporté au commissariat central, , le délinquant abandonne son histoire de revenant et dit toute la vérité aux forces de l’ordre. Il avoue avoir inventé ce mensonge.
Le suspect a révélé sa vraie identité et le nom de son père. Immédiatement, les forces de l’ordre convoquent ce dernier ainsi que le père du jeune défunt pour explication. Confrontés, le père biologique du suspect menace de déposer une plainte en justice contre le père du jeune décédé. Un véritable retournement de la situation.
Nous l’avons dit souvent, et voilà que la justice le confirme : le simulacre de procès contre Joseph Figueira dévoile un État en ruine sous la botte des mercenaires russes du groupe Wagner
La parodie de justice subie par Joseph Figueira démontre l’effondrement de l’État centrafricain. Désormais, ce sont les hommes de Wagner qui dictent leurs lois aux tribunaux.
Pour comprendre cette histoire, il faut remonter au début. En effet, l’arrestation de cet humanitaire belgo-portugais s’est déroulée le 26 mai 2024 dans la localité de Zemio, située dans le sud-est de la République centrafricaine. Alors qu’il achevait une mission d’évaluation de terrain pour le compte de l’organisation américaine FHI 360, financée par l’Usaid, trois agents russes de la compagnie de sécurité privée Wagner ont fait irruption dans une guesthouse locale. Notre rédaction de Corbeau News Centrafrique avait immédiatement réagi en publiant une alerte information dès les premières heures de sa disparition, dévoilant ainsi en exclusivité cette capture. Accompagnés d’un gendarme centrafricain faisant office d’interprète, ces hommes ont ordonné au chercheur de les suivre, lui interdisant de récupérer ses documents officiels et ses deux passeports laissés dans ses quartiers. Conduit de force sur une moto jusqu’à la piste d’aviation locale, selon sa propre déclaration sur la RFI, il a été transféré par voie aérienne vers la ville de Bria.
Toujours d’après lui, à Bria, le centre de détention utilisé par la compagnie russe se trouve sur le site industriel appartenant autrefois à une société d’achat de diamants dénommé BADICA. C’est dans ce lieu privé, totalement soustrait à la gestion et au contrôle des institutions républicaines centrafricaines, que l’humanitaire a subi ses premiers interrogatoires. Durant quarante-huit heures, il a été privé d’eau, maintenu les poignets entraits aux chevilles et mis en joue à plusieurs reprises par des gardes russes qui le menaçaient d’exécution. Selon lui, d’autres prisonniers enfermés dans ce complexe subissaient des violences similaires, certains étant placés dans des fosses creusées à même le sol ou dans des conteneurs métalliques exposés à la chaleur du soleil.
Après cette phase initiale, le captif a été acheminé vers la capitale, Bangui. Avant son incarcération officielle, son parcours a transité par une seconde prison privée non officielle gérée par les forces de Wagner à l’aéroport de Mpoko. Il a ensuite été transféré dans les locaux de l’Office central pour la répression du banditisme, une unité policière nationale connue pour travailler en étroite liaison avec les agents russes. C’est là que le responsable des opérations de la compagnie de sécurité, Denis Suprunov, s’est présenté directement dans la cellule pour proférer de nouvelles intimidations et des insultes.
Les motivations de cette opération s’inscrivent dans une stratégie globale d’influence définie par une structure de communication russe nommée Africa politology. Les archives internes de cette organisation montrent la planification d’actions de décrédibilisation visant spécifiquement les organisations non gouvernementales occidentales, la mission des Nations unies et les initiatives diplomatiques des États-Unis. À cette période, une société de sécurité privée américaine cherchait à négocier son implantation auprès de la présidence centrafricaine, provoquant une réaction immédiate des réseaux russes pour préserver leur monopole sécuritaire.
Pour légitimer la capture de l’humanitaire, la structure d’influence a utilisé des données extraites de ses téléphones portables saisis lors de son arrestation sous la menace. Les messages et les images contenus dans les appareils concernaient ses anciennes missions d’étude auprès des populations peules et ses contacts professionnels avec diverses factions armées locales. Ces éléments d’enquête ont été transmis à des plateformes médiatiques locales financées par les réseaux de la compagnie russe, ainsi qu’à de faux profils d’analystes politiques sur les réseaux sociaux, pour bâtir une campagne publique accusant le chercheur d’espionnage et de complicité avec la rébellion.
Ces accusations ont trouvé leur conclusion lors des audiences du procès de l’humanitaire devant la cour criminelle de Bangui. L’avocat de la défense, l’ancien Premier ministre Nicolas Tiangaye, a décrit une procédure où le dossier officiel ne comportait que onze pages pour huit incriminations distinctes. En pleine séance, des agents russes de la compagnie Wagner sont venus remettre directement au procureur de la République des pièces et des documents qui ne figuraient pas initialement dans le dossier d’instruction. La défense et les magistrats n’avaient eu aucune connaissance préalable de ces éléments.
Malgré les requêtes répétées de la défense pour obtenir une expertise indépendante des téléphones portables et du carnet de notes de l’accusé, l’accès à ces pièces à décharge a été constamment refusé par le tribunal. Les magistrats centrafricains ont suivi les réquisitions basées sur les documents fournis par les agents russes, prononçant une sentence de dix ans de travaux forcés assortie d’une amende financière importante. Les cadres de l’administration pénitentiaire locale confiaient alors en privé à l’accusé qu’ils n’avaient aucun pouvoir de décision sur le déroulement de son dossier et qu’il devait s’en remettre aux négociations diplomatiques.
La libération définitive s’est produite au début du mois d’avril 2026, après vingt-deux mois d’incarcération au camp de Roux, une prison de Bangui où les conditions de détention ont entraîné plusieurs décès parmi les prisonniers. Cette issue a été obtenue par une procédure d’extradition humanitaire négociée par les diplomaties de la Belgique et du Portugal, appuyée par des rapports d’experts des Nations unies concernant la détention arbitraire. Lors de son retour en Europe, l’humanitaire a confirmé que la coopération active de certains membres du gouvernement centrafricain avait facilité son identification et sa capture par le commando russe à Zemio
Alors que la guerre civile continue de ravager le Soudan, l’Empereur-président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, enfonce chaque jour davantage son pays dans un rôle de base logistique arrière au service des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdan Daglo, dit « Hemetti ». Prêt à tout pour renflouer les caisses d’un État asphyxié, il semble désormais franchir un nouveau cap dans l’illégalité internationale, au mépris des avertissements de la Cour pénale internationale, exposant ainsi Bangui à des risques accrus de poursuites. Complicité administrative, plateforme de transit pour les armes et les combattants : cette dérive alimente également la colère de Moscou, soutien officiel du pouvoir central à Khartoum.
La complicité administrative de Bangui au cœur du trafic
Selon nos informations régionales recueillies sous couvert d’anonymat, et confirmées par des mouvements suspects récemment documentés par Africa Intelligence, le pouvoir de Bangui est devenu un véritable facilitateur de recrutement pour les FSR en octroyant des visas officiels à des paramilitaires colombiens, souvent liés à des réseaux de narcotrafic. Début mai, selon nos confrères, plusieurs dizaines de ces recrues hispanophones ont débarqué à l’aéroport de Bangui à bord d’un vol régulier de Royal Air Maroc en provenance de Casablanca.
Sur le plan des procédures aéronautiques, un élément fondamental mérite d’être souligné : les ressortissants colombiens ont l’obligation d’obtenir un visa pour entrer sur le territoire centrafricain. Sans délivrance préalable d’un visa en bonne et due forme, ou sans émission d’une note verbale officielle par la diplomatie centrafricaine ou les services de l’immigration-émigration, la compagnie Royal Air Maroc n’aurait jamais pu autoriser leur embarquement à Casablanca. Cette réalité administrative lève ainsi le voile sur une complicité directe et délibérée du sommet de l’État centrafricain dans cette filière mercenaire.
D’après nos sources, leur mission au Soudan ne se limite pas à l’encadrement tactique des troupes d’Hemetti. Ces mercenaires sud-américains auraient également introduit d’importantes quantités de stupéfiants destinées aux lignes de front, dans une stratégie visant à galvaniser les combattants des FSR pour les pousser à combattre « sans peur aux yeux ». Depuis Bangui, ces hommes et leur cargaison seraient acheminés par de petits appareils vers Birao, dans la Vakaga, avant de franchir la frontière en direction de Nyala, fief stratégique du commandement des FSR.
Financer les soldats de Poutine au mépris de la CPI
En agissant de la sorte pour générer des ressources financières, l’Empereur-président centrafricain fait le choix assumé de défier la justice internationale. Cette posture contraste radicalement avec celle du Tchad voisin. Récemment, l’action déterminée de la CPI face aux complicités dans les livraisons d’armes et les soutiens aux rebelles soudanais avait contraint N’Djamena à opérer un repli tactique afin d’éviter des poursuites internationales.
Là où le Tchad a préféré reculer sous la menace de sanctions, Touadéra semble avoir choisi de récupérer ces réseaux à son propre profit. Pour le régime centrafricain, l’argent issu de ce soutien aux FSR, combiné au rapprochement avec le parrain émirati, constitue désormais une question de survie politique. Ces fonds occultes serviraient en priorité à financer les services des soldats de Poutine, alors que Moscou exigerait désormais de Bangui une facture mensuelle de plus de 15 millions de dollars en liquide pour le maintien de ses paramilitaires. Convaincu de pouvoir échapper à la CPI, Touadéra paraît ainsi s’enfermer dans une fuite en avant aussi risquée que coûteuse.
La logistique de l’ombre organisée par Wagner et les Émirats
Ce transit hautement sensible ne pourrait fonctionner sans l’étroite collaboration des mercenaires russes de Wagner, actuellement en transition vers Africa Corps, qui sécurisent et facilitent les déplacements de ces contingents sur le territoire centrafricain. Cette sous-traitance logistique épouse parfaitement les intérêts stratégiques de l’allié émirati.
Comme l’a récemment révélé une enquête du Monde, Abou Dhabi utiliserait l’espace aérien centrafricain via de nouvelles compagnies de fret, telles qu’Invicta Air Cargo, opérant avec des avions-cargos immatriculés en RCA (TL-AIT et TL-ARU), afin d’acheminer armes et matériels vers les FSR. En contrepartie, le pouvoir émirati multiplierait les promesses d’investissements à Bangui — centrale solaire, modernisation aéroportuaire — apportant un souffle financier crucial à un régime fragilisé.
La colère de Moscou face au double jeu de Touadera
Cette centralisation croissante des réseaux de trafic et de mercenariat commence désormais à peser lourdement sur la scène diplomatique, au point de générer de fortes tensions avec le principal protecteur sécuritaire de Bangui. Attendu à Moscou du 26 au 28 mai pour le Forum international sur la sécurité piloté par Sergueï Choïgou, Touadéra sait que sa marge de manœuvre se réduit considérablement.
La ligne officielle de Vladimir Poutine sur le conflit soudanais demeure pourtant sans ambiguïté : Moscou soutient le pouvoir légitime de Khartoum ainsi que l’armée régulière du général Abdel Fattah al-Burhan. C’est précisément cette contradiction qui alimente l’exaspération du Kremlin. Alors que le ministère russe de la Défense s’apprête à remplacer officiellement Wagner par Africa Corps, voir ces forces associées, sur le territoire centrafricain, à une filière de soutien logistique et humain au profit des rebelles d’Hemetti devient politiquement inacceptable.
Moscou refuse catégoriquement que sa future vitrine sécuritaire officielle en Afrique soit compromise par les ambitions financières de Bangui et ses alliances opaques avec les Émirats arabes unis ainsi que des réseaux de narco-mercenariat. Selon plusieurs sources, cette collision d’intérêts, ainsi que l’implication indirecte d’Africa Corps aux côtés des FSR, devraient être au cœur d’un échange particulièrement tendu entre Vladimir Poutine et son homologue centrafricain.
L’Empereur-président Touadéra, qui affiche jusqu’ici une indifférence provocatrice face à la CPI, pourrait rapidement découvrir que jouer simultanément sur plusieurs tableaux entre grandes puissances expose son régime à des risques géopolitiques bien plus immédiats que les seules menaces judiciaires internationales.
La rumeur impliquant le véhicule personnel du ministre d’État Arnaud Djoubaye Abazène a enflammé Internet après une saisie de munitions le 23 mai à Bangui. Nos investigations clarifient l’origine et la destination de ce chargement.
En effet, l’agitation au tour du prétendu véhicule du ministre Abazène a débuté immédiatement après l’interception d’un véhicule de transport contenant une cargaison de munitions au sein même de la capitale. Très vite, les plateformes des réseaux sociaux ont diffusé des accusations directes contre le ministre d’État à la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, lui attribuant la propriété de ce véhicule privé et son contenu illicite. Cette version des faits a provoqué de nombreuses réactions passionnées parmi les internautes sur les réseaux sociaux.
Pour comprendre la rapidité avec laquelle cette accusation a pris de l’ampleur, il faut se souvenir d’un antécédent survenu il y a deux ans à Bambari. À cette époque, un véhicule appartenant au frère du ministre, qui exerce comme douanier, avait été intercepté avec des munitions à son bord. Les personnes impliquées avaient alors été arrêtées, avant que le ministre n’ordonne leur libération, permettant à tout ce groupe de retrouver la liberté. En raison de la forte ressemblance entre les deux véhicules, la mémoire de cet événement a poussé le public à faire un rapprochement immédiat et à désigner à nouveau le ministre d’État, alors que la situation actuelle s’avère totalement différente.
Les vérifications rigoureuses effectuées par l’équipe de CNC auprès des sources officielles et des services de sécurité démentent totalement cette version. Le véhicule en question n’est pas le véhicule personnel du ministre Arnaud Djoubaye Abazène, son nom ayant été associé à cette affaire sans aucun fondement véridique.
L’interception de la cargaison s’est déroulée à Bangui, alors que le véhicule s’apprêtait à prendre le départ. Le voyage prévu avait pour destination finale la ville de N’délé, qui est le chef-lieu de la préfecture de Bamingui-Bangoran. C’est juste avant de quitter la capitale que la découverte des munitions a provoqué l’intervention immédiate des forces de l’ordre. Le conducteur, un citoyen de nationalité camerounaise, a été arrêté sur le champ. Il se trouve actuellement en détention provisoire au commissariat central pour les besoins de l’interrogatoire.
Durant ses premières déclarations, ce chauffeur a affirmé son ignorance complète concernant la présence des munitions, évoquant la possibilité d’un piège ou d’un chargement dissimulé à son insu par des tiers.
L’analyse de la cargaison éloigne définitivement l’hypothèse d’une entreprise de déstabilisation ou d’un soutien à une rébellion. Le volume de matériel saisi à Bangui s’avère bien trop faible pour correspondre aux besoins logistiques d’un groupe armé rebelle. En revanche, la destination de N’délé fournit un indice capital, cette région abritant des parcs naturels importants où les activités de chasse et de braconnage de grande faune sont fréquentes. Les habitants et les réseaux de cette zone utilisent régulièrement des armes et des munitions pour abattre les animaux sauvages. Les données recueillies par CNC indiquent qu’il s’agit d’un trafic commercial, probablement initié par un commanditaire basé à Bangui désireux de fournir des moyens d’action pour le braconnage dans le Bamingui-Bangoran ou vers N’délé. L’enquête se poursuit actuellement au commissariat central pour identifier les complices et les destinataires réels de ce matériel de contrebande introduit dans le chargement.
Après leur nette défaite à Birao et à Ouanda-Djallé, les candidats froidement battus refusent le score des urnes et préparent une démarche juridique de la honte auprès du conseil constitutionnel pour tenter d’annuler les résultats.
Cette surprenante rébellion est menée par Chengaba et Comme Hassan, deux candidats officiels du MCU qui n’acceptent pas la leçon reçue dans les bureaux de vote. Les deux hommes s’activent désormais en coulisses pour monter un dossier de contestation artificielle, refusant d’admettre la supériorité de leurs adversaires sur le terrain électoral.
Pourtant, les procès-verbaux issus des urnes affichent des écarts que personne ne peut raisonnablement contester sans faire preuve d’une totale mauvaise foi. À Birao 2, Youssouf Hilaire a obtenu un score indiscutable de 7 830 suffrages, validé par les observateurs et les autorités, reléguant son rival direct à plus de mille voix derrière lui.
Du côté d’Ouanda-Djallé, le verdict populaire s’avère encore plus cuisant pour l’ancien ministre du Commerce, Comme Hassan, qui s’effondre à 37 % des voix. Il se retrouve totalement distancé par le raz-de-marée d’Adam Idriss Sendé, qui s’empare de la circonscription en récoltant plus de 62 % des bulletins de vote.
Pour justifier ce que la population locale qualifie déjà de procédure infondée, les deux recalés avancent un argument juridique d’une légèreté déconcertante. Ils reprochent aux vainqueurs, qui se présentaient sous l’étiquette de candidats indépendants, d’avoir indûment utilisé l’image et les t-shirts à l’effigie du chef de l’État pendant la campagne.
Cette plainte feint d’oublier la réalité des rouages politiques internes puisque la direction du parti présidentiel a elle-même distribué des millions à ces candidats indépendants. Le pouvoir de Bangui a financé les deux camps pour s’assurer une victoire globale, faisant de cette querelle une dispute ridicule au sein d’une même famille politique.
L’attitude des plaignants est d’autant plus déplorable si l’on se souvient des précédentes législatives de 2020, où la courtoisie républicaine avait prévalu. À cette époque, Youssouf Hilaire avait sportivement appelé Chengaba pour le féliciter de sa victoire, acceptant le choix des électeurs sans chercher le moindre prétexte juridique pour tricher.
Aujourd’hui, cette élégance démocratique a totalement disparu, balayée par l’amertume de la défaite et l’attrait exclusif pour les privilèges du pouvoir. C’est uniquement la perspective de toucher les trois millions de francs de salaire mensuel de député qui pousse ces mauvais perdants à initier cette démarche désespérée.
Dans la Vakaga, les habitants condamnent fermement ces manœuvres égoïstes qui risquent de raviver inutilement les tensions communautaires dans une province historiquement instable. Les leaders déchus s’entêtent à jouer avec le feu pour des intérêts purement financiers, au mépris total de la paix sociale et de la volonté souveraine du peuple de la Vakaga.
Une attaque menée par des éléments armés non identifiés a coûté la vie à un militaire des Forces armées centrafricaines près du village de Gbawi Yongo, à trente-cinq kilomètres de Bouca.
L’incident s’est produit aux environs de dix heures du matin dans la préfecture de l’Ouham. Les assaillants, venus de la localité de Ndougbou Benzambe, ont intercepté des voyageurs sur l’axe routier qui relie Bouca à Batangafo.
La victime est un militaire des Forces armées centrafricaines. Cet homme était initialement affecté à Ngatoua, une localité située à quarante kilomètres du centre de Bouca. Selon des informations recueillies par la rédaction du CNC, il s’était déplacé pour se rendre chez sa concubine dans un village implanté à douze kilomètres de Gbawi, ce qui correspond à quatorze kilomètres de Bouca Centre. C’est lors de son trajet de retour que l’homme a été surpris par le groupe armé dans une embuscade. Son corps sans vie a été pris en charge pour être transporté vers Bangui.
Le bilan matériel et humain de cette agression est précis. Au total, six personnes ont été piégées par les assaillants. Ces voyageurs se trouvaient répartis sur deux motos distinctes.
La première moto transportait trois personnes, toutes de sexe masculin, dont le soldat FACA qui a perdu la vie. Le second engin transportait trois civils. Parmi eux figuraient un conducteur, une femme ainsi qu un homme malade qui tentait de rejoindre la ville de Batangafo afin de recevoir des soins médicaux.
Les assaillants ont dévalisé l’ensemble des passagers avant de prendre la fuite. Ils ont emporté les deux motocyclettes. Ils ont également fait main basse sur de l’argent liquide, des sacs contenant des vêtements ainsi que divers autres biens personnels appartenant aux voyageurs.
Sur le plan des violences physiques, la population civile présente lors de l’événement n a subi aucune blessure corporelle directe de la part des agresseurs. Les conséquences pour ces civils sont avant tout d ordre psychologique, en raison du choc causé par la violence de l’action sous leurs yeux. Les auteurs de cette attaque ont ensuite disparu dans la nature avec leur butin.
Selon les informations recueillies par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, les circonstances de cette agression indiquent qu’il s’agit d une embuscade dirigée. Le militaire des FACA constituait une cible précise pour ces individus malveillants. L’organisation de ce guet-apens laisse apparaître que la victime a été directement visée, et les soupçons s orientent désormais vers des suspects potentiels présents dans son propre entourage familial ou amical immédiat, qui auraient pu communiquer ses déplacements exacts aux assaillants.
Les habitants de Zemio, dans la préfecture du Haut-Mbomou, dont Zémio est le chef-lieu, viennent de subir une attaque ciblée contre leurs moyens de subsistance. Le samedi passé, les éléments des forces russes ont investi plusieurs localités situées dans un rayon de deux à quatre kilomètres autour du centre de Zémio. Les localités de Zongotio, Zangaroungo, Douegbawe, et Gangaraposio ont été particulièrement visées par cette opération de destruction.
Et ces criminels russes n’hésitent plus. Ils ont mis le feu aux habitations, mais elles ont surtout ciblé les hangars et les greniers traditionnels où les villageois stockent leurs récoltes. Dans cette région frontalière de la préfecture du Haut-Mbomou, dont Zémio est l’une des principales sous-préfectures, la quasi-totalité de la population dépend exclusivement de l’agriculture pour survivre. Les cultivateurs fournissent les denrées de base qui nourrissent l’ensemble de la communauté, y compris les éleveurs et les commerçants de Zémio. En brûlant ces réserves de nourriture, les forces russes s’attaquent directement à la survie alimentaire de milliers de civils de Zémio.
Les motivations de ces actes demeurent floues pour les habitants de Zémio. Certains pensent que les forces russes soupçonnent ces stocks de nourrir les éléments des milices Azandé qui se cachent dans la brousse environnante. Les destructions ont également touché les environs du secteur AIM, une zone de Zémio historiquement liée aux installations des missionnaires, ainsi que les villages situés sur l’axe routier menant vers la capitale.
Rappelons que ces mercenaires russes vivent en totale autarcie par rapport à la population locale. Leurs rations alimentaires et leur eau minérale en bouteille sont acheminées quotidiennement par voie aérienne depuis Bangui, car la zone de Zémio manque d’infrastructures de conservation comme les réfrigérateurs. Cette indépendance logistique totale explique pourquoi la destruction des ressources agricoles locales ne les impacte pas.
Sur le plan juridique, ces voyous exécutants qui sont sur le terrain vont certainement bénéficier d’une totale impunité. Les structures judiciaires nationales n’ont aucune autorité sur eux. Les seuls chefs capables de donner des ordres ou de stopper ces exactions sont leurs propres commandants russes basés à Bangui, notamment Dimitri Siti ou le chef de commando Dimitri Podolski, ainsi que les autorités de Moscou. Les observateurs centrafricains estiment que si la Cour pénale internationale ou une autre juridiction doit un jour se saisir de ces dossiers, ce sont les autorités politiques de Bangui qui ont fait appel à ces forces, ainsi que leurs lieutenants, qui devront répondre de ces actes, car les dirigeants actuels n’ont plus aucun contrôle ni aucune influence sur les actions de ces mercenaires étrangers devenus intouchables en République centrafricaine.
En République Centrafricaine, critiquer le pouvoir n’est plus seulement un acte courageux. C’est devenu, pour certains, un chemin qui mène droit vers une agression, une disparition, ou une morgue.
Elysée Nguémalé n’a pas parlé en théorie lors du débat Patara de février 2026 sur Radio Ndékè Luka. Il a parlé de sa propre peau. Agressé une première fois, puis une seconde fois au sein même d’une institution de la République, il attend encore aujourd’hui une déclaration officielle des autorités. Elle n’est pas venue. Elle ne viendra probablement pas. Et cette absence de réaction n’est pas un oubli administratif, c’est un message envoyé à tous ceux qui osent avoir une opinion différente de celle du cercle au pouvoir.
Ce qui rend la chose encore plus glaçante, c’est la séquence que Nguémalé a reconstituée devant les auditeurs. Avant son agression, le ministre de l’administration du territoire, Bruno Yapandé avait déclaré publiquement sur les ondes de la radio Ndékè-luka que Nguémalé serait responsable de ce qui lui arriverait. Peu après, un autre personnage proche du pouvoir avait lancé un appel à ses « Tonton Macoute » pour aller l’accueillir devant la Cour de cassation. Et l’agression a suivi. Le fil est là, visible, mais personne dans les cercles officiels ne semble vouloir le suivre jusqu’au bout.
Ce système fonctionne parce qu’il est organisé. Nguémalé l’a dit sans détour : le président s’est entouré de jeunes dont la mission est d’aller agresser ceux qui expriment des opinions divergentes. Ce ne sont pas des actes isolés commis par des individus incontrôlables. C’est un consensus, dit-il, une mécanique rodée pour faire taire, pour marginaliser, pour décourager quiconque voudrait élever la voix. Et quand personne en haut ne réagit, le message descend jusqu’au bas : frapper ne coûte rien.
Arletta Mamboui Abiali a posé la question que tout citoyen ordinaire se pose désormais avant de parler : si je dis quelque chose, si je fais quelque chose, est-ce qu’il y aura des représailles ? Cette question n’est pas rhétorique. Elle traduit un réflexe de survie qui s’est installé dans les esprits. Elle a aussi rappelé le sort de ceux qu’on enlève et dont on ne retrouve jamais le corps, ces disparus silencieux que personne ne comptabilise officiellement et dont les familles attendent sans savoir.
Steve Bendo-Ndeni a résumé tout cela avec une phrase qui devrait faire froid dans le dos à quiconque prétend que le pays va dans la bonne direction. Si jamais il venait à être arrêté, il demanderait à sa famille de ne pas chercher dans les commissariats ni dans les prisons. Il leur dirait d’aller directement à la morgue. C’est là qu’ils le trouveraient. Ce n’est pas une exagération de sa part. C’est ce qu’il observe, ce qu’il constate, ce qui se passe dans le pays en ce moment même.
Nguémalé a fermé la boucle avec une prédiction sobre et sans colère apparente : si demain quelque chose de grave lui arrive, il sait déjà qu’il n’y aura pas de déclaration officielle. Exactement comme pour le policier disparu en détention dont le corps a été retrouvé sans vie. Le silence du pouvoir face à ses propres actes est devenu si prévisible qu’on peut désormais l’anticiper avant même que l’événement ne se produise. Et c’est peut-être ça, le signe le plus inquiétant de tous : quand l’impunité devient aussi régulière qu’une habitude, elle n’étonne plus personne.
Dépistage par crachat, radiologie et ponction : la procédure face à l’augmentation spectaculaire de la tuberculose dans le quatrième arrondissement de Bangui
Au centre de santé de Boy-Rabe, dans le quatrième arrondissement de la capitale Bangui, l’équipe dirigée par Abdoulaye Kapounou fait face à une augmentation spectaculaire du nombre de cas de tuberculose. Avec 111 patients déjà pris en charge depuis janvier, le service de dépistage et de traitement organise une procédure claire et progressive pour détecter et confirmer la maladie.
Une procédure qui commence par les signes visibles
Tout démarre quand une personne présente des signes évocateurs : une toux qui dure plus d’une ou deux semaines, un amaigrissement important, une perte d’appétit et des sueurs nocturnes. Dès que ces éléments apparaissent, le patient est orienté vers le service. Abdoulaye Kapounou ou le médecin l’examine et décide des examens nécessaires.
Le crachat : première étape clé
La procédure de dépistage commence presque toujours par l’examen des crachats au laboratoire. Si le résultat revient positif, le diagnostic de tuberculose pulmonaire à bacille positif est posé. Le patient reçoit immédiatement sa fiche de suivi et le traitement peut démarrer après la pesée.
Quand le crachat est négatif : passage à la radiologie
Si l’examen des crachats reste négatif, l’équipe ne s’arrête pas là. Une radiologie du thorax est demandée. Cet examen permet de visualiser les lésions typiques de la tuberculose même quand les bacilles ne sont pas détectés dans les crachats. C’est souvent à cette étape que le diagnostic de tuberculose pulmonaire à bacille négatif est confirmé.
La ponction pour les formes plus complexes
Dans certains cas, la maladie se présente sous des formes extra-pulmonaires. Elle peut toucher les ganglions, le ventre ou provoquer une accumulation de liquide dans la plèvre (tuberculose pleurale). Quand l’équipe soupçonne ce type d’atteinte, elle réalise une ponction. Le liquide prélevé est ensuite analysé au laboratoire pour confirmer la présence de la tuberculose.
Grâce à cette chaîne d’examens : crachat, radiologie et ponction, le centre de Boy-Rabe parvient à identifier la maladie sous toutes ses formes, même quand elle se cache dans l’organisme.
Une réponse adaptée à l’augmentation spectaculaire des cas
Face à cette hausse importante du nombre de patients, l’équipe maintient une organisation rigoureuse. Une fois le diagnostic posé, le patient est mis sous traitement avec le REZ, un comprimé associant quatre molécules (rifampicine, isoniazide, éthambutol et pyrazinamide). Les médicaments sont donnés selon le poids et le suivi est ajusté : rendez-vous hebdomadaires ou bi-hebdomadaires les deux premiers mois, puis contrôles au cinquième et sixième mois.
Pour ne pas perdre les patients qui habitent loin (notamment vers PK-12 ou Kwanga), l’équipe adapte parfois la durée des prescriptions à trois semaines au lieu d’une ou deux, selon la distance et les moyens de transport.
Un dépistage gratuit et accessible
Abdoulaye Kapounou insiste sur un point essentiel : tout le dépistage et le traitement restent gratuits. Que ce soit l’examen des crachats, la radiologie, la ponction ou les médicaments, rien n’est facturé aux patients. Le centre commande régulièrement auprès du programme national et reçoit rapidement les approvisionnements, souvent via le PAM.
Cette procédure complète permet au centre de Boy-Rabe de répondre efficacement à l’augmentation spectaculaire des cas tout en accompagnant chaque personne jusqu’à la guérison confirmée au sixième mois.
Le processus de mise en place de la huitième législature de l’Assemblée nationale a donné lieu à des coulisses politiques spectaculaire, montrant clairement aux yeux du monde les rouages profonds du pouvoir à Bangui.
Pour imposer sa direction aux élus de sa propre majorité, l’empereur de Bangui, le dictateur Faustin-Archange Touadéra, a procédé en deux étapes distinctes, organisant deux réunions stratégiques à l’hôtel Ledger Plazza de Bangui. Si la première de ces rencontres s’est déroulée dans un calme relatif pour sceller le sort de la présidence du parlement, la seconde a basculé dans une paranoïa qui a laissé tous les députés du mouvement des cœurs unis stupéfaits.
Rappelons que lors de la toute première réunion, l’ordre du jour était exclusivement centré sur l’élection du président de l’assemblée nationale. À cette occasion, le dictateur Touadéra a réuni les députés de son parti, le Mouvement Cœurs Unis (MCU), pour leur signifier ses choix directs. C’est là qu’il a imposé la reconduction de Simplice Mathieu Sarandji, écartant définitivement son rival Évariste Ngamana. Au cours de cette séance inaugurale, les débats sont restés strictement politiques : l’empereur n’a fait aucune allusion aux critiques du web, ni au journal en ligne Corbeau News Centrafrique (CNC), ni aux interventions de l’activiste Kerembessé. Tout semblait sous contrôle, mais ce calme apparent n’était que le prélude d’un durcissement bien plus net lors de l’étape suivante.
Quelques jours plus tard, une seconde réunion a été convoquée dans le même hôtel, cette fois-ci pour verrouiller la mise en place complète du bureau de l’Assemblée nationale. C’est à ce moment précis que l’atmosphère a radicalement changé, reflétant la nature brute du régime de la Septième République. Alors que des députés de la majorité élargie et de partis alliés comme le Mouni s’étaient installés de bonne foi dans la salle, le dictateur Touadéra a exigé leur expulsion immédiate, leur signifiant qu’ils n’étaient pas invités. En agissant ainsi, le chef de l’État a démontré qu’il n’entendait plus s’encombrer de ses alliés d’autrefois, préférant s’imposer en maître absolu face à ses seuls partisans directs.
Une fois la salle nettoyée de ces éléments extérieurs, l’empereur a dicté ses ordres pour la répartition des postes clés, du premier vice-président jusqu’aux membres de la questure. Pour que les consignes soient exécutées à la lettre, une liste nominative avait été imprimée sur des feuilles de papier destinées à être distribuées à chaque parlementaire présent. Mais alors que les agents commençaient à distribuer les documents et qu’une dizaine de députés les avaient déjà en main, une panique soudaine a saisi le dictateur Touadéra, qui s’est mis à redouter une fuite immédiate vers l’extérieur.
C’est dans cet élan de suspicion que le chef de l’État a brusquement interrompu la procédure, ordonnant à haute voix à ses services :
« Ramassez tout ! Ramassez tout ! Ramassez tout ! Si on leur donne maintenant, ils vont remettre ça à Corbeau News et à Kerembessé ! » Les feuilles de papier ont aussitôt été arrachées des mains des députés, plongeant l’assemblée dans l’étonnement et l’effroi face à cette peur manifeste de voir le secret des délibérations exposé sur la place publique. Cette réaction excessive montre à quel point l’exécutif craint la réactivité du journal Corbeau News Centrafrique et les directs sur Facebook de Kerembessé, l’un des douze apôtres du web, qui combat le régime à distance.
Cette frayeur face aux outils numériques met en lumière une contradiction avérée au sein de la gouvernance de Faustin-Archange Touadéra.
Hors, en 2016, au tout début de son premier mandat, la rédaction de Corbeau News avait publié un baromètre évaluant l’action du gouvernement, attribuant la note de 0/20 à certains ministres, ce qui avait poussé l’un d’eux à verser de chaudes larmes en plein Conseil des ministres. À cette époque, Touadéra avait calmé son collaborateur en affirmant avec assurance qu’on ne gouverne pas un pays sur les réseaux sociaux.
Pourtant, l’attitude actuelle du dictateur prouve que la réalité du terrain cybernétique influence ses moindres faits et gestes, car la majeure partie de l’opinion publique se cristallise désormais sur Internet. Cette hantise de la critique numérique s’affiche d’ailleurs au grand jour, comme lors de son auto-couronnement du 30 mars 2026 au complexe sportif de 20 000 places, où il a longuement dénoncé les rumeurs du web. Voir l’empereur confisquer des listes de vote par crainte d’une publication instantanée révèle une attitude schizophrénique, où le discours officiel méprise les réseaux sociaux tandis que la pratique du pouvoir tremble devant leur pouvoir d’impact.
Le régime de Faustin-Archange Touadéra traverse une zone de fortes turbulences. Depuis le début de ce mois, la fuite d’un enregistrement audio sur Facebook et WhatsApp, évoquant un projet de coup d’État en préparation, sème la panique au sommet de l’État. Cette affaire, qui met en cause plusieurs figures clés du pouvoir, révèle la paranoïa d’un régime assis sur un tas de paille sèche : au moindre bruit de lézard, les barons de Bangui sursautent, persuadés que l’incendie est déclaré
Un complot fantôme aux ramifications haut placées
Selon les éléments de cet enregistrement sonore qui secoue la capitale, les auteurs affirment s’informer sur les mouvements de Karim Mekassoua, l’ancien président de l’Assemblée nationale. Ce dernier, actuellement à Brazzaville, chercherait à obtenir l’appui logistique et financier du président congolais Denis Sassou Nguesso pour finaliser un projet de déstabilisation en RCA.
Mais le scandale réside surtout dans l’implication présumée de plusieurs “points focaux” logés au cœur même du régime de Bangui. Parmi les autorités citées figurent Bida Koyagbalé, ministre conseiller des grands travaux à la présidence, et l’incontournable Sani Yalo, président du conseil d’administration du Bureau d’affrètement routier centrafricain (BARC). Convoqués par la justice pour être auditionnés depuis le 25 mai, les deux hommes ont dans un premier temps refusé de se présenter, obligeant le président Touadéra lui-même à intervenir fermement pour les rappeler à l’ordre et les contraindre à obtempérer.
Bida Koyagbalé et Sani Yalo : des profils qui accablent le régime
Si cette enquête judiciaire fait l’effet d’une bombe, c’est que les personnalités visées incarnent à elles seules les dérives morales, les trafics et le charlatanisme financier de l’entourage présidentiel.
Bida Koyagbalé, dit « Tourougou-Banque » : l’art de l’illusion financière
Décrit par des sources policières comme un homme à la moralité douteuse, Bida Koyagbalé est un habitué des dossiers sombres. Après avoir totalement dilapidé la fortune de son propre défunt papa, il s’est retrouvé sans un sou à Bangui. C’est à force de faire la cour au régime qu’il a réussi à se faire nommer ministre conseiller aux grands travaux. Pourtant, l’homme n’a aucune base politique réelle. Pour masquer ce vide et s’attirer les faveurs de la présidence, il s’est mis à inventer les projets bancaires les plus farfelus du monde : il promettait la création d’une « Tourougou Banque » pour les militaires et d’une « Yaka-Banque » pour les agriculteurs, au point que tout Bangui l’a rapidement affublé du surnom moqueur de « Tourougou-Banque »
Multipliant les voyages en jet privé vers la Russie pour projeter ses plans mirifiques auprès des partenaires de Moscou, il en est revenu les mains vides, ses projets chimériques étant restés bloqués au Kremlin. Entre-temps, la réalité l’a rattrapé : il traîne une ardoise monumentale auprès d’Ecobank Centrafrique pour des prêts massifs contractés sur les biens paternels, des fonds prétendument destinés à l’agriculture moderne qu’il s’avère aujourd’hui incapable de rembourser.
Sani Yalo : l’art du reniement, de l’escroquerie et des « diamants de sang »
Sani Yalo est une figure dont la réputation sulfureuse n’est plus à faire, ou du moins n’est plus à démontrer. Le parquet n’aura pas grand-chose à faire le concernant. Qualifié par l’opinion publique de « mafieux né », il cumule les fonctions d’apparatchik, de conseiller occulte, de fournisseur attitré de produits aphrodisiaques pour le chef de l’État et, surtout, de grand argentier du parti au pouvoir.
Sani Yalo : un parcours criminel et cynique sans états d’âme
Pour comprendre de quoi Sani Yalo est capable, il faut plonger dans son passé, largement documenté par les enquêtes de Mondafrique. Né en 1963 d’un père mécanicien, il a très tôt appris à utiliser les réseaux d’influence pour s’enrichir, s’illustrant par une totale absence d’états d’âme.
L’escroquerie et la condamnation dans l’affaire Zongo Oil : Impliqué dans le détournement de plusieurs milliards de FCFA au détriment du Trésor public via la société Zongo Oil sous Patassé, il est arrêté puis libéré avant de prendre la fuite. Sous le régime de Bozizé, il est à nouveau arrêté au Cameroun en 2002 puis extradé vers la Centrafrique. Il est finalement condamné en août 2006 par le tribunal de Bangui à huit ans de prison ferme pour escroquerie, faux et corruption
Le double jeu avec la Séléka et les Anti-Balaka : Opportuniste politique, il gravite autour de la Séléka avant d’en être rejeté en 2013. C’est durant cette période de chaos, que d’aucuns qualifiaient de guerre communautaire à Bangui, que Sani Yalo révèle sa vraie nature d’homme sans scrupules. Faisant fi des clivages idéologiques ou religieux, il finance et utilise simultanément les rebelles de la Séléka et les miliciens Anti-Balaka pour racheter à bas prix les « diamants de sang » qu’ils extrayaient des zones minières. Ce trafic d’or rouge, pourtant placé sous strict embargo international, a alimenté la guerre fratricide et grandement enrichi Yalo sur le dos des victimes centrafricaines.
Le jackpot du BARC sous Touadéra : En août 2016, Touadéra le récompense en le nommant à la tête du BARC. Cette structure, qui détient le monopole du trafic routier sous-régional, constitue une véritable mine d’or. C’est depuis ce poste que Sani Yalo est devenu le grand financier du parti présidentiel, injectant récemment, de ses propres aveux, près de 200 millions de FCFA pour assurer les festivités et la survie politique du régime.
Cette convocation judiciaire sonne le glas des ambitions démesurées de Sani Yalo. Profitant de son poids financier, il s’est battu sans relâche pour évincer le Premier ministre Félix Moloua afin de prendre sa place. Moloua ayant été reconduit, Yalo s’était alors rabattu sur le poste de vice-président de la République.
Cette audition devant les juges enterre définitivement ses rêves de grandeur. Contactée par notre rédaction, une source proche de Sani Yalo confie que ce dernier fulmine en coulisses. Il perçoit cette enquête comme une véritable “chasse aux sorcières” orchestrée contre lui, lui rappelant les heures sombres qu’il a vécues sous François Bozizé, à l’époque où un certain Faustin-Archange Touadéra était déjà Premier ministre.
Le ver est dans le fruit. En activant la justice contre ses propres créanciers et soutiens de la première heure, Touadéra joue avec le feu. Quand un pouvoir commence à traquer ses propres financiers et ses conseillers les plus fantasques pour des soupçons de complot, c’est le signe indéniable que les fondations du palais de la Renaissance craquent de toutes parts.
La marche de la honte : Quand le dictateur Faustin-Archange Touadéra tente de sauver son nouveau gouvernement impopulaire par une marche des moutons à Bangui
Pour sauver à Bangui son nouveau gouvernement dirigé par monsieur Félix Moloua et maintenu sous les ordres de la Russie de Poutine, le régime a financé ce mardi 26 mai 2026 une marche de soutien de moutons, achetant la misère des jeunes afin de simuler une adhésion populaire à ce pouvoir.
La capitale centrafricaine a vécu un spectacle affligeant ce mardi. Des dizaines de jeunes désœuvrés et de citoyens en quête de survie ont été transportés dans les rues de Bangui pour crier des slogans à la gloire d’un nouveau gouvernement massivement rejeté. Cette mobilisation n’a rien de spontané. Pour obtenir cette démonstration de force factice, les agents du pouvoir ont distribué des billets de 500 et 1000 francs CFA à une population asphyxiée par la crise économique. Ces manifestants d’un jour, que les habitants de la capitale appellent ironiquement les chercheurs à manger, ont accepté de prêter leur voix pour le prix d’un repas ou d’un flacon d’alcool, offrant au régime l’illusion d’un soutien de la rue.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/05/marche-de-soutien-des-partisans-du-pouvoir-a-felix-moloua-renomme-premier-ministre-1.webp”>Marche de soutien des partisans du pouvoir à Félix Moloua renommé Premier ministre
Cette mise en scène grossière vise avant tout à cacher la profonde colère qui s’est emparée de la population et d’une partie de l’armée. Le mécontentement est général et s’exprime ouvertement. Il y a quelques jours à peine, des tirs de militaires mécontents ont retenti dans le quartier Boy-Rabe, dans le quatrième arrondissement de Bangui, traduisant la grande nervosité des troupes face à la dégradation des conditions de vie. Sur les réseaux sociaux et dans les discussions de quartier, l’exaspération est totale envers un pouvoir qui consacre ses ressources à sa propre survie plutôt qu’aux écoles en ruine et aux infrastructures totalement inexistantes.
Pour comprendre cette colère, il faut remonter aux récents développements politiques qui ont transformé la gouvernance du pays. Faustin-Archange Touadéra a imposé une révision de la constitution pour s’octroyer un troisième mandat, un projet validé et fait grâce à l’appui militaire et logistique des mercenaires russes du groupe Wagner ainsi que de partenaires régionaux comme le président rwandais Paul Kagame. Ce processus a débouché le 30 mars dernier sur un rassemblement dans un stade de 20 000 places, s’apparentant à un véritable couronnement. Depuis cet événement, de nombreux Centrafricains désignent le chef de l’État sous le nom d’empereur, un dirigeant se comportant comme un monarque sans empire au milieu d’un désordre institutionnel complet.
La reconduction de l’équipe gouvernementale de monsieur Félix Moloua démontre que les décisions cruciales de l’État ne se prennent plus à Bangui, mais sont dictées par la diplomatie parallèle de Moscou. Lors d’une interview accordée à la chaîne de télévision russe RT, le conseiller de la présidence et mercenaire russe Dmitri Podolski a ouvertement déclaré qu’il n’y aurait aucun changement majeur au sein des institutions et qu’il n’était pas nécessaire de remplacer l’équipe en place. Le dictateur a suivi cette feuille de route à la lettre. Le président de l’Assemblée nationale, le Premier ministre Félix Moloua ainsi que la quasi-totalité des membres du gouvernement ont été maintenus à leurs postes respectifs. En dehors de quatre ou cinq permutations mineures sans importance réelle, l’ossature oligarchique reste inchangée, confirmant la mainmise totale des réseaux russes sur l’appareil d’État centrafricain.
Le fossé est total entre la propagande officielle diffusée par la Russie et la réalité quotidienne de la population. Face au rejet massif de cette stabilité imposée de l’extérieur, la présidence n’a trouvé d’autre réponse que la manipulation de la détresse sociale pour fabriquer de toutes pièces cette marche de soutien. En distribuant de menues monnaies à des jeunes privés d’avenir, l’empereur de Bangui tente de faire valider par la force et par la ruse un nouveau gouvernement illégitime, transformant la détresse de ses concitoyens en un instrument de communication politique pour plaire à ses tuteurs de Moscou.
L’ancien ministre Abakar Sabone exhorte Mahamat Al-Khatim à dénoncer l’accord de N’Djamena face aux manœuvres du pouvoir de Bangui et des mercenaires russes du groupe Wagner.
En effet, la crise interne qui secoue le Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC) prend désormais une dimension politique nationale. Constatant l’effondrement de l’autorité de Mahamat Al-Khatim sur ses hommes à Markounda, Nana-Bakassa et Kouki au profit du général dissident Didot Ali, soutenu par Wagner, l’ancien chef rebelle et ex-ministre Abakar Sabone est sorti du silence. Lors de son live sur la plateforme de réseau social Facebook, il a adressé une série de recommandations stratégiques au leader déchu du MPC.
Selon Abakar Sabone, Mahamat Al-Khatim doit fixer un ultimatum de quatre jours au gouvernement centrafricain. Passé ce délai, il l’invite à dénoncer officiellement l’accord de paix signé l’année dernière à N’Djamena et à s’en retirer définitivement.
L’ancien ministre affirme que Faustin-Archange Touadéra refuse de dialoguer sincèrement avec les Centrafricains d’origine. À ses yeux, le chef de l’État préfère traiter avec des forces extérieures pour orchestrer le pillage des ressources minières du pays, excluant les acteurs historiques de la libération nationale.
Pour appuyer sa démonstration, Abakar Sabone a révélé une récente conversation téléphonique confidentielle entre Mahamat Al-Khatim et Faustin-Archange Touadéra. Face aux plaintes d’Al-Khatim concernant l’ingérence et le double jeu des mercenaires russes sur le terrain, le président centrafricain aurait rétorqué froidement que les querelles internes du MPC et la situation militaire ne relevaient pas de sa responsabilité, limitant ses engagements au respect formel de l’accord écrit. Sabone qualifie cette réponse d’hypocrisie politique, accusant Touadéra d’appliquer la stratégie du diviser pour régner afin d’anéantir le MPC.
Face à ce blocage, l’ancien ministre conseille au chef du MPC de reprendre le maquis. Rappelant que la force d’un serpent réside dans sa tête, il encourage Al-Khatim à regagner discrètement la brousse, un terrain qu’il maîtrise parfaitement. Sabone l’exhorte à remobiliser la jeunesse déçue par le régime actuel pour rebâtir une force combattante capable de marcher sur Bangui et de renverser le pouvoir en place.
Mardi 26 mai dans la matinée, la panique a gagné la ville de Nzacko, dans la préfecture du Haut-Mbomou suite aux agissements violents d’un soldat de deuxième classe des Forces armées centrafricaines contre ses propres camarades.
Les faits se sont déroulés aux environs de 10 heures 15 minutes dans cette localité située au sein de la préfecture du Mbomou. Pour des raisons encore inconnues, un militaire appartenant au rang de deuxième classe des Forces armées centrafricaines a soudainement ouvert le feu sur les membres de sa section. Les détonations successives des armes de guerre ont immédiatement plongé les habitants et le personnel environnant dans la stupeur et l’effroi, brisant brutalement le calme de la matinée.
Le bilan humain établi par les autorités locales fait état de plusieurs victimes. Au niveau du centre de santé, les équipes médicales ont pris en charge un total de sept personnes affectées par cet événement. Parmi les blessés directs figure l’auteur des tirs lui-même, ou un autre membre des forces de défense, atteint par un projectile au niveau du membre inférieur droit. Les rapports sanitaires indiquent une suspicion forte de fracture clinique ouverte de type 1 selon la classification de Gustilo au niveau de la cuisse droite. Face à la gravité de ce traumatisme osseux et cutané, les responsables médicaux ont rapidement pris la décision de transférer ce patient vers l’hôpital de Bangassou afin qu’il puisse recevoir des soins chirurgicaux et une prise en charge appropriée et spécialisée.
En dehors de ce blessé par balle, l’onde de choc provoquée par les tirs a engendré d’autres victimes collatérales dans la population civile présente à proximité. Les services du district sanitaire de Nzacko ont ainsi enregistré six cas de pertes de connaissance survenues chez des femmes allaitantes, totalement surprises et terrifiées par la soudaineté des détonations d’armes automatiques. Ces six mères de famille ont été immédiatement installées dans les structures de soins locales où elles demeurent actuellement sous une surveillance médicale stricte et constante afin de stabiliser leur état psychologique et physique.
Les informations proviennent directement des sources médicales locales qui ont géré l’urgence médicale dès les premières minutes suivant les coups de feu. La situation sur place demeure confuse quant aux motivations exactes du tireur, alors que les forces de sécurité tentent de ramener un calme définitif dans la zone et de comprendre l’enchaînement exact des faits qui ont mené à ce déploiement de violence interne. Une enquête devra déterminer comment un tel incident a pu se produire au sein même de l’enceinte militaire, tandis que la population locale attend des réponses claires sur la sécurité dans cette partie de la préfecture du Mbomou, particulièrement vulnérable à ce genre d’événements fortuits.
Le 21 mai 2026, l’insécurité liée aux mouvements de transhumance a de nouveau frappé la préfecture de l’Ouham-Fafa, dont Batangafo est le chef-lieu, où un jeune homme a été blessé par balle au ventre par des éleveurs.
Les faits se sont produits à proximité de la rivière Bassi, un cours d’eau situé à environ 45 kilomètres sur l’axe routier menant à la localité de Ouogo. Ce secteur géographique est administrativement rattaché à la commune de Batangafo, au sein de la préfecture de l’Ouham-Fafa, une région régulièrement fréquentée par des groupes d’éleveurs armés. Selon les déclarations fournies par la victime elle-même dont CNC a pu interroger, un groupe composé de quinze personnes s’était rendu sur place dès le 19 mai 2026 afin de mener une campagne de pêche saisonnière. Les pêcheurs s’étaient installés à une distance réduite d’un campement de bergers nomades, sans anticiper l’irruption de la violence.
Le calme a été rompu aux alentours de 10 heures du matin. Les personnes présentes ont d’abord perçu une première détonation provenant d’une arme de guerre, identifiée comme étant de type AK-47, un fusil d’assaut automatique fréquemment détenu par les éleveurs transhumants de la zone. Juste après, un second coup de feu a retenti. C’est à ce moment précis que le jeune homme a été atteint par un projectile. La munition a perforé son abdomen, entrant par le côté gauche du ventre, occasionnant une blessure ouverte immédiate et de graves lésions internes.
Face à l’urgence de la situation, les quatorze autres compagnons de la victime ont organisé son évacuation immédiate loin de la zone de danger. Durant le transport de secours, l’équipe a croisé une motocyclette de référence médicale, un véhicule affrété par une organisation non gouvernementale qui revenait d’une mission humanitaire à Ouogo. Ce dispositif de transport sanitaire a pris en charge le blessé pour accélérer son transfert vers le centre hospitalier de Batangafo. Cette structure médicale a pu dispenser les soins chirurgicaux appropriés afin de stabiliser les fonctions vitales du patient.
Après plusieurs heures de traitement intensif, le corps médical a autorisé la sortie du jeune homme le 20 mai 2026. Dès sa libération de l’hôpital, ce dernier s’est immédiatement rendu dans les locaux de la gendarmerie locale. Devant les enquêteurs, il a formellement acté sa déposition et livré le récit détaillé de l’embuscade subie près de la rivière Bassi, ouvrant ainsi la voie à des investigations sur les agissements de ces éleveurs nomades armés qui continuent de faire peser une menace permanente sur les populations sédentaires de cette partie de l’Ouham.
Une nouvelle cabale se dessine dans les rues de la capitale, Bangui. Depuis les couloirs du pouvoir, des mots d’ordre sont soufflés à des groupuscules de jeunes manipulés afin d’orchestrer une marche hostile contre la société française Orange Centrafrique. Leur grief préfabriqué ? L’explosion des frais appliqués aux transactions Orange Money.
Pourtant, derrière cette rhétorique pseudo-patriotique et ce dénigrement anti-français de façade, se cache un mensonge d’État d’une ampleur considérable. Ce n’est pas l’opérateur qui étrangle le portefeuille des Centrafricains, mais bien le gouvernement lui-même, à travers une taxe spoliatrice de 1 % instaurée pour renflouer les caisses percées du Trésor public. Révélations CNC sur un hold-up financier doublé d’une vaste manipulation politique.
Des jeunes instrumentalisés comme boucliers humains d’un échec fiscal
À Bangui, la méthode est désormais bien rodée : dès que la colère sociale enfle face à la cherté de la vie et à l’incapacité chronique du gouvernement à redresser l’économie, le pouvoir active ses réseaux d’agitateurs afin de détourner l’attention populaire vers un bouc émissaire commode.
Aujourd’hui, c’est Orange Centrafrique qui se retrouve dans le viseur. Exploitant la fibre patriotique et capitalisant sur le sentiment anti-français, des manipulateurs agissant dans l’ombre poussent la jeunesse à descendre dans la rue. L’objectif est limpide : faire croire que l’augmentation suffocante des frais de transfert d’argent relève exclusivement du cynisme de l’opérateur.
Or, la réalité tarifaire est implacable. Ce que le gouvernement se garde bien de révéler à ces manifestants instrumentalisés, c’est qu’à chaque transaction, qu’il s’agisse d’envoyer de l’argent pour des soins médicaux, de soutenir un proche ou de financer une scolarité, l’État prélève une taxe directe qui alimente ses propres caisses, sans bénéfice visible pour la population.
Nouveau tarif 0 stress de orange money en Centrafrique
La vérité des chiffres : quand la taxe d’État dépasse les frais d’Orange
Pour mesurer l’ampleur de cette ponction fiscale, il suffit d’examiner la grille officielle des «Nouveaux Tarifs 0 stress » en vigueur en République centrafricaine. Dans une logique de captation généralisée des flux financiers, et incapable de structurer efficacement d’autres sources de recettes, l’État a imposé une taxe systématique de 1 % sur l’ensemble des transactions numériques.
Le constat est édifiant : pour les transferts nationaux, alors que les frais propres à Orange Money s’élèvent à seulement 0,75 % TTC, la taxe gouvernementale atteint 1 %.
Autrement dit, l’État centrafricain prélève davantage sur chaque opération que l’entreprise qui fournit pourtant l’infrastructure, le réseau, la technologie et le service.
Sur un retrait national maximal de 250 000 F CFA, les frais globaux grimpent à 7 500 F, en grande partie sous l’effet de cette fiscalité prédatrice. Même schéma pour les transferts vers la zone CEMAC (Cameroun, Gabon, Congo, Guinée équatoriale, Tchad) via le réseau GIMAC, où cette taxe vient systématiquement alourdir des coûts déjà lourds pour des ménages souvent fragilisés.
Capture d’écran d’un reçu de transfert Orange Money en Centrafrique montrant un montant de 2250 FCFA, mettant en évidence des taxes gouvernementales de 22,5 FCFA supérieures aux frais de l’opérateur de 16,87 FCFA
Justin Gourna Zacko et la menace d’expulsion : la terreur administrative pour masquer la vérité
Cette affaire ne date pas d’hier, mais elle illustre la panique qui s’empare du sommet de l’État dès que ses mensonges risquent d’être exposés. Lors de l’introduction de cette taxe inique il y a un peu plus de deux ans, la colère populaire avait immédiatement éclaté. Face à l’indignation générale, la direction d’Orange Centrafrique s’était retrouvée contrainte d’apporter des éclaircissements techniques à ses abonnés pour expliquer l’origine exacte de cette hausse brutale.
La réaction du pouvoir fut d’une violence administrative inouïe. Justin Gourna Zacko, alors ministre des Postes et Télécommunications au moment des faits, avait publiquement et fermement brandi la menace d’une arrestation immédiate et d’une expulsion du Directeur Général d’Orange Centrafrique. Le crime reproché au DG ? Avoir voulu être transparent avec le peuple. Le ministre lui avait intimé l’ordre strict de se taire et de ne surtout pas divulguer que c’était l’État centrafricain qui avait provoqué cette hausse par sa boulimie fiscale. Une tentative d’extorsion doublée d’une censure mafieuse, une posture qui s’apparente moins à une gouvernance responsable qu’à une logique de coercition administrative destinée à préserver une stratégie de prédation.
Plus de deux ans de silence mortel : Où va l’argent des Centrafricains ?
Depuis la mise en place de cette taxe sur le Mobile Money, un silence de plomb entoure l’utilisation de cette manne financière collectée. Le gouvernement est incapable ou refuse catégoriquement de dire à la population combien de milliards de francs CFA cette taxe de 1 % a généré et injecté dans le Trésor public depuis plus de deux ans.
Où va cet argent ? Est-il utilisé pour construire des hôpitaux, réhabiliter les routes délabrées de l’arrière-pays, ou pour financer le train de vie fastueux de l’oligarchie de Bangui ?
Ce silence de mort prouve que le pouvoir traite le portefeuille de ses citoyens comme une ressource privée tout en refusant la moindre reddition de comptes.
Envoyer des jeunes manipulés manifester devant le siège d’Orange Centrafrique est non seulement un acte de lâcheté politique, mais aussi une insulte à l’intelligence des Centrafricains. Les pilleurs de la République ne portent pas des costumes de cadres de télécoms ; ils siègent dans les ministères à Bangui. Il est temps que la jeunesse ouvre les yeux et refuse de servir de marchepied à un gouvernement qui l’asphyxie financièrement tout en lui désignant de faux coupables.
Une diversion politique devenue insulte collective
Envoyer des jeunes manipulés manifester devant le siège d’Orange Centrafrique ne constitue pas seulement une manœuvre de diversion politique ; c’est aussi une insulte directe à l’intelligence collective.
Les véritables responsables de cette asphyxie financière ne se trouvent pas dans les bureaux d’une entreprise de télécommunications, mais bien dans les structures gouvernementales qui ont conçu, imposé et dissimulé cette politique fiscale.
Les prédateurs de la République ne portent pas nécessairement des costumes d’opérateurs privés. Ils siègent aussi dans les ministères.
Il appartient désormais à la jeunesse centrafricaine de refuser d’être instrumentalisée comme levier de propagande, et de diriger sa colère vers les véritables architectes de son étranglement économique.
Le vent tourne désormais pour les rebelles du MPC dans l’Ouham : la milice russe place le mouvement sous une tutelle de fer et menace de confisquer toutes les armes
La pression s’accentue sur les hommes de Didot Ali. Sur le chantier minier de Kouta Gbara, les mercenaires russes ont soumis ce groupe armé à des restrictions de mouvement strictes sous peine de désarmement.
Le contrôle des sites miniers dans l’Ouham par les forces du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique bascule désormais totalement sous domination russe. Dans la journée du mardi 26 mai 2026, un commando russe de la milice Wagner circulant sur une dizaine de motos a fait irruption sur le petit chantier minier de Kouta Gbara, situé à environ 25 kilomètres de Kouki. L’objectif de cette opération surprise était de réunir l’ensemble des officiers du MPC pour leur transmettre des directives sécuritaires draconiennes.
Le message délivré par les forces russes interdit désormais toute autonomie aux combattants. Aucun élément du MPC n’a plus le droit de circuler sur le territoire ou de planifier un déplacement vers Bangui sans l’obtention préalable d’une autorisation validée par les Russes. Les miliciens russes ont fermement prévenu : tout individu intercepté sans ce document verra son arme immédiatement confisquée.
Après avoir dicté ces nouvelles règles de fonctionnement aux officiers unifiés sous la bannière de Didot Ali, le commando russe a repris la route vers Nana-Bakassa.
De son côté, Dido Ali, pris de panique, a pris la parole pour enfoncer le clou et intimider ses propres hommes. Il a rappelé que les armes fournies à chaque éléments représentaient un coût financier énorme pour lui. Le chef de guerre a averti ses soldats que si un fusil était saisi par les Russes en raison d’un voyage non autorisé, le fautif devrait rembourser la valeur de l’arme de sa propre poche. Cette capitulation confirme, comme nous l’avons dit depuis plusieurs mois, que le MPC est désormais transformé en une milice supplétive au service exclusif de Wagner.
Il faut le rappeler, cette soumission se traduit depuis longtemps par des vagues de violences coordonnées sur le terrain, souvent menées conjointement avec des éléments de l’UPC.
Il y a quelques semaines, ces mêmes ex-rebelles de l’UPC du MPC ont attaqué le village de Bowaye, incendiant des habitations et tuant au moins six civils, dont l’un des chefs de ce village, une femme et un guérisseur traditionnel. Les assaillants avaient verrouillé l’accès à la zone, laissant les corps à l’air libre pendant deux jours sous le prétexte fallacieux de traquer le chef d’état-major du CNPCR, Florent Kéma.
Le procureur Axel Armand Anthony Doubro, dans son interview sur la radio Guira Fm la semaine dernière, alerte sur la saturation critique de la maison d’arrêt de Paoua, où la lenteur des procédures criminelles et l’étendue de la juridiction provoquent un engorgement chronique.
Initialement bâtie pour accueillir 35 prisonniers, la maison d’arrêt de Paoua croule aujourd’hui sous un effectif qui dépasse les 57 détenus. Cette situation de surpopulation découle d’une équation mathématique impossible. Le Tribunal de Grande Instance de la localité exerce son autorité sur cinq sous-préfectures : Paoua, Kodi, Djim, Taley et Bah-Bara (Goundaye). Si chaque zone envoie seulement cinq prévenus par mois, la capacité d’accueil est pulvérisée en un temps record.
Le magistrat pointe du doigt un fonctionnement judiciaire à la traîne. Si les dossiers correctionnels — vols, abus de confiance ou coups et blessures — sont traités régulièrement, le blocage se situe au niveau des affaires criminelles. Viols, meurtres liés à la sorcellerie et vols à main armée nécessitent une instruction spécifique. Or, la juridiction de Paoua ne possède pas la compétence pour juger ces crimes.
Le transfèrement des dossiers vers la cour criminelle de Bouar est à l’arrêt depuis plusieurs années. Résultat : les inculpés s’entassent dans les cellules de Paoua, en attente d’un jugement qui n’arrive jamais. Ces prisonniers « oubliés » constituent la majorité de la population carcérale actuelle, transformant un bâtiment récent en un espace exigu où la justice semble avancer à pas de tortue.
Hypocrisie des bras cassés de la septième république : Moloua exige le respect du drapeau centrafricain alors que Touadéra le transforme en tapis et le piétine chaque jour
Pendant que le Premier ministre Moloua exige une vénération hebdomadaire des couleurs, le président Touadéra transforme l’emblème national en tapis lors des cérémonies officielles.
La reconduction de Félix Moloua à la tête du gouvernement centrafricain donne lieu à une mise en scène politique où la rigueur morale affichée par la Primature dissimule mal les dérives du sommet de l’État. En annonçant ses nouvelles orientations, le chef du gouvernement prétend restaurer l’autorité administrative par des symboles forts. Pourtant, cette prétendue reconquête du civisme se heurte à une réalité quotidienne bien plus sombre, orchestrée par la présidence elle-même.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/tapsi.jpg”>Le Président Faustin-Archange Touadera, marchant sur un tapis rouge, arborant des couleurs du drapeau national
Faustin-Archange Touadéra a fait fabriquer un tapis rouge bordé des couleurs de la République centrafricaine, qu’il utilise de manière continue. Cet aménagement ne sert pas uniquement pour de rares cérémonies de prestige, mais est installé à l’aéroport et sur les parcours quotidiens du dictateur, y compris pour se rendre à ses bureaux. Jour après jour, à chaque déplacement, le président marche sur ce tapis et écrase la bannière nationale sous ses chaussures, transformant l’emblème de la patrie en un vulgaire marchepied. Ce piétinement permanent souille publiquement le symbole pour lequel les soldats des forces armées sacrifient leur vie.
Face à cette profanation continue, le Premier ministre préfère détourner les yeux et reporter une exigence de discipline sur le reste de l’appareil d’État. Félix Moloua impose désormais à l’ensemble des ministres de tous les ministères de la République, ainsi qu’à tous les fonctionnaires de l’administration, une présence obligatoire au bureau dès huit heures le matin. Chaque lundi, tous les agents publics doivent s’aligner dans les cours de leurs ministères respectifs pour saluer la montée des couleurs et entonner l’hymne national. Cette injonction administrative infantilise les cadres de la fonction publique, contraints à un respect rigide sous peine de sanctions, tandis que le président de la République foule aux pieds ce même drapeau de manière routinière.
Ce décalage trahit l’incapacité de la Primature à traiter les urgences de la population, qui croule sous une fiscalité asphyxiante, notamment sur le carburant et les services numériques, sans accès à l’eau ou à l’électricité. Le pouvoir utilise ces mesures de façade pour masquer son impuissance face aux pillages et aux exactions des mercenaires russes de Wagner, préférant traquer le retard d’un fonctionnaire plutôt que de faire respecter la souveraineté nationale face aux forces étrangères.
Derrière l’apparence démocratique qu’il tente tant bien que mal de vendre à la communauté internationale, Faustin-Archange Touadéra montre clairement désormais son véritable visage : celui d’un autocrate implacable. Dans la foulée de la formation du gouvernement Moloua 3, le chef de l’État poursuit sa stratégie de consolidation personnelle du pouvoir autour de son clan.
Des alliés marginalisés
Des alliés de la première heure, qui avaient soutenu le référendum constitutionnel ainsi que sa réélection, sont aujourd’hui sanctionnés. Les cas de Gourna Zacko, de Thierry Kamach avec son parti MOUNI, ainsi que ceux de la plateforme Be-Oko, illustrent cette logique implacable.
Des alliés de la dernière heure, regroupés au sein d’une plateforme dite Union des forces démocratiques de l’opposition (UFDO), tels qu’Eddy Symphorien Kparekouti, qui attendait son tour dans l’antichambre du Palais, Chantal Jean Édouard Koyambonou, Jackson Mazette, ou encore ceux agissant en électrons libres comme Stanislas Zoumbeti et Étienne Malekoudou, sont eux aussi ignorés, au point que certains en tombent malades. Tout comme ceux de la diaspora qui s’activent sur les réseaux sociaux dans l’espoir d’être nommés. Mais la reconduction de certains anciens ministres, dans un jeu de chaises musicales, glace leur sang sous le soleil de ce printemps où ils se trouvent.
C’est désormais une véritable politique de la terre brûlée contre ses propres alliés que semble avoir adoptée l’empereur-président Touadéra.
Cooptation, puis éviction
La stratégie est désormais connue : utiliser les transfuges, puis les jeter après usage. Pour asseoir son pouvoir absolu, Faustin-Archange Touadéra a d’abord joué la carte de la manipulation et de la cooptation des cadres issus des partis historiques de l’opposition démocratique. En distribuant postes et privilèges, le régime est parvenu à fracturer de l’intérieur les principales forces politiques du pays.
Au sein du MLPC, dirigé par Martin Ziguélé, la stratégie s’est révélée particulièrement efficace. Pour Chantal Jean Édouard Koyambonou, le prix du reniement fut un poste de ministre d’État à la présidence. Pour d’autres cadres transfuges, tels que Jackson Mazette, Stanislas Zoumbeti et Étienne Malekoudou, le pouvoir a sorti l’artillerie lourde : de l’argent en liquide, de la monnaie sonnante et trébuchante.
À l’URCA d’Anicet Georges Dologuélé, la défection d’André Nalké Dorogo a illustré cette même entreprise de déstabilisation.
Le RDC, parti du défunt président André Kolingba et de son fils Désiré Kolingba, n’a pas non plus été épargné.
Mais la lune de miel avec ces traîtres à leur propre camp est de courte durée. Comme le constatent aujourd’hui de nombreux observateurs à Bangui, une fois la basse besogne accomplie, ces cadres dissidents sont impitoyablement jetés à la poubelle de l’histoire, traités comme des résidus de table dont même les chiens ne voudraient pas, laissant couler des larmes de poisson sur leurs visages.
Les larmes des dissidents du MLPC
Selon des sources proches du Palais de la Renaissance, le mépris de Touadéra envers les dissidents du MLPC aurait désormais viré à l’indifférence totale. Le chef de l’État leur reprocherait de ne pas avoir atteint les objectifs politiques qui leur avaient été implicitement assignés : évincer Martin Ziguélé de la tête du MLPC et offrir au pouvoir au moins un député élu sous la bannière de leur dissidence.
Face à l’échec de cette stratégie, Touadéra a coupé les ponts avec ces anciens alliés, ignorant désormais leurs attentes politiques.
Cette prise de distance brutale a profondément affecté certains d’entre eux, notamment Jackson Mazette, Etienne Malekoudou, Stanislas Zoumbeti et Chantal Jean Édouard Koyambonou, qui se retrouveraient aujourd’hui politiquement isolés après avoir rompu avec leur formation politique d’origine.
Le coup de force du Ledger : l’Assemblée nationale mise au pas
Le véritable tournant de cette rupture autoritaire se serait joué lors d’une réunion stratégique organisée à l’Hôtel Ledger de Bangui. En coulisses, une lutte d’influence opposait plusieurs figures du MCU. Il faut se le rappeler.
Simplice Mathieu Sarandji, secrétaire exécutif du parti présidentiel, cherchait à consolider sa position face à son rival potentiel pour le perchoir, Évariste Ngamana, surnommé le « marabout de Carnot », en référence à son frère aîné réputé dans cette ville de l’ouest du pays.
Pour consolider ses arrières et s’assurer un bouclier face au « marabout de Carnot », Sarandji avait lui-même convoqué les députés du parti MOUNI à cette assise, comptant fermement sur leur soutien. C’était sans compter sur l’agenda personnel de l’Empereur-Président. Faustin-Archange Touadéra est arrivé à cette réunion avec une vision purement dictatoriale déjà arrêtée.
Refusant tout jeu d’alliance, Touadéra a littéralement chassé avec une violence politique inouïe, tous les élus du parti MOUNI qui se trouvaient dans la salle, comme un père de famille qui chasse son chien qui se retrouve sur son canapé au salon. S’imposant devant les députés médusés, l’Empereur-Président a dicté sa loi : ils ne devaient voter que pour les noms inscrits sur la liste unique qui leur serait présentée. Le verrouillage a été total
La réunion de l’Hôtel Ledger a produit l’effet escompté : tous les membres du bureau de l’Assemblée nationale ont été élus sans véritable concurrence. Pendant que les députés du parti MOUNI digéraient encore leur humiliation, refusant de présenter des candidatures au sein de ce bureau, le député indépendant Bernard Dilla, qui espérait retrouver son poste de vice-président, a tenté sa chance, mais il a lui aussi subi une cuisante défaite
L’ingratitude politique : le cas Thierry Kamach
Peu après l’humiliation de l’Hôtel Ledger, ce fut au tour du leader du parti, Thierry Kamach, d’avoir sa dose en grande quantité. Dans la foulée, le leader du MOUNI et ancien ministre a été exclu du gouvernement Moloua 3, sans aucune explication officielle.
Selon plusieurs sources proches du pouvoir, une justification officieuse aurait toutefois circulé : Kamach aurait été écarté parce qu’il avait choisi de se présenter aux législatives et qu’il devait désormais se contenter de son mandat parlementaire.
Une explication qui a rapidement suscité incompréhension et sarcasmes dans les milieux politiques de Bangui, plusieurs autres ministres élus députés ayant pourtant été reconduits au gouvernement.
Pour de nombreux observateurs, cette justification apparaît surtout comme un prétexte destiné à masquer une volonté politique plus profonde : celle d’écarter progressivement des alliés devenus encombrants après avoir servi les intérêts du régime.
Pourtant, le MOUNI et son leader avaient largement contribué au soutien politique du référendum constitutionnel controversé ainsi qu’au processus électoral qui a suivi. Une fois le pouvoir consolidé, l’allié d’hier semble désormais devenu indésirable.
Depuis, c’est le silence total du côté du Palais de la Renaissance à l’égard du MOUNI.
Un avertissement clair
Ces événements envoient un message limpide : en Centrafrique, les alliances avec Touadéra semblent avoir une durée limitée. Qu’il s’agisse d’opposants ralliés ou d’alliés de longue date, l’utilité politique paraît désormais temporaire. Le pouvoir utilise, fragilise puis écarte.
Face à cette succession de purges et de règlements de comptes politiques, l’inquiétude grandit jusque dans les cercles du pouvoir à Bangui.
Comme le résume un activiste de la capitale :« À qui le prochain tour ? »
Une question qui résonne désormais comme un avertissement pour tous ceux qui pensent encore pouvoir pactiser durablement avec le régime en place.
L’incarcération prolongée de l’ancien Directeur Général du Trésor public Abakar Mahamat à la prison du camp de Roux incarne le blocage absolu d’un appareil judiciaire inféodé aux décisions du pouvoir.
En effet, ce dysfonctionnement majeur de l’État s’est manifesté le 11 mars 2025, lorsque cet inspecteur principal des finances a été arrêté dans son bureau alors qu’il coordonnait le projet AGIR, un programme financier sous supervision étroite de la Banque mondiale.
Cette arrestation repose sur une affaire totalement bidon, fabriquée par les autorités pour greffer le nom de ce haut fonctionnaire intègre sur le dossier sensible de l’ancien ministre Armel Sayo.
Au-delà de ces accusations sans fondement, la procédure est aujourd’hui totalement gelée par le ministre de la Justice, une ingérence politique qui paralyse les tribunaux et maintient le captif dans un flou réglementaire complet.
Cette paralysie volontaire de la loi aggrave chaque jour la situation personnelle de l’ancien Directeur général du trésor, monsieur Mahamat Abakar, dont l’état de santé décline à un rythme inquiétant dans l’indifférence de ses geôliers.
Face à cette urgence vitale, l’administration pénitentiaire refuse obstinément son transfert vers un hôpital équipé, le cantonnant dans une infirmerie de fortune au sein même du camp de Roux.
Cette séquestration médicale s’inscrit dans la stratégie plus large du régime de Faustin-Archange Touadéra, qui utilise l’appareil sécuritaire pour écarter les cadres compétents et insoumis aux pillages de ressources menés avec les mercenaires de Wagner.
L’objectif final de cette machination consiste à installer un partisan docile à la gestion des fonds internationaux du projet AGIR, qu’Abakar Mahamat s’efforçait de préserver avec honnêteté.
Centrafrique : débandade générale dans le village M’béngou, près de Bamingui, après incursion des mercenaires russes qui ont tué des civils et blessant d’autres
À M’béngou , une localité situé dans la préfecture de Bamingui-Bangoran, l’irruption de mercenaires russes a fait sombrer la localité dans le chaos. Après attaque des civils par ces voyous de Poutine et de Touadera, Le bilan fait état d’un mort, d’un blessé et d’un village déserté.
Une expédition militaire destructive depuis la Nana-Gribizi
Les faits se sont déroulés au cours de la journée du dimanche 24 mai 2026. Un convoi de véhicules transportant des mercenaires russes s’est mis en route depuis Kaga-Bandoro, le chef-lieu de la préfecture de la Nana-Gribizi. Ce détachement lourdement armé a suivi l’axe routier menant vers la préfecture de la Bamingui-Bangoran, marquant d’abord un arrêt par la sous-préfecture de Mbrés.
Après cette halte, les mercenaires russes ont repris leur progression en direction de Bamingui. C’est au cours de ce déplacement que les mercenaires russes lourdement armés ont investi le village de M’béngou , une petite localité rurale située à 30 kilomètres de Bamingui, leur destination prétendument finale et située également à environ 150 kilomètres de Ndélé, le chef-lieu de la préfecture. Dès leur entrée dans le village, ces forces ont pris pour cibles directes les habitations et les civils.
Des violences gratuites sur des civils désarmés
Les mercenaires russes ont immédiatement ouvert le feu et exercé des violences ciblées sur la population locale. Au cours de cette agression, un habitant a été tué par balle et un autre a reçu de graves blessures. Cette attaque directe contre des personnes non armées a provoqué une terreur immédiate parmi les familles.
Pour légitimer cette opération meurtrière auprès de l’opinion et du gouvernement des tintin, le commandement de ces forces russes a rapidement diffusé une version officielle affirmant qu’un affrontement armé avait eu lieu contre des groupes rebelles positionnés dans ce secteur. Cependant, les témoignages des rescapés formels démentent cette déclaration. Les habitants affirment qu’aucun groupe rebelle n’était présent à M’béngou et dénoncent un pur mensonge destiné à dissimuler des violences gratuites contre la population civile.
L’exode complet de M’béngou vers Bamingui
Prises de panique face à la violence des tirs et aux exactions de ces hommes armés, les familles n’ont eu d’autre choix que de fuir instantanément. Le village s’est entièrement vidé de ses occupants en l’espace de quelques heures, laissant les habitations totalement abandonnées aux mains des assaillants.
Les villageois ont entamé une marche forcée à pied à travers la brousse et le long des pistes pour se mettre à l’abri. Cet exode massif s’est dirigé vers la sous-préfecture de Bamingi. Actuellement, des vagues importantes de familles déplacées, traumatisées et privées de leurs biens essentiels, arrivent de manière continue à Bamingi où elles tentent de trouver un abri provisoire et de l’aide auprès des résidents locaux.
Centrafrique : déclenchement d’une guerre sans merci contre les éleveurs Peuls à Bondodji, près de Nanga-Boguila, après le meurtre d’un chef de village
Une explosion de violence s’empare du village de Bondodji, situé à 3 kilomètres de Nanga-Boguila, carrefour stratégique de l’Ouham sur l’axe Pawa. Le meurtre d’un chef local a mis le feu aux poudres.
En effet, le petit village de Bondodji est devenu le point de départ d’un conflit ouvert. À l’origine de cette flambée de colère, l’assassinat particulièrement sauvage du chef du village. Les habitants accusent directement des éleveurs Peuls d’avoir tué et mutilé leur leader traditionnel. Cette agression a provoqué une vague d’indignation massive parmi la population locale.
En réaction, les villageois ont déserté massivement leurs habitations. Armés de machettes, de fusils artisanaux et de tout autre moyen de défense disponible, les hommes se sont dirigés vers la brousse. Une véritable traque a commencé dans les forêts environnantes, visant les éleveurs ainsi que leur bétail.
Selon les déclarations d’un sous-officier de l’armée nationale, le bilan provisoire fait état de quatre morts du côté des éleveurs Peuls. Pour l’instant, les pertes chez les villageois se limitent au chef abattu, bien que la situation sur le terrain reste extrêmement fluide et difficile d’accès pour les observateurs. Notre correspondant local confirme que les affrontements se poursuivent au cœur de la forêt et que l’issue de cette bataille rangée demeure incertaine.
Un accord de paix et des tensions structurelles
Ce déchaînement de violence populaire n’est pas un fait rare, il découle des accords de paix signés entre le gouvernement et plusieurs groupes armés. Les populations locales pointent du doigt l’impunité dont bénéficient certaines factions comme :
L’UPC(Unité pour la paix en Centrafrique), composée en quasi-totalité de combattants Peuls.
Le mouvement 3R(Retour, Réclamation et Réhabilitation), également dominé par la communauté Peul.
Le MPC(Mouvement patriotique pour la Centrafrique), constitué principalement d’éléments arabes.
Depuis ces accords, les ex-rebelles multiplient les exactions contre les civils dans la préfecture de l’Ouham. Protégés par ces milices et parfois instrumentalisés dans le cadre de stratégies politiques de Faustin-Archange Touadera impliquant des mercenaires, les éleveurs agissent en terrain conquis. Se sachant sous l’aile de l’UPC et des 3R, ils commettent des abus réguliers qui consument la patience des agriculteurs autochtones.
La colère s’est accumulée au fil des mois pour aboutir à cette explosion de justice populaire. Le face-à-face actuel dans la brousse de Bondodji montre que l’alliance objective entre ces éleveurs, les ex-rebelles et le pouvoir de Bangui crée une poudrière. Si les autorités et leurs alliés continuent de fermer les yeux sur les exactions des miliciens, la vengeance des communautés villageoises pourrait embraser toute la région, les civils ayant décidé de se faire justice eux-mêmes. Les informations continuent de remonter difficilement de la brousse.
L’engagement de l’UNHCR à clore définitivement le dossier des réfugiés de Bangui avant le terme de l’année 2026 vacille. À l’approche du mois de juin, l’absence de calendrier opérationnel et l’arrêt des aides scolaires et médicales plongent des familles entières dans une urgence vitale critique, entre dettes locatives et dénuement sanitaire.
Le recensement général de la population réfugiée à Bangui devait constituer le prélude à une intégration locale ou à un rapatriement définitif. C’est en tout cas l’annonce qui avait été formulée par la responsable canadienne de la protection lors de son intervention d’octobre 2025. Cette promesse prévoyait l’attribution d’une issue définitive pour chaque ménage avant la fin de l’année 2026. Pourtant, au moment d’aborder la moitié de l’échéance fixée, aucun plan de route n’a été communiqué aux bénéficiaires. Les conclusions du recensement demeurent confidentielles et aucune étape ultérieure n’est visible pour les communautés installées sur place.
Ce ralentissement des procédures administratives se double d’une interruption directe des prestations de soutien de base. L’assistance scolaire, suspendue depuis le mois d’octobre 2025, ainsi que les allocations spécifiques aux personnes vulnérables, coupées en septembre 2025, contraignent les familles à l’endettement pour assurer leur subsistance et le maintien de leur logement. Les cas d’arriérés de loyer s’accumulent sur plusieurs mois, exposant les résidents à des menaces d’expulsion immédiate.
Sur le plan sanitaire, les consignes médicales se heurtent à la réalité des coupures budgétaires. Les médecins traitants conditionnent la prise des traitements quotidiens à une alimentation régulière, une exigence devenue impossible à respecter pour les individus privés de revenus. Les blessés, notamment les victimes d’accidents en attente de réhabilitation physique, ne reçoivent aucune dotation en médicaments, même de première nécessité. Les conséquences se mesurent en rechutes successives et en pertes de vies humaines au sein de la communauté.
Cette mortalité croissante engendre une crise de protection pour les mineurs. Des enfants se retrouvent isolés du jour au lendemain suite au décès de leurs deux parents, héritant des dettes de location de la cellule familiale sans aucune structure de relais pour les prendre en charge. Privés d’accès à l’instruction et de tuteurs légaux, ces orphelins se retrouvent exposés de plein fouet aux réseaux de criminalité, d’exploitation économique et de violence sexuelle dans la capitale centrafricaine.
Le règlement des décès met également en relief un décalage budgétaire majeur : l’enveloppe d’obsèques allouée par l’institution s’élève à 100 000 francs CFA (environ 150 dollars américains) par décès, alors que les défunts cumulent souvent plus de deux décennies d’exil sur le territoire sans avoir bénéficié de subventions équivalentes pour leur autonomisation de leur vivant. Face à ce constat, les représentants des réfugiés réclament désormais la publication immédiate de la liste des bénéficiaires et l’établissement d’une feuille de route pour les six prochains mois, réclamant soit l’application des engagements pris, soit une liberté totale de mouvement pour quitter le dispositif d’asile.
Didot Ali accentue sa campagne de terreur au sein du MPC à Markounda. Pour asseoir son pouvoir absolu sur le MPC, il force désormais les éléments loyalistes à lui prêter allégeance sur le Coran.
En effet, la purge interne se poursuit avec une violence accrue au sein du Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC). L’ancien chef d’état-major dissident, Didot Ali, soutenu par les paramilitaires russes de Wagner, s’est lancé dans une entreprise de démantèlement des derniers cercles de fidèles du président fondateur, Mahamat Al-Khatim. Après avoir contraint le nouveau chef d’état-major Ahmat Chaltout à la capitulation et enchaîné deux combattants réfractaires, le chef rebelle vient de faire arrêter trois autres éléments à Markounda.
Ces trois hommes assuraient la sécurité sur l’un des chantiers miniers de l’Ouham, véritable poumon financier du mouvement rebelle. Leur profil est hautement stratégique puisqu’il s’agit de proches collaborateurs de Mahamat Al-Khatim. Les prisonniers ont été identifiés comme étant Mht Ali Bargine, Ahmat Ali alias Zogolo, et Hamza, ce dernier étant le propre neveu du président fondateur. En les ciblant directement, Didot Ali cherche à briser l’influence d’Al-Khatim sur le terrain et à contraindre les derniers loyalistes à reconnaître sa seule et unique autorité.
Une fois conduits dans ses cellules de détention privées, les trois captifs ont été soumis à un chantage direct. Didot Ali leur a imposé un choix sans équivoque pour obtenir leur libération : jurer fidélité sur le Coran à sa propre personne et renier le commandement d’Al-Khatim. Face à la pression et aux menaces, Ahmat Ali alias Zogolo et Mht Ali Bargine ont fini par céder. Après avoir prêté serment sur le livre sacré, ils ont été relâchés et réintégrés sous les ordres de la nouvelle direction dissidente.
Le troisième prisonnier, Hamza, le neveu de Mahamat Al-Khatim, oppose quant à lui un refus catégorique. Fort de ses années d’engagement au sein du mouvement sous les ordres de son oncle, il refuse de trahir ses convictions et sa hiérarchie d’origine. Ce choix lui vaut d’être maintenu au secret dans des conditions extrêmement précaires. À Markounda, l’inquiétude grandit parmi ses proches, d’autant que la mémoire des trois anciens démissionnaires livrés à Wagner il y a quelques mois, et aujourd’hui disparus, reste dans tous les esprits.
Dans la nuit du 21 au 22 mai, le domicile de Monsieur Thierry à Obo a été investie et dépouillée par des mercenaires russes appuyés par des soldats centrafricains. Les habitants du chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, situé dans le sud-est de la République centrafricaine, décrivent une opération nocturne soudaine.
En effet, au alentours de minuit, un commando composé de mercenaires russes et d’éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) a encerclé le domicile de Thierry, un père de famille à Obo. Sans fournir le moindre motif, les hommes armés ont pénétré de force à l’intérieur de l’habitation.
Sous les yeux du chef de famille, les assaillants ont fouillé l’intégralité des pièces, retournant les effets personnels et s’emparant de nombreux biens de valeur avant de quitter les lieux. Aucune explication n’a été fournie à la victime pour justifier cette intrusion et la spoliation de ses possessions matérielles.
Cette agression matérielle s’ajoute à une situation familiale déjà hautement criminelle. Il y a plusieurs mois déja, le fils de Thierry, prénommé Béal, qui exerçait l’activité de conducteur de moto-taxi, a été kidnappé dans la ville de Zemio par les mercenaires russes. Depuis ce rapt survenu durant la crise dans cette zone, le jeune homme n’a donné aucun signe de vie, ce qui conduit ses proches et la communauté locale à penser qu’il a été froidement éliminé par ces criminels de Poutine et de Touadéra.
Malgré la douleur qui frappe ce père de famille suite à la disparition de son enfant, sa maison de Obo est devenue la cible directe d’un raid de confiscation. Les mercenaires russes et les soldats FACA ont chargé le butin dans leurs véhicules, abandonnant la victime dans le dénuement au milieu de sa concession dévastée.
Le 21 avril dernier, la République centrafricaine s’est jointe à la communauté internationale pour célébrer la Journée mondiale de la créativité et de l’innovation. Loin des clichés, cette journée a mis en lumière une réalité vibrante : en RCA, innover n’est pas qu’une question de haute technologie, c’est avant tout une question de survie, d’adaptation et de transformation de nos ressources locales.
L’innovation : Repenser le quotidien
En Centrafrique, l’innovation ne se limite pas aux laboratoires de pointe. Comme le souligne le débat actuel, innover, c’est proposer une nouvelle manière de faire, améliorer un produit existant ou créer un modèle économique qui répond à un besoin spécifique du terrain. C’est l’art de transformer les défis en opportunités.
Le Haria : Du marché à l’assiette moderne
L’exemple de Medese Djosu est à ce titre emblématique. En se lançant dans la production de jus naturels et de yaourts, cette entrepreneuse a prouvé que la tradition peut rencontrer la modernité. Son coup de génie ? L’utilisation du Haria, un produit naturel bien connu des marchés centrafricains, habituellement utilisé pour la bouillie.
En transformant le Haria en une sorte de couscous cuit à la vapeur pour l’intégrer dans ses yaourts, elle ne fait pas que vendre un produit : elle réinvente un patrimoine culinaire. C’est cette capacité à transformer une ressource simple en un produit fini à haute valeur ajoutée qui définit l’entrepreneuriat centrafricain d’aujourd’hui.
Le numérique au service de la productivité
L’innovation en Centrafrique passe aussi par l’adoption d’outils modernes pour gagner en compétitivité. Jordan Bangui, promoteur de Songo Group, accompagne les entrepreneurs dans cette transition.
Fini le temps où la création d’un logo ou d’une présentation demandait des heures de maîtrise sur des logiciels complexes comme Photoshop. Aujourd’hui, avec l’utilisation de Canva et de l’intelligence artificielle, les entrepreneurs centrafricains peuvent :
Créer leur identité visuelle en quelques clics.
Gagner un temps précieux pour se concentrer sur leur cœur de métier.
Gérer plusieurs marchés simultanément.
Comme on le dit si bien dans le milieu des affaires à Bangui : « Le temps, c’est de l’argent ».
Un levier pour le développement durable
Portée par l’ONU, cette journée de la créativité rappelle que l’entrepreneuriat est le moteur essentiel pour atteindre les objectifs de développement durable en RCA. Que ce soit à travers la formation de 27 femmes dans la Haute-Kotto sur la gestion financière ou l’appui de la Banque Mondiale, l’objectif reste le même : donner aux Centrafricains les outils pour bâtir leur propre autonomie économique.
L’innovation en Centrafrique est en marche. Elle se trouve dans chaque grain de Haria transformé et dans chaque entrepreneur qui utilise le numérique pour briser les barrières du marché.
À Kaga-Bandoro, les forces de l’ordre sombrent dans l’anarchie. L’infanticide commis lors d’une prière satanique en cellule confirme la déchéance et l’effondrement moral du commissariat.
En effet, les faits les plus marquants de cette dérive réside dans la gestion d’une affaire de prétendue sorcellerie. Une habitante, suspectée par la rumeur, a été placée sous surveillance provisoire au sein du commissariat de la ville. C’est dans ce contexte de détention que l’enquêteur chargé du dossier a pris une décision en dehors de tout cadre légal.
Sans aucun motif valable, ce fonctionnaire a donné son accord pour introduire un enfant de moins de cinq ans à l’intérieur de la cellule. L’objectif de cette manœuvre consistait à lui administrer un produit censé agir contre l’envoûtement, au milieu de rituels assimilés à des prières sataniques. À la suite de l’ingestion de cette substance mystérieuse dans cet environnement carcéral, le jeune enfant a immédiatement rendu l’âme.
Cet acte commis sous le toit de l’État démontre que des agents confondent les lois républicaines avec des pratiques irrationnelles, transformant un lieu de justice en un espace de rituels mortels.
Au-delà de ce crime, les fonctionnaires de Kaga-Bandoro s’immiscent continuellement dans des dossiers qui dépassent leurs attributions. Le commissariat s’attribue le droit de régler des affaires purement civiles, au détriment des tribunaux compétents. Les litiges financiers de la vie quotidienne font l’objet d’un traitement répressif immédiat. Pour une simple réclamation de créance ou un conflit de voisinage, la mesure d’enfermement est devenue la réponse habituelle. Les policiers confisquent la liberté des citoyens pour régler des comptes ou forcer des remboursements, transformant une administration publique en un outil de coercition privée.
La vie des habitants de la ville est rythmée par un rançonnement quotidien. Les policiers imposent un racket aux citoyens paisibles à chaque contrôle ou démarche. Cette quête d’argent facile détruit la fonction première de sécurité due à la population.
Ce désordre est nourri par une insubordination totale des agents envers leurs supérieurs. Les subordonnés n’obéissent plus aux directives réglementaires et l’absence de contrôle interne permet à chaque policier d’agir selon son propre intérêt, sans craindre de sanction. Les résidents subissent cette situation au quotidien, constatant que la structure censée appliquer la loi s’est transformée en une organisation qui s’en affranchit. L’urgence d’une intervention des instances supérieures s’impose pour restaurer l’ordre et la justice à Kaga-Bandoro.
Par Norbert Massou, correspondant du CNC à Kaga-Bandoro
Après les civils, ce sont les militaires qui sont très mécontents du nouveau gouvernement et ils déclenchent des tirs en l’air au quartier Boy-Rabe pour manifester leur mécontentement
L’annonce du maintien du gouvernement Moloua a provoqué des tensions au sein du bastion présidentiel, incitant des soldats à exprimer publiquement leur rejet de cette reconduction politique.
La publication de la liste ministérielle le jeudi 21 mai 2026 ne provoque pas seulement le désaccord de la population civile dans les secteurs populaires. La contestation gagne désormais les militaires, touchant directement le cœur du pouvoir. Durant la nuit même du jeudi au vendredi, le quartier de Boy-Rabe, situé dans le quatrième arrondissement de Bangui, est devenu le centre d’une manifestation de colère. Ce secteur, qui abrite la résidence personnelle du chef de l’État Faustin-Archange Touadéra, a retenti de détonations continues. Des soldats des Forces armées centrafricaines ont utilisé leurs armes de service pour effectuer des tirs nourris vers le ciel, plongeant les habitants de cette zone stratégique dans l’incertitude durant plusieurs heures.
Devant la continuité des tirs, les autorités ont immédiatement sollicité l’intervention des services de la garde présidentielle et des mercenaires russes déployés pour la sécurité du périmètre. Arrivés sur les lieux dans le quartier pour obtenir des explications et faire cesser le désordre, ces éléments ont interrogé les soldats sur les motivations réelles de cette action nocturne. Les militaires contestataires ont répondu en affirmant que leur comportement découlait directement de leur fort mécontentement face à la reconduction de l’équipe gouvernementale. Cette déclaration faite au milieu des habitations confirme que la crise de confiance se manifeste en dehors des espaces militaires habituels, directement sous les fenêtres du pouvoir.
La colère des troupes s’oriente notamment vers le maintien du ministre de la Défense, un paramilitaire, cadre des douanes, dont la gestion de l’armée nationale focalise les rancœurs. Ce responsable est désigné par les soldats comme l’auteur de la suppression de la prime globale d’alimentation, un élément indispensable pour le quotidien des hommes du rang. En 2024, ce ministre avait affirmé que l’octroi de cette prime ne constituait pas un droit obligatoire pour les soldats, provoquant une première vague d’indignation. Face à la réaction des troupes, il s’était rendu personnellement à Bambari pour formuler des excuses et affirmer que ses propos avaient fait l’objet d’une mauvaise interprétation.
Dans les faits, les promesses de régularisation n’ont pas été suivies d’effets tangibles sur le terrain. Depuis maintenant six années, le versement régulier de cette prime demeure suspendu, remplacé par des allocations séquentielles distribuées de manière aléatoire, parfois espacées de six à douze mois. Les militaires constatent que le ministre à l’origine de cette dégradation de leurs conditions de vie conserve son fauteuil au sein du cabinet Moloua 3. Pour les protestataires, le maintien de cette hiérarchie ainsi que la présence de ministres installés depuis une décennie s’apparentent à la préservation d’intérêts financiers privés et mafieux plutôt qu’à une gestion rigoureuse de l’État.
Comme chaque année, le ministère du Travail, à travers l’ACFPE, organise ce qu’ils appellent le Mois du travail pour le recrutement. Mais contrairement aux années précédentes, cette édition 2026 tourne au fiasco total, à la surprise générale.
En effet, si ce fiasco du Mois du travail 2026 à Bangui est une surprise totale pour les organisateurs, ce n’est pas étonnant pour ceux qui connaissent bien l’ACFPE. Les personnels, les agents de l’ombre et les lecteurs fidèles qui suivent nos révélations sur le site CNC savent que ce naufrage n’est pas nouveau. Il était même largement prévisible. Vu la gabégie financière et la dégradation continue de cette institution ces derniers temps, ce blocage n’est que le résultat logique d’une faillite annoncée.
C’est ainsi que sur le terrain, l’esplanade qui accueillait habituellement la foule des grands jours sonne désormais désespérément vide. Les stands réservés aux grands opérateurs économiques de la place, comme Orange, Telecel, Moov ou encore la Mocaf, sont restés entièrement vides. Ces entreprises partenaires et les structures privées de Bangui ont tout simplement choisi de boycotter le rendez-vous cette année, laissant les organisateurs face à un désert imprévu.
Pour cacher cette absence massive de participants et sauver les apparences, les responsables de l’agence ont déployé les grands moyens de manière improvisée. Des véhicules de la structure ont été envoyés dans les différents quartiers de la ville pour ramasser des jeunes afin de remplir artificiellement l’espace et masquer le vide des allées. La situation s’est compliquée lorsque la question de leur transport de retour a provoqué de vives tensions sur place. Ces jeunes, laissés sans solution pour rentrer chez eux, ont commencé à menacer de faire la grève, obligeant la direction à calmer le jeu en catastrophe avant de voir le site se vider définitivement.
Aux abois devant ce naufrage, la direction générale a tenté un coup de poker en publiant un communiqué officiel pour annoncer une prolongation des activités jusqu’au vendredi 22 mai 2026. Seulement, ce document administratif, censé corriger le tir, s’avère être le reflet parfait de la pagaille interne qui règne au sein de la structure. Les fautes d’orthographe et grammaticales s’y accumulent :
Un problème d’accord direct : Le texte laisse l’adjectif « organisé » au singulier alors qu’il fait référence aux activités et événements au pluriel.
Une ponctuation inexistante : Le rédacteur livre une phrase interminable de plus de soixante mots sans insérer la moindre virgule après la date du « mercredi 20 mai 2026 », ce qui bloque la lecture.
Un terme technique inadapté : L’emploi du mot vague « l’insertion des jeunes » remplace maladroitement la formulation administrative et technique correcte de l’insertion professionnelle.
Une anomalie sur la date : Le comble de la négligence apparaît sur le tampon dateur officiel, qui affiche une lecture confuse de « 120 MAI 2026 », le chiffre 2 ayant été grossirement écrasé sur un chiffre existant.
Ce manque absolu de soin et cette incapacité à produire une note de service correcte mettent à nu les carences de la gestion actuelle de l’institution. Ce lot de dysfonctionnements s’inscrira dans la lignée directe des récentes décisions internes, notamment la désignation de la sœur cadette de la ministre de tutelle au poste de directrice générale par intérim, alors même que le conseil d’administration alertait déjà sur l’état critique de la trésorerie. Les quelques stands restants finissent de se démonter sous les yeux d’une équipe incapable de maîtriser sa logistique.
À peine reconduit à la tête d’un gouvernement dont l’efficacité reste à prouver, le Premier ministre Félix Moloua a dévoilé ce qu’il qualifie pompeusement de « mesures phares » pour son nouveau mandat. Pour ceux qui espéraient un sursaut d’orgueil ou un semblant de programme pour sortir la République centrafricaine de l’abîme, la douche est glaciale. Entre obligation d’arriver à 8 heures et chorale obligatoire de l’hymne national pour les fonctionnaires, Moloua confirme qu’il n’a absolument rien dans la tête pour abréger la souffrance de son peuple.
L’amnésie coupable d’un Premier ministre par défaut
À entendre Félix Moloua s’exprimer devant la presse, on en viendrait presque à oublier que l’homme pilote la Primature depuis près de cinq ans. Il s’exprime comme un bleu, un novice fraîchement débarqué qui découvre les réalités de l’administration centrafricaine. Ce spectacle est tout simplement dégoûtant. Comment un chef de gouvernement, déjà auteur d’un bilan d’une effrayante passivité, peut-il revenir devant les Centrafricains sans le moindre mea culpa, en proposant des mesurettes dignes d’un directeur d’école primaire ?
Classé à la 10ème position de notre baromètre CNC avec une note tout juste passable de 10/20, Félix Moloua mérite plus que jamais son étiquette de « chef d’orchestre en perdition ». Celui que les Banguissois surnomment ironiquement « Tapa n’a pas de problème » continue de dissimuler sa faillite intellectuelle derrière un rire permanent, pendant que le pays s’enfonce un peu plus chaque jour.
Le grand décalage : Des chants de drapeaux face à une crise humanitaire
Alors que le peuple centrafricain plie sous le poids d’une fiscalité asphyxiante – caractérisée par des taxes exorbitantes sur les hydrocarbures et sur les transactions numériques comme Orange Money, dont l’argent s’évapore sans jamais servir à la reconstruction –, les attentes urgentes sont ailleurs. Le peuple veut de l’eau, de l’électricité, des hôpitaux dignes de ce nom, des écoles et des universités décentralisées.
Quid des cultivateurs, qui représentent pourtant 90% de la population centrafricaine ? Ils attendent désespérément un signal fort, des subventions ou un encadrement pour sortir de l’agriculture de subsistance (manioc, arachides, courges) et relancer les cultures de rente comme le café ou le coton.
Quid des fonctionnaires, dont les salaires n’ont pas été revalorisés depuis près de 30 ans ?
Pour toute réponse à cette détresse sociale, Félix Moloua propose de la discipline de façade. Sa condition sine qua non pour être ministre ? « Accepter d’être au bureau à 8h00 ». Une plaisanterie ! Qui refuserait ce privilège pour continuer à jouir des prébignes de la République ? Pire encore, Moloua exige désormais que chaque lundi, les fonctionnaires – des pères et mères de famille – s’alignent dans les cours des ministères, comme des élèves de l’école Koudougou, pour monter le drapeau et chanter l’hymne national.
Plutôt que d’infantiliser les cadres de l’administration publique, Moloua ferait mieux d’imposer le respect de l’hymne national et de la souveraineté aux mercenaires russes de Wagner, qui pillent les ressources du pays et commettent des crimes en toute impunité sous son regard démissionnaire.
Une Primature réduite à un bureau d’enregistrement
Ces annonces folkloriques ne font que confirmer le diagnostic du baromètre CNC : la Primature est réduite à un simple bureau d’enregistrement. Incapable d’imposer son autorité à des ministres indisciplinés – on se souvient encore de son humiliation face à son ministre de la Jeunesse où il a dû quémander de l’aide extérieure pour sauver son poste –, Félix Moloua gère la forme faute de pouvoir insuffler le fond.
Le constat est amer. Face aux défis colossaux de la RCA, le gouvernement Touadéra offre au pays un spectateur amorphe à la Primature. Félix Moloua n’a pas de programme, il n’a pas de vision. Il n’a que des illusions à offrir à un peuple qui n’a plus la force de rire de ses pitreries administratives.
Un soldat des forces armées centrafricaines a abattu un habitant et son chien à Mélé, avant d’être capturé par ses collègues lors d’une course-poursuite vers Ndélé.
Une altercation mortelle pour un animal
L’événement a débuté la semaine dernière, dans un quartier du village de Mélé, situé à cinq kilomètres de Sikikédé sur la route de Gordile. Un militaire de l’armée nationale, fils du chef du village de Mélé, originaire dudit village, marchait dans la localité lorsqu’un chien s’est mis à aboyer derrière lui d’un air menaçant. Réagissant de manière immédiate, l’homme a sorti son arme de service et a tué l’animal sur le coup.
Alerté par la détonation, le propriétaire du chien est sorti de chez lui. En colère face à la perte de son animal, ce dernier a suivi le soldat pour obtenir des explications sur son geste. C’est à ce moment que la situation a basculé : emporté par la rage, le militaire a de nouveau fait usage de son arme, tirant mortellement sur le propriétaire du chien.
Cavale et arrestation par les militaires
Après ce double coup de feu, les parents de la victime sont en colère. Ils réagissent violent, et le soldat FACA criminel a abandonné les lieux et a pris la fuite en direction de Ndélé pour tenter d’échapper à la justice populaire.
Dès l’alerte donnée, ses propres collègues de l’armée se sont lancés à sa recherche. Après une traque sur plusieurs kilomètres, les militaires ont réussi à le localiser et à lui mettre la main dessus pendant sa cavale. Le soldat arrêté a été conduit directement à la gendarmerie de Ndélé, où il est désormais détenu pour répondre de ses actes.
Réunis en assemblée générale unitaire le 26 juillet au siège du Parti Patrie, les responsables des organes et les militants du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) ont dénoncé la vague d’enlèvements et de disparitions depuis quelques années en Centrafrique.
Maître Crépin Mboli-Goumba, président du PATRIE et coordinateur du BRDC, a accusé le régime de laisser s’installer une culture de violence et d’impunité, affirmant que « la Centrafrique est devenue un pays des morts ».
Dans son intervention, Mboli-Goumba a rappelé le cas de l’ancien ministre Armel Sayo, arrêté puis disparu sans explication depuis plusieurs semaines avant qu’on le ramène brièvement pour le présenter devant la justice, puis, une fois de plus, silence sur son sort. « Ce qui est arrivé à Armel Sayo peut arriver à chacun de nous ici », a-t-il averti, en citant également l’exemple d’Issa Manou, enlevé au siège du MCU et dont on est toujours sans nouvelles. Pour lui, ces affaires ne représentent qu’une partie visible d’un phénomène plus vaste : « Beaucoup de nos compatriotes ont été enlevés et ont disparu mystérieusement, sans que personne ne réclame justice pour eux ».
Il a également dénoncé la banalisation de la mort dans la société centrafricaine, expliquant que la population vit dans un état de résignation face aux violences répétées. « Les Centrafricains sont habitués aux morts, aux mauvaises nouvelles. On parle de la mort comme on parlerait du jeu», a-t-il déploré, en accusant les autorités de rester silencieuses face aux familles des victimes. Cette indifférence officielle, selon lui, encourage les responsables de ces disparitions à agir en toute impunité.
Mboli-Goumba a par ailleurs critiqué la justice sélective du régime, pointant la différence de traitement entre les citoyens centrafricains et certains chefs rebelles. « Armel Sayo, on ne sait pas où il est, mais Ali Daras, chef de l’UPC, bénéficie d’un tapis rouge », a-t-il déclaré, estimant que cette situation illustre une politique qui privilégie les intérêts des bourreaux au détriment des victimes.
Face à ce constat, le coordinateur du BRDC a appelé les militants à ne pas céder à la peur ni à l’oubli. « Si vous êtes venus aujourd’hui, c’est que vous avez le courage », a-t-il lancé, en insistant sur la nécessité de défendre la mémoire d’IssaManou, du policier tué alors qu’il est encore en fonction à l’OCRB, et de tous ceux qui ont disparu. Pour lui, cette mobilisation est la seule manière d’empêcher que ces cas ne soient réduits à de simples statistiques, dans un pays qui, selon ses mots, « ne doit pas devenir un cimetière silencieux pour ses citoyens ».
La mosquée de Yapélé à Bangui a reçu du monde ce week-end. Les responsables des organes statutaires, les leaders des associations affiliées, les structures de jeunesse, de femmes ainsi que les cadres musulmans ont répondu massivement à l’invitation du président en exercice du Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique (CSISCA), Son Éminence l’imam Abdoulaye Ouassélégué. Cette grande consultation nationale visait à clarifier la situation institutionnelle de l’organisation et à réaffirmer la légitimité du bureau mis en place à la fin de l’année dernière.
Les participants à la réunion
Les discussions ont principalement porté sur les contestations internes et les velléités de scission portées par l’ancienne équipe dirigeante. Devant une assemblée attentive, l’imam Abdoulaye Ouassélégué a rappelé les fondements juridiques qui établissent l’autorité de son équipe. Élu le 30 décembre 2025 lors d’une assemblée générale officielle, ce bureau a reçu l’aval des autorités compétentes, notamment le ministère de l’Administration du territoire, de la Décentralisation et du Développement local, dont les représentants étaient présents. Cette reconnaissance institutionnelle s’est concrétisée le 7 février 2026 par une cérémonie d’investiture au Palais du Peuple, marquant ainsi le début officiel de ce mandat.
Pour couper court aux initiatives de l’ancien bureau, qui tente d’organiser un atelier de révision des textes et une nouvelle assemblée générale, le président du CSISCA s’est appuyé sur les textes sacrés et sur les statuts de l’organisation. L’imam a cité les dispositions réglementaires adoptées en 2020, qui stipulent clairement que tout mandataire dont le terme est échu perd définitivement le droit de représenter l’institution ou d’agir en son nom. Selon le chef religieux, les anciens dirigeants tombent sous le coup de cet article et se trouvent aujourd’hui disqualifiés pour entreprendre la moindre démarche officielle.
L’imam Abdoulaye Ouassélégué a fermement rejeté l’idée d’une double direction à la tête de la communauté, assurant qu’il n’y aura jamais deux CSISCA en République Centrafricaine. Rappelant l’évolution historique de l’institution depuis la Communauté Islamique en République Centrafricaine (CIRCA) jusqu’à sa forme actuelle, il a exhorté les fidèles à respecter les engagements pris et à s’aligner derrière les décisions de l’assemblée. Bien que privilégiant la concertation mutuelle dictée par les principes religieux, le bureau actuel se dit déterminé à défendre la légalité de son mandat par toutes les voies de droit, y compris devant les instances judiciaires si les gesticulations de l’opposition persistent.
Suite au mouvement des techniciens de laboratoire du ministère des Travaux publics, le chantier routier sur l’axe Ndélé – Ouadda est totalement paralysé. Ces spécialistes réclament leurs frais de subsistance.
À peine le conflit avec les ouvriers esquissé vers un dénouement, une nouvelle crise paralyse les travaux de route sur l’axe routier reliant Ndélé à Ouadda. L’Office National du Matériel (ONM), l’UNOPS et la Banque mondiale venaient pourtant de verser une partie des salaires en retard aux ouvriers, permettant une timide reprise de l’activité. C’était sans compter sur le départ inattendu des techniciens de laboratoire du ministère des Travaux publics, qui ont décidé de vider les lieux.
Il est plus important de clarifier une chose. En effet, dans la construction d’une route, le rôle de ces professionnels s’avère indispensable. Ce sont eux qui analysent la qualité du sol, testent la résistance des matériaux et valident le compactage de la terre avant l’application du revêtement. Sans leurs études et leurs validations techniques, aucun engin ne peut valablement avancer sous peine de livrer une infrastructure défectueuse. Leur absence bloque la progression physique du chantier, qui se situe actuellement à seulement quinze kilomètres de la ville de Ndélé, vers le village de Boungou.
Ces agents de l’État, initialement basés à Bangui, ont accepté leur affectation dans la région de Ndélé contre la promesse d’une indemnité mensuelle de subsistance. Cette somme, comprise entre 150 000 et 200 000 francs CFA, doit assurer leur alimentation et leurs besoins quotidiens sur le terrain, tandis que leur salaire habituel continue d’être versé sur leurs comptes bancaires dans la capitale. Depuis le lancement des travaux, ces techniciens affirment n’avoir jamais reçu le moindre centime de ces frais d’accompagnement.
Privés de moyens pour se nourrir au quotidien, ces employés pointent directement du doigt leur hiérarchie à Bangui. Les soupçons se concentrent sur le directeur du laboratoire national, accusé par les grévistes de retenir ou d’avoir réorienté ces enveloppes financières pourtant prévues dans le budget global. Les travailleurs dénoncent une gestion opaque alors que les partenaires internationaux, notamment la Banque mondiale, libèrent les fonds nécessaires à la réalisation de ce projet de désenclavement.
Face à cette absence totale de prise en charge sur le terrain, l’ensemble des techniciens de laboratoire a plié bagage. Ce dimanche 24 mai 2026, ils ont officiellement quitté le chantier routier pour prendre la route de la capitale. Leur objectif est d’obtenir des explications claires et le versement de leur dû directement auprès du ministère. Cette situation met à nu les défaillances de suivi administratif et logistique qui plombent les grands chantiers du pays, où le manque de transparence financière finit par décourager le personnel indispensable à l’avancement des infrastructures.
Louis-Marie Kogrengbo, leader syndicaliste et secrétaire général exécutif de l’ODSTC (Organisation Démocratique des Syndicats des Travailleurs de Centrafrique), a pris position dans le débat sur l’admission au baccalauréat à titre exceptionnel. Dans un texte rendu public ces derniers jours, il met en garde contre toute mesure qui affaiblirait le principe du mérite scolaire.
En effet, le baccalauréat constitue un diplôme d’État obtenu au terme d’un parcours exigeant et d’une évaluation rigoureuse. Il ne s’agit pas d’une faveur ni d’une récompense symbolique, mais d’un résultat mérité par l’effort fourni. Louis-Marie Kogrengbo insiste sur ce point central : on ne donne pas le baccalauréat, on le mérite.
Selon lui, attribuer ce diplôme à titre exceptionnel risque de remettre en cause les fondements mêmes du système éducatif. Il rejette l’idée selon laquelle des pratiques internationales ou le dispositif de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) pourraient justifier une telle décision. La VAE repose sur une évaluation sérieuse et encadrée par la loi ; elle ne permet pas d’attribuer un diplôme de façon discrétionnaire. De même, les distinctions honorifiques comme les doctorats honoris causa concernent l’université et ne s’appliquent jamais à un examen national tel que le baccalauréat.
Louis-Marie Kogrengbo exprime son inquiétude quant à la confiance que les citoyens accordent à l’école. Il interroge directement les conséquences d’une telle mesure : que dire à l’élève qui a passé de nombreuses nuits à réviser pour réussir ? Que répondre au parent qui s’est sacrifié pour soutenir les études de son enfant ? Quel message adresse-t-on à la jeunesse du pays si le mérite est affaibli ? Pour lui, lorsque l’école perd sa crédibilité, c’est l’avenir de la nation qui se trouve fragilisé.
L’auteur de ce texte reconnaît toutefois que des circonstances particulières peuvent survenir dans le système éducatif. Il appelle cependant à maintenir la rigueur dans ces moments. Il formule trois exigences claires : une base légale solide et transparente pour toute décision, une équité totale entre tous les candidats, et le maintien de la crédibilité du système éducatif. Selon Louis-Marie Kogrengbo, ce qui est en jeu dépasse largement une simple question administrative ; il s’agit de l’honneur de l’école centrafricaine.
Plutôt que d’opter pour une attribution directe du diplôme, il propose des solutions plus responsables : organiser des sessions spéciales de rattrapage, procéder à des réévaluations encadrées et mettre en place des dispositifs pédagogiques adaptés. L’exception, insiste-t-il, ne doit jamais devenir la règle, car elle ne saurait détruire le principe de justice qui fonde le diplôme.
Louis-Marie Kogrengbo rappelle que banaliser le mérite compromet l’avenir d’une nation, tandis qu’une école qui renonce à l’exigence perd son âme. Il invite les autorités à rectifier la situation pour préserver l’honneur du système éducatif, la dignité de la jeunesse et l’avenir de la République Centrafricaine.