Ouanda-Djallé : le bilan de la tension entre la population et les soldats FACA grimpe à 3 morts
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Une journée de marché ordinaire a tourné au carnage ce vendredi 27 février 2026 à Ouanda-Djallé, dans la préfecture de la Vakaga, laissant trois morts et neuf blessés sur le carreau.
Tout a démarré dans la matinée au marché central de la ville, là où des dizaines de commerçants et d’acheteurs se croisent chaque jour. Deux soldats des Forces Armées Centrafricaines s’y sont présentés et se sont dirigés droit vers l’étalage d’un jeune vendeur d’eau. Ils ont exigé d’être servis gratuitement, mais le jeune homme leur a répondu, simplement et sans détour, que l’eau conditionnée dans des sachets plastiques était une marchandise comme une autre, et qu’elle se payait. Cette réponse, pourtant de bon sens, a mis les deux militaires dans un état de rage incontrôlable.
Ce qui a suivi a embrasé toute la ville. Les soldats ont commencé à porter des coups sur les jeunes présents autour de l’étalage. En un rien de temps, les habitants aux alentours ont vu la scène, et la nouvelle a couru de bouche en bouche à travers tout le marché. Des hommes, des femmes, des jeunes des quartiers voisins ont commencé à converger vers le lieu, portés par une colère longtemps contenue à l’égard des militaires.
La foule, de plus en plus dense, a décidé de marcher jusqu’au campement des FACA. Ces derniers ne séjournent pas dans une caserne classique, mais ont investi les locaux de l’OFCA, la coopérative des femmes, un bâtiment installé en plein centre-ville, à quelques mètres à peine de la mairie de Ouanda-Djallé. La population réclamait depuis un moment leur départ de cet endroit et leur retour à l’ancienne base militaire, celle qui se trouve à l’entrée de la ville. Les soldats avaient quitté ce poste en invoquant la crainte d’une attaque de groupes armés, mais leur installation au cœur des quartiers résidentiels n’avait fait qu’alimenter les frictions avec les civils.
C’est devant ce bâtiment que les Casques bleus et les autorités locales ont tenté d’établir un dialogue entre les deux camps. Les négociations étaient en cours, la tension semblait contenue, quand soudainement des soldats FACA ont jailli de plusieurs angles, armés, et ont ouvert le feu sans avertissement sur la foule massée devant eux. Les gens ont tenté de fuir dans tous les sens, certains se sont jetés à terre, d’autres ont couru se mettre à l’abri dans les ruelles adjacentes. Mais les balles ont fait leur œuvre.
Au total, douze personnes ont été touchées par des projectiles. Un homme a perdu la vie sur place, avant même que les secours puissent intervenir. Onze autres ont été transportés en urgence vers l’hôpital de la ville, mais deux d’entre eux n’ont pas résisté à leurs blessures, portant le nombre de morts à trois pour cette seule journée. Les neuf survivants hospitalisés se trouvent dans un état qui n’a pas encore été communiqué officiellement.
La population de Ouanda-Djallé nourrit désormais une défiance ouverte à l’égard de ces militaires. Dans les rues, les habitants ne mâchent pas leurs mots et désignent ces soldats non pas comme des protecteurs, mais comme des rebelles, ou alors des bandits du grand chemin qui terrorisent les quartiers. Beaucoup réclament leur départ immédiat des locaux de l’OFCA, pendant que les autorités locales tentent de maintenir un semblant de dialogue dans une ville qui retient son souffle.
Par Serge Binguimalé
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)