Ouanda-Djallé : par peur de mourir, le chef du détachement militaire interdit à ses hommes de sortir de la ville à cause de l’insécurité
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-soldats-faca-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-soldats-faca-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto.webp” alt=”Ouanda-Djallé : par peur de mourir, le chef du détachement militaire interdit à ses hommes de sortir de la ville à cause de l’insécurité” width=”400″ height=”624″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-soldats-faca-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-soldats-faca-a-sam-ouandja-dans-la-prefecture-de-la-haute-kotto-269×420.webp 269w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />Les soldats FACA à Sam-Ouandja, dans la préfecture de la Haute-Kotto
Une armée qui fuit le danger qu’elle est censée combattre, cela peut paraître impossible. Pourtant, en République Centrafricaine, c’est une réalité que vivent les populations au quotidien, et la ville de Ouanda-Djallé, dans la préfecture de la Vakaga, en est l’’exemple parfait.
Hervé Ndoba, ministre des finances et du budget de la Centrafrique
Si dans tous les pays du monde l’armée est là pour protéger la population et combattre l’insécurité, en Centrafrique, les FACA sont perçus davantage comme des racketteurs que comme des protecteurs.
Rappelons qu’à Ouanda-Djallé, le lieutenant Denis commande le détachement des Forces Armées Centrafricaines. Mais ce qui s’est passé il y’a quelques semaines laisse les habitants sans vois.
Ce jour, un exploitant minier venu de Tiringoulou, une ville centrafricaine dans la Vakaga, a fait une halte dans cette ville avant de poursuivre sa route vers Sam-Ouandja. Conscient des dangers qui guettent les voyageurs sur cet axe, il a sollicité une escorte militaire auprès du lieutenant.
La réponse qu’il a reçue a de quoi laisser sans voix. Le lieutenant Denis lui a expliqué que la route était trop dangereuse et qu’il ne pouvait pas exposer ses hommes à un tel risque. Un chef militaire qui reconnaît lui-même que son unité ne peut pas opérer là où l’insécurité règne, c’est-à-dire là où elle devrait justement intervenir, est incroyable.
Devant ce refus, l’exploitant n’a pas baissé les bras. Il a contacté la commune d’Ouandja par téléphone pour demander du renfort. Six soldats des Forces Armées Centrafricaines, dont un sous-officier au grade d’adjudant-chef, ont alors fait le déplacement jusqu’à Ouanda-Djallé pour le rejoindre et l’accompagner jusqu’à Sam-Ouandja.
Ce qui interpelle ici, c’est l’absurdité de la situation. Des soldats déployés à Ouanda-Djallé précisément pour lutter contre l’insécurité, et qui déclarent ne pas pouvoir bouger à cause de cette même insécurité. Pendant ce temps, six militaires venus d’une autre commune ont dû parcourir des kilomètres pour accomplir le travail que ceux sur place ont refusé de faire.
Et pendant ce temps, sur la route entre Ouanda-Djallé et Sam-Ouandja, les bandits, eux, n’ont aucune raison de rester immobiles.
Et ça continue. Au lycée Providence de Bangui, des plantes des sorciers frappent une deuxième classe en moins d’une semaine
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/eleves-dans-la-salle-de-classe-ecole-de-belou-dans-la-commune-de-mbata.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/eleves-dans-la-salle-de-classe-ecole-de-belou-dans-la-commune-de-mbata.jpg” alt=”Et ça continue. Au lycée Providence de Bangui, des plantes des sorciers frappent une deuxième classe en moins d’une semaine” width=”300″ height=”169″ />Les élèves de la classe de CM2 entrain de faire cours de français dans l’arrondissement de Belou dans la commune de Mbata. Photo CNC
Une école du neuvième arrondissement de Bangui vit des jours agités depuis que des plantes irritantes, utilisées souvent par des sorciers, ont commencé à circuler entre ses murs, touchant élève après élève.
Les premiers faits avaient débuté le vendredi 27 février 2026, quand la salle de la sixième A avait été contaminée par des végétaux sauvages connus sous le nom de kotto mo langö, capables de provoquer de vives irritations sur la peau. Six élèves avaient été atteints ce jour-là, l’un d’eux avait même perdu connaissance, et les cours avaient dû s’arrêter net. La piste d’un élève délégué de la sixième B, qui aurait agi par vengeance après une querelle de table-bancs, avait rapidement été retenue.
À peine une semaine après ce premier épisode, le mercredi 4 mars 2026, c’est la classe de seconde qui s’est retrouvée à son tour dans la même détresse. Des plantes du même type ont de nouveau été répandues dans une salle, provoquant des démangeaisons chez plusieurs élèves. Ce deuxième épisode, si proche du premier, indique que la situation à l’école Providence est loin d’être réglée.
Les familles, déjà éprouvées par les événements de la semaine passée, voient leur inquiétude grandir à mesure que les jours passent. L’enchaînement rapide des deux incidents laisse penser que personne, ni parmi les élèves ni parmi les adultes présents dans l’établissement, n’a encore trouvé le moyen d’enrayer ce phénomène.
Des voix commencent à s’élever pour réclamer l’implication des responsables de l’éducation, des forces de sécurité intérieure ainsi que des services de renseignement, afin que la lumière soit faite sur l’origine de ces actes et que des mesures concrètes soient prises. Pour l’heure, les élèves de l’école Providence continuent d’aller en classe sans savoir ce que leur réserve la prochaine journée.
Gouverner, c’est faire des choix” : Martin Ziguelé plaide pour une diplomatie équilibrée en Centrafrique
L’ancien premier ministre martin Ziguelé, député de Bocaranga 3, et Président du MLPC
L’ancien Premier ministre Martin Ziguelé critique l’alignement exclusif et prône une gestion pragmatique des relations internationales centrée sur l’intérêt national.
Le président du MLPC développe sa vision d’une diplomatie centrafricaine plus nuancée et stratégique.
Martin Ziguelé pose d’emblée le principe fondamental : “Gouverner, c’est faire des choix.” Mais pour lui, ces choix ne doivent jamais être exclusifs en matière de relations internationales. L’ancien Premier ministre Martin Ziguelé questionne la stratégie actuelle : “Est-ce qu’on est obligé de faire un choix unique en matière de relations internationales ?”.
Sa réponse s’appuie sur l’observation des pratiques diplomatiques mondiales. “Qu’est-ce que font les dirigeants de tous les pays ? Ils recherchent l’intérêt de leur pays. Ils cherchent à équilibrer leurs relations”, explique-t-il. Cette approche pragmatique consiste à “préserver des acquis” tout en “améliorant les marges de manœuvre”.
Pour Martin Ziguelé, la règle d’or reste simple : “On ne prend pas la décision de rééquilibrer les relations en sacrifiant les acquis”. Une leçon que la réalité semble avoir imposée au gouvernement actuel, à travers cette “feuille de route avec la France” qui témoigne d’un retour progressif vers plus d’équilibre.
L’homme politique rejette catégoriquement les accusations de parti pris. “Ce n’est pas une question de France”, insiste-t-il. “Je ne suis pas français. Je n’ai pas la nationalité française. Je n’ai jamais étudié un jour en France”. Cette précision personnelle vise à couper court à toute “manipulation politique” qui voudrait le présenter comme “pro-français”.
Son parcours parle pour lui : “Je suis centrafricain et je n’ai que la nationalité centrafricaine. J’ai fait toutes mes études en Centrafrique, puis au Cameroun”. Une biographie qui, selon lui, le met à l’abri de tout soupçon d’influence extérieure.
Martin Ziguelé recourt ensuite à une métaphore familière pour expliquer sa vision de la gouvernance. “Lorsque vous êtes un chef de famille, votre épouse doit nourrir la famille avec ce que vous lui remettez”, commence-t-il. Si les ressources ne suffisent pas, “vous vous battez ensemble pour améliorer”, mais “vous ne dites pas que je vais démissionner du travail qui me permet de lui donner 1000 francs par mois pour faire le tour de la ville en espérant gagner 5000 par jour”.
Cette comparaison domestique révèle sa philosophie politique : “La gestion d’un État, c’est la gestion d’un bon père de famille. C’est une question de bon sens”. Une approche qui privilégie la prudence et la continuité sur les paris risqués.
L’ancien Premier ministre mobilise aussi son expérience professionnelle. “Je rappelle que je suis assureur de métier”, précise-t-il. Cette formation lui a appris que “le monde n’a pas commencé avec nous” et qu’il repose sur “des rapports de force”. Dans ce contexte, chaque dirigeant doit veiller à ce que “son pays soit le moins empêtré dans des problèmes inextricables”.
La conclusion de Martin Ziguelé dessine une voie claire : “Vous ne créez pas les problèmes vous-même. Vous utilisez la géopolitique, vous utilisez les relations internationales pour résoudre les problèmes qui vous semblent prioritaires pour votre pays”.
Cette vision pragmatique tranche avec les choix diplomatiques actuels. L’ancien chef du gouvernement appelle à une diplomatie plus mature, qui sache tirer parti de tous les partenariats sans tomber dans la dépendance exclusive. Une leçon de realpolitik que sa longue expérience des affaires publiques lui permet de formuler avec autorité.
Évacués en urgence par MSF, deux des 9 victimes des balles des soldats FACA à Ouanda-Djallé sont désormais à l’hôpital de Bria
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/lors-de-leur-evacuation-vers-bria-par-msf.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/lors-de-leur-evacuation-vers-bria-par-msf.webp” alt=”Évacués en urgence par MSF, deux des 9 victimes des balles des soldats FACA à Ouanda-Djallé sont désormais à l’hôpital de Bria ” width=”400″ height=”400″ />Lors de leur évacuation vers Bria par MSF. Photo CNC
Cinq jours après les coups de feu des soldats FACA qui ont coûté la vie à trois personnes et fait neuf blessés à Ouanda-Djallé, deux jeunes victimes viennent d’être transférés d’urgence par avion vers Bria, où l’ONG internationale Médecins Sans Frontières dispose de capacités médicales adaptées à leurs blessures.
Les deux cas sont graves. L’un des jeunes a les jambes broyées par les balles, des lésions qui dépassent de loin ce que les maigres structures sanitaires locales peuvent prendre en charge. C’est MSF, présente à Ouanda-Djallé depuis quelques jours déjà, qui a évalué l’état des blessés et pris en charge le transfert par voie aérienne, la seule option réaliste dans cette région enclavée.
Bria se trouve à environ 330 kilomètres de Ouanda-Djallé, en comptant les 204 kilomètres jusqu’à Wadamaikaga, puis les 125 kilomètres restants jusqu’à Bria. Par route, cette distance est difficilement praticable dans des délais raisonnables pour des blessés dans un état aussi critique, d’où le recours à l’avion.
Ce sont encore les organisations humanitaires internationales qui pallient l’absence totale de réponse de l’État. Si MSF n’était pas là, ces deux jeunes auraient très probablement perdu la vie, faute de soins accessibles dans les délais nécessaires. L’État centrafricain, lui, reste muet, absent, sans le moindre geste en direction des victimes de ses propres soldats.
Atelier national de plaidoyer à Bangui, les 4 et 5 mars 2026 : la République centrafricaine appelle à des réparations durables pour les femmes meurtries par les conflits
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/photo-de-famille-lors-de-la-cloture-de-l-atelier.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/photo-de-famille-lors-de-la-cloture-de-l-atelier.webp” alt=”Atelier national de plaidoyer à Bangui, les 4 et 5 mars 2026 : la République centrafricaine appelle à des réparations durables pour les femmes meurtries par les conflits” width=”400″ height=”224″ />Photo de famille lors de la clôture de l’atelier. Photo CNC
Les 4 et 5 mars 2026, dans la salle de conférence de l’hôtel Ledger Plaza de Bangui, le Global Survivors Fund a réuni des survivantes de violences sexuelles liées aux conflits, des membres du gouvernement et des représentants d’organisations internationales pour un atelier national de plaidoyer autour d’une question centrale : comment transformer une expérience pilote en un programme national de réparation pérenne en République centrafricaine.
Tout est parti d’un projet lancé en février 2023 à Dékoa, une ville de la préfecture de Kémo, marquée par les blessures du conflit. Ce projet de mesures réparatrices intérimaires, mis en œuvre avec plusieurs organisations dont la Fondation Dr Denis Mukwege et Women Act for Living Together, a accompagné 277 survivant.es, dont 17 hommes, à travers des soins médicaux, un suivi psychosocial, un appui pour l’obtention de papiers d’identité, et un programme de réinsertion économique.
Mme Josiane-Lina BEMAKA-SOUI, ministre de l’Action Humanitaire, de la Réconciliation et de la Solidarité Nationale lors de son interview
C’est cette expérience de terrain que la ministre de l’Action Humanitaire, de la Réconciliation et de la Solidarité Nationale, Mme Josiane-Lina Bemaka-Soui, a tenu à saluer lors de son discours d’ouverture. Elle a rappelé que le retrait du financement du Global Survivors Fund ne marquait pas la fin d’un engagement, mais ouvrait plutôt une responsabilité historique pour l’État centrafricain : celle de reprendre le flambeau et de bâtir un mécanisme national structuré, ancré dans la souveraineté du pays.
La ministre a notamment insisté sur les enseignements tirés du projet de Dékoa, qu’elle avait personnellement visité quelques jours plus tôt pour la cérémonie de clôture. Elle a énuméré ce que cette expérience avait révélé d’indispensable : une approche qui place les survivantes au cœur de chaque décision, une coordination solide entre institutions, et une reconnaissance officielle des préjudices subis comme acte à la fois symbolique et réparateur.
Lors de son interview en marge de l’atelier, la ministre a tenu à préciser que l’objectif n’était pas de maintenir des aides ponctuelles, mais de pérenniser et répliquer le modèle dans d’autres régions touchées, comme Berberati, Bambari et d’autres villes centrafricaines. Elle a aussi rappelé qu’elle est le point focal du comité stratégique de lutte contre les violences sexuelles en période de conflit armé, mis en place par la présidence.
De son côté, Maya Shah, Directrice des Opérations du Global Survivors Fund, a mis en avant la méthode qui a fait la particularité de ce projet : la co-création avec les survivantes elles-mêmes. Selon elle, c’est précisément cette manière de travailler, en plaçant les survivant.es au centre de toutes les décisions et stratégies, qui a produit des changements profonds et durables dans leur vie. Elle a exprimé l’espoir que ces acquis méthodologiques puissent désormais être portés à l’échelle nationale par le gouvernement centrafricain.
Les débats de l’atelier ont également abordé la question des réparations dites transformatrices, celles qui ne se contentent pas de réparer un tort individuel, mais qui cherchent à corriger les déséquilibres structurels qui ont rendu possibles ces violences. La cohésion sociale, la prévention des conflits et la mémoire collective sont apparues comme des piliers incontournables de cette réflexion.
La question du financement durable est pourtant restée en suspens tout au long des échanges, comme un nœud difficile à dénouer. Construire un mécanisme national de réparation crédible suppose de trouver des ressources prévisibles à court, moyen et long terme, sans dépendre de la seule générosité des bailleurs extérieurs. Un appel a donc été lancé aux partenaires financiers pour qu’ils s’engagent dans la continuité de ce qui a été amorcé à Dékoa, afin que les femmes des autres préfectures du pays ne restent pas sans réponse.
LA SÉCURISATION DU PAYS PAR LE DROIT, UN REMPART INSTITUTIONNEL CONTRE TOUTE PRISE D’OTAGE DE L’ÉTAT PAR LES MERCENAIRES DE WAGNER….
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-mercenaires-russes-de-la-milice-wagner-en-operation-a-mboki-dans-le-haut-mbomou.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-mercenaires-russes-de-la-milice-wagner-en-operation-a-mboki-dans-le-haut-mbomou.webp” alt=”CENTRAFRIQUE : LA SÉCURISATION DU PAYS PAR LE DROIT, UN REMPART INSTITUTIONNEL CONTRE TOUTE PRISE D’OTAGE DE L’ÉTAT PAR LES MERCENAIRES DE WAGNER….” width=”400″ height=”228″ />Les mercenaires russes de la milice Wagner en opération à Mboki, dans le Haut-Mbomou
Au lendemain des indépendances massives des États africains dans les années avoisinant 1960, la République centrafricaine à l’instar des autres nations aspire à savourer et à jouir pleinement de ses attributs de souveraineté.
Ainsi dans le cadre de cette analyse, la notion de souveraineté d’un État qui est le fondement de toute démocratie s’entend par l’autogouvernance, l’autonomie, la liberté d’organisation interne et le strict respect du principe de “non-ingérence”.
Cela sous-entend que l’État souverain élabore librement son architecture juridique et gère à sa guise leur affaire intérieure en adaptant les décisions aux réalités socio-économiques et aux attentes de la population.
En droit international, la souveraineté est un droit indivisible c’est-à-dire qui ne peut être délégué ou partagé par un quelconque État.
Mais la crise politico-militaire de de 2013 a laissé de stigmates et depuis le retour à l’ordre constitutionnel, les nouvelles autorités établies ont de la peine à restaurer le volet sécuritaire.
En conséquence de ce qui précède et en plus des forces onusiennes, des partenariats militaires se multiplient dont celui des mercenaires du groupe Wagner conclu dans des conditions opaques sans l’aval des institutions républicaines prescrites par la loi fondamentale.
Il est évident que face aux défis sécuritaires d’antan, le recours aux partenaires étrangers peut paraître légitime mais sollicité le service des mercenaires alors que la convention des nations unies du 04 décembre 1989 interdit leur recrutement pose problème.
Ainsi progressivement, cette nébuleuse des Wagners a absorbé la machine étatique centrafricaine.
La dépendance et la captation est ainsi complète au point de changer la constitution au gré de leurs orientations, d’imposer des lois de la cryptomonnaie, de la tokenisation et de faire de La République centrafricaine le meilleur laboratoire d’expérience hégémonique des Wagners en Afrique avec une cargaison de meurtres, viols, des exactions de tout genre même du droit de vie ou de mort.
La dernière sortie médiatique du conseiller russe à la présidence en matière de sécurité qui dicte les grandes orientations politiques pour le nouveau septennat en est une belle illustration.
Face à la sous-traitance totale de ses pouvoirs régaliens aux Wagners, la République centrafricaine est devenue un État failli car les éléments constitutifs d’un État ne sont plus réunis.
Partant de ce constat, le pouvoir de Bangui est bien passible de crime de haute trahison pour avoir trahi la confiance du peuple qui s’est exprimé par le suffrage universel car ils ont facilité leur implantation…la prédation à grande échelle.
Pire à comprendre est la complicité de la mission onusienne en Centrafrique qui coopère avec les mercenaires du groupe Wagners sur le terrain alors que non seulement leur recrutement est interdit par les conventions internationales mais classé “groupe terroriste” par les Nations Unies.
C’est ainsi que la problématique des Wagners a été au cœur d’une réflexion scientifique lors d’un colloque international inédit organisé à l’université de Paris 1 Pantheon la sorbonne sous la direction du professeur Jean François AKANDJI-KOMBÉ et coordonnateur général du Rassemblement Unitaire.
Ce colloque a enregistré un panel d’experts et praticiens de droit dont l’avocat Philippe LAROCHELLE qui ont ergoté sur la responsabilité des Wagners et de la possibilité de rendre justice aux victimes.
Ce colloque a également conclu que la préoccupation essentielle n’est plus exclusivement sécuritaire mais juridique et institutionnelle c’est-à-dire qu’on ne peut pas seulement sécuriser un pays par des partenariats militaires mais la consolidation de l’État peut passer par le respect des lois de la République, la séparation des pouvoirs pour garantir la souveraineté.
Fort de ce bradage de souveraineté unique en Afrique, le citoyen lambda s’interroge :
1- La sécurisation du pays par le droit peut-elle se révéler efficace pour garantir la souveraineté ?
2- La promotion du droit peut-elle empêcher l’accaparement du pouvoir par les mercenaires du groupe Wagner ?
3- Au regard de l’ancrage des Wagners en Centrafrique, peut-on restaurer la souveraineté par des procédés juridiques ?
En tout état de cause, il apparaît important de souligner qu’un État peut-être militairement ultra sécurisé mais politiquement instable car les standards de la démocratie ne sont respectés.
En attendant cette septième République des danseurs pour la consécration de l’illusion, de la chimère et de la satisfaction des calculs appetitaires, les habitants de Limassa et par extension tout le peuple centrafricain vous signale que forcer un mandat supplémentaire illégal n’est pas la solution idoine aux maux centrafricains car il n’est qu’une aggravation des causes du problème c’est-à-dire qu’il ne fait que prolonger un pouvoir mais ne résout pas la crise qui à la longue risque de vous éclabousser.
Nous rappelons in fine qu’il faut se méfier d’un peuple apeuré et meurtri dans son âme qui ne parle pas…
Attention Monsieur le Président, la peur corollaire de l’indifférence et de l’inaction du peuple vous donne l’impression que vos errements, vos mépris envers le peuple sont légitimes et légaux.
N’oubliez jamais à partir de ce jour Monsieur le Président qu’à l’instar des opérations “aux cailloux” de janvier et avril 1979 organisées par les élèves et étudiants, les centrafricains d’aujourd’hui sont classés dans la catégorie d’un peuple latent qui a le sacré devoir de parcourir les quatre étapes de l’allégorie de la caverne développée par le celebre philosophe grec Platon dans son livre “La République” rédigé au quatrième siècle.
Ainsi selon Platon, dans la première étape les centrafricains sont d’abord dans la caverne noire avec une représentation symbolique et métaphorique d’inconscience, de l’illusion, de la naïveté, de la souffrance, de la prison où ils se sentent bien…
La seconde étape de l’allégorie de la caverne de Platon est réservée au bouleversement des croyances antérieures en créant le doute né de la peur de l’inconnu caché derrière nouveau monde c’est-à-dire que les centrafricains peuvent concevoir les choses autrement que de rester dans leur état de souffrance d’où la nécessité de s’en sortir.
À la troisième étape, les centrafricains vont se rendre compte qu’ils sont enchaînés et qu’il faut développer les stratégies de lutte pacifique pour se libérer.
Enfin, viendra le moment de la libération où les souffrances des centrafricains prendront fin et que la justice sociale ainsi que les droits fondamentaux triompheront.
La métaphore de l’allégorie de la caverne de Platon montre l’ascension des centrafricains à la liberté sous le joug du pouvoir de Bangui et de ses alliés.
Quand les centrafricains vont se lever, aucune armée au monde ni même vos prédateurs du groupe Wagner ne pourront vous aider…
Ce sera l’apocalypse qui tournera une page sombre qualifiée de calamité politique de notre chère patrie.
Ce pays qui symbolise le sacrifice de vie et l’héritage du feu Président fondateur Barthélémy Boganda à connu de pires tyrans que vous mais qui ont fini leur mégalomanie dans la poubelle de l’histoire.
Au delà de votre insatiable soif de pouvoir, le sage du village disait que ce dernier n’était pas un patrimoine dynastique où on pouvait négocier par des manœuvres dolosives des mandats supplémentaires indéfiniment mais au contraire il s’agissait d’une responsabilité limitée dans le temps et qui pouvait être assumée en conformité au principe de continuité du service public par un autre centrafricain…
Alors n’attendez pas que le peuple dépositaire de la souveraineté se révolte pour comprendre que c’est le moment de partir.
Attention Monsieur le tyran, nous ne cessons de vous rappeler que nous avons le flair et l’aptitude de prévenir des différents dangers à travers nos diverses analyses géopolitiques et geostrategiques mais malheureusement nous ne savons pas jouer aux pompiers qui ont vocation à sauver des vies et des biens en cas d’incendies ou de sinistres de tout genre.
Au delà de tout, nous tenons à signaler qu’on ne récolte que ce qu’on a semé et qu’au final, les mêmes causes produisent toujours et toujours les mêmes effets…
Malheur à ceux où celles qui s’attendent paradoxalement à un résultat différent.
Mais attention, ne le dites à personne…
Si on vous demande même avec insistance ne dites surtout pas que c’est moi depuis Limassa.
Affaire Sayo : pourquoi l’ex-détenu Maxime Balalou tente de couvrir l’enlèvement de l’ancien ministre Armel Sayo par Wagner ?
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/le-clepto-mythomane-maxime-balalou-lors-de-sa-conference-de-presse-hebdomadaire-du-lundi-26-janvier-2026.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/le-clepto-mythomane-maxime-balalou-lors-de-sa-conference-de-presse-hebdomadaire-du-lundi-26-janvier-2026.webp” alt=”Maxime Balalou vs Podolski : quand le gouvernement se contredit sur les « alliés » russes” width=”500″ height=”281″ />Le clepto-mythomane Maxime Balalou, lors de sa conférence de presse hebdomadaire du lundi 26 janvier 2026
En tentant de justifier l’extraction illégale d’Armel Sayo de la prison du camp de Roux, le ministre Maxime Balalou s’enfonce dans des contradictions qui confirment une manipulation organisée du système judiciaire par les mercenaires russes d’Afrika Corps. Pendant ce temps, l’ancien ministre reste aux mains de ces mêmes mercenaires, sans que la justice centrafricaine ne lève le petit doigt.
Le 4 août 2025, lors de sa conférence de presse hebdomadaire à Bangui, Balalou a affirmé qu’Armel Sayo, extradé du Cameroun et détenu au camp de Roux, aurait fomenté un vaste complot depuis sa cellule. Cette déclaration, présentée comme une réponse aux questions sur la disparition de plusieurs semaines de l’ancien ministre, n’a convaincu ni les journalistes présents ni les observateurs. Elle a au contraire relancé les accusations d’enlèvement organisé par les plus hautes autorités, dans le seul objectif de remettre l’ancien ministre aux mercenaires russes.
À aucun moment Balalou ne présente une preuve tangible. Il se contente de termes vagues : « documents saisis », « vaste complot », « action combinée », pour tenter de justifier une opération d’extraction nocturne menée par des paramilitaires russes avec le soutien du conseiller spécial du président, Cédric Gbaka. Or, cette opération n’avait rien de légal : l’extraction de Sayo avait été précédée d’un ordre improvisé, rédigé à la hâte par un substitut du procureur sous pression directe du ministre conseiller de Touadéra, probablement du Président de la République lui-même.
Cette affaire prend un tour encore plus grave lorsque l’on sait que la fouille de la cellule avait été menée par le ministre conseiller en personne, accompagné de paramilitaires russes, en violation de toutes les procédures carcérales. Le juge d’instruction en charge du dossier n’avait pas ordonné cette perquisition. Aucun procès-verbal n’a été rendu public. Et surtout, aucune commission judiciaire n’a été saisie pour enquêter sur cette prétendue tentative de coup d’État.
Pendant que le gouvernement évoquait des « plans d’attaque de la capitale Bangui », les témoins parlaient d’un scénario monté de toutes pièces pour livrer Sayo à Wagner. Dans la nuit du 7 au 8 juillet 2025, il avait été enlevé au sein même de l’OCRB par un groupe de mercenaires, avant d’être mystérieusement ramené plusieurs semaines plus tard sous la pression diplomatique de Yaoundé, de l’ambassade de France, du CICR et d’autres partenaires internationaux. Ces acteurs avaient exigé des preuves de vie et dénoncé l’exfiltration extrajudiciaire. Ce retour avait alors été présenté par le gouvernement comme un retour à la normale. C’était un mensonge.
Car fin juillet, Sayo n’a été présenté qu’une seule fois, brièvement, devant un juge. Depuis lors, plus rien. L’ancien ministre est toujours aux mains des mercenaires russes, retenu dans une structure carcérale privée qui échappe à tout contrôle judiciaire centrafricain, sans accès à un avocat, sans visite consulaire, sans la moindre procédure transparente. Ce que Balalou appelle la justice, c’est une mise en scène ponctuée de faux-semblants, organisée pour calmer les partenaires étrangers le temps que la pression retombe.
Pour habiller cette séquestration prolongée, Wagner a désormais recours à l’intelligence artificielle. Leurs équipes ont fabriqué une vidéo dans laquelle la voix d’Armel Sayo est clonée pour lui faire prononcer des déclarations qu’il n’a jamais tenues. Le texte, rédigé par IA, lui fait affirmer que la France et l’opposition politique seraient derrière lui. Le résultat est diffusé comme s’il s’agissait d’un véritable témoignage de l’ancien ministre. C’est une falsification grossière, une technique de guerre de l’information que Wagner a déjà rodée au Mali et au Burkina Faso, et qu’ils importent maintenant en Centrafrique pour tromper les Centrafricains.
Balalou ne dit mot sur cette vidéo fabriquée. Lui qui parle de démocratie et d’État de droit ne demande aucune enquête, n’exige aucune vérification, ne condamne pas la manipulation. C’est que ce silence lui convient. L’ancien détenu, devenu porte-parole d’un régime sous tutelle étrangère, sait exactement ce qu’il couvre. Accuser Me Nicolas Tiangaye d’être « aux antipodes de la démocratie » pour avoir posé des questions, qualifier les journalistes de « manipulateurs », c’est la posture d’un homme qui n’a pas de faits à opposer et qui le sait.
L’argument selon lequel Sayo serait coupable parce qu’il aurait reconnu ses fautes est tout aussi creux. Balalou déclarait : « Il reconnaît le tort qu’il a commis à notre pays. » Mais dans quelles conditions ces aveux ont-ils été obtenus ? Après un enlèvement illégal, des semaines de disparition entre les mains de mercenaires, et désormais une fabrication vocale par intelligence artificielle, quelle valeur juridique et morale accorder à de tels propos ?
Plutôt que de faire preuve de transparence, le porte-parole multiplie les contradictions. Il parle de justice indépendante tout en admettant que l’enquête est pilotée par le gouvernement. Il invoque la présomption d’innocence tout en traitant Sayo de criminel. Il se dit attaché aux droits humains tout en justifiant une opération conduite de nuit par des hommes armés sans cadre légal, et en couvrant la détention clandestine prolongée qui s’ensuit.
Dans un pays qui serait réellement un État de droit, aucune extraction n’aurait eu lieu sans décision judiciaire. Aucun détenu ne disparaîtrait entre les mains d’une milice étrangère pendant des semaines, pour n’être présenté à la justice qu’une seule fois, le temps d’une apparition, avant de replonger dans le néant carcéral de Wagner. Et aucune vidéo fabriquée par intelligence artificielle ne circulerait librement pour faire dire à un prisonnier ce que ses geôliers veulent lui faire dire. Balalou le sait. Il préfère parler d’État de droit plutôt que d’expliquer pourquoi une milice étrangère détient un Centrafricain dans sa propre prison privée, sur le sol national, avec la bénédiction muette de Bangui. Ce n’est pas de la gouvernance. C’est de la colonisation.
Axe Bangui-Mbaïki : deux braqueurs tués par la foule après une attaque armée à Gbokila
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/en-operation-un-policier-centrafricain-photo-cnc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/en-operation-un-policier-centrafricain-photo-cnc.jpg” alt=”Axe Bangui-Mbaïki : deux braqueurs tués par la foule après une attaque armée à Gbokila” width=”300″ height=”219″ />Image d’illustration
Dans la nuit du 4 au 5 mars 2026, le secteur ADECAF du quartier Gbokila, sur l’axe Bangui-Mbaïki, traverse à nouveau un problème sécuritaire. Une tentative de braquage qui a mal tourné pour ses auteurs.
En effet, trois individus mal intentionnés, munis d’arme de guerre AK47, sont venus discrètement pour voler des cabris des villageois sous le voile de la nuit. Malheureusement pour eux, les propriétaires de ces cabris les ont surpris et crient au voleur. Les voisins, loin de céder à la peur, ont réagi avec une vigueur inattendue et réussi à ceinturer deux des trois agresseurs sur place.
Le troisième complice, lui, portait une kalachnikov. Coincé par la réaction des habitants, il a tiré des coups de feu pour ouvrir son propre chemin vers la sortie, disparaissant dans l’obscurité sans laisser de trace immédiate.
Les deux malfrats capturés, eux, n’ont pas eu cette chance. La foule, animée d’une colère longtemps contenue contre l’insécurité persistante dans le village, les a roués de coups. Tous deux ont rendu l’âme sur les lieux mêmes de leur forfait.
Le fugitif armé court toujours. Les autorités locales n’ont pas encore communiqué sur d’éventuelles opérations de recherche engagées dans le secteur…
À Bangui, la capitale centrafricaine, le feu ne rencontre plus aucune résistance de l’État, laissant les habitants seuls face aux flammes.
Ce vendredi 6 mars 2026, un incendie d’une ampleur redoutable a éclaté sur l’avenue des Martyrs, en plein cœur de Bangui, juste en face de l’église apostolique Le Chandelier. Plusieurs boutiques, garages, magasins et débits de boisson ont été engloutis par les flammes en un temps très court. Les dégâts matériels sont considérables et pourraient s’élever à plusieurs centaines de millions de francs CFA, selon les premières estimations des riverains présents sur place.
Ce qui rend la situation encore plus accablante, c’est l’absence totale d’intervention des sapeurs-pompiers. Plus d’une heure après le déclenchement du sinistre, aucun véhicule de secours ne s’est pointé sur les lieux. Sollicités par téléphone, les agents ont répondu qu’ils manquaient de carburant, que leurs engins étaient en panne, que les conditions n’étaient pas réunies pour intervenir. Une réponse devenue si habituelle qu’elle ne choque plus personne à Bangui.
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/l-incendie-geant-survenu-dans-un-garage-sur-l-avenue-des-martyrs-en-face-de-l-eglise-apostolique-chandelier-a-bangui.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/l-incendie-geant-survenu-dans-un-garage-sur-l-avenue-des-martyrs-en-face-de-l-eglise-apostolique-chandelier-a-bangui.webp” alt=”Bangui sans pompiers : un incendie ravage des commerces en plein cœur de la capitale…. ” width=”400″ height=”412″ />L’incendie géant survenu dans un garage sur l’avenue des Martyrs en face de l’église apostolique chandelier à Bangui
Face à l’inertie totale des services publics, c’est la population elle-même qui a tenté d’étouffer l’incendie avec les moyens du bord. Des seaux, des récipients remplis à la hâte, des chaînes humaines improvisées — tout cela pour contenir un brasier que des professionnels auraient pu maîtriser bien plus vite. Seule la Minusca, la mission onusienne déployée dans le pays, dispose encore d’un service de pompiers opérationnel, mais son périmètre d’action ne couvre pas les urgences civiles ordinaires.
La scène a été captée par des dizaines de téléphones et les vidéos ont rapidement inondé les réseaux sociaux, provoquant colère et amertume dans les commentaires. Beaucoup de Banguissois ont détourné les paroles de la chanson de la campagne présidentielle du dictateur de Bangui pour exprimer leur désarroi : là où la chanson dit Koua goué ti lo goué ngoo, que le travail va poursuivre, les habitants disent, eux, qu’on va tous mourir. Une manière sombre et populaire de dire que rien ne change, que personne ne viendra.
Un court-circuit survenu dans l’un des garages touchés serait, selon les témoins oculaires, à l’origine du départ de feu. Aucune perte en vie humaine n’a été rapportée pour l’instant, mais la menace demeure réelle tant que les conditions restent identiques. Car à Bangui, après les inondations qui ont transformé les rues en bourbiers et les ordures qui s’accumulent à chaque carrefour, c’est désormais le feu qui s’installe comme un visiteur que personne ne peut chasser.
Félix Moloua salue la « victoire éclatante » du dictateur Touadéra après le coup d’État électoral
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Le-Premier-ministre-centrafricain-Felix-Moloua-devant-les-elus-de-la-Nation-ce-24-aout-2022.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/11/Le-Premier-ministre-centrafricain-Felix-Moloua-devant-les-elus-de-la-Nation-ce-24-aout-2022.jpg” alt=”Félix Moloua salue la « victoire éclatante » du dictateur Touadéra après le coup d’État électoral” width=”300″ height=”199″ />Le Premier ministre centrafricain, Félix Moloua devant les élus de la Nation, ce 24 août 2022. CopyrightprimatureRCA
Le Premier ministre Félix Moloua a choisi la flatterie plutôt que la lucidité lors du conseil des ministres du 23 janvier dernier, louant un scrutin que la quasi-totalité des Centrafricains rejettent comme un hold-up démocratique.
Au lendemain de la validation par le Conseil constitutionnel du coup d’État électoral de Faustin Archange Touadéra, Félix Moloua a livré un message de félicitations qui a révolté le pays. Le 23 janvier, devant les ministres réunis lors du premier conseil des ministres après la validation du coup d’État électoral, le chef du gouvernement a osé parler de « confiance incontestable » en brandissant les chiffres du scrutin : 77,9% de suffrages et 64,42% de participation.
Ces statistiques présentées comme preuves de légitimité ne trompent personne dans un pays qui a vécu ce hold-up en direct. Moloua affirme pourtant sans rougir que « la tenue périodique des élections depuis le retour à la légalité constitutionnelle en 2016 témoigne de la dynamique de notre modèle de démocratie et d’une vitalité institutionnelle inédite ».
Cette déclaration relève du mensonge d’État assumé. La Centrafrique a d’abord subi un coup d’État constitutionnel lorsque Touadéra a manipulé la loi fondamentale pour s’offrir un troisième mandat. Le scrutin du 28 décembre 2025 n’était que le prolongement logique de cette confiscation du pouvoir.
Le Premier ministre pousse le cynisme plus loin en évoquant des « pages nouvelles de la République » qui « pulvérisent des préjugés ». Les seules pages écrites sont celles d’un basculement définitif vers la dictature. Moloua ajoute que ces pages « pulvérisent des préjugés et des perceptions incitées par le pisme d’une époque révolue aux grandes âmes des obédiences politiques et géopolitiques réputées réfractaires aux idéaux de la démocratie ».
Derrière ce jargon incompréhensible se cache une tentative pathétique de légitimer l’illégitime. Le chef du gouvernement prétend ensuite que « sous le leadership éclairé du président, notre pays a transcendé des limites jadis supposées immuables pour partager au monde une expérience unique en matière de résilience ».
La réalité centrafricaine dément chaque mot de cette assertion. Le pays reste fragmenté, des pans entiers du territoire échappent au contrôle de Bangui qui a vendu cela au groupe Wagner, et la population survit dans des conditions déplorables. L’expérience unique partagée au monde est celle d’un régime qui s’accroche au pouvoir en piétinant toutes les règles démocratiques.
Puis arrive le moment le plus choquant du discours quand Moloua qualifie le bilan de Touadéra d’« inattaquable ». Le Premier ministre énumère : « l’autorité de l’État restaurée, l’administration redéployée, deux embargos levés, l’armée et la police remises sur une pente ascendante, les services sociaux et les infrastructures relevés de manière spectaculaire ». Un véritable voyou ce type.
Chacune de ces prétendues réussites s’écroule au contact de la réalité. L’autorité étatique reste théorique dans des régions entières où Bangui ne contrôle rien du tout, laissant place au groupe Wagner qui fait sa loi. L’administration redéployée fonctionne au ralenti, paralysée par le népotisme et les pénuries chroniques.
Les deux embargos levés n’ont rien changé au quotidien des Centrafricains qui manquent toujours d’eau, d’électricité et de soins de santé. Les infrastructures spectaculaires vantées par le gouvernement demeurent invisibles, si ce n’est que dans son propre rêve.
Le chef du gouvernement mentionne également « les salaires payés à terme échus grâce à des réformes financières courageuses ». Cette affirmation fait sourire amèrement les fonctionnaires qui connaissent la réalité quotidienne de leur travail et les montants dérisoires qui les obligent à chercher d’autres sources de revenus pour nourrir leurs familles.
Moloua ne s’arrête pas là et affirme que « l’éclatante victoire du président plébiscite la stature d’un grand homme d’État, certifie sa grandeur d’âme, approuve sa vision à long terme ». Grand homme d’État, celui qui manipule la Constitution pour se maintenir indéfiniment au pouvoir ?
La grandeur d’âme supposerait peut-être d’accepter l’alternance démocratique plutôt que de faire valider par des juges acquis un scrutin truqué. Le Premier ministre conclut son message en formulant « des vœux de plein succès pour le septennat qui s’annonce en faveur d’une Centrafrique émergente et prospère sous le magistère du président et par la grâce toute suffisante de Dieu ».
Invoquer Dieu pour bénir un coup d’État électoral constitue le sommet de l’hypocrisie. La Centrafrique n’avance pas vers l’émergence promise depuis des années mais s’enfonce chaque jour davantage dans l’autoritarisme et le clientélisme d’État.
Ce premier conseil des ministres après la validation du hold-up électoral par le Conseil constitutionnel le 19 janvier dernier révèle la vraie nature du régime. Pendant que Moloua et ses ministres se congratulent, les Centrafricains continuent de survivre dans la misère et l’incertitude.
Les jeunes dont le Premier ministre vante le « génie créateur » et « la capacité à opérer des ruptures novatrices » ne trouvent pas d’emplois et beaucoup choisissent l’exil. Le discours officiel parle d’« intelligence collective » alors que le régime étouffe toute initiative ne venant pas de lui.
Les « trajectoires d’émergence et de progrès durables » promises restent des formules creuses répétées depuis des années sans jamais se concrétiser. Le fossé entre les mots prononcés au sommet et l’expérience vécue par les gens ordinaires n’a jamais été aussi profond et continue de se creuser
Lomé : Le Réseau des Journalistes du ROGEAP renforce la visibilité de l’énergie hors réseau
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-reseau-des-journalistes-du-rogeap-renforce-la-visibilite-de-l-energie-hors-reseau.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-reseau-des-journalistes-du-rogeap-renforce-la-visibilite-de-l-energie-hors-reseau.webp” alt=”Lomé : Le Réseau des Journalistes du ROGEAP renforce la visibilité de l’énergie hors réseau” width=”400″ height=”300″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-reseau-des-journalistes-du-rogeap-renforce-la-visibilite-de-l-energie-hors-reseau.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-reseau-des-journalistes-du-rogeap-renforce-la-visibilite-de-l-energie-hors-reseau-80×60.webp 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/le-reseau-des-journalistes-du-rogeap-renforce-la-visibilite-de-l-energie-hors-reseau-265×198.webp 265w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />Le Réseau des Journalistes du ROGEAP renforce la visibilité de l’énergie hors réseau
Ce jeudi 5 mars 2026, l’hôtel Sarakawa à Lomé au Togo a vibré au rythme du lancement d’un nouvel atelier régional de sensibilisation et d’information sur le projet ROGEAP (Projet Régional d’Électrification Hors Réseau).
Une rencontre stratégique qui voit la participation active des journalistes experts du réseau, notamment Christian NDOTAH et META, actuellement sur le terrain pour porter la voix de l’électrification durable.
Une mobilisation de haut niveau pour l’accès à l’énergie
La cérémonie officielle d’ouverture a été marquée par une série d’interventions de premier plan, soulignant l’importance capitale du projet pour la région. Le Coordonnateur du Projet, M. El hadj SYLLA, a ouvert le bal, suivi de M. Credo TETTEH, vice-Président du réseau des journalistes.
La présence diplomatique et institutionnelle a également été forte avec les allocutions de Mme l’Ambassadeur Emily Gray DEWEH, Représentante Résidente de la CEDEAO, et de M. TCHAPO A Singo, Directeur Général de l’Énergie, représentant le ministre de tutelle.
Un engagement de longue date : Rappel du rapport de mission 2024
Cette participation de Christian NDOTAH n’est pas une première. En tant que membre actif du Réseau des Journalistes du ROGEAP, il avait déjà pris part au 2ème atelier régional tenu du 13 au 14 mars 2024, également à l’Hôtel Sarakawa de Lomé.
À l’issue de cette mission de 2024, il avait produit un rapport exhaustif mettant en avant plusieurs points clés :
Objectifs de l’époque : L’atelier visait déjà à mettre à jour les connaissances des points focaux sur les activités du projet depuis son démarrage en mars 2022.
Actions concrètes : Christian NDOTAH avait assuré une couverture médiatique rigoureuse, incluant la diffusion de reportages sur les ondes de Radio Centrafrique les 14 et 15 mars 2024.
Focus PME : Il avait réalisé une interview stratégique avec M. Niyibizi MBANZABIGWI, chef d’équipe du Project Fund Manager (PFM), pour souligner les opportunités de financement pour les PME nationales.
Stratégie régionale : Le rapport mentionnait la mise en place d’un plan d’intervention pour accroître la visibilité du ROGEAP dans les 19 États membres, incluant les pays hors CEDEAO comme la RCA, le Tchad, le Cameroun et la Mauritanie.
Qu’est-ce que le ROGEAP ?
Pour rappel, le ROGEAP est une initiative d’envergure mise en œuvre par la Commission de la CEDEAO et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD).
Objectif : Accroître l’accès aux services d’électricité durable pour les ménages, les entreprises et les infrastructures publiques de santé et d’éducation.
Enjeu social : Environ 208 millions d’habitants en Afrique de l’Ouest et au Sahel n’ont pas accès à l’électricité, dont 70% en zone rurale.
Financement : Le projet dispose d’une enveloppe de 338,7 millions USD, financée par la Banque mondiale, le Fonds de Technologie Propre (CTF) et la Coopération néerlandaise (DGIS).
Grâce à cette continuité entre les actions de 2024 et l’atelier de 2026, les journalistes du réseau s’assurent que les populations et le secteur privé restent au cœur de la transition énergétique régionale.
Centrafrique : la ville de Boda paralysée par un manque cruel d’eau potable
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/ville-de-boda-dans-la-lobaye-Centrafrique.jpg” data-wpel-link=”internal”>Dans un quartier de la ville de Boda, chef-lieu de la sous-préfecture de la Lobaye. Photo CNC
Aimé Barthélémy Pilapédé, maire de Boda, a abordé lors d’une interview accordée à la radio Ndèkè -Luka la grave pénurie d’eau potable qui frappe sa ville et provoque des maladies diarrhéiques. Ses déclarations confirment une situation sanitaire inquiétante sans solution à court terme.
Interrogé sur le problème d’accès à l’eau potable, le maire répond : “Vous savez que la population s’accroît de jour en jour. Donc notre nombre continue d’accroître. Nous avons des besoins en eau, donc nous lançons un appel aux ONG qui peuvent nous aider de venir vraiment aider la population de Boda parce qu’il y a tellement de besoins”.
Cette réponse commence par constater l’évidence, la population augmente, avant de conclure par un appel aux ONG. Entre les deux, aucune mention d’actions concrètes entreprises par la mairie pour résoudre le problème.
Le maire explique l’augmentation démographique : “Surtout après ces événements, nous avons reçu la présence de beaucoup de gens qui ont fui les conflits et qui se sont résidés à Boda. Donc notre nombre continue d’accroître”.
L’afflux de personnes déplacées fuyant les violences dans d’autres régions a effectivement augmenté la pression sur les ressources hydriques limitées de Boda. Mais cette explication ne change rien au problème : les habitants n’ont pas accès à l’eau potable et tombent malades.
Sur les actions menées par la mairie, la réponse est éclairante : “Nous, on continue d’éclairer, on continue de plaider au gouvernement et aux ONG. C’est ce que nous avons à faire”.
“Éclairer” la population et “plaider” auprès du gouvernement et des ONG – voilà l’étendue de l’action municipale face à une crise sanitaire qui provoque des maladies diarrhéiques. Aucune mention de forages en cours, de réhabilitation de puits existants, de distribution d’eau en urgence, de kits de purification.
Cette impuissance avouée du maire témoigne de la situation réelle des communes centrafricaines : des structures administratives sans moyens, qui se contentent de lancer des appels à l’aide en attendant que quelqu’un vienne résoudre les problèmes.
La pénurie d’eau potable à Boda n’est pas une catastrophe naturelle soudaine. C’est le résultat d’années de négligence des infrastructures hydrauliques, d’absence d’investissement dans les forages et les systèmes de distribution, et d’incapacité à maintenir les équipements existants.
Les maladies diarrhéiques mentionnées par le maire constituent une conséquence directe de la consommation d’eau non potable. Ces maladies touchent particulièrement les enfants et peuvent être mortelles sans traitement approprié. Dans une ville où l’hôpital manque probablement de médicaments, cette situation sanitaire devient rapidement dramatique.
L’augmentation démographique due aux déplacements de populations aggrave un problème préexistant. Boda manquait déjà d’eau potable avant l’arrivée des personnes déplacées. Leur présence a simplement rendu la situation plus visible et plus urgente.
Le maire ne mentionne aucune infrastructure hydraulique fonctionnelle à Boda. Cette absence suggère que la ville dépend probablement de puits traditionnels souvent contaminés, de sources naturelles éloignées, ou de rivières dont l’eau nécessite un traitement avant consommation.
L’appel répété aux ONG témoigne de la dépendance totale de Boda à l’aide extérieure. La mairie ne peut rien faire seule et attend passivement qu’une organisation humanitaire vienne installer des forages ou des systèmes de purification.
Cette passivité des autorités locales face à un problème sanitaire urgent pose des questions. Au-delà des appels lancés, qu’est-ce que la mairie fait concrètement au quotidien ? Existe-t-il un plan d’urgence ? Des distributions d’eau organisées ? Des points de traitement temporaires ?
Les réponses du maire suggèrent que non. La commune se contente de constater le problème et de demander de l’aide sans développer de solutions locales même temporaires.
Cette situation de Boda se répète dans des dizaines d’autres villes centrafricaines où l’accès à l’eau potable reste un défi majeur. Pendant que le gouvernement annonce des projets de cités futuristes, des populations entières n’ont pas accès à l’eau potable et tombent malades à cause de l’eau contaminée qu’elles sont contraintes de boire.
Les maladies diarrhéiques causées par le manque d’eau potable tuent probablement plus de Centrafricains chaque année que tous les conflits armés réunis. Mais cette mortalité silencieuse n’intéresse personne à Bangui où les priorités budgétaires vont ailleurs.
Les habitants de Boda continueront donc de boire de l’eau contaminée en attendant qu’une ONG vienne peut-être installer quelques forages. Le maire continuera de “plaider” et d’“éclairer” sans rien faire de concret. Et les maladies diarrhéiques continueront de frapper, particulièrement les plus vulnérables.
Qui est Sani Yalo dit “Bélébélé”, et comment son réseau s’est imposé au sommet de l’État ? Troisième interview exclusive avec Moussa Gervais
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-parrain-des-parrains-mafieux-sani-yalo.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/le-parrain-des-parrains-mafieux-sani-yalo.webp” alt=”Le parrain des parrains mafieux Sani Yalo” width=”400″ height=”266″ />Le parrain des parrains mafieux Sani Yalo
Sani Yalo, connu sous le surnom de “Bélébélé”, a grandi dans l’environnement du PK5, derrière le bar ABC, dans une famille liée au commerce et à la mécanique. Son père, Mahamat Yalo, mécanicien et revendeur de pièces détachées, a longtemps travaillé dans ce secteur, tandis que sa mère, Maimouna Sani, est décrite comme une commerçante influente, active autour de l’état-major, et proche de François Bozizé. De l’école primaire de Gbaya Dombia au petit séminaire catholique de Bangassou, puis au lycée des Martyrs à Bangui où il s’arrête en classe de seconde, le parcours de Sani Yalo précède une trajectoire d’affaires et de réseaux qui le ramènera au cœur du pouvoir.
Pour la troisième fois, Moussa Gervais revient, en exclusivité, sur les étapes-clés de ce parcours, les alliances, et les affaires qui ont marqué son ascension.
À lire l’intégralité de l’interview ci-dessous.
CNC (Directeur de publication) : Bonjour Moussa Gervais. Merci d’être avec nous pour cette troisième interview.
Moussa Gervais : Bonjour Directeur de publication, bonjour aux lecteurs de CNC.
CNC : On repart du début, parce que c’est là que beaucoup de lecteurs veulent comprendre. Sani Yalo, c’est qui, et il vient d’où ?
Moussa Gervais : C’est un enfant de Bangui, né le 10 mars 1966. Il grandit dans l’environnement du PK5, derrière le bar ABC, dans un milieu de petits commerces et d’artisans. Son père, Mahamat Yalo, est connu comme mécanicien et revendeur de pièces. Sa mère, Maimouna Sani, est une commerçante, en lien avec l’état-major, et ce lien-là va compter parce qu’il ouvre des portes et crée des proximités.
CNC : Sur la famille, les lecteurs entendent beaucoup de choses. Qu’est-ce qui revient le plus dans son entourage ?
Moussa Gervais : Ce qui revient, c’est une famille structurée, avec plusieurs branches, et des connexions qui se construisent tôt. On parle d’un père arrivé avant l’indépendance, originaire du Tchad, qui a eu des enfants avec plusieurs femmes. On parle aussi d’une mère qui fréquente des espaces où se croisent militaires, commerçants, responsables. Dans un pays comme le nôtre, ce type d’ancrage familial, c’est déjà un réseau.
CNC : Et sur l’école ? Où il a étudié exactement ?
Moussa Gervais : Il commence au primaire dans le quartier Gbaya Dombia à Bangui. Ensuite, il passe par le petit séminaire catholique de Bangassou, ce qui surprend beaucoup de monde parce qu’il vient d’une famille musulmane. Puis il revient à Bangui et fréquente le lycée des Martyrs. Il s’arrête en classe de seconde. Et à partir de là, il entre dans la vie active.
CNC : Sa vie active commence comment ?
Moussa Gervais : Il fait du petit commerce, il devient boutiquier, il fait taxi, il touche aux pièces détachées. C’est aussi là qu’il devient “Bélébélé” dans les quartiers : quelqu’un que les gens voient, qui parle, qui négocie, qui sait se débrouiller et qui se fait connaître par ses affaires.
CNC : À quel moment il change de catégorie et approche le pouvoir ?
Moussa Gervais : Le basculement se fait avec les alliances. Il se rapproche d’un cercle lié au régime Kolingba, notamment par un mariage : il épouse la petite sœur de Jonathan Koué, neveu du président Kolingba et patron de Petroca. Ça, c’est une porte directe vers une structure stratégique, et surtout vers des relations financières et administratives.
CNC : Concrètement, ce mariage lui apporte quoi ?
Moussa Gervais : Il lui apporte un poste, une couverture, une légitimité dans certains milieux, et la possibilité d’accéder à des crédits et à des facilités. Dans un pays où l’économie est très relationnelle, ce type d’alliance change une vie. C’est une ascension par la proximité.
CNC : Après Kolingba, il y a l’affaire qui revient toujours : Zongo Oil. Pourquoi cette affaire colle à son nom ?
Moussa Gervais : Parce que c’est la première grosse affaire où son nom est cité comme acteur central dans un montage. Importations de carburant, société écran, revente avec marge, et surtout l’idée que l’opération ne sert pas seulement à faire de l’argent, mais aussi à nourrir des intérêts politiques. C’est à partir de là qu’il est vu comme un homme capable de financer, de payer, de graisser, et d’échapper aux conséquences pendant longtemps.
CNC : On dit aussi que cette affaire l’a opposé à Dologuélé, au point de créer une rancune durable.
Moussa Gervais : Oui, parce que lorsque Dologuélé expose publiquement la fraude, cela place Sani Yalo en situation de fuite, de saisies, de procédures. Dans ce genre de trajectoire, quelqu’un qui vous met à nu devient un ennemi durable. Et ensuite, on voit que cette rivalité revient par épisodes, directement ou indirectement.
CNC : Il est condamné plus tard, et pourtant il revient. Comment expliquer cette capacité à rebondir ?
Moussa Gervais : C’est le cœur du problème centrafricain : le système fonctionne par protection. Une condamnation ne suffit pas à faire tomber quelqu’un si, au même moment, ce quelqu’un est utile à un cercle de pouvoir, ou s’il peut racheter sa tranquillité par ses réseaux et son argent.
CNC : Après la chute de Bozizé et l’arrivée de la Séléka, on le voit changer de camp, puis revenir encore. Comment vous lisez cette séquence ?
Moussa Gervais : Je la lis comme une stratégie de survie. Beaucoup d’acteurs ont fait ça : s’adapter, se repositionner, profiter du chaos, puis se remettre au centre dès que le nouveau rapport de force se stabilise. Ceux qui n’ont pas ce réflexe disparaissent. Ceux qui l’ont restent.
CNC : Ensuite, il y a la présidentielle de 2016, que vous avez déjà évoquée dans nos précédents échanges. Pourquoi vous dites que c’est un tournant décisif ?
Moussa Gervais : Parce que là, Sani Yalo passe de l’influence informelle à l’influence institutionnelle. Il devient un intermédiaire, un homme de financement, puis il obtient une position dans un organisme clé du transport routier. Ce n’est pas symbolique : c’est un levier financier et un levier de contrôle.
CNC : Le BARC, c’est souvent cité, mais beaucoup ne savent pas ce que ça représente réellement.
Moussa Gervais : Le BARC, c’est un point névralgique. Le corridor Douala–Bangui, c’est la survie économique du pays. Celui qui contrôle la régulation, les flux, les autorisations, les circuits, contrôle des fortunes et des dépendances. Et quand vous contrôlez ça, vous contrôlez aussi une partie du silence, parce que beaucoup de gens ont peur de perdre leur activité.
CNC : On parle alors d’un réseau. Qui compose ce réseau, de manière générale ?
Moussa Gervais : Un réseau, ce n’est pas seulement des amis. C’est une mécanique : famille, proches, partenaires, comptables, relais administratifs, relais sécuritaires. Quand vous placez des gens à Beloko, à Douala, dans les postes qui touchent l’argent et les documents, vous tenez le circuit. Et quand vous tenez le circuit, vous tenez les hommes.
CNC : Son nom revient aussi dans des manœuvres politiques, des attaques contre des adversaires du régime.
Moussa Gervais : Oui. Parce qu’il n’est pas seulement dans l’économie. Il est dans l’action politique indirecte : financer, organiser, neutraliser. C’est une influence discrète, rarement assumée en public, mais réelle dans les rapports de force.
CNC : Dernière question. Si vous deviez dire aux lecteurs ce qu’il faut retenir de son parcours, ce serait quoi ?
Moussa Gervais : Qu’il n’est pas un accident. Sani Yalo est un produit du système centrafricain : un système où les alliances priment sur les institutions, où les secteurs stratégiques servent de caisse, et où la proximité avec le sommet protège plus que la loi.
CNC : Moussa Gervais, merci pour votre disponibilité.
Moussa Gervais : Merci à vous, Directeur de publication.
Propos recueillis par Alain Nzilo, directeur de publications
Koï, le ‘docteur en insulte’, révèle le vrai visage de Baïpo-Temon : Hémorragie des cerveaux et diplomatie en lambeaux !
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Le-fameux-et-sulfureux-Professeur-et-Dr-en-Sciences-po-Euloge-Doctrouve-Koi.jpeg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/09/Le-fameux-et-sulfureux-Professeur-et-Dr-en-Sciences-po-Euloge-Doctrouve-Koi.jpeg” alt=”Koï, le ‘docteur en insulte’, révèle le vrai visage de Baïpo-Temon : Hémorragie des cerveaux et diplomatie en lambeaux !” width=”300″ height=”240″ />Euloge Doctrouvé Koï
Euloge Doctrouvé Koï, alias le « docteur en insulte » du régime, balance tout : hémorragie des cerveaux au ministère des Affaires étrangères et diplomatie en ruines sous Baïpo-Temon. Le griot qui léchait le pouvoir expose le chaos qu’il a aidé à créer !
Dans son live Facebook, Euloge Doctrouvé Koï, ce même « griot insulteur public » qui a passé des années à encenser Faustin Archange Touadéra comme un sauveur divin, à insulter tous les opposants et à se poser en « sanctuaire de sécurité » du régime – lâche une tirade qui sent le désespoir et le retournement de veste. Aujourd’hui, il pointe du doigt le naufrage complet du département des Affaires étrangères sous Sylvie Baïpo-Temon, et les mots qu’il emploie sont sans pitié : « hémorragie des cerveaux », « diplomatie en péril », « institution qui s’effondre », « isolement international ».
Le cœur du réquisitoire ? Une fuite massive des compétences. Koï décrit des cadres expérimentés, des diplomates chevronnés qui ont consacré 10, 15 ans ou plus au service de l’État, préférant démissionner en cascade plutôt que de continuer à subir « l’inacceptable ». Pourquoi ? Parce que la ministre a créé un climat toxique où la méritocratie est morte, où l’espoir de carrière a disparu, où il n’y a plus de plan de carrière, plus de perspective. Les fonctionnaires sont « privés d’espoir », répète-t-il. Les élites du ministère partent parce qu’elles ne supportent plus le népotisme, l’arbitraire, les nominations de stagiaires ou de jeunes intégrés depuis quelques mois à des postes stratégiques pendant que les vrais pros sont relégués au placard.
Koï va plus loin : cette hémorragie n’est pas un accident, c’est le symptôme d’une « perte de confiance totale envers le sommet de la hiérarchie ». Les agents sont révoltés mais impuissants, humiliés, obligés de financer eux-mêmes le fonctionnement minimal du service (impressions, fournitures). Et quand ils restent, c’est pour assister au démontage méthodique de l’outil diplomatique national par celle qui devrait le protéger.
Le clou du spectacle : l’incident avec Air France, provoqué directement par les « sorties scabreuses » et les déclarations maladroites de Baïpo-Temon. Koï le qualifie d’« incident diplomatique majeur », d’« action unilatérale » qui a poussé un partenaire historique à claquer la porte, aggravant l’isolement du pays. Il parle d’« amateurisme » qui a franchi les murs du ministère, de « tensions inutiles » créées par l’humeur de la ministre, de liaisons stratégiques fragilisées. Résultat ? La RCA perd des connexions aériennes vitales, son image internationale se dégrade, et la diplomatie – censée être le « visage de la République », le « rempart de notre souveraineté », le « moteur de notre rayonnement » – est réduite à néant.
Ironie suprême : Koï, qui se dit « défenseur des intérêts de la République », qui répète qu’il est le « sanctuaire de sécurité » du régime, qui a passé son temps à lécher les bottes de Touadéra et à insulter quiconque critiquait le pouvoir, est celui qui expose aujourd’hui ce chaos. Il a contribué à créer ce monstre par sa propagande servile, par son silence complice pendant des années, et maintenant il joue les lanceurs d’alerte pour se repositionner ou par pur opportunisme. Il appelle à un audit, à un memorandum des agents, au rétablissement de la légalité… mais oublie de dire que c’est le même système qu’il a glorifié qui a permis à Baïpo-Temon de tout saccager.
Baïpo-Temon, de son côté, apparaît comme l’architecte du désastre : une ministre qui note 0,5/20 (selon Koï lui-même), qui crée un « règne de l’arbitraire », qui paralyse l’institution par incompétence et intérêts personnels. La diplomatie centrafricaine est en lambeaux, les cerveaux fuient, les partenaires s’éloignent, et le pays paie le prix de cette gestion catastrophique.
Koï le « docteur en insulte » a raison sur un point : c’est un signal d’alarme sans précédent. Mais qu’il assume : en mordant aujourd’hui la main qui l’a nourri, il révèle non seulement le vrai visage de Baïpo-Temon, mais aussi le sien – celui d’un opportuniste qui change de camp quand le vent tourne.
Corbeau News le répète : le régime se dévore de l’intérieur. Hémorragie des cerveaux, diplomatie en ruines, isolement croissant. Les Centrafricains méritent mieux que ces clowns qui sabotent leur pays tout en se disputant les miettes du pouvoir.
Dans le climat social actuel du pays, les témoignages de satisfaction de la part de la population civile vers le régime actuel des bras cassés se font rares. Pourtant, une courte séquence vidéo d’une dizaine de secondes, montée discrètement par le parti au pouvoir, le MCU, et relayée massivement sur les plateformes WhatsApp et Facebook, montre une femme exprimant sa gratitude envers le dictateur de Bangui, Faustin-Archange Touadera pour l’amélioration de ses conditions de vie professionnelles.
Sur la vidéo de propagande du MCU, cette citoyenne explique avec émotion qu’après avoir traversé une période de chômage et de souffrance, elle dispose désormais d’un emploi lui permettant de subvenir aux besoins de sa famille. Elle attribue ce changement directement à l’action du président Faustin-Archange Touadéra.
Toutefois, ce qui devait être un message de soutien politique s’est transformé en un véritable phénomène de foire numérique. En cause ? Une maîtrise de la langue de Molière qui semble avoir subi un court-circuit sévère. En déclarant qu’elle gagne désormais « quelques l’argent » pour « garder son foyer », la dame a involontairement ouvert les vannes d’un humour national sans pitié.
L’entrée triomphale de « Madame Tanzani »
Il n’en fallait pas plus pour que les internautes centrafricains, toujours prompts à débusquer le ridicule, lui trouvent un nom de scène. Puisque la syntaxe est malmenée avec une telle conviction, la parenté intellectuelle était évidente : elle est désormais surnommée « Tanzanie », l’épouse spirituelle (ou virtuelle) du célèbre Saint-Cyr Tanza, alias j’ai le copie dans ma bureau.
Rappelons que Monsieur Tanza, ancien candidat déclaré à la présidentielle de 2025, est déjà entré dans l’histoire pour son célèbre « J’ai le copie sur ma bureau » et sa confusion légendaire entre un conseil « constitutionnel » et « consultatif ». Voir cette dame s’exprimer avec le même mépris pour la grammaire a convaincu le public qu’ils ont sans doute partagé le même banc à l’école… ou qu’ils ont séché les mêmes cours de français au CI.
Le « couple » de l’année : Entre 15 millions de caution et « quelques l’argent »
Le contraste est saisissant et prête à rire. D’un côté, nous avons le « mari », Saint-Cyr Tanza, qui vit dans une modeste maison de location mais parvient miraculeusement à sortir 15 millions de FCFA de caution pour sa candidature, un miracle financier que beaucoup attribuent aux largesses du Palais de la Renaissance. De l’autre, sa « femme » de buzz, qui se réjouit de gagner « quelques l’argent ».
Les internautes s’amusent de cette union sacrée de l’incompétence :
Lui, il cherche son « copie » sur sa « bureau ».
Elle, elle cherche ses « quelques l’argent » pour son « foyer ».
À eux deux, ils forment l’équipe de choc du régime, capable de traumatiser n’importe quel dictionnaire de la langue française en moins de deux phrases.
Le rire comme arme politique
Au-delà de la moquerie facile, ce nouveau buzz souligne une réalité qui agace autant qu’elle amuse : le profil des soutiens que le régime Touadéra met en avant. Entre un candidat à la présidence qui se fait corriger ses lettres de motivation par des écoliers et des témoignages de gratitude truffés de perles linguistiques, l’image de la « rupture » promise en prend un coup.
Les Centrafricains, bourrés chaque jour par de propagande pathétique du régime, ont trouvé en « Tanzanie » et son « époux » une soupape de sécurité. Si l’économie ne décolle pas, l’humour, lui, est en pleine croissance. On conseille vivement à ce « couple » de ne pas ouvrir la bureau commun : on risquerait d’y perdre à la fois le copies, l’argent, et le Bescherelle.
Quand l’orgueil tombe : le pasteur Faki contraint de courber l’échine devant le diacre qu’il avait humilié à l’église baptiste Bataillon 2
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Le-Pasteur-controverse-Faki-Issene.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Le-Pasteur-controverse-Faki-Issene.jpg” alt=”L’église UFEB bataillon 2 est sur le point de s’exploser: Le Pasteur Faki menace, lors d’un conseil d’église, de balancer tout ses complices” width=”300″ height=”289″ />Le Pasteur controversé Faki Issene
À l’église Baptiste UFEB de Bataillon 2 de Bangui, un homme réputé pour son caractère intraitable vient de vivre ce que beaucoup attendaient en silence depuis longtemps : une reculade publique, lui qui ne recule jamais.
Pour rappelle, le samedi 21 février 2025, lors d’un conseil d’église, le pasteur Issène Faki Saïté avait pris à partie un diacre, ancien policier admis à la retraite, l’accusant de sorcellerie et de ténèbres devant toute l’assemblée des responsables. L’accrochage avait duré près d’une heure et demie, sans que personne n’ose intervenir. À la sortie du pasteur, le diacre, seul face au mutisme de ses pairs, avait prononcé une seule phrase avant de partir : je ne remettrais plus les pieds dans cette église.
Les jours qui ont suivi ont pris une tournure que peu imaginaient. Selon les informations recueillies par la rédaction de CNC, le diacre insulté par le pasteur Faki aurait rédigé une lettre circonstanciée retraçant son parcours depuis son arrivée à l’église de Bataillon, ses manœuvres, ses compromissions, ses ambitions cachées. Une copie de cette lettre a été transmise au conseil de l’église. Ce document a produit l’effet d’une déflagration de bombe dans les cercles habituellement discrets de la communauté de l’église baptiste.
C’est dans ce contexte que le pasteur Faki, celui-là même que ses proches décrivent comme un homme sans vergogne ni complexe, a fait une démarche que personne ne lui connaissait : il a cherché à demander pardon au diacre qu’il venait d’insulter publiquement.
Ainsi, le jeudi 26 février, il s’est rendu au domicile du diacre. Il n’a trouvé que l’épouse de ce dernier, qui lui a expliquer que ce genre de problème, née au sein de l’église, devait se régler dans l’église. Mais le pasteur, qui rentre comme un rat, ne se désarme pas.
Le lendemain, vendredi 27 février, il est revenu. Cette fois, le diacre était là à la maison. Le pasteur Faki lui a présenté ses excuses. Mais le diacre, sans refuser le pardon sur le plan personnel, a posé une condition : que le pasteur se présente devant le conseil de l’église, là où tout s’était passé, pour y formuler ses regrets devant les mêmes membres qui avaient assisté à la scène. Le pasteur est reparti sans répondre clairement.
Le samedi 28 février, jour prévu pour cette démarche devant le conseil, le pasteur Faki était introuvable. Il avait quitté Bangui pour son champ à PK 55, c’est-à-dire 55 kilomètres de la capitale sur la route de Damara.
Pour ceux qui le connaissent, ce repli n’a rien de nouveau : à chaque fois qu’il commet un dégât au sein de son église, il se replie dans sa ferme du PK55 pour des semaines, parfois des mois, laissant les choses se décanter loin de lui.
Pour nous, à la rédaction du CNC, nous sommes toujours à la recherche d’une copie de la lettre rédigée par le diacre. Ce document, dont le contenu serait particulièrement accablant pour le pasteur, sera mis à disposition des lecteurs dès qu’il aura été obtenu.
Un ex-chef d’état-major de 3R offre un spectacle digne d’un film à l’ivoirienne lors de sa formation à Berongo par les mercenaires russes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/les-rebelles-de-3r-en-formation-a-berongo-photo-cnc.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/11/les-rebelles-de-3r-en-formation-a-berongo-photo-cnc.jpg” alt=”Un ex-chef d’état-major de 3R offre un spectacle digne d’un film à l’ivoirienne lors de sa formation à Berongo par les mercenaires russes” width=”193″ height=”300″ />Les rebelles de 3R en formation à Berongo. Photo CNC
À Berongo , la formation des ex-combattants rebelles du mouvement 3R présente un cas inoubliable dans l’histoire du pays. L’autoproclamé général Comté, ancien chef d’État-major de 3R, qui portait fièrement le titre de général dans le maquis, peine aujourd’hui à maîtriser les geste simples que ses propres ex-combattants exécutent sans difficulté sous l’encadrement des mercenaires russes.
L’accord signé le 19 avril à N’Djamena entre les autorités centrafricaines et deux mouvements armés constitue une étape importante dans le processus de paix. Les ex-rebelles de 3R et de l’UPC ont accepté de déposer les armes en échange d’une incorporation dans les forces régulières. Cette démobilisation, selon les auteurs, s’inscrit dans une démarche de soi-disant réconciliation nationale portée par le gouvernement depuis plusieurs mois. Le camp Berongo , installé à 80 kilomètres de Bangui, dans la préfecture de la Lobaye, accueille désormais ces anciens combattants pour leur reconversion. Les mercenaires russes du groupe Wagner, que Bangui appelle pudiquement des instructeurs militaires russes, supervisent cette formation censée transformer des maquisards Peuls en soldats professionnels.
Parmi les recrues figure un personnage qui attire l’attention de tous. Cet homme occupait autrefois le poste de chef d’état-major au sein du Mouvement 3R, un groupe armé qui a longtemps perturbé le nord-ouest du pays. Son parcours dans la rébellion lui avait valu le titre de général de corps d’armée, où les grades s’attribuent dans cette rébellion selon la puissance de feu plutôt que la compétence tactique. Au camp Berongo , la réalité rattrape rapidement les prétentions. Les instructeurs découvrent avec stupeur que ce soi-disant stratège militaire ignore les gestes les plus élémentaires du métier des armes.
Le garde-à-vous, mouvement basique enseigné dès les premiers jours de toute formation militaire, devient un calvaire pour l’ex-général Comté, l’ancien chef d’État-major de 3R. Ses tentatives répétées tournent au spectacle digne de la comédie à l’ivoirienne. Les formateurs reprennent infatigablement les mêmes consignes : talons joints, pointes légèrement écartées, buste droit, bras le long du corps. Rien n’y fait. L’ex-général Comté multiplie les approximations, oscillant entre rigidité excessive et relâchement inapproprié. Près d’une centaine de démonstrations s’avèrent nécessaires avant qu’il parvienne à reproduire tant bien que mal la posture attendue.
Pour le général Comté, le salut militaire constitue une autre épreuve insurmontable. Ce geste codifié, porteur de sens et de tradition dans toutes les armées du monde, échappe totalement à sa compréhension. Ses combattants jadis, aujourd’hui ses camarades de formation, exécutent le mouvement sans difficulté apparente. Eux ont certainement reçu un minimum d’encadrement durant leur passage dans la rébellion ou possèdent simplement une meilleure capacité d’assimilation. Leur ancien supérieur hiérarchique tâtonne, hésitant entre plusieurs variantes approximatives qui déclenchent l’exaspération des formateurs.
Pour l’heure, l’armée nationale centrafricaine ne reconnaît évidemment pas ces grades autoproclamés du général. À l’issue de sa formation, cet ex-général -chef d’état-major se verra attribuer le galon de caporal, une chute vertigineuse dans la hiérarchie militaire. Du commandement théorique de centaines d’hommes, il passera à l’exécution d’ordres simples sous l’autorité de sergents et lieutenants.
Chaque jour apporte son lot d’apprentissages pour ces hommes qui doivent désormais respecter des horaires fixes, porter l’uniforme réglementaire et obéir à une chaîne de commandement claire. Pour certains, l’adaptation s’opère rapidement. Pour d’autres, comme cet ancien général devenu élève caporal, le chemin promet d’être long et semé d’embûches. Les mercenaires russes continuent de répéter les mêmes gestes, espérant que la répétition finira par porter ses fruits. L’ex-chef d’état-major s’efforce tant bien que mal d’imiter ses camarades, conscient que son nouveau statut dépend de sa capacité à assimiler ces rudiments qu’il n’a jamais jugés utiles durant ses années dans le maquis
La première société de téléphonie mobile de Centrafrique ne paie plus personne. Ni ses propriétaires, ni ses créanciers, ni l’État qui commence à perdre patience.
En effet, ce mercredi 4 mars 2026, les agents de l’Agence Centrafricaine de Formation Professionnelle et de l’Emploi, l’ACFPE, ont débarqué dans la matinée au siège de Telecel situé sur l’avenue Barthélémy-Boganda à Bangui. Leur mission était claire : recouvrer des arriérés de cotisations patronales accumulés depuis longtemps, et au besoin, procéder à la saisie de véhicules de la société. Des négociations ont finalement eu lieu avec la direction, et les agents sont repartis les mains vides, mais avec une date butoir en tête.
Ce coup de pression de l’ACFPE intervient quelques jours seulement après la fermeture de l’agence Telecel de Berberati, chef-lieu de la Mambéré-Kadéï. Le 28 février 2026, le propriétaire du bâtiment avait tiré le verrou, réclamant 1,5 million de francs CFA de loyers non réglés malgré plusieurs relances depuis décembre dernier.
Ces deux affaires, à quelques jours d’intervalle, donnent la mesure de ce que traverse une entreprise qui refusait encore récemment d’admettre l’étendue de ses difficultés. À Bangui comme en province, les obligations financières les plus ordinaires ne sont plus tenues.
Telecel a changé plusieurs fois de mains. Après le fondateur centrafricain Pismiss, puis des investisseurs égyptiens, la société est passée entre les mains d’hommes d’affaires français avant d’atterrir aux mains des libanais dont la gestion a mené l’entreprise dans une impasse dont elle n’arrive plus à sortir.
Les agents de l’ACFPE ont promis de revenir, et la suite s’inquiète déjà les employés.
La COSCIPAC porte les crimes du Haut-Mbomou devant la Cour Pénale Internationale
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-pauvres-jeunes-centrafricains-arretes-par-les-mercenaires-russes-du-groupe-wagner-appuyes-par-des-gendarmes-policier-et-faca.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-pauvres-jeunes-centrafricains-arretes-par-les-mercenaires-russes-du-groupe-wagner-appuyes-par-des-gendarmes-policier-et-faca.webp” alt=”La COSCIPAC porte les crimes du Haut-Mbomou devant la Cour Pénale Internationale” width=”500″ height=”225″ />Les pauvres jeunes centrafricains arrêtés par les mercenaires russes du groupe Wagner, appuyés par des gendarmes, policier et FACA
Une organisation centrafricaine de la société civile, la COSCIPAC, a franchi un cap décisif en déposant une requête officielle à La Haye contre des crimes commis dans le Haut-Mbomou.
C’est la COSCIPAC, une plateforme regroupant plusieurs organisations de la société civile centrafricaine, qui a pris la décision de saisir le Procureur de la Cour Pénale Internationale. Ce geste, posé le 13 février 2026 depuis Bangui, repose sur l’article 15 du Statut de Rome, un texte qui autorise toute personne ou groupe à soumettre des informations au Procureur sur des crimes relevant de la compétence de la Cour. Cette base juridique est solide, car la République Centrafricaine a adhéré à ce Statut depuis le 3 octobre 2001.
C’est précisément cette adhésion qui ouvre la voie à une telle démarche, et la COSCIPAC en a pleinement tiré parti. Le document déposé à La Haye vise directement les plus hautes autorités de l’État centrafricain, à commencer par le Président Faustin Archange Touadéra, désigné comme Chef suprême des armées. Des mercenaires étrangers rattachés au groupe Wagner sont également mis en cause, accusés d’avoir opéré aux côtés des forces gouvernementales et de milices favorables au pouvoir.
Ce sont justement ces acteurs réunis qui sont accusés d’avoir mené des opérations d’une violence extrême contre des populations civiles dans une région reculée du pays. Les faits décrits dans la requête concernent principalement les populations zandé de la préfecture du Haut-Mbomou. Selon les témoignages recueillis, ces populations auraient été délibérément prises pour cible en raison de leur vote lors des scrutins présidentiels de 2016, 2020 et 2025, perçu comme une marque d’hostilité envers le pouvoir central.
C’est cette dimension politique qui confère à l’affaire un poids particulier aux yeux des auteurs de la saisine. Les crimes invoqués couvrent un éventail très large au regard du droit international. La requête mentionne des meurtres de civils non armés, des déplacements forcés de milliers de personnes, des arrestations arbitraires suivies de disparitions, ainsi que des actes de torture et des violences sexuelles dirigées principalement contre des femmes et des jeunes filles.
À ces violences directes s’ajoute une autre forme de destruction, plus lente mais tout aussi mortelle. Des villages entiers auraient été rasés, des récoltes brûlées, du bétail abattu, privant délibérément les habitants de toute possibilité de survie sur leurs terres. Ces actes, selon la requête, ont été utilisés comme un outil de domination collective destiné à briser les structures communautaires zandé.
Ce qui distingue cette requête d’un simple témoignage, c’est la rigueur avec laquelle chaque fait allégué est rattaché à un article précis du Statut de Rome. Les auteurs du document ont pris soin de qualifier juridiquement chacun des actes dénoncés, du meurtre à l’extermination, en passant par la persécution pour motifs ethniques et politiques. Cette construction minutieuse témoigne d’une volonté d’entrer pleinement dans le registre du droit pénal international.
Fort de ce dossier, la COSCIPAC adresse au Procureur quatre demandes précises. Elle lui demande d’ouvrir un examen préliminaire, d’identifier tous les responsables qu’ils soient nationaux ou étrangers, d’envisager une enquête formelle, et de prendre des mesures concrètes pour protéger les victimes et les témoins. Le sort réservé à cette requête dépend désormais du bureau du Procureur, qui dispose d’un pouvoir discrétionnaire pour décider s’il convient d’aller plus loin dans l’examen des faits.
Bangui, huitième arrondissement, nouvel accident de circulation, nouvelle victime
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/l-image-de-l-accident-survenu-sur-l-avenue-mbbaikou-dans-le-huitieme-arrondissement-de-bangui-photo-acnc.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/l-image-de-l-accident-survenu-sur-l-avenue-mbbaikou-dans-le-huitieme-arrondissement-de-bangui-photo-acnc.webp” alt=”Bangui, huitième arrondissement, nouvel accident de circulation, nouvelle victime” width=”400″ height=”495″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/l-image-de-l-accident-survenu-sur-l-avenue-mbbaikou-dans-le-huitieme-arrondissement-de-bangui-photo-acnc.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/l-image-de-l-accident-survenu-sur-l-avenue-mbbaikou-dans-le-huitieme-arrondissement-de-bangui-photo-acnc-339×420.webp 339w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/l-image-de-l-accident-survenu-sur-l-avenue-mbbaikou-dans-le-huitieme-arrondissement-de-bangui-photo-acnc-324×400.webp 324w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />L’image de l’accident survenu sur l’avenue Mbbaïkou, dans le huitième arrondissement de Bangui. Photo aCNC
Un accident de circulation impliquant une moto à trois roues et un véhicule s’est produit merdcredi dernier sur l’avenue Mbaïkoua, une semaine après celui du Pk12 qui a fait un mort
À Bangui, les accidents de circulation s’enchaînent. Après le mort du PK12 la semaine dernière, avenue Mbaïkoua vient d’enregistrer une nouvelle collision entre une moto à trois roues et un camion.
Les routes de la capitale centrafricaine ne pardonnent pas. Chaque semaine, un nouveau drame vient rappeler que circuler à Bangui relève parfois du parcours à risque, faute de signalisation suffisante et de contrôle rigoureux.
La semaine dernière, c’est au PK12, à la sortie nord de la ville, qu’un conducteur de moto a perdu la vie. Son engin, chargé de planches de bois, avait été heurté par un véhicule venant derrière lui. Le choc avait été si violent que le motocycliste était mort sur place.
Une semaine plus tard, un fait presque identique s’est produit sur l’avenue Mbaïkoua, dans le huitième arrondissement, à la hauteur de l’église de l’ancien Président François Bozizé. Un camion de transport a percuté une moto à trois roues qui acheminait également du bois. Sous l’impact, la moto et son chargement se sont renversés sur la chaussée.
Le conducteur de la moto à trois roues a eu plus de chance que son prédécesseur du PK12. Gravement blessé, il a été transporté à l’hôpital. Mais le chauffeur du camion, lui, n’a pas attendu l’arrivée des secours.
Quand les gendarmes ont débarqué sur les lieux pour établir le constat, le véhicule fautif avait déjà disparu. Sans identification possible du camion ni de son conducteur, l’enquête s’annonce difficile. La moto accidentée est restée sur place, seule trace visible du choc.
Sur l’avenue Mbaïkoua, comme sur bien d’autres axes de Bangui, aucun panneau de signalisation ne guide les usagers.
En moins d’un an, la ville de Zémio est devenue la ville fantôme du Haut-Mbomou
Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Zémio n’est plus qu’une coquille vide. Les combats qui durent depuis neuf mois ont poussé des dizaines de milliers d’habitants à fuir vers la RDC ou d’autres régions du pays. L’église catholique dénombre 32 000 déplacés dans cette ville autrefois animée du Haut-Mbomou.
Cette fuite massive trouve son origine dans les violences qui opposent les miliciens Azandé aux mercenaires de la milice russe Wagner, soutenus par l’armée centrafricaine, les gendarmes, les policiers et la MINUSCA. Les habitants ont pris la décision de partir, parfois en quelques heures seulement.
Certains se sont déplacés vers l’intérieur du territoire centrafricain, cherchant refuge dans des zones qu’ils jugent moins dangereuses comme au sein de l’église catholique. D’autres ont préféré franchir la frontière pour rejoindre Zapay, en République démocratique du Congo, où ils espèrent obtenir le statut de réfugiés. Les familles ont abandonné leurs maisons, leurs biens, leurs commerces. Les marchés se sont vidés progressivement. Les boutiques ont fermé leurs portes une à une.
Plus de la moitié de la population a disparu des rues de la ville. Cette année, moins de 100 élèves ont franchi les portes des écoles de Zémio. Les salles de classe sont restées vides, les tableaux noirs intacts.
Derrière cet exode se cache une réalité qui explique la terreur des habitants. Les mercenaires de la milice russe Wagner et les soldats des forces armées centrafricaines ont instauré une méthode d’identification qui terrorise la population locale.
Leur critère d’arrestation repose sur la présence de cicatrices de lames de rasoir sur le corps des jeunes hommes. Pour ces forces, ces marques constituent la preuve irréfutable d’une appartenance aux miliciens Azandé, d’un engagement dans les combats armés. Peu importe que ces scarifications soient portées par la quasi-totalité des Centrafricains depuis leur plus jeune âge, qu’elles fassent partie des pratiques culturelles ancestrales, qu’elles n’aient aucun lien avec une quelconque activité militaire. Un jeune peut se promener sans arme, sans équipement suspect, sans rien qui l’associe de près ou de loin à un groupe armé. Si son corps porte ces traces, il devient automatiquement une cible.
Les forces le considèrent comme un combattant et procèdent à son arrestation sur-le-champ. Cette logique d’arrestation a provoqué une vague de déportations des jeunes du Haut-Mbomou vers la capitale. Les personnes appréhendées à Zémio sont envoyées à Bangui, parfois sans procès, sans interrogatoire digne de ce nom.
Les forces ne se contentent pas d’arrêter ceux qu’elles croisent dans les rues. Elles se rendent également sur les sites où se regroupent les déplacés, ces espaces censés offrir une protection minimale aux populations vulnérables.
Les pauvres jeunes centrafricains arrêtés par les mercenaires russes du groupe Wagner, appuyés par des gendarmes, policier et FACA
Récemment, dix personnes ont été arrêtées directement sur un camp de déplacés de l’église catholique de Zemio. Parmi elles se trouvait un jeune boucher. Une fois arrivé à Bangui, ce garçon a été tué par des mercenaires russes du groupe Wagner. Son corps a ensuite été déposé à la morgue, sans explication, sans que sa famille soit immédiatement informée. Cette mort s’inscrit dans une série d’exécutions attribuées aux mercenaires Wagner présents dans le pays. Le groupe a tué de nombreuses personnes depuis son arrivée sur le territoire centrafricain.
Face à ces violences, aucune instance internationale ne semble en mesure d’agir. La Cour pénale internationale, informée, est sur le dossier, mais la justice est lente dans ses procédures. Cette absence d’investigation laisse le champ libre aux forces présentes à Zémio et dans les environs. Wagner poursuit ses opérations sans contrainte apparente.
Touadera continue également ses activités criminelles. Personne n’ose s’interposer ou remettre en question les méthodes employées par ses criminels russes. Le silence des institutions internationales encourage la poursuite des arrestations arbitraires, des déportations, des exécutions sommaires. Les habitants de Zémio le savent. Ils comprennent qu’aucune protection ne leur sera offerte tant que cette situation perdurera. C’est précisément cette absence de recours qui alimente leur décision de partir, de tout abandonner pour sauver leur vie et celle de leurs proches.
Parfois, après quelques semaines de calme relatif, certaines familles tentent de rentrer à Zémio. Elles espèrent retrouver leurs maisons, reprendre leurs activités, redonner une normalité à leur existence. Mais ces tentatives de retour se heurtent rapidement à la réalité du terrain. Les forces présentes dans la ville leur rendent la vie impossible dès leur arrivée. Les contrôles se multiplient, les interrogatoires recommencent, la menace d’arrestation plane constamment. Récemment, ces mêmes forces ont pris une décision qui complique encore davantage la situation : elles ont bloqué la frontière avec la RDC.
À Ndachima, un artisan minier décrit le travail sous la menace permanente autour du site contrôlé par les Russes
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/invite-minier-pour-cnc-a-ndachima-bon-photo-cnc.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/invite-minier-pour-cnc-a-ndachima-bon-photo-cnc.webp” alt=”À Ndachima, un artisan minier décrit le travail sous la menace permanente autour du site contrôlé par les Russes” width=”500″ height=”414″ />Invité minier pour CNC à Ndachima bon. Photo CNC
À Ndachima, village minier situé à une soixantaine de kilomètre de Bambari, dans la préfecture de la Ouaka, les jeunes centrafricains continuent de chercher de l’or dans une zone désormais sous contrôle russe, malgré plusieurs morts enregistrées chaque jour. Ibrahim, artisan minier né dans ce village, raconte pourquoi les habitants persistent à exploiter les déchets rejetés par les machines russes, au péril de leur vie.
Suivez ci-dessous son interview intégrale conduite par l’un des journalistes de Corbeau News Centrafrique (CNC).
CNC : Bonjour Monsieur Ibrahim. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Ibrahim : Je m’appelle Ibrahim. Je suis artisan minier. Je suis né ici à Ndachima en 1991. Après mes études primaires à Ndachima, je suis allée au lycée de Bambari, j’ai abandonné en classe de seconde et je suis revenu au village.
CNC : Quelle est exactement votre activité aujourd’hui ?
Ibrahim : Comme la majorité des jeunes d’ici, je suis sur les chantiers miniers. Nous cherchons de l’or tous les jours.
CNC : Ndachima enregistre des morts quotidiennes autour du site minier. Pourquoi rester malgré ce danger constant ?
Ibrahim : Nous sommes nés ici, nous avons grandi ici. Nos grands-parents travaillaient déjà sur ces mines, nos parents aussi. C’est la seule activité possible dans ce village. Mais ce qui se passe aujourd’hui est complètement différent de ce que nous avons connu. Les terres que nos parents exploitaient ont été vendues. Maintenant, ce sont les Russes qui contrôlent tout.
CNC : Qu’est-ce qui a précisément changé depuis que les Russes ont pris le contrôle du site ?
Ibrahim : Ils ont tout verrouillé. Nous n’avons plus aucun accès. Lorsqu’ils creusent, ils enlèvent d’abord les couches de terre inutiles avant d’atteindre le gravier qui contient l’or. Ces déchets, ils les rejettent à environ trois kilomètres de leur base. Et nous, c’est sur ces tas rejetés que nous allons récupérer ce qui peut rester.
CNC : Combien de grammes pouvez-vous trouver dans une journée de travail ?
Ibrahim : Souvent rien. Tu peux transporter plusieurs sacs, les laver et ne rien obtenir. Mais parfois, tu peux trouver l’équivalent d’une petite tête d’allumette d’or. On vend ça entre 4000 et 5000 francs CFA. C’est ce qui permet de nourrir nos familles.
CNC : Pourquoi les Russes vous interdisent-ils de fouiller ces déchets alors qu’ils les ont déjà rejetés ?
Ibrahim : On ne sait pas. Si un Russe te voit, il tire. Directement. Ils tuent sans hésiter. On a connu ici des Français, des Sud-Africains, des Canadiens. Jamais on n’a vu autant de morts. Ici, les décès sont constants. Personne n’en parle, et les autorités ne viennent jamais.
CNC : Comment s’organise la surveillance autour du site ?
Ibrahim : À l’entrée, il y a ceux qu’on appelle les “Russes noirs”. Ce sont d’anciens combattants centrafricains formés par les Russes. Ils contrôlent le passage et confisquent parfois les sacs que nous transportons. Ils lavent eux-mêmes les déchets. Plus loin, quand les Wagner arrivent, ils tirent sur les gens ou renversent les camions de déchets sur ceux qui fouillent. Cela peut ensevelir dix ou quinze personnes d’un coup.
CNC : La jeunesse dit être la première cible des violences. Comment décrivez-vous ce que vivent aujourd’hui les jeunes dans cette zone ?
Ibrahim : Chaque fois, les jeunes répètent la même chose : les Russes nous tuent. Nous sommes l’avenir de ce pays, mais on nous élimine et personne ne réagit. Les autorités ne disent rien, comme si notre vie n’avait aucune valeur. Le nombre de morts dépasse tout ce que les habitants peuvent imaginer. Ici, la paix commençait à revenir. Des anciens rebelles, des braqueurs, des jeunes sans travail étaient venus pour changer de vie, prendre des outils, chercher de l’argent de façon honnête. Ils avaient laissé la violence derrière eux. Mais quand on tue comme ça, ces jeunes peuvent repartir dans le banditisme. Ceux qui étaient venus pour la paix se demandent pourquoi on les abat alors qu’ils essaient juste de vivre. Personne ne vient à leur secours, et cela détruit toute chance d’avenir.
CNC : Avez-vous été témoin d’un incident récemment ?
Ibrahim : Oui. Mardi, j’ai vu un homme se faire tuer. Le lendemain, ils ont encore tiré sur quelqu’un. Parfois, les déchets sont déversés directement sur les gens. C’est quotidien.
CNC : La population avait organisé une grève il y a quelques semaines. Y a-t-il eu un changement ?
Ibrahim : Aucun. Les habitants avaient protesté, les gendarmes et les soldats sont venus, mais rien n’a changé. Le danger reste le même.
CNC : Les autorités nationales se rendent-elles parfois sur le site ?
Ibrahim : Jamais. Le site est complètement fermé. Les Russes sont les seuls à y entrer.
CNC : Certains disent que des jeunes se rendent volontairement au camp russe en échange du riz ou de sardine pour être sodomisés par ses voyous de Wagner. Est-ce vrai ?
Ibrahim : Non. Par contre, il arrive que les Wagner arrêtent des gens, les enferment ou les agressent sexuellement. Mais personne ne s’y rend volontairement.
CNC : Merci Monsieur Ibrahim pour votre témoignage et votre disponibilité.
Ibrahim : C’est à moi de vous remercier. Merci CNC.
Propos recueillis par notre correspondant à Bambari.
Quand les cellules deviennent des cimetières : la République Centrafricaine face à ses morts qui parlent dans les placards de Touadéra et de Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/10/Arrivage-a-laeroport-de-Bangui-Mpoko-du-prisonnier-special-un-haut-grade-de-larmee-nationale-habille-en-bleu-arrete-par-les-mercenaires-russes-et-Syriens.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/10/Arrivage-a-laeroport-de-Bangui-Mpoko-du-prisonnier-special-un-haut-grade-de-larmee-nationale-habille-en-bleu-arrete-par-les-mercenaires-russes-et-Syriens.jpg” alt=”Quand les cellules deviennent des cimetières : la République Centrafricaine face à ses morts qui parlent dans les placards de Touadéra et de Wagner” width=”300″ height=”223″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/10/Arrivage-a-laeroport-de-Bangui-Mpoko-du-prisonnier-special-un-haut-grade-de-larmee-nationale-habille-en-bleu-arrete-par-les-mercenaires-russes-et-Syriens.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/10/Arrivage-a-laeroport-de-Bangui-Mpoko-du-prisonnier-special-un-haut-grade-de-larmee-nationale-habille-en-bleu-arrete-par-les-mercenaires-russes-et-Syriens-80×60.jpg 80w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/10/Arrivage-a-laeroport-de-Bangui-Mpoko-du-prisonnier-special-un-haut-grade-de-larmee-nationale-habille-en-bleu-arrete-par-les-mercenaires-russes-et-Syriens-265×198.jpg 265w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />Image d’illustration de l’arrivée à Bangui d’un suspect arrêté par les Wagner en province
En République Centrafricaine, des gens disparaissent en détention et leurs corps réapparaissent ailleurs. Le débat Patara sur Radio Ndékè Luka a mis des mots crus sur cette réalité.
C’est Arletta Mamboui Abiali qui a frappé le plus fort, avec une phrase que personne dans le studio n’a contestée : « Le Centrafrique actuellement est aux abattoirs. » Elle ne parlait pas au sens figuré. Elle décrivait un pays où l’on enlève des gens, où l’on tue, parfois simplement parce qu’une personne aurait dit quelque chose qui dérangeait. Cette jeune militante politique a posé une question que beaucoup évitent : que sont devenus ceux dont on n’a même pas retrouvé le corps ?
Cette question n’est pas née dans le vide. Elle est nourrie par un cas précis : celui d’un policier arrêté, présumé innocent, confié à la justice, et retrouvé sans vie après trois semaines de recherches désespérées par sa famille. Steve Bendo-Ndeni, acteur de la société civile, a dit l’essentiel avec une phrase qui glace : désormais, si quelqu’un est arrêté, ses proches feraient mieux d’aller vérifier directement à la morgue. Ce n’est pas une exagération de sa part, c’est une description de ce qui se passe.
Ce qui rend la chose encore plus troublante, c’est qu’il ne s’agit pas d’un premier cas. Elysée Nguémalé, coordonnateur de l’Observatoire pour la bonne gouvernance démocratique, a rappelé l’affaire Armel Sayo : disparu de sa cellule, puis réapparu. Deux cas, deux logiques différentes, mais le même trou noir au milieu : la détention devient un endroit d’où l’on peut sortir mort, ou ne jamais vraiment sortir du tout.
Ce que les débatteurs ont tous senti, chacun à sa manière, c’est que ces faits ne restent jamais sans lendemain judiciaire visible. Nguémalé l’a dit clairement : il n’y aura probablement pas de déclaration officielle forte, pas de réponse de l’État à la hauteur de ce que la situation réclame. Arletta, elle, a ajouté une autre couche : et si certains ne voulaient justement pas que la vérité sorte ? Et si des complicités internes rendaient la vérité dangereuse à connaître ?
La mort de ce policier en détention, dans un pays qui inscrit la dignité humaine et l’unité nationale parmi ses valeurs républicaines, est une contradiction que Nguémalé a nommée sans détour. Ce n’est pas digne, a-t-il dit. Et cette indignité ne touche pas seulement une famille en deuil, elle touche l’image entière du pays. Bendo-Ndeni l’a confirmé : cette situation ternit encore davantage une République déjà fragilisée.
Pendant ce temps, les enquêtes annoncées avancent, mais le principal concerné, lui, est déjà mort. Arletta a mis le doigt sur l’absurdité de la chose : comment instruire une enquête sérieuse quand celui au cœur de l’affaire ne peut plus ni témoigner, ni se défendre, ni réclamer justice ? Cette pratique, comme elle l’a dit, semble prendre de l’ampleur, et chaque nouveau cas rend le suivant un peu plus banal, un peu plus accepté dans les esprits.
L’église UFEB bataillon 2 est sur le point de s’exploser: Le Pasteur Faki menace, lors d’un conseil d’église, de balancer tout ses complices
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Le-Pasteur-controverse-Faki-Issene.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Le-Pasteur-controverse-Faki-Issene.jpg” alt=”L’église UFEB bataillon 2 est sur le point de s’exploser: Le Pasteur Faki menace, lors d’un conseil d’église, de balancer tout ses complices” width=”300″ height=”289″ />Le Pasteur controversé Faki Issene
À l’église Baptiste Bataillon 2 de Bangui, le navire prend l’eau, les voiles sont déchirées, et le capitaine commence à mordre. Le samedi 21 février 2025 restera dans les annales non pas pour un miracle de guérison, mais pour un miracle de délation. Acculé par les soupçons de détournement des fonds offerts par le Président Touadéra, le Pasteur Faki Issene a troqué la Bible pour le carnet de comptes des complices.
Comme le dit l’adage : « Quand le navire coule, les rats se mordent pour savoir qui sautera le premier. » Et à Bataillon 2, les morsures sont profondes et les dents sont acérées.
Le Pasteur Faki en mode « Kamikaze » : « Si je coule, vous coulez avec moi ! »
L’ambiance était déjà électrique, mais elle a viré à l’orage quand la question des 500 000 FCFA manquants de l’enveloppe présidentielle a refait surface. On se souvient que le Président Touadéra, alias « Baba Kongoboro », avait généreusement offert 5 millions de FCFA au Pasteur pour la reconstruction de l’église UFEB de Bataillon 2. Mais entre les mains de pasteur Faki, l’argent semble avoir subi une cure d’amaigrissement miraculeuse. Une partie a disparu dans la nature.
Face aux murmures qui deviennent des clameurs sur CNC, le Pasteur Faki a choisi la tactique de la « terre brûlée comme des Kamikazes». Devant le conseil de l’église médusé, en plein affrontement avec le diacre ancien Policier, il a lancé une menace qui sonne comme un aveu de culpabilité collective : « Vous dites que c’est moi qui ai volé ? Mais cet argent, je l’ai partagé avec certains diacres également ! ». Dans un élan de courage posthume, le pasteur Faki a cité un diacre de l’église, ancien secrétaire général de l’église, un gendarme aujourd’hui décédé qui se prénomme Paul-Clément. Pratique, non ? Les morts ne contredisent jamais les bergers en difficulté. Mais le pasteur Faki ne s’est pas arrêté là. Il a prévenu que si la pression continuait sur moi, je vais « balancer » la liste de tous les bénéficiaires vivants. C’est le chantage au bénitier : « Je suis peut-être un voleur, mais vous êtes mes complices ! ».
Le moment le plus spectaculaire fut l’altercation avec le diacre, ancien policier à la retraite. Ce dernier, habitué aux interrogatoires et aux malfrats, a eu le malheur de conseiller au Pasteur de « prendre de la hauteur » et d’arrêter de se chamailler avec les médias comme CNC.
La réponse fut une éruption volcanique. Le Pasteur, oubliant les fruits de l’Esprit (paix, douceur, tempérance), est devenu rouge de colère. Traiter un diacre de « sorcier » et d’« homme de ténèbres » devant tout le conseil ? On se croirait dans une cour de récréation mal fréquentée plutôt que dans une maison de prière.
Même le chant de louange entonné par un diacre gendarme pour calmer les esprits a été violemment interrompu. Faki ne voulait pas chanter, il voulait mordre. C’est là que l’adage prend tout son sens : « Celui qui a du sang sur les mains voit des démons partout. » En voyant des traîtres à chaque coin de banc, Faki confirme qu’il ne dirige plus une église, mais une cellule de crise paranoïaque.
Pendant que les fidèles s’interrogent sur les 600 millions de FCFA du projet de reconstruction (un devis gonflé au stéroïde pour assurer des rétrocommissions confortables), le Pasteur Faki, lui, voit ses propres chantiers fleurir.
Le miracle de Voudambala : Une école privée qui sort de terre.
Le miracle de Damara : Une ferme et du bétail qui se multiplient.
Le miracle de la Tunisie : Un fils envoyé en voyage d’études avec l’espoir d’un futur en France.
Les fidèles se demandent légitimement : par quelle opération du Saint-Esprit un pasteur d’une église en crise financière peut-il devenir un magnat de l’immobilier et de l’élevage en si peu de temps ? La réponse semble se trouver dans les 500 000 FCFA évaporés et les marges suspectes sur le ciment et les briques. Comme on dit chez nous : « On ne peut pas porter deux melons dans une seule main », à moins que l’une des mains ne soit celle de sa femme, Sylvie, propulsée gestionnaire de l’ombre.
Vous comprenez bien, l’article de CNC avait déjà révélé comment Faki a été imposé par ses parents, Maurice Gazayeke et Ambeka. Aujourd’hui, le système est verrouillé. Le cousin gère la caisse, la femme gère les matériaux, et les informateurs (comme le diacre Sakama, l’anthropologue devenu espion de sacristie) enregistrent les conversations des fidèles.
C’est un véritable « système mafieux sous la soutane ». On espionne, on menace, on exclut. Résultat ? L’église s’est vidée. De 1 000 fidèles, il n’en reste qu’une poignée de courageux ou de complices. Les autres ont fui le navire avant que les rats ne commencent à se dévorer entre eux.
Mais le diacre policier a fini par claquer la porte, jurant de ne plus remettre les pieds dans cette « arène ». C’est le début de la fin. Quand les hommes d’ordre partent, il ne reste que le chaos.
Le Pasteur Faki menace de « balancer » tout le monde ? Grand bien lui fasse ! Le peuple de Dieu attend de voir la liste. Car à force de vouloir faire peur aux autres, il oublie que « la vérité est comme l’huile, elle finit toujours par monter au-dessus de l’eau. » Que Faki continue de chercher Alain Nzilo derrière chaque poteau de l’église, qu’il continue de traiter ses diacres de sorciers, le fait demeure : les comptes de l’église Bataillon 2 ne sont pas écrits dans le Livre de Vie, mais dans un grand livre de cuisine où l’on prépare les détournements.
Le navire coule, les rats mordent… et CNC a déjà préparé les gilets de sauvetage pour la vérité. On n’est prêt pasteur Faki, balance nous tout tes complices. Amen!
Dans la préfecture de Lim-Pendé, la circonscription de Taley 2 vit depuis quelques jours une situation que les habitants refusent d’accepter en silence, et leur colère a déjà parcouru des kilomètres pour se faire entendre.
Tout part d’un résultat électoral que la population croyait acquis. Le candidat Charlot était sorti en tête du scrutin législatif, devant tous les autres. Son avance était nette, ses partisans fêtaient déjà. Puis le Conseil constitutionnel a rendu sa décision — et tout a basculé.
Le dossier de Charlot a été invalidé. À sa place, deux candidats mafieux et surtout criminels qui se trouvaient loin derrière lui dans les résultats ont été retenus pour le second tour. Aucune explication solide n’a filtré pour justifier ce renversement aux yeux de la population. Juste une décision, tombée d’en haut, sans que personne ne comprenne vraiment pourquoi.
La réaction ne s’est pas fait attendre dans la sous-préfecture de Taley. Les habitants de la commune de Bimbi, dans la deuxième circonscription de Taley, ont décidé de ne pas rester assis sur leur mécontentement. Ils ont organisé une marche spontanée jusqu’à Paoua, chef-lieu de la préfecture, pour remettre un mémorandum au préfet et exprimer leur rejet de cette décision.
À leur arrivée, c’est le sous-préfet et le commandant de compagnie de la gendarmerie qui les ont accueillis — non pas pour les écouter, mais pour leur signifier que leur marche était illégale. Selon eux, manifester sans autorisation préalable de la préfecture expose les marcheurs à toutes sortes de risques, et les rendrait responsables de tout débordement éventuel.
Sauf que cette logique ne tient pas. Une grève d’élèves à Boali, à Sibut, une grève d’enseignants du supérieur, personne ne dépose de dossier d’autorisation avant de descendre dans la rue quand la colère est là, immédiate, vive. La population de Bimbi n’a pas marché par caprice ou par calcul. Elle a marché parce qu’elle estime qu’on lui a volé son choix, et que ce choix méritait d’être défendu, même sous la menace.
Car il faut bien dire ce mot : la menace. Les forces de la milice Wagner, dont la présence pèse sur le pays tout entier, n’ont pas empêché ces hommes et ces femmes de se lever et de marcher. Ils ont bravé la peur, ils ont couvert des kilomètres, et ils ont remis leur mémorandum.
Le sous-préfet et le commandant de gendarmerie ont choisi ce moment pour rappeler les règles administratives relatives aux autorisations de manifestation. Pendant ce temps, la question de fond — pourquoi le candidat arrivé en tête a-t-il été écarté — restait entière, sans réponse, suspendue dans l’air comme une dette que personne ne semblait pressé de solder.
Pollution massive et ravages écologiques : l’exploitation aurifère chinoise de l’entreprise IMC dévaste la Nambéré
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/sur-le-chantier-minier-de-rondi-dans-la-nana-mambere-avec-les-chinois-qui-devastent-massivement-la-foret.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/12/sur-le-chantier-minier-de-rondi-dans-la-nana-mambere-avec-les-chinois-qui-devastent-massivement-la-foret.jpg” alt=”Sur le chantier minier de Rondi, dans la Nana-Mambéré, avec les chinois qui dévastent massivement la forêt” width=”300″ height=”300″ />Sur le chantier minier de Rondi, dans la Nana-Mambéré, avec les chinois qui dévastent massivement la forêt
L’extraction intensive d’or menée par la société chinoise IMC s’accompagne d’une destruction écologique inquiétant, combinant empoisonnement des rivières et déboisement massif sur l’ensemble de la préfecture de la Nambéré.
La sous-préfecture d’Aba connaît depuis plusieurs années une activité minière croissante portée par l’Industrie Minière de Centrafrique. Cette entreprise chinoise exploite de nombreux gisements aurifères répartis dans plusieurs localités, dont Gobolo, Rondji etc, employant des centaines de travailleurs et équipant ses sites d’installations imposantes. Les camions circulent quotidiennement entre les différentes bases, transportant matériel et production vers les site principaux dans la zone.
L’ampleur de cette exploitation nécessite l’utilisation de techniques industrielles sophistiquées pour extraire le précieux métal. Contrairement aux méthodes artisanales traditionnelles, les opérations menées par l’IMC font appel à des procédés chimiques complexes qui permettent d’accroître considérablement les rendements. Ces techniques modernes exigent toutefois l’emploi de substances hautement dangereuses pour parvenir à séparer l’or du minerai brut.
Le processus débute par l’arrosage de la terre ou de la roche concassée avec une solution de cyanure, un poison foudroyant capable de dissoudre l’or et de le transformer en liquide. Cette méthode appelée lixiviation représente le standard dans les grandes exploitations minières à travers le monde. Une fois l’or dissous dans cette mixture toxique, les mineurs ajoutent de la poussière de zinc selon le procédé Merrill-Crowe, permettant au métal précieux de redevenir solide et de précipiter au fond des récipients.
Parallèlement, certaines opérations de l’IMC font également usage de mercure pour former un amalgame grisâtre avec l’or. Les ouvriers chauffent ensuite cette pâte au chalumeau, provoquant l’évaporation du mercure qui retombe inexorablement dans l’environnement proche. Ces vapeurs toxiques contaminent l’air respiré par les travailleurs avant de se déposer sur les sols et dans les cours d’eau avoisinants.
Sur le chantier minier chinois à Rondi, dans la Nana-Mambéré, avec des machines prêtes à l’emploi
C’est précisément l’utilisation combinée de ces produits chimiques qui a provoqué la catastrophe survenue début janvier à Gobolo. Des milliers de poissons ont péri dans la rivière Mambéré suite au déversement massif de ces substances dans les eaux. Les résidus toxiques chargés de métaux lourds et de restes de cyanure se sont écoulés directement depuis les installations minières vers le fleuve qui irrigue toute la région.
Cette hécatombe aquatique montre l’ampleur démesurée des opérations menées par IMC sur place. Alors que l’entreprise ne déclare officiellement que 98 grammes d’or extraits chaque jour, les informations crédibles obtenues par la rédaction du CNC indiquent une production réelle atteignant 10 lingots de 10 kilogrammes quotidiennement, rien qu’à Gobolo. Un tel écart entre les chiffres annoncés et la réalité mesurée explique pourquoi les quantités de produits chimiques employés dépassent toute norme raisonnable.
La rivière Mambéré constitue pourtant l’artère vitale de nombreuses communautés établies sur ses berges. Des villages entiers dépendent de ce cours d’eau pour leur approvisionnement quotidien en eau potable, la pêche qui nourrit les familles, l’hygiène corporelle et l’ensemble des activités domestiques. Le pont de Mambéré relie Bouar à Béloko en enjambant ce fleuve au niveau de Gallo.
Malgré la gravité de l’empoisonnement de la rivière Mambéré par l’entreprise IMC, aucun avertissement n’a été diffusé auprès des populations vivant en aval. Les habitants perpétuent leurs habitudes sans savoir qu’ils manipulent désormais une eau contaminée par des poisons violents. Le mercure présente un danger particulièrement insidieux car il s’accumule dans la chair des poissons rescapés, créant une chaîne de contamination qui remonte jusqu’aux consommateurs humains.
Face à cette catastrophe, le chef de groupement de Gobolo a tenté d’interpeller les responsables de l’entreprise. Sa démarche a provoqué une réaction menaçante du commandant Lamtagué qui l’a intimidé violemment, le menaçant même d’un passage à tabac s’il persiste. Terrorisé par ces menaces de l’officier, le chef du groupe a préféré abandonner toute réclamation et regagner son village en silence.
L’impunité dont bénéficie l’entreprise lui permet également de bafouer les règles élémentaires de remise en état des sites exploités. Le cahier des charges impose pourtant le comblement de toutes les excavations avant l’abandon d’une zone d’extraction. Cette obligation fondamentale demeure systématiquement ignorée, comme en attestent les cratères béants visibles jusque autour de la base de l’IMC de Gobolo.
Ces trous gigantesques parsèment désormais une forêt autrefois luxuriante, transformée en paysage désolé. Les arbres abattus par centaines laissent place à des étendues stériles où la végétation peine à reprendre racine. La terre retournée et lessivée par les pluies charrie vers les rivières des sédiments contaminés qui prolongent la pollution bien au-delà des zones directement exploitées.
Cette dévastation rappelle étrangement les événements survenus entre 2018 et 2019 à Bozoum, dans l’Ouham-Pendé. À cette époque, une entreprise chinoise avait commis des dégradations environnementales qui avaient soulevé la colère des populations locales. L’ampleur du scandale avait finalement contraint l’Assemblée nationale à lancer une enquête parlementaire approfondie sur les agissements de la société.
Les conclusions de cette investigation avaient révélé des manquements graves et conduit à la fermeture pure et simple de la coopérative chinoise dans cette province. Pendant ce temps, les activités des autres sociétés chinoises continuent la dégradation de l’environnement a repris ailleurs avec une intensité décuplée, comme si les leçons de Bozoum n’avaient jamais existé. Les secteurs de Gomignon à Yaloké, Gobolo, Rondji subissent aujourd’hui des ravages qui éclipsent largement ce qui s’était produit à Bozoum.
Les observateurs estiment que les dommages actuels représentent cent fois, peut-être même davantage, l’ampleur des destructions constatées lors du précédent scandale à Bozoum. La contamination atteint des niveaux qui dépassent l’entendement, affectant simultanément les eaux, les sols et l’air que respirent les communautés locales. Le mercure demeurera dans les sédiments pendant des décennies, rendant la terre et les rivières impropres à tout usage pendant des générations.
Enlevé, séquestré puis dépouillé de son argent, un jeune cultivateur d’Obo a vécu une nuit de terreur de sa vie aux mains des mercenaires russes et des soldats FACA
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/obo-vers-le-champ.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/obo-vers-le-champ.webp” alt=”Enlevé, séquestré puis dépouillé de son argent, un jeune cultivateur d’Obo a vécu une nuit de terreur de sa vie aux mains des mercenaires russes et des soldats FACA ” width=”400″ height=”218″ />OBO vers le champ
La ville d’Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, a été une nouvelle fois le cadre d’un incident grave impliquant des mercenaires russes du groupe Wagner et des soldats des forces armées.
Jinati, fils de Gbawe, était parti aux champs vers la localité de Dindiri avec deux camarades pour cultiver la terre. Munis de leurs coupe-coupes, houes et autres outils, les trois jeunes hommes avaient passé leur journée à travailler leur champ, avant de prendre le chemin du retour en longeant la route.
C’est à ce moment-là que les choses ont basculé. En voyant arriver un groupe de soldats FAKAR et de mercenaires russes, les deux compagnons de Jinati ont pris la fuite dans la brousse. Lui, resté seul, n’a pas eu le temps de fuir. Il a été saisi sur place.
Arrêté puis interrogé, le jeune a tenté d’expliquer qu’ils revenaient du champ. Malgré ses explications, les russes l’ont déshabillé pour chercher des armes sur lui. Ils n’ont rien finalement eu, seulement une somme d’argent qui s’élève à 30 000 francs CFA. Malgré cela, ils ont confisqué l’argent, puis l’ont ligoté les mains et les pieds avant de le jeter dans leur véhicule. Les soldats FACA et les mercenaires russes l’ont amené dans leur véhicule à une destination inconnue avant de le ramener à Obo que le lendemain, toujours les mains ligotée derrière et les pieds comme on attache du gibier.
Mais à leur retour à Obo, ils l’ont déposé directement à la gendarmerie. Après quelques heures, Jinati a été relâché sans charge retenue contre lui.
Libéré, il s’est rendu à la base militaire pour réclamer les 30 000 francs CFA qu’il portait dans sa poche au moment de son arrestation. Les soldats FAKAR ont nié avoir pris son argent, puis ont fini par lui remettre seulement 9 000 francs, sans aucune explication sur la différence.
Jinati a une femme et des enfants à nourrir. Cet argent, c’était le fruit de son labeur au champ de Dindiri, destiné à couvrir les besoins de sa famille. De retour chez lui, les mains vides ou presque, il n’a pas cherché à provoquer d’incident.
Pour les habitants d’Obo, aller maintenant aux champs est un risque total, du moment où les Wagner ne veulent plus voir les gens aller aux champs. Pour eux, aller aux champs est synonyme d’être en contact avec les miliciens Azandé. En plus, une trace de rasoir au corps est synonyme aussi d’appartenance à la milice Azandé. Si bien que les habitants d’Obo ont de difficulté à nourrir leur famille, pour la plus part des cultivateurs.
Kouki : Nugatoulom Arnaud alias Nigas a encore frappé, un homme abattu entre les chantiers de Balaka et de Zaranga
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-victime-tue-dans-la-localite-de-kouki-par-des-bandits-armes.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-victime-tue-dans-la-localite-de-kouki-par-des-bandits-armes.webp” alt=”Kouki : Nugatoulom Arnaud alias Nigas a encore frappé, un homme abattu entre les chantiers de Balaka et de Zaranga” width=”400″ height=”533″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-victime-tue-dans-la-localite-de-kouki-par-des-bandits-armes.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-victime-tue-dans-la-localite-de-kouki-par-des-bandits-armes-315×420.webp 315w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />La victime tué dans la localité de Kouki par des bandits armés
Le samedi 28 février 2026, aux environs de 9 heures du matin, un homme a perdu la vie sur la piste reliant le chantier de Balaka au chantier de Zaranga, communément appelé en arabe Hourouf, dans la localité de Nana-Bakassa et Kouki. Un meurtre de plus signé par un groupe armé que la rédaction de CNC connaît bien.
L’auteur principal de ce crime abject est Nugatoulom Arnaud, alias Nigas, ancien caporal de l’armée nationale reconverti en hors-la-loi, passé tour à tour par la milice Anti-Balaka, membre de la Coalition des Patriotes pour le Changement, la CPC, avant d’atterrir au mouvement 3R. Sa tête n’est pas nouvelle dans nos pages : c’est lui et ses hommes qui avaient tué une gendarme le mois dernier sur la route de Bossangoa et Nana Bakassa, un crime sur lequel CNC avait déjà publié un article.
Ce groupe prend racine dans plusieurs villages proches les uns des autres, administrativement séparés mais géographiquement imbriqués. Bodili, Bogore et Bodee relèvent de la préfecture de l’Ouham Fafa, tandis que Bowara appartient à la sous-préfecture de Nana Bakassa. Entre ces localités, parfois distantes d’un ou deux kilomètres seulement, Nugatoulom Arnaud et ses complices circulent librement, armés de trois à quatre Kalachnikov et de quelques armes artisanales.
Leur force, c’est précisément cette capacité à disparaître dans la vie ordinaire des villages après chaque attaque. Ils posent leurs armes, reprennent leur place parmi les habitants, saluent leurs voisins — et personne, ou presque, ne dit rien. C’est dans cet espace de silence que ce groupe continue de prospérer.
Ce samedi-là, la victime circulait sur une route que des dizaines de personnes empruntent chaque semaine pour rejoindre les chantiers ou rentrer chez elles. Elle a été abattue et ses affaires emportées. Les témoins présents dans les environs n’ont pas encore été entendus publiquement par les autorités.
Pendant ce temps, Nugatoulom Arnaud alias Nigas est toujours dans la nature, quelque part entre Bodili, Bogore, Bodee et Bowara.
Le syndicaliste Louis Marie Kogrengbo tire la sonnette d’alarme sur les dysfonctionnements graves qui minent la relation entre banques et clients en RCA.
Pourtant, la réalité raconte une tout autre histoire. Dans sa lettre ouverte adressée à l’Association Professionnelle des Banques de République Centrafricaine, Kogrengbo s’appuie sur des expériences vécues par des milliers de citoyens, jour après jour, dans les agences du pays. Son constat reflète les frustrations accumulées depuis que la privatisation promettait modernité et performance.
Ce que l’activiste observe d’abord, c’est la froideur de l’accueil réservé aux usagers. Trop d’agents affichent une indifférence qui glace l’atmosphère dès l’entrée dans les locaux. Le sourire, l’écoute attentive et l’orientation claire semblent relever d’un luxe plutôt que d’une norme professionnelle élémentaire que réclame Louis Marie Kogrengbo.
Cette distance s’accompagne d’une lenteur qui exaspère les clients au quotidien. Les opérations les plus simples prennent un temps démesuré, sans que personne ne juge utile d’expliquer les raisons du retard. Quand un problème technique survient, le silence devient la seule réponse offerte aux usagers qui attendent, impuissants devant les guichets fermés.
L’acteur social déplore que le principe selon lequel chaque client mérite considération se soit évaporé. Beaucoup d’usagers ressentent qu’ils dérangent, qu’ils quémandent une faveur là où ils devraient simplement bénéficier d’un service normal. Cette inversion des rôles blesse profondément ceux qui confient leur argent à ces institutions bancaires centrafricaines.
La désorganisation atteint son paroxysme au niveau des caisses, selon Kogrengbo. Dans plusieurs établissements, les pauses ne font l’objet d’aucune coordination entre les agents. Résultat : tous les guichets ferment en même temps, abandonnant une foule de clients médusés dans le hall pendant de longues minutes.
Cette situation ne relève pas d’incidents occasionnels mais d’une pratique récurrente que dénonce l’acteur social. Les conséquences de ce dysfonctionnement pèsent lourd sur les usagers centrafricains. Des files d’attente s’étirent pendant des heures, obligeant des professionnels à prendre du retard sur leurs engagements personnels et commerciaux.
La tension monte alors dans les agences, les échanges deviennent tendus et l’énergie de chacun s’épuise inutilement. La présence des agents de sécurité privée ajoute encore à la difficulté, selon les observations de Louis Marie Kogrengbo. Certains d’entre eux adoptent des postures autoritaires qui transforment les espaces bancaires en zones de contrôle militaire plutôt qu’en lieux d’accueil.
Les clients subissent parfois des humiliations qui blessent leur dignité, alors qu’ils viennent simplement gérer leurs comptes. Cette confusion des rôles dérange profondément l’acteur social qui rappelle une évidence. Les usagers ne franchissent pas les portes d’une banque en intrus mais en partenaires légitimes dont l’argent fait tourner ces institutions.
Face à cette accumulation de griefs, Kogrengbo formule des pistes concrètes d’amélioration dans sa lettre. Il préconise d’abord une formation approfondie de tous les employés aux techniques d’accueil et de relation client. Un code de bonne conduite devrait s’afficher dans chaque agence, rappelant à tous les valeurs de courtoisie et de professionnalisme bancaire.
La planification des pauses exige une refonte complète, selon l’acteur de la vie sociale. Les établissements doivent garantir qu’au moins un guichet reste ouvert en permanence pendant les heures d’ouverture officielles. Des systèmes modernes de gestion des files permettraient de fluidifier le passage et d’informer les clients sur le temps d’attente réel.
L’écoute des réclamations nécessite également des outils adaptés, estime Louis Marie Kogrengbo. Des boîtes à suggestions accessibles et des services dédiés au suivi de la satisfaction permettraient de capter les signaux d’alerte. Chaque commentaire mérite une analyse et une réponse appropriée de la part de l’Association Professionnelle des Banques.
Quant aux agents de sécurité, leur mission doit retrouver sa dimension humaine selon l’activiste. Protéger les lieux n’implique aucunement de maltraiter ceux qui les fréquentent pour effectuer leurs opérations. Une redéfinition claire de leur périmètre d’action s’impose pour rétablir un climat serein dans les agences centrafricaines.
Le secteur bancaire porte une responsabilité majeure dans le développement du pays, rappelle Kogrengbo. Sans la confiance des citoyens, aucune croissance durable ne peut s’enraciner dans l’économie nationale. Les établissements qui négligent cette dimension scient la branche sur laquelle ils sont assis, prévient l’acteur social.
Cette lettre ouverte ne cherche pas à accabler mais à ouvrir un dialogue constructif avec les banques. Les usagers tendent la main aux banquiers pour bâtir ensemble un système qui honore ses promesses initiales de modernisation. La privatisation visait l’excellence, il reste à matérialiser cette ambition dans le quotidien des agences selon Louis Marie Kogrengbo.
L’Association Professionnelle des Banques détient les leviers nécessaires pour impulser ce changement attendu. Une réforme de la culture de service bénéficierait à tous : clients satisfaits, employés valorisés, institutions renforcées et économie dynamisée. Les ressources existent dans le secteur bancaire centrafricain, seule la volonté politique manque encore selon l’activiste.
Les Centrafricains observent et espèrent une amélioration rapide de la situation, conclut Kogrengbo. Ils ont besoin de banques qui les respectent, qui comprennent leurs besoins et qui répondent avec diligence. Cette exigence ne relève pas du caprice mais du droit le plus élémentaire de tout usager
Depuis qu’il a pris le pouvoir en 2020, le nouveau dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadera n’a cessé de déclarer dans les médias et partout que le pays avance. Mais quand on regarde la réalité sur le terrain, c’est tout le contraire. La santé publique en est l’exemple le plus parlant. Et l’hôpital secondaire de Ouanda-Djallé en est la preuve parfaite de cette décadence.
L’équipe de la rédaction du CNC, de passage à Ouanda-Djallé, a visité l’hôpital secondaire de la localité la semaine dernière. Sur place, les problèmes sont nombreux. Mais un seul saute immédiatement aux yeux : le pèse-bébé.
Le pèse-bébé de l’hôpital de Ouanda-Djallé, dans la préfecture de la Vakaga. Photo CNC
Cet appareil a été offert par l’ONG internationale IMC en 2008 lorsque Faustin-Archange Touadera était encore premier ministre du Président François Bozizé. Depuis cette date, il n’a jamais été remplacé. Il est utilisé chaque jour, sans interruption, depuis maintenant 18 ans.
Aujourd’hui, le matériel est dans un état de délabrement total. Il est tombé en panne. Des guêpes ont construit leurs nids autour de la structure de l’appareil. Son usage est devenu difficile et peu hygiénique.
Pour obtenir une simple mesure de poids, le personnel soignant doit bricoler l’appareil tant bien que mal. La précision nécessaire au suivi médical des nourrissons n’est plus garantie.
La situation est d’autant plus frappante que des enfants pesés sur cette machine en 2008 sont aujourd’hui des adultes. Ces mêmes personnes ont maintenant leurs propres bébés. Et ces nourrissons sont pesés sur le même appareil défectueux que leurs parents avant eux.
Deux générations sur une seule machine en ruine. C’est la réalité de Ouanda-Djallé en 2026.
Devant cette situation, la population ne se tait plus. Les habitants interpellent directement le ministère de la Santé et celui de la Communication. Leur demande est claire et urgente : envoyer immédiatement un nouveau pèse-bébé.
L’hôpital secondaire de Ouanda-Djallé attend. Les bébés de Ouanda-Djallé attendent. Le ministère de la Santé entendra-t-il cet appel ? Affaire à suivre….
URGENCE : Un cadre suisse de MSF-RDC arrêté à Zémio par des mercenaires de la milice russe Wagner
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-mercenaires-russes-et-les-soldats-faca-en-patrouille-a-zemio.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-mercenaires-russes-et-les-soldats-faca-en-patrouille-a-zemio.webp” alt=”URGENCE : Un cadre suisse de MSF-RDC arrêté à Zémio par des mercenaires de la milice russe Wagner ” width=”500″ height=”286″ />Les mercenaires russes et les soldats FACA en patrouille à Zemio
Des expatriés humanitaires continuent de tomber dans le collimateur des mercenaires du groupe Wagner déployés à Zémio, dans le Haut-Mbomou, au point que la sous-préfecture est en train de devenir une zone de non-droit pour les acteurs de l’aide internationale. Pourtant, la Minusca continue de produire des faux rapports aux nations-unies, vantant le retour de la paix, comme si la paix est synonyme d’absence des groupes armés.
En effet, depuis plusieurs semaines, l’ONG internationale MSF-suisse, dont le siège opérationnel est rattaché à la section suisse de l’organisation à Kinshasa, cherche à prendre en charge les milliers de déplacés centrafricains qui ont quitté le territoire national pour se réfugier dans le village de Nzapay, en République démocratique du Congo, de l’autre côté de la rivière Mbomou. Rejoindre Nzapay depuis Kinshasa ou depuis n’importe quelle grande ville congolaise représente des milliers de kilomètres de route, ce qui rend tout acheminement de matériel depuis le sol congolais extrêmement difficile, voire impraticable.
C’est pourquoi MSF-RDC a engagé des négociations avec les autorités centrafricaines pour faire transiter son équipement par Bangui, puis directement par voie terrestre vers Zémio, d’où il suffit de franchir la rivière Mbomou pour atteindre Nzapay. Ce couloir logistique, plus court et plus viable, permettrait à l’organisation d’approvisionner régulièrement le site où les réfugiés centrafricains sont estimés à plusieurs milliers. Dans ce même cadre, MSF-RDC étudie également la possibilité de reprendre une partie de la gestion de l’hôpital de Zémio pour en faire un établissement de référence, capable de recevoir les cas graves évacués depuis Nzapay.
C’est dans ce contexte que le cadre suisse de MSF-RDC effectuait deux fois une mission à Zémio. Lors de sa troisième visite dans la même ville, il a été interpellé au sein même de l’hôpital par des éléments du groupe Wagner et conduit de force dans leur base, où il se trouve retenu à l’heure où nous publions ces lignes.
Il est à noter que ce n’est pas la première fois que les mercenaires de la milice russe Wagner s’en prennent à un expatrié travaillant dans la région. Le 25 mai 2024, Martin Joseph Figueira, ressortissant belgo-portugais et consultant pour l’ONG américaine FHI 360, avait été arrêté dans les mêmes circonstances à Zémio. Accusé de complot contre l’État, de contacts avec des groupes armés et d’incitation à la haine, il avait été transféré à Bangui avant d’être incarcéré. Dix-huit mois après cette arrestation, il a finalement été condamné à dix ans de prison ferme pour espionnage et atteinte à la sûreté de l’État. Il reste à ce jour derrière les barreaux.
Le cadre suisse de MSF-RDC est donc le deuxième expatrié à subir ce type d’arrestation à Zémio en moins de deux ans. Sa situation exige une réaction rapide des autorités centrafricaines compétentes et de la communauté internationale, d’autant que son organisation menait une mission strictement humanitaire au bénéfice de populations déplacées particulièrement
Dans les coulisses de la bataille sans merci pour le perchoir de l’Assemblée nationale centrafricaine : Ngamana, Piri, Sarandji et d’autres se battent au conseil constitutionnel
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/08/De-gauche-a-droite-Simplice-Mathieu-Sarandji-president-de-lAssemblee-nationale-et-Evariste-Ngamana-1er-vice-president-de-lAssemblee-nationale.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2022/08/De-gauche-a-droite-Simplice-Mathieu-Sarandji-president-de-lAssemblee-nationale-et-Evariste-Ngamana-1er-vice-president-de-lAssemblee-nationale.jpg” alt=”Dans les coulisses de la bataille sans merci pour le perchoir de l’Assemblée nationale centrafricaine : Ngamana, Piri, Sarandji et d’autres se battent au conseil constitutionnel” width=”300″ height=”188″ />De-gauche-a-droite-Simplice-Mathieu-Sarandji-president-de-lAssemblee-nationale-et-Evariste-Ngamana-1er-vice-president-de-lAssemblee-nationale – Touadera, Wagner et ses opposants.
Le scrutin groupé du 28 décembre 2025 a à peine refermé ses urnes que la compétition pour diriger l’Assemblée nationale a déjà pris une tournure féroce, avec des manœuvres souterraines qui mettent à nu les rouages d’un pouvoir bâti sur la corruption et la criminalité.
Au cœur de cette offensive, un homme, un faussaire bien connu, monsieur Évariste Ngamana, ancien chef milicien, premier vice-président sortant de l’Assemblée nationale et titulaire de faux diplômes, nourrit depuis le début de la septième législature une ambition dévorante : s’emparer du perchoir. Faute d’avoir pu y accéder lors de son premier mandat, il a compensé son échec en achetant les suffrages de ses collègues pour se maintenir cinq années entières à son poste de vice-président, un poste qui, au fond, ne lui suffit pas.
Pour préparer sa conquête du fauteuil de président de l’Assemblée, Ngamana a commencé bien avant le jour du vote. Il a fait placer sa maîtresse, directrice des services informatiques, au sein de l’Autorité nationale des élections, transformant ainsi cet organe censé garantir la transparence en un instrument au service de ses propres desseins. Cette dame, dont les commissaires électoraux ont eux-mêmes demandé le limogeage après l’avoir prise en flagrant délit de manipulation des données, a gonflé les scores de candidats acquis à la cause de Ngamana, tandis qu’elle faisait disparaître les voix d’autres.
Installée à ce poste stratégique, Huguette Yolande Ndindy a fait ce pour quoi elle avait été placée là. Elle a gonflé les scores de candidats acquis à la cause de Ngamana, tandis qu’elle faisait disparaître les voix d’autres, le tout sans aucun fondement dans les procès-verbaux officiels. Les commissaires électoraux l’ont prise les mains dans le sac, et leur décision a été immédiate : ils ont réclamé à l’unanimité son limogeage sur-le-champ.
Le président de l’ANE avait d’abord validé cette révocation avec une célérité remarquable, non sans arrière-pensée. Car lui aussi avait jadis tenté d’approcher madame Ndindy, sans succès. La directrice avait préféré l’alliance avec Ngamana, et cette humiliation personnelle n’avait jamais été digérée. Le scandale électoral lui offrait donc une belle occasion de régler ses comptes. Mais le président Touadéra est intervenu pour bloquer la procédure et maintenir Huguette Yolande Ndindy en poste, sans même réaliser qu’il servait, ce faisant, les calculs personnels de Ngamana.
Car Ngamana manipule le chef de l’État avec une habileté redoutable, lui faisant croire qu’il agit dans l’intérêt général, alors qu’il construit patiemment sa propre ascension. Malgré ces montages, le nombre de députés favorables à Ngamana n’a pas atteint le seuil espéré à l’issue des élections. Il a donc fallu aller chercher des voix supplémentaires ailleurs, et le chemin naturel était celui du Conseil constitutionnel. Des appels répétés, insistants, ont alors déferlé sur le président de cette juridiction, le professeur Jean-PierreWaboué que l’on pressait de valider des candidats rejetés ou d’invalider des candidats légitimes.
Malgré ces montages, le nombre de députés favorables à Ngamana n’a pas atteint le seuil espéré à l’issue des élections. Il a donc fallu aller chercher des voix supplémentaires ailleurs, et le chemin naturel était celui du Conseil constitutionnel. Des appels répétés, insistants, ont alors déferlé sur le président de cette juridiction, le professeur Jean-Pierre Waboué, que l’on pressait de valider des candidats rejetés ou d’invalider des candidats légitimes pour modifier la composition de l’Assemblée.
Jean-Pierre Waboué a d’abord tenu bon. Il a dit clairement que les manipulations déjà faites étaient suffisantes, qu’il ne pouvait plus aller au-delà. Il a même cessé de décrocher le téléphone lorsque Touadéra et Ngamana l’appelaient, préférant couper les ponts plutôt que de continuer à s’enfoncer. Devant ce blocage, Ngamana et Touadéra ont changé de méthode : plutôt que de convaincre le président du Conseil constitutionnel, ils ont travaillé les juges membres, les menaçant ou les achetant pour constituer une majorité interne qui passe outre la réserve du président.
Ce basculement au sein du Conseil constitutionnel a produit ses effets. Des candidats indépendants, certains n’ayant même pas franchi le cap du premier tour, ont été validés. D’autres, légitimement élus, ont été écartés. Le cas de Bouar 1, circonscription où Fleury Pabandji, très hostile à Sarandji, a été propulsé par ce mécanisme, illustre à lui seul l’ampleur du détournement. La cible prioritaire de Ngamana dans cette opération, ce sont les candidats indépendants qui ont préféré ne pas rejoindre le MCU officiel, des profils qu’il juge plus malléables et moins attachés à Simplice Mathieu Sarandji, le président sortant de l’Assemblée.
Car Sarandji est bien l’un de ses adversaires dans cette bataille. Longtemps pressenti pour quitter l’Assemblée afin d’accéder à la vice-présidence de la République, il a finalement opéré un demi-tour et dit vouloir rester au perchoir. Cette volte-face a irrité Ngamana, qui a aussitôt déclaré qu’il allait l’écraser dans les urnes internes. L’autre compétiteur de poids est Bertrand Arthur Piri, ministre actuel de l’énergie et neveu du président, qui lorgne lui aussi le perchoir avec une détermination affichée.
À ce jour, Ngamana revendique le soutien de cinquante députés acquis à sa cause, et il espère encore en rallier jusqu’à cent avant le vote décisif, ce qui lui garantirait une victoire nette face aux quarante voix restantes. Mais la politique n’est pas un registre figé : les allégeances achetées hier peuvent se revendre demain, et les députés qu’il croit tenir fermement dans sa poche pourraient bien lui réserver des surprises.
Fari Tahéruka Shabazz appelle la diaspora centrafricaine : mobilisez-vous face au nettoyage ethnique en préparation en cours dans le Haut-Mbomou
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-pauvres-jeunes-centrafricains-arretes-par-les-mercenaires-russes-du-groupe-wagner-appuyes-par-des-gendarmes-policier-et-faca.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-pauvres-jeunes-centrafricains-arretes-par-les-mercenaires-russes-du-groupe-wagner-appuyes-par-des-gendarmes-policier-et-faca.webp” alt=”Fari Tahéruka Shabazz appelle la diaspora centrafricaine : mobilisez-vous face au nettoyage ethnique en préparation en cours dans le Haut-Mbomou” width=”500″ height=”225″ />Les pauvres jeunes centrafricains arrêtés par les mercenaires russes du groupe Wagner, appuyés par des gendarmes, policier et FACA
Dans sa déclaration du 24 février 2026, Fari Tahéruka Shabazz lance un appel urgent à toute la diaspora centrafricaine dispersée à travers le monde pour secourir des milliers de compatriotes abandonnés.
Ce que Fari Tahéruka Shabazz décrit sur le terrain est d’une gravité que les chiffres seuls ne peuvent pas contenir. Dix mille Centrafricains réfugiés à Bili, dans le Bas-Uélé en RDC, sans rien. D’autres qui fuient dans les forêts du Haut-Mbomou, vers le Soudan du Sud, vers la RDC, poussés dehors par les frappes et les incendies de villages que la Zatistka russe impose méthodiquement. Ces gens ne partent pas par choix — ils partent parce que rester signifie mourir.
Fari Tahéruka Shabazz est explicite sur un point que beaucoup préfèrent ne pas entendre : il ne faut pas attendre la MINUSCA, il ne faut pas attendre le CICR. Ces deux structures, dit-il, sont aujourd’hui en faillite financière et ne disposent plus des moyens d’intervenir. Mais au-delà de l’argent, Fari Tahéruka Shabazz va plus loin — il les désigne comme des acteurs qui ont choisi leur camp, celui de Touadéra et donc celui des Wagner. Compter sur eux pour protéger les populations qu’ils ont contribué à abandonner serait une erreur de calcul.
C’est pourquoi Fari Tahéruka Shabazz se retourne vers la diaspora, celle d’Europe, d’Asie, d’Amérique, d’Afrique. Il ne demande pas l’impossible. Il demande ce que chacun peut faire depuis son salon, depuis son quartier : chercher des vêtements, rassembler de la nourriture, mutualiser les efforts et organiser des envois concrets via le Soudan du Sud ou la RDC. Pas par les voies officielles saturées, mais par les couloirs humains qui existent encore et qui peuvent atteindre ceux qui sont dans la forêt.
Fari Tahéruka Shabazz ajoute une dimension que la seule logique humanitaire ne suffit pas à couvrir. En se mobilisant, la diaspora ne nourrit pas seulement des réfugiés — elle attire des regards. Elle produit du bruit médiatique. Elle empêche que ces visages disparaissent dans le silence que Wagner cherche précisément à installer. Le vide démographique que la Zatistka veut créer dans le Haut-Mbomou a besoin de l’indifférence du monde pour fonctionner. La mobilisation de la diaspora est donc aussi, en elle-même, un acte de résistance.
Fari Tahéruka Shabazz rappelle ce que Wagner veut réellement : vider le Haut-Mbomou de ses habitants. Que les Zandé fuient en RDC ou au Soudan, qu’ils se dispersent dans d’autres préfectures, qu’ils meurent — peu importe pour les mercenaires russes. L’essentiel est que la zone soit libre de toute présence humaine autochtone pour que la prédation minière puisse se déployer sans obstacle ni témoin.
Ce que Fari Tahéruka Shabazz demande à la diaspora n’est pas de prendre les armes. Il lui demande d’être présente, concrètement, matériellement, pour que ceux qui résistent encore dans la forêt ne se retrouvent pas seuls face à une machine de guerre qui a déjà appliqué cette même méthode au Caucase sans que le monde ne bouge vraiment. La question qui reste dans l’air, c’est de savoir combien de temps la diaspora centrafricaine attendra encore avant de
Université de Bangui : le désordre s’intensifie à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Jean-Claude-azoumaye.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/05/Jean-Claude-azoumaye.jpg” alt=”Portrait de monsieur Jean-Claude Azoumaye , Le doyen de la faculté des lettres et des sciences humaines de l’université de Bangui.” width=”300″ height=”300″ />Professeur Jean Claude azoumaye, Doyen de la faculté des letttres et des sciences humaines
Ce n’est pas la première fois que la faculté des Lettres et Sciences Humaines est plongée dans le désordre. Depuis plus de 4 ans, c’est le même chaos. Le doyen Jean-Claude Azoumaye récidive à la FLSH de Bangui avec les mêmes pratiques désorganisatrices.
En effet, la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Bangui regroupe plusieurs départements dont la sociologie, l’anthropologie, la philosophie et bien d’autres. Depuis que le Pr Jean-Claude Azoumaye en tient les rênes, les choses ont pris une tournure que personne n’aurait imaginée. Les étudiants qui arrivent avec des rêves plein la tête repartent souvent les mains vides, sans comprendre ce qui leur est arrivé.
Pour comprendre les faits, il faut revenir à la réalité. Prenant l’exemple de cette année académique 2025-2026. Elle a démarré très tard, quelque part entre fin octobre et fin novembre 2025. Mais dès la rentrée universitaire, deux événements majeurs ont lourdement bousculé le calendrier : le Recensement Général de la Population et de l’Habitat, et les élections groupées du 28 décembre 2025.
Durant ces événements, certains enseignants, en majorité membres du parti au pouvoir ou de l’opposition, ont purement et simplement sèché les cours à la faculté pour se consacré dans leurs activités politiques pendant des semaines entières.
Du coup, les heures de cours prévues n’ont pas été respectées. Des matières qui nécessitent trente-cinq heures de présence n’ont parfois bénéficié que de quelques séances éparses. Les travaux dirigés et les travaux pratiques, qui sont pourtant le cœur de certaines disciplines, n’ont jamais vu le jour cette année.
Pourtant, malgré tout cela, le doyen Jean-Claude Azoumaye, dans un spectacle digne de la comédie ivoirienne, a annoncé dès janvier 2026 la fin des cours et le début des préparatifs des examens du premier semestre. Incroyable! Cette décision a laissé les étudiants dans un état de stupeur complet. Le doyen Azoumaye veut que On évalue ces pauvres étudiants sur des matières qu’ils n’ont pas eu le loisir d’étudier correctement.
Ce qui rend la chose encore plus difficile à digérer, c’est que les résultats des requêtes déposées l’année précédente par des étudiants de cette faculté, par exemple des départements de sociologie et d’anthropologie, n’ont été rendus publics qu’en janvier 2026. Dans ce contexte, certains étudiants, à l’issue de ces requêtes, ont été admis en classe supérieure. Imaginez! Seulement en janvier que la faculté rend sa décision sur les requêtes des étudiants. Et dès que la note est tombée, le doyen annonce quelques jours plus tard la fin des cours et le démarrage des examens de session. Quel bordel ? Pendant combien de temps ces pauvres étudiants vont-ils prendre les cours et préparer les examens ?C’est de la malhonnêteté intellectuelle.
Par-dessus tout ça, une pratique souterraine ronge la faculté de l’intérieur. Certains enseignants convoquent discrètement les délégués de classe et leur font signer des cahiers de textes qui attestent des cours qui n’ont jamais eu lieu. C’est une forme de tromperie silencieuse qui brouille toute tentative de vérification honnête.
C’est justement pourquoi beaucoup de voix appellent le vice-recteur à descendre sur le terrain, à convoquer lui-même les délégués de classe, à comparer les heures déclarées avec ce que les étudiants ont réellement vécu dans les salles. Une vérification département par département permettrait de voir la réalité telle qu’elle est.
Mais les étudiants, eux, gardent la bouche fermée. Parler, c’est prendre le risque de se retrouver avec des notes qui ferment les portes plutôt que de les ouvrir. Des murmures parlent de menaces à peine voilées, de délibérations arrangées pour décourager ceux qui osent élever la voix. La peur s’est installée comme un locataire indésirable dans les couloirs de la faculté.
Derrière ce silence forcé se cache une réalité que certains décrivent comme un moyen détourné de vider les amphithéâtres. Réduire le nombre d’étudiants en les conduisant à l’échec, plutôt qu’en les aidant à réussir. Des jeunes qui méritent une chance se retrouvent renvoyés dans leurs quartiers, avec rien dans les mains.
Le vice-recteur de l’Université de Bangui ne peut pas continuer à regarder ailleurs. Les faits rapportés par Corbeau News Centrafrique depuis plusieurs années dessinent un tableau que l’administration universitaire connaît, mais sur lequel elle n’a toujours pas posé un acte concret. Pendant ce temps, une nouvelle promotion d’étudiants attend, entre l’espoir et la résignation.
Le chef du village de Ligoua traqué par les mercenaires russes après avoir réclamé ses panneaux solaires et des batteries volés
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-mercenaires-russes-de-la-milice-wagner-en-operation-a-mboki-dans-le-haut-mbomou.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/02/les-mercenaires-russes-de-la-milice-wagner-en-operation-a-mboki-dans-le-haut-mbomou.webp” alt=”Le chef du village de Ligoua traqué par les mercenaires russes après avoir réclamé ses panneaux solaires et des batteries volésL’analyse du politologue Fari Tahéruka Shabazz sur les conditions de l’effondrement des Wagner à l’Est de Centrafrique” width=”400″ height=”228″ />Les mercenaires russes de la milice Wagner en opération à Mboki, dans le Haut-Mbomou
Dans l’extrême sud-est de la République centrafricaine, un chef de village est aujourd’hui en fuite, recherché par des mercenaires russes du groupe Wagner pour avoir simplement osé dénoncer publiquement le pillage de sa communauté par des criminels de Touadéra et de Poutine.
Pour comprendre cette histoire, il faut bien situer cette localité martyrs du Haut-Mbomou. En effet, le village de Ligoua se trouve à 25 kilomètres de Obo, capitale provinciale du Haut-Mbomou, sur l’axe menant à Bambouti. En partant de Obo vers Bambouti, on parcourt 125 kilomètres au total : à 25 kilomètres, on arrive à Ligoua, et 100 kilomètres plus loin se trouve Bambouti, elle-même à 5 kilomètres seulement de la frontière avec le Soudan du Sud.
Depuis près d’un an, toute cette région du sud-est vit au rythme d’une crise profonde, nourrie par des tensions entre miliciens Azandé, mercenaires russes et soldats FACA. Des prises d’otages, des exactions et des fuites massives de population ont meurtri le quotidien des habitants du Haut-Mbomou, au point que la plateforme religieuse centrafricaine, réunissant catholiques, protestants et musulmans, a décidé de se rendre sur place pour tenter de rétablir un semblant de paix.
C’est ainsi que des évêques, pasteurs et imams ont fait le déplacement jusqu’à Obo pour y tenir une réunion avec le préfet, les autorités militaires et les représentants de la MINUSCA. C’est lors de cette rencontre que le chef du village de Ligoua a pris la parole. Il a raconté comment les mercenaires russes et les soldats FACA avaient débarqué dans son village, semant la panique jusqu’à pousser la majeure partie de ses habitants à fuir vers la République démocratique du Congo.
À l’issue de cette réunion, la MINUSCA a proposé d’organiser une mission sur le terrain, en passant d’abord par Ligoua avant de rejoindre Bambouti. Le samedi 21 février, la délégation composée de la MINUSCA, du préfet et de membres de la plateforme religieuse est arrivée au village. Les habitants restés sur place ont alors décrit ce qu’ils avaient vécu : les mercenaires russes étaient venus avec les soldats FACA, avaient semé la terreur, et la majorité de la population avait pris la fuite. Ceux qui étaient encore là ont prévenu : si les Wagner revenaient, ils partiraient tous sans exception.
Les villageois ont aussi expliqué qu’au moment de leur départ, les mercenaires avaient emporté des panneaux solaires, des torches, des batteries et d’autres équipements fournis par des organisations humanitaires. Le préfet, visiblement pris de court, a dit à la population présente qu’il n’est pas informé de cette affaire de vol. Il s’est tourné alors vers le chef du détachement militaire FACA présent à ses côtés pour lui demander d’expliquer à la population les raisons qui ont poussé les FACA et les russes à emporter ces panneaux solaires. Mais le chef des FACA, de son côté, a prétendu ne rien savoir de cette affaire, une réponse qui a aussitôt irrité le préfet : comment pouvait-il ignorer ce que ses propres hommes, envoyés avec les Russes, avaient fait ? Il lui a été demandé d’aller vérifier et de revenir avec des réponses.
La délégation est rentrée à Obo sans suite immédiate. Mais une semaine plus tard, dans la nuit du samedi 28 février 2026, des mercenaires russes accompagnés de soldats FACA se sont présentés au domicile du chef de village, dans le site des déplacés de Ligoua installé non loin de l’église catholique d’Obo. Ils ont frappé, fouillé, interrogé. Le chef n’était pas là.
Depuis cette nuit-là, l’homme est introuvable. Ce que le chef du détachement militaire est allé raconter aux mercenaires russes après la réunion reste inconnu, mais le résultat, lui, est clair : un homme qui a parlé devant les autorités pour réclamer la restitution de panneaux solaires et de batteries est aujourd’hui pourchassé dans sa propre ville.
Centrafrique : les ex-rebelles de 3R ont pris d’assaut les sites miniers de Gbabé et Carrefour, dans la circonscription de Yaloké 2
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/les-rebelles-de-3r-se-regroupant-dans-la-ville-de-koui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/06/les-rebelles-de-3r-se-regroupant-dans-la-ville-de-koui.jpg” alt=”Centrafrique : les ex-rebelles de 3R ont pris d’assaut les sites miniers de Gbabé et Carrefour, dans la circonscription de Yaloké 2″ width=”251″ height=”300″ />Les rebelles du groupe 3R dans la ville de Koui, l’Ouham-Pendé.
Ce que beaucoup redoutaient est en train de se produire à Yaloké 2. Les ex-rebelles du 3R ont envahi les sites miniers aurifères de Gbabé et Carrefour, semant l’inquiétude au sein des ouvriers.
En effet, pour comprendre cette histoire, il est important de remonter au début de l’année dernière avec la signature de l’accord de paix et de la cessation d’hostilité entre le gouvernement centrafricain et le mouvement 3R à Ndjamena, au Tchad.
Avant cette date, ces ex-rebelles faisaient face régulièrement aux caprices des mercenaires de la milice Wagner qui les pourchassent partout. Pour cette raison, ils étaient plus discrets quand à leurs présence sur des sites miniers.
Mais dès que cet accord de paix a été signé le 19 avril 2025, leur comportement a pris une autre tournure. Libérés de cette pression des Wagner, ils ont commencé à circuler plus librement, à parler plus fort, à avancer plus loin. Leur appétit pour le contrôle des zones minières a grandi au fil des semaines, comme une marée qui monte doucement sans que personne ne s’en aperçoive vraiment.
Ce regain d’audace les a également poussé à briser leurs anciennes alliances avec d’autres groupes armés. Pour rappel, le mouvement 3R faisait autrefois partie de la CPC, la Coalition des Patriotes pour le Changement, mais depuis leur ralliement au gouvernement, certains de leurs éléments se retournent contre leurs anciens frères de la CPC. Et ce n’est pas seulement contre la CPC qu’ils agissent, les populations civiles en subissent aussi les conséquences.
C’est dans ce climat tendu qu’ils ont commencé à déborder de leur zone d’influence. Après avoir d’abord posé la main sur plusieurs chantiers miniers du côté de Bossemptélé pour aller vers Bozoum, ils ont poussé leur avancée jusqu’aux sites miniers situés dans la deuxième circonscription de Yaloké , notamment vers Carrefour et Gbabé.
Sur place, leur façon de procéder ne laisse aucun doute sur leurs intentions. Ils se présentent aux chefs de chantier en affirmant qu’ils viennent surveiller, contrôler, sécuriser. Mais derrière ce mot de surveillance, les mineurs ont vite compris ce qui se cache réellement.
Car surveiller, dans leur langage, veut dire taxer. Des paiements sont exigés, des sommes imposées aux travailleurs , tout comme aux acheteurs qui n’ont d’autre choix que de se plier ou de partir. Pour des gens qui grattent la terre chaque jour pour nourrir leur famille, cette ponction devient un fardeau de trop.
Depuis que les ex-rebelles de 3R ont pris d’assaut ces sites miniers, les femmes, les hommes et même les jeunes qui vivaient de l’orpaillage hésitent à se rendre sur les sites. La peur a remplacé l’envie de travailler, et les chantiers qui bourdonnaient d’activité se vident peu à peu. Personne ne sait encore jusqu’où cette emprise va s’étendre dans les jours qui viennent.
Ouanda-Djallé : le gouverneur sur place après trois morts et 32 exactions des FACA dénoncées en une semaine
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-reunion-du-gouverneur-avec-la-population-de-ouanda-djalle-le-lundi-2-mars-dans-la-matinee-photo-cnc.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-reunion-du-gouverneur-avec-la-population-de-ouanda-djalle-le-lundi-2-mars-dans-la-matinee-photo-cnc.webp” alt=”Ouanda-Djallé : le gouverneur sur place après trois morts et 32 exactions des FACA dénoncées en une semaine” width=”400″ height=”857″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-reunion-du-gouverneur-avec-la-population-de-ouanda-djalle-le-lundi-2-mars-dans-la-matinee-photo-cnc.webp 400w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/03/la-reunion-du-gouverneur-avec-la-population-de-ouanda-djalle-le-lundi-2-mars-dans-la-matinee-photo-cnc-196×420.webp 196w” sizes=”auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px” />La réunion du gouverneur avec la population de Ouanda-Djallé le lundi 2 mars dans la matinée. Photo CNC
Trois morts à Ouanda-Djallé ont conduit le gouverneur de la région du Ferti à se rendre sur place ce lundi 2 mars 2026 pour entendre les habitants.
Deux jours après les tirs causés par des soldats de l’armée centrafricaine, le responsable régional est arrivé dans la ville encore marquée par les enterrements. Il a convoqué une rencontre publique afin d’écouter les récits des habitants sur les faits survenus au marché central.
Les échanges ont rapidement dépassé la seule journée du 27 février. Plusieurs intervenants ont détaillé une série d’abus qu’ils imputent aux militaires installés dans un locale de l’OFCA en centre-ville, parlant d’un climat devenu irrespirable.
Au total, trente-deux exactions auraient été commises en l’espace d’une semaine, selon les témoignages recueillis. Les habitants évoquent des coups, des menaces, des saisies de biens et des paiements imposés aux commerçants comme aux cultivateurs.
Réunion de gouverneur de Ferti avec les habitants de Ouanda-Djallé. Photo CNC
D’après eux, les contrôles improvisés sont fréquents. Au champ comme au marché, disent-ils, des soldats exigent de l’argent ou des produits, parfois sous la contrainte. Certains affirment ne plus distinguer les forces régulières de groupes armés actifs en brousse.
Cette comparaison revient avec insistance dans les prises de parole. Pour une partie de la population, les militaires se comportent comme des hommes sans commandement visible, agissant à leur guise, sans rendre compte à une hiérarchie identifiable.
Les critiques ont aussi visé l’état-major de forces armées à Bangui, accusé de ne pas sévir après les incidents répétés signalés ces derniers mois. Beaucoup estiment que l’absence de mesures fermes encourage la répétition des mêmes pratiques.
Le gouverneur a écouté, pris des notes, puis quitté la ville en promettant de transmettre les doléances. Aucune décision n’a été annoncée sur place, et les habitants disent attendre des actes concrets.
Depuis cette réunion, les relations restent tendues. Plusieurs commerçants expliquent éviter tout contact avec les soldats, préférant limiter leurs déplacements dans une ville où chacun observe désormais les mouvements de l’autre.
Incendies, pillage : les mercenaires russes de la milice Wagner se sont déchaînés sur le quartier AIM à Zemio
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-mercenaires-russes-et-les-soldats-faca-en-patrouille-a-zemio.webp” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2026/01/les-mercenaires-russes-et-les-soldats-faca-en-patrouille-a-zemio.webp” alt=”Les mercenaires russes et les soldats FACA en patrouille à Zemio” width=”500″ height=”286″ />Les mercenaires russes et les soldats FACA en patrouille à Zemio
Des habitations réduites en cendres, des portes arrachées, des tôles volées : le quartier AIM de Zemio a subi la furie des mercenaires russes de Wagner le 26 février 2026.
Zemio est une sous-préfecture du Haut-Mbomou, implantée au sud-est de la République centrafricaine. C’est dans cette localité que des mercenaires russes de la milice Wagner sont stationnés depuis 2024. Mais le jeudi 26 février 2026, ces hommes ont quitté leur base pour se diriger vers le quartier AIM, un secteur jadis occupé par des missionnaires, aujourd’hui peuplé de familles ordinaires.
Arrivés sur place, ils ont commencé par défoncer les portes des maisons une à une, avant de fouiller chaque habitation de fond en comble. Puis les flammes ont suivi. Les maisons ont brûlé les unes après les autres, pendant que les mercenaires chargeaient dans leurs véhicules les tôles arrachées des toitures et les portes brisées, comme si ces débris valaient la peine d’être récupérés.
Ce butin emporté sur des ruines encore chaudes laisse la population sans explication plausible. Personne à Zemio ne comprend ce qui pousse ces hommes à un tel acharnement. Voulaient-ils simplement récupérer des matériaux, ou s’agissait-il d’un message envoyé délibérément aux habitants pour les pousser à fuir définitivement ?
Il faut dire que beaucoup avaient déjà abandonné leurs maisons bien avant ce jour-là. Épuisées par une insécurité qui s’étire depuis des mois, de nombreuses familles avaient rejoint la localité congolaise de Nzapay, de l’autre côté de la rivière Mbomou. Certains quartiers de Zemio étaient donc quasiment vides quand les mercenaires y ont débarqué.
Et ce n’est pas tout! Trois jours après le saccage du quartier AIM, le dimanche 1er mars, une nouvelle opération a été menée dans le village de Bangassou-Zakara. Cette fois, ce sont des enfants et des femmes qui lavaient paisiblement le linge de leurs enfants qui ont été prises pour cibles. Les mercenaires les ont frappées, avant de mettre le feu aux vêtements et aux habitations environnantes.
Des enfants ont assisté à la scène, impuissants, pendant que leurs affaires partaient en fumée. Aucune justification n’a été donnée, aucun motif avancé. Les populations de la région se retrouvent ainsi à subir des actes dont elles ne saisissent ni la logique ni la finalité.
Ce qui se passe à Zemio et dans ses environs ressemble de plus en plus à une volonté d’écraser des communautés déjà fragilisées par des années de conflit. Frapper des femmes au bord de l’eau, brûler des habits d’enfants, voler des tôles sur des maisons abandonnées : rien de tout cela ne relève d’une opération militaire ordinaire.
Centrafrique : quand les urnes du 28 décembre racontent une tout autre histoire, et Bossembélé est un parfait exemple de ce chaos électoral
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Jean-Pierre-Waboue-et-Faustin-Archange-Touadera-au-palais-de-la-renaissance.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/12/Jean-Pierre-Waboue-et-Faustin-Archange-Touadera-au-palais-de-la-renaissance.jpg” alt=”Centrafrique : quand les urnes du 28 décembre racontent une tout autre histoire, et Bossembélé est un parfait exemple de ce chaos électoral” width=”300″ height=”148″ />le président du Conseil constitutionnel centrafricain, Jean-Pierre Waboué, salue Faustin-Archange Touadéra, au palais de la renaissance, comme un sujet devant son roi. Deux mains tendues, le dos courbé, les yeux baissés.
En Centrafrique, les élections législatives du 28 décembre 2025, d’abord proclamées par l’Autorité nationale des élections, puis confirmées le 27 février par le Conseil constitutionnel, ont produit des résultats que beaucoup refusent d’avaler. Des chiffres officiels qui, dans plusieurs localités, ne collent pas avec ce que les électeurs ont vécu de leurs propres yeux. Mais c’est à Bossembélé que la fracture entre les urnes et la vérité du terrain est la plus visible, la plus difficile à digérer — un endroit où la proclamation finale a provoqué un dégoût total, un rejet viscéral d’une décision tombée comme un couperet.
Dans tous les pays du monde qui se réclament de la démocratie, une élection est censée être le moment où la parole du peuple prime sur tout le reste. C’est le principe fondateur, celui qu’on enseigne, celui qu’on affiche. Mais entre ce principe et ce qui s’est réellement déroulé en République centrafricaine lors de ce scrutin, il y a un fossé que les documents officiels ne suffisent pas à combler.
Ce fossé prend une dimension particulière quand on regarde de près le rôle joué par la MINUSCA, censée veiller à la régularité du processus.
En effet, la cheffe de la Minusca, madame Valentine Rugwabiza, entretient, par l’intermédiaire de son mari, des liens directs et assumés avec le dictateur Faustin-Archange Touadera , des liens que personne ne dissimule, des allées et venues constatées par tous, une proximité qui aurait dû, à elle seule, déclencher des questions sur la neutralité de la Minusca.
Or ces questions n’ont jamais vraiment émergé. Et pendant ce temps, les résultats de ce chaos électoral prenaient forme dans un environnement où l’impartialité était déjà mise à mal avant même que les bureaux de vote n’ouvrent leurs portes le 28 décembre dernier.
Le résultat de tout cela se lit aujourd’hui dans la composition de la nouvelle Assemblée nationale. La quasi-totalité des sièges est occupée par des membres du MCU ou des indépendants gravitant ouvertement dans l’orbite du parti. Comme si le bleu et le blanc du drapeau du MCU avait été directement apposé sur chaque fauteuil du parlement, sans laisser de place à autre chose.
Ce qui est frappant, c’est que même certains candidats du MCU ont été victimes de ce dérèglement. Ce n’est donc pas une simple affaire d’opposition contre pouvoir — c’est une mécanique électorale qui a broié tout le monde sur son passage, y compris ceux qu’elle était censée servir.
C’est là que Bossembélé entre dans le récit, comme une preuve concrète de ce qui s’est joué dans l’ombre. Lors des résultats provisoires, le candidat du parti au pouvoir était clairement en tête. Les chiffres étaient là, lisibles, vérifiables. Puis les résultats définitifs sont tombés — et c’est un candidat indépendant qui a été déclaré vainqueur.
La nouvelle a mis la ville en mouvement. Des habitants ont commencé à se regrouper, à préparer une marche, à canaliser leur colère en quelque chose de visible. C’est le Commissaire lui-même qui les a stoppés, invoquant l’absence de démarches administratives conformes. La mobilisation a été reportée au lendemain.
Ce soir-là, Bossembélé affichait une tranquillité de surface — rues désertes, commerces fermés, habitants enfermés chez eux avec leurs questions sans réponse. Une ville qui retenait son souffle, quelque part entre la résignation et ce qui pourrait venir ensuite.
Bambouti : les chefs de quartier et la présidente de l’OFCA, réfugiés au Soudan du Sud, demandent le départ des mercenaires Russes de leur ville
Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/09/Un-helicoptere-de-la-societe-Wagner-qui-survole-la-sous-prefecture-de-Gamboula.png” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2021/09/Un-helicoptere-de-la-societe-Wagner-qui-survole-la-sous-prefecture-de-Gamboula.png” alt=”Bambouti : les chefs de quartier et la présidente de l’OFCA, réfugiés au Soudan du Sud, demandent le départ des mercenaires Russes de leur ville” width=”300″ height=”161″ />Un-helicoptere-de-la-societe-Wagner-qui-survole-la-sous-prefecture-de-Gamboula
Les chefs de groupes et des quartiers de Bambouti, exilés à Source-Youbou, réclament à la MINUSCA le retrait des mercenaires du groupe Wagner et leur remplacement par des forces de police.
Les chefs de quartier de Bambouti, représentés par les chefs Boli Ngupena Félix et le chef de quartier Pino, accompagnés de la présidente de l’OFCA et de Florence, catéchiste à l’église locale, ont adressé une lettre au chef de bureau de la MINUSCA à Obo. Leur principale revendication porte sur le départ immédiat des mercenaires russes du groupe Wagner qui occupent leur ville depuis le premier janvier 2026.
Ces mercenaires russes ont causé d’importants dégâts et maltraité la population. Ainsi, ces chefs des quartiers demandent que ces forces étrangères quittent définitivement Bambouti et retournent chez elles. Ils souhaitent voir arriver à la place des soldats de forces armées centrafricaines, des gendarmes et des policiers pour assurer la sécurité.
Cette demande intervient après une série d’événements qui ont complètement bouleversé la vie des habitants. Le 28 décembre 2025, à quatre heures du matin, des miliciens Azandé ont attaqué la ville. En moins d’une heure, ils ont pris le contrôle de la zone. Deux ou trois soldats des FACA ont réussi à fuir vers la base de la Minusca, tandis que les autres, une dizaine, ont pris la direction du Soudan du sud pour se constituer refugiés.
Une semaine plus tard, le 1er janvier 2026, vers cinq heures du matin, des renforts militaires, composés principalement des mercenaires russes du groupe Wagner et de quelques soldats FACA, sont arrivés depuis Obo, située à une centaine de kilomètres de là. Ces éléments de forces gouvernementales sont venus accompagnés d’avions de guerre qui ont commencé à bombarder la ville. Les tirs et les explosions visaient à déloger les miliciens Azandé qui ont occupé la ville depuis le 28 décembre 2025.
Le bruit et la violence des affrontements ont terrorisé les civils. La plupart des habitants ont quitté précipitamment leurs maisons pour échapper aux bombes et aux tirs. Ceux qui sont restés sur place ont été harcelés, arrêtés et tabassés par les militaires. Très vite, tout le monde a compris qu’il fallait partir.
Bambouti est une petite sous-préfecture du Haut-Mbomou d’environ 3000 personnes, située à la frontière du Soudan du Sud, à seulement 5 kilomètres de la localité de Kotobi. Sa proximité avec la frontière a facilité l’exode massif des habitants vers le territoire sud-soudanais. Les familles ont marché pendant des heures avant d’atteindre Source-Youbou, un village au Soudan du Sud où elles ont trouvé refuge.
Depuis leur arrivée là-bas dans cette ville sud-soudanaise, les réfugiés vivent dans des conditions extrêmement difficiles. Les enfants ne vont plus à l’école faute d’infrastructures éducatives. Les malades ne trouvent pas de médicaments ni de soins appropriés. La nourriture manque cruellement et toute activité économique a disparu du jour au lendemain.
Les personnes âgées passent leurs journées assises sous les manguiers et autres arbres, cherchant un peu d’ombre pour se protéger de la chaleur. Ces vieux papas et mamans qui vivaient paisiblement chez eux se retrouvent désormais dans une précarité totale. Ils dorment à la belle étoile, sans abri décent ni confort minimum.
Dans leur lettre adressée à la MINUSCA, les chefs de quartier et les responsables locaux supplient l’organisation des nations-unies d’intervenir pour améliorer leur sort. Ils demandent un soutien humanitaire urgent mais insistent surtout sur leur volonté de voir partir les mercenaires russes qui ont rendu leur vie impossible. Ils invitent également le gouvernement à venir directement auprès d’eux pour écouter leurs doléances et trouver des solutions durables