Entre Wagner, la MINUSCA et les Rwandais : que reste-t-il de l’armée nationale centrafricaine ?
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Wagner à l’est, l’ouest, nord et sud, la MINUSCA au centre, les Rwandais au nord. Le territoire centrafricain ressemble à un échiquier où chacun joue sa partie. Au milieu de ce jeu complexe, l’armée nationale tente de survivre avant sa mort totale. Mais survivre ne signifie pas exister, mais plutôt devenir tout simplement un objet de manipulation.
Serge Simon Bozanga , Président du Comité de Redressement pour le Salut Public (CRSP), a accepté de parler. Sans langue de bois, sans chercher à ménager qui que ce soit. Ses mots tranchent avec le discours de propagande officiel du gouvernement et des Wagner qu’on a l’habitude d’entendre souvent. Pour lui, “l’armée est en lambeau”, lâche-t-il d’emblée. Pas en difficulté, pas en reconstruction. En lambeau, ou peut-être en faillite tout simplement pour ne pas aller loin.
Dix années se sont écoulées depuis le passage de la Séléka. Dix ans que la communauté internationale promet de remettre sur pied les forces armées centrafricaines. La MINUSCA déploie ses 20 000 Casques bleus, le Rwanda envoie ses milliers d’instructeurs, Wagner fait venir ses 3000 mercenaires russes, syriens et libyens. Chacun prétend former, encadrer, professionnaliser les FAKA. Pourtant, le résultat est un fiasco total, et ne correspond même pas aux propagandes du régime.
“On a sous-traité l’armée centrafricaine, notre armée nationale, les FAKA aux mercenaires, aux casques bleus, etc ”, explique Serge Simon Bozanga avec une colère visible. La souveraineté militaire s’est totalement disparue quelque part entre les accords de coopération militaires que le dictateur signe partout dans le monde et les contrats de sécurité privés. Les FAKA ne décident plus vraiment de leurs opérations, de leurs stratégies, de leur avenir. D’autres tirent les ficelles comme des sorciers, pour ne pas dire des vampires.
Pourtant, cette dépendance se paie au prix fort. “L’armée raquette. L’armée elle-même tue. L’armée elle-même est soumise”, énumère Serge Simon Bozanga dans ses propos. Les exactions se multiplient contre les civils. Des soldats censés protéger la population la rançonnent aux barrages routiers. D’autres commettent des violences que rien ne justifie. La discipline s’effondre quand l’institution perd son âme et sa cohésion.
Devant ces accusations graves, le gouvernement, manipulé par Wagner, dans sa folie, parle de montée en puissance. Les communiqués officiels célèbrent chaque nouvelle promotion de recrues comme une victoire. “Et ça, on nous dit que l’armée monte en puissance”, raille Serge Simon Bozanga . Les chiffres peuvent impressionner sur le papier. La réalité du terrain raconte une autre histoire vraiment pathétique.
Ces jeunes soldats fraîchement incorporés méritent pourtant le respect. “Qui la sacrifie ? Pas qui sont prêts, ils la sacrifient et l’État n’est même pas prêt”, insiste-t-il. Ces hommes ne se contentent pas de promettre leur vie pour la nation. Ils la donnent effectivement dans des embuscades, des affrontements, des raids qui tournent mal. Pendant ce temps, l’État ne remplit pas sa part du contrat.
La question des prisonniers de guerre confirme cet abandon. “Quand même il y a des prisonniers de guerre, des prisonniers qui sont pris dans des provinces comme Zemio par les groupes armés, l’État ne vient même pas au secours de ces personnes-là. Elles sont complètement laissées à l’abandon”, déplore Serge Simon Bozanga . Des soldats capturés croupissent dans des camps rebelles sans que Bangui ne bouge le petit doigt. Aucune négociation, aucun échange, aucun plan de sauvetage. Le silence administratif devient la seule réponse aux familles qui réclament des nouvelles.
Le recrutement continue malgré tout. Il faut des effectifs, toujours plus d’effectifs. “Des jeunes sont formés et au bout de trois mois ils sont envoyés sur le terrain. Ce sont des chairs à canon”, dénonce-t-il sans détour. Trois mois pour transformer un civil en combattant. Trois mois pour apprendre le maniement des armes, les tactiques de base, la vie en caserne. Puis direction les zones rouges de la carte.
“Après trois mois de formation, ils vont sur le terrain et ils sont laminés par des gens qui sont aguerris par les armes”, poursuit Serge Simon Bozanga . Face à eux, des miliciens qui font la guerre depuis des années. Des hommes qui connaissent la brousse comme leur poche, qui savent tendre une embuscade, qui manient les armes depuis l’adolescence. Le rapport de force devient vite déséquilibré. Les jeunes recrues tombent les unes après les autres.
Cette stratégie du nombre rappelle les pires heures des conflits africains. On compense la mauvaise préparation par la quantité de chair fraîche envoyée au front. Les pertes humaines deviennent une statistique acceptable dans les états-majors. Pendant ce temps, des mères pleurent leurs fils de vingt ans partis depuis à peine quatre mois.
Serge Simon Bozanga conclut par une question aussi simple que dérangeante : “De quelle armée parle-t-on ?” Question qui reste suspendue dans l’air, sans réponse satisfaisante. Une armée morcelée entre différentes influences étrangères, une armée qui maltraite sa propre population, une armée qui sacrifie ses recrues sans leur donner les moyens de combattre, une armée qui abandonne ses prisonniers mérite-t-elle encore ce nom ?
Par Anselme Mbata….
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)