Obo, Haut-Mbomou : les mercenaires russes de la milice Wagner tirent une arme de gros calibre depuis la ville en direction de la RDC, terrorisant les habitants de Zapay
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Dans la ville d’Obo, à la frontière entre la Centrafrique et la République démocratique du Congo, les mercenaires russes de la milice Wagner viennent de franchir un nouveau palier dans la terreur qu’ils font régner sur les populations des deux côtés de la frontière.
Pour comprendre cette histoire, il faut regarder sur la carte. La préfecture du Haut-Mbomou est une province qui partage une longue frontière avec la RDC. De l’autre côté de cette ligne, des villages congolais vivent au quotidien dans l’ombre de ce qui se passe en territoire centrafricain. Ce voisinage, autrefois ordinaire, est devenu depuis l’arrivée de la milice Wagner une source constante d’inquiétude pour les habitants des deux rives.
C’est dans ce climat déjà pesant que les faits de la soirée du jeudi 26 février ont éclaté. Les mercenaires russes de la milice Wagner se sont rendus sur le terrain de football de Obo, en pleine ville, sans se cacher. Ils ont installé une arme de gros calibre, un engin que les habitants du coin n’avaient jamais vu de leur vie, et ils ont ouvert le feu.
Le projectile a décollé dans un trait de flamme visible depuis plusieurs quartiers d’Obo. Il a survolé la ville, passant sur la ville de Mboki jusqu’à Zemio. Et il ne s’arrête pas! Le projectile a franchi la frontière et a poursuivi sa course en territoire congolais, en direction de Zapay, localité située en RDC. L’engin est retombé à cinq kilomètres de Zapay, sur sol congolais, sans que l’on sache encore avec précision ce qu’il a touché à cet endroit.
La population d’Obo, qui a assisté à toute la scène depuis le sol, n’en revenait pas. Des témoins ont vu de leurs propres yeux les mercenaires russes de la milice Wagner manœuvrer cette arme sur le terrain de football, pointer en direction du Congo et tirer. Il n’y a donc aucune place pour le doute sur l’identité de ceux qui ont appuyé sur la gâchette.
Du côté de Zapay, en RDC, la nouvelle de l’impact a semé une peur vive parmi les habitants. Dans ce village congolais vivent également des réfugiés centrafricains qui ont fui les violences de la milice Wagner en RCA. Certains se demandent si c’est précisément eux que les mercenaires russes cherchaient à atteindre, pour leur faire comprendre qu’aucune frontière ne les met à l’abri.
D’autres pensent que la milice Wagner cherche autre chose : exporter l’instabilité qu’elle a semée en Centrafrique vers le territoire congolais voisin. Créer un trouble de l’autre côté, pousser les populations à fuir, déstabiliser une zone frontalière déjà traumatisée. Les intentions exactes restent floues, mais le geste, lui, était on ne peut plus délibéré.
Ce qui est certain, c’est que la milice Wagner est la seule force présente à Obo à disposer de ce type d’armement lourd. Personne d’autre dans cette ville, y compris les soldats FACA, n’a les moyens de tirer un projectile qui franchit une frontière internationale et retombe à cinq kilomètres d’un village étranger. Le nier serait un mensonge que même la propagande habituelle de Wagner aurait du mal à faire avaler.
Car la milice Wagner excelle dans l’art de nier ce que tout le monde a vu. Demain, leurs porte-voix diront que ce n’est pas eux, que les images sont fausses, que les témoins mentent. C’est leur manière de fonctionner depuis qu’ils ont posé le pied en Afrique centrale, et cette fois-ci ne fera probablement pas exception à cette habitude bien connue.
Pendant ce temps, à Zapay, des familles congolaises ont passé la nuit à regarder le ciel, sans savoir si un autre projectile allait tomber
Par Éric Nzapa
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)
