Centrafrique : Le Conseil constitutionnel à l’heure du choix, les magistrats sauront-ils tenir bon ?
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le 28 février prochain, le Conseil constitutionnel centrafricain rendra une décision très attendue sur les élections législatives du 28 décembre, une décision qui dira beaucoup sur la santé réelle des institutions du pays.
Depuis le départ de Professeure Danielle Darlan, ancienne présidente réputée pour sa rigueur et son attachement à la Constitution du 30 mars 2016, beaucoup de citoyens regardent le Conseil avec des yeux moins confiants qu’avant. La question de savoir si les nouveaux membres sauront résister aux pressions politiques est désormais sur toutes les lèvres. Ce n’est pas une simple méfiance née du hasard, c’est une inquiétude qui couve depuis longtemps et qui s’est alourdie au fil des mois.
Au cœur de cette institution siègent six magistrats assermentés, qui ont la capacité réelle d’orienter le verdict final dans un sens ou dans un autre. Leur position est délicate, car ils doivent trancher non pas selon ce qui arrange les puissants, mais selon ce que dit la loi. L’histoire a toujours une manière de rattraper ceux qui ont préféré le confort à la rectitude.
Parmi les dossiers brûlants qui atterriront sur leur table, il y a celui des diplômes. Des faux diplômes. Lors de la précédente législature, une loi avait été votée pour exiger un niveau académique minimum des candidats, ce qui avait déjà semé la pagaille. Aujourd’hui, certains anciens députés jadis épinglés pour absence de diplôme reviennent en brandissant des documents obtenus dans des délais qui laissent perplexes plus d’un observateur.
À cela s’ajoute le retour en lice de candidats qui avaient été invalidés lors de scrutins antérieurs, comme fut le cas d’un gros voleur, candidat dans la Mambéré-Kadéi. Aucune amnistie officielle ni aucune décision judiciaire connue du public ne semble expliquer ce retour. Quand des règles fixées hier sont oubliées aujourd’hui sans explication, les citoyens ne savent plus à quel édifice se fier.
Il y a aussi le cas de certaines circonscriptions, comme celle de Baoro, où Simplice Mathieu Sarandji a recueilli la totalité des suffrages exprimés, sans un seul vote dissident ni bulletin blanc. Dans une compétition pluraliste, un tel résultat appelle un examen minutieux des procès-verbaux, non pas par méfiance gratuite, mais parce que la crédibilité du processus en dépend.
Les magistrats du Conseil ont donc devant eux des dossiers lourds, qui dépassent largement le sort de quelques élus. Dans d’autres pays, des juridictions constitutionnelles ont su dire non aux pouvoirs en place au nom du droit, et leur courage a renforcé durablement la confiance des peuples. En Centrafrique, cette même occasion se présente aujourd’hui aux juges, et leur réponse sera scrutée mot pour mot par un peuple qui attend de savoir si les institutions travaillent pour lui ou contre lui.
Par Éric Azoumi
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)